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 [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]

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Message [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Mar 27 Déc - 20:27
Un cheval avait claudiqué quelques instants, puis s’était arrêté à l’entrée de la ville. Carpates. Une paire de bottes en cuir venait d’y atterrir en un bruit sourd, d’où se dressait une silhouette encapuchonnée. Le vent, aussi froid qu’un hiver prêt à frapper d’ici quelques jours et aussi cinglant qu’une subite révélation, venait d’emporter légèrement en son sein le tissu fin d’une cape cramoisie.

Couleur bien commune pour l’ancienne Lyumnades. Le temps avait changé mais sa condition demeurait la même en tout point. Oui, la petite ombre avait le même visage, comme celle qui s’y était aventurée quelques mois plus tôt, à quelques détails près. La salamandre trop rouge. La salamandre cramoisie, la belliqueuse. La mordante. L’œil vif et vicieux du petit amphibien ni terrestre, ni aquatique. Celle qui d’après un vieillard, valait deux petits diables. C’était ainsi qu’on l’avait connu, une appellation désormais obsolète, et quelques questions n’avaient cessé d’attiser ses interrogations :

L’avait-il réellement oublié ?

Peut-être était-ce pour cela que son cosmos n’était pas véritablement entièrement caché. De façon à ce qu’il puisse la reconnaître. Lui. Zvezdan. Pire encore, Ariane se savait être l’ombre de ce qu’elle avait été. Pouvait-elle parler de foyer ? Il y avait bien la Forêt du Val, ou encore Rodorio où elle avait passé quelques jours à attendre, mais le sanctuaire était occupé à panser les plaies et les pertes des leurs.

Et Ariane le comprenait bien.

Difficile de considérer si sa présence relevait de la même teneur. Teigne n’était plus, et la jeune femme n’avait plus véritablement l’innocence d’un tribut libéré désormais. Dans cette même Taverne de la dernière fois, quelques clients entamaient des bras de fer, en guise de pari pour toute bonne affaire à gagner. Le lieu n'était ni vide, ni bondé. Et quelque part, Ariane commençait à douter de le voir apparaître.

Une présence, faite du jour au lendemain, n’avait rien d’évident. Posant un sac à ses côtés, légèrement rond, elle passa une main sur celle-ci avant d’être légèrement surprise. Juste devant elle, quelqu’un s’était assis.

«C’est un truc bizarre que vous avez là ! »
Il renifla du nez un temps, sans doute légèrement enrhumée par un quelconque cadeau virulent de ce temps glacial qui s’affirmait de jour en jour. « C’est quoi ? »

Mince sourire. Elle le rangea complètement en l’enroulant autour d’un tissu, tout contre elle.

« Un œuf. Inutile de demander son espèce, je n’en sais rien. Probablement un reptile. »

Œuf de reptile. Il en avait la forme, et si la coquille avait été salie par son sang, il eut été étonnant que la chose à l’intérieur y eu survécu. En particulier pour une petite chose qui avait eu une coquille blanche à l’allure cartilagineuse. Attisant sa curiosité, Ariane l’avait gardé.

« Un œuf ? » D’un œil suspicieux, il s’était remémoré le petit objet à demi caché par la couverture d’un sac. « Il est étrange et beau, ce petit machin ! La coquille doit valoir une fortune. Vous le vendez combien ? »

Les yeux auraient pu s’écarquiller sous cette négociation entamée bien soudainement que cela n’aurait rien changé. Oui, Ariane savait que la coquille avait un quelque chose de précieux. La bête était peut-être commune mais pour celle qui s’intéressait à la petite faune, dangereuse, surprenante et parfois empoisonnée, il y avait tout un intérêt. Et puis, l’Escarboucle lui donnait cet instinct étrange et décisif, peut-être bien un peu plus possessif. Le goût des valeurs.

« Il n’est pas à vendre. Je le garde. Vous n’auriez pas vu un homme brun, peau mate, chasseur ? »

Un rire s’était échappé de ses lèvres, sans pour autant que la jeune femme n’en tiqua véritablement. La description semblait l’avoir amusé.

« Il y en a beaucoup ici des gens comme ça, ma petite dame. Donc j’en ai absolument aucune idée. Bon, vous ne voulez pas jouer ça autour d’un bras de fer ? »

Perdant patience, il avait désigné d’un doigt l’endroit où se tenait ces personnes plus joueuses, insistant encore sur l’objet de son désir.

« Un bras de fer avec une femme ? C’est un peu étrange tout de même… » Elle aurait pu gagner ce bras de fer, sans trop de soucis. Tout comme en cet instant, elle aurait pu jouer avec cet homme et ses espérances. Mais à quoi bon ? « Je n’en ai pas envie, et comme dit, Il. N’est. Pas. A. Vendre. Maintenant, laissez-moi tranquille. Merci. »

Son regard s’était planté dans celui de l’homme, inspiré par une aura plus féroce qui scintillait dans ses yeux. Ariane avait mieux à faire. Clairement. Et elle le pensait encore, en apercevant l’homme reculer légèrement, influencé par le léger parfum naturel mais pas moins influent flottant autour d’elle. L’odorat avait parfois un effet puissant, certes. Alors l'ancienne Naïade attendait simplement, et profitait de l’endroit comme elle l’avait fait auparavant.

Une bière avait été déposée sur sa table, non sans lui accorder un sourire avant de s'éloigner.

Zvezdan, seras-tu occupé, comme le sanctuaire, à panser les blessures des tiens?

Trouver sa place n'était pas aussi aisée que prévu, et pourtant, à cette rencontre, elle n'avait pas besoin d'exhiber une appartenance.

En dépit du fait qu'Ariane était pour l'heure en territoire inconnu, peut-être même dangereux, la femme aux cheveux d'ébène n'avait pas mal réagi. Dernier adieu, avant qu'elle ne revienne ultimement à cet endroit où elle avait laissé son parchemin en demeure certaine. "Je suis là pour toi, en grande partie. J'ai besoin de penser à autre chose."


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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Mer 4 Jan - 18:11
cinq mois.

Affreusement long, affreusement court. Longue attente, à ruminer les vestiges d'une unique nuit. A lancer quelques regards pleins d'une nostalgie à la fois heureuse et amère vers Braise. Amertume d'un contact trop vite rompu, d'yeux trop vite perdus de vue. Contentement de leur remémoration, à y trouver... De la force, en fait. Promesse de tous les défis, que celle de cette rencontre plus tard, de cette réunion d'amants séparés par l'ordre des choses. Par la réalité de deux devoirs qui éloignent, de deux divinités et leurs caprices. Mais n'est-ce pas elle est moi, les capricieux de l'histoire. Cœurs capricieux, à s'éprendre l'un de l'autre alors que la raison ne fait qu'hurler notre bêtise. J'ai vite eu fait de l'oublier sans me retourner, cette raison, la nuit-même. Pour me jeter sur ces lèvres. Sur ce corps, sur ce cœur. Lui dire des choses par les actes plutôt que par les mots. Parce qu'il est des mots que l'on ose pas formuler. Encore moins si tôt. Et cinq mois plus tard, je regrette ce manque d'audace. Timidité des mots, masquée par l'initiative des corps. Beau-parleur privé de son verbe agile, pantois devant cette femme. Dérangeante sensation. Démuni face à elle. C'est... Plaisant, en un sens. Plaisant et terrifiant.

cinq mois, et les quelques échanges que l'on a pu avoir. Grâce aux Salamandres. Puis un jour, plus rien. Plus de contact. Plus rien sauf un grand vide. Un grand vide très tôt comblé par une bile d'inquiétude formée au creux de ma poitrine. Un cœur qui ne bat plus la passion, mais la peur. Peur invisible. Parce qu'il fallait bien y aller, à Jamir. Parce qu'il fallait bien les commander, ces troupes. Alors c'est resté là, au fond, silencieux. Caché. Cri muet, celui de la peur de perdre plus définitivement quelqu'un de déjà perdu de vue. Perte déjà bien pesante.

On s'est promis, Ariane. T'as vu ? Je suis pas mort. Je suis là. J'espère et j'appréhende. Je...

Je ressasse. Je me rappelle encore de ta petite énigme, quand on s'est quitté. L'histoire d'Ombres d'un Soleil qui plane prés de la mer. Tseh. A croire que c'est un gimmick chez vous autres Marinas. Peut-être saurais-tu où est-ce que c'est toi, le lieu sacré ou l'eau plonge dans les étoiles ? Heh ! Ca me fait marrer rien que d'y repenser, à ces âneries sans queue ni tête. J'imagine que dans la grande Atlantis, il y a des niveaux plus ou moins profonds, avec la lumière à certains étages, et... Un peu moins de lumière à d'autres. Peut-être que tu pourras m'en dire plus que lui ? Que tu sauras te faire meilleure messagère ? C'est ton rôle après tout. J'me demande pourquoi ils ne t'ont pas envoyé. Parce que...

… J'ai peur, Ariane.

T'as pas intérêt à... Non. Non. J'veux même pas y penser. T'as pas le droit. Humf. C'est pire, depuis que ce Marinas est passé. Depuis que j'ai vu quelqu'un endosser le rôle qui devrait être le tien. Comme s'il fallait remplacer un poste vacant. Inquiétude latente finalement haussée à un niveau bien supérieur. J'ai enragé de pas pouvoir lui parler, à ce poisson. J'aurais eu des questions. Beaucoup de questions. Mais non. Deux sous-fifres pleins de leur bêtise et de leur assurance de bien faire auront suffit à le faire fuir. Pathétique. Et ça pour mieux nous perdre avec ses formulations sibyllines par la suite. Je grogne rien qu'à y repenser.

J'ai peur, mais j'espère. Alors puisque l'on s'est promis de s'y rejoindre, dans ces terres de la première rencontre, je laisse parfois mes sens y vagabonder. Mieux, une petite maisonnée de dressée dans les bois, loin du Dédale et de ses vices. Loin de tout. Ici, il y a mon gibier, mon matériel, mais surtout, mon oasis. Parodie de soupir soulagé entre quelques tâches à œuvre pour la Citadelle.

Et j'y suis, aujourd'hui. A faire ce que je fais parfois depuis plusieurs semaines. M'allonger dans ce lit, dormir, puis me réveiller. Éveil de l'esprit seul, tandis que le corps reste ensommeillé. Silhouette de ressenti, contours de rouge. Je n'y arrivais pas, au début. J'ai appris grâce à toi, en fait. En commençant par projeter mon esprit dans quelques animaux, pour finalement apprendre à le rendre indépendant de tout réceptacle. Tu vois ? Défi rempli, ma Salamandre. Je l'ai développée, cette petite facette signature du don que tu m'as fait. Je t'avais bien dit que tu n'étais pas la seule à être de ceux qui aiment le défi.

Que j'étais de ceux qui sont têtus. Persévérant. Ces doigts difficilement séparés, j'ai bien l'intention de les enserrer une fois de plus. .

Alors quand je l'ai senti... Oh oui, oui. Je l'ai senti, ce Cosmos. Différent. Je ne saurais pas trop dire en quoi, mais il est là. Reconnaissable. A qui irais-je faire croire avoir pu l'oublier ne serait-ce qu'une seconde... Alors tu ne m'auras finalement pas volé jusqu'à ce dernier espoir, monde d'espérances brisées. Trop aimable. Ou peut-être plutôt est-ce toi qui a su te défendre face aux assauts, Ariane. Sûrement. Sinon je n'aurais pas perdu ta trace. Puis ça te ressemble bien. Je ne la vois pas domptée si facilement par quelques fatalités quelconques, la femme que j'ai rencontré cette nuit.

Mais je la vois bel et bien, de retour. Ou tout du moins je la ressens. Mais ça ne suffit pas.

***

Petite ombre discrète doucement profilée à la faveur des rayons d'un soleil mourant. Crépuscule dangereusement proche, et bientôt, des étoiles iront soutirer le ciel à cette grande boule lumineuse. Mais elle n'a pas besoin de cette obscurité pour passer inaperçue, la petite Salamandre. Braise parmi les étincelles, avec seul cet éclat particulier dans le regard pour la trahir. Ca, et le Cosmos qui en émane, pour ceux qui y sont seulement sensible. Et ça s'approche. Ca semble reconnaître le village, à en juger par le trait de compréhension qui passe dans les billes couleur abysse du petit amphibien. Alors ca glisse sur ce sol enneigé, peut-être légèrement mal-à-l'aise de ce climat glacial, celui-là où ses semblables iraient habituellement hiberner. Mais cette petite Salamandre est différente. Braise assez brûlante pour ignorer le froid, en une certaine mesure.

Brûlante d'un intérêt certain pour ce qui se dessine plus loin à ses sens aux aguets. Ca profite du passage d'un client avide de quatre murs pour couper le vent et quelques verres pour réchauffer sa gorge et suit son mouvement pour rentrer dans l'établissement. De là, un museau redressé pour chercher un peu partout. Chercher, chercher... Et s'illuminer d'un éclat bien humain, lorsqu'elle tombe dessus. Un pas en avant. Puis une ombre pour dominer le sol tout autour de la petite bête. Échange de regard entre un client yeux ronds et nez enrhumé, puis la Salamandre prise sur le fait.

« Mais qu'est-ce que c'est que ce... »

Une main approchée. Malheureux geste. Malheureuse main. Un cri de douleur perce au-dessus du brouaha de conversation, tandis qu'un petit corps vole dans les airs jusqu'à atterrir sur une table un peu plus loin. Sur le dos. Quelques secondes de lutte pour se retourner, et la Braise se remet sur ses pattes, puis tourne son museau vers la personne assise ici. Deux billes noires qui affichent une surprise propre à celle d'un homme, lorsqu'elles croisent ces yeux hétérochromes. Un homme bien connu de celle qui avait jadis les prunelles turquoises. Mais c'est bien elle. Alors la surprise est bien vite remplacée par une espèce d'heureuse euphorie contenue. Victoire d'un espoir trop longtemps malmené par le pessimisme et les différentes preuves d'un sort funeste pour l'Altlante. Mais elle est là, bien vivante, bien entière. Ariane...

Et lorsque quelques pas précédés de grognements mécontents et reniflements d'un nez malade finissent par s'approcher de la table, la Salamandre va vite cacher sa petite trogne jusque sous le tissu de la dame assise ici, dans sa manche, en une ultime espièglerie de l'esprit qui règne dans l'animal.

Espièglerie d'un coup retrouvée, là où elle s'était faite fade et affaiblie au fil du temps. Silencieux cri de joie.

Citation :
Rêve 1, corps physique dans la cabaneuh dans les bois.
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Sam 7 Jan - 2:41
Assise dans la Taverne, bien loin des énigmes et des enjeux qui taraudaient dans les esprits des guerriers de ces terres, la jeune femme continuait à attendre avec patience, dans cet endroit où quelques habitués commençaient à inviter les moins enjoués à leur danse. La vie reprenait son cours, ignorait les alentours. Soupirant avec légèreté, son regard avait fureté en la direction de cet homme qui l'avait accosté quelques temps plus tôt. Un homme au dos révélé. Un homme qui s'accroupit également, pour finalement devenir un homme qui hurle.

Hoquetant, la jeune femme avait surpris un petit familier pas moins inconnu se dérober sur sa table, tombant mollement sur le dos. De toutes ses forces, cette dernière se dressa sur ses quatre petites pattes, penaude, avant de venir se faufiler dans sa manche en guise de cachette. Curieux souvenir d'un passé pas si lointain...Et Ariane n'avait pas manqué ce regard, ni même les yeux curieux de cette bête: Ils étaient ceux d'une promesse et d'un partage qui n'étaient certainement pas passés aux oubliettes. Une promesse remplie de nostalgie, mais également de tristesse, quant à la perte de ces compagnons qu'elle avait crée jadis de son rang de Capitaine, puis celui de Général des mers. Messagère, Salamandre Cramoisie. A défaut d'avoir partiellement incarné le mythe de ces dévoreuses d'hommes, Ariane avait préféré sa version bestiale. Et la Teigne avait parfaitement remplit ce rôle-ci. La salamandre trop rouge. La Salamandre du Souvenir.

Un sourire était venu s'emparer du coin de ses lèvres. Etait-ce ceci qu'il voulait lui rappeler, pour la remettre d'aplomb? Oh, la Renégate savait que le Cardinal de la Guerre n'aurait su deviner son étrange manque d'humeur, et ces quelques pulsions qui faisaient d'elle une femme qu'elle ne connaissait plus depuis un certains temps.

Oh, il ne pouvait pas savoir.


Perplexe, ses doigts étaient venus soutenir sa manche pour s'assurer d'un bon espace entre le tissu, sa peau, et celle de la bête. Et même en étant déconcentrée par ces quelques pensées fugaces, le cosmos qui émanait de la petite Urodèle s'était révélé. Ariane le reconnut immédiatement.

C'était celui de Zvezdan. Pantoise, elle resta ainsi quelques instants avant que la Tribut d'un temps ne prenne la parole sous quelques mots soufflés tout bas, à la fois rassurée et faussement blessée. Du bout de l'ongle, elle taquina la petite forme de l'amphibien.

"Je viens dans la taverne, et toi, tu m'envoies une Salamandre? Pour me dire également que tu as trouvé l'équivalent de mon fil? hm. Je m'en offusquerai presque, si ça n'avait pas été pour tout ce temps...Tu m'as manqué Zvezdan. Beaucoup."

Ariane n'eut pas le temps d'y penser davantage que cet homme au nez enrhumé s'était dirigé de nouveau vers sa table, cherchant visiblement quelque chose du regard. Sa cible. Des orbes hétérochromes rencontrèrent ceux-là une dernière fois, et la jeune Syagrii ne s'était pas privée pour déceler en eux la plus petite révélation. Sans doute voulait-il écraser une Vermine. Une Vermine qui gigotait encore un peu d'impatience. Oh, elle aussi. Mais pas suffisamment pour renvoyer cet homme à son attirail en une expression fort significative. Et son voeu fut exaucé, par un faux chasseur qui avait décidé de baisser les bras.

Tant mieux, en un sens. Prenant la sacoche d'une main ferme, dans laquelle se tenait l'étrange oeuf et un léger ouvrage, la jeune femme s'était levée, s'était frayée un chemin avec souplesse, puis avait quitté la taverne. Le froid l'avait alors accueilli, mais c'était un temps qu'elle savait déjà ignoré de la jeune bête. La petite Braise, lié au Cardinal, avait certainement un lien entre lui et le Vandale qu'elle avait bien espéré retrouver. De tout son coeur, mêlé à une pointe de précipitation. Pour preuve, celle-ci se perdait dans les hypothèses d'une simple question:

Mais où était-il?

Pas ici. Peut-être même pas dans la ville. Où? Pas si loin que cela, au-delà de la petite salamandre, il lui semblait détenir une piste...Ou non d'ailleurs. Pestant silencieusement, toute emmitouflée dans sa cape,, la salamandre la regarda intensément, l'incita à prendre les devants tout en utilisant ce qui était sous sa main. Quelque part, le Cardinal était là sans être là, et comme un aveugle dans la neige, Ariane devrait se fier au sens de la petite Urodèle noire.

"Tu me guides, c'est cela?"


Certainement. Alors la jeune femme l'avait déposé au sol, tout en veillant à s'éloigner de la Taverne où elle ne trouverait pas le Berzerker. Dans la neige, comme pour lui donne une réponse, la petite bête avait pris son chemin. Elle l'incitait à s'avancer, elle aussi, à l'orée d'une petite forêt jusqu'au chemin sinueux de ce dédale de végétation.

Devait-elle craindre réellement ce genre de labyrinthe? Ariane en doutait fortement. Pas avec la bête de noire vêtue de jaune tachetée. Et le chemin n'avait pas été si long. Plus elle avait avancé, mieux l'Eveillée l'avait senti. En une sorte de méditation, en quelque sorte. Au bout de quelques minutes, finalement, les voilà arrivées, urodèle en avance et elle, ici, pour fermer le pas..

Avec délicatesse, Ariane s'était accroupie et invita habilement la bête à rejoindre son bras, afin de l'épargner de la froideur d'une poudreuse qui cédait sous leur pas. Et puis, elle scruta les alentours, pour ne découvrir qu'une forêt à peine feuillue, à l'écorce plus noire que marron, et la cabane en bois d'un matériel honorable et chaleureux.

Devant elle, se dressait une cabane en bois, d'où émanait un cosmos plus que connu, celui d'un amant plutôt aimant. A pas rapide, la brune se rapprochait dangereusement mais timidement de la cabane, pressée à l'idée d'une rencontre, mais méfiante dans ses engagements. Sa voix perça pourtant le silence rarement saccadé par le hululement d'un Grand Duc.

"Zvezdan?"




Dernière édition par Ariane le Lun 20 Fév - 2:16, édité 1 fois
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Sam 7 Jan - 20:34
On la cajole, la petite bête, à s'assurer de ne pas l'étouffer. La petite bête habité par cet esprit qui pourrait bien afficher le plus grand des sourires sur son visage s'il n'était pas allongé dans ce lit, quelques bois plus loin, inconscient, pris dans le confort d'un lit pourtant encore moins attirant que le confort trouvé dans cette manche. Confort d'un contact perdu, trop longtemps. Alors la Salamandre s'y accroche, à cet avant-bras connu. Une caresse du bout de l'ongle vient flatter la forme dissimulée sous la manche, et des mots, des mots à faire rougir un amphibien, pour peu que ce soit possible. Des mots partagés. Toi aussi tu m'as manqué...

Nostalgie, oui. Nostalgie d'un cœur rassuré, celui de bel et bien entendre cette voix, de sentir cette peau, ce cœur qui bat. Vivante. Saine et sauve. Un soulagement sans pareil, pour celui dont les signes de mauvais augure n'ont cessé de se présenter. Oh, c'aurait sûrement été le coup de grâce sur les derniers vestiges de maîtrise d'un Cardinal déjà trop peu stable, une telle nouvelle. Celle d'une Ariane a qui il serait arrivé malheur. Cela fait longtemps qu'il ne s'est pas permis le luxe de l'espoir, ce Vandale. S'il avait dû souffrir de la peut-être seule fois depuis bien longtemps où il se l'est accordé... Mais non. Non. Ca a beau être via le biais de cette petite forme animale cachée dans une manche, il sent le frôlement de cette peau, sa chaleur à la fois familière et tristement perdue de vue. Pour sûr qu'il retrouvera le sourire, ce Cardinal. Au moins un temps.

Comme maintenant, où l'hilarité ne peut que s'inviter à l'esprit de ce jeune Vandale piégé dans une manche, qui entends l'autre mordu s'approcher. S'approcher, puis vite repartir, penaud. Sans doute est-ce mieux pour lui. Sans doute cet amphibien gigotant dans la manche est-il pris d'une certaine impatience, aussi. Il s'explique de la sorte, ce museau sorti pour poser deux billes noires vers plus haut, trouver les yeux particuliers de celle que le Cardinal connait encore comme Générale des Lyumnades, pour le moment. Même s'il doute déjà. Oui, cette légère différence dans le Cosmos... Ce n'est pas anodin, loin de là. Des questions, nombreuses, pressantes, celles qu'il aimerait lui poser dés maintenant. Des bras qu'il aimerait refermer autour d'elle sans plus attendre. Mais il doit attendre. Il doit guider, patienter, montrer le chemin. Architecte de sa propre frustration, à s'être incarné dans Braise plutôt que de se déplacer. Mais non, cette taverne si elle est connue ne convient pas au spectacle de leurs retrouvailles. Pas avec ces questions qui torturent, ce cœur qui bat l'appréhension autant que l'amour. Douloureuse dualité, à la fois amère et délicieuse. Des retrouvailles attendues, mais pleines de leurs questions dont il redoute les réponses.

Du doute mêlée à de l'impatience, alors ces questions seront tout de même posées. Ces pas dans la neige effectuées par les quatre patte de Braise seront engouffrés avec hâte, sans jamais perdre l'Atlante de vue. Oui, je te guide, Ariane. Que ton chemin ne se perde pas au milieu de ce blanc glacial. Parce que je manque de la patience à t'accorder quelques minutes de balade supplémentaire. Alors j'avance, vite, furète pas les chemins les plus raccourcis, pour vite t'avoir en face de moi. J'ai attendu des mois durant, et pourtant, là maintenant, la moindre seconde perdue attaque ma maigre patience. Et à force de gratter dessus, ce ne sera pas de la colère qui sera dévoilée, mais une inquiétude mortifère, enfin soulagée. Alors pressons, Ariane.

