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 Tempus Fugit [PV Reba]

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Message Tempus Fugit [PV Reba]   Mer 14 Sep - 14:49
L’hippodrome de Byzance.

Cette longue piste de sable ovale sur laquelle s’étaient affronté tant d’équipages de chars. Ce sol sablonneux qui avait bu le sang des vaincus. Ces bancs en pierre qui accueillaient encore aujourd’hui une foule avide de violence. Le brouhaha du public. Les roues en bois et en fer qui s’entrechoquaient. Les corps qui se disloquaient. Une source de mal qu’il aurait du vouloir raser. Et pourtant, sous la lumière blafarde des premières heures de la journée, l’endroit semblait aussi paisible que n’importe quel autre. Les intendants avaient balayé les tribunes et changé le sable maculé de sang. Ils avaient fermé les portes lourdes en pierre et avaient fait tourner la clé. Ils avaient laissé cette arène propre pour les prochains gladiateurs.

Lesath, assis en tailleur dans l’un des gradins, regardait avec intérêt la structure. Du regard, il suivit le profil de la dernière tribune, redescendant le long des escaliers irréguliers qui permettaient d’y accéder, bifurquant vers les sièges des nobles, fabriqués en bois et en étoffe, terminant de balayer l’assemblée en scrutant ce sable, alors blanc, bientôt carmin, qui ornait le sol. Que faisait-il là, à scruter de l’intérieur ce théâtre ? Il n’en était pas bien sur pour être honnête. Il était sorti, comme à son habitude, lorsque la nuit était tombée, et il avait arpenté les rues sans se soucier d’où il allait. C’était une méthode comme une autre de se divertir, de se mélanger aux gens, et d’oublier ses traquas, même temporairement.

Lorsqu’il avait levé les yeux, il s’était retrouvé devant les portes fermées de ces lieux, et avait décidé sur un coup de tête de s’y aventurer, ne sachant pas vraiment à quoi s’attendre. Une personne comme Sunilda du Cancer aurait facilement pu le mettre au courant. Le nombre d’âmes perdues entre ces murs était élevé, et c’était directement lié au nombre de morts violentes qui avaient bien pu avoir lieu sur ces pistes. Childéric du Lion l’aurait informé de la violence qu’on pouvait percevoir en ne faisant attention qu’aux impacts sur les murs de la fosse. Lui … lui préférait ne rien en tirer du tout, à vrai dire. Il était là, et observait, pour l’instant sans grand succès.

L’ibère ferma les yeux quelques secondes et posa la tête lentement et délicatement sur le banc derrière lui. Il inspira l’air sec et matinal avant de tourner la tête vers sa droite. Il n’était plus seul en cet endroit, et pour autant, il n’avait pas à discerner d’où pouvait provenir cette énergie, ce cosmos. Lui-même avait oublié d’enfermer la sienne en son sein, comme il avait l’habitude de faire. Si quelqu’un le cherchait, il saurait où le trouver.

« Et bien. Qu’avons-nous là ? »
Murmura-t-il, toujours avachi sur son siège.
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Message Re: Tempus Fugit [PV Reba]   Lun 10 Oct - 8:57
Tempus Fugit
feat. Lesath

C'était la première fois qu'elle mettait les pieds à Constantinople.

Comme à chaque Saint, on lui en avait enseigné les rudiments ; elle savait que c'était l'une des places fortes de l'ordre d'Athéna, farouchement gardé par les Silver Saints. Si elle n'avait pas eu l'intention de la visiter un jour, la ville se trouvait être sur sa trajectoire. Puisqu'on l'avait renvoyée sur les routes, elle pouvait aussi bien lui servir d'escale.
Il paraissait assez clair qu'ils n'avaient pas l'habitude de recevoir de visite de la part du Sanctuaire, si ce n'est du même rang ; Or comme Bronze ne devaient que rarement se retrouver dans les rues de la cité. Pour autant, ils n'eurent nul mépris à son égard, l'accueillant comme une des leurs quoiqu'avec curiosité. La plupart d'entre eux n'avaient depuis longtemps plus mis les pieds en terre sacrée, des mois ou des années ; aussi étaient-ils impatients d'en avoir des nouvelles, si mauvaises soient-elles. La situation dans laquelle elle l'avait laissé ne prêtait guère à se réjouir, mais nul doute que la nouvelle leur serait déjà parvenue si leur ordre s'était effondré. Quant à savoir dans quel état la bataille l'avait laissée...
Elle omit de préciser qu'elle l'avait quitté pendant que les combats faisaient encore rage. Malgré toute la compétence des Silver Saints, ils se pouvaient que des oreilles aient infiltré la ville ; sa proportion titanesque tendait à appuyer la théorie. Aussi ne souhaitait-elle pas avoir à s'éteindre sur son ordre de mission, moins encore les circonstances dans lesquelles elle se l'était vu confier. Il n'était pas dans ses habitudes de voiler la vérité, mais Akrites croyait en elle : que ce soit pour leur passé commun ou le rôle qu'il tenait désormais, elle n'avait pas le droit d'échouer.

