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 [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...

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Message [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Sam 5 Nov - 16:03
Tête-de-Serpillère, alias Asher Dorana, représentait une énigme opaque pour le Premier rempart d'Asgard. Rendu mauvais et fourbe par ses expériences passées, le guerrier divin de Delta s'acharnait à rendre à son entourage la vie mauvaise, à tisser des intrigues et des illusions dans un but encore difficilement identifiable, mais clairement préjudiciable pour tous ceux qui croisaient sa route. Pourtant, malgré cette nature sournoise, Alvis avait vu quelque part en lui autre chose. Un passé qui ressemblait au sien, avec son lot de tragédies et de tourments, de sang et de violence. Les cicatrices sur le dos de Dorana témoignaient de traitements inhumains -ou alors son machiavélisme se couplait à une démence avancée pour qu'il se fût infligé lui-même ce genre de sévices- et il semblait vouloir le faire payer au monde entier.

Le Serpent réfléchissait à cet homme, ce qu'il était autrefois, son présent et ce vers quoi le futur le prédestinait. Il pensait à son sourire sadique, mais aussi à Kendrill, et à cette facette fragile de sa personnalité dont il avait été témoin. Couper ses racines avec le passé. Des larmes, de la colère, des cendres... S'il savait que cela nourrissait une faiblesse de sa part, Alvis ne pouvait s'empêcher de voir l'enfant persécuté derrière la malveillance. Comment en vouloir à quelqu'un qui recherchait la même sorte de soulagement que lui ? Qui voulait trouver une place dans le monde, qui subissait les crachats incessants et les insultes de tous ? Pourquoi existait-il un tel fossé entre les bien-nés et les pauvres ? Entre les gens "normaux" et ceux "différents" pour une raison ou une autre ?

Persuadé de pouvoir en apprendre plus sur tout cela, le jeune Gamma décida de braver l'insupportable manie d'Asher à vouloir lui montrer la méchanceté du monde pour aller lui poser d'autres questions. Un besoin de comprendre lui tiraillait l'esprit, malgré son rejet de l'humanité. Il trouvait sa paix dans le fait de tuer et de rayer de la carte ceux qui toujours le méprisaient, mais cela suffirait-il ? Et pour quelqu'un comme Alvis qui ne voulait pas tomber aussi bas que les Hommes, à décimer ses semblables, cette solution paraissait si inconcevable... Tuer des animaux pour survivre allait dans le sens de la nature. Tuer ses propres pairs par jalousie, par envie, par colère, par amertume, par désir de conquête... Seul l'Homme agissait ainsi, animal fou et dis-harmonieux de naissance.

C'est ainsi que le petit brun se retrouva à emprunter la route de la forêt pourrie, droit vers le cimetière d'améthyste où il avait croisé Asher la première fois. Il voulait savoir si le guerrier divin s'était débarrassé des monstruosités commises par son prédécesseurs, si sa contemplation morbide de la décadence humaine s'apaisait avec le sacrifice de Kendrill sur un autel de sang et de cendres.




Dernière édition par Alvis le Lun 5 Déc - 16:24, édité 1 fois
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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Lun 7 Nov - 15:57
    Proche de sa fin, Asher le savait et l’avait accepté dans le sang et les cendres du domaine qui l’avait vu grandir. Sur la pile des corps qui composait son passé, il avait avec eux, fait brûler son futur. Bientôt, de toute façon, il les rejoindrait. Non. Il irait ailleurs lui. Droit dans les bras d’Hel. Après tout, c’était sa demi-sœur, peut-être lui réserverait-elle un traitement de faveur ou bien… pire encore que ce qu’elle faisait aux autres. Après tout, il était marqué du sceau du parjure, de la traîtrise et il savait au fond de lui-même, que la putain lui demanderait de se salir encore plus. Et qu’il le ferait, sans remords et sans regret. Il n’avait après tout, aucune attache dans ces terres et personne pour lui. Il tuerait sans problème qui on lui dirait de tuer. C’était tout ce qu’il avait jamais su faire de bien dans sa vie : tuer.

    Et cette paix, ce calme dont il avait besoin avant sa fin proche, le roi des rats ne les trouvaient pas dans ses appartements du château ou dans les étendues gelées d’Asgard. Il les trouvait dans ce lieu sinistre, qu’il était le seul à fréquenter. Les vastes sarcophages de cristaux mis en place par son maître, et sûrement d’autres avant lui. Non loin de là, il avait trouvé d’autres corps pris dans améthyste que ceux près desquels Alvis et lui avaient jadis discuté. Le guerrier de Delta s’était rendu dans cet endroit appuyé, le dos contre l’une de ces tombes d’infâme. À penser. Il n’avait plus que ça. Ça et attendre. Attendre que les rouages du plan dans lequel il ne fût qu’un pion, qu’un esclave contraint, encore, toujours. Ce plan qui lui coûterait la vie. Il fut surpris d’entendre des pas venant dans sa direction, mais il ne se releva pas. Cette fois, il n’était pas vêtu de haillon et de misères, mais de soie et dorure. Il était le guerrier divin et non plus l’ancien esclave. Même s’il sentait toujours le poids du fer autour de son cou et la marque du feu dans son dos.

    Asher n’eut aucun mal à reconnaître le cosmos du guerrier divin de Gamma. Finalement, et c’était là le plus triste, c’était avec lui qu’il avait tissé le plus de chose. Avec ce petit garçon, sauvage, naïf. Qui lui ressemblait autant qu’ils étaient différents. Le destin peut-être, se jouait d’eux, peut-être avait-il fait de Gamma et Delta les faces d’une même pièce. Voué à ne jamais vraiment se comprendre mais à toujours se livrer cette étrange danse de serpent. Au moins, il pouvait toujours s’amuser. Les illusions et les fantômes, c’est tout ce qui lui restait. Et c’était au fond, tout ce qu’il n'avait jamais eu. Du paraître, des faux-semblants. Des illusions. Son pouvoir était au fond, le miroir d'âme. Vide de fondement. Il n’eut pas de mal alors à rependre son aura viciée et malsaine dans les environs en ruine de la forêt et d’atteindre Alvis. Oh, l’illusion serait simple, bénigne même. Tellement simple, qu’elle tromperait même Jor'.

    La forêt morte commencerait alors à reprendre un peu de vie sous les yeux d’Alvis. Pas de façon brutale, mais comme si on avait retiré ce qui aspirait la vie ici pour la rendre à la terre. Et quand le petit garçon finit par arriver dans le cimeterre des pierres précieuses, le petit serpent ne verrait plus les tombes violettes et les cadavres préservés à l’intérieur, mais autant de jeunes pousses d’arbre et de vie à venir. Puis le vent, qui souffla l’illusion et ramena brutalement le premier rempart à la réalité triste. Rien n’avait changé et ce lieu était toujours une ode sordide à la mort et au refus de la paix. Refus pour les autres, mais paix étrange pour le maître des lieux. Asher se leva alors doucement et fit quelques pas vers Alvis.

    « - Déçu non ? Je te l’ai dit, j’aime cet endroit et c’est rendre service à ses prisonniers que de les laisser ainsi. Ils sont mieux dans la pierre que chez les vers ! »

    Et un petit sourire mesquin étira le visage d’Asher. Oh oui, il allait se servir d’Alvis pour s’amuser. Peut-être pouvait-il le faire tomber avec lui et ainsi, ne pas partir seul...


