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 [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]

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Message [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Mar 1 Nov - 6:29
Voilà déjà presque un mois que la quasi-intégralité de l'armée d'Ares se trouvait à Jamir pour en faire le siège. Et vu que pour l'instant rien ne s'y passait de bien important, cela ne saurais désormais tarder si l'on pouvait en croire l’émotion grandissante de leur dieu s'infiltrer dans les sens de chacun de ses soldats. Mais pour l'heure, il n'y avait guère à faire en dehors de monter la garde et s'entrainer entre eux.

Et pour le coup, Konstantinos avait décidé de déroger un peu à l'habitude et de s'en retourner brièvement au Dédale de Chair. Pour le coup, bien pratique que ce lien reliant la muraille de chair de Jamir à la citadelle de Transylvanie, comme si l'une était composante intégrale de l'autre et ce malgré l'immense distance les séparant. Cela permit en tout cas à Konstantinos de retourner vers la base des berserkers, et ce afin de fouler pour la première fois en tant que nouveau Cardinal de la Mort l'endroit qui serait désormais son antre, sa demeure et son devoir.

La grotte des crânes, jonchée de toutes parts d'ossements en tout genre s'offrait ainsi à nouveau à sa vue alors qu'il en parcourait l'immensité d'une lente démarche, comme s'il en mesurait chaque pas. Lesdits os montaient même de toutes parts sur les parois de la grotte et ce jusqu'au plafond, offrant ainsi à la vue la même monotonie chromatique, la même constance blanchâtre et sinistre. Ici se trouvaient rassemblés les restes de dizaines de centaines d'intrus, absorbés et réarrangés par un Dédale toujours prêt à s'emparer de tout ce qui passait à sa portée. Et puis les soldats de l'armée du Feu prenaient visiblement comme un devoir le fait de ramener les cranes de leurs adversaires en ces lieux afin de l'ajouter à l'ensemble. Cela formait ainsi une fresque morbide auquel chacun des serviteurs d'Ares avait participé à sa façon.

Et ce spectacle qui s'offrait ainsi à la vue de Konstantinos était pour ce dernier du plus grand ravissement! C'est pour cela qu'il parcourut l'endroit avec un sourire plus large encore qu'à l"ordinaire, pendant que son regard allait d'un crâne à l'autre, de simples tas d'ossements à de véritables sculptures d'os. Car pour lui, chaque dépouille humaine qu'il voyait signifiait une personne de plus à s'être échappée de cet enfer qu'était la vie et qui avait pu trouver un salvateur paradis dans sa mort. Après tout, le cardinal ne vivait que pour voir ce champ d'ossements s'étendre à la Terre entière. Aussi venait-il se rendre présentement ici pour se détendre quelque peu dans cette longue attente qu'il devait supporter. Cette vue le raserait, en plus de lui rappeler la promesse du futur massacre qui bientôt surviendrait. Portant par habitude son armure de sombre écarlate à l'effigie de corbeaux, néanmoins sans casque afin de ne rien rater du spectacle, il allait ainsi de-ci de-là sans but apparent.

Mais il s’avéra qu'il n'était pas aussi seul qu'il le pensait.




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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Mar 1 Nov - 11:25
Dans l'attente du jour fatidique, l'entrain des bêtes d'Arès s’affadissait au profit de l'éternelle frustration. Sans os à ronger, ils se voyaient dépossédés de l'exutoire à leur folie, les faisant s'entre-dévorer entre eux. Ce spectacle pouvait choquer les plus humains, mais à ce stade, il en restait bien peu. Esther elle-même s'était perdue dans ce bain de violence, sans y participer pour autant. Désormais, celle-ci serait bien en peine de l'atteindre, impassible et inhumaine au milieu de ses semblables. Le cycle de la haine se répétait, et l'ennuyait. Qu'elle passe de temps à autres aux abords du Sanctuaire, ces derniers s'agitaient en préparation de la bataille à venir. Dans ce chaos, la Tarentule s'était faite un lien en la personne de Heed, et comptait bien le développer sinon l'entretenir. Ces attaches avec l'ennemi étaient une chose précieuse, que ne pouvaient comprendre ses congénères. En effet, rares étaient les Berserkers à concevoir la nécessité de se tenir au plus proche de ses ennemis. Ceci demandait le travail d'un brin d'empathie, ce qu'on leur refusait, les dépossédant de cette faculté pourtant redoutable. Était-ce parce que le monde ne l'avait toujours pas détruite qu'elle en était toujours capable ?

En attendant, le départ de l'un des leurs du camp de siège devait attirer l'attention de la Tarentule. Si elle en croyait la trajectoire prise, l'individu retournait à la Citadelle de chair pour d'obscures raisons. Finalement, l'Araignée allait l'accompagner sous l'effet d'une projection astrale, invisible aux sens de l'inconnu. Dans l'ombre de sa conscience, Esther l'observait. Ce dernier semblait empreint d'admiration à la vue de l'architecture de chair constituant le Dédale. Manifestement, il restait des fous pour apprécier le macabre des lieux. Comme quoi, certains tombaient bien au contraire d'autres, maudits par cette nouvelle condition. La petite fille comptait parmi ces seconds, travaillant sur sa psyché pour endurer un sort insupportable. Un désespoir lancinant dissimulé derrière ses traits placides. En effet, arrivée au seuil de la Citadelle l'esprit enfantin, elle en ressortait transformée en monstre. Cet homme – qu'elle ne connaissait ni d’Ève ni d'Adam – était-il arrivé ici en monstre ? Sans doute ce détour ici lui servait de baume à l'impatience, se rappelant la promesse de la Destruction dans le lugubre de cette architecture organique.

Silencieuse, la Tarentule allait défaire son voile d'arcane pour qu'enfin, l'homme remarque son cosmos en son dos. Il découvrait l'apparence d'une simple enfant, habillée d'une robe paysanne, sombre. Les cheveux d'ébène débraillés et les pieds nus, elle appartenait de toute évidence à une caste des plus modestes. Ses prunelles d'émeraude le jaugeait pour un temps, avant de rompre le silence.

-Les uns arrachent les crânes et d'autres les admirent. Tu appartiendrais aux seconds ? Est-ce juste cela qui t'a dégagé des rangs de notre dieu à Jamir ? C'est beaucoup d'efforts et de risques pris... pour un si ennuyeux plaisir.

Insipide, ses mots n'étaient pas employés au hasard. En effet, il y avait une forme de danger à quitter son poste ainsi, quand les ennemis pouvaient déferler sur eux à n'importe quel moment. Arès pouvait faire montre d'une extrême émotivité, et le moindre soupçon de désertion était dangereux à son oreille pour celui qui s'y risquait. Mais l'homme le prenant ne devait pas être n'importe qui, comme en témoignait l'intensité du cosmos renfermée au sein de l'armure qu'il portait de manière ostentatoire. Sa fierté, sans l'ombre d'un doute, quand Esther rechignait à révéler le sien ; celui-là même qui était à l'origine de sa malédiction.

-Je suis Esther de la Tarentule, et tu es ?


Citation :
Emplacement du vrai corps : campement de Jamir.





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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Mar 1 Nov - 16:19
*Tiens, je ne suis pas seul!*

A l'énoncé de quelqu'un se trouvant dans son dos, la plupart des gens se seraient un tant soit peu inquiétés. Mais pas Konstantinos. Oh, non pas que ce dernier soit un surhomme à la volonté d'acier, non, la vérité était bien plus sinistre que cela: il se moquait éperdument de mourir. Alors il pouvait bien se trouver trente-six milles assassins dans son dos sans qu'il s'en aperçoive, cela ne lui ferait ni chaud ni froid.

