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 Anahita (fini) - Ophiuchus

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AnahitaavatarArmure :
Ophiuchus

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Message Anahita (fini) - Ophiuchus   Sam 17 Déc - 12:11
Anahita
Qui est-il ?


    Nom : Anahita.
    Date de naissance : début septembre 531.
    Âge : 19 ans.
    Sexe : Femme.
    Armure demandée : Armure d'argent de l'Ophiuchus.


Comment est-il ?

    Anahita est une jeune femme de 19 ans. Elle est assez haute de taille, avoisinant le mètre soixante-quinze. Fine, elle possède cependant une jolie musculature. Souple et féline, elle bouge rapidement et avec une certaine grâce. Son entraînement lui a permis de développer sa force, capacité qui lui faisait défaut à son arrivée. Ses muscles se sont donc développés tout en conservant une allure féminine à la jeune femme. Elle possède une longue et épaisse chevelure rousse qui lui tombe bas dans le dos. Sa peau est dorée et son visage possède de nombreuses petites tâches de rousseur bien que personne ne puisse les voir. Même chose pour son regard bleu azur, désormais voilé. Elle possède plusieurs cicatrices dues à son entraînement et à ses combats. Néanmoins, le signe le plus significatif de la demoiselle est l'absence de deux de ses doigts de la main droite (index et majeur), punition infligée par son père dans son enfance.

    La jeune femme est d'une nature indépendante. Courageuse, elle ne recule pas devant le danger. Cependant, elle ne se jette jamais la tête la première dans la bataille. Elle essaie toujours d'analyser la situation avant d'agir. Cela peut-être évidemment très rapide suivant la situation. Elle hésite rarement et une fois, sa décision prise, elle ira jusqu'au bout. Elle est dévouée à ma déesse et à sa cause. Elle lui a permit de trouver une alternative à la vie morne et déterminé qu'on voulait lui imposer. Elle a cœur de montrer ses capacités et qu'elle peut être aussi forte qu'un homme, qu'elle peut en faire autant. Elle met toujours la barre très haut, aussi bien pour elle que pour les autres. Cela la rend parfois intransigeante et trop exigeante. Elle est très attachée à ses frères et sœurs d'armes même si elle a tendance à être assez solitaire. Elle n'hésitera pas à aider un de ses confrères en cas de besoin même s'il lui est inconnu. S'il sert fidèlement la déesse, cela lui suffit. Malheur cependant à celui ou celle qui trahirait sa déesse. Elle n'aurait alors aucune pitié. Ce n'est d'ailleurs pas quelque chose qui la caractérise, même si elle peut accorder un certain pardon dans certaines circonstances. Durant ses années d'entraînement, elle a aussi appris à lire, écrire et compter. Elle parle plusieurs dialectes dont sa langue maternelle, le grec et le latin.


Son Histoire

    La vie au sein des villages de montagne était souvent rude. Seules l'entraide et des règles de vie bien établies permettaient la survie de chacun et le bien de tous. Vivre juste pour soit entraînait non seulement l'exclusion mais souvent la mort. Le village dont était issue Anahita, Scepsus, vivait depuis des générations sur ses préceptes et nul ne songeait à les remettre en cause. Afin que tous parviennent à survivre aux hivers rigoureux qui isolaient le village de la vallée et de tout contact, les anciens avaient défini des rôles à chacun : les hommes s'occupaient de la chasse, de la protection du village aussi bien contre d'autres hommes que contre des animaux ou toutes autres menaces éventuelles, de s'occuper des constructions et des réparations et de toutes les choses nécessitant une certaine force physique. Les femmes s'occupaient des foyers, des enfants, de la cuisine, de la préparation des peaux et des vêtements, des cueillettes durant l'été... Cette séparation des tâches selon le sexe pouvait sembler archaïque mais tous l'acceptait comme nécessaire à la survie du village. Avec le temps, ces règles s'étaient rivés dans les esprits et dans les mœurs. Les transgresser apparaissait comme une désobéissance mais surtout comme un affront envers la communauté. Une sorte de volonté de briser l'harmonie et d'entraîner le chaos, voir la disparition du village tout entier.

    Une hiérarchie très forte et de type patriarcal, logiquement, s'est également développé. Les hommes, et notamment le chef du village, détenaient tous les pouvoirs et prenaient toutes les décisions. Tout ce qui était contraire à leur vision ancestrale des choses était sévèrement puni afin de marquer les esprits et prononcer des peines de mort ne leur posaient pas de soucis. Tout comme cela était accepté par l'ensemble de la communauté. Mieux valait éliminer un déviant que de risquer de perdre tout un village. Il était clair que les dérives étaient quasiment inévitables au fil du temps du fait de l'acceptation de la population face au bien commun. Néanmoins des aspects bien plus positifs étaient de mise comme l'entraide, le partage, l'échange. Même si les familles étaient bien établies, tous étaient frères et sœurs de cœur et on abandonnait pas les siens s'ils étaient en difficulté. Les repas étaient donc pris en commun pour que chacun profite des bienfaits de la chasse. Si la nourriture venait à manquer, tous en souffraient, si la chasse était bonne, tous en profitaient. Les liens se renforçaient d'autant plus alors.

