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 Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]

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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Mer 7 Déc - 10:31
C'est vraiment pas le moment, Ludmila. Vraiment pas.

Oh que non, il va falloir que tu le calmes bien assez vite, ce tempérament nouvellement rebelle qui commence à trop s'éterniser. Parce que je ne joue plus. Je ne concilie plus. J'ai assez fait ça. On a assez rit de menaces trop peu mises à exécution et d'une attitude trop légère pour un Général d'Arès. Alors je vais vous la donner, cette facette que vous attendez d'un Cardinal de la Guerre. Bien au-delà de toute espérance. Qu'ils ne viennent pas se plaindre.

J'ai assez fait semblant. A Jamir, j'ai adoré tuer ces Muiens par dizaines. J'ai rit, putain, j'ai rit à gorge déployé dans la mêlée, comme une saloperie de dégénéré, comme ces bœufs sadiques que j'aime tant regarde d'un air juge de temps à autre. Mais non, Zvezdan, tu vaux pas bien mieux. Alors on va arrêter de pardonner. D'oublier, d'effacer, de relativiser. D'adoucir. Je les ai assez fermé, ces yeux, tant et si bien qu'on en a allègrement profité pour me lacérer sans que je puisse voir le coup venir.Alors ces yeux, je vais les rouvrir, cette bouche pleine de mots trop légers, de miel trop abondant, elle va gagner en réalité crue et en venin.

Et tu as assez été épargnée, Ludmila. Plus d'une fois. Pour ces quelques années à tes côtés, pour notre passif commun. Notre nation commune. Ce peuple éteint, encore un peu vivant à travers les braises rageuses dans nos cœurs. Oui, j'ai épongé beaucoup au nom de cette braise que j'aime penser jumelle à la mienne. Mais je peux plus. Ce Dédale part dans un Chaos différent de l'habituel. Dangereux, plus concret. Ce n'est plus cette banale loi du plus fort encadrée par la domination d'un quatuor encore au-dessus des chiens qui se battent dans l'arène. Je t'ai pas vu depuis le retour de Jamir, Thivan. Encore parti sans dire un mot ?

Ca commence à faire longtemps, quand même.

Trop. Assez pour que trop d'aises soient prises. J'ai longtemps aimé avoir quelqu'un d'autre pour le faire, mais tout porte à croire que je vais devoir assumer ce rôle. Non, pas que j'aie l'intention de te voler ton titre le temps que tu te manifestes de nouveau, Thivan. Mais tout porte à croire que la piétaille a tôt fait d'oublier son devoir sans la menace d'une fourche dans le dos.

Quelques pas dessinés jusque pas loin des portes d'Obsidienne. Elle est là. Elle est là et elle peut la voir au loin, la silhouette de ce Cardinal comme changé. Tu n'auras pas ce masque trop complaisant, non Hyène. Tseh... Si tu savais comme je déteste ça. J'ai pas envie de jouer ce jeu. Mais tu fais tout pour m'y pousser, et personne d'autre n'ira manifestement le faire. Alors soit. Ainsi soit-il.

- Bonsoir, Ludmila.

Tu le sens, ce froid ? Cette distance ? Oui, celui-là. Cette entrée en matière qui met les choses au clair, que l’ambiguïté n'ai pas sa place : Tu es face à un supérieur, ici. Tu as passé ta chance d'être face à un ami, un compatriote, un frère. Tous ceux-là ont essayés de te comprendre, te raisonner. En vain. J'en ai assez, des efforts « en vain ». Ils se multiplient. Se ressemblent. A la vanité d'un discours clamé face à un mur, je tends à de plus en plus préférer celle du sang versé, de la sauvagerie décomplexée. Et je continue malgré tout de le cacher derrière un masque de froideur, derrière des mots trop civiles. J'aime décidément trop y jouer, avec ces masques.

- C'est une belle ville, Rome. Très belle ville, oui. Riche en beaucoup de choses. Des choses qui intéressent assez les Berserker pour qu'on y gaspille deux centurion en temps de Guerre sur ce qui ressemble trait pour trait à un coup de tête, peut-être ? Tu y es passé à ton retour après tout, alors peut-être en sais-tu plus que moi. Il doit bien y avoir une raison à ces bruits qui courent.

Que comptes-tu donc faire avec ce Kostas sous le bras, dans les murs de cette cité ? Parle, Ludmila, parle et arrête de tout faire dans ton coin, isolée, teigneuse et irascible pour je ne sais trop quoi. J'en ai marre d'être patient avec toi. J'en ai marre de « comprendre », « laisser une seconde chance », « tendre la main », « oublier ». Tu crois pas que t'y as eue assez droit comme ça ? Non ?

Non, c'est fini ça, ma grande. Alors choisis bien tes mots. Nomme bien tes raisons. Et convaincs-moi vite.
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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Jeu 8 Déc - 19:00

La douche froide.
Comment décrire autrement cet instant précis où l’exaltation, forte d’un orgueil récemment consolidé à grand renfort de frappes et de paroles aussi tranchantes les unes que les autres, se brise instantanément faute à une perception trop parfaite de ce qui l’attendait. Intuitivement, elle le savait déjà - L’obstacle de trop.
Cette rencontre l’amena aussitôt à se questionner : Comment avait-elle pu s’imaginer passer au travers d’une telle éventualité ? Son mépris pour la hiérarchie ne s’était jamais permis de mettre Zvezdan dans le même panier, et en bonne exception qui confirme la règle, lui seul pouvait apparaître en maître sur son chemin. Toutefois il y avait dans le fond de l’air une menace différente que celle rencontrée jusqu’alors. Cette fois-ci l’écho de sa cuirasse rentrait en concordance avec le cosmos environnant et lui instillait bien plus que de faire preuve d’une simple prudence. De nombreuses scènes lui revenaient alors en mémoire ; celles où la Hyène s’était amusée à marteler tout à chacun à propos de la dangerosité des lieux, des principes survivalistes ou encore de l’intérêt indiscutable de la soumission face à certaines circonstances.
S’était-elle seulement incluse dans ses propres morales ? En fait, non. Elle le réalisait maintenant qu’elle s’y voyait à son tour confrontée.

    Bonsoir Cardinal… Souffla-t-elle, cette fois ci assurée d‘avoir sélectionné le bon nom en s‘adressant à lui.

Mais elle ne tint pas plus le regard, car déjà commençait une tirade riche en renseignements. Quelle bêtise que de s’être trop dévoilée. Si elle avait joué seule, la vandale serait déjà loin à l‘heure qu‘il est. Maintenant il lui fallait s’expliquer, et… Non, peut-être pas finalement. Les explications, les justifications, les négociations. Depuis combien de temps le Cardinal de la Guerre les encaissait-il au cours de leurs échanges ? La question méritait de se poser maintenant qu’un nouveau round s’engageait dans un climat dont ne transparaissait que trop peu de similitudes avec les précédents. Et pourtant : Qu’attendre d’autre de Ludmila exactement ?
Se soumettre ? Maintenant, et sans discussion ? Un scénario peu envisageable à l’origine et qui ne risquait assurément pas de voir le jour maintenant qu‘elle s‘était sentie poussée des ailes. Elle engagea toutefois son procès avec une certaine retenue, n’osant pas contester ce « temps de guerre » qui a ses yeux ne devrait de toute façon jamais céder sa place à un « temps de paix » dans l’esprit des berserkers. Même si pour elle désormais, la guerre devenait une affaire purement personnelle.

    Nous revenons déjà d'une escarmouche et nul ordre n’a été donné… commença-t-elle faiblement, Ma cuirasse est au service d’Ares et je ne la laisserai pas rouiller ici. Quant à Kostas… Lui et moi sommes des vétérans, s’entraîner au Dédale avec les autres est une routine ennuyeuse... voire sans intérêts. J’ai une proie en tête qui pourrait certainement nous permettre de lier l’utile à l’agréable. Nous reviendrons de toute façon pour les prochaines manœuvres…

En cette rare occasion, elle venait de mentir. Du moins à son sujet. Son discours teinté d’une nonchalance feinte tâchait de convaincre Zvezdan que cette histoire ne reposait que sur l’idée d’un défi comme un autre. Un peu de piquant à peine plus conséquent que ce qui se passait de toute manière au Dédale. Pourquoi pas après tout ? Certes elle n’était pas une commandante, mais s’offrir un simple luxe avec un camarade habitant lui aussi le bastion depuis plus d’une dizaine d’années, il n’y avait pas de quoi en faire toute un plat.
Et ce même si le regard fuyant de la combattante ne trahissait pas une lueur ; un sentiment de déception intense, comme si l’idée même qu’on lui refuse une « si petite chose » puisse l’affliger de la sorte…
Si ?


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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Dim 11 Déc - 16:31
Eh bien, pas content de me voir ?

A quoi tu t'attendais, ma pauvre. Tu m'emmerdes. Tu me fatigues. En ces temps où la masse grouillante du Dédale semble oublier quelques principes simples, j'aurais préféré pouvoir compter sur toi pour m'aider à administrer la piqûre de rappel plutôt que de devoir t'attraper le bras pour y inoculer une grande dose.

Et déjà tu fuis mon regard. Quoique tu aies à me dire pour la suite, ça commence mal. Très mal. Quoi, déjà quelque chose à se reprocher ? Sans même que je n'ai à commencer mes interrogations ? Tu rends ça infiniment trop facile. Si bien que c'en devient lassant d'avance.

Je l'écoute, ton petit exposé clamé d'une voix faiblarde, balancé sans même oser me regarder. Une nervosité trop apparente, un prétexte trop facile, trop vide. Trop faux. Mais je vais jouer le jeu. Malgré mon peu de patience, je vais faire l'effort de jouer le jeu ne serait-ce que quelques secondes. Mais j'ai tout de même pour quasi-certitude que tu ne vas pas aimer t'être aventuré sur ce terrain avec mon pour adversaire. Non, vraiment pas.