Mais point d'assassin pour le coup lorsqu'il se retourna, où alors le visage de la profession avait sacrément changé depuis le temps. Car il se trouvait devant lui une très jeune fille vêtue comme une paysanne. Néanmoins, le cosmos qui se dégageait d'elle l’empêchait d'être prise pour une simple vas-nus-pieds errant dans le Dédale...de toute façon cette simple idée aurait déjà été assez inconcevable elle-même. En tout cas Konstantinos prit le temps de l'observer un instant pendant qu'elle se présentait, avant de lui répondre. Visiblement la jeune demoiselle faisait elle aussi partie des berzerkers d'Ares. Pour le coup, ils n'auraient pu paraitre plus dissociables. Elle à la chevelure aile de corbeau, lui à la sienne délavée par le temps et les sentiments. Lui revêtu de son armure intégrale de plaque, elle tout juste habillée d'un bout de tissu. Elle son regard d’émeraude, lui ses yeux ambrés.

Mais loin de le déranger, cette différence semblait intéresser le berserker. Il y voyait là une preuve de plus que toute sorte de personnes se ralliait à la bannière d'Ares et participait ainsi à leur combat. Ce qui pour sa propre perception du salut de l'humanité ne pouvait qu'être appréciable. Il n'en sourit ainsi que de plus belle lorsque l'enfant le questionna sur sa présence. Pas la moindre présence de frustration ou de colère dans celui-ci, juste un amusement de bon aloi. Car il s'imaginait à une autre époque la réaction qu'auraient eu certains généraux de sa connaissance à Constantinople si quelqu'un serait venu leur lancer les mêmes propos. Mais lui ne s’étonnait pas vraiment de passer pour un inconnu. Il faut dire que l’accession à sa nouvelle charge était toute récente et il serait même surpris qu'en dehors de l'armée du feu plus d'un quart des berserkers étaient au courant de sa position. Bien qu'il devait être plus connu si on évoquait son nom et le joli petit sobriquet qu'on lui avait associé depuis son arrivée: Konstantinos le traître. Car même si sa défection s'était faite en faveurs d'Ares, l'idée qu'il puisse recommencer était dans l'esprit de tous ceux qu'il avait croisé jusqu'à présent, et qui le lui avaient bien rendu. Mais il était prêt à essuyer autant qu'il le faudrait cette réputation. Il ne renierait pas son passé mais tacherait juste de faire quelque chose de mieux de son avenir.

Et pour commencer, tâcher de se monter aussi amical et courtois qu'à l'habitude. Endosser son titre quand cela était nécessaire uniquement et sinon continuer de se comporter comme un simple camarade. Ils avaient tous la même tâche sacrée après tout, alors pourquoi ne pas s'entendre? C'est donc d'un ton calme et mesuré que le cardinal se présenta à son tour à la jeune demoiselle.


"Konstantinos de la Mort et du Feu, enchanté. Et je dirais que je tâche plutôt d'oter des cranes que d'en contempler, mais à défaut de l'un, je ne rechigne pas l'autre. Quand au risque, il n'est pris que si l'on a quelque chose à perdre."

Et, comme désirant visiblement poursuivre la conversation, ledit Konstantinos s’allongea finalement à même le sol jonché d'ossements, son coude appuyé dessus redressant son torse à la façon romaine que l'on prenait lorsque l'on s'allongeait sur un divan pour discuter et manger. Il avait assez marché pour le moment et n'était pas franchement emballé par l'idée de continuer à discourir en étant ainsi aussi distant physiquement de sa vis-à-vis. Ôter son armure ne lui vint par contre pas à l'esprit. Pour lui elle symbolisait sa nouvelle mission, et l'enlever signifiait perdre un instant ce but dans sa vie. Ce qu'il voulait bien faire pour des raisons de discrétion dans le reste du monde, mais qu'il ne voyait pas de raison de poursuivre une fois bien entouré. Cette carapace était devenue comme sa seconde peau.

C'est donc l'air guère alarmé par les propos de sa camarade que le cardinal reprit la parole, une lueur de curiosité emplissant désormais son regard alors qu'il lui apportait un peu plus de grain à moudre en plus de s’intéresser à elle.


"Et puis je me suis dit que pendant que nous avons presque toutes nos forces stationnées à Jamir, ce ne serait pas trop mal de venir voir comment se passaient les choses par ici. Des fois qu'il vienne à certains l'envie de profiter du dégarnissement de nos défenses. Mais peu importe. Je ne peux pas dire par contre que je m'attendais à croiser quelqu'un comme toi par ici. Je dois donc avouer ma curiosité sur une présente telle que la tienne dans les parages. Qu’est-ce qui t'a emmenée à rejoindre l'armée du dieu de la guerre?"




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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Jeu 3 Nov - 2:14
Qu'il s'exprime, le dénommé Konstantinos laissait une impression des plus étranges à l'Araignée. Sans doute sa désinvolture – si ce n'est son détachement – participait-elle de ce sentiment. Toujours sur ses deux appuis tandis que s'étendait au sol son vis-à-vis, la Tarentule devait traduire une brève surprise à l'évocation de son rang. Un Cardinal. Les porteurs de ces si hauts titres faisaient rarement de vieux os. Fallait-il y voir une ironie sordide à ce que la place du Cardinal de la Mort semble la plus maudite de tous ? D'une trahison, ils étaient passés à une exécution sommaire par des inconnus. Et à présent, la cuirasse habillait les épaules d'un traître, si elle se fiait aux bruits de couloir. N'en sachant guère plus, aucun mépris ne se dégageait de son attitude ; placide. L'air circonspect, elle analysait ce drôle d'oiseau.

Aussi calme puisse-t-il paraître, ses paroles disaient la vicissitude de son âme. Selon toute apparence, il retirait un grand plaisir dans le craquement des os, le déchirement de la chair et l'effusion du sang. La question était de savoir si sa naissance préfigurait sa monstruosité, ou s'il était devenu ainsi par un malheureux concours de circonstances. Née comme une humaine, l'empathie d'Esther lui ferait certainement défaut devant un être mauvais par essence. Mais son expérience laissait entendre que rien n'était blanc ou noir. Une vérité autant élémentaire que complexe. À nouveau, la Tarentule ferait les yeux ronds en entendant la dernière question du Cardinal.

-Eh bien, tu ne perds pas de temps toi.

En effet, à peine se rencontraient-ils que déjà tombaient les interrogations les plus indiscrètes. Manifestement, derrière son air bougon se cachait un certain empressement. Un être impatient, sans doute peu attentif à l'étiquette. Un détail qui n'irait pas sans l'arranger, encore qu'elle ne se voyait pas accorder de si intimes confidences à un inconnu. Dans ce monde, se confier revenait à exposer ses faiblesses. Une pratique nécessitant une certaine parcimonie, mais être si brusquement appelée à ce dévoilement par un chef ne lui facilitait pas la tâche. Songeant à ses paroles, elle pouvait au moins s'estimer heureux de sa loquacité. Ainsi, il devenait aisé de s'éparpiller et d'occulter – du moins diluer – certaines questions.

-On a toujours à perdre. En douter revient à s'illusionner. Je l'ai appris à mes dépens. Enfin... ce n'est pas très important, car au fond... les Cardinaux n'ont aucun compte à rendre aux soldats.

