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 A Noctem quietam [ft. Ainia]

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Message A Noctem quietam [ft. Ainia]   Jeu 1 Oct - 13:14
Les quartiers populaires de la plus grande ville du monde avaient une capacité assez incroyable : ils pouvaient faire disparaître n’importe qui. D’autant plus à une heure aussi avancée de la nuit. Assis sur un simple banc en pierre, le regard perdu vers les étoiles, Lesath pensait. Ou plutôt, ne pensait pas. L’esprit vidé de toute pensée, ou presque, il n’avait d’yeux que pour ces lointaines et multiples sources de lumière.

Cela faisait un an jour pour jour qu’il s’était levé de sa couche, mourant à petit feu, et qu’il avait tenu tête à un éveillé au service d’Arès. Un monstre sanguinaire qui semblait avoir perdu la raison. Quelque part, il se demandait si le plus fou des deux n’avait pas été lui, à s’opposer à un adversaire aussi dangereux sans la moindre once de peur.

Il chassa cette idée, autant par peur de la réponse que par habitude. Il avait déjà tenté de trouver ne réponse à cette énigme et à chaque fois, la seule possible réponse acceptable était qu’il savait ce qu’il faisait. Qu’il s’était opposé mis entre ce prédateur et ses proies parce qu’il sentait que tel était son rôle, et ce malgré son échec presque dix ans plus tôt, et ce malgré son état de santé déplorable. Et ce malgré son besoin chronique de s’administrer des opiacés pour ne pas céder à la douleur qui l’accompagnait tous les jours.

A cette pensée, il passa sa main sous son haut et suivi l’une des multiples zébrures qui scarifiaient son torse. Elles avaient beau être dissimulées par de l’encre désormais, leurs reliefs étaient impossibles à camoufler. Il retira la main et la regarda s’attendant peut-être à y trouver du sang, comme lors de l’accident. Lesath sourit et soupira. Il avait souvent eut cette image qui semblait gravée sur sa rétine. Sa main ensanglantée qui convulsait. D’ailleurs cette vision s’était accentuée depuis qu’il avait acquis l’armure du Scorpion, pendant le voyage qui, pendant presque un an l’avait mené de la lointaine péninsule ibérique à Constantinople. Dans un complet anonymat il s’était installé dans le huitième temple, non sans informer son ancien propriétaire, l’actuel Grand Pope.

Depuis, il avait évité comme à son habitude de croiser le chemin des autres chevaliers, préférant à cette cohue le calme d’une solitude bien méritée. Il avait mis presque un mois avant de remettre le pied en dehors de la Maison du Scorpion, et tout ça pour finir à une heure presque indue assis sur un vétuste banc en pierre. Seul. Ou peut-être pas.

S’il avait appris quelque chose de la vie dans la rue c’était bien de faire attention à tous les détails, même les plus insignifiants. En l’occurrence, le chant de plusieurs grillons s’était arrêté à quelques mètres de là, ce qui ne pouvait dire qu’une seule chose : la période du silence et du calme touchait à sa fin.
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Message Re: A Noctem quietam [ft. Ainia]   Sam 3 Oct - 11:45


Je me demandais réellement ce que je faisais là. Non pas que Constantinople n'était pas belle. Loin de là, mais je n'aimais pas les grande ville. Trop de foule. Et pour l'asociale que j'étais, ce n'était pas vraiment évident de devoir supporter tout ce monde. Lorsque l'on m'accostait, il m'arrivait de sursauter, sous le coup de la surprise, mais je me rendis rapidement compte que dans les grandes villes comme celle-ci, nous passions au final quasiment inaperçus.

Au final, je finis donc par me détendre et tout simplement par apprécier de déambuler au fil des rues, admirant ce qui se passait ici et là. Je ne vis pas les heures défiler, me surprenant à rester là jusqu'à tard le soir. Je regrettais presque la présence de mes deux amis Childéric et Silas. J'étais certaine qu'avec eux, cette petite sortie aurait encore été plus agréable, et pleine de rebondissements.

J'eus un sourire à ces pensées, et terminai mon verre de thé à la menthe, jetai quelques piécettes sur la table de bois avant de me relever. Il commençait à se faire tard, et je sentais la fatigue de la journée me gagner. Je m'étirais un instant avant de prendre la sortie, laissant mes pas me guider au fil des rues. Celles-ci, malgré l'heure tardive, étaient encore un peu animées.