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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Lun 7 Nov - 16:36
La même atmosphère lugubre qu'auparavant accueillit l'adolescent lorsqu'il s'avança au milieu des arbres figés, le même silence... et soudain un changement, léger. Avec sa perception toujours un peu plus affinée du cosmos, Alvis sentit l'énergie du Delta se mettre en branle : le jeu commençait alors. Sans ralentir le pas, il se dirigea vers le cœur du cimetière, déployant sa propre force autour de lui dans un manteau émeraude remarquablement vif. La forêt renaissait alors à sa vue, mais il savait que tout cela n'était mensonges. L'homme à la pâle chevelure apparut dans son champ de vision, et alors l'illusion se dissipa aussi vite qu'apparue.

"Je ne tombe pas dans ce genre de pièges Dorana. Une forêt sans oiseaux, sans insectes, sans gibier, ça n'existe pas. Une forêt vivante en tout cas. Et nous savons tous les deux que celle-ci ne l'est pas. Ce n'est pas en dix jours qu'elle aurait pu repousser."

Son regard glissa sur les cercueils violacés, rencontrant les orbites vides de ces gens piégés depuis si longtemps qu'on ne s'en rappelait plus la date de commencement. Ainsi donc Asher préférait côtoyer les morts et la solitude. Cela ne le changeait pas trop, mais Alvis aurait trouvé normal de changer, se débarrasser de tout cela en même temps que Kendrill et son passé. Faire table rase pour mieux vivre l'instant présent.

"Peu importe ce que tu fais, ils sont morts en fin de compte... Pas de la meilleure manière, mais enfin... Et puis, c'est toi qui gardes cet endroit."

Pressentant que la conversation allait durer un moment, le petit brun avisa un arbre proche à l'air solide et s'approcha du tronc lentement. Il prit un peu d'élan, posa un appui sur la base de l'arbre et se détendit de tout son long pour attraper la branche la plus basse. Un craquement se fit entendre alors qu'il s'y suspendait et il se hissa rapidement sur une seconde branche un peu plus haute, tandis que la première cédait net sous son poids. Jaugeant la stabilité de cette seconde branche, il estima qu'il pouvait rester et s'y appuyer tranquillement.

"Dis, Dorana... A ton avis, pourquoi les gens ne nous aiment pas ? Pourquoi mes yeux, pourquoi tes cendres nous isolent comme ça ? Et Loki, qu'est-ce qu'il en pense ? Il doit bien venir te voir parfois..."


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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Mar 8 Nov - 19:17
    Pour seule réponse de Dorana à la réplique d’Alvis sur l’illusion, légère, dans laquelle il l’avait plongé, fut un léger sourire fugace, qui disparut aussi vite qu’il était apparu sur le visage du Delta. La réplique suivante du petit serpent intrigua le gardien de cette forêt morte. Visiblement, il semblait moins offusqué, moins choqué par ce qu’il avait vu la première fois. Kendril au fond, n’avait peut-être pas seulement changé les choses chez Asher mais aussi chez le premier rempart d’Asgard. Voilà une idée qui fit plaisir au mort en sursis. Peut-être que s’il avait disposé d’un peu plus de temps, il aurait pu faire quelque chose de potable avec ce petit garçon sauvage et naïf. Oui. Peut-être qu’il aurait pu le soigner de cette naïveté et lui faire comprendre la triste réalité de la vie. Qu’au fond, il n’y a de vrai que la mort et son étreinte. Tout le reste, ce n’est que repousser l’inévitable. Que la vie n’a aucune valeur, car la mort gagne toujours. Survivre n’est pas vivre. Asher ne savait pas vivre. Il n’avait fait que survivre durant les vingt-cinq printemps de sa vie.

    Il regarda ensuite le serpent s’étendre et attraper une branche d’un arbre mort, mais encore vigoureux, pour se mettre en hauteur. Comportement intéressant. Le petit serpent cherchait-il à mettre de la hauteur entre lui et le prédateur. Ou bien simplement un meilleur angle d’attaque pour frapper le gardien de l’étoile de Delta ? Car, bien qu’Innocente, la question du petit serpent fusa comme si l’animal qu’il représentait venait de montrer ses crochets et d’essayer de les planter dans le mollet d’Asher. Oh, la première des questions d’Alvis n’était pas la plus violente. A vrai dire, Dorana s’était posé tant de fois la question, et jamais il n’avait trouvé la réponse. Il avait simplement appris, avec le temps, et les expériences amères, à faire sienne cette haine et cette colère. Il s’était demandé pourquoi les fils du maître le détestaient tant. Pourquoi s’en prenaient-ils à lui en particulier. Jaloux sûrement, de sa divine parenté. Jaloux aussi, de ses propres talents alors qu’eux, n’étaient que des miséreux. Jaloux, de la chaleur des cendres. Jaloux, du sang versé. Mais Dorana se garda bien de montrer quoi que ce soit à Alvis. Il accueillit alors la question simplement, par un petit rire amusé.

    « - Il faut se montrer digne pour recevoir la visite d’un dieu, même si son sang coule dans tes veines. Les volontés divines sont impénétrables. Loki ne m’a jamais rien dit. Mais il n’a pas besoin de parler pour savoir ! »

    Le cosmos d’Asher glissa alors vers Alvis et ça serait sa réponse à son autre question. Plus petit encore, voilà comment le petit garçon se verrait. Création d’Asher, mais cela pouvait très bien une des expériences vécues par sa victime. Il s’inspirait pour ça, d’une partie des siennes. C’est pour ça que cette illusion serait plus vivante que la forêt. Plus puissante aussi. Le serpent pourrait cette fois sans mal, s’il le jugeait bon, mettre son grain de sel dans le jeu de Delta. Le petit garçon, ne serait alors vêtu d’un simple morceau de tissu, sale, déchiré et puant. Tendant la main sur le passage des passants pour chercher quelque chose. De l’argent, de la nourriture ou n’importe quoi qui pourrait l’aider à survivre. Mais il n’aurait alors en réponse, que du mépris, de la colère et de la haine en aumône. Le regard des gens, bien plus que la situation, c’était ça, le mal de l’illusion. Même en l’ayant subi toute sa vie, il est des genres de regards qu’il est impossible d’apprendre à pleinement supporter. Et l’un d’eux s’approcha alors d’Alvis, avec à la main, un quignon de pain, auquel son ventre vide ferait alors écho. Puis, plongeant son regard dans les pupilles ophidiennes du jeune garçon, il pourrait alors y lire la peur. D’un geste de la main, il écarta alors celle-ci tendu du petit mendiant accompagné d’un cri et s’enfuit alors en courant.

    « - Utiliser leur haine, c’est là notre seule option. Il n’existe pas de réponse à ta question. Seulement y survivre. »

    Et Asher délita sa propre illusion laissant la forêt morte reprendre ses droits...


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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Jeu 10 Nov - 18:10
Un instant le regard du Serpent se perdit dans le vague, à se demander pourquoi un fils devrait être digne de son père, alors même qu'ils partageaient le même sang sacré, les mêmes pouvoirs grandioses et probablement la même longévité extraordinaire. Et c'est alors qu'il se rendit compte d'un détail occulté jusque-là dans l'histoire de Delta. Un détail qui jouait parfois un grand rôle dans les histoires familiales dont il avait été témoin auparavant.

"C'est parce que tu es un bâtard c'est ça ? Ta mère n'est pas une déesse, alors les dieux ne te considèrent pas comme l'un des leurs. En fait, c'est même pour cette raison qu'ils ont recouvert sa tombe par une porcherie, à Kendrill... Est-ce que je me trompe ? Au moins, tu sais."

Se doutant de la réaction d'Asher à de telles paroles, Alvis accueillit l'illusion sans violence et sans peur. Le guerrier divin de Lofn agissait ainsi : par des scénettes montées sur la base de ses souvenirs ou de sa conception des choses du monde, des mythes et de la morale.