    Anahita avait grandit dans ses préceptes. Elle se plia aux exigences de son sexe, apprenant très jeune à s'occuper des tâches qui lui étaient dévolues. Rapidement, elle eut envie de suivre ses deux frères aînés, Goran et Darius, qui, dès leurs six ans suivirent leur père, Targaï à la chasse. La fillette regardait avec des yeux brillants d'envie ses deux aînés apprendre l'arc et la lance. Elle même chercha à en faire autant mais fut rapidement remise à sa place par leur père qui lui fit comprendre que sa place était au village et non dans la montagne, la forêt ou les bois. Mais l'enfant était têtue et persuadée surtout de pouvoir être utile à tous. Si elle voulait déroger aux règles, c'était toujours pour l'intérêt du village. Plus de personnes à la chasse, signifiait plus de gibiers, plus de provisions de viandes pour la saison froide. Elle apprit seule à concevoir une fronde et à traquer le gibier en écoutant les récits des hommes devant le feu de camp, lors des repas. Durant des semaines, des mois, elle s'entraîna remportant un certain succès mais elle finit par se faire prendre par son père qui tenta de lui remettre les idées en place grâce à une bonne paire de gifles et un discours moralisateur à souhait. Pour autant, la jeune fille ne renonça pas et continua de chasser en cachette.

    Le petit jeu dura de nouveau plusieurs mois, l'enfant prenant soin de ne pas se faire découvrir mais là encore les adultes finirent par la débusquer et cette fois, son père décida d'une punition bien plus dure que la première. Anahita reçu plusieurs coups de fouet et se vit surcharger de taches en tous genres pour l'occuper en permanence et qu'elle n'ait plus cette envie de partir vagabonder. Son père, comme ses frères, et comme tout le village, ne comprenaient pas l'aide qu'elle pourrait représenter. Mais la petite rousse persévéra dans son désir de liberté. Plus question de simplement vouloir chasser et aider mais bien de s'affirmer. Le temps passa et a onze ans, elle parvint à créer un arc. Elle avait longuement étudié ceux de ses frères et celui de son père. Les trois étaient bien trop grands et bien trop durs pour elle. Elle finit par réussir à s'en fabriquer un avec une branche moins importante. Les flèches aussi furent fabriquées de sa main et avec grand soin. Elle s'entraîna longtemps sur des cibles jusqu'à ce que l'hiver recouvrit tout et que le village se retrouva isolée. Elle partait alors dans le froid pour chercher du petits gibiers et améliorer ses traques comme ce matin là.

    La nuit était encore bien présente quand Anahita s'enfuit de la maison familiale. Vêtue de cuir et de fourrures, elle fila en direction de rochers effondrés dans un coin du village. L'éboulis n'avait, heureusement, fait aucun blessé, ni aucune destruction. Les roches avaient été déplacées et la paroi sécurisée. Nul ne savait que la jeune fille avait trouvé un passage entre les pierres qui lui permettait de se glisser hors du village. La neige était une bienheureuse amie qui recouvrait abondamment chaque trous et fissures, donnant ainsi une impression de mur infranchissable. Les hommes qui surveillaient d'ailleurs le petit village ne s'en préoccupaient pas. Ils restaient cantonnées dans les endroits jugés plus risqués comme l'entrée du village ou certaines parois jugées plus fragiles. Anahita, les mains gantées, s'agenouilla dans un coin pour déblayer la neige et dégager le trou à peine assez large pour elle qui lui donnait accès à sa liberté. La neige avait cessé de tomber depuis quelques heures et les étoiles doublées de la pleine lune éclairaient suffisamment pour lui permettre de se mouvoir sans aide, sans flambeau qui aurait signaler sa présence. L'interstice dégagé, la jeune fille se faufila dedans, se tortillant comme un serpent ou un vers de terre afin d'avancer dans l'étroit boyau même si ce dernier n'était pas très long, à peine quelques mètres. La Perse avait toujours une terrible appréhension quand elle avançait tout contre la roche râpeuse dont elle était protégée par ses vêtements de peau. Elle n'était pas à l'abri d'un éboulement. Les pierres pouvaient très bien s'écrouler sur elle en une seconde et l'ensevelir à jamais. Mais malgré la menace latente, la rousse continuait son trajet jusqu'à atteindre l'autre bout et dégager de nouveau la sortie de la neige qui l'encombrait. Encore quelques secondes et elle fut de nouveau sur ses pieds. Elle farfouilla dans son sac à dos pour y trouver des raquettes formées de plusieurs branches souples entrelacées et liées entre elles par des liens de cuir souple. La taille des raquettes était adaptée aux pieds modestes de l'enfant. Dans le village, tout le monde en avait. C'était quasiment indispensable en hiver même si le village était chaque jour déneigé.

    Remettant son sac sur le dos, elle reprit sa route. Pas besoin de chemin, elle connaissait très bien les lieux pour les avoir arpentés très souvent d'été comme d'hiver. Alors que le jour se levait, laissant une multitude de couleurs envahir le ciel, Anahita était déjà à la recherche d'une proie. En cette période, les lapins des neiges étaient son gibier de prédilection comme pour beaucoup de chasseur tout comme les lagopèdes. Le seul soucis, c'était que ces animaux avaient, en hiver, une pelage aussi blanc que la neige et donc difficile à repérer. Les renards aussi avaient cette faculté et restaient encore plus difficile à traquer. Seule une pointe de queue noire, des petites yeux sombres et brillants trahissaient la présence de ces animaux. Autres indications précieuses et plus faciles à repérer pour tout chasseur qui se respectait, les empreintes, les déjections, les petites broussailles résistantes au froid grignotées, les tronc qui portaient des marques de griffes fines. Tout cela permettait à la demoiselle de trouver ses proies. Sauf que cela nécessitait des heures et des heures d'attente, de marche à regarder partout, à tout surveiller, à utiliser tous ses sens pour entendre le moindre bruit, sentir la moindre odeur et comprendre quand un animal passait à quelques mètres ou dizaines de mètres d'elle.

    Arc sur son dos, flèches dans son sac, Anahita progressait dans la neige avec lenteur mais à un rythme presque constant. Le temps semblait de la partie car le soleil rayonnait dans le ciel. Une bonne et une mauvaise chose. Une bonne car c'était plus agréable de progresser dans le soleil que sous une tempête de neige. Une mauvaise car la chaleur dégagée par les rayons pouvaient faire fondre certaines congères qui pouvaient s'écrouler sous le poids de la jeune fille. Aussi faisait-elle très attention quand elle s'engageait dans une nouvelle zone qui lui semblait peu stable. Mais elle n'eut rien de difficile à affronter. Elle s'arrêta quand le soleil fut à son zénith pour grignoter un peu de viande séchée qu'elle avait pris la veille, sachant la sortie qu'elle allait faire. Elle but un peu d'eau à un ruisseau et reprit sa chasse.

