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 [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]

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Message [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Mer 30 Nov - 21:55
-Quel ennui...

Voilà plusieurs jours que les deux sœurs étaient revenues au sein de la Citadelle de chair. Maïwenn, présentement affaissée sur la table, avait été arrachée de son quotidien lancinant non très loin de Jamir. Un monde d'ennui régi par des règles immuables qui réglaient l'existence dans une espèce de conditionnement oppressant. Fallait-il voir de la monstruosité dans son indifférence à l'adresse de sa défunte famille ? Ces derniers avaient rendu leur dernier soupir dans les pires conditions, déshumanisés au cours d'un rituel cannibale d'où l'instigatrice s'était elle-même vue dévorée. Mais loin de l'horreur, ce cauchemar avait instillé de la jubilation à voir ainsi s'effondrer ses entraves de liens. Plus exactement, Maïwenn retirait un sentiment de pure libération, désormais affadi par son nouveau sort dans les entrailles du Dédale. Se redressant, elle plantait ses prunelles vairons dans celles d'émeraudes de sa jeune sœur ; incisive.

-Je suis curieuse, quel sens devrais-je retirer de cette cage d'oiseau dans laquelle tu m'as enfermée ? Est-ce à cause de ta mère ? Crains tu plus de peine ? C'est oublier la promesse que tu m'as faite ce jour là...

L'expression insipide, Esther regardait fixement sa protégée. En dépit de ses habitudes, la Tarentule avait fait le choix de ne pas déposséder sa contractante de son libre arbitre. Ne plus jouer sa personnalité l'aidait à recouvrer une personnalité propre. Toutefois, le pendant de ce choix trouvait sa pleine expression à cet instant, avec l'émergence de leur premier conflit. Une part de son passé lui était apparu dans l'entretien du cadavre maternel, et avait révélé ses vieilles faiblesses. Avec le concours du Tigre, cette faiblesse devait disparaître, mais non sans traîner la patte comme pouvait le constater l'adolescente. Songeuse, Esther repassait dans son esprit les souvenirs ayant contribué à sa renaissance. Devait-elle faire passer sa protégée par le même chemin pour la rapprocher de sa psyché ? Cette domination douce exigeait une certaine subtilité, qui demanderait pour commencer un temps de tâtonnement.

-Enfermée ? Ce n'est pas ainsi que je le vois. Si cette maison incarne une cage, la porte est ouverte. Être libre n'exige pas d'être dehors. Mais peut-être faut-il que je te montre ?

Sur ces mots, l'Araignée quittait sa chaise pour se diriger vers la sortie. D'un geste de main, le mur de chair faisait apparaître une brèche devenant une porte. Ce son visqueux accompagne une invitation, celle de la suivre à l'extérieur de ce monde terrible. Aussi se dirigeraient-elles loin des remparts, parvenant après quelques heures aux abords de l'un des villages Daces. Celui-là même que la petite fille avait visité à un moment où sa psyché menaçait de sombrer dans l'abîme. Elle y avait rencontré des Guerriers divins, prenant le risque mesuré d'exposer sa vie devant l'inconnu. Un pari fructueux, car de cette discussion s'était construite une ébauche de relation entre les deux factions à présent alliées ; encore que cet état de fait demeurait informel.

Soudain, un vacillement se manifestait sur son faciès enfantin, reconnaissant une énergie qui lui inspirait des sentiments ambivalents. Elle représentait un danger, un danger auquel elle devait beaucoup. Car dans son rétablissement, la guerrière avait joué un rôle déterminant. Aussi n'hésiterait-elle qu'un court moment, avant de se décider à dépasser le seuil du village pour rejoindre l'empreinte cosmique dans une taverne où s'étaient tenus Haldor et Toryald. Ainsi se retrouvaient la Hyène et la Tarentule, en un lieu où la plupart épongeaient leur peine dans l'alcool. La chevelure d'ébène dépenaillée et l'habit modeste, Maïwenn semblait surprise d'avoir été menée en un tel lieu, mais en même temps curieuse de la femme que sa jeune sœur observait silencieusement.




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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Mer 30 Nov - 23:36


Depuis combien de temps cette main grasse se baladait sur sa cuisse ? En temps normal jamais un tel consensus n’aurait eu lieu ; dès la première seconde, sa hache aurait fendu l’air de façon à dévoiler un manchot supplémentaire en ce bas monde. Sauf qu’il ne s’agissait pas d’un moment comme un autre.

La Hyène avait accepté l’idée avant même de mettre les pieds dans ce lieu effroyablement commun. Il n’y avait là que la fange la plus lambda des environs, celle-ci ripaillant jusqu’à en perdre contenance, bien que d’ici là, toujours naturellement à l’affut de nouvelles gueuses à se mettre sous la dent. Or une étrangère au teint mat, qu’elle soit dotée ou non d’une silhouette un brin matelassée par du cuir et d’une hache au ceinturon, attire la curiosité si ce n’est la convoitise. Elle n’avait donc eu aucun mal à s’entourer d’une piètre compagnie : Des rustres la jugeant suffisamment complaisante pour se cantonner au cœur d’une certaine retenue. Puisqu’après tout, jusque là, les contacts physiques n’avaient déclenché chez cette dernière aucun accroc, là où elle acceptait sans broncher les différents godets qu‘on lui livrait sous le nez.
S’imaginaient-ils seulement à quel point leurs mains en quête de balade la dégoutaient au plus haut point ? Que tôt ou tard viendrait ce fameux moment où elle sera lasse de noyer sa frustration ? Ce moment où ils se braqueront, et où tout se jouera.
A leur détriment.

    Bande de porcs… vous n’êtes rien. Ce monde se joue de vous… Marmonnait-elle les yeux mi-clôt, repoussant sans grande volonté la main de son voisin qui ne trouva rien de plus approprier en réponse que d’éclater d’un rire moqueur, visiblement peu convaincu.

Elle ne comprenait même plus ce qu’ils disaient. Les niais, s’ils savaient seulement ce qui les attendait au bout de cette « agréable soirée » ; qui elle était réellement. Personne ne lui en tiendrait rigueur si tout à coup, elle se décidait à décimer ces malheureux et le village qui va avec. Personne. Depuis trop longtemps elle avait pu se rendre compte de ce genre de choses. Mais depuis Jamir, un élément supplémentaire s’était inscrit au cœur de sa psyché - A bout de souffle, au milieu du carnage, fauchant des vies les unes après les autres en compagnie du dieu de la Guerre lui-même, elle l’avait senti. Comment le définir ? L’extase. Un tel sentiment de bien être, incontrôlé, certes, mais pourtant accessible. Ce jour là elle avait sombré dans ce plaisir, croquant à pleine dent l’instant présent en pensant atteindre une finalité merveilleuse… qui ne s’était aucunement déclenchée. Pourtant elle existait. Simplement, elle l’avait manqué.

Ludmila rageait. Mais déjà dans son esprit fourmillait ce besoin irrépressible de recouvrer pareil ressenti. En espérant, cette fois-ci, se rendre au bout des choses. Mais elle se connaissait. Ce dédale des pensées qu’elle avait plus encore parcouru que la forteresse organique, il ne fallait pas y replonger. Voilà pourquoi elle s’était décidée, sur un coup de tête, à noyer sa mélancolie ainsi que sa colère avant de franchir le cap. Mais peut-être aussi que sa fierté lui jouait des tours, car l’alcool s’était révélée plus efficace que prévu. Voilà qu’elle s’éternisait en ces lieux, la main du quidam s’amusant progressivement de la situation. Déjà son bras commençait à se mouvoir tel un serpent dans le dos de la combattante, qui depuis qu’elle s’en était rendue compte, perdit patience.
Sans crier gare, elle abattit son poing gauche dans le menton de l’homme en guise de réponse à pareilles initiatives la concernant, provoquant la surprise mais surtout la fin de la période détente dans la taverne. S’ils s’étaient d’abord figés, à l’exception de celui qui se redressait en malaxant son menton, les différents autochtones qui la gardaient à l’œil, au nombre de six, la dardaient désormais prudemment. Avec méfiance, amusement, et avidité.

    On se révolte ? On s’amusait bien pourtant, pfeuh! Donnez à boire à une femme et voilà comment ça tourne! Allez, reviens t’asseoir… à moins que t’es enfin décidée à rejoindre un endroit plus confiné?!

    … Et quand… hmp… un dieu donne une hache à une femme… tu sais ce qui se passe ?

De sa dextre la berserker attrapa le manche de sa hache, la dégainant avant de fondre sur son interlocuteur, abattant de tout son poids le métal lourd et impie sur sa cible. Une table vola en éclat ainsi qu’une partie du plancher, éteignant l’espace d’un instant chaque son ou chaque souffle environnant. Mais pas une goutte de sang. Manqué. Si elle voyait trouble, elle ne pensait pas un instant pouvoir échouer à ce point son attaque ; car si l’ahuri avait bien été frappé, il ne s’agissait ni plus ni moins que de par stupeur. L’instant suivant elle reçu le choc d’un gourdin en plein dans l’omoplate, ce qui la força à faire volte face pour ajouter deux coups aveugles pas plus brillants que le premier. Pire, le deuxième adversaire venait d’esquiver. Elle soupira bruyamment, colérique. Presque enfantine.

    Héhéhé… Y’a du muscle c’est vrai… Mais t’en fais pas, on aime bien les femmes fermes. Revint à l‘assaut le plus entreprenant des lascars.

Combien de fois elle avait pu entendre ce genre de choses ? Celui-ci allait mourir, quand bien même la tête de la Hyène tournait et que le malaise commençait à la saisir profondément. L’envie de vomir… Toujours le dégoût, probablement de l’alcool, cette fois-ci. Elle se sentait mal. Furieuse et mal. D’un bond, elle rentra dans le lard de son interlocuteur. Le cri masculin qui en suivit dénota cette fois d’un semblant de réussite. Le tranchant de l’arme s’abreuvait d’une large entaille au torse, même si déjà sa propriétaire s’était libérée les mains pour mieux le rouer de coups en plein visage. Elle grognait à chaque frappe, et ce jusqu’à ce que son ennemi actuel se noie dans son sang, peu avant que le reste de la bande n’intervienne pour molester la bête, en traître.
Parmi le lot, ce fût un coup de poignard qui la stoppa net.

