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 [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]

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Message [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]   Mar 2 Aoû - 15:53
En un mois, pas une fois Esther ne s'était déplacée physiquement hors des murs lugubres de sa maisonnée. Toujours, le filtre de son corps astral la protégeait des menaces extérieures. Ainsi exécutait-elle sa mission dans la plus grande sécurité. Une précaution bien nécessaire, au regard de la cruauté de ce monde. N'être que trop bien placée pour en rendre compte. Mais n'avait-elle pas mésestimée cette dernière ? Seule, allongée dans son lit ; son habitat n'était plus qu'un plein de vide. En sécurité à l'intérieur ? Peu importe sa prudence, on était parvenu à briser son cocon protecteur, si bien qu'elle était autant exposée dedans que dehors. Pour autant, il n'y avait aucune peur à lire sur son visage déconfit. Juste, un abattement lancinant, lui laissant si peu d'énergie qu'elle ne pouvait déjà plus échapper artificiellement à cette réalité douloureuse. Inerte, sa figure est placide ; son regard introspectif.

Soudain, une lueur infime semble en jaillir. Un revirement qui devait bien arriver après avoir passé des journées entières à se morfondre dans sa solitude. Qu'elle se redresse difficilement – encore engourdie d'être demeurée immobile si longtemps –, ses pas la portent hors de la maisonnée. Dans les allées du Dédale, la petite Tarentule était toute entière exposée. Mais ne l'avait-elle pas toujours été ? Ses perceptions muaient à mesure qu'elle s'avançait. Pour la première fois depuis son arrivée, elle s'attardait sur cet environnement macabre fait de chair balbutiante, où résidaient les fléaux de l'humanité. On lui avait susurré qu'elle appartenait à ce monde. Mais ces dires étaient demeurés des mots. Jamais ceux-ci ne s'étaient confondus avec son ressenti.

Manifestement, elle n'appartient pas à ce monde. Dans le cas contraire, jamais elle n'éprouverait un tel sentiment de rejet. Tout en cette place la confinait au malaise, et il n'y avait bien que ses illusions pour l'en préserver. Mais ces dernières avaient été dissipées. Aussi ne restait-il rien pour l'attacher à cet endroit, pas même la Mère l'y ayant menée ; silencieuse depuis leur retour de Carthage.

Finalement, ses pas devaient la mener devant l'immense porte du Dédale. Celle-ci incarnait à merveille la chaîne la tenant prisonnière dans ce territoire macabre. Ce mur n'était pas une protection, mais une prison où elle était destinée à pourrir. Que ses prunelles d'émeraudes se dirigent vers l'escalier longeant les murailles, Esther s'affairait à les emprunter pour parvenir à leur sommet. À l'intérieur des murs étriqués de la Citadelle, la lumière ne parvenait qu'en de rares endroits. La vue sur la vaste couverture forestière ainsi que sur ce ciel orangé depuis lequel se couchait le soleil instillaient un frisson le long de son échine. Figée devant cette vision, son sentiment approchait celui où elle avait pu enfin s'échapper de son enfer dans cette cavité souterraine. Transparaissait sur son visage un émerveillement prompt à éclipser sa mélancolie d'alors. Aussi s'asseyait-elle simplement au bord du rempart dans l'optique de savourer l'émotion. Enfin, elle prenait de la distance avec les affres de ce monde, de son monde.

Cependant, cette émotion devait s'interrompre à la perception d'un cosmos l'avoisinant. De toute évidence, un semblable était curieux de sa présence en un tel lieu. La perspective de cette rencontre devait ranimer sa tristesse intrinsèque. Peu importe que la petite Tarentule soit à portée de main de la liberté, on lui couperait sitôt qu'elle oublierait sa place véritable. Cette pensée devait l'empêcher d'adresser un regard sympathique à l'individu maintenant à portée de voix. Ce dernier était accueilli par le regard désabusé d'une enfant.




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Message Re: [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]   Mar 2 Aoû - 18:09

Décidément, plus le temps passait et moins elle ne se sentait liée à cet endroit. Une pensée plutôt ironique pour la gardienne des portes, encore qu’en passant son temps à la frontière du monde extérieur alors que l’on s’impatiente d’y retourner… il y avait de quoi cogiter. Mais cette lassitude n’était en aucun cas une nouvelle venue dans l’esprit agité de la Hyène, et si elle s’avérait si pénible depuis ces deux derniers mois c’est bien parce que sa perception de qui elle était - ou plutôt qui devait-elle devenir - ainsi que du monde qui l’entourait se précisait progressivement. En mal ou en bien, cela importait peu tant il impliquait de réflexions subjectives. Elle évoluait simplement à travers un destin qu’on lui avait imposé, et qu’elle se décidait désormais à se réapproprier. Ni plus ni moins.

Aucun doute qu’elle avait déjà fait le point sur son existence un bon millier de fois ; manipulée, emprisonnée, asservie puis délaissée, entraînée dans une solitude extrême que même les liens particuliers partagés avec Zvezdan ou Li ne pouvait braver… à croire qu’elle ne pouvait se considérer comme vivante tant qu’elle ne franchissait pas le fameux cap dévoilé par Arès - L’abandon de soi. S’avouer vaincue et s’ouvrir à cette réincarnation en avatar de la guerre, faisant fi des futilités et de toutes ces morales si illusoires qui régissent le monde des hommes. Au milieu de cette guerre universelle, ses perspectives d’avenir ne prenaient plus sens dans la tranquillité ou l’aspect familial, pour en atteindre de nouvelles elle n’avait d’autre choix que de servir son Dieu autant que de le séduire par des faits d’arme. Avoir de l’importance à ses yeux et acquérir une place de choix qui lui donnera son droit au bonheur.
Spéculations ? Aux yeux de la vandale tout ceci demeurait bien plus plausible que le futur décrit par Celestia… sans parler du fait que l’arrogance lui montait toujours au nez lorsqu’elle estimait les propos d’une personne précédemment vaincue. Cette blondinette semblait sage il est vrai, mais après tout la rage d’Arès l’avait déjà emporté contre elle. Pour cette raison Ludmila savait exactement pourquoi nul autre déité ne saurait l’atteindre : Le Chaos était partout. Elle préférait de loin en être un élément plutôt que l’une de ses victimes.