Sur ces mots, elle s'approchait à quelques mètres du cardinal, avant de s’asseoir à même le sol, curieuse de ce nouveau semblable. Tous dans cette armée avaient leur histoire et il était de grandes leçons à en retirer. Étreignant ses genoux, la petite fille se montrait attentive à la manière d'être de cet homme, les cheveux d’albâtre. Dans sa voix ne siégeait aucune hostilité ; douce. Elle serait bien en peine d'essayer de l'intimider, de toute manière. Un sourire est plus productif, et la Tarentule ne s'en priverait pas.

-Ta question m'est curieuse. J'y vois l'évidence d'un choix. Est-ce si naturel aux tiens de choisir leur destin ? Tu ne crois pas au hasard ?

Sans doute y verrait-elle plus clair sur ses motivations ; innocente.




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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Jeu 3 Nov - 3:25
Konstantinos eut un petit éclat de rire devant la réplique étonnée de sa camarade. Visiblement on ne l'avait pas souvent interrogée directement de la sorte. Compréhensible. La plupart des gens, même horribles, respectent une certaine devanture de façade, ou bien n'osent pas se révéler en cherchant à en apprendre plus sur autrui. Mais le berserker avait passé le temps de tels enfantillages pour sa part. Perdre du temps à sociabiliser lentement, apprendre à connaitre quelqu'un petit à petit, ménager les attentions...il préférait largement s'exprimer directement tel qu'il était et voir les autres en faire de même. Bon, cela marchait rarement, bien peu étaient ceux prêts à abandonner leur carapace d'apparence pour parler à cœur ouvert, mais cela ne l’empêchait pas de continuer lui à agir ainsi. Après tout, à défaut de pouvoir ainsi en apprendre plus sur ses frères et sœurs d'arme, il pourrait au moins leur montrer ce qu'il était et ce qui le motivait. Car qui sait, peut-être d'autres seraient sensibles à son idéal et s'impliqueraient alors de plus belle dans les affres de ce monde? Moui, enfin il ne se faisait pas trop d'illusions à ce sujet non plus mais bon, il n'avait rien à perdre en faisant cela, au contraire de ce que semblait penser la jeune fille. Il revint d'ailleurs sur cette idée après qu'elle se soit assise face à lui, laissant sa dernière interrogation pour la suite.

"Permet moi de revenir sur ta première affirmation. Et oui, je peux te demander la permission vu qu'en ce moment, nous ne sommes pas vraiment sur un champ de bataille, où la hiérarchie a et doit avoir force de loi. Je peux te rendre des comptes autant longtemps qu'il me plaira, comme tout un chacun. Les mots appartiennent à tout le monde après tout et si cela me plait de discourir avec toi, peu m'importe ton rang où ton âge. Et tu peux donc me répondre ou pas, à ta guise.

Et à ce sujet, je comprends que tu puisses penser que tout le monde a toujours quelque chose à perdre. Je le pensais aussi depuis bien longtemps jusqu'à ce que je perde tout ce en quoi je croyais justement. Et depuis, je n'ai plus rien sinon un idéal. Et ce idéal me survivra et continuera d'être même après ma mort. Et à moins que l'existence ne cesse d'être ce qu'elle est, je ne le perdrais jamais. Mon sort, les souffrances physiques comme morales que je peux subir, tout cela n'est que désagrément temporaire, car je n'ai plus rien là dedans auquel je tienne vraiment désormais."


Le cardinal reprit ainsi la conversation sur le même ton détendu. Évidement, il était bien conscient qu'il n'avait demandé la permission de parler que de façon rhétorique vu qu'il s'était ensuite exécuté sans en attendre la réponse, mais l'impatience d'enfin avoir une discussion intéressante prit rapidement le pas sur la politesse. Mais vous aviez déjà remarqué qu'il n'était pas vraiment spécialiste de la chose de toute façon, non? En tout cas cette rencontre lui allait pour le moment à ravir. Il faut dire que depuis la petite dizaine d'années qu'il avait passé chez les berserkers, il n'était pas souvent tombé sur de grands adeptes de la réflexion morale et philosophique. Pas vraiment le meilleur coin pour cela il fallait bien avouer. Mais on ne sait jamais sur quoi ou qui l'on peut tomber à force d'essayer, et il venait d'en avoir la preuve devant lui. Visiblement cette toute jeune enfant d'apparence avait un esprit et une langue aiguisée. Konstantinos y voyait du coup les conséquences d'un assagissement accéléré, d'un passage à l'age de raison bien plus rapide que d'autres. Et jusqu'à lors, il n'avait que rarement vu de tels processus avoir lieu dans des circonstances paisibles et agréables. On force rarement sa nature par envie aprés tout. Mais bon, il était encore trop tôt pour en avoir d'absolues certitudes, il verrait bien tout cela tôt ou tard de toute façon. Pour l'instant, la seule question d'importance qu'il avait à se poser dans son fort intérieur était de se demander combien de temps une telle conversation aurait le plaisir de durer.

Et tout le long de ladite conversation, son regard resta ainsi rivé dans celui de la toute jeune demoiselle. Toujours ce manque absolu d’intérêt pour tout ce qui aurait pu se trouver dans son dos ou ailleurs par manque de vigilance de sa part. Et une pose aussi détendue jusque là, et ce malgré le port de son armure, révélant ainsi qu'il avait plus que l’habitude de porter cette dernière en toutes sortes de circonstances. Ses bras restaient immobiles, l'un le soutenant et l'autre trainant négligemment au sol, tandit que ses jambes équilibraient sa posture d'une façon tout à fait naturelle. Pour nombre de gens ordinaires cela aurait pu vouloir ne rien dire mais pour l'Araignée à l'attention acérée, il ne serait pas si difficile d'en déduire que cet homme avait une longue habitude de ce genre de posture, plus coutumière d'une certaine noblesse au cours de repas en divans que de posture roturière plus simple et pratique. Son sourire était toujours là et se faisait à présent un écho de celui de sa vis-à-vis. Et c'est d'un ton encore plus satisfait qu'il poursuivit son propos, visiblement content de cet échange et ne s'en cachant pas. De toute façon, cela semblait être le maître mot de toute son attitude, se présenter à cœur ouvert.


"Mais pour sinon répondre tout de même à ta question, je ne crois pas en effet au hasard. Ou en tout cas pas totalement, en ce qui concerne la situation de chacun. Certes, on peut subir tous les aléas du monde, malheureux comme bienheureux, mais au final, on peut choisir de suivre ou pas ce sur quoi nous place le destin. Même si pour certains, ce choix sera plus limité que d'autres, on peut toujours trouver un moyen. Si par exemple tu t'es trouvée enrôlée chez nous de force, tu aurais pu te tuer plutôt de que continuer à subir cela. Ou bien t'enfuir et aller refaire une vie ailleurs. Et si c'est le hasard qui t'a mis sur notre route, c'est au final toi qui a décidée de rester parmi nous. Ou tu as laissé d'autres décider pour toi. Mais cela revient tout de même à faire un choix.

Enfin, n’hésite pas à me dire à quel point je me trompe si tu penses autrement, je serais tout autant ravi d'entendre tes arguments. Et puis il n'est jamais trop tard pour reconnaitre avoir tort de toute façon, cela vaut mieux que de continuer à s’illusionner toute sa vie durant..."