Trop d’efforts à fournir. L’image de cet homme mort avant elle, lui suffisait, pour le moment… Dans sa caboche tiraillée et martelée par le cumul de boisson, il n’y avait plus assez de place pour la douleur ni la volonté. La fatigue tout comme le besoin d’abandon prédominaient. L’un des rustres l’attrapa par les cheveux pour mieux la basculer à terre, sur le dos. Dans l’auberge, il n’y avait finalement plus grand monde, si ce n’est un public réceptif à ce type de spectacle.

De son regard mauve et embrumé, elle regardait farouchement la fine équipe qui venait enfin de la mater, et la surplombait.
Abandonner ? Finalement… Bof.


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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Jeu 1 Déc - 2:48
Circonspecte, Esther s'interrogeait sur le comportement de la Hyène. À quel jeu jouait-elle ? Que s'agglutinent autour de son corps amorphe une masse de créatures lubriques, qu'un rien d'effort suffirait à massacrer. Qu'attendait-elle ? Le tranchant de sa hache devait bien finir par mettre un terme à cette scène surréaliste dans laquelle un être monstrueux se faisait la proie de si fragiles humains. À leurs yeux, ils n'étaient rien de plus que des herbivores, des créatures d'une profonde faiblesse que les éveillés de sa trempe torturaient selon leur bon plaisir. Aucune rébellion n'était à craindre, une armée étant déjà impuissante à inquiéter une poignée d'entre eux. La Hyène la dernière, à en juger la frénésie l'ayant emportée au cours de la bataille de Jamir. Définitivement, elle ne comptait pas parmi les victimes mais les bourreaux. Aussi la scène présente empestait-elle l'anomalie dans un Ordre des choses qui la rendait inconcevable.

-Esther... Laisse moi la main...

Se tournant vers Maïwenn, la Tarentule ne se rendait compte qu'à présent de l'état dans lequel se trouvait sa grande sœur. Son intonation s'était faite rauque, empreinte d'une colère viscérale. D'évidence qu'une humaine si jeune n'avait pas fini de regarder une telle barbarie sous le prisme de l'humanité, confinant lesdites exactions aux marges de l'acceptable. Non... cette lecture n'était pas pertinente, eu égard l'apathie l'ayant animé le jour où tous les siens avaient trouvé la mort sous ses propres griffes. Elle était responsable du massacre de sa famille entière, de son univers, et n'avait jamais reçu la moindre marque de rancune. Dès la naissance, Maïwenn comptait parmi les marginaux de ce monde, à la frange de la morale commune. En l'occurrence, ses nerfs à vifs cachaient la réminiscence d'une expérience plus personnelle, d'une souffrance inscrite en son âme et conscience ; un traumatisme que l'actuelle vision faisait resurgir brusquement. Sans doute l'Araignée serait-elle restée pantois à la vue de cette curiosité, mais les intentions de sa protégée se montraient plus capables à s'attirer son intérêt.

-Très bien ! Fais comme bon te semble !

Levant les mains en l'air en signe de relâchement, la petite fille entamait un pas de recul pour laisser sa grande sœur avancer vers ceux-là même qui s'acharnaient sur la Hyène après qu'elle ait exécuté l'un des leurs. C'était là l'occasion de mettre en pratique une expérience somme toute singulière. N'ayant emporté dans sa toile qu'une partie de son âme, la contractante bénéficiait d'une part de son libre arbitre et d'autre part à la maîtrise du cosmos de sa débitrice. Car malgré tout, elle demeurait une part de la Tarentule et leurs deux consciences se mêlaient en une seule. L'utilisation qu'une autre personne ferait de ses capacités promettait un divertissement de qualité, et peut-être se cristalliserait en de l'inspiration.

Les pattes répugnantes de ces déchets sur Ludmila, ces derniers seraient soudains empêchés dans leur action ; au moins partiellement. En effet, qu'ils tentent d'avancer dans leur rituel bestial, leur énergie virile se dissipait subrepticement. Aussi étaient-ils rendus impuissants devant le regard moqueur des compagnons qui à leur tour éprouveraient la honte de partager le même sort à leur essai.

-Mais putain... qu'est-ce que c'est que ce bordel ?
-Alors les pourceaux ? On n'arrive plus à lever la baguette ?


Se retournant brusquement vers l'adolescente en relevant pour certains le futal, leurs mines penaudes exprimaient de la stupeur. Ce trouble ne manquerait pas d'alimenter le sourire défiant de la jeune fille, heureuse de frapper ces pourritures au centre névralgique de leur fierté. L'un d'eux d'ailleurs allait s'occuper de s'approcher de l'impertinente, sensible aux regards qui leur étaient adressés au sein de la taverne et soucieux de mettre un terme à cette humiliation publique. Au jugé du couteau tenu fermement dans sa main, il concevait le sang comme une voie légitime pour laver cet affront. Ainsi la regardait-il de toute sa hauteur, l'air intimidant.

-Toi la mioche... J'ai dû mal entendre... Tu peux répéter ?
-Plutôt que d'ouvrir les oreilles, tu ferais mieux de serrer les fesses sombre merde...
-Que...


Les yeux écarquillés, l'un de ses camarades venait le saisir violemment. L'apostrophant sur les raisons derrière son comportement, l'horreur transparaîtrait sur son visage après que les intentions de son agresseur deviennent limpides. Ainsi était pris qui croyait prendre, son effarement se voyant éclipsé par le rire dément du camarade qui retrouvait là une vigueur animale. La victime de ce retournement de situation pouvait bien amorcer de la résistance, un empêchement plus pernicieux que la force physique le dominait, comme un ordre le contraignant à endurer ce cauchemar. En parallèle, un sourire carnassier se dessinait sur le visage de Maïwenn, approchant ses doigts des yeux de l'homme ainsi enfourché, se chargeant ensuite d'écraser ses yeux dans ses orbites. Qu'en coulent des filets de sang, la jeune fille lui arrachait un râle de douleur terrible. Une vision glaçante, surenchéri par la reproduction de ce schéma sur l'ensemble des violeurs qui participaient ensemble à une orgie qu'ils n'avaient certainement pas imaginé ainsi. Il ne fallait pas s'étonner que devant ce spectacle, les autres mortels soient pris d'un malaise évoluant rapidement en de la frayeur. Aussi se dirigeraient-ils ensemble vers la sortie. C'était sans compter la Tarentule sur leur chemin, faisant osciller l'index devant eux.

-Tûtûtût ! Vous vouliez du divertissement, en voilà ! Il ne faudrait pas que vous ratiez le final ! Allez ! Chacun à sa place !

Claquant des mains, lesdits fuyards allaient obtempérer. S'ils étaient privés de leur libre arbitre, ils n'en gardaient pas moins la pleine conscience de leur environnement, spectateurs impuissants d'une représentation dont ils seraient bientôt les acteurs. Pendant ce temps, Esther allait se diriger radieuse vers la Hyène. Doucement, elle caresserait la plaie qu'un poignard avait engendré, approchant ensuite ses lèvres de ses oreilles. Puis, dans un murmure...

-Eh bien alors... on n'applique pas ses propres conseils ? Quelle ironie...




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Dernière édition par Esther le Sam 3 Déc - 18:55, édité 1 fois
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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Jeu 1 Déc - 13:21




Que s’était-il passé ? Un événement plutôt vague aux yeux brouillés de la Hyène, celle-ci ne réalisant que partiellement la situation. Un autre menu venait d’être commandé avec le quatuor en plat de résistance, plutôt qu’elle. Voilà qui l’arrangeait. Quelle imbécile pour s’exposer ainsi au point d’en perdre sa vigueur… Même si à présent le problème semblait écarté elle s’en moquait presque, plutôt ravie de pouvoir simplement clore ses paupières en tâchant de contrôler le chahut dans son crane. Au moins ne deviendrait-elle pas l’objet de divertissement de quelconques cabochards au cours de cette nuit. Mais à qui devait-elle cela ?
Une fillette : Esther. Bizarrement un flot de souvenirs la traversa malgré son piètre état, et l’exaspération de rencontrer un berserker en ces lieux se lisait ouvertement sur son visage, plus forte encore qu’à l’instant précédent cette arrivée incongrue.

    De quoi tu parles… Lâcha-t-elle entre ses dents, suffisamment agacée pour pouvoir se redresser, péniblement.

Sitôt fait, elle pâlit, se jetant immédiatement dans un coin de la pièce avec le projet évident de vomir ses trippes et le surplus d’alcool qui ne serait aucunement épongé avant un bout de temps. Mais rien. Elle cracha au sol, une main plaquée contre la paroi en bois, puis tourna le visage en direction de la Tarentule. Il n’y avait plus qu’eux trois ; visiblement la nouvelle recrue s’était faite une amie de sa génération, soit dit en passant aussi frêle qu‘elle-même.

    Teh… A croire qu‘y‘a qu‘en terrain ennemi qu‘on peut avoir la paix hinhin hin… Ma pauvre fille, je ne sais pas ce que tu m’veux. Mais si c’est pour me donner des leçons… T’as frappé à la mauvaise porte.

Commença-t-elle, s’habillant peu à peu de ses fameux airs supérieurs qui, en l’état, tranchaient vivement avec son ébriété écrasante. Elle progressa doucement en direction d’un pichet d’eau afin de se le jeter au visage, comme si face à une sœur d’arme l’idée de devoir se remettre progressivement en condition pour la lutte s’avérait plus importante que la finalité de la précédente menace à laquelle elle venait d’être confrontée.
Elle fronça les sourcils, avançant d’un pas lent, et probablement menaçant.

    Mais… Chacun prend son plaisir où il est… Toi c‘est en mettant ton nez partout… Et moi ? L‘idée que la situation ne me déplaisait… pas plus que cela ne t‘a même pas traversé l‘esprit j‘imagine… Concluait-elle d‘un rire nerveux qui n‘en finissait plus.