Dans ce corps faible et amaigri, le Serpent reconnut la misère d'un petit village anonyme. Les ombres d'Hommes se déplaçaient autour sans jamais regarder dans sa direction, ou alors avec mépris et dégoût. Mais pourquoi restait-il assis là alors ? A quoi bon tendre la main de cette façon ? Spectateur de "son" propre corps, le petit brun attendit de voir ce qui allait se passer. Dans sa véritable vie, jamais il n'avait attendu de la sorte, sans savoir pourquoi, sans savoir qui. La mendicité était une pratique dont il ignorait tout, jusqu'à la signification, et c'est quand il vit le quignon de pain dans la main de l'homme qui s'approchait qu'il comprit. Susciter la pitié, la compassion. Gagner sa maigre subsistance selon le bon-vouloir des autres. Toutefois, la triste comédie prit fin lorsque le misérable croisa son regard. Il se croyait peut-être honnête, charitable, mais pas plus que les autres il n'osa affronter la différence et se détourna de son objectif de départ.

Maudit. Mauvais augure. Créature issue de la sorcellerie.

Alors, Alvis s'empara de "sa" propre enveloppe et se leva avec détermination. Ses pieds nus coururent sur le sol de terre et de neige, droit en direction de ce faux donateur. Les regards se posèrent sur lui, et on commença à aboyer à l'homme de faire attention, de s'éloigner de cette engeance, mais son temps de réaction ne serait pas suffisant. L'enfant lui chipa le bout de pain d'entre les doigts, sans violence quelconque, ni même une insulte, et il fila comme une flèche entre deux maisonnettes à proximité.

Un battement de cils plus tard, la forêt, les cercueils d'améthystes, Asher. Le regard d'émeraude de Gamma tomba sur son homologue avec indifférence. Il ne le connaissait pas, pas assez encore pour l'impressionner vraiment avec le contenu de ses illusions.

"Est-ce que tu faisais ça, avant ? Est-ce que tu tendais la main ? Pourquoi ? Est-ce que les gens déposent quelque chose quand tu tends la main ?"

Cela fonctionnait probablement pour les enfants "normaux" dans son genre, ceux qui savaient comment faire pour paraître faibles, pour attirer l'attention.

"Je n'ai jamais fait cela. Je ne sais pas à quoi ça sert. Dès que quelqu'un me voyait, il me disait des choses méchantes ou me menaçait avec une arme, ou avec un caillou. Je ne peux pas me cacher. Je ne peux pas ressembler à un enfant normal et tendre la main. Mes yeux me trahissent. Et c'est pour ça que je sais reconnaître les gens qui se cachent et qui mentent. Je ne peux pas le faire, et j'ai compris pourquoi, et comment."

Il s'agissait là d'une toute autre violence que celle côtoyée par Asher : il pouvait ressembler à n'importe quel autre une fois le masque de son visage composé, faire croire à une autre personnalité, un autre état d'esprit, là où le trait physique d'Alvis le dévoilait systématiquement. Le rejet permanent n'offrait aucune cicatrice physique, comme le fouet, dès l'instant où il évitait les pierres, les bâtons ou les coups de fourche intempestifs, mais son sommeil ne devenait jamais lourd, sa tranquillité jamais pleine et entière. Tel une ombre, il errait en marge du cercle de l'humanité sans jamais pouvoir s'y glisser, ne fut-ce que pour quelques minutes affûtant du même coup d'autres compétences cachées en totale autodidaxie. Vols d'opportunités. Fuite. Espionnage.


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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Mar 15 Nov - 11:53
    D’un coup, une puissante vague de haine monta dans l’esprit d’Asher. Le guerrier de Delta du faire appel à toute sa volonté et son impressionnante maîtrise de soi pour ne pas déchaîner cette rage brulante directement sur le petit garçon. Un jour, il faudrait que cet éternel naïf apprenne le prix et le poids des mots. Qu’on n’invoque pas en vain ceux qui ne doivent pas l’être et la mère d’Asher en faisait partie. C’était pour lui un sujet particulièrement sensible. Oui, il était le bâtard de Loki, il n’avait pas de problème avec ça. Comment pouvait-il être autre chose que ce fils illégitime, qu’on laisse de côté, tant qu’il ne s’est pas montré digne de son rang, de son sang et surtout, de son héritage ? Et quelle dignité avait prouvé Asher . Pour le moment, à part vendre le domaine d’Odin aux suppôts des enfers, il n’avait pas fait grand-chose. Au fond, pouvait-il vraiment être fier de ça ? C’était là un autre débat. Des regrets, il n’en nourrissait aucun. De la fierté ? La réplique suivante, à la sortie de l’illusion valut à Alvis à un regard teinté d’un mépris profond.

    « - Je ne suis pas un mendiant, ce que je voulais, je l’ai toujours pris par le fer et le sang. »

    Oh oui, depuis toujours, il avait au fond de lui, était l’agent de la mort. Et il le savait maintenant mieux que n’importe qui, alors que cette même mort allait bientôt l’accueillir en son sein. Cette douce fatalité l’attirait presque. Il aurait presque eu envie d’étirer un petit sourire sur son visage après les derniers mots d’Alvis. C’était à ce moment-là qu’il eut, pour la première fois, pitié de lui sans aucune once de mépris. Ces visages que portaient Asher, cette maîtrise incomparable de lui et de ses émotions, il l’avait acquise dans la douleur. Vite, il avait appris à mentir pour survivre, à dissimuler pour avancer, à trahir pour vivre. Sans tout ça, il n’aurait pas été bien loin et aurait subi bien plus que ce qu’il avait déjà vécu. Combien de fois ces masques qu’il pouvait enchaîner rapidement et sans failles lui avaient sauvé la vie ? C’était en réalité là, couplé à son esprit aiguisé, son arme la plus précieuse pour sa propre survie. Mais cette fois, elle ne le sauverait pas, bas les masques.

    Le cosmos d’Asher s’étira donc une nouvelle fois pour venir toucher Alvis et le plonger dans une illusion. C’était l’un des tours préférés d’Asher. Le petit garçon se verrait donc, impuissant, le corps perclus de douleur. Les membres tremblants, comme si on les avait cassés à l’avance ou du moins, gravement blessé. Incapable donc, de profiter de sa vitesse ou encore de fuir, il n’aurait d’autres choix que d’affronter la violence à l’état pur qu’allait déchaîner sur lui le guerrier de Delta. Le petit serpent ne pourrait alors entendre que les cris de haine des gens tout autour de lui. Femmes, hommes, enfants… Tous sans exception le rouaient de coups, le griffaient, le mordaient, appuyaient sur ses blessures déjà douloureuses. Puis, comme Moïse fendant la mer Rouge, une vieille femme s’avança. Ses traits, bien que relativement distinct, comme s’il avait fusionné avec la neige encore blanche des environs, rappellerait quelqu’un à Alvis. Cette vieille femme qu’Asher avait déjà aperçue dans l’esprit de Gamma.

    Elle s’avança dans cette foule fendue, pour s’approcher de son petit protégé, qu’elle prit alors dans ses bras. Puis, sur un ton rempli de chaleur et d’amour, elle expliqua au compagnon de Jor' que c’était pour son bien à lui qu’elle devait faire ça. Et d’un coup, ses mains arthritiques de vieille femme se posèrent sur le visage d’Alvis et ses doigts crochus entreprirent alors d’arracher les yeux ophidiens du garçon sous les cris de joie de la foule.


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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Mer 16 Nov - 21:21
Là où Asher recherchait sciemment à blesser et fragiliser, Alvis ne faisait qu'émettre des suppositions et énoncer des faits. Ceux-ci plaisaient ou non à ceux qui les entendaient -souvent la seconde option-, mais c'était ainsi qu'on reconnaissait parfois le véritable caractère d'une personne. Même si la maîtrise de son visage conférait au Delta un parfait masque d'indifférence, sa réaction d'envoyer son vis-à-vis directement dans une autre de ses illusions, avec la violence psychologique la plus brutale jusque-là, prouvait combien il avait été touché.

