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 [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]

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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Mer 16 Nov - 6:38
Lorsqu'une main s'approche de l'emblème à mon cou, je la laisse approcher, semblant tout de même apporter une attention particulière au geste. Elle a sûrement remarqué comme j'aime le triturer, ce bout de métal brillant.

Tseh. Elle me fait rire, avec cette déclaration. Jalousie. Mais non, je doute que tu sois bien jalouse de cette facette-ci de mon pouvoir. Pas si tu en connaissais tous les tenants et aboutissants, de moins. C'est... Cruel. Pour soi-même encore plus que pour l'autre.

- Un en particulier. La Haine. La Peur, aussi. La Haine du Vandale revanchard, avide du sang de ceux qui ont trop fait couler de celui des siens, de ceux qui ont trop causé ces trop nombreuses larmes. La Peur de cette Guerre embrassée à pleine bouche. Pas par choix, mais bien parce que ma mâchoire était prise sous la poigne de cinq longs doigts puissants, sales et dégoûtants, à m'empêcher de me détourner de l'étreinte. Parfois plus chez moi que chez les autres. C'est puissant, un sentiment. Très puissant. Oui, l'on sous-estime trop souvent la capacité d'un manipulateur des esprits à utiliser de son don sur sa propre personne. Galvaniser sa propre Haine, anesthésier sa Peur. Que le premier sentiment devienne si prenant qu'il soit source d'énergie, de renouveau. Que le second s'efface, disparaît, vague fantôme d'une sensation longtemps connue. Lorsqu'elle fait le constat du terrifiant de mon pouvoir, un air entendu. Il l'est. Comme l'est le tien. On peut se prémunir de la morsure du froid, de l'insupportable chaleur du feu ou même de la furie destructrice d'un poing lancé à la vitesse du son. Ce qui touche l'esprit, ça, c'est inévitable. On peut bien dresser tant de barrières qu'on veut, s'y montrer si impassible que bon nous semble... Ca reste, c'est là, ça ne lâche pas.

Et il faut bien qu'il soit terrifiant, ce pouvoir. J'aime à croire que lorsque ces choses s'éveillent, elles ne viennent non pas d'une prédisposition de l'armure mais du vécu du Guerrier. Au moins chez les enfants d'Arès. Les Lyumnades seront toujours à berner les esprits pour ensuite dévorer les chairs, ça par-delà les générations. Les Guerres, elles, seront changeantes, imprévisibles, multiples. Suffit de voir le vieux Goran. Cette masse de muscles gigantesque jouait plus de cette majesté brutale et de cette force titanesque de n'importe quel théâtre de l'esprit pour se battre. Aaah, le vieux Goran... Grand taré borné de mentor.

- Effrayant, mais merveilleux, si l'on s'en donne les moyens. Majestueux. Surtout pour qui a le goût de la mise en scène.

Ca a quelque chose de jouissif, de voir l'émotion changer si brutalement dans le regard de l'autre dès que commence la grande mascarade. Un paysage qui change, des fantômes qui reviennent du passé, pleins de reproches, de souvenirs. Et la Rage, la peine, la peur. Ces choses-ci, poussées à leur paroxysme. Il y a ceux qui jouent l'indifférence, aussi. Ceux qui commencent stoïques, prétendent ne pas être touchés. Puis qui se brisent à force de patience, de temps et d'effort. Eux aussi, c'est jouissif. Voir cette fausse contenance sauter en un hurlement apeuré, en une haine hurlée par celui qui se disait avant insensible. Non, s'ils existent, ceux qui sont complètement insensibles à ces choses-là sont les vrais monstres. Ceux qu'il faut tuer, plus que n'importe qui d'autre.

Puis je parle des fantômes du passé, mais des fois, de plus simples et plus innocentes images... Je repense à la morsure de la Teigne. Heh. Oui, tout n'est pas si noir, à bien y regarder.

C'est pourtant bien noir, ce sur quoi elle enchaîne par la suite. Alors c'est ça, ton devoir. C'est... Un peu comme avec moi, d'une façon que je devine différente sans que avoir tout le détail. Le faire pour ceux qui ont vécu avant, peut-être qui sont morts pour que l'on puisse vivre, nous. Pour leur desseins condamnés à couler dans l'abysse, si personne ne reprend le flambeau. Pour tout ça. Même si toi... J'ai l'impression que tu te bats beaucoup plus pour la mémoire de quelques-uns et les attentes de quelques autres que pour toi même.

Et tes propres attentes, dans tout ça?

La question menace de partir, à peu prés en même temps qu'elle le rappelle : Pas ici pour cela, oui. Alors je me ravise, ravale cette interrogation puis lui sourit. Le silence pour réponse, le regard pour miroir d'une curiosité jetée aux oubliettes. Au moins une fois. Alors j'acquiesce de la tête. Pas pour ça, oui, pas pour ça. De toute façon... Ouais. J'ai beau pas avoir l'alcool morose, j'préfère encore éviter de continuer à aborder tout ça avec beaucoup de liqueur qui circule dans les veines. Mauvais ménage, mix dangereux.

Au moins aussi dangereux que ce petit jeu qui s'éternise, entre nous deux. Un danger autre, plus excitant. Un auquel je suis bien moins réticent à me risquer. Ces yeux que j'ai fixé au départ par habitude, puis ensuite par attrait, je commence à les fixer pour parler. Commence ? Non, je fait ça depuis un petit moment, maintenant. Mais là, pour lui dire des envies qu'il serait bien maladroit d'expliciter par les mots. Des sensations, aussi. Des ressentis curieux, une attraction que l'un comme l'autre n'ignorons pas. On en joue, oui. Peut-être au point que le jeu finisse par cesser d'être un jeu.

Au point que ces baisers finissent par en avoir raison, de ces quelques barrières encore dressées, peu vaillantes, affaiblies. De nouveau, deux mains plus fermes au niveau de la prise par la taille, pour maintenir son visage tout proche après qu'il se soit avancé. Le même penché vers l'avant, le même souffle chaud. Ce même cœur non-loin du sien, nerveux, rapide. Le visage se penche, les lèvres s’entrouvrent, frôlent les siennes en une énième tentation. Une main arrive lui caresser la joue, passe derrière ses cheveux. Un sourire à l'extrême limite du contact, puis une voix s'élève. Une voix qui murmure, qui siffle, susurre doucement, suave.

- Il ne faut pas s'étonner de finir par en attirer l'attention, à force de s'avancer si proche des crocs d'un Chasseur carnassier. Une lente inspiration, s'imprégner de son odeur. De le narguer de cette douce senteur. Lente expiration, par la bouche, un soupir relâché tout proche de ses lippes, presque comme animé du désir qu'ont les miennes d'y goûter encore. De l'affamer de ces lèvres invitantes. Je le perçois vite, le rouge à ses joues. Je le devine aux miennes aussi, revenu à la charge depuis tout à l'heure.

Et ses mots. Ces mots qu'elle me claque au visage, comme ça... Mes mains deviennent encore un peu plus audacieuses, mes dents passent mordre ma propre lèvre, façon d'extérioriser une pulsion soudaine. Tu veux me frustrer, à parler d'allumer un feu sur le bois d'une taverne ? Ou alors peut-être est-ce un bien saugrenu défi...

Prend garde, ce jeune ahuri pourrait presque s'y jeter, dans cette supposition folle. Et c'est là, à ce moment précis, lorsque ce dialogue trop proche, trop intimiste se termine que la musique suit le silence de mes mots, cesse d'un coup. Alors je pouffe doucement, lève un peu la tête et lui dépose un baiser sur le nez, comme le sien de plus tôt, pour finalement m'éloigner de peu et guider la marche jusque vers la table, tout sourire.

- Peut-être plus tard, loin de ces potentielles patrouilles, armées de leur seaux d'eau, prêts à étouffer le feu.

Une contenance difficilement retrouvée. Mise à mal, fragile, de plus en plus à chaque gorgée. A chaque caresse. Je ne m'arrête pourtant pas. Mais il s'agit de finir ce qui a été commencé, d'attendre réponse aux questions. Cette curiosité enfantine n'a pas encore été abattue par les quelques verres de trop, non.

Cet esprit qui aime assembler les données ensembles non plus. Un peu plus lent, un peu moins précis, mais toujours là, à veiller. Alors j'y pense, à ces petits indices qu'elle me donne. Une aide omniprésente. Deux yeux noirs. Surtout depuis son retour, à vrai dire. Un rouge cramoisie. Caché et découvert, ce que l'on ne soupçonne pas. Cette Teigne vers laquelle on marche pendant qu'elle me dit ça. Cette Teigne et le pressentiment bizarre que j'ai depuis que mes yeux se sont posés sur elle... Un éclair de compréhension me passe dans le regard, passe à travers le voile de vitreux pour s'affirmer. Une œillade vers Ariane, puis retour vers la Salamandre, inquisitrice.

- Je crois que je vois l'idée, ouais. Dans les grandes lignes.

Quel que soit son rôle, la petite Salamandre l'air savante ne fait sûrement pas mentir sa légende. Je la considère un instant, cette petite bête. Curieux, curieux de ce qu'elle a à voir réellement, au final. Avoir compris son importance est une chose, la quantifier...Hmpf, t'en as pas marre de me faire cogiter sans cesse comme ça, Ariane ?

Pulsions frustrées, curiosité insatisfaite. Pourtant, toujours ce sourire. Plus encore à l'évocation de Borya, et à la question de l'Atlante.

- Ah been, ça s'appelle pas le Dédale de chair pour faire joli, hein. Un léger coup de hanche pour la pousser un peu, moqueur. Gentiment moqueur. Ouais, « vivante », à sa manière. Des murs de viande, des murs qui respirent, des murs qui s'ouvrent pour laisser passer la mélasse guerrière d'Arès, ses barbares petites mains. C'est curieux, ce ciel de chair rouge, ces colonnes d'ossature gigantesque. Original. C'est encore le mot le plus neutre, j'imagine ?

Et Atlantis ? A part être sous l'eau, ça a quelque chose de particulier à raconter?


Des calèches tirées par des dauphins, peut-être ? Je note l'idée, tiens, pas con comme concept. Je devrais peut-être proposer, qui sait.

Et pour signer la bêtise de ce raisonnement, une grande rasade décomplexée, sceau de l’absurde qui rend légitime les plus incongrues des mots et pensées. Je me tourne vers elle, après sa réplique. Flatté.

- Envoûté, aussi. Amusé. Oui, il en gardera un souvenir agréable, le grand douillet, de ces fausses plaintes proférées suite à un garrot trop serré... Et je me souviendrai de toi. Cette petite Salamandre encapuchonnée. Ses yeux, ses mots, ses cadeaux. Sa Teigne. Ses lèvres, aussi. Premier rire. Ses bandages maladroits, aussi ! Second, plus taquin.

Mais elle sait se faire très douce pour traiter les plaies de l'esprit. Aussi paradoxal que ce soit avec son Écaille.

Une reconnaissance sincère, bien loin du ton léger des deux dernières interventions. Oui, j'ai rarement parlé de tout ça aussi facilement. Et tout ça pour en plus me sentir bien plutôt qu'amer, quand c'est terminé. Merci Ariane.

Et la voilà qui siphonne la bouteille à son tour. Un sourcil haussé, un sifflet impressionné. Eh ben, ça va être beau pour la suite, tout ça. Va pas y en avoir un pour rattraper l'autre, à ce rythme... Tseh. Hé, moi j'ai pas à me plaindre, si je peux arracher le souvenir d'une Générale chancelante pour contrebalancer avec mes déboires de plus tôt dans la soirée...

Qui sait. En attendant, le sac de gibier de passé à ma taille, et l'avancée vers la sortie. « Le Danger », tu dis ? Teigne. Tu portes définitivement trop bien ton nom... Et les pas s'enchaînent vers cette sortie. Alors tu veux y aller comme ça, hein Ariane ? Parfait. Paaarfait. Si je suis prêt ? Hmpf... Une dernière gorgée de la bouteille maintenant vide, puis une moue déçue. Un regard vers le vieillard et sa table prés de l'entrée.

- Et hopla, ça c'est pour moi. Une main leste, un geste rapide pour chiper la bouteille toute pleine sur sa table. Un début de protestation, de vieilles cannes déconfites qui commencent à le faire se lever de sa chaise. Mon pouce, mon index, joints l'un à l'autre, une pièce entre deux. Pichenette, la monnaie dorée lui claque sur le front pour le faire retomber et lui arriver finalement dans les mains. Sssssssht, fais pas chier l'ancêtre, v'la la monnaie.

Je me retourne vers Ariane, un grand rictus trop innocent alors que les premiers pas à l’extérieur sont marchés. Maintenant je le suis, ouais!



Un message mental lancé à Sambor au préalable, et la course reprend. Un instant, je regarde Ariane courir, sans suivre, à juste l'observer... Oh put- une massue qui passe à peu de me tomber sur la nuque, et à la place, ma tête qui se baisse puis ma bouteille vide qui s'écrase sur la tempe du premier garde.

Pas le moment, abruti.

Alors les premiers pas. Marche, trottinement, course, sprint. Quelques coups esquivés in-extremis jusqu'à vite rejoindre Ariane. Mon majeur levé de présenté à ces messieurs, alors que mes yeux cherchent les petites ruelles. Bingo. viens-là!Virage à gauche, son bras sous le mien pour la guider. Ils suivent, un peu plus loin. Autre intersection, autre virage. Des bruits de pas un peu partout autour. Ils cherchent à encercler. Mais Il approche. Grandes enjambées, encore et toujours, à m'assurer qu'elle suive le rythme. Une présence familière qui s'approche un peu plus à chaque secondes, à la sortie de cette ruelle, juste devant. Dans notre dos, une petite demi douzaine.

- Accroche-toi, on va pas avoir le temps d'y aller façon conventionnelle pour grimper sur la bête !

Dis-je sans même qu'elle ne puisse encore le voir. Mais pour suivre la déclaration, mon rythme qui ralenti une petite seconde, juste de le temps de passer derrière elle. Et je baisse le dos, passe les mains derrière ses cuisses, coince ma tête entre ses jambes pour me redresser vivement, l'effort de déployé au niveau du dos. Alors la voilà sur mes épaules, moi un peu plus lent mais un peu plus béat ,aussi, à admirer le ridicule de la scène. Alleeeez, magne magne magne magne!

Pour se joindre aux pas dans notre dos et ceux tout autour, quatre sabots qui claquent durement contre le sol, rapides, lourds, puissants. Un hennissement tonitruant qui perce la nuit, et bien vite, une robe blanche immaculée qui fait de même avec le voile nocturne. Il est là. Juste à la sortie de la ruelle, musculeuse créature, grande et majestueuse, à me regarder arriver de son œil noir. Ariane, j'te présente Sambor. Là, je vais te conseiller de bien te rattraper....

Arrivé non loin des sabots de la grande créature. Je me penche un peu sur la gauche, plie le bras, puis pousse dessus pour lancer la jambe d'Ariane vers l'autre côté du bestiau, la seconde pogne occupée avec sa main droite pour guider la réception de ce geste laborieux. La cascade improvisée d'effectuée, j'entends que ça approche dans mon dos. Vite, trop vite. Alors je me retourne, en voit deux qui approchent. Conjointement, il tente un coup de haut en bas, et pour y répondre, une série de mouvements habiles, la tête qui balance de droite à gauche pour ne pas s'en prendre une. Je recule, je recule, me laisse dominer par les assauts ou en tout cas laisse penser ça. D'un coup, un pas en avant pour m'engouffrer dans leur garde, passer une main sur leurs deux crânes, les faire s'écraser l'un contre l'autre. Sonnés. Ca de fait, mes mains restent sur leurs têtes, et en une de ces souplesses qui m'ont permises d'échapper à ce genre de situations toute ma vie, je plie les jambes puis saute jusqu'à me retrouver pieds sur leurs épaules et m'en servir d'appui pour me propulser jusque sur Sambor. Les deux tombent, je me rattrape maladroitement, derrière Ariane, pour passer les bras autour des siens, lui prendre les mains et les guider sur la bride. Un grand sourire extatique sur le visage, un coup sec sur la bride, un dernier regard goguenard vers les derniers gardes dans la ruelle.

Et ça galope. Endurant, rapide, inarrêtable, le mastodonte équin se fraye un chemin sans souci, piétine là où il le faut. Quelques minutes comme ça, et cette grande ombre blanchâtre finira par quitte le village, tout poursuivant semés. Essoufflé. Cœur battant, poumons actifs, je lève un regard trop excité vers le ciel et ses étoiles.

- Aaaah... T'aimes toujours autant te faire désirer, hein, veille carne ?

Un petit coup de talon sur Sambor, et pour réponse, ses naseaux qui expirent un grand coup. C'est ça, ouais, cherche toi des excuses. Mes mains toujours sur celles d'Ariane, je me colle un peu plus dans son dos, passe une tête par-dessus son épaule pour l'aviser d'yeux vifs.

- Profite-en, d'habitude c'est un hargneux indépendant intransigeant sur qui le monte et qui le monte pas. Pour tout te dire, j'ai eu peur qu'il cherche à te virer de son dos dans la manœuvre...

Un risque pris. Sourire vaguement coupable. Tu m'en veux ?
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Ven 18 Nov - 18:48
L'entendre parler de toutes les qualifications que l'on pouvait bien leur donner la faisait doucement réfléchir. Ariane avait devant elle un illusionniste parfaitement assumé, le doute n'était même pas compréhensible. Mais ses flammes, les blessures de la chaleur d'un feu, toutes ses petites attributions qu'elle aimait arborer à force d'entraînement, elles portaient ses fruits pour elle. Elles étaient des choses dont l'efficacité n'était aucunement remise en question, complémentaire à ses illusions, identitaire à la salamandre. Ca se voulait presque patriotique, à dire vrai. Mais ces cicatrices...oui, l'esprit balayait plus facilement les barrières invisibles, parfois maladroitement dressé, de façon inconsciente, tant et si bien, qu'il suffisait de souffler sur la surface plane pour la voir s'échouer lamentablement sur le sol.

C'était également pour cela que ses demandes avaient fini par être exaucées. La générale percevait leur différence, en combat tout du moins, et en parler ne faisait que mettre en perspective un affrontement à venir. Un jour où tout deux seront ni plus ni moins que des adversaires qui s'entredéchireront au mieux. Un jour où le Vandale aura tout de suite bien moins de secrets, pour lequel chacune des personnes ayant jalonné sa vie de bons et mauvais souvenirs ne seront que des jouets dans sa main. Ou dans sa peau, prêt à en prendre le rôle et l'apparence.

Le souffle du brun contre ses lèvres la réveilla presque instantanément. Et il jouait, sur ses propos et sur ses minauderies. Il s'approchait encore une fois, la serrait contre lui, puis attendait, ne se souciant pas de réduire la distance entre leurs lèvres. Une autre torture, que tout deux réfrénaient par soucis de ne pas céder au désir, et juste au désir. Le Chasseur savait patienter sur cette proie qu'il dévorait du regard. Etrangement, Ariane aimait cette impression, lui rappelant qu'elle n'avait aucune emprise sur ses actions. Non, absolument rien. De l'affamer de ces lèvres invitantes. Un regard de défi, qui finit par se centrer également sur ses lèvres masculines. Qu'est ce que tu attends? Surtout qu'il l'avait déjà fait. Beau mais cruel cardinal...Inutile de jouer plus longtemps à la mijaurée aux joues rouges. C'était toujours moins provocateur qu'un feu de cheminée.

"Oh, je ne crache sur absolument aucune arme. Pas même la chaleur d'un feu, aussi patient soit-il..."


Un feu coupé, malheureusement. Et c'était entre deux gorgées, toujours déçue de ne pas avoir reçu de réponses quant à l'objet dont le Vandale avait la manie de jouer avec entre ses doigts fins, qu'elle répondit plutôt clairement à ce qui lui venait en tête. Il le fallait, pour ce brasier qui s'éteignait par la menace fantôme de ces gardes.

Oui, il le fallait, pour cette porte dépassée, pour cette course effrénée. Déjà, enchaînant les pas, la générale n'entendit pas les gardes arrivés de côté, se contentant d'être traquée comme un renard qui aurait happé au passage les poules d'un fermier. Avec agilité, toute furtive qu'Ariane était, se frayer un chemin entre des gardes littéralement perdus n'avait pas de secret pour elle. Un pas en avant, elle esquiva l'un des toutous du roi de ces lieux, lui attrapa le bras, passa la main sur son coude et arrêta son geste au premier "crac" entendu. Pas plus de deux secondes s'étaient écoulées avant qu'elle n'aperçut Zvezdan la rejoindre. Hochant de la tête au loin, ses jambes reprirent leur rythme, se dépassant l'une après l'autre alternativement afin de porter la jeune femme en dehors de la ville, bientôt rattraper par le Cardinal dans la ville où l'animation recommença à battre de son plein. La course pouvait reprendre son cours, et elle riait.

"Nous sommes désobéissants, et pourchassés, mon Cardinal!"


Oui, eux. Cardinal et Général, contre des hommes du commun des mortels. Ils auraient pu utiliser leur force, rayer ce village, mais ce n'était pas leurs intentions non. Ariane courrait aux côtés du berserker, souffles emballés, excitations passagères jusque dans leur battements plus sportifs. Le vent caressait, fouettait parfois leur visage, mais cette sensation balancée n'avait aucune importance; il n'était que synonyme de leur liberté. Une liberté qui la rendit aveugle l'espace d'un instant, car tandis qu'elle accélérait le pas, quelqu'un vint lui tenir les cuisses, et la soulever en pleine course. Déséquilibrée, elle eut l'impression de tomber en avant, instinctivement rattrapé par le reste d'équilibre qui lui restait.

Ses épaules. Pourquoi n'y avait-elle pas penser? L'alcool n'aidait en rien mais heureusement pour elle, ce petit poison n'avait pas encore fait son effet. Quoiqu'elle eut l'étrange sensation de presque s'envoler, tentant maladroitement de s'accrocher sur ses épaules.

"Tu es drôle toi, je m'accroche comment sur tes épaules?"


Aucune réponse, l'arrivée d'un cheval blanc, aux pattes musclés et assurémment entraînés lui fait reprendre ses esprits. Une bien jolie monture. Toutefois le Cardinal prit son élan et la jeune femme comprit. Déglutissant, toute magicienne générale qu'elle était, elle interpella l'homme d'une voix hésitante:

"Tu ne vas paaaaasss..."

"Oh que si"
, si elle devait seulement en donner une réponse au geste. Propulser sur le dos du cheval, Ariane se cramponna un temps au cou, agrippant légèrement la crinière blanche de la monture à la blancheur immaculée, aidé par le Vandale. Mais le canasson n'attendait pas, non. Il galoperait, allait prendre de la vitesse, se tendit même quelques instants lorsque la jeune femme se retrouva dessus. Sambor...Un beau nom.

Bien vite rejoins par le Cardinal, comme s'il avait su que l'atlante n'était pas des plus à l'aise avec ce genre de déplacement, ses mains s'étaient posées sur les siennes, comme pour la guider de nouveau. Un soupir très long s'échappa des lèvres de la générale. A côté, il fallait bien avouer qu'elle se sentait incompétente. Elle ferma les yeux, s'inspirant de la chaleur de la Guerre, et toujours, de ce vent de liberté qu'elle appréciait tant, depuis toute petite.

"Hm... Chez les Marinas, il n'y a pas de personnes aussi bienveillantes et amusantes que toi...Mon Ecaille est mal perçue, tu sais. Et puis, je viens en quelque sorte de me réveiller d'un long sommeil, maintenant que je suis libre. J'espère juste que ce réveil ne sera pas trop brutal, par la suite."

Un apprentissage que les Lyumnades accueillirent pourtant volontiers, le long de leur balade, se permettant de poser sa tête avec une délicate intention enfantine, bercé par le galop de Sambor. Bien vite, elle se redressa pourtant, à même de considérer longuement les alentours éclairés par les rayons argentés de la lune.

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Ils y étaient dans ce "en dehors". Il n'y avait ni plus, ni moins qu'un vaste champ d'herbes, avec au loin une silhouette plus obscure, celle du village. Quelques arbres étaient réparties sur le chemin, où ils avaient pu semer les gardes en cours de route. Sambor s'était arrêté, laissant aux deux jeunes gens le loisir de fouler le sol de leurs pieds.

- Profite-en, d'habitude c'est un hargneux indépendant intransigeant sur qui le monte et qui le monte pas. Pour tout te dire, j'ai eu peur qu'il cherche à te virer de son dos dans la manœuvre...

Alors voilà ce qu'elle tend: un index accusateur, guère convaincant.

"Toi, t'es une....une fripouille!"
Hilare, Ariane tituba puis reprit. "Ca serait bien triste qu'il me rejette, je ne pense pas avoir le pire tact du monde avec les animaux...J'ai p'tet un peu perdu ma polyvalence depuis mes salamandres, maissss..."

Elle s'adossa contre un arbre, posant son avant bras contre une écorce brune, presque écailleuse. Mais naturelle. puis, balançant sa tête avec légèreté, la brune reprit son équilibre -ou plutôt tenta-t-elle de le faire-, bein maigres efforts en vue de la bouteille qu'elle venait de partager avec le Cardinal. A pas peu assuré, et pourtant munie d'une telle confiance, la distance vint se réduire de nouveau, faisant face au berserker avec grand sourire. Niais, certainement. Fermant les yeux, elle tenta pourtant de déceler un lien avec l'animal. Elle n'avait jamais essayé d'apprivoiser un cheval, ses Salamandres faisaient l'affaire généralement, depuis qu'elle avait quitté son post de Messagère.

"Aaaaaaah, elle est bien belle la mystérieuse, mystique, magique Dame des Salamandres..."
Il était dur de réfléchir correctement. Un pas, deux...Oui, c'était un bon début, de se tenir ainsi. A peu près droite. "Je me sens bien mais j'ai beaucoup de mal à t'nir debout, j'aurai besoin de ton aide pour...Dix petites minutes au moins."

Hoquetant, elle trouva pourtant son confort, réchauffant un peu l'atmosphère d'un frottement de doigt, d'où vint jaillir une bien étrange flamme. Un peu perturbée, beaucoup même. Travestie par la couleur bleue d'un océan, bien malgré sa qualification de brasier. Un simple rêve, un simple désir, qui lui conférait pourtant la lumière et la chaleur nécessaire en cette nuit étoilée.

Une bien belle nuit, pour deux ivrognes.

"J'aime bien ton épaule. Ton cheval aussi, grand, fort...S'pas comme ma frêle p'tite Teigne."
La mordante, celle qui ne lâchait, préférant onduler dans les airs au gré du mouvement endolori de sa proie -généralement un doigt-, était planquée dans sa manche, ne désirant nullement en ressortir de nouveau. Un sourire goguenard s'esquissa sur ses lèvres. Ah, une salamandre géante... "Enfin, on vient des Abysses éclairés, et ce qui y est grand n'est pas forcément plus fort...Nous sommes la maille d'un tout. Quelque part, à égalité. C'est ce que j'aime à penser, dans cet Océan vaste mais poissonneux. C'est vivant oui, à bien des égards."

Terrible jeu de mots qui arracha un sourire à l'enivrée.