Je me rendis alors compte que mes pas me conduisaient dans les quartiers plus "populaires" de la ville. Une femme normale aurait pu craindre quelque chose, mais pas moi, même si voir une demoiselle déambuler seule à cette heure de la nuit pouvait sembler bien étrange. En effet, je pouvais entendre les murmures réprobateurs des uns et des autres, mais si ils savaient qui j'étais, nul doute qu'ils ne piperaient pas un mot.

C'est alors que je ressentis une énergie quelque peu similaire à la mienne. Je me laissai alors guider par elle, jusqu'à parvenir près d'un banc. Là se trouvait assis un homme d'allure quelque peu misérable. M'étais-je trompée? Non impossible. Je cessais de le scruter de la sorte, cela nétait pas très poli, même si je ne savais pourquoi, mais je sentais qu'il se moquait bien de la politesse. Je prie place alors place à ses côtés, portant mon regard sur les étoiles qui constellaient le ciel.

" Belle nuit n'est-ce pas? Je suis Ainia. Chevalier d'or du Bélier. Et vous?"

Je n'aimais pas trop cette façon de se présenter et de lancer son pedigree, mais bon, il fallait bien entamer la conversation après tout.









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Message Re: A Noctem quietam [ft. Ainia]   Dim 4 Oct - 14:27
Comme souvent, sinon toujours, le morose chevalier avait vu juste. Une jeune femme venait de s'asseoir à côté d'elle. Il le devina à l'intonation de sa voix, n'ayant pas daigné dévier son regard de sa cible initiale. Ces scintillements étaient là pour une raison pour lui, même si cette dernière lui échappait.

« Les étoiles sont belles. La nuit, moins.» Lança-t-il alors que son regard s'attardait encore quelques secondes sur ces points aussi lointains que lumineux. Le ton de sa voix était calme, presque trop. Il n'avait pas prévu l'arrivée d'une éveillée. C'était sans aucun doute sa propre aura qui l'avait menée jusqu'ici. L'ibère se mordit l'intérieur de la lèvre ; ces derniers temps, les chevaliers de toutes sortes se multipliaient à Constantinople, il devrait faire attention et faire taire son cosmos s'il voulait s'éviter des rencontres indésirées. La nature de l'énergie de son interlocutrice ne laissait place qu'à peu de doutes. Il s'agissait là de l'une des rares femmes à porter l'armure d'Or.

Compte tenu de la situation, il était probable que le chevalier d'or du Bélier s'attende à une autre réponse que celle qu'il avait donné. Lesath soupesa ce qu'il pouvait annoncer dans ces conditions, et opta pour rester au plus simple : « Je m'appelle Lesath. » Dit-il alors qu'il se tournait enfin vers celle qui s'était invité sur son banc, sans doute sans mauvaises arrière-pensées. Préciser qu'il était chevalier n'était pas une nécessité, elle le savait.

Elle semblait jeune, du moins, sa voix sonnait comme telle. La plupart de ses camarades, avaient cet âge à ce qu'il avait compris. Un trentenaire comme lui était rare. D'un autre côté, il n'était officiellement le porteur de l'armure du Scorpion que depuis à peu près un an et demi. Ceci pouvait expliquer son âge plus avancé. S'il n'avait pas échoué lors de son premier essai, il aurait arboré la cuirasse dorée une décennie plus tôt. Mais c'était une autre histoire.

« Le Bélier. Tu es l'ancienne apprentie d'Aslam. »

Ce n'était pas une question, plutôt une affirmation. Il n'avait jamais croisé l'ancien chevalier du Bélier, mais les hommes parlaient, faibles qu'ils étaient, et les hommes devenaient des modèles, puis des légendes. Dix ans plus tôt, son propre maître le citait en tant que guide. C'était peu dire qu'il n'avait pas marché dans les traces qu'on lui avait demandé de suivre. Puis, une fois sa propre armure obtenue, il avait entendu l'histoire du chevalier d'or, de sa disciple qu'il avait trouvé dans une arène.

« Ta réputation te précède, Ainia. »

Ce n'était pas forcément un mal en soi. Il ne la connaissait pas, c'était un fait, et à aucun moment il ne prétendrait le contraire. Après tout, il était convaincu qu'il ne pouvait se contenter des simples rumeurs qu'il avait pu entendre. Comprendre et connaître, tels étaient ses objectifs, à court terme...


