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 [fin juillet] Regarder la lumière sans s'y brûler [PV Asclépios]

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Message [fin juillet] Regarder la lumière sans s'y brûler [PV Asclépios]   Lun 3 Oct - 3:25
Ce qui était arrivé avec Lykeios ne datait que de quelques jours, et pourtant, c’était comme si une longue éternité s’était écoulée. Peut être parce qu’elle n’avait pas eu l’occasion de le revoir, et qu’un manque, aussi étrange que cruel c’était installé dans le cœur du Paon. Elle avait encore bien du mal à considérer et juger ce qui c’était passé : un rêve ? Une illusion ? Un mensonge comme autrefois ? Bien des pensées venaient lui titiller l’esprit, instaurant autant le doute que la peur d’une désillusion. Mais elle ne pouvait s’empêcher d’avoir confiance en lui, en ce Dieu-Loup qui lui semblait aussi honnête que noble, par ses côtés pourtant sauvages. Aussi, malgré la prenante envie de le voir, de retrouver cette intime complicité, Rowena s’était retenue de toute action irréfléchie, supposant que, s’il n’était pas encore revenu la voir, il devait être très occupé. Et elle ne s’en serait ni étonnée ni offusquée. Après tout, pouvait-elle juger qu’il y avait la moindre chose réelle entre elle et lui ? Difficile à dire. Ca ne retirait en rien l’affection qu’elle avait pour lui cela dit, et se languissait, à sa manière, de le revoir au plus vite.

C’est une présence divine et semblable à celle du Dieu-Loup qui traverse le temple de l'Occident en cette fin de matinée. Pourtant, la douceur plus que la sauvagerie du loup transperce la noirceur des lieux, une aura de quiétude qu’elle n’avait vu que par des observations discrètes. Elle savait que ce n’était point Lykeios qu’elle verrait, mais son frère, le noble Asclépios, éveillé lui aussi pour rendre aux Oracles cette lumière aveuglante qui saurait éclairer l’Humanité. Elle s’est réveillée depuis peu, Rowena. Les rayons de l’astre solaire avaient frappé son corps, ramenant en lui l’esprit de Veena, lien par les serments d’autrefois les deux consciences et deux êtres. En une sorte de méditation, elle est paisiblement assise, Rowena, calmant les esprits qui l’entourent, quand la présence du dieu de la médecine vient percer le voile des ténèbres.

Son pas est léger voire gracieux, mais reste discret quand le dieu approche et qu’elle vient à sa rencontre. Elle l’a déjà aperçu plusieurs fois, sans jamais se manifester à lui. D’esprit ou de corps, elle l’avait croisé, sans oser parler avec lui si sa présence n’était pas désirée. Etait-ce parce qu’il était là par le fruit du hasard – supposait-elle – ou parce qu’elle laisse doucement place à plus de chaleur dans son cœur qu’elle vient enfin à sa rencontre ? Qui sait. A son niveau elle s’arrête, scrutant le dieu dans une enveloppe mortelle, dieu à l’aura si paisible comme elle n’en avait encore jamais vu. Sage et respectueuse, elle se fend d’un gracieux salut à son encontre, non sans un sourire léger et un regard doux. Sa robe, comme toujours fendue, laisse entrevoir les multiples marques et sceaux qui décorent sa peau. Elle n’est point la gardienne des lieux. Bran l’est. Pourtant, il lui a laissé, en ami, une place dans son temple, sur lequel elle veille en son absence. Il l’est si souvent d’ailleurs, absent.

« C’est la première fois que nous nous voyons vraiment, Seigneur Asclépios. C’est un honneur. » L’était-ce vraiment ? Elle le pensait oui. Après tout, il était fils de son Seigneur, le très haut Apollon, et malgré les promesses trahis et les châtiments lourds à payer, elle restait fidèle au dieu qui lui avait offert une chance de se racheter. « Puis-je vous aider de quelques manières que ce soit ? Le gardien des lieux est hélas absent. »
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Message Re: [fin juillet] Regarder la lumière sans s'y brûler [PV Asclépios]   Mer 5 Oct - 22:11
Ce matin, c'était le temple de l'Occident qui recevait sa visite. Et ce n'était pas un simple hasard. Bien qu'éveillé depuis quelques temps, Asclépios n'avait guère eu l'opportunité de rencontrer l'ensemble des Oracles du domaine de son Père. Ses propres tâches l'accaparant - notamment les nombreux soins qu'il dispensait au travers ce pays - il avait préféré remettre à plus tard la rencontre avec certains d'entre eux. Selon les informations dont il disposait, le protecteur de ce temple n'était pas présent. Bran, Gardien de l'Occident, Évêque de l'Épervier du Zéphyr. Mais pour cette fois, cela lui importait peu. Car ce n'était pas lui qu'il venait rencontrer mais belle et bien une autre âme.