Ses songes-ci la rattrapaient régulièrement. Comme en cet instant où elle effectuait sa ronde - ou plutôt un simple dégourdissement des jambes tant les alentours du bastion étaient désespérément calmes depuis trop longtemps -, elle méditait tout en scrutant temporairement chaque personne au cours de sa virée. Le raz le bol envers sa monotonie s’était suffisamment intensifiée pour qu’elle ne craigne le risque que des défis soient lancés à son encontre par la faune du Dédale. Au contraire, dans cette nouvelle voie qu’elle comptait emprunter, il n’y avait que peu de place au replis.

Ainsi ses yeux mauves s’arrêtaient sur une gamine. A peu près le même âge qu’elle à son arrivée ici, avec comme différences des traits assez attristants - tel que des yeux au moins aussi vides que ceux du Pontifex Thivan lorsqu’il apprend une bonne nouvelle - qui ne manquèrent pas de forcer la Hyène à y aller de son petit commentaire. Plus une raison d’engager la conversation qu’autre chose. Il n’était pas rare qu’elle s’intéresse aux jeunes recrues, bien qu’elle en avait vu un si grand nombre se succéder qu’elle en devenait parfois quelque peu aigrie.

    Quelle tristesse.
    Une telle vue… Y être si insensible. Qu‘une gamine de ton âge y préfère encore notre doux Dédale, c‘est difficile à croire. Déjà que même en grandissant c’est pas toujours évident, Teh!

    Hmm… Dis-moi, tu ne vas pas sauter au moins ? C’est que me méfie des suicidaires, nouvelle résolution.




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Message Re: [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]   Mer 3 Aoû - 17:47
Cette personne lui était inconnue, et déjà, Esther éprouvait de l'irritation à l'écouter parler. Cela se retrouvait sur son visage, qui recouvrait une colère réprimée tant bien que mal. Cette femme était totalement à côté de la plaque, et l'erreur ne l'affecterait pas tant si elle ne l'accusait pas d'être cela même qui la confinait à ce sentiment prompte à la torturer.

-Je ne sais pas qui tu es... mais tu te trompes...

Sa voix se confondait presque avec l'animosité qui l'animait. Chose inhabituelle, tant la petite Tarentule était conditionnée à se greffer à la psyché de son interlocuteur, pour le suivre comme une seconde peau. S'y opposer si abruptement ne lui ressemblait pas, et il était à prévoir que cela lui attire des problèmes si elle ne freinait pas ses pulsions. Cependant, autre chose devait désamorcer son antipathie. Ni plus ni moins que la surprise prodiguée par une idée innocente.

-Sauter ?

Ce seul mot l'amenait à toiser le vide sous ses jambes ici suspendues, l'air songeur. Manifestement, l'envie suicidaire n'était pas étrangère à son expérience. Mais cette dernière lui revenait comme une réminiscence lointaine, vieille de plusieurs décennies. Ce souvenir abstrait avait la saveur d'un problème entériné dans son subconscient depuis longtemps ; elle ne se rappelait plus comment. Dans tous les cas, cela justifiait que l'idée de se donner la mort ne lui soit parvenu qu'après que cette femme la lui instille au gré d'une bête parole. Dès lors, Esther prenait conscience de cette nouvelle contradiction. Elle cherchait la mort sans l'envie de la recevoir.

-Non... bien sûr que non... je voulais juste regarder de l'autre côté...

Son regard devenait creux sur ces dernières paroles, la voix nimbée de regrets silencieux. Car dans cette Citadelle, il n'était pas permis de regretter. Le départ d'un Cardinal il y a quelques mois de cela avait considérablement attisé la méfiance de chacun, craintifs d'une nouvelle trahison. Toute mélancolique qu'elle était, Esther n'allait pas se risquer à livrer son ressenti à une inconnue. Quand bien même, le choix de ses mots n'était pas anodin.

-Tu ne te plais pas ici ?

Ses prunelles d'émeraude rencontraient celles de son interlocutrice. Quand bien même elle avait le verbe prudent, son visage n'était habillé d'aucun artifice. Une lueur infime se retrouvait dans son regard, comme si la petite Tarentule nourrissait une attente derrière cette simple question.




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Message Re: [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]   Jeu 4 Aoû - 12:09

La dérangeait-elle ? Certainement. Il y avait au Dédale bien plus de solitaires contraints à vivre les uns sur les autres que d’interlocuteurs lambdas, même Ludmila était ainsi bien qu’elle se laissait de plus en plus guider par son sens de la raillerie. Mettre les pieds dans le plat s’avérait être une bonne distraction il fallait le reconnaître. Passer le temps au Dédale n’était pas du luxe même si certains parvenaient à y mener une existence visiblement agréable… A se demander comment - L’esthétique même de ce lieu relevait plus du cauchemar qu’autre chose. Plus l’on restait de temps ici moins il semblait possible de se transposer dans un contexte plus serein. Les perceptions se voyaient affectées, les espoirs et le bon sens de même.
Pour la Hyène qui avait déjà pu gouter à l’un des artifices d’Arès, il n’y avait aucun doute là-dessus : Chaque attraction dévoilée par leur dieu était en réalité une plaie supplémentaire visant à les étourdir, les subjuguer, les posséder. Que ce soit la vague de chaos de Kiev ou cet effroyable bastion organique, en passant par les pouvoirs latents de ces si seyantes cuirasses, chacun de ses éléments exerçait une influence dont il n’était guère possible de se libérer. Arbhaal avait pourtant réussi, encore qu’on pouvait se demander si son passage en coup de vent ne lui avait pas tout simplement sauvé la mise. Quelques semaines ou mois à jouir de son pacte avec le dieu destructeur l’aurait peut-être bien transformé.