Non il n’en finissait pas, pas même lorsqu’elle ramassa Purpurine dont les crocs d’obsidienne s’étaient gorgés du sang désormais asséché du cadavre au sol.


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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Jeu 1 Déc - 14:23
Qu'elle lui réponde, son haleine empestait l'alcool et arrachait une petite grimace à l'Araignée. À cet instant, il était possible de prendre la mesure des dégâts, réduite à l'état de loque. Ce constat fait, cela compliquait l'établissement d'une conversation saine. Pour autant, il était un intérêt à retirer de cette situation.

Muette, la Tarentule laissait sa semblable pester à tout va, et gérer ses remous gastriques. D'une certaine manière, elle dépassait ses limites. Les nerfs à vifs, un rien suffirait à la faire sortir de ses gonds, d'où la nécessité de ne laisser aucune prise à sa fureur. Mieux valait en effet la laisser évacuer son dépit, s'aspergeant le visage d'eau. Esther contenait difficilement son amusement à la remarque de la « leçon ». Décidément, sa mémoire défaillait. Mais il n'était pas d'intérêt de la confronter à ses contradictions ; pas maintenant, du moins. Feignant d'être intimidée, il était difficile de jouer le jeu de sa comparse eu égard son air pathétique. Mais sans doute y verrait-elle une forme de soulagement – peut-être d'aise – que de penser dominer la conversation. Levant les mains en signe de reddition.

-Oh, promis juré, je suis innocente ! J'ai rien fait moi !

Elle ne soutiendrait d'ailleurs pas longtemps le regard de cette Hyène supérieure qui l'invectivait sur son intervention, plus occupée à se tourner vers sa grande sœur encore loin de terminer de torturer ces rebuts répugnants.

-Je ne suis même pas sûre qu'elle se rende compte de ta nature. En un sens, elle règle ses comptes. Veux-tu bien l'excuser de voler tes proies ? Quelle pique-assiette... Elle a encore beaucoup à apprendre...

Lentement, la scène évoluait en un massacre que les mots ne permettaient pas de transcrire. L'expression enragée, Maïwenn était plus proche de la bête que de l'humaine, en lutte avec ses pires démons. Déshumanisés au possible, le sort des quatre malandrins pouvait bien attirer la pitié maintenant qu'ils en étaient rendus à une telle impuissance ; désespérés. En parallèle se jouait la scène tranquille d'une petite fille prenant place autour d'une table.

-Oui... j'imaginais ne trouver qu'un bon repas ici. Enfin, je suppose qu'il n'est pas trop tard pour ça.

Tout juste terminait-elle sa question que son regard rejoignait celui du tavernier, tétanisé. Dans son esprit était insufflé un ordre encore inoffensif. Autour de son établissement, une barrière mentale tenait éloignés les esprits trop curieux. Ainsi n'auraient-ils pas besoin de massacrer tout un village pour la faute d'une bande d'abrutis. Esther méprisait la première la violence gratuite, ce n'était pas pour tomber si facilement dans ces travers. Quand bien même, ce dégoût ne faisait en rien vaciller son masque d'indifférence à la vue de l'extrême violence de sa protégée. Cette adolescente était devenue une Berserker à part entière en un rien de temps. À n'en point douter, son potentiel dépassait le sien. Une vérité d'autant plus marquée que la Tarentule caressait le doux songe de l'émancipation, quand Maïwenn trouvait dans la mort un exutoire à sa haine.

Après quelques minutes, la fille du Tavernier revenait avec trois assiettes de ragoût richement fournies. La Hyène notamment devait avoir un appétit de loup, et sans doute cela éclaircirait un peu son esprit d'ainsi éponger sa fantaisie. Avant d'entamer son plat, observer – l'air enfantin – sa congénère.

-Tu n'as pas faim ?




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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Jeu 1 Déc - 16:56

La petite comédie de son interlocutrice passa telle une lettre à la porte, frottant suffisamment la Hyène dans le sens du poil pour lui permettre de recouvrer un brin de sang froid. Ou plutôt se replonger dans ce fichu mal-être alcoolisé qui lui martelait le crâne et dévalisait son esprit. Elle n’accordait pas plus d’importance que ça aux propos de Esther, se concentrant plutôt sur le ton de sa voix et de sa gestuelle plus ou moins apparente. Elle retint toute fois explicitement la dernière question.

    Tch! Quelle idée de vouloir manger ici…

Fusillant d’un regard mauvais l’aubergiste qu’elle pensait parti avec les autres, voilà qu’elle se perdait dans quelques souvenirs proches ; le manoir de Rhiannon, cette petite utopie si proche du Dédale qui tranchait l’horreur en toute insouciance. En voilà une qui avait su trouver sa place parmi les servants d’Arès sans y perdre aucune « richesse ». Entourée de ses proches dans un lieu agréable et entretenu, propice à l’accueil à travers tant de plateaux de victuailles… Pourquoi pensait-elle à ça ?
Enfin. Ainsi étaient les berserkers. Chacun trouvait sa place tôt ou tard. Alors pourquoi pas elle ? Sa place, hors d’un champ de bataille, se situait au mieux devant les portes du bastion afin de se nourrir de l’attente de visites hostiles. Pas de famille, plus d’amis, peu d’espoir, quel avenir ?… Bien sûr la résignation lui demeurait interdite. Probablement une partie de l’héritage de Farkas qui, entre maints casseroles et fracas, s’était permis de lui inculquer au moins la ténacité.

Elle savait ce qu’il lui restait à faire. Les manœuvres orchestrées par son Dieu lui offrait autant de preuves qu’elle en réclamait, néanmoins elle ne pouvait compter que sur la décision de celui-ci pour progresser et se révéler à elle-même.
Une fois son sang de nouveau sain.

    Alors comme ça la petite poupée en chiffon s’est trouvée une alliée pour sortir un peu du Dédale et dîner chez les grands… c’est mignon. Ennuyeux à mourir mais mignon… hin hin… Remarque, Li serait encore dans les parages, j’me serai pas résignée à passer par ici… Les hommes: Tous les mêmes. Et dire que ces enfoirés aussi reçoivent des armures divines…

Valsant d’un thème à un autre sans grande volonté de se montrer constructive, la vandale s’apaisait dans ses grognements, la tête bientôt logée dans le creux de ses bras alors qu’elle se taisait. Ceci afin, bien sûr, de se calmer. Elle n’était pas spécialement habituée à tant boire puisque d’ordinaire, Li lui servait ses liqueurs maisons et finissait les bouteilles en première. En dehors de ce contexte précis, boire au-delà de deux coupes s’avérait rare.

    Tu peux bien me coller tant que tu veux avec l’autre… De toute manière, c’est moi qui partirais. Ajoutait-elle soudainement, avec une autre de ses pensées fugaces en tête.


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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Dim 4 Déc - 1:26
-Ici ou ailleurs... il faut bien manger.

Une répartie innocente que la Tarentule allait glisser à sa comparse partie dès à présent sur sa scène de vie désabusée. Il était difficile de ne pas l'observer avec ironie, eu égard la nature de leur première rencontre où les places étaient inversées. Enfin... inversées... encore fallait-il que lui vienne l'envie de la dégager de ses démons. D'évidence que les mots seraient impuissants à cela, et les méthodes propres à la Hyène ne correspondaient guère à la Tarentule. Celle-ci se contenterait d'entamer le repas, donnant l'air de se régaler.

-Délicieux !

Cette attitude nonchalante contrastait avec l'agressivité de Ludmila, l'alcool donnant chapitre à sa rancœur. Car plus que les mots, il importait de lire l'émotion qui dénotait de ce discours décousu. Cette attention particulière était la seule utile pour appréhender la guerrière à l'instant présent. Indifférente aux invectives qui lui étaient adressées, Esther se montrerait beaucoup plus attentive à sa dernière remarque. Ces quelques mots résonnaient comme l'expression d'une certaine vérité ; une confession.

-Tu partirais ? Mais pour aller où ?

En parallèle, Maïwenn terminait sa basse besogne avec ses proies, ces derniers n'étant plus que des carcasses dont la mort avait cristallisé l'expression d'une infini douleur. Pour certains, le corps était mutilé à un point tel que la terreur des spectateurs ne pouvait laisser hagard. Selon toute vraisemblance, l'adolescente n'était attachée à aucune morale, peu soucieuse d'humilier ses victimes même après leur dernier souffle. S'avançant vers sa jeune sœur, elle s'arrêterait un moment à hauteur de la Hyène, semblant la détailler du regard. Se reportant sur Esther, elle ferait montre d'une certaine circonspection.

-Tu la connais ?
-Oui... Elle est une personne à qui je dois beaucoup. Son nom est Ludmila. Elle mérite le plus grand respect. Après tout, elle a celui d'Arès.


Lui répondait-elle avec un sourire amical. Une réponse qui n'irait pas atténuer la réserve de Maïwenn. Sur le point d'exprimer le fond de sa pensée, l'état de ce drôle d'oiseau la dévierait vers un autre chemin. Se ravisant, elle se dirigeait à sa place pour se repaître à son tour. Son comportement donnait l'impression de se fondre dans un quotidien, faisant mentir la réalité même d'où s'achevait une scène des plus glaçantes. L'ambiance se révélait somme toute singulière, si ce n'est surréaliste.