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Sam 19 Nov - 10:35
Ces deux yeux qui viennent me défier. Qui descendent doucement, fixent, comme moi je le fais de son côté. Un cœur qui n'en bat que plus fort, une tentation qui ne se fait que plus entêtante. Deux lèvres qui approchent encore un peu, font presque mine de céder le temps de quelques centièmes de seconde. Un doute dans le comportement, une fois, et une seconde encore lorsqu'elle me balance de nouveau ces quelques provocations au visage.

- Gare à ne pas te brûler les doigts, quand ce feu deviendra fournaise à la patience écoulée.

Et ca continue. Et je ne m'en lasse pas, de ces tours autour du pot, de ces cercles dessinés autour de la proie d'envies animales. Une proie consentante, en ça qu'elle l'est autant qu'elle est elle aussi prédatrice. Une osmose, un faux duel, une danse maquillée en opposition. Ou l'inverse ? Ou l'inverse...

Une idée qui me fait sourire, alors que je repense à ces mots pendant la poursuite, le regard qui vagabonde entre devant moi et elle à mes côtés. Un rire qui répond au sien, et au rouge des émotions de plus tôt s'ajoute à mes joues le rouge de l'effort, de l'adrénaline, aussi.

Désobéissant et pourchassé.

Oh, comment ne puis-je pas rire de concert avec elle après ces mots. Le résumé d'un train de vie regretté. Celui d'avant le drame, à se noyer dans l'insouciance. Celui d'après le drame, à tenter de renouer avec l'enfant lésé par une vie trop dure avant. Remplacer les gorges tranchées du quotidien par les poursuites et hématomes sur la peau de quelques gardes trop penauds, le dîner de ce soir de volé, ballotté entre mes bras sous la forme de quelques sacs de provisions et corbeilles fruitées. Comment auraient-ils pu deviner, que derrière ce gosse espiègle et souriant se cachait un homme capable de les exécuter avec la propre arme qui pend à leur ceinture sans même sourciller. Ca m'amusait, ça aussi. Illusionniste, acteur du quotidien, à se prétendre proie démunie et condamnée à la fuite quand les traits du prédateur pourraient me revenir au visage sur le premier caprice puéril, la première saute d'humeur imprévisible. Mais rien de tout ça, ici. A la place, les pas mis l'un vers l'autre aux côtés d'Ariane, ces deux voix qui s'élèvent en un rire conjoint, le dos plein d'ombres armurées, ridicules et maladroites.

- Et eux sont trébuchants et désorientés, ma Générale !

Ca pour sûr. Quelques obstacles renversés dans mon dos pour assurer maintes chutes et détours, de nombreux changements et virages dans les ruelles pour les perdre au mieux, sans pour autant chercher à calmer cette hilarité mêlée au souffle difficile d'une course effrénée. Un rire trop plein, trop peu discret, franc et heureux comme rarement.

Et ça redouble encore un peu plus sur la suite, avec ces deux cuisses de chaque côté de mon crâne, cette belle Lyumnade de montée sur mes épaules. Ton problème, pas le mien, démerde-toi pour pas te ramasser ma grande! Et un nouveau rire, doublé d'un éclat contenté à la vue de Sambor de l'autre côté de la ruelle. Alors il commence, cet effort de sprint pour gagner encore en élan. Elle comprend vite. Un silence répond d'abord au doute manifesté, le silence d'un sourire carnassier sur mes traits, presque sadique. Un sadisme enfantin.

Et pour réponse, non pas une énième moquerie des mots mais la satire de ces bras investis à la propulser puis la guider vers le dos de Sambor.

- Ah mais tu vas m'attendre vieux débile, oui ?

C'est qu'il serait presque parti sans moi, cet abruti ! Un grognement qui part d'entre les efforts pour rester sur place une fois mon acrobatie effectuée, je finis par gagner en stabilité et prendre les commandes, ou plutôt les confier à une Ariane de nouveau guidé par quelques habiles mains. Dans son dos, yeux rivés sur la route devant, la fuite se poursuit, s'avance, se fait. Les voilà loin maintenant, ces maladroits.Et je suis tout contre elle, à l'entourer de mes bras, à guider ces mains que je devine inexpérimentées sur la bride du grand canasson. Un temps de songe, fugace. Doucement, mes yeux quittent la route devant pour appesantir sur sa nuque. Et je l'écoute, alors qu'un nez se perd doucement dans ses cheveux, à respirer encore un peu plus cette odeur, que deux bras resserrent leur étreinte sur les siens. De nouveau, une longue inspiration, puis un souffle relâché dans ces quelques cheveux couleur encre, long soupir d'aise poussé yeux fermés.

- Qu'ils jugent donc à une Écaille, quelques actes et rumeurs, ceux qui entretiennent cette perception. Je pense avoir plus vu de la femme derrière l'Armure en une seule soirée qu'eux ont vu de la Générale vêtue de son devoir et tout ce qu'il a de difficile en plusieurs années. Il s'avance bien vite, ce Cardinal. Mais il pense ce qu'il dit. Je pense que cinq années de sacrifice valent bien de mettre de côté la méfiance d'un compatriote face au pouvoir intimidant d'une sœur.Ils intimident, ces gens qui peuvent briser l'esprit, oui. Lire dedans. Bien plus que ceux qui peuvent déchaîner quelconque force de la nature. Je l'ai lue cette peur, dans le regard de certains au Dédale.

Le village qui s'éloigne doucement, sa tête reposée, je m'apaise lentement, laisse retomber l'adrénaline de cette nouvelle fuite. Une main se délie de la sienne pour calmement glisser le long de son bras , s'enrouler autour de son épaule, passer furtivement le bout de cinq doigts fins sur son cou et monter jusqu'à sa joue, la parcourir puis enfin se perdre vers ses cheveux, jouer avec, distrait. Une voix plus douce que celle de la Taverne, où il fallait hausser au moins un minimum le ton pour passer au-dessus du vacarme ambiant. Une voix qui apaise, qui berce.

- Mon amusement, tu y as eue droit dés les premières secondes. Tu te doutes bien, ma sale petite curiosité de gosse trop gâté face au récit de Dame Salamandre.. Un fin sourire perdu entre ses cheveux, retour au souvenir de cet engouement à un peu d'animation dans ce coin perdu. Oh oui, elle a vite titillée mon intérêt, cette étrangère accompagnée du petit amphibien couleur feu. Ma bienveillance, j'ai vite eu fait de te la céder face à un tempérament qui me plait trop et un passé qui me me parle trop, quant à lui.

Un sourire plus mitigé, mais bien présent. Oh, je ne sais pas comment tu l'as gérée cette captivité, Ariane. Mais je suis incapable de ne pas me mettre à ta place et penser ce que c'aurait été, un Zvezdan captif. Je me demande aussi ce que ça aurait été, une Ariane libre...Libre de ces cinq années volées

- Hé, commence pas à jouer la pessimiste, si on s'y met à deux on s'en sortira pas. La main passe doucement lui pincer le nez, joueuse et agile. Tu m'as pas donnée l'impression de manquer de ressources, non ? Même si le réveil devait être brutal, tu t'en sortiras malgré les yeux pleins de cernes, comme on s'en est sorti les veines pleines de bibine y a d'ça dix minutes, hm?

Les mots posent une question, le regard lancé donne une affirmation. Tu t'en sortiras, oui. T'as intérêt.

- Dix minutes... Ouais, encore dix minutes à galoper et on devrait pouvoir s'arrêter. Tseh, si on arrive à descendre et ensuite mettre un pied devant l'autre par la suite.


Je le sens d'avance bien folklorique, le retour à l'usage de ces jambes mises de côté, ça alors qu’Adrénaline a eu le temps de retomber et Alcool d'augmenter un peu son emprise.

***

- Eh ben bien c'que je disais, pas triste le retour au plancher des vaches.

Dis-je en en un regard gentiment moqueur vers la titubante, un rictus amusé aux lèvres. Moi ? Oh, moi je m'en sors à peu prés mieux, oui. C'te saloperie a tendance à m’embrumer l'esprit tout autant que n'importe qui mais s'attaquer au sens de l'équilibre avec un peu plus de difficulté. Tseh. L'habitude, j'imagine.

- Moi ? Mais de quoi vas tu m'accuser là ? Deux yeux trop ronds, le ton offusqué d'un mauvais acteur porté sur l'exagération, finit sur un rire conjoint au sien, Un regard vers Sambor sur la suite. Lui même yeux fixes sur Ariane. Hmmm... Nah, j'ai pas l'impression qu'il t'aies dans le pif. Chose rare pour être notée, il y tient à son tempérament de chiotte avec quiconque autre que moi, d'habitude. Hein ma capricieuse ?

Une harangue vers Sambor, à laquelle me répondent un nouveau souffle émanant des naseaux et ce qui pourrait se rapprocher le plus d'un regard noir chez nos amis équins.

- Moooh, ça vaaaa, si on peut plus déconner...

Quelques pas de dessinés vers Ariane, à peu prés droits.. Ouaaaaais, à peu prééés, ça vaaaa. Je crois. Et v'la, de nouveau l'un face à l'autre, le vitreux du regard passé encore un niveau mais pas insoutenable pour autant.

Oh... ? Deux sourcils haussés face à la demande, un sourire tout content sur le visage. Eh ben la v'la ma monnaie d'échange, au moins si j'me découvre une réput' de vieux soûlard titubant incapable de marcher tout seul, j'pourrais aller faire pareil d'l'aut' côté !

De nouveau, léger coup de hanche taquin, puis les yeux qui trahissent un oubli. Celui de son manque d'équilibre. Alors pour éviter une éventuelle chute, la main qui passe à son épaule de l'autre côté pour réceptionner. Après ça, une moue qui pense, un regard vers un peu plus loin. Quelques pas vers une colline, à la soutenir, et un dos qui vient s'appuyer sur un arbre non loin de l'horizon et ce qu'il laisse à voir. Un village et ses lumières en contrebas, les montagnes par dizaines à l'horizon, les étoiles par millions au ciel. Une infinité Et je m'y assied , dos collé sur l'écorce, une Ariane pyromane entre les jambes, dos à elle, bras repliés autour de son corps, à remplir le rôle de l'arbre pour madame. D'abord occupé à admirer l'infinité d'un beau ciel nocturne, mon œil finit par s'attarder sur cette flamme bleue, y dessiner des images.

- Dis-toi que ce qu'il a de grand et fort, Teigne l'a de mordante et discrète. Je doute un jour pouvoir me permettre de le faire passer dans ma manche ce grand dadais, tu vois.

- Oh ça, je l'ai vérifiée aussi au Dédale, la théorie du manque de corrélation entre la taille et la puissance... Doux sourire ironique. Mémoire d'un Borya puissant et destructeur mais lent et maladroit. De mes incessantes esquives, de ce jeu de nerfs à toujours plus le mettre en boule pour ensuite se soustraire à son ire. Ca avec Borya, et avec beaucoup d'autres mastodontes.

- Faut vraiment que tu m'invites à l'occasion, tu sais. Il me fait envie, ce monde sous l'eau, ouais. Pas pour ses intrigues politiques ni rien d'autre, à vrai dire, le peu que je sais sur les Marinas, Poséidon et ses enfants... Non, j'm'en fous un peu. Par contre, le gosse curieux au fond peut pas s'empêcher de fantasmer ce monde sous-marin, rêver à un spectacle qui ne se voit qu'une fois dans une vie, au final. Hé, C'est honnête si je te fait faire le tour guidé du Dédale à côté, non?

Il devient plus débile que d’accoutumée, ce Cardinal. Tseh. Mais ça le fait rire, putain. Heeeeeh... Un geste furtif, et le médaillon à mon cou se porte entre mes mains, passe par-dessus l'épaule d'Ariane pour flirter avec la lumière des flammes. L’emblème familiale. Un temps silencieux, à Triturer sa surface du bout du pouce, sans un mot. Puis, concentré sur la flamme, j'y fais apparaître les contours d'une Carthage vue du ciel, dessinée entre les volutes illusoires d'un feu bleu soudainement altéré.

- Zvezdan Nebojša, fils pourri gâté d'une petite famille noble de la Carthage Vandale. Mon nom clamé avec l'accent propre à Notre Langue, elle aussi vestige du passé. C'est ça, cet emblème. Un sceau du passé. D'un passé d'avant Carthage même, en fait. Avant d'être nobles, on était surtout issus d'une grande lignée guerrière, parait-il. Tseh, j'peux te dire que si j'avais eu le malheur de l'abîmer, cet emblème, le paternel aurait vite eu fait de me le rappeler, le passé guerrier des ancêtres.

Nostalgie, encore une fois. Puis rire. Enfin, j'vais pas recommencer à te déballer de la nostalgie amère et mielleuse, t'as déjà assez été servie. Mais tu sais, maintenant. J'te sentais curieuse sur ce bout de métal, p'tite maligne.
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Dim 20 Nov - 3:29
Guidée par le Vandale, Ariane aimait leur discrétion. Elle aimait leur jeu, elle aimait la chaleur vivante qui se propageait dans son dos, flattant ses esprits, flattant ses bras, par le vent qui soufflait. Et cette étreinte aussi, à la fois étrangère et devenue familière du Vandale. A peine les silhouettes des gardes devenues de petites formes géométriques au loin, qu'elle s'était mise à rire, profitant de l'instant bref mais salvateur, laquelle le plat monotone d'une vie avait été balayée par une euphorie nouvellement rencontrée.

Galopant, Sambor eut pourtant le plaisir d'obtenir une caresse de la brune, pour l'encourager dans sa course. Là encore, l'atlante n'en était pas le maître, mais son endurance les aiderait certainement à atteindre un endroit où cette fois-ci, les deux guerriers ne seraient pas pourchassés. Légèrement essoufflé, Zvezdan reprit rapidement la parole, au nez qui vint bien rapidement se caler tout contre sa nuque puis dans ses cheveux, la faisant frissonner silencieusement d'un souffle trop présent. Quelques minutes suffiraient pour rendre la jeune atlante plus détendue contre ses bras et son ventre. Les compliments fusaient, l'attraction ne perdait en rien son charme.

La voir...C'était paradoxal. Zvezdan ne connaissait pas tout, ni sur son passé, ni même sur ses pensées. Et la frêle image qu'il avait d'elle n'était probablement qu'une duperie involontaire, sincère aussi, pour le moment. Du regard, Ariane en craignait son changement. Elle haïssait la déception presque autant que le refus et l'échec qu'elle pouvait y lire chez les autres. Et c'était par cette peur qu'elle ne tiqua pas, préférant montrer cette facette d'elle plutôt que révéler la générale plus intransigeante. Mais c'était réciproque: que savait-elle de lui? Rien pour l'heure, sauf l'attitude relâchée qu'il arborait en sa présence, et qui la rassurait. L'atlante en avait bien besoin, sur ce cheval plutôt agressif comme dans cette nouvelle vie qui s'annonçait pour elle.

"Merci Zvezdan...", avait-elle murmuré. Profondément, les joues aussi rouges que lorsqu'ils avaient partagé ce baiser involontaire. Ca lui faisait du bien, de ne pas être vue comme le danger. Le Mensonge. Tout cela, en un si petit corps qu'était le sien. Pour une fois, seulement pour cette fois-ci, Ariane voulait bien concéder qu'elle n'était pas Lyumnades pour se perdre dans ses bras et ses paroles. "Tu deviens folle ma pauvre. A écouter un homme terrestre parler au lieu de le dévorer, de lui jouer quelques tours mesquins." Un sourire contenté vint s'esquisser à l'instant, fermant le yeux pour profiter de leur galop commun. "Oui, je préfère m'y perdre. Un tout petit peu..." "Oh, tu sais, en tant que comédienne, j'aime amuser ma galerie, et c'est ce que j'ai fait en premier en rentrant à Atlantis. Si j'ai pu réveiller ce gosse profondément enfoui quelque part, par quelques récits et contes, au plus profond de tes souvenirs, je suis flattée."

La jeune femme écoutait sa voix plus forte, mais aussi devenue plus apaisante, tandis que des doigts vinrent se saisir de ses mèches brunes pour les tordre et les séparer de sa tignasse brune. Ô, c'était elle qui allait rester rouge écarlate pour le restant de cette soirée. Et pas seulement pour l'alcool qui embuait son esprit légèrement. Prenant son courage à deux mains, Ariane fanfaronnait avec retenue.

"Alors, j'espère que ta bienveillance sait y voir un signe." Son ton, assez haut et théâtralement taquin, avait bien vite remplacé cette intensité calme et posée, par élan de confiance en elle. "Ne t'avais-je pas affirmé, ô combien de fois même! Que tu la trouverais cette euphorie?" Aussitôt la réplique placée, que le sérieux domina de nouveau son visage. Le futur. Y faire face n'était jamais une partie de plaisir, après tout, il était inconnu. Aussi inconnu que les innombrables forces qui la mèneraient ici, et ailleurs, sous un ciel étoilé comme sous les cieux ensoleillés. "Oui, je l'espère. J'espère être forte."

Etre forte. Là n'était pas la question. Mais si elle savait fuir les gardes autant qu'elle pouvait craindre le danger, nul doute qu'Ariane ne craindrait rien. Le temps s'écoulait, les idées pessimistes en même temps. Dix minutes.

"Hm? Oh, excuse moi. Va pour ses dix minutes. Si je les tiens..."


L'alcool faisait son effet et elle le sentait, le poison s'écouler dans ses veines. Pessimisme. Un vain espoir pour qu'il ne s'agisse pas de cette pathologie aussi navrante que les plaintes et les jérémiades. Ariane avait perçu le questionnement du Vandale à son sujet, lorsqu'il l'avait questionné. Malheureusement, il lui aurait été bien difficile de répondre à cela par elle-même, tandis que le Vandale la guidait habilement dans son œuvre. Une emprise tantôt plus ferme, tantôt plus souple. Mesuré dans chacun de ses ordres.


--------------------------------------------

La Teigne semblait réagir, sortant de la manche, poussant le tissu de sa tête pour rejoindre l'herbe verte...Quoique non. Elle se retroussa subitement directement dans la manche de sa dompteuse. Une chose était sûre: Elle ne sortirait plus avant très longtemps, après cette course folle à dos de cheval qui venait à peine de terminer.

"Tu m'as l'air d'être un cavalier hors paire...Et pourtant, sans être totalement incompétente dans ce domaine, tu m'as fait suffisamment confiance pour prendre les rênes. Il faudrait que tu m'apprennes, un jour, toi aussi. Et..."
Soupirant, Ariane était encore légèrement frustrée sur ses propres compétences. L'ancienne Tribut venait juste de reprendre la maîtrise de ses gestes et la liberté de ses actes, qu'il lui apparaissait déjà important de rattraper ce retard. Oh! Retard qui serait bien assez tôt corrigé par observation et mimétisme de la jeune Lyumnade. A cela, Ariane réfléchit quelques secondes à la contrepartie, ses yeux dérivant vers le haut, comme pour prier une inspiration venue d'en haut. La réponse eut aussitôt immergée dans son esprit que son visage s'illumina sous quelques expressions plus taquines. Ah, peut-être qu'elle lui faisait un trop beau cadeau, mais c'était pour elle l'une des seules compétences que n'avaient peut-être pas le Cardinal. "Et je t'apprendrais peut-être à être un bon messager. Crois moi, lorsque les informations ne viennent pas à toi, ce sont elles qui viennent à toi. C'est le messager qui les commande, pas l'inverse. Et il n'a pas besoin d'être violent, non. Il a besoin d'évaluer, d'estimer, d'observer son entourage, pour mieux y répondre. En cela, il est maître de lui-même. En cela, peut-il même berner le plus brillant orateur." Elle vint prendre la main de l'homme, caresser sa main, éteignant cette petite étincelle bleutée jaillie de sa paume. "S'il est farceur, bien sûr. Et intelligent. Et intéressé. C'est un pari très, très risqué d'entrer dans les affaires plus politiques et diplomates."

Prédisposition, acquise par les enseignements de ce cher Hassan. Après tout, la jeune femme avait commencé sa petite carrière d'atlante ainsi, sous son regard aussi bienveillant qu'exigeant, quelque part. Et elle en avait été sa messagère, son Albatros. Doux potentiel, âge précoce. Une sorte d'oisillon, maîtrisant toute sorte de petites bêtes pouvant véhiculer des messages à sa guise. Son don de base comme disait certains atlantes.

"Oh, j'espère bien, qu'il ne m'a pas dans le pif! Je serais une misérable Lyumnades, sinon! Et...Je t'accuse de vouloir me ridiculiser un peu, vengeance sur la Teigne..."

Deux hoquets de soularde avait bien manqué de couper sa phrase. Elle titubait, se sentait à dire vrai aussi bien que mal, niant le fait des effets de cette charmante liqueur trop rouge. Ariane avait du mal à tenir sa tête, tandis qu'elle rejoignait pour prendre cette épaule plus accueillante. Outrée, son regard vitreux et hagard rencontra le sien, toujours euphorique.

"Sois pas fier de ça, je vais très bien. Tu le sais bien..."

L'affirmation ne l'empêchait de vouloir de son aide, au Vandale. Ne serait-ce que légèrement, au moins pour marcher. L'avantage était que cette simple salamandre ne le mordrait pas jusqu'au sang. Pas encore une fois, pas maintenant qu'elle était tétanisée après cette longue balade sous cette manche à piège. L'urodèle préférait faire sa morte tandis que la jeune femme s'était retrouvée manipulée comme une poupée de chiffon, installée bien sagement contre le Cardinal, à l'ombre nocturne d'un arbre. Sa tête continuait à tourner, ses paupières s'alourdissaient. Mais la jeune femme ne voulait pas dormir, alors tant bien que mal, elle rassembla légèrement son cosmos, luttant contre son mal d'une énergie à la fois chaleureuse et marine. Sans grande identité, tout et n'importe qui à la fois. Au bout de quelques minutes, à contempler silencieusement le ciel et ses nuées d'étoiles, ainsi que cette lune qui tendait ses bras maternelles en un million de rayons transparents et argentés, elle finit par reprendre ses forces. Par l'écouter de nouveau, parler énigmatiquement de ce qu'elle estimait être une connaissance.

"Il y a des si grosses brutes que ça, là-bas?"


Son regard s'était fait gêné à l'évocation d'Atlantis. L'emmener là-bas...Ca aurait été possible pour un homme sans alliance, accompagné dans son évolution par les soins d'une générale -encore que la brune n'en était pas sûre-, mais en l'occurrence, Zvezdan n'était pas "sans compétence". Alors comme intimidée, sa voix s'était baissée sous l'aveu.

"T'aurais pas aimé voir le Légat, sauf circonstances nécessaires. Non crois moi, cet homme était...Un père pour les atlantes. Pour moi aussi. Un grand fléau pour l'humanité. Enfin, surtout pour les Saints, quand j'y repense. Ils ont touché ses enfants, dirons-nous."
Hassan. Un homme de poigne, un homme fort et décidé. Pourquoi avait-il décidé de sombrer dans l'inconscience à son retour? Non vraiment, idiot de père. Qui plus est, il n'était pas venu la chercher en cinq années. Pas la moindre tentative, si bien que le seul à s'en être excusé était l'un de ses guerriers atlantes. Liao. Mais inutile de radoter. Elle ne savait véritablement s'il en était de même pour les Berserkers; munis d'un sens patriotique et à la fois particulièrement agressif. "Je tiens cela dit en mémoire cette proposition. La tienne comme la mienne, il me plairait de pouvoir mettre un doigt sur cette "ville vivante"."

De nouveau, la brune le sentait jouer avec ce petit bijou. Une idée s'installa alors dans son esprit. Ariane s'était relevée, et forçant un peu sur ses deux jambes, elle fit finalement face au Cardinal, les yeux pétillants de malice, détaillant tantôt le contour de ses lèvres dans une pénombre maigrement éclairée par une flammèche en suspension sur sa paume, tantôt sur l'emblème du vétéran Vandale. Carthage. La ville n'en avait été que mieux perçue, dans ses flammes mystiques.

"Enchantée, Seigneur Nebojsa" Elle s'inclina, maigrement, craignant de tomber à la reverse par simple faute d'ivresse. "Si je puis ainsi me présenter, je m'appelle Ariane, Ariane, de la gens Syagrii. Oui, comme le grand perdant défait il y a moins d'un siècle..." L'un d'entre eux, tout du moins. Avait-elle eu à se plaindre de cela jusque-là? Pas véritablement. L'histoire était triste, mais bien moins traumatisante que la Guerre en elle-même. Peut-être était-ce cela qui lui permettait de s'exprimer légèrement à ce sujet. "En outre, je ne suis plus vraiment personne, à dire vrai, et ma famille est très loooooin d'être ce qu'elle était auparavant. Il y a plusieurs décennies comme il y a cinq ans..."

Elle se demanderait toujours ce que ses parents avaient fait pour être pourchassés et exécutés de la sorte, quand ils avaient pourtant beaucoup de choses sous leur main. D'aussi loin qu'elle puisse s'en souvenir, elle venait d'un milieu plutôt correcte. Pas d'un roi, mais pas issue de la pauvreté pour autant. Mais quelle importance? Aujourd'hui, la jeune franque avait cédé à la fière, quoique tyrannique atlante. Quoique cadette attristée. Eva lui manquait, terriblement, quand bien même son fantôme la hantait encore dans ses souvenirs. Et aujourd'hui, Ariane était le Mensonge. Un beau, parfois joyeux, parfois plus colérique mensonge.

"Aujourd'hui, je suis la seule survivante, moi aussi. De ma famille proche, tout du moins. Je pense...Que c'est pour ça que je ne te juge pas non plus. Il te reste beaucoup de choses à vivre...Je n'en doute pas. "







Dernière édition par Ariane le Dim 20 Nov - 21:56, édité 1 fois
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Dim 20 Nov - 20:39
Un regard par-dessus son épaule, à voir le canasson silencieusement apprécier la légère caresse. De quoi m'arracher un mince sourire furtif. Ben alors, on arrête de jouer l’irascible, Sambor?

En attendant, elle continue sans un bruit si ce n'est celui des sabots qui claquent au sol, cette avancée vers loin de la ville. Mains qui se baladent, mains qui caressent, mains qui guident quelques pas de danse, mains qui guident sur la bride d'un cheval turbulent. De douces mains délicates aux doigts fins mais agiles. Et pourtant, des mains dont l'on devine qu'elles sont celles d'un homme de Guerre. Les nombreuses petites entailles sur le dos, leur fermeté certes douce mais bien présente, celle de cinq doigts autant aptes à se refermer sur la cascade de cheveux d'une Générale Atlante que de saisir le manche d'une lame pour le garder d'une emprise sûre et experte.

Souffle qui expulse les torrents de Rage, souffle qui s'emballe lors de quelques courses-poursuite, souffle qui nargue ces lèvres en face, souffle posé sur une nuque. Un souffle chaud, tant lorsqu'il exprime cette fureur latente que lorsqu'il se mêle à un autre. Alors elles continuent de guider un long moment, ces mains improvisées mentor le temps d'une escapade à dos de Sambor. Il continue de fondre dans sa crinière, ce souffle improvisé fournaise.

Il continue de profiter, ce Cardinal improvisé Chasseur.

Pourtant, il ne peut s'empêcher de penser. Bientôt, le retour au Dédale. A la Guerre, aux choses des Dieux et de leurs caprices. Au sang, à la Vengeance et aux envies moins innocentes. Une paire de sourcils froncés pour précéder la réflexion. Assez vite, un sourire revient démolir ce début de frustration. Raison de plus pour ne pas dépenser ces dernières heures en grands élans de négativisme, grand débile.

