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 Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]

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Message Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Sam 3 Oct - 16:02
Nous venions tout juste de rentrer de la bataille contre les Vandales. J'avais assisté à des scènes surréalistes dans les rues de Rome, des crimes ignobles perpétrés par les Vandales bien aidés des Berserkers d'Ares. Ajax... rien que de repenser à ce guerrier qui avait précipité la chute de mon maître me donnait la nausée. J'aurai aimé qu'il survive rien qu'une poignée secondes, juste le temps pour moi de lui tordre son foutu petit cou de Berserers. Je serrai le poing jusqu'au sang. Plusieurs sentiments se bousculaient dans ma tête, de la haine, de la tristesse et de la colère, un coktail détonnant ! Je me remémorai dans cesse la fin de mon maître, l'obtention de son armure, ainsi que le spectacle désolant où les corps étaient entassés dans un coin et qu'il fallait tous les mettre dans une fosse commune afin d'éviter la propagation des maladies.

*******

Fixant la fosse commune dans laquelle je venais juste de jetter plusieurs corps, je ne pouvais m'empecher de soupirer. Les anciens disaient qu'une guerre pouvait changer un homme et à la vue de ce spectacle je ne pouvais les contredires. J'avais assisté à une véritable hécatombe tant d'un coté que de l'autre. Je m'éttirai, la bataille avait été rude et j'étais courbaturé sur l'ensemble de mon corps. Je réajustai le linge que je portai sur le visage pour me protéger d'éventuelles maladies, bien que mon cosmos avait érigé une barrière naturelle me protégeant depuis ma plus tendre enfance, un peu de prévention ne me ferait pas de mal.

Marchant quelques dizaines de mètres dans les rues de Rome, j'assistais à un vrai spectable de désolation, les corps s'entassaient dans les rues, le sol de la plupart des rues étaient encore rougeoyant du sang des victimes, des fleches plantés ici et là, sans parler de glaives et de bouclier qui avaient été séparés de leurs propriétaires prématuremment. Je ramassai un nouveau corps (un simple habitant cette fois) et le portai jusqu'à la fosse commune.

*******

Une voix me ramena à la réalité, une voix claire, douce, féminine mais avec une intonation plutôt froide. Je portai la pandora box de mon ... non MA pandora box renfermant l'armure d'or du Sagittaire lorsque je me retournai.
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Sam 3 Oct - 22:56
Le Sanctuaire était en deuil en ce jour de retour de guerre, les pertes avaient été vriament très nombreuses dans notre camp, notamment celle d'un chevalier d'Or, Lucius du Sagittaire. J'en avais entendu du bien, un homme bon ayant recueilli un petit garçon il y a une dizaine d'années, il l'avait formé afin que celui-ci puisse le succéder un jour, et ce jour était arrivé. Lucius avaient péri durant cet affrontement contre les Vandales, l'armure d'or du Sagittaire ayant choisi son apprenti Seneca qui n'étais alors âgé que de seulement quinze ans, mon âge ... Il était déjà Gold Saint alors que de mon côté, je n'étais pas encore digne de porter cette armure d'or du Verseau que je convoitais depuis maintenant cinq ans. Enfin, chaque chose en son temps.

En attendant, malgré mon coeur de glace et ma réputation d'être une jeune fille froide, dénuée de sentiment, j'étais attristée par cette perte, un grand chevalier s'était éteint en combattant avec dévotion pour notre Déesse et le Sanctuaire tout entier. Un homme si bon ne méritait pas de mourir, mais il en était ainsi. Je pensais à ce jeune homme, Seneca, qui avait gagné une armure d'or mais qui avait perdu son maître qui était apparemment comme un père pour lui. Je ne lui avais jamais parlé, mais l'avais déjà croisé au Sanctuaire. Je n'étais pas du genre à causer et ne lui avais donc jamais adressé la parole par moi-même, pourtant ce jour, je le fis, dans un élan de compassion pour lui. J'avais en quelque sorte perdu mon père moi aussi, mais pas du tout de la même façon, mais il était mort pour moi... Je m'étais donc approchée de lui tandis qu'il marchait, le regard dans le vide. J'essaiyai de prendre un ton doux, moins froid qu'à mon habitude :

« Bonjour, tu es Seneca c’est ça ? Je m’appelle Eiko, je suis apprentie au Sanctuaire, et je tenais à te présenter mes condoléances pour ton maître. »

*******************

L'aube était à peine levée que je sautai déjà du lit afin de rejoindre l'arène, vêtue d'une tenue de combat beige, mon masque sur le visage ... Cet affreux masque que je ne supportais point, mais si je voulais devenir un jour Gold Saint, il fallait que je respecte les règles, bien qu'elles soient stupides et misogynes. J'espérais que la place des femmes au sein de la chevalerie allait s'améliorer avec le temps, mais je n'en étais pas certaine. En tout cas, je m'étais promise que même si un homme venait à faire tomber mon masque, je ne tomberai pas amoureuse de lui et je n'essairai pas non plus de le tuer. Cette loi complètement idiote qui nous forçait à garder notre visage secret, je ne la respecterai pas. Je porterai mon masque certes, mais je n'en ferais rien de plus. Après tout, que l'on voit un masque ou mon visage froid, qu'est ce que cela changeait ?

Je me plaçais donc au milieu de l'arène, me positionnant en d'ailleurs avant de commencer une séance de méditation. Je fermais les yeux et commençai à communier avec la nature, ne ressentant plus que le vent qui m'en soufflait doucement dans mes cheveux blonds remontés en queue de cheval. Je ressentis un cosmos qui me perturba dans ma transe. Je gardai les yeux fermés, laissant mon aura glacée m'entourer. Je reconnus cette énergie comme étant celle de Seneca du Sagittaire, je ne l'avais pas revu depuis la dernière fois où je lui avais présenté mes condoléances. Je repris ma transe , me concentrant au maximum. Le jeune homme devait certainement avoir besoin de se défouler de son côté, qu'il le fasse, cela ne me dérangeait pas de partager mon espace.

Toutefois, je ressentis sa présence très proche de moi, ce qui me forçai à ouvrir les yeux, tournant mon regard vers lui, qu'il ne voyait bien sûr pas sous mon masque impassible.
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Dim 4 Oct - 0:39
« Eiko c’est ça ? »

Cela faisait plusieurs jours que je cherchai à la retrouver. Cette jeune fille qui était aspirant chevalier et qui avait fait preuve de compassion à mon égard lors de mon retour de Rome. J'avais perdu mon maître lors de cette rude bataille et je n'avais pas été des plus aimables, je devais bien l'avouer. La température ambiante était bien basse, même si elle n'était pas encore le chevalier du Verseau, les rumeurs disaient qu'elle s'entrainait d'arrache pied pour l'obtenir et le froid qu'elle pouvait dégager en était une belle preuve. Elle venait juste de se retourner que j'enchainai :

« Je cherchais à te revoir depuis la dernière fois que l’on s’est vu. Je voulais te remercier pour la dernière fois, et m’excuser de ne pas avoir été très bavard. J’avais l’esprit ailleurs. »

Je ne portais pas mon armure aujourd'hui mais étais simplement vetu d'une toge à peu à la manière des sénateurs romains. J'avais laissé l'armure reposant dans sa pandora bien au chaud dans la maison du Sagittaire. Elle ne me répondit toujours pas, peut-être qu'elle ne se souvenait plus de moi, si c'était le cas j'allais avoir l'air idiot et pas qu'un peu. Déjà que j'avais du mal à assumer mon nouveau statut de chevalier d'or à tout juste 15 ans, alors si on apprenait au Sanctuaire que le nouveau chevalier du Sagittaire venait de se prendre un vent magistral par un aspirant et une femme en plus.

La tension devenait palpable, peut-être qu'elle était morte debout sans broncher ? En l'état actuel des choses ce serait bénéfique pour moi. Je gagnerai aussi en réputation et j'inspirerai la crainte, je voyais déjà le tableau : "Le regard de tueur du Sagitaire". Je souriai betement à cette idée, attendant toujours une réaction de la poupée de glace.
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Dim 4 Oct - 14:49
A mon grand étonnement, il se souvenait de mon nom, personne ne prenait la peine de s'en souvenir, ne voulant pas approcher un coeur de glace. Je diminuai mon cosmos, tout en me relevant, ce qui provoqua une augmentation considérable de la température au tour de moi. J’acquiesçais sans dire un mot. Ce n’était pas très poli, mais ma froideur avait repris le dessus. Il m'avoua qu'il me cherchait depuis la dernière fois que l'on s'était vu, s'excusant de son comportement que je comprenais tout à fait. Il était normal qu'il réagisse ainsi après être rentré du bataille qui lui avait fait perdre son maitre. Je restai là de longues minutes, ne sachant pas quoi lui répondre dans l'immédiat.

« Je t’ai simplement fait part de ma compassion, rien de plus. »

Oui je sais, pas très sympathique comme réponse. J’avais toujours le même ton froid avec les gens, répondant par des phrases simples et directes, sans frioriture. Je me sentis quelque peu coupable pour le coup et décidai de lui expliquer mon comportement.

