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 Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]

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Message Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Sam 30 Juil - 20:30
Les Sirènes du Port...
feat. Nimuë

Reba avait quitté le Sanctuaire depuis plusieurs semaines - à peine arrivée, déjà repartie. Le trajet avait été moins long à l'aller, mais néanmoins éprouvant. Aussi avait-elle élu domicile dans une auberge une fois arrivée en Alexandrie avant de poursuivre son voyage là où se dessinent les pyramides. Bien qu'elle n'ait jamais mis les pieds en Égypte, il était bon de revenir en terre d'Afrique, de retrouver ses repères. Non qu'ils aient réellement eu le temps de lui manquer – mais elle n'irait pas s'en plaindre.
La Cité des Morts et des Vivants était encore loin, mais elle pouvait déjà sentir son pouvoir à travers la ligne d'horizon. Une bien étrange idée de l'envoyer à la rencontre des dieux anciens, fut-elle habituée à traiter avec les siens... Bien plus que ses pareils de Bronze ne le seraient en vérité. De là à dire qu'elle y était qualifiée... Mais elle n'était pas anxieuse pour autant, ça non – il en faudrait plus que ça pour voir la peur s'en emparer. Elle cheminerait comme elle le devait, quel que soit son destin – mais cela attendra demain.

Naviguant dans les rues de la ville portuaire, elle s'était donc mise en quête d'une auberge, sur les talons son ange gardien. L'incursion d'une panthère dans leurs murs risquant d'alerter les citoyens – une défiance que Reba ne comprendrait jamais -, Chiquita avait élevé ses talents de discrétion au plus haut point. Mieux valait toutefois que nul ne s'aventure dans les ruelles qui jouxteraient son chemin – qui sait ce qui peut arriver, surtout en Égypte où tous les chats sont sacrés. Une idée que sa compagne goûtait avec délectation – si elle croquait quelqu'un au nom de Bastet, qui irait le lui reprocher ?

À contrario d'Athènes, nul ne s'offusquait ici de son apparence en dépit du fait qu'elle n'ait pas revêtu un manteau de chaînes. Si le peuple local était d'un teint sensiblement plus clair que le sien, la nuance s'y voyait déjà moins, et avec elle son importance. Rien, pas même le masque sur ses traits n'avait réussi à attirer l'attention, pas plus que la boite sur son dos – les passants s'étonnant davantage qu'elle puisse la porter que de son potentiel chargement.
Quiconque eût été à même de la reconnaître n'aurait pu s'y tromper pourtant – une Pandora Box était bien difficile à camoufler -, raison pour laquelle elle évita de déambuler en pleine rue marchande. Enfin, elle trouva un endroit où loger, non que ses standards soient excessivement élevés – la belle étoile ayant été sa seule hôtesse cette dernière année. L'auberge brillait par sa sobriété, aussi paradoxal que ce soit, et c'était le mieux qu'elle puisse espérer.

Se faufilant entre les hommes, marins pour la plupart, qui s'interpellaient d'une voix de mélécasse, elle alla jusqu'au comptoir pour troquer quelques piécettes contre un toit éphémère. Le Sanctuaire avait eu le bon goût de la doter d'une somme confortable pour accomplir son voyage, probablement plus qu'il n'en fallait - aussi pouvait-elle bien en profiter. Bien qu'elle n'ait jamais eu l'occasion de commercer en monnaie, son village fonctionnant essentiellement par troc, le taulier dut lire dans son regard voilé d'ivoire que mieux valait ne pas l'arnaquer. À moins qu'il n'eut peur de son propre reflet...

Ces formalités réglées, elle gagna sa chambre pour y déposer ses rares effets – à commencer par la cage d'acier qui retenait son armure prisonnière. Si le masque donnait idée de sa nature éveillée, le Lionnet vendrait assurément son allégeance. Bien qu'elle répugnât à devoir ainsi l'escamoter plus que sa prison de transport ne l'avait déjà fait, il en allait du bon déroulement du dessein qu'elle servait. La Sagesse n'était pas reine en ces lieux ; brandir sa bannière serait inopportun.
Soudain plus légère, elle redescendit dans la pièce commune pour y commander un breuvage, plus pour se fondre dans la masse que par nécessité – ce qui ne l'empêcha pas de surélever le bas de son masque pour en prélever régulièrement une lampée. Son aspect peu commun suffit à tenir à l'écart toute compagnie non-souhaitée, la laissant seule attablée. Sans doute pouvait-on croire que son apanage de femme-chevalier servait à masquer les séquelles de quelque mal pernicieux. Fort bien, ce n'en serait que plus aisé.

Malgré l'ambiance avinée, Reba étudia avec minutie son trajet sur la carte rudimentaire qu'on lui avait confié. Le Grand Pope avait probablement prévu qu'elle passe par la mer, mais ce mode de transport n'était pas à sa portée ; son itinéraire était néanmoins presque aussi direct que si elle avait ainsi procédé. Quant à Thèbes, il ne restait que quelques jours de marche pour l'en séparer, et à priori aucun obstacle pour la retarder.
Elle veilla à ne pas laisser transparaître le contenu du document à des yeux égarés - si abîmé qu'il soit par les âges, le plan était encore de très bonne qualité, du genre dont on tirerait un bon prix sur le marché. L'heure avait eu le temps de croître depuis son arrivée, filant entre les doigts aussi sûrement que le sable qui attendait le reste de sa traversée ; le soleil mourait au-dehors, et la population de son palace d'un soir ne cessait d'augmenter, ne laissant vacante que la chaise qui lui était opposée.

Et puis la porte s'ouvrit une nouvelle fois, grinçant sur des gonds usés. Si la Lionne n'avait que peu d'intérêt pour la plupart des visiteurs, allant et venant avec la fréquence de la marée qu'ils dominent, apporter le feu du crépuscule dans sa crinière ne passe pas inaperçu dans ces contrées. Retranchée derrière les rayures de son masque, elle contempla, silencieuse, la nouvelle arrivante, aussi voyante dans la foule qu'un phare dans l'obscurité.


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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Sam 30 Juil - 22:10
Curiosités et désillusions






Lorsque le Capitaine O'Bannon franchit la porte de la taverne qu'elle repoussa, le silence se fit. Quelques têtes curieuses se tournèrent de concert pour observer cette flamboyance prendre ses droits en ces lieux. Évincer ainsi l'atmosphère enténébré de l'endroit très fréquenté en cette heure. La femme était une habituée des lieux, une privilégiée pourrait-on dire tant les attentions pour elle se multiplièrent à mesure qu'elle progressait parmi les marins, les quelques pirates -de son équipage ou non- ou les ivrognes. Une main à peine tendue vers l'aubergiste qu'un verre remplit d'un alcool ambré et liquoreux lui fut servit.

Quelques murmures montaient dans l'assemblée, des sifflements admiratifs, des commentaires surtout grivois que l'atlante cultiva d'un simple regard ou sourire enjôleur. On voulait lui céder une place mais la demoiselle la refusa d'un geste, préférant s'attabler devant une jeune personne qui portait un masque qu'elle connaissait que trop bien. Oh oui, bien sûr, Nimuë O'Bannon l'avait aussitôt remarqué cette demoiselle qui portait sur elle une drôle et captivante fragrance. Sans un mot la rouquine prit place sur le tabouret en bois, posa doucement sa boisson qu'elle regarda danser un moment, comme captivée par le mouvement de la liqueur d'or. Vaguelettes allant s'échouer lascivement tandis que Nimuë glissa un regard amusé à la dame masquée.

« J'ai cette fâcheuse habitude de m'inviter sans en demander la permission. Le métier qui veut ça m'enfin … c'était la dernière chaise de libre. » Elle eut un coup d’œil vers un groupe d'homme déjà saouls qui n'avaient d'yeux que pour elles. « C'était moi ou eux. Je présume que le choix est vite fait. »

Un léger rire accompagna la fin de sa réplique. Il fallait dire qu'elle était vraiment intriguée de voir une Sainte ici, à Alexandrie. La curiosité et l'ennui aidant, sans doute trouverait-elle un peu de distraction à côtoyer celle qui aurait pu être une sœur d'arme. Un nouveau jeu ! Cette perspective était assez séduisante, elle devait bien le reconnaître. Son œil pers s'accrocha un bref instant sur le bout de parchemin posé sur la table. Une carte ?

« T'es à la recherche d'un trésor ? »

Faisant un sort rapide à sa boisson, la belle, à peine eut-elle le temps de le reposer que la maître des lieux se glissa jusqu'à elles pour la resservir, poser une belle assiette remplie de mets du coin. Distraitement, la Capitaine du Blodyn a'r Ddraenen picora quelques olives vertes ainsi que d'un peu de poisson.

« J'vous sers autre chose ma petite dame masquée ? »

Nimuë prit la parole.

« Fais toi plaisir, c'est moi qui offre. Tournée générale ! » Clama t-elle en levant son gobelet. On lui répondit avec force de cris et grognements triomphants. « Tu vas voir, ça vous nous éviter d'être emmerdées par ces cons. Normalement. Sinon quoi, ils passeront un sale quart d'heure. Je les connais pas ceux-là. »

Et en effet les badauds se détournèrent, emportés par le flot joyeux et la musique qui ne tarda pas à s'élever. La jeune femme poussa un soupir de lassitude, désigna la cochonnaille.

« Je sais que ce n'est pas pratique de manger avec ça mais te gênes pas si tu as faim. »

Elle parlait en connaissance de cause. Ce masque-ci, elle l'avait longtemps arboré. Trop longtemps peut-être. Si longtemps que de temps à autre il revenait se placer seul sur son visage. Plus besoin d'un tel objet. Le Temps et les désillusions qui constituaient son cortège lui en avait forgé un autre. Son expression s'était d'ailleurs durcie. Juste un peu. Suffisamment pour que cela se remarque.

« J'en portais un aussi, avant. Pour me faire passer pour un homme. Jusqu'à ce que ma notoriété soit telle que … hm … bah pour que je n'en ai plus rien à foutre. Oh mais je ne me suis même pas présentée. Nimuë O'Bannon, Capitaine du Blodyn a'r Ddraenen, la Rose écarlate. »

Doucement, elle avança sa main libre et gantée.





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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Dim 31 Juil - 21:06
Les Sirènes du Port...
feat. Nimuë

Ne vous gênez pas pour moi, je n'allais pas tarder. Elle porta son regard alentours, épiant la foule assoiffée - de vin mais aussi de chair, à n'en pas douter. En tout cas, ils ont l'air de vous apprécier.