Dernière édition par Lesath le Mer 7 Oct - 12:13, édité 1 fois
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Message Re: A Noctem quietam [ft. Ainia]   Lun 5 Oct - 20:21


Je gardais mon faciès de marbre levé vers le ciel nocturne, écoutant les présentations de mon frère d'arme. Compte-tenu de son niveau cosmique, je me doutais que ça devait être un chevalier d'or. Je m'attendais à ce qu'il me donne le nom de sa constellation mais il n'en fit rien. A moi de me débrouiller pour le savoir. J’acquiesçais d'un signe de la tête pour le saluer après la révélation sur son identité. Je ne savais si je devais lui dire enchantée ou non.

En effet, il ne dégageait pas cette sympathie qui était la caractéristique même de mon ami le chevalier du Lion, ou encore de Silas. Il me semblait beaucoup plus distant, nettement moins abordable, et cela me gênait en quelque sorte. J'avais la sensation de ne pas vraiment être la bienvenue, de le couper dans ses pensées ou sa méditation. Derrière mon masque, je mordillais mes lèvres. Je n'aimais pas être un poids ou une gêne, pour qui que ce soit d'ailleurs.

Quelques secondes de réflexion sur ce qu'il convenait de faire, et je m'apprêtais à me relever et prendre congés lorsqu'il me surprit. Immédiatement, mon faciès ce tourna vers lui. Ainsi donc, il connaissait mon maître Aslam, ou tout au moins en avait-il entendu parler. Mais ce qui me surpris le plus fut sa dernière remarque.

Ma réputation me précédait? Que savait-on de moi au juste? Que j'étais une orpheline recueillie et élevée par les Amazones. Que mes soeurs furent quasiment toutes tuées sous mes yeux et que j'avais ensuite été mise en vente sur le marché aux esclaves? Que j'avais été abusé? Que l'on m'avait enfin vendu à l'arène d'où mon Maître m'avait arraché? Je laissais échapper un soupir. J'aurais préféré demeurer une parfaite inconnue, afin de repartir de zéro.

"- Vous avez piqué ma curiosité Lesath. Ainsi donc vous avez entendu parlé de mon maître. Peut-être même que vous l'avez connu. Si oui, avez-vous combattu à ses côtés?"

J'étais décidément un vrai moulin à paroles depuis mon arrivée au Sanctuaire, moi qui habituellement vivais repliée sur moi-même afin de me protéger, commençais peu à peu à m'ouvrir aux autres.

"- Je me demande bien ce que l'on peut dire de moi. Afin de démêler le vrai du faux vous comprenez? Car les hommes sont ainsi faits, ils prennent plaisir à enjoliver une histoire et un récit pour le rendre plus attractif ou au contraire, le décrier. Racontez moi donc mon histoire que je découvre ce qui se dit de moi. Enfin même si je me doute qu'il n'y a rien de bien intéressant."

J'attendais donc patiemment la suite. Allait-il me révéler ce qu'il savait? Ou bien allait-il simplement prendre le parti de se taire. Après tout, je l'avais dérangé, alors peut-être m'en tenait-il un peu rigueur.








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Message Re: A Noctem quietam [ft. Ainia]   Mer 7 Oct - 12:13
« Non. »

Il avait laissé tomber ce mot comme un couperet, mettant probablement mal à l’aise son interlocutrice. Ce n’était pas son but. Lesath ne refusait pas de répondre, il essayait simplement de bien choisir les mots qu’il allait utiliser. Après tout, Aslam du Bélier était sans aucun doute un être important pour la jeune femme masquée, et il n’avait pas particulièrement envie de la vexer. Ne pas se mettre à dos ses propres camarades était un point qu’il essayait de préserver, et ce malgré son attitude franchement détachée de tout ce qui se déroulait autour de lui.

« Je n’ai jamais croisé l’ancien Bélier, mais mon maître me l’a dépeint plus d’une fois comme le modèle à suivre. »

Lui, et tant d’autres. Après tout, Lesath avait été formé aux rudiments du cosmos par un ancien chevalier de bronze, dévoué corps et âme au Sanctuaire. Ceci expliquait fondamentalement pourquoi, à ses yeux, les chevaliers d’or étaient tous irréprochables, alors qu’il ne les avait pas – ou peu – connus. Instrumentalisé par sa propre hiérarchie, Metos avait été un bon petit soldat, et avait trouvé dans l’enseignement une retraite correcte. De toutes façons, qui allait l’ennuyer lui qui se la coulait douce dans la péninsule ibérique ?