« Désolée … Je ne parle pas à beaucoup de monde, je préfère m’entrainer dans mon coin. J’ai juste senti la dernière fois que tu avais besoin qu’on te dise ce genre de choses et, pour être franche, j’avoue que comme tout le monde, j’ai été intriguée par le fait que tu ais obtenu ton armure si jeune. Enfin, je pense que tu aurais préféré que ça n’arrive pas … »

Vraiment très douée pour le social … Je l'observais un peu, il ne portait pas son armure, une simple toge. Je décidai de prendre la parole de nouveau.

"Qu'est ce que ça fait d'être le plus jeune chevalier d'Or du Sanctuaire ?"

Oui, question bête, mais je n'avais rien de mieux à proposer ... Le papotage était loin d'être mon activité favorite, la mienne étant plutôt de rester seule dans mon coin à m'entrainer. Je n'avais aucun ami, aucune connaissance de mon âge, je passais ma vie toute seule à ruminer mes rancœurs. Mais après tout, c'était moi qui l'avait abordé, par curiosité, mais c'était moi quand même. Il fallait que j'assume ce fait.

"Sinon, comment te sens-tu ?"

Deuxième question bête, il venait de perdre son maitre et je lui demandai comment il se sentait ... J'étais vraiment irrécupérable dans mon genre, et il était vraiment préférable que je ne parle pas comme d'habitude...
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Lun 5 Oct - 11:27
Pour être froide, elle était froide, après de longues secondes où je croyai l'avoir perdu, elle s'était enfin décidée à me parler et tout ça pour dire : "Je t'ai fait part de ma compassion rien de plus...." Bon Ok j'ai envie de dire. Je fais quoi je passe mon chemin, je la remercie encore une fois pour sa "compassion" ? Bref J'étais dans l'impasse la plus totale. C'est alors que coup de tonnerre, elle s'excusa de sa réponse me disant qu'elle ne parle pas à beaucoup de monde et qu'elle préfère s'entrainer. Pour moi c'était tout à son honneur de voulour s'entrainer le plus régulièrement possible mais s'offrir un peu de temps libre de temps en temps était aussi une bonne chose. Et voilà elle avait abordé le sujet le plus tabou pour moi, mon âge et mon nouveau rang. La jeune Eiko enchaina directement avec une question beaucoup plus directe me demandant mon ressentit sur mes nouvelles fonctions. Elle avait peut-être un coeur de glace à première vue mais le tact n'était pas son point fort non plus.

Je me passais une main dans les cheveux l'air gené, je ne savais pas du tout quoi lui répondre, tout cela est si nouveau pour moi, quant à savoir si je suis le plus jeune, je ne savais pas du tout si c'était le cas. Je lui souriai malgré tout et tachai de lui répondre de la manière la plus honnete possible.

"Pour être sincère, je n'ai pas vraiment eu le temps de m'en inquiéter. Entre le retour de la bataille, mon intronisation et mon serment au Grand Pope, l'intendance de la maison du Sagittaire j'ai eu fort à faire et malheureusement je n'ai pas eu le temps de pleinement savourer ma nouvelle fonction, et sans parler de mon maître..."


Je stoppai là, la gorge serrée. Il valait mieux que j'arrete d'en parler, si l'on savait que le nouveau chevalier du Sagittaire ce laissait submerger par ses émotions et en plus qu'il n'avait que 15 ans, j'étais foutu. Eiko me demanda ensuite comment je me sentais, ba comment dire joker ? Je lui répondis le plus simplement possible :

"Ca va, un peu dur pour être honnete, moi qui pensais qu'être chevalier ne se résumait qu'à porter son armure et aller se battre, ba j'étais très loin du compte."

On devait quand même patrouiller, montrer l'exemple même si certains s'en moquent royalement, gérer l'intendance de nos demeures, si j'avais su qu'il y avait autant de parchemin à remplir juste pour la gestion d'une maison, il ne fallait pas demander pour douze. Une question me trottait dans la tête depuis un petit moment déjà et je me décidai à la poser à ma jeune interlocutrice.

"Et toi tu n'as pas de maître attitré ?"

J'avais mis les pieds dans le plat si je puis dire, j'attendais patiemment sa réponse.
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Lun 5 Oct - 13:36
Je restais debout devant lui, attendant qu'il réponde à mes questions, le visage impassible derrière mon masque. Il semblait mal à l'aise, je le remarquai lorsqu'il passa sa main dans ses cheveux. Tout le monde était mal à l'aise avec moi ... Il ne semblait pas différent des autres, sans doute était-il entrain de chercher un prétexte pour m'esquiver, regrettant de m'avoir retrouvée. J'avais l'habitude... Les relations humaines, ce n'était pas mon truc, enfin elles ne l'étaient plus pour être exacte. Je fus étonnée de voir se dessiner un sourire sur son visage, les gens ne prenaient pas la peine de me sourire d'habitude. Serait-il différent des autres finalement ?

Il me répondit avec sincérité selon ses termes, j'avais un léger pincement au coeur pour ce jeune homme qui se retrouvait chevalier d'Or malgré son jeune suite à la perte de son maître. D'après les rumeurs, il était là pour les derniers instants de celui-ci. L'épreuve avait dû être difficile pour lui. Il ne s'imaginait pas toutes les responsabilités qu'un Gold Saint pouvait avoir, surtout en étant Gold Saint du Sagittaire, celui qui était amené à guider les autres. Je n'avais toujours pas bougé, immobile telle une statue de glace. Je ne savais pas comment me comporter avec lui. Ce fut à lui de me poser une question, elle était logique, je ne pouvais pas lui en vouloir.

"Non, je n'ai pas de maitre. Je préfère m'entrainer seule, je ne veux être redevable à personne. Je tracerai mon chemin vers l'armure d'Or du Verseau seule. On n'est jamais mieux servi que par soi-même."

Je reprenais ma position de méditation avant d'ajouter quelque chose. Une chose qui allait dévoiler un peu le pourquoi de mon tempérament. A voir s'il allait comprendre maintenant.

"A quoi bon se lier à quelqu'un si c'est pour être trahie ensuite ou perdre ce quelqu'un trop rapidement ? Avoir un maitre voudrait dire être bridée jusqu'à ce que celui-ci meurt pour ensuite prendre le relais. Je ne veux pas en arriver à espérer la mort de quelqu'un pour atteindre mon but ultime de devenir chevalier d'Or. Attention, ce point de vue ne regarde que moi, je ne dis pas que de ton côté, tu as espéré la mort de ton Maître pour prendre sa place. Je sais parfaitement que c'est faux. Mais moi ... Je suis ainsi. Je ne fais confiance à personne et je pense que les émotions ne sont que faiblesses. J'ai accordé ma confiance à deux personnes dans ma vie, et celles-ci m'ont abandonnée et trahie. Maintenant, durant toute ma vie, je resterai un coeur de glace et servirai la Déesse Athéna, afin de protéger toutes ces personnes qui ne voudraient m'approcher pour rien au monde."

J'augmentai doucement mon cosmos. Maintenant c'était à lui de voir s'il restait ou s'il partait. Je lui avais exposé ce que j'étais, il allait certainement faire comme les autres, se dire que j'étais complètement folle et que je ne valais pas la peine que l'on use sa salive... Comme d'habitude ...
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Lun 5 Oct - 14:23
Ainsi donc cette jeune femme était plutôt de nature solitaire, ça même aveugle je l'aurais deviné sans aucun problème. J'appris aussi qu'elle n'avait pas de maître, quel gachis ! Selon moi une relation maître/élève était quelque chose de très beau, bien que j'avais pleinement conscience que ma relation avec mon défunt maître était plus une relation d'un père avec son enfant que d'un maître avec son disciple. Voilà ma première mission en tant que Sagittaire, je ne vais pas la laisser seule quitte à jouer au boulet qui la suit partout. Je me mis en face d'elle, prenant exactement la même position et lui souris.

"Tu sais une relation maître/élève peut avoir du bon. Personnellement, je ne vois pas en cette expérience m'oblige à être redevable envers mon maître. C'est lui qui a décidé de me recueillir et non moi qui ai décidé de m'incruster. Je sais très bien que mon cas n'est pas une généralité, j'en ai bien conscience c'est un fait mais tu aurais du tenter l'expérience."


Eiko se livra ensuite à un monologue digne des plus grandes représentation théatrale m'expliquant qu'elle ne voulait pas de maitre et attendre que celui-ci disparaisse pour prendre sa place. Ses paroles me firent un pincement au coeur, dire que je plaisantais souvent sur ce sujet avec Lucius et que finalement je n'aurai jamais dû... Elle m'expliqua ensuite qu'elle avait fait confiance, à tort, à deux personnes dans sa vie et qu'elles l'avaient trahi d'où cette attitude sans doute. Et bien pour une première mission, je m'attaque à gros morceau finalement.