Pressons, pense-il, alors que leurs pas finissent ultimement par les mener à portée de cette cabane isolée. Celle-la même qui jure avec le lugubre de ces bois, d'un matériau plus vivant, moins comme celui de ces arbres morts d'un hiver bientôt à son plus froid. Une Braise qui se retourne, offre à l'atlante un regard propre à l'impatiente malice du Vandale. Et l'instant d'après, plus rien. Une Braise redevenue Braise, elle et elle seule, tandis qu'aura été perceptible ce Cosmos qui quitte un corps pour en rejoindre un autre, à l'intérieur de cette cabane quelques pas plus loin.

Et lorsque le nom de celui qui s'éveille est clamé par cette voix connue, c'est Braise encore une fois qui y répond, par cette avancée contre la porte de l'habitat, révélée entrouverte par le biais de la petite ombre qui y passe, pour se retourner une fois de plus et fixer Ariane. Un regard qui invite, et une progression à l'intérieur.

À l'intérieur, ces braseros qui protègent du froid hivernal. Une chaleur ambiante qui jure avec la glace du dehors. Quelques tapisseries et peaux de bête, entreposées dans un coin,apparemment travaillées. Une large table de bois, au milieu de la pièce principale, et plus loin, deux divans avec à côté un petit récipient plein de fruits en genre. Ici et là pour qui en est averti, des éléments de décoration propres à la culture Vandale, et de façon plus générale, un intérieur bien plus confortable que ne le laisserai penser le lieu. Qui s'attendrait à une simple cabane de chasseur y trouverait là celle d'un prédateur avec des goûts et moyens sûrement inattendus.

Un prédateur qui n'est à vrai dire plus très loin.

***

Des pas silencieux, pour arriver. Et je la vois, de dos, en train de refermer la porte derrière soi pour empêcher le vent de s'engouffrer ici. Et... Et la patience me fait défaut. Alors je m'y colle sans plus attendre, à ce dos, vais enrouler mes bras autour des siens, les rabattre sur son ventre, à cette femme qui a fait battre cet organe dans ma poitrine nombre de rythmes bien différents au fur et à mesure des sombres augures. Mais c'est fini. Plus de peur pour faire battre ce cœur. Non, au lieu de ça, une exultation furtive, perceptible que de celle-là contre qui je suis. Perceptible par cette répétition saccadée, ce souffle nerveux dans sa nuque. Ces mains qui se resserrent sur les siennes, pour retrouver un contact qui m'a terriblement manqué. Pour ça, oui. Et aussi pour qu'un message passe, par ces mains qui s'improvisent liens des sentiments : « je ne veux pas te perdre ».

- Tu m'as manqué aussi, Ariane.

Une réponse à donner de vive-voix, pour cette déclaration dans la taverne. Une réponse qui mérite à être approfondie. Parce que oui, tu n'as pas fait que me manquer, Ariane.

- Tu m'as fait peur, par-dessus tout...

Et j'y perd un peu plus mon nez, dans ces cheveux noirs. Assez pour déceler une odeur.Entêtante, agréable, mais... Différente. C'en fait des différences. J'espère que certaines choses n'ont quant à elle pas changées.

- Laisse-moi te voir.

Un murmure, presque réservé, et je desserre lentement cette emprise autour d'elle, que les visages puissent se faire face. Pour pouvoir les voir de moi-même, ces yeux vairons. M'y noyer, comme je me suis noyé dans le turquoise, auparavant. Un regard pas moins agréable à soutenir, mais une sensation différente. Sûrement qu'elle aurait pu être dérangeante, pour certains. Pas moi. Curieusement, me perdre dans un œil couleur océan et un autre couleur sang n'est pas pour me déplaire. Oui, ça a quelque chose d'attirant, pour quelqu'un qui a su baigner dans les deux avec plaisir, par le passé. Plaisir coupable, mais présent.

Une main en quitte une autre, pour longer un bras, dessiner une épaule, fureter sur un cou et finalement aller caresser une joue. C'est passé jusque derrière ses cheveux, pour mieux pouvoir admirer ces traits. Se les remémorer. Peur d'oublier, Zvezdan? Peut-être... Mais non, ça n'arrivera pas. Et on est là, tous les deux, toi presque dos à cette porte, moi qui n'ai pas su patienter quatre petites secondes de plus le temps que tu puisses te retourner. Abruti. Mais j'aime être bête, quand c'est pour ça. Pour toi.

Et j'ai envie de la réitérer, cette bêtise d'une nuit heureuse d'il y a quelques mois. Espièglerie d'un esprit coquin, pulsion d'un cœur qui criait son envie de prendre tes lèvres. Le même cri, là maintenant. Celui qui vient centrer mon regard sur ta bouche. Qui fait glisser ma main jusque vers ta nuque, dans toute la tendresse que j'ai déjà su te montrer. Bien loin de ce que je donne à voir au Dédale ces derniers temps. Un rapprochement, un contact. Une douce chaleur qui commence à monter.

Pour aussitôt retomber.

Tu recules. Et ce mouvement, il jette un froid. Du genre de ceux que ni les braseros dans mon dos ni rien d'autre ne saurait combattre. Et je la sent, oui. Oooooh oui. Traîtresse, insidieuse, à remonter comme une bile noirâtre le long de ma gorge. Une colère furtive, mais perceptible. Une mâchoire qui se serre brusquement tandis que je vois cette distance se créer entre nous. Un regard qui ne perd rien en intensité, mais qui troque le bienheureux soulagement qui y brillait par quelque chose de moins sain. Abysse de fureur, dans ces yeux sans fond. Contenue, parce que je vois quelque chose dans les tiens qui y fait barrage. Cet air désolé. Ces traits sur ton visage... Oui. Cette douche froide a au moins le mérite de me laisser voir ce que l'euphorie cachait à mes sens. Ces traits de fatigue, cet air enfantin que j'ai du mal à te retrouver. Une fureur qui mue en un retour de ce sentiment désagréable. Anxiété, inquiétude lancinante. Celle qui fait s'adoucir les traits de ce visage devant toi, ce visage pourtant un peu moins jovial qu'à l'accoutumée. Un sourire jaune, suivi d'un rire ironique. Pour mieux ravaler les restes du goût âcre encore en bouche de ce baiser refusé.

- J'ai comme l'impression que nous n'allons pas manquer de conversation quant aux événements de ces cinq derniers mois...

Un dos tourné, quelques pas, avec à droite les deux divans, à gauche, la table boisée.

- T'as faim ?

Passer d’inquiétude, à euphorie, puis impatience, puis excitation, puis rage, puis de nouveau inquiétude. Mais au milieu de tout ça, ne surtout pas oublier de penser à son estomac. Certaines choses doivent bien ne pas changer, non ?

- J'ai eu peur de te retrouver, à Jamir. Oh, je voulais te revoir, mais pas là-bas. Pas comme ça...

Pas alors que j'étais là, à faucher parmi les corps, extatique, baigné de rouge. Pas sur ce lieu où le Dieux auraient voulu nous forcer à combattre l'un contre l'autre.
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Dim 8 Jan - 3:15
A la froideur d'un ciel hivernal, vint se succéder la chaleur ardente d'une cabane invitante. Celle de braseros également, venus accompagner les deux jeunes personnes dans leur réunion, ce qui, avec empressement, eut tôt fait d’être rendus. Un soulagement s’était emparé de sa raison, tout comme elle avait soupiré ses dernières craintes à sa vue.

Envolée, ces faiblesses camouflées. Relevant le col de sa cape tout contre son cou, expirant les dernières bouffées d’air trop fraîches de l’hiver, la jeune femme était presque prête à sauter au cou du Cardinal. Toutefois, elle avait gardé un calme surprenant, à maintenir la cadence de ses pas, à refermer derrière elle une simple porte.

Et la jeune femme n'eut pas à accepter l'invitation plus longtemps, ni même à s’enfoncer dans cette cabane plus attirante, pour profiter de la convivialité d'un foyer et d’une personne qui lui réchauffait le coeur. Pour sentir des mains envelopper ses frêles épaules avec délectation, afin de la surprendre à abaisser ses paupières pour mieux se concentrer sur ses autres sens. Et elle en avait profité, de cette étreinte. Celle qui faisait d’elle une femme comblée pendant quelques brèves minutes, par une passion qu’elle n’eut plus connu depuis plusieurs mois.

Ne serait-ce également qu’une amitié, ou un simple amour accordé. Comme un électrochoc, la jeune femme se laissa porter par ses bras, laissa libre accès à sa nuque pour mieux profiter de cette proximité qu’elle eut tant chéri dans ses rêves. Si elle tenait encore équilibre, c’était peut-être bien parce que ses appuis n’étaient maintenus que par lui, qu’elle avait eu peur de ne plus jamais revoir. Ou qu’il la renie.

A sa demande, la Renégate s'était retournée sur le talon de son pied gauche, d'un geste presque dansant. Et tout dans les abysses de ces orbes noires lui était apparut. Oh, cette crainte avait été partagée, et les yeux toujours plongés dans ceux de son amant, un sourire s’esquissa sur ses lèvres; illumina un visage anxieux. Bien sûr, qu’elle avait relevé son regard en sa direction, abrutie par une joie nouvellement retrouvée. Ses doigts étaient venus caressés habilement, délicatement cette joue mâte, avant de reposer sa tête tout contre son torse. Bercée par le son de son cœur, elle avait fini par avouer elle-même ce qu’elle avait eu en tête.

« J’avais eu peur que tu m’oublies, de mon côté, lorsque je les ai perdues...Mes salamandres…»

Réflexion à peine murmurée, que la réalité lui revient à la surface. Perdues…Perdue, elle aussi oui. Alors à contrecœur, Ariane s’était souvenue. Que le Cardinal n’observait plus deux yeux turquoises, qu’il ne percevait plus un cosmos marin alors qu’il enfouissait son nez dans ses cheveux. Tout simplement, parce qu’aujourd’hui, en face de lui, la petite Dame Salamandre n’avait rien de la Générale des Lyumnades qu’il eut observé cinq mois plus tôt.

Et cela faisait toute la différence. Ce qu’il respirait n’avait rien d’anodin. C’était le Parfum par lequel la jeune femme se spécialiserait plus tard, contre ses futurs adversaires. Ou pas, qui pouvait bien savoir ce que le Destin réservait à tout à chacun ? Alors, pris d’une certaine panique, elle avait dégagé la forme du Cardinal, fit quelques pas de recul. Le regard que lui avait lancé la Guerre l’assomma pourtant quelques instants. Elle n’aimait pas cette haine soudaine, celle qu’elle n’avait jamais véritablement reçue de lui. Ca lui faisait rappeler qu’à l’image d’un miroir, son cœur pouvait ressentir la même chose à cette simple vue.

Rancunière petite dame serpente…

« Tu peux me faire ce regard-ci autant que tu veux, je ne le fais pas nécessairement par plaisir...Je n’ai juste pas le choix... »

L’explication serait longue. Très longue. Et c’était fatiguant de recevoir un regard, à l’aveu d’une vérité toute récente. Oui, un regard de pitié, d’incompréhension, peut-être même de dégoût. A bien y repenser, plus les mois s’écoulaient, et plus elle avait l’impression que ce jeu auquel elle se prêtait n’en valait plus la peine. Alors, elle avait refermé son emprise sur le sac qu’elle trimballait depuis peu, dans lequel résidait le nouvel objet de ses recherches. Avec cette contrainte, elle ne comptait pas remplacer Teigne mais au moins avoir une compagnie décente. Quelque chose lui inspirait qu’elle en aurait bien besoin dans les mois futurs.

Tout comme lui, se détacher et se priver de son contact était une chose absurde à ses yeux. Une nécessité toutefois. Un bref soupir s’était échappé de ses lèvres avant qu’elle ne s’exprime finalement sur sa situation.

« Bien sûr que j’en ai envie, Zvezdan. Mais je n’ai pas le choix… » Ce ne fut qu’un souffle désolé. Et tout en tentant de peser ses mots, ses pour et ses contre, la suite fut pourtant maladroite en révélation. « Veille juste à ne pas m’embrasser. Je ne suis pas…Je suis…Mon sang est mon arme désormais. Je ne veux pas te faire de mal, comme aux autres…»

Comme ce Berzerker de la Mort, qui l’avait à peine éraflé, lui avait promis de montrer sa manière de penser. Quel gâchis. Comme ce marchand, qui avait décidé de punir une voleuse. Qui avait payé cette justice de sa vie, sans que la jeune femme n’ait son mot à dire. La mort, ce n’était pas son intention pour l’heure. Les traits désormais adoucis du Cardinal montrent sa compréhension, mais la jeune femme se sentait coupable de ne pas lui accorder ce dont il avait peut-être besoin.

- J'ai comme l'impression que nous n'allons pas manquer de conversation quant aux événements de ces cinq derniers mois..

Maigrement, elle hocha de la tête. Zvezdan avait raison. Il y avait tant à se dire et à conter en péripétie. Et si peu de démonstrations possibles désormais, pour l’ancienne comédienne.

« Oui…Tu as dû vivre certaines choses, toi aussi…En cinq mois. Je te sens tendu. Si c'est pour mon refus, sache que ce n'est pas de ta faute...C'est juste...Moi. »

Ariane restait invasive à son sujet. Parce qu’aujourd’hui, elle n’était plus l’égale du Cardinal, ce qui avait fasciné le Vandale à leur rencontre. Et de cela, elle en gardait pour l’instant son timide secret. Entre le repas qu’il lui accorderait probablement et l’aveu d’une personne qu’elle n’était plus, Ariane avait sa nette préférence.

« Je n’ai pas mangé depuis un bon moment à ma convenance. De quoi me ressourcer un peu et me nourrir ne serait pas de trop… » Et tandis qu’il s’était apprêté à faire les premiers pas dans son habitation, Ariane vint se placer derrière lui, prit ses épaules et le conduisit vers l’une des chaises boisées, un peu plus souriante. « Ne te préoccupe pas de ça. Je vais chercher le tout. Détends-toi en attendant. »

Ariane ne connaissait pas les lieux. Mais elle trouverait de quoi organiser ce repas et combler les risques. Et déjà elle s’était absentée dans une pièce à l’arrière, d’où elle en ressortit quelques instants plus tard avec quelques morceaux de viandes séchées placée dans un récipient en argile, d’où quelques détails dessinés au pochoir venaient s’insérer en guise de scène sur sa surface polie.

"Je n'ai pas participé à la guerre. Je ne savais même pas qu'elle s'était déroulée avant qu’on ne vienne m’en informer. Soit, un mois plus tard…Mais tu ne risquais pas de m'y rencontrer, non." Un rire cristallin s’échappa soudainement de ses lèvres. "Tu aurais eu tôt fait de m'y retrouver sinon. Je doute être réellement invisible.»

Relevant son regard en sa direction, la jeune femme observait le jeune homme

« Mais alors…Ca y est ? Les Berzerkers sont opposés aux Marinas ? »

Aux Marinas. Jamais Ariane n’eut pensé en parler ainsi de ses anciens pairs. De son ancienne faction. De ce qui l’avait auparavant forgé depuis ses débuts. Désormais, elle en décelait les changements. Et dans tout cela, dans ses mots, l’ancienne Urodèle venait de se rendre compte, en un éclair de lucidité, qu’elle venait de se trahir. Un instant d’hésitation vint filer le silence dans son œuvre, pour qu’à la toute fin de sa réflexion, la vérité peine à éclater.

Assise en face du Cardinal, sa main attrapa la cruche et vint remplir le récipient du Cardinal de la Guerre, puis le sien. La gorge sèche et nouée, Ariane réussit finalement à prononcer quelques mots.

« Je suis contente de te revoir. Après tout ça…Tous ces risques pris…J’ai cru ne jamais réussir à m’en sortir, d’une façon. Quelque part, j’en viens à penser que la prison dorée était probablement moins dangereuse que le reste. » Le ton fut presque ironique. Trempant ses lèvres dans son verre, elle grommela quelques mots sous son souffle, avec plus de retenue. « Moins décevante, aussi…»

Nul étonnement. Le réveil de Poséidon avait été annoncé, et lorsqu’elle avait pensé que cela aurait eu un effet positif sur sa vie, sur cet entraînement d’enfance et ces sacrifices consentis.

Pour rien. Quel genre d’histoire devait-elle conté, alors ? Peu de choses. Rien. La simple idée d’y réfléchir un instant de plus l’énervait, autant envers elle-même qu’envers les paroles entretenues avec Arellys, sa consœur. La jeune femme n’avait pas vu son visage s’assombrir et tout à la fois, reporter son regard sur le visage du Cardinal. Quel début devait-elle aborder ?

« Je ne sais pas par où commencer en toute honnêteté… »

Il était zéro fois ? Ce serait une idée. Ce serait son conte défait désormais.

« J’oublie toujours qu’il manque Teigne désormais… » Perte d’objectif. Perte d’identité. Perte d’un élément précieux également, celui qui avait laissé ses traces indélébiles dans son cœur et son regard. Dans tout cela, Ariane en avait oublié de manger machinalement ces quelques pièces de viande séchée, préférant boire plus allègrement une ou deux gorgées. Oui, l’aveu était déjà là. Et c’était déjà un bon début, d’après elle. Un début pour annoncer ce qu’elle était désormais : libre certes. Mais à quel prix ? « Enfin, ce n’est pas grave. Je suis persuadée que tu as vécu de ton côté beaucoup de choses également. Jamir...Ce n'est pas la première fois que j'en entends parler. Que...Que s'est-il passé, réellement?»

Voilà qu'entrait enfin en jeu l'avis d'un Berzerker. Et Ariane était prête à l’écouter, avec bien plus d’intérêt que de se voir elle-même de nouveau en face de ses propres soucis. Car finalement, elle avait baissé les bras sur les aveux pour aujourd’hui. D’une, parce qu’elle ne s’en sentait pas la force, et ne souhaitait pas commencer ses retrouvailles ainsi, de deux, parce que le Cardinal avait probablement plus intéressant à raconter. Des événements plus stables, ou plus épiques à lui partager. Alors Ariane changea également de sujets, passant d’une pseudo-mélancolie camouflée à cet étonnement un peu plus forcé, mais non pas moins véridique.

Son regard se tourna en la direction de la petite salamandre qui trottait à même le sol. Et elle repensa aux événements précédents : à la manipulation de la bête, à ce cosmos qui en avait pris possession pour filer dans les airs rejoindre une enveloppe plus concrète. A bien y réfléchir, la démonstration avait été prometteuse, pour ce jeune homme qui se rendait aussi discret qu'efficace.

« Tu t’es améliorée avec Braise. Ca…Me surprend. Et pas qu’un peu ! Bravo, je pense que tu m’as surpassé, très honnêtement… »

Doucement, elle avait proféré ces mots en ne quittant pas des yeux le Vandale, détaillant son visage, ses lèvres également. Et elle préférait en sourire actuellement.


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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Dim 8 Jan - 22:28
J'ai beau le dire comme ça de ma petite voix douce, c'est pas des mots qui sauront exprimer à quel point elle m'a taraudée, cette absence. Séparation regrettée jusqu'au bout, même après le rappel de souvenirs difficiles. Même après cette maladresse, je n'ai pas voulue le quitter, ce petit bout de femme. Et je m'en rappelle, oui. A rentrer benêt au Dédale, partagé entre le sourire indescriptible d'un sentiment éveillé, d'une rencontre heureuse, puis le regret à peine perceptible dans ces yeux qui masquent leur lueur nostalgique, tant bien que mal. Nostalgie amère, parce que ce souvenir d'une nuit n'était que ça : un souvenir. Frustration. Déception d'un homme qui aurait aimé pouvoir conjuguer ce bonheur au présent. Utopique le Cardinal, hein ? Rêveur. Oui... Oui, rêveur. Vu comme ces songes ont hantés mon sommeil, rêveur me paraît être le mot exact.

Songes de contacts renoués. Comme celui de ce torse contre son dos. Oh, si tu savais la guimauve sentimentale que je me suis découverte au fin-fond du cœur, Ariane. Une grande guimauve affublée de son aussi grande et même plus lourde armure, pour protéger du reste. Mais elle est lourde, cette saloperie d'armure. Celle que je n'arrive qu'à ôter sans même m'en rendre réellement compte, avec toi. Paraîtrait qu'on est plus vulnérable, sans armure. Mais ce poids en moins sur les épaules, putain que ça fait du bien. Alors finie, la carapace de sévérité, le masque de rigueur. La cire d'un faux visage austère fond au contact de ta peau, pour mieux dévoiler le sourire plus franc d'un homme a qui l'on a restitué sa raison de l'afficher, ce sourire franc. Tseh, écoute-moi. Guimauve, je te dis. Mais ça fait foutrement du bien, d'être une guimauve, au fond.

Alors ce nez dans tes cheveux, puis ta nuque. Ces mains qui enserrent, ces bras qui entourent. Ce regard, aussi, quand tu te retournes. Oui, j'ai eu peur Ariane. Mais voir ce sourire d'un coup, tu vois, j'dois bien dire que ça rassure. Énormément. Sentir cette main sur ma joue, aussi. Et cette fois-ci, si je devais m'amuser à me pincer pour vérifier, non, ça ne serait pas un rêve. Tu es là. Là, contre mon torse. Et ça bat un peu plus fort là-dedans, à réaliser la chose. C'est pas un rêve, cette fois. C'est... Réel. Je t'entends parler de Salamandres perdues, d'oubli. Maigre rictus, mi-amère mi-amusé.

- Est-ce que ce regard te frappe comme celui d'un homme ayant l'intention d'oublier quoique ce soit ?

L'exact même ton que lorsqu'elle avait exprimé ses doutes, après que l'on ai consommé une nuit tous les deux. Non, ils ont peut-être changés un peu, ces yeux. Un noir plus cynique, une fureur encore un peu plus grande de sous-jacente derrière cet air jovial. Oui, peut-être est-il un poil différent. Mais il reste immuable en certaines autres choses. Et ce regard n'est toujours pas devenu celui d'un homme prêt de t'oublier. Sûrement ne le deviendra-t-il jamais. Ces bras, eux aussi, n'ont pas changés. Ce sont toujours ces bras avides, presque possessifs. Protecteurs, j'aime à penser. Des mains sur tes hanches, dix doigts qui crient chacun ce « reste avec moi » qu'ils avaient déjà crié auparavant. Un nez toujours perdu dans cette chevelure couleur Ténèbres, à renifler cette nouvelle senteur sans pour autant perdre l'essence qui fait de toi ce que tu es. Malgré tout, un parfum s'est invité dans la valse olfactive. Mystérieux parfum. Tentateur, agréable, capiteuse odeur, de celles qui vont aisément faire leur chemin jusqu'aux narines, les flatter subtilement. Alors ces yeux restent fermés, à apprécier quelques instants. Avant que j'aille m'avancer pour ce baiser. Ca pour finalement non pas croiser tes lèvres mais tes pas fuyants, dessinés vers l'arrière.

Et oui, sur l'instant, elle est vite montée, cette lueur furieuse dans le regard. Fureur d'incompréhension. Colère peinée. Un pincement au cœur, et l'arrivée à une peur bien simple, ridicule mais si douloureuse : Est-ce que des choses ont changées ici aussi en cinq mois, Ariane? « ici aussi ». A cette pensée, un cœur qui palpite l'appréhension. Oui, ici. Précisément.

Regard de rage, puis finalement d'inquiétude. De culpabilité, aussi. Non, gros con, non, rien de tout ça... ça doit être autre chose.. Mais quoi? Qu'est-ce qui irait expliquer cette réaction, d'un coup ? Pas par plaisir ? Pas le choix ? Qu'est-ce que tu me racontes là... Tu me perds, je crois. Tseh. Oui, tu me perds et je ne n'aime pas ça. Crois bien qu'il est plus que pressé de savoir ce qui pourrait bien l'empêcher d'embrasser ces lèvres, ce Cardinal. Malgré ça, une main approchée de ton visage, puis finalement replacée le long du corps. Puisque apparemment il ne faut pas. Mais c'est là, dans mon regard. Terreur coupable.