C'est toutefois sans encore se relever qu'elle se recula pour lui laisser de la place, malgré la taille plus que correcte du mobilier. La femme semblait être une habituée des lieux, il eut été mal avisée de la mettre en colère. Reba ne s'attendait pas à avoir de la compagnie ce soir, mais il était vrai qu'elle préférait encore la sienne à celle d'un matelot éméché. Il fallait croire que son aura avait moins d'effet sur les femmes que les hommes, il allait falloir y travailler. Peut-être était-ce parce que Chiquita était sensiblement plus hostile à la gent masculine qu'elle avait fini par s'y associer. Non que ce soit un problème en soi, l'égérie ne semblant effectivement pas vouloir s'imposer.

Hélas, Reba n'était pas là pour nouer connaissance mais bien en mission pour le Sanctuaire, aussi ne pouvait-elle se permettre de s'attarder. De par son apparence, elle n'était pas du coin, mais devait y avoir vécu assez longtemps pour être ainsi reconnue. Peut-être y avait-il quelques informations à en tirer... De plus, s'en faire une amie pourrait lui ouvrir quelques portes qui sans cela resteraient à jamais fermées. Loin d'elle l'idée d'en profiter sans contrepartie néanmoins, mais outre sa compagnie, que pouvait-elle lui donner ? Puisque cela parut la satisfaire dans un premier temps, la jeune Chevalier de Bronze ne tenta pas de contester.

Sa beauté n'en était que plus frappante vue de près - il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'elle fasse tourner les têtes et battre les coeurs. Reba estima qu'elle devait avoir vu passer quelques années de plus qu'elle, sans que cela importe dans les relations qu'elles auraient - encore qu'elle ne fut pas au fait des traditions de l'Égypte à ce sujet. Cela lui serait toujours plus agréable à regarder qu'un bout de papier empoussiéré, avec tout le respect qu'elle devait à cette précieuse denrée.
En un sens, l'avoir à ses côtés ne la rendait que plus transparente - si elle pouvait elle aussi se targuer d'un certain charme, ce n'était rien de comparable, en particulier avec les efforts faits pour le camoufler. Cela ne devait pas être agréable pour elle, mais à tout le moins devait-elle en avoir l'habitude. Il n'était pas dans ses habitudes de se cacher, si ce n'est pour chasser le gibier... Et tout portait à croire qu'une fois dans l'ombre de la dernière demeure des pharaons, ce serait son tour d'être traquée.

Plus ou moins, fit-elle avec le même humour en regardant du coin de l'oeil le bout de papier. Elle ne devait pas trop en dévoiler, mais mieux valait encore en rire. Je suis en route pour Thèbes. Peut-être que vous pourriez m'indiquer le chemin.

Bien sûr, c'était partir du principe que l'enflammée saurait l'aider - mais puisqu'elle semblait l'apprécier, pourquoi ne pas essayer. Ce serait toujours préférable à tenter sa chance là où elle devrait payer. Et quelque chose lui disait que certains de ces piliers de comptoirs ne se borneraient pas à de la petite monnaie... Or, une esclandre ne servirait qu'à la faire repérer. Le capital sympathie que la belle rousse avait à son égard risquait de s'effondrer si elle démolissait l'un de ses proches amis. Elle s'apprêtait à refuser l'offre du maître des lieux quand sa vis-à-vis lui offrit de payer pour elle - une invitation que, ne fut-ce que par politesse, elle ne pouvait pas refuser.

La même chose, dans ce cas. rétorqua-t-elle tant envers Nimuë que le serveur alors que son pichet retrouvait contenance. Merci. Ça vous prend souvent, d'enivrer les inconnus ?

Avant qu'elle n'ait pu demander d'où venait une telle générosité de sa part, la réponse s'imposa d'elle-même. Le prix de la tranquillité. Cette idée la fit sourire derrière son masque, la curiosité passée. Qu'elle doive s'asseoir à sa table était une chose, mais lui offrir à boire ? Encore qu'à en voir l'engouement général qu'avait soulevé son arrivée, sa compagne de boisson ne risquait pas de devoir payer. Ce n'étais pas Reba qui s'en plaindrait : même si elle n'avait que peu l'usage de l'argent, elle savait préférable de l'économiser.
Elle savait également qu'on est rarement aussi généreux avec les étrangers, aussi plein aux as que l'on soit - à moins d'avoir une autre idée. Sans rien émettre de ses doutes à ce sujet, elle souleva son faux visage pour tremper les lèvres dans le breuvage. Son masque d'opale était somme toute aussi sobre que celui de ses congénères, si l'on excluait les traits orangés soulignant son regard et ses joues marquées de rayure - sa touche personnelle. L'anecdote de Nimuë quant au sien ne l'interpella pas plus que ça - comment aurait-elle pu croire qu'elle avait été chevalier ? Cela expliquait peut-être ce qu'elle pouvait bien lui trouver...

Merci mais ça ira. J'ai pris l'habitude de chasser ce que je mange. Mais là encore ne vous gênez pas pour moi, et je suis sûre que d'autres aimeraient en profiter... Deux pupilles ambrées s'allumèrent dans l'ombre de la table. L'impression ne dura qu'un instant, mais c'était assez pour attirer l'oeil alerte. Reba porta l'index à ses lèvres pour commander le silence, puis reprit un ton plus bas - bien que le brouhaha couvrit déjà la discussion. Vous n'avez pas à vous en faire, elle n'aime pas attirer l'attention. fit-elle, matoise, en avançant ses doigts jusqu'aux siens. Je m'appelle Reba, capitaine de mon âme. Je crois que c'est un bon début.

Sa poigne était aussi ferme que celle d'un homme sans être exempte de délicatesse, mais Reba n'était pas en reste, fut-ce sans faire appel à ses pouvoirs. Une sensation cohérente pour ce qu'elle disait être... Sans aller jusqu'à se contenter de cette seule preuve, c'était déjà un pas dans la bonne direction. Non que cela change quoi que ce soit, Reba n'ayant pas le goût des bateaux - qu'ils soient pirates ou quoi que ce soit. Parcourant l'ensemble de la pièce du coin de l'œil, elle constata que si charmante que soit Nimuë, les mâles avaient finis par s'en détourner - alcool et concentration faisaient rarement bon ménage. Elle exploita l'occasion pour jeter une pièce de viande à l'ombre aussi vorace que tachetée blottie à ses pieds.

Et vous, quel bon vent vous amène ? reprit-elle tout en croisant les bras, de sa voix dont le timbre évoquait la chaleur de l'été.


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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Dim 31 Juil - 22:29
Proposition indécente ?






Ils avaient l'air de l'apprécier. Oh de cela, elle n'en doutait plus, mais ne faisait plus attention. L'ancienne Rose était devenue une Sirène Maléfique, se jouant bien des supplications des matelots, de leurs cœurs amourachés face à une chimère. Une simple illusion. Un poison devenu un piège. Un sourire ourla ses lèvres légèrement vermeilles à force de les tremper dans son fort breuvage. Elle se contenta de hausser les épaules face à sa première constatation. Plus ou moins ? En voilà une réponse énigmatique et très loin de la satisfaire ! Malgré elle, la jeune Sainte avait piqué la curiosité insatiable de la pirate. Son masque, finalement, n'avait été qu'un élément déclencheur. Oui, il y avait décidément quelque chose dans son aura. Un chose familière. Thèbes ? Elle n'y avait jamais été dans son souvenir. Pourtant, la Capitaine en avait fait, du chemin. Contemplé des choses, d'infinis horizons, les silhouettes de villes plus ou moins riches couvées ou non par le regard d'un Dieu.

« T'indiquer le chemin ? Ouais, ça doit pouvoir se faire. »

Elle lui lança un rapide coup d’œil espiègle avant de boire d'un trait le contenu de son verre. Une fois encore, sans avoir à bouger le petit doigt, l'ombre du tenancier s'approcha pour la resservir. Il reviendrait à chaque fois, c'était une sorte de petit accord entre eux. La remarque de la Sainte eut le mérite de lui arracher un petit rire franc. Musique des plus rares, surtout ces derniers temps. Nimuë se pencha très légèrement pour lui glisser :

« Seulement ceux qui portent des masques. »

Avant qu'elles puissent se serrer la main, l'éclat mordoré de deux pupilles l'avait interpellé sans véritablement l'étonner. Sans être totalement blasée, la Capitaine de la Rose Sanglante en avait vu d'autres. Quand bien même la présence d'un tel animal -sauvage- la rendit plus souriante que jamais. Maintenant qu'elle saisissait la familiarité de la situation, la pirate semblait encore plus encline à jouer. Elles se serrèrent la main comme lorsque Nimuë scellait un accord intéressant. Au moins la prénommée Reba n'était pas l'une de ces fragiles fleur à lui offrir qu'une vague et incertaine poignée de mains. Non, c'était tout autre chose qu'elle sentait. Et elle appréciait cela, ainsi que l'échange qui allait bon train.

« Oh pour une fois que quelqu'un ne me ment pas en disant qu'il a un fauve sous le pantalon ... »

En étouffant un rire derrière sa dextre l'autre s'était saisie d'un morceau de jambon qu'elle glissa discrètement sous la table.

« Et qui a un sacré appétit ! »

Gloussa t-elle encore, ses yeux pers illuminés par l'hilarité et une once d'ivresse. C'était que la jeune O'Bannon n'en était pas au premier ! D'ailleurs elle bu cul sec le … oh elle avait déjà perdu le compte. Tant pis.

« Disons que je rentre de mission. Et tu peux me tutoyer, je suis pas de celles à aimer les ronds de jambe. Et pour être toute à fait franche, je m'emmerde profondément, j'ai besoin de voir autre chose, de partir à l'aventure. » Une pause durant laquelle sa mine, petit à petit, semblait s'assombrir, comme un ciel recouvert par un manteau de nuages sombres. « Tu n'as jamais ressenti ce besoin ? De tourner le dos à tes habitudes, à ce que tu connais, ton petit train-train pour te foutre dans les emmerdes jusqu'au cou juste par plaisir ? Tu vois, j'en aurais bien besoin là. Pour oublier, pour fuir un peu, aussi. »

Ah pour cela la jeune femme faisait preuve d'une expertise à toute épreuve ! Un soupir, elle adopta la même attitude que Reba, les bras croisés sous sa poitrine, légèrement sur la défensive. Ou contrariée.

« Bref je vais pas te faire un dessin. Si tu as besoin de bras et d'une tête à la rigueur, je suis toute disposée à t'aider. »





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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Mer 3 Aoû - 13:50
Les Sirènes du Port...
feat. Nimuë

Ça me serait d'une grande aide. C'est la première fois que je viens en terre d'Égypte.