"Soit soit tu préfères rester seule et ne pas te lier, ça je l'ai bien compris mais tu ne penses que tu risques de passer à coté de quelque chose de grand en agissant ainsi ? Tu sais, prenons l'exemple de l'ordre de la chevalerie ici au Sanctuaire, donc bien sûr nous nous battons pour Athéna, le Grand Pope, le peuple et tout le blabla mais nous nous battons aussi en partie pour nous, pour nos frères d'armes et c'est à mon sens ça qui est beau, cela nous permet de développer des liens fraternels autres que ceux des liens du sang, c'est une belle aventure qui mérite d'être vécu !"

J'augmentai ma cosmo-énergie exactement à la même intensité que celle de l'aspirant chevalier afin de lui montrer que je ne me montrai aucunement supérieur à elle et que j'étais là avant tout pour simplement discuter avec elle.
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Lun 5 Oct - 15:41
Le chevalier d'or du Sagittaire s'avança vers moi et se mit en tailleur en face de moi. Il ne s'était donc pas enfuit en courant suite à mes paroles ? Bon après, je m'attendais à quoi, il était Gold Saint, ce n'était pas non plus n'importe qui. Je ne pus m'empêcher de réprimer un petit sourire sous mon masque en voyant le sien. Ce jeune homme avait quelque chose de spécial et sa compagnie ne me déplaisait pas. Etait-ce parce qu'il avait mon âge et qu'il était "orphelin" comme je me considérai ? Il me répondit tout en faisant de certaines éloges sur la relation entre un maitre et son disciple. Il n'avait pas tords dans le fond, mais ma solitude allait tellement bien avec mon cosmos de glace. Lors de mon monologue qui suivit, je vis un petit éclair de tristesse passer dans ses yeux, j'avais dû réveiller une douleur en lui sans le vouloir. Il faut dire que le tact et moi, ça faisait deux. J'écoutai attentivement ce qu'il avait à me répondre à cela. Il semblait vouloir me donner une nouvelle vision des choses, me convaincre que je passais peut être à côté de quelque chose. Il augmenta son cosmos, s'arrêtant à une intensité égale à la mienne. Je compris ce geste comme un "je ne vais pas te lâcher".

"Tu sais que tu es la première personne à persévérer après m'avoir entendu parler ? Pourquoi ? Tu perds ton temps, je suis une cause perdue."


Pourtant, je ne croyais pas moi-même à mes propres paroles, les siennes ayant eu pour conséquences de me faire douter de mon jugement. Serai-je capable de créer un lien avec mes frères d'arme malgré mon tempérament ? Je ne voulais pas être trahie de nouveau. Mais ce garçon avait vécu bien des épreuves, je pouvais essayer de lui donner une chance, sans pour autant m'attacher à lui.

"Depuis combien de temps t'entraines-tu pour avoir développé un cosmos aussi puissant à ton âge ? Le mien reste moindre par rapport au tien..."

A ces mots, j'augmentais mon cosmos autant que je le pouvais pour lui montrer ce qu'il en était.. Je me demandais s'il était prêt à me donner quelques conseils. Je ne lui demandais pas non plus de jouer un rôle de maitre, je ne voulais pas "m'incruster" comme il l'avait dit. Je continuai, pour la première fois depuis mon arrivée au Sanctuaire, j'avais envie de parler avec quelqu'un.

"Je viens m'entrainer ici tous les matins à l'aube. D'abord, je médite et ensuite je m'entraine sur ces mannequins. J'essaye de développer au mieux mes attaques de glace. Si tu es d'accord, on peut s'entrainer ensemble ? Même si tu ne trouveras peut être pas ton compte avec moi, je suis beaucoup moins puissante que toi comme tu peux le constater..."


Je désignais du doigt les mannequins que je prenais avec moi chaque jour.
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Lun 5 Oct - 16:12
Persévérer, persévérer, je m'étais juste assis en face d'elle après tout rien de bien exceptionnel mais à l'entendre ça ne devait pas lui arriver souvent. J'haussai un sourcil pour exprimer mon étonnement quant à ses propos. Pourtant mis à part la température ambiante, rien ne m'avait choqué plus que ça chez elle. Peut-être que les autres aspirants du Sanctuaire étaient tous des gens frileux allez savoir !

"Je ne comprends pas, mis à part le froid de canard que tu dégages tu me sembles des plus normales."

Eiko me demanda pour la suite comment j'avais fait pour développer une telle cosmo-énergie malgré mon jeune âge. Je pris quelques minutes pour réfléchir. Je devais trouver une réponse en adéquation avec moi même, je ne voulais pas paraitre imbu de ma personne.

"On va dire que c'est un talent que j'ai toujours eu. Il y a des gens qui naissent avec un don inné et d'autre qui s'entrainent pour l'acquérir.... euh ne crois surtout pas que je me vante en disant ça, ce n'est pas du tout mon intention, je dis juste les faits. "

La jeune femme augmenta sa cosmo-énergie encore un peu plus, je fis donc de même. Elle avait déjà une très bonne intensité et je pensai même qu'elle était déjà d'un niveau supérieur au chevalier d'argent. Elle n'était plus très loin de son but c'était bien. Elle me dit ensuite qu'elle venait ici tous les matins pour s'entrainer. Une question me taraudait l'esprit :

"Si tu n'aimes pas la compagnie des autres, pourquoi d'entrainer ici même ? J'avoue ne pas trop comprendre."

Elle me proposa ensuite que l'on s'entraine ensemble, pourquoi pas ? Après tout, toute exépérience est bonne à prendre. Mais pas n'importe où, je ne pouvais pas prendre le risque de dévoiler mes techniques à n'importe qui.

"Oui pas de problème, je veux bien m'entrainer avec toi. Par contre, si tu es d'accord, je préferai que cela se passe dans ma maison, celle du Sagittaire. Il y a trop de gardes ou d'aspirants ici, je n'ai rien contre eux mais les techniques des chevaliers d'or ne sont pas les plus connues et elles doivent rester secrète ne serait-ce que pour surprendre l'ennemi. Il peut y avoir des espions partout surtout que maintenant nous dominons les autres camps."

Je regardai les mannequins qu'elle me désignait du doigt, ils étaient vieux et tout usés, pas vraiment du matériel de pointe en somme.

"Pourquoi te sers-tu de ces vieux mannequins alors qu'au vu de ton cosmos tu peux les créer assez facilement ? Cela te permettrait de mieux controler ton cosmos en intensité, t'aider à fabriquer des formes aussi, cela peut-être utile en plein combat."
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Lun 5 Oct - 16:55
Apparemment, il ne comprenait pas pourquoi les gens m'évitaient. Je décidai donc de lui expliquer. Normal n'est pas un mot qui me qualifierait.

"Ce n'est pas mon cosmos de glace qu'ils fuient, mais moi ... Je suppose qu'ils n'apprécient pas mon ton froid, mes paroles plutôt directes et ma compagnie n'est pas des plus agréables... De plus, j'ai la réputation d'être une solitaire donc ils me laissent dans mon coin et je ne cherche pas non plus à aller vers eux."

Je lui demandai ensuite depuis combien de temps il s'entrainait. Il était très jeune pour revêtir une armure d'or, mais si celle-ci l'avait choisi, c'était parce qu'il en était digne et que son cosmos était assez puissant. Si je comprenais bien, c'était un don qu'il avait depuis la naissance. Il était vrai que de mon côté, je n'ai été éveillée qu'à l'âge de dix ans et je m'étais plutôt pas mal améliorée depuis ces cinq dernières années, surtout en m'entrainant seule. La question suivante me fit sourire, il avait le don aussi de poser les bonnes questions et de taper dans le mille.

"Effectivement je n'aime pas la compagnie des autres, mais pour être honnête, venir ici me permet de voir un peu ce que font les autres aspirants, parfois je peux même regarder leurs entrainements avec leurs maîtres, j'essaie donc d'observer pour pouvoir m'entrainer au mieux puisque je suis seule de mon côté. Je me suis débrouillée toute seule depuis l'éveil de mon cosmos et ce n'est pas évident de comprendre une chose aussi complexe pour une enfant."

Je lui proposai donc ensuite de s'entrainer ensemble. J'allais essayé d'appliquer ses conseils de relation fraternelle avec mes frères d'arme et il serait en quelque sorte mon "cobaye" puisqu'il était le seul à daigner m'adresser la parole. Il accepta ma requête, expliquant qu'il préférait que ces entrainements aient lieu dans son temple, pour éviter de dévoiler ses techniques à n'importe qui. Il me demanda ensuite pourquoi je m'entrainais sur ces vieux mannequins alors que je peux en fabriquer avec mes pouvoirs de glace. Je décidai de lui répondre dans l'ordre.

"Je ne vois pas d'inconvénient à m'entrainer dans ton temple."


Je levai un bras pour faire apparaître un bloc de glace mesurant après peu près la même taille que moi. Je souriais -et oui encore- derrière mon masque en lui répliquant sur un ton amusé, sans aucune froideur :

"Qui te dis que je ne le fais pas déjà ? Je ne vais pas déjà te dévoiler toutes mes techniques Chevalier ! Mais si tu es d'accord, je ne serai pas contre quelques conseils venant de toi en sachant que le cosmos est un talent inné chez toi."