Quoiqu’il en soit la fillette de prime abord irritée recouvra rapidement son état originel. Déphasée, ou presque. Elle semblait désespérément fragile et mollassonne… les enfants au Dédale n’étaient pas rares et la plupart souffraient de traumatisme à leur arrivée. En fait on ne s’en prenait rarement à eux, le temps et les défis individuels accomplissant un tri naturel au cours des générations. Celle-ci avait donc le temps de se prendre en main, probablement. Heureusement elle ne semblait pas si déphasée, rétorquant puis concluant sur une question intéressante. Même ce regard de jade ternie se voyait temporairement animée d’un éclat. La vandale esquissa un sourire, la tête légèrement baissée. En voilà une autre qui rentrait vite dans le vif du sujet, finalement.

    Et toi ? Si tu pouvais mener la vie que bon te semble, voudrais-tu habiter ici ? Ces murailles offrent peut-être une belle vue mais… si tu venais de l’autre côté et que tu te tenais au même endroit, tu n'y trouverais finalement qu’une vue vers les enfers.

    Cet endroit est laid, hostile et n’est tout au plus qu’une caserne de soldats. Je suis sensée m’y plaire ?
    Elle s’esclaffa, posant son regard vers les bois à l’horizon.
    Certains d’entre nous s’installent dans les villages alentours et il n’y a pas de quoi leur donner tord. Kss, mais même là bas je ne me plais pas alors…

De plus belle elle fixa sa juvénile interlocutrice, d‘une moue désabusée.

    Mais on ne choisit pas où on naît, pas vrai ?


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Message Re: [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]   Lun 8 Aoû - 15:00
Était-ce là une plaisanterie ? À peine une vingtaine de secondes d'écoulées, et déjà, cette femme lui livrait crûment son ressenti sur ce lieu. Un ressenti aux antipodes avec ce qu'il convenait de montrer au sein du Dédale. Le naturel avec lequel elle se mettait en contradiction avec la Citadelle amenait la petite Tarentule à remettre en question sa réserve à livrer son propre sentiment, pas moins critique. Cela devait se traduire par une moue de surprise, légèrement décontenancée. Cet avis énoncé si clairement se mettait au diapason avec sa propre vision, si bien qu'Esther avait cessé de se braquer sur elle-même. La franchise de son interlocutrice avait au moins permis de désamorcer – en partie – sa méfiance. Une once de joie venait même se mêler à sa mélancolie. De toute évidence, elle était loin d'être la seule à vivre son existence comme une malédiction.

Zvezdan déjà trahissait une obéissance contrainte, ne prenant guère de plaisir à incarner l'essaim de la guerre. Li Mei s'enfermait dans l'image rassurante d'une immense famille à protéger pour mieux se départir de ses démons. César quant à lui n'allait assurément pas faire un pion zélé de la Citadelle. À ce titre, Esther se demandait s'il était toujours en vie. Le peu qu'il lui avait été donné de voir de sa personnalité ne la rendait guère optimiste sur ce point. De tous, il lui rappelait le mieux la précarité d'une vie passée entre ces murs de chair. Et elle devrait se contenter de cette vie, voire l'apprécier ? Au final, le travail de l'empathie entre autant d'entités maudites n'exacerbait que davantage cette vérité cruelle : ils ne pouvaient espérer aucune échappatoire. Leur sort était scellé et reposait dans la paume d'Arès.

-Les enfers...

Que son regard se tourne sur ce à quoi faisait allusion sa vis-à-vis, son visage montrait que sa mélancolie tirait ses racines de ce côté du rempart. L'expression sombre, du dégoût s'ajoutait aux miasmes de ses émotions. En cela, ne se confondaient-elles pas avec ce paysage cauchemardesque ?

-Si j'avais su où me mènerait cet appel...

Les prémices d'une pensée dont il était aisé de deviner les aboutissants. À la dernière question de son interlocutrice, son regard se perd dans le vide ; introspectif.

-Ce n'est pas ici que je suis née. Je n'avais pas peur de demain là où je suis née. J'étais heureuse, avec ma famille...

Marquer un silence pendant un certain temps. L'intonation avait été différente pour ce dernier mot. Selon toute vraisemblance, il ne lui était pas neutre, et la douleur y étant attachée palpitait toujours. Une légère grimace avait transparu sur son faciès l'espace d'une seconde.

-Mais c'est fini maintenant. Je ne peux plus rien faire... C'est ce que Zvezdan m'a dit. Il faut supporter tout ça, même si c'est pas ce qu'on veut... Je ne veux pas rester ici, mais je n'ai pas le choix... Je veux partir... mais je ne peux pas.


À son tour, Esther livrait son ressenti, au risque qu'il y ait des répercussions. Mais ses mots n'envisageaient pas le temps long. Ils se reposaient tout entiers sur la somme de ses émotions. Dans ce corps, il ne lui était pas vraiment permis de raisonner. Seule, elle était une pierre brute sans enveloppe. Après un certain temps, son regard rejoignait celui de sa semblable.

-C'est quoi ton nom ? Moi, je m'appelle Esther.