Merci à toi, Ariane. C'est soufflé non loin de son oreille, d'un murmure égal, l'étreinte de ma main droite resserrée un peu l'espace d'une poignée de secondes. Les paupières refermées en une énième inspiration, des lippes qui expirent en un sourire fugace. J'ai jamais été aussi loin de cette Cuirasse et de tout ce qu'elle apporte dans son sillage qu'aujourd'hui, je crois. Et bordel ça fait un bien fou. J'y songerai sans aucun doute avec presque une pointe d'amertume, à cette soirée, lorsque l'autre facette de soi devra reprendre du service, à mener, ordonner, combattre, enrager. Une amertume heureuse. Tu peux l'être. Sans ça, c'aurait été une énième soirée de débauche parmi la masse inconnue, sans rien de plus. Pas que je ne m'en serais pas contenté, mais... Heh, ça fait pâle figure après les dernières heures.

Elles risquent de me paraître bien mornes au moins un petit moment ces prochaines escapades, oui. Un léger rire expiré entre deux mèches lorsqu'elle reprend la parole.

Tu ne m'as pas vendue de promesses illusoires, oui, je te l'accorde. C'est pas sans ironie, mais j'apprécie.

Et sur la suite, un silence. La laisser penser. Quelques minutes passent, jusqu'à sa réponse, celle-la même qui fait apparaître un rictus taquin sur mes traits.

Oh bah t'as plutôt intérêt à les tenir si tu veux pas qu'on se mange un arbre ou un précipice, tu sais.

Après tout, c'est toi qui tiens les rênes.

***

Bah, on s'est pas mangé d'arbres, non ? Je lui réponds ça, deux pupilles pleines d’espièglerie plongées dans les siennes. C'est bien que j'ai eu raison de te faire confiance. Puis, ça a toujours son charme, une femme qui prend les rênes. Un clin d'oeil sur cette réplique équivoque, suivi d'une moue songeuse. On arrête pas de se les balancer, ces « on fera telle chose un jour », comme des proches de longue date pleins de projets futurs. C'est... Amusant. Et frustrant. Hmmm, d'accord, mais pas avec Sambor, il est trop turbulent, c'te vieille carne. On ira « emprunter » les chevaux d'un fermier peu vigilant, s'il le faut. Aaaah, qu'elles me font sourire, ces expectatives de 400 autres coups du genre avec l'Atlante. Emprunter un cheval, courir avec ces gardes au derche, chevaucher avec ces grammes dans le sang...

Et je l'écoute, l'air amusé, tant par sa proposition que par ses mots. J'ai déjà eu droit à la phase d'observation, ce soir, presque, non? Oh, tu en as eu des informations, oui. Peu peu utiles pour une Générale avide de renseignements sur les Berserkers et leurs routines, projets et autres, mais bien assez pour une Ariane curieuse et taquine. Oui, tu me les a faites arracher avec un grand sourire sur le visage en prime, ces bribes de passé. Et je ne m'en sens pas une seconde floué, ni rien. C'est... Terrifiant, presque. Presque, oui. Messagère d'un commanditaire bien exigeant : sa petite curiosité personnelle, insatiable et avide. Mon rictus se fait un peu plus grand, à la titiller comme ça. Oh, mon ton laisse bien deviner la plaisanterie, oui. A la main qui m'est saisie puis caressée, mes pupilles répondent d'un regard un peu plus fixe. Je crois t'avoir bien assez fait preuve de mon goût du risque, tu ne penses pas ?

Du risque d'une nature bien différente de celle à laquelle s'expose un messager, certes, mais tout de même. Et la voilà qui m'accuse encore ! De nouveau, cet air faussement offusqué.

Teigne a plus ma gratitude que mon ressenti, j'te l'ai déjà dit. Quoique, j'irais peut-être chercher une légère vengeance un peu débile en allant mordre sa maîtresse, que les ardoises soient égalisées...

Un sourire carnassier pour laisser apparaître ces belles dents tranchantes. Et le début d'hilarité à la voir tituber comme ça, refréné du mieux que je peux alors qu'une épaule plus stable vient s'offrir à elle en guise de soutien, une voix plus douce pour remplacer le rire.

Je sais. Viens-la, on va se poser quelque part plutôt que de continuer à essayer de marcher.

Tseh. Parce que même si je suis plus vaillant de ce côté-ci, j'irais pas non plus cracher sur quelque chose pour m'adosser et souffler un coup. Alors cette arbre, oui. Cet arbre, cette Ariane contre moi, ce ciel au-dessus, pour captiver les regards.Quelques minutes de silence, et peut-être un presque assoupissement de son côté. Deux yeux qui descendent vers elle, son visage éclairé par la petite flammèche, ses paupières qui menacent de définitivement se fermer un long moment avant qu'elle ne se reprenne. Mais ça m'y fait penser, à ce sommeil qu'il faudra bien aller chercher tôt ou tard. Surtout vu nos états respectifs... A cette idée, un regard vers le village, le seul dans le coin avant un bon moment. Une seconde œillade vers le nécessaire à monter un petit camp monté sur le dos de Sambor. Tseh. La belle étoile, qu'on disait, hein ?

Il y en a, ouais. On en a, de ces grosses armoires à glace peu réfléchies qui compensent par une taille et un tour de bras anormalement développé. Faut bien quelques-uns pour confirmer les clichés, non?

Après tout, ne sommes nous pas les « Berserkers » ?

Je l'écoute parler de ce ton un peu plus bas, comme si elle parlait d'un coup de quelque chose qui pourrait apparaître dans la nuit pour nous happer, espèce de monstre des légendes. Le Légat. Respect et crainte semblent se mêler dans son récit.

Peut-être aurait-on pu trouver un terrain d'entente sur ce dernier point, qui sait. Un Fléau pour les Saints. Oui, peut-être, oui. Je n'en sais rien. Ils sont étranges par bien des égards, ces gens de sous la mer. Territoriaux, parait-il, à un point maladif. Peut-on vraiment le leur reprocher, lorsque l'on voit l'état de la surface ? J'aime à me penser plutôt à même de comprendre la fureur et l'instinct surprotecteur d'un père volé de ses enfants par les Saints. Tseh.Tu me fais rire, toi. Alors elle t’intrigue, cette ville-boyaux ? Gaffe, à poser un doigt dessus tu pourrais te le faire croquer. Littéralement.

C'est précédé d'un rire, sans pour autant que la réplique paraisse mensongère pour autant. Tu pourrais, carrément, ouais. Et la morsure d'un Dédale est autrement plus vorace que celle d'une Teigne agressive.

Et la morsure du passé peut être encore plus dangereuse. Je l'observe se lever péniblement, l'air interloqué.Je l'écoute.

Je...

Je vois un nouveau miroir se superposer aux autres. De nouveau, déformant, de nouveau, ces quelques différences entre deux histoires. Pourtant, elles se recoupent, à leur manière. Alors moi aussi, je me lève doucement, avec deux pupilles pleines d'un quelque chose dur à interpréter pour répondre à sa malice. Un équivalent de ça, mais aussi un peu de peine. Une peine empathique. Toi aussi, hein... Seul survivant. Un bien dur fardeau. Surtout lorsque ceux du passé continuent à s'exprimer, d'une certaine façon.

Il est décontenancé par ce récit, le Vandale, et ça se voit, oui. Plus encore par la suite. Beaucoup de choses à vivre Une vive émotion qui me prend les tripes, d'un coup. Pas la colère des autres jours, ni l'euphorie ou l'excitation de celui-ci. Non, autre chose. Une espèce de peur mélancolique. Et si tu avais tort, Ariane ? Et si... Et si Zvezdan, Cardinal de la Guerre, ça n'était qu'un énième Berserker qui mourra la gueule ouverte sur le champ de bataille, un idéal étouffé dans sa défaite, sans même s'en être approché ne serait-ce que du bout des doigts ?

Beaucoup de choses à vivre...

Beaucoup de choses à tuer. Des gens, des visions, des institutions. Un Empire et ce qu'il représente, un Sanctuaire et ses défenseurs. Arriverais-je à pleinement m'accorder le luxe de vivre vraiment tant que ça ne sera pas fait ? Est-ce que... C'est ce qu'ils auraient voulus ?

Seul survivant.

Et il s'impose un devoir de Vengeance, ce rescapé, un que l'on lui aurait peut-être même défendu, si les trépassés avaient vraiment leur mot à dire. Les écouterais-je seulement ? J'sais pas... J'sais plus. J'veux pas savoir. J'veux pas me poser ces questions. Pas maintenant.

C'est bien aimable à toi d'être vide de doutes à ma place, Ariane. Il se moque, ce Cardinal, oui. De lui-même. Parce que moi, j'en suis trop plein, de ce doute. Alors nous voilà, à être les derniers de ce qui jadis était grand, pour aujourd'hui ne plus être grand, ni même être tout court, hein ? Comme le hasard fait bien les choses. Comme le hasard et joueur. Les illustres anonymes, à porter un nom qui a eu son importance, un jour. Oui, ce serait bien pitoyable, que nous venions à nous juger entre nous. Et je lui rend sa révérence, plus basse, plus théâtrale, mais plus menaçante pour l'équilibre aussi. Un buste trop penché en avant, et son poids qui m'y fait me jeter. Je me rattrape comme je peux, m'arrête à quelques centimètres d'Ariane. Lorsque je relève le visage vers elle, pas une perte de contenance, façon de prétendre le calcul. Bien sûr que c'était voulu, qu'est-ce que tu crois ? J'ignorais ceci dit avoir à faire à une Dame de Haut-Rang. Enchanté de même, Maîtresse Syagrii.

Le ton presque solennel, une tenue bien haute et distinguée.

Il m'est grande peine de devoir annoncer cela à une femme de votre statut, mais j'ai bien peur que la seule auberge avant plusieurs kilomètres ne s'avère que très peu accueillante à notre égard. Un regard en coin vers le village en contrebas, lui et ses lumières agressives. Aussi le ciel étoilé va-t-il très certainement s'imposer comme couverture de fortune sur nos épaules.Si vous me le permettrez, je prends sur moi de vous guider jusque vers plus en avant dans la forêt, là où quelconque petit campement ne sera pas trop aisément discernable.

Je lui désigne Sambor et le nécessaire à s'accorder une nuit un minimum décente d'un coup de menton, pour commencer à me diriger vers la rangée d'arbres hauts. Toujours proche d'elle pour la soutenir. Pour la sentir. Peut-être même un peu plus depuis que je sais. Ariane Syagrii, hein...

J'espère tout de même que Madame saura se contenter d'un feu et quelques babioles, parce que ça va pas être le luxe des quatre murs d'une chambre d'auberge non plus.

Retour à ce ton plus simple et plus moqueur. Regardez-la, la noblesse de ce monde... Tseh.
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Lun 21 Nov - 22:42
Un sourire fin et avisé vint se caler sur les lèvres de l'atlante, de celui qui laissait transparaître les yeux pétillants d'une femme capturée par la promesse d'un quelque chose. Et ce quelque chose, c'était un échange, comme un simple troc qui engageait l'une et l'autre partie dans des compétences pourtant plus personnelles.

Et Ariane aimait jouer de son charme négociateur, lorsqu'elle en était d'humeur. L'air esquissé sur son visage n'avait absolument rien de provocateur; il était seulement intelligent et intéressé. Quoiqu'amusé, également. Le ton pris l'espace de quelques instants avait bien vite subtilisé son malaise d'ivresse, laquelle lui avait permis de s'adosser près d'un arbre. Tout près de ce Cardinal qui ne cessait de jouer avec ce double discours.

"Marché conclus."


"Oui, marché conclus, mon Cardinal. On ira voler des chevaux ensemble à un fermier grincheux, on se fera pourchassé par les gardiens comme de vils voleurs du dimanche, et quelque part, je tenterai peut-être un jour de te rendre la pareille...Si ça ne te plait pas."
L'idée lui était plutôt plaisante, dans le fond. A elle aussi. C'était laisser de côté ce fardeau, ce devoir d'honorer la mémoire d'une personne quitte à oublier ses propres intérêts. Il est vivant et intrépide, ce guerrier de la guerre. Suffisamment pour manipuler avec attention les connotations des Naïades venant des lacs. Un regard sur la plaie encore légèrement sanglante sur le poignet du Cardinal, illuminé par une légère flamme bleutée, avait bien suffit pour lui remettre les idées en place. Teigne. Elle. La limite n'était pas si franche, et un rire cristallin eut le loisir de s'échapper bien rapidement de ses lèvres rosées.

"Oh. Il n'y a pas que Teigne qui sait mordre." Oh oui, Teigne n'apprécierait guère le mouvement sans pudeur. Le Vandale l'avait perçu, l'espace d'un instant. En avant traité ironiquement ces petits traits de caractère plus visible que les autres. Une messagère avide et insatiable certes, mais la réciproque à cet instant était également vrai.

"Mais tu apprendras."

Tout comme elle apprenait elle-même sur le Dédale de Chair au récit qu'en faisait son vis-à-vis à cet instant, sur cette masse de chair qui lui mordrait le doigt, et sur ces hommes qui faisaient probablement quatre têtes de plus que cette petite forme qu'était la sienne. A voir Zvezdan, il en était également l'opposé. Et à dire vrai, son cerveau confirmait en un certain point cette donnée: Ariane préférait cela à une masse de muscles, mais elle se gardait bien de le dire; ce serait trop révélateur. Et trop risqué. Entre l'attachement et l'attraction, les étapes étaient somme toute bien différentes. La proximité, ce nez qui s'enfonçait dans ses cheveux d'ébène, sa tête qui vint se caler un instant contre son épaule par un état alcoolisé, tout cela était déjà bien suffisant.

"Hm, tu n'as pas tord. Et qu'est-ce que véritablement le commun de tes frères?" L'interrogation s'était faite tout en se laissant bercer par la respiration du Cardinal. "Hm, laisses deviner. Musclés, grands, brutes pour ces Berserkers." Un sourire fut à peine feinté. L'aveu d'une devinette un peu trop simple à résoudre n'avait pas à se faire à l'instant, Zvezdan comprendrait certainement.

"Rusés pour les atlantes. Quoique, peut-être pas aussi rusé que celui qui a berné notre dieu. Alors on dira patriotique."

Ulysse. Une légère admiration pointait librement dans le fond de ses prunelles perdues entre deux couleurs, mais dont l'intensité demeurait indéniablement celui de l'Océan. Ennemi de Poséidon, prisonnier des Océans, mais survivant jusqu'à la fin. Un adversaire de taille, quelque part. Oui, le mythe avait tout son respect et cela s'en ressentait. Tout comme les histoires contées par Zvezdan la prenaient au dépourvu, sur des connaissances qu'elle n'avait pas encore accumulé. Comment juger sans connaître? Ariane lui faisait pourtant confiance sur cette description quelque peu intimidante.

"Eh bien j'espère que les murs ne me dévoreront pas à l'instant où j'y aurai mis les pieds, accompagné de l'un de ses meilleurs guerriers. Ce sera bête pour une Lyumnade, non?"

Encore ce jeu de dupes. De masques. Mais ils savaient tout deux à ce jour que sans Armure, il n'y avait plus grand chose pour les qualifier de sans cœur. De soldat d'honneur ou de déshonneur. Non, rien de tout cela. Et c'était à ce moment-ci que l'homme Nebojsa avait pris le temps de rentrer dans ces discours dégoulinant d'un monde auquel ils n'appartenaient plus. Auquel ils n'avaient jamais appartenu, pour certains. Ariane elle, ne savait plus, croyait fortement en une seule et véritable réalité: atlante.

Et c'était tout.

"Oh, ma Foi, Messire Nebojsa, pas de cela avec moi, voyons! Mes pas et mes bonnes considérations sont déjà dangereusement vôtre."


Ce qui ne l'empêchait pas de se sentir amusé face à sa révérence et à l'air haut et solennel du Cardinal, de prendre son bras en enfilant des pieds plus aguerris par force de cosmos. "Madame". Ca la faisait sentir presque âgée, la jeune Lady, mais ô combien à égalité, face à l'aristocrate qui commençait à flancher sous le poids de l'alcool. Une pupille turquoise lui transmet l'information, et ce, avec un certain plaisir attendri: "Je t'ai vu jeune cardinal. Je t'ai vu mais je te laisse prendre ton rôle." Et le Maîtresse Syagrii amplifie cette impression, la méconnaissance des déclinaisons latines. Syagria pour les femmes. Syagrius pour les guerriers et les hommes. Mais qu'importait, Ariane utilisait ces deux terminaisons et l'erreur du jeune homme était attendrissante. Autant que cette excuse d'une promesse à passer la nuit à dormir dehors et sans toit. Ah, oui, la gardienne du Pilier de l'Antarctique ne jugerait pas, non.

"Il n'y a aucun mal à cela. Le ciel étoilé me sied à ravir, tant que Messire me fait le plaisir de m'accompagner dans mon sommeil, s'il plait à Monsieur. Ou au moins jusqu'à cet endroit où Il me vante les lumières scintillantes des naines et nébuleuses nocturnes de ces cieux."

Etonnamment, la jeune femme haïssait la bourgeoisie pour les mêmes titres qu'elle jouait avec les autres. Tout cela n'était que la maîtrise d'un savoir manipulateur. Atlantis l'avait recueilli, lui avait permis de rejoindre sa sœur et le Légat persan. Il n'y avait pas eu de distinction, et c'était ainsi qu'elle avait dédié sa vie à l'Albatros. Au Sanctuaire Sous-Marin.

Mais là encore, Ariane taquinait le Vandale pour des pensées qu'elle entretenait peut-être bien d'une manière plus innocente, arborant encore toutefois ce sourire mutin qui se voulait réponse à son injonction. Et alors, l'Atlante l'avait suivi lorsqu'il avait effectué le premier pas, non remarquer les deux petites salamandres qui déambulaient en duo dans les herbes hautes et humides d'une nuit un peu plus fraîche que les autres.

Un climat peu gênant, pour l'habitante d'Atlantis. S'abaissant, elle tint les deux petites salamandres avec précision, avant de se concentrer sur l'une d'entre elle, tout en commençant à y insuffler son cosmos. S'approchant de Zvezdan, elle lui montra la première, noire aux rayures jaunes. Il n'y avait qu'une seule signification à sa gestuel plutôt douce en cet instant. "Laisse-moi t'apprendre."

"Zvezdan, prends-la." Ses mains s'étaient jointes sur les siennes, d'une manière solennelle. "C'est un don de messagers, et on est peu, car nous ne sommes pas des grands combattants habituellement. Mais j'aime me penser bonne enseignante à ce sujet-ci. Tu l'as vu à l'œuvre, non? Mon cosmos..."

Elle pointa silencieusement du doigt la nouvelle salamandre tachetée, victime d'un cosmos insufflé, en la récoltant au passage. De noire et d'or tigré, Ariane s'était dit qu'elle avait peut-être autant une belle allure que le Cardinal

"Dans un second temps, je te conseille de faire pareil que moi, de suivre mes indications, de te laisser guider, de façon à ce qu'elle soit liée à toi. De manière à ce qu'on ne pas perde pas contact tant que l'on sera encore vivants, et capables de communiquer par ces petites salamandres de notre œuvre."

Un sourire simple s'accompagna encore et toujours d'un brasier qui peinait à s'éteindre, illuminant chacun de leur gestes en ces brefs instants. Il en restait encore une, d'Urodèle normale. Et ce serait peut-être le premier test du Cardinal de la Guerre.

Voilà, Zvezdan, je suis celle à faire le premier pas, pour ce marché."


"Cela te donnera peut-être même de quoi manipuler un animal de ton choix par la suite. Le jour où tu seras capable de comprendre ce qui t'entoure. Par toi-même. Ca prendra peut-être du temps, ou alors ça ne viendrait peut-être jamais, mais c'est toujours gratifiant une fois atteint. C'est très étrange, d'être messager."

Etrange. Mais il y avait toujours ce sentiment de puissance à manipuler les vies pour les mettre à l'œuvre d'une mission plus grande. C'était également feindre ce qu'il y avait, et feindre ce qui n'existait pas. Ces mains n'avaient pas lâché l'étreinte qu'elle avait sur les siennes.

Pour le reste, Ariane suivait le Cardinal.


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Mar 22 Nov - 16:37
- Au grand dam futur d'un pauvre fermier sans histoire, alors.

Je vois déjà la scène d'ici. Je les imagine bien, ces deux silhouettes dans la nuit, à subtiliser quelconque cheval dans les écuries d'un vieux fermier opulent, bien que mauvais et geignard. Le genre pas tant sans histoire que ça. Et elles s'en iront en riant, ces deux ombres, caressées de peu par les torches de quelques gardes trop lents et trop penauds pour ne serait-ce qu'inquiéter le duo malin. J'y songe, une véritable fresque de dressée à mon esprit, un air songeur mais contenté sur le visage. Ouais, ça m'ferait carrément marrer. Tseh. Et ce serait même pas la première fois, à vrai dire. La même scène s'est déjà jouée de mon côté, oui, bien que conjuguée au singulier. Ce sera plus drôle, avec quelqu'un pour faire écho à ma propre hilarité. Quelqu'un d'autre que le cri furieux d'un propriétaire dépossédé de son bien.

Un rire comme celui-là, oui. Celui-là même qu'elle vient tout juste clamer, avec une déclaration qui fait mouche, dans l'esprit salace de ce jeune soûlard qui se prétend depuis maintenant trop longtemps furieux et revanchard sans en donner le moins du monde l'image. J'imagine que ce sont nos petits tabous. Elle ne me montre pas la Lyumnades froide et impitoyable, je ne lui montre pas la boule de haine irraisonnée, irraisonnable et irascible.

- Je n'ai jamais osé en douter une seule seconde, ma douce Lyumnades.

Tseh. Je devrais définitivement la craindre plutôt que la moquer, la réplique de cette Naïade qui prétend savoir mordre. Mais non, je préfère en rire, souligner l'ironie de la chose. Ou plutôt l'exactitude. Alors mon rire et mes joues un peu plus rouges répondent au sien et à cette déclaration. Rire et rougir lorsque les Lyumnades mangeuses d'homme parlent de morsure dans la chair. Tu dois être un peu taré, quelque part, mon pauvre.

Taré, puis perdu. Perdu dans les murs d'une ville pleine de ce que je ne suis pas, oui. Au fur et à mesure qu'elle énumère les caractéristiques du Berserker lambda, mon sourire s’élargit un tout petit peu plus.

- A croire que je me suis trompé de coche, hein ?

Ou que je ne te montre pas tout. Ce que je n'ai pas de grand dans la taille, je l'ai dans mon ressenti. Ce que je n'ai pas de musculature trop exposée et trop évidente, je l'ai de caché sous une silhouette fine et athlétique mais tout à fait capable de ces prouesses prétendument réservées aux mastodontes qui flirtent avec les sommets. Ce que je n'ai pas en brutalité banale et quotidienne, je l'ai en ce qui sommeille, en celle latente et refrénée. Qu'ils soient donc ces incendies de l'éternel, eux autres furies sans repos. Je me préfère encore en volcan dormant. A croire que je me suis trompé de coche... Non, non, j'ai beau en douter parfois, c'est bien ici, ma place. Tristement, peut-être. Et peut-être qu'il n'aurait jamais dû se placer sous l'égide de quelconque divinité, ce Vandale. Mais les « peut-être » ont trop eu l'occasion de s'exprimer, dans mes pensées de ce soir. Non, j'y suis et c'est tout. Pour l'instant, au moins.

- Rusés et patriotiques, tu dis ?

L'ironie dans la voix, le sourire espiègle. ça me rappelle quelqu'un, tiens...

- Tseh. J'en viendrais presque à regretter que Carthage ai pas été une cité sous-marine.

Un aveu placé sous le signe de la plaisanterie, mais pas dénué d'un fond de vérité. C'est dit en un énième passage du pouce sur cet emblème familial. Oh, la référence à Ulysse ne m'est pas passée par-dessus, mais je me plais bien plus à souligner ce trait commun.

Une main pleine d'un médaillon ouvragé, une autre de mèches soyeuses, avec toujours ce souffle qui s'y perd. S'y installe, s'y fait familier. S'y intensifie en un léger soufflement de nez lorsque le Dédale est abordé.

- J'irais négocier avec eux leur dire que j'ai réservé. Ils n'ont pas de morsure à venger après tout, eux, hm ?

Rapide œillade vers Teigne, aussi rapide qu'est léger ce prétexte de Vengeance, ridicule, vain. Amusant, tout au plus, et encore.

Aussi léger qu'est ce jeu du noble, à exagérer les manières d'une haute-société devenue bien étrangère aux yeux de ce jeune Cardinal. J'en ai les codes en mémoire, oui. Pas en affection, mais au moins en mémoire. Assez pour me prêter au jeu des ronds de jambes bien bas et bien élogieux, si d'aventure je dois y sauter. Ici, les politesses sont volontairement maladroites, les gestes guidés par un trop-plein d'alcool dans les veines. Un sourire complice à sa réplique, plus encore à son regard capté. Qui crois-je pouvoir duper ainsi, après tout... Furtif, le rictus lui concède silencieusement l'aveu d'un faux pas causé par l'ivresse.Ni le premier ni le dernier de cette soirée, ceci dit.

- Ce monsieur aura en effet tôt fait de vous y accompagner dans ce sommeil, oui. Si le dos d'un grand cheval improvisé couche mobile est une expérience qui m'est familière... Ouais, ça fait quand même un mal de chien au réveil.

L'abandon total de cette Mascarade de quelques phrases sur les derniers mots, doublé d'un rictus faussement gêné au dire de l'anecdote. Oui, je t'aime bien Sambor, mais ces rares assoupissements sur la route ne furent pas mes nuits de sommeil les plus agréables.

- Tiens, d'ailleurs.

Un siffle pour attirer l'attention du canasson, puis un coup de menton vers la forêt pour lui intimer de s'y avancer. Il s'exécute, et je vais pour l'y suivre quand je vois Ariane s'approcher avec... Qu'est-ce que...

Un regard d'abord perdu vers la petite silhouette dans l'herbe. Un regard qui remonte vers elle, interrogateur.

- Pour moi ?

Ben oui, pour qui d'autre, gros malin... C'est... Soudain. Tseh. Regardez-moi à réagir comme elle quand je lui ai volé un baiser. Pour une Salamandre. Mais pas n'importe laquelle. Oui, je l'ai senti ton Cosmos, Ariane. Ce que tu sais faire avec ces petites bêtes. Je... J'sais pas. T'es sûre de vouloir m'apprendre ça ? Pour la première fois, une gêne non-feinte sur mes traits. Un trop-plein de gratitude, à vrai dire. Aussi, une joie contenue. J'aime l'idée de me coltiner ce petit animal, m'y lier, l'avoir caché entre quelques couches de vêtements, bien au chaud et furtif... A la manière d'une Teigne.

Mais je n'ose pas l'interrompre dans son intitulé, cette enseignante experte. De nouveau, les rôles sont inversés. Alors celui qui a mené la danse comme la chevauchée se retrouve maintenant propulsé dans la peau de l'élève.

