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 [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]

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Message [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Dim 18 Sep - 21:48
La taverne. Habituellement plus monotone qu'en ces derniers jours qui avaient secoué la ville de son train-train quotidien, elle présentait toutefois, comme à son habitude, un lieu de divertissement des plus communs. Le jeu, le contact, un moyen de souffler...Il y avait de tout cela pour qualifier un tel endroit, et plus encore. Mais pour la générale des Lyumnades qui s'y cachait parfois, son intérêt se portait vers autre chose...Plus simple, plus élémentaire. Un vieil homme un peu radoteur, aux épaules voûtées, prit une parole qui semblait pourtant faire meilleur écho que les autres rumeurs. Il concernait une étrangère.

« Ouais, elle est passée deux fois ces deux derniers jours je te dis. Deux fois avec sa bestiole. Sa sale petite salamandre rouge... »

Ignorant. Ce n'était pas qu'une salamandre belliqueuse, un peu menaçante envers tout le monde. Du moins, aux yeux de la générale.

Puis, le timbre d'un jeune garçon, peut-être trop enfantin pour entrer et faire compétition aux ivrognes du coin, s'éleva avec plus de stupeur.

« Comment une salamandre peut-elle être aussi bien domptée ? Je veux dire...Elle paraissait « comprendre » ! »

Oh, c'était mensonger. Elles ne comprennent pas. Elles ressentent, et se souviennent.

Ce fut au tour d'une voix plus claire, probablement plus posée et plus adulte que la précédente, de soulever sa note de vérité dans la salle où quelques choppes de bières s'entrechoquaient pour débuter les festivités. La femme avait pesé ses mots, mais ne faisait guère plus que les autres en supposant ce qu'elle avait pu voir "d'elle".

« Oh, la demoiselle? La dame à la salamandre est venue deux fois, et à ces deux fois elle a deviné beaucoup de choses sur quelques personnes, parfois plus que la personne elle-même. Oui, ce que tu ne sais pas, cette jeune femme peut y mettre un doigt là-dessus. Parfois. Pourtant, elle semblait toute perdue et aussi avide de découvertes qu'un enfant en arrivant dans la ville...Et quel regard! Mais toi tu t'en fiches hein ? »

Ainsi allaient les petites rumeurs de la taverne! Il allait bon train de commérer en ces lieux sur les choses anormales qui défilaient dans les rues et les bâtisses de ces terres. Une remarque trop acerbe du seul "médecin" de la ville, ou encore une vieille dispute entre différents voisins avaient tôt fait le tour d'une auberge. Ici, une étrangère, une "Salamandre" dénotait dans la ville. Ni discrète, ni omniprésente. Ni menaçante, ni bienveillante. Juste curieuse. On ne savait pas son nom, ni même qui elle était, à part cette habitude à prendre un verre bien calculé, évitant les excès et les moqueries. Ou peut-être ne tenait-elle pas l'alcool tout simplement? Fait étrange, le bois n'était pas aussi miteux que prévu et les taverniers, eux, ni aussi débauchés qu'on aurait pu croire en pénétrant en ces lieux.

Ce fut tardivement aux Carpathes qu'elle daigna pousser les portes de la Taverne pour une troisième fois, main encore endolorie de ses dernières recherches. Ses yeux roulèrent sur son épaule, encouragée par une petite forme qui s'y mouvait, dont la couleur était probablement trop tape à l'oeil pour passer inaperçue. Un rouge cramoisi. Mais peu lui importait à cette jeune femme qui venait de trouver la liberté depuis peu. C'était à peine si marquer une attention, fusse-t-elle provisoire, était véritablement le but de la silhouette souvent encapuchonnée, qui souriait pourtant malicieusement mais pas véritablement d'une façon malintentionnée. Ariane prit quelques pas à l'entrée, et souffla tout doucement quelques mots à l'amphibien. Ce dernier, s'enroula par protectionnisme autour de son bras droit.

« Que se passe-t-il, Teigne ? Tu n'as pas touché à ta nourriture, et tu m'as l'air craintive... »

La jeune fille aux cheveux d'ébène n'eut pour réponse que la gorge de la salamandre, se soulevant au rythme de sa respiration. Ni plus, ni moins. Alors, la gardienne de l'Antarctique haussa les épaules et étira doucement ses muscles sous une cape elle-même légèrement rougeâtre, davantage dans les tons marrons, avant de chercher une place du regard. Ses sourcils s'animèrent et ses paupières battirent sur son étrange regard turquoise, tantôt bien présents, tantôt absents. Plusieurs personnes l'avaient observé pousser la porte, pour autant aucun silence ne s'était affaissé dans ce brouhaha collectif. On attendait simplement de juger quelle personne capterait son attention afin de se taire. L'atlante se nourrissait du vécu des autres, et rattrapaient son retard sur le monde extérieur à sa façon. De préférence, rapidement. Mais...Lytès lui avait parlé, vaguement, très vaguement d'une autre faction non loin d'ici.

Alors, tapie dans un coin du bar, la jeune femme observait. Enfin, l'ancienne tribut ne savait si aujourd'hui elle allait être la chasseresse ou la chassée...Là encore, vivre l'instant présent et peut-être même profiter d'un potentiel danger, lui réchauffait le cœur. Quelques mois plus tard, la demoiselle regretterait pourtant cette recherche.


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Lun 19 Sep - 16:34
- Bon, elle peut bien continuer de gérer quelques jours. Mettons ça sur le compte d'une taxe coups de hache dans le buffet.

Il avait été question de laisser à Ludmila la gestion de l'armée des flammes le temps que je me rétablisse de l'incident de Kiev. Quelques mouvements, d'abord timides, puis assurés, chaque jour pour vérifier l'état des blessures. Aujourd'hui, en pleine forme, plus de séquelles. Du moins, pas de celles qui handicapent. Seuls ces quelques nouveaux sillons sur la chair de mon torse. Je pourrais donc très certainement reprendre le commandement, en théorie, mais...

Mais non. Un peu d'air frais pour moi, un peu de corvée en plus pour la Hyène. Heh, elle me doit bien ça, non ?

J'y pense en souriant, alors que c'est libre de toute Cuirasse que je passe les portes du Dédale, les sabots de Sambor qui claquent au sol en un trot tranquille. Un regard vers l'édifice dans mon dos, furoncle purulent à la surface du monde. Un regard vers la verdure en face de moi, marquée par ce mal qui ronge, morne et inquiétante, mourante. Un vague sourire. Les choses ne changent pas, ici.

Des minutes, puis des heures de chemin. A force, l'influence de la Citadelle sur le lugubre de la végétation s'estompe, pour laisser place à une verdure plus florissante, que le brouillard cesse, un grand soleil dans le ciel bleu, flamboyant. Une légère brise agréable, assez pour ignorer les autres aspects moins engageants de l'endroit. C'est tout bête, c'est d'une simplicité presque futile, mais quitter l'étreinte des murs de chair et champs de bataille pour profiter d'une simple nature sauvage, belle et inviolée, ça a de quoi réchauffer le cœur.

Voir d'autres visages que ceux de fous furieux obnubilés par le sang et les milles et une façon de le faire couler, c'est revigorant, aussi. Vous me direz que je caricature, je vous dirais que vous avez raison. Surtout que ce monde s'il n'est pas le repaire à Monstres qu'est le Dédale ne manque pas d'être sombre, parfois de façon claire et unilatérale, parfois de façon plus insidieuse. Le plus beau soleil flamboyant peut ne briller que pour faire détourner le regard de l'armée qui se profile à l'horizon, la plus florissante verdure peut n'être qu'une cache de choix à la dague qui menace sous nos gorges.

Bien heureusement, peu de dagues peuvent se targuer d'être assez acérées pour menacer ma gorge.

Alors je me le permets. Parcourir ce monde sans trop en craindre les dangers les plus communs, sans pour autant tomber dans un excès d'imprudence. Jamais. Légèreté, repos, oui. Relâchement, manque de vigilance... Non. J'ai trop souvent eu à regretter tel comportement par le passé.

Restent tout de même légèreté et repos. Au besoin de la chasse se couple le plaisir de quelques découvertes futiles, le doux de quelques liqueurs variées... Jouer la carte du voyageur de passage, s'inviter dans ces villes et villages de la région le temps d'une nuit, s'offrir une soirée agréable, tantôt par sa débauche, tantôt par son calme reposant, dormir, repartir.

Et la finalité de tout ça ? Oublier. S'offrir le luxe de, pour une courte journée, oublier la Guerre et ses caprices.

***

Tel est l'objectif encore aujourd'hui. Une silhouette qui glisse sous la lumière de l'astre lunaire, à vagabonder en ces rues crasses. Où est passé Sambor ? Heh, pas d'inquiétude, il reviendra bien assez vite... Pour le moment, le voile nocturne tombe sur scène, reste alors à trouver une estrade digne de ce nom. La ville semble plus hospitalière que ce que cette région a l'habitude d'offrir au regard... Autant en profiter.

En profiter, c'est-à-dire bien vite trouver le chemin de la taverne la plus proche. Un ersatz de fatigue qui commence à poindre, la chasse et les quelques péripéties de la journée n'ont pas manqués de creuser cet appétit qui ne fait que monter depuis quelques heures. Si bien que maintenant, la phrase qui domine mon esprit se fait pensée bien commune : J'ai la dalle.

Une idée qui ne s'intensifie que plus encore lorsque je passe les portes de la taverne tant convoitée. Quelques têtes qui se retournent, comme souvent sur le passage d'un étranger en ce genre de lieu. Le sac à gibier à ma taille, une tunique ocre des plus simples, quelques couteaux et autres outils de la chasse à la taille, un arc accompagné d'un carquois au dos... Un jeune chasseur en retour de traque vient de rentrer, voilà ce que l'on pourra se dire. Ne dénote que cette peau de cendre, toujours aussi prompte à susciter regards interloqués et curieux, voire craintifs. Une marche tranquille jusqu'à une table, un copieux repas commandé. Une taverne relativement calme pour le moment, avec son lot de soûlards, de têtes tantôt joyeuses tantôt patibulaires, de divertissements et autre, mais sans excès. De celles où j'aurais certainement le luxe du repos plus que celui d'une ventrée festive et mouvementée. Quoique la nuit est encore jeune, je ne sais pas encore à quoi ressemble l'endroit lorsque la lune est à son plus haut...

Et pour le moment, ça m'importe en fait peu. De grands bruits de mastication ne tardent pas à se faire entendre, et c'est à pleins crocs que je me jette sur la viande lorsqu'elle m'est délivrée.

- Hm ?

Doucement, ces bruits habituellement produits sans la moindre gêne se taisent, non pas par bienséance mais dans un souci d'écoute. L'oreille tendue, j'entends diverses voix s'élever, plus haut que le volume des conversations alentours, parler d'un même sujet qui revient, qui se précise. Salamandre, Salamandre... Ca se répand comme une espèce de comptine qui tourne en boucle, avec une information de plus à chaque couplet. La Salamandre rouge, la Salamandre qui pense, la Salamandre qui devine. Trois voix qui s'élèvent avec trois données différentes, pour compléter ce tableau encore bien incomplet, et pourtant déjà bien intriguant.

Sans relever ni réagir de quelconque façon, je note tout ce qui se dit à ce sujet, un sourire espiègle qui se dessine lentement à mes lèvres. Intéressant. Les tavernes sont tant le lieux des rumeurs que des contes de fée, et il arrive souvent que les deux viennent hélas à se confondre. Peut-être ici est-ce le cas, mais si la réalité corrobore avec les dires...

Le rictus d’élargi encore. Les dons d'un charlatant hors-pair, ou ceux d'une authentique voyante ? Ou bien même ces deux-ci ? L'un n'empêche après tout pas l'autre...

Et au bout d'un certain temps, après d'autres dires pour épaissir le brouillard autour de cette vague rumeur, l'objet même du grand commérage fait son entrée en ces lieux. Ca apparaît vite évident, ne serait-ce qu'à cause de cette bestiole à son épaule... De ça, des regards qui se tournent vers elle... Alors comme je le fais avec tout ce qui s'attire mon intérêt, le temps d'une poignée de secondes, je la fixe de deux yeux inquisiteurs, le noir de mes pupilles animé d'une flamme d'intérêt, à détailler cette silhouette qui s'avance. Un large morceau de viande à la main, j'en tire un grand coup dessus, encore loin d'être rompu. Cette Salamandre est en effet pour le moins... Peu commune.

Le regard plein d'une lueur curieuse presque enfantine, j'observe, j'écoute. Une main qui tâte dans mon assiette pour ne trouver que le vide. Je baisse les yeux, n'y trouve que de maigres miettes. Une fois de plus, mon estomac continue cependant d'hurler sa faim en un rugissement peu discret. Un grognement, je fais signe au tavernier de me resservir. Chose que je remarque assez vite, l'attention que se réserve l'inconnue. Ils sont plus d'un à observer l’intrigante, de regards au reflets bien différents selon la personne. Crainte, curiosité, méfiance... Heh. J''attends de voir ! Si ça en parle tant, sûrement qu'il ne tardera pas à y avoir de quoi attiser plus encore ma curiosité à moi. Montre-moi donc, curieuse Dame à la Salamandre. Fais-moi voir ce dont tous parlent ici, que cette journée s'avère moins commune que celle d'avant.

Fais-moi voir, ou bien je viendrais moi-même vérifier à la source.
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Mar 20 Sep - 13:57
"Etrangers". Inutile de porter une quelconque Armure, une quelconque Ecaille ou autres protections offertes par les dieux pour se sentir attirée par la plus infime parcelle de découverte. Le "Capuchon" le savait, reportait son regard sur la populace de la taverne. Interpellant au loin le gérant de ces lieux, elle signifia invariablement d'un petit signe de la main les commandes qu'elle donnait, comme à son habitude. Distraite, un homme trop curieux avait approché sa grosse main peut-être trop rapidement de la petite bête rouge. Surprise, cette dernière réagit au quart de tour, refermant alors ses petites mâchoires sur une manche inconnue, qui alla quelques secondes plus tard se secouer dans tous les sens sous l'effet de la stupeur. Tandis qu'Ariane s'était levée de sa chaise pour réagir au plus vite, la voix du vieillard s'éleva dans la salle avec une conviction et une vigueur méconnue.

"J'vous l'ai dit! Une sale petite salamandre!"

Suite à quoi, d'autres s'étaient tout simplement moqués de l'inconscient. La générale, elle, se détendit pourtant; il n'y avait pas là la moindre trace de sang. La Teigne était belliqueuse, toutefois l'amphibien avait fini par lâcher sa proie, retombant mollement sur la table en un bruit sourd, pour finalement disparaître en se faufilant furtivement vers elle ne savait où. Dans un petit trou? Sous une table? Les sourcils de la jeune femme se haussèrent, ne sachant véritablement si pour l'initiative du jeune homme, elle devait se mettre en colère ou en rire. Toujours était-il que la "victime" était encore sous le choc, et la taverne elle, vibrait moqueusement par les grands éclats de rire. Secouant la tête ironiquement, la voix de la brune s'était faite acerbe.

"Excusez-la, elle n'apprécie que très rarement le contact humain."


A croire que la bête savait mieux se faire remarquer que la silhouette encapuchonnée elle-même. Le temps d'un soupir passa, et la petite salamandre avait finalement filé entre ses doigts. Disparue. Un coup d'œil à gauche...Puis à droite...Et la vision d'une petite tache rouge longeant le long d'un pied de table pour s'y dresser fit mouche. Il y avait bien quelqu'un qui y était assis, mais la jeune femme n'y fit pas directement attention tant son regard restait fixe, droit vers son objectif.

La salamandre, elle, avait atteint son but sur le bois, l'objet de son nouveau désir. Elle tendit le museau pour flairer l'assiette de loin, puis levant ses billes noires intelligentes, siffla silencieusement sur l'étranger de la taverne tout en s'éloignant à petits pas. Teigne ne choisissait jamais par hasard sur qui siffler sans attaquer. Après tout, l'instinct animal était une chose bien étrange, et souvent révélatrice d'un danger. Mais de cela, l'ancienne tribut s'en fichait pas mal, préférant plonger son regard turquoise -perdu entre le bleu océan et le vert émeraude- avec celui de l'étranger, pour découdre le petit mystère qu'il venait d'apporter. Il n'avait pas l'air bien grand, à juger ainsi assis. Oh, elle non plus ne l'était pas de toute façon.

Habituellement, les hommes filtraient bien moins les pensées, ou plutôt les souvenirs dans le cas de la générale. Ils étaient trop bruyants, toujours trop sincères sur leur vécu, si bien qu'elle s'était forcée jusque-là à ne pas penser lire involontairement la tête de ses collègues. Ou même de certains Saints. Son cœur se serra, ses sourcils se froncèrent presque imperceptiblement à cette constatation. Qui était cet homme?

Un étranger bien silencieux. Comme elle. Il l'avait peut-être senti, lui aussi. Un éveillé. Une éveillée. Certes, guère impressionnante, mais le cosmos et sa maîtrise importait bien plus pour la jeune femme. Moins de violence, moins de lutte dans ses nombreux rôles. Double satisfaction. Son hésitation s'était faite brêve, toutefois elle s'avança.

"Eh bien, il semblerait qu'elle vous aie choisi..."
Et quel choix. Malicieuse mais guère menaçante, la jeune femme prit pourtant place sur la table, face à l'inconnu, tapotant progressivement de ses doigts le bois de la planche. "N'y faites pas attention, voyez-le plutôt comme une marque d'affection, elle ne vous a pas mordu bel inconnu." Elle se raidit, se souvenant qu'elle ne lui avait pas demandé s'il souhaitait un peu de compagnie. "Je peux?"

Trompeuses. Les apparences le sont toujours, et les flatteries bien plus. Non pas que le petit homme était désagréable à regarder, mais les minauderies n'étaient que cordialité pour la représentation Naïades, pleine de charme et d'espièglerie. Aussi ne manqua t-elle pas de se mettre plus à l'aise, relâchant la pression de ses épaules et la cape trop bouffante qui étouffait ses traits pour révéler ce qui semblait être plus communément un visage poupin, posé mais enjoué. Aujourd'hui, Ariane n'avait pas son Ecaille, aussi lui concédait-elle volontiers une certaine "sincérité" dans ses propos et son apparence. Le voyageur éveillé en ferait ce qu'il voudrait.

Perdu, le tavernier avait tant bien que mal réussi à repérer la nouvelle place de la jeune femme. Il y déposa sa choppe, une petite coupole d'eau, et quelques olives. Pour cela, elle aimait la vie, profitait des plaisirs qu'on pouvait bien lui donner. Trempant ses doigts dans l'eau, les doigts fins et agiles partirent masser les tempes de l'étrange salamandre, qui lui rendit bien le geste en fermant ses paupières, comme détendue par la massage. Petite expérience. Ou fragment de souvenirs d'anciens guerriers vaincus.

"Eh bien, quel plaisir de voir un autre voyageur, je craignais me contenter de retrouver les clefs égarés des femmes du coin."
Sous-entendu, il y avait mieux à découvrir ou à faire. Ariane étouffa un léger rire, avant de reporter son attention sur le jeune homme. Pourquoi ne pouvait-elle tout simplement pas "oser" cette fois-ci? Peut-être était-ce le risque de créer une gêne dans l'esprit du jeune homme. Mais il y avait comme une tension palpable, une impression intimidante qu'elle n'avait encore jamais rencontré face à quelqu'un. Etait-ce de la prudence? Pour quel égard? "Votre regard..." Vous m'avez l'air fatigué. Et peut-être bien...blasé. Quel mal vous a donc frappé? Aucune pensée, juste des faits. Chacun tenait son propre masque, et ce fut suite à une gorgée, un bruit de verre posée sur une table après une légère déglutition, qu'elle posa la question si fatidique. "Je suppose qu'avec toutes ces discussions, tu sais déjà qui je suis, et je dois bien avouer que la réciproque n'est malheureusement pas vraie...Pas encore. A qui ai-je l'honneur, voyageur?"

Son autre main n'avait pas manqué d'apporter les petits fruits verts mais amers sous ses dents. Ô, il prendrait peut-être peur, l'homme carnassier. Ariane ne doutait pas de sa charmante aura "familière". Elle n'y pouvait rien si les Lyumnades continuaient à l'accompagner, nymphes faussement bienveillantes. Alors, autant s'amuser de ces apparences qui couvraient son identité, ses yeux rieurs et pétillant de malice y répondaient déjà fort bien. Ah, la curiosité...


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Jeu 22 Sep - 15:27
Un cri de douleur qui s'élève au-dessus des conversations. La foule de regards se tourne vers la source, le mien compris. A analyser la scène, un léger soufflement de nez amusé, suivi d'un regard vers le pauvre hère. Abruti. Belliqueuse petite bête que voilà. Belliqueuse, baladeuse... Et curieuse, aussi. Je la vois qui s'avance lentement vers moi dans le dos de sa propriétaire. Sans un geste, j'observe sa progression jusque vers au pied de ma chaise. Un air amusé collé au visage, je fixe la bête. La bien voyante Salamandre que l'on voit arriver de loin tant sa peau arbore ces couleurs vives et inhabituelles pour ces amphibiens.

Voilà que ça lève les yeux vers moi, des yeux... Hm. Curieux regard. « Elle paraissait comprendre », que disais l'autre, hein ? Je crois que je visualise mieux l'idée, oui...

La bestiole finit par retourner à sa propriétaire, alors mon regard se tourne de suite vers elle lorsque je la vois lentement s'approcher. Au turquoise des Profondeurs répond le noir des Abysses, rehaussé d'une lueur flamme, marque d'une attention particulière à l'égard de la nouvelle venue.

Une attention qui se renforce lorsque je me rends compte. Même si je m'en doutais quelque peu. Ce grabuge autour d'elle ne pouvait être le fait que de rumeurs grossies ou de dons auxquels le commun des mortel est bien aveugle. D'un peu des deux, peut-être ? Peut-être. Toujours est-il que c'est là, ça se ressent. Une éveillée. Elle sait sûrement pour moi, elle aussi, ce n'est pas comme si je faisais le moindre effort pour masquer la chose. Alors il va maintenant s'agir de jouer.

Eh bien, en ce cas jouons.

- Il semblerait, oui. Tant que son choix ne se manifeste en effet pas comme il l'a fait avec le pauvre hère de plus tôt...

Un regard vers l'homme qui se masse encore le poignet plus loin, sourire espiègle aux lèvres. L’œillade reste rapide, je me recentre vite sur elle lorsqu'elle prend de nouveau la parole.

- Tu peux.

Belle inconnue, elle aussi. Un visage qui se devine agréable au regard même caché sous quelques couches de tissus, se le confirme une fois débarrassé du tout. Pour répondre au compliment, un fin sourire neutre. Derrière la façade de ce sourire, les questions posées à soi-même commencent déjà à tomber par grappes. Une éveillée... Qui ? Pour le compte de qui, pourquoi ici ? Il est bien rare de trouver les enfants d'autres divinités en ces terres pour autre motif que ceux où leurs armures sont portées de façon bien évidente. Hm. Peut-être même qu'aucun Dieu n'a encore mis la main sur elle ? Chanceuse qu'elle serait. Un pion vagabond, indépendant, sans grandes mains pleines de liens pour le manipuler dans l'ombre. Vraiment ? Est-ce vraiment se soustraire au jeu des cieux que d'en posséder la puissance sans la mettre au service de leurs pensionnaires ? Je me le demande...

Un fil de pensée interrompu par le son de quelques assiettes et coupoles posées sur le bois de la table. Déjà, mes coups de crocs viennent de nouveau mettre à mal la viande présentée sous mon nez. Un appétit encore insatisfait, tant celui de l'estomac que celui de l'esprit, titillé dans sa curiosité en l'état trop peu rassasiée. Cela va changer. Un léger soufflement de nez pour répondre à la réplique puis au rire.

- Qui sait, peut-être n'ai-je pas mieux à offrir que ces pauvres dames têtes en l'air.

J'aimerai bien... Parfois, une vie simple, avec ses bonnes et mauvaises surprise du quotidien... Heh. Pas le moment, Zvez.

Deux yeux qui se baladent pour détailler la femme en face, elle et sa Salamandre. Deux yeux qui peinent pourtant à quitter les siens. Le turquoise inquisiteur mais pas moins hypnotisant pour autant. Une impression que je ne connais que trop bien pour en être habituellement à l'origine. Elle observe.

Ce jeu... Tseh. Ce jeu dangereux. Dangereux mais pourtant amusant. Oh, je sais ce que je risque. Je joue avec celle qui devine, qui sait ce que ses sujets eux-mêmes peuvent ne pas savoir. Ne pas vouloir savoir. Je ne pense pas vouloir savoir. Je sais assez sur moi pour ne pas vouloir en apprendre plus. Ni m'en remémorer plus. Et pourtant ? Et pourtant me voilà là, tout guilleret, ce rictus joueur au visage, à me prêter au jeu. Le goût du risque, toujours. Peut-être poussé à un extrême, ici. On dirait pas pourtant, hein ? Un simple début de conversation. Deux simples éveillés qui conversent l'un avec l'autre.

- Je sais au moins ce qu'il m'a été donné d'entendre puis de confirmer par les faits, oui. Une foule bavarde, puis la petite Salamandre qui confirme le bruit qui court... Un regard vers la bestiole, rieur. Je sais ce que l’œil donne à voir, donc.

La main qui enserre le verre devant moi, une pleine gorgée, agréable liqueur qui afflue doucement. Ca de fait, un énième coup de mâchoire dans la viande.Sans jamais la quitter des yeux.

Aux yeux étrangers, je suis un simple Chasseur, aujourd'hui. Là, à vagabonder, son sac de gibier plein, sa panse à remplir au plus vite.

Ca y ressemble bien, oui. L'attirail, le vêtement et le sac au pied de ma chaise, tout laisse penser à ça. De fait, Je suis ça, aujourd'hui. Ni Cuirasse ni esprit porté aux problèmes de Guerrier. Plutôt vêtements de l'itinérant, esprit porté aux soucis de confort et de bonne vie du voyageur en quête d'amusement. Peut-être autre chose aussi, depuis quelques secondes maintenant. Peut-être que je ne chasse plus que la faune uniquement...

Tu peux m’appeler Zvezdan.

Je conclus finalement là-dessus, d'une voix claire. Là où le Lion avait eu droit à un faux nom lors de notre rencontre, elle n'aura pas à s'encombrer d'un grossier mensonge sans réelle utilité, en l'état. Ou peut-être que si ? Trop tard, de toute façon.

- Voyageur... Je reviens sur cette appellation, à retardement, l'air pensif. Et qu'est-ce qui peut bien t'amener à venir voyager jusqu'en ces terres ? Une si jolie jeune femme ne devrait pas s'enfoncer trop loin dans la région.

Elle ne sera pas seule actrice de ce jeu de minauderies, non. C'est aussi ce qui me permet d'oublier la méfiance sous-jacente. Ou plutôt, de l'occulter. Elle est là, elle existe, mais elle n'enlève jusqu'ici rien à l'agréable de la conversation.

- Enfin. Je conçois bien que ces histoires de clefs égarées finissent par vite arriver à leur limite...

Serait-ce bien sage de ne pas s'en contenter pour aller chercher plus loin ? Hm. Un regard vers la curieuse petite Salamandre.

- Et voilà la Star de la taverne. Peu commun comme compagnon animal. Elle, c'est bien ça ? Elle a un nom ?

Qu'elle ai un nom ou pas, ce qui est sûr, c'est qu'elle a... Quelque chose. La rumeur se confirme doucement. Ces yeux pers sauront-ils se faire aussi clairvoyants que le veut le bruit qui court, eux-aussi ?
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Dim 25 Sep - 17:13
Avec surprise, la brune observa le jeune homme lui donner son accord, sans aucune contrariété. Et alors qu'elle s'asseyait sur le petit tabouret en bois bien commun de la taverne, le Voyageur affamé continuait à poser son regard charbon sur elle, mastiquant avec une curieuse délectation la pièce de viande contenue dans son assiette. De la gêne? Peut-être bien...Il avait des yeux profonds, de ceux pour lesquels on appréciait parfois observer et repousser l'éclat trop savant qui y brillait. Curieux, attirants mais dangereux.

La conversation était ce qu'elle était: Un faux pas, et l'un des deux prédirait. Aussi, à cette scène regroupant ce que l'on aurait pu affirmer de loin comme étant de jeunes amis levant leur verre à l'unisson, les Eveillés continuaient à se jauger tout en se délectant d'une simple gorgée. Le pauvre hère? Un sourcil brun fut haussé. Oh non, maintenant que la jeune femme veillait sur la salamandre rouge, rien n'arriverait à l'Eveillé pour l'heure, qu'importe le dieu ou la cause pour lesquels ils travaillaient. Qu'importait la faction de cet homme à l'accent si étrange et pourtant, plus proche des lieux que ce que son parlé laissait présager.

"Ce n'est pas de ma faute, elle aime se faire remarquer...Et il faut bien. Trop longtemps elle est restée enfermée...Pardonne-la."

Parlait-elle d'elle même ou de la bête qui fermait les yeux? Ces paroles étaient une demi-révélation. Lentement, les yeux clos et pensifs, Ariane éloigna sa main de la jolie salamandre, la sentant apaisée. Pauvre Teigne, elle qui ne l'avait pas suivi au Sanctuaire -vil objet de tromperie-, son but avait été de rester au Pilier de l'Antarctique, bien loin de sa créatrice. Et pourtant, aujourd'hui, accompagner de nouveau sa dompteuse était dans ses services. Peut-être était-ce également pour cela qu'elle se montrait aussi belliqueuse? Ces années passées dans le sacrifice avaient été perturbantes pour toutes les deux. Mais encore une fois, qu'importe.

"Oh allons bon, je suis sûre que vous ne poursuivez pas que le train-train quotidien. Un voyageur n'a pas ce genre de soucis, préférant explorer les contrées, braver quelques dangers par courage, et ce en dépit de son passé, non? Les paysages, les expériences dont on en ressort intacts et un peu plus fiers...Ou au contraire, un peu plus honteux...Ca ne vous dit vraiment rien?"

Ô, racontez moi tout jeune voyageur! Je devinerai le reste et m'en ferai ma propre opinion. J'ai tant à rattraper...
Tournant trois fois son verre, elle attendit sa réponse, non pas moins enjouée d'entendre ce qu'était peut-être le monde aux yeux d'un étranger. Après tout, il venait un temps où l'identité n'avait plus aucune importance dans le feu de l'action. Un adage pour la générale des Lyumnades. La vie était une survie. Quel était le vécu de ce jeune homme? Son regard turquoise, malicieux et taquin, vint observer les habits simples mais représentatifs de son vis-à-vis. Un soupir lui échappa. Peut-être oui, s'était-elle trompée à son sujet. Il était bien loin de sa cape marron et de sa robe au tissu fin mais travaillé. Un tissu d'un bon commerce, peut-être trop parlant en soi si l'on connaissait les territoires plus développés.

Une autre gorgée vint lui brûler légèrement la gorge, en signe de gage. Soit, il lui paraissait clair qu'elle avait en quelque sorte perdu cette devinette. Son aveu le confirmait bien, tandis que le murmure de la jeune femme le scellait.

"Chasseur..." Un bien calme chasseur alors. Il lui arrivait parfois de murmurer quelques mots. Des mots qui se veulent plus réfléchis que le laconisme répétitif auquel elle s'adonnait. Un chasseur aujourd'hui, qu'en serait-il du lendemain? Ô, cette intimidation..."Si je m'en tiens à ces regards, vous allez nous faire peur, elle et moi." Ironisme. Des chasseurs, elle en avait côtoyé des tas, rien de plus rien de moins qu'un homme supplémentaire pour la salamandre. "Curieux nom, je n'en avais jamais entendu de tels. Mais enchanté Zvezdan, je m'appelle Ariane. Comme la princesse du mythe grec, délaissée sur l'île par Thésée après sa victoire sur le Minotaure. Enfin, entre nous, j'espère ne pas avoir un aussi funeste destin."

Ce fut avec douceur que la présentation lui avait été renvoyé, suivi d'un rire sincère. Car Ariane avait baissé ses maigres défenses. Un moyen de se battre à armes égales avec ce Zvezdan, peut-être? La Marina disposait d'une certaine fierté maintenant qu'elle était libre de ces chaînes. La petite salamandre avait repris sa place centrale dans les conversations.

"Oh oui, lorsque l'on s'adresse à elle, il ne faut point oublier son prénom." Le ton était léger et amusé, presque craintif à l'égard de l'étrange animal. "C'est la Teigne. La plus petite de mes créatures, mais également la plus vicieuse. Voyez-vous, elle ne lâche que très rarement l'affaire, crochant bien de ses petits crocs fictifs là où les conflits peuvent se déclarer."

L'homme s'intéressait à un "symbole" des plus importants. Un prénom ridicule et qui, pourtant, dans ses jeunes années avaient amusé la jeune femme. Tout en fermant les poings, elle retint un léger rire cristallin. Ariane savait que la question se portait également à ses motivations. Si elle se faisait une joie d'être une trouble-fête, la brune n'était pas véritablement venue pour se battre ou pour une quelconque autre raison politique. Son inconnu non plus, par ailleurs. Sinon il l'aurait déjà attaqué?