- En ce cas, voici un premier ordre : Reste à ton poste.

C'est dit d'une voix sec, impérieuse. Un regard dur pour appuyer la rudesse des mots, une aura bien lointaine de celle de ce Cardinal trop coulant que j'ai souvent tendance à être. Parce que tu ne sembles pas comprendre la compassion. Oui, que ce soit lorsque tu la prodigues ou lorsque tu la reçois, la Ludmila de ces derniers temps m'a l'air plus versée dans la communication par le rapport de force que dans quoique ce soit d'autre. Eh bien me voici sur ton terrain, Hyène. Satisfaite ?

- Ce que tu appelles routines ennuyeuse, ça s'appelle en réalité avoir toutes les troupes à portée de main. Après maintes et maintes escarmouches avec le Sanctuaire, et la promesse d'une contre-attaque prochaine, tôt ou tard... J'ai besoin de te faire un dessin ?

Elle viendra un jour, cette force de frappe drapée d'or. Elle viendra frapper aux portes du Dédale, et c'est bien toi qui seras la première à leur répondre. Alors non, les petites escapades décidées sur un simple caprice, sans réel intérêt militaire, elles vont attendre le retour à une situation plus stable. Nous sommes assez affaiblis comme ça pour ne pas en plus présenter une porte d'entrée grande ouverte à de potentiels attaquants lorsque ceux-là viendront s'y engouffrer avec pour idée de nous mettre à sac.

- Il n'est pas question de rouille, mais d'être la sentinelle qui anticipera les prochaines manœuvres. Parce que ces « prochaines manoeuvres », comme tu dis, n'attendrons pas gentiment votre retour s'il doit s'agir d'une visite surprise à nos portes. Une visite trop potentielle depuis les derniers événements. Alors ta proie attendra.

Proie... Un intérêt titillé, tout de même. Une proie à Rome. A quoi penses-tu donc ? Deux sourcils viennent se froncer au-dessus de mes yeux, l'air songeur, à cogiter. C'est finalement explicité en quelques mots, circonspect.

- Et quelle serait donc cette fameuse proie ? A Rome, qui plus est... Quitte à devoir tenter de négocier pour emprunter un chemin vers l'aventure, tâche de m'opposer un discours qui tient la route.

Car la route, c'est bien ce que tu ne verras jamais avec tel exposé. Tu es là, à me parler de cette fameuse proie anonyme, de ce ton qui doute, de ce regard qui fuit. Et tu espères quoi ? Une tape sur l'épaule, un sourire franc, suivi d'un « Très bien Ludmila, fais donc comme bon te semble » ? Soyons sérieux deux minutes. Sois franche, dans tes intentions comme dans tes mots, parce qu'en plus de n'être que peu d'humeur à jouer au jeu des faux-semblants, demi-vérités et conversations tendues, je ne le suis que moins encore face à quelqu'un qui maîtrise si mal cet art.
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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Dim 11 Déc - 17:50

Elle se figea dès le premier ordre, la mine contrariée et les lèvres pincées afin de ne pas laisser s’échapper le moindre juron. Non, non et non. On ne pouvait plus lui demander une telle chose. Elle en avait terminé avec ses prises de conscience. A bout de patience, la Hyène l’était depuis trop longtemps ; à dire vrai il ne lui avait manqué jusqu’alors que l’arrivée subite d’un déclic pour décider de se prendre en mains autrement. Seul un profond désespoir l’amenait à se faire une raison jour après jour, or ce vide abyssal pouvait être comblé, elle en était désormais persuadée. Et face à cette révélation, elle ne pouvait en aucun cas s’opposer à sa nature profonde.
Son esprit rentrait en ébullition faute à la frustration et les pensées hargneuses qui ponctuaient son sens de la réflexion à mesure que le discours hiérarchique s’assurait de la restreindre à ce qu’elle avait toujours été au sein du dédale : Une esclave. Comment son compatriote parvenait-il à se maintenir depuis tout ce temps ? Lui qui possédait pourtant un tel discernement. Ludmila ployait toujours face à ses émotions, ce qui n’était pas le cas du Cardinal. Peut-être l’aurait elle enviée si seulement elle était en mesure de comprendre à quoi ce dernier se raccrochait pour ne pas sombrer…

Non, elle se refusait à croire que sa vie lui avait été ôtée.
Encore que, s’agissait-il seulement de sa vie ? Justement pas. Cette cuirasse justifiait sa continuité en tant que personne et ce avant même qu’elle ne la gagne à travers le prix du sang et du succès. Mais cet objectif lui avait retiré son libre-arbitre, sa conscience, et rongeait dorénavant son humanité. Entourée de semblables enlisés dans des travers qu’ils ne cherchaient qu’à satisfaire en pensant aller de l’avant. Ces drôles de miroirs, elle ne pensait pratiquement plus qu’à les briser sur son chemin tant ils lui donnaient la nausée. Combien de temps cela durait-il encore ? Une question bien sotte.
La vandale déglutissait, saisie d’un pincement au cœur alors qu’elle cherchait à rétorquer quoique ce soit à Zvezdan. Celui-ci cherchait à balayer les faux semblants et la fatalité qui en découlait ne pouvait que nuire à la contenance de la combattante, désespérément bien nue sous son armure. Pourtant, il lui demandait délibérément de la conserver, cette carapace, en la maintenant dans les flots de ces opérations et autres diverses manœuvres.

    … Cela ne se terminera jamais, n’est-ce pas ? Souffla-t-elle à demi-mot. Minée par cette volonté contraire à la sienne. Dessine plutôt ce qui nous attend au bout du chemin… si c’est autre chose que la mort dans une indifférence générale, peut-être que j’essayerai de me faire une raison. Encore.

La Hyène troquait son cynisme contre un zeste de dépression. Elle ne craignait pas la mort, ou en tout cas bien moins qu’une vie oppressée par les chaînes. Renier ses nouvelles conditions lui paraissaient certes compliqué, mais néanmoins nécessaire, dans une certaine mesure. Il y avait tant de nouvelles données que s’y adapter forçait à se métamorphoser, et c’était d’autant plus vrai au sein du Dédale. Mais avec le temps l’on pouvait faire le point. Plusieurs fois, même. Renouer avec son passé pouvait être possible. Mais jamais cela n’aurait lieu tant qu’elle ne se dépêtrait pas de ce piège envoûtant que les dieux dressaient parfois sur le sentier des hommes.
Un frisson la parcourait alors que le Cardinal lui demandait de s’expliquer plus encore.

    Mais... Et après ? S’exclamait-elle un ton plus haut, gagnée par des sentiments plus brûlants et par conséquent, plus assurés. Je n’en peux plus Zvezdan. Agis en maître et j’agirai en bête, c’est un fait ! Je ne suis plus en mesure de me contrôler… Un sourire nerveux commenta cette étrange réflexion, avant de se dissiper. Je n’y arrive plus ! Seras-tu derrière moi quand ma hache s’abattra de plus belle contre César ou un autre ? Je les tuerai, je les tuerai tous si je reste ici. Comprends-tu seulement que… J’ai la même haine à leur vue que s’il s’agissait de nos ennemis…

Un fait, encore un. Son impatience et sa frustration titillaient son âme. Celle-ci faisait écho à sa cuirasse et à sa lame fétiche. Parvenir à temporiser ce qui s’imposait comme des instincts nouveaux relevait du défi et ne fonctionnait qu’à grand renfort de sarcasme, de cynisme et de domination envers autrui. Convertir les autres à sa façon de pensée lui permettait d’extérioriser suffisamment pour ne pas craquer. Or même cela, elle n’en tirait plus qu’une brève satisfaction ; parfois jouissive, mais si éphémère…
    Tu dois être bienheureux si tu ne cernes rien à ce que je raconte Teh! Cracha-t-elle tout à coup, amenant une pointe de colère au cœur de la conversation. Kostas peut bien rester. Je m’en fiche. Mais moi… Laisse-moi passer.

Concluait Ludmila, renfrognée mais tâchant toutefois de se montrer plus calme à travers cette demande finale. La tête baissée, elle se braquait dans ses propres songes afin de ne pas déborder auprès de son semblable. Elle ne lui avait pas fourni plus de détails au sujet de Rome puisque cela se révélait finalement sans importance maintenant que le fond de sa pensée pointait le bout de son nez. Elle qui s’était habituée à subir ses émotions les unes après les autres ne pensait actuellement plus aux objectifs futurs. Seul l’instant présent comptait. Ce forcing désespéré auquel elle se voyait prête à se confronter corps et âme.


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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Mar 13 Déc - 19:41
Tout ça pourrait être tellement plus simple. Tellement plus simple si je faisais comme tu sembles vouloir faire dernièrement. Ca pourrait se résumer à moi qui ignore tout ce que tu vas dire là maintenant, moi qui répète mon ordre, moi qui te martèle jusqu'à obtenir que tu acquiesces pour ensuite me retirer. Oui, les choses sont simples et expéditives dans ce monde que tu conçois, Ludmila. Au Dédale tel qu'il est dans sa nature profonde. Mais je ne l'aime pas, cette nature. Ca fait longtemps que j'essaie d'y commander en allant à contre-courant d'elle. Ca n'a pas toujours été un franc succès. Loin de là. Mais ça a eu le mérite de fonctionner avec certains. Avec toi, fut un temps.

Et aujourd'hui, tu me titilles, ma pauvre. Tu me tentes de renoncer à ces beaux idéaux pour croquer à pleine dents dans ce que j'ai longtemps répugné à ne serait-ce que frôler du doigt.