Le Scorpion chassa de ses pensées son ancien maître et se concentra sur la jeune femme qui se trouvait face à lui. Elle désirait savoir ce qui se disait d’elle, ce qui était compréhensible. Encore une fois, Lesath se demanda ce qu’il pouvait communiquer à cette étrangère. Devait-il se cantonner aux faits avérés, ou pouvait-il lui confier les rumeurs les plus absurdes qui lui étaient arrivées aux oreilles. Car, des bêtises, il en avait entendu, et pas qu’un peu. Certains disaient que la jeune femme était la fille cachée du Bélier. D’autres son amantes. D’autres les deux. Dans l’esprit du Scorpion, il avait écarté ces possibilités, peu probables, pour en rester aux points les plus vérifiables des rumeurs qu’il avait bien pu écouter.

« On raconte énormément de choses sur chacun des chevaliers d’or. » dit-il calmement, se passant la main sur le menton. « Sur Ainia du Bélier, on dit qu’il s’agit d’une Amazone. Sortie des arènes, recueillie et formée par un chevalier d’or. Principalement. »

La provenance de la jeune femme avait sans doute travaillé ceux qui s’amusaient en colportant des rumeurs. Après tout, les Amazones étaient un peuple fier, et presque éteint. Que l’une d’entre elle devienne une porteuse d’armure d’Athéna était peu probable, mais non impossible. Evidemment, le port du masque était une autre source de ragots.

« Le masque est un mur. L’homme aime connaître ce qui se cache, et s’il ne le peut, aime prétendre qu’il le sait. Tu dois te douter que des bruits courent sur ce qui se trouve derrière cette façade. »

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Message Re: A Noctem quietam [ft. Ainia]   Mer 7 Oct - 18:56


Je ne m'étais nullement offusquée du ton employé par mon interlocuteur. Après tout je l'avais dérangé dans sa contemplation, et je m'étais presque trouvée intrusive. Tout le monde n'avait pas le caractère social de Silas et Childéric, loin de là même. Mais j'étais ravie de constater qu'Aslam était apprécié par ses frères d'armes. En même temps, il y avait de quoi. Je n'avais jamais connu quelqu'un disposant d'un don d'humanisme et d'altruisme aussi importants que lui. Mon maître était pour moi un être exceptionnel. Il m'avait rendu cette en l'humanité que j'avais perdu tout au long de ma période d'esclavage.

J'étais curieuse d'entendre les rumeurs qui courraient sur moi. Je le savais c'était un vilain défaut, mais n'était-ce pas là le propre de la nature humaine? Je n'étais pas dupe, je me doutais que les rumeurs pouvaient être diverses et variées, qu'elles pouvaient me plaire, ou non, être proches de la réalité, ou en être diamétralement opposées. Comme dans toute chose, il y avait du bon et du mauvais. Comme pour toute chose, il fallait en prendre et en laisser.

Je trouvais le temps de réponse de Lesath quelque peu long. Réfléchissait-il à ce qu'il pouvait me dire ou non? Très certainement que oui. Il ne désirait probablement pas me froisser, ce que je pouvais comprendre. Aussi attendais-je patiemment, reprenant ma contemplation de la voûte céleste, constellée d'une multitude d'étoiles. Lorsqu'il prit la parole, je ne détournai pas les yeux et me contentai de l'écouter simplement, un sourire venant étirer mes lèvres.

"- Ça c'est la version gentille de ce que l'on raconte sur moi et qui est on ne peut plus proche de la vérité. Que dit la mauvaise version? Vous savez, celle qui fera de moi une mauvaise fille. N'ayez crainte, vous avez ma parole que je ne vexerai pas. Mais je me demande si cette version ci, ne viendrait pas, elle, des détracteurs des femmes chevaliers, ou des femmes tout court."

Je le laissais donc poursuivre, écoutant sa remarque sur le masque. Oui c'était vrai, ce que les gens ne pouvaient voir, les intriguaient toujours. Et d'ailleurs, cela valait même parmi les rangs de la chevalerie. En effet, je ne me rappelais que trop bien de ma rencontre avec Silas et Childéric, et la façon dont le Gémeau avait fait preuve de curiosité à cette encontre.

"- Dit-on que j'ai un nez trop grand? Peu gâtée par la nature? Peut-être suis-je brûlée? Ou bien non... défigurée. Mais qui sait?"

Je me retenais de partir dans un petit éclat de rire, tant tout cela me paraissait absurde. Je finis par secouer la tête avant de demander.

"- Et que dit-on de Lesath? Chevalier d'or de..." Je me souvenais qu'il ne m'avait pas donné le nom de sa constellation. " De quelle maison êtes-vous le gardien?"