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Message Re: [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]   Lun 8 Aoû - 15:58

Ces réponses confirmaient l’évidence attendue par la Hyène. Evidemment que la petite ne se plaisait pas ici. La plupart des berserkers avaient connu l’impuissance et la frustration, et ceux qui ne parvenaient pas à s’en libérer en devenant de parfaits soldats continuaient d’entretenir de tels maux jusqu’à en finir possédés. Pourtant il y avait le choix ; celui d’accepter ce nouveau destin et tâcher d’en prendre le contrôle à travers quelques compromis éventuellement immoraux. C’est du moins ce en quoi croyait la vandale bien qu’elle n’y était pas encore parvenue. Et c’est pourquoi même si elle maudissait ses conditions et ne se privait pas de s’en plaindre, le projet d’un jour pouvoir se tenir au dessus de tout ça la maintenait en vie.
Car derrière la laideur du Dédale se cachait une franchise effroyable au sujet de ce monde : La guerre frappait et frapperait encore, les victimes se succéderaient toujours et se verraient contraindre de refaire le point sur leur existence pour se relever… Et ce fataliste phénomène continuerait de persister tant que chaque déité y ajoutera sa pierre à l’édifice. Arès n’avait qu’à puiser ses forces dans ce carnage permanent et les renvoyer vers les autres divinités qui l’alimentaient. Contrairement aux autres, le dieu de la destruction ne déclarait pas ni ne justifiait les guerres, il les incarnait juste.

Pour Ludmila qui avait passé bien trop de temps à chercher des coupables dans son malheur, les plus fautifs ne s’avéraient finalement être que les plus hypocrites. Tel que le Sanctuaire qui à travers son âge d’or avait déchainé les folies armées sur le monde du temps où elle n’était qu’une fillette innocente. A quoi bon fuir et à quoi bon retrouver un tel monde après l’avoir observé sous un angle aussi dramatique ? En réalité, il n’y avait d’autres options que de se hisser, espérer gagner des hauteurs à travers cette nouvelle vie qui ne pouvait être qu’une plaie, mais bien une chance d’atteindre un but jusqu’alors inconcevable.

    Ludmila.
    … Tu n’avais pas peur simplement parce que tu ne savais rien, voilà tout.
    Reprit-elle assez sèchement, non pas parce qu‘elle avait quoique ce soit contre l‘enfant mais plutôt parce que ce ton animait chacune de ses réflexions sur leur existence en tant que berserkers. Maintenant tu en sais un peu plus… le monde lui-même est laid, si tu penses pouvoir échapper à cette idée sans y être préparée alors oui, tu cours tout droit à ta perte.

Elle déployait une franchise de plus en plus radicale. Il n’y a pas si longtemps pourtant elle avait avoué à Li une pensée identique à celle de son interlocutrice actuelle - Celle de ne pas répondre à cet appel si on lui avait donné la chance de revenir en arrière. Pourtant aujourd’hui cela ne semblait plus être le cas.

    Que tu l’admettes ou non, tu es née ici ma fille. Hin! Tu ne seras plus celle que tu as pu être, non… et il ne tient qu’à toi de devenir quelqu’un d’autre pour peu que tu surmontes les pièges et les obstacles qui se dresseront sur ta route. Voilà la vérité.

Elle fixa Esther impitoyablement, décidément peu encline à la tempérer au cours de son discours.

    Enfin… c’est ma vérité. Je peine à croire que se raccrocher à nos vieilles illusions maintenant que l’on nous a ouvert les yeux « sur tout ceci » soit la bonne solution…


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Message Re: [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]   Mar 9 Aoû - 16:04
Cette Ludmila se montrait des plus impitoyables à son adresse. Au contraire du commun des individus, elle ne prenait aucun gant pour enlever de son champ de vision son voile d'illusions. À l'inverse, elle parlait le plus crûment du monde, méprisant le sens du discernement. Qu'elle continue son petit monologue, Esther allait finir par se demander si cette femme ne cherchait pas simplement à la briser. Au début, se sentir réellement touchée par ses mots, pour prendre du recul à mi-chemin de ce discours moralisateur. Aussi, la petite Tarentule se montrait-elle dans un premier temps décontenancée par les propos de sa vis-à-vis, avant d'animer une expression glaciale. Manifestement, les conseils de sa camarade ne lui plaisaient pas, et souffraient d'une faille intrinsèque. Si son interlocutrice ne s'en défendait pas, tout son raisonnement pouvait bien s'effondrer un instant. Dans tous les cas, il ne convainquait l'araignée.

-Je ne vois pas pourquoi je devrais changer...

Un air de défiance se lisait dans sa voix et son regard. Un instant, elle avait hésité à exprimer le fond de sa pensée, craintive de la réaction de sa vis-à-vis. En temps normal, elle se serait simplement murée dans son silence, attendant que cette Ludmila retourne à ses affaires pour la laisser à son introspection. Mais en l'état, Esther trouvait l'opportunité d'obtenir des questions sur l'intérêt à demeurer en cette place. Son interlocutrice mettait sur un piédestal la vertu de s'adapter à la laideur de ce monde en se réfugiant en enfer, mais sur quoi reposait cette aspiration ? N'y avait-il pas contradiction à mépriser un mal, et à résider en sa capitale ?

-Pourquoi je devrais souffrir ? Je suis toute seule... Je ne l'étais pas avant... Le monde pouvait me faire peur... ils étaient là.

Esther reposait sur sa famille. Ce cocon familial – même artificiel – lui permettait de tenir bon, d'espérer le lendemain plutôt que de l'appréhender. Il la rattachait à la vie et se trouvait en amont de sa volonté de survivre. Il était une lentille la préservant de la perspective que ce monde recelait d'immondices terrifiantes. Se relevant, ses yeux ne quittaient à aucun moment ceux de Ludmila. Elle lui faisait face, départie de la moindre peur.

-Pourquoi je devrais accepter cet enfer ? J'ai fait tout ce qu'on m'a demandé de faire, pourtant... on m'a tout enlevé...