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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Sam 5 Nov - 12:40
En quelques aspects, ce dénommé Konstantinos lui rappelait Zvezdan. Comme lui, il s'attachait peu aux formalités, tenant plus à construire un lien vrai avec ses soldats plutôt qu'à établir une hiérarchie. Une voie dangereuse, car devant l'antipathie sociale se jouait le respect. Ainsi ces deux Cardinaux étaient-ils destinés à se voir grignotés toujours plus, jusqu'à approcher leurs limites. Le jour où ces deux chefs les atteindraient, ils feraient sûrement montre d'une violence prompte à détruire tout ce qu'ils s'étaient évertués à construire jusque là, questionnant la vacuité de leur présente désinvolture. Au moins ce Konstantinos semblait-il plus sincère que son camarade dans ce trait, ce dernier dissimulant avec âpreté sa psyché égarée. Le second cherchait des réponses, à l'instar d'une ouaille esseulée et torturée. Mais qu'en était-il du nouveau Cardinal de la Mort ?

Trouver des pistes ne serait pas bien difficile, comme le montrait son goût pour la parole. L'écoutant comme la petite fille sage qu'elle continuait à être en dépit de sa récente fracture, Esther peinait bien à trouver un espace dans lequel s'insérer. En effet, son interlocuteur s'accaparait la parole, se perdant dans un long discours en disant finalement assez peu. Elle ne manquerait pas de saisir le plus court répit pour délivrer une laconique réparti.

-Un idéal. Tu vois ? En cherchant, tu trouves à perdre.

Un sous-entendu qu'il ne prendrait certainement pas au sérieux, convaincu de la permanence de sa morale. Peu importe qu'elle naisse d'un drame, l'Araignée trouvait à opposer à ce raisonnement sa propre expérience. D'un traumatisme, il lui avait semblé tout perdre, ne faisant plus que reconstituer artificiellement l'objet de sa perte. Plus rien ne devait l'atteindre, pensait-elle sans jamais remettre en question son nouveau quotidien. Mais Arachné avait fini par l'exposer à ses contradictions, lui arrachant un nouveau bien qu'elle ne s'imaginait pas vulnérable. Effectivement, son être lui avait été volé, pour ne plus devenir qu'une vague conscience de soi tentant lentement de se reconstituer.

Au moins ne se laisserait-elle plus prendre au piège de la nonchalance. Si peu possédait-elle, cette fois, elle ne rougirait pas de défenses devant le peu de biens qu'elle amassait lentement au siège de son esprit. Car c'était la seule manière de garder à distance la Bête, guettant le moindre moment de faiblesse chez les Berserkers. Le Cardinal de la Mort l'apprendrait tôt ou tard, si tant est que lui soit laissé l'opportunité de se reconstruire.

Qu'avance leur « conversation », Esther allait finir par se rendre compte de quelques détails sur son vis-à-vis. Notamment, sa posture, loin d'être aussi brouillonne que la plupart de ses congénères. Oui... sa posture n'était pas naturelle, pas des plus confortables de prime abord, s'en dégageant une élégance certaine. De toute évidence, il était coutumier de manières dont la Tarentule était étrangère, comme en témoignait sa propre tenue ; celle des plus démunis. Elle ne tenait pas sur le sol, elle s'y reposait, au contraire de cet homme qui semblait user d'un effort invisible pour se maintenir dans la présente position. Tout juste pouvait-elle prendre un peu plus la mesure de son étrangeté. Au final, sa manière d'être se confondait avec ses paroles, alourdies d'artifices. Pour la plupart, inutiles, mais desquelles transparaissaient de la grâce. De cela ressortait l'impression du faux, aiguisant la méfiance de l'Araignée à son adresse. Elle ne cesserait pas maintenant d'être sur la défensive.

-Mourir serait un choix ?

Le regard sévère, c'est une pensée qui l'avait traversée. Dans son esprit remontait les souvenirs de son âme agonisante, empreinte d'une mélancolie lancinante. Elle voulait mourir. Elle y voyait un choix. Ludmila avait levé ce mensonge qui couvrait alors son regard pathétique. La mort n'est pas un choix.

-C'est en mourant que se meurt le choix. Le vertige de la Citadelle me l'a appris.

Il aurait fallu préciser la puissante étreinte sur son cou, et la violence de la menace que lui avait asséné la hyène cette fois là. Mais son interlocuteur n'avait pas besoin d'en savoir tant sur son passé.

-Je n'ai pas choisi d'arriver ici. Je n'ai pas choisi de rester. Je n'ai pas même choisi d'être. J'ai soit été leurrée, soit menacée de perdre le choix unique de la survie. Les desseins d'autres m'ont été imposés, et je ne suis pas la seule. C'est la malédiction de nous autres Berserkers d'être refoulés à la frange de l'humanité, attendant que la rancœur dévore notre raison... Il est facile de condamner la haine comme inhumaine, mais c'est pour se préserver que nous nous y perdons tous.

À ce moment, Esther songeait à sa rencontre avec Heed. Manifestement, il inspirait ses mots. Mais pour avoir ce recul, il avait fallu accepter d''écouter l'Autre. Pour la Tarentule, l'ennemi absolu devenait l'ennemi intime. C'est une voie qu'elle essayait de dessiner par son fil propre, mais pourrait-elle narguer le Destin des siens encore longtemps ? Subtilement, l'angoisse habillait ses traits. Au final, ne finissait-elle pas par se confier ?




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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Dim 6 Nov - 19:15
"La mort n'est pas une fin. La mort n'est que le commencement."

C'est sur ces simples mots que le cardinal répondit aux précédents propos de la jeune fille. Tout du long de sa réplique, pourtant guère optimiste, il ne s'était pas départi de son sourire et de son air dégagé. Car ce n'était pas la première fois qu'il se heurtait à pareille pensée, loin de là. Pratiquement à chaque fois qu'il parlait de la chose à quelqu'un à vrai dire. Qui dans le fond pouvait penser de la mort comme un bien, la meilleure chose qui pouvait vous arriver? Konstantinos avait depuis un moment laissé tomber l'espoir de voir quelqu'un reconnaitre cela. Il savait qu'il devait principalement sa conviction aux visions qu'il avait eu, et que sans cette dernière, il était bien ardu d'exprimer cette vérité à autrui. Mais pour une fois que quelqu'un semblait disposer à parler, il n'allait pas s'en priver.

Tant et si bien qu'il était devenu un véritable moulin à paroles. Le manque d'habitude et quelque part une certaine frustration de ne pas pouvoir échanger des idées maintenant qu'il s'en était forgé plusieurs qu'il considérait comme absolues. Car il avait gardé de bon de son éducation toute cette pensée philosophique de réflexion, d'échange et de compréhension. Discourir ainsi était un plaisir qu'il retrouvait et il était bien décidé à poursuivre l'exercice autant que possible.

D'autant plus qu'à l'écoute de la petite fille, il se sentait un désir de l'aider. D'ordinaire, le salut serait venu promptement, sans souffrance, pour la porter vers de meilleurs horizons. Mais pour le coup, il sentait qu'il pouvait l'aider d'abord à accepter cela. Voir même la convaincre de son bien-fondé et plus fou encore, y gagner peut-être quelqu'un qui penserait comme lui? Difficile à envisager, mais ce jeune être avait déjà traversé plus qu'à son tour son lot de souffrance visiblement. Ce qu'elle exprimait, la façon dont elle exprimait, elle avait du traverser bien des choses pour se trouver actuellement là, à tenir de tels discours.

Mais il allait se retenir quelque peu et ne pas repartir dans une longue logorrhée solitaire. A la place, il se contenta de ces quelques phrases, interrogations posées pour mieux saisir la pensée de la jeune demoiselle, ou au moins lui faire saisir la sienne.


