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 [Fin septembre 550] Oraison funèbre

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Message [Fin septembre 550] Oraison funèbre   Sam 12 Nov - 12:35
La bataille de Jamir avait pris des proportions que même Apollon, semblait-il, ne prévoyait pas au départ. Son déclencheur, cette étrange étoile rouge montée dans le ciel alors que les différentes Ordres se confrontaient par petits groupes. Le minuscule reflet de cette étoile accroché au cou de Nimuë que son œil d'oiseau avait repéré en prenant de la hauteur sur les événements. La crinière de feu de l'ex-Sainte détournait l'attention de ce bijou tant elle s'agitait pendant l'action, pourtant elle ne semblait pas vraiment le cacher ou y prêter attention. L'habitude peut-être.

Cette même Nimuë -Célestia reconnaissait son cosmos à la fois chaotique et teinté d'une touche de vie- détourna par sa présence le trajet de son frère déjà trop tourmenté par l'affrontement, tandis qu'ils rentraient sur ordre de leur père. Le Médecin reprit quelque peu contenance, et ce seul fait plus que les mots qu'il lui adressa confortèrent la nymphe dans l'idée qu'il reviendrait sain et sauf. Cela et aussi la présence d'Esculape qu'elle savait sûr et fidèle. Un regard appuyé en direction de la couleuvre, puis de son aîné, et elle acquiesça à sa décision.

"Prends soin d'eux et de toi-même, Asclépios. Je t'attendrai."

Elle ignorait s'il pourrait percevoir la vie grandissante au sein de la marina comme elle, mais nul doute qu'en tant que médecin il notait plus facilement qu'elle les signes physiques liés à cet état physiologique particulier. Tout comme pour Li Mei, un espoir naissait au cœur de la guerre et des intrigues divines, un espoir qui liait, cette fois, deux représentants d'Ordres différents. Et s'il y avait une chance pour que cet espoir réconciliât les deux plus grands rivaux mythologiques de tous les temps, Célestia l'encouragerait sans faillir.

En attendant, elle regarda son frère disparaître sous ses yeux puis se résolut à repartir. Grâce à l'aide des vents et à son propre cosmos, elle couvrit à vol soutenu les quelques treize mille kilomètres la séparant de Rome en quelques heures, pour parvenir en plein cœur de la nuit à la Ville Éternelle. Épuisée par un si long trajet, elle plana de plus en plus souvent sur la fin du parcours et manqua à plusieurs reprises de s'écraser sur de hautes tours ou des bâtiments élevés. Son instinct d'oiseau lui permettait de savoir toujours quelle direction suivre même sans y voir vraiment, et elle s'aida ensuite des lumières illuminant l'intérieur des foyers pour reconnaître la cartographie de Rome même dans le noir.

A l'atterrissage, elle préféra se diriger vers les Jardins Sacrés, où la verdure amortirait sa chute car il lui était impossible de se poser en douceur dans ces conditions. Elle étendit ses ailes bien droites sans plus les bouger et se laissa glisser vers le bas, consciente qu'elle tombait sans vraiment savoir où. Soudain, un grondement discret la tira de sa torpeur : le Roi-Chêne lui indiquait sa position dangereuse, qu'elle rectifia aussitôt, avant d'être attrapée en pleine descente par le bras d'un châtaignier proche. La nymphe s'y accrocha sans peur, bientôt déposée avec la plus grande douceur au sol par l'arbre précautionneux. La belle blonde le remercia chaudement puis s'assoupit quelques minutes au creux de ses racines. Ce furent les mains légères des autres nymphes qui la tirèrent de ses songes pour la ramener à l'intérieur de la cathédrale où elles pourraient la soigner et lui permettre de mieux se reposer.

Célestia se laissa porter un moment, ses muscles se reposant enfin, mais son esprit travaillait toujours. Il y avait des préparatifs à effectuer, des gens à attendre. Comme elle l'indiqua aux créatures des bois, ses blessures guériraient vite : de simples entailles légères, bénignes. Même ses vêtements paraissaient immaculés tant la protection des sylphes et de la Nature avaient rempli leur office, sans compter Lykeios auquel elle pensait toujours.