La tentation est grande, plus encore au fil de chacun de tes mots, au fur et à mesure de cette moue sur ton visage. J'ai envie de l'effacer cette moue, quitte à la remplacer par un visage tuméfié, à t'arrach-... Un poing se serre, une main va se porter à ma tempe. Un crâne me fait mal. Terriblement mal. Une douleur que je sais bien simple à faire taire : Cède.

Cède et arrête de penser, de soupeser, de pardonner.
Cesse cette compassion vide de sens et de résultats, ils ne comprennent que le sang.
Le sang qui coule, qui gicle, qui chuinte et qui part au ciel en de grandes fontaines rougeâtres.
Le craquement caractéristique des crânes écrasés sur la rocaille, les crevasses sur une peau craquelée de cicatrices fraiches.
C'est ça, leur langage. Ca et rien d'autre. Elle ne déroge pas à la règle. Elle n'est pas ton amie.
Elle n'est qu'une autre proie prédatrice, chasseuse craintive. A la fois dangereuse et si facile à briser...
Alors, Cardinal, vas tu encore longtemps te jouer la douce illusion de cette obédience sans violence ?
Vas tu indéfiniment encaisser, supporter ces mots, ce ton et ce qu'il sous-entend, tout ça pour cette utopie ?
Ca a duré assez longtemps, tu sais. Ce mensonge à soi-même, à elle. Un véritable ami n'irait pas entretenir ces vains espoirs.
Alors brise les tiens en même temps que les siens, brise vos chaînes.
Brise-la.


Serre, desserre, serre, desserre. Encore et encore. Les poings, la mâchoire. Un long grognement étouffé, réprimé difficilement. Une braise furieuse passée dans les yeux avant que je ne les referme pour mieux passer une main dessus, une main douloureuse qui va ensuite de nouveau se porter à ma tempe pour la masser. Un spasme nerveux. Un murmure qui monte doucement, à peine perceptible. "Ta gueule." Et la main à la tempe se fait plus imprévisible, se met à gratter sur ma peau, griffer même.

De pire en pire à mesure que son discours se poursuit. Une Rage lente dans son ascension, insupportable dans son ébullition. Mais pauvre sotte... Pauvre petite débile aveugle et égoïste... Et la voilà qui part de cette intonation colérique. De ce crachat, de cette demande. Et c'est trop, Ludmila. C'est le putain de pas de trop. Alors maintenant que tu as finis de bien tirer sur la corde à outrance, laisse-moi te montrer à quel point ce qui t'attends au bout ne valait pas la peine de se risquer à ce petit jeu dangereux.
Un pas. Sans un mot, encore yeux fermés. Un second, pupilles pleines de furie relevées vers la Hyène. Un regard qu'elle ne m'a sûrement pas connu, pas même à Kiev lorsque l'on a respectivement perdu la tête. Non, tu vas chercher bien plus profondément que dans un coeur manipulé par la Rage d'Arès, ma grande. Tu t'amuses à titiller quelque chose de bien plus personnel.

Une chape de plomb s'abat sur toi. Mon Cosmos. Lui et tout ce qu'il a de chargé en sentiment. J'avance encore, franchis ton espace vital. Te pousse une fois.

- Et tu te crois seule à supporter ce tas de merde organique purulent depuis maintenant trop longtemps ?

Deux fois. Une voix pleine de venin, haineuse, puante de mépris.

- Tu crois que t'es la seule à vouloir tous les tuer, parfois, un à un, à faire durer le plaisir par-dessus le marché ?

Trois fois. Un Cosmos encore un peu plus lourd, un bras un peu plus violent dans son geste.

- Tu crois que c'est plus facile de commander une horde que tu irais bien décimer là maintenant, si tu écoutais tes envies profondes ?


Pas de quatrième fois. A la place, une pogne refermée violemment sur ta gorge.

- T'en peux plus, tu dis ? Ca fait des années que j'en peux plus. Que je ferme ma gueule. Que j'encaisse. Que je garde ce grand sourire et ce bon tempérament conciliant plutôt que de faire le ménage. Ca m'démange, assez pour que le jour où j'me déciderai à gratter j'y perde ma peau, j'y aille jusqu'à l'os.

Une poigne qui se resserre, un visage qui se rapproche, toujours plus entier dans la Rage qui y est affiché.

- Alors toi aussi, tu vas fermer ta gueule. Toi aussi tu vas encaisser, tu vas faire oui de la tête et tu vas retourner à cette putain de porte, la garder aussi longtemps que j'en jugerai nécessaire, et ça sans même protester une seule fois de plus.

Tu vas faire ça dés maintenant, ou je vais te mettre en morceaux.


Vas y. Prends le risque de croire que je bluffe. Pense que ça n'est qu'une énième intimidation, les mots sans poids d'un supérieur sûr de son autorité. Fais-moi donc ce plaisir. Fais ça que j'aie toutes les raisons d'aller le briser entre mes mains, ce maigre cou.

Fais ça que j'aie toutes les raisons de le briser entre mes mirages, cet esprit fragile.

Citation :
Zvezdan défie Ludmila.


Dernière édition par Zvezdan le Mer 14 Déc - 0:50, édité 2 fois
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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Mar 13 Déc - 22:14


Ainsi venait-elle de jouer sa dernière carte auprès de son dernier ami.
La réaction du Cardinal ne se fit pas réellement attendre, puisque la force envahissant les lieux, d’abord latente, se renforçait à mesure que les secondes s’écoulaient. Ses espoirs, elle ne les devait plus qu’à sa propre obstination bornée, celle-là même qui la confortait dans l’idée que son interlocuteur serait apte à céder face à un tel compromis. Pas parce qu’il y avait des chances - n’importe quel observateur extérieur s’accorderait à dire qu’il n’en existait aucune - mais parce qu’elle se refusait à envisager la moindre autre option.
Tout comme Lui, de son côté. Car la contre-attaque sectionna l’instant présent ; la vandale n’eut pas le temps de se remettre du changement qui opérait dans le comportement de son supérieur que déjà celui-ci la martelait sèchement. Frappée de stupeur, elle percevait la scène chaotiquement, lourdement. Mais surtout passivement. Impossible de faire le clair dans son esprit désormais subjugué, impossible de se soustraire à cette perte de terrain imposée par la glaciale fureur adverse, impossible de répondre à cette personne qui ne ressemblait pas à l’habituelle.

A moins qu’à ce jeu de non-dits et de faux semblants, elle ne soit finalement pas la seule à y perdre sa carapace. Quoique cela ne signifiait rien. Quelle était donc leur véritable nature après tout ? Humain ou Berserker ? La Hyène profitait de l’humanité de Zvezdan depuis toujours. Maintenant, Ludmila se confrontait à la sauvagerie de la Guerre. Le lien qui leur avait permis d’entretenir un respect mutuel et diverses concessions au fil du temps ne représentait qu’une bien maigre liaison entre deux mondes distincts. Tout deux avaient déjà dû ressentir de nombreux appréhensions depuis le temps. Au point de se douter que cet événement arriverait ? Peut-être.
Peut-être pour lui en tout cas.
Car elle, ne parvenait pas à reprendre contrôle. Prostrée, elle s’en rendit compte lorsque la poigne masculine dévia sa trajectoire dans le but de l’attraper à la gorge. Quelle ironie… A sa douleur s’accompagnait la vision d’Esther - En l’instant, elle rentrait même dans la peau de cette dernière, s’observant flotter au dessus du vide. Ses mains attrapaient par réflexes l’avant bras du Cardinal, s’y accrochant désespérément en même temps que le tournis la gagnait. Il lui fallut quelques instants de panade avant que son impuissance ne l’amène à une conclusion pourtant évidente : Le cosmos. Il la recouvrait entièrement, l’oppressait directement. Elle ployait sous cette force insoutenable, ne pouvant compter sur l’appui de ses jambes affaiblies par les fourmillements.

Le sang lui montait à la tête. Elle ne pouvait ni prononcer de mot ni s’opposer physiquement à son sort. Seule l’expression de son faciès torturé par ce maudit sévices. Jusqu’à ce que la lucidité fasse son apparition. Oui, les voilà… ces véritables chaines qui prenaient formes le long de sa silhouette, la retenaient, la noyaient…

    … Ar… ‘t‘…

Comment osait-il… Comment pouvait-il lui faire ça… à elle ! Hypocrite ! Traitre. Personne ne pouvait lui parler ainsi, et celui-ci encore moins ! Il comptait la faire la sombrer ? Jamais ! Jamais. Pour qui se prenait-il ! Pour qui la prenait-il ?!
Une marionnette… Hypocrite… Carcasse…
La Hyène tournait de l’œil. Les larmes lui montaient aux yeux, aussi bien faute à la souffrance exercée qu’au dépit ou à la tristesse du constat qui s’inscrivait dans sa conscience au sujet de Zvezdan. Ne lui avait-elle pourtant pas dit qu’elle devait partir ?

Si. Avec toutes les vérités que cela représentait. Il l’avait forcément compris, ce souhait. Elle devait partir. Mais certainement pas comme ça ! Sur le minois de la combattante, la rage et la colère se dessinaient afin de braver cette scène pitoyable. Une fumée noirâtre s’échappait de la hache impie, ce qui fit rapidement fondre le ceinturon auquel elle se maintenait jusqu’alors. Une forte intensité cosmique se dégageait du prodige, visiblement de plus en plus autonome face aux furieux échos transmis par sa propriétaire. Au cours d’une impulsion soudaine, la lame virevolta dans les airs, tournoyante, forçant le tortionnaire à lâcher prise pour s’éviter une morsure évidente, puis se planta dans la terre auprès de la vandale. Celle-ci se tenait à quatre pattes, se remettant gravement et péniblement de sa séance de suffocation.
Haletante et percluse par les spasmes, elle frappa brutalement du poing contre le sol. Son casque se matérialisa soudainement sur ses épaules, masquant les larmes qui se libéraient sitôt à l’abri du regard adverse.