"Tu t'es donc vue imposée ta vie. Mais pourquoi n'as-tu pas changé cela? Pourquoi est-tu encore ici? Parce que tu ne peux pas lutter? Mais il n'y a qu'un seul obstacle vraiment insurmontable en ce monde, celui dont on se convainc soi-même. Je suis comme je suis actuellement parce que j'ai effacé ces obstacles. Et bien que tu penses le contraire, désormais même mon idéal ne peut m'être ravi. Le reste du monde peut être vaincu, si l'on s'en convainc déjà soi-même. Sinon on restera à jamais enfermé."




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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Mar 8 Nov - 11:22
Selon toute vraisemblance, son interlocuteur s'adaptait à sa réparti, s'occupant de départir sa pensée de toute fioriture pour en arriver directement à l'essentiel. Ainsi, il se mettait un peu plus au diapason de son esprit, aiguisant son attention. Pourtant, cela ne signifiait pas une libre ouverture à son propos, comme en témoignait sa grimace quant à sa première affirmation. La mort non pas vue comme une fin mais un début. Une réponse n'ayant d'effet que de susciter une profonde irritation en son âme et conscience. Plus exactement, un âpre sentiment d'envie. Car s'il pouvait bien avoir raison, sa vérité demeurait étrangère au sort de l'Araignée. En effet, depuis le jour d'où elle avait été parasitée par Arachné, son sort s'était inscrit dans le marbre ; cruel. Son trépas n'aboutirait à nul commencement, mais bien à sa fin. Sa malédiction s'avérait plus intime qu'à n'importe quel autre Berserker, et Esther ne manquerait pas d'exprimer de l'antipathie à cet homme qui le lui rappelait si brusquement.

Au fond, cette croyance prêchée par ce Cardinal ne lui était pas étrangère, ressemblant trait pour trait à ce que disait le christianisme naissant de l'âme. Des sornettes, s'il fallait se fier à l'existence incontestée des dieux mythologiques au mépris de Dieu. Dans la réalité, le commun des mortels se destinaient aux enfers ; un début guère enthousiasmant, de ce qu'elle en avait entendu. Et ce privilège était encore trop beau pour la Tarentule, offerte à l'armure qui l'avait choisie. Ses paroles vieilles de décennies ne s'estomperaient jamais de son esprit. Elle lui appartenait, à jamais et même dans la mort. Le temps lui avait permis de comprendre le sens de ces mots, mise dans l'intimité de ses capacités. Effectivement, elle était le dernier met sur sa toile, et c'est dans le creux de ladite toile que son âme élirait son ultime résidence, cristallisée pour toujours dans la volonté d'Arachné.

Les pupilles tremblotantes de frustration à la vue de ce si nonchalant vis-à-vis, Esther réprimait autant que faire se peut son émotion. S'énerver n'y changerait rien, d'autant plus que l'illusion de leur égale parole ne la laissait pas dupe sur leur rapport respectif. Elle n'ignorait que le degré de consentement de cet homme dans ce drôle de jeu. Qu'il reprenne la parole, chaque mot équivalait à une lame de plus dans son esprit, soumis à la plus silencieuse affliction. Il fallait endurer. Se mordant la lèvre, elle était menée sans ménagement vers ce qui avait été son tabou. Finalement, marquant un moment de silence après qu'il daigne enfin se taire, la Tarentule luttait pour réprimer son ton incisif ; écorchée à vif.

-Et qu'en est-il de ceux dont l'obstacle réside en ce que tu arbores sur tes épaules ?

Le détail de son accoutrement ne lui avait pas échappé. De toute évidence, et comme la plupart de ses congénères, ce Konstantinos trouvait une forme de fierté dans la Cuirasse qui était maintenant sienne. Pour ces personnes, elles incarnaient l'élévation de leur médiocre condition. Pour Esther, elle incarnait son avilissement ; sa servitude à une cause qui ne pouvait l'atteindre autrement.

-Ma malédiction n'est pas une bête chimère. Elle vit, parle et désire. Ce n'est pas une vue de l'esprit quand je dis avoir été arrachée aux miens. Cet obstacle dont tu parles, elle est ma prison et ses murs sont ma propre chair. Je suis l'ouvrière d'une toile qui sera mon cimetière. Maintenant que tu le sais, je te prie de ne pas agiter plus longtemps ta lame dans ma plaie. Je suis las de faux-espoirs...

Au final, elle s'était confiée plus que de raison. Mais la Tarentule était encore incapable de demeurer stoïque sur un sujet si sensible. Ce n'était qu'après avoir exprimé son ressentiment que son calme pouvait lui revenir, sa voix se faisant plus douce.

-Raconte moi plutôt quels ont été tes obstacles. Ce n'est pas commun de chercher la délivrance dans ce Dédale de chair...




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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Mer 9 Nov - 21:58
Petit à petit, il commençait à saisir un peu mieux. Il fallait bien avouer que le tableau n'était pas facile à discerner. Que ce soit à cause des autres ou d'elle-même, la jeune enfant semblait répugner à dire clairement le fond de ses problèmes. Quoi de plus normal après tout, dans un monde où se découvrir pouvait être signe de faiblesse. Aussi Konstantinos s'estimait-il heureux d'en avoir appris autant en si peu de temps. Et il comprenait désormais pourquoi la jeune fille s'imaginait lier irrémédiablement à un funeste destin. Étrange chose d'ailleurs que devait être cette armure, pour ainsi lier son porteur contre sa volonté. Bon, certes, dans son cas, il avait embrassé la cause d'Ares en pleine connaissance de cause, mais il connaissait justement suffisamment de personnes volontaires en cela pour trouver étrange que la carapace de l'araignée choisisse une des seules à se révolter contre cela. A moins que cela soit justement ce qui lui plaisait? Il avait déjà croisé des armures aux choix et destinées aussi capricieuses dans le fond, à toujours rechercher un genre particulier de porteur, alors pourquoi pas une victime? Il faudrait qu'il se renseigne plus alors auprès des autres berserkers surement.

Mais en attendant, il avait une conversation à continuer. Visiblement ses arguments étaient un peu trop francs et blessants pour la jeune fille vu les réactions de ce visage. Et il comprenait fort bien pourquoi, c'en était même le but. Mais pour le coup il décida de laisser tomber un moment ses arguments et plutôt de s’épancher à nouveau sur lui-même, vu qu'elle semblait le demander. Quelque part, cela servirait aussi son propos de toute manière, et puis il aurait bien des occasions de revoir sa camarade, nulle besoin de la presser dans ses derniers retranchements dés leur première rencontre.

C'est donc en haussant les épaules qu'il reprit la parole, conservant toujours son petit sourire, teinté à présent d'ironie désormais qu'il en revenait à parler de lui, de son parcours et de ses erreurs. Pour le coup difficile de faire court, mais il allait essayer.


"Oh, je n'ai pas eut à traverser tant d'obstacles que cela. J'ai plutôt été le témoin de ceux des autres. Beaucoup pensent que la mort est la plus terrible des choses, mais bien souvent ils n'ont pas vu tout ce que la vie peut apporter d'horrible. J'ai beau avoir grandi dans d'assez bonnes conditions, la détresse de ce monde finit un jour où l'autre par te rattraper. J'ai vu des concitoyens s'entre-massacrer pour des futilités. Le frère exécuter le frère pour une faute qu'il avait commise malgré lui. Les défenseurs d'une prétendue justice et équité mater dans le sang une population parce qu'elle ne prenait pas le sens qu'ils voulaient. J'ai rejeté tout cela, et l'armure que je portais alors. J'en ai payé le prix, dont mon apparence d'aujourd'hui n'en est que le moindre..."