Celle qui portait la Chlamyde du Paon l'intriguait. Et non sans raison. Bien que sa capacité de perception soit moins aiguisée que celle de son frère, le médecin avait ressenti une présence toute particulière émanant de cette personne. Quelque chose qui ne devait pas être. Pas sans l'aval du Seigneur du Soleil. Aujourd'hui qu'il avait du temps, il ressentait le besoin de satisfaire sa curiosité. Ne serait-ce que pour éclairer sa lanterne. C'est donc tranquillement qu'il se rendit sur place, non sans s'être assuré au préalable qu'elle se trouvait bien là où il allait. Pour cela, Esculape avait joué son rôle à merveilles, devançant son maître, lui fournissant la localisation exacte de l'Oracle.

C'est une belle femme, à la peau nacrée, qui vint à lui. Emplie d'une grâce certaine et faisait preuve d'une sagesse remarquable, elle fit les présentations d'usage. Il lui rendit son salut, souriant derrière son masque. Même si ce dernier était caché aux regards des curieux, son regard exprimait lui clairement ses émotions. Il était heureux de rencontrer le Paon.
    - L'honneur est partagé, très chère. Vraiment.

Il s'était arrêté, se reposant sur son bâton de marche comme un vieil homme l'aurait fait. Il n'en ressentait pourtant nullement l'envie, s'agissant là plus d'un ancien réflexe qu'autre chose. Mais il lui manquait quelque chose. Il reprit donc une posture plus souveraine, et tapa de la pointe de son artefact sur le sol. L'instant d'après, Esculape apparaissait, reprenant sa position fétiche, sur le bâton de son Seigneur. Les pupilles rouges du reptile semblait comme sonder l'âme de Rowena. Le même regard que celui d'Asclépios. Enfin au complet, il put reprendre :
    - Ce n'est pas le gardien des lieux que je venais voir. Mais toi. Aurais-tu un peu de temps à me consacrer ? Nous ne sortirons par d'ici, puisqu'il semble que tu veilles en lieu et place du Zephyr.

Il fit quelques pas, s'arrêtant à sa hauteur, comme pour l'inviter à reprendre la marche. Après tout, elle était sur son territoire. La chose qui l'intriguait lui était revenu à l'esprit en croisant ce regard. Un regard froid et doux. Possédant une sagesse bien plus grande qu'elle n'aurait du avoir du fait de son âge réel. Et si les Oracles étaient de par leur nature plus serein que bien d'autres guerriers des autres factions, cela n'était pas suffisant pour justifier ce malaise qu'il avait perçu. De par sa propre nature d'âme immortelle et sa spécialisation, le Dieu de la Médecine percevait lorsqu'un corps n'était pas en adéquation avec l'âme qu'elle portait.
    - Tu pourras sans doute m'aider, oui. N'est-ce pas notre but ultime, après tout ? S'aider les uns les autres ?

Il rit doucement. Il s'amusait de cette réflexion, qui lui rappelait une ancienne discussion avec son frère.
    - Pour être tout à fait franc, je souhaitais te rencontrer pour en apprendre plus sur toi. De la curiosité, rien de plus. Vois-tu, je suis au quotidien confronté à la douleur et à la mort. Je sens lorsqu'un corps n'est pas en parfaite osmose avec l'âme qui l'abrite. Lorsqu'une fluctuation perturbe cette symbiose. Peut-être me suis-je trompé. Mais ton aura m'étonne. Je te prie d'accepter mes excuses si ces propos te blessent. Ce n'est pas là mon intention.