Oh bien sûr elle avait entendu les légendes, mais ça ne suffit pas à connaître un pays - encore moins sa géographie. Le sable n'avait pas l'air de contenir ses racines, mais Nimuë évoluait avec suffisamment d'assurance pour n'avoir aucun doute quant au fait qu'elle serait capable de lui montrer le chemin. Le simple fait qu'elle se présente comme capitaine de navire alors que cette station était habituellement dévolue aux hommes en disait déjà long à ce sujet. Peut-être était-ce précisément cela, le masque dont elle voulait parler ? Forcée d'être quelqu'un d'autre pour y avoir droit ? En d'autres circonstances, Reba aurait été curieuse d'en savoir davantage, mais sa mission passait en priorité. Elle n'avait pas le temps de s'attarder, pas même le temps d'une histoire ; elle avait déjà trop traîné, ne pouvait plus se le permettre maintenant qu'elle était officiellement élue chevalier.

Dommage : ceux qui ont une vie de voyage ont souvent bien des choses à raconter. Néanmoins, la seule chose qui l'intéressait dans l'immédiat - qui devait avoir son intérêt - concernait des matières dont elle n'avait pas le droit de parler. Le sceau du secret, la loi du silence que nul ne peut enfreindre sous peine de voir la foudre tomber. Les actes coûtaient plus cher que les paroles, mais toute habituée qu'elle soit à danser sur la corde raide, l'africaine s'en garderait pour cette fois. Elle ne pouvait pas se permettre d'impliquer qui que ce soit - d'autant que la belle rousse semblait d'après son regard avoir déjà eu assez de tempête à braver. C'est seule qu'elle affronterait les ombres. Seule oui, car Chiquita n'était-elle pas que son autre moitié ? Le fragment de son âme égaré dans la nature sauvage au moment où elle était née, recouvré après des années. La bête qui vivait en elle s'était émancipée.

J'aurais bien dit pouvoir l'enlever si ce n'est que ça, répondit-elle dans un léger rire, mais j'ai bien peur que ce ne soit pas mon choix. Buvons, alors.

Et d'écluser son verre de même que sa vis-à-vis avant elle. Bien qu'elle n'ait jamais réellement poussé ses limites en la matière, Reba se savait d'une extrême tolérance en la matière. En plus de sa résistance naturelle, l'alcool que l'on faisait chez elle était loin d'être aussi raffiné que les produits trouvables dans le commerce. Si la capitaine cherchait à l'amener sur ce terrain - quelles qu'en soient les raisons -, elle risquait fort d'avoir une mauvaise surprise. En tout cas, Reba n'avait jamais de toute sa vie entendu le dialecte dont émanait le nom de ce navire ; tout au plus pouvait-elle affirmer que ce n'était pas la langue locale. Un mystère de plus qu'elle se plairait à résoudre, si le temps lui en était laissé. Ce dont elle avait une fois encore des raisons de douter : après ce long voyage, y avait-il encore quelque chose à sauver ?

Pour elle, cette beuverie était en tout cas une halte bienvenue avant de reprendre le travail, mais qu'en était-il pour Nimuë ? Tout en l'étudiant avec amusement, la lionnesse ne pouvait que se demander ; essayait-elle vraiment de la faire boire, ou ne cherchait-elle qu'un prétexte pour elle-même s'abreuver ? Et si tel était le cas, quels pouvaient être les émois qu'elle s'efforçait d'y noyer ? Aujourd'hui dépourvue de ce masque qu'elle n'avait fait qu'évoquer, Nimuë dévoilait sans doute à l'oeil alerte plus qu'elle n'aurait souhaité. Sans vouloir s'introduire dans sa vie privée, lui ouvrir le coeur pour mieux y regarder, n'était-il pas préférable de savoir à qui elle parlait ? Après tout, peut-être que sa vie en dépendait... Les deux coudes appuyés sur la table, elle se fendit d'un sourire indécelable.

Plus que vous ne pouvez l'imaginer. Je vous déconseille d'essayer de la caresser... Elle saisit son verre, que le patron avait eu le bon ton de remplir en même temps que celui de sa partenaire. Elle passa la main sous la table pour flatter la tête de l'animal en train de se repaître. Ne vous en faites pas, elle ne risque pas de se mettre entre nous. Enfin, à moins que je le lui demande...

Et encore. Chiquita avait beau ne pas être récalcitrante à l'idée de goûter la chair humaine, Reba ne la voyait comme une arme en aucune façon - déjà parce que cela aurait été bien trop réducteur de la perception qu'elle avait d'elle. Elle était bien assez à même de se défendre pour n'avoir pas à faire appel à elle, même si la présence d'une panthère réfrénait les ardeurs des plus téméraires. Parlant d'arme, justement, elle n'avait pu s'empêcher de remarquer celle qui pendait à la ceinture de sa vis-à-vis ; elle doutait fort que ce ne soit que pour lui frayer un passage pour les rameurs avinés. Qu'est-ce qui avait pu la décider à arborer le fer au départ ? Était-ce son rôle qui le réclamait ? La lionne ignorait tout de la vie d'un conquérant des mers, si ce n'est qu'on la dit pleine de danger... Mais était-ce bien là l'ennemi contre lequel elle se tenait prête à lutter ?

De mission ? releva-t-elle sans insister. Recevoir une mission impliquait d'avoir quelqu'un pour commander. Or, n'était-elle pas maîtresse à bord ? La question avait toutefois moins trait à la suspicion qu'à l'innocence, Reba évoluant là encore en milieu étranger. Les velléités de renouveau de Nimuë lui arrachèrent un nouveau sourire. Je n'ai pas vraiment de train-train. J'ai passé la dernière année à me laisser porter par le vent, à chaque jour son paysage. C'est le style de vie qui me convient le mieux. J'imagine que c'est pour ça qu'on m'a renvoyée en balade à peine arriver. Changer mes habitudes pour moi, ce serait rester plus d'une journée au même endroit. S'il ne semblait qu'à peine mieux éduqué que sa clientèle, le gérant savait se faire discret : son verre était aussi plein que si elle n'y avait jamais touché. Piège redoutable s'il en est : perdre le compte était bien trop aisé - non qu'elle doutât que ce soit sa volonté. Son interlocutrice semblait avoir une longueur d'avance à ce sujet. Mais je vois ce que tu veux dire. Toutefois... Elle s'appuya sur le dossier de sa chaise, faisant tourner entre ses doigts le récipient après y avoir pris quelques lampées. Quand on possède un bateau, pouvoir aller où on veut, n'est-ce pas justement l'intérêt ?


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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Jeu 4 Aoû - 11:54
Dans le vif






Le verbe de la jeune femme, son sens de la répartie et la manière qu'elle avait d'habilement jouer avec les mots, les intonations et les attitudes la faisait sourire. Il était assez rare qu'elle tombe sur ce genre de femmes, assurément, aussi allait-elle se montrer plus curieuse que d'ordinaire. De toute manière, elle le semblait elle aussi, à sa façon. Mission. Sans doute le mot n'était-il pas très bien choisit. Oh la belle aurait pu donner une explication qui tiendrait la route, balayant tout soupçons ou autres mais … elle préféra s'en abstenir, par jeu, par plaisir de poser un voile d'ambiguïté. Après tout, Reba n'était pas la seule à pouvoir porter un masque. Nimuë l'avait-il jamais quitté ? Ses doigts quittèrent la surface lisse de son gobelet en étain.

« Nous avons ce point en commun, donc. Mais … je m'en doutais. Tu sembles être quelqu'un qui ne prends pas la peine de s'attacher. C'est pas plus mal. »

Oh elle savait pertinemment que ce n'était pas tout à fait vrai. Elles portaient sur leurs épaules des allégeances différentes. Devoir, rôle. Nimuë s'interrogeait sur la teneur de celui de la jeune femme. Seulement oui, la jeune femme était libre d'aller où bon lui semble. Ou du moins on lui en donnait l'illusion et, consciente de cela, elle y trouvait son compte. L'aveuglement lui correspondait bien. Plus encore depuis quelques temps. Son esprit vagabonda sans que la pirate n'en ait conscience. Avait-elle répondu à sa question ? Elle n'en était plus certaine et eut un petit sourire contrit.

« Pardon, je suis un peu fatiguée. » Une pause, elle achevait son verre qui déjà se remplissait. « Disons juste que voir constamment les même sales trognes tous les jours eh beh … ça devient lassant, je suppose que tu comprends ça ? Il n'y a pas que des avantages à être le capitaine d'un navire. »

Pendant un instant Nimuë se laissa aller sur le dossier de sa chaise, ferma les yeux pour tenter d'occulter tous les bruits qui résonnaient tout autour d'elle. Il lui était simple de percevoir toutes les formes d'énergies, les mouvements même furtifs de l'animal sauvage caché sous la table, sa respiration, celle de sa maîtresse, le son de leur cœur qui, drôlement, résonnaient de concert. Sur un tempo … unique ? Et puis il y avait les pensées, qu'elle pouvait lire comme si elle consultait un ouvrage. Il n'y avait pas plus efficace, surtout quand ça lui était complètement naturel et intuitif. Pour autant, elle ne se le permettait pas avec la jeune Reba. Par respect du petit jeu qu'elle avait instauré plus que par prudence. Cette dernière « qualité », l'atlante ne la possédait pas vraiment. Un trait propre aux O'Bannon, semblerait-il.

« Mais tu n'as pas vraiment répondu à ma question, Reba. Ou cherche-tu à me tester avant ? »

Elle désigna sa fine lame qu'elle gardait à sa ceinture.

« Elle n'est pas faite pour faire jolie. Et je sais plutôt bien m'en servir. Beaucoup ici seraient à même de te confirmer cela. »

Oh la Capitaine de la « Rose Sanglante » en avait puni des hommes un peu trop ambitieux ou vantards qui essayaient d'aller à l'encontre de son autorité ou bien, comme un lion, à asseoir sa dominance. Ah ! Il y en avait plus d'un ici qui n'appréciait pas le fait qu'une femme puisse avoir tant de pouvoir et de force.

« Mais je ne voudrais pas te faire perdre davantage de temps, comme je ne voudrais pas perdre le mien en bavardages inutiles. Nous pouvons très bien nous contenter de la boisson ... »

Fit-elle en lui glissant un regard espiègle et un sourire goguenard. Sa main retrouva le chemin de sa coupe qu'elle vida d'un trait. Que déciderait cette jeune et intrigante personne ?





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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Ven 5 Aoû - 20:22
Les Sirènes du Port...
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Je suppose qu'on peut dire ça, même si ce n'est pas tant que je ne prends pas la peine de m'attacher que rien ne me retient. Je pense que tu comprendras la nuance.