Malgré sa fatigue, elle prit rapidement la direction de la cathédrale pour organiser plusieurs espaces importants pour les Oracles. D'un côté, elle demanda à ce que l'on amenât bandages propres, désinfectants, herbes médicinales et tout ce qui pourrait servir à suturer, nettoyer et panser de quelque manière que ce fût, au cas où l'un de ses frères, Adalrick ou même Apollon revînt blessé sérieusement.
A un autre endroit, elle fit préparer des lits, des couvertures et quelques victuailles. Elle prit le temps de se sustenter elle-même pour récupérer des forces et tenir le coup encore un peu.
Anticipant ensuite autant que possible la volonté du Soleil, elle mobilisa les Moineaux près du Chorus Divin, lieu le plus sûr de la Tour des Vents, où probablement Apollon voudrait entreposer les fameux objets nécessaires à l’Ère nouvelle.


Enfin, et ce fut là l'étape qui lui tenait le plus à cœur, elle rassembla ses nymphes et des prêtres fidèles au dieu solaire, affilés à la cathédrale, tenus dans le secret des Oracles, afin de prononcer une oraison funèbre pour toutes les âmes tombées au combat en ce jour, que toutes trouvassent le chemin du repos dans leur existence suivante, sans jamais revenir troubler les vivants, afin que le cycle perdurât et que les morts connussent la paix, voire la renaissance.

Alors, malgré l'heure tardive, les religieux et les nymphes chantèrent. L'hymne à la renaissance résonna en écho contre chaque mur, chaque pierre de l'édifice et de nombreuses bougies flamboyèrent dans tous les coins, sur tous les chandeliers disponibles.

Et parmi eux, la fille de la Lumière brillait à son tour, bravant la nuit et les ténèbres, car de tous les Oracles elle était celle qui devait guider tout un chacun du plus profond de l'obscurité vers le renouveau. Les morts annoncées et actées, il lui revenait de permettre à ces pauvres gens de voir l'aube se lever encore et encore.

Une partie de ces morts lui revenait, et pour cela elle demandait l'expiation. Des larmes coulèrent sur son visage de porcelaine, des larmes de la couleur de l'ambre, baignées de son essence divine, que le prêtre recueillit solennellement dans une petite vasque, pressentant que peut-être elles pourraient servir pour les meilleurs desseins plus tard.


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Message Re: [Fin septembre 550] Oraison funèbre   Jeu 2 Fév - 9:20
De longues heures passèrent dans le creux des bras de Nyx n'y changèrent rien : des hommes qu'elle attendait depuis Jamir, aucun ne passa par la cathédrale, pas plus qu'elle ne sentit leurs cosmos revenir autre part au sein de la Tour des Vents. Autour d'elle le silence persistait, à peine troublé par les chuchotis des nymphes qui se relayaient pour tenir l'infirmerie en cas d'arrivée tardive et assurer leur travail habituel dans le lieu de culte.

Rompue de fatigue, l'Aube vacilla sans lâcher sa position de prière. Deux mains se posèrent alors sur ses épaules et elle leva la tête vers un prêtre habillé tout de blanc, éclairé par la lueur des cierges.

"Si je puis me permettre un conseil, vous devriez dormir un peu. Il serait fâcheux que l'aube ne se lève point, malgré l'absence de vos compagnons... Le monde ne continue-t-il pas de tourner ?"

Un instant il crut avoir fauté, devant son regard empli de tristesse et de crainte, celle de ne plus les revoir. Prêt à s'excuser déjà, il s'étonna de la voir se relever tout de même, lui offrit sa main pour l'y aider. Après tout ce temps passé sans bougé, les crampes devaient assaillir ses membres, et pourtant elle lui parut si légère même en s'appuyant sur lui. Les ailes de "l'ange" se dissocièrent de sa personne pour reprendre la forme du Héron, lequel retourna dans l'invisible sans un mot de sa maîtresse. Oui, l'un comme l'autre avaient raison : le temps du repos arrivait.

"Si la moindre nouvelle parvient...
-Bien entendu. Bonne ou mauvaise, je vous le promets. Mais évitons de leur apporter la nouvelle de défaillance, à eux qui reviendront d'une bataille déjà éprouvante."

Elle sourit, et l'homme se sentit traversé d'une bienveillante chaleur. Pour un peu il aurait cru avoir vu la Vierge.
Il la raccompagna jusqu'à l'entrée de la cathédrale, où deux nymphes relevées de leur poste pour la nuit attendaient de cheminer avec elle jusqu'au Temple de l'Orient. L'obscurité, encore épaisse, promettait de durer encore.


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