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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Dim 4 Déc - 2:28

Suite à la question de la poupée aux billes d’émeraude, Ludmila redressa sa nuque, la dévisageant d’une moue dénuée de tout sarcasmes. Franche et presque posée. L’espace d’un instant seulement, on aurait pu croire qu’elle s’adressait à une amie :

    Loin de ce précipice… N‘importe où sera toujours mieux qu‘ici… Tant que l‘on part en se refusant l‘idée de sombrer, les possibilités apparaissent d‘elles-mêmes…

Expira-t-elle l’air de rien, comme si ce genre de message porteur « d’espoirs » comptait parmi son vocabulaire habituel. Puis elle esquissa un sourire pour elle-même, rapidement effacé par un croisement de regard avec la troisième assiette qui lui était visiblement destinée. En le réalisant, elle fronça plutôt les sourcils avant de la balayer vivement d’un grand revers de la patte, brisant l’objet et lourdant son contenu à même le sol. Satisfaite d’avoir libéré un peu de son espace vital, elle s’étala plus encore. La compagne d’Esther ne l’intéressait pas une seule seconde, aussi lorsque les deux gamines échangèrent quelques mots ce fût loin de l’oreille inattentive de la Hyène dont le regard s’était éteint.
Ce bref silence lui faisait du bien. Sa tête continuait de tourner encore et encore, la dissuadant de consacrer plus d’attention à ce qui se passait dorénavant autours de cette table. Seul son ouïe conservait un semblant de vigilance, bien que toute réaction aurait lieu un temps trop tard si jamais un nouvel ennui pontait le bout de son nez.

Toutefois cette opportunité de conserver les paupières closes lui accordait le luxe de réfléchir plus posément, ainsi que de se remémorer à qui elle avait à faire en ce moment. La mâchoire cruellement serrée, Ludmila reprit la parole.

    Ne crois pas que, hps!… parce que j’te parle et que t’as réussi à tenir un mois dans le Dédale, ça voudrait dire qu‘on est proches. Vous me faîtes tous chier avec vos histoires de belle et grande famille, Teh!… Y‘a pas une tête dans ce fichu Dédale que je suis contente de dévisager, pas une ! Je me sens pas plus proche de vous que ces corniauds qui me seraient passés dessus…
    Maintenant dégage!

Le ton s’était levé, aggravé, mais seul dans sa tentative, il n’inspirait aucune crédibilité. Une simple demande tout au mieux. Le minois de la vandale s’était même détourné quelques secondes après, une main gagnant son front et masquant légèrement les traits exaspérés et peut-être attristés qui l’habitaient soudainement.
Le climat ne s’améliorait pas.


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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Mar 6 Déc - 2:13
Décidément, la situation ne manquait pas de piquant. Celle-là même qui s'était moquée de ses états d'âme tombait dans les mêmes travers. Pour un peu, la Tarentule se verrait sur le rempart à toiser le précipice. Le mépris répondrait le mieux à cette marque d'hypocrisie. Cependant, un autre sentiment la submergeait, plus mélancolique. Pour avoir emprunté le même chemin, l'empathie ne pouvait que l'emporter. Une froide empathie, car cette femme demeurait une étrangère. Une inconnue soucieuse de garder une certaine distance avec son entourage. Une coquille solide et opaque, peut-être de peur qu'autrui lui renvoie sa propre image à la figure. Dans l'interstice de sa fierté logeait la honte. Ce pourquoi ses invectives glissaient sur l'Araignée, y voyant une stratégie inconsciente : celle de protéger sa raison en faisant avorter toute ébauche de lien.

Tandis que la Hyène faisait virevolter dans la pièce le plat qui lui avait été alloué, la Tarentule figeait son expression ; glaciale et insipide. Sa jovialité feinte s'était dissipée, quand sa grande sœur apparaissait sur les nerfs ; méfiante de cette guerrière imprévisible. Mais le moment la rangeait à la marge de la scène, la petite fille embrassant le regard de sa semblable. Cette dernière continuait ses tribulations grotesques, retournant à ses délires absurdes. Un enfant ne serait pas dupe de ce numéro, d'où il s'agissait de convaincre l'alter ego du contraire de ses pensées. Du moins, trahissait-elle un regret. Le visage d'Esther devait d'ailleurs s'endurcir à la mention de cette « belle famille » dont parlait Ludmila.

-Ma famille ? Parles tu de celle enterrée six pieds sous terre ? Notre famille ? Parles tu de ces rebuts qu'une parole de travers conduirait à s'entre-dévorer ? Bien sûr que la vision de nos semblables nous insupporte... elle met en lumière notre propre monstruosité... Regarde autour de toi !

D'un geste ample, elle désignait l'ensemble de la salle ; les carcasses mutilées de ses agresseurs ainsi que les témoins terrorisés qu'un sort contraignait à demeurer sur place. À cet instant, son regard s'habillait de colère, en grande partie redirigée contre elle-même.

-Vois dans leur regard ! Nous sommes des bêtes sauvages ! Tu es un monstre Ludmila ! Il n'est aucune repentance pour les créatures de ton espèce ! Il n'est aucun refuge pour nous... si ce n'est ce monde de cauchemar que nous appelons Dédale. Nous y sombrerons tous ! Il n'est pas d'autre issue pour de tels déchets !

Se levant, la Tarentule s'approchait de sa congénère. L'espace d'un instant, elle songeait à la raison derrière son acharnement. Une obscure raison, qu'une sombre culpabilité devait probablement justifier. Ou alors... essayait-elle de se persuader de l'immanence de leur condition... à moins... que la visée ne soit contraire à l'apparence. Soudain, une image mentale défilait dans son esprit. Celle de ces parangons de vertu rencontrés à Jamir. Ils avaient battu en brèche le grand Dessein censé régir l'existence de chacun dans un ordonnancement cruel. Finalement, arrivée à quelques pas de sa comparse, de la tristesse viendrait saisir son faciès.

-Moi aussi je désire fuir cet enfer... Que t'imagines tu ?




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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Mar 6 Déc - 4:13


Evidemment que la Tarentule ne partait pas.
Au contraire, cette brève tirade semblait avoir redonné du poil à la bête, aussi frêle soit-elle. Maintenant elle s’était parée d’une assurance fataliste, commentant des faits auxquels elle ne s‘était pourtant frottée que depuis « la veille »… cela interloqua la Hyène au point de stopper les prémices de sa crise de nerf, sans l‘amener pour autant à rétorquer quoique ce soit. De toute manière celle-ci ne profitait actuellement pas de sa niaque habituelle et ne se sentait pas de couper des paroles aussi rapidement déployées.
Cela dit, une fois son interlocutrice interrompue par les relents de sa propre mélancolie, la vandale ne manqua pas de la fixer intensément, et ce jusqu’à ce qu’un mince sourire se dévoile. Les yeux pourtant rougis par ses précédentes émotions, il n’y avait cependant pas de doute sur son ressenti actuel : L’hilarité la gagnait. Quelques soufflements de nez contenus témoignaient toutefois de sa retenue, avant qu’elle ne s’exclame d‘un timbre étrangement doux ; comme si sauter d’une émotion à une autre était venu à bout de son naturel plus rauque.

    Pauvre sotte… Tu es plus fragile encore que tu en as l‘air… Commença-t-elle alors qu’un pénible rictus traversa son visage, faute au mal de crâne qui se plaisait à lui faire payer ses efforts de lucidité. Le Dédale ne t’a pas encore dévoré que tu hps!… que tu t’amuses à être ta première tortionnaire. Au moins tu as retrouvé ta langue, c’est déjà ça…

Elle grogna. Pas envers la fillette, mais envers sa propre caboche. Comme elle regrettait d’avoir forcé sur la boisson maintenant que la douce ébriété s’était éclipsée pour ne laisser finalement place qu’aux maux si envahissants. Ludmila ne supportait pas ce froid, ni cette sensation de vertige permanent, et ce fut l’apparition d’un réflexe imprévu qui l’amena à un semblant de solution alors qu’elle broya de sa poigne de fer le collier qui ornait son cou. Une fumée ocre s’en dégagea, gagnant ses narines et dynamisant son esprit. Geste qu’elle regrettait d’abord, du moins si l’adrénaline qui la gagnait n’entamait pas avec succès un combat véloce contre les à-coups qui la dérangeaient tant. Elle reprit la parole dès que les effets se firent sentir, légèrement plus vive.

    … Tu parles de monstre, de repentance ?! Qu’as-tu à te reprocher au juste ? La guerre domine le monde… avec ou sans toi. Nous sommes « nés » au Dédale… nous ne sommes pas comme ceux qui nous entourent, et nos besoins ne sont pas les mêmes non plus. Si tu te juges avec des critères de ton ancienne vie tu ne seras jamais plus qu’un fantôme désœuvré! « Fuir cet enfer », Hin!… Tu parles comme une morte.

Elle marqua une pause tant le besoin de ricaner la prenait à la gorge, envie à laquelle elle laissa tout le luxe de s’exprimer pendant que son regard - lui aussi soudainement plus vivace - balayait la pièce. Opaque, il s’égarait ici et là, ne s’arrêtant à l’occasion que sur ce qui bougeait encore dans cette scène de crime. La drogue de combat altérait son esprit et enclenchait des automatismes la poussant à se ruer hache la première en direction de quelque chose ou quelqu’un. Heureusement, physiquement la flemme régnait.

    Ne sois pas, hps!… Stupide. C’est dans notre nature d’aspirer à la violence et à la démesure… car c’est à travers cette voie que l’on évolue, que l’on trouvera des réponses à nos nouvelles conditions. Je le sais, je le sens… Se dépasser au-delà de toutes limites! Rechercher l‘exaltation, le dépassement de soi!… C‘est notre nature. On nous a accordé tous les outillages nécessaires, et la connaissance.
    La seule chose dont on nous prive, c’est la raison de tout ça.
    A la place nous sommes… hps!… confinés dans des écuries, dressés, caparaçonnés puis fouettés à même la croupe pour quelques grands galops ! Foutus chevaux…

    C’est une farce. Les dieux se battent en permanence afin de se disputer les sommets…
    Je pense que c’est aussi à travers une forme de lutte « supérieure » que l’on atteindra les nôtres. Je n’ai rien à faire dans une écurie… Teh! L‘adversité, véritable, voilà ce que je recherche.
    Maugréa-t-elle, convaincue dans son monologue presque halluciné, les poings fermement serrés.