Un instant, sa parole fut comme suspendue, alors qu'en s'écoutant, les propres propos de Konstantinos venaient lui rappeler sa propre malédiction. Mais alors son sourire s'accentua, comme pour conjurer le mauvais sort. Car après tout, si tel était le prix à payer pour avoir ainsi ouvert les yeux, il serait encore prêt à le faire encore et encore. Lentement, surement, son ancienne constellation tutélaire venait prendre becquée par becquée ce qu'il restait de lui, mais il tiendrait bon vaille que vaille, jusqu'à ce que son idéal soit enfin réalité...ou bien qu'une lame ne mette fin à sa vie. S'il portait en fait si constamment sa carapace actuelle, c'était bien plus pour retarder une sombre échéance qu'autre chose. Car il désirait tenir encore au-delà. Jusqu'à son dernier lambeau d'âme.

Et faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il tacha de reprendre et terminer son récit le sourire aux lèvres, avec une sorte d'optimisme forcené. Après tout, il ne pouvait rien lui arriver de grave désormais, au pire un repos bien mérité. C'est donc avec cette confiance en lui qu'il laissa ses mots habiter de leur écho cette salle ô combien morbide et si peu habituée à de telles paroles.


"Mais j'ai réussi à me libérer de ce carcan, et pensé par moi-même. Je suis allé voir le vaste monde des années durant. J'ai constaté partout la même pensée inique et cupide. Puis j'ai trouvé la réponse à tout cela. Une voie de salut pour moi comme les autres. Et depuis je tâche de la prodiguer à chacun, autant que je le pourrais avant d'avoir à mon tour droit au repos. Et je me suis ainsi finalement retrouvé ici. Comme tu l'as dit, ici se trouve une bonne part des mis à ban de la société. Et c'est pour cela que j'ai jugé qu'eux-seuls seront capables d'accomplir jusqu'au bout ce devoir, celui de tout détruire pour pouvoir tout recommencer."




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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Jeu 10 Nov - 14:04
Peu importe l'énergie employée à forcer l'intérêt, il lui était impossible de se dégager de la défensive. Quelque chose dans cet homme l'invitait à la plus vive méfiance. Quelque chose sur lequel il était pour le moment impossible de mettre mot. Il nourrissait les contradictions et perdait ses interlocuteurs dans des fausses pistes. Car s'il se disait étranger aux obstacles – et donc fort peu légitime à en parler –, son histoire donnait un autre son de cloche. Ce qu'il en ressortait avec une relative certitude, c'était le peu d'attachement vraisemblable à l'adresse de ce qui avait été son confortable cocon. Cela devait expliquer que ce malheur ne l'ait pas plus marqué que ça, étant à la naissance fort peu pourvu d'empathie. Ou alors, il s'était façonné un masque le protégeant de lui-même, comme elle avait pu le faire avec ses familles successives. Était-ce le sens de la petite pause qu'il prenait ? Il faudrait plus qu'une conversation pour aborder la psyché du nouveau Cardinal.

L'écoutant avec attention, la Tarentule était retournée à sa placidité, encore que l'on pouvait discerner une certaine curiosité sur ses traits. Un intérêt réservé, s'il en est. Elle voudrait penser qu'il n'était pas commun de parler si légèrement avec un Cardinal, mais Zvezdan l'avait déjà habituée à cela. Une proximité néfaste entre un supérieur et son subalterne, à en croire la tension concluant leur dernière discussion ; ce pourquoi l'Araignée veillait à garder une certaine distance émotionnelle avec son vis-à-vis.

Qu'il reprenne son parcours, le malaise d'Esther se précisait, et cela se retrouvait dans son regard devenu sombre. Ce Konstantinos avait beau les avoir rejoint, il demeurait encore proche des siens. Superposer des idéaux à la perdition de marginaux ; une démarche pour le moins condescendante, mais dont les prédicateurs ne pouvaient se rendre compte à moins de s'être trouvé un moment de l'autre côté. Comme les autres, il désirait s'approprier la rage des Berserkers pour la réalisation de sa vision. Leur alliance avec les Oracles n'était à ce titre pas neutre.

-Je vois. À bien des égards, tu ressembles à nos alliés romains. Eux aussi voient en nous de commodes outils pour la réalisation de leur Rêve. Des amis précieux, à n'en point douter.

Son sourire était ironique. Le Cardinal de la Mort en serait difficilement dupe, à moins d'ignorer la dernière esbroufe ayant fauché la vie de son prédécesseur. L'expression sévère, Esther était rapprochée des conversations qu'elle avait pu tenir aux abords du Sanctuaire. Cet homme les jugeait à sa manière, non moins supérieur.

-Je suis curieuse, de quelle pensée unique parles tu ? Moi-même, j'ai beaucoup voyagé... et je ne me retrouve pas dans tes mots.

En effet, sa malédiction s'était travestie en libération, lui conférant la capacité d'explorer le monde par la pensée pour s'enivrer des infinies psychés composant les différents territoires. Esther en retirait une grande richesse, cela ayant justifié la pérennité de sa mascarade. Aussi lui était-il difficile de voir autre chose que de la rhétorique dans le discours de son interlocuteur. Une habile rhétorique pour imposer aux plus perdus sa volonté. En un sens, il ne peinerait pas à trouver son public, mais la Tarentule n'en compterait pas. Son intérêt pour sa vision était motivée ; son sourire empreint d'une fausse bienveillance.

-Parles moi de ton Rêve, Konstantinos.




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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Jeu 17 Nov - 20:59
Pour toute réponse à ses derniers propos, Esther ne reçut en premier lieu qu'un regard noir de la part du cardinal. Un regard lui renvoyant de façon exacerbé son mépris. Comme sous l'emprise d'un coup de sang, le placide berzerker ne montra à cet instant guère plus de signe d'amitié ou de sympathie, plutôt une vive colère. Mais on sentait bien plus que Konstantinos derrière ces yeux, on pouvait sentir la colère et la rage d'une bestialité empreinte au fond du guerrier d'Ares. Lui comme tout autre n'échappait pas à la Bête qui était en chacun d'eux, le prix de leur allégeance. Et visiblement pris par surprise, le cardinal avait laissé s'échapper ses émotions et avec elles celle qui les dominait. Mais rapidement cette impression s'effaça peu à peu pour revenir à une atmosphère plus calme. Reprenant la main sur ses pensées et ses réactions, le guerrier musela la rage en lui, avec une habitude découlant d'années de pratique. Non sans mal, mais le cardinal avait l'habitude de cette souffrance interne. Il ferait avec.

Néanmoins le regard qu'il rendit alors à Esther était empreint d'une grande déception. Et c'est en secouant la tête d'un air désolé qu'il reprit ses propos.


"Si tu penses que je ne vois chacun que comme un pion, c'est que tu n'as pas vraiment écouté ce que je t'ai raconté. Qu'importe alors ce que je te parles du reste si tu n'en a cure, non?"