Nimuë ne semblait pas vouloir lui répondre concernant sa mission. Peut-être n'était-ce qu'une façon de parler. En dépit des thèmes explorés, il ne fallait pas oublier qu'elles venaient de se rencontrer. Elle n'avait aucun droit d'espérer des réponses, tout au plus d'en demander. Elles étaient entrées dans un jeu des masques où il s'agissait de trouver quels pans soulever - quel aspect d'elle-même l'autre accepterait de bien vouloir dévoiler. Une perspective qui convenait à Reba, n'ayant pas envie de vendre tous ses secrets même si elle n'avait rien à cacher - si ce n'est peut-être son identité. Si elle n'avait pas honte de son allégeance envers Athéna, il ne lui semblait pas pour autant pertinent de l'ébruiter. Pas en plein coeur de ces antiques cités, pas avant de savoir quelle magie elles contenaient. Elle était sûre que la déesse comprendrait.

Déjà ? répondit Reba avec espièglerie quand son interlocutrice lui annonça sa fatigue. Elle-même commençait à sentir le poids de la journée sur ses épaules, mais était sans doute meilleure à le cacher. Si elle ne doutait pas que la vie en mer amenait son lot d'aventures, grandir dans la savane n'est pas non plus de tout repos. La seule tête que je vois tous les jours se trouve à cet instant à nos pieds, et c'est pour moi comme de me regarder dans le miroir... Mais je vois ce que tu veux dire.

Elle sentit la boule de poils se coller contre sa jambe et se mettre à ronronner. Il fallait croire qu'elle appréciait le compliment - qui n'était que la pure vérité. Chiquita faisait partie d'elle de la même manière que l'inverse était également vrai ; elle avait toujours été là, l'avait aidé à découvrir ses pouvoirs et continuait de le faire. Elle ne s'en séparerait pour rien au monde et avait au fond d'elle le sentiment que l'une n'allant pas sans l'autre, elle viendrait à mourir si la panthère la précédait dans la tombe. Quel âge pouvait-elle bien avoir, d'ailleurs ? La dame d'ébène ne se l'était jamais vraiment demandé tant elle semblait intemporelle... Peut-être fallait-il y voir le fruit de leur liaison. C'était un sujet sur lequel elle préférait ne pas trop s'interroger - appelons ça superstition. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à entendre.

À en juger par la tournure de la conversation, Nimuë avait dû en entendre quelques-unes qui n'avaient pas dû lui plaire - à moins qu'elle ait d'autres raisons de tout envoyer en l'air ? Sentir sourdre chez elle une telle lassitude, un tel débordement en faisait un véritable puits de frustration. Les choses étaient effectivement plus compliquées qu'elle n'en avaient l'air, particulièrement quand on est une femme - qu'on doit prendre par la force ce qu'on refuse de nous donner. Reba avait probablement grandi dans une des sociétés les plus égalitaires à ce sujet, aussi n'y avait-elle été que rarement confrontée, mais en avait suffisamment entendu parler pour savoir de quoi il retournait. Si elle ne partageait pas son combat - pas encore ? -, il n'en était pas moins vrai qu'elle le comprenait.

C'était une réponse en soi. riposta-t-elle sans sourciller. Une nouvelle fois, elle décala légèrement le masque pour prendre une gorgée, sans rien laisser paraître plus que les ombres de ses traits. J'aime ma vie comme elle est. Chaque jour est une découverte. Je n'ai pas de place où être, que des endroits où aller. On pourrait appeler ça une fuite en avant, mais je n'ai rien pour me courir après. Elle fit tourner le verre entre ses doigts, pencha la tête de côté. Et toi, que fuis-tu Nimuë ?

Elle laissa planer le silence quelques instants, sans réellement attendre de réponse de sa part - le but étant avant tout de la mettre face aux faits. Elle savait vouloir s'en aller, mais de quoi voulait-elle tant se détourner ? Qu'est-ce qui pouvait bien valoir qu'une femme forte comme elle veuille, en toute ironie, mettre les voiles sans jamais se retourner ? Peut-être que c'eut été se fier à la couverture, mais elle avait l'impression que si la belle rousse devenait un récit, on ferait d'elle une tragédie. Faisait-il vraiment bon rester à ses côtés ? Et si ce n'était pas le cas, convenait-il de l'abandonner à son sort ? Certainement pas. À défaut de la sauver de ses démons, à commencer par celui de l'alcool, peut-être pouvait-elle au moins lui changer les idées.

Mais c'est bien parce que j'aime l'aventure que ça me convient, coupa-t-elle court à de potentielles sombres réflexions. Tu peux en en déduire que je ne suis pas contre un léger frisson de temps en temps. Elle jeta un coup d'oeil par la fenêtre et affecta de s'étirer. Il se fait tard, je ne vais pas tarder à monter. Je te conseille de prendre une chambre tant qu'il en reste si tu es si fatiguée.


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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Ven 5 Aoû - 21:19
Fuites en avant






Elle saisissait très bien la nuance, pour l'avoir elle-même appréhendée. Éprouvée. Oh son maître avait été un professeur des plus froids, dont l'une des principales règles s'asseyait sur ce principe : « On ne peut s'attacher qu'à nos semblables, aux être qui nous ressembles … mais en dehors de nous, il n'existe personne. ». La voix de Lucius résonnait encore souvent dans sa tête. Encore maintenant où elle pensait l'avoir effacé un peu de sa mémoire. Les crocs du Lion, dans leur volonté de lui arracher une part de son mal-être, n'avaient fait qu'effacer un pan, quelques scènes tout au plus. C'était déjà ça et la jeune femme lui était reconnaissante. Même si … « Jamais plus. » Cette promesse, saurait-il la tenir ?

Combien de promesses elle, elle avait bafoué ? De règles transgressées ? Sainte exilée, Marina en quête de … quelque chose. Quoi ? Ce soir, la jeune femme ne désirait pas s’appesantir sur ses recherches. Il n'y avait plus que l'attrait de l'inconnu, d'une chasse au trésor. D'une mission qu'elle savait sacrée et qui pourtant, l'appelait corps et âme. Elle lui mentait par omission. À cette Dame à la Panthère, à cette Reba. Curieuse aussi de savoir à quelles étoiles elle était accrochée. Sous quels astres elle s'était vu renaître. Quelle Malédiction ?

Elles. Il y avait cette belle créature de la nuit qui, telle une ombre paraissait marcher dans ses pas. Qu'importe le lieu, qu'importe le danger. Une telle fusion entre deux êtres était … intrigante. Pouvait-elle faire le rapprochement avec sa propre lame ? Non, probablement pas. Même si il lui arrivait souvent de la considérer comme sa plus précieuse alliée. Souvent, elle n'avait eu qu'elle pour se défendre, se battre. Danser. Son sourire se figea un instant, se parant d'une légère ombre.

« Cette question, je me la suis souvent posée. »

La jeune femme était familière de ce genre de chose. Des fuites. À l'instar des Poissons qu'elle incarnait autrefois, Nimuë n'avait pas son pareil pour s'échapper chaque fois qu'on tentait de la retenir. Elle songea au Lion d'Or, le seul homme ayant été capable de la retenir. Et son cœur se serra face aux souvenirs qu'ils avaient pu partager. Elle redressa la tête quand Reba lui donna sa réponse. Son œil pers s'illumina aussitôt, occultant ses ténèbres. Ses sombres pensées.

« Ah ! À la bonne heure ! Tu m'en vois ravie ! »

Ce fut à son tour d'observer au-dehors, notant effectivement l'heure tardive. Elle ferait mieux de suivre le conseil de la belle et de se trouver une chambre pour la nuit. La Sirène aurait pu rentrer jusqu'au port mais … Elle n'avait vraiment aucune envie de tomber sur une tête connue, encore moins d'être rabrouée par Old John qui la collait un peu trop à son goût. Sans compte qu'Endymion pouvait refaire surface n'importe quand et se livrer à une nouvelle joute malsaine. Non vraiment, l'idée de rester ici était assez séduisante et elle aurait plus de chance de ne pas se faire fausser compagnie !

« Dans ce cas je te souhaite une bonne nuit, Reba. Je serai là une heure avant l'aube, prête à lever les voiles ! »

Un dernier sourire et clin d’œil complice et la rouquine fit volte face pour disparaître dans un flot grouillant de marins et de pirates avinés. Encore quelques verres et elle se glisserait dans ses draps.

⚜⚜⚜

Trois coups furent portés contre la porte en bois. Trop sonores, assez espacés. Un léger rire s'éleva, étouffé. Nimuë n'avait pas les idées claires. On lui avait juste soufflé qu'il n'y avait plus de chambre et … elle était quand même montée. Tout en gloussant légèrement, la pirate, appuyée contre la porte, souffla :

« Hey … Reba … J'crois que j'ai un peu trop chargé la mule là … Et ces cons-là … Ils ont pu d'chambres ... »





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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Sam 6 Aoû - 9:31
Les Sirènes du Port...
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Nimuë n'avait pas souhaité lui donner de réponse, mais elle avait vu défiler suffisamment de choses dans ses yeux pour savoir ce qu'il en était. Tout bien réfléchi, ce n'était pas nécessairement qu'elle n'ait pas de réponse à lui donner ; peut-être qu'elle en avait trop. Et cela en disait déjà long. Que pouvait-elle avoir vécu pour être si jeune et déjà paraître au crépuscule ? Ne s'était-elle affranchie de ses chaînes que pour en gagner d'autres ? Pour quelqu'un d'aussi empathique de Reba, la détresse qui semblait émaner d'elle était presque palpable. Elle sentit Chiquita remuer à ses pieds, mal à l'aise.

Bien qu'elle soit relativement détachée vis-à-vis des humains, l'animal ressentait pour elle une forme de compassion, chose assez rare pour être mentionnée. Le temps d'un battement de coeur, la lionne crut avoir appuyé où il ne fallait pas, mais comprit rapidement que Nimuë elle-même pressait la plaie assez souvent. Une mauvaise habitude que bien des hommes - et des femmes - ont en commun. Reba pouvait se vanter d'être plus proche de l'animal sur ce point, à vivre sa vie sans regret. Même la mort n'aurait su lui peser, tant elle savait que ce n'est par elle que tout se terminerait.

Pas pour qui voyait par-delà le Voile.