L'adolescent se retrouva donc une fois de plus réduit à un état infantile, méprisé, blessé et copieusement insulté par son entourage. Pourtant cette fois, et même s'il la savait fausse, l'illusion atteignit la psyché du jeune sauvageon. Le simple fait de revoir Lala fit battre son cœur plus vite tout à coup. Toujours aussi laide et vieille, Alvis l'aurait crue directement tirée de ses souvenirs.

Il frissonna à son contact, se laissa porter sans réagir.

***Ce n'est pas Lala...***

Il l'écouta murmurer à son oreille, sa voix rêche comme de la paille sèche. Il vit ses doigts se porter à ses yeux, les ferma instinctivement et la repoussa à l'aveugle.

En revenant à lui, il perçut que le sang avait quitté son visage, le laissant blanc comme un linge. Heureusement qu'il avait glissé les jambes de chaque côté de sa branche, son dos bien calé contre le tronc de l'arbre, car dans le cas contraire il serait probablement tombé sous le choc.

Ses yeux tombèrent une fois de plus sur Asher, faussement impassible.

"Elle ne ferait pas ça."

Il déglutit, toisa le Roi des rats d'un air sévère. Que ce dernier s'acharnât à lui rendre la vie dure, il pouvait le comprendre -tout le monde le faisait-, quelle que fût sa raison. Asher renfermait beaucoup de haine, trop de haine, et s'en prenait à quiconque passait près de ses griffes. Cela, Alvis le savait. Kendrill représentait mieux que toute autre chose une illustration éloquente de ce constat.

"Pourquoi tu me montres ça, Dorana ? Je t'ai blessé, alors tu te venges ? C'est si dur que ça d'entendre la vérité ? Honnêtement, je ne comprends pas. Si ce n'est pas toi, pourquoi le petit garçon tend la main ? Pourquoi il se fait battre ? Pourquoi tu me montres ça ? Si tu as un message à me donner, dis-le ! Nous gagnerons tous les deux du temps. Moi, je suis venu te demander réponses, et tu ne les donnes que sous forme de colère. Penses-tu au moins ce que tu dis ? Je n'en suis pas sûr. Mais je t'ai vu à Kendrill. Et là-bas tu étais sincère. J'aurais dû profiter de te voir pleurer alors ? J'aurais dû te battre comme ce petit garçon pour que tu m'écoutes ? Qu'est-ce que tu veux vraiment Dorana ?!"




Dernière édition par Alvis le Mer 16 Nov - 21:22, édité 1 fois (Raison : [)
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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Mar 22 Nov - 15:10
    Un rictus de mépris passa rapidement sur le visage d’Asher. Comme le petit homme était naïf. Oh que si, elle aurait fini par lui faire du mal, comme tout le monde finit par en faire aux gens de leurs espèces. Rien de bien ne leur arrivait jamais et toujours une lame trouvait le chemin de leur dos. Depuis aussi longtemps qu’il se souvienne, il avait vécu dans l’unique but de survivre, de voir le soleil se lever, ce qu’il avait si longtemps apprécié. Mais avec l’inévitable échéance qu’il sentait arriver. On ne pouvait tromper l’instinct de quelqu’un qui a si longtemps flirté avec la mort et joué son jeu et couché dans son lit. Elle allait une nouvelle fois venir et cette fois, elle allait venir le chercher lui et il ne pourrait rien faire pour se soustraire à ses baisers. Le mépris donc, s’était donc sa réponse à l’air sévère d’Alvis. Qu’il était naïf ce petit être. Si loin de la réalité de la vie qu’il avait pourtant si longtemps subie lui aussi.

    Mais quand le petit serpent commença à parler, le visage du roi des rats retrouva son calme froid et son impassibilité. La suite rappela à Asher un mélange particulier d’émotion. De colère et de joie. De peine et de soulagement. De rage et de paix. De sang et de cendre. Car c’est ce qu’il était, un être de sang et de cendre et il vivait sa vie ainsi. Brûlant et tuant. Oh mais le petit garçon prenait enfin son envol et venait chercher l’araignée dans sa toile. Mais Dorana n’avait pas d’égale dans ce jeu particulier. Il était celui qui tirait les ficelles et la réaction d’Alvis l’amusait au fond. Mais le jeu n’était malgré tout pas terminé. Il planta alors dans les yeux du premier rempart ses yeux froids et remplis de mort. De promesse de cendres.

    « - Je voulais juste que quelqu’un soit témoin. Je t’aurais tué toi aussi si jamais tu avais fait autre chose que ce que je voulais que tu fasses. »

    Et sa voix claqua alors comme un fouet à la fin de sa phrase, c’est un fouet qui mordit vraiment la chair du petit garçon. Esclave de nouveau, fouetter pour qu’il travaille alors que déjà, ses jambes ne voulaient plus le porter et que ses mains étaient couvertes de sang. Mais ce petit manège n’était là que pour la douleur pure et faire mal. Méchanceté gratuite. La véritable cruauté d’Asher frapperait dans l’illusion suivante. Alvis Quetterait alors doucement son corps. Pour reprendre celui de quelqu’un qu’Asher lui avait déjà fait occuper : Thor fils d’Odin. Mais cette fois le choix n’était plus de combattre Jor' et de sauver des gens qu’il ne connaissait pas non. Le choix serait bien plus pernicieux et vicieux. Il aurait deux possibilités. D’utiliser son marteau sacré pour briser les chaînes de Jor mais, se faisant, il noierait cette vieille folle si importante pour lui, incapable de la sauver. Ou alors, Sauver la sorcière mais se faisant, il briserait les anneaux la retenant, qui ouvrirait alors grand le ventre du serpent. Un corbeau se posa alors simplement sur l’épaule d’Alvis-Thor et coassa.

    [color:40ea=0033ff]- » Un choix, c’est simplement ce que je demande de toi ! »

    Et le corbeau battit alors des ailes pour se mettre hors de portée d’Alvis et surtout, pour contempler de haut son œuvre et le choix que prendrait le petit garçon. Plus de tour cette fois, il ne pourrait plus briser l’illusion en frappant le corps physique d’Asher, il s’y était préparé. Il devrait trouver autre chose pour se dépêtrer de son pouvoir, s’il ne voulait pas, malgré tout, choisir entre les propositions que lui avait faite Asher. Ce choix qui au final, avait pour but de lui faire comprendre l’essence de la vie et son infinie cruauté. Que qu’importent les gens, toujours, ils finissent à un moment ou un autre, à faire du mal aux gens comme eux.


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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Mar 22 Nov - 21:06
"Ah oui ?"

Sang et cendres, Alvis avait bien compris la litanie que ressassait Asher depuis si longtemps. Toutefois, ses menaces et son regard univoque rencontrèrent dans les pupilles fendues du Serpent une soudaine hostilité pesante. En faire son témoin, pourquoi pas. L'entraîner dans de multiples illusions pour tester ses limites et ses idéaux passait encore. Mais le menacer directement de mort relevait d'un tout autre niveau, et il oubliait un peu vite que le jeune Gamma survivait lui aussi depuis bien longtemps. Vendre la peau du Serpent avant de l'avoir tannée ? A ses risques et périls.

L'aura d'émeraude de l'adolescent apparut autour de son corps juvénile, lui donnant tout à coup un air bien plus proche du serviteur du Serpent-Monde qu'il était que d'un simple petit garçon sans envergure. Si cela représentait la moindre chose, il portait une armure divine lui aussi. Le Roi des rats aurait tort de l'oublier. Le cosmos d'Alvis se stabilisa tranquillement, sans réaction offensive, mais au moins pour montrer qu'il pouvait jouer à son tour. L'arbre sous ses pieds commença craquer, à gémir même, dans une série de cris d'agonie, ou quelque chose qui y ressemblait. Le sauvageon se leva, en parfait équilibre sur sa branche, puis sauta à terre alors qu'elle cédait sous la pression, pour atterrir directement à quelques pas de Delta.