Quelle ne fut pas sa surprise en apprenant qu'un Gold Saint était parvenu ici avant elle. Avare de parole comme d'amabilité, il ne les avait toutefois que peu renseignés. Pour l'avoir devancée, n'était-il déjà pas au Sanctuaire lors des événements ou avait-il simplement usé de ses pouvoirs pour se déplacer ? Il est vrai que comparé à la vitesse dont pouvaient faire preuve ses supérieurs, même le plus assidu des jours de marche faisait pâle figure. De ce qu'elle crut comprendre, il s'agissait du Chevalier du Scorpion, qu'elle n'avait pas eu la chance de rencontrer.
Un manquement à corriger, encore que le plaisir soit très relatif à les entendre. S'ils ne furent pas en mesure de lui fournir sa position exacte, du moins put-elle obtenir une direction globale. Après qu'il lui fut assuré qu'un lit lui serait préparé, elle quitta donc les forces locales pour s'engager dans les ruelles. Même en ces contrées exotiques (non que la sienne ne le fut pas davantage), il serait peu discret d'évoluer avec un fauve à ses côtés.

Malgré les talents naturels de dissimulation de Chiquita, il était toujours difficile de les mettre à profit dans un lieu qu'elle ne connaissait pas. L'architecture byzantine différait radicalement de celles à laquelle elle avait été précédemment confrontée ; il eut été aisé de s'y perdre, si elle avait seulement tenté de s'y repérer. Fort heureusement, ce ne serait pas nécessaire : elle n'avait qu'à suivre sa maîtresse, qui elle-même suivait ce que ses sens lui communiquaient.
En l'occurrence, un point sur la carte n'aurait pas été plus évident que le huitième gardien tant sa cosmo-énergie flamboyait pour qui savait regarder. Ainsi est-ce tout naturellement que ses pas prirent le chemin de l'hippodrome. Si elle n'avait jamais fréquenté ce genre d'endroit - son pays natal n'étant guère pourvu en la matière -, elle en savait assez pour savoir qu'elle n'y aurait normalement jamais mis les pieds. C'était un lieu associé aux plaisirs barbares, et si elle était très loin d'avoir le coeur sensible - ne qualifiait-on pas son peuple de sauvages ? -, elle n'en voyait tout bonnement pas l'intérêt.

S'avançant dans la pénombre des couloirs, la panthère sur ses talons, elle trouva la voie d'accès la plus proche de cette légendaire aura dorée. Bien sûr, c'était là un apanage dû à leur rang ; étinceler de la sorte n'était en rien une preuve de leur véritable grandeur. À elle de jauger s'il en était seulement à la hauteur. L'animal qui l'accompagnait disparut dans les ombres du stade, se faufilant entre les bancs de pierre et les arcades, tandis qu'elle-même renonçait à la phase d'observation : elle avait été repérée. À quelques mètres à peine, que pouvait-elle espérer ?

J'allais poser la même question, fit-elle avec dérision, s'assurant que son masque soit bien en place. Elle rehaussa sa boite de Pandore sur son épaule en tirant sur la sangle ceignant son épaule de la main opposée. C'est le Sanctuaire qui vous envoie, ou vous êtes ici en promenade ? Si vous avez le temps de venir vous balader, j'imagine que je n'ai pas laissé que des ruines derrière moi.


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Message Re: Tempus Fugit [PV Reba]   Lun 17 Oct - 14:11
« Oh. Une question qui répond à une question ? Original. » Murmura-t-il en fermant les yeux quelques secondes. Il huma l’atmosphère comme un loup aurait pu le faire puis ouvrit les yeux. Ils n’étaient pas là que tous les deux, non. La jeune femme avait ramené avec elle une autre personne. Son propre gardien, peut-être ?

« Une Clothbox, n’est-ce pas ? Cela fait belle lurette que je n’en avais pas vu une. Tu es donc un chevalier de notre chère déesse. Tant mieux, je n’avais pas particulièrement envie de devoir me défendre. » Il avait prononcé ces quelques mots en ramenant ses genoux sur son torse, posant les talons sur le siège de pierre, alors qu’il laissait choir sa tête sur le rebord du siège, et qu’il jetait un coup d’œil vers la jeune femme.

Lesath fut légèrement étonné en l’apercevant. Il s’agissait d’une femme, ça, c’était un fait. Mais sa peau d’ébène trahissait des origines plutôt rares pour des éveillés. Les Nubiens et autres Egyptiens avaient leurs propres panthéons, et ces dieux existaient peut-être de la même manière que les leurs dominaient la méditerranée. Lui n’avait jamais eu à se poser la question : les ibères n’avaient pas de dieux, mais des animaux sacrés. Les mêmes qui, encrés sur sa poitrine, faisaient disparaître sa cicatrice.

« Chevalier de … hmm … bronze, donc ? Je m’attendais plutôt à voir débarquer un escadron de chevaliers d’argent, venant me faire la morale en insistant bien que je marchais sur leur territoire, ou quelque chose comme ça, mais … » commença-t-il en s’arrêtant, se rappelant de la dernière visite qu’il avait pu faire de Byzance. Le chevalier de la mouche avait vraiment été des plus désagréables, et lui avait sommé de lui expliquer sa présence dans la ville, comme si quelconque explication lui était due.