Si elle ne souhaitait pas en parler - pis encore, s'il s'était trompé - alors il tournerait les talons. S'excuser n'était en rien habituel pour un Dieu. Mais il était de tous, le plus proche des Hommes. Et ce depuis toujours.
    - Pourrais-tu m'en dire plus ?
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Message Re: [fin juillet] Regarder la lumière sans s'y brûler [PV Asclépios]   Mar 11 Oct - 23:46
Le salut est tout aussi charmant, et le sourire paisible visible dans le regard du dieu est rendu en miroir par la jeune femme, autant surprise qu’honorée de cette visite inattendue. Elle ne se doute pas vraiment que c’est elle que l’on vient voir, car après tout, elle n’est ni l’un des évêques du dieu soleil, ni l’une des plus importante oracle, fondue dans les ombres et la discrétion pour mieux observer et veiller. Pourtant, elle ne se dérobe pas au regard perçant que lui opposent les pupilles rouges, ni ne s’inquiète de la venue de ce serpent, symbole du Père de la Médecine, qui plonge ses iris de reptile presque dans les profondeurs de son âme. Le calme est son adage, et elle attend juste avec politesse qu’il reprenne, comprendre pourquoi il était venu. Elle est surprise, ne le cache que peu l’espace de quelques secondes, avant de reprendre avec douceur, ne pouvait décemment pas refuser et n’en n’ayant à vrai dire pas l’envie.

« Tout le temps qu’il vous plaira. »

Et à l’invitation implicite, elle s’avance à ses côtés dans les profondeurs du temple sombre, d’une marche paisible et tranquille. Etrangement, il n’y avait aucune inquiétude de sa part, seulement une forme de curiosité. L’aura du Fils d’Apollon était d’une douceur peu commune qui incitait à la confiance. Chez Lykeios, ça avait été très différent, une chaleur plus sauvage, toute aussi appréciable.

Elles sont mystérieuses, les paroles prononcées. Elle met un léger temps avant d’y répondre d’ailleurs, cherchant à y déceler ce qu’il souhaitait d’elle, cette aide qu’elle était visiblement susceptible de lui donner. Le rire ne lui semble pas adressé, mais il est rassurant car non moqueur. Et avec une semblable douceur, elle répond.

« Naturellement, c’est pour cela que nous sommes ici à servir la lumière. Dites moi de quelle manière je peux vous aider. »

Sans doute n’aurait-elle pas été si prompt à prononcer ces mots, si elle avait su la vérité qui se cachait derrière les intentions d’Asclépios. Si elles n’étaient certainement pas mauvaises, elles avaient un gout amer pour la jeune femme qui n’était pas du genre à révéler des choses la concernant. Les barrières s’étaient brisées face au dieu-loup, sans regrets bien entendu, mais elle avait toujours cette part de gêne quant-au jugement que l’on pouvait porter sur elle. Pourtant, il était naïf de croire qu’un dieu comme le Père de la Médecine, si proche de la mort et de la vie, ne puisse déceler les secrets qui se cachaient en elle. Deux âmes pour un corps, une étrangère écrasant l’original.

Si elle eut l’air de se renfrogner l’espace de quelques secondes, perdant de cette luminosité des douceurs naturelles peintes sur ses traits, elle songea que garder pour elle ce mystère n’était peut être pas le plus judicieux. Peut être pourrait-il d’ailleurs lui venir en aide, non sans briser les serments et promesses qui la reliaient à ce corps. Mais au moins, apaiser l’âme qui vivait prisonnière en elle. Un temps de silence sans arrêter leur marche, elle laisse un soupir résigné traverser ses lèvres avant de répondre, accordant un sourire triste, un peu désolé.

« Vos propos ne me blessent pas, mes mots sont justes… difficiles à exprimer. J’ai passé plusieurs décennies à taire mon mal, et voilà que les Fils de mon Seigneur sont les premiers à me pousser à me révéler. Non que cela soit une mauvaise chose, rassurez-vous. Disons que celle que je suis n’est pas vraiment celle que vous voyez. » Elle ne cherchait pas à être mystérieuse – ou peut être juste un peu – mais elle avait légèrement du mal à savoir comment le dire. Avec Lykeios, l’émotion l’avait submergé plus rapidement et de manière plus vive. Elle était parvenue aujourd’hui à se contenir. « Si les fluctuations de mon esprit vous ont perturbé, ce n’est pas sans raison. Depuis longtemps maintenant je vis dans un corps qui n’est pas le mien. Un corps qui m’est lié autant par le sang que les serments que j’ai consenti à prononcer. » Les raisons de tout ceci cependant, elle n’en dirait pas mot. Pas tant qu’elle n’y serait pas contrainte. Elle avait toujours peur de ce jugement que les autres pouvaient porter sur elle en connaissant la vérité.