"Je viens de plus ou moins loin. Je...me laisse porter par instinct dans les endroits que je n'ai pas encore exploré jusque-là. Par curiosité. Par envie surtout."

Une pause s'instaura quelques secondes. Ainsi, elle ferait le premier pas, par une phrase prononcée que face à certaines personnes. Etait-ce réellement de bon augure?

"Vous avez un bel éclat dans vos yeux. Vif mais étrangement mesuré.", avait-elle finit par lâcher, apportant pour la troisième fois encore le verre à ses lèvres. Il ne fallait pas être devin pour deviner qu'une personne avait connu une heure de gloire. Mais Ariane reconnaissait quelque chose de similaire à ce qu'elle avait vécu. "J'ai pour croyance qu'un regard peut en dire long. On dirait que vous avez connu une phase...peut-être bien de gloire avant de devenir Chasseur. De gloire et de survie."

Etrangement, la jeune femme avait l'impression de décrire le reflet de son visage dans les pupilles noires de Zvezdan. Il était aisément plus simple de commencer ainsi. Plus risqué, aussi.


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Ven 30 Sep - 5:53
- Oh mais elle est toute pardonnée. Un peu d'animation ne fera pas de mal à cet endroit.

C'est dit comme une banalité, des mots simples. D'entre ces lèvres qui parlent le commun, le quotidien, autre chose. Une rapide moue à la mention d'enfermement. Suivie par un regarde songeur vers la Salamandre. Vers elle... Et aussi vers sa propriétaire. La captivité. Un mal que m'est bien inconnu. Ou alors plus jeune, bien plus jeune, sous une forme affreusement bénigne.. Ca en la vigilance d'une mère surprotectrice. Je m'en rappelle vaguement, de ses incessantes inquiétudes, de cette prison faite d'un amour trop inquiet qu'elle aimait parfois dresser entre moi et le monde. A y repenser, un sourire nostalgique qui s'affiche sur mes lèvres. Amer, sur la fin.

C'est toujours pas le moment de penser à ça, Zvezdan.

Mon regard quitte l'horizon flou qu'il fixait jusqu'ici par-dessus l'épaule de cette Ariane, se replonge dans ses yeux. Mes oreilles doucement fermées au monde extérieur le temps d'une rêverie se rouvrent au discours d'en face, attentives. Mon sourire de plus tôt prend une teinte presque coupable au récit qui suit, un léger rire pas même retenu.

- Oh que si, oui. Ca ne me dit que trop, à vrai dire.

Jeune, j'étais avide de ça. Quitter les gigantesques murs de la Carthage de mon enfance, se soustraire à sa sécurisante mais étouffante familiarité. Tout. On finit par tout connaître, se lasser. Je m'en plaignais souvent, de ça. J'étais ce sale gosse geignard, celui qui veut le confort de ses appartements mais aussi le frisson de l'Aventure. Aujourd'hui, je me priverai bien de l'un comme de l'autre juste pour retrouver cette routine. Cette famille.

Mais non ! Non, aussi fort puis-je l'espérer, le passé ne se réécrit pas, alors il faut faire avec. Le quotidien passé m'offrait luxe, amour et protection, un grand voile tenu par un parent de chaque côté, pour mieux masquer à mes yeux innocents les horreurs de ce monde. Le quotidien d'aujourd'hui m'offre tuerie, mines patibulaires et stress permanent. Cette routine-ci, non, je ne m'y complais pas comme dans l'autre. Alors oui, je voyage, je me déplace. Lorsqu'une mission implique de s'éloigner au plus possible de ces terres, j'y accoure. Cinq longues années à vivre dans cet amas de chair purulent, entouré des pires raclures de l'espèce humaine. Des pires malheureux, aussi. De ceux qui pour leur histoire ou pour leur déviance, ont leur place en ce Domaine de Chaos. Sans ces quelques sorties... Heh, j'aurais bien vite eu fait de définitivement perdre une case. Une énième gorgée, comme pour détendre cette réflexion qui se fait trop intense pour de pourtant bien simples questions. Serais-tu sur la défensive, mon bon Zvezdan?

- J'ai juste parfois du mal à jongler entre mon naturel prudent et sa contrepartie très... Trop curieuse.

Un sourire entendu, un aveux qui n'en est pas un. Une évidence. Un trait de caractère imprimé au fer rouge sur mon front, et je ne fais pas le moindre effort pour le cacher, en l'état.

- Mais je ne découvre que peu, ici. Ici et ailleurs... J'ai bien eu le temps de voyager. La nouveauté m'attend ailleurs, plus loin... Plus tard. Ou alors elle vient d'elle-même à moi.

Sous la forme de cette belle jeune femme énigmatique, suivie par une Salamandre tout aussi curieuse ainsi que par un nuage de mystère, un vent de rumeur. On parle d'elle sur son passage, à n'en point douter. Ce n'est ni regard ni animal que l'on oublie si facilement. Encore moins si les facultés que l'on lui prête sont avérées.

- On me le dit souvent, oui.

Rictus amusé, avec en tête les différentes réactions auxquelles j'ai souvent droit à la découverte de mon nom. A l'écoute du sien et de la référence qui s'en suit, mon regard se fait plus perçant. Mon sourire plus large.

- Veille tout simplement à ne te lier à aucun Thésée de nos temps, pas plus qu'à croire ses mensonges. Ses... Promesses, plutôt. Une pause, toujours scrutateur dans mon attitude, nouvelle gorgée du précieux liquide. Une pensée pour ledit Mythe, la légende de ce fils de Poséidon. Et surtout, le rôle d'Ariane dans ce récit. Heh... Déjà dispenses-tu peut-être un peu trop de ce précieux fil qui guide au travers des esprits labyrinthiques... Et Dieu sait que quelques-uns ici-bas renferment plus d'un minotaure.

D'autres minotaures et monstruosités pires encore, dans leur symbolique comme dans leur forme, eux-aussi capables de remonter la piste du fil, de s'échapper, comme les démons d'un esprit trop instable. Comme des tares et maux à partager avec le reste du monde plutôt qu'à garder pour soi-même. S'improviser guide, voire explorateur au sein de telles consciences, si c'est bien là son pouvoir... Oui, ça n'est pas sans risque. Je le sais pour être moi-même du genre à explorer ces labyrinthes-ci. Le message passe à travers cette phrase, implicite, équivoque et ce à dessein.

- Puis, un Mythe s'il se met à se dupliquer pour se répandre comme une traînée de poudre... Ca n'ira pas pour attirer que les plus bien attentionnés.

A l'échelle d'une taverne isolée dans ce petit village, ça n'est pas un réel souci... Et encore, les quelques contacts que peuvent avoir les Berzerkers parmi la populace pourraient finir par faire remonter l'info. Pas si loin de la Citadelle, mais... Une pensée pour quelques visages et personnalités du Dédale. Tous n'auraient pas eu tant de sang froid, face à la présence d'une Éveillée inconnue si prés des Terres d'Arès.

Les deux ronds noirs viennent fixer la Salamandre lorsqu'elle revient au centre de la conversation, une lueur curieuse et étonnamment bienveillante à son égard. Teigne. Tseh. Impossible de refréner un rire lorsque c'est dit.

- Rien n'aurait su mieux la nommer, du peu que j'ai pu voir. Ce ne serait en plus que la plus petite d'une plus longue liste ?

Curieux, comme à mon habitude, mais sans vraie arrière pensée, ici. La simple mention d'autres créatures aura suffit à attiser le feu, tout bonnement. Un feu présent dans les pupilles azurées d'en face, aussi, une flamme bleutée, différente et similaire à la fois.

- Hm, je vois. J'ai longtemps fait ça, moi aussi. Le vent et l'instinct comme seuls guides vers la prochaine destination.

Plutôt que la faim et l'appel du sang, avant ça, parmi la troupe Vandale. La pensée me vient, part, puis revient de suite après lorsqu'Ariane enchaîne. Je l'écoute, lèvres au verre. Le regard comme le silence se prolongent tous deux. Et ça finit par partir d'une voix qui pense, qui ressasse.

- Gloire... Le mot éveille une certaine réflexion. Sous-jacent, un certain dégoût. Gloire ? Non. Rien de glorieux, dans ce que j'ai à cacher. Si ce n'est un nom qui jadis avait portée entre les murs d'une Carthage Vandale, celui d'une lignée guerrière reconnue il y a des générations de cela pour ses prouesses. Cette noblesse, cette soie, ce satin, ce confort de tous les jours, tant matériel que social. Oui... Une phase bienheureuse plus que glorieuse. En quelques sorte, j'imagine. Mais c'est un concept hélas bien éphémère que celui-là.

Comme bien d'autres. La sécurité d'un peuple, d'un cocon familial, d'une position sociale. Il suffit de la décision d'une poignée d'hommes élus qui ont pouvoir sur des milliers d'autres hommes pour tout balayer en quelques instants.

- Bien fragile...

La remarque est laissée un instant en suspend. Un très court instant, un léger trait de colère me passe dans le regard, les doigts resserrés autour du verre. Toujours aussi difficile avec le temps, hein, Zvezdan ? C'est même pire de jour en jour.
Mes pupilles se refont vite malicieuses, revenant vers les siennes. Alors ça y est, fille de Minos, tu as décidé de dérouler de ton fil à l'intérieur de ce labyrinthe-ci aussi ?

- Toi et moi partageons en tout cas cette croyance vis-à-vis des yeux. Miroir de l'âme, parait-il. Les tiens aussi semblent vouloir dire quelque chose... Un joli turquoise qui envoûte et invite autant qu'il malaise et repousse. Il est là, voyant, on le remarque vite, et pourtant dès qu'on le verrouille, il hurle de ne pas s'y attarder.

Ce qui ne m'empêche pas de faire. Pourquoi ? Parce que plus qu'une croyance vis-à-vis des yeux, l'on partage aussi ce regard qui scrute sans vraiment s'en cacher. Francs et directs, mes mots ne s'habillent pas sur cette réplique, la chose est dite comme elle est pensée. Je lance un regard vers la masse qui peuple la taverne. Oui, ils sont nombreux à s'être retournés lorsqu'elle est entrée. Au moins aussi nombreux qu'ils ont étés à ne pas oser croiser trop longtemps ce bleu inquisiteur qui luit. De l'index, je dessine quelques cercles sur les rebords de mon verre, une main pour soutenir la joue. Ma main cesse de jouer avec le récipient pour aller attraper un peu plus de viande, la porter entre mes crocs.

- Mais c'est vrai. Survie. Par de bien nombreuses casquettes, une fois encore. Certaines plus glorieuses que d'autre, pour revenir à cette notion. Heh. Tu l'as très bien dit, plus tôt. Des expériences dont on ressort soit un peu plus fier, soit un peu plus honteux.

Haineux. Rageur. Vengeur. Ce n'est pas dit, mais c'est pensé bien assez fort.

- Mais si tu voyages toi-même, en parle aussi bien... C'est très certainement que tu connais aussi la chose.

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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Ven 7 Oct - 0:06
Les coudes sur la table, la brune avait posé son visage entre ses deux mains, écoutant alors le jeune homme parler évasivement de lui-même. Epaules relâchées, mains libres et doigts clapotant sur la table au rythme de la musique, l'ancienne générale était quant à elle bien moins sur la défensive. Ces flatteries devenaient un jeu certes dangereux, mais fort bien plaisants. A croire que l'euphorie de la liberté substituait les inquiétudes du danger.

Et puis, Zvezdan n'était pas de si mauvaise compagnie...

Un soupir amusé s'était dégagé de ses lèvres. Teigne elle, levait toujours la tête en direction du jeune homme. Humant, elle semblait avoir captée quelque chose un bref instant...qui eut presque aussitôt disparue. "Qu'y a-t-il, Teigne?" Etait-ce un beau souvenir qui lui avait filé entre les doigts, frôlé l'espace de quelques instants? Le temps s'arrêtait alors qu'elle s'enfonçait dans le brun de ses yeux. Miroir de l'âme. Portant ces lèvres à l'un de ces verres, Ariane n'avait dit mot, consentant pourtant volontiers à la notion.

Mais prudence...

Qu'y avait-il là, à traverser l'esprit du chasseur? Un souvenir peut-être bien agréable...Comme des bras aimants inatteignables. Le reste, ne fut rien d'autres qu'un murmure étouffé par ses lèvres rosées, mais bel et bien audible. La jeune femme demeurait toujours de cette stature un peu rêveuse, sans pour autant briser le contact dans lequel les deux guerriers cachés étaient entrés. A l'entendre, une question demeurait: le chasseur en était-il véritablement un? Rêveuse, elle souffla tout doucement quelques mots à ce sourire de nostalgie, cette amertume qui avait pris le pas sur sa bonne humeur.

"C'est une histoire de famille, hm? Ces choses "éphémères", "fragiles"...Je pense comprendre. Moi aussi, j'aurai aimé retrouver la mienne, fut une époque..."

Que ce soit les Marinas ou sa famille biologique, que ce soit Hassan et le vent frais d'une volière à demi-brûlée, autrefois dirigée par les soins d'une jeune messagère plus talentueuse dans ce genre d'expertise que la guerre. Pour finalement devenir un monstre de guerre, une ombre cauchemardesque sans identité. A ces pensées, la jeune femme avait clapoté ses doigts, sa première impatience faisant alors complètement surface. Le fait était qu'en se prenant au jeu, Zvezdan grattait certainement mieux la surface qu'en écoutant les rumeurs qui suivaient la jeune femme, tels des bardes répétitifs. Cela avait eu le mérite d'éveiller la jeune Ariane hors de sa transe, un peu honteuse face à l'homme.

Le contact avait été brisé. Et ce fut la salamandre qui regagnait l'attention.

"Oh, ne riez pas trop d'elle. Teigne est...susceptible, en quelque sorte."
Une légère caresse sur le nez de la bête fila. Après tout, Teigne était une véritable diablotine pour les étrangers et peu importait les raisons. C'était bien connu. Plusieurs? Certes. Non pas illimité, mais contrôlé. "J'ai un goût très prononcé pour observer et comprendre les petites choses. C'est comme..."chassé", je suppose. Apprendre le fonctionnement avant de s'enquérir de tout cela est essentiel pour en parler. Les salamandres n'ont pas d'habitat fixe, ou du moins, celle que la nature ne leur impose pas. La plupart d'entre elle sont inoffensives, mais elles ont toujours de quoi se défendre... Oui, des bêtes fascinantes. Hélas, là également, je rattrape mon retard." Dernier animal qu'elle possèderait, par ailleurs. "Les livres ne valent pas les expériences. Mise à part cela, je ne te serai pas d'une grande nouveauté, contrairement à ce que ces rumeurs laissent supposer."

Comme toujours. Le fléau des rumeurs...La taverne se fit soudainement plus bruyante, à son goût. l'heure avançait et les dangers de l'ivresse ne tarderaient pas à roder de très près. Mais les prédictions à la fois concrètes et imagées de son vis-à-vis l'intriguaient à sa façon.

"..." Perfectionniste, Ariane ne voulait surtout pas écorcher son prénom et prit le temps de le considérer. Alors, elle continuait à chercher quelques racines étrangères, avant de jeter cartes sur table. Des livres, qu'ils soient romans ou simples contes, elle en avait lu des tas durant sa captivité mais elle devait bien avouer ne pas connaître cette langue-ci. "Zvezdan...J'avoue ne pas pouvoir te rendre une aussi belle déduction par un simple prénom, probablement originaire des environs, hm? Quand bien même tu sais soutenir un regard, siblement." Et Dieu savait à quel point c'était rare...Toutefois, la brune avait du mal à différencier l'accusation et le compliment sur ses yeux. Un peu des deux, ce qui l'amusait fortement. "Qu'est-ce qui t'incites donc à poursuivre ton observation, mise à part leur couleur? Le défi?"

Peut-être bien, c'était un chasseur après tout. Un sourire ironique s'était dessiné sur ses lèvres, tandis que ses dents continuaient à croquer l'une de ses olives. Faussement détachée. La musique résonnait dans la taverne, faisait écho au mythe qui la concernait en partie. Tout n'était qu'une brève question de destinée, pourtant résolue par quelques doigts fins dansant sur la table successivement. Et puis, il commençait à faire chaud, ou était-ce probablement ce qui marquait sa faible tolérance à l'alcool? Elle repoussa le verre.

Ariane. Thésée. Minotaure...Un éclair amusé et éclairé passa brièvement dans ses pupilles turquoises, ne percevant plus les ombres qui bordaient les cœurs humains. Il n'y avait devant elle qu'un homme terriblement proche d'elle, et à la fois, si différent.

"Des minotaures? Oh, mais j'en ai déjà vu, déjà affronté, de ces minotaures inexsitants. Déjà cohabités avec eux...Déjà...Déjà..." Oh, tant de choses...Il lui semblait bien en avoir prononcé plus d'un blasphème. Et puis, c'était là une piste pour comprendre les jeux théâtraux de la jeune femme...Après le Minotaure et Thésée, son équivalent mythique avait eu un bien étrange destin. Peut-être avait-elle déjà connu le héros? Il lui semblait avoir vu Naxos. Non, ce ne sont pas eux que je crains, mais les quatorze jeunes gens sacrifiés qui ne se réveilleront jamais dans ce labyrinthe...Car les morts eux, mêmes s'ils sont nécessaires dans notre vie, n'ont plus de souvenirs à dévoiler...Je parle de leurs fantômes, pas de leurs fils coupés par les Parques."

Souvenir de guerre, il était bref. Mais là, bien présent. Son cœur faisait rage dans sa poitrine et l'adrénaline coulait de nouveau dans ses veines, comme à ses vétérans qui avaient à la fois l'habitude de voir cela et qui pourtant n'approuvait toujours pas le terrible dénouement de l'histoire. Gloire ou Honte, Beauté ou Laideur, Ariane prônait l'élégance des coupables, car il n'y avait que cela dans le monde. La vie quittait ce monde inévitablement, seuls les plus astucieux poursuivaient leur but.

"Je n'ai pas eu besoin de voyager très longtemps pour estimer ce genre de comportements..."


La cape n'était plus, ou peut-être continuait-elle à glisser pour laisser paraître son visage encore enfantin et féminin. Quel étrange regard du jeune homme...Une tempête invisible, mais bien là, à éveiller aussi tendrement que violemment les consciences. Ô, Ariane aimait ce genre de danger. La femme des tragédies -ou des comédies- connaissaient parfaitement ce type de réactions. Alors, un sourire plus confiant s'était instauré sur ses lèvres. Elle commençait à comprendre la nature de la personne qu'elle avait en face d'elle. Un instinct, une sorte d'obstacle qu'elle continuait à contourner par curiosité mais qui se dévoilait petit à petit.

Une pause. Etait-il réellement un Chasseur? En un sens, certainement. Tout homme éveillé au cosmos pouvait l'être. Mais que recherchait-il réellement? Les avertissements prenaient désormais un sens, tout comme les œillades, et ce regard si semblable au sien. Les minauderies cessèrent légèrement, tandis qu'elle abandonna ce dos penché et intéressé pour une droiture et une interrogation plus éclairée. Que maîtrisait-il? Les pensées? Ou, comme elle, les souvenirs? Au moins, n'étaient-ils pas un fléau si violents dans la vie. Mais peut-être était-ce sa conscience qui parlait pour son propre cas. Ariane savait qu'elle était le "peuple", capable de prendre autant de distances que d'approches, délaissée temporairement sur cette misérable île solitaire qu'elle avait fini par se construire elle-même à l'aide du conflit.

La déduction l'emportait, et l'envie de savoir se faisait plus forte, peut-être un peu précipitée en ce cas-ci.

"...Tu es comme moi, n'est-ce pas?" Un regard, une distance. Tant de sens et à la fois, tant d'ouverture. Oh, elle percevait alors le cosmos du jeune homme, camouflé. Mais c'était là une erreur de penser que la peur lui prenait le ventre, car ce qui ponctuait les yeux de la Dame Salamandre n'était qu'une légère, voire même infime lueur innocente et fourbe à la fois. "Fier et honteux? Ca dépend...je dirais que je sais ce que les autres savent et disent. Mon avis n'a généralement que l'importance qu'on souhaite bien lui accorder dans les pénombres. J'apprends depuis peu, mais je connais pourtant ce que les personnes éprouvent et je "compatis", autant qu'il m'est possible. Mais chasseur, est-ce que je change pour autant ta destination?"

Le pensée était implicite, tandis qu'il continuait à jouer avec elle comme elle jouait avec lui: Qu'attends tu de moi? De cet endroit? Des minotaures, peut-être? Nul doute que le danger pouvait planer à tout instant, et quelque part, l'alcool ou peut-être bien l'ambiance de la taverne rendait plus fuyante la salamandre...


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Mer 12 Oct - 12:28
- De famille, oui. Une bien grande et bien turbulente famille.

La nation Vandale. La fierté guerrière de ce peuple nomade, des barbares qui lorsque Carthage est tombée s'y sont sédentarisés, transformés. Ramollis. Le fier combattant d'hier était devenu le débonnaire embourbé dans la soie d'aujourd'hui. Piller, voler, s'accaparer, ce des générations durant, pour se faire voler tout aussi violemment une fois les portes vers un semblant de civilisation à peine entrouvertes. Le méritait-on, peut-être ? Peut-être les fils devraient payer pour les erreurs du père. Peut-être. Mais vous l'aurez sur le dos, ce gosse de riche pas bien dégourdi, capricieux et pourri gâté. Vous l'aurez, tel que vous l'avez créé. Détruit. Vous l'aurez avec cette enfance et cette famille volée, remplacée par un horizon de sang et de Vengeance. Qu'aux bras d'une mère soient substitués l'étreinte faiblarde de ceux-là qui aimaient tenter de resserrer leurs mains autour de mon cou lors de leurs derniers instants. En lieu et place de la présence rassurante d'un père, la voix unie d'un peuple qui crie représailles au creux de l'oreille, chaque nuit, chaque jour, chaque seconde. Tue l'innocence, que de son cadavre éventré naisse cet enfant de Guerre et de Chaos.

Et de ses yeux Feu, l'enfant dardera la cité, un jour. La grande Constantinople, nimbée de flammes. La lente et inexorable chute de l'Empire, et pour ça, la chute de ceux qui se cachent derrière à tirer les ficelles. De cette Sagesse, cette garce qui lamine au nom d'une prétendue Raison.

Comme souvent, ce flot de pensées vient à me monter à la cervelle. Un passé que j'aimerai oublier, parfois. Repartir de zéro, une seconde chance. Mais non. A chaque fois que me vient ce songe, un profond malaise qui point. Oublier ? Jamais. J'ai pas le droit. J'ai pas envie. Oh non, je veux me rappeler, oui... Que je sache quels mots mettre sur ma Rage, que ce ne soit pas vide de sens. Que quand le moment sera venu, je puisse puiser dans ces souvenirs la force de le faire. Oublier ? Ce serait une insulte à tout. A ce que j'ai été, à ce que j'ai fait, à ce que je ferais. Bientôt. Tôt au tard, du moins.

Le dialogue interne s'éternise en une nouvelle absence dans le regard, des yeux qui restent non loin de ceux d'Ariane, mais perdus plus loin, à les traverser pour voir autre chose. Une braise qui y grandit au fil de ces images, de ces voix qui murmurent leur discours. Souvenirs, pensées, projections futures. Amertume et Rage se joignent en un duo qui valse depuis maintenant bien longtemps dans ce cœur changeant qui bat, là, dans ma poitrine.

- C'est sûrement le luxe le plus déchirant, cet espoir de retrouvaille incertain, fugitif. C'est là, ça danse devant le regard, puis ça a vite fait de s'évanouir en un coup de vent si l'on pense à tendre la main pour l'attraper.

C'est dit d'une voix songeuse, bien que les yeux, eux, soient revenus de leur rêverie pour se planter dans les siens. Une voix qui songe et qui souffre, même si ce trait sous-jacent se perçoit moins facilement. Je sais pas si je devrais tant en parler. Tant par pudeur que par... Heh. C'est rarement bon quand je me mets à ressasser trop loin. Mais... Je sais pas. La défensive de tout le long semble lentement s'effriter. On s'y confie peut-être plus facilement, à ces beaux yeux turquoises. Ou alors, on se confie plus facilement à qui l'on se devine semblable, au moins en une certaine mesure ? Peut-être est-ce un peu des deux.

Quand la conversation finit par revenir autour de la petite Salamandre, le ton quelque peu grave adopté aux dernières répliques s'envole, et du mieux que je peux, je chasse les dernières marques qui indiquent ce cœur qui pense trop. Pour revenir à ce que pensent et perçoivent les yeux. Cette petite bête me semble... Hm. Quelque chose. Dur à quantifier, mais en plus de ses attributs atypiques les plus évidents, il y a ce ressenti... Deux mots se répètent, comme le murmure soufflé à un comédien à court de mots. « Comme moi ».

Je le pense, et relève les yeux vers la maîtresse de l'animal. Les deux mots se répètent. Tseh...

- Vraiment ? Susceptible. Je jauge l'amphibien, tente de mettre une formule plus précise sur cette impression que j'ai... Hm. Eh bien, Je n'ai de toute façon pas pour intention d'aller la contrarier. Elle a déjà fort à faire avec les mains trop curieuses de quelques-uns, après tout...

Un rictus suivi d'une œillade vers l'homme encore à sa table, à se masser le poignet l'air endolori, quelques plaintes marmonnées au-dessus de ça. Une énième gorgée, et à chaque, la langue qui peine moins à se délier, la curiosité qui se désinhibe. Au moins ai-je l'alcool joyeux plus que morose, et vu les pensées de plus tôt, ça n'est pas un mal. Oublie-un peu, mon grand. T'es venu pour ça, après tout, non ? Oublier. S'oublier.

L'alcool monte, mais les nuances et détails ne me filent pas entre les doigts pour autant. On y revient, à cette notion de Salamandre captive. La nomade qui ne reste fixe que si l'on le lui impose. Un retard à rattraper, un manque d'expérience. De qui parle-t-on, déjà?

C'est comme chasser, oui. C'est même une forme de chasse à part entière, si tu veux mon avis.

La chasse du détail, de la donnée minuscule mais pourtant ô combien importante. La chasse de ce que pense l'esprit et de ce que bat le cœur. Je connais aussi ça, oui. Ca continue, puis au fil de la description, un sourire espiègle qui se peint sur mon visage.

- C'est fou comme je me retrouve dans ces petites choses, en quelques traits. C'est dit en une moquerie envers soi-même. Et pourtant, une vérité, aussi. Inoffensives sous conditions normales, farouches lorsque condamnés à se défendre. Plus jeune aussi, j'aurais aimé ne pas rester enfermé dans les murs de la grande cité, voyager. Mais là aussi « la nature » me l'a imposé. Plus tard, elle m'a au contraire imposée le vagabondage. Voici au moins une différence.

- Oh si, les rumeurs disent vrai, en partie au moins. Je doute que tu sois de ces femmes en quête d'une clef perdue. L'air vaguement pensif, je souffle doucement du nez, le regard prit d'un éclat de malice. Au contraire, tu peux sûrement te targuer de tenir le trousseau complet. A cette mention, mon regard se porte sur la Salamandre. Je commence à tout doucement comprendre mon impression de plus tôt. Non... Disons simplement qu'il y en a, des portes à ouvrir, n'est-ce pas ? Beaucoup, beaucoup trop peut-être.

Une nouvelle gorgée, un signe au tavernier de ramener plus. Je continue, n'hésite plus à formuler ce qui jusqu'ici était plus ou moins resté au stade de pensée.

- Et qui sait ce qui se cache derrière chacune de ces portes ? Sûrement de quoi satisfaire un instinct Chasseur. Puisque je ne suis définitivement pas le seul à pouvoir me targuer de ce sobriquet. Et bien plus...

Les yeux faussement fuyards lorsque la question de mon nom revient sur la table, un rictus enfantin au visage alors que ma main passent masser ma nuque. Des environs. D'ailleurs, aussi. Un nom qui voyage, pas seulement parce que c'est le mien mais bien parce qu'il se porte dans un peuple... « Sans habitat fixe », lui aussi. Encore un peu plus susceptible que les Salamandres, ceci dit. Le peuple-Salamandre ? L'idée me fait lâcher un rire dont je suis seul à connaître la raison. Ou au moins ça a été comme ça fut un temps. Tseh. La sédentarisation n'a pas été notre plus brillante idée, j'imagine.

En rire, c'est quelque chose que j'arrive à faire oui. Un rire qui grince, qui jaunit, mais toujours préférable à un poing rageur qui se serre au sang. Mon regard se focalise de nouveau sur le sien lorsque la question est abordée, comme un pseudo-défi. La lueur synonyme y est présente, mi-joueuse mi-enjôleuse. De nouveau, les atours du psylle.

- Leur couleur seule pourrait bien suffire, à vrai dire. Le défi ? Un peu, je suppose. La curiosité, le souci de les lire en même temps que je te parle, y discerner s'il le faut... C'est le lot que je réserve à tous. Ça diffère en ça que l'on peut s'y noyer plus qu'y plonger, dans ce bleu...

Oui. Cette habitude parfois dépréciée du regard scrutateur se trouve ici troublée par de trop semblables prunelles. Non pas par leur couleur mais par leur façon de percer celles d'en face. Enfin, si, la couleur joue.

- Mais oui. Le regard sait se faire d'une franchise révoltante, à dévoiler ce que n'ose clamer la voix. Disons qu'ainsi, je concilie ces deux aspects dont je te parlais plus tôt. Prudence et curiosité.

Je le dis d'un calme tout naturel, sans trop m'encombrer de ce que peut sous-entendre le tout. Souci qui se serait posé en temps normal, mais que je sens inutile en l'état. Oui, c'est un regard qui scrute, qui cherche, qui cherche sans s'en cacher à lire ce que les oreilles loupent dans ces phrases pleines de non-dits dont chacun est plein.

Des oreilles ici condamnées à se faire multitâche, tant l'endroit gagne en bruit. Les conversations, la musique. Ca ne fait pourtant que mettre le Mythe en valeur. Un mythe et sa version actuelle qui font s'illuminer une flamme curieuse dans mon regard. En voilà un pari risqué, que de prendre les armes face à ces minotaures... Plus encore de cohabiter avec eux...Risqué, mais pas dénué d'intérêt ni de piquant. La flamme se taît vite lorsque le sujet des morts est abordé, comme se consumant de soi-même en marque de respect.

J'aime à penser qu'au moins si leur souvenir subsiste dans quelques esprits, tout n'est pas perdu. Moi-même, je m'évertue à... A ne pas oublier.

Ca non. Je ne les ai pas oublié, ces visages, même les plus anodins. Chaque père, mère, frère, chaque habitant de Carthage, chaque ultime souffle respiré tout prés de mon visage, la gorge traversée d'une lame entre mes mains. Je n'oublie pas. Pour des raisons différentes selon le visage. Ceux qui crient Vengeance, ceux qui me maudissent, ceux qui se rappellent à moi en un songe agréable, le temps d'une fenêtre vers le passé, douce nostalgie revigorante.

Un silence qui se prolonge un petit temps lorsqu'elle pose la question de façon si directe. Ce n'est habituellement pas le genre de comportement qui va pour me désarçonner, mais la question mérite ici réflexion.

Mon petit doigt me dit que je pourrais te répondre à l'affirmative comme nier, ça ne m'empêcherai pas d'être dans le vrai dans les deux cas.

Quelques tours supplémentaires autour du pot, dispensables, mais cette question ne l'était-elle pas aussi, en un sens ? Elle est tombée comme une évidence, encore une fois, comme quelque chose que les yeux ont dit bien plus vite que ça pris de temps à sortir de la bouche.

- J'sais pas. Aussi paradoxal que ça puisse paraître avec mes mots de plus tôt, j'étais parti destination l'Oubli, à la base. Les lieux du genre se prêtent bien à ça.

Oui. Se déconnecter de ce devoir imposé à soi-même, puis dans le même temps du Dédale et des intrigues divines. Au moins quelques instants, jours, vivre comme j'ai vécu après avoir quitté la troupe Vandale. C'était.. Plaisant. De sales expériences mises de côté, la haine viscérale ressentie à chaque armure byzantine croisée de relativisée, ca a été reposant. Y revenir aujourd'hui, c'est s'offrir ce repos nécessaire pour ne pas sombrer. Un ricanement se fait finalement entendre.

- J'ai comme l'impression de m'être trompé de coche. Heureusement, je ne suis pas réfractaire à l'imprévu.

Un sourire entendu, un coup de croc dans la viande, bientôt épuisée. De nouveau, un regard qui balaie la salle, pour mieux jauger l'ambiance encore montée d'un cran. C'était bien ça, donc, l'endroit attendait une certaine heure pour s'éveiller.

- Dis-moi, quel genre d'habitat fixe la nature a-t-elle été imposer à cette petite Salamandre ?

Le regard ne s'est pas une seconde déporté vers Teigne, lorsque ça a été dit. Les livres à défaut des expériences, ce besoin d'explorer, cette prétendue ignorance couplée à un apprentissage supposément tout récent. Pas besoin de bien plus de pistes pour vite arriver à sa déduction. Puis... Heh. Ca me rappelle moi quand j'étais gosse. L'encre couchée sur papier à défaut des nouveaux horizons, le besoin de voir, de découvrir, une expérience du dehors trop maigre pour la curiosité d'un marmot.