"Ce n'est pas parce que je n'aime pas me battre avec des humains que je n'en suis pas capable."

Après tout, il avait bien défié Toryald, Haldor et Hakon pendant les dernières réunions. Qu'importait qu'ils aient de grands muscles, une grosse épée ou la plus grosse queue d'Asgard, qu'il ne fût, à côté d'eux, qu'un enfant avec encore tant de choses à apprendre, à voir et à entendre. La mort, il ne la craignait pas, pas plus que ces guerriers qui se croyaient invincibles, jusqu'au jour où quelqu'un les achèverait d'un coup judicieusement placé. Asher ne ferait pas exception à la règle.

Sans baisser sa garde, le petit brun laissa l'illusion l'envahir. Le Prince des cendres attisait un peu trop certains brasiers et il finirait par se brûler. En attendant, Alvis explorait dans ses contes les réponses qu'il pouvait apporter à ses questions. Cette fois, un retour à une question déjà posée : pour qui prendre part lors de Ragnarök ? Le sauvageon observa la mise en place du décor, et sans surprise le fourbe usait du souvenir de Lala à foison à présent qu'il savait qu'elle constituait une corde un peu sensible. Mais Alvis apprenait lui aussi, et cette fois la vision de Lala ne lui causa plus aucun trouble.

"Ce choix n'a aucun sens, Dorana."

"Thor" s'approcha des deux prisonniers, ses yeux passant de l'un à l'autre avec une sorte de détachement teinté de compassion. Il dévisagea Lala un long moment, profitant de son souvenir qui le dévisageait d'un air neutre, avec cette étincelle de savoir et de sagesse nichée au creux de ses prunelles.

"Elle est déjà morte. Je suppose... qu'elle a rejoint Hel quelque part où toutes les sorcières se dirigent à leur fin. Elle ne reviendra pas, et j'ignore si je la reverrais jamais, même quand moi je mourrais. Tu me demandes de choisir entre un souvenir et le Serpent-Monde, qui de toute façon se libèrera un jour pour accomplir Ragnarök si l'on en croît les prophéties. En fait... il n'y a même pas de choix à faire. L'une et l'autre options ne valent rien."

Il croisa les bras, Mjöllnir reposant sur son biceps, tout en scrutant alternativement les deux captifs de l'illusion face à lui. Bien sûr, la métaphore revenait à son point de départ : sauver Lala et être égoïste, protéger l'humanité, Midgard et se placer du côté d'Odin et Thor, ou bien sauver Jör en précipitant le monde des dieux à sa perte, avec l'assistance de Loki, des autres créatures -ses enfants- et des géants. Une autre forme d'égoïsme puisque cela revenait à accomplir sa vengeance et celle du Serpent-Monde, avant que tout ne soit détruit.


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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Mer 23 Nov - 17:56
    La démonstration de force du petit homme n’impressionnait pas Asher le moins du monde. Il n’avait pas peur. Et ce n’est pas pour autant qu’il allait retirer ce qu’il avait pu dire ou que la réalité aurait été modifié. Il aurait eu le dessus sur le petit serpent. Pour la simple et bonne raison qu’il n’aurait reculé devant rien pour gagner et qu’il aurait brisé l’esprit du premier rempart bien avant d’avoir pu briser son corps. Si le combat qu’il avait mené contre Hakon avait dépassé le simple cadre de la confrontation musclé. Il était un habile assassin entraîné pour la mort, bien plus qu’un guerrier sacré. Il n’avait rien de sacré, ni dans sa façon d’être, ni dans sa façon de vivre. Il n’avait jamais été digne de cette armure et de ce devoir sacré, sur lequel il crachait. Y avait-il crime plus grave que celui qu’il avait déjà commis ? Celui de vendre l’âme de la prêtresse à la putain d’Hadès. C’est tout Asgard en somme, il avait mis sur l’échafaud.

    La suite dans l’illusion se déroula d’une façon qu’Asher avait envisagé. Rationaliser en effet, les illusions étaient souvent difficiles, mais une bonne façon de trouver leur faiblesse. Oui, ce n’était pas la sorcière qu’il avait aimé pas plus qu’il s’agissait du corps infini du serpent monde. Mais le corbeau n’avait pas dit son dernier mot et il avait soif de sang. Un petit soubresaut dans le cosmos d’Asher fit trembler le monde et se tordre de douleur, à la fois la vieille femme et le serpent. La souffrance glisserait doucement de leur corps à celui d’Alvis, toujours personnification du dieu de la foudre et de la guerre. Il ressentirait ce que les deux êtres ressentaient et les êtres importants pour le petit homme percevaient des souffrances bien différentes. Le corps de Lala était comme écartelé, ses membres tirés pour être allongé et à terme, arraché. Mais avant, c’était les articulations qui cédaient les premières. Le serpent lui, pouvait sentir sa peau doucement retournée, pour des kilomètres et des kilomètres de douleur. Le corbeau croassa alors, couvrant les cris :

    « - Et qui te dit que ce n’est pas seulement des représentations d’eux-mêmes, mais des petits morceaux d’eux, qu’ils ne sont pas ici, aussi avec nous ? Tu me voyais comme un monstre, capable de toutes les manipulations non ? Alors pourquoi pas celle-là ? L’essence de ton choix est là. Qui te dit qu’après ça, Jor sera vraiment libéré pour aller accomplir son destin mais ne retrouvera pas simplement la prison qui est la sienne ? Il n’est ici question que de choix. Une question simple, à la réponse complexe. »

    Le corbeau donna alors un coup de bec au jeune homme et repris son envole. Oui, il devait choisir simplement entre ceux qui comptaient pour lui. C’était ça le fond de l’illusion, renoncer, soit à son futur pour son passé ou renoncer à son avenir pour ce qui fut. Mais le mensonge c’était la réponse à la tentative de rationalisation d’Alvis. Rien n’était rationnel dans ce monde où Asher était le maître à penser, capable de régir chaque pan de réalité selon son bon plaisir et son imagination. Et dans la matière, il en avait à revendre. Après tout, il n’avait plus rien à perdre sachant que sa mort était prochaine. Avant de partir, pouvait-il rendre ce petit service à Alvis. Celui de lui ouvrir les yeux sur le monde et la réalité.

    Lui faire comprendre, que partout, il n’avait aucun allié et que pour sa survie, il devrait faire des choix. Que son passé n’avait pas d’importance, pas plus que son futur. Tout ce qui avait de l’importance, c’était de survivre. De passer le jour et de voir le soleil se lever. C’était suffisant et il n’avait rien d’autre à attendre de la vie que ça. Se battre pour avoir le droit de fouler cette terre et de respirer. Il n’y avait qu’une seule bonne solution dans l’illusion d’Asher, qu’un seul bon choix. Il attendait de voir si Alvis parviendrait à voir à travers les mots et les mensonges. À voir à travers sa propre naïveté.


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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Jeu 24 Nov - 15:37
Comme il s'y attendait, le fils de Loki voulut accentuer la torture mentale de l'illusion en infligeant de la douleur à ses prisonniers. Lala et Jörmungand se retrouvèrent donc à gémir sous le poids de la souffrance, et étrangement Thor-Alvis la ressentit à son tour. Surpris, il échappa un râle et plia le genou à terre, ses entrailles comme retournées et étirées jusqu'à un prochain point de rupture. Pourtant, un sourire de défi étirait les lèvres du jeune garçon tandis qu'Asher cherchait à l'influencer une nouvelle fois par des mensonges. Il se redressa tant bien que mal pour lever la tête vers le corbeau, malgré la cuisante sensation d'être retourné en tout sens puis broyé.