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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Dim 11 Déc - 17:37
Les yeux plissés, la Tarentule crut halluciner devant l'argumentaire de sa comparse. Cette dernière avait inhalé ce qui devait être une drogue, et sa lucidité semblait revenue à cet effet. De la lucidité ? Il lui venait plutôt l'impression d'avoir permuté une ivrogne avec une prédicatrice. De sa position, et après son râle pathétique, elle se permettait de lui faire la morale ? Cette réponse ne pouvait bien que la désappointer, car c'était bien là la dernière chose à laquelle s'attendait la petite fille. Aussi cela justifiait-il son mutisme tandis que son interlocutrice se perdait dans un monologue dont la teneur entrait en contradiction avec ce qui avait été son attitude, son désespoir. Pour la première fois depuis son arrivée dans l'auberge, la condescendance de la Hyène l'irritait.

-C'est curieux... cet écart entre ce que j'entends et ce que je vois.

L'expression glaciale, Esther n'était plus dans sa posture bienveillante. Il était des limites à céder du terrain pour ne gagner en retour que du mépris. Ce changement d'attitude était d'autant plus marqué que certaines paroles de sa détractrice avaient fait mouche. Une morte, disait-elle ? Cela caractérisait bien sa perte d'identité. En avait-elle seulement possédé de propre ? À l'âge de la raison, son armure l'avait moissonné en sa qualité de page vierge. Une page vierge qui reproduit, s'arrache et renaît de rien ; inlassablement. Une poupée de chiffon, sur laquelle on calque le vécu, les émotions et les rêves d'un autre. Un parasite, dont le cheminement voue au malheur pléthore d'innocents. Dans ce monde, la Tarentule n'était qu'un spectre ; une entité désincarnée.

-Me reproches tu de prendre les choses trop à cœur ? Mais regardes toi seulement... Est-ce que tu penses un mot de ce que tu dis ? J'ai des doutes.

Le pire résidait dans ce simulacre d'argumentaire les rapprochant de canassons. Sans doute cherchait-elle à se convaincre elle-même de cette « nature » inhérente aux Berserkers. Il suffirait à l'Araignée de songer à leur première rencontre pour mettre en perspective ce sophisme. En effet, les réponses de la Hyène étaient toujours solides de circonstance, mais une lecture distancée faisait poindre nombre d'incohérences.

-Décidément... Je n'arrive pas à te comprendre. Un vrai adversaire... Une vraie lutte... Une raison à notre condition... Je ne sais pas de quoi tu parles. Tes paroles ne reposent sur rien... Je ne vois que des chimères...

Manifestement, la Hyène venait de la perdre. Elle était parvenue à la troubler, oubliant même la raison de sa venue en un tel lieu. Une seule interrogation demeurait : mais que cherchait-elle à la fin ?

-Te rêves tu chevalier ? Mais quelle cause conduirais tu ? Tu n'es pas moins vide que je le suis. Il n'est rien à transcender dans ton état...




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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Dim 11 Déc - 18:57

    Surveille tes paroles sombre c… Elle s’interrompit en même temps que la hampe de sa hache, saisie au préalable, lui glissa des doigts et chuta au sol. Songeuse, elle observa sa main engourdie pendant quelques instants. Puis éclata de rire. Qu’est-ce que tu me veux au juste ?

La Hyène sombrait dans l’imprévisibilité, nerveuse à souhait. Il n’y avait pour autant aucune raison de se démonter devant cette gamine d’ordinaire affable. Elle la regardait d’ailleurs avec condescendance, toujours plus hilare que colérique. D’autant plus depuis qu’elle avait conscience de son impuissance actuelle.

    Arrête de te payer ma trogne. Je me serai retirée pour aller pisser que hps!… je t’y aurai aussi retrouvé comme de par hasard hin hinhin… Alors quoi ? Moi, moi j’ai besoin de tirer la manche de personne pour me sentir exister… ça ne fait pas de moi ta mère! Tu veux des réponses, tu veux comprendre ?! Tire-toi d’ici! M’est d’avis que tu seras plus proche de la vérité même si ton bout de chemin risque d’être bien court!

Elle soupira bruyamment. En fait, Esther l’épuisait. Pourquoi creusait-elle encore et encore ? Pourquoi auprès de la vandale ? Cette dernière ne manquait pourtant pas de dresser un mur d’anecdotes furieuses autours de son intimité. Certes elle ne distribuait pas la mort sur son sentier comme un missionnaire d’Hadès, comme si quelques principes d’antan retenaient encore le poids de sa hargne. Mais pourtant la nuance se révélait de plus en plus contestable.
La Hyène n’était pas dupe. A la moindre faiblesse dévoilée, il y aurait toujours un berserker pour s’y engouffrer ; d’une certaine manière c’est ce que faisait la Tarentule en cet instant précis. Elle traquait les contradictions et s’évertuait à rivaliser en terme de moqueries. A quoi bon si ce n’est pour y trouver une forme de réconfort, ou tout du moins de satisfaction. Une évidence…

    Tu crois que j’ai peur de ton jugement… insignifiant ? Je côtoie des chimères jour après jour, ça m’est bien égal qu’une gamine sortie de nul part me contredise. Teh!

    Ma place est à Carthage. Là où j‘aurai du mourir, avec les miens, si seulement j‘étais née homme. Ce qui me manquait à l‘époque, je l‘ai obtenu en me frottant malgré moi à ces chimères dont tu parles si légèrement!… Que m’ont-elles appris d’autre, si ce n’est le meurtre et la torture au quotidien ? L’omniprésence du cosmos… qui régit les lois de la terre et de la vie.

    Chaque lieu est imprégné d'un cosmos qui lui est propre. Chargé de sa propre identité et enrichi parce qui y vit ou y a vécu, cela nous affecte bien au-delà de la vue ou du toucher… La Matière. Le Dédale est une prison où ne s’acclimatent que les plus vides et sanguinaires des hommes, les autres ne peuvent qu'attendre de se faire happer pour en venir au même résultat.
    Mais moi, j'ai d'autres aspirations : ma terre et mon histoire sont ailleurs. Et je les regagnerai par l’acier s’il le faut...

Expliquait-elle en dardant du regard sa lame impie dans laquelle elle avait su imprégner ses émotions les plus néfastes et virulentes. Une grande partie de l’héritage tiré du Dédale s’était vu incrusté dans cette arme, là où la cuirasse représentait un lien moins personnel mais plus directement lié au serment envers Arès. Un arsenal représentant l’emprise de ce dernier et entretenant la violence et le mal-être de la Hyène ; pour autant si elle s’y était perdue pendant longtemps, elle ne comptait pas s’effacer… Il y avait un moyen de recouvrer une part de son humanité.
Là où s’était illustré ses ancêtres, par exemple.


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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Jeu 15 Déc - 3:06
De la haine à l'hilarité, Ludmila passait d'un extrême à l'autre sans crier gare. Au pays des lunatiques, elle était la reine, et l'alcool son sceptre de commandement. Mais tous ces attributs royaux ne se composaient en réalité que de branchages ; un spectacle grotesque, sinon absurde. Aussi Esther n'arriverait-elle pas à retenir un sourire incisif, visiblement heureuse d'avoir fait vaciller la fierté de cette femme. Peu importe les grands airs qu'elle se donnait, au final, elle ne payait pas des mines.

-Ma mère ? Je l'ai enterrée... comme toutes les autres d'ailleurs. Cela ne te fais pas envie ?

Le ton caustique, l'expression de la Tarentule changerait l'espace d'un instant, soudain plus crispé. Une question lui venait... Que cherchait-elle au juste à rentrer dans son jeu ? Il lui serait difficile d'étouffer son trouble tandis que son interlocutrice continuait de vider son sac. En effet, il restait dérangeant de s'investir émotionnellement dans une conversation devant une personne que la raison ne considérait pas. Était-ce la faute au souvenir de sa poigne autour de son cou ? Effleurant sa carotide, l'Araignée ne se satisfaisait pas de cette réponse.

Mais oui... que cherchait-elle ? La réponse de sa semblable ne manquait pas de mettre en évidence cette contradiction, car peu importe son avis, eu égard leur relation a priori artificielle. Qu'elle continue sur sa lancée, cela lui revenait dans un vent d'empathie.

-Là... Oui... Là, tes mots tiennent sur quelque chose.

Dérivant son attention sur Maïwenn, cette dernière pouvait être affectée par un tel discours. Après tout, aucune autre raison ne justifiait leur présence ici même. Aucune, si ce n'est sa volonté de se détacher d'une terre ne correspondant guère à son essence. Se rappelant enfin de la raison de sa présence, Esther prenait la mesure du plomb dans l'aide de sa démonstration. Que pouvait-elle bien rétorquer à cette pensée, au fond ? Elle-même s'était longtemps sentie prisonnière entre les murs de la Citadelle, nourrissant le pieux espoir de s'en dégager un jour. Ce rêve, elle l'avait d'ailleurs confié à la hyène. Un retournement des rôles qui ne manquait pas d'ironie. Malgré tout, son visage ne dépeignait aucune forme d'amusement, l'air plus grave alors qu'elle reportait son regard sur sa congénère.

-Je le sais, car je l'ai aussi ressenti. Ça, j'en ai la conviction. Et j'ai pensé trouver le même Salut en retournant vers des racines brûlées.

Curieuse impression que de restituer les paroles d'un contradicteur contre lui-même. À bien y penser, Esther ne faisait que changer la tournure des phrases que Ludmila lui avait versé ce jour là, en amont de son propre rétablissement.

-Mais de ces racines, il ne reste que de la cendre. Je pourrais agiter mes mains dedans, les respirer, m'en abreuver... La cendre reste de la cendre. Il n'est rien à en retirer. Je mourrais si je devais y demeurer. Tout ce qui importe dans ce monde, c'est de survivre. Souviens toi de tes propres leçons.

Ce jeu de miroir serait probablement impuissant à la raisonner. Peu importe, tout ce qui l'intéressait était de délivrer le fond de ses pensées. Ce que son vis-à-vis en ferait, cela ne dépendrait que de lui. Ce que la Tarentule retirait de cette conversation atypique n'était que l'abysse vers lequel se dirigeait la Hyène. Elle pouvait bien se demander l'intérêt à tenter de l'en préserver. Il n'en était aucun. À n'en point douter, un énième caprice parmi tous les autres.