- … Pas le choix... ?

Foutaises. Qu'est-ce qui peut bien t'empêcher d'un simple baiser ? Oh, crois-moi, ce n'est pas là le caprice d'un jeune queutard en manque de sensations. Bien loin de là. Mais quoi, t'es en train de me dire que... « quelque chose », te contraint à refuser de si simples contacts ? Je...

Non, je n'arrive définitivement pas à le réprimer, ce grognement agacé. Agacé d'avance. Quoique tu puisses avoir à me dire, je sens que je ne vais pas aimer. L'idée d'un rejet aux premières secondes de retrouvaille m'était déjà assez désagréable, celle d'une influence autre qui te condamne à ce genre de comportement m'est encore plus insupportable. Et de ce que tu donnes à voir, tu trouves ça au moins autant absurde quoi moi. Alors pourquoi... ?

- Ton sang ?

Son sang... ? Hmm... Second grognement. C'est quoi, ces hésitations ? C'est qui, ces autres ? Oh non Ariane, crois-moi, tu ne t'en sortiras pas avec du flou et de l'évasif sur cette affaire-ci. Pas après cette douche froide. Malgré tout, tu arrives à me faire sourire, même dans toute cette irritation doucement dressée à mon esprit. Alors la main auparavant déviée finit cette fois-ci sa course jusque sur ta joue, tandis que mon sourire reprend des couleurs. Reprend ce quelque chose que j'ai pu te montrer à plusieurs reprises, dans cette taverne. Ce petit rictus intéressé, coquin et espiègle. Enfant.

- Tu sais, ce n'était pas à prendre au premier degré, cette histoire de morsure...

Oui, je vais la chercher loin, cette fameuse histoire. Mais doute-toi bien que je n'ai rien oublié de cette nuit. Pas même ces petits échanges triviaux, à parler d'aller te mordiller pour me venger de la petite Teigne. Teigne... Je sens que je ne vais pas aimer la réponse, quand je vais te demander.
Je vais avoir beaucoup à te demander. Et ce sera pareil de ton côté, j'imagine. Les interrogations d'amants défendus l'un à l'autre. Humpf... Il est discret, ce poing serré, depuis quelques secondes. Lente frustration, furtive, au moins aussi traîtresse que la colère au cœur. Mais ça se calme, peu à peu. Ca se calme au profit de desseins et espoirs plus optimistes. Un sourire reste, mais prend une teinte quelque peu différente.

- Ariane, j-... C'est pas contre toi, cette colère. C'est... C'est pleins de choses difficiles à exprimer comme ça, par les mots. C'est cinq mois. C'est long tu sais. Bien sûr que tu sais... ça n'a pas l'air beaucoup plus facile pour toi, mais... Mais j'avance. Et tu es dos à cette porte, et oui, j'en profite pleinement, je sais. Et je reviens me coller contre toi, sans craindre rien de cette arme dont tu me parles. Mais j'ai pas passé ces semaines à psychoter pour toi, pour nous, Une main dans ton cou. A rêver des retrouvailles incertaines à répétition, des lèvres qui suivent, vont vite se poser sur cette peau dévoilée, y déposer ces tendres baisers. pour ensuite laisser quoique ce soit les entacher quand elles deviennent enfin réalité. Et ça remonte dans ton cou, passe sur ton menton, pour s'approcher de ces lèvres soi-disant défendues. Fixer quelques seconde dans tes yeux, que tu puisses lire ce qu'il y a à lire dans ces perles noirâtres. Fais-moi confiance. Comme moi je t'ai fait confiance, lorsque tu m'as dit de fermer les yeux, la dernière fois. Et si aujourd'hui c'est à mon tour de faire une bêtise, fais comme moi ce jour-ci. Passe l'éponge. Alors laisse-toi aller, s'il-te-plaît, Ariane. Cet air anxieux ne nous sied guère, ni à toi ni à moi. Et elles approchent. Plus gourmandes encore à cause de ce refus d'il y a peu. Lèvres avides, passionnées. Un murmure avant de sceller l'union, une nouvelle fois. Ni à ce moment qu'on s'est promis instant de liberté.

Une liberté faite de lèvres qui emprisonnent. De doux barreaux bienveillants, ceci dit. Une cellule de bras aimants qui viennent entourer la petite silhouette féminine, la serrer doucement. Une langue qui cherche sa semblable, tendre mais quelque peu nerveuse, aussi. Geste de Passion total, sans raison ni réflexion derrière. Peu importe, Ariane. Peu importe cette arme, sa forme, les risques. Je ne suis pas si fragile que j'en ai l'air, tu sais. Alors si je dois me mettre à cracher du sang après ce baiser, ainsi soit-il. C'est un prix que je suis prêt à payer, pour ne serait-ce que quelques secondes comme ça, avec toi. Ton sang, tu dis ? Je n'ai pas l'intention de mordre, je le répète. Alors malgré cet empressement passionné, l'étreinte reste douce, le baiser garde de cette tendresse connue. Pour mieux rassurer.

Les lèvres finissent par se délier petit à petit. Les miennes ont vite fait de se fendre en un sourire satisfait.

- Je préfère ça. Pas toi ?

Encore un peu plus de largeur dans cette expression un poil enfantine,et là, finalement, le dos se tourne.

- Ne t'en fais pas pour moi. Tu te rappelles de ce que j'ai fait à la Taverne, avec le venin de Teigne ? Eh bien... Disons que je suis capable de le faire avec à peu prés tout.

Elle provient notamment d'ici, mon assurance. Je n'irais pas m'amuser à faire cet effort de façon régulière vu l'énergie que ça me demande, mais s'il le faut, je peux bien ignorer l'effet de n'importe quel venin, poison, sang magique ou que sais-je. Et sois assurée que j'irais le faire sans hésitation si c'est pour nous.

- Oooh que oui. Mais tu as déjà dû entendre parler de beaucoup de choses. Ne serait-ce que l'attaque du Sanctuaire. Tendu... Oui, en partie. Et ne t'en fais pas, j'ai passé l'âge de bouder longtemps pour un râteau.

C'est dit d'un ton léger, tout sourire. Tendu... Oui, fatalement. Cinq mois. Un Sanctuaire visité, un Pope massacré, Jamir... Oui, ça, puis d'autres choses, d'autres doutes. J'ai eu tout le loisir d'être tendu. De me perdre. Me questionner, me renfrogner... Puis finalement me rassurer. Et me voilà, à grogner, faussement agacé d'être posé sur cette chaise, à laisser la femme s'occuper de la cuisine.

- Rah, et moi qui tardait de te montrer mes talents de cuisinier...

Tseh. Ils m'avaient manqués, ces échanges légers. Terriblement manqués, oui... Si bien que je me les remémore, pendant ton absence. Cette rencontre, ce cri dans la taverne, après une morsure. Ce petit jeu de funambule, de questions-réponses. Cette poursuite. CES poursuites, pardon. La danse, les verres engloutis, l’insouciance. La viande rongée prés d'un feu bleuté. Ton corps parcouru à la faveur d'une lune pleine, par une nuit froide pour la saison. Un glacial qui n'a que peu importé, dans l'union de deux jeunes gens transpirants. Même la maladresse du lendemain, je me la remémore. J'arrive presque à en rire. Elle m'a tout de suite plu, ton insatiable curiosité. As-tu apprise les leçons de cet incident, ceci dit? Je me le demande.

Et elle revient, avec cette viande chassée il y a peu. Pour répondre au son de ses pas sur le parquet, le gargouillis d'un ventre en appétit. Et j'ai tôt fait d'entamer le plat, sans cesser de la fixer, de l'écouter. Un air surpris me passe sur les yeux dés la première phrase. Et j'y réponds, la bouche pleine, avec des mots pleins de mâchouillis.

- La grande messagère au fil d'Ariane, dernière au courant ? Tu dois me faire marcher.

Ou tu dois revenir de loin... Sûrement ça. Oui, tu ne veux pas me dire quelque chose, Ariane. Tu évites, tu tournes autour du pot. Tu parles de « les Marinas. » Mais tu me fais rire, entre temps.

- Du tout, non, surtout pas à mes yeux.

Oui, ces yeux-ci auraient vite eu fait de te remarquer, en effet. Mais ça, tu dois déjà bien t'en douter. Et à la suite, à cet aveux involontaire suivi d'un silence quelque peu gêné qui achève d'enfoncer, je prend un air vaguement ironique.

- Beeeeeen... Disons que c'était de base pas nécessairement la grosse entente, alors avec une attaque sortie de nulle part contre nos effectifs... Ouais, y a pas mal de chances pour qu'on veuille finir par leur rendre la pareille, tôt ou tard. Tseh. Y a déjà un qui est passé, il n'y a pas si longtemps que ça. En coup de vent, hein. Même pas eu le temps de le croiser...

Juste le temps d'entendre parler d'une espèce d'énigme douteuse. Tseh. A d'autres.

- Il voulait discuter, tu vois. Discuter après avoir été l'un de ceux à écorcher les notre sur Jamir. Pas de chance, il est pile tombé sur celui qui voulait lui rendre la monnaie de sa pièce pour les mandales reçues là-bas...

Et j'en ris de bon cœur, de cette malchance. Un rire qui prend fin avec la suite du discours. Des risques, des dangers, Teigne... La main à mon verre va glisser pour aller chercher ses doigts, les mêler aux miens, tandis que les pupilles d'Abysse ne tardent pas à communiquer une certaine inquiétude.

- Qu'est-ce qui t'est arrivé, Ariane... J-... Par où commencer ? Tseh. Commence par le commencement. Commence par pourquoi est-ce que « nous autres » s'est transformé en « Les Marinas ». Et plus tard, explique-moi ce qu'il en est de cette odeur curieuse. De ce fameux sang.

Quant au récit de Jamir... Hm. C'est beaucoup de choses, là aussi.

- Le Chaos? Oui, ça doit plutôt bien résumer Jamir. Un soufflement de nez léger, un regard qui songe. Mémoires d'un bain de sang. Jamir a été le centre de l'intérêt de tous les dieux, voilà tout. Et tous se sont jetés sur le fruit de leur convoitise d'un même mouvement. Nous étions installés depuis un petit moment, à faire le siège, puis.... Puis ils sont tous arrivés l'un après l'autre. Et après, ce Peuple de Mu... Ouais. Un beau bon bordel, voilà ce que ça a été.

Un beau bordel sur lequel j'irais volontiers m'épancher plus tard. Je t'avoue que ta situation me préoccupe amplement plus. Tseh. Et je le suis, ce regard jusqu'à Braise. Un grand sourire fier sur le visage, content de dévoiler le fruit d'un travail de longue haleine.

- T'as vu ? Pas mal hein ? Tseh. Par contre je sais pas trop comment prendre ta surprise à ce sujet... Fausse susceptibilité d'un Cardinal déjà bien heureux de son avancée. Surpassé, non... T'avance pas trop.

Oui, j'aimerai que ce soit toi maintenant, la messagère. Que tu me délivres le récit de toutes ces petites et subtiles différences que je te perçois. Notamment cette espèce de réserve que je ne te connais pas.
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Lun 9 Jan - 21:42
Non. Zvezdan n'aurait su mentir en la dardant de ces prunelles d'abysses. De celles qui exprimaient un passé commun, un passé dans cette taverne d'où ils avaient tout d'eux dansé, bu, grignoté. Puis sous un ciel étoilé, où ils avaient chevauché, appris. Puis s'étaient aimés. Alors elle l'écoutait, lui qui la rassurait une seconde fois, lui qui l'intimait à ne plus avoir peur de l'inconnu.

La main qu'il passait sur sa joue, quelle fin connaitrait-elle si elle s'y attardait? Et ces lèvres qui s'approchaient des siennes, avec pour seule échelle de mesure la chaleur s'en dégageant, quelles conséquences auraient-elles une fois leur destination atteinte? D'une colère sourde et muette, la jeune femme passa à l'appréhension, lorsque le jeune homme un peu trop fougueux avait décidé de faire mentir son venin.

"Non...Non Zvezdan..."


Ariane avait tenté de le repousser par cette panique qui montait lentement en elle. Ses mains étaient venues trouver le torse du Cardinal, pour mieux l'en éloigner. Le protéger de ce poison qu'elle était devenue. Oh, mais l'avait-elle réellement souhaité? Pas véritablement. Ariane l'avait compris par ce geste un peu mou qui avait laissé son amant l'appuyer contre le plat d'une porte. Et lorsqu'il l'avait sommé de lui faire confiance, la méfiance était de mise mais aucune force ne s'était opposée à sa volonté. A la place, les excuses précédentes avaient bien réussies à dissiper les maigres barrières qu'elle avait instauré auparavant.

Lui faire confiance...L'idée était enjoleuse, tout comme ces lèvres qui avaient bien finies par dévoiler les désirs du Cardinal, alors muter en l'ivresse d'une simple découverte: celle d'une bouche à explorer. Et la jeune femme avait prit alors les devants, s'emparant de la passion d'une langue qui était venue rejoindre la sienne. Brève valse langoureuse.

Puis lorsque l'ancienne Urodèle trop rouge s'en détacha, elle s'était tendue, observant avec appréhension le jeune Cardinal de la Guerre. Qu'allait-il lui arriver? La technique marcherait-elle contre le Poison des Fées? Contre l'égide de Mélusine? Nulle goutte de sang ne dévala pourtant le menton du jeune homme. Ni cela, ni rien d'autre.

Un soupir de soulagement s'était échappé bien vite face à lui. Zvezdan était intrépide, tout autant qu'elle ne l'avait été, mais à ce défi, viendrait un jour potentiellement l'erreur. Et même si la moue exprimée sur ce visage doux relativisait une triste réalité, les paroles qui suivirent n'eurent pas manqué de réaliser un dernier avertissement entre deux souffles. Deux souffles, entrecoupés

"Ne prend pas de trop gros risques tout de même...Je ne supporterai pas d'être responsable de quoique ce soit t'engageant à..."

Périr. De son sang, de sa main, de son incapacité. De toutes ces vérités et ces épreuves surmontées en peu de temps qui avaient fait d'elle un fantôme provisoire. Après tout, la crainte l'avait déjà accompagné un bon moment en Francie. Toutefois, le mérite d'avoir résisté et de feinter un visage souriant était au moins là, présent sur ce visage un peu craintif.

L'invitation à partager un dîner avait été plus silencieuse mais pas moins désirée, entre quelques rapides coups d'œil minaudeurs ou expressifs que se lançaient les deux amants. L'atlante d'un temps ne put s'empêcher de repenser à ces minutes de retrouvailles, à tenter de calmer les émotions diverses par lesquelles la sensation de ne plus s'y retrouver s'imposait lentement à ses petites faiblesses d'âme. Quelques doigts vinrent prendre contact avec ses lèvres cueillies précédemment. Pensive.

Comment une petite messagère devenue Générale pouvait-elle la plus ignorante de toute? Question longue. Fort compliquée. Trop de révélations pour un Berzerker. C'était là où l'esprit plus professionnel de la jeune femme, enfouie dans son mutisme, ne souhaitait nullement s'aventurer. Mais...N'était-elle plus sous les commandements d'une quelconque divinité?

Aux dernières nouvelles qu'elle avait eu, les Guerriers sanglants étaient de mise avec la Mort. Ou plutôt, le sommeil à la tête du commandement de l'armée spectrale. Et cela la gênait profondément. L'œil qu'elle finit par relever en la direction du Cardinal de la Guerre avait un quelque chose de stratégique dans son éclat nouvellement illuminé.

"Non. J'ai été absente un long moment...Cela m'étonne moi-même, j'ai toujours apprécié avoir les cartes en main pour réfléchir à l'avenir, aux enjeux qui foulaient ce monde en mouvement...Enfin, j'ai été pris dans les filets du danger et cela m'a coupé de ce monde. De toi aussi..."

Et pas en bien. La jeune femme avait eu la nette impression de devenir folle. De ne jamais plus revenir à cette situation de départ où la sanité -ou ce qu'il en restait- devait normalement régner en maître dans cet esprit intrépide. Et Ariane avait eu peur, oui. Craintive au cours de ce voyage. Ressentir les souvenirs intrusifs, puis en perdre le contrôle demeurait une épreuve que jamais plus la jeune femme ne souhaitait subir, si bien qu'actuellement, son corps était pris de frissons incontrôlables. De colère également. Encore aujourd'hui, la perte d'identité et de discernement l'effrayaient.

Le panique silencieuse ne dura pourtant pas bien longtemps, à l'évocation des aventures du Cardinal et de l'actualité du Dédale. Alliance avec les saints, mais un Marina repéré, qui discutait aux portes de ses ennemis de Jamir. Un Marina chassé par l'un de ces petits soldats, aussi vorace et belliqueux que ne l'eut été une Teigne, crocs plantés dans le doigt d'un homme trop curieux. Alors la jeune femme reposa le morceau de viande sur son plateau. Et puis le reste de ses pensées fut bien plus heureux, quand elle eut connaissance des mésaventures.

Les lèvres tremblantes, la jeune femme était presque en prise à un fou rire. Les yeux humides, un peu moqueur, Zvezdan lui avait ainsi conté les premiers pas d'un nouveau messager...Et quels premiers pas! Jamais ou peu de fois, l'ex-aristocrate de Neustrie n'avait entendu parler d'un jeu du chat et de la souris traité d'une façon aussi grotesque dans le cadre d'une pseudo-entente.

"Tu n'as pas l'air bien heureux à ce sujet. Moi, je trouve cette ironie fort cocasse! Quoiqu'insultante pour un messager...Il y en a qui ont fait moins que ça pour finir entre les pattes de leurs ennemis... Mais je lui accorde un bon point, il a bien de la chance de ne pas avoir fini la tête sur une pique... Oh, quel Marina était-ce? Qui sait, peut-être pourrais-je éclairer tes lanternes à ce passage coup de vent, de ce messager aux ailes un peu trop lourdes...Oh..."

Rire pour la maladresse et les risques pris d'un Marina...Zvezdan devait la prendre en cet instant pour une bien belle sadique. Toutefois, le rire fut gai, joyeux, dépourvue de réelle méchanceté. Ce fut comme si chacun discutait d'une petite bêtise occasionnelle. Ou tout du moins, pour cette jeune femme assied face au Vandale. Face à l'assassin d'une tête politique qu'elle eut elle-même connue, sans pouvoir redonner pour autant la dernière promesse accordée. Promesse bafouée.

"Oui, j'en ai entendu parler, de votre Escale près du sanctuaire. Puis, j'ai constaté votre passage là-bas moi-même...N'y vois aucune insulte, je pense simplement qu'actuellement, un ennemi plus important prend peu à peu son éveil et que j'ai été ballotée entre les diverses querelles de chacun."

La gaieté avait finalement disparu, tapie sous un air plus monotone par laquelle la jeune femme continua à déguster sous ses papilles, un repas qu'elle n'avait pas reçu depuis longtemps. Le petit conflit qui avait éclaté à Rodorio n'avait rien de glorieux à ses yeux, mais il était tel que s'afférer plus longtemps dans ces problèmes-ci demeuraient un trop grand casse-tête. Pour l'heure, seuls les Marinas et les saints commençaient à entrapercevoir les enjeux externes. Et ainsi, peut-être cette alliance relevait-elle simplement de cet ordre. Quant à Jamir, c'était une autre affaire, mais la protectrice du Val ne s'estimait pas la compétence de juger ce qu'elle n'avait pas vu. Tout ce qui se disait à ce sujet, ce fut tout simplement que la ville avait été le point de convergence d'une guerre fratricide.

"J'ai été occupé sur une île dans un premier temps, avec des chevaliers compétents, en quelque sorte. Mais c'était une armée sans nul chef à leur tête, et par cela, ils ne pouvaient se mettre en mouvement dans notre monde...C'est tellement ancien, que plus aucune faction ne semblait au courant de son existence...Lorsque j'y suis allée, la Mort frappait à leurs portes individuellement. Oh, vos alliés, en soi." Elle reprit une bouchée, ravie de retrouver le goût d'un bon repas. "Potentiels soutiens, également...Plus encore lorsque l'on participe à ses affaires, et j'ai...Cette étrange envie de comprendre ce qu'ils sont. Ce qu'ils veulent. Pour les observer également. Je m'en sens proche, peut-être même plus désormais." Avalant son morceau, elle avait redressé la tête, prête à donner l'origine de son mal. "Pour tout te dire, le Roi avait, en réalité, disparu depuis son enfance. J'y ai croisé un guerrier d'Apollon, un guerrier qui m'a "aidé", d'une certaine manière..." Voix malicieuse, un peu moqueuse et légère. Rien de personnel, si ce n'était qu'il était difficile de discerner par quoi était réellement motivée la "Lumière". "Finalement, je l'ai retrouvé dans une situation pas si différente à la mienne. Comme un Tribut oui...Je suis heureuse de l'avoir mené à son destin originel. Même si pour cela, j'ai, au final...Un peu sacrifié ce que j'étais. Les choses vont être en mouvement, en partie à cause de moi pour cette île oubliée..."

Oui. La quête avait été périlleuse, et à la fin de celle-ci, une Générale avait disparu. Mais chaque chose en son temps. Avalon n'avait pas même été évoquée. L'alliance des Berzerkers avec les Enfers était encore à craindre. En cet instant, elle les opposait encore dans ses idéaux. Une gorgée d'eau pour faire passer le malaise, et voilà la jeune femme repartie dans ses explications.

"J'ai dû engager quelques recherches par mes soins, afin de retrouver sa piste. Evidemment, ça ne s'est pas fait sans quelques esprits à déchiffrer. Mais je trouve toujours de quoi détenir une information. Et j'ai deviné..."


De gré ou de force. L'ancien Légat et la première sirène qu'elle eut connu avaient bien veillé à travailler cette compétence, à donner à cette ancienne Générale le goût des choses proprement élaborée. Vaste désir ambitieux. Désir écrasé par un temps dépensé pour rien de plus, rien de moins qu'une histoire qui n'avait jamais été la sienne. Une histoire simplement acclamée par le talent d'une adolescente un peu plus douée que la moyenne, dans ses techniques comme sa volonté. Suffisamment pour acquérir une Ecaille à un jeune âge, malgré les quelques maladresses d'une grande inexpérience.

"Puis il y a eu Alexandrie, et Rodorio..."

Parfois, la brune comprenait ce qui motivait Arellys à craindre le simple ruissellement d'une eau peu profonde.

"C'est là que j'ai perdu mon Ecaille...Que le Légat me l'a enlevé finalement, parce que ce n'était pas naturel...Peut-être aussi parce que je ne la méritais pas...Les Lyumnades semblaient si mélancoliques lorsque je les portais dernièrement..." Ce fut la première raison que la jeune femme avait ressenti, lors de ses premiers doutes. Une raison qui l'avait conduit à sa déchéance. "Parce que je les ai ressenti, toutes ses pensées volées...Qu'elles m'ont dévoré l'esprit pendant un mois entier, le temps de traverser Neustrie..."

Objectif détruit. Les souvenirs avaient été un objectif de base. L'espoir de peut-être faire immerger un jour ces personnes que l'on oubliait par la Mort.

Salamandres...

"...Parce que mes salamandres sont mortes, sans que je puisse comprendre en quoi elles étaient aussi ratées..."
A cette salamandre, Ariane s'était souvenue d'une Urodèle qui, dans le jardin d'une Vierge sacrifiée, lui avait apporté un anneau autrefois scellé temporairement. L'annonce de la mort de l'Océan opposé qu'elle eut tant chéri. "Parce que j'ai appris la mort des miens, de nouveau...Une seconde fois. Qu'on m'a laissé au sanctuaire dans ma déchéance. Et le Grand Pope m'y a accepté. Une pitié que je hais désormais mais que j'admire beaucoup à la fois."

Peut-être avait-ce été la plus grand salut qu'on lui ait donné jusque-là, et c'était cela, ce qui dérangeait tant la jeune femme. Une prison dorée devenue pour une poignée de temps, le refuge d'une salamandre en agonie. Mais cela aussi, Ariane en éprouvait un certain mépris, au fin fond d'elle-même. A peine revenue, que ceux en qui elle avait placé sa confiance mourrait pour mieux la voir revenir en paix dans cette cage. Petit à petit, le Masque se fissurait pour montrer ses peurs et ses regrets. Cette rancune qu'une Générale un peu trop nerveuse parfois.