    Je… J… … Je vais te tuer !! Hurla-t-elle, la voix cassée mais raisonnante de par le port de son heaume.

Son arme lui revint aussitôt entre les mains, traçant un sillon sur son passage et la déséquilibrant même lors de sa réception. Des volutes de fumée s’échappaient de chacune des articulations de sa cuirasse, amenant peu à peu de son cosmos dans l’atmosphère. Elle ne parvint pas tout de suite à se redresser, accablée par la pression toujours intense exercée par son supérieur. A bout de souffle, les pleurs retranscrits dans le timbre de sa voix, elle se répéta, ponctuant aveuglement sa furie montante.

    Je vais… te tuer… Zvezdan!


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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Mer 14 Déc - 1:42

Puis le cosmos ennemi desserra son emprise. A moins que ce ne soit le sien qui la libérait finalement de son désarroi ? Ardant, crépitant, il se dispersait bruyamment autours d’elle au point d’en changer l’atmosphère ; nulle surprise pour le Cardinal qui comptait parmi les rares personnes à y avoir assisté plusieurs fois - Le Savannah Rush. Plus brulant que jamais il dévorait la maigre végétation alentours et brouillait la vision de par sa chaleur intense. Un artifice qui aurait pu être propice aux mirages si la Hyène s’était seulement entraînée en ce sens, sauf que non, l’approche qui devait suivre relevait d’un autre registre.
Au-delà de la rage purement belliciste à laquelle elle se pliait le reste du temps, il y avait cette fois-ci une hystérie maladive prête à l’amener aux confins de son âme. Après avoir définitivement déserté, son bon sens ne laissait place qu’à une volonté suprême d’éliminer ce maudit traitre. Lui seul pouvait la comprendre… devait la comprendre. Et il l’avait parfaitement compris, au-delà de son mince discours ! Lui seul s’était décidé à briser ce lien qui les maintenait jusqu’ici au dessus de la fange. Lui seul ! Ils étaient différents ! Non, elle était différente.
Elle, ne leur ressemblait en rien. Et ne devrait absolument pas leur ressembler. Mais c’est-ce qu’il lui ordonnait, c’est dans ce sens là qu’il la forçait… Au mépris de tout ce qu’ils leur restaient encore, c’est bien lui qui comptait tout briser !

Tel Farkas, il n’entretenait l’espoir que pour mieux le violer. Elle lui ferait payer cette trahison… Il n’était plus question ni de Dédale, ni de lois, ni de quoique ce soit ! L’escalade s’était chargée de balayer toute ces futilités pour offrir un terreau propice à une haine viscérale…

Ni une ni deux, elle bondit, l’esprit confus mais la gestuelle limpide. Faisant fi des tremblements et d’une vision embrumée par un chagrin en voie d’effacement, elle frappa lourdement Zvezdan en témoignage de toute sa rancœur ; elle souhaitait consumer tout ce cosmos geôlier jusqu’à la dernière miette, ne serait-ce qu’un instant, le réprimer afin de bien lui faire comprendre qu’elle n’était pas de celle qu’on emprisonne. Ensuite Purpurine. La seule entité parfaitement lucide dans cette affaire fugace. Elle atterrissait en reine sur la cuirasse supérieure, ne s’y déposant que pour mieux s’adonner à ses allers-retours vengeurs bien connu du public. Le tout commenté par des râles hargneux qui coupaient court à ce besoin frénétique de la vandale de bien faire comprendre à son interlocuteur qu’elle ne souhaitait le voir disparaitre.

Elle en viendrait à bout, de cette cuirasse. Et de cet homme.
Une fois le carcan en mille morceaux et son contenu vaincu, que ferait-elle ? Elle ne pouvait pas seulement le tuer… Au-delà de la vengeance, elle le cuisinerait de façon à obtenir Justice !
Oui, c'était bien cela... cela ne pouvait être rien d'autre, après tout.




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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Sam 17 Déc - 21:57
Oh non, j'vais pas arrêter. T'as franchis la limite. J'en ai marre. Tu m'as cherché, EH BEN TIENS, TROUVÉ. Trouvé, pour ton plus grand plaisir. Des semaines que tu me les brises, que tu joues avec ces nerfs déjà trop à vif. Tu crois que j'ai que ça à foutre de gérer tes caprices de petite princesse frustrée ? Tu crois que j'ai pas plus important à faire que de m'occuper des états d'âme de la pauvre et négligée Ludmila en manque d'action ? Oh mais ne t'inquiète pas ma grande. J'vais t'en donner de l'action, si c'est là ce que tu veux. J'vais te la donner l'occasion de te défouler sur ceux d'ici comme tu te défoulerai sur nos ennemis. J'vais te rappeler quelques réalités, que tu comprennes. J'vais te casser en deux.

***


Il ne se rend pas compte de sa poigne, ce Cardinal. Ni de ses pensées et d'à quel point elles sont guidées par sa rage, plus encore que d'habitude. Là où aucune raison ne pourrait l'aider à revenir. Alors ces larmes, celles qui auraient habituellement été refréner son geste, lui faire prendre conscience d'à quel point tout cela va trop loin, il ne les voit pas. Il les ignore. Il ne voit que ce rouge qui se dessine à ses yeux, à son esprit, à son oreille. Une mélodie faite du son de os qui se brisent et du sang qui s'écoule, des cris et des plaintes douloureuses. Symphonie de Guerre, la Guerre sale et réelle, loin de la gloire pleine de paillettes et de faux semblants qu'on aime mettre en avant. Et il serre, encore plus fort, la sent perdre peu à peu pied sous sa poigne. Et il aime ça. Et ça murmure à son oreille, à son cœur, indicible sifflement malsain, voix serpentine parvenue depuis l'abysse de ce qu'il y a de plus secret dans son esprit et ce qu'il a de malade : Crève... J'vais te crever... J'vais te déchirer...

Ca a commencé lorsqu'il a vu la Rage sur le visage en face, en fait. Instantanément, la sienne a redoublée, comme pour prendre plus de fureur encore du fait qu'elle ose. Toi ? Toi en colère ? Toi qui veut me tuer ? T'as aucun droit à ça. Putain de pleureuse. Et t'es là, tu chiales, tu hurles, tu demandes, tu réquisitionnes. T'ES RIEN. T'es faible. Faible petite merde geignarde qui se roule dans ses propres petites plaintes. Et moi, je fait quoi, depuis tout ce temps, à souffrir autant si ce n'est plus des mêmes choses que toi ? Je ferme ma gueule. Je te l'ai dit. J'encaisse, je la boucle. Mais on est deux ma grande. On est deux à en avoir marre d'encaisser, à vouloir rendre les coups. Et tu sais quoi ? On se trompe tous les deux de cible

Aveugle dans sa rage, mais lucide dans ce qu'elle a d'absurde. Il la haït, en cet instant, mais sait au moins que cette haine est vaine. Deux cœurs trop instables qui ont décidés de se répondre l'un l'autre, de craquer au même instant, de prendre les armes et tenter de s'effacer. Alors ce coup de hache qui le force à lâcher prise. Cet échange de regard. Elle lui fait mal, cette haine qu'il peut voir chez elle. Elle l'aurait attristé en temps normal, mais ici, c'est une autre émotion qui répond. Œil pour œil, dent pour dent, le mal pour répondre au mal. Tu me dois tout dans ce putain de Dédale... Tu me dois ta vie, ta tête en haut du Régiment plutôt que détachée du reste de ton corps... Et tu veux me tuer ?

Pleure. Pleure donc. Je vais t'en donner moi, des raisons de faire couler les larmes.


Et ça commence. Un coup dans l’abdomen, et cette aura de Cosmos qui cesse d'un coup. Déstabilisé, déséquilibré, juste assez pour se prendre de plein fouet la suite. Une suite qu'il ne connaît que trop bien, la longue cicatrice sur son torse présente depuis Kiev le lui rappelle souvent.

Commence par conséquent la danse de cette lame, le ballet des filets de sang, effusions écarlates arrachées à la peau lacérée du Cardinal. La Cuirasse s'y oppose, mais peu à peu, les étincelles sont remplacées par le rouge, qui gicle en de grandes fontaines carmines, des coups qui font s'échapper les grognements mi-douloureux mi-rageurs du Berserker. Elle frappe fort. Plus qu'il n'a jamais été frappé. Si bien que le dernier coup l'envoie voler quelques mètres plus loin, d'une puissance que l'on ne soupçonnerait pas à grand monde. Il en a combattu, des adversaires dangereux. Et pourtant.

Ni le Lion, ni le Pope, ni personne ne l'a jusqu'ici frappé si fort. Très, trop de sang écoulé si tôt, si vite.

Un glaviot sanguinolent craché par terre, les mains dans la boue, le regard vitreux. Un vitreux injecté de sang. Car bientôt, il reprend ses esprits. Oh ; elle fait mal, oui. Terriblement mal. Mais il se fiche de la douleur, Zvezdan. En cet instant, il ne veut que la retrouver sur son visage à elle.

Alors il se relève. Silhouette claudiquante, pas difficiles alors que sa Cuirasse s'ouvre sur une grande entaille qui refuse de s'arrêter de couler. Et il la darde d'un regard écarlate, respire de ce souffle de haine. Un murmure de cette bouche rougie.

- Toi aussi, tu vas te rappeler.

Et il continue, d'une voix plus forte, plus folle au fur et à mesure qu'il approche lentement.

- Toi aussi... Toi aussi... Tu vas tout voir... tout... Tu vas voir comment ils nous ont tout volé...