-Je me demande bien quels fantômes tu espères ressusciter à Carthage, mais pour y être déjà passée, je peux te dire qu'il n'en reste que de la cendre. De la cendre. Rien de que la cendre.




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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Sam 17 Déc - 1:51

Libéré de son hoquet, la Hyène entendait les paroles de sa comparse sans volonté d’intervenir, visiblement absorbée par les précédentes réflexions inspirées par elle-même. Toutefois lorsque la fillette releva les dîtes leçons de leur dernière rencontre, une réaction se profila instantanément ; agacement et mauvaise foi se mélangeaient rapidement à travers une nouvelle prise de position.

    Qu’importe les leçons, tu mélanges tout !
    Survivre au Dédale est un euphémisme petite sotte ! Tu peux vaincre tes rivaux, dompter les lois et te tailler un repère, mais un jour la guerre te fauchera ou alors tu t’éteindras dans ce lieu maudit… A quoi bon passer son temps à braver tous les obstacles si c’est pour fuir celui de l’affranchissement ?!

Mauvaise foi ? Peut-être pas, finalement. Evidemment elle renait tous les principes martelés dans le crâne des berserkers qui s’imaginaient pouvoir mener une vie facile dans un pareil lieu. Pourtant il a peu, elle n’avait rien pu faire lors de sa rencontre avec Rhiannon ; ni se moquer, ni la provoquer, ni la vexer… en réalité elle avait été bluffé. Bluffé, mais pas que. Elle ne s’était pas permise d’y remettre les pieds, tant cet havre et la routine emplie de simplicité et de bonnes intentions instaurée par la Chauve-Souris en son domaine l’avaient abattue. Pour cause, elle l’avait même mise en garde, dénonçant la naïveté de cette dernière pour l’avoir invité… D’autres de leurs semblables auraient pu se décider à tout détruire, chose que Ludmila n’espérait pas… Encore que. Au fond, elle s’était surprise à la maudire pour cette facilité à bâtir son propre espace et vivre sans se laisser trop entacher par l’influence d’Ares et de son bastion organique.
La jalousie… Peut-être que la possibilité d’un déclic était née en cet instant. D’abord cette vision, puis ensuite l’illumination qui l’avait frappée alors qu’elle combattait au plus proche du cosmos divin. Cette sensation de force et d’invincibilité qui l’avait envahie à mesure qu’elle s’abandonnait dans la mêlée, persuadée par la victoire.

Découvrir de nouveaux éléments et envisager de nouvelles solutions lui permettaient de renouveler ses perspectives. Maintenant, elle voulait plus.

    Teh. Non, décidément, les leçons que tu reçois n’ont pas à être les miennes. Tel que je te vois… Tu es déjà vaincue. Souffla-t-elle, ne voyant en son interlocutrice que la petite fille fragile et aux bords de l‘agonie, se lamentant sur les remparts. Pour ma part, je n‘ai pas l‘intention de stagner ni de reculer. Je ne l‘ai peut-être pas revu depuis bien trop longtemps, mais Carthage n‘est certainement pas en cendre… l‘Empire Byzantin l‘a mis à sac et profité de sa nouvelle main d‘œuvre, je suppose que ça lui a suffit, non ?
    D’ailleurs… qu’est-ce qui vous a amené là bas ? Ne me mens pas. Je m’y connais dans le rôle « d’éclaireuse », et il est rare que l’on y verse pas la moindre goutte de sang. Ce n’est pas le genre du Dédale de disperser ces troupes sans raison de toute façon…

Elle grognait, bien que la curiosité remportait de loin la manche, au point de la rendre un brin plus calme dans l’ensemble de son discours. Il est vrai que cette histoire commençait à dater, mais après tout, on ne lui confiait rarement grand-chose… Pourtant, la Hyène aurait donné cher pour s’y retrouver, là bas.


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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Lun 19 Déc - 0:58
-Je suppose, en effet.

Le dépit dans les yeux, la Tarentule observait sagement son interlocutrice. Au moins était-elle parvenue à creuser de nouveau une certaine distance émotionnelle avec la Hyène. Au jugé de son état, il n'était pas de très grande intelligence de trop prendre à cœur ses remarques acerbes. Celle-ci s'imaginait qu'elle était demeurée inchangée depuis leur dernière rencontre. Peu importe l'étendue de son tord, mieux valait ne pas se leurrer sur sa lucidité. Ce n'était ni le lieu, ni le moment de la raisonner. Tout au plus pouvait-elle tenter quelques prises dans sa mémoire sur certaines idées fortes dans son discours, que ce soit par le geste ou la répétition. Mais d'évidence que les subtilités ne survivraient pas au lendemain.

L'Araignée pouvait d'ailleurs douter sur leur immédiate assimilation, eu égard l'introversion paradoxale dont faisait preuve sa vis-à-vis. En effet, malgré son attitude et son éloquence ostentatoires, Ludmila continuait de s'enfermer dans sa sphère d'affects, restant dans sa zone de confort. Elle même représentait d'une certaine manière son contraire en terme de paradoxe, introvertie sur le dehors, mais focalisée sur l'émotion d'autrui au dedans. Ce détachement... était-ce là l'un des attributs de sa défaite dont l'accusait sa détractrice ? En l'occurrence, il lui était commode pour garder la tête froid au mépris des innombrables insultes.

-Du sang ?

Écarquillant légèrement les yeux de surprise, Esther prendrait alors une mine amusée, pour ensuite se tourner vers l'un des spectateurs ; ni plus ni moins que la fille de l'aubergiste, contrite de peur. Dans l'aura de la Berserker se dégageait une menace latente. Arrivée dans sa sphère intime, son regard lui apparaissait opaque ; père d'une angoisse lancinante.

-Toi, garde les yeux grands ouverts ! Tu veux bien ?

Évidemment, la Tarentule adressait là une question rhétorique à sa proie vraisemblable. Si son intonation devait paraître douce, son index approchant lentement de ses prunelles noisettes laissait deviner une perversité ambigu eu égard sa placidité. Que son doigt soit presque à distance d'effleurer la pupille de la jeune femme, celle-ci se montrait incapable de fermer la paupière malgré l'évidence de la menace, impuissante devant une volonté dominant la sienne. Aussi, à ce terrible constat, réagissait-elle en libérant un flot de larmes accompagné d'une grimace d'effroi.

Finalement, la main de la petite fille se déporterait délicatement sur la joue de sa cible, lui adressant une caresse froide. Quelques secondes de plus après ce revirement étrange, et l'humaine s'effondrait au sol, la psyché assommée. Une amnésie partielle succéderait à son réveil, ignorante des événements de la journée. Celle-ci serait ne verrait pas sa vie fauchée par la Mascarade. Muette pendant un moment, Esther reportait son attention vers sa congénère, un sourire innocent sur le visage.

-M'imagines tu un instant verser le sang de qui que ce soit ? Moi, une fillette si fragile...


Changeant de stratégie pour faire passer ses démonstrations, les répliques de sa comparse lui diraient son efficience. Décidément... cette femme demandait un grand effort de communication... mais d'une certaine manière, la Tarentule ressentait un plaisir coupable dans ce jeu délicat devant une énigme émotionnelle aussi singulière que la Hyène. Manifestement, Carthage en était la clef de voûte. Pour une fois, le vœu de la Hyène rejoignait l'intérêt de l'Araignée, bien que de façon fort détournée.

-Non... Nous avons été appelées à assister les Oracles dans une enquête. Cela a beaucoup ennuyé Li, d'ailleurs. Une mission si ennuyeuse... Mais pour qu'Arès voit un intérêt dans la prédiction de son frère Apollon, on ne pouvait qu'être agréablement surprises... et ça n'a pas manqué. Une vision de massacre nous a accueilli... puis fallait-il y voir un heureux hasard... nous sommes arrivés juste avant qu'un groupe de druides mette en place un rite sacrificiel à la gloire de Moloch Baal. Oh... il semble aussi que nous ayons réveillé des spectres... dont l'un d'entre eux était un Cardinal. Oui... il s'en est passé des choses... Mais le sang n'a été versé à aucun moment... du moins, pas de nos mains. Et pas plus de ceux de nos alliés. Célestia et Thafnout, les as tu déjà croisés ?


Nonchalante, son intonation s'était faite des plus légères en dépit de la gravité de certains faits rapportés. Et pourtant, c'était faire mentir son sentiment viscéral à l'encontre de cette cité ; inquiète. Quand bien même, était-ce une erreur de ne pas se perdre en de trop lourds détails devant une personne si... bornée ?




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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Mer 21 Déc - 17:51

La Hyène observait sans grande attention la pratique exercée par son interlocuteur sur la jeune fillette apeurée. Elle n’avait même pas fait attention à cette dernière, et à dire vrai, elle s’en moquait éperdument. Il était pourtant convenu que de telles conversations ne devaient pas tomber dans des oreilles indiscrètes ; une obligation dont la vandale ne se souciait pas vraiment. De toute manière, elle déblatérait rarement pareilles paroles dans des lieux comme celui-ci.
Cela n’avait finalement aucune importance puisque la Tarentule semblait attentive aux dérapages de cette soirée, jouant qui plus est à la midinette à mesure que le discours de la combattante s’encombrait de propos plus virulents les uns que les autres. Cette dernière acquiesça même à la pseudo-question qui se voulait confirmer ou plutôt infirmer le potentiel sanguinaire de la poupée en chiffon. De plus, réfléchir par deux fois à une telle éventualité s’avérait particulièrement secondaire comparé au thème récemment abordé : La mission de Carthage.