Konstantinos ne semblait plus vraiment énervé. Plus...déçu. Sa main auparavant placidement posée sur un crane avait défoncé ledit ossement sous le coup de la colère mais venait désormais jouer distraitement du bout des doigts avec les débris. Ses yeux étaient plus sombres et désabusés mais un petit sourire néanmoins présent, comme par réflexe. Au final il s'en voulait plus à lui même qu'à la jeune fille en face de lui. Après tout c'était sa faute que d'avoir eu l'espace d'un instant de trop hautes espérances. Il en revenait ainsi à son quotidien habituel, incompris de tous, mais du moment qu'il y prenait garde, ce n'était pas vraiment un problème. Juste qu'il apprenne à ne pas se laisser aller ainsi trop souvent. S'il n'avait trouvé personne qui rejoigne ses pensées malgré toutes ses années, ce ne serait pas aujourd'hui que cela arriverait. Il devait faire une croix là-dessus...

Se perdant ainsi un instant dans ses pensées, Konstantinos finit par hausser des épaules d'un air fataliste. Puis reprendre néanmoins la conversation en partant sur un autre sujet. Et pour le coup retrouva même le sourire en parlant de sujet plus plaisant.


"Donc comme ça tu as beaucoup voyagé? Dans quelles régions au fait? Moi-même, je n'ai guère quitté les alentours de la mer jusqu'à ce que je me rende auprès d'Ares, je dois donc avouer être assez curieux de ce que tu aurais pu croiser de ton coté."





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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Ven 18 Nov - 17:25
Son sourire tombait tandis que son interlocuteur irradiait d'une vitalité insoupçonnée. Celui-ci – fort d'une colère qui sut lui arracher un frisson – démontrait son attachement à son idéal, ainsi qu'à sa préservation. D'évidence qu'il ne laisserait pas la Tarentule corrompre plus longtemps l'apparente pureté de sa vision. Se rendait-il compte de la fragilité de son bien éternel pour s'être si facilement laissé emporté ? Esther se contenterait de l'observer silencieusement, inclinant légèrement la tête sur le côté ; semblable à un animal curieux. Au jugé de ce que renfermaient les yeux de cet homme au cours de son énervement, il semblait plus proche de ses nouveaux congénères qu'estimé. En effet, une aura bestiale élisait résidence en son âme et conscience. Ce qu'Esther verrait comme la réalité de sa nature, qu'un masque de manières dissiperait difficilement. Au final, peu importe ses idéaux, il demeurait un fauve ne tenant que sur de vaines illusions. En cela, il se rapprochait de ce qu'elle avait été et s'attirait une sympathie pour le moins paradoxale ; juste au moment où son vis-à-vis s'employait à creuser enfin un fossé entre eux.

Ne répondant pas à une question somme toute rhétorique, l'Araignée laissait Konstantinos remettre de l'ordre dans ses idées. Il n'était plus utile de chercher ses limites, maintenant qu'elles avaient été dépassées. Leur discussion n'en serait que plus saine, désormais. Et la tension ne pouvait que retomber avec le sujet en voie d'être abordé. Son sourire allait lui revenir, cette fois plus sincère et la voix douce.

-Je suis née en Francie. Il est peu de région là-bas que je ne connaisse, et mes pas ont fini par me mener jusqu'ici. Je ne suis pas très familière des grandes villes. Ce n'est que récemment que j'ai découvert Rome, Carthage et même Constantinople. Peut-être que notre différence essentielle tient là. Toutes les personnes que j'ai croisé n'ont jamais été que de sombres inconnus, sans ambition ni même prétention. Là-bas, il n'est pas de carcan, sinon la bête nécessité de fonder, nourrir et protéger une famille. Ce pourquoi je me sens tant étrangère des grands desseins. Ils n'amènent bien souvent que la guerre, la famine et la pestilence. Mais toi, on te croirait à la marge de tout ça. Tu portes bien ton armure. C'est plutôt amusant.

L'expression malicieuse, cet homme incarnait on ne peut mieux la Mort. Éperdu dans sa propre affliction, étranger de toutes les autres. Seul. Sans doute était-ce là l'essence de sa malédiction, cruelle. Marquant un temps de silence, Esther repensait à ce qui avait pu inspirer la récente colère du Cardinal. Un détail la travaillait.

-Dis moi, n'as tu jamais douté des mots ?

L'air plus sérieux, ses traits étaient moins marqués, plus énigmatique.




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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Mar 22 Nov - 15:36
Prenant le temps de réfléchir à la nouvelle question qui lui était posé tout à fait légitimement, Konstantinos se plongea un court moment dans son passé. A une époque où tout cela avait un sens bien différent à ses yeux. Avant que tout ne change. C'est dans ces moments qu'il se prenait à regretter. Non pas d'avoir vécu tout cela mais au contraire de ne pas l'avoir vécu plus tôt. Car désormais, il se prenait à penser qu'il était peut-être trop tard pour lui. Mais d'autres auraient peut-être plus de chance? Était-ce cela qui le poussait ainsi à s'ouvrir un peu trop facilement sur ses idéaux? En tout cas, il n'allait pas s’arrêter en si bon chemin.

Reportant ainsi son regard sur sa vis-à-vis, il leva sa main trainant auparavant sur le sol, resserrée à présent en un poing ferme et décidé alors qu'il reprenait le cours de ses mots.


"A une époque, je n'en doutais pas justement. J'avais une foi totale envers ce que l'on m'enseignait, ce que l'on m'affirmait...."

Et alors qu'il disait cela, le cardinal laissa s'entrouvrir son poing, déversant ainsi une poussière d'os dans l'air, illustrant ainsi parfaitement la suite de son propos.

"...puis j'ai été confronté à cette réalité dont tu parles et toutes mes croyances se sont envolées. J'ai alors douté de tout, remis en cause chaque chose que je savais. Et j'ai décidé ne ne plus suivre que ce je voyais, ce que je comprenais sans que personne ne me l'ai mis dans la tête ou dans l'oreille."

Laissant ensuite retomber sa main dans un soupir, il revint ensuite à Esther avec un brin d"ironie dans le regard comme dans la voix. Il n'était pas totalement aveugle sur lui-même et ce à quoi il devait ressembler de l’extérieur, juste parfois un peu oublieux de tout ce genre de "détails". Mais quand on le lui faisait remarquer de la sorte, il pouvait difficilement l'occulter. Et il y répondait donc à sa manière.

"Et maintenant j'essaye moi-même de persuader d'autres personnes de mes idées...Mais bon, à ma défense, je ne m’épanche pas souvent sur le sujet. Je laisse la plupart du temps les gens tranquilles avec leurs croyances et me contente d'appliquer les miennes. Mais je ne sais pas, quelque chose en toi m'a donné envie d'aller plus loin, d'exprimer plus profondément ma pensée qu'à l'ordinaire. Va savoir pourquoi.

Du coup désormais je tache de ne plus dire que le fond de ma pensée, de ne rien cacher et de parler honnêtement à chacun que je croise. Libre à eux de faire de même ou pas. Cela ne changera pas la façon dont je continuerais ma vie de toute manière."


Comme conscient qu'il repartait à nouveau dans un trop plein de mots, Konstantinos s'en tint finalement là. Attendant de voir si la petite demoiselle avait d'autres interrogations à son sujet. Elle ne tenait visiblement pas à ce que l'on cherche trop de choses sur elle alors il s'abstint de poser de nouvelles questions.