Le Cosmos se manifeste de nouveau. Va pour déchirer le voile de la réalité tout autour d'eux. Ou plutôt pour le cacher, le remplacer par de l'illusoire pourtant si proche du concret. Pour tous les sens, il paraît réel, ce monde de souvenirs. Le leur. Les vestiges communs à ces deux bêtes de guerre.

Instinctif retour en arrière, guidé par un Illusionniste coupé de sa lucidité. Alors le tout est erratique, instable, dangereux. Un coup, leur environnement se fait celui de Carthage, la grande et fière. Un autre, un clignement d'oeil, et elle devient Carthage, pleine de colonnes de flammes et dans le ciel et de corps sur le sol. Un autre clignement, et ça devient la cale d'un navire, entourés de ces Vandales qui se sont rebellés, de ces Soldats byzantins qui ont tentés de les contenir. En vain. Des fantômes du passé, proches et presque concrets, si bien qu'elle peut craindre les coups qui viennent tout prés d'elle, cette Ludmila. Autre clignement, et ils se retrouvent dans un village. Un rempli de citoyens de l'Empire, un comme ceux que Zvezdan a pillé avec les survivants Vandale, un qui brûle, lui aussi. Un autre pas, et les voilà dans une salle de réception de la haute-ville de leur lieu de naissance commun, à entendre les murmures de chacun, la danse des artistes, le chant, le faste faux et illusoire. Mais surtout, les murmures. Devenus bien audibles par le biais de cette illusion folle, qui rend ces voix assourdissantes. Un nom qui revient en chaîne, l'inquiétude en bouche, les yeux appeurés.

« Bélisaire»

Il se répète, encore et encore, jusqu'à ce que ce nom devienne insupportable à l'écoute, devienne le hurlement d'une multitude silencieuse, vienne percer les oreilles de la Vandale. Un hurlement à l'image de la Rage de celui qui tient ces illusions en place, grandissante, plus à chaque fois qu'il l'a entendu. L'envie de vengeance, de sang coulé. Communicative. Un autre pas, pour couvrir la dernière répétition de ce nom, insupportable.

« Grand Pope Bélisaire »

Et ils sont là. Au milieu du Temple du Bélier, avec ce Pope, celui qui s'est présenté sous ce nom. Il est là, entre Ludmila et Zvezdan, dans ses habits de Saint, drapé de ce tissu de mensonges. Un énième pas, et le temps semble s'avancer d'un coup. Le Pope est toujours là, mais aux pieds du Cardinal, plein de sang, yeux révulsés. Ce Cardinal qui n'a pas lâché la Hyène des yeux entre temps. Et cette voix qui semble venir de nul part et partout à la fois.

"C'est pour ça que l'on a pas le droit de céder. Pour les tuer tous. Lui, les autres. Tous."

Dernier pas, dernier changement de scène. Un camp boueux, sale et misérable. Et des cadavres au sol, ou tout du moins des corps. Pas tous morts. des gens sur ces cadavres, en armure, les armures de l'Empire. Certains fouillent les morts, d'autres arrachent les hurlements plaintifs et désespérés d'une femme en larme. Des hurlements poussés dans la langue commune aux deux Berserkers. Et les voilà qui se tournent tous vers la Hyène, comme si elle venait d'apparaître. Qui sourient, qui brandissent leurs lames déjà rougies du sang Vandale. Les corps sont abandonnés, et ils se lèvent, Et s'approchent lentement d'elle, passent devant Zvezdan sans y faire attention, comme s'il n'était pas là. Un lui passe même au travers, intangible. Et par-dessus son épaule, le Cardinal fixe sa subalterne froidement. De nouveau, cette voix.

"C'est pour leur faire payer ça qu'on doit tenir."
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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Mar 20 Déc - 2:51

La barbarie s’exprimait ouvertement, mais ce n’était rien en comparaison au jeu cruel qui ne tarda plus à se dessiner - Car Zvezdan détenait un don. Un don capable de transcender l’aveuglement procuré par la rage et d’atteindre la conscience de ceux qui osaient s’opposer à lui. La Hyène le savait. Elle en connaissait quelques méandres, mais ne pouvait que le craindre en conséquence de cause puis se résigner à y faire face. Car rien en sa possession si ce n’est l’abandon de tout contrôle lui permettait d’outrepasser ce talent digne d’un marionnettiste d’Arès.
Lorsqu’il se releva, tout deux furent projetés à travers des scènes qui ne pouvaient la laisser indifférentes, la frappant au plus près de ses tourments. D’abord Carthage, son foyer, son obsession. Suivie par les charniers et les flammes de la destruction, de l’éradication à la domination. Ce n’était que le début d’un parcours à l’horizon encore lointain et pourtant, la vandale ne pouvait que vivre cette aventure tout aussi réaliste que factice. Elle se laissait d’abord lécher par les flammes illusoires, ronger par la peine puis torturer par la crainte de ces visions prochaines qui l’attendaient assurément au tournant. Et ça n’y manquait pas.

Tout en la replongeant dans une vérité douloureuse et partagée, il continue de l’écraser de son aura infinie en ces lieux. Car au-delà de l’ennemi qu’il dévoile, il présente d’avantage la Guerre et le Cardinal associé. Un véritable pilier de violence, vivant et inquisiteur, au pied duquel le Pope Bélisaire lui-même git, profané à jamais.

Ludmila respire lourdement, hypnotisée par le regard de celui qui aurait pu, et peut-être dû, demeurer son frère d’arme, son compatriote. Néanmoins il n’en est plus rien. Sous son casque, la hargne a été chassée par la peur et l’abattement. Trop assommée par ses pulsions, elle réalisait le danger sans pour autant comprendre comment elle en était arrivée là. Simplement il était son ennemi. Plus que ça, il représentait ce démon intérieur qui la forçait à emprunter un sentier sans issue, de meurtres et de vengeances vaines. Elle savait que son salut dépendrait de sa volonté à le châtier, le détruire jusqu’à la dernière parcelle de cosmos impie.
Cet ennemi, le Berserker.

    A… Arrête… C‘est un maléfice… Un maléfice des dieux, il n‘a pas de fin, ni de salut… Exprima-t-elle à voix basse, autant pour soi-même que pour celui qui la jugeait. Comme s‘ils n‘étaient finalement que la même personne.

Elle n’avait pas la force de réprimander une telle noirceur. Pourtant c’était bien ceci que la vandale cherchait à combattre en l’instant, attirée de force dans une rêverie barbare qui la plaçait au cœur de ses tourmentes. Face à ce point de non-retour, elle devait gagner pour se libérer de cette mascarade. Franchir cet obstacle était une nécessité, et s’en persuader amoindrirait peut-être l’impact de cette facette belliqueuse et haineuse qui consumait son humanité.

Mais était-elle lucide ? Perdue, elle l’était depuis longtemps. A trop se remettre en question dans la plus grande des solitudes, à trop maudire et réprimer ses prochains afin de contenter son vide intérieur, à trop jongler au gré une figure lunatique qu’elle ne se connaissait pourtant pas… A trop se laisser guider ou bien se laisser berner, elle ne savait plus, elle ne savait plus rien. Elle n’en pouvait pourtant plus. Depuis quand croire en elle-même était devenu pareil calvaire ?… Au moins avait-elle conscience de ce problème, cela devait compter, cela devait vouloir dire quelque chose… car il s’agissait bien de folie, d’abord latente, rapidement dévorante. Quelle autre solution que de chercher à y échapper ?!

Les larmes ne quittaient plus ses yeux. Le fait que son adversaire ne se batte pas réellement la confortait indirectement dans cette impression de lutte interne. Il se dressait juste face à elle, comme une entité indicible mais pesante. Pourquoi était-il toujours debout ? Pourquoi sa rage s’effaçait ? Elle voulait pourtant le tuer.
Trop de pensées affluaient, et pendant ce temps, le décors s’était encore métamorphosé. Des cris, des supplices, et des corps abjects de soldats impériaux à l‘arsenal aussi pourpre que les plaies vandales. Tous la regardent. Ils la jugent, eux aussi.

    … Arrêtez… Non… Toi, arrête. Jouer avec les âmes défuntes de notre propre peuple… C’est ça que tu fais. Comme Ares, qui en a immédiatement précipité les quelques survivantes au massacre de Rome…
    Mais... on se trompe de champ de bataille…

Elle ne s’entendait plus vraiment parler, armant par réflexe sa lame à l’approche lente du flot militaire macabre. Peu importe l’obstacle, elle ne devait pas baisser les bras, quand bien même la retombée de sa rage la rendait infiniment incertaine quant à son potentiel. La Hyène chargea toutefois son arme d’un cosmos embrasé puis projeta une vague crépitante qui annihila cette opposition de seconde main. De ce cosmos noirâtre surgissait des ombres de hyènes hilares, remplaçant une détestable sonorité par une autre. En l’état, même leur propriétaire ne les supportait plus. Comme si elle n’était plus tout à fait en phase avec l’expression de son propre cosmos.
Il lui fallait agir vite, très vite avant que ce dédale de vices ne s’empare de sa fougue restante.

Elle chargea donc Zvezdan. Plus fébrilement. Moins assurée.
Il ne lui restait que la technique à l’état brut… cela suffirait-il à repousser ce scénario aux allures si fatalistes ? Inutile de préciser qu’elle ne détenait plus aucune réponse.




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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Jeu 22 Déc - 11:24
Maléfice des Dieux. Il fronce les sourcils à cette mention. Qu'ils aillent se faire foutre, les Dieux.. Les dieux n'iront rendre ni patrie ni famille, ni rien. Alors il faut des responsables. Il faut des têtes à couper pour combler le vide, apaiser la colère. Des têtes byzantines, des têtes posées sur ces épaules parés d'or. L'or du Sanctuaire. Qu'ils brûlent, comme eux ont brûlé à leur époque.

N'es-tu pas d'accord?