"Parce que je n'avais plus de cosmos, que je n'avais plus d'ascendance là-bas, à Atlantis. Parce que je ne servais plus à grand chose. Parce que j'ai échoué doublement. Et autant que j'en sache, la faiblesse n'est pas tolérée chez un Général. J'aurai dû disparaître à ce moment-là. Après tout, j'y ai vécu et y ai dédié ma vie depuis le début. Je n'avais pas d'autre foyer que celui-là."

Tournoyant lentement le verre, Ariane observait à la surface de ce dernier les vagues qui se formaient et venait perturber le plat de cette eau. Les propos suivants étaient profondément distants. Ancienne élitiste.

"Alors je suis partie loin, me ressourcer un peu. Mais au final, j'aurai prié fortement pour périr là où j'ai retrouvé ma libération, en combat ou ailleurs. J'aurai voulu que ma volonté cesse de vouloir me maintenir à la surface et cesse de me tenir à l'écart avec pour seul contact, une Vouivre et une fichue forêt enchantée."

C'était son chaos ambiant. Aucun geste n'avait été entrepris, si ce n'était un regard fuyant. Une envie de ne faire face à personne. Pas un doigt levé, sauf des paupières qui clignotaient en un silence total. Le temps semblait s'être figé en un aveu sans confiance. Et si l'on devinait un profond mal être à cet instant, celui-ci s'effaça derechef à la seconde suivante sous un regard plus neutre. Comme si elle reniait les événements. Prenait sur elle-même. C'était de sa faute, de toute façon, que pouvait bien faire un Berzerker? La regarder pleurer? Ca ne regardait qu'elle-même. C'était absurde. Ou alors ça n'existait pas. Preuve en était à cette rencontre avec une autre Renégate. Arellys. Et pour ce cas-ci, les apparences avaient fait leur preuve, redonnées un peu d'espoir. Même quand il n'y en avait plus. Même quand les idéaux d'une ancienne enfant étaient aujourd'hui brisés.

"Mais en dépit de tout cela, je ne veux pas mourir non plus...Même si mon héritage en tant que salamandre a été probablement bien transmis..."

Sous la lumière des braseros, la jeune femme aurait probablement hurler sa frustration malgré cette dernière satisfaction. Ce sentiment de ne pas exister tout court, si ce n'était pour retrouver un sang impie couler dans ses veines. Sang de colère. Sang empoisonné par la profonde haine des six êtres du Lac Miroir, ressentie vis-à-vis de la race humaine. C'était tout du moins ce que lui murmurait sans aucun mot les silhouettes tapies dans une brume aussi écarlate que l'hémoglobine. Et pour l'instant, ses retrouvailles avec Zvezdan étaient les seules bonnes choses vécues dans son malheur.

Je ne veux pas Zvezdan. Je ne veux pas et ça m'effraie. Ma condition, moi, l'avenir... Je lutte sans raison, si ce n'est par instinct. Ce n'est pas de la lâcheté, mais ce n'est pas du courage pour autant...Je connais la réponse, mais je ne veux pas la regarder en face. Et je ne veux pas briser ses retrouvailles pour autant, mais je suis déjà en train de le faire. Depuis les premières minutes...


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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Mer 25 Jan - 13:31
- Tseh. Si je dois choisir, quitte à crever un jour, autant que ce soit contre tes lèvres plutôt que gueule ouverte dans la boue d'un charnier. Mais j'te rassure, c'est pas prévu pour demain la veille. Qui sait. Peut-être ne suis-je pas la petite chose fragile que j'ai prétendu être sous le regard de cette lune, lors de la fameuse nuit ?

Un clin d'oeil. Espiègle, confiant. Oui, Ariane, je ne suis pas aussi fragile que j'en ai l'air. Par contre, ces traits de grand curieux insatiables sont bel et bien véridiques, eux. Et j'ai faim. Faim de savoir. Savoir ces mois de séparations, ces mots d'inquiétude, ce sang de pouvoir. De mort, semblerait-il. Qu'a-t-il se de si particulier, ce sang ? Qu'ont-ils de si terribles, ces mois, pour te retrouver avec cette mine ? Oui, je veux savoir Ariane. Et je fulmine sur cette chaise, à ressasser le passé, pendant que je t'entends dans la pièce d'à côté. Que je te sens sur mes lèvres. Lèvres triturés, passage de quelques doigts gourmands à la surface de cette bouche trop indisciplinée. Ca fait du bien, ouais. C'est con comme pas possible, mais juste ça, ça fait du bien. Souvenir. Oui, Je crois que j'y arrive définitivement mieux avec toi. A ressasser le bon plutôt que le mauvais. Et pourtant... Tseh. Malgré ça, j'ai comme l'impression que ce n'est pas du bon, ce que tu vas avoir à me révéler.

Et tu me parles d'absence. De danger. De séparation. Au moins les tableaux sont-ils égaux d'un côté comme de l'autre, sur ce plan-ci. Mais... Coupé du monde ? Une moue songeuse, des yeux qui se plissent sous ce discours cryptique. Une patience qui reste, pour le moment. J'imagine que j'ai tout bon compte à te laisser le temps. Non, je ne vais pas te sauter dessus bave aux lèvres, affamé de réponses aux pourtant mille-et-unes questions qui circulent dans ma tête. Nombreuses, entêtantes. Un sifflement désagréable. Celui d'un empressement insatisfait, d'une curiosité teintée d'inquiétude. Mais j'attends. Parce que ce sont des retrouvailles, pas un interrogatoire. Parce que ces quatre murs de bois chaud, ce sont ceux d'un foyer. Pas d'une cellule. Prends donc ton temps, oui. De mon côté, je prendrai sur moi.

Comme je prends sur moi pour ne pas rire de concert, quand je t'y vois. Pas bien longtemps, ceci dit. Un rire qui finit par sortir, franc. Un regard moins lourd. Et j'arrête de penser le pessimisme, pour battre la joie, le temps d'une anecdote. Je préfère ça. Ca te sied mieux que des traits de fatigue, tu sais ?

- Crois bien que si ça n'avait tenu qu'à certains autres, il aurait son corps sans vie d’accroché à l'entrée du Dédale, sans plus de cérémonie. Maiiiis... « certaines autres » n'ont pas su retenir ce messager plus agile de ses pieds que de son verbe. Ca m'a fait rire, si, mais... Tseh, tu vas trouver ça con mais ça m'a frustré de le voir absent à l'appel quand j'me suis déplacé ! Moi qui m'attendais à un peu d'animation...

Hm, et, il s'est présenté comme Endymion, Dragon des Mers. Content de voir que ça a moins le mérite de te rendre le sourire...


Un bras avancé doucement, l'index qui glisse sur le bout du nez féminin en une espièglerie innocente.

- Ne t'a-t-on pas appris à ne pas rire du malheur des autres ?

Une espièglerie hypocrite. Mais je le dis avec ce grand sourire un peu idiot, celui qui avoue une simple vérité. Ce n'est pas moi qui suis en position de me permettre ce reproche, oui... J'ai rit aussi, finalement. Après avoir fulminé. Et l'on pourrait se demander si c'est bien raisonnable, d'aborder tout ça avec une éveillée à l'allégeance visiblement floue, mais... Mais quoi, au pire, ce sera su qu'un Marina s'est fait botter le derche à l'entrée du Dédale ? Génial.

Je songe ça avec un sourire un peu absent, le regard dans le vide. Tout cesse, le regard se recentre sur Ariane, les lèvres se scellent de nouveau, presque abruptement. Qu'est-ce que t'as été foutre au Sanctuaire...

- Un ennemi ? Et un ennemi de qui, au juste ?

« Un ennemi ». C'est vague, ça Ariane. Je commences à savoir le goût des énigmes de ces gens sous l'eau, mais il faudrait voir à ne pas en faire une habitude, non plus. Il en va de même pour ces histoires de conflit. Conflit... J'ai connu ton goût du risque face à quelques gardes enmanchés, pas capables de rattraper deux pauvres alcoolisés. Bon, certes, deux pauvres alcoolisés qui auraient pu raser le visage par simple caprice. Mais... Tseh. J'imagine bien les soucis qu'il doit pouvoir t'apporter face aux choses de la Guerre divine, cet attrait pour le danger.

Et voilà que l'on se met à parler de chevaliers. Une fois encore, de grands anonymes sans nom, sans rien. « Certaines personnes sur une certaine île, avec certains objectifs. » ça me fait sourire, un sourire qui se transforme en un hoquet hilare à peine retenu. Une voix pleine d'ironie, acerbe.

- Tseh. « Nos alliés », ouais, parait-il.

Ceux-la même pas croisés une seule fois. Ceux dont on entend parler de loin, tout au plus, sans jamais qu'il n'y ai eu le moindre contact. Plus que des ombres, des fantômes. Elles sont belles, les relations diplomatiques Berserker. De supposés soutiens dont l'on a encore jamais vu la couleur, et des Oracles qui donnent trop matière à douter, trop peu à faire confiance. L'un dans l'autre, une impression qui persiste, désagréable.

Sourcils froncés, à écouter la suite. Une île et ses guerriers, un Roi Tribut, « l'aide » d'un Guerrier d’Apollon. Un sacrifice, aussi. Et c'est ça qui finit par me chauffer les nerfs pour de bon. Un grognement furtif, mais audible, claquement de langue sur un palet.

- Tu dois me savoir curieux, Ariane. Alors toutes ces pistes lancées sans jamais se terminer, ça ne m'aide pas. Curieux... Et plus encore si cela implique toi, qui « perd une partie de toi ». J'ai eu assez d'énigmes à déchiffrer avec cet Endymion. Une île, des chevaliers, un roi ? Tribut oui, mais Tribut où ? Et... un soupir. Un sourire, et la main que j'ai saisie plus tôt, je la serre doucement. Et cet air impatient sur mon regard se tait, au profit d'une inquiétude concernée, faible lueur dans les pupilles. Au moins... au moins dis moi pour toi.

Pour cette mélancolie que je te devine. Qui me dérange. Préoccupe, surtout. Questions, innombrables et torturantes. Ne pas savoir, c'est toujours terrible, au final.

Mais savoir, c'est parfois pire. Et elle dit. Elle dit, elle explique, elle avance. Une mâchoire qui se serre au fur et à mesure du récit. D'abord à la mention de Rodorio. Une Écaille perdue. Retirée. Des souvenirs dévorants, parce que c'est là la tare de ceux qui manipulent trop longtemps les esprits. Mais surtout... Cette écaille... Ce...

- … Quoi... ?

Murmure. Murmure incrédule, mais ô combien furieux. Furieuse incompréhension, car je ne sais pas tout. Mais j'en sais assez pour enrager. Oui, je sais. Je sais que tu as perdu au moins cinq années de ta vie, pour ce Dieu. Ces gens. Que tu as dû grandir chez l'ennemi plutôt que chez toi, parmi les leurs. Je sais ce que tu as sacrifié. Et... « Ce n'est pas naturel » ?

- … Pas naturel, tu dis, hein...

Et des Salamandres mortes. Teigne aussi, alors. Une jambe nerveuse sous la table, tremblotante, et les tempes ne tardent pas à devenir douloureuses. La mort des miens. Je lâche sa main, par peur de manquer de maîtrise. La lâche, pour refermer la mienne tout à proximité, en un poing rageur. Jointures blanchies. Souvenirs. La phrase se répète. La mort des miens.

Elle se répète alors que je la regarde. Et que je vois ressurgir toutes ces inquiétudes que j'avais à son propos.

Le silence reste. Colère visible mais contenue, l'air bien plus bénigne qu'elle ne l'est réellement. Deux sourcils froncés qui cachent un hurlement du cœur, puissant, mais audible que de moi. Et ça continue. Comme si je vivais la descente aux enfers à ses côtés. Grand Pope... Souvenir de cet homme. Ce Pantin. Putain de...

- Alors c'est ça... Cinq putain d'années de sacrifiées et... Et ça part comme ça, en fumée... Jusqu'à en être réduite à se tourner vers ces connards... Vers tes propres geôliers...

Et ça enchaîne. Perte de Cosmos, Atlantis, e-...

- T'avise plus jamais de me sortir ce genre de merde.

Un ton sec, impératif, deux yeux qui percent, une main qui en saisit une autre. Prise ferme, sans douleur aucune mais tenue bien assez fortement pour communiquer une émotion forte. Cette fois-ci oui. Cette fois-ci elle est bien contre toi cette colère, Ariane. Contre ces mots. Colère craintive. Des yeux qui enragent, mais qui ont peur, surtout. Peur de tes mots. De ce genre de déclaration.

- Écoute, j-... j'comprends pas la moitié de c'que tu me racontes. Des Vouivres, des forêts magiques, je ne sais quoi... Mais peu importe ce dont il peut s'agir : Plus jamais.

Et le regard continue de percer. De sonder.

Me parle pas de mort, Ariane... Pas après tous ces mois passés à craindre que...

Que tu ne sois plus ici. Et la colère s'éclipse, pour ne laisser visible que cette peur qui me ronge le visage. La voix perd cet empressement colérique, gagne cette sollicitude apeurée. La main se resserre doucement, Une caresse dessinée du bout du pouce sur cette peau blanche.

- Dis m'en plus, s'il-te-plait. Au moins sur... toi. Je me fiche du reste. Dis-moi c'est quoi, ce mal qui te fait peur à couler dans tes veines.

Et...
Une main passe sur sa joue. Un mince sourire se dessine, faible mais sincère. Souris un peu, tu veux ? La tête d'enterrement, ça te va vraiment pas...

Une assiette rendue vide au fil de la conversation. Ne reste donc qu'un ventre rempli de viande puis un cœur assaillis de maintes émotions différentes. Heh. J'me doutais bien qu'elles seraient sportifs à leur manière, ces retrouvailles, mais... Je pensais pas à ça. Je pensais plutôt à...

- … Dis voir... Tu sais qu'il y a pas mal de vieux paysans isolés dans la région, hm ? Du genre de ceux avec des chevaux... Des chevaux... « Disponibles. »

La malice se réinvite dans mes prunelles, et le rictus gagne en largeur. Je n'ai pas oublié ça non plus, non...
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Ven 27 Jan - 1:46
La scène aurait certainement pu être plus émouvante, plus légère, plus douce. Mais rien n'était moins sûr qu'un regard malin, et puis ce mal ancré au plus profond de ses veines. Et si le danger d'un baiser mortel la mettait encore quelque peu mal à l'aise, observer le Vandale mâchouiller la pièce de viande dans son assiette avait un quelque chose d'apaisant. Non pas pour ce geste banal et un peu barbare, mais pour le fait d'être en présence d'une personne vivante. "Quelqu'un".

Car Ariane, dont les paupières clignaient encore un peu par incompréhension, en était parfaitement consciente; ce guerrier en face d'elle n'était pas l'un de ces innombrables fantômes du passé, ni même l'un de ces ingérables souvenirs, l'un de ceux qui avait épuisé le petit brin de femme théâtrale.

Non, c'était une "connaissance" d'antan. Quoique, le mot eut été trop distant, dans cet esprit mutin. Après tout, Zvezdan était bien plus qu'une connaissance. Ou tout du moins, mieux connu que ce Général. Endymion du Dragon des mers.

Le titre et le prénom avaient certes fait écho à quelques ouïes-dires, mais n'avaient suscité finalement qu'un vague haussement d'épaule, accompagné d'un rire cristallin.

"Je n'ai pas eu l'occasion de le rencontrer. Tout juste je savais qu'il y avait un Général de l'Océan Atlantique Nord à ce moment-là." Tout juste, oui. A son retour dans la ville sous-marine, la paix était certes revenu sur un tableau qu'elle avait autrefois observé de sa peinture de sang, mais les effectifs étaient tels qu'il n'y avait eu d'autres véritables rencontres qu'une sirène, un Kraken, un Hippocampe et un nouveau Légat, aujourd'hui disparu. "Pas de chance! T'es arrivé après la fête, donc..."

Ca la faisait rire, d'imaginer le jeune homme frustré, en retard. Comme ces vieux soldats qu'on réveillait et qui finalement, arrivait une fois la guerre éradiquée. Ce qui, en soi, était un comble lorsque l'on prêtait attention à l'un des quatre Fléaux protégés par le Cardinal. Finalement, si la Renégate riait encore aux éclats, c'était peut-être bien pour cette mince, fugace petite pensée moqueuse qui venait de s'installer dans son esprit. Un rire qui ne durerait pas.

"Je n'ai pas eu l'occasion de parler beaucoup...Alors, hum, n'importe quelle histoire me ferait du bien."


Au moins, les paroles n'étaient pas masquées par quelques fausses convenances. La jeune femme doutait encore de ses compétences, de ce qui l'attendait. Bien sûr, il y avait eu toute cette histoire. De Brocéliande, de roses dont elle ne percevait que des bourgeons clos, un parfum capiteux, et puis elle. Eux aussi. Au geste affectueux et qui pourtant, la faisait revenir à une époque vouée à son enfance, elle eut un léger mouvement de recul, chassa la main mâte de son vis-à-vis.

Malheureusement, la gaieté n'avait pas été de mise, sitôt le Sanctuaire revenu dans la conversation sitôt ses mésaventures contées en quelques vagues péripéties. L'évocation arracha peut-être un hoquet hilare au Berzerker, ce ne fut pas véritablement le cas pour Ariane qui, de marbre, lâcha finalement le fond de sa pensée sous une mine marmoréenne.

"Ennemi. Des spectres. Des Masques Rouges...De tout cela. Enfin...Pour moi, ils l'étaient. Si je suis là aujourd'hui, c'est en partie à cause d'eux."


Oui. Leur alliés, en dépit du fait que le jeune homme semblait s'obstiner à réfuter cette vérité. Elle fronça les sourcils un instant, se demandant pourquoi le Cardinal mentait, pour finalement contenir ses mimiques impulsives qui s'étaient dressés à même ce visage poupin. Les affaires restaient des affaires, après tout.

"Tribut au Sanctuaire. Tout comme moi, d'une façon. Mais lui était voué à un destin plus grand, Roi des Ligures, tout au moins!"
Et puis, expliquant le sujet au fil de ses idées. "Et...Eh bien...Je suis désolée Zvezdan, mais je ne peux pas t'expliquer pour l'heure. Même si je n'ai plus d'appartenance à Atlantis. Je préfère attendre, pour l'instant..."

J'ai œuvré dur pour lui. Pour tout cela. Je ne veux pas que tu réduises cela en miettes par devoir.

Même si Ariane venait de nulle part, même si cette cape qui la couvrait était trop grande pour elle, même si l'ancienne Urodèle n'avait plus de protection ni même d'idéale à protéger, si ce n'était l'importance d'une ancienne forêt. Et tandis qu'elle terminait de manger quelques morceaux de pains, son regard s'était relevée sur Zvezdan. Le regard noir d'abysse parlait de lui-même.

Au moins pour toi.

Clignant des yeux et se stoppant un net instant dans sa faim, elle avait commencé à réfléchir à ces mots. Au moins pour elle? Ca ne lui valait qu'une brève façon d'avoir un peu de réconfort vis-à-vis de ses accomplissements. Et encore, Ariane savait qu'elle n'avait poursuivi que la voie d'un ancien Légat, à qui elle avait été la messagère et son âme damnée. Hassan. Respect réciproque, bien difficile à obtenir avec un esprit aussi désobéissant. Celui de la Salamandre Cramoisie.

Alors, "pour elle"...Etait-ce son conte défait? Cinq années sous des hospices qui n'étaient pas les siens, mais un simple, factice et bref rêve qui l'avait parasité tout ce temps, comme l'une de ces chenilles dont le temps était compté. Zvezdan s'énervait pour elle, pour ce qui "n'était pas naturel", et à dire vrai, l'ex-atlante aux cheveux d'ébène ressentait cette colère profonde, elle aussi. Mais Ariane ne se l'avouait pas, tenait simplement l'Escarboucle en broche pour mieux l'ajuster, comme pour continuer à se tenir droite.

"Non, Zvezdan..."
Voir Zvezdan s'énerver ainsi pour la première fois avait un quelque chose d'effrayant. Car l'intonation de sa voix et ses jointures blanches rappelaient à la jeune femme les quelques attitudes désapprobatrices de son ancien "père" atlante, ou encore les simples regards de Liao. Alors, sans pour autant l'exprimer, la réaction avait suscité en elle un sentiment bien étrange. Rassurant. Quelqu'un pour lui rappeler que le mauvais ne savait être éternellement éclipsé par quelques excuses. "C'est de ma faute. J'ai été stupide. Stupide, et peut-être bien opportuniste. J'avais une dette, et je déteste en avoir une sur la conscience, donc je devais forcément tenir mes paroles, un jour ou l'autre, mais j'ai appris que j'avais été l'incapable. Que je ne méritais même pas cette Ecaille que je portais...Je ne comprends toujours pas... "

Le regard hétérochrome de la jeune femme s'était fait un peu penaud, coupable aussi. Il fallait qu'elle tourne la page, mais force était de constater qu'aucun foyer ne lui avait été présenté pour l'heure. Nulle part. Toutefois, elle savait que son état actuel était lié au Sanctuaire, et se demandait si ce caractère encore mortel perdurerait dans le temps. Ou s'il s'effacerait au fur et à mesure, comme ses flammes bleutées si similaires aux siennes qui avaient léchées les Lyumnades, lorsqu'elle avait été déchue. Heureusement, depuis ce bar, le Cardinal n'osait pas entrer dans son esprit; Ariane supposait qu'une telle confusion était déjà honteuse. Un souffle s'était échappé de ses lèvres rosées, jusqu'à ce qu'elle ne se décide, mains détendues, à expliquer brièvement son ressenti.

"Tu sais, finalement, dans toute cette histoire, à part un "léger" étranglement jusqu'à tomber dans les bras de Morphée, ce sont les Saints qui ont été les plus doux."

Elle hésita, et en rencontrant la mine furieuse de la Guerre, n'osa en dire plus. Peut-être oui, était-elle allée trop loin...Au moins pour cet instant qu'elle n'avait jamais crû revivre. Et si Zvezdan avait été énervé, ce ne fut que brièvement, pour casser cette pseudo violence en une caresse sur sa main. Tout doucement, la jeune femme se détacha de ce geste doux pour revenir étreindre la main, ne détachant toutefois pas son regard des braseros. Pensive.

Bien sûr qu'il avait eu peur, sans nouvelle, et Ariane avait pourtant douté de lui. Soupirant, elle rectifia cet air détacha pour lui sourire légèrement. De quoi fixer en cette conversation moins de difficulté. Moins de méfiance également.

"Je n'aurai pas dû. Excuse-moi." Oui, moins de méfiance. La jeune Syagria y travaillerait. "C'est juste que...Je ne sais pas. Je n'ai jamais été réellement à la rue pendant plusieurs mois. Enfin, si, mais c'était différent..."[/color] En quoi était-ce différent? C'était une enfant. Et en cette époque sombre du VIème siècle, dans les villages de Francie, on ne s'intéressait pas aux orphelins. Et elle ne s'était pas créée ni même connues les compagnies animales à l'époque. "Et puis, mon sang...Il est mortel. C'est différent des Lyumnades...Il...Me lie à une fleur, mais ce ne sont que des bourgeons. Des bourgeons qui tuent. Comme l'un de ces autres Chevaliers...Mais je ne suis pas Chevalier, n'est-ce pas?" Et elle ne l'avait jamais été. Tout comme ces années passées en tant que Tribut, enfant Marina parmi les Saints le lui avait rappelé. "Je ne savais pas véritablement ce que je devais faire, ni même où je devais aller. Alors...Je suis venue ici, dans l'espoir de te revoir. Je savais qu'en ta compagnie, je passerais un peu de bon temps, même si j'ai pensé au final, que tu m'avais peut-être effacé de ta mémoire depuis tous ces mois..."