Il semblait que ses ressentiments se concentraient entièrement sur sa congénère, mais c'est à une vision à ses yeux inacceptable qu'elle s'adressait. De toute évidence, il lui était inconcevable de vivre dans un monde exempt de sens. Elle ne pouvait pas vivre sans l'affection de personnes chères à ses yeux. À mesure qu'elle approchait de la perte cristallisant sa mélancolie, la petite Tarentule prenait un air désabusé ; si bien que son assurance vacillait. Son regard se détourne un moment de l'autre berserker, la mine sombre.

-Je ne comprends pas... Pourquoi je devrais continuer de me battre... Il ne reste rien.

Ses paroles cessaient de chercher des réponses. De plus en plus, elles la confortaient dans l'idée très simple qu'il valait mieux se laisser aller à l'abattement.

-Quand je t'entends parler, je ne vois pas du tout ce qui te tient en vie... Juste survivre... Il faut être un animal... Je ne suis pas un animal.

Qu'elle retrouve le contact visuel avec son interlocutrice disait l'espoir naïf de trouver une réponse venant ébranler des certitudes non loin de s'inscrire dans le marbre.




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Message Re: [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]   Jeu 11 Aoû - 17:32


Attentive, la vandale se contenta de jauger son interlocutrice du début à la fin, accueillant volontiers la bravade adverse jusqu’à ce que celle-ci se mue en prémices de résignation. Ces dernières paroles attisèrent aussitôt son regard dont l’éclat inspirait désormais une hargne soudaine qui, en vérité, devait être assurément latente chez cette dernière.

    Tu n’as peut être pas tord…

Souffla-t-elle à ce visage trop terne alors que sa poigne de fer s’empara au même moment de la gorge si proche et surtout si vulnérable. La seconde suivante, elle fit basculer la fragile silhouette dans le vide, qui ne conservait ses accroches au rempart que par l’intermédiaire de ses jambes et de la prise impitoyable exercée par Ludmila ; elle la dominait fièrement, effroyablement, ses yeux mauves plongés dans ceux de sa victime. Il ne suffisait plus que d’un rien pour qu’elles chutent toutes deux dans le vide, pourtant en dehors de possibles gesticulations de la part de la fillette, sa subite tortionnaire demeurait quant à elle stoïque. Elle ricana sèchement, la chevelure au vent et les nuages en arrière plan, reprenant son discours d’un timbre plus rauque encore.

    Moi ? Je suis la Hyène, cela devrait répondre à tes questions, petite sotte !
    Mais ne serais-tu pas en train de me mentir ? Tu m’as tout l’air de vouloir sauter, c’est-ce que me laisse entendre tes piailleries. Si tu ne souhaites pas te battre pour survivre, je devrai te lâcher… Alors dis moi, c’est-ce que tu veux ? Parle !

Un ordre vain. La Hyène s’en rendit compte en sentant ses doigts se refermer toujours plus férocement autours du cou de sa proie. Ses pupilles s’agitaient l’espace d’un instant puis, au cours d’un certain effort, elle redressa Esther de manière à la tirer de son côté, la renvoyant sur le sol ferme du rempart. Ne lui laissant aucun répit, elle effectua deux pas menaçants à son encontre, la regardant toujours de toute sa hauteur.

    Non… Ta propre mort t’effraie plus qu’une vie d’esclave. Teh! Si fragile, si indécise… Réveille-toi ! La survie passe avant tout le reste. Tes protecteurs te l‘auraient sans doute inculqué s‘ils n’étaient pas eux-mêmes de ceux qui subissent.

    Ce monde est en guerre, tu n’es qu’une victime parmi tant d’autres. Une victime qui a la chance de pouvoir prendre sa revanche ou d’apprendre à se protéger… Cette destinée t'a permis d'échapper à la mort, mais elle a effectivement un prix - Tu peux refuser, tu peux baisser les bras, tu peux te persuader que tu es morte en même temps que ceux que tu aimais… Hin! Mais joins les actes à la parole dans ce cas, si tu n’es plus qu’une âme en peine… Car à partir d'aujourd'hui, si tu ne sais pas où tu vas, tu te retrouveras à l'endroit même auquel tu as échappé : Les enfers, véritables.

    Et il n'y aura plus personne pour venir t'y chercher.

Sur ces mots, Ludmila afficha une moue de dégoût. Elle pivota, se détournant de son interlocutrice pour plutôt jeter de nouveau un regard las vers l’horizon. Que faisait-elle ? Pourquoi s’en prendre ainsi à cette gamine ? Sa dextre se posa sur le rebord de la muraille, se contractant violemment. Sans s’en être rendue compte, elle agissait et parlait comme lui… guidée par une effusion de rage, pourtant libératrice.

Tellement libératrice…


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Message Re: [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]   Ven 12 Aoû - 18:23
Brusquement, la petite Tarentule se faisait saisir par le cou, menacée d'être lâchée dans le vide. L'action s'accompagnait de stupeur sur son expression, si bien qu'une longue seconde précédait sa perception du danger la guettant. Ses pieds tenaient à peine sur le rebord du rempart, n'étant vraiment retenue que par cette poigne s'enserrant de plus en plus autour de son cou. La première émotion à suivre était une profonde peur ; craintive de perdre cette unique attache dépendante d'une volonté autre que la sienne. Elle y répondait instinctivement en attrapant les poignets de son bourreau pour s'y tenir fermement. L'adrénaline était tel qu'il allait lui falloir plusieurs secondes avant de commencer à ressentir la douleur tandis que Ludmila refermait lentement l'étau sur son cou.