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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Ven 25 Nov - 19:58
Le regard vif, Esther commençait à aborder l'essence de son interlocuteur. Doux paradoxe que la retenue découvre la conscience. Les non-dits prenaient de l'envergure et appâtaient son intérêt. À quelques moments du discours de la Mort, la Tarentule laissait s'échapper de légers rires, visiblement amusée par certains propos ; notamment, sa réserve habituelle, que son actuelle prédication ne mettait guère en lumière. Pensait-il ce qu'il disait ? Il était difficile de le croire, eu égard de sa manière d'être. Mais cet homme ne se trompait pas en l'estimant plus abordable que le commun des mortels. Sa curiosité la mettait d'ailleurs à la marge de la plupart de ses semblables, avide de secrets. Un jour ou l'autre, cette soif de savoir lui jouerait des tours. L'Araignée comptait de nombreux liens dans le monde, parfois au cœur même de la base ennemie. La guerre ne pouvait arrêter l'extension de sa toile. Une obsession héritée d'Arachné, qui sortait lentement de sa torpeur.

Son amusement allait s'atténuer sur les derniers mots de son vis-à-vis. En dépit de leur expérience divergente, il s'attirait son empathie. Sans doute était-ce son caractère esseulé qui la touchait et impulsait une ombre de tristesse sur son sourire. Les serviteurs d'Arès revenaient toujours à leur solitude intrinsèque, que chacun réprimait à sa manière. Manifestement, ce Konstantinos se perdait dans l'espoir d'être un jour compris. Un moment silencieuse, la Tarentule perdait son propre regard sur son flanc, dans le vide de ce monde cauchemardesque.

-Des croyances... j'ai pu en observer, mais je n'en ai jamais ressenti. Je n'ai toujours fait que les emprunter au cours de mes vies successives. Ma conscience est morte-née. Avec elle... la foi. Les mots n'ont toujours été pour moi qu'une surface à je ne sais quoi. Des masques... ils me tenaient en vie contre une vérité cruelle. Je n'ai jamais voulu la regarder dans les yeux, jusqu'à récemment.

Renouant le contact visuel avec le Cardinal de la Mort, Esther se relevait. Pas à pas, elle rompait la distance les séparant. Elle ne s'arrêterait qu'arrivée jusque son espace intime. À cet instant seulement, elle se reposerait à nouveau au sol, ramenant la poussière d'os en un petit monticule d'où elle en puiserait une pincée. L'essuyant entre ses doigts, son expression se faisait plus introspective.

-Peu importe d'où vient cette poussière, elle ne saisira jamais le monde et finira par s'y perdre.

Levant ses yeux d'émeraude vers ceux ambrés du Cardinal.

-Je ne dis pas qu'il ne faut pas s'y intéresser, mais il faut apprendre à s'en détacher.

Ainsi sans doute, s'épargnerait-il des déconvenues à la rencontre de personnes mal intentionnées, plus mesquines. Les Berserkers avaient tout à gagner à ne laisser aucun terrain à leur adversaire. De toute, aucune terre ne leur serait jamais livrée. Des prédateurs – si ce n'est des parasites –, voilà tout ce qu'ils étaient.




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KonstantinosavatarArmure :
Cuirasse de la Mort

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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Ven 2 Déc - 19:58
Souriant à cette dernière remarque, Konstantinos vint alors à son tour se saisir d'un peu de cette poussière d'os amoncelée, la blottissant au creux de sa main. Dans le même temps, il se redressa alors pour s'assoir plus ordinairement face à Esther, jambes croisées sous lui et le bras à demi levé. Il reprit alors la parole d'un air serein tout en rendant son regard à la jeune fille, empreint de sympathie.

"Je suis d'accord avec toi sur l'idée. Mais on peut se détacher de bien des façons. Et il suffit bien souvent d'un petit coup de main de quelqu'un ou quelque chose pour que la poussière, à défaut de devenir infinie sapience, se révèle être plus que cela."

Levant alors sa main au niveau de son visage, le cardinal souffla alors doucement sur ladite poussière amassée. Et dans le même temps fit émerger de son corps son cosmos dont la sanglante lueur vint illuminer brièvement les lieux. Et sous le spectre de cette rougeoyante lueur, le nuage de poussière formé par le souffle de Konstantinos devint une pluie de lumière, nuée de milliers de boules scintillantes sous l'illumination éphémère. Et il continua alors son propos tout en observant le ballet de la poussière omniprésente autour d'eux et désormais révélée.

"La poussière n'a pas besoin de saisir le monde au final, elle est ce monde et a juste à former ce monde selon sa volonté..."

Étendant alors son cosmos dans la direction de sa main, le berserker laissa s'exprimer l’énergie spirituelle de son corps, se fondre dans l'air ambiant pour lui donner corps. Les particules se rassemblèrent et formèrent une effigie. A savoir une statue à taille réelle d'Esther elle-même, représentée telle qu'elle se trouvait devant l'ancien chevalier, du mieux que le pouvaient les sens artistiques de ce dernier, à savoir une honorable moyenne. Mais alors que l'amalgame de poussières ne devrait durer qu'un instant, le cardinal s'était assuré avec son emprise que l’œuvre resterait aussi dure que la pierre. Offrant alors un petit sourire amusé à la demoiselle, il garda le tout en l'état, laissant le soin à son interlocutrice d'approuver ou non le résultat.




Armure de la Mort

Les sauver...je vais tous les sauver....à mort!


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EstheravatarArmure :
Cuirasse de la Tarentule

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Message Re: [Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]   Dim 4 Déc - 3:08
Selon toute apparence, leur complicité s'était restaurée ; retournés à leur curiosité respective. Un homme décidément sympathique, en dépit de son appartenance à l'armée d'Arès. Sans doute cela avait-il à voir avec son passé, somme toute assez divergent avec celui du commun des Berserkers. À n'en point douter, son cœur palpitait à partager sa vision. Aussi ne devait-il pas être solitaire de choix, mais d'idée. Et il s'engageait à la démontrer un peu plus devant la réserve marquée de la Tarentule. Pour se faire, la même métaphore serait reprise, prolongeant le cheminement pour découvrir un peu plus certaines facettes de ce monde. Et sa méthode, pour ainsi dire, parviendrait cette fois à arracher une forme d'émerveillement chez la Tarentule. Un émerveillement enfantin, admirant les lueurs étoilées que le cosmos de la Mort faisait danser dans son proche environnement.

Cependant, son sourire gagnerait un peu plus en réserve tandis que son vis-à-vis expliciterait l'image se façonnant au creux de sa main. Ni plus ni moins qu'une représentation de ce qu'elle était. Un effet miroir que les personnes de sa qualité n'étaient guère habituées à rencontrer. D'une certaine manière, dans les traits de cet objet, Esther se découvrait. Son visage apparaissait pour le moins intrigué, détaillant du regard l’œuvre du Cardinal.

-Cela est très beau.

L'effleurant, la Tarentule finirait par rendre un sourire triste à cette représentation d'elle-même. L'Araignée était sincère sur le talent dont dénotait son semblable, mais quelque chose dans cette démonstration mettait en évidence une autre réalité, plus sombre.

-Toutefois... une volonté est éphémère. Il est une certaine vacuité à vouloir façonner le monde. Nous ne sommes pas des dieux, après tout. Je mourrai... toi aussi... et ce monde nous survivra. Peu importe l'imprégnation de nos traces, nous serons oubliés. Car à la fin, il ne reste que ce Vent.

Mélancolique, Esther prendrait un moment avant de se relever. Observant le lugubre de la salle, elle adresserait un dernier regard à l’œuvre de Konstantinos.

-En attendant, j'espère que tu garderas de moi une bonne trace. J'ai apprécié cette conversation.

Sur ces mots, la silhouette de l'Araignée se dissiperait peu à peu, pour n'être plus qu'une poussière de lumière éphémère. Le Cardinal de la Mort était renvoyé à sa solitude.




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
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[Fin Août 550] Et pour quelques ossements de plus...[pv Esther]
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