Aujourd'hui encore, il est à satisfaire, ce vilain défaut. Alors le jeu continue. Si je n'en devine pas encore tous les tenants et aboutissants, elle m'intrigue. Il fait bon s'y perdre dans ce regard, une fois que l'on a appris à composer avec l'inhabituel de son éclat. Que me donneras-tu à y lire, Ariane ?
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Ven 14 Oct - 3:44
Ariane le percevait songeur, si songeur, ce jeune Chasseur. Les Lyumnades en auraient très certainement souri mais la générale parvenait, quant à elle, à comprendre ce regard charbon. A passer outre ce genre de manipulation depuis sa liberté. C'était qu'elle était maîtresse d'elle-même, alors il y avait de cette impression, et puis de cette liqueur qui faisait déjà son office débridant. Chacune des paroles, chacun des gestes du jeune homme ne passait donc plus inaperçu aux yeux inquisiteurs de l'atlante; ni même les mimiques de Zvezdan, ni même la pièce de viande déjà bien entamée...

"Une famille vivante, donc. Profites-en bien ou recherche-la, si tu en as retrouvé une, et pense à les chérir. Peu de personnes peuvent prétendre à une seconde chance...Mais qu'as-tu donc souhaité attraper dans tes visions?" Des visions. Des illusions. Ô, Ariane ne connaissait ça que trop bien, et probablement continuerait-elle à les revivre. Comme tout le monde. Comme l'homme en face d'elle. La minute suivante, elle sourit: rare était ceux qui pouvaient rire de la Teigne, et encore moins s'identifier à elle. "Eh bien, ce n'est pas un mal. Elles ont la capacité de se régénérer mieux que les autres en dépit des apparences. Je sais en tout cas qu'elles peuvent s'en sortir, peu importe les difficultés. C'est à ce moment-ci que la curiosité ne devient pas un problème pour nous, mais une entrave pour les autres."

L'attention de Zvezdan s'était étrangement tournée en une certaine direction. La tête d'Ariane pivota pour finalement rencontrer la vision d'un homme se massant encore le doigt, endolori. Un léger rire s'échappa de ses lèvres.

"Oh, lui? Il a eu de la chance. Il aurait pu mourir si..."
Si elle l'avait mordu jusqu'au sang. La morsure de Teigne avait bien des effets néfastes pour le commun des mortels...peu pour les éveillés. Peu pour ces innombrables portes un peu plus renforcées. Les doigts de la jeune femme allèrent s'échapper au niveau de l'ourlet de la cape du jeune homme, intriguée. Taquine, malicieuse, elle était penchée ainsi sur la table. Ariane écoutait sagement les analyses du Vandale qu'elle ne savait considérer ainsi, de ces petites taquineries qui le plaçait cette fois-ci à l'endroit où elle s'était trouvée quelques minutes plus tôt.

Elle? Trouver des clefs?

Peut-être bien. Difficile, et à la fois facile de se retrouver dans ce trousseau qui s'élargissait de plus en plus au fil des années. Mais qu'en savait-il? Rien. Rien pour l'heure, sauf le regard parfois intelligent de la salamandre, insistant et détaché à la fois. Un regard qui s'éclipsait aussitôt que la bête allait filer sous l'autre manche de sa dompteuse. Timide. Instinct. Ses lèvres hésitèrent à prononcer les mots suivants.

"Il y en a toujours trop. C'est pour cela que le choix existe, mon cher Zvezdan. Naturel, involontaire ou volontaire, mais sélectif. Aussi injuste soit-il...Tant que la clef reste d'une meilleure valeur...Je n'en vois pas le soucis."


Tant que cela restait "amusant", à l'image du jeu dans laquel ils étaient pris. Zvezdan lui posait une "devinette". Un peuple devenu sédentaire? Tout en observant le plafond, elle réfléchit quelques secondes sur les origines du jeune homme. De ce qu'il en racontait, les choses s'éclairaient mais "les alentours" étaient encore un endroit bien mystérieux pour la brune. Sous un soupir, la brune abandonna les recherches.

"Je trouverai la réponse à ton rebus, un jour. Mais ce devait être un beau peuple. Un beau peuple turbulent et..."
Peut-être aussi beau que les vestiges de Neustrie et de Soissons. Sa main cessa de jouer avec l'ourlet pour porter une main au visage fin de Zvezdan, près de sa joue avec une douceur pourtant finement calculée. "Ces yeux noirs cachent-ils par pudeur quelques éléments du passé? Hm?" Toujours aussi taquine, le contact avait été bref, puis relâché. "Eh bien, pour tout avouer, pour moi, tu es un défi également mon cher Chasseur. Plus encore si tu veilles à l'équité des devinettes... J'ai toujours eu l'habitude d'être la seule à percevoir leurs fantômes, d'aussi loin que je puisse m'en rappeler. A les regretter au moment où, lors d'un cours instant, je deviens presque cette personne. Il n'y a pas plus de secrets aux regrets lorsqu'on les embrasse comme un rôle."

Mais non pas en étant soi-même. Si Zvezdan ne se montrait pas totalement aveugle par les atours de la Marina, il serait en mesure de voir l'éclat de compréhension, et d'intérêt presque scientifique qui illuminait ses pupilles turquoises. Les souvenirs. Le fait de ne pas oublier les horreurs comme les..."plaisirs" de la guerre. De se sentir faible, et à la fois si puissant l'espace d'une seconde. Puis le regret. La vétéran sourcilla. Tout n'est pas perdu. Alors forcément, ça la rassure sur ses doutes et ça la crispe bien moins, ce genre de conversation.

"J'y veille également. Je n'oublirais jamais ce que j'ai vécu jusque-là. Pas plus que les visages rencontrées. Mais...pourquoi être prudent lorsque l'on est curieux?"

Concept étranger. Ariane devenait soit l'un, soit l'autre, car associer les deux signifiaient dans son esprit perdre son efficacité. Dans ces lieux, Ariane était venue approfondir ses connaissances, sur elle-même et sur sa propre situation, pourtant les desseins de son vis-à-vis s'étaient fait plus opposés que prévu. Oui, opposés à ses propres convictions...

Quels genres de chaînes invisibles ne me montres-tu pas?

Gênée, Ariane commençait à perdre son calme.

"L'oubli? Ici? Oh...Je ne savais pas que tu désirais être seul. Je suppose que les prédictions de la demoiselle perdue, accompagnée de rien de plus qu'une petite salamandre trop rouge pour passer inaperçue, doivent t'embarrasser."
Un étrange raffut, quelques ordres s'éveillèrent dans la taverne. "Je ne le referais plus, enfin, je ne continuerai pas ce que j'ai entamé, si cela te gêne. Quelques verres suffisent généralement, mais je doute que le conseil soit réellement nouveau."

Un sourire, un vrai, lui fut adressé aussitôt. De celui qui inspirait une étrange sympathie, une familiarité un peu moins faussée que la trouble ombre habituelle des Lyumnades. La générale le pensait sincèrement et ne pouvait s'empêcher d'en être légèrement peinée. Ou peut-être était-ce le ton du jeune homme qui suivit cette affirmation? Une moue vint balayer cette sincérité attachante. On la prenait régulièrement pour une enfant, et à dire vrai, c'était en partie vrai. En partie faux. Elle percevait bien à sa dernière question qu'il pensait pareil que les autres. Susceptible.

"Bah voyons."
Le temps pressait, à son grand regret. Ariane se leva, et contourna la table souplement sans se presser pour signifier à Zvezdan de l'accompagner dehors, là où la musique ne cessait toutefois pas. Friande de ce genre d'endroits, l'euphorie du moment supplantait les timidités de l'âme et ne souhaitait pourtant plus que partir. Loin des regards, dans les rues du village. Un peu...Comme à Rodorio. La ville aux Minotaures.

"Pourquoi je repense toujours à ce village de..."malheur"?"

Un village pas si ignoble que cela...Ou si! En réalité, Ariane ne savait plus faire ces distinctions. Toujours était-il que la réponse de la nature était évidente. Elle lui avait imposé ce lieu, et ce lieu uniquement.

"Le village des minotaures, pour faire court. Je ne saurai te dire si j'ai aimé ou haï l'endroit...Mais que serait un Minotaure sans une Ariane? Rien de plus qu'un monstre inconnu. L'inverse est également vrai, sinon elle n'aurait été qu'une princesse docile et oubliée. C'est ce que j'aime à penser."
Un regard en arrière, quelque peu inquiet, lui échappa au détriment d'un rire. "Trouvons un endroit plus adapté pour cela, si cela ne te dérange pas...Bon, ce n'est pas comme si je te donnais le choix, de toute façon!"

La brune présenta son bras, consentant à accompagner cordialement, selon ses coutumes, le jeune homme en dehors de la taverne. Du moins était-ce la raison donnée dans son esprit. En vérité, elle "l'appréciait" certainement, autant que l'atlante pouvait apprécier quelqu'un, mais était-ce réellement la question? Du coin de l'œil, l'atlante percevait déjà quelques gardes s'approcher et écarter la foule. Elle ne savait pas véritablement leurs raisons, mais Ariane décida de ne pas s'attarder davantage ici, en passant le cap de la sortie avec le bras du pauvre homme dans sa main. En peu de secondes, la porte avait été passée, pendant que ses pensées reprenaient leur vive allure.

Ô, une question la démangeait...Etait-il une possible recrue? Mais pas n'importe quelle recrue, non, plutôt comme toutes celles qui formaient la petite ruche grouillante des hommes du Pilier de l'Antarctique. Beaucoup d'assassins, à dire vrai. Le statut et les fautes du passé importaient peu pour la jeune femme, ou tout juste la compréhension de ceux qu'elle estimait comme des égaux.

Ou même éveillé, était-il réellement condamné à vivre seul? Ariane vint alors briser le silence.

"As-tu quelque part où aller, après l'oubli, Zvezdan?"

Ariane lève la tête, ses mots étaient significatifs mais sa parole aussi douce qu'un fait bien léger, prononcé dans l'heure. Toujours jouasse et les épaules légèrement dansantes, elle l'invita à marcher dans la rue à ses côtés, là où la musique résonnait mais où l'obscurité se faisait peut-être plus épaisse.



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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Sam 15 Oct - 9:28
- C'est... Plus compliqué que ça. Si ça ne l'était pas, sûrement que je ne serais pas là. Que je ne serais pas ça. Sûrement que...

Et ça repart dans cet exercice trop souvent répété, trop souvent regretté. Le jeu des « si ». Cet ô combien frustrant jeu de divinations, d'espoirs futiles et de visions d'un avenir plus rose, mais plus mensonger. « Si Carthage était restée Vandale », « si papa était toujours vivant », « si maman... ». Oui. Définitivement, c'est compliqué. Alors la phrase reste en suspend, le songe se fait perturbé, les sourcils froncés à toute cette réflexion, à ces pensées amères.

- Sûrement que beaucoup de choses. C'est conclu comme ça, simplement, un mince sourire résigné aux lèvres. Ces visions ? Heh... Un passé, une bribe de passé. De famille. La seule qu'il me reste, en fait. Qu'il me reste peut-être.

Il perd en superbe ce jeu de l'impassibilité. Surtout sur ce point-ci en particulier. Ici, la gêne liée au sujet apparaît clairement ,sans qu'aucun jeu ne soit même tenté pour le cacher. Une mère. Une mère vue pour la dernière fois à l'âge de huit ans, avec un monde depuis pour nous séparer. L'espoir qu'elle soit là, dehors, vivante. Heureuse. Et derrière cet espoir, cette façon de se rassurer, de se dire qu'il reste peut-être quelque chose de ces belles années, quelque chose de pire encore que la mort inéluctable. L'espoir, justement, l'espoir incertain, les contours flous d'un « peut-être » qui s'éternise, qui reste là au loin sans se laisser atteindre. Il est grand, ce monde, terriblement grand. Qui sait où elle est, aujourd'hui. Ce qu'elle vit. Ce qu'elle est. Ce...

Lâche l'affaire, Zvezdan.

Un soupir. Le poing serré sur cette table depuis quelques secondes qui revient s'étaler en une paume crispée sur le bois. Un spasme nerveux, les yeux qui se ferment un instant, index et pouce qui passent tous deux masser les paupières.

- Ah oui ? Tseh. Ca doit être là la grande différence avec moi, alors.

J'aime cultiver l'inverse. Des apparences qui transpirent la facilité et la décontraction pour mieux cacher des blessures qui peinent à cicatriser. Un bandage d'espièglerie puérile sur la plaie de cette enfance volée, comme pour rattraper, retrouver quelque chose de trop vite perdu. Et là déjà, le bandage se couvre du rouge d'une trop profonde introspection, la plaie s'ouvre d'une analyse trop poussée de sa nature. Je le sais, oui, j'en suis conscient, de ce mensonge que je joue tant au monde qu'à moi-même. Mais j'essaie d'oublier. Encore.

Et pour oublier, ce regard vers l'homme désigné, celui qui aurait donc pu mourir. Un sourcil haussé à cette idée, comme surpris. Pas tant que ça, en réalité. Cette Teigne... Hm, toujours cette impression dure à préciser.

Et ça n'est pas Ariane qui ira me laisser le temps d'étudier la bête plus en avant. Pas avec ce geste, puisque mes yeux ne peuvent que la fixer plus encore pour y répondre, emplis d'une malice au moins égale à la sienne. Mon discours ne s'arrête pas pour autant, loin s'en faut. C'est... Particulier. Comme ça l'a rarement été par le passé. A la fois si simple et si complexe, se retrouver à percevoir chez elle ces similitudes partagées... Encore une fois, comme avec son regard. Elle m'attire et m'intrigue autant qu'une part de mon instinct me le hurle. C'est dangereux. Tu le sais, non ? De simples mots, de simples gestes, et pourtant, tu sais comme ça peut dégénérer. ici, cette voix n'est même plus un murmure. Elle est étouffée. Étouffée sous les effets de l'alcool comme sous la résolution de base qui a motivée le déplacement jusque dans cette taverne, encore et toujours : Oublier. S'oublier.

- Bien sûr. S'il fallait s'amuser à ouvrir chaque porte présentée à soi... Puis, en ce qui me concerne, j'aurais tendance à dire que j'ouvre les portes à coup de bélier plus qu'à coup de tours dans une serrure.

Bien que ce soit sujet à débat selon les visées de la démarche... Oui, les arcanes de la Guerre ont tendance à se faire plus que démonstratives. Forcer l'esprit, y entrer sans préavis. Le briser, le confronter à ses propres faiblesses. Je peux ouvrir à coup de clefs aussi mais... Tseh.

- C'est finalement parfois plus simple de tout bonnement toquer à la porte.


Moins violent. Mais les bonnes questions posées de la bonne façon, ce peut suffire, comme ce peut être bien plus sage. Plus humain ?

- Eh. Les avis sont partagés là-dessus. Tous n'iraient pas qualifier les pilleurs de « Beau peuple ». Lorsque cette douce main est portée jusque vers ma joue, ça continue encore de calmer les restes de tension dû à quelques pensées, de galvaniser la part plus espiègle. Si seulement il ne s'agissait que de pudeur. Ce serait plus simple, oui. Mais non, je sais qu'à trop les évoquer, ces souvenirs pourraient ruiner ce qui se présentait pourtant comme une soirée agréable. Ou au contraire ? Peut-être que ça me ferait du bien, d'en parler plutôt que de ressasser seul sans cesse, encore et encore ? Hm... Pourtant, je sais les gens comme elle et moi. Je sais ce dont nous sommes capables, avec trop de savoir l'un sur l'autre. La suite de son discours me le rappelle. Un rôle?. La main me glisse dessus, alors que les derniers coups de mâchoire viennent achever la pièce de viande à mon assiette. Ça mastique, savoure un long moment, comme pour s'accorder le temps de soupeser ces mots, d'analyser ce regard.

- J'ai très personnellement déjà assez de mal à ne pas me perdre comme ça sans en plus m'amuser à jouer trop de rôles par-dessus le marché.

C'est finalement lâche comme ça, d'un ton neutre. Les souvenirs et suggestions, les illusions et les méandres de l'esprit d'autrui... Oui, ça peut amener à se les approprier. A jouer l'autre. L'idée me caresse doucement l'esprit...

- Quoique. Ca aussi, ce serait une manière de s'oublier...

Le ton prend une teinte plus rêveuse, ma propre main qui vient s'installer vers là où Ariane a posé la sienne, coude sur la table pour se soutenir la tête, le regard toujours perçant mais quelque peu embrumé. La suite...

- Je pense que nous sommes les mieux placés pour savoir que certains souvenirs sont bien mieux s'ils ne sont jamais dévoilés.


Que certaines vérités sont mieux lorsque tues.

- Ou en tout cas qu'ils ne se dévoilent pas sans conséquences. A piétiner sans précaution quelques jardins secrets, c'est prendre le risque de se prendre les pieds dans des ronces parfois bien farouches.

Un « Je parle en connaissance de cause » part presque en fin de phrase, finalement réprimé. Un sourire aimable pour répondre à son inquiétude, la voix plus douce, se voulant rassurante.

- Pas seul. Loin. Si je voulais être seul, tu n'aurais jamais eu le luxe de t'asseoir sur cette chaise. Et moi je n'aurais pas eu celui de plonger dans ce turquoise. Quant à tes prédictions... Eh bien, disons que tu as toqué à la porte et que j'hésite encore à ouvrir. C'est parait-il de mauvais goût d'inviter chez soi lorsque le désordre y règne encore.

Un rictus pour ponctuer la formule, équivoque mais relativement parlante en soi. Et lorsqu'elle se lève comme ça, je porte un regard vaguement interrogateur, pour finalement hausser les épaules et suivre, les premiers pas quelque peu difficiles, alcool oblige. L'agitation de l'endroit, le bruit monté d'un cran... Peut-être n'est-ce pas à son goût ? Bah, peu importe. La marche n'a jamais tué personne. Et on s'y approche, de ce dehors, tandis qu'elle répond à l'interrogation de plus tôt. le village des Minotaures... Un mauvais pressentiment. Aucune certitude, rien, mais une intuition. Instinctivement, ma main se porte au pendentif caché dans mon col le sortir, triturer l'emblème Vandale du bout du pouce.

- Village minotaure...

La mention éveille une réflexion évidente sur mes traits, les sourcils froncés. L'air ailleurs quelques secondes, je relève finalement le regard vers elle lorsque ce rire se fait entendre.

- Hey, mais c'est qu'elle se ferait presque autoritaire, dis !

Je ris à mon tour, glisse le bras vers la main tendue, plus alerte à l'environnement d'un coup. Alors je les vois, ces gardes qui semblent chercher à travers la foule. Une fois plus à l'écart, un regard espiègle qui se pose sur Ariane, le ton goguenard.

- Dis-moi, ta curiosité n'aurais pas été t'attirer l'attention de quelques milices au moins, hm ?

Ca me ferait bien marrer, tiens. Ca me rappellerait des souvenirs, aussi... Pas nécessairement désagréables, cette fois-ci. C'était drôle, de les faire tourner en bourrique, ces pauvres débiles en armure incapables de tenir la cadence. Après un vol, après avoir énervé la mauvaise personne, après les quelques mots de trop... J'y pense, un léger sourire un peu niais au visage, avec finalement la question d'Ariane pour m'en sortir. Ou plutôt le changer, lui donner une teinte doucereuse.

- Ouais. Après, ce sera la fin de ce caprice. Je me joue l'illusion d'une petite liberté, à gambader au gré des vents le temps d'une... "pause" ? Un haussement d'épaules. Appelle-ça comme tu veux. Je compte bien en profiter encore quelques jours, puis il faudra retourner "là-bas". Une moue un peu renfrognée au visage, en pointant un doigt vers les collines qui se dessinent plus loin, celles qui signent l'enfoncement plus au cœur des Carpates. Vers quelques promesses, faites à soi-même plus qu'au maître des lieux.

Au moins, elle saura. Et moi, yeux plongés dans les siens lorsque l'info lui est délivrée, je saurais y voir ce qu'elle en pense. Encore du silence quelques secondes, et cette fois-ci, moi pour le briser.

- Carthage. La Carthage d'avant 533. La Carthage Vandale. Je le dis sans donner suite une poignée d'autre secondes supplémentaires, puis finis par souffler du nez. Après les minotaures, les « quelque part », «dans les environs », « ailleurs » et autres trousseaux de clef, j'imagine que t'as bien droit à au moins une réponse concrète. Puis comme ça, tu pourras te faire ton propre avis sur cette question du « beau peuple » ou non.

Deux silhouettes qui progressent dans ces rues, plus sombres à mesure que l'on s'éloigne de la taverne. La musique se fait toujours entendre, écho lointain du lieu d'avant.

- Et d'où est-ce que tu étais la Princesse avant de finir dans ce village de Minotaures ?
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Jeu 20 Oct - 2:18
La discussion dans la taverne commençait à prendre fin. A entendre les paroles de Zvezdan, sa conception de la curiosité était non partagée et unique. Utopique. Et au final, le futur lui donnerait peut-être raison, à ce Cardinal. La prudence tenait à savoir garder une place pour ne pas se sacrifier vainement. Prendre des rôles était-il si compliqué? Un fin sourire complice orna les lèvres de la jeune femme. Non. Une fois entraîné, non...Et peu de personnes savait à quel point l'acquisition d'une Ecaille avait été compliquée pour l'ancienne tribut. Mais pas inatteignable, les efforts payaient et Ariane aimait croire à cet adage.

A cette pensée, elle se délecta d'une dernière gorgée avant de se lever, tout bonnement.

Le Vandale était aussi décontracté en apparence que cette main qu'il tenait dès à présent au creux de sa paume, un geste qui parut la surprendre. La gêner. Son regard ne se détournait pas du sien, pas plus qu'il tentait de chasser ses jeux en pure guise de défaite face au défi que la Dame Salamandre lançait. Une différence, certainement: que ce soit par rapport à elle, qui se déboussolait finalement parfois à ses propres jeux, comme actuellement. Les paroles qui suivirent abaissèrent presque ses cartes sur table, tandis que deux formes se faufilaient déjà vers la sortie.

"A croire que le luxe est partagé, pour une fois. C'est...Bizarre."
Oui, ce genre de compliment l'intriguait, que ce soit sur ses yeux ou sur cette entente peut-être bien temporaire. Elle ne se rappelait plus la dernière fois où quelqu'un s'était ainsi manifesté à son égard avec autant de simplicité. Sans la prendre pour un réel danger ou une moins que rien. Dans les yeux du Vandale, elle avait la sensation de faire face à un reflet le plus doux qu'elle puisse trouver; un sentiment d'égalité. "Et pourtant..." "Heureusement, que tu n'es pas comme moi. Le monde serait moins drôle, et moins étrange sans quelques rares contraires et quelques heureux sosies.Au moins avait-elle quelque chose à découvrir à chaque fois en fonction du vécu de sa victime. Que ce soit de force ou avec douceur. Ou même actuellement, en y allant avec prudence et habileté avec l'un de ses compères. "Je devrais y penser, à toquer plus souvent. Les extrêmes sont parfois de mauvais jeux...Et de mauvais goûts, également. Le trousseau de clefs ne compte pas en ces moments-là."

Un jeu qui lui attirait des ennuis, comme chez les Saints. Comme ici, avec tout ces gardes qui commençaient déjà leur recherche, à s'immiscer au loin. Peut-être était-ce pour cela qu'elle l'amenait dehors? Pour cette répartie qui l'impressionnait? Quelques questions étaient restées en suspens mais la générale ne comptait pas ne pas y répondre. Sinon, elle ne l'aurait jamais invité à la suivre.

Quoique le choix ne lui en avait pas été donné...Autoritaire. Ariane ne s'était jamais vu ainsi, aussi réprima-t-elle un petit rire amusé tandis qu'elle s'arrêtait non loin de la taverne, se retrouvant face au Chasseur, face à leur oubli respectif.

"S'oublier..." La brune fronça des sourcils, réfléchissant tout bonnement en apparence. S'oublier. Elle n'y avait jamais pensé, et pourtant, cela expliquait de nombreux comportements à Rodorio-même. "Eh bien...J'ai toujours pensé que le souvenir était pour un moyen de m'y retrouver. Nous avons tous besoin de repères...Et si le désordre en est un pour toi, ou alors que tu estimes que la prudence est un moyen de continuer à te protéger, je veillerai pour l'heure à ne pas ébranler tes convictions. Ce n'est pas mon but et j'en connais les violences."

L'immobilité fut brève, aussi brève que cette moindre petite considération, révélatrice d'une certaine honnêteté. Déjà, Ariane entendait quelques gardes s'approcher, et elle, tenter de se faire toute petite dans la rue. Ses yeux s'écarquillèrent, un demi-sourire mi intrépide mi anxieux s'esquissait sur ses lèvres. Quant à la Teigne, la salamandre émergea son petit museau de sous la manche, prête à croquer le premier venu, quand la jeune femme tapota son museau. Eventuellement poursuivie? Oh, bien sûr que si. Les devins attiraient généralement toute sorte d'attention, en particulier les puissants. Les Minotaures.

"Eh bien...C'est ainsi que tu le dis. Certains aiment les visions." Jetant un regard par dessus son épaule, elle perçut deux soldats qui patrouillaient tranquillement. Sa main s'était alors refermé sur le bras du guerrier, ajoutant sa légère appréciation tandis qu'il continuait en direction d'une ruelle moins traversée. "Mais ils les aiment de façon tyrannique, ces milices. J'ai bien peur qu'ils ne se brûlent les doigts, et avec ça, en cherchant rien d'autres qu'une petite salamandre trop rouge..."

Haussant les épaules, ils s'approchaient du centre de la ville, vers une petite place pourtant certainement fréquentée. De nouveau, elle étouffa un rire lorsque le jeune homme lui eut conté la pause. Une "pause", tout comme elle oui. Tenant toujours son bras, la présence de la jeune femme se faisait bien moins évidente. "Je comprends parfaitement. Moi aussi, je suis venue souffler un peu. Vivre pour moi-même, le devoir peut attendre une ou deux journées actuellement, après tout."

Pour autant, le reste fut bien plus grave, et bien plus sincère, lorsque l'homme déclara provenir d'au-delà des collines. Près des Carpathes. Le visage d'Ariane s'éclaira soudainement. "Es-tu..." Elle allait le poser, cette question fatidique. Et pourtant elle s'était retenue au dernier moment, mue par un instinct et par cette douceur qui alla recomposer ses traits. Ils dépassèrent un ou deux gardes en restant calme et en passant inaperçue, en cette nuit un peu plus froide que les autres. Cela ne l'eut pourtant pas fait échapper de ses précédentes pensées.

Evidemment, qu'il était Berzerker, après un telle déclaration. Berzerker, comme les alliés du passé avec qui les Marinas avaient été défaits. Qu'était déjà le prénom de l'autre jeune guerrière envoyée en patûre aux Saints? Jehane, de mémoire. En cinq ans, Ariane n'avait pourtant pas tissé de lien avec la guerrière, et ne connaissait ainsi les guerriers d'Arès que par les missives d'antan. Ou par les contes des gardes du Sanctuaire...

"Des promesses personnelles? Quel genre de promesses peuvent bien te guider, en ce cas, si ce n'est pour le chef des lieux? "


Dans ce genre de situations, Ariane savait pertinemment que certaines questions ne se posaient peut-être pas. Mais il n'y avait aucune évidence finalement, sauf peut-être la "date" de son peuple. Pas même le nom de la petite civilisation qu'Ariane avait pourtant retenu dans les livres d'Alexandrie n'avait fait écho. La réponse lui effleura l'esprit, avant d'apparaitre en toutes lettres. Vandales, les fameux pilleurs de Rome. A cet instant, la musique rythma les battements de son cœur à cette mention, à la mention d'un peuple qui suscitait à la fois la crainte pour les romains, un souvenir amer, ou peut-être parfois une excitation très étrange. Mais Ariane, elle, savait que c'était aujourd'hui un peuple défait, rien de plus rien de moins qu'un souvenir pour les armées byzantines. La Guerre était cruelle, mais en réalité, la générale ne savait qu'y penser réellement face aux nombreux devoirs qui menaçaient souvent d'en faire éclater une. Toutefois, si elle connaissait désormais la nature de Zvezdan, il n'était ici que des voyageurs.

"Je vois...Crois-moi ou non, mais ça ne change pas ce que je pense actuellement. En revanche, prendre le bras et me faire accompagner par l'un d'entre ces savants et charmants guerriers, c'est me faire trop d'honneur."


Ariane s'était détendue, reprenait petit à petit son second souffle sous un léger clin d'œil en sa destination. Il y avait là des aveux dont la brune n'était pas habituée, mais qui était étrangement plaisant, accordant alors à chacun de leur pas -y compris ceux plus dissimulés de la jeune femme-, sa petite importance. Elle aimerait bien lui demander comme il le vivait, le fait de ne plus avoir son identité et une place précise dans le monde, autre que celle du Dédale.

Visiblement, elle avait été trop silencieuse, et Zvezdan l'avait devancé par avance. Brièvement, ses réflexions se tournèrent en direction de Neustrie, région de son enfance.

"Je...viens..." La Salamandre doutait. Et cela l'agaçait. "...De Francie. Neustrie." Elle soupira. De quoi avait-elle peur? Des étoiles qui la regardaient du haut d'un ciel? Non. Elle laissait ce jugement aux Saints, serrant ses poings et luttant pour tenter de se montrer plus franche. Zvezdan était comme elle. Alors, la vérité était forcément dangereuse. Un attrait pourtant envoûtant, quelque part, suffisamment pour frôler de ses doigts une amitié consentie. Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'elle ne daignasse détailler le fond de sa pensée. "A l'origine, oui. Ensuite, j'ai voyagé et été menée dans une cité évoluée où j'ai trouvé ma place, une seconde famille, un endroit où chacun d'entre nous sommes respectés à juste titre."

A la seule condition d'être atlante. Hassan y veillait d'un œil tout particulièrement patriotique. Voire même, extrémiste. Mais voir un chevalier, ou même un quelconque autre guerrier se faire malmener de la sorte par le Grand Prêtre, avait apporté un peu de gaieté dans le cœur de la générale. Ses yeux étaient rieurs, quand bien même après sa captivité, elle ne rirait plus autant de ces pauvres hères...

"Jusqu'à ce que je me retrouve chez eux. Mais..."
Je ne les déteste pas. Même si j'aimerai bien. C'était pensé tout doucement, regretté assez fortement. Ariane avait appris à les connaître, à rencontrer d'autres Saints qui détestaient encore plus les siens, et puis d'autres qui les vantaient avec plus de force. Ca avait commencé par quelques Chevaliers d'Argent, puis ça s'était répandue sur Nimuë et enfin sur Râhi. Et comme chez les atlantes, il y avait de tout et de n'importe quoi au Sanctuaire. "Après réflexion, peut-être que j'en aurai fait tout autant. Et peut-être que cette expérience aurait pu être même pire."

Après tout, elle-même avait tué d'autres Saints, parfois même d'autres Marinas, plus ou moins chers à ses yeux. Les Lyumnades y veillaient tendrement à ce genre de représailles, car elles étaient les outils secrets d'Atlantis. Ariane resserra son emprise à cette pensée, bouleversée brièvement, avant de reprendre sa belle stature. Les mots lui semblaient soudainement bien moins difficiles à retrouver.

Malgré les milices qui patrouillaient à sa recherche.

"Mais, c'est devenu différent, mon chez-moi. Je pense que c'est pour toi aussi la première fois que tu rencontres un cosmos similaire au mien, un peu identitaire et aquatique, je me trompe?" Un sourire fin s'était développé sur ses lèvres, légèrement enivrée.

Leur cosmos était facilement reconnaissable une fois connue. Rien qu'un soupçon marin pour chacun d'entre eux, une qualification qui les trahissait aux yeux des fins connaisseurs.



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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Ven 21 Oct - 18:07
Un mince sourire comme seule réponse aux premiers mots. C'est bizarre, oui. D'une étrangeté agréable. Un reflet tant similaire que différent. Assez de semblable pour y ressentir un sentiment de familiarité, assez de différence pour que l'envie d'en apprendre plus se fasse prégnante, que la curiosité humaine entre en action.

J'en ai connu, pourtant, de bien différents profils. Des profils que j'ai appris à affiner, mieux cerner lorsque mes pouvoirs ont commencés à se manifester. Tous ont leur intérêt, d'une façon ou d'une autre. Tous éveillent quelque chose à mon cœur ou à mon esprit. Elles sont fortes, ces émotions que l'on peut ressentir à feuilleter l'existence d'un autre. A partager, voir, ressentir une bribe de vécu. Souvent une teintée de sombre. J'ai appris à être empathe vis-à-vis de certains, à en haïr d'autres. A suivre d'un œil curieux certains autres encore. Il est grand, ce monde, si grand et si plein de choses à découvrir, et en même temps si plein de choses à voir et revoir chaque jour, banales et communes. Les deux cohabitent en une harmonie parfois déroutante. Aujourd'hui même, la jeune Princesse mythologique vient s'inviter dans le cadre si commun de ce petit village trop simple, comme un flocon le ferait au milieu des plaines arides. Un flocon qui refuse de fondre malgré la chaleur, qui irradie de son blanc immaculé. Les regards fixent, suivent ce petit bout d'Étrange au milieu de Commun. Et comme je l'ai bien vite pressenti, ça n'attire pas que les paires d'yeux les plus bien attentionnées.