Elle caressa la tête de Chiquita pour l'apaiser. Cette dernière perdit la raideur qui l'avait un instant animée, sans pour autant se rallonger - elle savait devoir quitter prochainement son abri temporaire, quand bien même elle n'aimait guère être déplacée. Nul doute que même si l'endroit était bondé, ses « talents » de dissimulation seraient utiles pour parvenir à l'étage sans être repérée.
Enfin, si elle avait réussi à ne pas se faire voir au premier passage avec tous les regards tournés vers elle, cela devrait sans doute aller. Tout glorieux que soit le port d'une Pandora Box, il n'aidait guère à se fondre dans la masse - ce pourquoi elle l'avait enfouie dans sa chambre entre deux bribes d'un ameublement sommaire, là où personne n'irait la chercher.

Contente d'avoir pu te satisfaire, dans ce cas. répondit-elle sur une dernière note de malice et, en se levant, reposa son gobelet. Ne force pas trop sur la boisson. Je n'ose imaginer ce que la gueule de bois donne en mer !

Et sur cette dernière taquinerie, de lui tourner le dos pour prendre la direction de l'escalier. La panthère lui emboita le pas d'une démarche paresseuse, que la pirate serait seule à voir - Reba se contentant de savoir. Elle en était à un point où elle pouvait connaître les moindres faits et gestes de Chiquita en temps réel sans même s'en donner la peine. C'était comme une extension de son propre corps, une partie d'elle-même ; elle ne mentait pas en disant y voir parfois son propre reflet. Elle se fondait en elle un peu plus à chaque fois, tant et si bien que viendrait probablement un jour où elle n'en reviendrait pas.

Au milieu des ivrognes qui jonchaient son passage et qu'elle esquivait avec élégance, elle eut un regard en arrière pour Nimuë. C'était un fait rare, plus encore quand il était dénué de sens, tant la symbolique même du geste était en désaccord avec son caractère, mais il fallait croire que la capitaine le méritait. Pourtant, alors que cette dernière écumait son verre sans tenir compte de son conseil - probablement déjà oublié -, elle fit davantage à Reba l'effet d'une naufragée. Sur quelle terre d'accueil finirait-elle par échouer ? À moins qu'elle ne soit par sa mer de doutes avalée... Une seconde passa et la dame noire s'en fut, en route pour ses quartiers.

Sa tranquillité ne dura pas puisqu'à peine quelques dizaines de minutes plus tard, l'on vint toquer à sa porte. Par chance, la Lionne n'avait pas encore entrepris de grappiller les quelques heures de sommeil qui lui permettraient de tenir jusqu'à la prochaine étape du voyage. Ne se sentant pas le moins du monde menacée, elle quitta le bureau d'appoint pour se diriger vers la porte - un ennemi n'aurait pas pris la peine de s'annoncer. L'ombre d'un sourire flotta sur ses lèvres quand elle obtint confirmation par quelques paroles enivrées. La clé tourna dans la serrure sans un bruit avant qu'une main ne la hale du couloir et l'invite à entrer.

J'aurais dû m'y attendre, dit-elle en refermant derrière elles. Libre à elle de comprendre ce qu'elle voudrait.

Si elle serait peut-être déçue de voir que Reba n'avait pas ôté son masque pâle même à la faveur de la nuit, c'était bien le seul habit qu'il lui restait. L'ayant accueillie dans le plus simple appareil, la jeune africaine ne manifestait ni gêne ni pudeur à cet égard, comme si ce n'était que bien naturel. Et si elle ne faisait aucun effort pour en jouer, les rayons lunaires que laissait passer sa seule et unique fenêtre soulignaient sa peau d'ébène d'un clair-obscur de toute beauté. Le jeu d'ombre et de lumière parcourait chaque ligne de sa silhouette sous le regard bienveillant des étoiles, sans pour autant qu'elle paraisse à aucun moment vulnérable.

Si changement il devait y avoir, elle n'en serait que plus forte.

Chiquita n'était pourtant pas là ; dans son état, Nimuë n'avait pas dû remarquer qu'elle stationnait dans le couloir, cachée dans le noir. Pour qu'elle l'ait laissée passer sans même émettre un grognement, ce devait être qu'il n'y avait rien à craindre. À la vérité, n'était-ce pas plutôt Nimuë qui était en danger, à pénétrer ainsi dans l'antre du fauve ?
Lui tournant le dos avec tout ce que cela impliquait d'angle de vue, elle se dirigea vers la chaise où reposaient ses frusques pour entreprendre de se rhabiller, sans se presser bien que tout à fait consciente d'être observée. Là encore, ce n'était pas qu'elle ait quelque chose à cacher - c'était simplement plus pratique pour ce qu'elle prévoyait. Elle n'avait que brièvement expérimenté les lits de camp du Sanctuaire, mais savait déjà qu'il lui faudrait du temps avant de revoir un matelas ; tant pis.

Tu n'as qu'à prendre le lit, je vais dormir par terre.


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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Dim 7 Aoû - 11:36
Masques






La porte s'ouvrit, manquant de la faire tituber en avant. Derechef son œil s'était posé sur le corps offert aux ténèbres et aux bras blafards de la lune. Si elle faillit bien se laisser aller à son petit commentaire ou un sifflement admiratif, la pirate s'en abstint, profitant du spectacle qu'on lui offrait. La beauté. Il y avait des habitudes qui ne se perdraient pas. Il lui serait difficile à présent de ne pas dessiner en esprit les courbes de la jeune femme, le galbe souligné par les jeux d'ombres et lumières. L'éclat d'une prunelle amusée qu'elle avait cru capter sous le couvert de son masque. Alors elle entra, ne se faisant pas prier davantage. Si elle s'imaginait que le manque de pudeur puisse l'émouvoir, la belle Panthère saurait très vite qu'il n'en était rien. Pas qu'elles étaient toutes les deux des femmes mais … non, c'était autre chose. Naturel, qu'il fallait observer et apprécier à sa juste valeur. Les muscles qui roulaient sous la peau, la façon que la dame d'ébène avait de se mouvoir … autant de petits détails qu'un homme, probablement, ne noterait pas tout de suite. Pas Nimuë qui, perdue dans sa contemplation, revint à elle quand la jeune femme lui parla.

Lui céder sa place ? Il en était hors de question ! La jeune femme esquissa un « non » de la tête, désigna le lit de la main.

« De ce que j'peux voir t'es plutôt menue et euh … hm. On va se serrer un peu. Et t'gêne pas pour moi. La vue était plutôt … Agréable. »

Elle rit aux éclats, amusée de sa propre bêtise. Le vin avait sur elle des effets qu'elle appréhendait un peu mieux chaque jour. Dans sa main gauche, d'ailleurs, reposait une nouvelle conquête, un nouveau trésor pour ses papilles et son esprit qui désirait être embrumé. Probablement un peu trop ce soir. Portant le goulot directement à ses lèvres, la jeune femme but plusieurs longues gorgées avant d'en proposer à sa partenaire d'aventure.

« J'aurais les idées … claires demain matin. »

Lui assura t-elle, comme si elle ressentait le besoin de se justifier. Son regard se promena dans la pièce chichement éclairée. Ça risquait bien de lui changer du confort de sa cabine mais elle ne s'en souciait pas vraiment. Débarrassée de son trophée de chasse, la belle à son tour et sans ressentir la moindre gêne, entreprit d'enlever ses bottes. Dans cette entreprise, plus fastidieuse qu'elle le suspectait, la belle rousse manqua de chuter plusieurs fois. Se faisant son rire brisait le silence pour cette douce musique. Toute dans son hilarité, la Capitaine du « Blodyn a'r Ddraenen » s'employait à enlever la lanière de cuir qui ceignait ses hanches. Une fois cela fait, la rouquine plia avec un drôle de soin son pantalon sombre avant de rajuster sa chemise d'homme autour de son corps qui flottait dans le tissu blanc. Elle délassa suffisamment le haut de celle-ci pour qu'une épaule fut dévoilée, soulignée par la main immaculée de la lune. En s'approchant de l'unique fenêtre, la Générale de Poséidon glissa un petit sourire enjôleur à la Sainte.

« Te laisser dormir par terre … Tseuh. Et puis quoi encore ? J'ai besoin que ma … partenaire soit en forme. »

Puis, revenant quelque peu sur ses pas la jeune atlante se planta devant Reba. L'observa un long moment sans rien dire. Sans rien faire. Juste la regarder elle, ou son masque. Ce qu'il représentait et lui faisait penser. Une once de mélancolie fila dans ses yeux clairs au moment où, du bout de son index, elle suivit le pourtour froid d'une joue.

« Hm … Je ne sais pas si tu en as vraiment besoin avec moi. »

Laissa t-elle traîner dans un murmure. Son sourire s'élargit.

« Mais bon … Je comprends. On peut dire que je porte toujours le mien. Souvent. »





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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Lun 8 Aoû - 20:19
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J'air l'air de me gêner ? demanda-t-elle d'un air matois. À défaut de pouvoir montrer ses expressions, elle compensait par les inclinaisons de la voix. Contente que tu apprécies.

En effet, à aucun moment ne s'était-elle inquiétée de sentir le regard de Nimuë posé sur elle. C'était plutôt flatteur, quand bien même ce n'était pas son but en soi. Elle avait simplement l'habitude de dormir de cette manière quand les circonstances le lui permettaient - ce qui ne se faisait que trop rare dernièrement. Elle n'était pas assez sotte pour le faire sur les routes qui accompagnaient son voyage, et les quartiers communs du Sanctuaire semblaient assez peu propices à cela. Elle n'avait pas fait mystère de sa nature sauvage ; or, ne faudrait-il pas encore plusieurs siècles avant qu'un homme ait l'idée saugrenue d'habiller un animal ?

Hélas, déjà à l'époque, il y avait des convenances sociales qu'il fallait respecter ; se balader avec des vêtements en faisait partie. Aussi, si peu naturel que ce soit, n'avait-elle droit à ces instants de relâchement que dans l'intimité - ce pourquoi elle n'avait pas tardé à se dépêtrer de ces étoffes excédentaires. Évidemment, c'était sans prévoir qu'elle aurait une invitée... Mais si ça ne la dérangeait pas, pourquoi se priver ? Sans y réfléchir à deux fois, elle reposa le costume d'humain qu'elle était sur le point de renfiler, par trop heureuse de laisser sa peau respirer. Juste comme la Terre l'avait créée.

Le vent caressait sa chair, l'enveloppant de son khamsin en prévision de demain. Le bois sous ses pieds, quoique vidé de son énergie, respirait encore la liberté. Le monde sauvage ne recèlerait jamais pour elle une quelconque forme d'hostilité - pas tant que la nature et elle seraient étroitement liées. Accueillant la bouteille d'une main plus assurée que celle qui la lui tendait, elle en huma le goulot pour mieux ne pas y toucher ; quoi que ce soit, Nimuë en avait par trop abusé. Voilà qui expliquait comment son état avait si promptement évolué...