Et la suite fait remonter sa colère, au Cardinal. Celle qui s'était calmée quelques secondes. « Jouer ».

- Jouer ?

De nouveau, un Cosmos pesant qui s'écrase sur les épaules de la Vandale. Une haine qui se manifeste, palpable. Rome, tu dis. Il s'en rappelle, oui. De ce sentiment qui lui a brûlé les entrailles lorsqu'il a appris, de la bouche de Borya. La troupe Vandale exterminée, les mécréants parés d'or pour responsables. Et on lui parle de jeu. Non, il ne joue pas, ce Vandale. Il n'en a pas le cœur.

- JOUER ?!

Nouvelle pulsation, plus forte, infiniment plus forte. Le visage perd de cette indifférence froide pour revenir se plier en ces traits furieux. La flamme se réveille dans ces pupilles couleur abysse.

- Qu'est-ce que tu sais de Rome ? Qu'est-ce que tu sais de ces quelques survivants ?

Il s'approche. Et à chaque pas, la trame de la réalité se déforme encore. Pour venir à cette Rome elle aussi en proie au conflit. Et ces Vandales. Des visages très précis, car le Cardinal en a connu une grande partie d'entre eux personnellement. Anciens compagnons. Et le mirage se poursuit, pour mieux lui faire voir ces corps éviscérés par quelques chevaliers dorés, pour qu'elle comprenne. Parfois, les arcanes des chevaliers passent proche d'elle, comme pour l'intimider. Ca se joue comme Borya le lui a rapporté, romancé par son imagination cynique. Un sol trop rouge, des entrailles exposées à la lune, sorties des ventres ouverts en deux. Un parterre de gorges tranchées, des visages figés dans leur terreur morbide, une expression soit pleine de peur soit pleine de hargne sur leurs traits. Voire un peu des deux. De très jeunes, pour certains. Car la Guerre n'a pas d'âge. Il n'est que trop bien placé pour le savoir.

- Chaque nuit, c'est une nuit où je revois cette scène. Où je ressasse, où je me rappelle. Des amis. Des enfants. Des Frères.

D'autres pas. Deux poings refermées, phalanges blanchies, tempes veineuses.

- Et ils hurlent, ces morts. Tu sais ce qu'ils disent ?

Un unique pas, et il disparaît. Un déplacement instantané, et le voilà de nouveau main refermé sur cette gorge. La hache s'abat sur lui, mais sa seconde main va s'opposer au poignet de Ludmila. Un spasme, un corps qui fait mine de se paralyser lorsqu'il accueille le coup. Des Hyènes qui se jettent sur lui. Et une nouvelle pulsation de Cosmos, pour que tout disparaisse. Des hyènes éclipsées après qu'elles aient mordues, une paralysie oubliée sitôt a-t-elle commencer à poindre le bout de son nez. Alors il s'approche, lui crache le mot au visage d'une voix folle.

- Vengeance.

Un coup de genoux part, direction les côtes, surpuissant. Assez pour envoyer disparaître n'importe quel humain lambda en un nuage de rouge. Pour le suivre, ce Cosmos sifflotant qui s'enroule autour de la main qui a plus tôt arrête un coup de hache. Une main qui s'approche de son front, d'un geste très, trop rapide.

- Vois.

Vois pourquoi je refuse de flancher.
Et elles arrivent. Ces mille et unes images, à agresser la psyché de la Vandale. Images, sons, odeurs. Un peu de tout. Jusqu'au goût ferreux du sang qui va lui titiller le palais. Tous les sens agressés, par ce que la Guerre a de pire à leur montrer. Alors elle les voit, ces songes que le Cardinal fait parfois. Ces choses qu'il a vu de ses propres yeux. Avalanche. Successifs et insoutenables flash, torrent de mirage. Des visages dans leur dernier souffle, des paysages de feu et de ruine, le son des chairs arrachées, le cri de désespoir d'une mère, d'un frère, d'un fils, de tous. Tous en même temps. Ils crient, ils souffrent, ragent, s'éteignent en un dernier râle. Agonie sans repos, trépas sale et violent. Celui de ces Vandales morts au nom d'une Guerre vaine. Celui d'autres encore. Tous pourvu que la symphonie hurlante devienne plus qu'infernale.

Douce folie, de celles à arracher de profonds grondements de douleur.


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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Jeu 22 Déc - 23:08

Vengeance.
Un gong assourdissant se produisit suite à cette parole élevée au rang de prophétie. Le plat de la lame vibrait sous l’impact d’un genou particulièrement investi dans sa mission de briseur de côtes - La Hyène s’était défendue à temps.
Si le stress la consumait dangereusement elle n’en perdait pas ses réflexes élémentaires de survie, aussi lorsque l’arme s’était vue contré à son plus grand étonnement, elle l’avait rapidement abaissé afin de dresser une muraille d’acier entre elle et son adversaire. Il n’y avait pourtant pas de quoi s’en féliciter, puisque cette apparition soudaine la plaçait dans une posture particulièrement désavantageuse. Le Cardinal reprenait l’ascendant et la dominait donc avec aisance ; à même de finaliser son assaut suite à un mot de plus. Le mot de trop.

Ni une ni deux, une cacophonie horrifique flagella son esprit au point de la faire chavirer. Elle lâcha Purpurine, son système nerveux brisé par la tétanie, ses émotions exacerbées puis mises à nue et surtout, l’absence de contrôle. Nul calme, nul répit, l’impossibilité de réfléchir quant à cet indicible traumatisme lui intimait la détresse et l’abandon. Elle ne pouvait que subir sans même parvenir à imaginer une fin à sa souffrance. Si les premières secondes n’amenaient qu’une chute soudaine et muette, la suite se caractérisa par un hurlement aussi éloquent que ceux qui l’affligeaient dans sa tête. Les mains gantelées plaquées contre son casque, crissant le long de sa surface métallique jusqu’à le retirer violemment puis le jeter loin derrière. La vandale se saisit le crane au point de s’écorcher, ce qui n’altéra d’aucune façon la moue déjà grimaçante et accablée qu’elle adoptait.
Un amas de tortures jouant de concert au point qu’aucune peine ni relativité ne puissent prendre forme… Son esprit s’était tout bonnement à ceux des tourmentés. Le teint pourpre, les yeux révulsés, elle se plaqua finalement le front contre la terre comme si cela l’aiderait à se libérer.

Mais dans cette épaisse nappe de cosmos adverse, celui de Ludmila continuait d’exister. Clignotant en quelques occasions, s’effaçant la plupart du temps. Du moins, jusqu’à ce que les volutes de fumée s’échappant des failles de sa cuirasse s’épaississaient ; la combattante ne s’était pas encore redressée que son cosmos reprenait des formes bien connues. Les hyènes s’excitaient et se détachaient d’elles-mêmes de sa silhouette afin de se ruer sur le semeur de folies. Pendant ce temps, aux pieds de celui-ci, l’arme impie reprit ses vibrations, gesticulant hasardeusement jusqu’à regagner sèchement la dextre de sa propriétaire qui ne semblait aucunement maîtresse de cette reprise en main. Le teint pourpre et la mine ravagée par la panique, elle se redressa, scrutant tout à coup son tortionnaire d’un regard fou.

Il n’y avait qu’un seul moyen de mettre fin à tout ceci. Plus forte serait la rage et moins les artifices n’auraient d’emprise. Cette intuition émise par la volonté propre à son armure lui offrit suffisamment de hargne pour ne pas se laisser abattre par son incapacité passagère.

De là à réfléchir clairement ou rétorquer quoique ce soit, certainement pas. La vandale redevenait cette marionnette du champs de bataille de Jamir, et ne pouvait en l’état plus s’exprimer que par les armes. Tout au plus accompagnés de cris et de grognements plus sourds.
Telle une bête aux abois, elle s’élança furieusement sur le chasseur, s’efforçant de déployer une agressivité se voulant semblable à celle qui alimentait son chaos intérieur.



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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Dim 25 Déc - 16:38
Une lame qui s'oppose à un genoux, implacable défense, alors incapable d'aller stopper cet index prestement pointé sur le front de la Vandale. Alors elle commence, la folie. Les flash, les images, sons, l'agression des sens. Le partage. Partage d'un fardeau silencieux, de ces nuits et moments d'absences où passé et illusoire viennent s'inviter dans l'esprit du Cardinal. Un partage peut-être très, trop généreux. Si bien qu'il va pour la broyer, cette psyché adverse. Adverse...

Un poing qui se serre. Une colère par-dessus la colère. Frustration d'avoir cédé. Face à elle, surtout. Des semaines que ça couve, cette fureur trop intense mais contenue. Et il fallait bien que ça finisse par partir, tôt ou tard. Mais pas face à elle. Non, il aurait préféré perdre le fil face à un Kostas, une recrue anonyme ou un énième Cardinal fantôme. N'importe qui sauf elle. Hélas, elle aussi avait un quelque chose pour la tarauder, l'irriter, la rendre irritable. Alors elles se sont répondues, ces deux émotions réprimées. La lucidité n'est pas encore là, mais elle fait doucement son retour dans un esprit brièvement abandonné à la rage. Amère conscience, difficile raison. Il irait presque regretter sa furie aveugle. C'est plus facile, d'être en colère. Tellement plus facile.