Un hochement de tête approbateur pour faire suite à sa réflexion sur l'autre et les manières d'apprendre à le connaître. Des facultés comme les nôtres ne devraient pas nous faire oublier qu'il existe d'autres façon de faire. Ce serait... Triste. Se voir réduit à ne se reposer que sur ces arcanes cosmiques pour répondre à toutes ces questions qui titillent le bout de la langue, sans forme de respect ni de goût du défi... Heh, oui, triste, terriblement, même.

Et la tristesse n'est pas le thème de cette soirée, moins encore depuis les quelques récents événements. Mes traits évoluent en une espèce de sourire compatissant lorsque Ariane parle de son oubli à elle. De sa façon de procéder. Toi aussi, tu t'y sens bien, dans cet oubli ? Peut-être qu'à force de côtoyer les chimères des autres, on finit par moins accorder d'importance aux siennes... Ou l'inverse ? Sûrement un peu des deux selon ce qui peuple l'esprit d'en face.

- Le désordre ? Oui et non. Le rictus à mes lèvres prend une teinte plus espiègle. Je ne nierais pas aimer titiller les convenances de tout un chacun en quelques occasions, me complaire dans le Chaos lorsqu'il est bénin. Voire lorsqu'il ne l'est pas non plus. … Mais il s'agit plus simplement de vivre. Vivre et être prudent à ce que ce privilège ne me soit pas retiré. Pas une fois de plus.

Oh, risques-toi y donc, à ébranler mes convictions. Cette carapace dressée face au monde, ce n'est pas une coquille plane et lisse, mais bien une chitine pleines de pics tranchants, forts d'un poison plus que farouche. Et je n'ai pas envie d'inoculer de ce venin, aujourd'hui. Les occasions ne manquent pas, n'ont jamais manquées. Non, au lieu de ça, s'amuser de la situation et de comment est-ce qu'elle pourrait tourner. S'amuser du regard scrutateur de ces gardes qui cherchent un peu partout. J'abaisse le mien vers Ariane lorsque je remarque sa volonté de se faire plus petite, une lueur rieuse en percevant le bout du museau de Teigne sortir de sa manche.

Une lueur qui gagne encore en malice, mes yeux qui ne suivent pas vers là où regarde Ariane mais qui devinent sans souci ce qu'il y a à y voir, plus encore grâce à cette main qui se presse autour de mon bras. Une ruelle plus obscure que les autres, et ça continue, j'écoute silencieusement, l'air guilleret.

- Ils aiment souvent porter leur main au feu, ces hommes en armure. Agripper une flamme comme l'on agripperait le poignet d'un voleur pris la main dans le sac. Ils aiment souvent brasser du vent, aussi. Ils aiment tenter de saisir l'insaisissable, en fait. C'est drôle comme ils se cassent la mâchoire à vouloir mordre de l'intangible. Non ?

C'est dit en une œillade vers quelques ombres bardées de plaques métalliques plus loin.Peu importe les armoiries, l'appartenance ou l'allégeance de ces épées. Qu'elles soient au service d'un Seigneur, d'un Empereur, d'un Maire ou de l'élémentaire loi du plus fort... J'en ai fait tourner plus d'une en bourrique, toujours avec cet air goguenard au visage, que les leurs se décomposent en grimaces rageuses. C'est vraiment... Ca me fait marrer, en fait. Puéril ? Oui. Sûrement. Mais c'est un luxe que j'ai juré de m'accorder, d'être puéril. Tseh. Je me suis juré peut-être un peu trop de choses contradictoires, à bien y penser.

L'Abysse brillant se plonge de nouveau dans le turquoise marin lorsqu'elle annonce la raison de sa présence ici. Comme pour y chercher confirmation, sans pour autant être habitué d'un doute qui laisserait penser à de la suspicion. C'est juste... Les grands esprits se rencontrent, disait l'autre.
Un rire qui fait écho au sien, amusé par la chose.

- Serait-on tombés dans la Taverne aux Éveillés Perdus ?

Un petit regard en arrière vers là où serait perceptible ladite taverne sans un mur pour la soustraire aux yeux.

- Égarés de leur plein gré. C'est un sentiment plaisant.

Contemplatif d'un coup, comme plus tôt, cet air songeur, un peu absent. C'est plaisant, oui. Ca allège les chaînes que l'on porte au cou, sans nous en débarrasser pour autant. Des chaînes de Cosmos, celles qui condamnent les nôtres à fouler du pied l'échiquier divin, d'une façon ou d'une autre.

Des chaînes de ressenti, celles qui condamnent les miens à s'interdire une totale paix intérieure tant que justice ne sera pas faite. Une justice sale, sanglante, brutale, comme l'a été leur injustice à eux. Dois-je parler de Loi du Talion ? Pourtant, elle est là, cette petite voix, à me le souffler à l'oreille : Tu ne veux pas leur rendre la pareille, Zvezdan. Tu veux leur rendre le centuple.

- Le genre de celles qui poussent à se mettre au service du Dieu de la Guerre. Celles qui sont contractés et se tiennent par le Sang.

La voix perd tout de ce miel qui y résonne depuis le début, plus rêche, dure. Un frisson crispé qui passe dans le corps, le bras entre les mains d'Ariane qui se bande d'un coup, mâchoire serrée. Un fugace moment de tension. J'avise la jeune femme à mes côtés, l'air un peu gêné, désolé.

- Excuse-moi. Je... Tseh. T'es vraiment pas doué, mon pauvre Zvezdan. Un rire qui part, les épaulent qui se relâchent, un retour à la bonhomie de plus tôt. Calme-toi Je t'en parlerai plus tard, si tu veux. Quand le climat se prêtera plus à deviser des sombres travers de chacun.

Peut-être devineras-tu en partie, avec mon origine de maintenant révélée. Peut-être que cette seconde main qui ne cesse de triturer l’emblème Vandale en son creux ne passera pas inaperçue à ton regard. Tu la sentiras éventuellement, cette fureur presque palpable lorsque vient le moment de revenir à ces souvenirs et résolutions. Peut-être te décideras-tu finalement à forcer la serrure. J'espère pas.
Sur le commentaire vis-à-vis de mon origine, un énième rire ponctué d'un regard en coin, complice bien qu'encore un peu vitreux.

- Arrête, va, tu vas finir par me faire rougir.

J'en ris, de cette appellation. Les savants et charmants guerriers. Tseh. Mais ça me rassure, en un sens. S'avouer du peuple des pilleurs n'est pas toujours chose à s'attirer les plus sincères bons sentiments. A raison, j'imagine. Mais là, rien, bien au contraire. Ça achève de me détendre, et l'air plus léger de tout le long finit par s'affirmer sur mes traits et dans ma gestuelle, la démarche se faisant plus insouciante. L'alcool y joue, encore une fois. Sans pour autant m'empêcher de prêter l'oreille à celle qui est donc originaire de Neustrie. J'y songe un court instant, à cette Francie dont j'ai déjà caressé les frontières sans jamais m'y engouffrer plus avant. Je n'en connais finalement que très peu, à vrai dire.

- Francie... J'y aurais peut-être mis les pieds plus tôt s'y j'avais su à l'époque qu'il y pousse de si jolies fleurs.

Une fleur dont je devine le piquant, et c'est bien là son attrait. Elle plaît à l'oeil, elle attire la main, puis... Puis je repense à la main du jeune ahuri de ce bar. L'image se passe de commentaire. L'image m'est familière. Un effet miroir. Un miroir qui une fois de plus se déforme, en le récit de cette cité, cet endroit de la seconde chance.

Et après, de retour à l'endroit de la captivité. Et à une réflexion qui germe chez moi à entendre ses mots. « peut-être que j'en aurai fait tout autant ». Moi aussi, oui. Nous aussi. Peut-être. J'y pense et de nouveau, je sens cette main se resserrer brièvement autour de mon bras. Je me tourne vers elle, comme pour chercher quoique ce soit dans le regard, sans relever pour autant. Elle aussi, après tout.

Et les yeux qui jusqu'ici cherchaient s'écarquillent un instant pour qu'enfin une compréhension soudaine s'affiche sur mon visage.

- Aaaaaaaaah, mais ca explique beaucoup de choses ! J'aurais dû y penser plus tôt...

Comme un gosse à qui l'on donne la réponse d'une énigme jamais percée. Une sorte de frustration puérile mais bénigne. La cité, alors, c'est... Ouiiii. Ah, que t'es perspicace mon con quand tu t'y mets... De nouveau, un soufflement de nez, l'oeil taquin.

- Ca me surprends de te voir si loin dans ces terres, ça de mis en lumière... J'veux dire, quitte à souffler un peu, j'imagine qu'il y a plus proche et plus agréable comme destination compte-tenu de là où tu viens... Oui, je suis sûr qu'il y a lieu de détente énormément plus attrayant, non loin de chez eux. Enfin, l'endroit a tout de même ses qualit-... Hé, vous là !

Un soupir. On était pas loin d'entrer vers une place au centre de la ville, et à embrochement, cette grosse voix rauque qui s'élève depuis la gauche. Mes yeux roulent au ciel pour finalement se poser sur les trois silhouettes armurées qui s'approchent, de bonnes mines bien patibulaires propres à celles que l'on connaît aux brutes sans trop de matière grise à revendre.

- Ceux-ci n'en font hélas pas partie...
- Pardon ?
- Hm ? Oh, rien ! Vous désiriez donc, messieurs ?

Une rapide œillade vers Ariane, pour rassurer quelconque éventuelle panique, ou au moins s'enquérir de son état d'esprit quel qu'il soit. Ca de fait, je reviens vers le garde assez débrouillard pour mettre des mots les uns devant les autres, un sourire trop aimable sur mes lèvres, les yeux en amande.

- On recherche une étrangère accompagnée d'une espèce de salam- J’interromps le garde d'un geste soudain, enserrant Ariane par la taille de façon à finir avant-bras collé à la manche d'où Teigne était en train de sortir le bout du museau. Pas le moment, ma grande, pas le moment! Avec la chance que j'ai elle va me mordre... Pour se préparer à cette éventualité, un effort mental pour ne pas montrer de la douleur si ce devait arriver. Le geste de plus tôt s'il paraît naturel me vaut tout de même trois regards circonspects, leurs yeux bovins de fixes, comme à attendre quelque chose. Eh bien ? Allez-y, continuez !
-… Je disais, nous cherchions une étrangère reconnaissable à la bestiole rougeoyante qui lui sert de compagnie. Un petit animal pas plus grand qu'un rat, une salamandre. Avez-vous vu quiconque... ?
Hmmmmm... Une fausse réflexion, l'index qui se pose sur mes lèvres, yeux au ciel. Hmnon, me semble pas avoir vu qui que ce soit avec une telle extravagance pour animal domestique. Ca te dit quelque chose, toi ?

Deux pupilles couleur Abysse se tournent vers Ariane, habités d'un éclat maintenant facile à identifier pour l'Atlante, certainement. Juste une seconde, mon sourire prend une teinte clairement malicieuse. Allez, faites-moi rire les débiles. Que ce soit par votre bêtise ou par vos efforts vains pour rattraper l'insaisissable, si nous devions avoir à courir. J'en ai bien besoin, tiens. Vous tombez à pique, en fait.

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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Lun 24 Oct - 1:42
Son sourire tentait de se faire doux et compréhensif, pourtant Ariane percevait là, pendant un bref instant, les petits défauts de son compère. Vengeur. Moqueur, comme elle. Et la brune n'avait pas même eu besoin d'en appeler à son empathie pour faire émerger ces caractéristiques. Parce que des hommes en armure, il y en avait tout un tas, des différents comme des semblables, des gens parfois un peu plus passionnés par leur devoir que d'autres. Pourtant accrochée à son bras, le ton de la jeune femme laissa paraître ses pensées.

"Broyés de l'intangible, hm? Le plus souvent oui. Mais pas tout le temps...

Ses yeux balayèrent le sol, pensifs. Les chercheurs étaient avides et ne recevaient que le revers du gain: la perte. Oh, Zvezdan n'avait pas tord, loin de là. Les soldats étaient terribles, parfois, mais Teigne en était l'experte. Et Zvezdan était un Berzerker. Oui, l'un de ces guerriers qui ne recherchaient que l'attrait au sang et à la violence d'après certains, à marquer la frontière entre ce qu'était véritablement la paix et la guerre, pour d'autres. Mais la gardienne de l'Antarctique eut plutôt tendance à se fier aux dires de son compère le Kraken, qui parlait de ces soldats avec un respect presque fondé. Se fier...Non. Elle reconsidéra un bref instant ce dont elle pensait véritablement. Sa curiosité aurait été un meilleur terme et cela l'avait peut-être sauvé, maintenant qu'elle marchait dans une rue, traquée comme on l'aurait fait avec une bête sauvage et inconnue.

Et en même temps, c'était une situation désirée. Oui, c'était presque dans ce même principe-ci que la brune s'était retrouvée dans une taverne, accompagnée d'une salamandre cramoisie, et l'avait croisé. Alors la jeune femme rit à son allégorie sur la Taverne et se détendit derechef en considérant que Zvezdan avait probablement des raisons funestes pour s'être engagé dans l'armée, mais qu'il n'en demeurait pas moins un être humain.

Avec des défauts, des faiblesses et des désirs. Comme tout le monde. Et au moment où elle s'était tendue, elle l'avait prédit. Le Vandale s'excusa en apercevant son soudain malaise face à une légère, si légère part de vérité. "Ce n'est pas grave" Haussement d'épaules. De quoi simplement attirer plus l'attention avec en main une devinette, et en éloigner aussitôt la réponse, comme un hochet que l'on tend à un enfant pour aussitôt le lui retirer. Cette impression était réciproque. Une moue enfantine s'échappa de ses lèvres, observant la Teigne tenter de sortir de sa manche en poussant de sa tête le fin tissu.

Et ils marchaient. Assurément qu'Ariane les enfilait avec engouement désormais, ces pas en avant, que ce soit pour le prix du danger ou pour prendre le bras de ce qui était son ennemi...Ou plutôt un ancien allié incertain aujourd'hui. La générale ne savait plus. Le sens léger, les compliments fusaient d'un côté, manquant de faire rougir l'un, et de l'autre, revenaient finalement d'actualité en un drôle d'effet miroir. L'atlante fut rassurée de voir le jeune homme rester tel quel. Le peuple Vandale s'était éteint mais l'homme en face d'elle en était un souvenir plutôt agréable, souriant, enjoué, en dépit de ce qu'il cachait. Mauvais menteur pour l'heure, mais précieux vestige.

Et voilà qu'il la comparait à une fleur. Des yeux turquoises tentaient de percevoir dans ce regard abysse ce que le Berzerker entendait réellement par "jolis fleurs". Presque perdue. La générale des Lyumnades aurait pu éviter de faire monter le rouge aux joues, en prenant l'un de ces multiples visages avec froideur. Elle ne le fit pourtant pas, tentant de capter toujours le pourquoi avant de considérer son geste. Curieuse, presque flattée. Il jouait, comme elle. Finalement, elle s'éloigna comme une fée surprise en flagrant acte, air presque offusqué mais amusé.

"Oh! Vraiment..."


Elle reprit automatiquement une posture plus droite et ferme. Et pour autant, pouvait-il comprendre qui elle était réellement? Le tribut des Marinas? Du coin de l'œil, Ariane aperçut un garde de Carthage s'approcher d'eux, air solennel et déterminé, prêt à les mordre, tout comme le petit museau de Teigne tendait à poindre dans cette unique volonté depuis sa manche. Un sourire s'éclipsa sur ses lèvres. L'étranger n'était pas encore arrivé à sa destination qu'Ariane laissa filer ses dernières phrases, avant de régler le problème - oh, elle l'espérait!-, le plus naturellement possible.

"Oui...Mais le verbe enjoué de mon frère d'armes a mené mes pas...ici."
Tournant la tête de nouveau en sa direction, croisant son regard d'un air satisfait, Ariane lui avoua à demi-mot ses intentions. "Quelque part, j'ai trouvé ce que je voulais."

Toutefois, les mots échangés n'arrêtèrent pas ce dernier à interloquer le duo, accompagné de deux de ses confrères. Ils interpelaient, tyranniquement. Bien trop tyranniquement. Non, ils ne faisaient pas partie de ces personnes qui brassaient du vent. Ni même de celles qui l'attraperaient pour autant, Ariane y comptait bien. Un échange de regard, une conciliation. La salamandre ne serait peut-être pas attrapée...

Subitement, comme poussé par un certain courage compris que de la générale, l'homme la tint par la taille, manche collée à son avant-bras. Ariane déglutit silencieusement, espérant que la petite Teigne n'irait pas mordre l'homme à ses côtés. Sous le tissu, elle la sentait gigoter, gênée par l'étroitesse et par le contact du Cardinal, les sens en alerte de savoir sa maîtresse probablement en danger. Intérieurement pâle -par le contact soudain ou par la Teigne, elle n'aurait su le dire-, la brune feinta pourtant l'ignorance.

"Hmm, me semble pas avoir vu qui que ce soit avec une telle extravagance pour animal domestique. Ca te dit quelque chose toi?"


"Comme un rat vous dîtes, mon garde?" Elle considéra l'homme, la bouche en cœur, théâtralement impressionnée, avec une certaine véracité dans son rôle. Le mouvement de Zvezdan était tendancieux et les secondes n'eurent pas à se cumuler davantage pour qu'Ariane fasse la bonne équation des conclusions des gardes. Doucement, elle rit. Mais pendant ce rire, ils la sentirent tout deux, la petite mâchoire de Teigne qui se refermait silencieusement contre la peau de celui qui la tenait. Croc. Coup de fouet. "Non, pas du tout! A moins que ce dernier ne soit une grande salamandre que je dois moi aussi, prendre grand soin hihi."

Son esprit hurlait. Un peu de respect pour la jolie Teigne! Toutefois, les mains allèrent pincer presque tendrement les joues du jeune homme, levant la manche et brisant tout contact entre l'Urodèle et le Cardinal de la Guerre, rire léger. Sourire niais. Oh, ça l'écœurait de jouer un tel rôle. Petite villageoise légère. Mais ça la faisait rire en même temps. C'était loin, si loin de la réalité...Si loin d'une meurtrière. Mais la vérité était toujours cachée sous un mensonge.

"Hm, mais vous êtes-"

Une goutte de sang tomba sur le sol rocheux de la ville. Probablement celui de Zvezdan. Elle ne pâlit pas et se contenta de faire un pas en avant. Ariane se tendit, sentit qu'elle n'aurait pas le choix. Elle avait l'habitude.

"Oh, oui, je suis sûre mon cher garde! Parfaitement sûre de ne pas l'avoir vu! Une bête rouge, ça se voit à mille lieux, non? Et un rat, c'est repoussant!"


Cette intonation l'exaspéra, au garde. Ses sourcils se haussèrent, perplexe. L'image se superposa brièvement à celle d'un Chevalier d'Athéna.

Un chevalier qui remarqua la goutte de sang.

Un premier Chevalier qui, clignotant des yeux, peu sûr de lui, vit pendant un bref instant sa femme en la personne d'Ariane, et qui toutefois, fut presque pétrifié à cette simple vision. Comme beaucoup d'autres de ses cibles, au nombre de trois. Excepté que celles-ci n'auraient ni plus ni moins que la morsure paralysante et rêveuse d'un doux cosmos. Sous hallucination, quelque part. Quel dommage d'utiliser un semblant de ses techniques pour une visite en ville, mais tandis qu'Ariane tourna des talons, elle savait qu'elle gagnait du temps sans laisser un témoin conscient de sa situation. Suffisamment, pour prendre la fuite d'ailleurs, probablement aider du Cardinal en chemin, afin de bifurquer dans un endroit proche, mais déjà suffisamment loin des gardes. Une autre rue exempte de surveillance.

Reprenant son souffle, Ariane termina par prendre la parole après un rire étouffé. Ils avaient frôlé de peu l'accusation, de si peu...Oui, ils étaient intangible

"C'était pathétique! Mais j'ai bien crû qu'on allait se faire attraper, pour être honnête..." Elle reprit un sourire enjoué, ravie de leur petite farce. Toutefois, son regard s'obscurcit en considérant la petite morsure sur son avant-bras. L'engouement est limité. A la limite de la panique, ses yeux s'étaient faits ronds. Prestement, elle s'excusa tout bas, amena le jeune homme près d'un muret pour trouver de quoi l'asseoir. Examinant légèrement la plaie, perplexe, Ariane tint son verdict.

"Bon, ce n'est pas profond mais tu as saigné...Tu te sentiras un peu mal pendant quelques minutes. Rien de bien grave toutefois, pour un Eveillé."
Le venin de Teigne n'était pas si fort, mais en cognait de fatigue et d'hallucinations certainement plus d'un. Il lui tendait une invitation, mais la retirait aussitôt. Perdue dans le fil de ses pensées, Ariane finit par murmurer tout doucement, presque inconsciemment, quelques mots tout bas. Elle prit le bas de sa jupe et commença à déchirer un petit morceau tout en les prononçant. "Tu sais, ce n'est pas gentil de m'ouvrir, de me saluer cordialement, tout en me laissant juste au pas de la porte finalement. Alors que je pourrais...Hum. Au final, j'ai l'impression de perdre le jeu et de ne pas comprendre. Et je n'aime pas ça..." Car c'était bien ce qu'il faisait, à arguer un semblant de férocité pour venir le remplacer par une humeur décontractée. Mais elle ne voulait pas froisser quoique ce soit, ou qui que ce soit ici-même, alors qu'il lui semblait être normale. Non pas générale des Lyumnades, la générale sans cœur, mais bien une voyageuse. Une Dame à la Salamandre. De ses doigts fins, pliant habilement le petit morceau de coton en carré, elle tapota la morsure avec le pan de robe déchiré, détaillant le fond de sa pensée. "...Surtout lorsque l'on prône la prudence, que l'on titille les habitudes et que l'on termine par aider...En se faisant mordre."

C'était surtout cela, le soucis. Ca n'avait pas de sens. Quand bien même la morsure n'était qu'un petit détail, et que son travail était dores et déjà achevé. En un petit bandage rien de bien reluisant, noué sur le côté, son attention fut alors toute portée sur le Vandale, ainsi que sur cette salamandre coincée dans sa manche, qu'elle tentait de guider à l'air libre en longeant son bras.

"Enfin, "il" ne mentait pas. Vous êtes amusants, pas vraiment comme on vous décrit habituellement."

"Quel dommage que tu sois déjà choisi par un dieu..." La pensée était forte de son côté. Réitéré.

Mais peut-être se trompait-elle. Peut-être qu'il n'y avait que le Cardinal de la Guerre à être ainsi. Imprévisible.




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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Dim 30 Oct - 3:47
J'y reste un temps, à cette réflexion du soldat. Surtout quand elle y revient. Pas tout le temps, oui. Je suis bien placé pour le savoir, en un sens. Même si... Tseh. Même si j'ai toujours eu du mal à me considérer comme un soldat. Guerrier, oui. Celui qui fait la Guerre. Soldat ? Celui qui fait partie d'une armée ? Qui obéit aux ordres ? Bah. J'imagine, oui. J'imagine...

Au moins le malaise après les quelques mots de plus tôt ne semble pas contrarier ma compagnie de ce soir plus que de raison. Tant mieux. Un hochement de tête reconnaissant, comme un remerciement silencieux de ne pas en prendre plus ombrage que ça, de ce moment de malaise.

Une Atlante... Je pourrais en poser bien des questions, là maintenant. De biens sombres et sérieuses choses qui ont trait à tout ce que je suis venu oublier en me déplaçant ici, les épaules libre du métal rougeoyant des Cuirasses. Il y en a des zones d'ombre à éclaircir, sur les habitants des fonds marins, les fils de Poséidon. Ai-je seulement envie de venir à ces questions ? Pas le moins du monde, pour dire les choses honnêtement. Peut-être m'imposerai-je ce... Devoir, une fois le moment venu. Mais pas maintenant, pas ici. Pas avec elle. Pas tant qu'elle-même ne cherche pas à creuser trop avant sur les choses du Dédale.

Puisque ce pourrait tout aussi bien être une manœuvre, oui. Tout ceci pourrait n'être qu'une vaste comédie. C'en est une, en un sens. Mais au moins j'ose espérer que ce n'en est pas une pour une bête et vaine pêche aux informations. Pas sur ceux d'Arès, du moins. Ca enlèverai alors beaucoup à l'agréable de cette escapade.

T'es quand même un sale gosse capricieux quand tu t'y mets, Zvezdan. Tseh. Ca oui. J'irais bien laisser passer l'occasion d'en apprendre plus sur la poiscaille pour ces quelques pas à ses côtés, pour ce regard océan et ces joues qui rougissent. Capricieux, peut-être inconscient. Puéril. Pas peut-être, sur ce coup-ci, non, il s'agit ici d'une certitude. Peut-être... Ouais. C'est juste que je suis venu ici avec une intention bien précise et que je compte bien m'y tenir. Puis bon, dis-le toi clairement que c'est ton côté coureur de jupons qui cause, gros benêt Un sourire à cette pensée, suivi d'un regard vers l'Atlante. Heh, ouais, y a sûrement un peu de ça. Capricieux.

Le verbe d'un frère d'arme, hein... Et quel Atlante irait donc vanter ces terres ou les hommes vêtus de métal rouge qui y marchent ? C'est la première que je rencontre, et je n'ai pas souvenir avoir entendu parler d'autres contacts entre nos deux camps... Une réflexion qui se joue en même temps que les mots sortent de ma bouche jusqu'à ce que les trois autres viennent m'interrompre. Jusqu'à ce que le jeu prenne une autre tournure.

Et là aussi, c'était une tournure qui me plait. Il est là, ce regard d'enfant, ce verbe marqué d'une insouciance palpable, d'une arrogance à peine masquée. Une adrénaline bien innocente, loin de celle d'un combat et d'un flot de sang qui enivre les sens. Non, plus simple, plus commun.

Et pourtant terriblement plus dangereuse, compte-tenu de la situation.

Je la sens, cette petite Teigne qui se débat. Une pensée désolée pour la petite bête. Je te devine bien peu cliente d'un nouveau séjour en captivité, mais c'est juste pour quelques secondes, tiens-toi tranquille... aaaah, comme c'est débile, ce qui nous arrive. Les choses pourraient être tant de fois plus simples. Mais moins drôles. Parce que derrière le semblant d'inquiétude de se faire découvrir, derrière l'appréhension d'une paire de crocs à mon poignet, il reste cette réelle euphorie silencieuse. Silencieuse mais brillante, aveuglante tant elle brille à la blancheur de mon sourire et à l'éclat dans mes prunelles.

Et lorsque Ariane se prête au jeu, tout ça redouble encore d'intensité. Lorsque la mâchoire se referme sur mon poignet, ça ne quitte pas. Au lieu de ça, un tremblement qui passe dans l'échine, à peine perceptible, un bras qui se contracte fortement autour de la taille de l'Atlante. La douleur fuse, intense, plus que je ne l'aurais pensé. Ca fait putain de mal. Mais quand ces mains reviennent à mes joues, quand ce rire retentit, j'y réponds, ce malgré l'espèce de sueur fiévreuse qui me monte au front, soudaine, éclaire. Je...

***
Perd pied. L'espace de quelques secondes, il titube, ce Cardinal. Mais ne se démonte pas pour autant, se rattrape et passe sa seconde main à la taille de la Générale, se met face à elle, ignorant les trois autre. Un pas en avant, juste assez pour instaurer une proximité plus qu'intimiste. Ses oreilles sifflent, sa vision se fait floue, mais le jeu ne cesse pas pour autant, tout l'inverse. Il joue son rôle, volontiers, volontaire, enjoué. Le serait-il même plus encore à cause du délire qui point à son esprit ? C'est bien possible...

Mais il ne voit pas tout. Ne voit pas ce sang qui coule de son poignet, n'entend pas ce garde qui remarque le liquide couler. Alors il reste tout proche d'elle, dans un jeu trop tardivement abandonné, tant par ignorance que par goût. C'est finalement elle qui y coupe court, de ce pas en avant vers le garde. L'esprit embrumé du Berserker ne suit le tout qu'avec peine, la morsure et ses effets secondaires mêlée à l'étreinte déjà forte de l'alcool n'aident en rien. De ses yeux aveugles, il tente de suivre le point de repère qu'est Ariane pour ne trouver que les points de lumière de quelque torches indistinctes, perdues un peu plus loin.

- Bordel. Il rit, titube de plus belle. J'ai vraiment dû forcer sur la bouteille, moi... Il a mal mais il rit. La douleur reste supportable, et surtout bien loin de son plein potentiel, l'adrénaline du moment participe à l'atténuer. Grandement. A peine le temps de lancer un regard vitreux vers les gardes qu'il sent le Cosmos d'Ariane s'élever. De nouveau, un sourire.

Un sourire qui se découvre sur la perception altérée du Vandale. Le petit village, les gardes, lui, et elle. Tout change. Carthage et sa milice, lui, jeune et insaisissable, elle, menée de gré ou de force dans les filouteries du petit nobliau, amie d'enfance. C'est ce qu'il voit, et cette hallucination imposée à ses sens ne fait qu'alimenter la flamme qui brûle en cet œil trop énergique. D'un geste rapide, il agrippe Ariane par le poignet pour la mener dans une soudaine course effréné, poursuivi par les trois miliciens, du moins dans cet espèce de songe qu'est le sien. Il se tourne vers elle durant leur fuite, un air comme... Vivant. Rarement on a vu le Berserker plus empli de cette béatitude enfantine. Il rit, encore, plus fort, d'un grand rire audible, gagne encore en vitesse.

Quelques secondes comme ça, un cœur qui bat fort, un souffle rapide et court, saccadé, des joues rougies d'effort et de trop de rire. Au bout d'un certain temps, une énième ruelle, déserte, et plus le moindre pas dans leur dos. La vision se dissipe, le Vandale redevient le Cardinal, Carthage redevient ce petit village isolé, cette jeune amie sans nom redevient Ariane. Son dos vient cogner contre la roche froide d'un mur, son front se lève pour faire face au ciel. Le souffle peine à se reprendre de son côté aussi, et quand elle rit, il tourne un regard complice vers elle, dévoile un rictus espiègle.

***

- Puis quoi encore ? J'en ai pas fait tourner en bourrique par centaines étant plus jeune pour me laisser pincer ici. Putain, ça m'avait manqué...

Son sourire disparaît, le mien reste mais mon expression se fait interrogatrice. Puis je suis son regard. Ah. ça. J'hausse les épaules, ne comptait pas m'y pencher plus que de raison avant qu'elle ne commence à s'y mettre d'elle-même. C'est rien, j'avais senti le coup venir. J'vais me répéter mais elle porte bien son nom, la Teigne, hm?

Un regard faussement contrarié vers la manche d'où je devine la silhouette de la petite Salamandre. L'expression se fait vite plus douce. Elle a peut-être fait plus de bien que de mal, en fait. Assis sur mon muret, j'écoute tout de même le verdict. J'ai bien cru que j'allais faire mentir ce statut d'éveillé, un court instant. Ah ouais, je me suis carrément senti partir. Une course trébuchante, une tête pleine de tournis, l’œil qui a plus d'une fois menacé de tourner... Mais ça va, je connais, j'endure. J'apprécie, même.

- Raaah, va pas ruiner tes vêtements pour trois gouttes de sang. Fausse protestation, sans que rien ne soit fait pour l'empêcher d’œuvrer. A la suite de son discours, je retiens à peine l'hilarité qui monte. C'est vrai, ouais. Pas bien sympa. Mais...

- Oh, tu n'es pas à la porte, Ariane. Je te situerai plutôt dans la chambre d'amis, en fait. Es-tu donc si pressée de finir dans la mienne, de chambre ?

Un sourire grivois pour un sous-entendu qui l'est tout autant, du moins à son premier niveau de lecture. La vérité derrière n'est pas si basse de plafond : il reste encore des détails qui tiennent de l'intime. Tu en sais déjà beaucoup pour la connaissance d'il y a à peine une nuit, Ariane. Ne brûle donc pas les étapes.

Qu'elle aille se faire foutre, la prudence. J'avais envie d'me marrer. Il est changeant dans ses humeurs, le Zvezdan, hein ? J'sais pas, j'ai pas envie de me prendre la tête. Ni lieu ni moment.
J'avais pas nécessairement envie de me faire mordre, mais on a pas tout ce qu'on veut dans la vie ! Hé gaffe, serre pas trop. Un regard vers le bandage, vite remonté vers les deux points couleur fonds marins. ça ira. Merci

- Je sais pas qui est cet « il » ni ce qu'il a pu te dire sur les miens, mais t'attends pas à ce que tous fassent mentir l'image qu'est la nôtre pour ceux de l'extérieur. Elles sont là, les brutes sanguinaires décérébrées, ils sont là, les monstres de sadisme avec pour seul intérêt la vision du sang qui coule. Rien n'est ni tout blanc ni tout noir, quel que soit la couleur de l'armure que tu portes. Même avec de l'or sur les épaules et la prétention d'être Saint dans leur titres, certains ont plus de rouge sur leurs mains qu'il n'y en aura jamais sur nos armures...