Le regard de cette femme captait tout entier son attention, avec l'impression troublante qu'elle lui permettrait de deviner l'instant précédant sa chute funeste. En ce sens, une terreur invisible reposait en son dos, progressivement dépassée par l'affliction de la suffocation. Cette dernière prenant le pas sur sa peur, Esther perdait le contact visuel avec sa semblable, son champ de vision se troublant à la contemplation du ciel. Alors que la hyène l'assaillait d'invectives, la Tarentule n'avait à répondre que quelques gémissements entrecoupés sous l'effet de l'étranglement. Un filet de bave s'échappait à la commissure de ses lèvres. Les larmes lui montaient aux yeux. Son visage se crispait dans une moue terrible. Sa force s'estompait peu à peu. Est-ce ainsi que cela va se terminer ?

Soudain, se sentir tirée de l'autre côté sans le moindre ménagement, étendue au sol. Le souffle court, Esther portait sa main au cou, encore choquée par cette expérience. Ses pensées – et avec elles sa mélancolie – s'étaient dissipées, pour ne plus se concentrer que sur l'instant. Sa torpeur venait de céder sa place à une expression d'une étrange vitalité, malgré qu'elle ne traduise guère plus que de la frayeur. Et cela ne devait pas s'arranger à en juger le comportement de sa congénère. Qu'elle s'approche, la petite Tarentule tressaillait dans un mouvement de recul, levant ses yeux apeurés vers ceux enragés de cette femme. Une réaction de sa part qu'elle ne s'expliquait pas. N'était-ce pas ce qu'elle cherchait, après tout ?

À cet instant seulement, les mots de son interlocutrice lui parvenaient, et résonnaient dans les différentes strates de sa conscience. On ne pouvait enlever à cette femme le talent d'incruster ses remontrances dans le marbre, joignant la violence à la rhétorique. Sans cela, ces mots demeuraient des mots. Mais énoncés ainsi, la petite Tarentule avait été rappelée à une émotion viscérale, en amont de sa persistance pathétique dans ce monde. Ce vide calqué à son existence lui était familier, mais faisait pâle mine devant la crainte de la mort. Au final, les couleurs artificielles ponctuant sa vie n'étaient qu'un enrobage à cette vérité crue, devenues le noyau sous l'effet d'une distance de plus en plus marquée avec. Les décennies avaient permis ce retournement, mais cela ne se reproduirait plus.

Pour autant, ce basculement dans sa psyché allait prendre du temps avant de prendre définitivement ses marques. En attendant, le prisme des émotions régissait toujours l'attitude de la Tarentule, hagarde devant l'assurance de sa compère et ne pipant mot. Elle n'était pas une alliée. Au même titre que tous les autres, elle était un danger. Le sort l'avait épargnée. Toutefois, il lui montrait là le peu de viabilité à le narguer. Silencieuse, l'enfant quittait le regard de la guerrière pour étouffer des sanglots derrière sa manche. Prise de tremblements, elle cherchait désespérément à retrouver sa contenance. Après un certain temps, elle se redressait, sans non plus se relever. Elle avait recouvré une partie de son calme, avant de donner sa réponse, comme une ultime confession.

-Je ne veux pas mourir...

Sa voix était faible et fragile mais libérée de toute contradiction. De toute évidence, le message était passé.




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Message Re: [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]   Ven 12 Aoû - 20:17

Songeuse, la vandale massait nerveusement son poignet, le regard plus absorbé par ses pensées que par son étendu champ de vision. Lors de son précédent élan, elle avait suffisamment pu lire chez son interlocutrice la crainte et l’impuissance pour deviner qu’il n’y avait guère de nécessité à poursuivre sur un tel ton, d’autant que le cœur n’y était étrangement plus… Depuis quand son sang froid s’était-il évaporé ? Depuis quand ressentait-elle le besoin de convaincre de gré ou de force plutôt que de laisser couler ou de simplement se montrer arrangeante ? Sa lame était sûre et lui avait jusque là toujours garantie sa propre protection quand bien même elle ne se montrait pas aussi abrupte ou radicale que le reste de ses congénères. Pourtant aujourd’hui, qui d’autre pouvait encore se targuer de lui faire de l’ombre en la matière ? Si elle ne surpassait peut-être pas ces monstres qu’elle critiquait autrefois, du moins elle les égalait. Or cela donnait matière à réfléchir maintenant qu’elle réalisait que nul artifice n’avait dicté sa conduite actuelle comme ça avait été le cas à Kiev ; la fillette contrite et molestée qui se tenait derrière elle en était une preuve toute fraiche.
Ludmila n’osa pas se retourner aussitôt, comme si elle craignait quelque chose… Non. Inutile de se mentir, elle en connaissait pertinemment la raison : En vérité elle redoutait simplement de ne pas se sentir coupable de son acte.

Mais une simple phrase vint la déloger, simple mais révélatrice - Il s’agissait simplement du fruit de sa « victoire ». La Hyène eut un rire amer, ne patientant qu’une poignée de secondes avant d’apporter sa réponse. Une réponse qui supplanta instantanément toutes ses réflexions.

    Là. Là, je te crois.

Replongée dans le moment présent, elle fit volte-face pour mieux balayer les doutes qui avaient de toute manière suffisamment écorchés sa vie comme ça. Car elle croyait en son propos, quand bien même elle n’était pas encore tout à fait familière avec la violence dont-il faisait preuve.

    Personne ne le veut. Pas ceux qui se dresseront entre toi et tes rêves en tout cas…

Sa voix s’était assagie bien que des bribes de rancœur y persistaient. Son regard ne semblait pas plus amical, sa mine pas moins austère. Définitivement non, elle ne regrettait rien. Si l’idée de lui tendre le bras pour inciter son interlocutrice à se redresser lui avait traversé l’esprit, elle n’en fit rien, persuadée - ou peut-être se persuadant - que cela desservirait son discours et les vérités dont il regorgeait à son goût. Elles n’étaient pas des camarades. Simplement deux âmes contraintes à vivre dans le même labyrinthe jusqu‘à y trouver l’une des sorties… Après maints services et surtout, succès.