Une colère qui monte, encore, encore, un poing qui se serre un peu plus. Colère lucide. Colère coupable. Dégoût de soi. Il la maudit sans un mot, cette impulsivité vaine et destructrice. La sienne, celle de sa semblable. De son amie. Et au fur et à mesure que la réalisation se fait, son regard sur la silhouette geignarde au sol prend une teinte de plus en plus malaisée. Un presque haut-le-cœur, et bientôt, le mal-être de Ludmila trouve écho en celui d'un Cardinal qui va vite trouver une main à sa tempe, pris d'une nausée douloureuse, avec une envie de vomir qui commence à s'installer dans son gosier. Goût amer, pensée confuse mais sombre, sourcils froncés jusqu'à aller fermer les yeux, comme pour tenter de faire taire cette douleur naissante, prenante, puis insupportable. Ca a commencé progressivement quelques secondes pour d'un coup monter en flèche, en réaction à la furie de Ludmila, à son rétablissement dans tout ce qu'il a de relatif. Rétablissement... Non, au contraire, elle ne se perd qu'un peu plus.

Il la sent. Cette avancée rapide, frénétique, folle Berserker lancée sur son char de Chaos, prête à répandre le sang de nouveau. Sur le passage de sa hache, rien d'autre que le vide, le tranchant de la lame ne vient caresser qu'un néant sans nom. Plus de Cardinal.Une gerbe de Cosmos rouge aura suivie son coup, et après, plus rien. Et les coups d'après eux-aussi, tous lancés dans le vide, à se débattre au milieu de la mélasse de Cosmos, jusqu'à s'en dépêtrer pour mieux constater l'absence de Zvezdan.

Il n'est plus là, le Vandale. Il est dans sa tête. Dans son petit monde à lui, celui qui ressort parfois altérer la réalité. Il n'est plus là, non, il est là où il est à la fois maître et esclave. Monde capricieux. Monde dangereux.

Refuge craint, havre infernal. Désagréable sensation de déjà vu.

***

-Et t'y revoilà, pauvre demeuré. A te cacher dans tes songes. Tu aimes ça, hein ? Nier la réalité, faire comme si tout allait bien. Fragile petite chose hypocrite. Tu es là, à te maudire de ta propre rage, à essayer d'oublier la satisfaction qui t'es montée à la cervelle quand tu as resserré tes mains sur son cou. Oh oui, tu en avais envie... Le tordre, là, comme ça, d'un coup, juste en finir l'espace d'un clignement d'oeil. Voir la vie quitter ses yeux, son corps, le laisser tomber au sol, puis la fixer mourir, rester un temps au-dessus de ce corps sans vie pour apprécier ton œuvre. Ca n'a duré que quelques secondes, mais tu l'as eue, cette envie malsaine. Tu ne pourras pas te le cacher éternellement.
-Ta gueule.


Le noir autour du Cardinal prend forme. Neige. Un campement de fortune, quelques chevaux. Trois silhouettes autour d'un feu, toutes trois tremblotantes. Ca l'avait fait rire à l'époque, de constater leur faiblesse commune face à ce temps capricieux.

- Ah oui, Kiev. Avant Kiev. Le petit bout de chemin avec elle et Thivan. Elle te faisait rire, hein ? À ne pas réussir quoique ce soit de concret sur le dos de ce cheval sans un peu d'aide extérieure. Combien de fois t'es-tu moqué d'elle... Avec ton regard presque attendri. Tu l'aimes curieusement, ce souvenir des quelques jours partagés dans le froid avec ces deux là.

La scène se rejoue aux sens du Vandale, encore. Il se revoit en leur compagnie, il entend de nouveau cette interrogation de Ludmila. Carthage.

- Ah oui, Carthage. Compatriote, Piston, tout ça. C'est pour ça que tu l'as à la bonne, hein ?
-Ferme ta gueule.
- Ou peut-être que tu aimes ça, les coups de hache en travers du torse ?


La scène se rejoue aussi. Il fixait le visage de Ludmila, et le voit changer d'un coup pour prendre une expression hargneuse, folle, alors que l'environnement change. Plus de campement, plus de plaine. La Kiev mi-rouge mi-blanche, cette neige maculée de sang, ces rues bondées de corps. Et cette Vandale qui charge, qui taille et charcute dans la chair de son supérieur.

- Et ça recommence aujourd'hui. Tu devrais l'achever, qu'elle ne pose plus de soucis.

L'habituel juron ne sort pas. Au lieu de ça, des yeux qui se ferment. Une grande inspiration, puis une autre. De longues secondes à faire le vide, ignorer cette voix qui continue à déverser sa bile. Jusqu'à ne plus l'entendre, malgré qu'elle soit toute proche, à la frontière de son cœur. Silence de plomb, noir complet. Et il rouvre les yeux.

-Désolé, je dois partir. C'est tôt, je sais. A une prochaine fois, grand malade.
-Tseh.


***

Une fissure dans la trame de la réalité. Un Cosmos sorti de nulle part, et une main qui se matérialise en première, pour aller se poser sur l'épaule de Ludmila, dans son dos. Le reste du corps suit vite, et les traits d'un Zvezdan porté par la lassitude se révèlent. La blessure à son torse continue de saigner, de quoi lui arracher douleur lancinante et rage latente. Mais il se calme. Se contient. Il ne veut plus. Assez.

- Arrête-ça.

Paroles courtes. Très certainement celles bientôt accueillis par une rapide rotation à 180 degrés, hache fermement agrippée. Un risque à prendre. Le risque de perdre définitivement cette maîtrise brièvement retrouvée.
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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Lun 26 Déc - 12:44

Pas cette fois Marionnetiste, pas cette fois. Purpurine sait ce qu’elle tranche et la rage insatiable devine la duperie avant même qu’elle ne s’exprime : Ce n‘était pas en tant qu‘intruse que cette main dirigiste se déposa sur son épaule, puisque cette fois-ci, elle était plus qu’attendue.
A peine ce contact recouvré, la berserker fit instantanément volte face et explosa de plus belle. D’abord par cette fureur aussi intime qu’étrangère qui débordait de son visage haineux et torturé. Ensuite par les crépitements hurlants qui accompagnaient une vague enflammée soudainement déployée dans le but de consumer la silhouette ennemie.

    Ne me touche pas !

Lança-t-elle, la voix brisée. Au gré des volutes de fumées, les hyènes continuaient d’affluer, tantôt balayées par les flux cosmiques instables tantôt matérialisées dans un objectif quasi-kamikaze. A bout de nerfs, Ludmila persévérait dans sa stratégie du hachoir, faisant fi de sa fatigue et même des artifices du Cardinal lui permettant jusque là de se maintenir hors d’atteinte. Car pour elle, le succès demeurait présent. Sa colère apaisait sa peine tout comme sa hargne voilait sa détresse. En frappant toujours plus fort, toujours plus vite et sans interruption, elle s’assurait petit à petit d’amenuir le contrôle exercé par son tortionnaire. Face aux fléaux engendrés par ce dernier, la contrepartie demandée en efforts importait peu.
Car plus que jamais, le besoin de se libérer s’inscrivait comme credo.
Aussi longtemps qu’on chercherait à saper sa conscience, aussi longtemps qu’on l’entraverait physiquement, aussi longtemps qu’on la restreindrait à ce rôle de bête, maintenant, elle se battrait.
Jusqu’à s’éteindre si tel était réellement le prix à payer.

Pour autant, et bien que sa détresse l’emportait de loin sur cet autre sentiment, le sort de son peuple et les responsables du carnage ne la laissaient pas indifférente. Mais de ce fait ressortait d’avantage l’avant goût de Fatalité que de haine. Les dieux semblaient tirer bien plus de ficelles que les hommes, et ce plus froidement, cruellement. Contrairement aux insouciants guerriers de la terre, qui ne répondaient qu’à des échos primitifs dictés par une consciente étroite.
Était-il seulement objectif d’accabler les byzantins ou n’importe quel autre quidam de la ruine du peuple vandale ? Certes, Zvezdan et elle y avaient perdu des parents, des proches ; des racines. Mais au-delà de ces sentimentalités, les vandales demeuraient un peuple combattif qui s’était lui-même déchaîné de la sorte sur bien des villes et familles avant de s’installer. Cette nature ne pouvait qu’être acceptée ou combattue, mais aucunement justifier les tords d’une autre civilisation.
Cela, elle le pensait de plus en plus, malgré la frayeur que cette pensée presque glaciale pouvait représenter. Se conforter dans la haine à ce sujet se révélait de plus en plus complexe en comparaison à ses autres affects.

Devrait-elle le lui dire ? Cela importait peu. Et de tels raisonnements n’emplissaient aucunement sa cervelle atteinte en cet instant. L’important restait qu’elle tenait à portée de main son tortionnaire et que sa lame vorace se repaitrait de plus belle de sa chair. Sans la moindre pause, les enchaînements se poursuivaient, commentés par un faciès colérique et imperméable au bon sens.



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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Mer 11 Jan - 18:53

Bref moment de lucidité accordé par un sentiment coupable trop grand. Lucidité à sens unique, à laquelle ne répond qu'un sursaut de rage. De sang. La bêtise d'un Cardinal d'Arès ayant pu penser ne serait-ce qu'une seule seconde pouvoir s'en sortir par la voie de la raison. Non, Zvezdan, non.

***

Tu es parmi les chiens de Guerre, TU es un chien de Guerre. Un chien sans même le luxe d'une gamelle pour laquelle se battre. Non, tu te bats parce que vous ne savez faire que ça, vous autres, pourritures Chiens de guerre, non pas ceux qui se battent pour la survie, mais parce qu'ils ont la Rage. Elle aussi, elle l'a. Et tu ne raisonnes pas avec ces gens. Tu l'as oubliée, cette réalité. Eh bien, celle-ci ira vite te la rappeler de ces nouvelles cicatrices qui iront marquer ta peau. Continue donc, poursuit d'être cette petite chose tendre à l'intérieur. Et un jour, quelqu'un percera la carapace de rudesse que tu t'improvises pour aller frapper directement sur cet intérieur doux et sensible. Et ça ne tiendra pas, Zvezdan. Ça s'ouvrira en deux, comme un enfant irait ouvrir le ventre de son ours en peluche en un accès de Rage.