    Alors que l'après-midi commençait, la patience de la Perse fut couronnée de succès quand elle aperçut de petites traces de pattes dans la neige. Elle se pencha et sourit devant les marques laissées dans le tapis blanc. Les traces étaient fraîches et non gelées. L'animal, un lapin, avait du passer par là moins d'une heure plus tôt. La jeune fille se redressa avant de commencer à suivre les petites pattes. Elle avançait encore plus prudemment qu'un peu plus tôt pour éviter de faire fuir l'animal. Elle guettait le moindre bruit. Elle dut encore marcher plus de deux heures avant d'entendre de voir un fourré s'agiter et d’apercevoir une petite boule blanche qui se détachait des branches. Le petit herbivore se tenait à une quinzaine de mètres d'Anahita. Avec précaution, elle s'empara de son arc et d'une flèche en essayant de faire le moins de bruit possible. Elle n'aurait pas la possibilité de renouveler son tir. Elle n'allait pas assez vite pour ça et le lapin serait bien plus rapide qu'elle pour s'enfuir et échapper à la pointe mortelle. Elle le mit en joue et visa la boule blanche qui remuait légèrement. Elle calma sa respiration et maîtrisa ses muscles pour ne pas avoir de tremblements et banda son arc au maximum. Elle compta jusqu'à trois mentalement avant de tirer et de faire mouche, ce qui lui provoqua une joie sans borne. Elle alla rapidement ramasser sa proie, tuée sur le coup, et récupéra sa flèche. Elle en avait peu alors elle en prenait soin. Rangeant ses armes, elle enfourna le lapin dans son sac avant de reprendre le chemin du village.

    Sur le chemin, elle cogitait pour savoir ce qu'elle allait bien pouvoir raconter pour expliquer son absence. Personne ne l'avait vu partir donc pas possible de dire qu'elle avait quitté le village. Et puis ça aurait été révéler son passage secret, chose qu'elle ne pouvait pas se permettre, sinon elle serait prisonnière de nouveau des corvées et autres joyeusetés dévolues aux femmes et qu'elle abhorrait. Alors qu'elle avançait le temps commença à changer. Les nuages commencèrent à s'accumuler et la neige se remit à tomber. La rousse soupira, laissant la buée former un petit nuage devant sa bouche avant de s'évaporer dans l'air froid. Les changements de temps étaient monnaie courante en montagne que ce soit en hiver ou en été. On pouvait passer d'un soleil magnifique à une tempête monstrueuse en moins d'une heure. Anahita était habituée à ça depuis son enfance comme tous ceux de son village. Elle s'emmitoufla un peu plus dans sa pelisse et continua son trajet. Elle devrait faire vite pour cacher ses armes et glisser le lapin parmi les proies du jour. Mais d'explications, elle n'en avait pas et il lui fallait en trouver une.

    Malheureusement, elle n'eut pas le loisir d'en trouver une. Alors qu'elle se trouvait à moins d'une demi-heure du village et que la neige tombait de manière assez intense, elle se retrouva bientôt face à Goran, son frère aîné. Le regard dur qu'il lui lança fit craindre le pire à la jeune fille. Ses frères étaient des répliques de son père en plus jeune autant dans l'attitude que dans le mode de pensées. La rousse se recroquevilla sur elle et il lui semblait avoir dix fois plus froid que cinq minutes plus tôt.


    « Tu n'as pas pu t'en empêcher ! Il a fallu que tu recommences ! Père ne t'a-t-il pas déjà averti par deux fois que ce n'était pas ta place ? Mais il a fallu que tu te remettes à chasser. Tu es stupide et dangereuse. Une femme n'a pas sa place à la chasse ! »

    « Pardon Goran. Mais tu sais, je voulais seulement aider tout le monde. Je peux ramener à manger. Regarde – elle tira le lapin de son sac et l'exhiba devant son frère – Tu vois, je peux chasser et j'arrive très bien à tirer... »

    La gifle, qui l'envoya valser dans la neige, l'empêcha de finir sa phrase et lui fit voir des étoiles pendant quelques secondes. Elle se trouvait allongée sur la neige et la douleur sourde qu'elle sentait dans sa joue était un peu apaisée par le froid du manteau neigeux. Elle aurait bien aimé fermer les yeux et rester là, sur cette couche immaculée, et qui lui semblait soudainement si accueillante. Elle n'avait pas envie de se relever, craignant ce qui allait se produire. Elle avait l'impression de sentir de nouveau les coups de fouet sur son dos. Elle avait eu si mal. Mais elle se doutait que ce n'était pas ses larmes ou ses supplications qui les lui épargneraient. Son instant de répit fut bien trop court à son goût. Elle sentit la poigne de son frère se refermer sur son poignet et la remettre sur ses pieds.

    « Si tu crois pouvoir échapper à ta punition ainsi, tu rêves ! Tu as commis une faute, assume-la ! Allez viens maintenant. »

    Le poignet fut relâché mais Goran fit passer sa sœur devant lui et son regard lui disait clairement qu'elle n'avait pas intérêt à tenter de s'enfuir, ni même à le supplier de ne rien dire à leur père. Il n'avait pas tort, elle avait transgressé les règles et devait en assumer les conséquences. Un ancien du village, Tanor, lui avait parlé après son seconde incartade face aux règles qu'elle avait transgressé.Il lui avait alors dit que l'infini ne pouvait guère conduire qu'à zéro et réciproquement. En somme, chaque choix amenait son lot de conséquences, bonnes ou mauvaises, qui amenaient à de nouveaux choix et ainsi de suite. Les conséquences pouvaient apparaître comme bénéfique ou non selon le point de vue de chacun. Mais là, Anahita avait du mal à voir ce qui pourrait être bon dans la punition qu'elle n'allait pas manquer de recevoir.