Une lueur d'intérêt encore redoublée lorsqu'elle continue. Communiquer? Aaaah... Il essaie d'être furtif, mais il n'y arrive pas. Non, il se voit de bien loin, ce sourire trop heureux lorsqu'elle m'annonce ça. C'est peu de chose, ce ne sera que l'échange de quelques messages. Mais ça me réchauffe le cœur, de se dire que cette rencontre d'une nuit ne sera peut-être pas tant sans suite que je m'étais presque résolu à la penser de base. Alors ils pétillent, ces yeux attentifs, il brille, cet air ravi sur mes lèvres. Cet apprentissage, il m'apparaît presque plus intimiste encore que les quelques pas de danse dessinés dans cette grande taverne bruyante et peuplée. Ici, un silence rituel avec seules les étoiles en guise de témoin. Donc je suis calme, terriblement calme. Pas un mot superflu, pas une pensée parasite, rien. Juste l'écoute de ses mots, l'attentive observation de ses gestes, la perception exacerbée de ce Cosmos et de comment faut-il le manier pour parvenir au même résultat.

Une grande inspiration. La petite Salamandre de cueillie entre mes mains, d'un geste à la précaution encore démontrée qu'avec Ariane. Deux yeux qui vont comme chercher l'approbation d'une mentor, à se lever vers le Turquoise. Puis finalement, deux yeux qui se ferment, une lente inspiration.

***

Il se concentre, ce Cardinal. C'est perceptible dans son comportement. Il y met un sérieux peut-être nouveau pour l'Atlante. Lente expiration. Très lentement, son Cosmos se manifeste en une aura rougeoyante autour de lui. Trop fort. Une paire de sourcils froncés, un air mécontenté. Nouvelle inspiration. Fais le vide. Il est trop chargé de cette habituelle rage contenue, ce Cosmos. Teinté à la fois par la fureur propre au Vandale mais aussi par ce petit plus lié à la Cuirasse, au don d'Arès et de sa furie Destructrice. Un Cosmos bien peu disposé à certaines tâches. Ironique pour un illusionniste, n'est-ce pas ? Oui, sous ses airs insouciants, il doit en développer des montagnes entière de concentration pour parfaire ce don. Le Vandale n'a jamais eu de souci a utiliser son Cosmos avec finesse, mais se débarrasser de cette teinte émotionnelle qui y réside, c'est encore autre chose.

Et ça le frustre d'y échouer comme ça. Une frustration qui trouve écho en une légère intensification de ce Cosmos. L'inverse, oui. C'est tout l'inverse qu'il faut.

Calme-toi.
Fais le vide.
Oublie tout. Tout sauf la Salamandre. Elle et rien d'autre. Coupe-toi de ce monde.
N'en garde que le contact de cette main sur la tienne, le souvenir de cette voix et ses consignes.
Approprie-toi la bête. Ressens le lien qui unit chaque créature vivante sur cette Terre. Prends-le, intensifie-le, fais-le tiens. Vôtre. Partage un peu de toi avec ce petit amphibien.


L'aura carmine cesse, le Cosmos reste perceptible mais progressivement plus doux, plus neutre. La fureur d'habitude reine de ce pouvoir se tait, s'efface, disparue au profit d'un calme olympien, d'un espèce de bien-être contemplatif. Un vent chaud et agréable semble l'entourer un instant alors qu'il rouvre les yeux sur cette Salamandre. L'espace d'un instant, juste une seconde lorsqu'ils se sont rouverts, ces pupilles, elles n'étaient pas noires, mais d'un bleu comme celui du ciel.

***

- Je... Je crois que j'ai réussi ?

J'avise Ariane du regard, vagabonde entre elle et la Salamandre. Je... Sens comme quelque chose, oui. Un lien. Dur à quantifier, le genre de choses sur lesquels je serait bien incapable de mettre des mots. Mais c'est là, présent, et ça ne passe pas inaperçu.

Finalement, le chemin continue, avec mes yeux rivés sur cette petite bestiole tout le long. L'air pensif. Et pour cause. Une question capitale qui me taraude en même temps que je la vois presque inconsciente le temps que le processus se termine, cette Salamandre. La question de toute une vie. La sienne, au moins.

Cette question qui sort d'un ton détaché, alors que je m'arrête au milieu de ce qui fera amplement l'affaire comme zone de campement.

- Comment je vais t'appeler, toi, petite chose ?

Et quand elle fuse, je sens un regard dans mon dos. Quelques sabots claqués très légèrement plus fort sur le sol, que moi seul puisse noter la nuance. Alors je me retourne vers Sambor, un certain sourire au visage.

- Quoi, tu vas me faire de la jalousie bête et méchante, vieille carne ?

Encore et toujours, ces naseaux qui expirent un air chaud pour me répondre, ça et un regard qui ne se détourne pas.

- Tu t'y feras, va. J'suis sûr que vous deviendrez grands amis !

Un rire, puis je reviens vers Ariane, plus sérieux.

- J'ai encore du mal à en concevoir les limites, mais je me rends compte que c'est un grand cadeau que tu me fais là. Merci.

Mes mains se détachent des siennes, mes jambes me mènent jusqu'à Sambor pour y récupérer quelques provisions. Le sac à gibier, un autre sac plein d'un bois cueilli au préalable, deux pierres particulières. Finalement, quelques peaux arrangées pour faire office de couverture et une espèce de toile de tente. Tout ça posé négligemment dans un coin à l'exception du bois et des deux pierres. Quelques secondes, et je m’accroupi prés du tas de branches, commence à cherche ce feu de quelques frictions entre les deux roches. Le début de quelques étincelles encore trop timides, mais bientôt, ça sera suffisant. Sans même me retourner, une voix qui interpelle.

- J'ai quoique ce soit d'autre à savoir sur ce don de messager ? Tseh. C'est un élève tout aussi avide et insatiable que toi que tu t'es décidé à te coltiner, après tout.

Oh oui, j'en suis curieux, des possibilités, de tout le reste. Dis-moi, Ariane. Apprends-moi donc.
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Jeu 24 Nov - 11:11
Atlantis. Le Dédale de Chair. Les lieux étaient différents, oui, si différents, et pourtant, il était plaisant pour cette jeune femme d'imaginer le meilleur et le pire au sein de ces murs de chair. Son imagination lui donnait autant de goût que de peur, comme s'il s'agissait d'un vain tour de magie un peu trop évocateur. Oh, l'illusionniste était habituée à cela, et nulle doute que Zvezdan en faisait de même dans son esprit, guidé par les paroles des Lyumnades.

Mais le devait-il réellement? Regretter son affiliation?

"Ne dis pas ça. Qui sait..." Oui, qui pouvait bien savoir ce qu'il ressentirait? Ni elle, ni eux, ces illusionnistes, pouvaient pour l'heure y prétendre, à cette lecture inconnue. Un chapitre à écrire pour la Guerre, si elle la désirait véritablement. La vue d'Atlantis n'était même pas encore présente dans son esprit, que s'avancer était alors en réalité bien vain. "Peut-être que tu n'aimeras pas cette ville, et ce sentiment d'être entouré, voire coincé sous l'eau. C'est laissé à l'appréciation de chacun..."

Oh, mais l'avis se manifestait là en un miroir-écran. Le Dédale de chair promettait en lui-même sa dose d'attractions, un amusement qui ne se ferait visiblement pas sans tension à chaque pas effectué, de par l'affirmation de Zvezdan. Haussement de sourcils, soupir amusé et un peu plus bruyant. Le repère des Berserkers laissait surtout entrapercevoir des péripéties trop dangereuses.

Et après toutes ces années passées là-bas, au Sanctuaire, le danger n'était plus ce partenaire de danse qui éveillerait ses passions. Du moins l'espérait-elle tout bas sous ce ciel bleuté, quand bien même l'avenir fausserait ses pensées. Et ce "Monsieur" avait là ses anecdotes toutes plus énigmatiques les unes que les autres...Couplées à ce curieux et irritant accent, Ariane gagnait autant en rire qu'en colère plus profonde. L'intonation lui donnait un frisson mystérieux, le genre de tremblement qui tanguait entre le plaisir de jouer un rôle, et la haine qui soupirait dans le coin de son cœur, dévalant sa peau pour mieux l'avertir de sa chair de poule. Oh, Ariane savait qu'elle détestait cet aveu d'inégalité.

Mais qu'importe. Tout deux se mettaient en route vers un coin de la forêt, là où les hululements de plusieurs chouettes berceraient leur nuitée. Quelques mots furent échangés, et des mauvais souvenirs y refaisaient surface également. A dos de cheval...La jeune femme fut prise d'un simple rictus, répondant toutefois plus intelligemment à cette injonction.

"Eh bien, je veux bien te croire mais je te le dis d'avance: je préfère éviter de dormir sur le dos d'un cheval...Je te rappelle que j'ai quelques heures, quelques jours de voyage encore, même en étant aidée par les Océans..."

Une œillade rapide lui fut accordée, lorsque son regard fut détourné par l'une de ces deux petites silhouettes au sol, dont l'une servirait plus tard de présent et de souvenir à la fois. Il était étrange de voir Zvezdan agir de la sorte; il avait l'air surpris. Plus qu'auparavant, même. Etait-ce un simple geste qui l'impressionnait? Il ne lui semblait pourtant pas jouer avec ses émotions en cet instant. Pas volontairement. Elle accorda un sourire léger à cette bien naïve question, guidant sa main sur la petite salamandre, de façon à lui montrer comment la tenir. La bête était encore sensible, au toucher humain et au stress que cette manipulation lui causerait. Après tout, elle n'était pas Teigne, ce dont la grande Urodèle de réputation devait certainement confirmer là, quelque part, dans les hautes herbes.

"Oui, elle est pour toi. Mais attention, quoiqu'elle soit inoffensive et plutôt mignonne à regarder, elle n'en demeure pas moins une petite bête diablotine, amplement capable de dissuader et de se défendre. Vénéneuse, en cas de stress."


Fascinant et dangereux, n'est-ce pas? Là encore, le Vandale s'y ferait au bout d'un moment, à cette gestuelle, et au poison de ce petit amphibien aux yeux ronds et noirs, celui qui gorgeait sa peau d'humidité. Il s'y ferait oui, il semblait même déjà passionné par le sujet en réalité, à cette première influence exercée par la jeune femme. Une passion partagée, quoiqu'en apprentissage pour le jeune Vandale. Entre un enfant de onze ans qui apprenait ce savoir, ainsi que la mesure du cosmos le long d'une vie, ça ne viendrait pas automatiquement, en un claquement de doigt. Qui plus est, ce Cardinal était plus âgé que l'enfance. Mais de ce pouvoir, il pouvait s'en rapprocher, et Ariane le comprenait parfaitement, en observant ses mimiques énervées, ce cosmos trop combattif, autant d'émotion qui s'étaient plus douces quelques instants auparavant.

Mordillant l'ongle de son pouce, comme pour continuer à poursuivre sa réflexion, elle s'en détacha pour finalement conclure.

"Fais le moins violemment. La bête sur laquelle tu insuffles ton cosmos n'a pas besoin de ce premier contact. A dire vrai, tu la ferais fuir, et le lien serait voué à l'échec si tu penses trop, si tu haïs trop, sans notion d'égalité ou de mesure. Il ne faut pas que cette émotion se mette à te ronger, là où justement, tu devrais la renforcer avec respect."


L'animal deviendrait sa voix, une voix parfois venue de l'autre salle, parfois d'un autre continent. C'est puissant, et délicat à la fois. Et l'idée de ne pas être la seule à apprécier ce genre de techniques aujourd'hui presque disparues lui était pour le moins excitante. C'était comme se créer un élève; un rival. Zvezdan y gagnerait peut-être en assurance?

"En matière de messages et de bête, ça dépend de la bête que tu désires manipuler."
Les deux jeunes gens se concentraient les yeux clos, de telle façon à ressentir chacune des pulsations et des légères, plus infimes vibrations de leur énergie. "Le calcul est parfois difficile, la mesure est précise, et l'application exige de la patience, du sang froid. Mais c'est faisable." Sens aux aguets, Ariane ne pouvait pas voir à proprement parler mais devinait parfaitement que le cosmos autrefois rouge du Cardinal devenait une essence plus détachée, moins agressive, et surtout, plus mesurée. Il la copiait, la Générale, et n'aurait peut-être bien pas su y arriver pour l'heure sans elle. Si je peux te servir de plume, Cardinal...Pour l'heure, je ne m'en plains pas." "Là, oui..."

Et la générale le guidait. Autant qu'elle se découvrait elle-même. Cette mesure, cette précision...Etait-ce pour cela qu'elle avait dédié sa vie à devenir ce furtif assassin? Un maigre sourire s'esquissa sur ces lèvres: un bien piètre assassin alors, une bien piètre messagère, qu'elle était, depuis son retour au Sanctuaire. La brune aussi, avait un entraînement à accomplir désormais. Alors, le silence remplaça ses conseils, pressentant les premiers pas du jeune homme vers sa dite destination. Il lui prenait la main, s'en détachait désormais.

Et créa sa première œuvre.

"Je pense que je me sentais seule, comme ancienne messagère. La guerre n'a pas épargné ce savoir..."
Ses yeux s'étaient rouverts, plus pétillants, de cette couleur lumineuse qui rendait ses yeux toujours plus confus. Bleu? Vert? Oh, la réponse est plus simple en réalité: Couleur d'un océan. Toutefois, ce fut le changement perçu chez le Vandale, au contact d'un regard autrement bleu ciel, qui l'étonna un instant. Se questionner sur ce rendu était certainement intéressant, toutefois, le Cardinal ne devait pas avoir plus de réponses qu'elle: Ariane se ravisa à lui faire la remarque, préférant rassurer la Guerre. "Et je doute que ce savoir-ci puisse te faire du mal; il n'est pas martial."

Tout au mieux défensif. Mais utile, oui. A envoyer ces salamandres guetter furtivement les lieux, ramener diverses babioles trop brillantes et à leur goût, mordre ce qui pouvait bien se montrer trop menaçant de leur propre nature. Elles étaient en revanche de fidèles bêtes qui n'obéissaient qu'à leur maître, créateur de ce cosmos qui coulait sous leur plumes, fourrures, ou peau. Oui, Zvezdan venait de recevoir un grand cadeau, et Ariane ne savait pas si elle l'avait par gentillesse, par envie de rivalité, par nécessité ou par intérêt. Aucun de cela finalement, à bien y réfléchir. La générale l'avait fait car elle lui en était reconnaissante. Pour ces heures passées dehors, sans se sentir menacée. Pour ces pas de danse tout aussi personnels, sans être jugée. Alors son regard se fait l'inverse de ce qu'elle montrait parfois, sans ruse et sans calcul.

Le regard d'une maîtresse pas peu fière de son apprenti.

"C'est mieux qu'un cadeau, je fais de toi mon élève, en quelque sorte. Mais de rien. Oh, et ça te fait une jolie couleur, là."

Son index désigna sobrement ses yeux. Puis, de sa main libre, elle tapota librement l'épaule du Cardinal, avant de mettre sa salamandre sur son épaule, littéralement accroché à sa cape pour ne pas tomber. Et enfin, ils avaient trouvé leur campement, de quoi allumer un feu, et peut-être manger quelque chose, à la vue de ces gibiers qui s'entassaient dans son sac. "Cet homme avait un appétit insatiable, oui." Attendrie, son regard observa tout d'abord le Cardinal tenter d'embraser les braises, sans bouger ne serait-ce qu'une fois. Pourtant, Ariane termina par céder.

"Laisse-moi faire."

La jeune femme s'approcha, et s'accroupit un moment, tendant un main au pouce et à l'index collés, dont le contact devint rapidement frictions de peau. Puis éclat, comme un léger éclair influencé par les braises. Et enfin, une de ces petites flammes embrasées, directement inspirées de son cosmos. Des années de travail, aussi.

Un sourire à pleine dents lui fut adressé, avant de reprendre plus de ce professionnalisme pour répondre à l'interrogation du jeune homme.

"Il n'y a pas de mal, je pense que élève en faisait de même. Eh bien, normalement, tu devrais pouvoir le faire sur toute autre sorte de bêtes, petits ou grands, c'est ton choix. Mais il dépend aussi de ton affinité...Tu as appris à le faire sur une bête que j'utilise régulièrement, en copiant ma façon de faire. Vois-tu, je tente tant bien que mal à faire honneur à mon Ecaille, en mélangeant un peu mon savoir. J'ai toujours obtenu ce que je voulais non pas par hasard ou destin, mais par force des choses. Et la salamandre correspond au ratio que j'utilise régulièrement actuellement. Même si je peux changer ledit ratio, théoriquement."

Même si la notion d'image fixe n'était pas conciliable avec les cruelles Lyumnades. Une salamandre n'a pas d'identité, elle ne vit pas, après tout. Ou qu'au travers du regard d'autrui. Elle n'avait pas de forme, pas de préférence, et c'était peut-être en cela que le paradoxe touchait l'atlante aux cheveux d'ébène. Par force de choses. Par entraînement et volonté pure, elle en était arrivée ici. Et où étaient ces Albatros d'antan, qu'elle appréciait voir voler? Ceux pleurant en symphonie la complainte d'un marin perdu? Envolés, depuis la guerre. Mais cela n'avait rien d'une fin, l'expérience n'était en réalité que purement personnelle.

Ses mains allèrent casser une petite branche, pour que l'une des flammes puisse lécher dans un premier temps l'extrémité de son bois.

Ces bêtes lui manquaient, nul doute à cela. Un jour, en manipuler un de nouveau lui serait certainement plaisant. A rééduquer, depuis la destruction du repère des Messagers.

"Il n'y a que quelques rappels, de ceux que je peux t'en faire part: tout est une question de ratio. Entre la concentration de ton énergie brute, et puis ton cosmos dans son état le plus pur." Nostalgie. Ces phrases lui rappelaient ce que lui avait expliqué d'autres messagers avant elle, voir Hassan autour de ces poissons qu'il était le plus apte à comprendre. Les crépitements se firent pourtant bien différent des ondulations des vagues, à leur surface. Et quelque part, même si elle le niait, la pyromane préférait le feu. Antithèse de l'Arctique. "Les bêtes influencées deviennent ta voix, et uniquement la tienne c'est pour cela que la violence n'est pas conciliable en ces brefs instants. C'est également pour cela qu'un messager est rarement un combattant à la fois. Qu'est-ce qu'un messager qui ne serait pas capable de retenir sa colère? De ne pas faire preuve de diplomatie pendant quelques minutes? Oh, elles auront tôt fait de te le rappeler, et certaines en gardent des séquelles. Le lien est purement psychique."

La Teigne. Au lien né de sa foudre et de sa colère, à la toute fin de cette guerre où Saints avaient bien contribué à la destruction massive de son petit monde. Une création avortée qu'elle gardait pourtant tout près d'elle. Car Ariane n'oubliait pas son échec, et le cadeau que lui avait donné jadis ses aînés: la survie, au détriment de sa captivité.

Au détriment de cette faiblesse qu'elle avait payé presque volontairement. Perdu dans l'observation de ces flammes, elle continua son explication d'une voix toutefois plus enjouée une fois la pensée chassée de son esprit.

"Cela dit, les bêtes peuvent véhiculer le cosmos d'une autre personne, de façon à ce que tu puisses la retrouver d'une manière ou d'une autre. Elles deviennent ton guide. Ton fil d'Ariane, en quelque sorte."

Un léger rire s'échappa de ses lèvres roses, pour finalement embrocher une pièce de viande et la laisser chauffer de ce doux feu discret, bleuté mais non pas moins chaud.

"...Si toutefois, tu t'appelles Ariane."


Zvezdan aurait à faire ses preuves lui aussi. Et puis, chaque messager avait sa petite spécificité à lui, quoique cet élève apprenait directement de son savoir, enfoui dans son esprit. Un casse-tête, de réfléchir au futur de cet apprenti.

Mais la Guerre lui ressemblait. Oui, malgré les lacunes d'un âge avancé, malgré ses taquineries, il était capable d'apprendre. Il en avait le comportement. Ariane l'avait perçu.


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Ven 25 Nov - 20:15
- Peut-être. J'aime me faire mon propre avis, disons.

Pas que je doute des vilains aspects de l'endroit. Ca se saurait si elle existait, la ville parfaite. Un ciel d'eau et de créatures marines, sûr que ça fait rêver. Mais ça fait peur, aussi. On a autant si ce n'est plus l'occasion de se sentir petit que face aux étoiles. Coincé sous l'eau... Oh, je vois bien le sentiment que ce peut être. Mais tu ne me l'arracheras pas, cette curiosité d'un jour voir la cité sous-marine, Ariane. Rassasiée par de bonnes ou mauvaises impressions, qu'importe.

C'est qu'il se révèle de plus en plus, ce côté avide d'aventure déjà plutôt évident chez moi. Même si ça reste bien gentillet, à bien y penser. Ca parle de voler des chevaux, de poursuites avec la garde... Et ultimement, en un aveu un poil plus dangereux, et encore, de visiter Atlantis. Oui, il est bien bénin, ce côté aventurier. Quoique la cité sous-marine est, j'en doute pas un instant, pleine de ses dangers bien propres à elle, oui. De son légat, de ses gardiens et de sa doctrine. Ce n'est peut-être pas si bénin que ça, à bien y penser. Je n'en sais finalement rien. En saurais-je un jour quelque chose ? L'avenir nous le dira.

Le présent quant à lui me soutire sourire sur sourire.

- Quoi, il est pas confortable, le dos de ce grand mais ô combien délicat cheval ?

Un ton puis un regard plein d'ironie de lancé vers Sambor. De nouveau, cet espèce de regard noir dont il a le secret. Donne-moi tort et on en reparle, sale bête.

- Non, ne t'inquiète pas. Déjà qu'on est condamné au bois d'une forêt en guise de murs à cause de nos conneries en ville...

Raison de plus pour ne pas en rajouter une couche.

Non, au moins quelques instants, la grande chevauchée, les courses-poursuites et les pas de danse rythmés se tairont au profit d'une communion silencieuse, d'un apprentissage inculqué à un cancre d'un coup bien sage et attentif. Il se calme, le sale gosse, baisse les épaules, ouvre grand les yeux et les oreilles puis coud sa bouche le temps que son enseignante d'un soir face son exposé, qu'elle lui fasse le don de cette curieuse mais mignonne petite Salamandre.

J'ai l'impression d'être un gamin empoté a qui l'on apprend son alphabet pour la première fois... Et pourtant, ça n'est en rien désagréable. C'aurait pu faire naître une certaine frustration, de se faire guider comme ça en terrain inconnu, lorsque l'on aime tant comme moi réussir à garder une certaine assurance même face à l'étranger. Et pourtant, là, oui je suis décontenancé, oui j'ai du mal, je peine face à la nouveauté... Mais rien de frustrant pour autant. C'est même agréable. Se reposer un peu sur elle, et juste suivre le courant. Ca change.

Une main presque timide guidée sur la petite bête que j'effleure doucement. Un doux sourire qui perturbe ma concentration lorsque je l'écoute. Inoffensive et plutôt mignonne à regarder, mais pas moins diablotine, dissuasive et prompte à se défendre. un rien honteux, mon regard se lève vers Ariane comme pour rediriger cet intitulé vers elle. Sans réellement m'en cacher, à vrai dire, mais sans pousser l'idée plus loin, sans jamais l'interrompre dans ce qui se fait actuellement.

Et quand elle commence, cette espèce de transe méditative, quand ces yeux se ferment pour s'offrir le vide nécessaire à la tâche, il ne me reste que le contact de sa main et le son de sa voix comme guides dans ces ténèbres inédites.

Comme sédatif face à l'émotion qui s'éveille en parallèle du Cosmos. Oui, j'ai bien du mal à haïr et enrager en ta présence. Une bonne chose en ce moment, peut-être moins plus tard...

L'écho de ces paroles qui appellent au calme dans mon esprit devenu imperméable à l'extérieur le temps d'un premier essai avec cette Salamandre.

Ne pas trop haïr, ne pas trop penser...

Et je vais devoir faire ça tout seul à l'avenir ? Merde... Ca va être... Hm. Ce sera une certaine gymnastique mentale, j'imagine. Mais là, là maintenant, me faut de l'aide. Seul, ce joli petit tour de force serait juste voué à l'échec, ni plus ni moins.

Là... Calme... Shhhht...

Le vide. Le vide de l'esprit, quelques secondes. Juste celles qu'il faut pour parfaire le lien, pour finaliser le long et fastidieux processus, à laisser cette douce main me guider sans prendre la peine d'ouvrir les yeux pour vérifier la destination. Par confiance, par nécessité, aussi.

Et la voilà. La première Salamandre du Cardinal.

La voilà encore secouée par le tout, entre mes mains. Le regard qui de nouveau cherche confirmation auprès d'Ariane, puis se met à pétiller un peu plus que ça se confirme. Réussi. Pas sans effort, mais c'est fait. Et du premier coup, eh !

- Elle serait bien capable de me mordre elle aussi quand elle aura repris du poil de la bête. Faudra que je me méfie, d'ailleurs...

Un vague sourire discret, un regard attendri vers la petite chose. Oh, tu pourras bien me mordre, oui, je l'aurai sûrement mérité. Il ne me fera pas de mal ce savoir, je le pense aussi. Loin de là même. Ce peut paraître accessoire, comme nouveau don, mais ce serait sous-estimer le tranchant des mots et des missives, des espions et leurs trouvailles. Messager... Drôle de casquette pour ce p'tit bonhomme devant toi, Ariane. Mais je crois que je pourrais m'y faire.

- Des cours de danse et d'équitation contre des cours comme ça ? J'ai peur d'offrir un échange bien peu équitable... Tu vas m'faire culpabiliser à la fin, tu sais ? J'me sens déjà un peu escroc sur les bords, en fait...

Élève. Un rictus un peu niais au visage quand elle prononce le mot. Une idée plaisante. Et curieusement appropriée, même. Oui, j'ai eu beau m'improviser enseignant, j'ai dans l'idée que l'autre côté du pupitre me convienne en fait mieux. Enfin.. Encore que ça dépend du champ d'expertise, j'imagine.

- Ai-je au moins une bonne note, maîtresse ?

J'espère bien, vu le résultat ! Enfin... Pour le moment le résultat c'est une Salamandre dans les vapes. Toi ma grande, va falloir qu'on apprenne à mieux se connaître une fois que tu seras réveillée. Va falloir que je te trouve un nom, surtout...

- Hm ?

Une moue interloquée. Quoi, couleur ? Qu'est-ce que tu me racontes là ? Une main passée sur le visage, comme pour vérifier que j'ai rien dessus. Qu-... Hm. J'vois pas. Et ça doit se lire sur mon visage, pas qu'un peu.

Mais soit ! Le camp, donc. Le camp, le feu, et par extension, la bouffe. Mais d'abord, le feu. Alors j'y vais, fais les démarches, commence à allumer l'affaire. Comment ça te laisser f-... Ooooh, mais c'est pratique ce truc, dis donc ! Un air impressionné qui me passe sur le visage, suivi d'une légère moue un peu geignarde. Celle qui dit « j'aurais quand même pu le faire tout seul, tu sais. » Mais il est beau, ce feu bleuté. Ouais. J'aime bien, en fait.

- Ca aussi tu peux m'apprendre ?