Ludmila eut même du mal à en croire ses oreilles. Un flot d’informations qui en devenait presque grotesque tant il comptait un nombre d’éléments improbables : Oracles, Druides, Moloch Baal, Spectres et un Cardinal ?… Elle plongea instantanément dans le regard émeraude, déchirée par deux ressentis. L’envie de l’attraper au col pour la dissuader une fois pour toute de la considérer comme aussi crédule. Puis l’idée qu’elle lui disait belle et bien la vérité, aussi abracadabrantesque soit ces révélations.
Pourtant, la seconde option semblait l’emporter lors du déchiffrage de ce minois flou et quelque peu difficile à sonder.

    Attend… Hin!! Elle s‘esclaffa d‘un rire nerveux, se redressant subitement de sa chaise afin de mieux dominer son interlocutrice. … Et après?!… Attend, déjà, tu vas arrêter de me prendre de haut deux minutes, gamine. Si tu crois qu’un peu d’alcool va m’empêcher de te faire vomir ton lot d’humilité et de vérités, tu te… trompes lourdement.
    Maintenant, si tu ne mens pas, et il vaut mieux pour toi… alors tu vas m’expliquer quelque chose.

Les traits de la colère regagnait rapidement son faciès, bien que pour une fois, elle cherchait à la contenir le temps de s‘exprimer jusqu‘au bout.

.
    Un « Cardinal » serait à Carthage. Avec les spectres, nos alliés.
    Et la ville est sous le contrôle du Sanctuaire ? Zvezdan est au courant ?!
    Elle grinça des dents, l‘esprit retourné par mille et une questions. Le ton montait, grondait. Un peu trop. Qu’est-ce que c’est que ces conneries ?! C’est quoi Moloch Baal ?!

    … Marre d‘être la dernière des chiennes!! Quel est le Plan à la fin?! Au moins pour Carthage, j‘aimerai être au courant avant d‘y être envoyé en pâture d‘un claquement de doigt! Bordel… d’abord Kiev… puis Jamir… maintenant Carthage ? Non. Cette cité là ne finira pas en cendre, je ne le permettrai pas.
    Alors parle maintenant !

Oh oui elle allait parler. Evidemment. Sinon de sa langue il ne resterait plus qu’une bouillie de sang s’asséchant à même le parquet en bois de cette taverne de miséreux…


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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Jeu 22 Déc - 15:05
En terme de communication, la Hyène était un vrai casse-tête. Plusieurs angles d'approche avaient déjà été abordés. Peu montraient leur efficience. Pour ainsi dire, l'intérêt de la guerrière survenait comme des caprices ; imprévisible. Malgré tout, Esther repérait quelques points de crispation. Au moins son petit jeu d'observation menait-il à quelque chose. Regardant sa réaction après son petit rapport, la Tarentule eut du mal à retenir un sourire pervers. Aussi ne ressentirait-elle aucune peur tandis qu'allait se lever sa congénère, plus menaçante que jamais. Sur ce rempart, le moindre mouvement était source de frémissements d'angoisse. Ici, la balle était dans son camp, et le jeu ne prendrait pas sans son consentement. Un état de fait que la Tarentule ne souhaitait pas rendre évident aux yeux de Ludmila, mais au moins devait-elle le ressentir ; dans l'idéal, comme quelque chose d'ineffable.

L'expression feignant la gravité, son regard s'illuminait à la mention du cardinal de la Guerre. La tonalité de sa voix mettait en lumière une relation jusque là insoupçonnée avec l'un des pontes de la Citadelle. Et ce qu'en lisait la petite fille l'intéressait en premier lieu, comme percevant la fondation fébrile qui supportait la psyché de sa vis-à-vis. Portant la main sur la bouche – comme une enfant innocente qui trahissait un secret par inadvertance –, de la surprise se lisait sur son expression.

-Comment ? Zvezdan ne t'a rien dit ? Il n'ignore rien de cette mission pourtant... et depuis longtemps... Enfin... je suppose qu'il n'était pas au courant de ton attachement à Carthage...

Un moment silencieuse, la Tarentule se montrait attentive à ce qu'exprimait sa comparse. La figure crispée, devinant l'anguille sous la roche, il en ressortirait une forme de circonspection. Une ultime et lacunaire pique dans la fierté de la Hyène.

-Si ?

Sur cette note se simulait à présent de la tristesse. L'air désolé, l'Araignée laisserait un peu plus de temps à sa semblable pour assimiler la nouvelle. Peut-être, canaliser son émotion. Sous son masque, l'irritation emportait de nouveau ses pensées. Cette femme avait l'outrecuidance de tout réclamer sans ne rien proposer en échange... méprisant ses questions qui n'appelaient pourtant pas à des informations valant le quart de ce qu'elle consentait à livrer. Aussi, si la petite fille ne décevrait pas les attentes de son interlocutrice, au moins lui imposerait-elle un soupçon de patience... sans doute afflictif à la considération des sentiments qui devaient la traverser à cet instant.

-Je vais tout te dire. Accorde moi juste un moment ! Il est fatigant de tenir figés autant de témoins... et il me reste si peu d'énergie...

Ces derniers demeuraient toujours tétanisés ; plus d'effroi que sous l'effet de la domination mentale que leur imposait ce monstre qui recouvrait l'apparence d'un agneau. Un monstre toutefois empreint de mansuétude, faisant mentir sa promesse initiale de leur faire vivre un final mémorable pour à la place les faire tomber tour à tour dans l'inconscience avec la méthode usitée sur la fille du tavernier. Au réveil, ils oublieraient tout des événements de la journée. Un viol mental qui serait à l'amont d'une terrible céphalée, et pour de longues semaines. Mais n'était-ce pas préférable au funeste qui leur était jusqu'à présent réservé ? Dans tous les cas, l'opération prendrait de longues minutes sempiternelles, temps durant lequel Maïwenn terminait seulement son assiette, toujours attentive à l'expression de Ludmila. Finalement, c'est une Esther l'apparence épuisée qui retournerait auprès de la Hyène, s'asseyant de fatigue. Une faible petite fille, n'était-ce pas ce qu'elle était après tout ? Se massant les paupières, une question lui viendrait.

-Pardonne moi... J'ai oublié... Tu veux savoir quoi exactement ?




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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Lun 26 Déc - 13:14

La Hyène pâlit. Définitivement, la colère venait de déserter. Ces sautes d’humeur précédents l’épuisaient tout à coup, certainement faute à l’émotion de trop. Un poignard jonché entre les omoplates, voilà ce qu’elle ressentait exactement lorsque la Tarentule lui confirma que Zvezdan gardait pour lui une pareille information.
Le regard papillonnant, elle ne savait plus quoi dire. Ou plutôt, la hâte qui l’animait quelques secondes auparavant quant à l’idée d’arracher à son interlocutrice tout ce qu’elle savait sur le sujet venait de s’évaporer pour ne laisser place qu’à un dégoût teinté d’abattement. Certes elle se targuait de sa force et de sa solidité, pourtant, même malgré les différents, le vandale restait son dernier réel ami dans cette fosse miséreuse… Que s’était-il passé pour que même lui se retienne de partager des détails propres à leurs racines communes ? N’y avait-il finalement plus une once de confiance entre eux ? Se méfiait-il d’elle ?
… Après tout, oui, certainement. Si une personne avait pu constater la pertinence de ses égarements alors c’était bien lui. Elle changeait, et il le constatait de jour en jour. Pourtant, ne demeurait-elle pas une berserker de confiance en ce qui concernait les plans de bataille ? Impatiente, parfois de mauvaise volonté, oui. Mais… au point de la mettre dans le même panier que les autres ?… Même concernant Carthage.
Ou… « surtout » concernant Carthage…

Ludmila se sentait mal. Car son amour-propre aussi en prenait un sacré coup au passage.
Elle ne voulait même plus voir cette fillette. De toute manière insensible à sa comédie, ses pensées ne se focalisaient plus que sur une chose : Rentrer dans le lard du Cardinal afin de mettre cette affaire au clair. Et pourtant même ça, elle hésitait. Ce dernier avait toujours raison sur tout, et une fois de plus elle passerait pour le vilain petit canard impatient et plus perturbateur qu’autre chose. De toute évidence si elle n’avait pas été informée, c’est parce qu’elle ne rentrait pas dans les plans. Ou en tout cas, pas avant qu’on l’appelle d’un claquement de doigts, la forçant au demeurant à prendre la nouvelle avec le sourire alors qu’on ne ferait que lui jeter ça dans les pattes, de la même manière qu’un os à ronger…
Contrite et muette, elle quitta la pièce sans même adresser le moindre regard à Esther. Elle avait besoin d’air, et de solitude…

Une fois dehors, la berserker plaqua son dos au mur de la bâtisse puis inspira profondément, tâchant de contenir ce pincement au cœur et cette gorge serrée, qui l’altéraient jusqu’à lui en piquer les yeux.
Quel salaud…


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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Lun 26 Déc - 19:02
Il ne fallait pas une grande empathie pour apprécier l'ampleur des dommages dans la psyché de Ludmila. Avec une précision cruelle, la Tarentule était parvenue à rompre ce sur quoi reposait la Hyène. Le jeu en valait-il la chandelle ? La question pouvait se poser, à présent qu'il ne restait plus que des cendres de la résolution de sa comparse. Cette dernière perdait brusquement de sa contenance, contrastant avec les masques qu'elle s'était évertuée à maintenir. Si encore le dérèglement était momentané, mais sa réaction suppurait un caractère viscéral, destinée à s'alimenter et s'entretenir jusqu'en enfer. À présent, le défi changeait de place, et l'Araignée s'accordait sur les nouvelles règles se mettant en place. Il serait dommage que le plaisir s'arrête en même temps que la guerrière franchissait le seuil de la taverne pour se perdre dans ses tourments.

Pendant un moment, Esther balayait du regard son proche environnement. Entre les corps endormis et les carcasses massacrées, la Tarentule signait une œuvre ambivalente de sadisme et de compassion. Pour que les choses soient parfaites, il lui revenait de marquer cette empreinte particulière dans l'esprit de sa première spectatrice. Aussi, faisant signe à Maïwenn de la rejoindre, les deux jeunes filles quittaient cette bâtisse d'horreurs. Arrivés à l'extérieur, Ludmila se tenait adossée contre un mur, figée. Tandis que sa grande sœur s'apprêtait à se tourner vers elle, Esther la retenait de la main, comme motivée par une ombre de pudeur. En effet, il n'était pas nécessaire de prolonger l'humiliation. Tout au plus la Tarentule éclaircirait-elle sa voix pour être entendue de sa semblable, les yeux portés vers la lointaine Citadelle coiffant l'horizon forestier.