Ariane s'étonnait elle-même, à lui dire toutes ces choses qui lui passaient à la tête, avec une honnêteté déconcertante, à faire pâlir l'un de ses illusionnistes en maître. Ce qu'elle avait été. Et lorsque son amant lui fait une dernière proposition, le Vandale lui avait rappelé une promesse. La leur. Celle d'un amusement éphémère, mais agréable, ce dont la jeune femme était si friande auparavant.

Une question demeurait toutefois, plus par doute qu'autre conviction: Etait-elle toujours ainsi, enfantine à souhait, attirée par le danger et tout ce qui semblait létal comme ces salamandres un peu pataudes et peu averties?

Leur repas était d'ores et déjà terminé, pourtant, Ariane avait encore beaucoup de choses à dire. A faire aussi. Tout comme Zvezdan. Et la perspective d'aller voler et d'apprendre toujours plus ne passa pas dans l'oreille d'une sourde. L'œil un peu plus vif, un hochement de tête avait signé la reprise de leur accord. Appuyant ses deux mains sur le bois verni de la table, Ariane se leva, puis entreprit quelques pas en la direction de la porte.

"On débarrassera la table plus tard. En attendant, mon cher Cardinal..." Une minauderie théâtrale. Ce n'était qu'un clin d'œil à leur rencontre, mais un clin d'œil accompagné de quelques pas, et puis d'un baiser sur la joue du Cardinal, près du coin de ses lèvres, d'où elle avait passé ses bras autour de son cou. "Je te suis. Sauf évidemment, si tu es le paysan en question..."

Bien sûr que non, il n'avait pas pensé à cela. Regard moqueur, la jeune femme finit pourtant par se détacher de cet appui, puis ultimement par effectuer les premiers pas vers cet engouement commun. Partagé. La main sur la poignée, la brune l'avait abaissé pour dévoiles les arbres de la forêt. Et de nouveau, comme une heure auparavant, elle était au pas de celle-ci, d'où Ariane se précipita avec plus de vitalité dans le froid hivernal, sale petite urodèle trop impulsive, devenue aujourd'hui Vouivre Cramoisie.










Dernière édition par Ariane le Dim 19 Fév - 11:48, édité 1 fois
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Ven 3 Fév - 16:31
- Ouais. Je suis pas le plus à plaindre, ceci dit. 'Pas moi qui vais attendre joyeusement dans le vide...

Amuse-toi bien à ta cascade, grand poisson. Oui, tu y séchera sagement au soleil, tout seul, sans personne pour venir t'y rencontrer. Et sûrement que si un homme en Cuirasse avait dû effectivement savoir où te rejoindre, ce n'aurait pas été pour ton plus grand plaisir. Oui, tu aurais eu à répondre de tes maladresses et impairs, Dragon des Mers. Peut-être suis-je capable de me montrer plus sensé que les quelques abrutis qui te sont tombés dessus, mais je n'en apprécie pas moins peu cette façon que certains ont de nous prendre pour des mercenaires divins, prêts à diriger leur arme vers quiconque dans les guerres occultes. Essayez donc, de passer une muselière aux crocs du chien de Guerre. Je l'ai supporté cinq longues années, au nom d'un Tribut, d'un prix à payer pour la défaite d'autres. Encore. Pas une seule fois de plus. Plus jamais.

- Mais vas y hein, continue, fous-toi de moi, je dirais rien !

Et ce ton faussement outré, accompagné d'un regard plus pétillant, d'un coup de croc plus vivace dans la viande autour de l'os à ma main. Une viande meilleure qu'à l'accoutumée, curieusement. Des bouchées plus enthousiastes.

- Détends-toi Ariane, ni prison dorée ni havre illusoire, ici. Tu peux souffler tant que tu le veux.

N'es-tu pas là pour ça, après tout? Pour fuir, peut-être. Fuir des réalités moins légères, plus sombres. Des menaces dans l'ombre, dans le dos, dans l'air. C'est d'une ironie dangereuse, de venir chercher la sécurité si prés des terres d'Arès. Ou le réconfort, du moins. Et pourtant. Ce Cardinal de la Guerre n'a pas l'intention de te montrer ces choses du Chaos. Ce Cardinal n'est pas Cardinal, en l'instant. Plus simplement.

Alors cette mâchoire doucement serrée, c'est bien une colère d'homme, pas de Berserker. Silencieuse, furtive, plus que tout à l'heure. Ma main reste en retrait, un instant, alors, puisqu'on la chasse. Les coups de croc dans le viande redeviennent mous, l'espace de quelques secondes. Tension passée sous silence.

- Les quoi ?

Masques Rouges. Tsh. On en sait définitivement trop peu... C'en devient frustrant, d'en découvrir plus au détour d'une discussion avec toi, supposément vide des encombres de la guerre divine, qu'avec des potentiels informateurs. C'est.. Tseh. Non, vraiment, on va finir par vraiment la mérité, notre réputation d'idiots utiles, si ça continue.

- En partie à cause de qui ?

Des spectres, des chevaliers mystérieux ? Pourquoi ? De nouveau, pluie de question. Pas par intérêt « politique », non, loin de là. Qu'est-ce que j'en ai à foutre, pour l'instant... Non, je le répète, Ariane. « Pour toi ». Et tu me parles de Tribut. De ce roi.

- Les ligures, hein.

Un petit sourire vaguement moqueur. C'était si compliqué que ça de me donner au moins un nom? Un petit sourire moqueur qui passe en plus grand sourire compréhensif.

- C'est pas grave. C'est pas ce qui m'intéresse, tu le sais bien.

Tu le sais bien, j'espère. Et tu développes. Tu m'expliques toutes ces mésaventures, toujours avec ces détours, ces formules un peu floues. Mais je comprends en partie. Et j'enrage. J'enrage, d'abord en un ton plus fort, en des mots plus crus. En ces poings qui se serrent, cette mâchoire. Tout ça. Mais ça se limite à ça. Jusqu'aux mots de trop.

- TA FAUTE ?!

Un poing sur une table, fêlée en son centre, accompagnée de couverts qui sautent du bois. Un tour de sang complet dans mon corps, sans préavis. Ta faute, tu dis ? Ta faute, tout ce temps passé sans foyer si ce n'est chez l'ennemi ? Ta faute, d'en être réduite à devoir finir par l'accepter comme un chez soi, ce fief adverse ? Ta faute ? Pardon ? J-... Et ça continue. Poings qui serrent, sourcils qui froncent, voix qui tonne. Cette émotion plus franche, plus destructrice qui se manifeste dans mon Cosmos. Aura invisible, vent de fureur sans couleur ni substance, mais bien palpable. Et le ton reste plein de fiel, mais baisse.

- Ta faute... Toutes ces années à subir, et c'est « ta faute » ? C'est une plaisanterie ? Cette écaille, tu la portais à merveille il n'y a pas quelques mois de ça. J'ai même pas besoin de t'avoir vu avec pour le savoir. Et quoi, alors, tout s'est envolé d'un coup ? Tout, même ces années volées ?

Je n'y retrouve pas l'Atlantis que tu m'as vantée auparavant, Ariane. Loin de là. Je n'y vois que... Tsh, j'ai même pas de mots. Juste des grognements. Des sons qui transpirent, qui fulminent. Des nerfs qui chauffent, lentement mais sûrement. Et ça empire. Oh mon Dieu ça empire.
Coup de grâce. Coup de grâce double. D'abord, cette histoire d'étranglement. Puis l'aveu qui suit. Et là, j'ai énormément de mal à ne pas faire quelque chose que je pourrais regretter. Un spasme dans la main, ce poing serré sur la table qui continue, jusqu'à effriter le bois réduit en quelques copeaux visible entre mes doigts.

- Fils de putes... Ces sales races, à s'imposer pour que leur jolie prison dorée puisse passer pour un foyer avec le temps... Salopes opportunistes... Ces bâtards soi-disant sages... Et... Et mon regard jusqu'ici fixé sur ce poing sanglant se braque dans le tiens. Une fureur froide qui y pulse. Un étranglement, tu dis...

Un étranglement... Et que veux-tu que je fasse à part fulminer, avec tout ça, hm ? Tsh...
Mais non. Pas le moment... Pas comme ça. Pas sans aucun contrôle dessus. Pas avec toi. Alors elle reste, mais elle se calme, cette colère. Les yeux s'adoucissent, le souffle perd de cette chaleur étouffante, de ce rythme effréné. Le poing se desserre pour se refermer en une main caressante sur la tienne. Et tu inverse les rôles, vient plutôt mettre ta main par-dessus la mienne. Oui, ça... Heh. Ca doit pas être rassurant, de me voir comme ça. Abruti...

- Laisse, laisse. C'est moi. J'suis trop à cran. J'ai... Heh. C'est rien. Fais pas attention. Fais pas attention à ce jeune imbécile trop furieux. Fureur effrayée. Peur de perdre quelqu'un, encore une fois. Peur de regretter un attachement, comme avec pleins d'autres. Regretter, parce que les gens aiment disparaître, dans ce monde. Et tu me parles de ce poison. Mémoire. Souvenir des fleurs de ce Pope. Gardée sous silence, que la bile ne me remonte pas de nouveau aux lèvres. N'est-ce pas. C'est répété, d'un regard fixe. Comme pour chercher confirmation. Est-ce moi ou bien toi-même que tu cherches à persuader, Ariane? Et la suite... Cette inquiétude qui me fait mal. Pour qui tu me prends ? Sourire amère. Tsh. J'espère au moins que mes éclats te prouvent à quel point je t'ai tout sauf oublié.

Oui, je n'irais pas m'exclamer de la sorte pour ton sort, si je t'avais oublié. Je n'irais pas m'énerver si fort de ces injustices. Oubliée ? Ne sois pas ridicule.

Un sourire pour répondre au sien, et je me lève quand elle se lève. Oui, la table attendra. Tout le reste attendra. La colère elle aussi, celle-là qui n'est que trop présente dans chacune de mes réactions, dernièrement plus que jamais. Non, va au diable, fiel sans fin. Laisse-moi un peu de calme, sans me harceler. Laisse-moi profiter de ses lèvres. De son sourire. De sa présence. Ces bras autour de mon cou.

- Je ne suis pas sûr que Sambor soit un cheval « Disponible ».... Mais tu peux tenter ta chance, si tu y tiens.

Elle s'en rappellera sûrement ,de ce cheval un peu trop empressé, un peu trop grand. Un peu trop agressif, à bien des égards. Et si elle avait réussie à obtenir de lui qu'il ne la vire pas de son dos dés qu'il est y montée, ce serait une autre paire de manches que de le maîtriser seule. Alors c'est proposé en un regard tout aussi moqueur que le sien, celui qui dit « Tu peux, oui. Mais ce ne sera pas sans chutes et péripéties de cet acabit. Nombreuses »

Quelques mains chaudes se détachent de sa taille, pour aller agripper la peau d'une longue cape épaisse, faite d'un grand col de fourrure. Tromper le froid du dehors, car il est rude. Sans se faire prier, une petite Salamandre jusqu'ici oubliée va se cacher dans l'encolure pour elle aussi se protéger de ce vent de glace. La porte s'ouvre, le vent claque, et les pas commencent à s'enchaîner doucement, jusque vers une ferme un peu plus loin, loin de tout. Les pas, puis les pensées. Et les regards. Les pensées et les regards tournés vers cette petite femme qui marche à mes côtés. Des pensées bruyantes et des regards bien peu discrets. L'euphorie silencieuse des premières secondes de retrouvaille se manifeste de nouveau, maintenant que quelques sentiments plus néfastes se sont tus. Une joie qui hurle sans mot, inscrit dans ces prunelles abysses un peu plus pétillantes, ce sourire un peu moins forcé, ou morose. Un soufflement de nez entre deux pas.

- Et t'as été croire que j'aurais pu t'oublier... C'est vexant, tu sais ?

Et de nouveau, une main saisie. Comme si le corps refusait d'y croire encore. Qu'il avait besoin de sentir cette chaleur concrète pour s'assurer que ces retrouvailles ne soit cette fois-ci pas fantasmées, mais bien réelles.

- Puiiiiis... Ce poison, ces fleurs... Il est arrivé quelque chose pour que tu prennes peur même du plus simple contact ?

Elle avait parlé « d'autres », quand ça a été mentionné. Peur de me faire du mal, qu'elle disait... Tente-moi, seulement. Tente-moi, et vois comme j'irais le moquer, ce poison.

- Tseh. Donc quoi, tu te bats en lançant de jolis bouquets de rose tous mignons comme l'autre ahuri, maintenant ? Waaaaaaaw....

Tu n'y couperas pas, à ces moqueries. Certainement pas.
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Sam 4 Fév - 19:00
"Zvezdan...", avait-elle soufflé doucement, intimidée par l'élan de colère de ce dernier. Il ne comprenait pas tout mais sa déchéance était visiblement plus compréhensive que les péripéties mille fois réitérées dans son esprit. "Zvezdan...Calme toi. Ce n'est pas toi qui vient de me dire que je pouvais souffler? Hm?"

Des geôliers plus cléments, un abandon déclenché. L'histoire est une brume dans son esprit, un peu lointaine et stagnante. Il serait bien compliqué pour elle de penser ainsi: Elle n'aimait pas se prononcer sur la distinction de ce qu'elle appréciait, de ce qu'elle haïssait. Alors oui, cette faute...Etait simplement un changement drastique pour lequel l'ancienne Lyumnades n'avait plus d'appui ni même d'intérêt, plus de courage ni même de rêves.

Des choix, elle en avait fait pour un idéal qu'elle avait autrefois connu.

"J'ai été l'Urodèle, et je ne suis pas totalement sûre d'arriver à me détacher de quelques habitudes. J'ai surtout été forgée ainsi, par deux forgerons que je n'oublierai jamais." Au moins par elle. "Portée à merveille...Oh, c'est comme un couple, ce lien avec une Ecaille. Ca a ses hauts et ses bas, ses moments de complicité et de duplicité. J'ai aimé comme haïs les Lyumnades..." La seule chose qui lui restait, à cette époque. Un vestige du passé qu'elle n'omettrait certainement pas de sitôt. "Mais je ne veux pas éveiller une colère dont je n'aurai pas la moindre maîtrise. J'ai déjà échappé à la mort et...C'est plutôt pas mal. J'étais destinée à cela finalement, en étant privée de mon Ecaille. Mais pour aller où, si je survis? C'était cela, ce qui lui manquait. Il y avait de cela quelques mois, elle s'était rendue sur ces terres protégées par Athéna, terres qui n'avaient pourtant pas eu grand chose à lui offrir. Ce n'était pas l'heure, qu'elle s'était dit. Et si Ariane revenait...Alors elle espérait que cette fois-ci, quelqu'un saurait au mieux répondre à ses questions, une bonne fois pour toute. Ce mal et ces Fées, cette Mélusine et la bête serpentine qui sommeillait désormais en elle, atténuée par une maigre volonté et une simple Escarboucle, ce n'était qu'un mirage du chemin à prendre. Un choix pas encore fait. Amour réfuté ou Haine avouée? Hésitante, elle s'était prononcée. "J'ai peur d'être guidée par un simple instinct. Je suis, en quelque sorte, une ancienne arbitre des cœurs, tu sais? Parfois...Il m'arrive d'analyser mes propres réactions. Et d'écouter un peu la Raison. J'ai été Tribut d'Athéna après tout."

Parfois seulement. Bien sûr, qu'il y avait cette indéniable envie d'écraser ceux qui se dressaient sur son chemin. Certains plus que d'autres. Une tyrannie nouvellement atteinte. Autant continuer à glisser plutôt que de déraper sur la surface glacée qu'était la vie.

"J'ai peur de céder à une colère qui me dépasserait. A une envie qui me dévorerait lentement, ou tout du moins, ce qu'il reste de moi. J'aimerai me mettre en colère mais je me rends compte que ce n'est pas si simple et que tout est en réalité plus délicat." Ca l'avait toujours été. Elle avait apprécié son attention mais force était de constater que cette haine éprouvée à l'encontre des saints la faisait réfléchir. "Je ne sais pas Zvezdan. Est-ce qu'on peut réellement haïr quelqu'un qui ne nous tue pas totalement? Qui se montre..."presque gentil?" "Ils" n'étaient pas si méchants..."Ces putes et ces bâtards"..."

Oui, pouvait-on les haïr, ces gens? Comme Bélisaire? Comme un spectre? Comme un Cardinal? Comme le Légat? Ou comme Mélusine...

Dérangée. Peut-être bien un peu perdue, plus qu'elle ne l'avait été auparavant. Aucune notion de vengeance vis-à-vis du géôlier, si ce n'était celle factice d'un caprice. Un doute qui s'intensifiait, plus que lors de son retour à Atlantis. Après tout, Ariane avait eu un rappel, celui de l'échec. Celui de la perte, celui des liens dénoués.

Rancœur cachée. Peut-être bien qu'elle exploserait un jour. Mais pas face à lui. Du moins l'espérait-elle, pour ces efforts qu'il faisait. Les joues rouges par son aveu, pour tout ce qu'il faisait pour elle, elle le remerciait dans son regard. Commençait presque à l'admirer, comme pour cette seule et unique personne qui avait obtenu une telle émotion. Ce père adoptif.

Mais lui était en vie. La supportait dans ses doutes éprouvés. Et leur lien était différent sur bien des points. Un rire émergea de ses lèvres, léger, guilleret dans son intonation. Déjà, la jeune femme des plus farouches lui avait déposé un chaste et succinct baiser sur les lèvres, sans prévenir, sans trop s'encombrer des conséquences pour l'heure.

"Désolée...Mais après tout ce temps, sans nouvelles, j'ai pensé que tu aurais peut-être tourné la page. Et j'aurai compris."
Ariane soupira. "J'aurai préféré te voir heureux et sauf après tout."

D'un mince sourire, en passant la porte de la cabane, elle avait adressé un regard souriant à l'idée de s'avancer dans le froid à ses côtés, ne détachant aucunement sa main de celle de son amant. Amant moqueur, amant qui l'observait non sans un éclat de moquerie dans ses orbes plus noires que les abysses.

C'était toujours mieux que naviguer seule sur les vagues aléas de la vie.

Peut-être était-ce pour cela qu'à sa question, Zvezdan n'obtint qu'un dodelinement de la tête, hésitant et subjectif. Ce qui s'était passé en dehors de la ville restait pour l'heure dans le silence d'un secret. Le silence de la Mort également; son Cardinal représentant en avait été le spectateur après tout. Pas même condamné à l'au-delà, il était tombé inconscient la dernière fois qu'elle l'eut vu. Tout en marchant en la direction de cette ferme, ses lèvres closes avaient bien décidé, face à l'interrogation, la verdure humide de l'herbe et le Vandale qui lui avait manqué, à prononcer ses vérités.

"Oui...J'ai passé un moment en dehors de la ville" Devait-elle encore une fois tout expliqué? Quelque part, l'ancien assassin savait ses paroles plus que claires dans leur fond. Toutefois, elle s'était rappelée de Konstantinos. De la Mort, de la vraie. "Comment va le Cardinal de la Mort? La dernière fois que je l'ai vu, il était...Fatigué. Mais, il a adoré mon spectacle de magie et de théâtre, je suppose."

Cela avait été un sans faute, après tout. Une disparition et une apparition digne de ce qu'elle avait été, assassin parmi les ombres, dans un combat où toutefois la mort n'avait pas sévi. Enfin, normalement. L'ancienne Urodèle l'espérait.

Ô, pauvre Cardinal...Pourquoi en riait-elle mentalement alors?

Ah, oui. Ce genre de situation lui manquait, beaucoup. Et c'était peut-être le principal regret qu'elle entretenait à l'égard du poison qui parcourait nouvellement son corps, ses veines, son sang. Elle ne savait plus, mais ici au moins, avait-elle ce droit. Ne pas connaître l'intérêt de continuer sa vie de mortelle, une vie vouée à la Mort. Parce que l'existence était cette chose cruelle qui la vouait à faire des choix selon l'ordre cosmique. La Destinée, le macrocosme. Et cette vie sans frontières lui faisait peur. Elle lui instillait cette idée fixe, une idée qui avait commencé ses débuts en graine depuis la grande Exode et qui germait petit à petit. De tribut, je suis devenue cette prisonnière condamnée à cette étrange liberté. A la liberté, à ces choix qui raccourcissaient ou non le chemin vers la Mort, comme tout le monde. Alors au loin, comme pour la couper de ces réminiscences sans fin, elle avait entraperçu un bâtiment, de ce qu'elle supposait être la célèbre ferme.

Car ces pensées n'avait plus d'importance. Les pas de la jeune femme s'étaient intensifiés par impatience.

"Hm, j'ai bien peur d'être relativement mal à l'aise pour me battre avec ces fleurs. J'utilise un substitut d'ici là, pour m'y faire...Je suis un peu nulle, j'aurais besoin d'entraînement." Un moyen détournée pour dire qu'elle ne maîtrisait pas ses capacités, parole à laquelle la jeune femme se gratta la joue sous une forme de malaise implicite. "Je ne joue pas de cette manière-là avec la vie, habituellement. J'ai toujours préféré la faune à la flore. Les illusions à la réalité. Mais va savoir..." Un air de défi parfaitement éclairci passa sur les traits de la jeune femme. "Ca te plairait peut-être bien, cette lubie de la fleuriste. En particulier lorsque l'on fait dans la voyance et les rêves de guerre..."

Quel cadre romantique. Etrange cheminement. Il était vrai qu'elle n'appartenait plus à la caste des illusionnistes...A la caste des manipulateurs. Enfin, c'était relatif. Le temps prouverait ce pourquoi elle était peut-être bien destinée.

Oh, certainement pas à une chute du ô combien célèbre cheval de la Guerre.

"Bah voyons." Taquine, elle s'était rapprochée du Cardinal, dos contre son torse. "Je connais les animaux belliqueux, plus que tu ne le penses. Parfois...Ils me font penser à toi. Un peu désobéissant, au tempérament impatient. Ce n'est pas si simple à approcher, tu sais..."

Comme pour appuyer sa minauderie, elle s'était laissée tomber dans les bras du Cardinal pour laisser courir ses lèvres sur le cou de la Guerre, puis sur cette mâchoire un peu plus haut. Quant à sa main, elle était venue épouser un instant sa nuque avant de s'en détacher. L'hésitation n'était plus, mais cette froideur n'était pas sienne. Et Zvezdan pouvait résister au poison dans une certaine mesure...Du moins, c'était ce qu'il lui avait montré. Face à Teigne, face à elle.

Confiante, elle s'était laissée guidée jusqu'à se retrouver devant la ferme, d'où Zvezdan avait décidé de l'initier. Drôle de choix pour un rendez-vous galant. Mais c'était là leur comble, entre un Cardinal et une ancienne Marina qui n'aurait eu d'autres chances que de s'affronter en temps normal, pour des idéaux non partagés.

Concentrée, elle avait constaté qu'aucune présence ne gardait ces lieux, étrangement. Et pénétrant presque dans l'étable, elle s'était retournée un instant, puis s'était approchée des quelques montures accrochées à une barre de bois. Certes, si la plupart des bêtes équestres étaient en liberté, celles-ci semblaient plus dociles, moins paniquées. Du moins, pour l'heure. Réjouie, Ariane passa une main sur le flanc d'un cheval, peut-être bien arabe.

"Ils sont beaux."
Continuant à flatter le pelage de la bête, Zvezdan avait de nouveau toute son attention. "Tu...Penses t'y prendre comment, si ce n'est sambor?"

Grande question. Une mince boule d'appréhension lui prit le ventre. Bien sûr qu'elle savait monter, mais quant à égaler ou rivaliser le Vandale et ses moqueries, la maladresse serait à éviter. Et là voilà presque redevenue petite fille en cet instant, cette ancienne Tribut.

Oui Zvezdan, beaucoup de choses se sont envolées...


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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Mer 22 Fév - 12:46
Le calme. C'est dur, tu sais, tellement dur... J'aimerais être calme. J'aimerais pouvoir te rassurer plutôt que t'inquiéter de ces éclats de voix. Mais je peux pas. Pas avec ce que tu m'annonces, avec ces choses qui tombent les unes après les autres. Ça m'enrage. Ca-....