C'est dit avec un aussi grand sourire que le sien, d'un ton volontairement simplet. Et encore une fois, d'un coup d'un seul, retour à un certain sérieux pour la suite de l'exposé. N'importe quelle bête, hein... Un regard vers Sambor. Intéressant. Quoique son cas soit particulier, oui. Très.

Ratio, concentration entre l'énergie brute et le Cosmos... Ooooh, je sens que je vais en baver quand il va s'agir de me débrouiller seul. Mais j'irais pas abandonner pour autant. Une fois de plus, tu as titillé ma curiosité, Ariane.

Retenir sa colère...

Oui, ce sera j'imagine le souci majeur. Tu ne peux pas t'empêcher de les avoir vives et puissantes, ces émotions, hein Zvezdan ? Vives, puissantes, mais réfrénées. Juste là, sous la peau, à bouillonner. Mais je peux les garder sous ce masque aussi longtemps qu'il le faudra, lorsque le jeu en vaut la chandelle. Lorsque ça ne dépense pas certains extrêmes. Oui, parfois il faut se faire pragmatique, oublier la colère de l'instant, pour mieux apaiser le fiel plus long, plus traître. La rengaine soulagée sur la durée, plutôt qu'en un vain coup de sang. J'ai attendu plus de quinze ans, je ne suis plus à ça prés, non ?

Fil d'Ariane... Un rire conjoint au sien, un esprit qui cogite quant à aux possibilités énoncées... Ouais, ça vaut définitivement plus que quelques pas de danse et claquements de sabots d'un grand cheval, tout ça.

- Le fil de Zvezdan, ça fait pas très glamour, je trouve.

Un rire, puis un coup de croc dans la viande passée sous le feu. Le Feu...

- C'est curieux, la vision d'une Marina pyromane... Tu aimes faire mentir les préjugés, hein ?

Un feu couleur océan, comme pour quand même qu'il soit rattaché à la patrie sous-marine. Un bien joli feu.

- Braise.

Je le dis d'un, comme ça, entre deux bouchées. Un regard appuyé vers la petite Salamandre.

- Braise, oui. Les yeux reviennent vers Ariane, éclairés d'une lueur vivante. T'en penses quoi?
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Dim 27 Nov - 22:21
L'index tapotant ses lèvres d'une main, Ariane avait été témoin d'une naissance. Celui d'un nouveau messager. Messager qui se voyait déjà avec une salamandre belliqueuse, lui aussi, petits crocs acérés non visibles, mais bel et bien là. A l'écoute du jeune homme, dodelinant de la tête, la générale coupa court à cette "espérance", qui n'aurait su en être une véritablement.

"Oh, avec un peu de chance, elle n'aura pas le caractère de la Teigne... Les Salamandres sont douces généralement."

Mais tout dépendait certainement du cosmos de la Guerre. Et la Guerre restait la Guerre, sans aucun doute. Alors s'approchant du Cardinal, elle observa cet air profondément gêné qui venait de s'inscrire sur son visage délicat.


"Je n'ai rien contre les escrocs. Ca me plait bien, de trouver plus fort que moi à ce petit jeu là...Dans sa nature même, un arnaqueur des cœurs...Talentueux, qui plus est."
Ce qui était paradoxale, pour celle qui ne désirait pas rencontrer Thésée. Et Ariane le taquinait, ce Vandale, en s'y rapprochant de nouveau, laissant courir ses doigts le long de son épaule. Souriante, narquoise, elle se détacha de l'homme qui tenait en sa main la salamandre évanouie. "Plus sérieusement, si tu veux vraiment faire un échange quelque peu équitable, je ne dis pas non. Tout dépend de ce que tu auras à m'offrir."

Et ils reprirent leur chemin. Quelque part, une pensée simple régnait dans l'esprit de la jeune femme. Ce troc à peu près convenable de ce qu'elle n'avait pas eu. Oh, il ne le saurait pas, le Cardinal, mais pour elle, l'idée devenait à peu près limpide, surtout après un tel geste. Tant qu'il continuait à être l'esprit léger en sa présence, pas véritablement effrayé ni même pourvu d'un profond air de pitié en sa présence, Ariane apprécierait cette présence, même enfantine.

"En effet, petit bonhomme. Une bonne note, le résultat m'a l'air plutôt bon. Enfin, tu verras lorsqu'elle se réveillera, je suppose."


Et arrivés au campement, le tout devint plus clair, plus net. Lentement, elle installa sa cape au sol et s'y était assise dessus, pressentant ses paupières devenir lourdes à chaque minute qui passait. Pourtant, elle ne quittait pas ce feu, ni même définitivement la silhouette du jeune homme et son visage.


"Oui, tes yeux. Ils sont devenus bleu."
La phrase avait été prononcé, pointant toujours doigt en direction de ses propres pupilles. "J'aurai eu une lame de miroir, j'aurai pu te le montrer, peut-être."

Hélas, ce n'était pas dans ses capacités. Et tandis que leurs crocs continuaient à dévorer leur pièce de viande respective, la conversation évoluait, retrouvait un cours bien différent de ce qu'elle prévoyait au départ. Etaient-elles véritablement de mise en cet instant, ces révélations? Permissibles, face au Cardinal? Le tout était peut-être bien un peu trop compliqué. Et la demande d'un apprentissage à ces flammes bleues ne révéla qu'à une négation plus sèche, plus peinée. Finalement, la jeune femme finit par s'expliquer.

"Disons que c'est parti d'une erreur."
Elle. Oui, son esprit voulait l'avouer. Le Feu aux côtés d'un élève modèle, l'Eau, sa sœur. Combien de fois son brasier trop rouge, trop affirmé dans sa différence avait-il été éteint? Suffisamment de fois. Suffisamment, pour qu'il en devienne bleu, comme son envie. Couleur l'Océan. "Mon Carfinal, voulez-vous être contaminé par ce genre de mal être aussi? J'en doute" Le rire qui avait suivi fut légèrement amer quant à ce sujet. "A force, il est devenu si bleu et si chaud, qu'il craint bien moins l'eau d'Atlantis."

Illusoire aussi. Complément de son animal-totem. Elle tendit en sa direction un autre morceau, attendant son approbation avant de le mettre à chauffer. Du fil d'Ariane, ils étaient passés à ce fameux Fil de Zvezdan, appellation dénigrée par son propre éventuel créateur. Même si Ariane doutait au fond d'elle même peut-être autant que lui à ce sujet.

"Tu trouves, que ça fait tache?"
Un rire avait fait écho, près de ce feu. "Moi...Je trouve ça attendrissant."

Les premiers pas. Un jeune homme qui n'attendait plus qu'à tendre ses nouvelles ailes. Quand bien même Arès et Poséidon seraient prochainement opposés, un accord existerait toujours. Et Zvezdan devait certainement le percevoir, le respect plutôt amical qu'entretenait Ariane à son avis. Alcool ou non, elle ne pouvait savoir ce qui la motivait ainsi, mais il était possible qu'elle apprécie ce Berserker aux goûts un peu moins étranges que les siens.

"Braise." Elément du feu, son appellation poursuivra cette soirée où il avait initié ses premières manipulations. "C'est pas trop mal. Ca fera l'affaire, si elle ne dément pas son prénom. Puisse-t-elle vivre dans les flammes, plutôt que dans les autres éléments."


En cela, cette petite salamandre partageait un destin bien étrange, en accompagnant désormais le Cardinal plutôt que la Générale. Le crépitement des flammes scellerait désormais ce choix, comme il commençait presque à bercer le sommeil de la jeune femme.


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Ven 2 Déc - 3:14
- Je sais pas. On parle de ma Salamandre, après tout.

Celle de ce jeune homme espiègle et prompt à lancer ses jambes soit dans la figure de quelques gardes soit dans une course-poursuite à semer ceux-ci. Mais aussi celle de ce Berserker violent et instable, avide de faire couler le sang des pions de Sagesse.

Alors peut-être qu'elle sera un peu atypique, cette petite bête. Peut-être qu'elle sera tout aussi calme éveillée qu'elle l'est là maintenant, endormie dans ma main. L'avenir me le dira. Quoiqu'il en soi, je l'aime déjà ! Tu seras mon pardon à Dame Nature, Braise. Mon remerciement pour les mille et uns repas que je lui dois, à avoir chassé de longues années sur sa Terre. Toi, je ne te mangerai pas. Heh. Je me vois déjà jouer les mères poules avec le petit amphibien, comme un espèce de gosse euphorique face à son nouveau chien. Je m'y vois vraiment bien, oui...

Le gamin ne quitte pas encore mes réactions, continue de s'exprimer à travers ce sourire amusé, cet œil taquin. Intéressé. Là, peut-être le gamin me quitte-t-il au profit de son homologue quelque peu plus âgé, d'à peine quelques années de plus. Un air de surprise de nouveau feint, j'ouvre la bouche en O, plaque une main contre mon torse en cette gestuelle théâtrale.

- Cet escroc-ci aurait-il réussi à voler plus qu'une paire de lèvres en cette trop courte soirée ? Trop courte. Oui, ça aurait pu durer encore longtemps, cette danse. Une petite éternité, si le choix m'était donné. Mais tu te trompes, Ariane. Je doute être plus talentueux que toi, à ce jeu-ci. Tu te trompes, ou alors tu me flattes. Je sais pas. J'aime ça, ne pas savoir. Aux quelques doigts sur mon épaule répondent quelques autres dans ses cheveux, et bientôt dans son cou. Et quand elle se détache quelque peu avec ces mots pour moi, je réponds d'un maigre rictus. J'en connais beaucoup des danses, tu sais...

Quel échange équitable, n'est-ce pas ? Le don du messager contre la maîtrise de quelques pas de plus sur le parquet des tavernes et salles de spectacle. Oui, Zvezdan, tu serais là un bien malhonnête et vil escroc, s'il s'agissait de ta proposition.

- Je ne sais pas, Ariane. Ce que je sais, c'est que je te revaudrai ça, d'une façon ou d'une autre. Pas nécessairement de quelques autres leçons de je ne sais quoi. Mais il te rendra la pareille, ce jeune Vandale un peu trop passionné. Tu as là sa parole, pour le peu qu'elle vaut.

Pour le peu de crédit que tu veuilles bien lui donner. Ils seraient nombreux à ne pas en donner énormément à celle de cet illusionniste trop porté sur l'alcool, la nuit et ses plaisirs de façon générale. Trop porté sur le bon mot, peut-être aussi la tromperie alors. On a tendance à penser ceux qui jouent d'illusions comme de fieffés menteurs, une fois l'information relayée. Et l'on a autant raison que l'on a tort. Les plus efficaces mensonges sont les plus pures vérités, tournées de façon à pervertir cette fameuse pureté. Les plus honnêtes hommes sont aussi parfois les plus compétents illusionnistes. J'aime me penser honnête. Une honnêteté bien personnelle dans sa conception, mais là, présente, effective.

Pour le moment, il te promet un peu plus d'amusement dans cette nouvelle liberté qui est tienne. Ce serait bête de se libérer de ses chaînes que pour mieux s'ennuyer une fois livré au monde, hm ?

Terriblement bête, oui, mais terriblement envisageable aussi. Mais non. J'ai bien l'intention de le garder haut et fier sur tes lèvres, le sourire que tu m'accordes ici. Je crois que je l'aime bien, lui aussi.

- Tu m'en vois ravi. Ravi et pris d'une petite pointe d'appréhension pour si un jour l'idée me vient de tenter l'expérience seul. Oh, puis j'ai toujours été ce petit con trop sûr de lui, pourquoi je me mets à douter maintenant, en fait ?

Une sorte d'humilité face au pouvoir maîtrisé par l'Atlante, peut-être. Prétendre parvenir à maîtriser la chose en une nuit et quelques instructions murmurées à l'oreille, ce serait insultant, à sa façon. Je le pense, mais n'en dis rien, conclue ma phrase d'un air plus joyeux. Plus interrogateur sur la suite.

- Bleus ?

Bleus. Là, comme ça, bleus. On est assis autour de ce feu, celui qui brille de la même couleur. J'ai pas l'air de comprendre. Et pour cause, je ne comprends pas. Peut-être... Oui, c'est rare que j'aie à concentrer mon cosmos de cette façon-ci. Pour quelque chose de bénéfique, pour insuffler plutôt que prendre, pour flatter la vie plutôt que l'enlever. Je sais pas. J'improvise, j'extrapole, je cherche. Ca s'extériorise en cette moue songeuse, et finalement, une exclamation.

- Bleu ! Je suis persuadé que ça me va bien. Ma mère a les yeux bleus. Enfin, ce ne devait être rien qui ai la prétention de concurrencer ce joli mélange.

Et mon bras se tend pour longer le sien, pointer le même doigt vers ses yeux à elle. Que je continue de fixer, d'apprécier. Assez pour noter ces paupières un peu plus alourdies. Un mince sourire, le pouce passé très doucement glisser sous l'oeil fatigué.

- Oooh, tu m'as l'air prête à t'en aller dans les bras de Morphée, toi. Ai-je vraiment envie de lui céder le luxe de ta compagnie ?

Les quatre autres doigts de la main viennent se joindre au premier, et très délicatement, de leur dos, caresser cette joue en descendant, jusqu'à ce que mon pouce aille vagabonder sur ses lèvres. Au même moment, ma seconde main se porte instinctivement à ma bouche alors qu'un baîllement bien peu discret s'en échappe, suivi d'un regard d'où peut se lire un soupçon de honte, dilué dans énormément d'hilarité, explicitée en un rire pas même retenu.

- Hm, bah ouais, faut croire que j'ai envie, en fait... Mine de rien, une journée passée à chasser suivie d'une soirée passée à danser, courir, chevaucher...

Main fermé, un doigt s'est levé à chaque mot, et le cinquième commence à déplier pour finalement se raviser, du même geste que l'autre main prés du visage d'Ariane revient le long de mon corps.

- Chasser, tiens ! Je t'apprendrai ça, aussi. tu devrais pas trop mal t'en sortir, non, belle Lyumnades ?

Une erreur.

Sans m'en douter, il semblerait que j'aie tapé dans un sujet plus personnel qu'il n'y paraît, avec ce feu bleu comme les eaux. Ce feu illusionniste, qui essaie de s'improviser marin pour mieux composer avec la nature aqueuse de la cité de Poséidon. Mais aussi bleu soit-il, un feu reste un feu. Sûrement est-ce ça. Même si de ce que tu m'en dis, il a la faveur des eaux, ce brasier. Alors j'écoute silencieusement, acquiesce d'un hochement de tête synonyme d'un certain respect, d'une volonté de ne pas fouiller plus loin dans ce qui semble souvenirs plus amers. Recommencer à embarquer dans ces souvenirs avec ces yeux prêts à se ferme à la faveur d'une nuit de sommeil... non, ce serait une mauvaise idée, là encore. Mais c'est drôle ce que tu me dis là, Ariane. Si tu savais le nombre de choses dont je pourrais aussi dire «disons que ça part d'une erreur».

- Attendrissant ? Tseh, c'est bien la première fois qu'on me la sort, celle-là. T'as raison, en un sens. Ce serait attendrissant, la piètre imitation de cet élève envieux de la maîtrise d'une trop experte enseignante, ce même au point de lui emprunter sa légende.

Une attaque sur les derniers vestiges de viande autour de l'os dans ma main, prestement déposé sur le tas d'une multitude d'autres à ma droite. Et mes yeux appesantis sur elle, à la fixer manger sa viande d'un regard sûrement trop insistant. Trop clair dans ce qu'il reflète. L'alcool tout comme mon petit caractère et ce tout ce qu'il a de capricieux m'interdisent tout deux de chercher à le cacher, en un sens. Je l'entends valider l'appellation de ma nouvelle petite créature. Un rictus satisfait. Ca, puis en un léger retour en arrière à ces doigts claqués devant mes yeux lors de la seconde entrée dans la taverne, les miens viennent faire de même devant son regard à elle.

- Eh, attends un peu avant de tomber de fatigue, grande somnolente, j'ai une tente à monter, moi.

Et je m'y met. Quelques minutes à lui tourner le dos, m'arranger avec le matériel laissé plus loin en quelques grognements et plaintes murmurées d'une voix agacée. Puis quand c'est fait, un soupir de soulagement, une main tendue à Ariane, le sourire d'un mioche fier de son château de sable sur les lèvres.

- La suite royale de mademoiselle est avancée.
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Mar 6 Déc - 1:26

"Je te le revaudrai"

Ces mots la faisait sourire, l'étrange jeune générale aux cheveux d'ébène, comme s'ils parlaient deux-mêmes. Et la parole qui s'inscrivait lentement mais surement sur le creux de ses fossettes n'avait rien de bien secret. De ces yeux si confus à ceux charbon de son vis-à-vis, la méfiance et un soupçon trop naturel pour être personnel fustigeaient ce si grand troc.

"J'en doute. Un don est un don, après tout...Je n'attends plus véritablement à ce que l'on me repaie en retour. Regarde autour de toi, et comme moi, et tu verras que les dettes n'existent pas. Elles ne se remplissent jamais véritablement."

Une simple éternité au beau milieu d'un champ où le cycle naturel mourrait et se renouvelait. De marbre, la jeune femme sentait pourtant le rythme de son cœur s'accroître. Et cette pointe, cette brève émotion plus chaleureuse, qu'était-ce réellement?

Le sourire qui fut quelques secondes auparavant chagriner devint plus imprévisible, s'échappant de ses lèvres autant par démonstration que par le message transféré de la plus honnête intonation de sa voix.

Le reflet d'un espoir.

"Tu le penses réellement?"


Petit homme insouciant, que la jeune femme avait bien envie de souffler. A quoi s'attendait-il? A ce qu'une amitié sans borne naisse entre eux alors qu'ils n'étaient pas du même bord? A ce qu'il y ait une prochaine rencontre aussi pacifique que celle-ci, si bien sûr, prochaine fois il y avait? Oh, des guerres elle en avait vu. Des confrontations, des défis également. Et jamais elle n'avait de belles fins. Les promesses n'existaient pas. Les gens mourraient, et il fallait un coupable. Un perdant et un vainqueur. Elle et d'autres. Et pourtant, cette leçon d'égalité, l'idée la charmait tout autant. L'emportait, dans ce mouvement qui l'avait vu se jeter avec l'innocence d'une enfant autour du cou du Cardinal. Puis tout en se balançant légèrement, la joue caressée par les légères boucles du chasseur itinérant, le murmure de sa voix cristalline vint sceller ses pensées.

"Bah, je te fais marcher. C'est cadeau pour toi, je n'attends aucune contrepartie."
Les yeux clos, comme apaisée de tout fardeau, Ariane enlevait les traces de son rôle. Ce faux regard, ce faux sourire, cette retenue et ce charme parfois intimidant mais bien souvent insouciant qui faisait d'elle une des grandes Escrocs des atlantes, ils n'étaient désormais plus présents pour barbouiller ce visage d'une boue incolore. Oh, ça ne l'empêcherait pas d'être déçue, si ce petit soupçon d'espoir de nouveau recrée venait à être brisée. "Et tu n'as pas tord. Je n'irai pas jusqu'à dire que tu m'as volé un simple baiser. Tu es le premier à me montrer autant de sympathie et avec qui...Eh bien...Je me sens moi. Pas de culpabilité, ni rien. Au risque de paraître bien naïve...Je t'aime beaucoup Zvezdan, déjà. Dans cette rancœur que je perçois au plus profond de ton âme, comme dans cette gentillesse que tu me montres à l'instant."

Et si la gardienne de l'Antarctique devait l'écouter dans ses doutes ainsi, le temps pouvait s'écouler aussi lentement que possible qu'elle ne lèverait pas le petit doigt. Elle resta ainsi un long moment pendu sur ses épaules, profitant de la chaleur et de la proximité du cardinal pour y coller son nez contre son cou, vaste moment de tendresse où l'agressivité et les jeux dangereux n'étaient pas au rendez-vous.

"Allons bon, tu te débrouilles déjà comme un chef. Nul doute que tu auras des choses à m'apprendre, d'ici quelques mois...Aussi experte et Salamandre Cramoisie que je suis. J'ai un titre à défendre, encore et toujours, tu sais? Certains sont élus, d'autres y travaillent. Moi, j'y ai travaillé."


Chez moi et selon moi, le talent n'existe pas. Ou peu.

Considération désabusée. Seul demeurait son talent d'acteur, en tant que Lyumnades. Et un rire s'envola à la mention de chasse, interrompait la pointe de mélancolie.

"Oh, je doute que cela soit de bons goûts en revanche. Tout comme le nombre de danses que tu voudrais bien m'apprendre..."


Reprenant son souffle, ses yeux s'étaient rouverts, observant plus sérieusement le jeune homme. Peut-être aussi plus timidement. Comme un interdit, quelque chose de nouveau qui se répandait, en provenance d'un pays plus lointain.

"Morphée ne sera pas si cupide. Je te l'ai déjà dit, je veux...Enfin, j'aimerai que tu restes. Il y aura bien assez de place pour toi, j'en suis sûr."

Ariane savait apprécier les instants simples sans se torturer l'esprit. Des instants comme ceux-ci, elle les chérirait dans sa mémoire. Sans aucun doute. Enfin, avec lenteur, elle se détacha du jeune homme, frémit légèrement lorsque celui-ci passa un doigt sur ses lèvres, mais ne fit pas le moindre pas en arrière. Et lorsque le contact se brisa au profit d'un vœu plus pragmatique, Ariane l'observa se détacher d'elle, comme si les secondes auraient pu durer des minutes. Oh non, cet homme était..."talentueux" à sa façon.

"C'est pour cela que je ne doute pas de toi et que je ne prends rien pour véritablement acquis. Pas même la liberté que je viens de m'accorder. Pas même la liberté que tu m'accordes."

Et elle l'observa monter cette tente, tentant vainement d'y proposer son aide et de comprendre le procédé. Plutôt simplet, finalement, tout en sobriété, qualité dont l'assassin était fortement attirée. La suite en toile d'un simple itinérant qui devenait le sien. L'attention était touchante, oui. Autant que son propriétaire qui, d'un sourire malin de la part des Lyumnades et de deux mains qui l'y poussaient légèrement, viendra bien vite rejoindre la jeune femme dans ladite suite.

"Bien! Mais ce serait mauvais de ma part de laisser monsieur dehors, non?" Un peu molle, clairement fatiguée, un bâillement s'était théâtralement dépeint jusque dans ses traits, camouflé par une main faisant office de barrage.

Encore une fois, Zvezdan n'avait pas le choix. Toutefois, Ariane doutait fortement que l'ordre l'importune.

---------------------------------

Allongée, la générale des Lyumnades pensait fortement à ce qui arriverait. Prochainement, plus tard. L'angoisse à cet instant était peut-être plus forte que cette famille sans identité dont elle en avait le nom. Ses cheveux, Ariane les caressait légèrement, observant dans la nuit avec des yeux légèrement brillants le Vandale. Tout en silence, doux son qui n'avait pourtant que peu d'égal dans sa douceur.

Peut-être que jamais ils ne parviendraient à se rendre cette promesse. Peut-être qu'il arriverait un jour, dans un plus profond cauchemar, où elle ne serait plus capable de manipuler les êtres vivants, comme un acrobate à la jambe cassée.

Mais ce jour-ci avait bien peu d'importance, à l'instant où le moment savouré ne valait que la proximité des bras d'un inconnu certes, mais un inconnu pour lesquelles peines et joies avaient été partagées avec bien plus de sincérité qu'avec n'importe qui d'autre.

"Merci pour tout Zvezdan."

Ah, quel dommage qu'il ne soit pas atlante...Une pensée obsessive, pour l'heure. Elle lui rongeait l'esprit, l'intimidant dans l'attente, mais la poussait à y voir un signe, bref et général, qui ferait de lui quelqu'un de lié à elle d'une façon ou d'une autre.

"Bleu oui...Ta mère devait avoir de très beaux yeux, si c'était les mêmes..."

Aussi fatiguée était-elle, parler devenait une nécessité, afin d'élucider les quelques mystères prononcés à demi-mot pour le jeune homme qui était parvenue à l'amadouer ainsi.

Qui changerait à l'avenir, au gré des heurts.


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Mer 7 Déc - 5:24
Tu souris, Tu souris puis tu me poses cette question, avec ce regard qui doute. j'inspire donc si peu confiance? La question m'arrive, puis repart aussitôt. Non, autre chose. Peut-être que... Je sais pas. Mais il est naturel, ce doute. Une nuit, et déjà des liens qui semblent trop solidement noués. Comme dans un rêve. Une utopie. Alors tu te demandes si le voile va se déchirer sur une réalité plus sombre. Je me le suis demandé un moment, aussi. Puis j'ai décider d'envoyer bouler ces questionnements trop pragmatiques pour profiter de la soirée. De ta présence. De ta chaleur.

De ce petit bout de femme qui m'a arraché plus de rires et sourires sincères en une seule nuit que d'autres en plusieurs années.

Alors j'y réponds par un énième de ces sourires pleins et vrais qu'elle me soutire par paquets de dix. Je m'apprête à y répondre également par les mots, mais voilà qu'elle me saute dessus. Un hoquet de surprise, agréable surprise accueillie d'une prise un peu déstabilisée lors des premières secondes, puis finalement par deux bras refermés sur sa silhouette, deux yeux fermés en un moment simple, loin de considérations trop superflues.

Deux yeux fermés pour mieux apprécier ce contact. Ils se rouvrent sur cette voix, descendent la fixer. C'est nouveau. Oh oui c'est nouveau, cette espèce de pudeur, de presque timidité à un contact humain. Nouveau, ou alors trop lointain pour que je m'en souvienne très bien. Si c'est cadeau, ce le sera aussi de ma part. Et pour me rassurer, je me dirais que ma part matérialiste se contentera de ton sourire comme contrepartie. Et tu sais quoi ? J'irais même trouver ça équitable.

Des joues rougies à la suite du discours. Encore cette espèce de réserve. Naïve, tu dis. Si c'est ça la naïveté, je dois être un grand crédule alors, moi aussi. Cette rancoeur que tu perçois sans que je veuille te l'imposer, cette gentillesse que tu me prêtes, peut-être est-elle bien égoïste, au fond. Peut-être que je l'aime déjà trop, ce visage souriant. Peut-être que je veux te le voler le plus qu'il m'est possible. Écoute-toi parler, espèce de vieux romantique au rabais. Une risette ironique se dresse sur mes lèvres. Tu me flattes décidément trop, Ariane. Et ce bien au-delà du jeu de minauderies que l'on a pu mener un instant. Tseh. Si j'avais su que ça me tomberai dessus un jour, cet espèce de malaise trop heureux face aux quelques mots d'une autre, simples mais pourtant si désarmants.

Alors un silence. Ce souffle dans mon cou, et le léger frisson qui remonte le long de mon échine à le ressentir. Une main passée dans le sien de cou. Des mots qui peinent à sortir. Tant et si bien que je ne peux qu'en rire.

- Ca doit faire bizarre de me voir sans voix, hein ? Oh j'en ris, oui, parce qu'il ne me reste que ça. Comme avec beaucoup de choses. J'en cache des montagnes, derrière ces rires et attitudes. Des choses d'habitude plus sombre. Ici, j'y cache la verve paralysée d'un beau parleur, pantois devant l'émotion qui lui prend lentement mais sûrement le cœur. Ce cœur qui s'emballe non-loin de la tête posée contre mon cou. Plus fort que pendant la danse. Plus fort que quand souffles et lèvres se sont mêlés. C'est la moindre des choses que je sois parvenu à te faire te sentir toi-même. Tu as fait plus fort encore, de ton côté. Tu sais, cette rancœur dont tu parles ? Celle endormie, anesthésiée, oubliée depuis maintenant quelques temps ?