T'en as envie, hein ? Relâcher. Tout. Absolument tout. Plus de responsabilités. Plus de bonne conscience. Plus rien. Rien, sauf tes envies, tes pulsions. Mais tes envies sont trop variées, mon pauvre. Tu rêves de moments légers avec une femme devenue forme intangible dans tes songes, puis de rivières de sang, puis de repos loin de la Guerre, puis de Vengeance. Enfant du caprice. Oui, elle est bien de cette nature, ta colère. Une colère d'enfant. Un enfant à qui l'on aurait donné la puissance de faire autre chose que taper des poings sur la table et pleurer dans l'indifférence. Tu joues sur la scène de tes innombrables caprices, tu tentes de jouer l'acte de l'heureuse rédemption loin des conflits en même temps que celui de la Vengeance marquée dans le sang. Puis après, tu t'étonnes lorsque ça finit irrémédiablement par ne pas marcher. Et tu enrages, puis regrette, puis prend des coups de hache.

Tu comprends ? C'est ce moment. Ce moment où tu te mets à regretter, le grand souci. T'étais bien, tout à l'heure. A vouloir la tuer, qu'elle arrête d'enchaîner ces coups, que tu n'ai plus à voir les sillons sanglants s'enchaîner sur ta peau. Tu veux mourir, Zvezdan ? Mourir bêtement, comme ça, sous l'accès de rage incontrôlée d'un Berserker qui n'aura su se contrôler ? Pourtant, tu as promis, non ? Cette nuit-ci, cette promesse faite à une femme devenue silhouette inatteignable, dans ces rêves nocturnes.

Continue, abruti. Continue, et cette bouche qui tente de parler des mots qui calment et raisonnent, elle parlera bientôt des mots qui gargouillent et dégoulinent. Des mots de rouge, tes derniers. Plus de promesse, plus d'espoir, plus rien. Rien, si ce n'est les enfers. Tseh, peut-être est-ce là ta meilleure chance d'entrer en contact avec un Spectre. « Nos alliés ».

Oui, vas-y, Cardinal. Meurs lamentablement, sous les coups d'une tout aussi lamentable consœur. A qui irais-tu faire croire que tu es seulement capable de tenir une promesse ? Tu devais vivre pour elle. Pour vous.

- Assez.

***

Un mot s'échappe d'entre les hoquets gargouillants, d'entre les hurlements fous d'une Hyène dépassée par la haine. Dépassée par Arès. Dépassée, ou bien peut-être est-ce elle qui est dans le vrai. Oui, c'est ce qu'il commence à penser, le Vandale. Penser ? Un mot qui commence à se désagréger dans son esprit. Esprit ? Un autre concept sur le point de s'envoler. De maladroits gestes pour limiter l'impact d'une hache lourde sur la Cuirasse de la Guerre, puis sur la peau plus bas. Et d'autres de ces sillons, de futures cicatrices comme celle grande et visible sur ce torse. Celle qu'il aime souvent titiller, comme un mauvais souvenir. Comme un rappel. « On peut tous perdre le contrôle ». Et il s'en rappelle, maintenant. Un rappel dans cet esprit qui n'est plus, une pensée fantôme, puisqu'il ne pense plus. Non, c'est furtif pour le moment, mais l'éclair de lucidité dans ces yeux d'Abysse est éteint depuis quelques secondes. Deux fenêtres opaques, coupées de ce monde extérieur qui pue l'hémoglobine, de cette silhouette folle qui enchaîne les frappes.

Deux yeux qui voient le passé et les rêves du Cardinal. Ses cauchemars. Tout. Un esprit qui n'existe toujours plus, oui, mais dans lequel passe tout ce qui peut attiser la fureur. Cette Carthage conquise, cette enfance détruite, cette mère volée, ce père défunt. Ces années dépravées, à patauger dans le sang byzantin. Ces visages mortifères, ces morts, parfois méritées, parfois regrettées, parfois convoitées. Ces gens, parfois haïs, parfois aimés. Une Panthère protégée, soutenue dans son épreuve, elle et son enfant. Un Pontifex qu'il aimerait aider. Qu'il aimerait comprendre, mais qu'il croit comprendre déjà, en partie. Chaos voisin, miroir au sien. Et cette femme, cette ombre. Cette Atlante. Cet amour impossible, impensable, mais pourtant concret. Et à chaque flash, chaque visage, mot, lieu, événement, quelque chose qui s'élève dans ce cœur qui lui aussi bat plus fort, d'un coup.


Ils sont morts.

Ils reviendront pour toi.
MASSACRE-LA.
Tu vas crever sans jamais la revoir.
Pourquoi ?
CREVE-LES C'est fini.
Barbare.
C'est ta faute s'il est comme ça.
Son gosse verra jamais le jour. Brûle.
Tue-la
Pourquoi tu les as tous tués ?
SAIGNE CES SALES CHIENS
Elle restera morte peu importe combien de sang tu feras couler.
Tu va vite les rejoindre.
Monstre.
BRISE LUI LE CRANE.



"ASSEZ !"

Un cri par-dessus la litanie infernale. Cacophonie insupportable que seules les oreilles du Vandale parviennent à entendre. Et il coule de ces oreilles, le rouge de la vie. Chaque parole - qu'elle soit hurlée d'une voix d'acharné ou susurrée d'un murmure serpentin - a entamé ce qu'il restait de Zvezdan. Alors maintenant, il n'y a plus de Zvezdan. Ou au contraire, Zvezdan n'a jamais autant été présent. Cardinal de la Guerre, oui, et ces larmes coulées non loin de la main douloureuse portée à sa tempe auront bien vite fait de cesser de couler. Et ils se relèvent, ces yeux humides. Une main vient stopper la course effrénée d'une lame sur la peau mâte du Berserker. Qu'il puisse braquer son regard dans celui de cette Hyène. Et si elle se pensait enragée, c'était sans compter sur ce visage en face. Ces traits de Rage dans ce qu'elle a de plus primale, cette furie sans borne et sans raisonnement. Et ce n'est pas le regard haineux de ce compatriote furieux, qu'elle peut voir ici. Non non. C'est quelque chose que le dit compatriote lui-même ne s'est sûrement jamais ressenti. Elle a achevé de les abattre, ces barrières, la Hyène. Ces coups de hache, ceux d'une femme qu'il a aimé considérer comme une amie, ceux d'une proche. Chaque coup, chaque secondes à passer sous ce regard fou, chaque effusion de sang et chaque pas contraint à reculer pour fuir. A chaque fois, un bris, une avancée. Un coup dans la guimauve de ce coeur trop tendre. Puis au bout de quelques frappes, c'est sur autre chose que la lame frappe. Quelque chose de dur. Et d'autres bris. Le son d'un mauvais présage. Le coup de hache de trop, et avec lui, ce hurlement, craché d'une voix puissante, mais tout à la fois éteinte, éreintée. L'on ne saurait dire si elle pleure ou si elle gronde de fureur, cette voix. Peut-être s'offre-t-elle le luxe des deux. Oui, c'est ce qu'il dit aussi, ce regard d'Abysse, habité d'une lueur proprement meurtrière tout en étant baigné de larmes de détresse.

- Arrête... Et elles se referment, ces plaies. Au fur et à mesure que cette voix s'élève, le sang s'il a coulé et s'il reste omniprésent sur la carasse du Cardinal, ne coule plus, maintenant. Arrête... de... me... Et il continue, de ces mots plutôt grondés que parlés, expirés entre deux souffles gutturales. Et d'un coup, le fil de cette phrase incertaine se coupe, en même temps qu'une main se crispe sur cette hache arrêtée en plein assaut. ARRÊTE. En même temps qu'un Cosmos s'élève, implacable. ARRÊTE. En même temps qu'elles commencent à apparaître, ces visions du passé, du présent, du cauchemar comme du rêve. Un monde instable, tout autour, reflet de l'esprit brisé du Vandale. Un paysage se profile, puis disparaît aussitôt au profit d'un autre. Boue du champ de bataille, chandelier d'une salle de réception, sang sur le sol d'un village peuplé par les colonnes de flamme, herbe verte d'une praire paisible. La musique de quelques instruments se confond à La chorale des râles d'agonie, ponctuée du vent des derniers souffles, avec des percussions tantôt les verres qui s'entrechoquent en une trinque amicale, tantôt avec le son de deux lames qui se rencontrent. Tout, un vacarme de Tout. Chaos. ARRETE !

En même temps qu'elle transperce, cette lance de Cosmos.

Celle dans l'autre main, celle qui apparaît en un torrent d'énergie. Et avec elle, des silhouettes erratiques pour peupler ce monde fou autour d'eux. Des silhouettes à l'image du reste. Le soldat byzantin avance d'un pas, et devient un paysan armé de sa fourche. Second pas, puis la fourche devient la hache d'un guerrier Vandale. Un autre, puis il s'agit d'un garde du Sanctuaire. Et encore, encore, avec à chaque fois plus de Chaos parmi ces pantins qui approchent, qui hurlent tous contre cette Hyène, à vouloir la tuer, à lui gronder ce même "Arrête" que le Cardinal lui crache au visage. Ce Cardinal qui continue d'asséner ces coups de lance, sans quitter Ludmila de ses pupilles mi-détresse mi-haine.



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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Jeu 23 Mar - 12:25

Puis tout à coup, Ludmila se redressa et trancha la tête de Zvezdan sans que celui ci ne puisse évidemment rien faire, face à une telle volonté.
Ludmila s'éloigna finalement, se demandant comment elle en était arrivée là, puis se rendit à Carthage afin de devenir impératrice.
On raconte qu'elle continua de vivre dans le malheur malgré tout, parce que quand même.


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Message Re: Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]   Ven 24 Mar - 22:26
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Loin du cœur... [Pv: Zvezdan]
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