    Alors qu'ils passaient près d'un groupe d'arbres malingres, la rousse entendit un hululement. Elle tourna la tête et vit une chouette effraie. C'était bizarre, à cette période c’était plutôt les Harfangs des neiges que l'on voyait. De plus ce n'était pas vraiment le bon moment pour voir ces animaux. Ils ne sortaient qu'à la tombée de la nuit et pas quand une tempête se levait. Pourtant, cette chouette était là et semblait la suivre du regard, hululant comme l'encourager. Étrange sensation que voilà. Le regard de l'animal semblait posséder une certaine intelligence et quelque chose de plus qu'Anahita ne put définir. Alors que la chouette s'en volait, la Perse se redressa, elle avait fait un choix en décidant d'aller chasser, en transgressant les règles pour être plus libre tout en voulant aider les siens. Elle se devait de l'assumer et de ne pas baisser la tête par honte ou par faiblesse. Elle était convaincue du bien fondé de sa décision même si cela entraînait de lourdes conséquences pour elle. Son rythme de pas se fit normal, elle ne traînait plus les pieds, ne cherchait pas à retarder l'inévitable.

    Bientôt l'entrée du village se profila et l'angoisse saisit la demoiselle. Les silhouettes de plusieurs personnes se devinaient. Essentiellement des hommes mais aussi quelques femmes. Deux silhouettes se découpaient des autres. Anahita n'avait pas besoin de voir leurs visages pour savoir qu'il s'agissait de son père et de son autre frère. Encore quelques mètres et elle se retrouva à leur niveau. Elle ne baissa pas la tête et regarda son père droit dans les yeux. Elle vit la colère, la rage et la honte dans ses yeux. Bras croisés, il essayait de lui faire baisser les yeux devant son courroux mais en vain. Après une bonne minute, la gifle partit, déstabilisant Anahita mais elle ne tomba pas au sol cette fois.


    « Baisse les yeux, femme ! Tu n'es pas en droit de me regarder comme tu le fais après ce que tu viens de faire. »

    La jeune fille se frotta la joue mais chassa ses larmes. Elle ne devait pas pleurer, surtout pas. Elle se remit droite et affronta de nouveau le regard paternel.

    « Oui père, j'ai transgressé les règles de notre village mais je n'ai pas dérogé à leurs principes. Le but de ses lois est de permettre la survie de tous. Si je suis allée chasser, c'était pour pouvoir ramener plus de gibiers et qu'on puisse avoir davantage à manger, tous. »

    D'un geste de la main, elle désigna les personnes qui se tenaient derrière son père et son frère. Goran se tenait toujours derrière elle. Plus elle avait parlé, plus la colère de son père avait augmenté. Visiblement, il n'était pas du tout d'accord avec ce que disait sa fille. Elle sentit que son arc et son sac lui étaient enlevés. Goran les lui enlevait pour les donner à leur père. Celui-ci inspecta minutieusement l'arme, défit le sac et observa les flèches et le lapin mort. Anahita eut le maigre espoir que son matériel et le lapin tué pourraient être des éléments positifs pour elle.

    « Qui t'as donné ça ? Réponds ! »

    La jeune fille secoua la tête.

    « Personne, c'est moi qui les ai fait. »

    A priori, son père ne la croyait pas. Il inspecta de nouveau les armes, cherchant probablement à trouver une marque. Quand on créait une arme, chacun avait sa façon de faire, une sorte de signature. D'ailleurs, la plupart des créateurs apposaient une marque ou un symbole pour indiquer qu'ils avaient fait tel ou tel arc ou lance. Mais rien. Targaï ne trouva aucune marque.

    « Menteuse ! Quelqu'un t'a forcément aidé. »

    Là, Anahita vit rouge. Être accusée de chasser, c'était une chose mais se faire traiter de menteuse, c'était intolérable pour elle. Elle serra les poings et son regard, à son tour, lançait des éclairs.

    « Je ne suis pas une menteuse. C'est bien moi qui l'est fait, tout comme les flèches, comme c'est moi qui ai tué le lapin. J'ai pas eu d'aide. J'ai juste observé ton arc et ceux de Goran et Darius. Après j'ai essayé d'en faire un, toute seule. J'ai pas réussi du premier coup et j'ai dû beaucoup travailler pour réussir à faire un bon arc et réussir à la maîtriser... »

    Un craquement sourd arrêta sa phrase alors que son père brisait son arc et ses flèches. Là, elle ne put retenir ses larmes. Elle avait passé des semaines pour réussir à le faire. Elle avait fait tellement d'essais et eu tellement d'échecs. Cet arc était déjà tout un symbole pour elle. Une femme était tout à fait apte à construire une arme. Les flèches aussi lui avaient pris du temps. Il fallait que le bois soit parfaitement taillé, droit, avec un poids ni trop léger, ni trop lourd. Le silex aussi devait être bien proportionné tout comme les plumes d'oiseaux à l'arrière sinon la flèche n'allait pas droit. Tout cela, la jeune fille avait dû l'apprendre à ses dépends. Cela avait été beaucoup de travail mais elle se rappelait sa joie quand elle avait enfin réussi à tirer une flèche qui était allée se ficher droit dans un tronc d'arbre. Une sacrée victoire jetée au sol et piétinée par son père. Ce n'était vraiment pas juste.