Il ne pouvait pas voir ma mine amusé, mais mon ton le faisait ressentir. Il avait réussi à gratter un peu la glace alors que je n'étais même pas certaine que c'était dans ses intentions.
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Mer 7 Oct - 21:08
Eiko m'expliqua ensuite les raisons de sa solitude, et plus particulièrement pourquoi les gens la laissaient seule. Une compagnie désagréable selon ses dires alors qu'elle ne me dérangeait pas, un ton froid, paroles directes... en réfléchissant je veux bien concevoir que cela peut gêner quelques personnes mais au point d'en arriver à l'exclusion la plus totale, ça me paraissait extreme quand même. Je suis prêt à parier ma toge que sa réputation de solitaire c'est elle même qui se l'est forgée et non les rumeurs ! Ramassant un petit caillou, je jouai machinalement avec sans vraiment m'en rendre compte tout en écoutant la jeune femme. L'aspirant derrière son masque semblait très intelligente, même si elle était de nature individualiste, elle venait finalement s'entrainer devant tous juste pour observer et jauger la concurrence. Quelqu'un de calme et posée, intelligente et postulante pour une armure de surplus, tous les ingrédients étaient réunis pour m'en faire une amie.

La prétendante à l'armure d'or du Verseau accepta volontiers de s'entrainer en ma compagnie dans le temple du Sagittaire. Une bonne chose, je serai plus à l'aise par contre j'avais interêt à remettre de l'ordre dans mon temple. Avant de partir pour Rome, Lucius avait congédié tous les serviteurs de la 9ème maison dans l'hypothèse où nous ne rentrions pas vivants et quelques semaines plus tard je me retrouvais seul, sans serviteur pour le moment avec les affaires du défunt chevalier d'or à trier, des écrits à lire enfin bref beaucoup de paperasserie à traiter. Eiko leva ensuite sa main et fit apparaitre un mannequin de glace identique à ceux en bois qu'elle m'avait montrés un peu plus tôt. En plus de toutes les qualités que je venais de lui trouver, je pourrais ajouter qu'elle a de la répartie la jeune demoiselle et maintenant elle ose me charrier, elle n'a pas froid aux yeux !

Je lui souris et dis :

"Tu m'a eu Eiko, ce serait te mentir que de te dire que tes techniques de glace ne m'interressent pas. J'ai toujours trouvé fascinant le fait de pouvoir créer des formes à partir de rien, de transformer l'eau en glace et inversement. C'est une forme d'art pour moi, ta technique... je suis certain qu'il ne tient qu'à toi de te servir de cet art pour impressionner le Pope et avoir une chance de gagner l'armure d'or."

Fixant la jeune femme, je pris sa main droite dans la mienne. Sa main était froide, très froide même. Je déposai dans le creux de sa paume le caillou et refermai sa main. Je ne savais pas dire pourquoi mais je me sentais à l'aise aux cotés de la jeune femme. Intrigué par son pouvoir de glace, un sourire gêné sur mon facies, je lui demandai :

"Tu peux geler ce caillou à l'extrême sans le détruire ? Je peux laisser mes mains sur les tiennes ? J'ai envie de ressentir ton cosmos, cela va m'aider à comprendre et à progresser."

Cela lui permettrait aussi, je l'espère, de comprendre pourquoi il était important de s'entrainer à plusieurs, partager nos expériences, apprendre l'un à l'autre, pour moi c'était beaucoup plus efficace que d'espionner le voisin même si c'était monnaie courante par les temps qui courent. Je remis mes mains sur et en dessous de celles d'Eiko attendant son bon vouloir afin d'en apprendre plus sur ses méthodes. Depuis tout petit, j'avais toujours eu soif d'apprendre et j'espérais bien cette fois encore en apprendre plus.


Dernière édition par Seneca le Jeu 8 Oct - 10:47, édité 1 fois
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Jeu 8 Oct - 0:33
Seneca me proposait donc que nous nous entrainions dans son temple pour plus de discrétion. Tandis que je créais un mannequin de glace avec facilité, je lançai une petite taquinerie à Seneca, ce qui était vraiment exceptionnel venant de moi, ce qui le fit sourire. Je répondis à son sourire derrière mon masque, étant l'ombre d'un instant, une jeune fille de mon âge des plus normales. Il admit lui-même que mes techniques l'intéressaient, et je devais admettre qu'il en était de même pour moi concernant les siennes. Il trouvait apparemment mon pouvoir fascinant. Il était vrai que créer de la matière à partir de rien était un pouvoir intéressant et pratique en soit. Par exemple, pour s'entrainer, on pouvait rapidement créer un support pour se défouler quand on en n'avait pas sous la main.

"Oui, je dois avouer que moi-même, j'ai toujours été fasciné par mon pouvoir, même si au départ, je ne voulais pas m'en servir. Lorsque je me suis éveillée au cosmos, il était hors de question pour moi de me battre, j'étais beaucoup trop douce, incapable de combattre ou d'ôter la vie. A mon sens, ce n'était pas une vie pour moi. Mais lorsque je me suis retrouvée seule ici, je me suis faite une raison et j'ai commencé à m'entrainer pour voir mes capacités. J'ai vite pris goût au combat. Je ne dis pas qu'ôter une vie sera facile pour moi, mais je le ferai si nécessaire. C'est mon devoir."

Je levai les yeux vers Seneca qui me fixait de ses yeux tout aussi verts que les miens, ils étaient fascinants. Je fus surprise par le fait qu'il me prit la main, ne sachant plus où me mettre à cet instant. Personne ne m'approchait, et osait encore moins me toucher, Seneca avait fait les deux dans le plus grand naturel. Il ouvrit ma main pour y déposer un caillou avec lequel il jouait quelques minutes auparavant et le referma ensuite, apportant un peu de chaleur à mes mains glacées. On aurait pu me comparer à un reptile tellement ma peau était froide. Je vis un sourire un peu gêné se dessinait sur son visage, si je n'avais pas eu ce fichu masque, il aurait vu le mien également. Il me demanda de geler ce petit caillou sans le détruire tandis qu'il souhaitait laisser ses mains autour des miennes. Je réfléchissais, me disant qu'après tout, je pouvais bien faire cela. J'acquiesçai donc à sa proposition.

"D'accord, je veux bien faire ça. Mais je ne sais pas si tu vas apprendre quelque chose ainsi..."

Il enferma donc mes mains dans les siennes tandis que je serrai le petit caillou qui allait bientôt devenir poussière. Je me concentrai mon cosmos, malgré ma gêne et la chaleur de mes joues que provoquait le contact des mains du Gold Saint sur les miennes. J'inspirai profondément pour oublier celles-ci, me concentrant sur ce petit caillou. Je dosai mon cosmos dans ma main, sentant le minéral se cristalliser dans ma main de plus en plus, jusqu'à ce que ma main ne se referme totalement sur de la poussière glacée.

"Est-ce que cela t'a aidé en quelque chose ?"

Je relevai les yeux vers Seneca tandis que je dégageai mes mains avec douceur, ouvrant celle qui contenait le caillou quelques secondes auparavant. Elle avait été réduite en de nombreux petits grains glacés. Je me sentais soudainement plus à mon aise avec lui après ça et toujours avec mon tact légendaire, je décidai de lui poser une question.

"Seneca ? Tu veux ... être mon ami ? Je ne veux plus rester seule ..."

Je fixai ses yeux à travers mon masque, attendant patiemment une réponse.


Dernière édition par Eiko le Ven 9 Oct - 10:26, édité 1 fois
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Jeu 8 Oct - 12:41
Eiko m’avoua qu’elle était aussi tout autant fascinée par son pouvoir que je l’étais moi-même. Même en cherchant, je ne trouvais que des avantages à user de ce style de pouvoir et j’étais persuadé que même de la glace générée par un puissant cosmos pouvait contrer des techniques de feu. J’écoutai attentivement la jeune femme, j’appris ainsi qu’au début de son apprentissage elle n’aimait pas se battre et encore moins ôter la vie. Donc si j’ai bien compris, elle a déjà pris la vie de quelqu’un… La phrase qui vint ensuite répondit à mon interrogation, non elle n’avait pas encore tué. Pas encore, cela raisonnait dans ma tête, bientôt elle vivrait l’enfer des batailles, peut-être même qu’elle devra faire des choses pas très glorieuses, était-elle prête pour cela ? Il était de mon devoir de lui parler de toutes ces atrocités et de la mettre en garde.