Si j'en avais les moyens, j'aurais bien parié. fit-elle d'un ton taquin en posant le récipient sur le pupitre à proximité, doutant un instant de sa stabilité.

Il semblait en effet fort peu probable qu'après s'être tant hydratée (dira-t-on), Nimuë soit en état de quoi que ce soit avant une heure avancée. Reba s'abstiendrait de toute remarque à ce sujet - elle avait l'air d'en avoir besoin. Pourquoi l'en défendre, si tant est qu'elle ne met ni elle ni les autres en danger, et surtout de quel droit ? Quelle que soit sa sympathie à son égard, la lionne n'était guère plus qu'une inconnue qu'elle venait de rencontrer... Ce qui rendait sa visite d'autant plus inopinée. Mais sous l'empire de l'alcool, où d'autre aurait-elle pu aller ?

Les bras croisés, la Chevalier de Bronze la regarda faire avec un mélange de curiosité et d'intérêt. Ce n'est que quand elle se mit à chanceler qu'elle se porta à son aide, la menant contre elle avant que le plancher ne la précède. Pressée contre son dos sans que cela n'éveille en elle davantage de pudicité, elle lui ceintura la taille de ses bras ; ce n'est qu'alors qu'une autre odeur lui parvint par-delà les odeurs d'eau-de-vie lui parvint une note parfumée. Une fragrance qui n'était pas d'ici, aurait-elle dit - ses sens n'avaient pas pour habitude de la tromper.

Tout en se demandant d'où cette fragrance hypnotique lui venait, Reba finit par la relâcher, la brièveté du contact entre leurs peaux lui signifiant qu'elle devait en avoir terminé. Le contact de Nimuë était chaleureux, mais le sien plus encore. Ni l'un ni l'autre, néanmoins, n'était en mesure de rivaliser avec la brûlure du soleil qu'apportait l'air extérieur. Nul doute qu'aux premières lueurs de l'aube, cela ne ferait qu'empirer ; aussi, garder la chemise lui semblait bien peu approprié... Même si elle semblait bien assez grande pour ne pas la gêner.

J'ai l'habitude, tu sais. Enfin, plus de la terre que du parquet. Tu devrais enlever ça, en profita-t-elle pour lui répondre, saisissant un pan de son ultime vêtement quand elle revint à sa hauteur.

Outre le côté pratique, elle devait bien avouer vouloir les mettre à égalité, quand bien même sa voix n'en laissait cette fois rien entrevoir. Lorsque les doigts de la capitaine se mirent à courir sur son masque, étrangement plus assurés que ses jambes, elle ne fit rien pour l'en empêcher - pas tant qu'elle ne faisait pas mine de vouloir lui retirer. Ce n'est qu'alors que Reba imita son geste, laissant son pouce errer aux abords de ses lèvres...

Plus tard, peut-être... Je préfère ne pas m'habituer à l'enlever quand ça m'arrange. Elle posa l'index sur sa bouche comme pour lui intimer le silence, sans en avoir aucunement l'intention, et se pencha pour lui murmurer à l'oreille. On en reparlera si tu enlèves le tien d'abord. Sa tête se tourna vers les draps, un bras déployé en signe d'invitation. Je suis grand seigneur, je te laisse choisir en premier.


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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Lun 8 Aoû - 21:40
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Cette jeune Reba ne manquait pas d'audace et cela plaisait évidemment à la Sirène Maléfique. Enivrée comme elle l'était, il était aisé de lire sur son faciès que la réplique l'avait enchantée. Pire encore, la jeune femme allait se plier volontiers au jeu, à cette demande « innocente ». Du moins n'avait-elle rien perçu dans le timbre de cette voix. Ou faisait mine de ne pas s'y intéresser. Le brouillard était trop épais dans son esprit enfiévré. Laisser tomber le sien ? Les rares fois où elle s'y était risquée … Elle s'immobilisa, intriguée par le geste de la jeune panthère. Il fallait bien admettre que Nimuë jouait un peu avec le feu et pour être tout à fait honnête avec elle-même … elle aimait cela, clairement. Comme danser avec l'ombre de la mort, il y avait quelque chose d'attrayant à se risquer dans une telle distraction. Dangereuse ou pas, quelle importance ? Elle sombrerait très volontiers. Endymion ou pas, une chose lui avait fait comprendre que l'Ermite en elle existait bel et bien. Une malédiction, au même titre que le Lion d'Or.

Sans raison apparente, la belle s'esclaffa, suivit des yeux la direction que désignait Reba. La pirate lui jeta un coup d’œil goguenard avant d'entreprendre de déboutonner les quelques boutons de sa chemise d'homme. Elles semblaient partager cette habitude de dormir sans rien et au-delà de ça, Nimuë n'avait … littéralement rien à cacher. Inconsciemment lui prouvait-elle donc ses intentions ? Une mise à nue, l'abandon de soi, des convenances, du masque excusée par la main délicate de dame ivresse. L'étoffe alla choir à ses pieds, elle ne fit aucun geste pour la ramasser, rien et rester dans cette parfaite immobilité. Telle une statue de marbre d'un blanc nacré, exempt de défauts. Ancienne Sainte des Poissons dont les atours se devaient être irréprochable, le parfum capiteux et enivrant.

Si aujourd'hui sa fragrance était différente, elle savait que cette dernière n'en était pas moins attrayante. Dangereuse. Dommage qu'elle ne puisse lire les changements même infimes sur ce visage dissimulé. Peut-être en se plongeant dans ses yeux ou ses pensées … Non, la rousse s'y refusait, pas comme ça, pas maintenant. De toute façon, Reba devait déjà se douter de quelque chose.

Elle lui laissait le choix. Mais de quoi ? Il fallut à Nimuë quelques secondes pour comprendre. Sa main alla frapper son front, se moquant de sa propre lenteur d'esprit. Appelons cela ainsi. Un nouveau rire étouffé et la belle ne se fit pas prier, se détournant pour faire quelques pas dans la pénombre, laisser ainsi tout le loisir à la Sainte de l'admirer. C'était de bonne guerre. Et la jeune femme n'avait pas à rougir et encore une fois, rien à dissimuler. Souvent la jeune capitaine s'était baladée nue dans ses quartiers, surprenant Old John, Endymion ou encore quelques uns de ses hommes qui, toujours, avaient démontrés quelques intérêts pour ce corps parfait. Oh Lucius lui avait souvent soufflé que cela faisait parti de la malédiction des Poissons. Une Bête dans le corps d'une Belle. Un Poison. Une Fourbe Créature.

Ses roses lui manquaient encore, parfois. Au moins retrouvait-elle leur vive couleur vermillon dans sa longue chevelure qui cascadaient en des boucles folles dans son dos, jusqu'au bas de ses reins. Ses pieds, en foulant le plancher, n'avaient même pas fait craquer le bois. Une fois installée sur le rebord du lit, un sourire aux bords des lèvres, Nimuë se laissa tomber en arrière.

« Hm, ça n'a pas vraiment d'importance. D'ordinaire, je suis seule dans mon lit trop grand. Mais … je suppose que je préfère être côté fenêtre. J'ai cette fâcheuse tendance à me tirer de ce côté-là quand y a du grabuge. »

Son regard pers tomba non loin, là où elle avait disposée ses vêtements et sa lame. En une fraction de seconde il lui serait aisé de la tiré hors de son fourreau et d'occire celui ou celle qui aurait la mauvaise idée de leur chercher des noises.

« Viens un peu ici, belle panthère. Si tu as froid pendant la nuit n'hésite pas à venir un peu plus près. »

Ses lippes formèrent un autre sourire, plus matois, plus provocateur. Elle se décala pour laisser de la place à cette jeune femme, pour ainsi dire une étrangère avec qui elle allait partager sa couche. À moins que cela soit tout autre chose ? Son bras posé en travers son front, la jeune femme fit mine de fermer les yeux, de ramener le drap sur son corps blanc.





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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Sam 13 Aoû - 18:11
Les Sirènes du Port...
feat. Nimuë

Tu ne devrais pas laisser trainer tes affaires.

Sans avoir à ployer le genou, elle se pencha pour saisir la chemise qui trainait par terre, exposant en même temps que la courbe de son échine une souplesse irréelle. Une fois encore, une fragrance florale assaillit son nez raffiné, comme s'il adhérait au tissu dans ses moindres ourlets. À croire qu'elle suait littéralement du parfum... Le seul qu'elle connaissait à en faire de même était Akrites, et elle ne leur voyait pas vraiment de point commun. Une comparaison qu'elle prit soin de garder loin de son esprit pour se changer les idées : la mission attendrait. Tout chevalier qu'elle soit, qu'importe le rang, elle restait foncièrement humaine et avait besoin de se reposer. Elle osait croire que son ami comprendrait.

Elle posa l'habit sur la chaise aux côtés des siens - sa taille n'avait clairement rien de féminin. Une question de confort ? Un souvenir, peut-être... Son instinct lui disait que c'était là le genre de question qu'il était préférable d'éviter, pour son intérêt comme celui de Nimuë. Non qu'elle soit femme à s'abstenir de mettre les pieds dans le plat quand elle en ressentait le besoin, mais elle ne voyait pas cela comme nécessaire dans l'immédiat - elle avait bien mieux à faire. Se relevant avec lenteur, elle la laissa admirer sa plastique dans l'éclairage naturel qui la mettait en valeur. Sans atteindre sa perfection, elle estimait n'avoir pas à rougir de son anatomie. La notion-même d'en tirer quelque complexe que ce fut lui était tout à fait étrangère.

Il n'était pas non plus dans ses habitudes d'en jouer, mais la pirate semblait l'en mettre au défi ; aussi n'allait-elle pas s'en priver - à moins que l'alcool l'ait finalement affectée. Bien que n'étant pas familière de la jalousie, Reba pouvait dire que si elle avait dû en éprouver envers quelqu'un, c'eût été Nimuë. Elle était si bien faite que sa personne que l'on pourrait croire que les dieux eux-mêmes avaient contribué. Elle donnait à elle seule un sens physique au mot beauté. En lieu et place de l'envie, Reba éprouvait de la compassion ; ce devait être parfois dur à vivre au vu de sa situation. Dès lors, fallait-il voir une armure dans ces habits trop grands ? Au fond, peut-être était-ce là son intention : la divertir des réalités.

