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 Loin des yeux... [Solo]

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Message Loin des yeux... [Solo]   Mer 4 Jan - 17:44

Humiliation…
A croire que l’on se découvre véritablement « mal » dès lors que l’on cherche à tendre vers le bien. Après s’être confrontée à ses doutes et son mal-être, après s’être refusée à y céder plus encore, après s’être dressée face à l’autorité, aux compromis et même aux dernières bribes d’amitié qui justifiaient sa mince réserve de retenue, Ludmila pénétrait de plus belle au cœur des abysses.
Puisqu’en se tissant un nouveau chant d’espoir fantasmé, elle s’était peu à peu révélée comme sa propre pire ennemie. Ce libre-arbitre auquel elle s’attachait, et qui n’était autre que le dernier fragment de son humanité, ne l’amenait qu’à sa perte. En cherchant à nager à contre-courant, à agir selon son propre code et selon ses seules pensées, elle était parvenue à consumer toutes les protections qui assuraient sa valeur et sa stabilité en tant que servante d’Arès. Dix années à se sacrifier dans le but d’obtenir des faveurs divines ; quelques jours pour les renier consciencieusement ; quelques heures pour s’avouer vaincue ; une éternité pour en mesurer l’étendue des dégâts…

De sa volonté, il ne restait plus que des miettes. De sa stature, il ne demeurait plus qu’une carcasse. Le peu qui lui avait été donné de construire au cours de son existence en ces lieux maudits venait d’être défait, et la possibilité de bâtir ailleurs lui était assurément interdit - Refusé par son plus proche semblable. Celui qui, à une époque pas si lointaine, représentait son unique véritable frère d’arme. Mais de cet homme il ne restait qu’un Elu d’Arès avachi dans les strates de la haine et du pouvoir, un maître marionnettiste à la verve sournoise et à la finalité lancinante. Un démon soucieux de contrôler aussi bien le corps que l’esprit, désireux d’arracher les mots qui sauront le satisfaire, quand bien même ils briseraient au passage toute raison de vivre à ses interlocuteurs.
Et dire que face à lui et lui-seul, l’idée de maintenir l’entièreté de sa carapace émotionnelle semblait superflue à la vandale. Lui qui lui demandait tant, sans jamais ne rien lui donner. Pas même de confiance. Pas même de confidences. Seulement de pseudo-raisons la forçant à être reconnaissante et à l’affut de ses désirs. Car finalement, des souvenirs communs, il ne restait plus que cela. Tel un arrière gout amer, révélateur de ce que représentait réellement leur relation durant ce temps lointain.

Qu’importe à présent. Car elle avait échoué.
Combien de personnes s’était illustré devant elle comme s‘ils la condamnaient ? Farkas d’abord, dont l’entêtement à la traiter comme la dernière des misérables s’était inscrit profondément en elle. Zvezdan et ses avertissements incessants, la rappelant à l’ordre et lui ordonnant la tempérance. Ou même Kostas qui lisait en elle la fatalité évidente d‘une auto-destruction. Egalement Esther, qui se jouait de ses tourments pour mieux les lui rappeler et la conduire à franchir le cap. Mais finalement… y avait-il seulement eu une personne pour croire en elle ? A une époque, Li se targuait de vouloir lui ressembler, pourtant toutes deux s’étaient avouées sujettes aux mêmes problèmes. Jusqu’au jour où la chinoise s’était éclipsée sans donner de nouvelles. Ensuite, peut-être Rhiannon, à moins que celle-ci n’ait exercé qu’un jeu de charme et d’illusions, plus fière de faire l’étalage de son domaine que de prendre en compte l’avis de la vandale…