    « Si c'est bien toi qui a créé ces choses c'est que tu es encore plus dangereuse que ce que je pensais, ma fille. »

    Les mots firent terriblement mal à Anahita. Elle ne se voyait pas comme un danger. Elle ne comprenait même pas ce que son père voulait dire. Mais les visages derrière lui, semblaient approuver ses propos que ce soit par un geste de tête ou un regard. Nul ne songeait que la jeune fille puisse avoir raison. Elle remettait en cause des lois anciennes qui avaient permis au visage de survivre à la dureté du milieu. Personne n'était prêt à les remettre en cause. Personne sauf Anahita. Elle observa de nouveau son père dont la colère avait encore augmenté. La rage semblait lui avoir succédé, voir même une certaine folie. Les muscles de ses mâchoires tressaillaient et il peinait visiblement à contrôler sa colère.

    « Je vais devoir une nouvelle fois te punir pour ta désobéissance ma fille. Une punition que tu ne pourrais jamais oublier, je te le garantis. »

    Visiblement, Targaï savait déjà ce qu'il allait lui faire et sa fille comprit soudain que cela n'aurait rien à voir avec le fouet. Elle avait gardé quelques marques mais rien qui ne l'avait découragé dans sa volonté d'indépendance et de chasser. L'homme empoigna Anahita et la traîna jusque dans un coin du village, se moquant bien de savoir si elle suivait ou non. L'endroit ne lui était pas inconnu et la terrifia bien qu'elle ne sache pas ce que son père avait en tête. C'était là que l'on fendait le bois pour avoir des bûches pour le feu. Une énorme souche d'arbre trônait au milieu de l'espace, une hache plantée en plein milieu. La neige tombait de plus belle, recouvrant le bois. La peur vrillait les entrailles de la demoiselle. Allait-il la tuer ? Non, il avait dit qu'elle s'en souviendrait donc il ne comptait pas la tuer bien qu'elle l'en sache parfaitement capable. Mais ce n'était pas cela qui allait rassurer Anahita, bien au contraire. La petite foule les avait suivi et se dispersait tout autour de la souche centrale formant un cercle quasiment parfait. Targaï tenait toujours sa fille mais semblait attendre que tout le village soit présent. Pour sauver son honneur, tous devaient être témoins de la punition. Ainsi, nul ne penserait plus à transgresser les règles et tous sauraient la punition qu'aurait subi la jeune fille.

    « Vous tous ici présent, hommes, amis, frères, fils, femmes, épouse, amies, sœurs et filles, vous serez les témoins de ma volonté à faire respecter nos lois, celles qui nous permettent de survivre depuis des siècles ! »

    Un murmure d'approbation parcouru l'assemblée. Targaï se rapprocha de la souche et obligea sa fille à agenouiller et poser le bras sur le bois. Prise de panique, Anahita chercha à se dégager alors qu'elle voyait le tranchant de la lame. Mais son père la bloqua. Elle ne faisait pas le poids face à lui, un véritable colosse. Les larmes avaient fini par déborder des yeux de la demoiselle. La peur était la plus forte. La tête, le corps bloqués, elle laissait ses yeux parcourir le visage de ceux qui étaient là. Elle voyait ses frères et même sa mère, Saya. Mais aucun visage ne semblait compatir. Certains semblaient effrayer par ce qui allait suivre mais nul ne songeait à intervenir. Son père se saisit de la hache.

    « Tu as sciemment transgressé les règles. Tu as chassé, fabriqué une arme, tué des animaux. Tu as fait ce que seuls les hommes sont en droit de faire. Pour cela tu vas être puni. Jamais plus tu ne pourras chasser, jamais plus tu ne pourras utiliser un arc, femme. »

    Se penchant, il arracha le gant qui couvrait la main d'Anahita. Par réflexe, celle-ci ferma le poing mais son père le lui fit ouvrir, posant la main à plat sur le bois recouvert d'une fine couche de neige à présent. Une nouvelle fois, le regard de l'adolescente fouilla l'assemblée mais ne vit rien qui puisse l'aider. Tous acceptaient ce qui allait arriver. Tous trouvaient cela normal. Tous approuvaient. Même sa mère ne semblait pas avoir pitié d'elle. Elle ne bougerait pas, personne ne viendrait l'aider. Personne. Elle ferma les yeux, se tortillant toujours pour échapper au châtiment quand soudain, un hululement se fit entendre dans le silence glaçant du moment. Rouvrant les yeux, elle vit de nouveau la chouette, perchée sur un monticule de bois. Elle reconnue sans peine celle qu'elle avait vu en retournant au village, escortée par son frère. La chouette semblait la regarder. Non, elle ne semblait pas, elle la regardait. Alors qu'il ne s'agissait que d'un animal, son regard semblait empli de compassion et de miséricorde pour elle. Le moment semblait suspendu dans le temps. Anahita avait perdu le contact avec la réalité. Ses yeux restés vrillés à ceux de la chouette qui exprimaient infiniment plus de sentiments pour elle que tous les humains présents autour d'elle. Sans savoir pourquoi, la jeune fille sourit à la chouette, ne cherchant plus du tout à se débattre, acceptant le châtiment. Mais son regard ne quitta pas le gracieux animal qui, lui non plus, ne l'abandonnait pas. Elle ne se rendit pas compte que son père séparait ses doigts et levait la hache, provoquant un murmure de peur dans la foule. Elle entendit l'air sifflé alors que la hache le fendait avant de s’abattre sur ses doigts. La douleur la transperça mais aucun son ne franchit ses lèvres. Son regard et celui de l'oiseau ne s'étaient pas quittés. La douleur était monstrueuse mais c'était comme si son esprit et son corps étaient dissociés. Elle ressentait les choses mais comme si elle était enveloppée dans du coton, un coton chaud, rassurant comme dans un nid d'oiseau, à l'abri du monde.