Je suis un lion, pas une panthère. faillit-elle dire, mais elle s'en retint pour ne pas instiller le doute sur son identité. Alexandrie était un bastion Marina, elle ne s'en était souvenue que trop tard ; peut-être Nimuë connaissait-elle l'un d'entre eux sans même le savoir. Bien qu'ils soient pour l'heure supposés être en paix avec le Sanctuaire, Reba n'avait que peu de foi en la parole de Poséidon... Mais peu lui importait au moment présent. Après avoir traversé le globe dans un sens puis dans l'autre, elle avait bien droit à un peu de repos. Elle n'irait nulle part ce soir - nulle part ailleurs que dans son lit. Et si elle n'avait pas prévu d'y avoir de la compagnie, une bonne surprise n'est jamais de trop.

S'approchant à pas feutrés, elle chaloupa jusqu'à elle. Et, était-ce l'obscurité ou de se trouver encore debout alors qu'elle était allongée, Nimuë lui apparut vulnérable. Fragile. Offerte, d'une certaine manière - celle d'une proie qui se livre aux crocs affamés. Une chance pour elle que Chiquita n'ait pas été là ; un met aussi fin, elle n'aurait probablement pas pu résister. C'était parfaitement contradictoire avec la manière dont elle avait pris possession du lit. Envahissante, conquérante - comme si le monde lui appartenait. Mais peut-être n'était-ce qu'une fausse histoire qu'elle aimait raconter. Peut-être qu'elle ne savait simplement pas où aller, cherchant un phare, une lumière pour se guider.

Ça veut dire que je dois m'attendre à quelque chose de ce genre ? Je n'aimerais pas devoir m'enfuir en pleine nuit. s'enquit-elle par précaution. Ça ne me gêne pas qu'on me voie, mais je préfère choisir mon public.

Si Reba n'était pas la torche qu'il lui fallait, du moins avait-elle la prétention de voir dans l'obscurité. Se Se faufilant sous les draps avec l'adresse d'un serpent, elle passa un bras autour du cou de Nimuë, s'imposant à elle comme elle l'avait fait en venant toquer à sa porte. Peut-être qu'à son tour, elle apprécierait. Ses doigts redessinèrent la courbe de l'épaule avant que ses ongles ne s'y plantent, traçant des sillons invisibles dans la chair sans toutefois la percer. Pas assez pour la faire saigner ; juste qu'elle sente de quoi elles étaient capables - ce dans quoi elle s'était engagée. La poitrine pressée contre son bras, elle se pencha pour lui souffler à l'oreille :

On ne t'a jamais dit de ne pas jouer avec les fauves ?

Elle était prête à parier que dans tous les pays du monde, on enseignait aux enfants à ne pas aller trop près de la cage aux lions... Aurait-elle manqué cette éducation - ou préféré l'oublier ? Il n'y avait qu'un moyen de vérifier. Son pouce vint à ses lèvres pour les caresser, faisant ensuite de même avec son oeil éraflé. La seule note imparfaite dans une mélodie que l'Olympe n'aurait pas renié.
Qui donc avait pu gâcher ce chef-d'œuvre, et surtout, l'avait-il payé ? Mais là encore, ça entrait dans le domaine privé. Dans la continuité du geste, ses effleurements vinrent se perdre le long de sa nuque, dans la couleur ardente de ses boucles. Jusqu'à ce qu'encore une fois elle érafle sa tendre chair, refermant délicatement sa poigne sur cette gorge frêle, sentant à travers elle son coeur palpiter. Pourquoi diable s'était-il accéléré ?

J'ai l'impression que c'est plutôt toi qui a peur de refroidir.


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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Lun 15 Aoû - 12:09
Masques






« Si j’arrête, c’est que je serai morte. Froide. Sans vie. Alors non, je ne veux pas arrêter. Jamais. »

Qu’est-ce qui lui avait pris de glisser cela à l’oreille de la belle Reba ? Alors qu’elle s’était rapprochée, serrée un peu plus contre elle pour lui prodiguer de sa chaleur, Nimuë, elle, tentait de lui faire passer un message. Une invitation troublée par les notes de l’alcool ? Des divagations simples et complexes à la fois ? Ou bien autre chose plus pour elle-même que pour la jeune femme qui entrait dans son jeu, dans sa danse à elle ? Bien tout était au mieux, tout était parfait, la chaleur de son souffle faisait monter en elle quelques sentiments étranges. Dont l’étrangeté même la ravissait au plus haut point. Refroidir. Non, il lui était impossible d’arrêter. Si elle n’avait pas peur de frayer avec des animaux sauvages, l’idée même de n’être qu’un cadavre froid et sans vie la révulsait. Elle était ici-bas pour un très long moment, voire infini, si elle devait séjourner sur Terre ad vitam aeternam … alors oui, la rousse comptait bien au moins se risquer à aller voir quelques lions.

Seulement il y avait autre chose dans cette étreinte que la simple volonté de se sentir vivante. Mais cela, Nimuë n’était pas prête de se l’avouer. Alors un simple sourire énigmatique alla parer son joli minois de poupée, laissant les doigts de Reba courir sur sa peau, la griffer quelque peu sans toutefois l’abîmer. Drôle de manège qui n’était pas sans lui déplaire. Avait-elle donc si bien deviné ce qu’elle attendait ? Ce qu’elle voulait ?

« On me faisait jouer avec les tempêtes alors quelques fauves, tu sais … »

Ce fut à son tour de suivre les pourtours sombres de ce corps lové contre le sien, de décrire le galbe d’une clavicule, l’arrondit d’une épaule avant de s’arrêter sur la froideur du masque. De s’appesantir sur ces lèvres à jamais figées, immobiles. Des souvenirs assaillaient la pirate, des images dont elle n’était pas prête de partager à nouveau avec qui que ce soit. Son propre carcan de fer brisé, reposant entre ses mains et qu’elle avait délaissé sur le parvis du Temple de Lesath. Le symbolisme était fort et maintenant qu’elle y songeait, une note nostalgique dans ses prunelles, il lui semblait bien que ce fut à cet instant précis qu’elle avait compris qu’elle était en train de dépérir. Que quelque chose s’était brisé. Qu’il lui fallait partir. Parce que rien ne pouvait être réparé. Pire que tout, un certain Lion d’Or n’avait en rien arrangé les choses en montrant les crocs. Oh elle balaya tout cela très vite, se penchant pour cueillir un baiser. Un seul, avant de se reculer et de sourire.

« Je ne crains rien ni personne. »

Des griffures, sa peau de nacre en avait récoltées. Bien plus que la Panthère pourrait le soupçonner. D’autant qu’il n’en subsistait aucunes traces sur ce dos qui se dévoila à la faveur d’un trait de lumière d’argent alors qu’elle se redressait pour dominer la belle Sainte au masque.

« Alors si tu veux jouer avec moi, belle Panthère … »

Sa chevelure cascada de chaque côté de ses épaules quand, mutine, la rouquine s’imposa encore face à la dompteuse de félins. Dans ses yeux un feu rallumé. Un éclat iridescent. Ce fut à son tour de se pencher sur son oreille. Lui murmurer :

« Ne te prives pas pour user de tes griffes et de tes crocs. »

Le rire de la Sirène Maléfique s’envola une fois encore dans la pièce.






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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Mar 23 Aoû - 15:42
Les Sirènes du Port...
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La vie n'est pas forcément synonyme de chaleur, pas plus que la mort ne se caractérise par le froid. Ouvre ton esprit Nimuë, le monde est une pièce de monnaie dont nous ne voyons que la moitié.

Et de poser l'index sur ses lèvres pour la défendre d'en dire plus, pour de bon cette fois, lui laissant le temps d'assimiler. Ces quelques phrases avaient été prononcées sur un ton non pas moqueur mais professoral, empreint de positivisme. Non qu'elle se voudrait communicative : c'était simplement la manière qu'elle avait de parler de ces choses-là, avec le sourire. Comme une blague qu'elle serait la seule à comprendre. Oh bien sûr, ce n'était pas tout à fait le cas... Mais ils étaient suffisamment rares pour s'en féliciter. Elle ne comptait pas faire entrer Nimuë dans le secret - cela prendrait des années. Mais en tant que détenteurs du savoir, n'était-il pas de leur devoir de le partager ? À tout le moins d'en ouvrir la voie...

Libre à elle de ne voir en son propos que les élucubrations d'une étrangère passablement éméchée. Après tout c'est ce qu'elle était, même si elle avait contrairement à elle gardé toute sa lucidité. Non que la capitaine lui parût tant affectée tout compte fait... Tous les prétextes sont bons pour s'amuser. Une réflexion qui une fois encore apporta la joie sur ce visage que nul ne pouvait observer, pas même la seule qui partageait sa compagnie désormais. Si elle espérait la tromper, elle se mettait le doigt dans l'œil, mais ça ne voulait pas dire qu'elle ne se prêterait pas au jeu... Qu'elle se donne la peine de jouer la comédie serait déjà flatteur en soi. Ombre dans les ombres, elle se redressa légèrement, sur son coude appuyée.

Les deux jeunes femmes venaient de deux horizons - de deux mondes - bien différent, mais avaient en commun cette témérité. Cette défiance face au monde, à ce qui pouvait leur arriver. Elles étaient de ces personnes ô combien trop rares qui s'en tirent avec les honneurs même quand l'univers s'y oppose, qui vont au-devant du danger avec le sourire ; pour Reba, il ne s'agissait que de laisser parler son coeur sauvage, mais qu'en était-il pour Nimuë ? Et pour que le Destin ait ainsi souhaité les rassembler, quelle catastrophe les attendait ? La Lionne se détrompa elle-même. Ce n'est qu'une rencontre éphémère, qu'un moment volé. Demain, je repartirai.

Moment que choisit Nimuë pour partir à sa découverte d'une main baladeuse, détaillant les monts et vallées de ce relief obsidienne. Nullement chatouilleuse, Reba se laissa faire sans sourciller, curieuse de ce qu'elle pourrait y trouver. Elle n'était peut-être pas aussi bien faite qu'elle, pas aussi parfaite, mais ne se pensait pas dépourvue d'intérêt - celui que lui portait la pirate venant le confirmer.
Le menton soutenu par le poing sans pour autant se redresser, Reba la laissa faire avec curiosité, s'amusant de son hésitation, de son avidité. Ces grands yeux laiteux inexpressifs braqués sur elle, sa compagne d'une nuit s'aventurait sur un terrain dangereux... Bien qu'elle parût aimer jouer avec le feu, elle n'avait ici pas idée de ce dans quoi elle mettait les pieds. Ce n'est que quand elle fit mine de lui grimper dessus que la Lionne - la panthère - sortit de sa passivité.

La nature sera toujours avec moi. Je crains moins une tornade qu'un coup de griffe bien placé. répondit-elle d'un ton taquin - bravade ou vérité ? Par conséquent...