"Qui ? Mais toi, Dorana ! Tu es le seul ici à vouloir me faire croire des choses. Tu as sans doute bien du pouvoir dans ton illusion, mais certainement pas celui de ramener les morts à la vie. Rappelle-toi : je sais voir quand les gens mentent."

Vaillamment, "Thor" se remit debout sur ses jambes, toujours écartelé et tanné en même temps dans son esprit. Tout n'était qu'affaire de perceptions ici après tout. Et en réponse, l'adolescent se débarrassa simplement de Mjöllnir qu'il jeta à la mer. Tuer le Serpent-Monde ou Lala n'aurait aucun sens, jamais. Non, ce que voulait Asher, c'était la douleur. Briser le sauvageon pour il ne savait quel sordide dessein. Et voyant qu'il ne pouvait l'atteindre sur le plan psychique, il utilisait désormais un simulacre de douleur pour lui faire perdre pieds.

"Est-ce que je t'amuse, Dorana ? Est-ce que ça te plaît de me voir crier entre tes mains ? Tu continues de te venger de tous ceux qui t'ont frappé un jour. Et tu te venges sur moi parce que j'ai réagi différemment de toi. Tu voudrais que je cède à la colère, comme toi. C'est ça hein ? C'est ce que tu veux ? Je vais te prouver que je suis parfaitement conscient de ton illusion. Regarde bien !"

Il se dirigea alors vers Lala, qui selon la logique de sa non-mort portait sa dague à la ceinture. Alvis la sortit de son fourreau, plongea encore une fois le regard dans celui de la sorcière sans émotion. Il leva la lame, prêt à l'abattre, et la dague se ficha dans la chair tendre de la gorge avec un immonde gargouillis, le sang dévalant son buste comme un fleuve le ferait d'une montagne. Cependant, ce n'était pas Lala la victime, mais bien "Thor" lui-même.

La souffrance fut si terrible que le monde illusoire vacilla, puis s'effondra sur lui-même. La forêt de Lofn réapparut dans son silence morbide et le jeune Gamma inspira une grande bouffée d'air. Au-delà du dilemme qu'essayait de lui imposer Asher, il ne pouvait rester confiné dans une illusion si son cerveau occultait ce qu'il voyait par la mort. Cesser d'exister revenait à cesser de penser et ressentir, et alors le cosmos n'avait plus aucune emprise.

Revenu à la réalité, le Serpent n'attendit pas une nouvelle tentative de son aîné. Cette fois, ce serait sa règle qui primerait. Il se tassa sur lui-même, son cosmos se répandant dans son corps, et notamment ses jambes, à une vitesse défiant l'imagination. L'instant d'après, il avait disparu dans un grondement de tonnerre, ne laissant qu'une image rémanente de lui-même bientôt évanouie. Lancé au corps à corps, il empoigna fermement Asher au menton pour le forcer à lever la tête, puis planta deux crochets de cosmos directement dans sa jugulaire. Le venin, relativement faible, ne le tuerait pas, mais bloquerait toutes ses fonctions motrices un bon moment, tandis que Jör s'occupait de paralyser son cosmos. Rien à voir avec la substance létale destinée à tuer le vrai Thor après neuf pas, mais bien suffisant pour glaner une trêve avec Delta.

Fermement accroché à la gorge d'Asher, Alvis maintint la position jusqu'à sentir ses jambes flageoler. Il retira alors ses crochets et soutint son tortionnaire pour l'empêcher de tomber trop violemment au sol. L'espace d'un instant leurs souffles se mêlèrent alors que le regard reptilien du petit brun faisait son office : une étrange sensation de léthargie, hypnotique, lui ôterait toute envie de fuir. Il devenait une proie de choix, sans défense, face au bon-vouloir du serpent.

Le Premier gardien d'Asgard appuya l'élève de Björn contre le tronc d'un arbre mort, puis rompit le contact puis aller s'asseoir en tailleur, à deux mètres à peine.

"Te voilà pantin, c'est drôle non ? Maintenant nous pouvons peut-être parler sérieusement toi et moi, Dorana. Je ne te veux pas de mal, mais je peux t'en faire, tu sais."


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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Mar 29 Nov - 17:09
    Que c’était mignon de la part d’Alvis de se croire être capable de percer le voile des mensonges et des faux-semblants dont le guerrier de Delta avait paré son existence. Il ne pouvait voir que ce qu’Asher l’avait laissé regarder et rien de plus. Oh, ces mensonges-là étaient loin d’être les plus habiles ou les plus efficaces du fourbe serpent. Il était normal qu’il voie à travers ces derniers. Le contraire aurait de toute façon, déçu Dorana. Mais le doute, c’était sur cette corde qu’il voulait appuyer et qu’il semblait avoir visiblement vaguement titillé. Il regarda donc le guerrier de Delta dans la peau du maître de la guerre et du tonnerre se jeter dans lui et son armée divine dans l’abime pour renoncer au choix que lui offrait Asher. Mais renoncer c’est choisir. Il était si loin de cerner les vrais motivations du traitre asgardien. En çà, ce fut la première fois que le gamma brisa ses attentes.

    Une lame dans sa propre gorge, voilà qui manquait légèrement de superbe. Le suicide… une option qu’il fallait parfois savoir envisager et le guerrier de Delta avait sa propre préférence sur le moyen à employer en cas de besoin. Les flammes et leurs baisers passionnés. Il voulait que son corps soit déjà réduit en cendres. Malgré la douleur de la crémation, il trouvait là un certain réconfort, sordidement étrange et réconfortant, à l’idée de terminer son retour à la cendre de cette façon. Asher avait cependant eu une demi-seconde d’avance, lui, n’avait pas besoin de ce retour au réel pour évoluer entre son monde d’illusion et la vérité. Il pouvait naviguer sans mal entre les deux et c’est probablement ça qui le sauva des crocs sinistres du petit serpent. Il eut le temps d’utiliser sur lui un de ses tours préférés. Il inonda subtilement son cerveau d’une très fine dose de cosmos pour couper l’accès de ce dernier à ses capacités sensorielles.

    Il comprit qu’Alvis voulait l’empoisonner au moment où le jeune homme le força à redresser la tête. Malgré l’âge du petit serpent, il savait parfaitement qu’il ne pouvait rien faire contre sa force brute. Il fallait qu’il joue la carte de la finesse. Bien sûr, dans cette position, il lui eut été facile de frapper violemment de son cosmos vicié le jeune homme avant que le serpent dévoreur de mondes ne frappe directement le cosmos Delta, choc auquel il ne s’était pas préparé et qui sauva sûrement l’esprit du petit garçon du choc que lui aurait réservé Asher en retour. Mais il réussit à plus ou moins amoindrir l’effet du poison. Malgré tout, ce genre d’action n’était pas gratuit et sa fluidité de mouvement s’était envolé, il pouvait encore bouger, mais gauchement. Bien trop pour pouvoir par exemple manier sa lame avec d’autant d’adresser qu’usuellement.

    Il profita du fait qu’Alvis l’aida, avec une gentillesse futile, à s’adosser à un arbre. Il avait là des atouts qui feraient rêver n’importe quel assassin et les utilisaient pour des stupidités et pires, refusaient clairement de s’en servir. Il profita de ces précieuses secondes pour jauger les dégâts que son corps et son esprit avaient subis. Bien… son petit tour avait marché et il sentait que le poison n’était pas allé aussi loin que prévu… Par contre, cette protection lui avait coûté le sens de la vue. Doucement, le monde s’était envolé devant ses yeux et avait disparu. Effacé pour ne devenir plus que ténèbres et noirceur. Il attendit qu’Alvis eût fini de parler pour, doucement, avec une attention toute particulière, celle d’un animal blessé, pour se redresser et planter ses yeux vers le premier rempart qu’il avait entendu parler. Il fallait qu’il cache cette infirmité nouvelle, et temporaire, il l’espérait. Si ce n’était pas le cas, il tuerait sans aucune forme de remords le bébé serpent dans l’œuf. Une arme qui se retourne contre son maître n’a aucune valeur.