Ca se calme. Pour cette voix avec laquelle tu me le demande, pour ce regard. Un poing qui s'ouvre en une main plus douce, un incendie qui s'éteint dans les yeux. Une longue inspiration, puis une expiration au moins tout aussi longue. Oui, tu as raison. Tseh, tu parles d'un hôte. Je te parle de calme et de repos, puis la minute d'après... Un soupir, un sourire résigné. Un regard coupable, une main serrée.

- Oui, oui... Tu peux. J'ai juste peur. Colère, mais peur, surtout... Peur de ce que tu me dis.

Peur de ce que je ressens. De ce que je ne ressens pas, aussi. Je ne sais pas si tu leur en veux, à ces Saints. et... Ca me dérange. Une part de moi – égoïste – voudrait te voir pleine de rage à leur encontre. Que l'on partage quelque chose d'autre. Que tu comprennes c'est quoi, ce truc qui ronge, à l'intérieur. Mais nos réalités semblent différentes, sur ce point-ci. Il m'effraie, ton sentiment. Incompréhension craintive. Ou peut-être au contraire que je ne comprend que trop bien. Et que je n'aime pas ça.

Je n'aime pas ça, mais je suis rassuré. Parce que je sais ce que c'est, que de suivre une voie vengeresse. Et je n'ai pas envie de t'y voir, au fond. Ou alors oui ? Tsh. Je sais pas. Je sais plus. J'aimerai te voir extatique, à faire couler le sang de tes anciens geôliers. Mais je détesterais te voir mangée par la Rage, réduite à ce à quoi je suis réduit, lorsqu'elle prend le contrôle. Sentiment dangereux, puissant, parfois plus que celui qui l'éprouve.

Et je l'éprouve un peu moins, parce que je veux arrêter. Au moins un instant, pour ne pas te faire de mal, te décevoir. Tu es bien la seule pour qui j'irais faire cet effort. Effort nécessaire, pour écouter la suite. Entendre parler de ces deux forgerons. Y être curieux, mais garder ça pour plus tard, parce que ce n'est pas le moment. Entendre cette comparaison, sourire. Oh, tu sais comme je brûle d'être ton écaille, Ariane. Les hauts, les bas, ça me connaît. Mais je crois que je préfère. Souffrir un peu, si ça me permet de de sourire un peu par la suite. Plutôt que de complètement m'enfermer dans la haine. Même si ça aiderait, par moments. Oui, des fois je préférerais envoyer ce monde bouler, ne plus rien considérer, si ce n'est mes propres ambitions, projets, lubies. Berserker. Bête sauvage, égoïste et capricieuse, sauvagerie intéressée. Ca m'a tenté plus d'une fois. Ca m'a pris plus d'une fois. Mais je ne compte pas encore m'y abandonner totalement. Pas avec toi pour m'en empêcher. Et je t'écoute, à penser ça, avec ce petit sourire songeur.

Si tu savais, Ariane.
Si tu savais à quel point tu es importante, pour cet imbécile trop prompt à s'attacher. Une nuit, des mois à garder le contact grâce aux Salamandres, et déjà... Déjà, des rêves de retrouvaille, des élans passionnés, des craintes et inquiétude. Vivant. Par autre chose que quelques desseins belliqueux. Ca fait du bien, de se sentir en vie autrement qu'en saignant. Soi ou autrui. Sentir que ça bat plus fort, que ça rougie les joues, que ça enflamme le corps. Et c'est important, parce que cet imbécile y devient accro. Dépendant. Qu'il a déjà connu la perte, et qu'il a failli en sortir brisé. Je ne suis pas brisé, non, mais les fêlures restent trop nombreuses, parfois invisibles, parfois plus évidentes. Et je le sais. Je suis lucide sur cette réalité. Miraculé dont l'esprit tient encore debout par un prodige bien curieux. Nous, c'est le quitte ou double qui scellera les choses. C'est le pari, Ariane. Ton amour pour m'apaiser, tes malheurs pour me courroucer. Risqué, hein ? Ouais. Ouais... Mais je n'ai rien demande de cette nuit, moi. Je pensais passer une simple et énième soirée de débauche dans cette taverne. Puis tu t'y est invitée. Et au fil des heures, les signes. Les envies. Les rapprochements. Comme des gosses un peu naïfs d'eux-mêmes. Tu la supporteras longtemps, l'ire incontrôlée de ce Vandale de haine ?

Peut-être.. Peut-être, si je la garde pour moi, comme quand tu me parles de ces Saints « presque gentils ». Oh, en un autre temps, face à une autre personne, la réponse aurait été vite vue. Mais toi, tu me forces à relativiser. Réfléchir. Oui, parfois, il faut savoir écouter la Raison, j'imagine...

- Au contraire, Ariane. Il n'y a rien de plus facile que de céder à la colère. C'est les conséquences qui sont difficiles, cruelles.
Des fois, je n'ai pas envie de comprendre, pas même d'essayer. Je veux m'enfermer dans ce cocon de fureur, et nier, nier à ne plus en finir. Hurler ma réalité assez fort pour ne pas entendre les autres clamer la leur. Parce que je ne veux pas l'entendre. J'suis un peu un gosse encore, j'crois...Enfin, ça, tu l'as déjà vu...


Retour à ces pleurs, dans une tente. A la réaction d'un traumatisé face au trauma. J'ai un peu honte, à y repenser. Trop de faiblesse dévoilée. A presque t'utiliser comme mère de substitution, le temps d'une étreinte. Puis c'est un peu malsain, à y repenser.

- Ils étaient peut-être gentils. De souriants gardiens qui amenaient la mélasse dans une assiette en souriant, qui demandaient des nouvelles. Mais des geôliers tout de même. Une liberté volée. Des frères d'armes tués, sûrement.
Je peux pas te répondre. Je me suis trop souvent surpris à vouloir les saigner à en repeindre le Sanctuaire de rouge pour le pouvoir. Ils ne m'ont pas tués totalement. Mais ils sont derrière ceux qui ont détruit beaucoup, pour moi. Ils sont ceux qui ont tué les derniers frères d'une grande famille exterminée.


J'aime pas parler de ça. Ca doit se voir. Tsh, je la voit d'ici, la veine de courroux qui pulse à ma tempe. Tandis qu'une poigne se renforce, qu'un regard plonge dans un autre.

- Tu as le droit d'être en colère, Ariane. C'est dangereux, la colère. La Vengeance plus encore. Mais ça peut avoir du bon. Ca peut être juste. Et de ce que tu m'en dis, ce serait juste de l'être, pour ce qui t'es arrivée. Pour ces gens qui ont oubliés ton sacrifice.

Oui, tu peux les haïr, ceux-là qui n'ont eu comme seule gratitude à ta captivité que de te retirer une part de toi. Je ne comprends pas. Sûrement que je ne comprendrais jamais, car je n'ai pas toutes les cartes en main, je ne sais pas tout. Mais j'en sais assez pour hurler ces mots furieux pour toi, oui. M'emporter.
Deux silhouettes finissent par se lever, à l'annonce du forfait à venir. Un fermier qui grognera dans le froid, plus tard. Peut-être qu'il ira nous maudire. Et on sera là, à rire. J'espère. Des lèvres contre les miennes, avec un sourire surpris pour les accueillir. Agréable surprise. Tourner la page, tu dis ? Tseh. N'y pense même pas.

- Continue de rire et d'être réelle, si tu veux me voir heureux. J'ai passé trop de temps à ne l'entendre qu'en mirage, ce rire.

C'est dit d'un ton plus doux, presque pudique. Pourtant, ça ne me gêne pas de les avouer, ces songes trop émotifs. Oui, j'ai assez ressassé mes peurs à craindre de finir par perdre un énième lien. Celui de trop. J'ai plus envie. Mieux vaut en profiter tant que ça dure, plutôt que de regarder l'horizon avec un regard inquiet. Et tant pis si ça ne dure pas, tant pis si les choses finissent mal. Tout ça, c'est plus tard.

Alors j'arrête de pleurer le passé et appréhender l'avenir, pour apprécier le présent. Cette main liée, cette marche commune, vers ces plaisirs si simples, triviaux. Aller dérober un cheval dans la nature, en voilà une mission d'envergure pour des Généraux et Cardinaux, hm ? Serviteurs des Dieux, monstres de puissance.

Mais aujourd'hui, homme et femme, sans plus de considération. Dans tout ce qu'ils peuvent avoir de léger.

Ce que j'ai moi tout du moins, à apprécier d'avance les éventuels hurlements courroucés d'un propriétaire privé de son bien. Ne t'en fais pas, pauvre homme. J'irais te le rendre, ton canasson. Peut-être. Et peut-être était-elle mal-à-l'aise, avec ce pouvoir dont elle me parle. Je me moque gentiment, mais il y a quelque chose, derrière. Oui, j'imagine bien les limitations et craintes, avec ce sang qui coule dans tes veines. Mais tu l'as vu, à moi il ne me fait pas peur. Alors j'écoute simplement, à toujours me noyer dans ces yeux, resserrer cette étreinte. Froncer deux sourcils perplexes, sur la suite du discours. Ca, puis finalement, un sourire.

- Je suppose aussi. Oui, j'imagine que tu lui en a fait voir de toutes les couleurs. Surtout du rouge. Je l'ai même pas encore croisé celui-là, à vrai dire. Il paraît que la Cuirasse a trouvée un nouveau porteur, qu'il a longtemps voyagé avant de revenir au Dédale. Du reste... Parait qu'il est bizarre. J'sais pas, j'm'en fous... Ils s'enchaînent et se ressemblent à ce rythme.

Mais où t'as pu le croiser, celui-là ? Et... Heh, porte-t-il mieux encore son titre qu'il ne le devrait grâce à toi, ce Cardinal de la Mort?


J'imagine que je devrais être courroucé, si c'était le cas. Et pourtant. Aucune affect pour cet inconnu de collègue, supposément allié. Non, pas vu comme les Cardinaux s'envolent trop vite. Maudite Guerre. Maudits Oracles, ou que sais-je, ces espèces d'envoyés d'Apollon.

- C'est que je pourrais presque m'inquiéter, à pas l'avoir croisé entre temps. Presque. Rictus espiègle, preuve d’insouciance. Ceci dit, l’œil trahit autre chose. Curiosité. Et qu'est-ce qu'il a bien pu faire de si terrible pour s'attirer tes piquants, jolie rose? Souvenir d'un compliment déjà fait, il y a des nuits de ça. Un rire, un songe. Heh, j'pensais pas être si proche de la vérité, à l'époque...

Mal à l'aise, tu dis. Sans blague. Je l'ai senti, oui, trop à mon goût. Mal à l'aise, mais capable de tenir tête à un Cardinal sans même posséder d'Armure. Mince sourire. De ceux qui disent : ne te fais pas plus petite que tu ne l'es. Un sourire qui prend une teinte plus intéressée, un regard miroir au tiens. Peut-être. J'en connais au moins la force et la dangerosité, pour l'avoir expérimenté moi-aussi. Fleuriste de Grand-Pope. Sourire plus amère, mais tout de même encore présent. Pas maintenant.

Plus tard, oui. Maintenant, ce dos contre moi, ces mots pour me décrire. Ces lèvres dans un cou sensible, cette main dans ma nuque. Des yeux se ferment, un soupir d'aise s'échappe, et les bras se referment autour, à couvrir un ventre de leur présence. Et toujours ce nez perdu, à respirer son odeur. S'imprégner, s'habituer à cette nouvelle senteur. S'enivrer.

- Tu t'y prend pourtant très bien, hein... Ton amusé. Tenté, aussi. Tu sauras les supporter longtemps, les élans colériques de ce drôle d'animal ? Une main qui remonte jusque dans ton cou, à caresser du bout des doigts.Bien que tu saches les calmer, ces colères.. Oui, un pouvoir bien rare, que tu as là. Précieux, j'aime à penser. Et quand tu te détaches, une main pour te retenir. Puis te ramener, face à face, cette fois-ci. Un moment comme ça, collé contre toi, à te darder du regard comme je le fais plus intensément depuis que la colère est retombée. A y chercher la même lueur que celle que j'ai vu naître cette nuit, il y a quelques mois. Celle qui m'a fait battre plus fort, plus saccadé. Quelques secondes, puis un sourire. Un baiser, moins chaste que le tiens, plus passionné. C'est aussi ça, cet animal belliqueux dont tu parles. Des embrassades qui se succèdent, sans que je ne m'en lasse. Tout au contraire. Et ce rictus, contre tes lèvres, pour le dire une fois séparé d'elles. On avait des chevaux à emprunter il me semble, non?

C'était bien ça. Alors la marche continue, jusqu'à y arriver, à la fameuse ferme. Y pénétrer, dans la fameuse grange. Tout ça sans tomber sur l'habitant des lieux. Une moue déçue viendrait presque me titiller le visage, à cette idée. Malgré tout, des pas qui mènent jusque vers quelques chevaux, d'apparence robuste. Un air pensif, puis une main qui va caresser la bête déjà approchée par Ariane.

- Eh bien, il semblerait que tu aies fait ton choix. Calme, plus que je n'ai l'habitude de l'être, face à la bête. Communion silencieuse, et finalement, quelques gestes pour le détacher de cette barre.Puis je me retourne, l'air guilleret. T'en fais pas pour ça. Monte-y donc, celui-ci me semble bon. Une prise pour t'aider à y monter, puis comme auparavant, une présence dans ton dos, des bras qui viennent longer les tiens pour aller guider ces mains sur la bride.Un souffle non loin de ton oreille. Laisse-toi guider... Je lâcherai un peu au fur et à mesure.

Et à peine le temps de finir ma phrase qu'un autre canasson se dessine d'entre les arbres, avec une silhouette montée dessus. Tseh.

- Tiens, il choisi bien son moment pour rentrer, lui...

A toi de nous sortir de là, Salamandre.
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Sam 11 Mar - 2:34
Ce que tu me racontes Zvezdan, c'est notre peur commune.

Souviens toi Zvezdan, qu'une Salamandre de feu ou d'illusion n'est jamais véritablement belliqueuse, qu'importe son allure ou sa taille. Qu'importe son intrépidité ou sa couleur. Et si cette couleur est vive et agressive, elle l'est bien plus pour être amusante de base. Tout cela n'est qu'un moyen de défense. Mais pouvait-on parler de défense en cet instant? Nul danger ne la guettait, si ce n'était un amant furieux de la voir ainsi douter, ou ainsi pardonner.

Elle-même n'avait jamais compris pourquoi son cœur ne ressentait que des émotions contradictoires envers le Sanctuaire d'Athéna. Stupéfaite, Ariane se laissa aller dans la contemplation d'un Vandale en pleine expiation, lui qui expliquait la réalité de sa haine tout haut. Et tout bas, un sourire bref s'installa sur le visage de la jeune femme, se surprenant à se laisser porter par aucun autre instinct que celui d'accepter les ressentiments et les aveux de ce dernier. Ce fut sa main qui rencontra sa joue, qui déroba d'une caresse, d'un aléa plus tendre à cet homme pris d'un élan de colère vis-à-vis des autres, de lui-même, de son enfance.

"Un gosse? Et moi, je serais quoi alors? A m'écouter parler "ainsi" de mes geôliers, à me voir changer d'allégeance face au doute?" D'un œil pétillant, il n'était plus que le dernier vestige d'un esprit taquin et joueur, celui d'une ancienne Lyumnades vouée à autre chose. Vouée à ses propres ambitions et sa propre liberté: c'était ainsi. "Tu n'as pas tourné la page, mais d'entre tous les Berserkers, pourrais-tu me contester si je te disais que toi, tu es différent? Que tu ne laisses pas non plus complètement tes ressentiments s'échapper au premier instant? Je ne te demanderai ni d'oublier, ni de nier Zvezdan...Je préfère que tu te reprennes petit à petit, quoique..."

Elle était ainsi. Son emprise se détacha de sa manche, son regard se porta au sien. Ils ont détruit beaucoup de choses mais il ne tient qu'à toi de voir ce que tu as reconstruit. Après tout, peut-être que sans toutes ces circonstances, Ariane ne l'aurait jamais rencontré? Jamais vu. Jamais connu. Les paroles passèrent davantage par cette circonstance qu'elle pensa juste, plutôt qu'au pessimisme en cet instant.

Peut-être grâce à lui, finalement. Dans leurs doutes, ils avaient le mérite d'être à deux en cet instant, et c'est ainsi qu'Ariane le vit, s'imaginant pourtant cette réalité que tous deux s'étaient dissimulés.

"...Je suis certaine que tu dois être sublime dans ta Cuirasse pourtant."

La parole n'est pas d'une même minauderie qu'auparavant. C'était là l'enjeu de l'attirance, éventuellement du danger, mais également de cette possibilité à tendre le Présent. A un homme bloqué dans son passé. Qui sait, peut-être avait-elle faux dans cette rédemption? L'ancienne Urodèle ne le savait nullement. Mais elle aussi, reniait cette colère qui tambourinait dans son cœur, haïssant bien plus l'oubli qu'autre chose.

"Un jour, parviendrais-je à me mettre réellement en colère, oui...Quand j'y repenserais sans être l'un de ces électrons libres."

Mais l'heure ne sonnait pas encore ce tocsin là. Moins troublée, la marche se fit pourtant plus timide, là, sous un ciel recouvert par la pénombre d'un ciel étoilé. Et avec pour seule compagnie, le chant des grillons. La maison avait laissé place au blanc de la neige, illuminant leur paysage commun, mais à l'évocation ouverte de la Mort -ou plutôt de jadis son Cardinal-représentant-, le temps s'était comme rembruni. Du moins, par un doute qui naissait dans son cœur. Qu'était-il advenu de cet homme? Le regard levé, celui-ci alla se perdre un instant dans une contemplation silencieuse seulement bercée par le bruit de ses bottes. Mais une contemplation réfléchie toutefois.

"Je pense surtout que c'était l'avantage des multiples expériences...Ce cardinal y est peut-être allé doucement, mais...Mais tout est allé vite. J'ai senti quelque chose aller pourfendre mes émotions, les enflammer subitement."


Des guerres, la Gallo-romaine en avait vu. Des assaillants également. La survie était son domaine après tout. Mais plus propice encore à cette explication, fut cette étincelle plus violente et sauvage que lui procurait sa proximité avec la Vouivre. Ce fut sous un sursaut qu'elle regagna son sourire.

"Et puis, on n'a pas si facilement une magicienne non plus!"

Un rire ironique se perdit dans le lointain, tandis que les deux jeunes personnes s'étaient approchées de l'étable. Là, elle repensa à ce drôle de..."destin". Une rose? Elle n'avait jamais réellement désiré en être une. Ou peut-être que...Non. Ca n'avait jamais été une garantie. N'avait jamais été possible non plus. De tout son temps, elle avait été Lyumnades. Paria assassin, joueuse des cœurs et des étreintes mortelles. Mais ces boutons de fleurs à peine éclos en étaient-ils une preuve?

Mi clos, ses lèvres se turent un bref instant. Puis enchainèrent leurs révélations, suite à ce silence invoquée:

"Je ne pense pas l'avoir tué, je n'ai joué qu'un tour de passe-passe...Je crois. Mais il aimait trop la Mort pour autant l'admirer, c'est certain..."

Une brève hésitation s'installa en son cœur. Expérimenté? Voulait-il signifier qu'il avait rencontré une autre personne capable de créer ces mêmes roses? L'espace d'un instant, Ariane pensa au Grand Pope. A Nimuë. A toutes ces personnes qui avaient été capables d'invoquer entre leurs doigts ces roses épineuses et létales. Gracieuses toutefois.

Et curieuse, la jeune femme avait terminé par se retrouver face à cette écurie boisée, puis face aux interrogations de ce dernier. Elle sentit sa main remonter de son cou à ses mèches de cheveux, caressant du bout des doigts sa peau et s'amusant de cette étreinte effectuée, dos accolé tout contre celui qu'elle aimait.

"Bien sûr, que je pacifierai ces colères, mon cher Vandale"

Soulevant sa tête, ses lèvres rosées rencontrèrent une mâchoire plus carrée, lesquelles se détachèrent de l'homme en un bref instant...Pour finalement se voir remplacer par un baiser plus passionné. Légèrement surprise, Ariane se laissa pourtant porter par le courant de cet aléa, profitant du bercement symphonique de leurs cœurs, de leur respiration. Du peu qu'elle l'avait connu, Zvezdan avait toujours osé plus de choses. Tout animal belliqueux et apeuré qu'il était, le Berserker rendait sa propre folie contagieuse.

Une folie qui la menait désormais à "emprunter" une monture pour apprendre à ses côtés. Oh, l'ancienne Lyumnades savait qu'il l'aurait guidé, et à peine montée sur ce nouveau fidèle destrier qu'elle pressentait les enseignements de son guide se concrétiser en quelques démonstrations avisées. Son bras longe le sien, ses mains l'incitent à venir se placer sur la bride. Enfin, son souffle la rassure, la pousse à inciter à son compagnon d'avancer au trot...

Jusqu'à ce que les branches d'arbres en viennent à se pousser pour finalement esquisser la silhouette d'un farmier. A elle de jouer? Mais à quoi donc? Ses sourcils s'étaient froncés et elle s'était tendue. Réfléchissant à toutes les possibilités qui s'offraient à elles, chacune d'entre elles étaient particulièrement dangereuses, de quoi faire pâlir les ombres d'un visage masqué.

"Enfin...Zvezdan, je ne sais plus véritablement camoufler ou illusionner quelqu'un désormais"

Le bruit se rapprochait pourtant. Toc, toc, toc...Non, il s'intensifiait.

Le fait d'être repérés n'était désormais plus qu'une question de temps. De son côté, Ariane devinait à son cou un sourire mutin. Elle le pensait se former doucement sur ce visage pourtant si moqueur, tandis que son esprit se sentait devenir une proie face au soupçon. Quémandant un peu d'aide, la direction fut telle que les deux montures commençaient à se distinguer de façon plus claire.

"Eh! Vous là!"

La voix qui s'y éleva lui fit l'effet d'un seau d'eau glacé. Tirant sur la bride d'un mouvement brusque, le cheval dérapa et prit une vitesse sans pareille, galopant librement dans des plaines sans pareil. A son passage, Ariane avait laissé une rose derrière elle, laquelle diffusa son bien étrange parfum d'une dose presque maîtrisée.

Cela n'empêcha pas l'homme de continuer à les poursuivre, quoique légèrement groggy. Vers l'arrière, chacune des deux personnes pouvaient entendre le deuxième cheval approcher dangereusement. Malheureusement pour eux, l'homme était perspicace...Quoique découpant sur les obstacles de la nature, plusieurs buissons de feuilles et branches en bois, celles-ci eurent bien fini par avoir raison du fermier. Une épaisse ramification de bois l'assomma en plein galop.

Pourtant, Ariane n'arrêta pas véritablement la monture de claudiquer, intimidé cela dit par la vitesse que la bête maintenait pour eux. Cette poursuite avait tout l'air de ressembler à cette course qu'ils avaient connu quelques mois plus tôt, dans une même ville. Cela l'avait ramené à penser à leur première rencontre, à ce qui en avait découlé. Finalement, la jeune femme s'était sentie à même de mener la conversation. Une conversation sur leur passé commun.

"Est-ce véritablement un changement pour toi?" La question s'était posée entre deux bouffées d'air frais, profitant encore de cet instant malgré une interrogation principale après tous ces mois. "...Que je ne sois plus la Salamandre? Qu'est-ce qui t'a mis en confiance, à ce moment là?"

Après tout, ce fut bien ce premier charme qui opéra son effet au premier regard. Un effet certes curieux et bien loin de la réalité de ces jours.





Dernière édition par Ariane le Dim 12 Mar - 0:01, édité 1 fois
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Sam 11 Mar - 23:35
Je vais finir par me trouver pathétique, à ce rythme-ci.

Je t'ai pas attendu des mois durant pour ça. Pour t'harceler avec mes démons et mes doutes. Non, tout le contraire. Et pourtant je suis là, à te montrer toute cette faiblesse que j'ai pris soin de ne surtout pas te dévoiler, la première nuit. Tout, brisé. Peut-être... Peut-être est-ce pour le mieux, que tu saches. Que tu saches comme c'est instable, ce cœur qui bat pour toi. Qu'il tambourine un moment au rythme des papillons dans le ventre, puis un autre à celui des percussions du champ de bataille.