Lorsque vint ses derniers mots, elle ralentit son pas, plongeant ses prunelles dans celles du Père de la Médecine.

« Est-ce quelque chose de mal selon vous ? » Si la curiosité l’avait pousser à lui demander, peut être n’était-ce pas la seule chose qu’il cherchait à savoir derrière ces questions. Non qu’elle lui en voudrait si tel était le cas.
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Message Re: [fin juillet] Regarder la lumière sans s'y brûler [PV Asclépios]   Dim 16 Oct - 17:38
En substance, elle lui révéla une partie de la vérité. Confirmant les impressions qui avaient été les siennes. Il surfait sur la frontière qui séparait la vie de la mort et il ressentait les Cosmos et les auras de manière différente de ceux qui se disaient traqueur. Lui-même n'était pas encore en phase avec ce corps et avait pour l'heure perdu son ancienne capacité à percevoir les énergies. Pour autant, il percevait la nature même de ces présences. Et savait lorsque que quelque chose n'était pas naturel. Ils marchaient tranquillement, révélant peu à peu le décor de ce sanctuaire. Le Zephyr n'était pas sur place mais cette Oracle veillait en son absence.

Elle était hésitante. Il comprit qu'elle s'était déjà révélée à Lykeios. Cela le surprit quelque peu. Le Dieu-Loup de Delphes était un être ténébreux en bien des points et si de son côté, il n'avait strictement aucune animosité à son égard, il savait que ce n'était pas le personnage vers lequel les autres se tournaient spontanément pour se confier. Une relation plus étroite semblait lier son frère à cette femme. Il le notait dans un coin de son esprit, préférant ne pas creuser outre mesure dans cette direction. Cela ne le regardait pas et sa curiosité, bien que grande, pouvait être contenue.

Sa question fit mouche. Et sa propre réponse ne tarderait pas. Comment dire que cela était mal alors qu'il était dans la même situation ? Ce serait ironique et insultant de porter un tel jugement. Même si les circonstances différaient, le résultat était le même. Oh, elle taisait pour l'heure les raisons l'ayant poussées à faire ce serment et à prendre ce corps. Là aussi il ne chercherait pas plus loin. La seule vraie différence dans sa propre possession concernait ce qu'elle appelait le "sang". Lui ne possédait pas de lien de ce type. La possession s'était effectuée sur la compatibilité de l'esprit. On l'avait préparé des années durant afin de préparer ce corps. Il s'arrêta. Lui rendant son regard. Cherchait-elle un quelconque réconfort ? Son regard restait bienveillant. Il n'avait aucune raison de la juger après tout. Et puisqu'elle s'était montrée honnête, il estimait juste de lui rendre la pareille.
    - Qui suis-je pour définir ce qui est bien ou mal ? Mon domaine de compétence est la médecine. Pour le reste, je ne m'aventurerais pas à porter de jugements.

D'un geste, presque machinalement, il caressa le serpent qui était toujours présent. Ce contact avait quelque chose de rassurant. Il reprit :
    - Peut-être le sais-tu déjà mais je suis plus ou moins dans la même situation que toi. Mon frère également même si le chemin n'a pas été le même. Ce corps n'est pas le mien. Mon esprit a pris possession de l'être, préparé pendant des années pour ma venue, en écrasant l'ancienne personnalité qui s'y trouvait. Est-ce mal ? Certains diraient que oui. Pour ma part, je ne serais pas aussi catégorique. Me jugerais-tu pour autant d'avoir ainsi pris cette vie ?

Chaque destinée avait sa route. Et personne n'échappait à sa voie. Son visage en était la preuve. Même en revenant à la vie dans un autre corps, Zeus l'avait en quelque sorte maudit. Chacun sa croix, dit-on. Il était curieux de savoir qu'elle était celle de la jeune femme.
    - Je sais seulement que pour cette nouvelle vie, j'ai dû payer un tribut assez lourd. Voilà ce qu'exige le Destin pour permettre à une âme d'en posséder une autre. Personne n'en réchappe. Tu sembles connaître Lykeios, n'est-ce pas ? Pour sa renaissance, lui-aussi en a payé le prix. Il te le diras certainement.