J'aurais beau essayer que j'y arriverais pas. Ça fait une paie que ce faux calme que j'aime arborer s'est pas retrouvé effectif, réel. J'arrive pas à haïr, Ariane. Depuis ce mirage du passé dans la ruelle. Depuis cette danse. Ces quelques mots échanges, ces aveux... ces pas de course engouffrés pour échapper à la garde... Ca n'aura peut-être duré que le temps d'une nuit, mais tu m'as libéré de bien lourdes et encombrantes chaînes ce soir. Et... Et putain, ça fait du bien de se sentir aussi léger.


Apaisé du fardeau de ces sales idées ressassées à répétition. Ce que je cherche à faire à chacune de ces virées en taverne, il est vrai. Mais jamais en un succès complet. Toujours, entre deux hoquets d'ivresse, ce même avec la meilleure des compagnie, à filer le fil de la meilleure des nuits, toujours,i ll y a eu cet instant hors du temps, amer, à ruminer. C'est plus fort que moi. Je rumine. Je rumine encore, encore et encore, chaque jour de cette chienne de vie, à me remémorer, à penser ce dont j'ai fait une vraie philosophie de vie pour mieux me construire autour plutôt que de perdre la raison. Et là, en ce moment même, ce serait habituellement le moment où rien que le fait de penser à tout ça ferait monter un sifflement de colère sourd jusqu'à mon cœur. Mais là non. Parce qu'elle est contre moi. Parce que le cœur bat déjà bien assez fort pour autre chose. Plus fort que la haine. Qu'elle aille se faire foutre la haine. Pas ce soir. Ce soir, mon petit Zvezdan vengeur, tu vas fermer ta sale et mesquine petite gueule, arrêter de me susurrer ces litanies revanchardes à l'oreille, et me laisser à cette sérénité, cet oasis d'un temps. Ca durera pas, alors le temps que ça va durer, tu n'auras pas ton mot à dire.

Et on y revient, à cette petite Salamandre. Des choses à t'apprendre, tu dis ? Se débrouiller comme un chef ? Le surplus d'émotion se calme en l'apparition d'un rire un peu nerveux.

- Comme un chef ? Hey, dis-moi franchement, c'est normal qu'elle pionce autant la bestiole ? J'suis sûr que j'y ai été trop fort...

T'as intérêt à te réveiller en forme, Braise. En forme et en grande pompe. Tu vas être mon souvenir, après tout. Mon petit retour à cette soirée. Alors je te veux vive et énergique.

- Alors c'est promis, Ariane. Mon défi, mon gage : A notre prochaine rencontre, j'aurais à te monter une facette bien personnelle du Don de messager. Un truc de mon cru, n'importe quoi. Ce sera ma validation finale, mon petit test. Et si ça rate eh bien... j'imagine que tu devras punir ce mauvais élève ?

Une voix rieuse, légère, et la poursuite de ces promesses, de ces « à notre prochaine rencontre », comme pour se persuader, s'y contraindre, se promettre qu'elle aura lieu que vents et marrés se déchaînent ou non. Un voile d'innocence toujours aussi fausse me passe sur le visage à la mention de ces fameuses danses.

- Tout comme les danses en elles mêmes, éventuellement...

L'innocence au visage, l'espièglerie dans la voix. Puis encore quelques secondes plus tard, ce regard que je croise, un peu plus difficilement que depuis que je l'ai rencontrée. Toujours cette nuance plus colorée aux joues, et quand je l'entends se reprendre de la sorte, mes yeux viennent la fixer plus intensément.

- Ne t'en fais pas, va, je vais pas m'envoler comme un voleur. Pas avec toi en tout cas. un sourire, le retour à de vagues souvenirs plus triviaux. Je veux rester aussi.

L'emphase mise très clairement sur ce « je veux ». Parce que c'est ce que c'est. Et quand je la sent presque s'endormir contre moi de la sorte, j'hésite. J'hésite à monter cette tente. Je la laisserai bien s'y perdre, dans mes bras, à la regarder dormir sans un mot. Puis sûrement finir par tomber comme une masse à mon tour en quelques minutes. Mais la nuit et le glacial qu'elle apporte avec son vent étant ce qu'elle est, il faut bien la monter, cette tente. C'est d'un geste assez clairement effectué à contrecœur que je me lève pour la quitter, aller m'occuper de cette toile. Et je l'écoute, acquiesce doucement à ce discours. Avec peut-être une pointe de mélancolie.

- Tu as raison. Si ça ne tenait qu'à moi, elle serait immuable cette liberté, mais j'ai vu bien assez de choses supposées inébranlables tomber pour savoir la vie et ses vicissitudes plus complexe que ça. Et laisse faire pour la tente, toi tu t'occuperas de la replier, c'est le plus chiant à faire !

Un léger coup de coude pour appuyer la taquinerie des mots, et bientôt, l'abri provisoire finit par fièrement se dresser dans une nuit maintenant bien avancée. Ces deux mains qui me poussent vers l'intérieur de la tente, et ces mots. Pour y répondre, le rictus habituel.

- Monsieur n'a jamais eu l'intention de préférer la morsure du froid à ta compagnie, je te rassure.

Ma gentillesse a bien ses limites, après tout.

***

Comme à chaque nuit, ce moment passé avec le pendentif à mon cou entre mes mains, trituré, caressé de façon presque maladive.tendu bras levé vers le ciel avec mon regard fixe dessus.Mais plutôt que de ressasser de la fureur et de sales souvenirs, cette nuit, je me focalise sur ce que ce pendentif a de bon à flatter dans ma mémoire. La dague donnée par papa, celle-là même où était incrusté cet emblème à l'origine. La fierté dans son regard quand il m'en a fait don, celle que j'aimais voir dans ses yeux quand ils brûlaient de cette fougue inconnue. Le regard attendri, peut-être nostalgique de maman lorsqu'elle le voyait comme ça, revigoré, rajeuni. J'y pense, tandis que je sens son regard sur moi. Que j'entends sa voix.

"Merci pour tout"

De nouveau. Ce cœur plus nerveux que j'ai réussi à calmer en montant la tente. Cette presque honte. Tu n'as pas à me remercier, Ariane. Tu m'as donné autant si ce n'est plus que tout ce que je t'ai offert en une nuit. Bien peu de choses, si tu me demandes mon avis. Je me retourne vers elle lorsque je l'entends. La fixe, et sans la quitter des yeux, passe le pendentif sur le côté, prend appui sur les peaux de la main nouvellement libre. Et sur la seconde déclaration, mon regard se met à glisser sur ses courbes. Ma main va bientôt l'imiter, et je m'approche lentement. Sans jamais m'imposer, je vais pour me poster au-dessus d'elle. Plonger dans ses yeux. Pas comme avant. Pas ce regard qui fixe pour défier, pour s'amuser, pour sonder. Quelque chose de plus profond et pourtant plus simple.Et tout doucement, je m'y penche de nouveau, vers son visage, puis le lui soupire d'une voix douce lorsque les lèvres passent proches de s'unir à nouveau.

- Arrête de me remercier.

Et la pulsion longtemps refrénée se concrétise de nouveau. Parce que c'est peut-être la première et dernière nuit. Parce que je veux que tu comprennes que tu n'as pas à me remercier. Que je te dois peut-être plus que l'inverse, mais qu'il n'est pas question de devoir quoique ce soi à l'autre entre nous deux.

Et comme lors de ces pas de danse dessinés dans la taverne : parce que j'en ai envie.

Mes lèvres contre les siennes. La même douceur qu'auparavant, mais plus de passion, bien plus. Une langue qui s'y invite, curieuse, gourmande. Une main qui va en chercher une autre, pour l'enserrer, croiser nos doigts. La seconde passée à sa joue derrière ses cheveux, puis descendue dans son cou, et finalement plus bas. Une bouche qui imite, dévale de la sienne jusqu'à son menton, se perd dans son cou alors prit d'assaut de plusieurs baisers successifs, d'une langue vagabonde, envieuse de se répandre sur cette peau nue.

Le souffle tout aussi court que chaud, les gestes tantôt lents tantôt frénétiques, mais toujours avides, les sens limités à la perception d'Ariane, ignorant tout le reste. Rien qu'elle, et le rythme de cet organe palpitant dans ma poitrine.

Rien d'autre. Ni cette raison qui aurait pu me susurrer la vanité d'un désir peut-être dangereux plus tard, ni quoique ce soit. Rien qu'un sentiment et une envie.
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Sam 10 Déc - 21:46
Les mains qui étaient venues à la recherche du Vandale avaient trouvé leur reflet, en ces bras qui l'enserrait désormais tout autour de sa taille. Et de cette douceur, la jeune femme profita de son étreinte rendue. Silencieuse certes, mais détendue.

La réplique suivante la fit sourire, contredisant parfaitement ses dires et leur démonstration datant déjà de quelques secondes. Vint un pouce qui frotta sa joue, à cet ancien maître devenu élève, cet élève redevenu enseignant.

"Mais même sans voix, tu en as tout de même une, de parole. J'ai bien peur d'avoir trouvé plus bavard que moi..."

Son esprit s'était senti alléger. Leurs regards s'étaient recroisés et le cœur de l'atlante s'était emballé, à l'idée de partager un espoir bien plus commun qu'il n'avait bien semblé l'être de prime abord. Ariane l'écouta prononcer ces mots doux, des mots qu'elle avait bien cru impossibles à arracher véritablement à la première rencontre dans la taverne. Bien sûr, Ariane appréciait ce qu'elle percevait au fond de son regard. Dans cette aura déstabilisée, ces sourires sincères qu'il offrait à portée de main et à volonté.

"Le temps d'une nuit oui. Mais aujourd'hui est un jour bien différent. Toi et moi on le sait..."
Le soupçon d'un ton enjôleur se propageait entre ses mots, de nouveau, dont une nouvelle intonation qui lui échappait pourtant. "Et si j'ai été capable de te soutenir, ne serait-ce que ce temps-ci, alors...Je pense que tu viens de mentir à ce pourquoi j'ai été formée jusque-là. Rappeler un bon souvenir n'est pas à la portée de tous...Un vrai, aussi léger soit-il. Je te préfère ainsi, malgré tout. Je pense." Un sourire taquin, malicieux mais intelligent encadra le plus petit mouvement de ces lèvres bien féminines et qui pourtant, se montraient dores et déjà bien moins catégoriques dans la bonne morale universelle à adapter. "Une haine n'est pas mauvaise, si elle n'est pas tournée à ton désavantage, tu le sais? Je ne te demande pas de l'utiliser maintenant, certainement pas...Mais, ne renie pas ce qui te forme encore pour l'instant. Evolue simplement au gré du temps. Et peut-être plus tard, me révèleras-tu ton histoire et l'origine de cette émotion."

"Mais pas pour l'heure." Inutile de le cacher. Pour Ariane, toutes les émotions étaient bonnes à prendre. Si toutefois, le Berzerker pouvait les maîtriser, et peu de personnes en étaient réellement capable. Ni lui, ni elle, qui venait de plonger son nez près de sa clavicule, tentant de faire honneur à ces charmantes demoiselles qui composaient l'essence de son Ecaille. Les Lyumnades. Mais l'étreinte devait bien prendre fin, un jour ou l'autre, aussi la brune s'était détachée de son vis-à-vis.

Bras décousus de ce cou, la gardienne de l'Antarctique porta son regard sur la petite salamandre, sourcil levé. Combien de fois devrait-elle le rassurer quant à la santé de la petite urodèle?

"Elle va très bien. Sa gorge se lève et s'abaisse. Ne t'en fais pas, son réveil prendra le temps qu'il faudra. Une salamandre est un animal petit mais résistant." Le suite fut poursuivie par un clin d'œil, à l'évocation d'une démonstration de cet apprenti qui prendrait son chemin sans elle. Une promesse? Cela résonnait davantage comme un défi, aux oreilles de la brune qui s'était retournée. "Ce ne sera pas sans conséquence non. Un défi ne passe pas à l'oreille d'une sourde, mon cher Chasseur. J'en attends beaucoup, à dire vrai. Ca te fait monter une appréhension, peut-être?"

Ses yeux pétillaient encore de sa célèbre malice, concluant le pacte en un certain sermon, même à l'évocation de ces éventuelles danses à venir. A apprendre. Oh, elle aurait voulu y rester pour dormir, mais le confort primait sur leur position actuelle, promis autrement à s'assoupir à la belle étoile. Il pourrait s'envoler comme un voleur, comme elle, mais elle ne craint pas véritablement cela finalement, considérant le jeune homme en ces mains toujours liés aux siennes.

Puis finalement, il l'avait laissé pour monter la tente, là où tous deux s'étaient rejoints en silence quelques minutes. L'une pensive, à l'idée de savoir le jeune homme endormi, s'amusant avec les minces fils ébène qui ornementaient sa chevelure. L'autre, s'accordait une observation nostalgique avec une dague de ses origines, de celle qu'Ariane n'en comprenait pas totalement le sens, et ne préférait pas le savoir, privilégiant un instant face à l'inconnu, à la sensation bien attentionnée qui se glissait sous ses doigts.

Vint pourtant deux mains pour l'empoigner, un visage pour s'approcher dangereusement du sien. Et puis un élan tout droit venu d'un homme qui lui dévoilait sa flamme. Et si Ariane demeura dans un premier temps dans le silence et la retenue, cette pudeur avait pris fin, relâchant ses maigres défenses, entrant dans ces plaisirs offerts qui lui rendait une chaleur toute nouvelle, qui la fit se défaire partiellement, au fur et à mesure du temps écoulé par des lèvres capturées, de ce tissu qui lui couvrait encore la peau.

La nuit était tombée depuis un bon bout de temps et elle promettait déjà d'être courte. Ariane pourrait vivre longtemps avec la plénitude de cette sensation que lui procurait la pulsion du Vandale. Ce visage au-dessus d'elle, cette main qui effleurait sa joue, son cou, son sein, bien vite remplacée par des lèvres plus désireuses. Tout cela, parce qu'elle ne se l'était permis auparavant. Mais il y avait également, lorsque l'on connaissait suffisamment la jeune femme, ce goût du danger. Tous deux risquaient leurs têtes à créer des rencontres incertaines. Ennemis? Amis? Marina en ces terres martiales, la générale des Lyumnades à découvert aurait pu se faire chasser, aurait pu être bien vite mener dans un long couloir de trépas. Fini l'amphibien trop curieux, fini le Tribut aussi perdue dans ses repères que dans ses allégeances incertaines, saluons la Mort. Etait-ce important pour autant? Oh non. Elle ne haïssait véritablement personne. Rien de personnel, tout d'un jugement.

Puis, entre deux baisers, chassant l'ombre d'une phobie à l'idée de céder à un interdit, Ariane parvint à souffler deux mots de ses pensées toutes basses.

"Ne pas te remercier? Ce serait...bien ingrat. Surtout avant ça..."


Et ce genre de ressentiment n'avait plus sa place en cet instant, à cette initiative où un plaisir indicible émergeait au frôlement d'une main qui n'avait toujours pas quitté la sienne, et à ce dos, le sien, qui caressait le tissus de leur loge. Les doigts du noble perdu glissaient le long de ses habits restants, puis de sa peau, sa bouche; parcourant ses lèvres, son cou, sa gorge. Ariane priait pour que cela dure plus longtemps, quitte à mourir de bonheur étouffé. Et alors, elle commit l'erreur de tomber amoureuse pour cette nuit, quand la demi-obscurité fut enfin l'un de ces alliés qui venait camoufler leurs identités respectives. Prise d'une inspiration, la main de la brune s'évadait de là où son cœur palpitait à plus bas. Car en cet instant, seul demeurait ce bien-être qui se propageait lentement par frissons, contacts plus concrets et puis par engourdissement, fleurissant le long de ses membres et de sa colonne vertébrale, à l'écoute des battements et des soupirs effrénés de leur duo en cette valse passionnée et totalement libre. Unis. Dans leurs pensées également. "Je pense te comprendre, pour cette fois. Comme si nous sommes sur la même longueur d'onde. Sans violence, sans rien d'autres, mise à part cette liberté que tu m'offres. C'est celle-là, que tu penses que j'ai offert?"

Sans étiquette, des peaux qui se frottaient à son invitation, un bassin qui ondulait en un rythme évoluant selon leurs envies. Il s'emballait à leur passion, à ces doigts qui agrippaient le dos du Cardinal, à ces mots désireux qu'elle savait murmurer. A tout.

Et la jeune femme laissa cette vaine impression d'être en enfer et au paradis prendre le pas sur sa raison, exhibant la preuve incontestable de son infraction. Amante légèrement démonstrative. Amante essoufflée, qui chercha ses mots. N'en trouva pas de suite. Et après cette euphorie, il n'y eut qu'un retour à une appréhension, à la réalité de leurs pas. Et ces pas étaient leur futur, peut-être bien. La gorge serrée, cette fois-ci anxieuse à l'idée d'avoir été escroquée, mais bien plus de ne jamais plus revoir le Vandale et de laisser ce lien à rien de plus, rien de moins qu'une seule nuit, l'atlante avait murmuré maigrement ses inquiétudes. De sa voix qui restait.

"Zvezdan...J'espère que tu ne m'oublieras pas...Je ne le souhaite pas. Pas lorsque nous prendrons des chemins différents."

C'était cela, ces pas non désirés.

Les pas d'amants désunis.




Dernière édition par Ariane le Lun 12 Déc - 2:39, édité 1 fois
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Dim 11 Déc - 22:53
Un pouce sur cette joue rougie, des mots qui font redoubler cette nuance sur mon visage autant que ce rire à mon esprit. A mes lèvres, bientôt.

- Ne suis-je pas trop honnête, comme garçon ?

C'est dit dans ce sourire jaune, mais réel. Oui, des joues trop promptes à révéler les sentiment, par cette montée colorée qui les prend aisément. Un cœur qui tambourine trop fort ce que les mots n'osent pas dire. Alors tu l'entends parfaitement Ariane, cet organe trop bavard, trop franc. Je crois sentir le tien, aussi, dans cette étreinte à poitrines collées. Je crois le percevoir, quand nos regards se croisent de nouveau. L'entendre dans le ton de cette voix, le reconnaître dans tes mots. On le sait, oui. Et ça nous plait. Plaisante mais dangereuse nuit trop heureuse entre un homme et une femme aux allégeances trop éloignées. Trop conflictuelles, potentiellement. Et je dois te l'avouer, Ariane : elle ne m'embarrasse pas, cette folie partagée. Bien au contraire.

- Je pense me préférer comme ça aussi, ouais Je le lance d'un ton tant songeur que léger, mais avant tout véridique. Un regard fixe sur ce sourire pendu à ses lèvres. Il me fascine trop, ce sourire. Les yeux remontent se plonger dans les siens lorsque le reste du discours me parvient. Contraste. Un peu de rire, un peu d'amertume. Est-ce que j'aime seulement ce de quoi je suis formé, au fond? Le rire reprend le dessus. Allez, arrête un peu de te tirer tout seul dans les pattes, abruti. D'autres s'en chargeront bien tous seuls. J'me doute bien que tu me demandes pas de l'utiliser maintenant! et je resserre ma prise sur elle, frotte les mains contre ses épaules, prend une mine qui mime l'intimidation sans jamais vraiment s'en rapprocher. Bleeeeurg, méchant Berserker, pas conteeeeeeent, colèèère. Je le fais bien, hein ? et cette voix un peu débile qui me prend la gorge pour aller me perdre dans cette imitation foireuse. Espèce d'enfant Plus tard, oui. Au coin du feu comme ce soir, si tu veux, pour l'ambiance.

Tu verras qu'elle n'a rien de bien folichonne, cette histoire. Une comme mille autre. Celle d'un gosse arraché au confort du quotidien par une Guerre trop cruelle, trop violente. D'un gosse qui s'est réfugié dans la haine plutôt que dans les bras d'une mère désormais absente. Il en faut des choses auxquels se raccrocher, à cet âge. L'âge où ça m'est tombé dessus. J'aime justifier ma faiblesse de l'époque comme ça. Ma faiblesse d'aujourd'hui. J'étais jeune. On en passe des éponges, avec ce prétexte. De la même façon qu'on en justifie des massacres, pour d'aussi vaines justifications. « Pour la paix », « pour la justice ». Tseh. Même moi. « Pour la vengeance ». Je t'en parlerais, oui, et tu verras que la seule différence avec quelques autres, c'est que je dispose d'un peu plus de moyens pour arriver à mes fins. La colère d'un enfant du Chaos est une chose, la colère d'un enfant du Chaos recueilli au sein des hordes sanguinaires du Dieu de la Destruction en est une autre. Plus puissant, plus dangereux. Plus ironique, aussi. Plus teinté encore par la Guerre et ses méfaits que son homologue non-éveillé. Une pensée qui se prolonge, que je parviens à rendre plus philosophique qu'amère, ce grâce à ce souffle prés de mon cou, à ces bras tout autour de moi. Grâce à toi.

- Bon... J'te fais confiance. Tseh, regarde-moi qui commence déjà à me faire du sang d'encre pour rien...

Qu'il est serviable et prévenant, ce Cardinal de la Guerre, Général de l'Armée des flammes. Tu le sens, Ariane, ce terrible serviteur d'Arès ? Et encore, ce rictus moqueur envers soi-même, connu que de moi dans sa raison. Espèce d'enfant guimauve, par-dessus le marché.

Un rictus qui se fait plus joueur sur la suite, un regard tout aussi malicieux que le sien.

- Ça ne me motive que plus encore à te surprendre, voilà tout. Après tout, je dois bien savoir me montrer digne d'un tel don, ce serait de mauvais goût que de s'y prendre autrement.

Oui, si le défi n'est pas passé dans l'oreille d'une sourde, l'offrande n'est pas passée dans les mains d'un ingrat. Alors j'en userai. L'idée m'a de toute façon séduite dés qu'elle m'a été exposée. Aucune raison de se priver.

L'idée de me délier de l'étreinte pour aller monter la tente du repos d'une nuit m'est moins séduisante, mais je m'y lève tout de même lorsqu'il le faut. Alors ça a été ce repos, cette contemplation rituelle de l'emblème à mon cou. Puis autre chose. L'envie silencieuse, grandissante, la nervosité dû à ce regard que je sens posé sur moi. Le cœur qui s'est réactivé à entendre cette voix, ces mots. Et l'erreur de trop. Ce regard que j'ai moi aussi posé sur elle. Pour constater ces yeux brillants qui me fixent. Pour me perdre sur ce corps si prés, si...

Plus instinctif que réfléchit, ce buste que je penche au-dessus d'elle. Une injonction du corps, du cœur, un cri venu faire se taire tous les questionnements, tout dans cette cervelle qui ne pense que bien trop. Cessent les pensées, cesse l'assommante et éternelle avalanche de doutes. Au diable tout ça.

Donne-moi plutôt tes lèvres.

***


Retour au calme d'une nuit silencieuse après que quelques éclats de voix soient venus percer ce voile sans son. Une plénitude rare. Un essoufflement heureux, une fatigue satisfaite. Une volonté de rester tout prés de toi, même maintenant. Surtout maintenant. Surtout quand je t'entends douter de nouveau, comme ça. Tu sais que je pourrais presque me mettre en colère, de cette crainte que tu m'exposes ? Mais non. Plutôt que d'en prendre ombrage, ça réveille quelque chose de plus constructif. De plus noble. Je ne t'en veux pas de douter, non. Ne naît qu'une profonde résolution d'effacer ce doute.

Je te serre un peu plus contre moi, relève ton menton, pour mieux capter ton regard. Mieux le transpercer du mien, habité de cette véritable et criarde résolution. D'autre chose aussi, peut-être. Un autre chose que je retrouve chez toi aussi, je crois.

- Est-ce que ce regard te frappe comme celui d'un homme ayant l'intention d'oublier quoique ce soit ?

Des chemins différents. Oui, ça arrivera. Vais-je oublier pour autant ? Vais-je te jeter loin dans les limbes de ma mémoire ? Non, Ariane. Oh que non. Ce serait mal me connaître.

- Crois-moi que ces chemins différents finiront par se recroiser, Ariane. Et que je serais là. Et là encore, tu pourras le lire dans mon regard : je ne t'aurais pas oublié.

Et si les chemins devaient ne pas se croiser, je serais très capable de me risquer au hors-piste. Ce ne serait pas la première fois.

- Je n'oublie pas, Ariane. Jamais. Je n'arrive pas à oublier ce qui me torture, je ne vais pas m'amuser à plutôt le faire pour ce que j'aime... Ce serait malheureux, tu ne penses pas ?

Ne t'en fais pas, petite Salamandre. Les chemins sont une chose bien connue et bien malléable des messagers, après tout, hm ? Tseh. et une pensée idiote qui vient me faire rire tout seul, maintenant.

- N'empêche... Elle est où, Teigne ?

Et ça cherche rapidement du regard, sans trouver. Je reviens vers Ariane, puis rit plus franchement.

- Je sais pas si je veux savoir où est-ce qu'elle se planquait tout ce temps...

Les yeux pétillants de malice. De...
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Lun 12 Déc - 19:29


Mollement, la brune s'était réfugiée sous la couverture en peau de bête, presque recroquevillée contre le Berzerker, profitant de la chaleur de l'un de ses bras, nullement gênée par la sueur qui couvrait désormais leur peau. Son oreille continuait à écouter ce cœur qui battait encore la chamade. Certes, ce bruit la faisait douter, mais ce dernier était encore inconscient, quoique les paroles du Vandale avaient bien terminé par la réveiller sèchement. De la peur d'être escroquée, Ariane était de nouveau passée à la culpabilité. Il avait relevé son menton, l'avait serré contre lui, comme pour la rassurer à cet égard.

La vérité résidait après tout dans chacune de ses expressions, dans cette lueur qui perlait son iris sans couleur. Et elle lisait, interprétait la volonté de son amant.

"Non."


Ses lèvres entrouvertes, ses convictions étaient partagées mais Ariane continuait à sonder ces orbes noires, de ce contact psychique que le silence exécutait entre les deux illusionnistes. Zvezdan l'avait convaincu. La faute à elle-même, à cette méfiance qu'elle entretenait pour tous et envers tous. Sensations réciproques, généralement. Et ils faisaient bien de se méfier d'elle. Hocher la tête pour faire tout le contraire était largement dans ses cordes.

Mais aujourd'hui, c'était différent. Zvezdan aussi, l'était désormais dans son cœur.

"Non...Tu as raison, je ne devrais pas douter ainsi, ni même de toi, surtout après..."

Ca. Oui, la réalisation était encore bien étrange et elle avait du mal à analyser correctement ce qu'il venait de se passer. Ce tempérament sensuel qu'elle s'était découvert. Cette attirance qu'elle avait eu pour lui et juste lui. Intenable, intrépide Tribut, aussi blessée que ressortie renforcée. Et le Vandale avait bien terminé par ronger ces derniers remparts qu'il avait déjà bien abaissé.