Et ça passe de la colère au spleen pensif. Une pensée coupable, à se maudire de ce peu de maîtrise. Alors mon regard se perd sur le bois de cette table, un peu ailleurs. Et le poing se serre. Putain... Non... Non, c'est pas ça, que je veux. Je veux pas être ailleurs, pas maintenant. J-...

Et cette main. Cette main, pour me ramener au présent, me sortir de tout ça. Parce que je crois que je n'y arriverais pas, tout seul. Et pourtant... Pourtant, la simple caresse de ces cinq doigts, ce simple rappel, et ça s'envole. Ca disparaît. Tu es forte, pour réussir à m'arracher aux songes. J'ai trop tendance à m'y accrocher farouchement, en temps normal. Mais ce n'est pas un temps normal. Alors tu parviens à me décerner ces oreilles attentives à ta voix, ces yeux qui cherchent les tiens. Une main rejoint celle que tu as déposée sur ma joue, alors que j'écoute. Et déjà, une grimace.

Non, c'est pas... c'est pas ce que je voulais dire. C'est pas ce que je veux entendre. Ou alors... Tseh, je ne sais pas, je... Ca ne peut qu'être compliqué, quand il s'agit de toi, hein, Ariane ? Ces divergences entre plusieurs envies, sentiments, pensées. Heh. J'en arrive à sourire, un peu honteux. Un peu moqueur envers soi-même. Et tu parles, et tu me calmes. Une pogne qui cesse de se contracter, une veine sur la tempe qui disparaît peu à peu. Mêmes les braises, dans ce regard, le peu qu'il en restait. Tout s'en va.

Jusqu'à ce que tu me dises ça, en plongeant un peu plus ton regard dans le mien. Ma Cuirasse. Tu me le dis, et me laisse avec cet air... Perturbé. Décontenancé. Sans trop savoir comment interpréter ce que tu me dis là. Un petit moment comme ça, sans mot, à te fixer de ces yeux qui cherchent. Finalement, un rictus. Je sais pas, Ariane. Je sais pas si lui trouverais tant de qualités, à ce Vandale en armure. En furie. En sang. Car quand je porte la Cuirasse, je porte aussi la Rage et l'hémoglobine. Es-tu bien sûre que c'est sublime, ça?

Tseh. Peut-être.

Je ne sais pas si le cache très bien, le malaise que j'ai, vis-à-vis de ça. Vis-à-vis de la Cuirasse, et de ce qu'elle signe dans la vérité des relations avec ceux qui ne partagent pas la Rage Berserker. Ceux qui ne savent pas. Oui, c'est pour ça aussi que j'ai longtemps erré, à profiter de compagnies d'un temps et de relations plus distantes. Parce que j'ai vite appris comme ça fait peur, cet espèce de sauvage qui sommeille dans le cœur des élus d'Arès.

***

Oui, chez lui plus que chez n'importe qui d'autre. Il le sait Zvezdan, pour avoir sûrement été parmi les plus prompts à tenter de garder une humanité malgré la colère presque surnaturelle. Malgré le sang et la Guerre.Quelques histoires, toujours courtes. Parce que les liens se sont défaits, lorsqu'ils ont vu la Bête dans son regard. On dans ses cris. Voire ses gestes. Apeurés, terrifiés. Comment le leur reprocher ?

Ceux qui ont partagés quelques verres, jusqu'à percevoir cet œil qui haït, jusqu'à assister à une crise, maîtrisée mais déjà inquiétante. Il est terrifiant parfois, ce Vandale qui lutte contre ses démons. Parce que l'on ne sait pas s'il va gagner. Alors qu'il n'a besoin que d'un peu de soutien. D'un peu d'aide venue de l'extérieur. Mais les gens ne combattent pas le danger, ils s'en éloignent. Ils craignent d'une peur lâche, pas d'une peur empathe. Pas celle que lui peut ressentir pour cette femme, là devant lui. Lui a peur, peur de ce poison. Pas parce qu'il pourrait en souffrir, mais parce qu'elle en souffre, elle, au quotidien. Lui a peur d'elle, mais pas parce qu'elle l'intimide. Parce qu'il ne veut pas l'intimider.

Il a peur de cette vie qu'il aime embrasser à pleine bouche, ce Berserker. Ce gosse. Cet enfant privé de famille. Pas tout à fait orphelin, mais définitivement privé du peu qu'il lui reste. Il a peur que le Destin veuille le priver d'encore plus. Alors il n’acquiert pas, pour ne plus perdre. Ne se lie pas, pour ne plus voir disparaître. Mais elle... Oui, Il n'y arrive pas. Comme une enchanteresse, Ariane s'est infiltrée sous sa peau, s'est insinuée dans ses songes, ses lubies. Parce qu'il a cru percevoir cet espoir, dans ses yeux. Espoir fou, inconscient, interdit.

Celui qu'elle n'ait pas peur, elle.

***

Je sais pas pourquoi, mais ce que tu me dis là... J'ai commencé par ne pas comprendre. Et je ne comprends toujours pas. Mais ça me fait sourire. Alors après ce « peut-être » pas convaincu, tu le verras très certainement, ce sourire un peu timide. Un peu caché, maladroitement. 'Tain, j'ai l'impression d'être un marmot gêné devant un compliment trop flatteur... J'sens que c'est pas ça, mais....

Tsh, saloperie de subconscient.

J'essaie de le réprimer, ce sourire joyeux, mais je crois qu'il reste un peu. Je le garde quand on se lève, puis y répond doucement quand on passe dehors, la voix plus guillerette.

- Tant que ça me tombe pas dessus...

C'est dit d'un ton léger, avec un coude qui vient pousser son épaule, taquin. Plus libre, moins grave depuis les dernières paroles. Depuis que je la regarde pour ce qu'elle est, cette femme à mes côtés : un songe trop longtemps intangible, enfin rappelé à mes sens. A mon cœur. Bordel, que tu me rends mielleux... J'vais finir par croire que tu m'as jetée un sort.

Et pas qu'un seul. Après celui-là, celui de la lecture de pensée. Parce que ce que tu me décris-là, je le connais, je crois. Très, trop bien. Cette poussée émotionnelle, soudaine, violente, inarrêtable... Ma main se resserre doucement sur la tienne, un regard inquiet se pose sur toi. Inquiet, puis... Désireux, presque. Drôle de mélange. Je crois que ça me plait, bizarrement, ce que j'entends. Que ça me plait autant que ça m'inquiète. Tsh, t'aimes être contradictoire, con de Vandale, hm?

- Et d'où est-ce que ça a bien pu sortir, cet émotivité soudaine ? Pour peu, j'aurais l'impression que tu me décris... un rire pour répondre au tien, un peu plus vivant. Pas que ce soit une mauvaise chose ! Mais oui, tu as tout intérêt à ne pas te laisser impressionner trop aisément, ma chère magicienne.

Le titre est déclaré d'un ton à la fois enjôleur et espiègle, avec ce sourire malicieux aux lèvres. Oui, tu as tout intérêt, Ariane. Le monde n'attendra pas pour te manger, autrement. De la même façon que tu sembles avoir mangé ce Cardinal. Pas mort, dis-tu ? Oui, certainement pas. Alors... Où ? Tsh. Peut-être s'est-il perdu sur le chemin qui mène à devenir Berserker.

- Tu crois. Je le répète en te fixant, faussement accusateur. Finalement, des lèvres s'étirent, goguenard. Le dernier Cardinal de la Mort que j'ai connu s'amusait à citer la Bible a tout-va, tout sapé d'une Cuirasse faite d'os et de crânes... Alors, ouais, Ils ont cette lubie d'être un peu trop portés sur ça, j'imagine...

C'est dit d'un air distrait, sans vraiment y accorder d'importance. Un regard est trop occupé à vagabonder entre toi et le paysage pour ça. Paysage que je connais, bien, trop, même. Mais il a une saveur différente, à tes côtés. Jusqu'à rencontrer ton dos. Ta nuque, puis tes lèvres. Alors tu penses pouvoir les calmer encore une petite éternité, ces rages ? C'est présomptueux de ta part, petite Salamandre. Mais pourtant, puis-je te donner tort ? Puis-je ne pas sourire de cet air béat, quand tu me réponds ça ?

Non. Pas plus que je suis capable de retenir ce baiser langoureux, intrusif. Possessif. Passion fougueuse, fournaise de souffle. Tambour de cœur. Et les mains se font reflet de cette langue, l'esprit fleurit en quelque chose de plus envieux. Si bien que je n'arrive pas à retenir ces quelques dents d'aller mordiller ma lèvre inférieure, lorsque ça cesse. Que je ne refrène pas ce souffle à ton oreille, ce ton sucré qui murmure ces quelques instructions. Pour finalement y déposer un doux rire, quand je t'entends douter comme ça.

- Ça tombe bien, notre leçon portait sur le fait de galoper, non ?

Alors galope, Ariane. Les illusions ne t'aideront pas ici, même si elles étaient encore tiennes. Et elle s'y met, dans une espèce de panique bonne à m'arracher un rire bien peu discret. Et ça recommence. Ca vent de liberté que j'avais ressenti, la première fois, lorsque l'on a semé ces gardes. Cette euphorie béate, avec elle à mes côtés, d'autres à nos trousses. Même s'il ne s'agit là pas de la plus inquiétante des menaces... Je ris, oui. Je m'accroche à ses hanches, pour tenir malgré la cadence. Je regarde devant, les yeux qui pétillent, la voix qui pousse ces petits rires heureux. Puis finalement, les yeux qui remarquant, la voix qui pousse un éclat soudain.

- HÉRISSON !

Deux mains qui se joignent aux siennes, pour tirer sur la bride et esquiver la pauvre petite bête. En fond, le bruit d'un fermier accueilli tout frais par le bois d'une branche lourde. Un rire, un signe de tête, puis mes mains qui reviennent guider ses mouvements.

- C'est juste un emprunt, promis, m'sieur !

Et de s'en aller en riant, enfantin, puéril.

-----------

- Un peu plus et tu butais la petite boule de pics... Tsh. On revient sur nos pas, je vais chercher Sambor à la cabane.

Et de te guider en contemplant, fasciné, rêveur. Porter ce regard par-dessus ton épaule, caresser ces mains sur le cuir d'une bride. Et t'entendre poser cette question. Pousser un léger soufflement de nez, puis aller reprendre cette habitude chérie de perdre un visage entre tes mèches de ténèbres. Et je te réponds, d'un ton serein.

- Ariane...
Dis-moi, cette nuit-là. Est-ce par ton titre que je t'ai appelée tout le long ?
Par ton statut que je t'ai traité ? Pour ton rang ?
Non. Cette nuit, j'ai soufflé ton nom. J'ai embrassé une femme, une femme que j'ai d'abord appréciée pour sa rumeur, puis pour sa beauté, puis enfin, pour qui elle est. Pas Ce qu'elle est.
Je me suis peu à peu surpris à te voir. Te vouloir. Trop vite, trop tôt. Trop fort. Ca aurait dû me faire peur. Mais... Mais non.


Mais non. Je n'ai pas eu peur. Comme je n'ai pas peur de te dire ces choses, là maintenant. Et pourtant, Dieu sait qu'ils l'ont, cette espèce fierté absurde de se refuser à mettre des mots sur leurs sentiments, ces hommes. Et j'en fais partie. Ou du moins je le pensais jusqu'à il y a peu. Le trot discret du cheval donne le rythme à mes mots, peut-être un peu maladroits.

- Tu te rappelles, quand tu t'es en allée ? Tu m'as dit que j'étais fou, de vouloir te garder auprès de moi malgré... Malgré ça. Je ne finis pas ma phrase, mais laisse bien entendre le sujet. Je suis peut-être fou, oui. Fou de t'avoir eu dans le sang si vite. Fou comme toi tu es folle alors aussi, dans ce cas. Sans reproche, dit d'un rire à ton oreille. Le cœur léger mais à la fois serré, de déclarer ce que je n'osais jusqu'ici te dire que par les regards. Les non-dits. Il n'y a pas de changement, Ariane. Tu es toujours la Salamandre, à mes yeux.

Et les pas du cheval s'arrêtent devant la cabane, en même temps que je te serre tout contre moi, perdu dans ton cou. Que je te l'avoue.

- Et même si tu avais changé, je serais assez fou pour continuer à t'aimer.
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Lun 13 Mar - 20:18
Entre toutes ces phrases et ses compliments, entre les révélations de quelques lubies du danger, Ariane ne savait plus véritablement si elle prônait la sanité de son amant ou la folie d'un guerrier. L'espace d'un instant, la brune pensait lui faire plaisir, acclamant la vision de ce qu'elle supposait être une fierté du Dédale. Jusqu'à ce que la vision d'un visage passablement troublée ne parvienne à la réveiller. A prendre conscience de cette tare qui naissait au creux de son sourire, au creux de ses mots.

Avait-elle dit quelque chose de mal?

L'idée lui effleurait l'esprit sans qu'elle ne puisse prononcer les réalités qui prenaient soudainement forme dans son esprit. Peut-être percevra-t-il lui aussi, l'hésitation qui ponctuait son silence. Qui figeait ses gestes lorsqu'elle daignait tenter de comprendre en l'observant. Parfois, Zvezdan était étrange. Plus encore maintenant que son totem de feu n'était plus à ses côtés pour lui assurer la compréhension de tout sur tout. Au passé d'autrui. Aux souvenirs. Aux espoirs et à leur antithèse.

A leurs souffrances.

Elle n'était pas Lyumnades encore, que la jeune femme avait l'impression de réveiller certaines choses allant au-delà de son contrôle. L'impression n'était guère effrayante, mais pas plus rassurante non plus. Tout au mieux sa main s'était placé sur la sienne lorsqu'il conclut sur un bref et humble "Pas moi". Non, évidemment que non. Encore aujourd'hui, Ariane doutait faire du mal à cet homme qui lui semblait être son dernier pilier. En vie, précisons-le. Celui qui la maintenait encore un peu debout. Celui qui la poussait à avancer en dépit de tout. La précédente Urodèle en aurait eu bien du mal.

Bien sûr, l'atlante qu'elle avait été avait tout perdu. Enfance, allégeance, croyance. Tout cela s'était volatilisé dans les airs, telle une fumée s'évaporant dans les airs, pour aussitôt se condenser de nouveau vers un autre avenir. La brume d'un ancien sanctuaire des ombres s'était métamorphosée en une réalité toute autre.

"Mais toi, tu es encore là. Nous sommes là."

Et il n'y a pas plus de doutes à ressentir sa présence là, tout contre elle. A frissonner au souffle qu'il expirait tout contre sa nuque.

Il n'y avait plus que ce songe, de véridique.

"Il faut croire que ce bref moment passé ensemble m'a donné l'envie de te prendre en exemple." La temps d'une brève pause, pressant les lèvres l'une contre l'autre, prise de réflexion, sa mémoire guère eidétique fut transportée dans un tourbillon de souvenirs. Pour trouver la réponse. "Enfin, tu ne m'as pas l'air si..."

Zvezdan n'en avait pas l'air non. Alors pourquoi en faisait-il seulement la comparaison. Ce fut à ce moment-ci qu'une candide rougeur orna ses joues. Il était vrai que malgré une nuit passée ensemble, elle ne connaissait pas tout de lui non plus. Légèrement contrariée à cette idée, la Mort et son Cardinal ne lui vinrent plus véritablement à l'esprit.

"Hum...Peu importe le Cardinal, qu'il soit croyant ou murmurant ses prières pour visser le clou de son propre cercueil. Je suis en ce cas une Enchanteresse attristée d'atteindre plus facilement mes cibles que mes..."amours"." Bien sûr, cela l'amusait quelque part, cette part de mystère et de non-dits. Un petit jeu qui demeurait là, depuis toujours. Depuis la taverne et le mythe qui l'avait suivi non loin de là. "Au final tu me connais plus que je ne te connais."

"Tu me dis peu de choses sur toi, Zvezdan. Depuis le début."
Ariane l'observait. Lui aussi. La conversation devenait cette fois-ci intangible et implicite, à se remémorer l'un de ces souvenirs d'antan. Il lui semblait pourtant, que lorsqu'ils s'étaient quittés, ils avaient promis de conter d'autres choses. D'autres histoires. "Aurais-je un jour réellement le plaisir de voir au-delà?"

Peut-être en cavalant, alors. Peut-être en déviant jusqu'à cette ferme jusqu'à ce que son guide ne maintienne la bride entre ses mains et les siennes. C'est compliqué pour l'heure. Mais ça l'est pour toutes les heures pour la jeune femme. Vivre au jour le jour était déjà un cadeau précieux.

Et assis sur le destrier, elle le sentait encore jouer à un autre jeu. Plus direct que la présence silencieuse et sensuelle de leur premier galop, le contact de ses lèvres n'était aucunement perturbée par les pas entretenus de ces sabots revêches, ni même par les hauts et les bas à chaque clapotement.

Dire en revanche que l'esprit de la gallo-romaine ne s'embuait aurait été un mensonge. Sa peau continuait à la chatouiller par cette nouvelle réunion, attisait encore les sensations nouvellement renouvelées alors même qu'elle avait évité toute communion des sens depuis cela plusieurs mois. Il n'y avait plus que lui et elle, et ses baisers taquins. En retour, il n'y eut qu'une main pour tenter de taquiner du bout de ses doigts l'une de ses cuisses masculines qui l'encadraient.

Comment veux-tu que j'apprenne en étant..."concentrée"?

Ce n'était pas réellement possible, en vérité. Ariane imaginait que cela amusait le jeune homme, à ce sourire qui, pourtant masqué par la nuit, résonna encore dans la pénombre de ces ténèbres naissantes. Ô, la brune n'osait imaginé les pensées actuelles du Vandale...Jusqu'à ce qu'on lui hurla un obstacle.

Hérisson. La jeune Syagrius déglutit et se tétanisa.

---------------------------------

"Je ne le voulais pas! Je suis certaine que si tu m'avais moins..."

La phrase ne connut pas de fin, toujours retenue par le fil imperceptible d'une retenue pudique. Pour autant, les doigts qu'elle pensait légèrement dans sa chevelure aux éclats d'ébène cessèrent de s'agiter pour finalement signifier, d'un bref et mince regard, sa claire signification. "Moins taquiner, je n'aurai pas été aussi distraite."

Fausse mauvaise foi. Elle inondait leur scène, les faisait jouer encore et encore. Voilà que ses yeux reprenaient cette teinte turquoise mais éclairée, pétillant de malice. Perturbée par elle-même l'espace d'un instant, elle fut heureuse de se surprendre à retrouver le caractère de ses débuts, plus optimiste que pessimiste, plus chapardeuse que réelle illusion contradictoire ou tueuse de rêves. Tel que certains l'avaient connu.

Et ce fut précisément cela, qui la questionnait désormais. Etait-elle réellement la même? Comment le Vandale, lui, s'était-il attaché à elle? Etait-ce par camaraderie? Non. Ils vivaient dans un monde différent. En théorie. Etait-ce par lien familial? Non. Cela, c'était réservé à Eva. Encore maintenant. Ou encore à Hassan. Etait-ce parce qu'elle avait été atlante à l'époque.

"Est-ce pour cela?".
La question s'était posée, avait été murmurée. Goutée. Ebranlée également. Peut-être aurait-il mieux fallu voir le jeune s'absenter un vague instant pour reprendre Sambor, plutôt qu'elle n'ait encore un refus. Un rejet. La jeune femme haïssait cela. Cela la fit trépigner d'impatience, accordait l'écoute et figeait le temps de son aveu.

Et jamais elle n'aurait cru entendre cela de sa vie. Pour elle, depuis toujours, elle aurait fini entre les pattes de son adversaire avant d'en avoir eu l'occasion. Egorgée ou démembrée. Ou alors une vie de vieille fille l'aurait attendu. Ce ne fut nullement le cas. Et les émotions sont là pour briser ces doutes et entretenir une toute autre flamme dans son cœur désormais libéré de certaines chaînes à cet égard.

C'est rapide oui. Très rapide. Peut-être trop.

Ariane ne peut qu'accorder un hochement de tête à Zvezdan. C'était rare d'entendre une déclaration. Tellement rare mais...Plaisant. Un sourire naquit sur les lèvres de la jeune femme alors qu'elle chercha du regard où diminuer cette émotion qui menaçait d'exploser. Pas de la colère non...Cela n'avait pas l'intensité d'un volcan prêt à souffler de ses nuées les restes de la vie. Mais une sorte de...Joie?

Oui, cette même émotion qui dressait des yeux légèrement embués .

Tu me rends émotive. Ô, elle l'était au naturel. Mais pas de façon aussi romantique.

"Non, je ne suis pas triste, ne t'en fais pas..." Non elle ne l'est pas, bien au contraire. Calée contre le Cardinal, elle ne peut s'empêcher de s'accrocher à cette paisible chaleur avec une certaine douceur et tout à la fois, plutôt passionnément. "Mais j'avais peur que finalement, comme toutes les autres fois, je ne sois résumée qu'à cette Ecaille qui m'a presque toujours formaté." Une vue. Une simple vision. Les apparences étaient trompeuses et Ariane en était à peu près certaine. Etait-ce cela, le début de la découverte? "Je sais que ça ne devrait pas être vu ainsi, mais...Mais t'es le seul à me le dire. A l'avoir pensé. Mais surtout...dont j'accepte cette déclaration."

Parce que tout cela va bien plus loin que cette réalisation. Il n'est pas uniquement là pour lui redonner espoir, mais pour lui avouer quelque chose de bien plus doux. Un sentiment qu'elle commençait à comprendre à son tour.

"Moi aussi." La voix est plutôt petite. Un peu maladroite. Mais la brune fait avec. "Tu as raison, on la partage en ce cas."

Cette folie. Cette petite chose imperceptible qui bridait leur compréhension et l'ouvrait à toute autre chose à la fois. Zvezdan se perdait dans ses cheveux, en étreignant son corps dans toute sa petitesse. Ariane n'était pas en reste de son côté, ne dénigrant nullement cet attachement qui s'était crée à l'égard du quasi-natif de ces lieux.

"On ne vit pas dans le même monde à l'origine, non. Mais il ne tient qu'à nous d'y réfléchir..."
Et j'y réfléchirai. Un bref instant, elle pensa à Arès. La guerre n'est pas son élément de prédilection, mais elle y songeait tout de même, pour se rapprocher de lui. Le comprendre également. Son poison est peut-être là pour cela. "Merci Zvezdan...Sans toi, je n'aurai jamais pu continuer à réfléchir à autre chose que "ça". Ce que j'aurai dû être. Mais tu étais là. Et tu es toujours là, à me rappeler que je peux, peut-être bien, être quelqu'un d'à part entière. Non, tu n'as pas utilisé mon titre. Moi non plus. Et peut-être encore une fois, ressens-tu la même émotion.

Les sabots continuaient, puis s'arrêtèrent vers une cabane où elle imaginait déjà le cheval belliqueux de son amant attendre fièrement en sein, de sa hauteur têtue. Ou presque. Il n'y a plus grand détail qui la retenait à se montrer plus attentive vis-à-vis du Vandale dans son dos, plutôt le chant des grillons et le souffle du destrier qui s'approchait lentement d'eux.

"Moi aussi Zvezdan, moi aussi. J'ai voulu te rejoindre ici, et je craignais que tu ne me les rendes pas. L'attachement, et cet envie que j'ai pour toi depuis que je t'ai vu danser dans la taverne. Depuis que j'ai commencé à te vouloir et à t'aimer en retour."


L'aveu était en retour un peu gênant, mais désormais, Ariane le savait partagé. Et que craignait-elle encore? En sa présence, le poison n'existait plus. Temporairement. Pour combien de temps? La question n'effleurait même pas son esprit, tant elle était plongée dans l'étreinte de l'homme à la peau hâlée, comme dépourvue de cet instant de tous les doutes qui avaient osé répéter les mêmes craintes. Rejet. Abandon.

Tout cela n'avait plus d'importance pour cet amour partagé.






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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Jeu 16 Mar - 6:27
Je mets un temps à remarquer ton silence. Gêné, troublé. Troublé de mon trouble ? Oui, je ne le vois pas de prime-abord, justement parce que mes yeux se perdent aussi. Mais ils reviennent finalement vers toi. Ils reviennent après que j'ai décrété ce « peut-être » mollement convaincu. Je te vois fixer, je crois... Je crois comprendre. Je crois connaître, ça. Je sais pas. Mais...