« Tu sais Eiko, je me dois de te mettre en garde. Le devoir d’un chevalier n’est pas seulement de prendre des vies, c’est aussi de protéger, non pas seulement notre Déesse et notre Grand Pope mais aussi la population, des vies innocentes se retrouvant le plus souvent au cœur même des conflits. Il y a encore quelques temps j’étais comme toi, mais la réalité m’a vite rattrapé. Il faut beaucoup plus de courage à un homme pour épargner une vie que pour la prendre. »

Je stoppais sur ces belles paroles, si Lucius pouvait m’entendre il serait abasourdi, moi qui avait toujours eu une préférence pour l’action et « foncer dans le tas » j’étais plus calme depuis son départ prenant très à cœur mon nouveau rôle de chevalier. La peau d’Eiko était très froide, était-ce volontaire de sa part ou tout simplement un effet que l’on va qualifier de « secondaire », je gardais pour moi cette question que j’allais lui poser plus tard, sans aucun doute. L’aspirant chevalier qu’elle était accepta, non sans une pointe d’hésitation, surement dû au contact de nos mains. Fermant les yeux comme lorsque je ne faisais qu’un pour me concentrer avant de tirer à l’arc, j’attendais patiemment, sentant sa cosmo-énergie se développer peu à peu, gagnant en intensité. C’était peut-être parce mes yeux étaient fermés et que mes sens s’en retrouvaient décuplés mais j’avais l’impression que l’atmosphère s’était soudainement chargée de glace, la température baissant sensiblement. En me concentrant un peu plus, je perçus même les battements de cœur de la jeune femme, j’avais même l’impression de ne faire qu’un avec elle.

Lucius m’avait forcé à étudier les travaux de Leucippe puis de son disciple, Démocrite, traitant des atomes qui selon eux faisaient partis de tout ce que compose notre environnement, que l’univers était à la fois vide et rempli de corps donc d’atome. Toutefois Lucius m’avait demandé de bien faire attention lorsque j’étudierai ces écrits car ils remettent fondamentalement en cause l’existence même des Dieux alors que nous et nos armures étions des preuves de leurs existences. Voyant le caillou en plusieurs petits morceaux alors que je lui avais demandé de le geler à l’extrême, je me résolus à lui en parler peut-être que ces petites théories pourraient permettre à Eiko d’en apprendre un peu plus sur la gestion de son pouvoir.

« As-tu déjà entendu parler des travaux de Leucippe et de Démocrite ? Ce sont des théoriciens de la Grèce antique, ils ont émis l’hypothèse que toute matière est composée d’atome, un peu comme nous, êtres vivants. Nous pouvons donc supposer que tu es capable de geler ces atomes. Prenons ce caillou par exemple, je t’ai demandé de le geler au maximum sans pour autant le détruire. Si tu arrives à percevoir le monde qui t’entoure grâce à ces atomes, je suis certain que ta technique s’en retrouvera améliorée. »

La jeune femme dégagea ses mains, je n’avais pas remarqué mais mon geste pouvait paraître déplacé dans d’autres circonstances. Je me mis à rougir légèrement et pour ne rien arranger elle me demanda, étant un peu hésitante mais très directe, si je voulais bien devenir son ami. Elle devait souffrir de sa solitude et ça se ressentait, en tout cas moi je le ressentais. Avant de lui répondre, je cherchai autour de nous un autre petit caillou, après quelques secondes de recherche intensive je trouvai enfin la perle rare que je mis dans la main de la jeune femme. Tout sourire, je lui dis :

« Si tu arrives à le geler au maximum sans le faire exploser, je serai ton ami avec plaisir. Sers-toi de ce que je viens de te dire, au besoin je pourrais te prêter les écrits parlant des atomes si tu es d’accord. »

Ponctuant ma phrase par un nouveau sourire, j’attendais patiemment qu’elle renouvèle l’opération, couvrant ses mains avec les miennes, je fermai les yeux.
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Ven 9 Oct - 12:01
Je m’ouvrais un peu plus à Seneca en lui confiant qu’initialement, je ne souhaitais pas accomplir mon destin de devenir chevalier, lui expliquant que je n’aimais pas la violence mais que mon entrainement m’avait changée, que j’étais maintenant capable de combattre et peut être même d’ôter la vie si nécessaire. Le chevalier d’Or du Sagittaire m’expliqua avec sagesse le rôle d’un Saint qui était également de protéger des innocents. Je le savais parfaitement et j’avais bien l’intention de le faire, même si j’étais froide et distante envers les autres, je ne laisserai certainement pas un innocent mourir sous mes yeux, du moins pas sans avoir fait tout ce que était en mon pouvoir pour tenter de le sauver. Je comprenais son point de vue, lui qui avait déjà été sur les champs de bataille contrairement à moi.

Il enchaina sur une demande des plus étranges, mettant un caillou au creux de ma main afin que je le gèle à l’extrême sans le détruire. Malgré la gêne que j’éprouvais à sentir ses mains sur les miennes, une proximité dont je n’étais absolument pas habituée, j’acceptai l’exercice non sans rougir derrière mon masque, ne comprenant pas où il voulait en venir. Je concentrai mon cosmos sur ce petit minéral, le sentant refroidir jusqu’à être réduit en poussière. C’était raté … En fait cela semblait beaucoup plus difficile que ça en avait l’air. afin de lui présenter ce qu’il restait du minéral. En le voyant, Seneca semblait réfléchir et prit la parole, me parlant de théoriciens grecs qui auraient émis certaines hypothèses que chaque élément était constitué d’atome. Effectivement, si je me concentrai là-dessus, je pourrais peut-être améliorer ma technique.

« Non je n’en ai jamais entendu parler mais cela semble intéressant. »

Je retirai doucement mes mains des siennes, remarquant que les joues du chevalier d’Or se teintaient légèrement. Me sentant à l’aise avec lui,  je lui demandai sans fioriture s’il voulait bien devenir mon ami, mais non sans bafouiller. Je pris sa réponse comme une petite taquinerie et souris derrière mon masque. Pour « gagner son amitié », je devais renouveler l’opération du caillou, mais cette fois sans le détruire. Il me tendit un nouveau caillou et posa de nouveau ses mains sur les miennes.

J’augmentai de nouveau mon cosmos, me concentrant beaucoup plus que la première fois, essayant de ressentir au mieux ce petit minéral. Je commençai doucement à le geler jusqu’à ce qu’une intuition me dise que je devais m’arrêter. J’ouvris donc la main, le caillou était gelé mais pas cassé. Fière de moi, je regardai Seneca en souriant :

« Voilà le travail ! Merci pour tes conseils … Mon Ami ? »

Après tout, défi relevé donc maintenant il n’avait plus le choix, une parole est une parole. Qui aurait cru qu’un jour j’allais avoir un ami ? Enfin surtout que j’allais avoir envie de me lier d’amitié avec quelqu’un ? Ce jeune était différent des autres … J’enchainais ensuite.

« Tu voudrais bien me montrer ces écrits maintenant ? A moins que tu ais autre chose à faire ? »


Oui en fait, je voulais m'incruster dans son temple, mais bon, il me l'avait proposé après tout.
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Ven 9 Oct - 16:54
« L’homme heureux est celui dont le corps est sain, l’esprit cultivé », cette citation du grecque Thales De Milet, un grand philosophe de la nature (d’où mon attrait pour les travaux de cet homme) était des plus appropriés devant la réaction d’Eiko lorsque j’ai parlé des parchemins traitant des atomes. Nous répétâmes alors l’opération, mes mains recouvrant les siennes. Les sensations étaient identiques que précédemment mais avec nettement plus d’intensité cette fois-ci, je pouvais sentir qu’elle y était presque. Les battements de cœur de la jeune femme s’accéléraient même si c’étaient presque imperceptible, cela faisait partie de mes dons de pouvoir ressentir ce genre de chose. Ses mains étaient aussi plus chaudes, peut-être à cause du contact avec les miennes ou bien je m’étais habitué sans m’en rendre compte à sa température. Je fixais nos mains, impatient de voir le résultat final, au vu de ce que j’avais pu ressentir, nul doute qu’elle avait réussi. C’était une nouvelle étape vers l’armure d’or du Verseau et j’espérai qu’elle en était consciente.

Eiko fit mine de dégager ses mains m’indiquant donc subtilement qu’il était temps que j’en face de même. Je m’exécutais attendant de voir le résultat. Elle ouvrit ses mains et à ce moment-là, j’étais sûr qu’elle pouvait voir mes yeux briller, un peu comme le jour où je vis une armure d’or scintillant de cosmo-énergie pour la première fois. La jeune femme avait réussi, le caillou était désormais tout blanc et je m’en saisis rapidement l’examinant sous toutes les coutures, il était si froid ! Une question me trottait dans la tête, est-ce qu’il serait toujours ainsi maintenant que le zéro absolu avait été atteint ou allait-il fondre. Plutôt que d’embêter Eiko avec mes questions, je décidais de garder le caillou et le temps allait répondre à ma question, tout simplement. La jeune femme semblait toute fière par ce qu’elle venait d’accomplir, je ne pouvais que la féliciter.