"Mais tu me tentes. Me charme tellement, également...Et je me fais moi aussi bien idiote. Aveugle de désir. Peut-être également un peu suiveuse. Ce n'est pas un sentiment si déplorable...Juste, dangereux."

Après tout, un messager n'était jamais réellement fixé sur ses pensées. Malléable...La voilà rassurée d'entendre les mots du Vandale, de sentir que ce qu'ils avaient vécu aujourd'hui n'avait rien d'une illusion. Que c'était réel. Qu'il était réel. Sa chaleur, elle en profitait pleinement, en un silence où elle n'avait pas cessé de sonder respectueusement le fil de ses pensées.

"Je l'espère. Je te crois, excuses-moi d'avoir douté, d'avoir cassé cet instant...Moi non plus, je ne t'oublierai pas."


Mais ne mourrons pas, alors.

Le Destin est parfois bien joueur, et Ariane commençait à clairement discerner les enjeux qui menaçaient régulièrement toutes personnes, en une véritable épée de Damoclès respective qui trônait au-dessus de leur tête. "De toute façon, je finirai par...Enfin, peut-être, me sentir attiré de partir à ta recherche. Recherche qui ne sera pas forcément longue, si tu es un bon messager...Et je ne douterai pas de mon Fil."

A vivre dans les illusions, en un temps qui avait semblé s'arrêter pour la générale par simple patriotisme, elle en perdait les premières notions. Ces bras chauds et cette personne lui intimaient pourtant que son grand retour venait de commencer, que cette liberté dores et déjà acquise était entre ses mains désormais.

Elle se sentait vivante, et quelque part un peu comblé par la tournure qu'avait pris cette simple, éphémère mais intense rencontre, en un vrai Carpe Diem. La vie était un amusement, autant la croquer à pleines dents, et cette idée fleurissait parfaitement sur ses traits faussement réservés.

"Par contre, la prochaine fois..." Ariane passa ses lèvres sur son torse, taquina légèrement la peau en deux doigts qui s'alternaient successivement dans leur toucher, remontait le long du début de ses côtes pour s'arrêter au niveau de ses clavicules. "Tu me laisses prendre les choses en main, hm?"

Un sourire taquin, et un léger sentiment de puissance déclencha son rire très léger, étouffé, à bout de souffle mais cristallin, ravie d'avoir arraché à cet homme cette expression surprise qui en avait fait de même auparavant. Revanche justifiée, selon elle. Ariane n'avait pourtant pas bougé, pas encore.

Se relevant légèrement pour surplomber le Cardinal, elle l'écouta poser sa question. Oh, si Teigne avait été là, elle aurait pesté. Mais...

"Oh..." Un éclair de lucidité illumina sur son visage. "Oh!"

Elle passa une main devant sa bouche, tentant théâtralement -mais d'une façon tout aussi naturelle- de calmer et camoufler sa surprise. Manque de chance, jamais Ariane n'avait eu probablement un visage aussi rouge de toute sa vie. L'idée que la Teigne eut été témoin de la scène lui paraissait parfaitement saugrenu. Honteux. Un peu humiliant, également.

Et lorsque l'on connaissait ce qui se cachait véritablement dans le cosmos dans l'Urodèle cramoisie, nulle doute que cela eut été intimidant pour sa maîtresse. Toujours dénudée, par un humble sursaut, la brune chercha du regard l'amphibien, puis s'était relevée pour inspecter les environs. Quitte à sortir quelques mètres nue.

De toute évidence, son familier ne devait pas être bien loin. A peine avait-elle inspecté les devants de leur "demeure", qu'elle aperçut la petite bête trotter maladroitement en sa direction. Avec rapidité, Ariane avait pris la bête dans le creux de ses mains.

"Oh, excuses moi Teigne...Enfin..."

Inconsciemment, la jeune femme avait certainement dû la laisser dehors volontairement. Un instant d'hésitation avait bien ponctué son silence, avant qu'elle ne renonce finalement à révéler le secret de la bête. Un secret purement scientifique, mais peut-être bien plus sombre.

"Enfin...C'était pour le mieux. De toute façon, les Salamandres ne craignent pas la nuit et son climat d'été. En revanche la laisser seule en plein jour m'aurait certainement plus inquiétée."
Tendant le bras sur le côté pour y céder une place à la Teigne, tout en l'intimant de rester calme, Ariane avait repris place sur les couvertures. "Et puis, elle t'aurait mordu. Fort"

Les soulevant de nouveau pour mieux s'y emmitoufler, fermant les yeux à l'effort, fatiguée par l'instant de panique précédente, elle adressa une dernière attention au Cardinal, ponctué de ces yeux mi-verts mi-bleus pétillant de malice.

"Très fort."


Puis ses paupières s'étaient closes.


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Sam 17 Déc - 14:23
Un mince sourire dressé sur mon visage lorsque la réponse me parvient. Lorsque le doute dans ce regard finit par s'évanouir. Oui, je n'aime pas le voir ce doute. Je le comprend mais je le préfère absent. C'est bien différent de d'habitude... Habituellement, je prie pour que ne soit pas brisée l'une de mes mille et unes mascarades. Aujourd'hui, je veux plutôt que l'on soit sûr de ma sincérité. Je veux que tu saches. Que tu me fasses confiance. Je veux le relever, ce défi d'une confiance mutuelle entre deux éternels menteurs. Oh, je ne sais pas si tu en es une habituée, de ces mensonges de la voix, mais qui trompe les sens trompe les esprits.

Et je souris à te voir ne pas finir cette phrase. Cette main sur ton menton va caresser une joue, passer quelques mèches derrière une oreille, s'égarer dans un cou, tandis que ces yeux dans les tiens se font plus taquins, encore habités des restes d'un désir consumé il y a peu.

- Surtout après... ?

C'est répété d'un ton taquin, et lentement, je rapproche ces lèvres encore humides de ton oreille, y égard un murmure semblable à celui qui a précédé le passage de cette procession de mains avides. Tout aussi plein de ce quelque chose suave, sucré.

- Tu penses bien que ça ne s'oublie pas, une nuit pareille... ça se ressasse, se convoite, se repasse en boucle... Possessif, tu disais ? Je plaide coupable. Ce n'est pas un trait que je me connais, mais je pourrais très vite le devenir pour toi.

La possessivité d'un amant condamné à s'éloigner dans pas même quelques heures, la faute au devoir des deux guerriers sous cette couverture. Elle est ironique, cette possessivité. Cruelle, frustrante. Oh oui, il aime me torturer, ce cœur qui bat trop fort la haine ou trop fort.. l'amour ? Tu peux continuer d'utiliser un autre mot pour appeler la chose telle qu'elle encore longtemps, si tu préfères. Un sourire différent, présent lorsque je pose mon regard sur elle. Tseh. Oui, je veux bien appeler ça comme ça, si c'est pour toi. Assumer cette passion trop rapide, trop bête et enfantine. Cœur capricieux. L'un dans l'autre, il finit toujours par me mettre dans l'embarras. Ici, un embarras dans lequel j'irais bien me jeter à bras-le-corps. Il ne sait pas la stabilité, ce Cardinal. Trop électron-libre, trop changeant, tandis que le Dédale lui ne s'altère jamais dans son immondice sans morale, dégoulinante de sang et de vice.

Il va surtout trop vite, ce Cardinal, et il n'est pas le seul.

Tseh... Possible... Trop vite, ouais. Et pourtant, pas de doute, pas d'appréhension. J'ai eu tout le temps de douter lors des premiers échanges. Toutes les raisons de reléguer cette méfiance au second plan. Trop vite, tu dis ? Soit, trop vite. Très bien. Brûlons les étapes, soyons de jeunes cons insouciants. J'aime ça, être un jeune con insouciant.

Et tandis que j'y pense, j'aurais ce regard rêveur sur toi. Un œil qui trahit la pensée traînarde, cette réflexion en suspend. Pour m'en sortir, tes excuses, et pour y répondre, la main resserrée sur ton épaule qui va la frotter frénétiquement, pousser pour te resserrer encore un peu plus contre moi.

- Y a rien de pire que des excuses pour casser ça, ma pauvre ! Et je le lui dit d'un ton faussement accusateur. Ca se lit autant dans ma voix que dans mes yeux : T'as rien cassé du tout. T'as juste été maladroite. Mais... Je crois qu'elle me fait rire, cette maladresse. Qu'elle m’adoucis un peu, même. Dangereux répit, risque désirable. Belle rose pleine de piquants. Mais j'aime aussi me piquer. Alors cette bouche vient flirter prés de la tienne, souriante. Oh mais je pense m'être bien assuré de ne pas te laisser l'occasion de m'oublier, ma Générale. un baiser plus chaste sur tes lèvres, presque sage. Presque.

- Je n'en douterai pas non plus.

Ca non, pas le moins du monde. Viens donc me rechercher. La porte sera grande ouverte. A qui irais-je faire croire que je raterai n'importe quelle occasion de m'éloigner encore quelques instants du Dédale ? Avec toi, par-dessus le marché. Non, ce serait là un mensonge bien éhonté. Pas que la tromperie soit un souci à ma conscience, mais il s'agit ici surtout de ne pas se mentir à soi-même.

Et je ne mens pas, quand je te fixe de ces yeux cupides sur le passage de tes lèvres, quand ce frisson me parcoure, à suivre de prés la progression de ces deux doigts sur ma peau. Non, je peux bien essayer de mentir par les mots, mais le corps refuse quant à lui de se soutirer à cette honnêteté trop entière. Un grand sourire entier, renforcé à la mention des mains. Prendre les choses en main, tu dis... Tseh.

- Avec grand plaisir. Je te laisserai volontiers la mainmise, cette fois-ci.

Cinq doigts qui flirtent dans ton dos, vagabonds furtifs, à le parcourir de leur extrémité, comme s'ils voulaient se faire sentir mais en un contact presque fantôme. Un mirage, un vestige lointain d'une nuit pleine de prises plus fermes, de peaux plus franchement empoignées. On l'aura trompé bien assez comme ça oui, ce froid venu de l'extérieur.

- Mais qu'est-ce que tu f-...

J'ai rien dit.Oh bordel... Je sais pas si je dois rire comme un abruti ou passer la main devant mon visage l'air dépité. Non, je crois que je vais rire, juste pour ces joues rougies et cet air complètement gêné que tu viens de tirer. Un rire suivi de deux mains employées à relever la couverture lorsque la tente est brièvement ouverte. En espérant que personne ai choisi son moment pour poser sa petite promenade nocturne... Ou en l'espérant au contraire, peut-être.

- Et je vois qu'elles ne sont pas les seules, à ne pas le craindre.

Un poil moqueur dans la voix, taquin dans le regard. Oh, tu as bien fait de la laisser à l'extérieur alors.Une morsure au poignet ne me dérange que peu, mais je n'ai que peu envie de savoir où est-ce qu'elle se serait amusée à perdre ses crocs si elle avait pu entrer ici quelques temps plus tôt.

- On est toujours dans l'instinct protecteur d'une Salamandre teigneuse ou bien l'on peut commencer à parler de Jalousie, dans ce cas ?

Jalouse petite Teigne belliqueuse. Je te l'ai peut-être volée le temps d'une nuit, cette belle Atlante, oui. Et la récidive n'est pas sans me tenter. Seras-tu là pour t'improviser juge et bourreau, cette-fois ci ? Qui sait. En attendant, chacun a ces yeux plus lourds et ces corps plus mollassons qui commencent à s'éteindre. Folle nuit, celle qui a suivie une journée tout aussi harassante, en ce qui me concerne. Les jambes viennent alors rapidement se mêler aux tiennes, recherche d'un contact désiré, d'une proximité présente sans se faire envahissante, un dernier regard avant que les paupières se ferment, rideaux clos sur cette énième scène.

***

Chaleur. La chaleur d'une peau contre la mienne, agréable, convoitée. Bruits. Une nature que je devine éveillée là-dehors, baignée sous les rayons d'un soleil levé il y a peu. Noir. Celui de deux yeux qui refusent encore de s'ouvrir. Noir ? Non. Plutôt qu'un voile obscur, les souvenirs d'hier qui se rejouent. Sourire. Contact. Une caresse que je sens remonter à mes côtes, un léger frisson. Murmure incompréhensible dans un réveil à peine encore complet.

- Hmrhblrg... 'as 'aint'nant... Deux minutes...

Et ca ne s'arrête pas. Ca remonte jusque le long de mes hanches, passe sur mon épaule. Un léger râle poussé, une espèce de parodie de sourire formée sur ce visage engourdi par la fatigue. Impatiente, Ariane? Et ça m'arrive dans le cou. La main posée sur cette peau non loin de la mienne commence une lente caresse, guidée par cet esprit engourdi d'un réveil trop récent.

La bouche encore pâteuse de sommeil pousse un cri strident, hurlement de douleur dans la mâtiné jusqu'ici paisible.

- PUTAIN DE M-...

Morsure. Un filet de rouge que je sens à mon cou, léger et bien négligeable, mais présent. Une surprise qui me fait ouvrir ces yeux vitreux sur Ariane, mais surtout sur cette Salamandre projetée pas bien loin par mon mouvement de recul, celle qui me regarde l'air innocent avec cette nuance de rouge sur son museau. Celle qui dormait il n'y pas si longtemps. Je passe quelques doigts sur la plaie, grimace doucement, puis finit par rire de cette voix enraillée. Et je la fixe, dos relevé, encore à moitié allongé, d''yeux qu'à moitié ouverts.

- Bonjour à toi aussi, Braise. Tu commences déjà à prendre les mauvaises habitudes d'un modèle bien belliqueux, tu sais... ?

Un regard vers la Teigne, puis finalement vers Ariane.

- Hem... Heuuuu... Bonjour, toi. Désolé, pas l'habitude de me réveiller en hurlant comme ça... Pas l'habitude de me faire mordre au réveil non plus, faut dire...

Plus l'habitude de passer une bonne nuit de sommeil, aussi.
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Dim 18 Déc - 15:31

Ca l'amusait, le Cardinal. Cette fausse pudeur dont la jeune femme faisait preuve, toute ignorante de ses émotions qu'elle était. Et pourtant, Ariane ne pouvait plus le nier sous ces couvertures, adossée tout contre lui. Mieux, elle aurait pu continuer à frissonner, lorsque Zvezdan avait relevé son menton, continuant à lui murmurer subtilement quelques mots de cette voix qui l'avait encouragé quelques minutes plus tôt.

"Hm. Tu sais me piquer au vif." Et pas qu'un peu. Si la soirée n'avait pas été aussi fatigante, la Générale aurait certainement cherché à la prolonger d'une façon ou d'une autre. Possessive? Peut-être bien en cet instant, quoiqu'elle soufflait ses mots doux dans l'oreille de son vis-à-vis. "Si cela peut calmer cet homme devenu un peu possessif, je ne pense pas m'attacher souvent à ceux que je rencontre dès la première nuit. Mais j'en prends note. Ce n'est pas un si mauvais défaut..."

Et ça l'étonnerait, qu'elle ne rencontra à nouveau quelqu'un capable de la mettre autant en confiance. Habituellement méfiante, le Cardinal avait su lire en elle, respecter ses élans de recul et lui donner le temps qu'il lui fallait pour s'habituer à lui. Et ces secondes avaient été bien courtes, en comparaison. Sûrement parce qu'elle l'appréciait. Et se lever dénudée pour vérifier la présence de la Teigne ne la gênait plus. Pas devant lui, maintenant qu'il savait parfaitement à quoi elle ressemblait. Le moment était aussi savoureux et pourtant la perspective d'un futur la mettait mal à l'aise. Sur un champ de bataille? Probablement.

Leur prochaine rencontre serait bien différente de celle-ci, Ariane en avait conscience. Malgré la douceur du Cardinal. Malgré elle. Et leur inconscience respective lui fait alors échapper un léger rire.

"Ne considère pas trop ces lèvres pour acquises, ça finirait par devenir une mauvaise habitude..."

Même si c'est déjà le cas. Et que je ne me débats pas Son visage parlait de lui-même. La gallo-romaine souriait toujours, tandis qu'elle pressentait les doigts du Cardinal continuer à effleurer sa joue et son dos en de minces caresses. Les heures restantes s'écouleraient bien rapidement, mais la femme aux cheveux d'ébène préférait profiter de la chaleur de ses bras, de la caresse de ses lèvres sur les siennes. Et fermer les yeux avec malice.

La dernière question du Vandale lui tira un dernier aveu, peut-être bien étouffé par la chaleur d'une peau en fourrure bien relevé sur son visage. Sa question se portait sur sa salamandre, et son tempérament. Une distinction également, qu'Ariane préférait toutefois sauter de temps à autre.

"Surprotection. Ca fait depuis mon enfance qu'elle me fait ça..."

Depuis son enfance. Avant même cette Ecaille qu'elle portait...Oh, non, pas la Salamandre, ou l'un de ces familiers qu'elle manipulait. Avant, une autre personne.

Elle laissait deviner, ne révélant pas totalement cet indice aux yeux du Vandale.
******

Silencieusement, Ariane l'observait, sans bouger. La respiration haute et basse de ce dernier la berçait depuis déjà quelques minutes. Pas bien matinale, le Vandale. Ariane supposait qu'il aurait pu encore rester longtemps dans cette position-ci, aussi serré contre elle qu'ils ne partageaient un sommeil profond. Toutefois, éveillée, Ariane n'avait pas bougé. Elle ressentait pourtant déjà ce cosmos fusé de manière bien moins réfléchi.

Puis vint une envie, face à cet esprit affaibli par le sommeil. C'était plus fort qu'elle, comme un appel pour les Lyumnades. Les songes d'une personne à demi-réveillée lui paraissaient très alléchants. Alors Ariane s'était approché, tentait d'abaisser ces barrières psychiques bien maigres qui se forgeaient entre elle et lui. Tout en douceur, de manière indolore, comme une couverture que l'on enlevait doucement sans même que l'hôte d'un lit ne puisse le remarquer. Toute Générale de l'Océan des Différences qu'elle était à cette époque, il fallait dire qu'après cette nuit, le Cardinal la rendait bien curieuse. A bien des égards.

Et puis, ça l'amusait, l'intriguait et lui manquait tout à la fois, maintenant que les Saints étaient partis.

Si elle devait prendre une apparence qu'il pourrait apprécier, qui apparaîtrait? Cette mère dont il avait parlé? Ou quelqu'un d'autre?

Hm, quelque chose qui lui ferait plaisir.


Ariane savait qu'elle pensait à un interdit. Et potentiellement, que cela l'irriterait au plus au point. Mais l'idée était très tentante, et la nature de son Ecaille l'intimait à s'immiscer dans cet esprit. Avec un peu de chance, en faisant les beaux yeux, la Guerre la pardonnerait certainement. Un vil petit mensonge tiré de la Vérité...

L'envie se fait prenante, un peu plus intimidante lorsque le jeune homme prononce ses premiers mots de la matinée.

-Hmrhblrg... 'as 'aint'nant... Deux minutes...


Alors Ariane s'était penchée, prête à commettre son petit délit. Deux minutes seraient bien suffisantes pour cela...

Hélas un cri résonne, et le Cardinal se releva légèrement, la poussant sur le côté en y arrachant un mouvement de recul soudain. Sa poigne tenait toujours fermement la couverture sous le coup de la surprise. Et si la Teigne ne tiqua pas, L'autre vola sur le côté, en y laissant une marque rouge sur le cou de la Guerre. Un regard, une considération pour la Braise. L'urodèle avait involontairement sauvé son maître d'une autre morsure...

"...Mais hurle plus fort aussi, j'ai cru qu'on se faisait attaquer!" La main portée sur son cœur, la jeune femme oublia complètement son petit projet. "Moi non plus, je ne suis pas habituée à me réveiller par un hurlement de douleur."

Son regard fureta sur la petite Urodèle au coin d'une tente, celle d'un noir charbon tachetée de quelques pointes dorées. Le museau de cette dernière arborait encore de petites gouttes de sang d'un rouge métallique, ultime trace de son petit méfait.

"Une mordante!"
Le ton avait été expressif mais encore endormie dans le fond de son timbre. Je me suis trompée, en pensant que la Teigne serait la seule à être aussi instable parmi toute ces petites créatures. D'un pouce assez vif, la Générale des Lyumnades examina la plaie, peu profonde mais précise, puis révéla son diagnostic, non sans y déposer un dernier baiser juste à côté. "...Tu connais déjà le venin de la salamandre. Passionnant, lorsqu'on s'y intéresse. A force de te faire mordre, ça te passera les effets. S'il est dilué, tu devrais également pouvoir en faire quelque chose de pratique. On soigne le Mal par le Mal, comme on dit."

Mais là encore, Ariane n'en est pas une experte, n'y connaissait que les grands rudiments de leur utilité. Préférant s'intéresser à la faune de prime abord. Tout comme elle ne doutait pas de la curiosité du Berzerker en face d'elle. De ses compétences aussi...A en juger cette haine tapie dans son coeur, nulle doute que l'homme se montrait doublement plus décisif et vindicatif qu'Ariane ne l'était.

"Ca aussi, ça fera partie de ton programme. Les premiers jours ne seront pas de tout repos pour toi..."

Et la jeune femme avait ri. Que lui avait-elle donné, finalement? En considérant un temps la nouvelle petite salamandre et son messager? Un petit cadeau empoisonné. La métaphore n'aurait su être plus adéquate pour l'heure. Toutefois, le réveil avait bien terminé par lui arracher une mine plus sombre. De celle qui la frappait comme un électrochoc à la vue d'un soleil qui se levait.

"Je dois repartir..."


Et Ariane s'était levée, commençait à rassembler ses vêtements et ses affaires pour regagner son "chez-elle".


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Mer 21 Déc - 13:59
Une mauvaise habitude. J'en suis un habitué, des mauvaises habitudes. Celle-ci me paraîtrait la moins mauvaise de toutes, si je devais me surprendre à l'adopter. Et cet homme devenu un peu possessif ne se lie lui-même que rarement autant dés la première nuit. Oh, il a déjà arraché l'union des corps à quelques-uns dés la première nuit auparavant, très clairement. Mais pas ce cœur nerveux, pas ces regards, pas ces joues aux mille nuances de rouge. Il est bien benêt, cet homme, en cette nuit de sueur et de soupirs. Parce que justement, la nuit n'est en aucun cas résumable à cela, comme elle l'est en temps normal. Mauvaise habitude ? Danger ? Je sais, Ariane, je sais... Mais je suis faible face à ces choses. Tu l'as bien vu. Les sentiments ont plus tendance à me contrôler que l'inverse, malgré le calme d'apparence. Alors j'ai envie de la prendre, cette mauvaise habitude. J'ai envie de le risquer, ce danger qui veille au-dessus de la couche interdite, épée de Damoclès dressée sous la gorge d'amants découverts dans leur bêtise. J'irais lui rire au visage, à la ce danger. Lui dire comme je me moque de lui.

Surprotection. Une idée qui me fait sourire avant de fermer les yeux. Je t'aime bien, Teigne. Malgré tout, malgré la morsure passée et peut-être celles à venir. Petite Salamandre cramoisie d'où émane ce quelque chose indicible mais curieux. Je percerai ton secret, un jour. Mais pas aujourd'hui. Mais maintenant. Maintenant, l'esprit curieux se tait au profit d'une fatigue accueillie avec joie, d'un sommeil plein, agréable, réel. Rare.

***

Un réveil tout aussi plein, douloureux, mouvementé. Rare aussi. Quelques crocs à ma gorge, un cri, un sursaut, deux yeux grands ouverts sur la petite bête. Tseh. Tu commences bien, toi... Et elle est là, à venir vers moi, une sorte de curiosité familière dans ses petits yeux noirs. Une main lentement tendue vers elle. Hésitation. Braise vacillante. Mais finalement, après quelques reniflements et un échange de regards entre quatre yeux couleurs néant, la voilà qui y monte, longe ce bras pour aller se déporter sur mon épaule, tranquille. Un espèce de... Je sais pas. Un lien, quoi. Braise taquine, potentiellement farouche, mais déjà fidèle malgré tout. Tu commences bien, oui. Réellement.

- Ouais bah on échange si tu veux, la morsure au réveil ça a tendance à surprendre, tu vois ! Attaqués, oui. Moi seulement, par la réaction de ce petit amphibien curieux. Terrible assaut, n'est-ce pas ? ça m'aurait fait rire, tiens. Entourés par des gardes rapides à nous retrouver, nus dans notre tente, cernés. Tseh. Heureusement qu'on a d’impitoyables sentinelles pour veiller sur nous, hm?

Un regard sur Braise à mon épaule, Teigne un peu plus loin. Oui, terribles petites Salamandres gardiennes. Une main va chercher Braise pour la déposer sur le sol, tandis qu'un pouce me passe dans le cou. Bientôt quelques lèvres. Sensible, ce cou. Les yeux se ferment un instant, un sourire s'affiche, tant pour la sensibilité chatouilleuse face à ce contact que pour la sensation plaisante qui l'accompagne.

- « A force de me faire mordre », c'est pas comme si j'avais l'intention d'en faire une habitude, tu sais. Pigé, toi? Un regard faussement intimidant vers Braise, renvoyé en un éclat différent dans ces petites billes noires. Difficile à interpréter. Hm... Bah, ça viendra à force d'affinité. Quoique, si j'ai droit à un bisou magique à chaque petite plaie...

Sourire d'enfant. Yeux de gosse. Yeux de gosses encore pleins de cernes, certes, mais yeux de gosse quand même. Un réveil habituellement difficile, mais ici, plus paisible. Bien plus. Pas de tout repos, hein ? Tu m'en diras tant.

- Les journées mouvementées n'ont rien de nouvelles pour moi, j'te rassure. Ce sera dans un style... différent, on va dire.

J'aurais peut-être au contraire à faire preuve de patience, avec cette petite Salamandre. Mais elle y aura droit, à cette patience. Mignonne petite créature privilégiée. Oui, tu auras ton petit traitement de faveur, Braise. Parce que tu va être le symbole d'un souvenir chéri. Celui d'une nuit gravée dans la mémoire de ce Cardinal un peu trop cynique. Dans son cœur. Souvenir plaisant, peut-être celui que j'irais ressasser lorsqu'il faudra se dégager l'esprit de pensées trop sombres. Oui, il est précieux, ce souvenir. Alors toi aussi tu l'es, petite bête.

Et ce souvenir s'apprête à définitivement devenir chose du passé. Des mots accueillis par la disparition immédiate de ce sourire un peu benêt à mon visage. Une réalité, un fait su d'avance, mais le rappel n'est pas sans s'accompagner d'un effet douche froide. Et bientôt, une détresse qui me sert au niveau de la poitrine. Lointain. Si lointain souvenir, cette sensation... Désagréable. Manque. Un manque déjà manifesté à l'avance. Par crainte, par appréhension. Je-...

J'arrive dans son dos. Soudain, presque brusque, étreinte sans préavis. Un torse calé tout contre, des bras qui se collent sur les siens pour aller les refermer sur son ventre, caresser le dos de ses mains. Un nez perdu dans ses cheveux, de nouveau, non loin de l'oreille. Et dans cette poitrine, la douleur âcre se transforme en un battement nerveux. Je l'entends, ce mot. Ce mot qui veut sortir, une supplique qui peine à ne pas passer la frontière de mes lèvres. Volonté naïve, mais profonde.