    « - Oh… Alvis, soit honnête avec toi-même veux-tu ? Nous savons tous les deux qui gagneraient dans le cadre d’un affrontement entre les deux serpents que nous sommes. Peut-être que dans quelques années tu aurais ta chance, mais pas maintenant ! Je pourrais balayer ton esprit d’un simple claquement de doigt. Si je voulais te faire mal, j’aurais des centaines d’autres cordes à mon arc, bien plus efficaces en la matière et contre lesquels tu ne pourrais pas ou peu de chose. Nous savons tous les deux ce que tu veux mais que tu n’oses pas demander. Que tu n’oses pas t’avouer. Tu veux des réponses aux questions que tu te poses. Et tu sais, dans ton cœur et au plus profond de toi, que je suis le seul à vraiment comprendre le sens de tes mots et à vraiment pouvoir éclairer ton obscurité. Tu es celui qui a besoin et pas l’inverse. Alors, ne fais pas l’enfant, soit un homme, et ne te vexe pas quand la réponse ne te plaît pas ! »

    Asher termina sa réplique par un large sourire indolent, détonant complètement avec la situation explosive dans laquelle les deux guerriers divins se trouvaient là. Si le petit serpent essayait encore de faire la moindre chose contre le Delta, il lui couperait la tête et retournerait sa peau pour dévorer sa chair sans la moindre hésitation et le moindre remords. Sa mort était prochaine et plus que jamais, il n’avait rien à perdre. Un homme n’est jamais aussi dangereux que quand il n’a plus rien à perdre, et c’est d’autant plus vrai pour le cas d’Asher, sur le point de perdre la seule qu’il n'a jamais possédé en propre, et encore… son existence.


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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Mer 30 Nov - 14:44
Même en position de faiblesse -car il aurait beau s'en défendre, c'était le cas-, Asher trouvait encore le moyen de narguer l'adolescent avec ses affirmations sous-argumentées. Alvis l'écouta parler, croisant les bras en silence quelques silence comme pour jauger la validité de la réponse. En dévisageant le Prince des cendres, il fut étonné de constater la soudaine immobilité de son visage. D'ordinaire le regard d'un tel personnage ne cessait jamais de bouger, de scruter, d'essayer de tirer parti du moindre défaut. Il pencha la tête de côté, sans noter de réaction, de suivi de la part de Delta. Comme si...

"Je ne suis pas d'accord. Au nom de quoi tu peux être aussi sûr de m'écraser ? Je suis peut-être plus jeune que toi, mais moi aussi j'ai survécu. Tu étais esclave et moi j'étais sauvage. Tu crois que mon esprit est resté faible et impuissant ? Tu crois que je me suis tourné les pouces tout ce temps ? Tu as tout faux. Tu ne connais pas exactement mon histoire. Tu n'as jamais demandé. Personne ne demande jamais. Alors ne fais pas semblant de savoir. Si nous nous battions, je pourrais très bien te mordre encore une fois, et te tuer pendant que tu es à terre, comme maintenant."

D'un geste très lent, le Serpent approcha une main du visage de Delta, agita les doigts devant ses yeux. En temps normal, si proche, Asher aurait probablement cligné des paupières, cherché à écarter la tête, ou même commencé à loucher pour tenter de conserver un angle de vue confortable, mais là rien. Sa vue semblait envolée. Et pendant ce temps Alvis réfléchissait à ses propos, à ce qu'il devait faire. Il tenait là l'occasion peut-être d'obtenir de vraies réponses, une chance à ne pas laisser filer.

"Tu as raison. Je n'ai pas besoin de me mentir, ou de te cacher des choses. Tu as raison sur ce point oui : je cherche des réponses. Au début, je ne savais pas pourquoi j'étais venu te voir toi, mais j'ai compris à Kendrill. Pourquoi toi et pas Eirwen, ou Toryald par exemple ? Parce qu'eux ne savent pas. Ils ne peuvent pas comprendre ce que c'est d'avoir été seul toute sa vie. Ils ne comprennent pas ce que ça fait d'être rejeté pour ce que l'on est ou ce que l'on fait. Toi si. Moi aussi. Et je préfèrerais que tu me répondes avec des mots plutôt qu'avec des illusions, mais j'ai tout le temps d'attendre. Quelle différence pour quelques jours de plus, après quatorze ans ?"

Cela sonnait étrange de reconnaître à un tel individu une part de véracité. Asher, le détestable Asher, soudain avoué dans le juste, dans la position du sauveur.

"Toi aussi. Arrête de mentir. Toi aussi tu cherches. Le sang. Le vide. La paix de ton esprit. La vengeance. Mais tuer d'autres gens n'y suffit pas. Les questions reviennent toujours après, pas vrai ?"

Il observa encore un moment son aîné, puis se leva pour faire quelques pas à droite, quelques autres à gauche. Peu à peu son rythme de marche devint de plus en plus léger, à tel point qu'il ne produisait pratiquement plus de bruit, puis finalement plus du tout. Et pendant ce temps, il voyait les yeux presque fixes de Delta qui tentaient de le regarder, sa position de moins en moins audible.

Au bout d'un moment, sans un mot, le jeune Gamma s'était de nouveau rapproché, toujours sans le moindre bruit, jusqu'à s'accroupir près de l'homme aux cheveux pâles. Il retint son souffle, se pencha près de son oreille pour enfin murmurer :

"Est-ce que tu me vois ?"

Maître de ses émotions, oui, mais de son corps jusqu'à quel point ?


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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Mer 7 Déc - 16:29
    La réplique d’Alivs fit intérieurement sourire Asher. Oui, il était certain d’avoir pu tuer le petit homme, car jamais il n’aurait hésité à retenir sa lame. Que devant la rage et la colère qui avait inondé son cœur, il n’en aurait tiré que plus de force. Et que pas même la plus forte des volontés de survivre n’aurait pu s’opposer à son désir de mort et de cendres. Le petit garçon avait l’étoffe d’un guerrier divin, c’était un fait. Le combat aurait été rude, s’en était un autre. Mais Asher aurait gagné, c’était aussi vrai que le jour se lève le matin et qu’il est ensuite remplacé par la nuit. Il est difficile de battre en monstre dans son domaine et quand il contrôle tous les paramètres du combat. Qu’il caresse l’idée de l’espoir s’il pouvait en tirer du réconfort. Le gros serpent savait lui, qu’il n’aurait aucun mal à gober le petit si le besoin s’en faisait sentir. La suite par contre, l’amusa nettement plus et il y répondit par un large sourire amusé dirigé vers là où il entendait la voix du petit garçon.