Le regard assombrit, un court instant. Ca part vite.

- Mais dis-moi, cet « il » dont tu me parles, d'où est-ce qu'il tient l'avis qu'il t'a partagé sur les miens ?

Je serais curieux de savoir quel autre Berserker aurait pu être plus prompt au dialogue qu'à la bête effusion de sang face à un autre éveillé. J-... OooOOooh, merde, elle plaisantait pas. Une douleur qui me prend les tempes d'un coup, mes mains qui s'y joignent en une grimace endolorie, un sifflement d'entre les dents. 'Chier... Un temps immobile, à endurer, puis ça passe. Vertiges, pire quand je me relève.

- Faut que je bou-oh bordeEEeeEeeeEel

Un pas fait en avant, un autre, mais entre deux, mon horloge interne qui décide d'indiquer 58h32 sur ses aiguilles, le sens de l'équilibre disparu à au moins autant de temps de distance de moi. Ce qui devait être le début d'une marche en-dehors de la ruelle finit par moi, emporté dans mon propre élan, buste porté en avant par la perte d'équilibre, à m'étaler au sol comme un bon abruti, tête la première avec les mains pour amortir maladroitement.

- Ca commence bien...

Un souffle agacé qui part des poumons, je me relève doucement, l'air un peu pitoyable. Un grognement étouffé, une irritation vite disparue mais présente quelques secondes. Le tournis par contre, lui, a l'air décidé à tenir bon. Quelques autres pas maladroits, jusqu'à finir devant Ariane, une main sur le mur pour me soutenir, un sourire un peu jaune au visage.

- Manque plus qu'elle arrive à me faire rendre mon dîner et la Teigne aura fait carton plein...

Parle pas de malheur, grand débile. Un soufflement de nez. Et... Putain, je vais vraiment demander ça....

- L'épave ci-présente oserait-elle te demander assistance pour mettre un pas devant l'autre le temps qu'elle puisse de nouveau faire ça d'elle même ?

Vraiment...
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Mar 1 Nov - 1:12
Zvezdan était resté étrangement silencieux, un silence qu'il vint pourtant couper une fois la ruelle atteinte, vide de toute présence. A cette exclamation de satisfaction, un hochement de tête fut accordé lorsqu'il parla de son enfance, de son habitude. Oh, elle aussi, avait lutté un temps pour échapper aux mauvais gardes, vile petite voleuse de pain et de pommes. Mais il n'y avait pas que cette similitude, non. Car en réalité, cela voulait également dire que le Cardinal de la Guerre n'avait pas été qu'enfant de son ancienne civilisation. Il s'était battu pour survivre un temps. Oreille à l'écoute, la conversation dériva pourtant vers une autre direction, tandis qu'elle s'appliquait à atténuer la peine de la Salamandre. La Teigne.

"Oh, disons qu'elle sait ce qu'elle veut. Et ce qu'elle ne veut pas. Si ça peut gêner certaines personnes, je les favorise pourtant. Je pense qu'elles sont mignonnes, même en commettant leurs petits délits." Et Poséidon seul savait à quel point elle s'en fichait, de s'entourer de ces "gens à délits". Les criminels. Une main devant le visage, la jeune femme étouffa un rire malicieux. La remarque suivante la réveilla pourtant de sa silencieuse hilarité. "Hein? Du bien? Tu veux dire que ça a déjà fait effet? T'es sûr qu'on ne t'a pas cogné trop fort sur la tête, ou qu'elle t'a uniquement mordu sur le doigt?"

Enfin, l'alcool avait ses doses d'ouverture...Et peut-être que le Cardinal aimait avoir mal, elle ne savait pas. Et ne voulait pas savoir, d'ailleurs. Son excuse la fit rire, mais le mal était fait. Entre ses doigts, Ariane tenait son menton ni trop fortement, ni trop faiblement. Elle referma alors délicatement sa mâchoire pour le faire taire. Finalement, elle termina par enrouler le tissu autour de la blessure.

"Bah, des vêtements, j'en ai bien assez de là où je viens..."
Oh oui, elle n'en manquait pas à Atlantis. Un râle s'échappa des lèvres de Zvezdan. Trop serré. Pour trois petit crocs, le Cardinal de la Guerre était un homme bien précieux. "Rha, c'est bon, je fais de mon mieux! C'est que les Berzerkers ont les manières délicates finalement" Petite boutade, le sourire se fit complètement taquin. "Et puis, c'est un peu de ma faute, je suis responsable des agissements de ma mignonne petite création."

Même si ce n'était pas la première fois. La petite Teigne s'en tenait d'ailleurs bien à distance, visiblement consciente de son petit crime. Ca l'amusait, plus que de coutume, oui, plus encore en compagnie de sa jeune maîtresse.

Toutefois, à une moue se dessina progressivement sur ses lèvres, là où Ariane devint finalement silencieuse. Boudeuse même. L'Urodèle pesta alors à ce simple ressenti, maudissant l'air ambiante et probablement l'homme qui venait de froisser la Générale. Certes, les Lyumnades n'avaient pas vraiment l'habitude de ce genre "d'amitié", si on pouvait en parler de cette manière. Habituellement, elle entrait simplement dans l'esprit de ses victimes et se moquait d'eux gentiment. Et elle aurait pu jouer son jeu, mais elle savait que c'était un simple retour à son élan de naïveté.

"La chambre d'amis me va amplement. Je ne doute pas qu'à une prochaine rencontre, les mots se feront peut-être plus honnêtes dès le départ."


Un sourire temporaire et tout aussi goguenard, mais moins amical et presque glacial. Lyumnades. Encore et toujours l'alcool, peut-être. La parole du Cardinal redoublait de volume, visiblement inspiré par une muse invisible. La poursuite avec les gardes l'avait amusé de son côté. Elle aussi, mais son humeur venait d'en prendre un sacré coup. Naïveté. Incompétence.

Un haussement d'épaules lui est accordé, signifiant l'indifférence bien que son esprit prononçait tout le contraire.

"Si tu le dis. Tu remets en question les paroles de l'Océan opposé, tu sais. Une parole qui n'a jamais été explicite mais dont j'en ressens chacune des petites émotions. Et...Pour une raison qui m'est inconnue, il semble vous apprécier. Qui a t-il rencontré? Je n'en sais rien...Sois en heureux, il est dit là-bas qu'on sépare rarement l'Arctique de l'Antarctique depuis mon retour, un peu comme des vieux jumeaux, que le hasard rapproche un peu plus chaque jour. Et pourtant, voilà que le Tribut est là. Presque toute seule..."
Oh, elle s'enfonçait encore plus, inconsciemment, avec un sentiment de puissance, tout en s'estimant bien petite à l'heure actuelle. Tant pis, elle n'en dirait pas plus, le duo était visiblement, de toute évidence, trop éméchés pour être normal. En territoire ennemi, à peine discrète. "A ce rythme-là, je me trouve stupide et déraisonnée. "

Oui, d'où avait-il eu cette sorte de fascination silencieuse pour les guerriers d'Arès? Ariane ne le savait pas véritablement. Pourtant, la référence aux Saints l'avait piqué au vif. Pourquoi faire directement une allusion à ces derniers?

"Je dirai qu'il y a de tout et de rien un peu partout. Ca ne change pas...Saints, Berzerkers, Marinas, nous ne sommes pas si différents. Du moins, c'est ce que je crois actuellement, même si j'ai conscience que mon avis n'est pas partagée par tout le monde."

Hassan aurait probablement ri à sa remarque. Mais il n'était plus là, lui non plus. Comme déjà beaucoup de monde. Ariane accompagna Zvezdan dans son bref assombrissement, pour finalement être coupé par un malaise puis une chute. Sous un haussement de sourcils, un rire fut retenu, légèrement coupable.

"Une épave qui devrait franchement faire attention, elle finirait comme moi sinon. Au fond de l'eau."
Oh, elle avait conscience que son jeu de mots était purement atlante. Elle reprit pourtant son sérieux, tout en s'approchant de Zvezdan, passant une main sur son épaule avec douceur mais fermeté afin de soutenir un homme tout de même plus grand que sa petite forme. De cette façon, soutenir la Guerre ne devrait pas être un soucis. "Tu as un endroit où aller, précisément, ou...?"

Les souvenirs de la Taverne refirent surface. Le Cardinal ne venait que pour se ressourcer, il n'avait pas véritablement de lieu à lui. Un soupir.

"Hm, laisse tomber, je t'accompagne près de la taverne, il y aura forcément une chambre pour toi dans une auberge, au cas où. Ca te va? Hmmm, pas de réponses! Je prends ça pour un oui alors.


En un geste rapide, elle remit sa Capuche, puis incitant Zvezdan à enchaîner les pas -comme un enfant-, elle s'engouffra de nouveau de ruelles en ruelles, de pierres en pierres la ville qui les accueillaient tout deux pour une, ou deux journées. Finalement, s'assurant que les gardes n'étaient plus dans la rue, Ariane s'y enfonça, passant en face de la porte en bois pour une seconde fois. Le vieil homme fut prêt à reprendre sa parole, annonçant de nouveau la venue de la femme qui lui inspirait plusieurs superstitions.

"Ah, toi, pour la quatrième fois. La-"


Sur son épaule droit, Teigne pesta, et la brune menaça cette fois-ci d'un regard noir le vieillard. "Tais toi."

Et il se tut...Des doigts vinrent toutefois claquer devant les yeux de Zvezdan. Ceux d'Ariane.

"Ma foi, t'es sûr que ça ira pour passer le reste de ma nuit éveillée?"


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Jeu 3 Nov - 1:04
- Je te l'avais bien dit que je me retrouve en elles, sur quelques points.

Oui, elle a bien raison d'être catégorique sur ce qu'elle veut ou ne veut pas, cette Teigne. Que ce soit au prix des convenances ou de la bonne image auprès d'autrui. D'autres auraient pu s'offusquer de ce trio de dents crochues venu me percer la peau. Moi non, il en faudrait plus. Puis... Puis ouais. Cette course, ce rappel à quelques souvenirs pour une fois doux... Heh. Ce n'est pas l'Oubli auquel j'ai d'abord aspiré en me déplaçant jusqu'ici, mais c'est peut-être bien mieux. C'est dur parfois, de se souvenir de ce qui est bon. Pour moi en tout cas. J'ai toujours eu cette tendance cynique à ne ressasser que le mauvais. Un petit coup de pouce pour se rappeler de plus agréables mémoires, ça n'a pas été de refus.

Je... Un silence. Nouveau rappel à la scène d'il y a quelques secondes, au sentiment qui s'y est joint. Encore une fois, cet air apaisé qui me passe sur le visage. Ca a fait effet, ouais. Je crois. C'est vrai que tu lui ressembles...

Une main s'approche écarter les quelques mèches improvisées gardiennes de cette jolie frimousse pour les passer derrière son oreille. D'un regard, je la détaille un peu plus, cette Ariane, comme pour confirmer les mots de plus tôt. Elle lui ressemble, oui. Danka. Son père et le mien étaient souvent collés ensembles, à ressasser leur vieille gloire guerrière et s'empiffrer de concert dès que quelque banquets étaient organisés. De bons amis, d'anciennes forces de la nature, autrefois brasiers, puis réduites à de simples étincelles vacillantes par le poids des années. Pourtant la flamme était bien vivace, à chaque fois qu'ils se mettaient à clamer leurs épopées guerrières. L'espace d'un conte, le temps d'un récit, les ancêtres revenaient à leur aura d'antan, drapés d'un voile de prestige guerrier. J'aimais les écouter, quand ils se mettaient à parler de ça. Danka moins. Elle préférait me traîner aller faire deux-trois filouteries aux quelques adultes dans ce genre de soirée. Tseh. Elle savait me prendre par les sentiments, oui. On s'est vite trouvé, sur ce goût à la moquerie.

De jeunes inconscients puérils, pas même au fait que leurs caprices ne sont tolérés que parce qu'ils portent un certain nom, vivent dans une certaine portion de la ville, bénéficient d'un certain statut hérité de leurs pères. On ne voyait que l'ennui de cette grande ville et les différents moyens de le combler. Dieu sait qu'il en faut pas, à un gosse. Surtout nous.

Je l'ai jamais revue, après la victoire des Byzantins. Moi, embarqué sur cette coque moisie, elle, restée sur place, sans que je ne sache une seconde ce qu'il est advenu d'elle.

La vague de souvenirs me vient dessus alors que je fais face à ce visage si proche d'un autre familiers. Lointain, mais familiers. Si proche ? Non, j'abuse peut-être un peu. Une brune avec des yeux couleur océan, c'était Danka aussi, oui. Ca s'arrête finalement là. C'est peut-être plus la situation qui me fait voir des sosies qui n'existent pas. Cette course à ses côtés, quelques gardes pour poursuivants, le tout sans jamais douter être intouchable. Un temps à me remémorer tout ça, sans un mot.

Faut croire que ça a agit à vitesse supérieure avec moi. Peut-être parce que j'avais envie de me rappeler de ce genre de souvenirs, au final. La nostalgie se dessine à mes lèvres, se devine dans ces yeux qui cessent de fixer le bleu des siens pour se perdre dans le vide. Je secoue la tête de droite à gauche, ferme les yeux puis les rouvre, retour à la réalité. Et j'espère bien qu'elle m'a mordue qu'au doigt, y a pas écrit casse-croûte de minuit-trente non pl-hééééé.

Ca gigote un peu, se renfrogne quand elle referme ses doigts sur mon menton pour faire se taire le moulin à parole. La mine boudeuse, carrément digne d'un gosse pourri gâté remis à sa place, je la laisse finir son affaire en silence, conscient que c'est pas facile de se concentrer sur l'affaire avec un perroquet qui débite à tout va juste au creux de son oreille. Mais... Mais ça me fait du bien, de jouer le marmot insouciant. Jouer ? Jouer... Non, d'être soi-même, au final. Pas de cette aura d'autorité à revêtir pour se faire entendre parmi la masse sanguinaire. Pas non plus de cette vigilance normalement de mise face à un éveillé inconnu, curieusement. Et pourtant, elle devrait être à son plus haut, cette vigilance. L'alcool, les souvenirs, l'ambiance, tout participe à l'endormir. Elle est là, à bien y réfléchir. Mais elle somnole, elle est terriblement amoindrie. Elle qui était pourtant à son plus haut lors des premiers échanges.

Un grand rire pour répondre aux protestations de l'Atlante. Autant plus grand pour répondre à l'observation sur les Berserkers. Je suis une petite chose fragile dont il faut prendre grand soin, voyons. Un sourire trop mielleux, à l'innocence trop feinte et trop forcée. Et comme pour inverser les rôles, c'est cette fois-ci mon doigt qui vient empêcher Ariane de prendre la parole, sous la forme d'un index posé sur ses lèvres suivi d'une parodie de désapprobation, tête secouée de gauche à droite. Tut tut tut, tu l'as dit, c'est moi qui ai voulu aider, bien fait pour ma pomme. Je lui en tiens pas rigueur, de toute façon. T'entends, toi ?

Le regard se déporte sur la Salamandre, apostrophée d'un ton plus fort. Certes, je n'ai d'habitude jamais eu droit à quelques hallucinations pour y faire supplément jusqu'ici, mais ce ne sera très certainement pas la première ni la dernière créature à planter ses crocs dans ma chair. Ni la plus dangereuse. Quoique...

Et les yeux reviennent vite vers l'Atlante, au début songeurs, puis finalement interrogateurs. J'ai merdé quelque part, moi. L'identifier, oui, le situer, non. J'ai perdu un peu de la rigueur habituelle avec laquelle je détaille et interprète en temps normal, ces dernières minutes. Trop occupé à reprendre mon souffle et réorganiser les mémoires résurgentes.

- Prochaine rencontre...

Peut-être avec cette fois-ci des ordres à suivre et des protections divines sur les épaules. Peut-être avec le Trident du Dieu des mers d'opposé au Glaive du Dieu de la Guerre. Peut-être pas. Mais la simple possibilité m'arrive à l'esprit, puis enfin au visage en une moue gênée.

- J'espère que les mots auront seulement leur place, ce jour venu. Un moment de flottement, suivi d'un rictus cynique. Les Dieux sont après tout de bien changeantes et capricieuses natures.

Elle fait surface pour la première fois ici, cette rengaine face au divin. Oh, venant de moi, le reproche du caprice et de l'instabilité prend une tournure bien hypocrite, oui. A ceci prés que ces traits de caractère n'engagent personne d'autre que moi. Moi et... Tseh. Pas l'humanité toute entière, au moins.

De nouveau, la tête secoue de droite à gauche, la volonté de passer à autre chose se fait ressentir. L'oreille quant à elle entend de quoi refréner cette envie. Les yeux de leur côté se rivent dans ceux d'Ariane. Cette fois-ci, ni jeu de séduction, ni tentative de percer, percevoir quoique ce soit. Non, rien de tout ça. Rien d'autre qu'une profonde empathie, rehaussée d'un ersatz de rage. Une rage sourde et silencieuse, visible qu'à l'éclat dans l'oeil, tant furieux que désolé. Une surprise amère au visage, et les pièces du puzzle qui s'assemblent. La Salamandre captive, le récent retour à une liberté tant attendue. Quel con.

- Je... Ne sais pas quoi dire. Une fois de plus. Récente, cette libération ? Les Tributs, enchaînés il y a cinq ans de cela maintenant... Elle est jeune, Ariane. Trop jeune. Trop... Je reviens à cette réflexion, ce constat fait à soi-même plus d'une fois. Ils aiment les briser jeunes, leurs marionnettes, ces cruels Dieux. Les envoyer au front, pas même adultes, face à une mort certaine. Les négocier comme Tribut en échange d'une paix relative. Une vie captive pour ça. Pour précéder le maladroit silence d'après mon hésitation, un grognement, pas étouffé pour un sou cette fois-ci. Le poing posé sur mon genou se serre, jointures blanchies, un tremblement qui passe, s'éternise, s'intensifie. Pendant que tout ça se fait, le récit se continue. « Pas si différents. »

- J'en viendrai presque à envier le recul dont tu fais preuve.

Presque. Car si mon esprit acquiesce à ses propos, mon cœur lui leur crache au visage d'un air méprisant. Tu devrais plutôt les haïr, ces sales chiens. Se faire voler cinq années de sa vie pour le bon plaisir de quelques connards sûrs de leur vertu, parés de leur si cher or à clamer leur amour pour leur si chère Athéna... C'est finalement là que les maux de tête ont commencés. Puis la chute, puis les jurons. Puis le retour à un peu plus de calme. J'en ai pas fini avec toi, Ariane. Tu m'as attiré, tu m'as amusé, t'as fait s'éveiller curiosité et doutes, euphorie et nostalgie. Et à cette palette déjà bien fournie, tu viens d'ajouter la peine. Une peine furieuse. Silencieusement, sans que ce soit encore explicité, un spleen sympathique à son égard. Une introspection, une question qui se pose. Et si j'avais été à sa place. Heh. Non, ils n'auraient pas eu le luxe de me garder vivant, ces fils de pute. L'idée même me fait sourire d'un rictus mauvais

C'est une invitation ? Mauvais, puis finalement taquin. Ma part curieuse serait bien emballée par l'idée d'une visite à Atlantis. Peut-être un jour. Pour parler. Ou pour brûler. Changeantes et capricieuses divinités.
Une démarche qui devient plus facile avec le soutien d'Ariane, un mal de tête qui tend à s'estomper. Une oreille distraite d'accordée à sa question, une réponse qui met du temps à arriver. Heeeeu... Pas v- La Taverne. Moui, j'imagine. Dans le pire des cas, ce seront d'autres gardes croisés en chemin et... Rictus, de nouveau. Ça me v' Mais. Mais j'ai mon mot à dire à la fin, oui? Fausse protestation, encore. Un rire. Bah, à qui je vais faire croire que c'était pas mon idée de base... Quitte à ne plus marcher droit, autant que ce soit dans un lieu qui s'y prête. Et toi, tu dors à la belle étoile ?

Quelques pas dans les ruelles, rues, une seconde capuche de remontée sur une seconde tête, précaution habituelle. Suffirait qu'on retombe sur les mêmes gardes... Mais non. Le chemin retour jusqu'à la taverne se fait bien. Arrivé sur place, une voix éraillée qui se fait entendre. Irritante.

Chiante.

Une veine à la tempe, les yeux qui se ferment alors que la bouche s'ouvre en grand.

- Ta gueuuuuuuuuuuule, le vieux...

Une remarque balancée à voix haute, d'une voix qui traîne, qui sent l'alcool. Une remarque qui me vaut quelques regards, dont celui du concerné. J'y fais à peine attention, pas en état pour bien m'en rendre compte. Un voile de flou me tombe sur les yeux jusqu'à ce que quelques doigts viennent y claquer. Un léger sursaut. C'est que ça agit plus que je le pensais, cette morsure...

- Donne-moi trente secondes.

Les paupières se ferment, puis je me redresse, plutôt que de continuer à être à moitié tenu debout par l'Atlante. Une grande inspiration, puis une émanation de Cosmos visible seule d'un autre éveillé. Oublie la morsure, Zvezdan. C'est rien. Ce ne sont que les crocs d'une énième créature bénigne, inoffensive. Rien de plus. Quelques marques sur ta peau, et c'est tout. Je me le répète plusieurs fois, oublie le reste. Et peu à peu, le tournis disparaît. Quand je rouvre les yeux, c'est pour voir la taverne comme je l'ai vue quand j'y suis rentré la première fois. Sans le filtre de flou pour s'y superposer. Avec ceci dit une animation encore renouvelée, maintenant que l'heure s'est avancée. Un sourire satisfait se colle à mes lèvres.

- Maintenant ça ira, oui !

Un panache renouvelé, une soif réaffirmée après avoir dû courir comme un lapin face aux champions de la traque de dehors. Sans l'effet de la morsure pour s'y ajouter, j'suis juste un peu plus guilleret que la normale, niveau alcool... Bah, un ou deux verres de plus, ça va pas me tuer. Comme à notre départ, la musique règne, toutefois plus rythmée, maintenant. Instinctif, ma tête se met à dodeliner au gré des notes, les doigts claquent à l'unisson avec l'air joué.Le souvenir des banquets, encore une fois, de ces fêtes que les nobles aimaient se donner à Carthage. Cette soirée est décidément placée sous le signe des mémoires... Heureuses et douces plus que douloureuses. A ce rappel, je me détends encore un peu plus, l'air apaisé. Des questions viendront bien assez tôt pour celle que je sais maintenant Tribut, mais plus tard.

- Tu viens ?

Et cette fois-ci encore, rôles inversés, ma main qui se lie à la sienne pour la traîner jusque vers le comptoir d'une démarche dansante, toujours cette espèce d'osmose avec la musique. Arrivé devant le tavernier, ce sont deux verres de commandés, sans demander son avis à Ariane au préalable. Pas comme si ça allait finir perdu au cas-où elle en veut pas. La pensée m'arrache un soufflement de nez. Et je reste là, penché en avant sur ce comptoir, les cinq doigt d'une main qui jouent le rythme des cordes tandis que le pied tape le bois de la taverne en même temps que les percussions résonnent. Les verres arrivent bien vite, la descente se fait tout aussi rapide. Un regard en coin vers la Générale.

- Alors dis-moi, qu'auras-tu à lui dire, à cet ami d'un océan opposé ? Ce sera quoi, le compte-rendu de ta visite sur « nos terres» ?

La question est posée avec une curiosité espiègle de palpable, tant dans la voix que dans le regard.

- Tseh. C'est dommage que tu n'aies croisé qu'un seul spécimen, ceci dit. Quelques secondes de silence. Quoique. Un seul, n'est-ce pas ?

Connaissant « les autres », j'aurais vite eu fait d'en entendre parler, s'il en était autrement. Mais... Mais je partirai sûrement pour ne pas parler de cette rencontre aux miens. Partant de ce constat...

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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Dim 6 Nov - 19:50
Tut tut tut, tu l'as dit, c'est moi qui ai voulu aider, bien fait pour ma pomme. Je lui en tiens pas rigueur, de toute façon. T'entends, toi ?

A cette parole, la gorge de la Salamandre se gonfla très légèrement, pour finalement expirer l'air comme seule et unique réponse donnée. Quant à la demoiselle, celle-ci resta complètement de marbre. Ressembler à qui? A quelqu'un du passé? A Teigne? Cela n'avait peut-être pas d'importance, ce n'était là que la démence d'un cardinal qui, toutefois, participait à sa curiosité. Les mots lui semblaient s'échapper comme un souffle.

"...A qui?"

C'était une question dont elle n'aurait peut-être pas la réponse...Mais la voulait-elle seulement? Elle était comme ces Lyumnades, à écouter le malheureux hère égaré, accouder contre la terre humide de son lac, à la différence qu'elle ne le dévorerait pas. Et tout en observant patiemment la gueule de la bestiole, son soupir se fit léger mais bien présent.

De toute façon, le jeune homme venait de la couper dans ses paroles, rien de ce qu'elle ne dirait pourrait le briser de ses agréables souvenirs. Pas même l'attente d'une prochaine rencontre. Pas même les flatteries rendues.

C'était là tout l'attrait de cette compétence, dont la Guerre en était la proie. Mais d'une manière moins inquiétante que prévu. "Oh, tu peux sourire, Zvezdan. Rares sont ceux qui peuvent en bénéficier sans y perdre quelque chose en retour."

Une bien naïve promesse d'une prochaine rencontre, auquel seule sa main tapotant légèrement le dos du jeune homme semblait y répondre. Ariane le soutenait par son épaule, dans la rue, n'osant prononcer un mot qui briserait leur berceuse, ce silence. Oh, elle aurait pu: sa condition de tribut, pourtant si critiquée depuis son retour, était bel et bien mise en jeu, mais. pas remis en cause. Pas explicitement, mais les mots parlaient, et si le Cardinal hochait vivement de la tête, les pensées avaient cette tendance à différer, oui, si facilement. Un faible sourire éclaircissait les traits de l'ancienne prisonnière. Pas de la meilleure des façons, cette fois-ci.

Elle-même savait son devoir, le poursuivait en suivant quelques ordres respectés. Un peu comme Zvezdan. Mais face à son retour, Ariane se sentait perdue entre la réalité des remarques et ce qu'elle ressentait. Quel était son mal? Sa potentielle cruauté? Son avidité pour certains savoirs? Accentuer la libération ou la condamnation des coupables. Non, rien de tout cela.

La survie. Un peu comme Zvezdan. Le besoin d'oublier, de les haïr par un élan naturel mais irraisonné, puis de s'identifier à eux pour ne pas perdre complètement la tête. Aucune vie n'avait de sens, aucune n'avait véritablement d'importance excepté la place dans le "tout", il n'y avait pas de distinctions entre eux et elle, sauf un sourire. Observer le Vandale s'appuyer contre son épaule la confortait de cette idée, une idée qu'elle n'assumait toutefois pas entièrement, à la voir tapoter ce dos amicalement avec le goût du soucis.

Maintenant qu'elle était libérée, on lui demandait de changer ce comportement à la fois sauvage et anesthésié. Cette soirée passée lui disait pourtant que cela n'avait aucune importance, si tant était que l'on s'amusait. Un sourire entendu s'en échappa pourtant au moment où il la tira de ses pensées.

"Oui, ça aurait été une invitation mon beau Cardinal..." Ariane marqua une pause, joua sur la proximité de l'aide qu'elle lui offrait avant d'éclater de rire. "...Si tu étais atlante."

Oh, elle devait arrêter ce rire. Quitte à reprendre un autre ton, ou de lui accorder un caractère plus froid. Mais reculer lui semblait bien futile, inutile et puérile, surtout maintenant que son regard des abysses avait bien terminé par percevoir un peu le fond de son âme. "Mais juste un peu." Enfin, peut-être oublierait-il tout de leurs conversations, au vu des effets intéressants du venin de la Teigne? Tout dépendait si Zvezdan en était aussi habitué que ces nuits passées à la belle étoile dont il parlait et demandait son avis.

Il y avait eu Rodorio, une habitation, et parfois la belle étoile oui. Songeant à sa réponse, elle estima qu'il était un peu tôt pour elle de se prononcer sur ses préférences, mais du peu de son vécu, les mots filèrent bien rapidement. Comme toujours.

"Hmmm, et bien je prends les auberges quand il y en a en chemin, sinon pas le choix, mais c'est peut-être mieux pour Teigne. Mais...Je suppose que se perdre dans les étoiles doit être un sentiment autrement agréable que celui de contempler les créatures marines en guise de ciel. Un sentiment d'infinité...Peut-être même de quoi nous faire complexer d'être si petits."


Ariane avait pris quelques secondes de répit avant de pénétrer de nouveau dans la taverne, vide de ses gardes. L'accueil n'avait rien à envier à celui de la dernière fois, exceptée pour ce vieillard qui venait de la boucler, et pour ce puissants soldats d'Arès pendu à son épaule. Dodelinant de la tête, la brune allait lui offrir un banc, pour finalement sentir Zvezdan reprendre de ses forces à ses côtés. En pleine forme, littéralement. D'un regard interrogateur, ses paroles prolongèrent son impression.

"...T'as fait comment?"


Oui, comment? Quelques minutes plus tôt, le malaise et la confusion rythmaient ses pas, et voilà que désormais, un homme légèrement enivré mais parfaitement normal lui faisait face. Oh, Ariane doutait que son interrogation ait quitté son visage. Peu de guerriers pouvait se vanter d'outrepasser le venin hallucinogène de Teigne, lorsque les effets étaient aussi forts que sur le Cardinal. Et pourtant, la musique environnante semblait donner leur symphonie, les reporter de nouveau autour d'un éventuel verre qu'elle savait de trop. Pour elle du moins. Un alcool que la brune ne refusa pas.

"Il y en aura pas, de compte-rendu. Malgré tout, l'Océan Arctique le prendrait mal; et je ne suis pas vraiment censée sympathiser avec un guerrier d'Arès...Si tu vois ce que je veux dire."
Aucun blasphème n'était réellement prononcée. C'était là un fait: le Kraken était une personne exigeante que la générale ne connaissait que trop bien. "Je n'ai pas eu le temps de converser avec la Famine au Sanctuaire, ni même de la connaître...A dire vrai, le naturel me faisait défaut, à ce moment-là. J'aurais peut-être dû mieux m'adapter sur ce point-ci, je ne l'ai compris qu'en foulant de nouveau Francie... J'ai voyagé ces derniers jours par moi-même en...eh bien, disons-le. En profitant des ordres non données, me permettant d'y rencontrer également quelques villes et quelques personnes. Pour être honnête, celles-là me semblaient les plus belles du monde. Ca change, c'est revigorant, mais...ça me perd également."

Parler de cela éveillait à la fois frayeur et fourberie malicieuse. Si elle avait réussi à s'échapper, la chance n'avait pas souri à tout le monde. L'air frais de Francie portait l'admiration de la jeune femme, la perdait également dans ses habitudes et ses sentiments. Perdue oui, jusqu'à ce que le bruit d'un verre servi claqua sèchement sur la table. Un verre qu'elle ne refusa pas, à la voix éveillée de son serveur.

"C'est pour vous petite dame."

Hochement de tête. Sa main se porta à ce verre, et ce verre se porta à ses lèvres. Ce fut à ce moment-ci, après sa première gorgée, qu'elle avoua à demi-mot, embarrassée, son léger revirement de pensées. Ca ne le regardait pas, mais la brune ne le détestait pas. Le trouvait même sympathique et respectueux, plus que les autres. L'idée qu'il puisse la comprendre effleura son esprit quelques secondes, à tord ou à raison. Seul l'avenir saurait confirmer son excès de confiance.

"C'est la première fois que j'en parle à quelqu'un et...Je ne suis pas sûr que ça soit pourtant très pertinent hm."

Joue accoudée sur sa main, son regard dévala une fois sur Zvezdan, de ses yeux noirs à son menton, pour finalement observer la taverne, animée par l'ivresse et la joie des hommes. Certains riaient à grand éclat, d'autres sifflaient pour diverses raisons, dans tout les sens du terme et enfin, quelques bons danseurs semblaient se narguer dans leur taux d'ébriété. Mais les danses traditionnelles étaient différentes, en Transylvanie, bien différente de sa petite Francie et de Rodorio. L'envie et l'éclat pétillant du regard turquoise parut comme quémander l'instant suivi.

"Tu sais danser?"





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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Lun 7 Nov - 13:46
- Ouais, c'est ça, comme tu dis.

Ces quelques mots en guise de réponse à la démonstration de Teigne, sortis d'un ton léger. Puis le retour vers les mémoires, lorsque Ariane pose la question. Évidemment qu'elle poserait la question. Je ne peux décemment pas continuer à poser de petits cailloux sur le chemin pour guider sa curiosité et à chaque fois finir par ultimement mener vers une impasse, ça au lieu de l'annoncé fragment d'histoire. Non, c'en deviendrait irritant, à force.

- Une amie. C'est d'abord dit comme ça, sans expliciter quelques secondes, cet air rêveur qui revient une énième fois à mes traits. Une amie d'enfance. Danka. On... Heh. Pour faire court, c'est loin d'être la première fois que je m'amuse à semer quelques poursuivants aux côtés d'une jeune brune aux yeux couleur océan.