« Je suis Lesath du Scorpion, chevalier. Je suis désolé je ne reconnais pas l’emblème de ton armure. Je suis assez mauvais en symbolisme, toutes mes excuses. » Reprit-il en levant la main droite, en signe de décharge. « Je pencherai pour un fauve, compte tenu de la nature de ton "ami", mais je ne sais pas faire la différence entre le lynx, le lion, le tigre… »

Il haussa les épaules et balaya de nouveau le lieu de son regard. Que faisait-il ici… Il n’en était pas vraiment sur. « Et je n’ai pas la moindre idée de pourquoi je suis ici. Je profite de quelques heures d’accalmie entre un Grand Pope assassiné et une trahison de chevalier d’Or pour découvrir cette ville. Son gigantisme est grisant. »

Les arènes, les termes, les habitations, les quartiers d’esclaves ou de nobles, l’agora. Cette ville avait tout connu. Les grecs, les romains, les perses, les tyrans, les invasions gauloises, les parthes. Tant d’histoire se concentrait dans le détroit du Bosphore… cela était à la fois intrigant et déroutant. Lesath cligna des yeux en se rendant compte qu’il avait laissé son esprit vagabonder un peu trop longtemps.

« Et toi, qu’est-ce qui te mène à Byzance ? »
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Message Re: Tempus Fugit [PV Reba]   Mer 26 Oct - 10:15
Tempus Fugit
feat. Lesath

Après tout, je porte le masque. Je ne vois pas pourquoi ce serait honneur aux dames. dit-elle d'un air narquois. Elle n'avait pas la puissance ou la vitesse d'un Chevalier d'Or, mais ses sens, eux, n'avaient rien à y envier ; il en faudrait plus pour garder d'elle un secret que de diminuer le son de sa voix. Puis de continuer sur le même ton : Je n'aime pas donner de réponses facilement, il va falloir les mériter.

Elle croisa les bras, comme pour affirmer sa résolution à ce sujet. À vrai dire, ce n'était pas tout à fait vrai : si elle aimait bel et bien se jouer de ses interlocuteurs, elle souhaitait surtout savoir à qui elle avait à faire avant de tout dévoiler. Tout Chevalier d'Or qu'il soit - ça restait encore à confirmer, même si le doute était restreint - ça n'en disait pas tant sur son identité. Compte tenu de la délicatesse de sa mission, mieux valait ne pas propager inutilement l'information. S'il n'était pas dans sa nature d'être méfiante, les circonstances la poussaient à un minimum de précaution.

Bien vu, commenta-t-elle au sujet de la Clothbox avec une pointe d'ironie - au vu de la preuve irréfutable qu'elle avait sur le dos, il eut été difficile de le nier. Y jetant elle-même un œil, elle esquissa un sourire sous le masque. Je vous rassure, je ne suis pas assez folle pour m'attaquer à un Chevalier d'Or. Et si je l'avais fait, je n'aurais pas pris la peine de me dévoiler d'abord.

Oh certes, il y avait ses chamailleries avec Childéric, mais ce n'était pas différent des provocations d'un chaton envers un félin plus âgé - ce n'est qu'en voyant son autorité remise en cause qu'on peut la réaffirmer. Et puis, il convenait de faire bonne impression. Ses yeux sombres la parcoururent sans qu'elle fasse rien pour s'y soustraire ; la spirite n'avait rien à cacher. Elle-même ne se priva pas de le faire, mais la seule conclusion qu'elle put tirer fut de ne pas savoir d'où il venait. Ce vaste monde recelait encore pour elle bien des secrets.

De bronze, en effet. Je suis Reba du Lionnet. Saisissant la sangle qui maintenait la lourde boite, elle l'ôta de son dos pour présenter l'écusson qui l'ornementait. Mieux valait ne laisser aucun doute, n'étant pas sûr que le Chevalier du Scorpion perçoive sa part animale comme le Lion le faisait. Childéric n'était peut-être pas né au bon endroit, mais au moins ne faisait-il pas honte à sa couronne. Sa tête se tourna vers là d'où elle venait. Je confirme qu'ils n'ont pas l'air de vous porter dans leur coeur. Moi aussi, je serais amère si j'étais coincée ici : c'est une très belle cité, mais ça n'en fait pas moins une prison dorée. Et devoir vivre constamment dans le secret...

Les règles de la Mascarade s'appliquaient à tout le monde - encore que certains camps en faisaient une lecture plus malléable. Au moins au Sanctuaire pouvait-on se balader avec son armure, entouré de personnes qui savaient ce qu'on était et partageaient ce statut. Si les Silver Saints à Constantinople étaient légions, toujours est-il qu'ils n'avaient pas d'alternative à la discrétion. Leur rang les condamnait à l'obscurité - à ne jamais pouvoir briller. Leur mission était d'une importance rare, mais qui, sinon le Sanctuaire, s'en rappellerait ?
Bien qu'il ne puisse voir son visage, Lesath put sentir une certaine gravité s'emparer d'elle quand il évoqua les récents événements. Si la mort du Grand Pope était déjà dans l'air quand elle avait quitté les lieux, une trahison était une toute autre affaire. Cela ne dura qu'un instant avant qu'elle recouvre son habituelle légèreté, mais ce changement restait évident - elle n'avait rien fait pour le cacher. Au final, étaient-ce bien les Berserkers qui avaient fait le plus de dégâts ?

Lequel ? demanda-t-elle avec une nonchalance renouvelée. Elle ne pouvait croire que c'était l'un des rares qu'elle avait approché de plus près ; quant aux autres... Ne les connaissant pas, quelle importance cela avait ? Le fait en lui-même restait dramatique, mais elle n'en était pas personnellement touchée. Ce n'était pas à elle de s'en soucier : le ramener comme le juger n'étaient pas dans les cordes d'un Chevalier de Bronze. Néanmoins, il était toujours important de se renseigner. Il lui fallut une seconde pour réaliser que Byzance et Constantinople n'étaient qu'une seule et même ville, n'étant guère au fait de l'histoire de cette région éloignée.