« Reste. »

Mais peut-être que le geste suffira à traduire cette envie inavouée, stupide. Mais sincère. J'aimerai que ce soit si simple. Vraiment. Abruti fini. Ils te sortent d'où, ces élans soudains avec elle?

Un silence, quelques secondes. La maladresse de cette étreinte venue l'interrompre dans ses préparatifs, une maladresse prolongée. Celle après un geste instinctif que la raison n'arrive pas à suivre.

- Ariane...

Qui essaie, pourtant. Essai futile. Une voix presque timide qui part d'entre ces mèches brunes. Timide... non, une sorte de spleen morose. Peine future déjà explicitée. Et la suite ne veut pas venir. Les mots suivants, n'importe quoi, une phrase pour lui expliquer. Lui dire. Ca veut, ça oui ça veut. Mais les mots sont difficiles, parfois. Même pour moi. Même pour ce putain de moulin à parole beau parleur. Pathétique. Drôle d'effet, d'avoir la gorge nouée, comme ça. Mes mains parlent à la place, alors. Se resserrent, mes doigts qui viennent chercher entre les siens pour s'y perdre. Un rire nerveux finit par partir.

- On ira le voler, ce cheval. D'accord ? Et ces danses. Je veux te les apprendre, elles aussi. Et ces progrès, avec Braise, aussi. Et cette chasse. Et...

Et il arrêter d'énumérer comme un marmot perdu.Panique. Une panique bien étrange. Peurs simples mais puissantes. La faiblesse d'un cœur trop émotif.

- On fera tout ça, hein...?

Promets-moi Ariane. Promets-moi qu'on le fera. Que c'était pas des paroles en l'air. Rassure-le, ce jeune et stupide Cardinal.
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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Jeu 22 Déc - 2:55
Des bras l'avaient retenues, lui sommaient de ne pas disparaître, de ne pas reprendre le cours d'une vie qui lui paraissait déjà compliqué, mais qui désormais, se corsait encore davantage. Son cœur se serrait, l'appréhension montait dans son âme. Plus encore lorsque Zvezdan enfouissait son nez dans ses cheveux, l'étreignait avec autant de passion. Bien sûr qu'il aurait eu le droit à ces bisous pour calmer ses plaies, s'ils avaient mené une vie normale, s'ils n'avaient pas été séparée par l'impitoyable barrière de la dualité de deux camps pas si alliés que prévu.

Ses paupières s'étaient closes, profitant de cette chaleur aussi longtemps que possible, laissant sa tête tomber légèrement en arrière. Un doux murmure n'avait su être retenu.

"Zvezdan..."


Une preuve était désirée? Soit. Dans ces bras qui l'accueillaient sans la juger, avec un amour chargée d'un bon nombre d'émotions qui l'enchantait et lui donnait envie d'avouer un amour précipité, l'idée ne manquait pas pour la Maîtresses des Apparences.


Marinas. Berzerkers. Les mélanger n'aurait jamais dû être fait rationnellement. Mais être rationnel n'existait pas dans le monde des émotions. De ce que tout deux manipulait. Ariane les devinait, les pensées du Cardinal. Elles étaient criardes en cet instant et si la générale des Lyumnades ne peut lire que le Passé et non le Présent, la jeune femme savait déjà que la Salamandre serait à son image pour le Cardinal. Un Souvenir de leur rencontre.

La Guerre lui demande de lui promettre beaucoup de choses. Beaucoup trop. Alors la jeune femme s'était retournée, prête à faire face à ce Vandale qui n'osait quitté son étreinte cintrant sa fine taille. Sa main s'adressait à ce visage, puis ses lèvres s'étaient rapprochées des siennes. Et enfin, Ariane est là pour lui rendre une parole qu'il lui avait faite.

"Ferme les yeux, Zvezdan."

Et sitôt il s'exécute, qu'elle appuya ses lèvres sur les siennes, puis s'en détacha, plaidant toutefois qu'il ne rouvre pas ces paupières. Le contact d'un Berzerker désormais aussi sensible à ses arcanes avait éveillé cette curiosité. Une curiosité intrusive, mais indolore en cet instant. Sa seule véritable magie.

Voilà mes compétences, mon Cardinal.

Leurs corps s'étaient alors détachés l'un de l'autre. Patiemment, Ariane avait laissé ces flammes bleutées dévorer son corps pour balayer l'identité de cette frêle brune. Devant lui, ne se tenait plus cette femme avec qui il avait passé la nuit, mais une belle femme qui n'avait peut-être pas assez vieillie pour être véridique.

Cette femme, elle devait être comme dans ses souvenirs.

"Zvezdan, ouvre les yeux."

Le visage d'une mère. Voilà le seul cadeau que pouvait lui faire en cet instant. A défaut d'une promesse, c'était l'occasion pour lui de se décharger de ces pensées parasites. Oh oui, Ariane était prête à être un fantôme du passé pendant ce cours.

Que ressens-tu Zvezdan? Ne sois pas si pudique. J'ai entrevu bon nombre de réactions au cours de mon existence, suffisamment pour faire la balance par moi-même de ce blanc et de ce noir qui siège en tout esprit. Mais je ne veux pas simplement satisfaire mes propres émotions. Je veux toucher ton âme, te comprendre. Et si cela revient à essuyer tes peines et tes larmes, pour que cela ressorte une bonne fois...Je serai toujours là. Dans tes Souvenirs. Tout comme cette personne en face de toi.

Et ce n'était pas la Vérité, non. Mais parfois, se confronter face à quelques chimères pouvaient se montrer puissant. Les Lyumnades le savaient. Il le savait. L'instant d'après, le sourire doux et maternel de cette vision s'évanouit, pour ne plus laisser place qu'à sa véritable apparence, quelques minutes après.

"Ne nous oublie pas, non. Mais ne te laisse pas dévorer par elles..."


La vision fut courte oui, mais suffisante pour ne pas faire tomber complètement son amant. Après tout, elle n'était pas sa mère non. Et peut-être haïrait-il ce genre de fantaisies.

"Je ne suis sûre de rien Zvezdan. Je l'espère. Oui. Je voudrais tellement rester plus longtemps, maintenant. Et à peine délivrée que je fais déjà mes caprices...Les autres Généraux rigoleraient à m'entendre. Si l'occasion de revenir ici m'est accordé, alors..."

Elle prit son temps pour y penser. Continuer à danser, continuer à rester ici près de lui pour l'écouter était tentant pour la Naïade. Elle non plus, ne voulait pas se défaire aussi rapidement de cet endroit. Et si cela revenait à se faire attraper par des gardes, alors le prix était bien moindre. Cela faisait un bon moment que l'idée d'une simple notion de l'Orgueil lui filait entre les doigts.

Oh, Ariane apprendrait de nouveau. Revenir serait certainement l'une de ses plus proches destinations.

"Alors je tenterai oui. Mais ne pas protéger son Océan peut être vu comme un signe de trahison sans justification. Outrepasser cela n'est pas sans risque...Ce ne sera pas tout de suite. Il nous faut être patient désormais."

Un maigre sourire, tandis qu'elle invitait Zvezdan à rejoindre la lumière au gré de leur pas. Car le matin s'était levé et qu'il leur fallait reprendre "leur foyer", celui bien propre à eux-mêmes. L'idée la gênait. Qui sait à quoi ils ressembleraient à leur prochaine rencontre? Quel genre de défaites, ou de mésaventures ils auraient connu?

Non, Ariane n'avait pas envie d'y penser. Et tandis qu'un bon nombre de scénarios possibles était balayé de son esprit, la brune n'avait pas détaché cette main de la sienne. Celle qu'elle avait entrelacé avec une certaine innocence, sans ignorer Braise sur l'épaule du Vandale, et la Teigne, qui trottait derrière elle, docilement.

Et puis vint la pensée de l'expédition à Avalon, où les choses n'étaient pas des plus certaines...Oh, elle n'excluait pas la possibilité d'un échec. Et si échec il y avait, alors son vœu serait simple.

"Si je prends trop de temps, ne pleure pas pour moi s'il te plait. Et continue ta vie sans moi, n'oublie pas de sourire et de profiter des plus petits détails triviaux de notre vie."

"Je ferai de tout mon possible pour revenir ici, et revivre ces moments de liberté avec toi. Si tu le veux bien. Je te le promets."

Oh, la Générale préférait que son avenir n'ait aucune incidence sur le Cardinal, s'il s'avérait funeste pour elle. Mais Ariane ne desserrait pas cette emprise, se contentant de lui accorder un simple sourire et un regard turquoise un peu explicite.


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Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Jeu 22 Déc - 11:26
Peut-être qu'au fond, c'est une façon de profiter d'un contact dont je sais qu'il va m'être interdit un long moment, cette étreinte. Voire une éternité. C'est long, une éternité. Trop long pour ce sale gosse impatient. Imprévisible organe qui refuse de cesser ses battements nerveux. Capricieux dans ses intonations, dérangeant dans ses préférences. Oui, il aura préféré battre pour une fille de l'Océan, cet imbécile. Putain de Guerre. Putain de Dieux. Vous et vos desseins saugrenus.

J'aime l'entendre de ta bouche, ce nom souvent difficilement articulé.Et quand tu te retournes, un nouvel échange de regard. Un sentiment qui ne se cache plus une seule seconde. Franchise de deux yeux trop expressifs, de joues trop rouges. Jamais auparavant elles ne l'étaient devenues autant après le simple passage d'une main. Puis une consigne. Retour à il y a de cela quelques heures, lorsque les battements étaient encore un peu plus intenses, les corps un peu plus suants. Une curiosité clairement affichée, mais finalement, une consigne suivie comme elle l'a suivie plus tôt.

Et ces lèvres sur les miennes. Enivrant contact, apprécié à sa juste valeur, étreinte conservée, renforcée. Malgré tout, yeux toujours clos, comme elle me le demande. Un son curieux. Crépitement des flammes. Pour le suivre, une dernière consigne. Alors je les ouvre, ces yeux.

Je...

***

Ce cœur malmené, trop fort et trop turbulent manque un battement. La lueur émotive de ce regard inquiet disparaît au profit d'un écarquillement tant soudain qu'extrême.

- Maman... ?

Une voix incrédule. Les failles d'un esprit fragile qui se font plus évidentes. Plus larges. Et elle craquelle, cette psyché instable, prise par une vision trop soudaine, par trop de souvenirs que le Cardinal tente habituellement de refouler au plus profond de son être. Souvenirs et inquiétudes, terribles appréhensions.

Maman... Qu'est-ce que tu es devenue après Carthage ?
Qu'ont-ils fait de toi ? Ces sales chiens... J'ai peur, tu sais. Peur pour toi. Peur de toi.
Du regard que tu poserais sur ton fils si tu voyais ce qu'il est devenu. Si tu savais.
Si tu respirais. Respires-tu encore, au moins ? J'ai peur. J'ai peur de la réponse. C'est cruel, cette incertitude.
Des chaînes aux chevilles, à servir un quelconque bâtard ? Une chaîne d'or autour du doigt, à t'être liée à un de ceux qui décident parmi chez-eux ? Un cadavre froid au fond d'une fosse creusée au sol...


Ce sont ces questions, ces doutes. Inconscients, tapis dans un recoin sombre. Ceux qu'il n'ose pas proférer, ni même songer. Un père mort qu'il faut venger. Une mère qu'il faut... Une mère perdue. Une mère peut-être là encore, dans la nature, peut-être pas. Ce « peut-être » plus douloureux que la plus profonde entaille jamais subie.

Il est bien faible face à cette chimère, le Vandale. C'est visible à ce qui commence à couler le long de sa joue. Oeil humide. Regard vitreux. Grimace contenue. Contenue. Contenue...

Puis il cède.

Un sanglot. Le premier. Les épaules soulevées à chaque fois que ça lui remonte le long de la poitrine, à répétition. Fragile. Un trauma abordé de façon trop abrupte, bien trop abrupte. Pas même un avertissement, pas même le sujet n'a été abordé avant, qu'elle sache, qu'il puisse se décharger un peu de cette peur. Non, une surprise totale, et tout ce qu'elle a de dangereuse. Qu'avait-elle en tête ? Il l'ignore. Il est trop pris d'assaut par le passé pour ne serait-ce qu'y penser. Le passé et la foule de sentiments qui accompagne.

Un peu de colère, beaucoup de peur, de regrets. Malgré tout, une ancre qui le rattache à un semblant de raison. Une main sur la joue d'Ariane, un sourire baigné des larmes coulantes sur ses joues.

- Arrête ça, s'il-te-plait... Arrête...

Une voix implorante. Celle d'un enfant terrifié. C'est bien là ce à quoi il est ramené, ici. A ses craintes de gosse. Les battements d'un cœur amoureux d'un coup remplacés par le puissant coup de bélier de cette vision soudaine. Cette jeune femme toute aussi brune qu'Ariane, belle jeune femme des huit ans du Vandale. Et ce sourire. Oui, Ariane le tient très bien, ce sourire. Assez pour le troubler plus encore qu'il n'aurait dû l'être. Et il finit par la prendre de nouveau dans ses bras, tout de même. Derrière la peur, derrière les doutes, une forme d'attrait. Une chance saisie. Une mère inchangée, comme il l'a connue, sans la marque de l'âge ni de ce que la vie a pu lui infliger. Il n'aura pas l'occasion d'aller se nicher dans son étreinte maternelle de sitôt. Alors ce n'est pas comme cet amant protecteur qu'il fond sur elle. Non, c'est plutôt comme un enfant qui quémande la protection d'une mère. Puis sa voix s'élève, interdite, pour vite rectifier sa précédente demande.

- Attends ! … T'en va pas...

S'en aller. Faute de langage de cet esprit confondu entre l'amant d'une nuit et l'enfant d'une mère. Enfant en quête de ces bras maternels perdus longtemps. Quelques minutes, à en profiter. A oublier que c'est un rôle, presque. A juste profiter de l'étreinte d'une mère revenue le temps d'un mirage déchirant. En lieu et place de la peur du début, une espèce de retour à l'enfance. Plus fort. Elle le connait Ariane, ce Zvezdan enfantin. Or, il ne se contente plus ici d'être enfantin. Il est enfant. Fils. Il joue le rôle avec une ferveur presque inquiétante, comme persuadé de cette illusion. Ca dure quelques minutes. Au bout d'un moment, un rire nerveux teinté de l'éraillement d'une voix prise d'un trémolo émotif.

- Tu n'as pas besoin d'imiter qui que ce soit pour me voler le cœur, tu devrais le savoir...

Non, l'Atlante n'aurais pas même besoin de prendre les traits d'un être cher, pour ensuite aller dévorer la chair du Vandale, si un jour l'idée devait lui venir. Aveu à demi-mot. Déclaration furtive. Maladroite, peut-être autant que le geste de l'Atlante à l'égard de cette psyché inconnue.

- Tu n'as pas besoin de l'imiter si bien...

Ca menace de repartir. Au creux de son cou, cette peur contenue. Elle doit lui paraître bien ridicule, ce Berserker bouleversé par simple faciès. Et pourtant, c'est bien dans la seule chose capable de lui faire afficher tels traits qu'elle est allée piocher sa dernière fantaisie.

Il se retire doucement de cette nouvelle étreinte lorsqu'elle redevient cette jeune Atlante. Un regard qui se prolonge, puis les yeux se baissent vers le sol.

- J-... Excuse-moi.

Des excuses. Là où n'importe qui d'autre aurait plutôt eu à subir un courroux sans borne. Mais parce que c'est elle, parce qu'il lui devine des intentions de base toutes sauf néfastes, il n'arrive pas à s'embraser. A la place, un goût âcre en bouche pour suivre le trop-plein d'émotion. Un contact visuel qui se rétablit, un revers de main passé sous les yeux.

- Putain de m-... Soupir. Sourire résigné. Heh. J'avais pas prévu de me retrouver tout sanglotant comme une lavette au sortir du lit, moi... Rire nerveux, de nouveau. Passer à autre chose, vite. Oh oui, tu vas tenter, Ariane. Je ne veux pas te laisser avec cette image-ci en guise de dernière impression

Ca non, pour sûr. Il compte bien lui en parler un jour, du pourquoi du comment de ce malaise soudain. Lorsqu'il sera prêt. Parce qu'il veut qu'elle comprenne. Qu'elle puisse saisir pourquoi tant d'émotion face à si peu. C'est bien pour ça qu'il arrive à si vite tourner la page : pour l'espoir de nouvelles rencontres.

- Alors promets, oui. Parce que si ce n'est pas toi qui vient, c'est moi qui ferait le déplacement.

Et ce visage regagne doucement sa vigueur espiègle, à se débarrasser des vestiges de peur. Quelques minutes de marche, et jamais il ne desserre sa main. Ce jusqu'à arriver sur une route. Gauche Atlantis, Droite, Dédale. Les pas s'arrêtent, et une fois de plus, ses mains viennent retrouver la taille d'Ariane, et sans presse, son front s'abaisse pour aller se coller au sien. Quelques secondes comme ça, puis un rire doux.

- J'ai pas envie de te lâcher, là, tu sais ?

Pas une seconde, non. Va bien falloir, pourtant...

- Va donc le protéger, cet océan. Retrouve les tiens, retourne sous l'eau. Et surtout donne-moi des nouvelles.
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ArianeavatarArmure :
Anciennement Lyumnades

Statistiques
HP:
260/260  (260/260)
CP:
180/240  (180/240)
CC:
243/306  (243/306)
Message Re: [mi-juin 550] Rumeurs rouges et Cheval de Guerre [PV Zvezdan]   Dim 25 Déc - 23:10
Si, en utilisant ses flammes bleues, Ariane avait pensé éveiller un souvenir plus simple et à la fois appréciable, Zvezdan changea du tout au tout. Il n'était pas "heureux", ô que non. Et en vérité, Ariane avait recherché ce bonheur sur ce visage lorsqu'elle avait desserré son étreinte tout autour de lui, juste après avoir goûté à ses lèvres plus masculines, lorsque de ces flammes bleutées semblables à un désir d'antan, la jeune femme avait pris l'apparence qui lui semblait être la plus pertinente à cette fin désirée.

Elle qui pensait avoir pris l'identité d'un être cher à ses yeux, comme un cadeau de dernière minute, la jeune femme s'était trompée, assistait avec un sentiment soudain d'impuissance en l'apercevant sangloter d'un instant à l'autre.

Ariane avait fait une erreur et elle en prenait conscience. Son corps ne bougeait pas. Cette ombre enfantine et brisée qui se tenait devant elle n'était plus du tout le Cardinal qu'elle avait connu, et la voix manqua de lui arracher un hoquet de surprise.

C'était un homme comme un autre.

Il y avait quelque chose de décevant. Oh, Ariane aurait pu se montrer compréhensive certes, mais l'habitude voulait reporter ces réactions lors d'un combat. Et lors d'un combat, le regret et l'hésitation n'étaient pas permis. Mais ici, l'appréhension d'une peur et d'un rejet s'était installée dans son cœur, sans distiller les craintes qui poursuivait le fait qu'elle tentait de s'approcher de lui. Les paroles qui suivirent avaient bien fini d'achever ce que l'atlante avait pour doute.

Arrête ça, s'il-te-plait... Arrête...

Ce qu'elle avait vu était sombre, bien sombre. Mais n'était-elle pas habitué à ce qui était ainsi, sombre? La Générale s'avançait, prenait pleinement dans ses bras le jeune homme en face d'elle. Et lorsqu'elle s'était apprêtée à reprendre sa forme initiale, celui-ci venait de lui intimer de garder ce rôle. De ne pas partir, achevant ainsi un désir plus primaire mais pas moins pure qui faisait aujourd'hui de lui un enfant aussi terrifié que comblé, et elle, une Générale devenue en un bref instant une mère.

Une amante, puis une mère. Quelle drôle d'impression s'installait finalement dans ses pensées. Et pour cette scène qu'elle avait jugé plus tordu, la jeune femme avait fait une promesse interne de ne plus reprendre ni même lire en surface un cœur sans y chercher une source. Une erreur de débutant, comme une Lyumnade qui ne savait pas utilisé les illusions.

Maladroite. Oui, certainement.

Et lorsque tout se termine, les yeux rouges du Cardinal lui rappelaient qu'elle s'y était mal prise. Complètement. Littéralement. Mais le Vandale était parvenu à prendre une certaine distance à cet égard. Une distance qui avait bien vite fait tomber cet écran qu'Ariane s'était apprêtée à dresser entre lui et elle. Elle n'avait pas besoin de faire ce genre de spectacle, si c'était pour faire de lui un homme intimidé. Un homme qui s'excusait pour ce qu'il n'avait pas commis. Idiot...

Les yeux de la brune avaient pris un voile un peu plus assombri, par un écran de culpabilité seulement propre à elle-même.

"Je ne le pensais pas ainsi."

Zvezdan aurait riposté qu'Ariane ne se serait pas sentie une once de culpabilité. Mais le Vandale n'avait rien dit, passait au-dessus de ce jeu dangereux et peut-être bien maladroit qu'elle avait mené. Le jeu des apparences...Le ton désolé était petit, mais pas véritablement inexistant. Bel et bien présent, la brune releva un regard dans le sien, laissant transparaître une fine compassion.

"...ne le voulais pas..."

Non. Pas après cette soirée, en tout cas. Mais alors, pourquoi s'excusait-il? Il n'avait pas prononcer ces trois mots, de son point de vue. Parce qu'il aurait pu mal réagir, mais la colère n'avait nullement pris le pas sur le Vandale, qui avait pris ce sanglot sur lui-même. Ses propres peurs n'étaient que visions en cet instant, mais c'était déjà-là une épreuve qu'Ariane avait deviné suffisamment redoutable auprès de certaines personnes. Son attention était tournée sur le fait que leurs deux mains s'étaient liés, pour aussitôt rejoindre la sortie, comme l'on se mettrait en garde pour faire face au futur.

Mais l'esprit d'Ariane luttait encore un peu. Elle aurait voulu demander de rester encore un peu, se perdre dans ce pseudo bonheur. Les choses étaient compliquées, suffisamment pour simplement contempler d'une façon perplexe l'endroit où ils avaient passé la nuit ensemble.

Et les mots lui étaient revenus.

"Tu as peut-être besoin d'aide pour la démonter? Après tout, c'était mon devoir, le plus chiant, non?"

Un moyen comme un autre pour lui donner encore un peu de temps. Et à peine s'était-elle portée volontaire que le jeune homme n'avait pas eu son mot à dire; elle défaisait la toile, les petits piliers en bois qui donnait la forme de leur demeure. L'action rallongeait la perspective d'un retour en un endroit qu'elle avait certes rêvé, mais qui exigerait d'elle un temps d'adaptation. Revenir n'était jamais simple. Découvrir simplement l'était bien plus, et les mois à venir sauraient en attester. Pour l'heure en revanche, seules les paroles de son amant avait une emprise bien particulière sur ce cœur qui battait, influencé par quelques émotions contradictoires. La Générale n'oubliait pas son erreur.

"Tu n'as pas envie de me lâcher...Malgré tout ça?"

Malgré ces peurs que je peux te révéler? La compétence aurait pu être maigre et aléatoire, mais elle avait fait ses preuves aujourd'hui. Une preuve qu'elle n'aurait pas voulu avouer tout de suite. Protéger cet Océan délaissé depuis maintenant cinq ans était une chose, s'éloigner d'un fragment chéri de son vécu en était désormais une autre.

"Tu es fou, mais j'aime ce trait de caractère."


Sa main avait bien du mal à se détacher de la sienne. Et pourtant, la Générale l'avait fait, décollant sa paume, puis le début de ses doits, puis leur extrémité. Le tout, doucement. Prête à repasser dans le village pour récupérer le cheval qu'elle avait laissé, aux abords de la ville. Ou au mieux, en voler un.

Au choix.

Cavaler sur un étalon noir. Avec une certaine évidence, elle doutait encore être la meilleure cavalière qui soit au monde. Mais peu importait, elle avait appris après tout, avec le Cardinal Vandale. Un peu. C'était une trop grande prétention de considérer qu'un savoir se transmettait en une journée.

"Je n'y manquerai pas, oui. Je n'aurai pas la prétention de faire la sourde oreille, pas maintenant. Que tu sois sur la Terre ou dans la Mer, cela n'a que peu d'importance. Je ne doute pas que nous aurons des contretemps, mais je n'y manquerai pas, de t'envoyer un messager au sang froid. Ce sera déjà bien difficile de t'oublier, ne serait-ce qu'à chaque fois que je croiserai un étalon, ou que je danserai avec ou sans quelqu'un. L'un, me fera peut-être penser à tes yeux, l'autre, aux gestes précis que tu as effectué tout en face de moi."

Un échange et un lien crée aussi finement ne saurait être mis de côté, à trôner parmi les anciens trophées des grands événements quotidiens, éphémères, et qui ne retiendraient aucunement ces désirs ressentis quelques heures plus tôt. Et c'était injuste. Injuste qu'elle ait à ce moment-ci, autant de difficulté à se détacher de sa présence, de ne plus l'écouter, de ne pas savoir lui dire un simple désolé s'il ressentirait la même chose. Adieux difficiles.

Qui n'en étaient pourtant pas.

Compte sur moi et ma parole, pour une fois, mon Cardinal. Je ne te laisserai pas tomber de sitôt.


Alors, ce fut comme une promesse, oui, celle qu'il avait formulé quelques minutes plus tôt. Le revoir était une opportunité alléchante, et pas seulement pour elle finalement. Surtout pour lui. Parce qu'Ariane savait déjà que tourner une page sans un "au revoir" plus propre était subtilement défendu et cruel. Aussi, elle lui avait souhaité en ces maigres mots, une plus grande espérance.


"Ne t'approche pas trop des grands dangers, d'ici mon retour. Les réveils sont nombreux, ils représentent bien plus que les ombres d'un Soleil trop grand qui plane et à toujours plané près de la Mer, là où les barques et les voiliers accostent à terre ferme. Et les complots aussi, sont bien incertains. Mais tu sauras t'y faire, hm? Promis?"


A qui parlait-elle...Ce n'était pas lui le Tribut qui avait passé ses journées à réfléchir sur sa condition de prisonnier. Ce n'était pas lui qui avait le chic de se présenter là où il n'aurait jamais dû être, ou au contraire, à s'échapper en un temps qui avait paru propice. Pour cela, la protectrice du Pilier des oppositions lui faisait pleinement confiance. Souriante, Ariane avait eu bien du mal à se séparer du visage de son amant, tentant de mémoriser chacun des petits détails de la Guerre qui faisait du Vandale, Zvezdan. Mais le temps pressait, le Soleil regagnait une hauteur impérieuse qui sommait tout bas son message cinglant:

"Il est temps."


Et alors l'atlante aux cheveux d'ébène s'était éloignée, reprenant à cet instant un instinct tout aussi professionnel qu'un peu plus indomptable et imprévisible des Lyumnades. Les défauts existaient, mais les feinter était une obligation, et le détachement, difficilement respectable mais interdit.

Difficilement respectable, mais interdit...

Oh, elle apprendrait de nouveau à avoir une mesure entre ce qui était permis, avisé, ou défendu. Et alors qu'elle était partie pour regagner Atlantis, il lui semblait pourtant toujours sentir le Berzerker à ses côtés une fois le Cheval dérobé et le retour, d'ores et déjà annoncé.


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