Le sourire se renforce encore. Ou plutôt, mue en une nostalgie plus amère.

- à l'époque aussi, on était intouchable. Grâce à nos petites jambes agiles, oui, mais surtout grâce à nos noms. Nos pairs. Nos titres. Et sois sûre qu'on en profitait pleinement, de cette immunité. Oh que oui. Capricieux petits êtres pourris gâtés, sans mauvais fond aucun, plus attendrissants qu'harassants dans leur malice. Quoique. L'innocence peut prendre une forme bien cruelle, chez l'enfant trop peu conscient des choses de la morale. Le genre de souvenir qui laisse tant le goût des cendres en bouche que l'étreinte d'un contact familier sur la peau.

Les cendres d'un peuple réduit à l'état de ruine, interdit à la renaissance par le feu du phœnix des légendes. L'étreinte d'un fantôme de cette grande famille éteinte, fugace retour au monde réel par le biais du monde des rêves. Des illusions et des mirages. Ne sommes nous donc pas tous deux très bien placés pour savoir comme réel et factice se mêlent en une danse parfois troublante ? L'un se confond avec l'autre, devient l'autre. A la fois immuable et changeant comme rien ne peut l'être davantage.

Immuable, ce silence d'après la révélation. Le Tribut. Changeante, l’atmosphère autour des deux voyageurs que nous sommes. Ceux qui voyagent tant les terres que les esprits, les souvenirs. Heh. Douce ironie, que de se rendre compte que le voyage le plus dangereux est souvent celui au cœur de soi-même. Moins réticent à entrer chez autrui qu'à entrer chez soi... Comme quoi Zvezdan, tu l'as très bien dit plus tôt : La sédentarisation n'a pas été notre meilleure idée.

Pourtant ici, c'est bien chez l'Atlante que je n'ose pas entrer. Tribut... Il est parlant ce silence, oui, bien plus que n'importe quel autre discours. Il est parlant car il est nouveau. Et j'en suis bien conscient. J'aime trop tout commenter, et rester silencieux sur ce point bien précis... Elle s'en rendra compte, oui. Ce n'est pas bien dur à deviner, et je la devine douée à percevoir ce genre de choses. Le silence sur le Sanctuaire et ce qui l'entoure, il n'est pas anodin. Et pas une seconde ne me vient l'idée de le briser. Pas maintenant. Le souci de ne pas la ramener à ce qui n'a que peu de chances d'être un souvenir agréable. Le souci de ne pas me ramener à un sujet qui n'a que très peu de chances de voir subsister ce sourire à mes lèvres.

Doucement, sans que ça prenne une dimension envahissante, mon étreinte prés de son épaule se fait plus ferme, sans rien d'autre sur le visage pour trahir l'empathie que traduit le geste. J'aurais pu devenir Tribut, moi aussi, en un sens. Tribut pour les Byzantins. Esclave pour les officiers. Qu'est-ce que je serais devenu sans cette mutinerie... Un sort qui me fait froid dans le dos. Peut-être qu'elle se serait calmée, cette hargne. Je serais devenu un bon toutou bien docile, à baisser les yeux, faire oui de la tête, tout accepter, même le pire. Un venin de dégoût me monte à la gorge à cette simple idée.

Un venin calmé en un curieux paradoxe par la propriétaire de la Teigne venimeuse. Un haussement d'épaules, rictus goguenard à l'appui.

- Oooowh, dommage. J'irais bien te proposer d'être hôte plutôt qu'invité mais...

La phrase ne se finira jamais, si ce n'est par un sourire entendu, similaire au sien d'un peu plus tôt. Oui, je doute que toi comme moi soyons très emballés par l'idée d'une visite du Dédale. Tseh. Non, à choisir je préfère encore la couverture improvisée d'un ciel étoilé, comme tu en parles. Un espèce d'attrait pour l'inconnu, à entendre seulement l'idée d'un au-dessus fait de fonds marins, de créatures aquatiques en fiers remplaçants des nuages.

Ouais, de quoi nous faire complexer d'être si petits...

Un sourire niais, une plaisanterie de mauvais goût qui me passe à l'esprit. Ouais, une autre. Le sourire devient un rire solitaire, une main passe devant le visage. Le luxe de la bêtise, aussi.

- Je serais tout de même curieux de voir un ciel d'Atlante. Les étoiles... Hm. C'est comme tu dis, on a vite fait de se sentir bien minuscule face à l'infinité. Un peu comme face aux Dieux. Il est là pour nous le rappeler, ce ciel fait d’inatteignable. Ces points de lumière trop haut pour le commun des mortels, trop loin, trop... Tout.

Tseh. Oh, je crois que c'est encore le sourire le plus plein que j'ai pu lui accorder de la soirée, quand elle me regarde avec ces yeux ronds. L'entrée dans la taverne, la question de cette morsure et de ses effets qui se pose, puis la solution. Bien étrange à quelques yeux extérieurs, oui. Aaaah, si simple mais si drôle, cet air ahuri qu'elle me lance.

- Oh tu sais, à force de jouer l'illusionniste... Un silence, une moue qui pense, l'index sur les lèvres, songeur. Bah, disons que j'ai berné la réalité ?

Un clin d’œil équivoque, tout joyeux, et l'avancée jusque vers le comptoir. Les verres de commandés, l'attente, l'écoute. Je m'esclaffe doucement à la première réplique. Je ne suis pas vraiment censé sympathiser avec une guerrière de Poséidon non plus, si tu veux tout savoir. Pas plus que je suis censé être si peu regardant sur sa venue si loin dans nos terres.

C'est d'une naïveté navrante, mais... J'étais parti pour n'être que Zvezdan, aujourd'hui. Sans titre ni responsabilité. J'ai décidé que tu serais Ariane, toi aussi. Juste Ariane.


Peut-être ce pari insensé aura vite fait de se transformer en une malheureuse erreur, avec les jours et les semaines qui passeront. Ou bien pas du tout. Je devrai perdre cette sale habitude de jouer trop de choses au dé...

Et j'écoute la suite, l'air moins léger, puisque l'on revient à l'Ariane Tribut. De nouveau, ce regard qui fixe, plus réservé, pourtant. Le sujet, encore et toujours. Lorsque mon verre arrive, j'y porte rapidement les lèvres, me laisse le temps de la dégustation pour penser ce qu'elle me dit. Débarrassé de cette attitude pleine de légèreté, je déporte mon regard vers elle.

- Au risque de te répondre par une phrase toute faite, c'est parfois en se perdant qu'on finit enfin par se retrouver. Nouvelle gorgée, l'air plus amer sur ce sujet. Ce que tu as pu vivre au Sanctuaire... Je ne te dirais pas « très bien comprendre ce que tu ressens », ce serait hypocrite. Mais... a ma manière, j'ai failli être Tribut. Jeune, très jeune. Rien à voir avec les affaires de là-haut. Je dis ça en levant doucement le bras, index pointé vers le plafond, ultimement vers le ciel. Ma plus grande peur alors que ça s'annonçait, c'était de me perdre. De devenir ce que « les autres » auraient fait de moi. Oublier d'où je viens, qui je suis, ce que je veux. N'être que le Tribut. Le prisonnier. Rien de plus, rien de moins. J'y ai réchappé. Mais j'ai tout de même eu peur de me perdre.Parce qu'au final, une fois sauvé de ça, il ne me restait plus rien. De ce que je viens comme de ce que je suis. Alors il a fallu se reconstruire sur la base de ce que je veux.

Un sujet d'habitude sensible, mais que j'arrive à entamer avec un naturel qui me surprend moi-même. C'est dit en toute lucidité, sans l'habituel ressenti qui monte à la simple mention de la chose.

- C'est bien peu de chose, un homme. C'est simple. Prends-lui ce qu'il est, d'où il vient, ce qu'il possède, et ce qu'il voudra, ce sera rendre la pareille au voleur. C'est... Silence. Un constat qui se fait, silencieux, mélancolique. C'est une façon de ne pas se perdre, je crois. D'éviter la dérive. Pourtant... Pourtant combien ai-je perdu de ce que j'étais de base à cause de... « tout ça ». Heh. Ca peut au contraire accélérer le processus, oui.

Profite donc des ordres non-donnés, des choses nouvelles et de la liberté. Après cinq ans... Le poing se serre. Abruti Profite. Si tu sais ce que tu as à faire, profite sans perdre ça de vue. Si tu ne sais pas... Eh bien, profite pour trouver. Mais avant tout, là maintenant, profite pour souffler. T'as été au centre de ce bordel assez longtemps pour t'offrir le luxe de t'en éloigner au moins un temps. Tseh, regarde, si même moi j'me le permets...

Un rire, et de nouveau, le rythme de la musique de tapé du doigt comme du talon, retour à cette taverne. Perturbé, tout de même. Par mes propres mots. Analyser si froidement ces choses qui d'habitude me mettent dans tous mes états... Humpf.

Perdu dans cette introspection, il n'y a que la question d'Ariane pour m'en sortir. Un éclat intéressé passe dans mes pupilles, écho à celui qui s'est animé dans les siennes. D'une traite, ce qui restait dans mon verre finit ingurgité en une longue et unique gorgée. L'objet claque encore sur la table, plus fort cette fois-ci. Une simple main tendue en avant, avec au visage un air autant enjôleur qu'amusé.

- Ne coupe donc pas de la sorte l'herbe sous le pied d'un homme proche de l'ivresse, ce serait risquer de le voir perdre de nouveau l'équilibre. et au jeu des morsures, j'ai déjà eu assez de Teigne et de la poussière pour ne pas en plus y ajouter le bois d'une taverne peuplée. Si mademoiselle veut bien me prêter cette main...

Une révérence théâtrale, bien basse et exagérée, une voix chaude quoiqu'un poil gouailleuse. Et lorsque la main tendue est acceptée, quelques pas vers dans mon dos, sans la quitter des yeux, sans me retourner. Vers là où ils dansent, chantent et s'enivrent, ces clients en quête de débauche. Deux nouvelles silhouettes s'invitent au milieu d'autres duos. La musique joue un rythme pour le moment encore rapide. Alors la main qui jusqu'ici était attelée à traîner jusque vers ici se lie plus fermement à la sienne, tandis que la seconde vient l'enserrer à la hanche. Cette fois-ci sans Salamandre pour s'offusquer du geste et agir en conséquence. J'espère.

Un pas en avant, et les corps se collent l'un à l'autre. Une pensée m'arrive finalement, et avec elle, un léger soufflement de nez. Je vais prendre un risque et supposer que quelques jours n'ont pas suffit à faire de toi une incollable sur la danse d'ici, hein? Bien heureusement, je me suis permis assez de ce genre de sorties improvisées en cinq ans de calme plat pour y être relativement versé. Suis le guide, ça viendra vite.

***

Il le faudra bien, vu le moment choisi pour s'immiscer dans la chorégraphie. Le Vandale ne laisse pas plus de temps de répit à l'Atlante et entame sur un rythme effréné, fort d'un jeu de jambes habile et d'un sens du rythme affuté. Sans être danseur né, le jeune homme a à la fois des facilités et de l'expérience, et si l'alcool aurait pu participer à ajouter l'ombre de quelques pas maladroits au tableau, il n'en est rien. Sa dextre se montre à la fois délicate et assurée dans sa prise, comme l'est sa façon de mener la danse. Assez de liberté pour qu'Ariane apprenne d'elle-même sans négliger son rôle de guide pour autant. Ca l'amuse, de s'improviser mentor comme ça, le temps d'une danse. Ca se voit.

Il l'aime, ce rythme endiablé. Ca en essoufflerait plus d'un, pas cette boule d'énergie. Se perdre dans la danse, se noyer dans le turquoise, s'oublier dans l'alcool. Trio gagnant. Trio dangereux. Trio tentant, malgré tout. La cadence reste rapide encore quelques minutes, puis doucement, ça descend, se fait plus calme, adouci. Le souffle un peu plus court, et un second pas en avant, maintenant que la musique est moins frénétique. Un mouvement de tête pour dégager les quelques mèches descendues devant les yeux sous trop de mouvement, le Vandale profite de l'instant.Il pense. Tant et si bien que cette question qui lui brûle le bout de la langue finit par sortir.

- Est-ce que tu comptes te perdre encore longtemps avant de retrouver le chemin vers les fonds marins? Tu vois, j'ai le sens de l'orientation de quelques peu défectueux de mon côté aussi, dernièrement. Du mal à retrouver le Dédale...

La phrase est laissée en suspend, ponctuée d'un regard qui se charge bien de finir ce que les mots ne disent pas, habité de cette lueur malicieuse. Et la danse pour imiter cette phrase refuse elle aussi de se terminer.

Une pensée pour le Dédale et Ludmila, chargée de garder les troupes en son absence. Taxe coups de hache dans le buffet, ma grande. Tu vas bien pouvoir me rendre ce service encore un petit temps, hm?
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Mer 9 Nov - 23:59
Une amie. Le mot était étrange, il résonnait contre les murs, tout comme un fantôme égaré. Mais le compliment ne revenait pas véritablement à sa personne, Ariane le savait. Ariane le comprenait. Après tout, elle était le Souvenir. Et ce fut la magie de la nostalgie qui amena une douce association entre cette petite fille qu'il avait connu jadis, et cette fascination que le Cardinal avait pour ses yeux bleus, verts, une turquoise partagée. Pourtant, la brune n'en était pas peinée, et se contenta de sourire légèrement à ce partage et peut-être bien, à la considération qu'il venait de lui faire.

Amie...Danka.

Mais qu'était-elle devenue, cette Danka? Chacune de ces deux personnes mêlaient à la fois l'aveu et le silence, osait puis se retenait au dernier moment. Un moment de respect aussi réciproque que celui-ci était bien rare pour la générale. S'évader, s'en tirer...Ce n'était pas quelque chose que tout le monde pouvait connaître, encore moins celui de se cacher derrière un titre. Un luxe qu'elle n'imaginait peut-être pas de la part de Zvezdan. Elle en reparlerait sûrement, pendant la danse. Après tout, il y avait là un point commun entre eux deux, qu'elle partageait à peu près.

A peu près...

Devant la taverne, face au verre rempli d'un alcool fort et brun, le fil de ses pensées se détaillait autant que ce froncement de sourcils, naturel et nostalgique. Il était venu temporairement se former sur son visage, comme pour marquer son hésitation. Oui, disons le temps d'une considération. Dans ses jeunes mémoires, il lui semblait que cette période de petite fille pourrie gâtée était avant ce feu. "Le feu de joie". La flamme de l'ignorance. Secouée par quelques tremblements, parler des étoiles la remit à sa place, dans une réalité beaucoup plus douce et un peu plus folle. Lui aussi, soudainement, presque droit comme un I et en pleine forme, semblaient mieux se tenir désormais. Ariane apprécia la considération qu'il venait de lui faire, cette proposition plus innocente, mais qui la ramenait à cette fameuse période où les prières s'étaient accumulés pour redevenir générale. En vain jusqu'à ce dernier mois. Une délicate attention qui, autour d'un verre, passa pourtant très bien et cueillit un sourire attendri sur ses lèvres.

"Tu as bien de la chance, de berner ainsi la réalité...Tout bon illusionniste s'en damnerait bien rapidement pour avoir un tel rendu..."

Un grand pouvoir, qui attirait certainement les regards admiratifs et envieux de ses pairs, Ariane n'en doutait pas. Et c'était déjà beaucoup, pour quelqu'un qui, dans une taverne perdue, parlait des étoiles comme il évoquait les dieux. Assise sur son tabouret, Ariane écoutait sagement la discussion devenue un peu plus sombre à la simple évocation du mot. "Tribut"...

Zvezdan avait certainement une revanche à prendre, sur ce qui lui avait été pris. Elle le comprenait bien, et son aveu était parfaitement compréhensible pour l'ancienne prisonnière. Toutefois, l'ironie marqua ses traits, pensant à ce que le jeune homme aurait pu être, en tant que prisonnier non éveillé. Peu de choses, peut-être moins importante qu'elle ne l'avait été aux yeux des Saints. Ca aurait pu être pire, comme mauvais traitements. Ariane n'osa pas le redire.

"Heureusement, que tu as veillé à ne pas l'être. Tu aurais perdu ce que tu avais, en plus du temps passé dans une cage à te rendre bien docile, comme un canari...Se retrouver me parait chose bien difficile sans aucun repère."
Ce qui n'était pas véritablement son cas. En théorie, il y avait encore Hassan, dans le Temple. Et puis Liao. Et peut-être qu'un jour, à son tour, elle saurait guider quelqu'un. De loin, sans attachement particulier, de façon sincère. Du fond de son cœur, elle l'espérait. C'était là le seul élément prévu depuis le début. Car il y avait des moments où entre Saints et Marinas, la distinction en était devenue confuse. Là, mais confuse. Juste pour souhaiter être "normale". Le cas de Zvezdan était certainement différent, il avait en quelque sorte trouvé sa voie. Et ce fut d'un regard pensif qu'elle contemplait la volonté de son parcours. Ariane n'aurait su dire s'il se sentait mieux ou non, du chemin qu'il avait pris. Toutefois, elle le percevait ici. Et c'était déjà pas trop mal... "L'ambition te va bien, dans le fond. Plus que tu ne le crois, je pense. Quand bien même tu sembles rire de ta situation...J'espère que tu apprécies ce pour quoi tu te bats. Des hommes comme toi le mériteraient bien."

Pas tout le monde pouvait se vanter d'en échapper, de ce fardeau, du sacrifice des perdants. Mais cette condition de tribut était parfois un choix. Parce qu'il n'y avait pas d'autres solutions. Pourtant, maintenant qu'elle était libre, son devoir attendait certainement, mais l'espoir de voir ses contraintes diminuer d'intensité était toujours là. Profiter de cet instant...Oh, c'était déjà le cas. Le cardinal l'encourageait en un sens. Il n'essayait pas de la juger, de deviner ses pensées, la simplicité se dégageait de leur conversation et c'était en cela appréciable.

"Hmm. C'est ce que je compte faire, profiter, si je reste intouchable."

La brune passa une main dans ses cheveux, aérant un peu son cou comme pour promettre ce qu'elle venait dire. Elle veillerait à ne pas tomber trop rapidement. C'était du moins ce qu'elle pensait. La réaction fut plutôt flagrante, à proprement parlé. Probablement avait-il conclu bien vite ses propos et même si elle le comprenait, jamais Ariane ne se soumettrait véritablement à cette inéluctable sensation d'entrave. Celle qui les empêchait de penser que les être humains étaient peut-être plus libre vis-à-vis des dieux qu'ils ne le pensaient. Peut-être pas de leur destin, non. Mais des dieux, si.

"N'envie pas trop l'infini. L'infini a besoin de nous pour se sentir grand, sinon il ne serait pas appelé ainsi. La banalité l'aurait tué. Alors, moque toi un peu de lui silencieusement tant que tu le peux, il te le rendra certainement bien...Je suis sûr que ce genre de challenge doit bouleverser son quotidien et le faire exulter d'exhiber sa force. Personnellement, je ne lui ferai pas le plaisir de l'envier et de lui concéder directement la victoire. Je l'admire parfois, dans mes bonnes heures, et puis c'est tout."


Les dieux n'en demandaient pas plus en apparence, tout comme elle quémandait presque l'une de ces danses qu'un bon nombre de soiffards poursuivait avec légèreté ou grossièreté actuellement. Et lorsqu'une main lui fut tendue, en l'occurrence celle du Vandale, Ariane l'accepta, scella l'accord en enserrant ses doigts dans les siens. A petites enjambées, ils étaient déjà partis pour rejoindre d'autres duos ou solo, où elle hocha de la tête, suivi les conseils, s'approcha du jeune homme pour le laisser l'observer ces yeux qui lui faisaient penser à son amie d'enfance.

Et en une danse, les yeux semblaient tout à coup prendre mille et une signification. Ariane se demandait s'il pouvait lire en elle comme elle lisait dans celui des autres. La générale en doutait. Et à dire vrai, elle préférait continuer à en douter jusqu'au bout. Il existait des pensées qu'il valait mieux ne pas découvrir. En cela, leur nouvelle activité était pourtant réputée pour être un moyen de communication fort lorsqu'un duo parvient à se comprendre. Oui, à suivre leur pas, dont le Cardinal s'était fait meneur.

"Peut-être est-ce en cela que je me suis perdue. Parce que je suis capable de ressentir, mais apprécier, vraiment apprécier, c'est une folie, hypocrite. L'amour est égoïste. Qu'il soit filiale, amical, universel ou amoureux...Il n'est là, que parce qu'on a besoin de lui. Que parce que, peu importe la cage où l'on reste en captivité comme un simple canari jaune, cela orne nos souvenirs, nous pousse à l'erreur, mais nous aide à avoir ce peu d'importance, la chose nécessaire. Ce qui fait que notre réflexion est encore un peu éclairée. Ou non d'ailleurs. Mais cette simple, minuscule petite considération dans les yeux de quelqu'un est celle qui nous pousse à aller de l'avant. Peu importe son identité. Peu importe si nous devenons une honte de l'un ou l'autre côté. Ces considérations sont des interdits pour moi."

Elle lui sourit à distance, s'inclina légèrement avant d'examiner les gestes de son partenaire, visualisant les sauts, les claquements de pieds, les jeux de jambes, le mouvement des bras qui se perdaient dans une transe effrénée, gracieuse mais précise et calculés. Les bras et les mains tendus, jambes fines mais musclées, elle glissa comme sur de la glace, sauta, tourna sur elle-même, sentant ses ongles frotter un vent fuyant et intouchable, ses ongles déchirer un voile invisible à mesure que son cœur battait à chacune des impulsions de la musique. Nul doute qu'Ariane savait parfaitement copier ce qu'elle percevait, malgré quelques ratés maladroits dans ses débuts ou par l'alcool. Et le rythme changea, lui ordonnant de faire face au Cardinal, présentant petit à petit toujours un peu plus de compétences dans le domaine, veillant sur cette agilité et rapidité un peu agressive qui faisait la différence. Si au bout de plusieurs minutes, on eut dit qu'elle avait un talent particulier, celui-ci lui paraissait bien fade. C'était une compétence travaillée, certes, mais il manquait quelque chose. Du moins à ses yeux.

"En revanche, toi, tu es un bon danseur...Il y a des choses que tu ne sais pas faire, ou dois-je supposer que j'ai en face de moi quelqu'un d'un peu trop talentueux?"


Tout de même. Rencontrer un Cardinal pour la première fois dans une taverne puis danser...Ariane s'était attendue à quelque chose de plus diplomatique. Mais la réalité lui avait prouvé que non, finalement. Finalement, une dernière pensée s'échappa.

"Zvezdan, avec un peu de chance, me prouveras-tu que j'ai tort? Ou peut-être que je ne suis pas récupérable...Je n'en sais rien. Je ne suis ni parfaite, ni forte, ni ingénieuse. Et je ne me prônerai pas ainsi, parce que je n'ai pas besoin de le savoir. Je n'ai pas besoin de douter ou d'affirmer cela. Je crois...Souvenir...Salamandre...C'est intéressant, mais fatiguant."


Et impitoyable, malgré ce visage bien souvent amical. C'était pensé tout bas, tellement bas qu'à chacune des secondes passées à danser, elle oublia petit à petit cette peur, cette manière de pensées qui la poussait au cauchemar et à l'insomnie, pour profiter de cette croisée de jambes, de ce pas en avant, de ces mains qui la tenaient à la hanche. Elle oublia qu'elle ne savait pas apprécier, au-delà de ce qui lui paraissait "utile", elle oublia la haine qu'elle portait parfois contre elle-même à chacun de ses blasphèmes dont elle ne pouvait s'excuser honnêtement. Oui, accolée contre ce guide, à cet art où elle reprenait sa vie depuis ses débuts, la danse créait sa petite révolution...ainsi qu'une pointe de tristesse dans le fond de ses pupilles.

Ah, il lui semblait que ses yeux s'embuaient...Ce n'était pourtant pas le moment d'inquiéter le Vandale avec des larmes de midinette. Alors, un air contenté avait substitué bien rapidement cette mélancolie, scrutant Zvezdan perdre son souffle au cours de ce petit combat, tout comme elle. Ses yeux noirs ne l'avaient pas quitté non plus. Non, la bonne humeur revint bien rapidement dans ses mouvements, profitant également de la sympathie de la Guerre.

Et puis les mots fatidiques font pourtant irruption à ce moment précis. Lui, retrouver le Dédale et elle, le Sanctuaire Sous-Marin. Retrouver le devoir, retrouver ce cœur toujours un peu plus accroché pour les jours à venir...Ce n'était pas une mince affaire.

Par chance, Zvezdan n'était pas un géant, mais la petite forme de la jeune femme imposa tout de même à ce qu'elle se dresse sur la pointe de ses pieds pour le remercier. Ses lèvres effleurèrent simplement son nez, en un quelque chose de sincère et de doux. S'il la contemplait aujourd'hui et ne craignait rien en cet instant, s'il percevait la plus sincère lueur au fond de ses prunelles, serait-ce le cas le lendemain? L'esprit de la brune voudrait lui dire oui mais sa raison hurlerait probablement non. Et un assassin suivait sa raison, si la comédienne ne pouvait suivre ces doigts qui dévalaient de l'épaule à la joue de son cavalier. La brune supposait que le risque fut réciproque, tout suant qu'ils étaient.

Mais ça n'importait que très peu ici, non?


" Bientôt. Bientôt oui, je devrais rentrer...Je reste simplement jusqu'au lendemain. Autant partir de jour, quand bien même j'ai été repéré..."
Son sourire redoubla d'intensité. "Pourquoi cela?"

Simple curiosité. Et puis...Elle était simplement Ariane, pour l'heure. Peu importait ce que la générale reflétait d'elle.


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Jeu 10 Nov - 19:49
- Jalouse ?

Aaaah, qu'il est idiot, ce Vandale. C'est dit en un grand rictus ironique, le ton plaisantin, regard joueur. Un bien grand pouvoir, oui, ça pour sûr. Harassant. Faire de ce qui est censé n'être qu'une duperie des sens quelque chose de vrai et concret, ça n'est pas sans braver quelques limites que je me garde bien de franchir trop franchement. Pour le simple oubli d'une morsure, c'est encore faisable, mais... Mais n'abusons de rien tout de même.

- C'est quand même triste d'en venir à user de ce genre de choses pour simplement mettre un pied devant l'autre...

Le regard se déporte vers Teigne, la phrase se finit par un rire, une énième moquerie envers soi-même. Aaaah, j'imagine que je ne voulais vraiment pas finir la soirée de sitôt, condamné au couché par de trop vives hallucinations et maux de tête. Ou au contraire interdit au couché par ces choses-ci. Ce qui ne m'aurait pas beaucoup plus enchanté. Quoiqu'une part de moi serait curieuse de ce que j'aurais pu voir de nouveau sous l'influence de ce curieux venin... Ouais, bah c'est trop tard maintenant mon grand, t'as fait ton choix.

Puis, de toute façon, la mémoire se retrouve invariablement stimulée par la tournure que prend la conversation, sans besoin de mirages pour aller par-dessus. D'autant plus que j'aurais sans doute peu apprécié ce que l'esprit aurait eu à m'imposer comme flash, vu le sujet abordé.

- On y a veillé pour moi plus que je n'y ai veillé seul, à vrai dire. Enfin... Un moment d'hésitation. Des souvenirs qui déboulent, de nouveau. Le bateau, la mutinerie, cette lame déposée entre mes mains, et ces quelques mots qui vont avec. « Vengeance et Survie ». Les voilà, les maîtres-mots de cette époque. Disons que les co-détenus ont ouverts la cage pour moi et que je me sentais pas de rester seul dans la cellule une fois le Chaos descendu, cadavres des gardes à mes pieds. Alors j'ai suivi. J'ai pris la lame tendue. Parce qu'il fallait bien. Parce qu'il en restait beaucoup, de ces gardes, encore debout à attendre.

Tu parles trop.

Ma propre voix qui résonne, froide, monocorde. Un grognement étouffé. Je sais... Je sais que je parle trop. Je la sens, cette haine qui monte doucement, à force d'en parler. Mais elle y a droit, à ce récit. Avec ses zones d'ombre et ses non-dits, naturellement, mais tout de même. La savoir ancienne Tribut, oui. C'est sûrement ce qui motive les mots à sortir plus facilement.

- Tout ça pour ne pas devenir ce fameux canari, comme tu dis. Garder ses repères, s'en créer de nouveau s'il le faut. Tseh, j'y ai pensé, à cet avenir d'oiseau encagé si ça avait été autrement. Ca me rassure sur le bien-fondé de tout ça. « Tout ça ». Comprendre le rouge sur les mains. Le rouge sur la Cuirasse, l'allégeance à Arès. Ca me rassure, mais ça n'efface pas les doutes, loin de là, très loin de là. Et cette réalité, elle m'est bien vite rappelée par la réplique suivante. Celle face à laquelle je n'offre pendant quelques secondes qu'un sourire bien fade. Bien morose. Et la voix qui suit elle aussi, s’empreint du même spleen.

C'est bien aimable, ce que tu me dis-là. Mais je t'avouerai avoir énormément de mal à « apprécier » ce pourquoi je me bats. Tseh. Elle est pas anodine, cette sortie en taverne. Ni anodine, ni rare. Se perdre dans l'alcool, la débauche et la légèreté, que ce soit plus facile à encaisser. Non, je n'apprécie pas, non. Ou plutôt, je déteste être venu à apprécier. Oui. J'ai finit par y prendre goût, à cette rage guerrière, à laisser sauter toutes ces trop nombreuses sécurités, le temps d'un relâchement complet. On se sent bien, terriblement bien quand toute cette mascarade cesse, que les masques tombent et que les sentiments seuls parlent. Eux et les instincts, les pulsions. Tuer. D'abord par haine, ensuite par nécessité, puis plus tard, plus insidieux, plus dur à avouer... Par plaisir. Non, je n'apprécie pas avoir été condamné à faire du meurtre et du bain de sang une banalité dès mes huit ans. D'être si faible face aux sirènes de cette furie cathartique, sur un champ de bataille. Il s'agit plus d'apaiser que d'apprécier. Apaiser la Haine en rendant la pareille à l'ennemi. Le centuple. J'ai aimé en tuer plus d'un, de soldat Byzantin. Apprécier est-il le mot pour autant ? Une réflexion qui se fait trop longue et trop poussée, ce alors même que la conversation se poursuit. Sortie des nuages, regard qui revient vers Ariane. Mais c'est un devoir que je m'impose. Que m'impose tant la mémoire que le cœur. Ne pas oublier, ne pas pardonner. Ce serait insultant envers tout un passé et ses fantômes, de pardonner aujourd'hui.

Oh oui. On ne m'y prendra pas, à faire une croix sur tout ce que à quoi quinze années d'une vie ont été consacrées. Les sacrifices ont été trop nombreux, avant comme après la résolution prise de les faire payer. J'ai signé le contrat de sang, à ceci prés que les termes n'y étaient pas inscrits sur du papier mais dans une grande urne sombre, avec écrit « signez ici » en boucle sur toute la paroi intérieure de l'objet. Alors il a coulé ce sang, durant de longues années. Le mien, le leur. Le notre. Qu'est-ce qu'on ira leur dire, à la mémoire de ces morts qui n'ont rien demandé ? Qu'ils ne sont plus là pour un idéal finalement abandonné ? J'ai aimé les tuer, ces Byzantins, oui. Mais je n'irais pas jusqu'à insulter leur mémoire de la sorte. J'irais encore moins faire pareil avec celle de tous ces Vandales morts aujourd'hui. Ceux qui se sont battus pour défendre Carthage, ceux de la troupe de Borya à Rome, face aux Golds. Même ceux que j'ai détesté. C'est... C'est pitoyable, hein ? Tout ça. Le sourire morose reste, et pour s'y joindre, une main se serre autour du verre, sur le bois de la table. Se serre, serre encore. Silencieusement, quelques fêlures.

La voix d'Ariane me sort de nouveau d'une réflexion poussée trop loin.

- Lève pas trop le coude non plus, à trop profiter tu vas finir par ne plus marcher droit, toi aussi.

Retour à un sourire plus sincère, avec quelques pichenettes de tapées sur son verre pour appuyer mon propos. Plus complice sur la suite, façon silencieuse d'acquiescer à son discours. T'as raison, oui. T'as bien raison. A une petite nuance prés.

- Je ne parlerai pas tant d'envier que de haïr, mais c'est encore un mot peut-être un peu fort. Un peu interdit, lorsqu'on parle de ces choses-ci, parait-il.

Ah oui, comme il est interdit de ne pas révérer ces ô combien omnipotentes entités si parfaites. Je crois que mon ton ce soir ne s'est pas paré d'une ironie plus acide qu'à cette dernière phrase. Un peu interdit, ouais. Fais-moi rire.

Et ce fut enfin la dernière gorgée de mon verre alors qu'on commence à s'y diriger, vers là où ils dansent et se dépensent, tous ici. S'y joindre, s'y dépenser tout autant. Ca nous ne fera pas de mal ni à l'un ni à l'autre, je crois, tout l'inverse même.