-Il n'est pas de honte à avoir... que de la colère. Sur le fond, tu n'as pas tort. Tu ne possèdes rien, mais il ne t'est pas interdit de conquérir. Tôt ou tard, il te faudra combattre pour tracer ta propre voie. À toi de trouver le courage de briser tes chaînes.

Tandis que se couchait le soleil, rougissait le ciel au-dessus de leurs têtes insignifiantes. Esther lèverait les yeux quelques secondes vers cette toile céleste, introspective. Tournant légèrement la tête sur le côté, sans rencontrer le regard de sa congénère, la Tarentule lui adressait son invitation, départie de toute condescendance. Dans son attitude, il n'était pas de hiérarchie à considérer. Elles étaient deux personnes, et parlaient pour elles-mêmes.

-Les desseins insondables m'irritent. Comme toi, je tiens à tisser ma propre toile... Si tu cherches des réponses, viens me trouver.

Soudain, sa voix allait se faire plus légère, plus chantante, renouant avec ses faux-airs enfantins.

-Ou alors, reste un outil ! Tu es libre de tes choix, après tout !

Sur ces mots, la Tarentule reprenait sa route, accompagnée de sa protégée. Les graines étaient semées, et s'il n'y avait aucune garantie d'en voir émerger quoi que ce soit, l'intuition lui susurrait l'imminence d'un heureux chaos au sein du Dédale. Il fallait bien faire bouger les lignes et avec elles, les destins s'y greffant.




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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Mar 27 Déc - 16:51

Elles étaient de nouveau là, les mouches.
Mais ce fût toujours la même qui revint à la charge, pensant une fois de plus que le moment se prêtait à une brève morale ; ce à quoi la Hyène répondit instantanément d’un lourd soupire. Elle n’avait certainement pas besoin des conseils d’un semblable, encore moins de celle-ci, jugée jusqu’à présent comme si peu dégourdie. Comment osait-elle lui reprocher de manquer de courage, cette gamine fantôme ? Le dédale la réprimait à tour de bras et on en venait même à lui cacher les informations les plus élémentaires. A part maugréer et prendre difficilement son mal en patience, il n’y avait finalement que très peu d’opportunités de démontrer quoique ce soit d’autre que de la servitude fade au possible.
Ludmila n’aimait pas cette fille. Son ton, sa pâleur, son innocence feinte et ses insinuations frisant la condescendance. Maintenant qu’elle s’était trouvée une cane humaine pour l’accompagner, elle se comportait comme une maîtresse, y allant de son petit commentaire dès que l’occasion se présentait. Ce genre de comportements qui donnait envie à la vandale de l’étriper afin de faire le tri entre les mots et la réalité des choses.
… Bien que pareilles pensées s’appliquaient de plus en plus et pour presque tout le monde. Cette fois-ci le dépit l’accablait suffisamment pour qu’elle garde son sang-froid. Quand bien même répondre par le sang devenait une coutume inconsciente, surtout avec ses frères d’arme qui avaient le don de l’irriter plus que quiconque.

    Mais tais-toi… Souffla-t-elle, fatiguée.
    Tu ne sais pas qui je suis. Tu… ne m’as même pas écouté.
    Va t-en.

La combattante se laissa glisser au pied du mur, une main soutenant rapidement son front. Son interlocutrice s’amusait juste à reprendre ses paroles pour lui faire une morale, à quoi bon lui répondre ? Evidemment qu’elle devrait se battre, conquérir. Le couplet sur l‘affranchissement parlait de lui-même. Mais cette petite garce, à l’instar du Dédale, n’était qu’une illusion de plus qui faisait mine de la comprendre et d’officier pour son bien. La preuve étant qu’elle s’éloignait déjà, l’appelant on-ne-sait-où pour l’aiguiller plus encore sur les informations précieuses aux yeux de la Hyène.
Sauf que cette dernière ne viendrait pas.
Elle ne viendrait plus.

Arès, le Dédale, les berserkers. Rien de tout cela ne lui accorderait la moindre faveur. Cette Esther ne lui apporterait rien de plus que Zvezdan. Aussi il était temps pour elle de revoir son plan de bataille, en solitaire.
Puis se refuser à tout compromis. Une fois pour toute.


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Message Re: [Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]   Mar 27 Déc - 23:12
Spectatrice, Maïwenn se murait dans son silence le long de l'échange entre la Tarentule et la Hyène. Le visage crispé, cette scène la laissait sceptique. Que recherchait ainsi Esther dans ce petit jeu ? Songeant aux mots de sa jeune sœur avant leur départ, fallait-il voir ici une démonstration de liberté de la part de l'Araignée ? Non, tout ce qu'elle voyait n'était que la destruction lente et méthodique d'une psyché. Par étapes, la petite fille défragmentait les croyances de son interlocutrice pour l'anéantir et ne plus laisser à voir qu'une épave pathétique. Le coup de grâce serait donné au sortir de l'auberge, lequel anima pendant un instant une sombre étincelle dans le regard de Ludmila. L'expression grave, Maïwenn ne connaissait que trop bien cette lueur. Une lueur dont Esther semblait ignorante, malgré son assurance apparente.

Les longues minutes accompagnant leur cheminement vers le Dédale rendaient l'atmosphère des plus tendues. Quelques secondes avaient suffi – après qu'elles se soient séparées de la guerrière – pour que la légèreté de la Tarentule s'estompe et recouvre à la place une irritation de plus en plus marquée ; nerveuse. Un sourire narquois sur la figure, Maïwenn ne résistait pas à l'envie de mettre de l'huile sur le feu. Après tout, elle était loin d'être convaincue par la rhétorique de sa prétendue préceptrice.

-Alors ? C'est ainsi que tu t'imaginais libérer cette femme ? Détruire ce qu'elle est pour la reconstruire selon tes goûts ? Héhé... Et tu croyais arriver à quelque chose comme ça ? Ne me fais pas rire...

Le ton incisif, il n'était pas question d'y aller avec le dos de la cuillère. Après tout, n'était-elle pas devenue son choix de vie ? La clef censée la libérer d'un quotidien étouffant ? Attentive à la leçon censée ouvrir ses horizons, elle se retrouvait à raffermir ses positions. Devenue dépendante de la Tarentule, il n'était pas question de laisser la candeur régir son devenir.

-Tu sais... ses yeux, tout à l'heure... Je les connais. Ils m'ont dit l'avenir. Tu mourras de ses mains. Comme je le vois, tu as creusé ta propre tombe. C'est le sort que l'on réserve à ceux qui trafiquent avec la liberté. Personne n'aime les menteurs !

Brusquement, la Tarentule tournait son visage vers celui de Maïwenn. L'ombre d'un instant, son aura se ferait meurtrière, assénant à sa grande sœur une attaque mentale bonne à la faire s'effondrer au sol et relâcher un gémissement de douleur. Se tenant le crâne, des filets de sang coulaient le long de ses oreilles et de ses narines. Tremblotante, ses prunelles vairons s'incrustaient dans ceux émeraudes du monstre. Tandis que Maïwenn était empreinte d'une rage muselée, Esther répondait de sa froideur inhumaine.

-Les chaînes... À présent, je les vois... Tu m'as enchaînée à toi...

Muette, Esther continuait d'observer froidement son esclave. Des tremblements à l'extrémité de ses doigts, la Tarentule réprimait une émotion capable de la submerger n'importe quand. Mais pas maintenant, travaillant à se détacher toujours un peu plus de ses affects pour garder le contrôle. C'était devenu là sa nouvelle conduite de vie, ce qui lui avait permis de renverser la domination d'Arachné sur son esprit.

Une ambiance de mort jusqu'à leur maisonnée, les deux sœurs se séparaient. Esther retournait dans l'obscurité de sa chambre, à l'intérieur de laquelle les orbites de sa mère décomposée la scrutaient ; impitoyable. L'odeur pestilentielle de la pièce immergeait son être comme un parfum rassurant mais à la fois lancinant. Celui d'un amour érigé à la qualité de relique. De ces orbites creuses allaient soudain scintiller deux lueurs écarlates, la silhouette décrépie d'Aubrée recouvrant peu à peu les traits d'une femme prompte à faire grimper un frisson le long de son échine. Un rictus cruel sur la figure, Arachné continuait de tourmenter sa petite Tarentule, si bien que cette dernière se défigurait d'horreur. Recroquevillée sur elle-même, une tornade émotionnelle faisait hurler sa conscience. La gorge serrée, aucun son ne se dégageait de ses cordes vocales. La petite fille ne pouvait espérer aucune aide.

Pour autant, son calvaire semblait prendre fin. Tout du moins, ses convulsions s'arrêteraient-elles sans prévenir, laissée dans un état de torpeur. Le regard vide, une vision venait l'achever. Celle de la lame plantée dans son cœur, de ses propres mains ; le suicide de sa conscience. Cela avait été le prix de sa « liberté ». Une liberté illusoire, car sa malédiction n'avait fait que changer de visage. Arachné approcherait d'ailleurs ses lèvres des oreilles d'Esther, susurrant un peu de son poison.

-Ma fille, pensais tu qu'il y aurait moins de douleur à tisser ta propre toile ? Ta petite mascarade passée te manque-t-elle ? Ton aiguille m'est restée trop longtemps dans la main. Mais n'aies crainte ! Bientôt, tu saisiras la vanité de ta culpabilité, et la délectation de ton art. Tu as du potentiel mon enfant ! Tu fais bien de le laisser s'exprimer !


La liberté... quelle bonne blague. De tous, elle était bien la dernière dont elle attendait l'assentiment...




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[Début Octobre] La Peine, courtisane de l'oubli [pv Ludmila]
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