Je ne suis que de passage. C'est bien plus au sud que mon voyage m'emmène. Mais puisque je suis tenue de voyager par la terre, j'en profite pour visiter le dernier bastion de notre ordre que je verrai en chemin. Là où elle allait, les visages amicaux risquaient d'être une denrée rare. Je ne vous ai pas croisé à mon arrivée en Grèce il y a de cela quelques semaines. Vous voyagez souvent ? Je croyais que les Chevaliers d'Or étaient cantonnés à la garde du Sanctuaire.


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Message Re: Tempus Fugit [PV Reba]   Lun 7 Nov - 14:58
Lesath plissa les yeux quelques secondes tentant de percer l’ironie de la jeune femme, avant de laisser tomber. Elle avait beau maîtriser la langue sans problème certaines tournures de phrases et son accent rendaient cette entreprise légèrement difficile à réaliser. Il devait en être de même pour son interlocutrice, ceci dit. Après tout, lui-même possédait un accent ibère peu habituel pour ceux qui n’avaient pas eu le plaisir de visiter la péninsule ibérique.

« T’attaquer à un chevalier d’Or ? Oh. Physiquement tu veux dire. Cela aurait été … cocasse oui. Intéressant du moins, si tu me permets, sans vouloir t’offenser. La différence entre un chevalier de bronze et un général d’or est immense et semble impossible à combler et cependant … »

Il s’arrêta et fixa la jeune femme masquée quelques secondes. Il avait entendu des rumeurs sur certains chevaliers qui faisaient exploser leur cosmos de manière scandaleusement supérieure à la normale dans certaines situations. C’était très différent de son habitude à réfréner son aura. Dans ce cas là, ce n’était pas la maîtrise du cosmos qui rendait la manœuvre possible, mais plutôt le fait de puiser dans des réserves inopinées et inconnues même du chevalier en question.

« Cependant parfois des entreprises impossibles permettent à certains de se sublimer. Peut-être qu’en t’attaquant à moi tu aurais pu faire éclore ton cosmos comme jamais ? Mais je suppose qu’on ne le saura jamais. »

« Reba du Lionnet donc. Et bien Reba, sois la bienvenue dans cette macabre structure qu’est l’hippodrome. Un fauve comme toi doit sentir l’arôme du sang qui a baigné ce sable. C’est … dérangeant. » Il jeta un coup d’œil à la boite en bronze ornée du symbole du petit lion, pour la mémoriser. Effectivement, il arrivait bien à percevoir la différence entre ce dernier et celui du grand lion d’or qui représentait Childéric. Lesath se demanda si d’ailleurs ils se connaissaient et si, d’une manière ou d’une autre, il n’existait pas une relation cosmique entre les deux armures. Comme si l’une dépendait indirectement de la suivante, ou quelque chose comme cela.

« Lequel ? Et bien tous, à leur manière. N’avons-nous pas trahi Belisaire en le laissant choir sur le champ de bataille, à notre manière ? Quand à celle qui a décidé de troquer son armure par une Écaille … Je ne peux pas la juger, je laisse ce rôle à la déesse. Après tout, elle n’a fait que suivre sa vraie nature et a cessé de se trahir elle-même, en quelque sorte… »

Nimüe avait suivi sa voie, et était devenue une Marina, certes, mais l’Ibère avait décidé quelques mois plus tôt de ne pas lui jeter la pierre. Lui-même avait déjà réfléchi à la possibilité de laisser tomber l’habit d’or pour retourner vivre une vie plus simple, et sans s’y être résolu, aurait pu y succomber. Changer de camp était plus ou moins la même chose, non ? Pouvait-on en vouloir à un poisson de retourner à la rivière ? Pas vraiment.

« Il y a quelques semaines ? Ou étais-je déjà … » Réfléchit-il à haute voix. « Oh oui, cette mission à Rome. Une belle ville, de ce que j’ai pu voir, bien qu’un peu trop d’Oracles à mon goût. » Murmura-t-il en haussant les épaules. Il y avait croisé foule de monde, et un nombre de serviteurs d’Apollon bien trop haut selon son opinion. La rencontre avec cette cohorte de jeunes gens l’avait forcé à abandonner la discrétion pour s’éviter une certaine déconvenue.

« Pour être honnête nous sommes normalement supposés garder les temples. » Expliqua-t-il, en s’attardant sur le mot normalement plus que de rigueur. « Mais la vie de château n’est pas vraiment faite pour moi. Et toutes ces marches … l’architecte devait être un démon. » Ajouta-t-il en esquissant une moue fatiguée. Souvent il s’était demandé pourquoi diables la personne qui avait fondé le sanctuaire l’avait fait en éloignant les temples par une marée d’escaliers. « De surcroît, je suis le huitième gardien, et je sais que les sept premiers arriveront bien à contenir toute attaque, le temps de mon absence. Enfin, je peux y être en peu de temps si c’est nécessaire. Mais, tu parlais du Sud donc ? Où vas-tu, si ce n’est pas indiscret ? »

Cela l’était, et il le savait bien, mais il avait posé cette question sans arrières pensées, pour une fois. Il n’essayait pas réellement de la tester, auquel cas sa demande aurait été sans aucun doute plus retorse. Elle parlait du sud, et il ne connaissait pas vraiment les terres qui se trouvaient de l’autre côté du détroit du Bosphore. Oh, on lui avait parlé des steppes de l’Afrique, mais cette terre était aussi réelle à ses yeux que l’Atlantide…
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Message Re: Tempus Fugit [PV Reba]   Sam 17 Déc - 10:19
Tempus Fugit
feat. Lesath

Et cependant ?