- Excuse-moi, j'suis un peu... Ailleurs. J'me sens...

La phrase ne se finit pas. A la place, ce sourire béat, ce regard qui fuit en biais vers le bas, tête penchée, tandis qu'une main va passer sur ma nuque, l'air benêt. J'me sens bien. J'ose pas le dire, bizarrement. Je comprends moi-même pas pourquoi mais... Mais non, je n'ose pas te regarder pour le clamer haut et fort. Pourtant, ça se voit certainement. J'arrive pas à me dégager cet air paisible du visage.

Et il reste, lorsqu'on marche. Il reste, quand je te regarde. Sûrement trop fixement. Qu'importe. Tu es là, contre-moi, et tu me parle de ce Cardinal. Me prendre en exemple ? Tseh. Et je ris doucement quand je t'entends dire ça, un rire d'où peut s'entendre une certaine ironie. Je ne sais pas si tu voudrais réellement me prendre en exemple, Ariane. Je ne sais pas, non. Mais je crois savoir la fin de ta phrase. Alors je continue de sourire, quand les lèvres se délient. Un sourire un peu morne.

- Je n'ai pas l'air beaucoup de choses, Ariane. Tu m'aurais dit Berserker, au premier coup d'oeil ?

Je tâche de ne pas être trop comme... Comme ça, oui. Sûrement les choses se seraient-elles passées autrement, dans cette Taverne, si j'avais dû être le profil type du Berserker Lambda. Sûrement les choses auraient été moins agréables, pour toi comme pour moi. Mais sûrement suis-je autant, voire plus violent que le plus typique des Berserkers lorsque le sang doit finalement couler. Et il doit fatalement couler tôt ou tard, lorsque l'on sert Arès. Lorsque l'on vit la Guerre, qu'on l'incarne. Ca me fatigue, parfois. De plus en plus souvent. Et à chaque fois...

A chaque fois, des visions de ces choses qui font que je ne parle pas beaucoup de moi pour me remotiver, oui. Je l'écoute, ce reproche qui sort d'entre tes lèvres. Je soupèse, pense, sans en donner l'air, à te fixer. Oui, c'est vrai. Je suis peut-être trop secret. D'abord par habitude, puis par jeu, et enfin par pudeur. Je l'ai été pour de bien nombreuses raisons avec toi. Mais j'tombe à court. J'commence à me dire qu'à force de gratter sur l'écorce de mon cœur, tu finiras bien par devoir tomber sur ce qui le ronge de l'intérieur. Que je le veuille ou non. Alors oui, autant t'en parler. Que tu apprennes au détour d'une conversation plutôt qu'à l'orée d'une crise de Rage soudaine, si un jour elle devait exploser. Oui... Je pourrais en parler, Ariane. Si tu y tiens tant. De ça, et de pleins d'autres choses. Plus triviales.

- Tu sauras. Tu sauras vite. Heh. T'avouera qu'en une nuit et quelques contacts via Salamandres, j'ai difficilement pu te clamer de grands romans sur ma pomme, hé ! Un léger rire, puis une reprise d'un ton plus sérieux.Tu sauras, belle fleur. Mais pas maintenant. Maintenant, on a un cheval à monter! Tu verras, et j'espère que ce que tu auras à voir ne te fera pas peur.

Peur comme tu sembles avoir peur de ce pauvre fermier, lorsque je sens tes mains hésitantes sur la bride. Ca m'a fait rire, sur le moment. Mais j'ai tout de même été raffermir ma prise sur tes doigts, comme pour te faire sentir que je suis là. Et pourtant, j'ai vite eu envie que tu me sentes autrement. De ce sourire perdu dans tes cheveux, à laisser quelques fragrances de stupre m'infiltrer les narines, me susurrer quelques désirs mâles. Dit autrement : j'ai envie de toi.

Montré autrement, je passe ces lèvres dans ton cou, ces mains sur ta silhouette. Ces pensées dans ma tête aussi. Une main sur ma cuisse, un doux soupir délivré au creux de ton oreille. Une voix qui s'élève dans mon esprit, désolée. C'est pas le moment, débile. Un sourire. Non, ce n'est pas le moment. Mais si tu savais comme ça me démange. De juste la sentir. Là, contre moi. Pourquoi ? Tseh... J'crois que ça m'a mis un coup, cette histoire de poison. Je sais pas. Fierté mal placée, bêtise d'un homme. Mais j'ai envie de le défier, ce soi-disant poison. De le lui faire comprendre : J'ai trop attendu cette femme pour finalement te la céder à nos tant attendues retrouvailles, saleté de venin.

Et pourtant, une petite bête à pics aura décidée que ce n'est pas le moment. Définitivement.

***

- Moins... ? Et je suis ta phrase, de ce ton trop amusé, trop enfant. Trop taquin. Un léger soufflement de nez, et finalement, une bouche qui revient à la charge dans ce cou, plus appliquée maintenant que le trot est lent et maîtrisé. Plus minutieuse, plus vicieuse dans ses assauts, désireuse d'aller arracher un peu de sa pudeur à cette femme tant rêvée, les derniers mois. Mais je suis certain que ça aurait été moins drôle, aussi.

Oh oui, sûr et certain. Tout aussi sûr que l'on en a tout les deux bien besoin. Alors ce paysan paiera le prix d'un hématome sur le front pour nos rires. Je suis bien prés à cet étalage de cruauté pour nous le permettre. Peut-être aura-t-il froid au réveil, aussi, avec toute cette neige. Un petit rhume. Oh, eh bien, merci ?

Merci pour le cheval, aussi. Même si j'irais le lui rendre, je pense que j'en suis sûr désormais. Tsh, pauvre type. Et je l'attache, pour revenir prés de toi lorsque tu me poses cette question. Qu'elle éveille quelque chose. Des mots, des sentiments. Des mots là depuis longtemps, gravé sur mon cœur, mais scellés sur le bout de ma langue. Mais ces nombreuses questions et ces incessants doutes, que tu me montres depuis que tu es revenue... Oui, tu doutes Ariane. Doute de ce que je te crie par les actes et les regards, et plus ça va, plus j'ai besoin de te le dire. Parce qu'ils sont insupportables, ces doutes, tu sais.

C'est pour ça que je finis par te le dire. De cette tirade peut-être maladroite, peut-être pas déclarée dans le plus propice des contextes. Peut-être qu'il eut été plus judicieux de te le dire à la fin de la plus parfaite des journées, fringuant dans des vêtements de faste, après de longs mois passés ensembles. Peut-être que la Raison voudrait tout ça. Mais je suis Berserker, Ariane. La Raison, elle peut bien aller se faire foutre.

Qu'elle me damne mille fois pour la rapidité de mes mots, de mes émotions. De mes battements de cœur, aussi. Non, je te le dis maintenant, au début de retrouvailles tant espérées, après seulement une nuit de consumée, et des mois à angoisser. A garder un contact trop lointain. Oui, tue-moi, Raison, frappe le cœur de cette Nymphe et fais-lui prendre peur devant la flamme trop vive que je lui déclare. Tseh. Ca m'apprendrait à être si Naïf, tie-...

***

Un bris dans le fil de pensées du Vandale. Net, clair, précis. Pour origine, cet œil humide qu'il perçoit. Ces mots qu'il entend. Qu'il savoure, dans sa paralysie complète. Il la sent prendre aise entre ses bras, et il l'entends clamer ses peurs. Ces peurs qu'il veut balayer.

Je me fiche mille fois de ton Écaille, Ariane. C'est toi la femme que j'aime.

C'est ça les mots qu'il aimerait lui dire. Mais il ne peut pas. Parce qu'il sent quelque chose monter. Un peu comme lorsqu'il l'a revue, cette euphorie silencieuse, discrète. Sauf qu'ici, elle est mille fois plus forte. Assez pour paralyser un homme, pour confisquer son verbe. Ne restent que ces oreilles qui écoutent, ce cœur qui tonne, ces mains qui tremblent. Et ça prend tout, jusqu'à sa rationalité, sa lucidité. Il la sent partir, très doucement. D'abord, assez pour ne pas comprendre où-est-ce qu'elle veut en venir, quand elle parle de ces mondes différents, « d'y réfléchir ». Un esprit trop occupé à hurler son exultation pour penser sa réflexion dans le même temps.

Pas assez pour ne pas réagir à la suite. Ce qu'elle serait sans lui ? Et moi ? Sans toi, je n'aurais pas eu cet espoir pour m'empêcher de sombrer dans ce que le Dédale a de pire. L'humanité a de pire. Sans toi et ton regard malicieux tant de fois songé, je n'aurais sûrement pas eu la force de retenir le coup de grâce face à Ludmila. De ne pas me jeter dans un assaut suicide au Sanctuaire. A jamir. A tous ces endroits où j'aurais pu perdre la vie pour perdurer une vaine Vengeance. Mais je ne l'ai pas fait. Parce que je te l'ai promis, de ne pas mourir. Parce que je voulais te revoir.

Parce qu'il voulait les entendre, ces mots. Inconsciemment, il l'attendait comme jamais, ce moment. Jamais il n'aurait pensé à tel contexte. Et pourtant, ils sont là. Et pourtant, cette joie sans limite, assez démesurée pour aller rendre son œil à lui aussi humide. Ce sourire indescriptible lorsqu'elle le dit.

Peut-être la même émotion...?

D'abord, c'est pensé. Puis quand un second coup est porté, elle commence à pointer le bout de son nez. La colère. Oh, oui, qui penserait qu'elle puisse s'immiscer dans son cœur en tel moment. Mais si. Parce qu'il les entend, ces mots qu'il a tant voulu effacer, en lui disant tout cela.

- Que je ne te le rende pas...?

Il le lui dit de sa voix prise de trémolos, enrouée d'un espèce de quelque chose curieux, synonyme de joie. en même temps qu'il la fait pivoter de façon à ce que les visages se fassent face. Alors, elle pourra l'admirer, le visage fendu de bonheur de ce jeune homme, son regard qui plonge dans le sien. Et pourtant, la colère est dans son cœur. Bien différente de ce qu'elle est habituellement. Pas de haine ni de noirceur, rien de tout ça, l'exact inverse, en fait. Non, il est en colère de ce doute qui persiste.

Alors ça finit par exploser.

Il se jette sur elle, d'une brusque passion presque brutale, à peine mesurée lorsqu'il la plaque contre le plat de cette porte. Et sans même lui laisser le temps d'ouvrir la bouche pour dire quoique ce soit de plus qu'il s'écrase dessus de deux lèvres folles à lier, qu'il fourre une langue frénétique dans ce palais, à l'embrasser comme il ne l'a jamais fait. Sans la douceur de la première fois, sans la taquinerie d'autres, sans rien de tout ça. De la pure et brusque Passion, dans tout ce qu'elle a de mâle et ardente. Le Sentiment qu'il lui réserve sans aucun filtre, sans sa taquinerie naturelle ni le semblant de pudeur qui peut parfois l'animer. Ses mains qu'il a plaqué tout aussi abruptement sur le bois de cette porte, et qu'il a serré d'une poigne ferme. Ses jambes croisées aux siennes, la rencontre de ces bassins collés l'un l'autre. Les tissus se frottent, se plient en des drapés qui démontrent d'un désir masculin, palpable. Une lucidité jetée aux oubliettes, désormais. Parce qu'il n'en fallait pas plus que ça. Cet amour partagé, couplé à ce doute enrageant qui revient... Oui. Il est heureux comme il ne l'a jamais été, mais il est déterminé, aussi. A effacer ce doute à jamais. Ce doute qu'elle a eu, la première fois, lorsqu'ils se sont retrouvés sous les couettes. Ce doute qu'elle a eu, ici.

Ce doute qu'il ne tolérera plus jamais, qu'il tuera comme il a tué tant d'autres.

Alors sa langue s'improvise glaive dans ce baiser fou, à aller tuer le doute. Et au bout de longues, très longues secondes d'une embrassade sauvage, il le lui dit, la respiration courte. « Je t'aime. » Prend l'air quelques secondes, puis revient harceler ces lèvres, alors que ses mains quittent les siennes pour aller caresser son corps à travers le tissu. Indécente glissade de quelques doigts affamés, avides de sa peau. Et il le répétera, ce mot, essoufflé, brûlant. D'une voix nerveuse, d'une répétition saccadée, faisant fi de quelconque manque d'air. Deux fois, trois fois, quatre. Autant de coups de poignard dans cet insidieux doute. Et déjà, une main halée se dirige vers la poignée de la porte.
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Mer 22 Mar - 0:43
Secret. Tu continues à l'être Zvezdan, sans que je ne puisse percer cette carapace de guerrier. Hm, "carapace"....Je me trompe de mots. Mais très rapidement oui, je peux me corriger. Alors je reprends: Tu continues à être secret Zvezdan, sans que je ne puisse réellement ôter cette Cuirasse qui te colle à la peau. C'est étrange, j'ai l'impression d'inclure un élément que tu n'aimes pas en te complimentant, et pourtant, l'idée continue à me venir à l'esprit. Je t'entends comme je te comprends. L'inverse marche également. Et puis finalement, tu ne déments rien.

Moi non plus.


Les mains viennent pourtant défiler sur ses forme lors de la chevauchée. Les mots peuvent bien s'entasser que cela n'entache pourtant pas les pensées de la jeune femme. Il parle de son étiquette cachée, de ses secrets également. Mais ce n'est que superficiel pour l'heure. Les lèvres qu'il posait sur le creux de son cou continuait à faire frémir sa peau, comme d'obscures inquiétudes commençaient à émerger de son esprit. Contact...

Ne lui avait-elle pas dit que cela était interdit pour elle? Oh, il avait dû lui écouter. Et comme le Chevalier servent qu'il était, il lui susurrait en retour sa négation face au mal: il ne subirait pas le poison. Du moins l'avait-elle compris ainsi.

Difficile oui, difficile de se concentrer. De rester de marbre ou de l'éloigner d'elle.

"On verra bien...Contrairement à la dernière fois, ce n'est pas le temps qui nous manquera."

Tout simplement parce que tu es mon nouveau foyer pour l'heure. Le seul et l'unique.

Et qu'Ariane ne comptait pas véritablement le quitter cette-fois. Pas même pour un hérisson dans le trajet d'un galop.

-----------------------------------

Arrivés près de cette petite étable, les deux jeunes gens attendirent que le cheval ne cessasse son rythme de pas alternés pour descendre sur une terre plus ferme et accueillante. Pourtant, estimer le temps était d'ores et déjà difficile. Tactile, Zvezdan continuait à prendre d'une main l'une de ses hanches, à s'égarer dans ces propos qui tendent à révéler...Quelque chose.

Quelque chose qu'ils ont partagé oui, mais silencieusement. Peut-être trop. Et tous doutes confondus, les aveux se faisaient probablement prématurés en cette soirée mais d'une lenteur extraordinairement fictive. Là pourtant.

Que tu ne me le rendes pas.
Ce ne fut pas dit pour le brusquer, simplement, au contraire, pour lui laisser le temps. Mentale, Ariane s'était bien rendue compte que son impulsivité ne touchait pas tout le monde. Et par les événements d'auparavant, tout lui dictait qu'elle en était peut-être bien un peu étrange pour cela, à juste titre. Du moins dans ses actions.

Lui pourtant, s'en offusqua. La lueur dans ses yeux fut telle qu'un instant de recul fut brièvement penser, éprise alors d'une certaine gêne. Ariane avait envie de prononcer une parole, de quoi le sortir de cette torpeur, lorsque ce dernier passa ses lèvres sur les siennes. Plaquée bien rapidement contre la porte en bois, la douceur cède à la passion, la tendresse à la colère. Elle n'a pas véritablement le temps de lutter qu'une langue étrangère avait bien terminé par forcer son chemin tout contre son palais. Il n'y a que quelques grognements d'incompréhension à cette initiative, surpris par cette proximité qui les maintenait tout près. Leurs bassins-même avaient bien terminé par suivre le mouvement, accolé mais séparé tout à la fois par le tissu de leurs vêtements...

Ce qui n'empêcha pourtant pas la demoiselle de pressentir le désir d'un homme monté en grade. Se dresser. Déjà, le souvenir de l'une des nuits passés lui traversa l'esprit, embua son esprit, fit rougir ses lèvres. Elle les entend encore, les exclamations d'extase qu'elle avait prononcé pour encourager son amant à maintenir ou accélérer la cadence des frottements.

Il n'y a pas de peau de bête ici. Qu'importait, la jeune femme avait terminé à répondre à ce bal de langues, qui jouaient et dansaient subitement ensemble. Il en était de même pour cet éloignement, que l'Urodèle avait en vain tenté de faire régner sur leur relation. Malgré la pression et ce Vandale qui tentait de la dominer de sa poigne, la cadette ne manqua pas de répondre à cette passion, plaçant une main dans ses cheveux, poursuivant cet échange contre leur souffle coupé. Il n'y eut qu'une seule pause, et une main placée sur la poignée. "A abaisser", avait dicté son esprit.

"Zvezdan..."

Le nom soufflé résonnait comme une invitation à continuer, une invitation que l'homme au teint hâlé s'était permis d'honorer de son attitude presque fallacieuse. Faussement calme. Les lacets d'une partie de sa cape étaient déjà passés par des mains expertes, lesquelles vinrent explorer partiellement le corps de cette silhouette féminine, pour finalement établir le premier contact en chatouillant cette peau d'albâtre de sa caresse. Retenant son souffle, un soupir contenté s'échappa de ses lèvres déjà dérobées lorsque celui-ci caressa du bout de ses doigts sa poitrine. Et l'ex Lyumnades n'entendait pas rester ainsi les bras ballants: déjà, l'une de ses mains alla se caler contre ce torse plus haut, puis défaire en partie ce pantalon désormais trop serré pour ce pauvre homme. Légèrement. La jeune Rénégate savait que le Berserker serait un grand garçon pour faire le reste, et il le ferait tôt ou tard. En particulier lorsque cette dernière impliquait quelques flatteries sur ce bas-ventre, chatouillant également cette protubérance d'une cuisse.

Car Ariane n'entendait pas rivaliser de force avec le jeune homme, mais elle espérait déjà faire chavirer ce cœur instable pour laisser parler sa voix. Ses gestes également. La porte s'ouvrit, la porte crissa et les sons qui en découlèrent hérissèrent ses sens. La cabane était telle qu'ils l'avaient laissé, mais étrangement éclairée par quelques bougies, sans nul doute un oubli de leur part avant cette virée nocturne. Mais là encore, l'information n'était passée qu'à demi-mot, tant les deux élus du cosmos persévéraient dans leurs baisers multiples et sonores. Et alors ce qui était scellé se descella, laissant libre loisir à la jeune femme de reprendre son souffle. Presque péniblement. Autant que cette prise de conscience.

"Hum, je pensais pas qu'on rentrerait si tôt"
Ariane coupa sa phrase. Ou peut-être que si, d'une façon. Eux qui s'y étaient glissés. Finalement, si la lumière était assez intense pour que Zvezdan ne parvienne à la voir, il y verrait un sourire fin et taquin, minaudeur sur le visage de la jeune femme. "Pressé, n'est-ce pas?"


Et le rythme reprit son cours. Et les doigts de la jeune femme entendaient bien défaire ce haut trop serré, cette légère épaulette portée par précaution, puis ce pantalon qu'elle agrippa un moment et qu'elle défit avec une délicatesse subtilement lente.




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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Mer 22 Mar - 20:46
Bien sûr qu'il l'avait entendu, cet interdit. Bien sûr qu'il s'en est moqué. Qu'il l'a haït. Qu'il ne le conçoit pas, que d'être défendu de toucher cette femme. Pas par un facteur externe si futile, tout du moins. Ce poison, il lui rit au nez comme il a rarement rit au nez de quoique ce soit d'autre. Il n'en a que faire, et si ce devait lui porter ombrage, eh bien tant pis. Tant pis, il ne regrettera pas pour autant ces incessantes caresses. Bien loin de là.

Bien sûr que le temps ne manquera pas. Il ne le permettra pas, ça non plus. Cette fois-ci, pas d'au revoir que l'on a peur de voir se transformer en Adieu. Pas de silhouette peu à peu rendue floue par une distance qui sépare deux jeunes amants. Non pas cette fois. Une certitude qui s'inscrit dans son cœur, au fur et à mesure des pas.

Au fur et à mesure des baisers. Des paroles, des aveux. Ceux qu'il fait, lorsqu'ils arrivent là, tout prés de cette cabane. Il est là, à fournir l'essence bonne à mettre le feu au propre incendie qu'il est. Car oui, ces déclarations soudaines, elles le rendent un peu plus émotif au fur et à mesure qu'il les débite. Alors quand elle lui répond, ça grimpe encore d'un cran. Et quand elle choisis ces mots-ci... Oui, quand elle montre de nouveau ces doutes qu'il a décidé de ne plus tolérer. Oui, c'était bien là, le moment où l'étincelle s'est allumée. Où quelque chose s'est enflammé, en lui. Braise fougueuse, flamme d'un amour grandissant.

Un brasier qui a été amener le feu au bout de ces dix doigts fins et caressants, une flamme qui le pousse à aller engouffrer cette langue dans une langoureuse embrassade. Il la sent, la surprise de cette femme, et il irait bien rire s'il le pouvait. S'il était seulement en état. Mais non. Non, il est trop obnubilé par d'autres choses pour ça. Par cet objectif qu'il s'est fixé, en allant lui sauter dessus de la sorte : Effacer le doute, définitivement. Ne plus jamais l'entendre dans sa voix, ses mots, ne plus le voir dans ses yeux. Qu'elle comprenne que cette passion, on ne la réserve pas à quelqu'un pour qui le cœur ne serait pas si nerveux. Oh oui, il n'hésite pas à être brusque, le Vandale. Pas comme un Guerrier, mais comme un Amant. Un brusque parfumé de Passion, un empressement teinté de rouge. Celui de ses joues.

Un esprit embrumé de songes. Celui de corps mêlés l'un à l'autre, dans une tente, une nuit. Il se rappelle de ces sons si délicieux à son oreille, celui des soupirs gourmands, des gémissement envieux. Il se rappelle de ces peaux suantes qui se sont frottées l'une contre l'autre. Oui, tout ça. Tout ça, il veut faire plus que s'en souvenir, il veut y goûter de nouveau. A ça, et à plus. Car il est amoureux, le Zvezdan. Un amour cette fois-ci plein et conscient, déclaré, avoué à vive-voix. Et il ne fallait pas s'attendre à ce que ça provoque quoi que ce soit d'autre dans son cœur que cette euphorie incontrôlable. Ca couplé au soupçon rageur... Non, il n'allait très clairement pas se contenter d'une ballade à cheval.

Au lieu de ça, cette langues, ces mains. Cette ballade non pas de quelques sabots sur la terre mais plutôt de quelques doigts sur la peau. Une main blanche va s'enfoncer dans la chevelure charbon du Vandale, une voix douce lui souffle son nom tout prés, comme ça. Et ce qu'il peut entendre dans ce ton désireux, demandeur, c'est quelque chose qui ne peut que motiver un énième assaut langoureux. Un empressement décuplé, celui de ces doigts qui font sauter quelques lacets, car le tissu est déjà de trop. Et ce sur les deux corps, si bien que lorsqu'une main mate caresse une poitrine, une autre plus féminine répond et se cale contre un torse, pour descendre jusqu'à aller défaire un bas devenu tortionnaire des passions. Un pantalon qui ira voler plus loin, bien assez tôt. Pour l'heure, il n'y aura que cette lèvre inférieure mordillée lorsqu'une cuisse se fait ressentir plus bas, taquine.

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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Sam 1 Avr - 2:03




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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Lun 3 Avr - 1:34

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Dernière édition par Ariane le Mer 24 Mai - 9:16, édité 1 fois
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Dim 23 Avr - 6:14
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Dim 30 Avr - 2:20


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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Mar 6 Juin - 19:45
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Message Re: [Début novembre 550] On ne vit que deux fois [PV Zvezdan]   Ven 9 Juin - 3:21


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