    Je n’ai rien d’autre à t’apprendre ma fille. Je n’en ai pas non plus l’envie je dois dire, j’ai vu suffisamment « d’entre vous » mourir en début de parcours pour ne pas vouloir m’investir d’avantage dans une telle relation… Alors fais-ce que tu peux, ça m'est égal. Mais avant, j’ai une autre question et je veux une réponse.

Tout en terminant sa phrase, la vandale s’accroupit en souplesse nan sans faire crisser sa cuirasse au passage afin de se trouver à la même hauteur qu’Esther. Puis, comme si elle avait déjà écarté ce qui venait de se produire entre elles, se décida d’assouvir sa curiosité en mettant sur le tapis une nouvelle information pour le moins étrange, voire floue. Ou en tout cas très certainement hors sujet du point de vu de la juvénile au regard émeraude.

    A Carthage, il y avait la Panthère et un autre enfant avec toi. De qui s’agit-il ?

S'exclamait-elle avant de sourire, mystérieusement.


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Message Re: [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]   Lun 15 Aoû - 15:00
Petit à petit, la tension retombait. Que l'on oublie l'esclandre quelques instants plus tôt, et on pouvait presque prétendre à une neutralité retrouvée. Quand bien même elle avait été menée aux portes de la mort, Esther ne montrait aucune rancune ni animosité dans son attitude. Il semblait que cette expérience brutale avait forcé un lien empathique, à présent sur la même longueur d'onde ; doux paradoxe entre une proie et son prédateur. Aucun ressentiment, mais pas plus d'affection, toutes deux proches de leur distance respective ; nécessaire à la bonne marche de ce bastion infernal. Pendant les secondes qui suivaient, le regard apeuré de la Tarentule se troublait pour livrer une émotion opaque ; malsaine. Elle redéfinissait les relations construites depuis son arrivée ici, en épurant subrepticement la candeur. Quelque chose mourrait en son âme et conscience.

En effet, s’étiolait les artifices qu'elle avait dressé devant la réalité pour s'en protéger. En l'espace d'une semaine, ces barrières avaient été violées, brisées et méprisées. En cela, elle était obligée de se réinventer, ou de mourir. La hyène l'avait dissuadé de la seconde voie et la première ne pouvait plus cohabiter dans cette permanente fuite de la réalité, empreinte de naïveté. Depuis son arrivée dans ce Dédale de chair, l'araignée avait pu apprécier l'ambivalence du lieu. Ses résidents étaient pour la plupart partagés entre leur volonté de demeurer humains et celle de répondre à la malédiction d'Arès. Si Arachné plus que toute autre cuirasse pouvait être perçue comme un parasite, d'évidence que chacun voyait son humanité peu à peu grignotée par la voie du Chaos.

Lentement, ses soldats arrivaient à maturation, promettant la face enjolivée de ce monde à une déferlante apocalyptique. Les réprouvés de ce monde allaient maculer le péché de l'humanité du sang de ses innocents. Eux qui ne possédaient rien – privés d'essence –, ne pouvaient exprimer cette injustice autrement que par la destruction. De cette manière, tous comprendraient le désespoir ; leur désespoir. Ainsi seulement, leur existence pouvait être reconnue, et leur affliction originelle apaisée le temps d'une nouvelle ère. Il revenait aux plus fins de s'approprier cette force pour dominer la prochaine ère ; les Oracles et les Spectres se bataillant en ce sens, contre l'hégémonie des Saints.

Esther retrouvait le contact visuel avec Ludmila quand cette dernière s'abaissait à sa hauteur. Il aurait été étrange que l'araignée n'exprime aucune appréhension tandis que cette femme s'approchait de nouveau d'elle, ce qui se trouvait distinctement sur son expression. Pour sûr, sa semblable ne faisait plus montre d'aucune menace – retournée à son attitude au moment de la rencontrer –, mais on ne ferait pas si facilement oublier à son cou la marque de ces mains. Cependant, ses traits allaient s'étirer de surprise devant la question de sa congénère.

-Un enfant ?

Les sourcils froncés, son scepticisme était aisé à relever. Pendant un certain temps, elle prenait le temps de la réflexion, se remettant à l'esprit la mission passée à Carthage. Tous les visages entraperçus n'évoquaient pour aucun un autre enfant qu'elle. Mais soudain, le visage de la Tarentule s'éclairait à la lumière d'une réminiscence ; une conversation entretenue avec la panthère au départ du Dédale en destination de la Sicile.

-Tu parles de l'enfant de Li ? Il est encore dans son ventre ! Euh... je pense qu'elle voulait l'appeler... Ruseau ? Ah... elle hésitait aussi avec Yuhan... euh... non... Huyan je crois... Enfin, pas sûre... Li utilisait des mots compliqués...

Esther avait regagné un peu de légèreté au souvenir d'une discussion qui lui avait été sympathique. Cela ne devait pas retirer totalement son étonnement devant cette question particulière.

-Pourquoi ça t'intéresse ?