    « Ainsi jamais plus tu ne pourras chasser et chaque jour tu t'en souviendras. »

    Les paroles de son père brisèrent le charme, faisant s'envoler l'oiseau. Anahita baissa les yeux pour voir son sang maculer la neige. Ses doigts coupés, son index et son majeur, reposaient sur le blanc tapis désormais rouge à quelques centimètres de sa main. Elle regarda cela comme si ce n'était pas vraiment à elle, comme si ce n'était pas ses doigts qui tressaillaient encore sous les réflexes nerveux. Mais la douleur la rattrapa et elle finit par s'écrouler, inconsciente.

    Elle se réveilla quelques jours plus tard, un instant de lucidité dans la fièvre qui la dévorait depuis cette fin d'après-midi. Sa main, ses phalanges abîmées, la faisaient monstrueusement souffrir. Ses muscles tressaillaient de manière incontrôlée. Elle serra les dents en gémissant. Elle regarda sa main bandée sur les draps. Elle avait soigné. Un linge humide fut posée sur son front et elle tourna la tête pour voir sa mère à son chevet. Elle semblait désolée de ce qui était arrivée mais n'éprouvait aucun remord. Elle sourit à sa fille et lui caressa les cheveux avant de lui donner un baiser sur la joue.


    « Maintenant, tu sais où est ta place ma chérie. »

    Ses paroles plus que tout autre chose ramenèrent la peur et l'effroi dans le cœur et l’âme de la jeune fille qui trembla encore plus fort.

    « Allons ne t'agites pas ma douce. Sinon ce sera encore plus douloureux. »

    La voix douce et mielleuse de sa mère ne firent que la terroriser un peu plus. Ainsi, même sa propre mère trouvait cela normal et approuvait ce que son père avait fait. Le désespoir l'envahit alors et elle se laissa aller aux larmes.

    « Allons, ne pleures pas. Tu as perdu deux doigts mais tu pourras quand même accomplir tes devoirs de fille, de sœur et d'épouse quand tu seras en âge. Alors tout va bien maintenant. Les choses sont rentrées dans l'ordre, Anahita. »

    Dans l'ordre ? C'était donc ainsi ? Tout était désormais dans l'ordre des choses, dans la normalité, dans les règles. Anahita avait voulu enfreindre les règles pour le bien des autres mais finalement c'était elle qui en subissait les conséquences mais pour autant rien n'avait changé. Tout était rentré dans l'ordre. Elle détourna son visage de sa mère et observa la neige qui tombait par la fenêtre. Le froid lui semblait bien plus accueillant que ce lit et en cet instant, la jeune fille n'avait qu'une envie, mourir et disparaître. Mais un mouvement attira son œil et la chouette refit son apparition au carreau. Leurs regards se vrillèrent et Anahita retrouva un léger sourire avant de s'endormir, apaisée, avec cette impression agréable d'être dans un nid bien au chaud et à l'abri du monde.

    Il fallut encore plusieurs semaines à la jeune fille pour récupérer ses forces et vaincre la fièvre. Pourtant, elle ne se sentait pas seule. L'étrange chouette revenait la voir, lui apportant cette paix intérieure qu'elle recherchait. Elle dormait de moins en moins en journée et réfléchissait à son avenir. Malgré la peine infligée, Anahita ne parvenait pas à se faire à l'idée qu'elle devait se contenter d'obéir à des règles qui lui semblaient absurdes. Les femmes se succédaient près de son lit, amicales, cherchant à lui faire comprendre le bien fondé de l'ordre établi. Elles l'acceptaient, tous l'acceptaient, elle aussi devait l'accepter. Pourtant, elle ne pouvait s'y résoudre. Elle songeait de plus en plus à s'enfuir. On ne la laisserait jamais être ce qu'elle voudrait, qui elle voulait dans son village. Sa vie était toute tracée ici. D'ici quelques années, elle devrait se marier à un homme choisit par son père, lui donner des enfants, des fils de préférence, cuisiner, coudre et s'occuper de son foyer en respectant les règles. La rousse s'énervait à cette idée. Non ! Ça ne pouvait pas être sa vie. Il devait y avoir autre chose, autre part, loin.

    Remise, elle reprit les activités dévolues à son sexe. Désormais, on ne la laissait plus seule. Sa mère ou une autre femme restait perpétuellement à ses côtés. A priori, malgré la punition appliquée, on ne lui faisait pas confiance, à juste titre d'ailleurs. L’œil aiguisé, la jeune fille essayait de repérer toutes les failles exploitables pour quitter le village, mais ses chances étaient faibles pour le moment. Elle allait devoir ruser pour fuir. Le plus judicieux serait d'attendre le printemps et qu'elle retrouve un peu de confiance de la part des siens. Anahita chercha donc à calquer son comportement sur celui des autres femmes du village. Si le climat de suspicion perdura encore un temps, petit à petit la surveillance se relâcha. La demoiselle n'en profita pas tout de suite, elle voulait guetter le meilleur moment. S'occupant des repas, elle put, assez facilement dissimuler de la nourriture en prévision de sa fuite.

    Le printemps vint et avec lui, la fonte des neiges. Le moment idéal pour la jeune fille. Elle patienta encore quelques temps avant de se décider. Dans le repas du soir, elle glissa quelques feuilles ayant des vertus soporifiques. Elle n'en était pas fière, mais devait être certaine de pouvoir quitter la maison sans risque. Au milieu de la nuit, chaudement vêtue de cuir et de fourrure, elle prit le paquetage qu'elle avait dissimulé ainsi que la nourriture et quitta la maison familiale. Son cœur était lourd. Elle ne partait pas de gaieté de cœur, c'était même tout le contraire. Sa famille, comme les habitants de son village, était de braves gens. Ils ne faisaient pas de mal, pas volontairement en tout cas. C'était juste qu'Anahita savait qu'elle ne pourrait jamais être heureuse chez elle. C'était égoïste certainement, mais parfois il fallait l'être. Forte de cette conviction, elle quitta sa maison, longeant de multiples murs d'autres maisons avant de parvenir à un endroit non surveillé qu'elle put emprunter. Le temps lui était désormais compté. Dès que le soleil se lèverait, tout le monde se rendrait compte de sa disparition et partirait à sa recherche. Si elle ne voulait pas être rattrapée, elle devait faire le maximum de route maintenant.