Ayant ceint sa taille d'une jambe, elle donna à sa cuisse l'impulsion pour la désarçonner. Le geste était trop vif pour qu'un humain ordinaire y puisse réagir, mais pas assez fort pour l'extraire des draps où elles s'étaient échouées. Souplement, Reba vint s'asseoir sur son bassin, lui coupant toute possibilité de mouvement. Son poids était restreint, mais l'en faire lever demanderait à Nimuë une force qu'elle n'était alors pas capable de déployer ; l'alcool et ses méfaits... Seul son buste conservait encore une certaine liberté, qui eut tôt fait de lui être retirée ; les mains plaquées sur ses épaules, Reba la renfonça dans l'oreiller.

...Tu devrais prendre garde à ce que tu souhaites. ajouta-t-elle d'un ton rieur. Tu pourrais bien finir par le regretter.

Ses boucles d'oreille tintèrent alors qu'elle se penchait pour lui murmurer ces quelques paroles à l'oreille, opposant la peau d'ivoire de son visage à celle de satin qui l'y attendait. Voûtée sur Nimuë, l'africaine n'avait aucune intention de la laisser s'échapper. Qui serait le chasseur à rejeter une proie venue se jeter d'elle-même dans ses filets ? Cela le privait certes du frisson de la traque, mais une telle offre ne se refuse pas. Ses ongles s'enfoncèrent cette fois, faisant sourdre le vermeil au bout de ses doigts. Sa peau vint rencontrer la sienne, sans bouclier ni barrière, à la différence de ces orbites pâles qui la fixaient sans jamais rien lui renvoyer d'autre que son reflet...

Dis-moi Nimuë, si tu devais mourir maintenant, quel serait ton plus grand regret ?

C'était une notion qu'elle ne comprendrait jamais. Pour elle, on ne laissait pas sa vie inachevée - franchir le voile était justement le seul moyen de la compléter. Mais le commun des mortels ne l'entendait pas de cette manière. Aussi était-elle curieuse de savoir ce que Nimuë laisserait derrière elle - ce que recelait cette fleur au coeur abimé mais aux pétales parfaits.
Fermement juchée sur elle, prenant ses aises comme un félin le ferait, elle s'était penchée pour lui murmurer à l'oreille, faisant courir ses lèvres trompeuses le long de ce cou qu'une patte puissante aurait tôt fait de briser. Malgré le masque, son souffle parvenait à la pirate, se voulant satisfait, régulier. Enroulant une mèche autour de son index, elle laissa son poitrail se confondre avec le sien, prenant le temps de s'installer - de s'approprier. Démarche toute animale s'il en est, quoique sa marque fut déjà apposée.

Que je le sache avant de te dévorer.


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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Mer 24 Aoû - 19:10
Sombrement







« Oh je le sais, Reba. »

Soudain, la magie de l'ivresse s'était évanouie. En un claquement de doigts la jeune femme se sentit projetée des années en arrière quand la "Vie", lui avait enseigné à quelle point elle pouvait être aussi proche de sa sœur, la Mort. "Vie" qui possédait un poison, des épines et des pétales aussi soyeux que la soie. Une volonté cruelle et inébranlable face à la laideur de ce Monde qu'il voyait se décomposer un peu plus chaque jour. L’œil froid et sans vie du Masque, son propre reflet qu'elle devinait, le fait qu'elle soit dominée, piégée, comprimée fit battre son cœur plus durement dans sa poitrine. Mais cette fois, au lieu d'avoir peur et de craindre les spectres de son passé, Nimuë les affronta : son regard s'obscurcit, ses muscles se tendaient sous sa peau de nacre, d'une manière infime mais assez pour étonner la Sainte. Ce prédateur qui avait éveillé ce qu'il y avait de plus trouble et sombre en elle. Pourtant elle ne bougea plus d'un iota, la défiant de ses yeux turquoises qui se chargeaient d'une énergie mystérieusement attirante, plus entêtante que le plus capiteux des vins. L'entrave que la belle africaine exerçait sur elle ne l'inquiétait nullement au final. Non, c'étaient les mots qu'elle avait glissé pour elle qui avaient fait mouche.

Sa voix était sans doute la plus puissante de ses armes à l'heure actuelle, sans compter sa rapière qui reposait non loin, brillant d'un éclat irréel, semblant répondre à la détresse installée dans le cœur de sa porteuse. Dans un autre temps, pas si lointain, un parfum de rose aurait flotté, le sang que la Sainte avait fait jaillir du bout de ses ongles aurait été un poison mortel. Mais dans l'esprit de Nimuë cette couleur, ce rouge, son sang, connotait toujours... ce qu'elle fut autrefois. Et ce fut précisément cela qui avait mis fin au jeu. Un jeu dangereusement stupide, vite dévoilé une fois le voile de l'alcool et de son humeur vacillante levé.

Du bout des lèvres une musique à peine chuchotée, un rythme doux, obscur. Une mélodie apprise dans un rêve. Plutôt un cauchemar. Des regrets ? Être dévorée ? Oui, mais sans doute pas par elle mais par le Temps. Le Temps qui passe et elle qui se défile, toujours à défier la Vie et la Mort. N'y trouvant pas sa juste place. Ou seulement celle qu'on lui a soufflé. Une vérité qu'elle se serait bien gardée d'entendre. Oh, et les belles paroles, les beaux discours sur sa prétendue liberté. Un léger rire s'échappa de ses lippes tandis que la pirate redressait son buste, goguenarde, sachant pertinemment quel effet aura eut son tour de passe-passe sur le corps de la jeune femme.


« La nature oui... mais tu seras toujours soumise à une force plus grande que la tienne. »

Elle marqua une courte pause alors qu'elle se défilait pour s'extirper des draps, marcher jusqu'à ses vêtements qu'elle enfila rapidement. Les effets de sa mélopée s'estompèrent, Nimuë, la mâchoire crispée et les traits figés dans une expression glacée et dure, se tourna une dernière fois vers la Sainte.

« La Mort n'est pas prête de me cueillir avant des siècles, ça doit être ça, mon plus grand regret. C'est de le savoir. Et de me démener chaque jour à ... Hmph ... à faire n'importe quoi pour "la" narguer. La défier. »

Elle eut un sourire narquois tandis que déjà, elle trouvait le chemin de la fenêtre laissée ouverte. En fin de compte, la jeune Capitaine avait eu raison ... Sa mimique s'étira, amusée par la tournure des choses.

« Ah... tant pis ! M'enfin, on se retrouve demain matin en bas ! J'ai le don semblerait-il pour me défiler mais... je ne manque jamais à ma parole une fois l'avoir donnée et je suis assez curieuse de voir dans quoi tu vas t'embarquer, Sainte. »

En un clin d’œil, Nimuë disparut dans les ténèbres, sa silhouette, gracieusement, s'était confondue elles. Elle saurait la retrouver à l'aube.





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Message Re: Les Sirènes du Port... [Reba - Nimuë]   Ven 9 Sep - 16:37
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Oh non, tu ne sais rien Nimuë.

Il n'y avait pas de moquerie ni de mépris dans sa voix. Reba savait depuis longtemps qu'elle était dépositaire d'une vision du monde qu'ils seraient bien peu à partager. Sa seule erreur, s'il en était une, avait été de penser que Nimuë ferait exception. Lentement elle roula sur le lit, étirant ses muscles pour les dérouiller.
Là d'où elle venait, on répliquait à la mort par la vie ; il n'y a pas d'avant ni d'après. Rien ne s'arrête jamais. Oui, là où d'autres voient leur temps terrestre comme une ligne droite allant d'un point A à un point B, elle voit un cercle parfait. Son oeil captait l'infini par-delà l'unité - une singularité que ses pouvoirs n'avaient fait que conforter. Si elle pouvait voir à travers le Voile, peut-être qu'elle aussi comprendrait.

Un savoir qu'il lui était toutefois passé le goût de partager.

Cette démonstration de force parfaitement dispensable lui avait fait comprendre qu'elle n'était pas prête à entendre la vérité. Mise au pied du mur, Nimuë avait réagi comme un animal blessé. C'était pourtant elle le fauve, aussi loin que son souvenir portait... Étirant ses muscles pour se dérouiller, elle se glissa hors du lit, les draps encore chauds d'une présence enfuie. Son corps reprit de l'assurance tandis que ses pas l'emmenaient vers ses habits.

La courbe provocante de ses seins disparut sous les pans de sa chemise. Un sifflement plus tard, Chiquita la rejoignait par la porte qu'elle n'avait pas verrouillé. Je t'interdis de te moquer de moi, dit-elle d'un air faussement boudeur à cette derrière qui la jugeait de son regard ambré. Silencieuse, celle-ci alla se poster du côté de l'armure tandis qu'elle finissait de se rhabiller.

Et donc pour te répondre... Je préfère passer ma vie à rêver d'être libre que de la perdre à m'imaginer prisonnière. fit-elle sans qu'il n'y ait personne pour l'écouter.

Nimuë était partie, mais sa présence était encore là : sans être physique ou mentale, partout dans la pièce flottait ce parfum de rose. Si agréable qu'il soit, Reba n'aimait pas avoir les sens brouillés. De toute évidence, malgré ses airs joueurs, la capitaine cachait plus de cicatrices que la seule que son visage avait décidé d'arborer. Elle appelait la mort de ses vœux, mais se rendait-elle compte de son absurdité ?

Ce n'est pas que tu n'arrives pas à mourir, Nimuë, c'est que tu n'arrives pas à vivre. lança-t-elle à la pièce évidée. Et vivre dans la peur, c'est ne pas vivre du tout.

Achevant de remonter son pantalon, Reba rassembla ses affaires. Les lanières de cuir vinrent ceindre des épaules n'ayant pas eu le temps de se reposer ; elle passa par la fenêtre sans un bruit, la boite sur les épaules. Tout au plus y eut-il un tintement léger de la part de cette dernière, ce qui, au vu du chargement, n'avait rien d'exagéré. Son âme sœur l'accompagna dans sa démarche, se confondant dans la nuit ; même à cette heure, un fauve en liberté pourrait valoir quelques ennuis.

Tu n'as peut-être qu'une parole, mais moi je n'ai juré de rien. fit-elle finement observer, un sourire sous le masque. Rehaussant la boite sur son épaule d'une saccade, elle laissa le sigle en évidence, de sorte que l'on ne puisse s'y tromper. Ne t'en fais pas, saurai me débrouiller. De toute façon, tu as déjà trop à penser. Puissions-nous nous revoir Nimuë, ici ou de l'autre côté.

Et d'agiter la main dans le néant avant de s'en aller, soupirant à l'idée de l'étuve qui l'attendait. Demain le sable, et après...


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