« Bien joué Eiko ! Tu as su écouter, analyser et appliquer, trois fondements importants pour la suite de ton apprentissage ! Et donc pour répondre à ta question… suspens suspens OUI ! Tu peux nous considérer comme des amis, un marché est un marché et je dois dire que je suis curieux de te voir évoluer. »

La jeune femme me demanda par la suite de lui montrer dès maintenant les écrits. Je souris intérieurement, j’avais réussi à piquer sa curiosité. Je me mis debout, époussetant ma toge lui tendant la main afin de l’aider à se relever. D’un regard entendu suite à sa demande, elle accepta de prendre ma main et une fois debout, nous primes route vers la sortie de l’arène. Une fois sortie de l’enceinte, nous primes la direction à des douze temples. M’arrêtant subitement, je regardai à droite puis à gauche et fit un signe à Eiko de se diriger vers la gauche. J’allais lui montrer un passage menant directement à mon temple, pas besoin donc de se taper toutes les maisons jusqu’à la mienne, un bon raccourci en somme.

« Il faut que tu gardes ça pour toi, Eiko, c’est un peu le symbole de notre amitié. Ici c’est un passage permettant de traverser une bonne partie des maisons du Zodiaque pour finalement arriver à l’entrée de mon temple, comme ça pas besoin de se taper les huit premières maisons. »

Je terminai par un clin d’œil et la fit passer discrètement par la petite porte en bois dérobée. Je scrutai une dernière fois sur les côtés afin d’être certain de ne pas être découvert et refermai la porte.

Le trajet vers mon temple se fit dans le plus silence jusqu’à l’entrée principale. On pouvait noter qu’il y avait un « immense » désordre, visible dès l’entrée du temple. J’avais commencé à trier les affaires de mon maître mais il y en avait tellement que je ne savais plus où donner de la tête. J’invitai Eiko à entrer d’un geste du bras en lui disant :

« Fais comme chez toi, par contre j’espère que tu as du courage car il va falloir nous armer de patience pour retrouver ces parchemins. Si mes souvenirs sont bons, ils sont dans une caissette en bois… »

Oui bon, au vu de la pagaille environnante et de la multitude de caissette en bois, nous allions y passer la journée, c’était certain.
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Sam 10 Oct - 21:17
Ce fut au bout de la seconde fois que je réussis à geler le caillou sans le détruire. Je fus fière de moi à cet instant et je dégageai doucement mes mains de celles de Seneca afin de lui montrer le résultat avec un sourire. J'observai le jeune homme et vit ses yeux briller, il semblait assez impressionné par ce petit caillou gelé qui trônait au creux de ma main. Il le saisit pour l'examiner, songeur. Il semblait se poser des questions à ce sujet. Seneca semblait content de moi et il me répondit comme s'il avait été un mentor dans cette expérience, c'était en même temps grâce à ses conseils que j'y étais parvenu.  Il confirma que nous étions maintenant amis du façon assez amusante, ce qui me fit sourire. Il était curieux de me voir évoluer, enfin certainement mes pouvoirs plutôt.

J'étais tout de même intriguée par rapport aux écrits dont il m'avait parlés et lui demandai s'il voulait bien me les montrer tout de suite. Il se leva sans me répondre, me tendant la main pour m'aider à me relever. Il semblait d'accord. Hésitante et non sans rougir, je finis par prendre sa main dans la mienne pour me relever. Une fois sorti de l'arène, je songeai au fait que nous allions devoir traverser huit maisons avant de rejoindre la sienne. Tandis que je me disais que ce n'était vraiment pas un gain de temps de devoir tout traverser, Seneca s'arrêta soudainement. Je l'imitai, lançant un air interrogateur qu'il ne voyait pas bien entendu (fichu masque encore), tandis que je le voyai regarder à droite et à gauche. Il était paranoïaque ? Il avait peur qu'on le voit avec une simple aspirante peut être, la plus bizarre de toute qui plus est. Il me fit signe de me diriger vers la gauche, ce que je fis. Il prit la parole, apparemment pour me dire un secret, symbole de notre amitié avait-il dit. Je fus soulagée de ne pas devoir me coltiner toutes ces maisons pour arriver jusqu'à son temple et empruntai donc le passage avec plaisir.

"Ne t'inquiètes pas, je n'en parlerai à personne Seneca."


Nous progressions donc dans le passage pour rejoindre le temple du Sagittaire. Si je devenais le chevalier d'Or du Verseau, un seul temple nous séparerait. Nous arrivions enfin devant l'entrée du Temple qui n'était apparemment pas très bien rangé, mais je me doutais qu'il avait du rassembler les affaires de son maître défunt, je ne fis donc aucun commentaire là dessus. D'un geste de la main, il m'invita à entrer, me faisant comprendre qu'il faudrait chercher un petit bout de temps pour trouver ces écrits. Je cherchais donc du regard une caisse en bois comme il me l'avait indiquée, sauf que par malchance, il semblait qu'il y en avait beaucoup.

"A deux on devrait mieux s'en sortir, ils ressemblent à quoi ces écrits ?"

Je commençai donc à fouiller, qu'est-ce qu'il y avait comme parchemin dans ces caisses !

"Si tu veux je peux t'aider à remettre un peu d'ordre dans ton temple." lui-dis-je en continuant de chercher.

Nous restions une bonne vingtaines de minutes ainsi, vidant une dizaine de caisses en bois de mon côté lorsque je vis enfin l'objet de notre désir. Je levai le bras, les parchemins en main en souriant derrière mon masque.

"Je les ais Seneca !"


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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Dim 11 Oct - 9:11
La tête dans les caissettes de bois, j'écoutais Eiko me dire qu'à deux nous y arriverons plus vite, et bien l'espoir fait vivre ! Mon maître avait emmagasiné tellement de chose, que de tout trier, répertorier, classer allait me prendre un temps fou. Je désespérai d'avance, soulevant une autre caisse de bois pour regarder la caisse se situant en dessous rien non plus. Même si il ne pensait pas mourir, Lucius aurait pu prendre ses dispositions dans cette éventualité, moi c'est ce que je ferai désormais et ce avant chaque missions que le Grand Pope me confiera j'en fais le serment ! Ma main était extrêmement froide, j'étais toujours en possession du caillou qu'Eiko avait gelé pour moi il y a quelques  minutes. Je le lançai d'une main à l'autre puis en le réceptionnant une dernière fois, je dis à Eiko :

"Attends moi là, j'ai une chose importante à faire."

Je pris rapidement la direction des mes appartements privés, ma chambre et la cuisine du temple étaient peut-être les deux seules pièces rangées convenablement. Je rentrai dans ma chambre et me dirigeai vers un petit coffret en noyau de cerisier qui a été importé de l'Orient. Je l'ouvris et y déposai le petit caillou de glace. Je ne pourrai expliquer les raisons de mon geste mais pour moi ce petit minéral était comme un trésor et je souhaitai le garder en lieu sûr et cet endroit est une très très bonne cachette. Repartant vers le hale d'accueil de mon temple, je m'arrêtai sur le seuil de ma chambre jetant un regard en arrière comme pour m'assurer que le petit coffret était toujours en place et repartais. Eiko était toujours là en train de chercher aussi pour ne pas la déranger je ne lui indiquai mon retour, de toute façon elle avait du me voir ou sentir ma cosmo-énergie. Je replongeai dans mes recherches lorsque la jeune femme se proposa de m'aider à ranger mon temple mais je ne savais pas quoi lui répondre, faisait-elle cela pour m'aider tout simplement, parce que mon temple ressemblait à un champ de bataille ou encore pour me piquer certains écrits. Je me mis à la regarder d'un air suspicieux :

"En fait j'ai compris ! Tu veux être mon ami juste pour en apprendre d'avantage sur mes techniques et les écrits de mon maître ! Je dois admettre que tu m'as eu... jusqu'ici !"

Me mettant en position de combat, je la fixai droit dans les yeux enfin si on peut dire vu qu'elle portait toujours ce satané masque ! Tout en augmentant ma cosmo-énergie, je me déplaçai latéralement puis éclatai de rire. Même moi, je ne pouvais m'empêcher d'être hilare en imaginant la tête de la jeune femme. Je n'étais pas un grand fan de ces petites blagues enfantines mais pour je ne sais quelle raison, j'avais un grand besoin de décompresser. Tout avait été trop vite depuis la fin de la bataille contre les Vandales et après tout je n'avais que quinze ans. Sans attendre de réponse, je me mis de nouveau à chercher sans demander mon reste un peu honteux de mon attitude digne d'un enfant voulant amuser la galerie. Je tachai de chercher à l'autre extrémité du temple quand un petit coffret en chêne, dont l'ornement était le symbole du Sagittaire, attira mon attention.

Dépliant le premier parchemin, très intrigué, je ne prêtai pas attention à Eiko qui visiblement avait trouvé les écrits des érudits grecques. Le parchemin était daté de 535, l'année, si je me souviens bien, de ma rencontre avec Lucius. La suite me donna raison, c'était le récit de notre rencontre, tout y était indiqué, son ordre de mission, sa traversée de Constantinople, la mort de mes parents....