    Alors qu'elle progressait avec difficultés, elle fut surprise d'entendre un hululement tout près d'elle. Tournant la tête, elle vit la chouette qui l'avait veillée lors de la perte de ses doigts. Elle avait disparu depuis son rétablissement, mais semblait faire son retour. Mieux, elle semblait vouloir la guider. C'est ce qu'en déduisit Anahita en voyant l'oiseau voler de branche en branche et semblant l'attendre. Avec cette étrange conviction ancrée en elle, elle se mi à avancer en suivant l'animal. Elle se rendit vite compte que les chemins empruntés étaient assez simples pour elle qui était petite et menue, mais que des hommes de hautes statures auraient du mal à passer. Pendant plusieurs jours, elle avança rapidement, dormant peu, se reposant le minimum possible avant de reprendre la route. Elle finit par quitter la montagne parvenant dans la vallée. Anahita choisit d'éviter les villages, pas la peine de donner aux siens des indices sur l'endroit où elle allait. D'ailleurs, où comptait-elle aller ? Elle l'ignorait encore. Elle se contentait d'avancer pour le moment. La chouette finit par la laisser après un certain temps, provoquant une certaine peine chez la rouquine, mais elle ne se laissa pas aller. Habituée à chasser, elle confectionna de nouvelles armes, arc et lance, apprenant à utiliser ses deux mains de façon équivalente pour compenser son handicap. Petit à petit, ses pas la menèrent vers la mer. A proximité de village de pêcheurs, elle commença à troquer sa chasse contre des ustensiles et du matériels voir de l'argent. D’ailleurs, ce fut une simple pièce de monnaie qui donna un sens à sa vie. Alors qu'elle échangeait des peaux, son acheteur la paya en drachmes. Des pièces qu'elle n'avait pas encore rencontré. Elle fut étonnée de voir une chouette sur l'une des faces. L'homme lui expliqua qu'il s'agissait du symbole de la déesse Athéna, une déesse grecque. Anahita était surprise de constater que cette chouette correspondait trait pour trait à la chouette qui l'avait guidée. Était-ce un signe ? Elle voulait le croire. Forte de cette conviction, elle décida de rejoindre Athènes, ville dédiée à cette déesse.

    Il lui fallut plusieurs semaines pour rejoindre la Grèce. Elle développa son endurance et sa dextérité au cours de ce voyage. Elle évitait les groupes de voyageurs. Une fille seule sur les routes risquait beaucoup et elle en était consciente. Elle préférait éviter les problèmes autant que possible. La rousse parvint aux portes de la cité mais fut surprise de voir que cette ville ne différait pas des autres. Les femmes ne semblaient pas avoir un meilleur statut. Ce serait-elle fourvoyée en venant jusque là ? Pendant plusieurs jours, elle déambula entre la cité et le port. Ce n'est que lorsqu'elle entendit parler du temple dédiée à la divinité qu'elle sut où aller. Sauf que le Parthénon était interdit aux profanes. Si elle tenait à entrer et s'33adresser à la déesse, elle allait encore devoir ruser. Dérobant la tenue d'un prêtre, elle parvint à se glisser dans le temple durant la nuit, finissant par se retrouver devant l'immense statut d'or et d'ivoire, l'Athéna chryséléphantine. Dégageant son visage du tissu de son déguisement, elle s'agenouilla, impressionnée par la grandeur et la majesté qui se dégageait de cette statue.


    « Noble déesse, pardonne à l'impie que je suis de venir ainsi troubler la paix de ton temple. J'ai quitté ma famille et mon village afin de trouver une autre vie. Je refuse de n'être qu'une femme au foyer. Même si je suis une femme, je peux aussi bien chasser et pêcher que les hommes, je peux aussi aider les autres. Noble déesse, aide-moi, guide-moi. Ai-je eu tort ? Que puis-je espérer désormais ? »

    Malgré sa supplique, la statut resta impassible. Son visage orné d'un sourire énigmatique. Anahita resta agenouillée jusqu'à ce qu'elle se fasse chasser par des prêtres. Elle parvint à s'enfuir et rejoignit la ville. Finalement, cette incursion n'avait pas servi à grand chose. Pendant plusieurs jours, elle déambula, un peu perdue aux abords de la cité. La déesse ne semblait pas vouloir lui apporter la moindre réponse. Elle avait l'impression de s'être fourvoyée dans son voyage. Pourtant, alors que la nuit tombait, une silhouette connue refit son apparition, poussant un doux hululement.

    « Te voilà toi ! Aurais-tu un nouveau chemin à me montrer encore une fois ? »

    La chouette lui répondit avant de s'envoler un peu plus loin avant de se poser et d'appeler la jeune fille. Anahita ne perdit pas de temps et suivit une nouvelle fois l'oiseau, persuadée que ce n'était pas une simple coïncidence. La déesse l'avait entendu et lui envoyait sa messagère. Pendant, plusieurs jours, elle suivit l'animal, passant par des endroits difficiles d'accès, dangereux. Elle se félicita d'avoir réussi à développer sa vivacité et sa dextérité, sinon elle se serait certainement rompu le cou une bonne douzaine de fois. Finalement, elle parvint sur un étroit plateau où un homme semblait s'entraîner à... casser des cailloux?!! Les yeux grands ouverts, la rouquine regardait l'homme pulvériser des rochers à mains nues. L'individu fut tiré de son exercice par le cri strident de la chouette. Surpris, il l'observa avant que son regard acier ne se pose sur la petite demoiselle. Il fronça les sourcils, peu ravi de la voir visiblement. Il se rapprocha d'elle et Anahita se dit qu'elle avait intérêt de vite expliquer sa présence.