Non… Ici, il n’y avait personne pour elle. Cependant, elle venait de manquer sa tentative d’évasion, et cette réalité devenait donc La réalité. Du moins… si elle se relevait - Où était-elle exactement ? Le Cardinal l’avait terrassé, pourtant, elle ne parvenait pas à se souvenir à quel instant la mort aurait pu lui être infligé. S’agissait-il encore d’une illusion ?… Si c’était le cas, alors cela tranchait considérablement avec les précédentes. Outre le dépit, la résignation, et cette frustration latente qu’elle percevait clairement comme omniprésente dans chacune de ses pensées, Ludmila se sentait pourtant reposée. Ne sentant ni son corps ni son crâne, elle songeait au milieu d’un calme olympien.
Etrange. Constater ce répit impromptu l’inquiéta même un instant. Quelque chose clochait, et son instinct de guerrière tentait de se réveiller pour mieux pouvoir la préserver. En vain, car quelque soit ce phénomène, sa défaite était déjà actée et son sort final dépendait d’un joug étranger au sien. Peut-être même que toutes ces réflexions ne représentaient plus que des débris de conscience appartenant au passé, des futilités qui ne l’altéreraient plus ; qui ne lui appartenaient même plus. Elle angoissait soudainement, se surprenant même à l’écoute du son de sa voix qui s’imposait dorénavant au milieu du flou de ses pensées.

    Alors… ça y est… Je suis morte. Tout ça… pour ça.
    Pe… Peut-être que c’est mieux ainsi ? Mourir pour mes propres vœux. Est-ce folie ?… Je mérite… au moins ça ? Oui… ça ne peut pas être moi qui suis en tord… Tout ce temps, toutes ces années… je n’ai rien demandé… rien…
    Arès… Je n’ai jamais rien voulu de lui… Cette Guerre… ne me concerne pas… alors pourquoi ? Pourquoi est-ce que tout ça m‘est arrivé ?! Pourquoi je ne mérite pas mieux ?!!
    Les larmes lui montaient aux yeux, et alors elle sentit finalement ses doigts, et le manche de la hache fidèle qui logeait. Pourquoi ma vie ne m‘appartient pas ! Pourquoi elle leur appartient ?! Je n‘accepte pas… de mourir… en étant leur jouet ! Arès… Farkas… Zvezdan… Je les maudits ! Qu‘ils soient damnés ! Je ne veux pas mourir !
    Trop tard, crétine.

Un haut le cœur. Elle connaissait cette voix, et celle-ci la perturbait bien plus encore que cet aveu lui confirmant sa mort.
Il se tenait devant-elle, fièrement habillé de la cuirasse de la Hyène. L’atmosphère nacré s’était teinté d’obscurité et la vandale ressentait le même poids que celui tantôt exercé par le Cardinal de la Guerre. Pâle, impuissante, elle ne pouvait que déverser ses doutes.
    … Farkas ? Co… comment… Non ? Je suis vraiment…
    Pitié, c’était prévisible. Tu es la seule à être surprise en ce moment, et, comme à ton habitude, avec un temps de retard ! Ahahahah !
    Mais ça n‘a aucune importance, tu as fini de me décevoir il y a quelques temps déjà en fait. Tu gaspilles ton peu de talents pour accomplir tes caprices d’enfant ; ce que tu es restée… N’ai-je pourtant pas fait mon possible pour te faire grandir ? Hm ?… Allez, un peu d’humour ne te fera pas plus de mal, au point où tu en es. Non ? Bon, dans ce cas tu me forces à te complimenter, si si… Sache que tu aurais pu ravir Arès en restant à ta place. Une bonne soldate. Une véritable duelliste. Il te manque juste le vœu de faire corps et âme avec la voie des armes, c’est pourquoi tu cours de déception en déception. La dévotion… crois-moi, c’est gagnant-gagnant.