535 Dans les quartier pauvres de Constantinople

La peste avait fait son œuvre surtout dans les quartiers pauvres de la ville où l'hygiène était la plus rudimentaire, les rats noirs omniprésents n'y étaient sans doute pas étranger non plus. Les gardes de l'Empire essayaient d'étouffer la nouvelle afin que la population ne cède pas à la panique c'est pourquoi il n'y avait "officiellement" que quelques décès imputés à la maladie actuellement. Pourtant, il y avait une histoire qui avait fini par se faire une réputation au sein la ville, celle d'un petit garçon âgé seulement de 5 ans qui refusait de quitter la dépouille de ses parents. Cela faisait maintenant plus d'une semaine qu'ils étaient morts et le jeune garçon n'avait jusqu'à lors présenté aucun signe d'infection, il semblait protégé par une étrange force. D'après ce qu'il se disait, il avait déjà agressé plusieurs soldats qui voulaient bruler les corps de ses parents aussi les autorités avaient avancé l'idée de bruler intégralement la petite maisonnette mettant l'incendie sur le compte d'un simple accident domestique.

C'est pourquoi, moi Lucius chevalier d'or du signe du Sagittaire ai décidé de me rendre jusqu'à Constantinople afin d'en apprendre plus sur ce jeune garçon. Il était clair qu'une mission de cette importance incombait aux chevaliers de Bronze, voire les chevaliers d'Argent comme Constantinople était sous leur juridiction pourtant j'avais un curieux pressentiment, aussi avais-je pris l'initiative d'aller voir ce jeune garçon moi même. J'avais revêtu mon armure d'or afin que les gardes me laissent passer tranquillement, me permettant ainsi une plus grande marge de manœuvre. Plusieurs options se présentaient à moi, soit la mort du couple n'était pas due à la pestis, soit c'était une tentative d'annihilation de nos ennemis en se servant de maladies épidémiques, ou alors et je ne pense pas que cela soit le cas, l'enfant savait combattre l'épidémie de manière naturelle.

Le contraste entre les beaux quartiers et les "bas quartiers" était saisissant, je devais l'admettre, de plus au Sanctuaire dans les douze maisons d'or la vie y était beaucoup plus facile qu'ici. J'arrivai enfin devant la petite demeure, une odeur de mort et de pestillence s'en dégageait, après tout nous étions en plein aestas et la chaleur était très présente. Je tapais à la porte plus par politesse que dans l'attente d'une invitation à entrer et l'ouvrit. Je mis la main devant la bouche, l'odeur était plus forte que ce que je pensais, les corps devaient déjà être dans un état de décomposition avancée il n'y avait plus de doute possible, la pestis.... Je pouvais voir au fond de la pièce sur un lit deux formes recouvertes d'un drap blanc, sans doute les corps. C'est ainsi qu'il apparut, se tenant devant moi, un glaive à la main. Il avait été très rapide. Il avait les yeux verts et les cheveux châtains, il ne serait pas en train de me menacer on lui aurait donné le bon dieu sans confession !







Je stoppai la lecture, cela me devenait trop insupportable. Une larme s'écrasa sur le sol de marbre du temple, une de mes larmes. J'étais en train de pleurer, je ne m'étais accordé aucune pause depuis sa mort, je n'ai même pas pris le temps de le pleurer, pas pu l'enterrer puisque son corps, s'il n'a pas été désintégré, n'a pas été retrouvé. Je serrai le parchemin contre moi, en fin de compte il ne me restait plus que ces bouts de papier et l'armure d'or du Sagittaire pour me rappeler de lui. Lucius m'avait élevé, appris tout ce que je sais, il était devenu mon père, un être aimant pret à se sacrifier pour sa progéniture comme il l'avait fait pendant la bataille et moi je ne pensais qu'à une chose lui prendre son armure, mais quel fils je fais ! Et surtout maintenant quel chevalier suis-je ? Un gamin de 15 ans seul dans un immense temple remplit de vieillerie en tout genre, à genoux au beau milieu de vielles affaires en train de se morfondre... Je venais de réaliser, je n'avais pas encore fait mon deuil....


Dernière édition par Seneca le Dim 11 Oct - 10:38, édité 1 fois
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Dim 11 Oct - 10:11
Tandis que je continuais de fouiller les caisses de bois à la recherche des écrits, Seneca m'informa qu'il avait quelque chose d'important à faire et s'absenta. J'acquiescai d'un signe de tête et continuai mes recherches. Je me demandai bien comment il avait fait pour accumuler tant de choses dans sa vie, moi qui n'avais quasiment rien. On voyait vraiment de tout dans ses affaires, mais surtout des parchemins et encore des parchemins. Je devais donc scruter rapidement chacun d'eux pour voir si ce n'était pas ce que je cherchais. Je ressentis le cosmos du chevalier d'or lorsqu'il revint, je ne levai pas la tête, concentrée dans ma tâche. Je lui proposai de l'aider à ranger son temple car vu le désordre, il en aurait pour une bonne semaine tout seul et encore ! Puisqu'il ne me répondait pas, je levai les yeux un instant pour le regader. Il avait l'air bizarre. Il prit la parole et je restai totalement abasourdi par ses mots. Il se leva pour se mettre en position de combat.

"Quoi ? Non ... Je te rappelle que c'est toi qui m'a proposé de me prêter ces écrits ..."

J'étais restée assise, tandis qu'il augmentait déjà sa cosmo-énergie. Il était sérieux là ? Il voulait vraiment se battre ? Je l'observai dans un total incompréhension. Soupirante, je faisais mine de me lever pour quitter son temple sans demander mon reste lorsqu'il éclata de rire. Je le fixai, comprenant qu'il avait voulu me faire une blague. Il avait certainement besoin de décompresser un peu au vu des évènements récents, et puis il restait tout de même un adolescent. Je pouffai discrètement de rire avant de me replonger dans les parchemins. Je levai les yeux vers lui, sa réaction était vraiment adorable, on aurait dit un enfant qui avait honte de ses bêtises. Je souris dans mon masque, me disant qu'il m'avait bien eue.

Je trouvai enfin les fameux parchemins que nous cherchions et le criai haut et fort en souriant à l'attention de mon ami. Celui-ci n'eut aucune réaction. Je baissai donc mon bras pour ne pas avoir l'air d'une idiote et regardai le jeune homme qui semblait plonger dans sa lecture. Je me demandai bien ce qu'était ce parchemin. Je vis une larme couler sur sa joue et me doutait donc que ce parchemin devait être un écrit de son maître. J'eus un pincement au coeur en le voyant pleurer, mais je ne savais absolument pas comment je devais réagir à cette situation. Devais-je rester là et faire comme si de rien était ? Ou fallait-il que je le console ? En y réfléchissant, une amie aurait opté pour la deuxième solution. Je me relevai donc lentement, m'approchant de lui doucement pour me mettra à genoux à côté de lui. Il serrai le parchemin contre lui tout en pleurant à chaudes larmes. Il me faisait de la peine ainsi. J'eus le tact de ne pas demander ce qui lui arrivait. Hésitante, je pris mon courage à deux mois et le pris dans mes bras pour le réconforter, lui caressant le dos. Je devais certainement m'y prendre comme un manche, mais au moins j'essayais ...

"Ca va aller Seneca, tu n'es pas seul, je suis là ..."


Rassurer quelqu'un n'était pas dans mes habitudes, mais j'avais ressenti lé besoin de le faire pour lui, lui qui me considérait déjà comme son ami. Il n'avait certainement pas eu le temps de faire son deuil, il avait eu tant de choses à gérer, il était devenu chevalier d'Or, ce qui n'était pas rien. Il lui fallait le temps de redescendre un peu sur terre et de se rendre compte qu'il avait perdu son maître. Je restai silencieuse, le gardant près de moi. Au bout de quelques minutes, je me reculai, essayant de trouver les bons mots.

"Tu peux m'en parler si tu en as envie. Je crois que les amis sont faits pour ça non ?"

Je lui souris tristement, me disant encore une fois qu'il ne pouvait pas voir mon visage et donc la compassion que j'éprouvais pour lui. Ce garçon m'avait conquise, enfin, en tant qu'ami je veux dire. Pour lui montrer ce que je ressentais actuellement, je levai une main tremblante pour la porter vers son visage et sécher une larme en lui répétant :

"Ca va aller, je suis là ..."

Il n'y avait plus aucune froideur dans ma voix avec lui, elle s'était transformée en une douceur que je ne me connaissais pas.
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Mar 13 Oct - 20:49
Perdu dans mes pensées, je tressaillis lorsqu'une main glacée me ramena à la réalité, c'était Eiko qui était à mes cotés et qui essayait tant bien que mal de m'apporter un peu de réconfort. Je devais avoir une de ces têtes pour que quelqu'un d'aussi froid que mon amie me vienne en aide à ce moment. Les rôles auraient dû être inversés après tout c'était moi le chevalier d'or qui était censé guider les gens et non l'inverse. Elle a raison, je ne suis plus seul puisqu'elle est là mais même si je l'appréciais déjà beaucoup, je ne connaissais la jeune femme que depuis quelques heures, pas plus. J'avais honte de mon attitude et si elle le répétait à tout le sanctuaire ? J'en serai la risée et jusqu'à la prochaine Guerre Sainte au moins ! Essuyant mes larmes d'un revers de la main, je pris ensuite celle d'Eiko et la regardai fixement :

"Si tu es bien mon amie, je veux que tu gardes ce qu'il vient de se passer pour toi s'il te plait. Je n'imagine même pas la honte qui tomberait sur moi et cette maison si l'on venait à apprendre que le chevalier du Sagittaire se laisse aller de la sorte."