Il y avait une facétie dans sa voix. La réponse, semble-t-il, serait venue sans qu'elle n'ait à la demander.

Lesath ne semblait pas être de ceux dont il écorcherait l'orgueil d'en parler. À vrai dire, il était probable que tout le monde soit au courant, malgré les efforts pour ne pas propager la rumeur. Pensez-vous bien, un tel bruit avait eu tôt fait de faire le tour de la hiérarchie - et d'entraîner son lot de correction. Certaines légitimes, pour ne pas laisser les jeunes chevaliers se distraire de leur but premier ; d'autres moins, motivées par la peur. Reba n'en était pas surprise. Quoi de plus naturel ? Ceux qui se tiennent au sommet du pouvoir aiment rarement se sentir menacés.
Ce qui pouvait se comprendre, sans même avoir à être à leur place. Les Saints étaient un camp militaire, certes régi par la foi envers une divinité plus que par la fibre patriote, mais militaire néanmoins. Ils ne pouvaient se permettre de laisser les plus jeunes d'entre eux désobéir à leurs autres sous prétexte qu'ils pourraient un jour peut-être les égaler. Ce n'était pas qu'une question de puissance : les Chevaliers d'Or étaient souvent plus sages et expérimentés, ainsi que la déesse l'avait souhaité.

Même si elle s'estimait relativement avisée, Reba ne se pensait pas pour autant en droit de les détrôner, quoi que ses jeux avec Childéric aient pu lui laisser penser. Elle ne savait s'il en était de même sous les autres bannières, si les choses étaient aussi ordonnées - si la Raison primait. Mais elle osait croire que si certains devaient bel et bien obtenir ce pouvoir et non seulement s'en vanter, ils auraient le bon ton de le tourner vers leurs adversaires.
Même en sachant pouvoir terrasser ses supérieurs, s'y essayer ne serait pas sans conséquences ; et si le armures interdisaient leur usage pour des gains personnels, le mal serait déjà fait. Non, elle ne faisait pas partie de heureux élus, ni n'en avait le souhait ; la puissance était bien basse dans sa liste des priorités. Ce n'était pas ce à quoi elle était vouée, pas là où son talent résidait. Avec l'âge et les épreuves, la force viendrait d'elle-même : il n'y avait nul besoin de se presser. Elle eut aimé que davantage partagent cette mentalité... Mais il fallait bien des guerriers.

Peut-être. Ou peut-être me serai-je simplement fait oblitérer. fit-elle en haussant les épaules. La mort ne lui était rien, mais elle n'était pas pour autant pressée de la rencontrer. Ce n'est pas quelque chose que j'entends vérifier, et vous ne semblez pas plus curieux que moi à ce sujet.

Si elle n'avait pas su qui il était - ce qu'il était -, si elle n'en avait pas eu la conscience profonde, Lesath ne lui aurait sans doute pas fait l'effet d'un guerrier. Encore moins d'un guerrier sacré. Non que cela ait avoir avec sa foi - chacun révère les dieux à sa manière -, mais il semblait trop détaché. Trop cynique pour vraiment croire en quoi que ce soit, pour l'embrasser pleinement, en particulier s'il devait se battre en son nom.
Oh, elle avait fort bien que les apparences sont parfois trompeuses - n'avait-elle pas grandi en devant distinguer les fantômes des vivants ? -, mais ne pensait pas se tromper ; elle n'eut pas été étonnée d'apprendre qu'il n'était pas le fidèle le plus dévoué. Pour autant, son habit était d'or autant que son poison était mortel. N'était-ce pas le propre d'un scorpion que de se cacher sous le sable, de ne rien laisser paraître du danger jusqu'au moment où il est trop tard pour fuir la piqûre ?

En tant qu'animal, le scorpion dépendait du pouvoir des lions, fut-ce dans ses provinces les plus éloignées. Néanmoins, elle ne le réalisait que maintenant, elle n'en savait que bien peu à son propos. On n'en trouvait pas dans les contrées d'où elle venait - et quand bien même c'eut été le cas, ils savaient comment échapper aux regards. Une bien curieuse créature dont il semblait falloir se méfier - si puissants soient les fauves, la fourrure ne protège pas contre le venin. Cette étrange espèce pouvait-elle être apprivoisée ? Chaque éveillé est lié à une constellation par la naissance. Elle le guide tout au long de sa vie. À en apprendre sur l'entité, elle pourrait mieux comprendre Lesath, mais l'inverse était-il également vrai ?

En effet, approuva-t-elle. Je ne suis pas une bête sauvage, mais il y a des instincts qu'on ne peut réprimer. Tant de vies et de morts se décident en cet endroit que je m'étonne qu'il n'ait pas vers l'Achéron un passage personnel.