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Message Re: A Noctem quietam [ft. Ainia]   Jeu 8 Oct - 17:39
Lesath se courba sur le banc, et posa son menton sur ses poings, tout en gardant ses coudes sur ses genoux. C’était une position habituelle chez lui, lorsqu’il réfléchissait, qu’il avait adoptée lorsqu’il habitait encore dans la rue. Ainsi prostré, la pression sur son torse diminuait, et il était du fait légèrement soulagé de son intime agonie. Il soupesa les derniers mots de la jeune femme, tout en se demandant ce qu’elle voulait vraiment savoir. La curiosité se comprenait, mais à quel point pouvait-elle croire ce qu’il pourrait bien avancer ?

« Il n’y a pas de bonne ou mauvaise version. Il n’y a que des mots, et les mots sont du vent. » Marmonna-t-il entre ses dents, d’un ton étrangement calme. Il était convaincu qu’il pouvait sortir n’importe quoi, et que cette jeune femme serait disposée à le croire. Mais telle n’était pas sa tasse de thé. Ni son opium. L’opium était son opium.

« On dit tout et son inverse, car rien n’est plus important que de faire douter l’auditoire. Un homme peut dire que tu es l’allégorie de l’horreur alors que le suivant annoncerait qu’au contraire, tu es belle à s’en damner. Ce masque effraie autant qu’il n’attire. Il n’y a rien de plus énigmatique qu’un homme sans visage. » Annonça-t-il simplement, la tutoyant au passage sans que cela ne le choque outre mesure. L’Ibère était un homme du peuple, un romain des rues, et il réservait le vouvoiement à peu de monde. Le Grand Pope. Les dieux.

Il n’avait pas côtoyé un grand nombre de femmes chevaliers depuis qu’il était porteur de l’armure du Scorpion, mais Lesath avait eu à chaque fois la même impression étrange de se trouver face à un fantôme. Encore là, ce soir même, alors qu’il sentait la chaleur qui émanait du corps de la jeune Amazone, il doutait de ce qu’il voyait. Ce visage de porcelaine, inexpressif à souhait, était un aimant pour le regard des badauds. Quelque part, il comprenait l’attitude désinvolte de ceux qui s’amusaient des ragots et des rumeurs, même s’il ne l’aimait pas. Alors qu’elle secouait la tête, le Bélier posa une question qui fit plisser les yeux du Scorpion.

« Toi aussi tu te laisses porter par tes propres rumeurs. Qui a dit que j’étais chevalier d’Or ? » Dit-il avec un léger ricanement. Il avait possédé ce même cosmos, cette aura, pendant 10 ans, et pas d’armure sur les épaules. « Tous les éveillés au cosmos ne sont pas chevaliers, Ainia du Bélier. Certains ont, comme moi, échoué à leur épreuve. »

Il ne mentait pas. Après tout, il avait effectivement failli, et c’était retrouvé du jour au lendemain dans une apathie qu’il ne comprenait pas. Il éluda cependant l’épisode bienheureux où il s’était finalement racheté aux yeux de sa constellation, un peu pour voir l’impact que pouvait avoir cette information sur son interlocutrice…

Comprendre les hommes n’était pas possible, mais il aimait les étudier. A sa façon.
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Message Re: A Noctem quietam [ft. Ainia]   Lun 12 Oct - 19:37


"- Les mots sont du vent?"

Je ne pus m'empêcher d'avoir un petit éclat de rire à cette remarque. Pas de moquerie non. Mais parce que c'était là tellement vrai.

"- Désolée. Ce n'était pas de la moquerie de ma part. pour en revenir aux mots ont également un pouvoir bien puissant et redoutable. Un pouvoir qui peut être bon comme mauvais. Un pouvoir qui peut permettre par exemple de galvaniser les foules et les cœurs, ou alors de les anéantir. Tels sont les mots pour moi. Quant à ce qui se dit sur moi, je n'ai que faire au final des racontars. Je suis habituée à entendre bien des choses à mon égard. A être considérée comme une pestiférée, ou encore de passer à l'extrême en étant adulée et acclamée. Je demandais par simple curiosité, car il se trouve que la bêtise humaine n'a pas de limite."

Lentement, je me relevais et m'étirais en lâchant un soupir, levant la tête vers les cieux avant de reporter mon attention sur mon interlocuteur.

"- Le masque est le symbole de l'interdit pour beaucoup d'hommes. Et il est reconnu que l'interdit, l'humanité aime à le transgresser."