    « C'est la chouette qui m'a guidée jusqu'ici – elle pointa du doigt l'oiseau qui hulula, semblant confirmer les propos de la demoiselle – Je me suis enfuie de chez moi et je suis arrivée à Athènes où j'ai été prié la déesse pour avoir son aide et l'oiseau m'a guidé jusqu'ici. »

    C'était un résumé plus que concis mais elle avait dit le plus important selon elle. L'homme soupira. Doutait-il d'elle ? La rouquine pouvait avoir beaucoup de défauts, mais ce n'était pas une menteuse.

    « Je vous dis la vérité. Je vous le jure sur la tête d'A... »

    « Ne jure pas mon enfant. Cela serait mal venu, surtout si tu comptes jurer sur la déesse qui est à la tête de ce sanctuaire. »

    Ce fut la jeune fille qui fronça les sourcils cette fois, faisant alors éclater son interlocuteur de rire.

    « Si la chouette t'a guidé, ce n'est pas pour rien. Je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire. Je me nomme Elésia et toi ? »

    « Anahita. »

    Il inclina la tête en guise de salut avant de l'inviter à le suivre. Ce fut un tout nouveau monde qui s'ouvrit alors à la demoiselle. La chouette ne l'avait pas guidée au hasard. Elle l'avait amenée au sanctuaire caché de la déesse. Pendant plusieurs heures, Elésia lui parla et la questionna avant de finir par lui demander ce qu'elle souhaitait faire de sa vie, de son existence, si on lui laissait la possibilité de faire la même chose qu'un homme.

    « Aider les autres et servir la déesse. »

    La réponse sembla plaire à l'homme. Dès le lendemain, il lui parla des chevaliers et des conflits entre dieux. Fascinée mais se sentant investie d'une mission, Anahita décida de rester et de s'entraîner pour devenir chevalier. Elle accepta assez facilement de porter un masque et se révéla rapidement douée pour le combat. Elle manquait de force, mais compensait par sa vitesse. Son cosmos se révéla aussi rapidement. Elésia l'avait d'ailleurs perçu à son arrivée même si elle en était encore inconsciente. Elle s'entraîna de longues années avant de se voir attribuer l'armure de l'Ophiuchus, une vraie victoire pour elle. Agenouillée pour recevoir son armure, elle dédiait désormais sa vie à la déesse, à son armure et à la protection des hommes.



Et vous, qui êtes vous ?

    Age : +18 ans.
    Avatar : Le nom du personnage de votre avatar, présenté de cette manière :
    Code:
    [b]Marvel[/b] → [i]Red Sonja[/i] est [b]Anahita[/b].
    Quelle est votre expérience des forums RP : Cela fait plusieurs années que je fais du RP (8 ans environ). J'ai été sur différents forums : fantastique et historique. J'avais commencé sur un forum SS mais qui n'est plus actif aujourd'hui. J'ai eu envie de revenir à mon premier amour qu'est Saint Seiya.
    Comment avez-vous connu le forum : Google, moteur de recherche.



Pseudo
La suite de son histoire

    Si l'histoire de votre personnage est trop longue pour tenir sur un seul post, vous pouvez la continuez ici.



Dernière édition par Anahita le Sam 17 Déc - 18:48, édité 10 fois
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100/100  (100/100)
CP:
130/130  (130/130)
CC:
304/304  (304/304)
Message Re: Anahita (fini) - Ophiuchus   Sam 17 Déc - 12:35
Bon... c'est toujours mieux de faire un Berserker (tu peux encore changer d'avis !)... mais bienvenue quand même hein !

Bon courage pour ta fiche Anahita ! ^^




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
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200/200  (200/200)
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240/240  (240/240)
CC:
215/215  (215/215)
Message Re: Anahita (fini) - Ophiuchus   Sam 17 Déc - 12:39
Bienvenue et bon courage pour ta validation ^^


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AnahitaavatarArmure :
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200/200  (200/200)
CP:
210/210  (210/210)
CC:
244/244  (244/244)
Message Re: Anahita (fini) - Ophiuchus   Sam 17 Déc - 13:44
Merci à vous Smile
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210/210  (210/210)
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Message Re: Anahita (fini) - Ophiuchus   Sam 17 Déc - 18:25
Bienvenue à toi Very Happy

Bon courage pour ta fiche ^^



Tenue de Tihana:
 
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CC:
244/244  (244/244)
Message Re: Anahita (fini) - Ophiuchus   Sam 17 Déc - 18:49
Merci Tihana ^^

Ma fiche est désormais terminée Smile
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RowenaavatarArmure :
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200/200  (200/200)
CP:
160/160  (160/160)
CC:
305/305  (305/305)
Message Re: Anahita (fini) - Ophiuchus   Mar 20 Déc - 1:38
Bonsoir à toi Anahita et excuse moi du retard pour valider ta fiche !

J'aime beaucoup ton personnage et ton histoire, certes simple mais qui dégage quelque chose Smile Je ne vais pas tellement m'étendre sur les détails, mais en tous les cas, je te valide ! Un petit détail à prendre en compte malgré tout pour tes rps : ton perso n'est chevalier de l'Ophiuchus que depuis quelques mois, puisqu'il y a déjà eu un joueur avant toi sur le coup. Je te le précise, mais visiblement vu la conclusion de ta fiche, je suppose qu'Anahita n'est pas chevalier officiellement depuis longtemps.

Pour ta fiche technique, tu obtiens 4 en éveil et 17 PC. Si tu as la moindre questions n'hésite pas à te rendre dans le bureau du staff Wink

Bon jeu sur AoG !
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