Le sang était en effet partout dans l'air - enraciné dans la terre. Par forte chaleur, même le sable ne devait pas réussir à le cacher. Combien de morts avait-il fallu pour que son parfum ferreux imprègne à ce point les lieux ? C'était le genre de question qu'il valait mieux ne pas se poser. Reba n'avait pas d'avis particulier sur les activités qui prenaient place en ces murs. Beaucoup recherchaient la gloire dans ces cérémonies barbares ; même s'ils n'étaient que trop souvent des esclaves, elle n'était pas assez naïve pour croire qu'elle pourrait y changer quoi que ce soit.
Si un tel spectacle prenait encore place dans l'enceinte de Constantinople, joyau de l'empire malgré la présence Saint presque flagrante qui y régnait, ce n'était pas pour rien. Posant sa Clothbox à ses pieds pour lui laisser le soin de la détailler, elle vint s'asseoir sur le banc de pierre à côté de Lesath bien qu'il ne l'y ait pas invitée, dans une posture similaire. Elle avait fait un long voyage, et la conversation était partie pour durer.

Je n'ai pas eu l'occasion de connaître Belisaire, dit-elle, la voix neutre - sa culture ne faisait pas la part belle à l'hypocrisie, surtout à cet égard ; comment pourrait-elle affecter le deuil après cette entrée en matière ? J'étais censée le rencontrer, et puis les messagers du ciel et les fauves de la terre nous ont attaqués. Celui que j'imagine être son remplaçant m'a dit de partir, m'a confié une mission alors que le combat faisait rage. Et me voici, poursuivit-elle avec le même détachement. Pour être franche, je n'étais pas sûre de retrouver le Sanctuaire en rentrant. Je suppose que je peux remercier votre vitesse de la lumière pour m'avoir rapporté les nouvelles du front.

Des chevaliers plus zélés auraient pu lui reprocher d'avoir pris la tangente, quand bien même l'ordre lui en avait été donné, mais elle ne pensait pas que ce soit le cas de Lesath - elle ne le connaissait toutefois pas assez pour vraiment se prononcer. Elle ne se voyait en tout cas pas le lui cacher, feindre une participation ou n'y avoir pas été. Elle aimait jouer avec les mots, mais mentir sur pareil sujet serait manquer de respect à ceux qui sont tombés - c'était du moins ainsi qu'elle l'entendait.
Une logique qu'elle ne demandait à personne de partager, mais qui ne l'en guiderait pas moins, fut-ce un châtiment qui l'attendrait au bout du chemin. Quoique encore camouflée dans les ombres, Chiquita s'agitait autour d'eux, excitée par l'odeur du sang. La Lionne la connaissait assez pour savoir qu'elle ne cèderait pas à ses pulsions, mais pareil contexte devait la mettre à rude épreuve... Il faudrait lui trouver quelque chose à manger à la fin de la discussion, probablement saignant - une équitable compensation.

Je partage votre opinion sur ce point, réagit-elle au sujet des escaliers.

La question de savoir qui avait construit le Sanctuaire s'attarda un instant dans un coin de sa tête : chez eux où ailleurs, comment les dieux avaient-ils procédé ? C'est pourquoi je n'ai pas hâte d'en occuper le cinquième, se retint-elle d'ajouter ; elle ne connaissait pas assez cet homme pour prononcer ce qui passerait trop facilement pour une présomption déplacée. C'était inéluctable, mais Lesath n'avait pas besoin de le savoir, pas encore ; du Bronze à l'Or, il y avait un long trajet.

Je me dirige vers Thèbes où on m'a envoyée en mission. Elle avait fait vœu de ne pas en parler, mais Lesath était l'un de ses supérieurs - il aurait certainement eu les moyens de l'apprendre une fois rentré. À moins qu'il ne lui fasse cracher la réponse à défaut de vouloir patienter. Des dehors paisibles ne sont pas synonymes de patience illimitée, et bien qu'aucun chevalier d'or ne lui ait donné l'impression de la menacer, elle ne perdait pas de vue qu'ils avaient plus de raisons d'être à cran que lorsqu'elle les avait rencontrés. Une présence Spectre y aurait été repérée.


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Message Re: Tempus Fugit [PV Reba]   Mer 21 Déc - 16:28
Lesath soupira, sans même s’en rendre compte. Venait-il d’aborder un thème habituel chez les soldats de leur ordre ? Lui n’avait jamais eu le même rôle que son interlocutrice, et ne pouvait donc qu’imaginer ce que cela pouvait représenter que de porter le bronze, ou l’argent. Au dessus d’eux se trouvait une caste, voir plusieurs dans le cas des chevaliers de bronze. En leur for intérieur, il était probable qu’aspirer à monter de grade était sinon un objectif avoué, au moins une idée fugace.

En supposant que certains chevaliers de grade inférieur pouvaient déployer un cosmos presque similaire à celui des douze dorés, peut-être alimentait-il un feu qui n’avait pas besoin de plus de bois. Et pourtant, c’était la réalité. Un chevalier d’argent ou de bronze pouvait, parfois temporairement, parfois inconsciemment, atteindre une puissance qui le dépassait.