    « - Pourquoi demanderais-je ce que je connais déjà ? Nous sommes pareils, je te l’ai déjà dit des centaines et des centaines de fois. c’est pour ça que, plus que n’importe qui d’autre ici, c’est ma compagnie que tu cherches, mes conseils que tu écoutes et ma voix que tu suis. Nous sommes faits du même bois. J’ai juste réussi à mieux l’accepter que toi. Mais ça viendra, tu es encore jeune après tout. De nombreuses mues t’attendent. »

    Il écoute patiemment la suite des mots d’Alvis. Ce dernier semblait avoir pris le temps de peser le pour et le contrôle. De réfléchir avant de parler. Voilà une première pour le petit sauvage. Toujours peser avec soin le poids de chaque mot et peu de chose ne sortaient de la bouche d’Asher sans être passé à travers les nombreux filtres de son esprit. Les graines qu’il avait semées avaient finalement finit par germer après tout. Un peu retard certes, mais elle avait finit par pousser. C’était lui, plus que tous les autres, qu’Alvis était venu voir. Et pour de très bonnes raisons, même si ses questions impliquaient des réponses simples. Il n’y avait pas vraiment de solution. Si ce n’est de tout faire pour voir le jour se lever le lendemain. C’était là la seule réponse que pouvait lui offrir son comparse de Delta. Qu’importent les conséquences et les risques, tant que le jour commencé se terminait et que le suivant commençait. Oh, il fallait parfois savoir voir à long terme et se fixer des objectifs, mais petit à petit, l’oiseau finit par faire son nid. Il est même possible de dépasser ces simples considérations survivalistes et d’arriver s’assurer cette vie.

    « - Il n’y a pas de questions, pas plus qu’il n’y a de réponses. Tout ce qui compte, c’est de survivre. »

    Le grand serpent entendit le crissement des pas du petit sur le sol. Il savait où il voulait en venir et ce qu’il avait dû voir. Bien, les prédateurs allaient se jauger et c’était l’occasion pour Asher de ne pas se rater pour montrer que, même diminuer, il n’en restait pas moins extrêmement dangereux. Il étendit l’usage de ses autres sens à l’aide d’une infime petite quantité de cosmos pratiquement indétectable. Mais les déplacements du serpent étaient habiles et ce petit subterfuge ne suffisait pas entièrement pour compenser l’absence d’un sens aussi important que celui de la vision. Au moment où il entendit la voix d’Alvis raisonner, la main d’Asher s’étira comme un serpent prêts à mordre pour venir placer ses doigts contre la gorge du petit garçon avant dans le même mouvement, sans avoir pris soin de serrer sa main autour de son cou, se placer sur son épaule. De même, d’un seul bond, le guerrier de Delta avait retrouvé sa prestance et toisait maintenant de sa taille, debout sur ses deux pieds, le premier rempart d’Asgard.

    « - Je vois en toi comme dans un livre Alvis. »

    Et le guerrier de Delta adressa alors un sourire à Alvis, cette fois, loin d’être narquois, presque paternaliste. Du moins, dans la mesure dont Asher était capable de bons sentiments.


- And I wish I could trust you...
- If you did, you'd be the fool I always took you for.

Merci Reba ♥️
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Message Re: [Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...   Jeu 8 Déc - 12:10
Asher restait désespérément accroché à ses refrains : survivre sans se poser de questions. D'une certaine façon, le petit homme pouvait comprendre cette obsession maladive de se soucier de sa subsistance, mais ce cap il l'avait dépassé depuis longtemps. Il avait fini par comprendre que, plus que toute autre espèce en ce monde, les Hommes vivaient pour autre chose que simplement survivre. Ils avaient créé des arts, un langage avec des règles, des sports, des théories, des sciences... Tout cela les élevait au-dessus des autres, et si des parias comme Asher ou Alvis se trouvaient exclus de ces systèmes, il n'en demeuraient pas moins des humains aussi, des êtres qui possédaient le droit d'exister pour quelque chose plutôt que de simplement exister.
Le sauvageon tout en faisant les cents pas retournait cette vérité dans sa tête, à la recherche d'un argument contraire, sans en trouver.

"Ne va pas trop vite en conclusions. Je ne te suis pas aveuglément. Je ne ferai pas ce que tu m'ordonneras de faire sans réfléchir, et tu le sais ! Pour des gens comme nous, oubliés du monde, je pense que tu as des réponses à apporter plus proches de la réalité que ceux qui ne savent pas. J'écoute ces réponses que tu as à donner, mais je ne suis pas d'accord avec toi. Il y a plus. Nous pouvons faire plus. Je ne sais pas encore comment, ni pourquoi, mais nous serions déjà morts si nous n'avions posé aucune question et obtenu aucune réponse. Et il n'y aurait jamais eu de Dorana de Delta ou d'Alvis de Gamma, se tenant face à face dans la forêt de Lofn, à débattre du sens de la vie."

Son petit tour confirma à l'adolescent ce qu'il soupçonnait : à partir du moment où ses pas se firent si légers qu'il en devenaient inaudibles, l'expression du Prince des cendres devint plus alerte, cherchant un bruit pour s'orienter, un indice pour cacher cette cécité soudaine. Et sa réaction, son réflexe, achevèrent de le dénoncer : s'il l'avait vraiment suivi des yeux tout ce temps, il ne l'aurait pas laissé approcher si près. Son bras aurait trouvé directement son épaule sans menacer de l'étrangler. Et sa réponse indiquait plus encore qu'il essayait de camoufler le subterfuge. Ne cache la vérité et détourne les morts que celui qui se reproche quelque chose, se trouve vulnérable, ou ment.

Son propre instinct mut le Serpent avant même qu'il réfléchît à ses actes : la main d'Asher n'atteignit jamais ni sa gorge, ni son épaule, car il recula avant, se ramassa sur lui-même, et vit la lame de sa dague de cristal briller dans sa main tout à coup. Dans son regard, aucune hostilité particulière, mais il n'aimait toujours pas qu'on le touchât et son corps s'en défendait de son propre chef, comme à chaque fois. Néanmoins l'intention derrière ce geste échappait encore à Alvis. Tentative de "contre-attaque" ? Réconfort ? Rassurer sa victime pour mieux la berner ?

Il dévisagea sans parvenir à la comprendre l'expression si inhabituelle sur le visage de Delta. Ce sourire... Comparé aux autres, il semblait banalement exécuté de la même manière -lèvres étirées, regard posé droit devant, menton relevé-, mais en même temps totalement différent. Le trouble figea l'orphelin un instant, puis il se força à la détente. Et une évidence le frappa soudain.

"J'ai compris. Tu as cru que je marchais enfin dans tes pas. Tu as imaginé que j'allais te tuer. D'une façon ou d'une autre, tu as bloqué tes sens afin que je ne puisse pas les atteindre. Et en faisant ça, tes yeux se sont bloqués."

Sans baisser sa garde, le cadet rangea sa dague dans sa gaine.

"Si j'avais vraiment voulu te tuer, tu serais mort. Même avec ta parade, tu serais mort. Le poison du Serpent-Monde attaque tout ce qu'il touche, tu sais. Celui-là devait juste t'empêcher de bouger pour une heure ou deux. Mais à la place, tu as préféré sacrifier ta vue... Tu n'as pas compris qui je suis Dorana. Même si tu prétends le contraire, tu ne sais pas encore tout. J'imagine que quand les effets de mon poison seront dissipés, les tiens aussi. Tu ne finiras pas aveugle, mais je me demande si ce ne serait pas mieux pour quelqu'un comme toi qui refuse de voir les autres possibilités qu'il pourrait saisir."

Alvis soupira. La neige ne tombait plus pour le moment. Le temps, comme suspendu, paraissait figé dans ce cimetière si particulier. Et Asher, maître des lieux, se tenait debout comme un pantin dont l'un des fils venait de rompre. Démarche en retard, immobilisme peu naturel. Il nierait certainement, tout menteur qu'il était. Aucune importance.

"Je peux rester jusqu'à ce que tout revienne à la normale si tu veux."

Pas de chaleur dans la voix. Comme à Kendrill, le sauvageon témoignait de la scène et rien d'autre. Il verrait, entendrait, sans que ce fut par camaraderie ou sympathie, en silence ou en discutant. Cela importait-il vraiment ?


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[Fin août 550] Deux enfants, de chaque côté d'une rivière...
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