Tout en me redressant, je remarquai que mon amie tenait un parchemin, aurait-elle trouvé ce que l'on cherchait ? Je lui pris le parchemin des mains afin de vérifier par moi même. Oui c'était bien ce que nous recherchions, quel coup de chance ! J'ai bien cru que l'on était parti pour faire toutes les caissettes une à une. Eiko me dit ensuite que je pouvais lui parler de ce qu'il m'arrivait. Je n'en avais pas spécialement envie mais je lui devais quelques explications.

"Je viens de trouver ses écrits personnels ou ses mémoires si tu préfères et ce passage relate justement le jour de notre première rencontre. C'est, enfin c'était un évènement très important pour moi que je n'ai jamais oublié malgré mon jeune âge."

Je m'arretai là, elle n'avait pas besoin de plus d'informations, de toute façon je ne savais pas quoi lui répondre. Eiko me sécha alors une nouvelle larme qui allait tomber me disant qu'elle était là pour moi. Son geste aussi simple soit-il me réchauffait le coeur comme jamais, un vrai remontant. Je lui pris la main et la força poliment à me suivre. Nous quittâmes alors la pièce principale pour nous rendre dans les cuisines du temple, une des seules pièces qui n'étaient pas encombrées. Je la fis s'assoir sur une des petites chaises en bois et lui rendis le parchemin.

"Tiens tu peux le garder, je te l'offre en gage de notre amitié." Je marquai une courte pause puis repris : "Tu as faim ? Je pense qu'il doit me rester de quoi nous sustenter si tu veux ? J'ai également du vin ! Un des avantages des chevaliers d'or."

Mon regard était désormais pétillant emprunt de malice à l'idée de nous servir une coupe de vin à tous les deux, après tout je n'avais que quinze ans !
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Mer 14 Oct - 14:09
J’essayais tant bien que mal de consoler Seneca, le prendre dans mes bras avait été un effort surhumain pour moi et j’espérais que le geste le réconforterait. Il semblait un peu honteux de ses larmes, il n’avait pas à l’être, c’était naturelle. Il est vrai que de mon côté, je n’avais pas pleuré depuis bien longtemps, mais je n’avais pas de cœur à ce qu’il paraissait, enfin, il était bien enfoui. Le jeune homme me prit la main, le regard sérieux. Je fus un peu vexée du fait qu’il puisse penser que j’étais capable d’aller crier sur tous les toits que le chevalier d’Or du Sagittaire avait pleuré devant moi. Non mais il m’avait bien regardé ? Je tentais de ne pas montrer que j’étais un peu piquée au vif en lui répondant, après tout, il ne savait rien de moi.

« Je n’avais aucune intention de le raconter, nous avons tous le droit à des moments de faiblesse, surtout dans ta situation… Si j’ai voulu être ton amie, ce n’est pas pour ensuite prendre notre amitié à la légère. De plus, pleurer n’est pas une honte Seneca, la tristesse est une émotion comme les autres.»

Il remarquait enfin le parchemin que je tenais en main et me le prit. Il acquiesçait en voyant le parchemin, me confirmant que j’avais trouvé ce que nous cherchions. Voyant toujours des larmes perler sur ses jours, je me radoucis, lui disant qu’il pouvait me parler s’il en avait envie. Il m’expliqua vaguement la raison de son mal être et je décidai de lui répondre par un simple geste, je lui séchai une larme, la main tremblante. S’il n’avait pas envie d’en parler, je ne le forcerai pas, il le ferait lorsqu’il en éprouvera le besoin ou l’envie. En tout cas, il me peinait beaucoup dans cet état. A cet instant, je ne voyais pas le chevalier d’Or du Sagittaire, je voyais un adolescent de quinze ans qui venait de perdre la personne à qui il tenait le plus. Il me prit ensuite la main, m’emmenant dans une autre pièce de son temple, je me laissais faire, bien qu’un peu rougissante. Nous nous retrouvâmes donc dans la cuisine et il me fit signe de m’assoir, ce que je fis sans broncher. Il me tendit le parchemin que je reprenais, et fut touchée par ses paroles, oui j’ai bien dit touchée. Il m’offrait ces écrits en gage d’amitié. J’étais vraiment flattée par ce geste.

« Merci Seneca, mais … Je n’ai rien à t’offrir en retour … Je ne peux pas accepter ...»

J’étais vraiment gênée de ne pas pouvoir lui rendre la pareille, je n’avais rien de précieux, j’avais très peu d’effets personnels d’ailleurs. Il me proposa ensuite quelque chose à manger et du vin. Du vin ? Je n’en avais jamais bu. A cet instant, j’eus honte, me demandant si je devais le lui dire ou non. Après tout, je n’avais que quinze, ce n’était pas bizarre de ne pas avoir bu de vin à cet âge ? Et puis il avait pleuré devant moi donc je pouvais me livrer un peu moi aussi.

« Oui, je veux bien manger quelque chose… Par contre, je ne sais pas si j’aime le vin, je n’en ai jamais bu… »

Je changeai de sujet, un peu gênée. Je décidai de nouveau d’être directe avec mon nouvel ami.

« Je sais que cela ne me regarde pas et que tu me connais à peine, mais je pense que le fait de parler un peu de ton maitre et de ce qu’il lui est arrivé te ferait le plus grand bien. Tu n’arriveras pas à faire ton deuil en refoulant tes émotions Seneca … »
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Message Re: Faire le deuil... [545 - Pv Eiko]   Lun 19 Oct - 18:26
A entendre le ton qu'elle venait d'employer j'avais dû la piquer à vif. Mais voilà, je ne la connais pas depuis très longtemps pour être honnete mais je me sentais déjà bien en sa compagnie je devais au moins lui accorder ça. Je sais bien que pleurer n'est pas une honte mais dorénavant j'avais un rang à tenir. Eiko sècha une de mes larmes, je ne pus m'empecher de rougir, c'était adorable de sa part mais d'un coté je lui montrai ma faiblesse. Elle voulait refuser mon cadeau mais elle n'aurait pas le choix et devrait l'accepter. Je décidai de jouer à nouveau la taquinerie :

"Tu comptes vraiment refuser le cadeau d'un chevalier d'or ? Tu sais que ça ne ce fait pas n'est-ce pas ?"

Je l'emmenai ensuite dans la cuisine et elle m'avoua un peu genée qu'elle n'avait jamais bu de vin. A vrai dire moi aussi je n'en avais jamais bu, enfin si mais du vin coupé avec de l'eau, maintenant que j'avais un nouveau statut je pouvais faire selon ma volonté. Je souris légèrement et dis :

"Moi non plus je n'en ai jamais bu. Lucius le faisait toujours coupé avec de l'eau. Personnellement je pense que ça doit enlever tout le gout alors autant en profiter pour gouter un bon vin sans eau ! En plus Lucius a toujours eu bon gout, je suis certain que le tonnelet que je vais ramener sera d'une excellente qualité."

Je me dirigeai vers l'arrière cuisine en farfouillant à droite à gauche, on pourrait croire que je n'avais jamais habité ici alors que j'y avais passé pres de dix années de ma vie. Au bout de quelques secondes j'avais enfin trouvé le tonnelet tant convoité, un bon vin venant tout droit de l'ouest de l'empire. Je sortis deux coupes en argent ornées du symbole du Sagittaire que je déposais sur la table avec le tonnelet. Je sortis également d'un tonneau remplit de sel un bon jambon fumé que je servis également à table avec du pain. Bon c'était un repas assez primaire mais je n'avais pas vraiment pensé au fait que je devais faire le marché de temps en temps histoire de garnir les placards. Je débouchai le tonnelet et servis du vin à ma nouvelle amie.

"Tu m'excuseras pour ce repas très simple mais je n'ai malheureusement rien de plus à offrir pour le moment. Bon allez à notre amitié nouvelle Eiko... du Verseau ?"

Je levais ma coupe afin de trinquer avec la jeune femme et découpai le jambon en plusieurs tranches que je servai à mon amie. La nuit commençait déjà à tomber et laisser Eiko repartir seule par un des chemins secrets ne serait pas très judicieux. Autant la faire dormir ici en plus personne n'en saurait rien vu que je n'ai pas de domestique pour le moment.

"Tu peux dormir ici si tu le souhaites, à vrai dire ce serait même préférable comme il se fait tard, il vaut mieux que personne ne te voit emprunter le passage secret et encore moins que tu descendes les maisons restantes. Bien entendu, j'ai une chambre d'ami à disposition."

Je souriai tout en dévorant une tranche de jambon tandis que je me reservai une nouvelle coupe de vin.
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