« Le rang n’est qu’une barrière mentale, volontaire ou non. Rien n’empêche une personne, homme ou femme, de dépasser ses propres barrières, lorsqu’il a les bons outils. Visualise là comme une porte, fermée à clé. Tu peux faire sauter la porte. Ou utiliser la bonne clé. Le résultat est plutôt similaire. »

L’entrainement ne suffisait pas, ou plutôt, pouvait ne pas suffire. Un état d’esprit était obligatoire. Pour certains il s’agissait de la volonté d’accomplir un but noble. Pour d’autres il s’agissait au contraire d’une haine incommensurable qui décuplait leur cosmos. Dans tous les cas il ne suffisait pas de se lever et de se contenter de machinalement s’entrainer. Pour Lesath, c’était d’arrivé d’un seul coup. Il avait connu une telle déchéance que la sensation d’enfin retrouver sa place lors de son combat avait renforcé infiniment son aura. Jamais depuis il ne s’était senti aussi fort que ce soir là.

« Un chevalier d’or qui se ferait battre par un chevalier de bronze, … ce n’est pas impossible. Loin de là. Tout est une question de conditions. Mais peut-être effectivement t’aurais-je … hmm… oblitéré, aujourd’hui. Qui sait ? » Il haussa les épaules et posa le regard sur la panthère se doutant que cette dernière ne serait pas restée de côté si un tel fait s’était déroulé. Croisant puis décroisant les jambes, il écouta attentivement la jeune femme alors qu’il continuait à fixer du coin de l’œil l’animal, ou plutôt l’ombre qu’il était devenu et qui se faufilait entre les sièges en pierre. Sous ses griffes et coussinets, quelques gravillons crissaient, prouvant que ce splendide animal n’était pas fait pour cette flore. Il dirigea son regard de nouveau sur Reba, alors qu’elle prenait place à ses côtés.

« Un lien direct vers l’Archéron. » Il ricana. « Je n’y avais jamais pensé. Ce serait pratique en tout cas, et cela économiserait bien du travail au fossoyeur et aux prêtres qui préparent les corps. » Ajouta-t-il avant d’étouffer un petit rire. Il imaginait la scène avec cocasserie. Le trou s’ouvrant dans le sol, emportant dans son sillage autant les morts que les vivants, les hommes comme les animaux, et, pourquoi pas tant qu’à faire, une partie du public. Il aurait presque payé pour voir cela.

Il écouta alors les raisons du voyage de la jeune femme. Un ordre d’Akrites, il en va sans dire, qui avait encore une fois ses raisons. Lesath ne jugeait pas, ou du moins, s’évitait de le faire quand il le pouvait. Pour autant, il ne se contentait pas de répondre aux ordres par de simples acquiescements irréfléchis. Toute la difficulté était d’accomplir ses missions selon ses propres règles de vie. Là, de la même manière, Reba avait sans doute jugé plus opportun d’accomplir ce pourquoi on l’avait convoquée.

« Belisaire a effectivement été remplacé par Akritès. Je suppose que les paroles et les ordres de ce dernier sont aussi importants que ceux de son prédécesseur. » Et par là, il avait tout dit. Ceux qui n’en faisaient qu’à leur tête continueraient dans cette même attitude. Ce n’était pas parce que le visage de leur leader changeait que les attitudes des subalternes suivraient. Les dernières paroles de la jeune femme attisèrent sa curiosité. Il tourna son visage vers le masque du Lionnet.

« Ah. Les fameux spectres d’Hadès. Je n’ai pas hâte de les connaître, et pourtant … » commença-t-il, ne sachant pas vraiment comment finir la phrase. D’autres adversaires, après les Berserkers, qui allaient sans doute donner du fil à retordre aux guerriers dorés. Il avait un peu enquêté, et le peu qu’il avait pu tirer des écrits qu’il avait trouvé c’était que les étoiles d’Hadès avaient un don de résurrection. La guerre était donc infinie, et au final, ils savaient qu’il était probable qu’Athèna ne perde. Rien de neuf, au final. « Ce n’est pas la première information de ce type qui nous remonte. » Ajouta-il en ayant une petite pensée pour l’ancien chevalier d’or du bélier. Le renégat avait vu juste

« Je me demande comment on tue quelque chose qui est déjà mort… »
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Message Re: Tempus Fugit [PV Reba]   Mar 7 Fév - 9:49
Comme elle l'avait pensé, les notions de puissance et de hiérarchie indifféraient Lesath à peu près autant qu'elle. Cela ne voulait pas dire pour autant qu'il négligerait ses responsabilités le moment venu, mais ne pas se sentir obligé d'en faire étalage était déjà une preuve de sagesse de sa part. Cette autorité dont il était investi lui avait été donnée par l'armure, et par l'armure seule : si elle ne remettait pas en cause la perspicacité de cette dernière, tous n'étaient pas faits pour diriger. Pas au début. C'est là quelque chose qui s'apprend. Si une structure militaire comme la chevalerie avait besoin de rang, cela ne voulait pas dire qu'on devait les ressentir à chaque instant.
Reba ne voyait pas d'inconvénient à obéir... Tant qu'ils savaient ce qu'ils faisaient. Si c'était le cas de la plupart, d'autres feraient bien d'apprendre leur leçon. Qu'il soit de ces rares hommes à n'avoir pas soif d'autorité, ou qu'il ait vécu suffisamment pour apprendre à la craindre plus qu'à la désirer, elle n'irait pas s'en plaindre. Si elle avait réussi à y couper jusque là, elle savait qu'elle tomberait tôt ou tard sur des individus avides d'asseoir leur pouvoir... Un mal hélas amplement répandu à cette époque.