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Message Re: [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]   Lun 15 Aoû - 21:19

Décidément, les secrets allaient bon train.
Aussitôt sa réponse obtenue, la Hyène se redressa lentement, sans un mot ni la moindre réaction. Elle encaissait simplement en silence le fait que sa seule amie lui ait caché cette « information » lors de leur dernière conversation, malgré les doutes à ce sujet elle avait même clairement démenti. Pour quelle raison au juste ? Il n’y en avait aucune. Après tout la vandale elle-même s’était laissée aller à des confidences exceptionnelles, et apprendre quelques mois plus tard que des non-dits improbables s’étaient tout de même logés dans leur relation lui procurait un effet pour le moins désagréable. Une confidente qui se défile d’une part concernant Li Mei et un appui jusque là fidèle qui s’amusait à la pousser dans ses retranchements en la personne de Zvezdan… Effectivement, les relations au Dédale semblaient tout aussi corrompues que le reste.
Elle n’estimait pas avoir tant d’attentes envers eux pourtant. Mais peut-être le fait qu’ils ne soient que deux à réellement compter dans « son cercle » accentuait ce déplorable ressenti qui la tiraillait tout à coup. Si la solitude était la clé pour esquiver la peine, l’idée de se débarrasser de quelques exceptions ne semblait néanmoins pas si évidente à avaler… La rage ne lui pendait pas aux tripes au quotidien bien qu’elle traçait son nouvel avenir, des doutes - ou plutôt des besoins - persistaient malgré tout. Et étrangement, réaliser tout à coup qu’elle ne jouissait d’aucune exclusivité dans ses rares relations impactait réellement Ludmila. Bref. Elle comprenait désormais mieux l’interrogation de Célestia au sujet de « l’enfant ».

    En voilà au moins un qui naîtra réellement au Dédale, quelle chance

Marmonnait-elle sans répondre à la question de son interlocutrice. Cette réflexion était peut-être fausse cela dit, rien ne confirmait l’idée que la Panthère se décide à élever son rejeton dans l’enceinte du bastion. Pourtant s’il était le fruit de deux berserkers, il valait mieux que ce soit le cas ; y grandir sans connaître le monde extérieur lui épargnerait au moins bien des complications, états d’âme ou leçons de morale difficiles à avaler. Car de toute évidence sa chair resterait aussi marquée que celle de sa mère, et son destin, particulièrement limpide quant à son incrustation dans les desseins d’Arès.

Elle reprit l’air de rien, cette fois-ci plus attentive envers Esther, un mince et faux sourire se dessinant sur son visage.

    Tout ce qui se passe par ici m’intéresse. Il faut bien tuer le temps, pas vrai ? Ce foyer ne nous apprend pas à vivre, alors à chacun de trouver ses lubies pour garder un brin de vivacité. Hin.
    On en arrive parfois là quand on s’est suffisamment armé pour ne plus craindre ni les lieux ni sa faune.

Enfin, la berserker se frotta les mains avant de s’éloigner de quelques pas. Plus rien ne la poussait à entretenir la conversation, et cette enfant devait de toute manière gérer ses problèmes toute seule. Avant de partir, elle murmura tout de même une dernière phrase à son attention.

    Dépêche toi de te relever, faire pitié manque cruellement de stratégie tu sais.

Gratuitement. Quoi de mieux que l'acharnement pour empêcher une tierce personne de discerner chez soi ses propres relents de dépression...


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Message Re: [Fin juillet 550] Fenêtre close [pv Ludmila]   Mer 17 Aoû - 17:30
Selon toute vraisemblance, cette fadaise affectait la hyène. Quand Esther parlait de l'enfant, l'attitude de Ludmila n'était pas celle d'une étrangère. Chose peu étonnante, puisque les berserkers étaient tous confinés au même endroit. Les conditions étaient réunies pour les intrigues personnelles et autres matériaux propices aux commérages. Étaient-elles vraiment tombées dans ce type de conversation après ce qu'il venait de se passer ? Non. Manifestement, ils arrivaient au terme de leur échange, et chacune préparait le mot de départ. Elles en avaient bien assez dit pour la soirée, et si elles ne se dépréciaient pas outre mesure, il allait falloir du temps avant d'entretenir une relation « normale ». En l'occurrence, elles demeuraient des étrangères l'une pour l'autre, où aucune ne prendrait la peine de s'investir plus.

Esther ne relevait pas plus que de raison la remarque de sa comparse. A priori, malgré ses grands airs, le bat blessait. Sans doute cherchait-elle à se convaincre elle-même au moment d'invectiver la Tarentule. Peu importe son assurance apparente, elle n'était pas différente des autres ; Zvezdan en particulier. Comme tout un chacun, Ludmila endurait plus qu'elle cautionnait ; une simple stratégie de survie, qu'Esther prendrait le temps d'assimiler à sa manière. Retournée à sa placidité, la petite Tarentule lisait autant que faire se peut les variations sur le faciès de sa semblable. Son attitude avait changé en cela qu'elle ne se renfermait plus sur son ressenti propre. Son attention était désormais toute entière tournée sur sa vis-à-vis, se réconciliant avec l'empathie mécanique qui la caractérisait.

Tandis que s'éloignait sa semblable, l'araignée s'affairait à se relever sans ne donner mot. Cet ultime coup de pression avait été invoqué sans le cœur ; désincarné. Il laissait la petite avec une drôle d'impression qui avait eu le temps de faire son chemin depuis son arrivée dans cette Citadelle organique. En ce lieu, tous semblaient se réfugier derrière un rôle ; celui-là même que le dieu de la Guerre leur avait confié. Seul César y échappait vraiment, bien peu coutumier à dissimuler sa vraie nature. La silhouette de la guerrière hors de son champs de vision, Esther tournait ses prunelles d'émeraude sur cet horizon semé d'arbres et depuis lequel le soleil achevait de se coucher. Nargués par une liberté à portée de main, elle songeait au voile que chacun levait pour se départir de cette vision et mieux endurer cette prison de chair ; en particulier celui de cette femme. De toute évidence, aucun, ce qui pouvait justifier la violence de son propos au moment d'être exposée à cette réalité.

Pendant un moment, l'araignée fermait ses paupières, orientant sa perception hors de l'espace présent. De manière infime, elle pouvait ressentir des parts d'elle-même dans des contrées qui ne lui seraient pas permis de fouler, en temps normal. Là résidait son échappatoire, ce qui lui permettrait de survivre et d'endurer sa malédiction. De toutes les âmes torturées dans cette prison, elle était encore la plus libre.




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