Je crois peut-être mal. Tout commence plutôt bien, pourtant. Elle peine un temps, mais s'y fait vite, danse avec grâce, si bien que mon regard irait presque se détacher du sien pour vagabonder un peu à sa guise, en d'autres circonstances. Pas ici. Parce que ce que donne à lire ce regard me préoccupe. Oh, c'est bien dur de mettre des mots dessus, ça tient surtout de l'ordre du ressenti, de l'émotion. Des données bien dures à exploiter, comprendre, et j'essaie de saisir, de capter. Alors pas une seconde mes yeux ne quittent les siens. Toi aussi, hein ? Toi aussi, tu gardes beaucoup sous silence, Ariane. Je ne suis finalement pas le seul à avoir ces yeux qui laissent deviner ce que la voix n'ose formuler.

Et comme moi, tu caches ces choses derrière la banalité, la discussion d'usage. Un discours du regard, un autre bien différent pour les mots. Je n'y suis pas dupe, tu sais. Parce que je fais ça tout le temps. Et s'il m'est bien difficile de deviner ce fond de pensée qu'est le tiens – et que je m'interdis de le percer par quelques moyens connus de nous deux -, je le perçois, ce discours double.

Tu m'as l'air triste, Ariane. Terriblement triste.

Mais je joue le jeu. Tu l'as fait avec moi, je te rendrai cette politesse. Peut-être me permettrai-je quelques questions, comme tu l'as fait. Puis c'est tout.

- Me flatte pas comme ça, hé, tu vas vraiment finir par me les arracher à la fin, les joues rouges d'embarras. Maigre rictus, ton léger de d'habitude. Puis, t'ai-je démontré autre talent si ce n'est celui de la danse, de la descente facile et de la course-poursuite avec la garde ? Ce sont là des champs d'expertise bien curieux, tu ne trouves pas? Mais je sais aussi lire un regard, oui. Je retiens la réplique, garde cet air amusé. Il y a bien mon aptitude à se rattraper à peu prés convenablement après une chute minable, mais je doute que ce soit vraiiiiiment digne de louanges, comme « talent ».

Elle en aura du beau à dire, de ce Cardinal de la Guerre, oui. Elle pourra se targuer l'avoir vu tout pitoyable, à manger des murs et des sols à force de ne plus réussir à marcher droit. L'idée même me ferait bien marrer, tiens. Mais non, tu les verras bien vite, les failles à ce supposé talent trop universel. Après tout, ne sommes nous pas des gens d'image, d'illusion ? Il est bien plus aisé de paraître talentueux que de l'être réellement.

Ce qu'il est moins, c'est de cacher un début de pleurs aux sens d'un homme qui fixe droit dans les yeux. Il n'est pas passé inaperçu, cet œil humide, non, et l'air joyeux affiché peu après ne sera pas une mascarade suffisante à me le faire oublier. Pas si proche, pas moi. Pourquoi pleures-tu, Ariane ? Qu'est-ce qu'ils éveillent en toi, ces quelques pas dessinés dans l'air, pour aller jusqu'à menacer de faire couler des larmes ? Pas de ça, ma grande. Pas de larmes, pas ici ni maintenant. Oublie-le vite, ce quelque chose qui te mine, rejette-le loin tant que tu le peux.

Malaise. Un sentiment désagréable qui monte, à scruter ce regard. Encore et toujours, seulement du ressenti, mais même floue, cette indication est forte. Les questions fusent. J'ai dis quelque chose ? Fait ? C'est... Parce qu'on a trop parlé du Tribut ? Je sais pas. Je sais pas mais je l'ai perçu, et ça ne me plait pas, ce que j'ai pu voir. Tu...

Une pulsion. Des motivations aux contours à la fois flous et bien clairs pour la justifier. Pour effacer ce à quoi sont dû ces deux yeux qui ont passés de peu la limite des larmes, quoique ce soit. Le noyer sous l'imprévu, qu'un autre sentiment prenne le dessus, quel qu'il soit. Outrée, confuse, surprise, agréablement ou bien au contraire. Peu importe. Pour ça, oui.

Et aussi parce que j'en ai envie.

Un rire résonne dans ma tête à cette idée. Petit con un jour, petit con toujours, hein?. Alors elle vient vite, cette pulsion. Ces lèvres sur mon nez, passées prés, si prés, je vais pour les voler. La prise sur les hanches d'Ariane se renforce doucement, et sans jamais que ce ne soit brusque, je la ramène vers moi, me penche en avant vers cette bouche qui fuit, que les souffles se mêlent une fraction de seconde, puis la happe de mes lèvres en un long baiser alors qu'une main remonte dans ses cheveux, dans sa nuque. C'est fait sans aucune contrainte, d'un geste qui se veut bien délicat, quoique passionné. A tout moment, une main pourrait venir me claquer sur la joue, me repousser vivement, ça ou même pire. Et j'encaisserais. Je prendrais la gifle avec un sourire benêt, l'air de dire « ouais, je l'ai méritée. » Mais si rien n'est fait, ça se prolongera quelques secondes, pour finalement y mettre fin, rouvrir les yeux et les planter dans les siens.

- Pour ça. C'est lancé dans un énième sourire espiègle, avec des yeux qui pourtant trahissent quelque chose de plus sérieux. Une motivation sous-jacente au geste, obscure mais présente. Une obscurité qui restera tant qu'elle ne demandera pas à ce que je justifie la chose. Ca tombera certainement, mais je resterai lèvres scellés jusqu'à ce que ça se fasse, histoire d'entretenir le paradoxe avec ledit baiser.Eh bien... Un soupir. J'ai pour ma part l'intention de rester ce chasseur itinérant sans plus grande importance encore trois ou quatre jours. S'agissait donc de savoir si ce serait seul ou peut-être en compagnie d'une certaine Salamandre qui fait parler d'elle dernièrement en ville. Au moins le temps que ça peut durer, puisque plus tard...

Plus tard tu seras Générale et je serais Cardinal. Elle est sincère, cette envie. L'expectative d'un bout de chemin marché de concert avec elle, de partager ce répit avec quelqu'un d'autre qui s'accorde le même luxe. Elle est sincère, et elle pourra paraître tendancieuse, surtout vu le dernier... Bah, je suis plus à ça prés.

Un retour mental à cette embrassade, et de nouveau, un rire. Tu t'en cherches des prétextes saugrenus pour justifier une envie venue des tripes, mon pauvre. Vraiment ? Ce ne serait que ça ? J'aime à me dire que non. Que c'en est une part, oui, mais... Heeeeh... C'est définitivement pas mon fort, l'introspection, hein ?

Tseh. Et regardez-moi, à me prétendre Guerre. Si c'est pas triste.

- Tu sais, tout ça, plus tôt... C'est aussi la première fois que j'en parle à quelqu'un. Du moins aussi tôt. Je ne suis pas beaucoup plus sûr que ça ai été pertinent, mais en un sens, ça m'a fait du bien, je pense. Curieusement. Un air reconnaissant qui me passe sur les traits, véridique. Merci.

J'aurais fini par l'ouvrir plus que de raison, cette porte. Et tu vois Ariane ? Tu n'as pas eu besoin de forcer la serrure.
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Sam 12 Nov - 18:23
Jalouse? Elle? Fronçant les sourcils de manière théâtrale, Ariane tapota gentiment le bras du jeune homme à ses côtés, d'un air presque vexée. Non pas que ce défaut ne lui parlait pas, mais tandis qu'elle enfilerait les pas dans leur danse, souvenirs et actes renvoyant dans le passé, la pointe de jalousie aurait tôt fait de se révéler à un moment plus propice.

"Bah voyons...Profites-en plutôt, de mes compliments." Son regard s'était voulu enjôleur, quoiqu'espiègle. "Il faut parfois saisir les chances qu'on nous tend. Que tu aies eu cette porte ouverte pour t'échapper ne fait pas de toi quelqu'un sans avenir et quelque part, tu l'as prouvé. Tu as désormais les tiens à protéger des autres, voire parfois d'eux-mêmes. Enfin, peut-être que je dramatise trop la chose, en parlant de Tribut."

La main sur l'une de ses épaules, Ariane pensa à ce qu'il en aurait été d'elle, si elle n'avait pas été Tribut. Etrange pensée...Peut-être que la générale se serait sentie mieux, sur elle même comme vis-à-vis des autres généraux. L'étrange impression de redémarrer toute sa vie à zéro aurait été différente, oui. Ou bien...Peut-être ne serait-elle même pas ici, à partager quelques instants de rire avec un Cardinal presque étranger.

Un regard doux siégeait en maître sur son visage. Non, à dire vrai elle commençait à le comprendre, peut-être plus qu'une autre personne en cinq années. Sans s'attirer les foudres de quiconque, entendait-elle. Hm, voilà que la brune devenait de piètres Lyumnades. Un canari libéré depuis peu face à un autre canari disposant de plus d'assurance, n'ayant pas été encagé bien longtemps, quoique suffisamment pour ne pas regretter les barreaux dorés d'une cage où les sentiments se confondaient.

"Zvezdan, je peux te poser une question?"
Son hésitation fut marquer par quelques secondes de répit, lorsqu'elle daigna enfin la présenter, glissant avec plus d'aisance par la réflexion. Non, cette rencontre n'était pas anodine... "Te bats-tu pour quelque chose qui te fait du mal justement, parce que tu t'imposes de ne pas oublier? De continuer quoiqu'il arrive à cette vengeance?"

Ariane trouvait cela dommage. Tant qu'il soufflait, tant qu'il était en vie, elle ne doutait pas que le Cardinal pouvait penser à autre chose, apprécier la vie à défaut d'être influencé par plusieurs fantômes. Mais elle comprenait cette inquiétude et ce désir, d'une certaine façon. L'atlante les avait vu, elle aussi. Et il n'y avait rien de plus terrible que la folie occasionnée par les morts. Mais il ne fallait pas les oublier, non. Adversaires comme alliés, ou comme inconnus...Cela les perturbait, car en dépit de ce qu'on pouvait bien en dire, ils n'étaient jamais réellement morts, ces fantômes. Quelque part, au coin de son esprit, ils étaient là, attendant patiemment d'émerger au moment propice. Seul leur enveloppe avait fini par les quitter, pour pourrir au coin d'une rue ou sur un champ de bataille.

Et pourtant, ces esprits pouvaient être bien plus vivants que les vivants eux-mêmes. La preuve en était que l'alcool qui descendait avec une bonne vitesse dans son verre n'était pas passé inaperçu. Sa colère envers les dieux non plus. Enfin colère...Oh le mot était bien trop fort également de son côté.

"Hmm, je suis heureuse de voir que ce qui scintille te fait tout de même prendre un peu de recul."


Toujours attablé, la jeune femme joua avec son verre, ironisa sur leurs propos partagés. Car les dieux entendaient ce qu'ils désiraient réellement percevoir, aimer ou haïr. La Taverne n'en était malheureusement pas un endroit propice, si ce n'était pour alléger les sens du dieu du Vin.

Un sourire amusé s'en dégageait, percevant le rétablissement du jeune homme qui continuait à la guider, sautant au même rythme, atterrissant en un "boom" plus fort sur son pied gauche pour marquer la fin. Oh, mais seulement la fin d'un enchaînement toujours plus essoufflant, avant de reprendre de plus belle la finesse de leur lutte. En cela, l'Est montrait un exotisme sympathique, de quoi prendre un peu de retrait entre chacun des aveux qui se faisaient dans cette taverne. Non, elle ne penserait plus, écouterait ce que le Cardinal avait à dire dans leur communion.

Il fallait dire qu'il était un bon meneur, ne se moquant pas de ses faux pas, reprenant le rythme nécessaire afin qu'elle puisse retrouver son chemin. "Voilà que tu fais défaut au fil de ton mythe."
Ca aurait étiré les lèvres de n'importe qui, si Ariane n'avait pas su que le jeune homme en face d'elle savait lire dans ses yeux. Et elle aussi, savait lire dans les siens. Troublé, il l'était. C'était comme si le mal être s'était petit à petit répandu sur le Cardinal, pour aussitôt se volatiliser lorsque la danse reprit son rythme, son amusement, sans perdre pour autant le fil de leur communion. La générale ne lui répondrait pas, sur ces pensées, sur tout cela. C'était une peur qu'elle prenait probablement trop à cœur, préférant affronter cela en persévérant dans des activités plus libres. Ils en avaient bien besoin.

Ô, s'il savait que l'intrépide générale -quoiqu'irréfléchie- faisait plus attention à ce genre de compétence plutôt qu'à la force pure, au talent trop parfait qui trahissait une identité, peut-être aurait-il de quoi se vanter davantage de cette compétence.

"Ce n'est pas si mal. C'est toujours mieux que de radoter éternellement sur le morose de notre vie. Ca montre...qu'on s'adapte, qu'on a les pieds sur terre également pour éviter le pire, comme tout le monde, excepté que ce tout le monde ne peut pas se vanter d'éternellement se relever d'une chute avec une certaine grâce, non. Rougis donc, je n'irai pas m'en plaindre."

Il n'y avait là aucune flatterie, juste des propos presque innocents proférés par une jeune femme à la fois retrouvée et perdue. Se dépenser ainsi avait quelque chose de rassurant.

Pourtant, à l'instant même où Ariane le remerciait d'un léger baiser sur le nez et se détachait de cette proximité, l'emprise du Cardinal sur sa hanche devint plus forte, tout comme une autre main caressa sa nuque, apportant une dose d'appréhension à la brune. Une drôle de sensation, aussi. Un léger mouvement de recul n'eut pas été suffisant que des lèvres vinrent cueillir les siennes, d'une initiative douce et passionnée à la fois. Les yeux ouverts, la brune était comme un animal qu'on venait d'attraper dans ses filets, tétanisée par la surprise.

Elle perdait de sa superbe, l'actrice des jeux de théâtre.

La chaleur de son souffle et la douceur de ses lèvres bercèrent pourtant leur baiser, passant une main dans ses cheveux, brossant tout à la fois de ses doigts fins la peau mât de l'homme. Alors, elle répondit à la passion du Vandale avec un peu plus d'entrain. Le bruit des verres qui clapotaient autour d'eux, et ces duos ou ces solos qui créaient leur propre vacarme, ils importaient peu, car seuls tambourinait pour elle leurs deux cœurs à l'unisson. Elle appréciait son attention, passait outre de ce léger goût alcoolisé, mais pas si désagréable lorsqu'elle l'approfondit. Autant en profiter oui, car l'incarnation de ce Cardinal rattraperait bien assez tôt le désir qu'éprouvait le général à leur proximité.

Ce fut pourtant le souffle court que la brune interrompit ce baiser, partagée entre deux conclusions. Les yeux fuyants, le cœur lourd. Parce qu'elle avait apprécié, oui, parce que c'était probablement la première fois qu'elle répondait ainsi sans prendre garde, sans se remémorer le rôle qu'elle devait tenir. Pour ça.

Au fond de son cœur, Ariane en vint simplement à espérer que le geste avait été honnête. Qu'il n'était pas là pour la berner, jouer avec elle, ou rappeler au Cardinal simplement cette Danka. Méfiante, et pourtant prête à y croire. "Tu deviens stupide Ariane." Elle osa finalement le défier de nouveau d'un regard, observant le noir de ses yeux prendre une teinte plus espiègle, et elle, gonfler ses joues.

"C'est très...Soudain."

Sans avertissement, non plus, sous-entendant le pourquoi de cette action. Ariane n'avait pas lâché la pression maintenue sur son épaule. Elle l'écouta avouer son secret, le fait qu'il n'en avait jamais parlé à quelqu'un, de ces années vécues, de ces années difficiles qu'il avait dû surmonter. Merci. La réponse fut rapide, quoiqu'elle aurait très bien pu lui rendre la pareille. Et elle l'avait fait, plus ou explicitement, en allant voler de nouveau, très brièvement, un léger baiser du coin des lèvres. Une audace très légèrement retrouvée, plus par jeu qu'autre chose.

"De rien." Lentement, la Générale prit un peu plus de distance avant de lui répondre avec plus de clarté. De manière plus ouverte, aussi. "Moi non plus. Je n'avais jamais vu de Berserkers, jamais avoué à quelqu'un d'autre que j'avais été le Tribut, en dehors des miens. A la différence que les miens savaient déjà que j'étais partie, puis que j'étais revenue. Qui j'étais. En vérité, être libre, du jour au lendemain...C'est effrayant."

Aveu, sur aveu...Ceux-là avaient pourtant le mérite d'exprimer un peu plus de satisfaction. Il n'y avait pas de jugement, ce qui les menaient à danser ensemble, et partager autant de choses était à ses yeux un simple soutien. Bénéfique. Le visage plus éclairé et plus doux du Cardinal parlait de lui-même.

"Allons bon, des yeux aussi noirs ne méritent pas d'arborer une telle expression. A partir de maintenant, j'espère que cet air reconnaissant et ce sourire plus authentique ressortira davantage..."
Une main alla rejoindre le coin de son visage, et la jeune femme lui adressa un sourire. Oui, maintenant elle savait qu'elle préférait voir le Chasseur Itinérant ainsi, plutôt que possédé par l'aura, la plus infime qui soit, d'une vengeance d'un enfant détruit. Et puis, il la remettait en question, elle aussi. Une réponse plus personnelle. C'était qu'en dehors de tout cela, en dehors de ses limites presque carriériste, tout cela n'était ni plus, ni moins que des chimères. "...Après tout, tu m'as montré beaucoup plus d'attention que la plupart des miens."

Et c'était beaucoup. Autant de différence qui rendait cette valse atypique.

"Salamandre...Ce n'est pas totalement cela, une salamandre n'est pas une Ecaille de Général. Mon entité n'est pas une bête inoffensive ou juste vengeresse, c'est...plus un Souvenir." Un Souvenir beau, un souvenir dangereux. Lyumnades. Entité à la forme humaine, mais aux desseins plus noires, à la menace plus douce et terriblement trompeuse. Pas uniquement, ce n'était qu'une accumulation de principes, érigée comme un mur afin de mieux encadrer le jeu de théâtre. Prendre une apparence, faucher les âmes. "Pour autant, je n'ai pas eu l'impression d'avoir à le montrer. J'aurai aimé rester plus longtemps pour poursuivre la vie d'un simple Chasseur. Mais le temps court, et pourtant nous avons encore quelques heures à passer que nous y pensons déjà. A dire vrai, tout ce que je souhaite pour l'heure...C'est que je n'ai pas été un si mauvais Souvenir pour toi."

Pour elle aussi, ses paroles étaient soudaines. A ce moment-ci, sa vision du futur changeait, très légèrement. Mais même en étant "léger", l'objectif était là tout de même. Ariane aurait pu continuer à voir son entourage de manière creuse, mais il y avait autre chose. Et malgré la vacuité de cette Taverne et le temporaire de cette rencontre, cette autre chose persistait, au coin de son cœur. Peut-être ne reverrait-elle jamais ce Cardinal à l'avenir. Peut-être qu'en tant que Lyumnades, l'atlante l'affronterait. Toutefois, grâce à lui, la générale commençait à comprendre qu'elle n'était peut-être pas aussi perdue qu'elle ne le montrait.




Dernière édition par Ariane le Lun 14 Nov - 14:21, édité 2 fois
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Dim 13 Nov - 6:58
- Oh mais sois assurée que j'en profite pleinement. Comme je profite de chaque secondes de cette soirée.

Chaque secondes avec toi plutôt qu'avec les miens. Chaque seconde dans cette taverne plutôt qu'en mon territoire. Une compagnie comme un lieu qui me paraissent tous deux bien plus agréables que ce que je devrais pourtant pouvoir décemment nommer « les miens », en effet. Tous ne parviennent pas à trouver à mes yeux la grâce de ce sentiment empathique, oui. Plus d'un me répugne, en ces murs de viande palpitante. Plus d'un me désole. D'autres méritent plus que mépris ou indifférence, par leur histoire comme par leur façon d'être. Puis... Non. Non, je crois que quoique je puisse en dire, même les plus éloignés de ma sympathie ont droit à quelques égards. Celui de la tranquillité, au moins. C'est là l'un des rares attraits du Dédale : Le voisin est toujours pire que soi, toujours plus facile à juger. Alors on ne juge pas. Ou alors moi, ici, silencieusement, loin du lieu et des monstres incriminés. Tseh.

Alors pour répondre à cette petite tape sur le bras comme au regard qui suivit, un sourire qui gagne encore en largeur, une voix sûre et affirmée. Un regard qui se fait parfait miroir du sien, un miroir couleur nuit. Et le sourire s'il reste aussi large sur la suite jaunit quelques peu, pas de gêne mais d'un amusement coupable. Tu ne crois pas si bien et si mal dire à la fois. Oui, j'ai des « miens » à protéger, en effet. Une pensée pour Li et le petit morceau de vie qui gonfle dans son ventre. Pour Ludmila et la patrie défunte que l'on partage. Pour Thivan et le passé que l'on partage, au moins dans une certaine mesure. Il n'est pas question de protéger pour tous, non. Mais en tout cas de se soucier. Et pourtant... Pourtant Dieu sait que j'aurais meilleur compte à m'aider moi-même avant de penser à aider mon prochain. A avoir quoique ce soit à faire de mon prochain. S'improviser oreille attentive lorsque c'est soi-même qui a besoin de se confier, jouer à vouloir soigner les blessures de l'âme lorsque c'est soi-même qui saigne non pas des plaies mais de l'esprit... Ouais, j'dois être un poil maso, à bien y penser. Le rictus gagne en ironisme. Et un jour, ça me retombera sur le coin de la gueule. C'est ça le pire. C'est que je le sais pertinemment. La bêtise humaine, j'imagine. Voire, la bêtise Vandale.

T'as p'tet raison. Mais tu sais, moi et mes laïus... Tu apprendras bien vite à reconnaître un grand cynique pessimiste derrière ces larges sourires enjoués. Ca anesthésie le mal, d'aborder le pire sur un ton joyeux et insouciant.

En rire plutôt qu'en pleurer, tant que la Rage ne s'en est pas emparée. Une maxime sans laquelle je n'aurais peut-être pas eu le luxe de tenir si longtemps. Ou alors je ne serais pas là. Ou... Ou j'y serais, mais avec un discours bien différent. Je sais pas. Se projeter dans le futur est déjà chose peu aisée, alors se projeter dans l'alternatif...

- Depuis quand tu demandes l'autorisation ? Léger rictus, puis ma tête qui acquiesce de suite après pour l'encourager à poursuivre. Et quand elle l'assène, cette question, je l'affiche juste quelques secondes, cet air désarçonné. Confus. Suivi quelques secondes après d'un soufflement de nez, d'un regard plus intense. Tu as décidément le don de faire mouche, avec tes questions.

C'est dit sans reproche, comme un simple fait. Oui, tu as mis le doigt sur la chose, Ariane. Au moins as-tu eu la délicatesse de ne pas appuyer dessus. Puisque ladite chose n'est ni plus ni moins qu'une énième plaie de l'esprit.

- C'est... à mon tour d'hésiter quelques secondes. Ma tête secoue de droite à gauche. Reprends-toi Oui. En quelques sortes, oui. Ca n'est pas tout, mais c'en est une grande partie. C'est difficile de se dire qu'il serait bon d'arrêter une fois mille et uns sacrifices consentis. Mille et une mort subie, donnée, endurée. L'on ira pas le leur dire, à ces fantômes, que leur trépas finira dans le vide. Mais je saurais, moi. Je saurais avoir insulté leur mémoire. Et ils m'insulteront en retour, Ariane. Je l'aurait bien mérité. Alors non, je n'abandonne pas, en effet. Pour ça, puis parce que ça brûle encore, juste ici. D'un geste lent et délicat, j'amène sa main jusque sur mon torse, là où réside le cœur. Parce que ça continue de faire mal, plus haut. Doucement, je fais glisser cette même main pour la poser sur mon crâne. Le sérieux sur le visage et dans les mots, je finis par lui sourire, et le dire d'une voix un peu plus enjouée. Avec une petite procession de voix qui me rappellent chaque nuits pourquoi tout ça, ce serait bien difficile pour moi d'oublier.

Oh oui. Les voix, les visions, les rappels. Toujours plus violents, toujours plus proches du réel. Et chaque nuit, ils s'imbibent d'une sueur paniquée, ces draps. Voix et Visage, ceux de bon nombre de personnes. Ceux qui ont tué avec moi, ceux qui ont tué jusque vers chez moi. Ceux qui sont morts à mes côtés, ou bien de ma lame. Ceux qui sont morts de ces incessants conflits. Ils viennent tous avec un discours différent mais un fond similaire : Tu n'as pas le droit d'oublier, Zvezdan.

- Les émotions d'un trépassé sont sûrement parmi les plus fortes, pour un esprit qui s'amuse à les concevoir.

Oui, on aime les imaginer pleins des pires sentiments de représailles, ces fantômes furieux. Ils le sont. Et ils sont avides de s'exprimer à travers de gens comme toi et moi, Ariane.

Et la voilà qui me sort de nouveau de ces songes en un rire à peine refréné.

- Tu ne crois pas si bien dire.

Et de la fixer, comme je le fais depuis un moment, mais avec un éclat encore nouveau. Une fois de plus, un regard qui se charge de finir la phrase là où les mots restent en suspend. Oui, tu m'en sors une fois de plus, de cette réflexion trop sombre. Tu es bien ce qui scintille le plus ici, en cette nuit tournée bien différemment de ce qu'elle aurait dû être à l'origine. En bien.

D'autant plus avec ces quelques pas dessinés à tes côtés. Des maladresses qui m'arrachent de ces sourires bienveillants, avec la correction de mise quelques secondes après, silencieusement, par le corps, sans avoir besoin d'expliciter par les mots. Le langage des yeux et du rythme comme seuls moyens de communication pendant quelques minutes. Le premier, intense et confus, à se poser des question sans oser les expliciter. Sans le vouloir, en fait. Le second, tout aussi intense, régit par les battements des percussions et des cœurs. Et le troisième, puisque les mots s'en mêlent finalement. En de bien éclatantes vérités.

- Tseh. C'est pas avec toi dans les parages que j'arriverai à me murer dans le fatalisme, hein ? Une bonne chose. Faudrait pas que je me mette à avoir l'alcool morose, c'est pas dans mes habitudes.

Non, du tout. Mais si tu surenchéris en aidant à cultiver cette volonté de dépenser la soirée en plaisir plutôt qu'en torture de soi, c'est pas moi qui vais m'en plaindre.

Non, tout l'inverse. D'où ce geste, « soudain », en effet. A l'envie répond l'envie, et pas la moindre main écrasée contre ma joue, pas de poussée en arrière avec la vexation au visage. Non. Deux paires de lèvres qui se joignent volontiers. Des doigts sur ma peau, dans mes cheveux. Un désir qui monte en même temps que les cœurs s'emballent, s'accordent. Un souffle chaud mêlé au sien, les relents d'alcool qui ne gâchent rien, qui ajoutent à cette vague de chaleur qui me prend le corps, me monte peu à peu aux joues.

La prise à la hanche devient une caresse, la main perdue dans ses cheveux s'y enfonce encore un peu plus. Petit à petit, l'avidité s'invite, dans mon souffle comme dans cette passion décuplée. Alors quand elle y met fin d'elle même, je rouvre les yeux, libère ce souffle court mais brûlant, puis la fixe bien rapidement, un éclair d'envie qui me passe dans le regard avant que ses yeux à elle se mettent à fuir.

Emporté par mon propre geste. Si c'est pas beau. Malgré tout, pour se joindre au sourire affiché, un sourire interne, une petite victoire. Et que je n’ai plus à te voir pleurer, Princesse de Crète.

Quand ses yeux reviennent vers moi, toujours cet éclat d'Homme qui y règne, plus mesuré, mais présent. Un peu de malice s'y invite pour accompagner les mots qui suivent.

- Je t'avais dit que tu finirais par me les arracher, ces joues rouges.

Oh, elles me chauffent assez pour que je les devine dans cet état. Soudain, oui. Mais appréciable. Apprécié. D'un côté comme de l'autre. N'est-ce pas là le plus important ? Et la voilà qui en rajoute encore, de ce plus sobre baiser en guise de réponse. Une seule main à sa taille, l'autre restée jouer avec cette crinière ébène et ses longues mèches. Tout ça sans que mon attention aux mots d'Ariane n'en pâtisse une seconde. Sans que la danse ne cesse.

- Je veux bien entendre que le monde peut paraître un terrain de jeu intimidant après cinq années d'isolement, oui. Différent. Ca change un monde, en cinq ans. Le monde, les gens...

Et parler de tout ça, oui. S'avouer ces choses l'un à l'autre, s'en débarrasser un petit peu, de ce poids de tout les jours. Ca fait du bien.

- Je doute hélas que les soirées et rencontres de cet acabit ressortiront davantage. Je lui répond ça, un mince sourire pour répondre à sa main comme au sien. Oui, tu me verras souvent sourire, Ariane. Souvent par légèreté, souvent par jeu, par malice. Mais rarement en quelque chose d'aussi sincère que précédemment, en effet. Et ça aussi, tu l'as vite vu. Décidément... Mais tu me l'aura soutiré plus que je ne me pensais capable de l'arborer, cet air reconnaissant et ce sourire authentique. Comme quoi tout est possible. L'attention des siens, hein ? L'inverse est tout aussi vrai. On pourrait voir ça comme prétentieux, mais je nous pense plus à même de nous comprendre l'un l'autre sur quelques points que ne le seront jamais quelconque frère d'arme.

Parce que tous deux sommes conscients du poids de ces choses du passé. Plus que quiconque. Parce qu'en cette soirée, en cette taverne, chacun à notre manière, à appeler ça comme on le souhaite, nous sommes venus chercher la même chose.

- J'ai vite deviné ça lorsque je t'ai su Marina, oui. Lyumnades. Le poison doucereux, celui qui s'infiltre sous la peau en un goût de miel pour laisser des cadavres souriants, apaisés même dans la mort. Oh, comme j'aurais à en craindre, de cette Écaille. Tu pourrais bien vite me briser si l'envie devais t'en venir, Ariane. Et pourtant, même lorsque je m'en suis rendu compte, ça n'a motivé ni mouvement de recul ni hausse nouvelle de ma méfiance. Non... Quelque part, je me dis que si je devais être un jour privé du luxe de mourir pour ma Vengeance, j'aimerai mourir face à tes arcanes. La pensée me vient en un sourire énigmatique, connu que de moi. Le meilleur depuis trop longtemps, si tu veux tout savoir.

Oui. Cette soirée, ces quelques heures et pourtant... J'y ai vu des fantômes d'un passé heureux, chose trop rare pour ne pas être appréciée à sa juste valeur. J'y ai ris, j'y ai pensé, j'y ai renoué avec ce moi des rues de Carthage, gosse du caprice, de la liberté, de l'innocence. Cette danse, ce baiser, ces quelques aveux, que s'allège le cœur et la conscience.

- Serais-je une sorte de privilégié, à n'avoir eu droit qu'au revers bénéfique de la médaille ? Un regard rieur, puis finalement taquin. Mais je m'avance encore un peu, peut-être comptes-tu bel et bien me dévorer, belle lyumnades.

Un frisson mimé, parodique, une fausse peur jouée avec exagération. Un double-sens volontaire, aussi.

- En quoi te changerais-tu donc s'il fallait lire le concept-même de Guerre pour le berner et s'en repaître, Ariane ?

La curiosité au visage, de mise pour une bien curieuse question. Par le biais de celle-ci, aiguiller vers la Cuirasse revêtue. Bientôt, la danse devra cesser. A mon grand dam.
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Mar 15 Nov - 1:05
Lentement, Ariane s'était défaite de sa petite taquinerie. Une taquinerie acceptée par les lèvres du Cardinal, dont les joues avaient bel et bien pris une nuance plus rouge, arrachant une petite victoire du côté de la jeune femme, de celle traduite par cet air un peu plus satisfait. Oh, mais tout comme elle avait fuis son regard, la réciproque était vraie. Une étrange attraction régnait entre ces deux personnes, et la contempler évoquait aux Lyumnades la peur et la curiosité à la fois.

Un pessimiste? Un cynique? Le jeune homme avait une bien piètre image de lui-même. Ce n'était en tout cas en rien l'impression qu'il avait donné à la Dame des Salamandres. Ou peut-être l'avait-elle écouter sans y faire grande attention. Lentement, l'atlante avait repris des appuis normaux quoique relativement proche, afin de danser, de poursuivre leurs derniers instants de divertissements. Finie les bras un peu plus protecteurs, presque possessifs du Vandale, elle voulait de nouveau reprendre une certaine indépendance. Amusée et taquine, la brune consentit à reprendre ses esprits et termina finalement par répondre, se sentant reprendre une belle assurance qui la poussait toujours vers plus de courage.

"Je ne sais pas...Je ne sais pas pourquoi je t'ai demandé ça. Je voulais, enfin je crois, ne pas trop faire peur à ce "grand cynique pessimiste". Je vois bien que mes questions peuvent t'importuner...Un peu."


Une simple précaution, une façon de signifier que la Générale ne l'insulterait pas, elle. Alors l'atlante l'observa de nouveau d'un peu plus près, un regard doux remplaçant celui ingénieux des premières minutes. Oublier. C'était le fin mot de leur rencontre, du moins le sien. Oublier. Pourquoi cela? Ariane savait que les capacités de Zvezdan était également lié à ses propres peurs, d'une façon. La conclusion lui était apparue aussi claire que de l'eau de roche; à dire vrai, il en allait de même pour elle.