    Je ne croirai plus une seule de tes paroles Farkas… Répliqua-t-elle sèchement.
    Ah oui, la haine. Quand elle t‘arrange tu aimes y céder, nous le savons bien. Mais ma petite, j‘ai plus fait pour toi que tes propres parents Ahahah… Tout comme Zvezdan, tout comme Arès. Ironique que tu en viennes à détester les seules personnes qui gardent encore un certain intérêt à te voir persévérer… alors que tu sembles trouver des excuses à tous les autres. Je ne sais pas d’où tu tiens ça mais en tout cas je peux te dire que ça m’a planté une cruelle épine dans le pied… Hé, moi aussi je t’en veux ! Tu as saboté ma dernière volonté : Former une farouche et insatiable charognarde pour revêtir ma cuirasse une fois que j’aurai rendu l’âme. Il paraît que chez les hyènes, ce sont les femelles qui dominent. C’était plutôt coquasse comme projet non ?
    Te fiche pas de moi… c’est futile et stupide.
    Ahahah! Oui c‘est vrai. Mais il faut bien se divertir. Dompter de futures amazones en herbe et « se servir » au passage tout en leur offrant un brin de motivation, ça aussi, c‘est gagnant-gagnant ! Nan ne dis rien. Je lis tes insultes dans ton regard et ça me suffit - Surtout que ça ne change rien. Tu peux bien vouloir me faire la morale, oui. Sauf que… d’une certaine manière… ce que j‘ai fait n‘est pas plus odieux que tes propres actions envers tes camarades. Tu es une vraie plaie au Dédale. Et tu as auras beau le nier, tu cites mes propres paroles plus que je ne l’ai jamais demandé Ahahah !
    Rien à voir, ça n’a rien à voir ! Vous répétez tous la même chose… La servitude… Moi je la combats, c’est tout ! Avec les moyens à ma disposition, même s’ils sont gangrénés… Comme cette fichue cuirasse ! Je me fiche de vos raisonnements… De toute façon il est trop tard…
    Alala… Une vraie tête de mule. J‘espère qu‘après ton petit bout de chemin, Hadès te prendra sous son aile. Lui il te montrera ce qu‘est la servitude ! Et alors tu pleureras comme une petite fille en repensant à ce confort qui t‘es donné au service d‘Arès.
    Allez, ne sois pas bête. Prend ma main, je t‘aiderai à te relever pour cette fois, ça vaut mieux. Tu ne pourras plus dire que je n‘ai jamais rien fait pour toi…

    … Vraiment ? Tu peux… faire ça ?

Ludmila ne savait plus quoi penser. Bornée comme elle était, il n’y avait aucune chance qu’elle se laisse convaincre par le discours de Farkas, quand bien même certains de ses mots l’avaient mis dos au mur. Toutefois… elle hésitait. Faire l’impasse sur ses échecs ainsi que sa condamnation afin de retrouver la « vie », ça n’avait pas de prix. Pourtant, ce cosmos écrasant et emprunt de fourberie, semblable à celui de Zvezdan, lui intimait de rentrer dans les rangs et de céder à une rage plus primitive. Celle la même qu’elle fuyait et rejetait pas peur de devenir une simple marionnette. Car c’est-ce qu’ils voulaient… oui, pour eux, il n’y avait que ça…

    Disparais! Je préfère assumer ma « faute » si c’en est réellement une, plutôt que de devenir ton larbin ! Laisse-moi mourir…

Puis l’explosion. Farkas, ou son esprit, se dissipait. Avec la cuirasse de la Hyène. L’instant d’après, Ludmila ouvrit les yeux, cette fois-ci bien éveillée et là où on l’avait laissé : Près des portes, en compagnie d’une silhouette devenue aussi détestable que son ancien « maître ». Une discussion supplémentaire s’imposait donc… cette fois-ci, dans la réalité. Celui là ne risquait pas de lui proposer un retour à la vie « factice », en revanche, il oserait certainement l’achever…

Mais c’était une autre histoire. La douleur brûlait le corps de la combattante et son crâne la faisait atrocement souffrir. Elle ne portait plus que ses vêtements classiques, la cuirasse ayant définitivement désertée, il ne restait pratiquement rien de son cosmos. Retour aux portes de la mort… retour à l’impuissance…
Quelle serait la suite ?

Citation :
Perte de la cuirasse de la Hyène.


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