Sa santé était précaire, fragile. Quant à lui, son prix était de vivre avec le fait d'avoir annihilé l'ancienne âme de ce corps. Pour un médecin qui prônait la vie par dessus tout, voilà une chose qui lui était difficile à accepter. Son regard se teinta d'une tristesse si ancienne, si pesante.
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Message Re: [fin juillet] Regarder la lumière sans s'y brûler [PV Asclépios]   Lun 26 Déc - 2:45
C’était certainement stupide de prendre peur du jugement des autres, surtout quand on ne connaissait pas réellement l’autre en question. Elle avait pourtant tant vécu dans cette crainte, que la simple idée de révéler ce qui avait été sacrifié sur l’autel de son existence était désagréable et effrayante. Que penser après tout d’une femme qui avait préféré l’amour à la loyauté, pour mieux revenir vers la Lumière et sacrifier la chair de sa chair pour se faire pardonner ? Une personne indigne de confiance, lâche et monstrueuse, certainement. Mais c’était faire là des suppositions sur ce que ses interlocuteurs pouvaient penser. Alors à défaut de prendre peur, elle préférait pour l’instant garder le secret, même si elle pouvait percevoir la curiosité dans ce regard qui seul était visible sur le visage du fils d’Apollon. La question avait son importance, et très sincèrement, elle ne s’était pas attendue à une telle réponse, presque rassurante en vérité. Elle ne cherchait point d’assentiment ou à être réconforté, mais l’honnêteté rendue était véritablement bénéfique. Il y avait pourtant cette part d’ombre visible et perceptible, mais comment la laisser disparaître quand les âmes des corps qui étaient les leurs demeuraient toujours présentes, écrasées au plus profond de leur être ? Un rappel cruel des sacrifices et des prix à payer. Pour elle peut être plus cher que pour des dieux appelés à aider l’Homme et à produire de grands desseins.

« C’est pour la gloire de notre Seigneur et du cycle qu’il cherche à restaurer que vous avez dû ainsi sacrifier cette vie. Je ne vois là aucun mal. »

Aussi ne faisait-elle point partie de ces gens catégoriques, le concernant du moins. Son cas n’était après tout pas tout à fait le même, puisque les raisons de ces vies sacrifiées différaient. Pour autant, elle pouvait comprendre ce sentiment, et ces questions qu’il soulevait avec une sagesse remarquable qui la faisait presque frissonner. Un grand esprit face à elle, le fils de son Seigneur, qui de la même manière que Lykéios apportait ce sentiment de paix à l’Oracle de Paon. Et pourtant, le Père de la Médecine et le Dieu-Loup étaient des plus différents. Les pensées vagabondes, Rowena les rassembla pour garder son attention vers son interlocuteur, qui reprit ses paroles.

La mention à Lykéios la laisse interdite une poignée de seconde. Elle retient cette légère rougeur qui pourrait empourprer ses joues, témoin de quelques pensées secrètes, et reprend contenance, sans trop savoir quoi répondre, un instant perdue dans les propos qui lui sont évoqués. Puis, sur les derniers mots, elle saisit l’ampleur, repensant à ce prix lourdement payé, autant par elle que par ses filles sacrifiées.

« Selon moi, nous payons le prix de chacune de nos actions. Parfois sans nous en rendre compte, d’autres fois en accusant le coup et la douleur, la peine et la culpabilité. Cela nous rappelle combien il est important de mesurer toutes les conséquences de nos choix, même si l’on ne souhaite pas s’alourdir de regrets. » Oh dans son cas, des regrets, elle en avait beaucoup, Rowena. Plus qu’elle ne pourrait jamais le dire, le confier, tant c’était lourd à porter. Des souvenirs qui brulaient encore sa peau et son âme, qui faisaient verser ses larmes au cœur de la nuit sur le cadavre endormie de sa douce petite fille. Pauvre Rowena endormie dans l’éternel sommeil… « Je… serais-ce indiscret, si je vous demandais ce prix que vous avez dû payer ? »

Elle n’était pourtant pas d’un naturel intrusif, elle savait arrêter sa curiosité. Mais elle avait si peu l’occasion de converser sur un sujet qui pouvait peut être alléger le fardeau qu’elle payait elle même chaque jour, ne serait-ce qu’en se regardant dans un miroir et en écoutant cette voix qui n’était pas la sienne.

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