C'est alors que Lesath fit mention de ma boulette. C'est vrai, il n'avait rien dit de tel. pourtant je fus surprise de ce qu'il me révéla. Ainsi il avait échoué à son épreuve. Je le regardais sous un nouveau jour. Je savais que les éveillés pouvaient échouer, toutefois, il me semblait improbable que lui ait pu échouer.

"- Sérieusement? Tu as échoué? Non pas que ce soit la honte ou autre, juste que ça me surprend dans le sens où je me demande ce que tu as bien pu faire pour louper celle-ci. C'est tout. Et me racontes pas d'âneries s'il te plaît, je ne suis pas née de la dernière pluie. Par contre, question cosmos, je suis sûre de ne pas me tromper. Si tu n'es pas chevalier d'or, je suis certaine que tu en as le niveau."

J'en oubliais de le vouvoyer. Ma voix marquait ma surprise, sincère. Et je me tenais prête à écouter la suite de l'histoire, certaine qu'il allait me falloir démêler le vrai du faux, car il chercherait très certainement à m'entourlouper.




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Message Re: A Noctem quietam [ft. Ainia]   Jeu 15 Oct - 16:54
Encore une fois, elle était troublée, ne semblant pas sur quel pied danser avec le Scorpion. C’était prévisible, après tout, il n’était pas simple à appréhender, tout compte fait. La phrase qu’il avait prononcée, au final, était vraie. Les omissions n’étaient pas problématiques tant qu’elles restaient inconnues. Et pour le coup, il s’était cantonné à la triste réalité. Il avait échoué à son épreuve, quinze ans plus tôt. Oh. Il avait bien vaincu les différents adversaires qu’on avait pu lui opposer, mais il s’était retiré du monde sans autre protection sur les épaules qu’une cape de honte dont il avait eu bien du mal à se défaire. Son identité était morte ce jour là. Il était devenu ce qu’il était désormais. Un fantôme.

« Les armures sont vivantes et font des choix. »

La puissance. Le cosmos. La force. L’intelligence. Ce n’étaient évidemment pas les seules qualités qu’un chevalier devait avoir, loin de là. Mais l’intégrité semblait, au final, aussi importante que celles-ci. Du moins aux yeux de son animal totémique. La raison pour laquelle il n’avait pas porté l’armure du Scorpion ce soir là, était aussi simple que cela : elle ne l’avait pas jugé digne. De statut d’apprenti chevalier il était passé immédiatement – et irrémédiablement, selon lui – à celui de raté. Et les conséquences avaient été tragiques, du point de vue moral. Il n’avait pas su rebondir avant bien longtemps, lorsqu’il avait enfin compris ce qu’il devait faire. Mais c’était une autre histoire.

« Tu es pourtant bien placée pour le savoir, forgeronne. »

Et il ne doutait pas une seconde qu’elle le savait. Ces armures, ces protections étaient vivantes, à leur manière. Elles vivaient, mourraient, décidaient et donnaient leur avis. Sur tout le monde. Sur leur porteur en particulier.

« Quoi qu’il en soit, cette histoire n’est pas très importante. Du moins, elle ne l’est plus pour moi. Je ne suis qu’une personnification de l’échec de ce système, qui fait d’enfants des soldats. Mais je suppose que pour une Amazone comme toi, cela n’a pas de sens, n’est-ce pas ? »

Lesath supposait, peut-être à tort, que les Amazones, tout comme les Spartiates, faisaient parti de ces peuples chez qui le moindre individu devait savoir se défendre. Il était nécessaire pour ces nations donc de former les leurs, des qu’ils étaient en mesure de marcher. D’en faire des armes, un peu à l’image de ce que le Sanctuaire avait fait de lui et de ses semblables. Il n’était cependant pas dupe. Sa vie dans un simple orphelinat perdu de la péninsule ibérique n’aurait pas été une partie de plaisir, mais quelque part, il aurait voulu avoir ce choix avant qu’il ne soit trop tard.

« Je parle trop. » murmura-t-il plus pour lui que pour la femme masquée qui se tenait à ses côtés. Lentement, il se leva et jeta un coup d’œil à Ainia, encore assise sur le banc en pierre. Son banc en pierre. « J’ai l’impression que nous nous croiserons bientôt, Ainia du Bélier. » Une fois de dos à cette dernière, le chevalier du Sorpion s’éloigna dans l’obscurité. Les mains dans les poches. Arborant une esquisse de sourire.
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