Un pas à gauche.

Elle suivit le mouvement, appréciant la chaleur du jeune Vandale.

"Je ne te demande pas d'oublier mon Cardinal. Oublier, ce n'est pas régler, c'est au mieux apaiser."
En cherchant du regard, la générale aperçut la petite silhouette filiforme de la Teigne au coin de la table. Rampant sur le bois marron, près des verres qu'elle gardait tel un petit Cerbère des Enfers, la bête semblait toutefois perdue. Mais ne s'éloignait pas du lieu, se contentant de pester dans son coin. Et dire qu'en un si petit être, son grand démon attendait encore une confrontation qu'elle n'avait pu accomplir au Sanctuaire. "Je suis bien mal placée pour te rendre ce conseil, mais ces fantômes sont bien moins effrayants lorsqu'on accepte leurs insultes. Ils ne sont pas censés guider tes motivations, tu en es leur propre maître...Auquel cas tu serais éternellement emporté dans un tourbillon chimérique. De pure euphorie, ou même un pur cauchemar...De quoi en perdre son sang froid. Je me trompe peut-être, mais c'est un idéal que l'on devrait atteindre, éventuellement. Pour continuer à sourire pour certains. Toi comme moi, nous qui sommes si aptes à nous comprendre."

oui, elle comme lui. Du moins y travaillait-elle avec ardeur. Mais le temps viendrait oui, le temps où les morts se lèveront et ne lui laisserait aucun répit. Jusqu'à ce qu'elle les chasse elle-même. Autant observer ce visage doux, bien doux pour un Cardinal, ces traits fins qui ornaient élégamment le visage d'un survivant, jurant au passage avec son teint. De cela aussi, le Vandale aurait pu se vanter.

Quoique la gallo-romaine aurait pu le penser modeste, Zvezdan en jouait finalement peut-être plus que prévu. Et puis, elle n'omettait pas de considérer un élément déterminant. Il savait. Pourtant, le rang et son Ecaille ne semblait pas le rebuter le moins du monde, il en riait même d'une voix agréable. Voire, peut-être même qu'il la provoquait ouvertement là-dessus? Vengeresses, cruelles Lyumnades. S'il connaissait les contes que les mères atlantes en faisaient aux enfants pas sages, ou encore, aux Chevaliers qui composaient le Sanctuaire...S'il était au courant. Et une taquinerie s'empara de sa voix.

"Ne me tente pas, jeune homme. C'est mal, surtout pour la gardienne de l'Antarctique. Quand bien même oui, depuis cinq ans, tu es bien l'un des seuls à m'avoir vu ainsi."

Oh, il ne connaissait pas les atlantes. Le défi et l'inconnu avaient toujours ce quelque chose d'attrayant, ce qui les rendait intrépides. Parfois terrifiants, même. Mais qu'importe, lui aussi l'avait avoué. Peu de gens était apte à les comprendre, tant ils aimaient jouer de leur image.

"Le meilleur hm? Tu sais flatter...Mais j'en doute. Ce ne doit pas être si terrible que cela, le Dédale, non?"

Simple question. Oh, non pas qu'elle ne ressentait pas la même chose en suivant son guide dans ces pas de danse, à réduire la distance entre elle et le guerrier d'Arès. Les paroles du Vandale résonnait pourtant en son esprit. Où voulait-il en venir? La Guerre...Oh, ce genre de question. Mine un peu déconfite à l'idée de penser à ses fourberies, elle réfléchit un instant, avant de répondre sans grande hésitation, percevant en cette simple curiosité quelque chose de plus personnel pour le jeune chasseur.

"Un jeune garçon."
La jeune femme marqua une pause, reconnectant ses yeux à la couleur des mers tropicales dans ceux de Zvezdan. "Je prendrai ce rôle. Ce genre de personnages ne connaissent pas réellement la Guerre...Ou du moins, en ont-ils une définition parfaitement héroïque. Et puis, s'il existe quelques soldats insensibles, certains le sont bien, oh, bien plus...Ca se voit sur leur visage, sur leur silence. Alors j'aime à penser qu'il faut suivre également ce silence...Quoique, un ancien frère d'armes peut très bien faire l'affaire." Inutile d'insister sur le fait que sa manière de combattre était tel un théâtre; dramaturge à souhait. "Vois-tu, ce n'est pas le concept que je berne. Je berne le guerrier qui se cache sous le concept. Je le fais mentir, comme je lui mens. C'est un parfait moment où chacun est à égalité, où je ne saurais pas le prendre de haut. Ni de bas. La guerre. On lutte pour nos vies, pleure pour nos envies ratées, mais ça ne change pas en théorie le déroulement d'un combat." C'est ce qui ressortait de tout les esprits qu'elle avait rencontré. Les guerres sont toujours impitoyables. Ca se lit dans les yeux des vétérans; ils savent de quoi ils parlent. "Sauf dans mon cas. Silencieux, rédempteur. Un combat avec le moins de sang possible."

Joueuse, la démonstration du jeune Cardinal n'avait pas fait mouche. Alors elle avait suivi cette main, frôlant, effleurant les joues de l'homme, détaillant les pommettes de son actuel partenaire de danse avec délicatesse. Elle reprit finalement son chemin au niveau de ses tempes.

"Tout est ici, oui. Mais je n'oublie jamais mes adversaires et leurs vies. C'est un principe. Un respect pour ce qu'ils ont été. Même s'ils ont été oubliés bien vite, même s'ils n'ont pas eu la chance qu'on leur promettait au début de leur service....Une belle carrière, des histoires à raconter pendant longtemps, l'accomplissement d'un désir personnel...rien, finalement. Ils ne sont plus de ce monde. Parce qu'ils sont tombés sur moi. L'inverse aurait pu être possible, si mes petits tours avaient été découverts mais..."
Un rire désabusé s'échappa de ses lèvres. Ce jeu d'équilibriste revenait souvent à l'appui. "Eh bien, je suis toujours là. Et je ne suis pas leur dernier souvenir. Je garde en revanche une profonde considération pour ce qui les ont mené jusqu'à moi."

Et c'était cela, sa plus grande folie. Enfin, elle avait toujours fait partie de ces gens de joyeuses petites troupes. La sienne, composée de rebuts de la société. Toutefois, elle préférait penser que la mort pouvait être douce pour certains. Si elle faisait attention. C'était mieux ainsi.

"C'est l'Amour que j'utilise. Et je le comprends beaucoup mieux lorsque je perçois cette notion dans l'esprit de quelqu'un d'autre, que par moi-même. Alors je m'oublie." Temporairement. Tout en gardant à l'esprit que l'état prendra fin, tôt ou tard. Ce n'était que dévorer l'adversaire, copier ce qu'il avait en tête. Copier ses mouvements. Supprimer ce qui était trop évident. Jouer dans une même valse. "Ne pas s'oublier reviendrait à se trahir."

Un secret, pour la jeune femme. Si elle en parlait presque avec fierté, la brune était bien consciente que sa philosophie pouvait en partager plus d'un. Et quelque part, elle espérait qu'elle ne serait pas jugé. Ou peut-être tout le contraire. Ariane n'en avait aucune idée, et appuyant la tête près de son cou, son corps se laissait porter par les indications de Zvezdan. Comme pour conclure, elle murmura doucement, si doucement qu'il n'y avait aucun doute que seuls le Cardinal et elle pouvaient les entendre.

"La Guerre est un devoir. Je ne la contourne pas. Ne la renie pas. Quand bien même il y a beaucoup de choses en elle que je ne supporte pas. J'aime son défi, mais sa violence gratuite..."m'intimide"."

Le sang en abondance. Les cadavres chauds, aussi. Il me rappelle les champs de bataille, le début de tout, dans le fond. Elle s'était tue sur cet aveu silencieux, ce qui ne l'empêchait pas d'y prendre un certain goût. Par nécessité. Mais cela ne faisait pas d'elle une amoureuse de la guerre pour autant.

"Pourquoi cela? Un rapport avec ton dieu je suppose? Ou alors, puis-je parier que cela touche le grand Cardinal que j'ai en face de moi? Enfin, merci pour cette danse. Je doute également avoir de sitôt un aussi bon professeur pour me guider à l'avenir..."


Elle avait été honnête avec sa conception, priant toutefois que cela ne le fasse pas fuir. Entre elle et la Générale, il y avait tout un monde, un espace moins bourré de remords à achever les taches qu'on lui donnait. Un formalisme certain pour un esprit conditionné. Quoique perdu. Les taches d'un assassin devenu tribut. Mais rien de tout cela dans la Taverne, elle ne parlait comme une vieille histoire.

Ah, et voilà qu'encore une fois, la générale était frustrée de passer à côté d'un autre jeune homme talentueux en ce domaine.

La musique se termina, alors d'un mouvement de tête, elle l'invita à rejoindre la table, là où la Teigne se trouvait. Au moins pour récupérer la petite Urodèle rouge si précieuse à ses yeux. Souvenirs d'Eva. Il était parfois des preuves que l'on repérait le moins, et qui était pourtant exposée aux yeux de tous. Cette pensée la faisait rire, de temps en temps.

Ironie. Comme un funambule. Ariane.


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Mar 15 Nov - 9:52
Une certaine distance de rétablie dans ce duo, et l'espace d'une seconde, mon pied qui part de nouveau en avant pour la réduire une fois de plus. Se raviser en cours de route pour finalement continuer de cultiver la proximité du regard en contrepartie,

- Je te l'ai dit. Quelque part, ça me fait du bien d'en parler. Ces questions, si ce n'est pas toi qui me les pose, j'ai bien toute une solitude pour me les poser tout seul comme un grand. Alors autant parler, autant s'avouer un petit peu, juste ce soir, juste toi et moi. Ce n'est pas quelque chose que me permettrai tous les jours.

Ni avec n'importe qui. Et curieusement, avouer ces choses de mon propre chef à quelqu'un que je sais capable de me soutirer le tout de force s'il le fallait, ça me paraît plus naturel. Affinité, encore une fois. Ressemblance. Ou plus simplement : « avoir l'alcool bavard ». Tseh, c'est peut-être bien aussi bête que ça, oui. Un alcool qui facilite les mots et les attitudes. Ajoute en sincérité à un rapport déjà bien franc entre deux pourtant adeptes de l'illusion. La douce liqueur de vérité, agréable et enivrante. Sournoise, à bien des égards.

- Des rappels. Pas des guides. Une nuance prestement apportée. Importante. Ces motivations, ce sont bien les miennes. Et la suite... énième soufflement de nez. Crois bien que je l'ai plus d'une fois perdu, ce sang froid. J'ai... Quelque part, ce pouvoir ne joue pas seulement sur quelques souvenirs et illusions de Guerre. C'est puissant, un souvenir, mais un sentiment.... Un sentiment qui rumine des années durant, à attendre, attendre, réprimé, contenu. Si bien que quand ça sort enfin à l'air libre...

Massacre. Sang. Pulsions de mort, de souffrance. Rendre le tort subi, non plus seulement au bourreau mais à quiconque a le malheur d'être présent. La folie furieuse, celle après laquelle il ne reste rien, si c'est ce sentiment de plénitude et ces corps tout autour. Ces raisons de regretter. Vice interdit, inavoué, secret. Berserker.

- Émotions et souvenirs ont tendance à être intimement liés, en ce qui me concerne. Avec tout ce que ça implique.

Sourire entendu. Elle saura. Elle sait. Ce que c'est qu'un esprit soumis à ses démons avec en plus le cœur qui s'invite entre deux. Instabilité, imprévisibilité. Dangereux. Tant pour soi que pour autrui. La Guerre ne discrimine pas, oui. Conquérant, conquis, malheureux témoin impuissant. Tout le monde y a son compte, d'une façon ou d'une autre.

- Tu me feras signe si tu trouves la porte d'entrée pour ce qui est de la pure euphorie, cela dit, je cherche encore et... Heh.

Un sourire un peu benêt, un regret avoué. Oui, cynique et pessimiste, aussi incongru cela puisse paraître. Il a du mal à concevoir l'heureux et l'apaisant, cet esprit architecte. Il est très égocentrique, en fait. Il parle de lui à la troisième personne, se base sur son vécu et son ressenti pour construire beaucoup de ses scènes, à y ajouter le vécu de la cible du moment pour enrober. Avec un peu d'aide ou de concentration, il arrive bien à se sortir de ça, mais sans...

- Peut-être qu'il faudrait que tu m'apprennes, en fait.

C'est lancé comme ça, pour faire suite à la pensée vagabonde plus qu'aux mots d'avant. Quoique ce soit lié. Toujours, les consignes silencieuses, les pas précautionneux, légers. Quoique ça puisse perdre un peu en expertise, à briser ce silence pour deviser de telles choses. L'un des seuls en cinq ans, tu dis ? Encore, un sourire plus large.

- Privilégié, donc, ça se confirme. Joueur, enjôleur. Dans l'attitude, les mots puis le regard. Peut-être trop. Peut-être bien, mais... Oh mais si que je te tente, jeune fille. Une voix plus profonde, un regard plus appuyé. Je te l'ai dit. Des fois, cette prudence évoquée bien plus tôt dans la soirée s'envole, s'improvise sous-marine. Peut-être est-ce de mise, avec une Atlante ? Toi aussi, tu m'as vu dans des états que peu au Dédale peuvent se vanter de m'avoir vu...

Titubant à travers les rues, en proie à des illusions plus douces, perdu comme un poivrot trop arrosé. J'y songe, j'en parle, et pouffe de rire comme un marmot, l'air pas honteux pour un sou. Je m'en rappellerai de ça, oh oui.

- J'espère ne pas me découvrir d'ici quelques semaines une réputation de Cardinal soiffard réticent à l'idée qu'un bandage se resserre trop fortement sur une petite plaie ridicule, hm ?

Un clin d’œil complice, une langue tirée en une grimace enfantine. Comme un marmot, encore. Putain d'enfant, va...

Le Dédale. Les yeux roulent en l'air le temps de rassembler quelques expériences, reviennent plus bas quand vient le moment d'y associer un sentiment. Une moue mitigée. Flatter, flatter... J'aimerai que ce soit là une énième flatterie, mais c'est finalement bien sincère. Il n'est pas si terrible, non. Pas après un certain temps passé. Pas avec certains liés noués, certains... « Amis ». Une hésitation palpable. Un mot incertain. Mais même avec le temps, l'habitude... Hm, j'irais simplement dire qu'elles me sont bien salvatrices, ces virées loin des murs de chair palpitante.

Un décor monstrueux, entouré de monstres, à côtoyer l'horrible à chaque couloirs. Non, si elle existe, je ne veux pas qu'elle efface le reste, cette part sanguinaire qui réside plus bas dans les entrailles. Celle que l'on partage tous, nous, enfants de la Guerre. Alors il faut revenir au réel et à son gris. Sa beauté comme ses vices, ce qu'il a de juste comme d'injuste. Se rappeler que loin de ces parois organiques et des perpétuelles démonstrations de violence qui s'y jouent, il existe un monde, dehors. Même si... Nouveau rire soufflé doucement, l'air de me remémorer, même si ça, oui.

- Même on peut rire même là-bas, ouais. C'est un spectacle rare mais précieux, que celui d'un vieux frère d'arme coincé dans les sphincters de la structure sans réussir à s'en dépêtrer.

Abruti de Borya. Tu m'auras fait rire, à peiner les premiers jours pour t'y faire. Aaaah... Même toi tu en viens à me manquer, vieux frère. Même toi, espèce de boule de haine inconsciente, imbécile et insupportable.A cette pensée, un unique doigt de glissé à la surface de l’emblème Vandale à mon cou.

Et la réponse à ma petite énigme de plus tôt arrive. Avec elle, deux yeux qui sortent du flou pour venir rétablir le contact avec le bleu magnétique. Je considère la chose, un mince sourire mélancolique au visage. Un silence. Comme un écho à ces soldats trop sensibles. Tu as raison. Je la vois enfin ici, la pragmatique. La Naïade. Un pragmatisme au service d'une mort finalement peut-être plus agréable. Plus...Le mot ne sort pas. Je me remémore mon songe de plus tôt. Si je devais ne pas pouvoir mourir pour ma Vengeance, je pense que j'aimerai mourir face à tes arcanes. Un jeune garçon... Oh oui, tu me trouverais bien démuni face à ça. Ou alors bien torturé. J'aurais aimé ne pas connaître la Guerre en tant que jeune garçon, comme tu dis. Peut-être plus cruelle, aussi. Un peu des deux ?

Le rictus prend plus de couleur. Oui, sûrement un peu des deux. C'est particulier... Surtout pour moi. Moi et mes rappels, et ceux que j'impose à ceux qui doivent subir ce pouvoir. Rappel au passé et à ce qu'il a de plus sombre, à la Guerre et ses vices, aux morts et à leur Vengeance inexorable, inévitable. Ca c'est cruel, sans préavis, sans doute. Pas plus agréable, non... Plus juste, peut-être. Pour ces morts. Ces fameux trépassés, et leur Vengeance d'incarnée le temps d'un songe illusoire, que ce dessein puisse leur survivre même après le grand départ.

Sans presse, laisse cette main faire son chemin sur mon visage lorsqu'elle y est menée, gardant la mienne au-dessus.Et j'écoute la suite. Troublant. Troublante mais... Mais curieusement appréciable vision des choses.

- Ce n'est pas une mince affaire, que de s'improviser archiviste de la mémoire des disparus. C'est pas... Trop dur ?

Ce n'est pas rien, une vie et ses souvenirs. C'est... Oui, comment fais-tu, Ariane ? Est-ce seulement possible, de retenir tant ? De tout se souvenir ? Tu m'intrigues. Une curiosité mi-simple mi-analytique, à se demander comment elle peut faire ça. Par intérêt pour un pouvoir similaire au mien. Il n'est pas caché une seconde, cet intérêt bien saugrenu, visible dans ce regard passé d'un coup bien circonspect.

- Aussi laborieuse soit l'entreprise... Hm. C'est bien, ce que tu fais. J'aimerai qu'on se souvienne pour moi aussi, quand je partirais.

Aveu à demi-mot de cette réflexion faite à soi-même plus tôt, à deux reprises. Mourir avec vision de ce qui a rendu une vie heureuse comme dernière fresque, avec pour certitude que même anonyme, même insignifiant, il restera au moins une personne pour ne pas oublier. C'est grisant, presque.

- Tseh. Pas que j’aie l'intention de casser ma pipe de si tôt, te méprends pas, hein.

C'est ajouté d'un ton plaisantin, mais bien emprunt d'une certaine vérité derrière la simple remarque vouée à détendre une conversation peut-être trop mortuaire dans son contenu pour aller de pair avec ces quelques derniers pas de danse.

- Pourquoi mieux chez l'autre que chez soi-même ?

Une question que je sens moins anodine qu'il n'y paraît, mais qui me brûle trop la langue pour ne pas la poser. L'Amour... Utiliser l'Amour à la Guerre. Curieux paradoxe. Et pourtant, ce peut être si diablement efficace, oui.

Un devoir.

Grimace. Discrète mais visible grimace. J'imagine que c'est vrai, oui, mais... Un poing se serait habituellement serré, si mes deux mains n'étaient pas prises. Alors à la place, une mâchoire qui se contracte, deux yeux qui se ferment péniblement sous un début d’acouphène. Devoir... Oui, c'est vrai. Je ne peux finalement pas le nier. Pas en étant parfaitement honnête. Pourtant, ce que l'esprit conçois, le cœur refuse de l'admettre. De nouveau, conflit interne. La violence gratuite. Derrière le voile de ces yeux fermés se jouent les fugaces flashs de quelques effusions de sang passées. Un spasme, léger. Frisson, et pas celui d'après l'embrassade, plutôt un du genre glacial, exécrable. Et pourtant, bien caché au fond, comme un arrière-goût traître... Quelque chose qui attire.

Tu parles comme quelqu'un qui l'a trop connue, cette Guerre, Ariane.

Tribut. Qu'as-tu donc vécu avant d'être Tribut, pour tenir tel discours ? Lentement, je m'approche de son oreille, lui rend son murmure. Pas que quiconque ai pu entendre le reste de la conversation vu le volume sonore, mais plutôt que le sujet devient tant sensible qu'il rend ce geste instinctif.

- La Guerre est un devoir à partir du moment où l'on se l'impose. Que t'est-tu imposé, toi, Ariane ? Que t'a-t-ont imposé, peut-être ? Je...Nouveau silence. Un moment de flottement. Hm. Te sens pas obligée d'en parler. Tout Cardinal de la Guerre que je suis, ce n'est pas à moi qu'il incombe de confesser les choses du champ de bataille.

Rétractation. Pas sûr de vouloir creuser... De vouloir troquer la casquette du chasseur pour celle du vétéran plus longtemps. Comme un signal d'alarme, l'envie de revenir à quelque chose de plus léger est revenue au galop, façon de stopper la progression sur une pente vraisemblablement glissante.

- Pour mon plus grand plaisir. Mais quoi, personne sait danser à Atlantis ? Allons bon, je suis sûr que tu trouveras plus compétent là-bas, sous l'eau. Et moins envahissant, par la même occasion !

Quelques doigts passés sur mes lèvres comme pour me remémorer le geste, un clin d'oeil espiègle qui suit la réplique. La musique cesse, les quelques pas vers la table s'engouffrent bien vite. Tiens, elle était là, elle.

- T'aurais quand même pu venir danser avec nous, ma grande.

Je m'attendrais presque à ce qu'elle me réponde un jour, cette petite bestiole. Autrement que par trois crocs dans mon poignet, j'entends bien. Arrivé à portée de la table, une main va bien vite empoigner la bouteille pour y boire avec abondance, cul de la bouteille levé vers le plafond, une grande et unique rasade. Ca coule, ça endort, ça relaxe. Bientôt, les sens commenceront à me jouer des tours. Toujours. A chaque petite sortie de ce genre, je cherche habituellement à finir au moins un peu dans cet état. Un regard vers le sac de gibier plein au pied de la chaise. Un regard à l'extérieur, pour vérifier quelque chose. Des patrouilles, oui. Déjà passées ici alors elles ne s'y engouffrent pas une seconde fois, mais présentes tout autour, à veiller. Un songe, quelques secondes. Une œillade vers l'Atlante, et lorsque son regard est capté, un coup de menton vers le dehors.

- J'crois que ça a finit par remuer, dehors. C'aurait été un peu trop facile autrement, hein ? Aaaah, ces débiles bardés de métal... Hm. Surtout que si les trois champions y ont été de leur petite description, j'suis dans le prix de groupe aussi, maintenant...

Un faux reproche dans les yeux, je fixe un moment Ariane avant d'afficher un rictus amusé. Presque excité. Retour à ce attrait puéril pour les escapades avec supplément gardes dans le dos.

- Si ça continue de trop tourner quand sera venu le moment de se tirer, j'ai toujours un cheval qui attend plus loin...

Ce brave Sambor. Un contact mental et je l'ai à l'entrée de la taverne dans les quelques minutes qui suivent, si j'en ai envie. Il m'a sauvé plus d'une fois d'un mauvais pas du genre, ce canasson, n'empêche...
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Mar 15 Nov - 21:15
Benêt, vengeur, apaisé, nostalgique. Et pourtant, Ariane appréciait le visage du Cardinal, y voir ses lueurs vivantes toutes aussi différentes les unes que les autres, avec une préférence affirmée pour cet air contenté. La Guerre. La pensée lui arrachait un sourire. Oui, si la Guerre pouvait avoir ce visage, elle l'aurait probablement embrassé sur ses lèvres carnassières plus tôt. Depuis longtemps. La générale l'aurait écouté plus volontiers, parler de ses tristesses et de son passé. Celle en face d'elle lui était largement plus plaisante que l'horreur qu'elle lui évoquait depuis ses années d'adolescence. Il ne la quittait pas non plus, s'approchant de nouveau d'elle, de quoi refaire douter de ses intentions.

Un doute qu'elle aimerait presque de nouveau voir se réaliser. Surtout lorsque le Cardinal parlait de ce qu'il était capable de faire. Les Souvenirs. La Guerre. Les émotions qui trahissent, qui faisaient faire le pas de trop. Voilà qu'une de ses mains commençait à jouer avec cet emblème vandale qui lui allait tant. Par curiosité.

Cruelle? C'était un point de vue comme un autre, qu'elle ne pouvait réfuter. Une véracité s'en dégageait, après tout Lyumnade rimaient parfois avec noyade. C'est dangereux, de se dire autant de choses sur l'un comme sur l'autre. Les points faibles, les points forts, oser s'approcher...Mais c'était excitant, avec cette envie d'en savoir toujours plus.

"Oui, je vois ce que tu veux dire mais...Directement les sentiments? Quand je te disais que tu as toujours des longueurs d'avance...Oui, je l'avoue. Je suis jalouse de toi..." Encore qu'elle s'avançait sur ce qui le définissait réellement, ses illusions. Ariane, elle, exaltait l'imagination, habituait les esprits à une vie fictive et facile, excitait parfois les amitiés et les passions amoureuses, au grand détriment d'une réalité plus fataliste et des divers dangers. Et si le Cardinal partageait sa passion, elle ne doutait pas qu'il différait d'une autre façon. "La réalité bernée par l'illusion...La guerre...Je convertirais bien ta vision vers la mienne, mais ce serait une insulte...Ton pouvoir, si c'est celui que je pense, est peut-être bien effrayant."

La générale n'osait pas l'avouer, mais si elle devait faire face à une chimère, alors elle serait probablement terrifiée. Revoir les morts en son cas ne lui évoquerait certainement pas de la colère. Oh que non. Une conclusion, pour une seule vérité: Morts. Et elle, vivante. Et en vain, en dépit d'une grande lutte, le sentiment de culpabilité émergerait. Il lui serrerait le cœur comme sa gorge se nouerait sous son poids, comme il l'avait fait jusque-là. Un instant de faiblesse à l'idée d'imaginer le guerrier d'Arès faire son œuvre, d'un art si commun et à la fois drastiquement différent des illusions de la générale. Une torture. Aucun plaisir si ce n'était la satisfaction du guerrier. Il la tenait encore, et pourtant, la danse annonçait sa fin. Et un dernier mot de son côté, en ce qui la concernait dans ses "habitudes de guerre". Des habitudes controversée pour une simple succession.

"Je dois être une bonne générale. Abandonner...Ca aussi, ça serait peut-être insultant pour ceux qui ont donné leur vie pour moi, et surtout pour ceux qui attendent quelque chose de moi." Pour elle. La réponse est simple, mais plus profonde, sous-entendue. Une phrase que l'on répète parce qu'il provenait d'un enseignement. Poursuivre le rêve d'une autre personne, poursuivre ses responsabilités. Surtout maintenant, en tant qu'atlante de la précédente génération. Un flambeau qu'elle avait perçu il y a cinq ans, néophyte parmi les habitués. Du moins, l'atlante le croyait. C'était en cela qu'elle avait été formée depuis le début, même si elle n'y arrivait pas tout le temps, par instants de fragilité. Ne pas douter. Ne pas penser. "Mais, nous ne sommes pas ici pour cela, n'est-ce pas?"

Aussitôt, un sourire se dessina sur ses lèvres. Stupide. Elle n'aurait pas dû les embarquer dans cette conversation. Leurs paroles ne faisaient que ramener ce pourquoi ils se dressaient en dépit de leurs blessures d'âme, au lieu de se gausser de leur conditions actuelles. Et le Cardinal était peut-être bien d'accord avec elle. Déjà, le sourire d'Ariane s'illumina à la petite brimade du berserker. S'appuyant sur la pointe des pieds, elle décrocha un baiser près de cette mâchoire un peu plus carrée pour finalement continuer à souffler légèrement ses légères, peu effrayantes menaces.

"Ce n'est pas l'envie de te dévorer qui gênerait une Lyumnades, non...Encore moins moi-même. Même si j'ai l'impression que c'est plutôt l'inverse qui se passe."

Zvezdan aimait la provoquer, et plus elle réagissait, plus la sensation d'être pris dans son jeu se faisait sentir. Lui montrer "l'euphorie". Elle rougit un peu. Audacieux, comme toujours. Le Vandale avait cette manie de l'avoir à son propre jeu. C'était là la naissance d'un début d'admiration, supposait-elle. "...Apprendre quoi? Tu y es presque, déjà, en ce moment. Il n'y a plus qu'à laisser l'étincelle prendre un peu le feu et l'euphorie viendra toute seule."

La brune sourit à son appellation. "Archiviste". Il n'était pas si loin de son premier rôle, à l'époque où les atlantes avaient pris un oisillon sous leurs ailes, pour finalement lui apprendre à voler. A se battre. Mais Ariane avait besoin de ses muses, de ses petites œuvres expérimentales.

"C'est comme agir sous la couverture de la guerre, je pense. Ca aurait été difficile oui...Si je n'avais pas eu d'aides pour cela. Une aide omniprésente, à dire vrai. Surtout depuis mon retour. Cachées et à découvert, tout cela à la fois. Et quel meilleur endroit que ce qu'on ne soupçonnerait pas, hm?"


Déjà, la brune avait quitté la piste de danse, rejoignant l'urodèle rouge et la bouteille encore un peu trop rempli. Oh, un jour, ça lui retomberait dessus, ses petites manigances. Et peut-être bien pour rien. Finalement, elle était comme le guerrier qui parlait du Dédale. Il y dédiait de bons instants, de quoi l'accompagner à rire lorsqu'il parle d'un frère coincé dans les "sphincters". Il y avait des "murs palpitants, aussi". D'un air confus, la jeune femme osa pourtant demander, presque peiné pour cet homme coincé pendant des jours et des jours, la grande question qui trônait dans sa tête.

"Hum, votre ville est vivante?"

Voilà. Désormais, la gallo-romaine priait simplement pour ne pas paraître stupide. Enfin, c'était toujours mieux que d'évoquer leurs techniques, guère plus rassurants et ces moments plus sombres. Le sujet est sensible, il était perceptible par la gardienne d'un Pilier qui préféra ne pas se manifester davantage, hochant de la tête pour affirmer son acceptation. Bientôt, ils avaient rejoint leurs anciennes places.

La salamandre sur la table ne tiquait pas, mais comme pour se trahir, comme pour manifester le reste d'une existence perdue, les petites billes noires de la bête s'étaient éclairées l'espace d'un instant. D'une manière plus intelligente. Belliqueuse, furtive et protectrice. Même pas un chat. Même pas un terrifiant loup, ou même l'un de ses grands et puissants ours. A cet instant où la générale était au plus proche de son œuvre, la plus simple, la plus stupide, la plus petite salamandre faisait l'affaire dans son œuvre.

Teigne, sa favorite.

Ariane observait le jeune Vandale boire goulument la bouteille d'alcool, comme s'il voulait s'achever définitivement. Sourcils haussés, la brune sourit, pourtant consciente que le reste de cette soirée se passerait désormais autrement. Entre ivrogne, probablement.

Moi aussi, je voudrais nier la réalité. La berner. Mais il y a des choses auxquels je ne me sens pas étrangère.

"Qu'importe ce qui arrive, qu'importe si plus tard, nous n'avons pas l'occasion de nous revoir. Je me souviendrais de toi. C'est ce que j'aime penser. Ce grand soiffard un peu douillet, je le trouve attachant, je dirais. Envoutant. "


Autant le dire avant qu'il ne s'en souvienne plus. Et avant qu'elle aussi, ne s'en souvienne plus, volant au passage la bouteille dont elle approcha également le bord de ses lèvres, promesse d'une soirée arrosée.

Petits cons à deux, en ce cas. Sur le chemin de la porte, son regard se porta encore une fois sur cet emblème, coupée par la constatation du Cardinal de la Guerre. Les ombres des soldats se manifestaient en fantôme, menaçant l'extérieur de les happer au passage. Et nul doute que le Chevalier avait soit cru rêver, soit décrire une mise en scène.

"Ce bijou...Tu sembles y tenir depuis que je t'ai vu." Du coup, ça la fascine aussi, la jeune femme. Elle commença à lui imaginer une histoire, voire beaucoup d'autres chose. Comment avait-il atterri dans les mains du beau Vandale, comment était-il toujours en sa possession, lorsque l'on devinait toute une vie de guerrier? Les questions s'accululent, tandis que sa main se portait sur la poignée de la porte. "Eh bien, je pense être l'envahisseuse, à dire vrai. Après tout, c'est moi qui ait été attiré sur ta table, lorsqu'elle m'a montré "le danger". Elle désigna du doigt la petite Teigne sur son bras, ne la cachant pas, ne craignant pas de dévoiler sa présence. Ils allaient devoir foncer dans le tas, et ce ne serait pas chose aisée. "Oh et puis tu me montreras tout ça après, si tu veux bien. On va devoir sortir...et passer outre ces grands dadets. Et puis...Si tu as une monture, c'est merveilleux! On aura de quoi s'échapper, je pense. T'es prêt?"

La porte fut poussée...

"...Les mecs, je crois que je les ai trouvé!"

...Et la course poursuite reprenait son cours. Ariane commença à courir, intimant d'un geste précis le jeune homme d'en faire de même..


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[mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]
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