Je me satisfais de ce que j'ai. Plus que je ne devrais mais pas autant que je le pourrais. Ça me convient pour le moment. fit-elle avec nonchalance. Sa puissance était déjà supérieure à celle d'un Chevalier de Bronze, mais loin de correspondre à celle d'un Chevalier d'Or, du moins selon ceux qu'elle avait pu observer. Il y avait des différences entre les membres d'une même caste, aussi était-il difficile de trouver un point fixe de comparaison. Bien qu'elle n'ôtât pas son masque, il put deviner qu'elle souriait : Mais je vous remercie de vos conseils : je saurai m'en rappeler si d'aventure une porte devait me résister.

Malgré l'humour qu'elle y mettait, elle savait la métaphore adaptée. Simplement, s'accordait-elle avec ses méthodes propres ? La question méritait d'être posée... Une fois encore, Lesath faisait montre d'une sapience que son apparence juvénile n'aurait point suggéré. Mais c'était oublier que la guerre endurcit les hommes et les vieillit avant l'heure : un corps encore jeune pouvait héberger une âme millénaire.
C'était particulièrement vrai pour les chevaliers, prompts à transcender leur mort pour revenir se battre sous d'autres traits. À cela s'ajoutait enfin la mémoire de l'armure - de toutes les batailles auxquelles elle avait assisté. Comment ne pas se sentir plus âgé qu'on ne l'est ? Ils avaient les Spectres pour adversaires, mais bien des fantômes de leur côté.

Du coin de l’œil, elle regarda Chiquita s'éloigner, probablement en quête d'un rongeur à broyer entre ses crocs. Elle avait aussi besoin de se nourrir, après tout. Si elle avait décidé de s'éloigner, c'était selon toute vraisemblance qu'elle considérait que son interlocuteur n'était pas une menace... Une conclusion à laquelle elle était parvenue également. Il portait certes l'or - quoique pas en cet instant -, mais il y avait une différence entre être alliés et être du même camp. Son idée en tout cas semblait lui plaire, dissipant quelque peu la morosité du personnage.

N'est-ce pas ? Si encore les corps servaient de nutriments à la terre... Mais la plupart finissent dans une fosse commune, soldats anonymes, victimes d'une parodie de guerre. Et ce n'est pas comme s'il y avait grand chose à faire pousser dans ces parages... À vrai dire, ça m'étonnerait qu'un prêtre se fatigue avec ces pauvres bougres.

Les belligérants étaient des légendes éphémères : ils captivaient l'attention de la foule, conquéraient leur amour et, avant la tombée du jour, n'étaient déjà plus que sang et poussière. Ils vendaient leur vie pour un instant de gloire - dans l'espoir que leur mythe leur survivrait. Qu'on exposerait leurs armes et armures, qu'on vanterait leur nom auprès de ceux qui, les prochains, entameraient cette marche funèbre. À leur manière, ils intégraient leur propre petit panthéon, où la divinité ne durait pas plus d'un jour et où tous étaient d'Acier et de Guerre. Oh, qu'Arès devait être fier.
S'il désapprouvait qu'elle ait quitté le champ de bataille à l'heure fatidique, le Scorpion eut là encore la subtilité de ne pas le faire savoir. Une attitude qu'elle pouvait apprécier : était-ce par respect pour les ordres de son supérieur, ou parce qu'il comprenait ses raisons d'obtempérer ?

Mes pouvoirs ne sont pas faits pour le combat. Pas vraiment. fit-elle avec détachement - elle n'exprimait aucun regret. J'ai été là où je serais la plus utile. Sa paume passa sur sa nuque. Enfin, je ne suis pas encore près d'arriver...

Son regard se porta sur l'horizon : combien de jours encore avant d'apercevoir les terres sacrées de l'Egypte ? Surtout si elle se permettait de flâner comme elle le faisait... Mais Akrites devait savoir en le faisant que d'autres auraient été bien plus rapides qu'elle à accomplir cette mission. Même en y mettant la meilleure volonté, elle était limitée par son rang, par la puissance qui était la sienne et surtout celle qui lui manquait. Si la plupart des Chevaliers de Bronze lui étaient inférieurs en terme de mobilité, les pointes de vitesse d'un Gold Saint demeuraient largement supérieures.
S'il ne pouvait pas se permettre de dégarnir le Sanctuaire de ses meilleurs défenseurs au moment où il en avait le plus besoin, le Pope devait néanmoins savoir qu'ils auraient été autrement plus efficaces... Soit le fait de tarder à s'y rendre n'était pas un inconvénient, soit il y avait une raison qu'elle ignorait pour que cette tâche lui revienne. Elle aurait peine à croire que cette entreprise ne soit qu'un leurre élaboré par Akrites pour la mettre à l'abri alors que le Sanctuaire vivait ses heures noires.

Peut-être que la solution n'est pas de les tuer, fit-elle, portant la main à son menton en signe de réflexion. Peut-être que c'est à nous de trouver une autre solution. Dans la nature, il est rare que les prédateurs s'attaquent entre eux. Ils savent que même s'ils en sortaient vainqueurs, ce ne serait pas sans blessures, que d'autres pourraient en profiter avant qu'ils n'aient fini de panser leurs plaies. Un instinct dont les humains manquaient cruellement. Si nous trouvons un moyen de leur faire suffisamment peur...


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