Votez
I
II
III


Forum fermé. Bon jeu à tous sous d'autres cieux !
 

Partagez | 
 

 [Octobre 550] Une histoire d'ours (PV Arnvald)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AlvisavatarArmure :
Godrobe de Gamma

Statistiques
HP:
200/200  (200/200)
CP:
280/280  (280/280)
CC:
225/225  (225/225)
Message [Octobre 550] Une histoire d'ours (PV Arnvald)   Dim 15 Jan - 13:35
Une fois de plus, Alvis se tenait au-dessus de l'immensité marine, son bleu profond et son apaisant mouvement de flux et de reflux. Les jambes pendues dans le vide, il restait assis sur le piton glacé qu'il aimait prendre comme siège de méditation. Il s'imaginait parfois prendre la mer sur la nef droite d'un imposant drakkar comme en construisaient les Vikings auparavant. De toutes les histoires qu'on racontait sur les peuples d'autrefois dans les tavernes, celles de ces guerriers d'exceptions, bien loin de se ranger au rang de légendes et de mythes, comptaient parmi ses favorites. Il ignorait si cela venait de son affiliation à Jörmungand, mais le Serpent se sentait toujours très proche de l'océan, sans jamais l'avoir parcouru. Parfois, il prenait un moment pour nager entre les blocs de glace à la dérive, craignant peu le froid polaire dans lequel il vivait depuis sa naissance.

Ce jour-là, ses pensées envers l'océan se teintaient d'amertume et de confusion. Parler avec Nereus ne changeait guère son opinion des Hommes, pas plus qu'avec Asher, à qui il devait pourtant un rétablissement au coin d'un âtre sûr. Le Père de Toutes Choses ne donnait plus vraiment de signe de vie aux guerriers divins depuis Jamir, là où Alvis aurait plus que jamais eu besoin de réponses à ses doutes sur le fondement même de son existence.

Si tu n’es pas prêt à l’accepter saute ! Je te parie que tes frères et sœurs d’armes pleureront ta mort.


Que pouvait-il accepter exactement de son sort ? Il ne croyait pas en la fiabilité d'Odin. Le Serpent-Monde, potentiellement son parent, lui mentait peut-être depuis des années sur son sort. Ses yeux lui offraient plus d'ennemis que d'alliés. Son armure, soi-disant, l'obligeait à demeurer dans la vallée d'Asgard pour remplir un rôle qu'il considérait à peine.

"Ils me voient comme un pion... Un simple pion qu'on peut manipuler..."

Un courant d'air glacé souffla dans son dos, lui apportant tout à coup une odeur familière. Il tourna la tête pour découvrir le loup blanc qu'il appréciait. Celui-ci vient se coucher près de lui en silence, dirigeant son regard vers l'océan à son tour.

"Bonjour. C'est assez rare que tu quittes la forêt pour venir jusqu'ici."

Le loup plaça ses iris dorés face aux siens, un bref aboiement quittant sa gorge. Il ne s'agissait pas d'un animal affectueux d'ordinaire, mais il devait ressentir l'égarement du guerrier divin, car il vint poser sa tête sur l'une de ses cuisses tranquillement. Un peu surpris, le jeune Gamma posa lentement une main sur son crâne et le gratouilla légèrement. Satisfait, le canidé ferma les yeux et se laissa faire. Et ce simple contact avec sa douce fourrure, sa respiration régulière, l'absence de jugement dans son regard, allégèrent d'un seul coup le moral du Premier Rempart.

"J'aimerais te donner un nom. Je sais que tu en portes sans doute déjà un, mais comme tu ne peux pas me le dire avec des mots, je ne peux pas t'appeler. J'y ai déjà réfléchi : il faut que ce soit un nom qui te représente et qui inspire le respect. Pour l'instant Célian est ton alpha, mais simplement parce que c'est le favori d'Elyn, pas vrai ? Avant lui, et après lui s'il meurt un jour au combat, c'est toi qui guides les autres loups. Donc il te faut un nom de chef."

L'animal releva la tête, intrigué, et se redressa en position assise. Alvis put presque voir une question s'écrire dans son regard.

"Ah, c'est peut-être trop tard après tout mais... que dirais-tu de Fimbul ? Tu es tout blanc comme l'hiver. Parfois, on dirait que tu es né en même temps qu'Asgard. Tu veilles sur le pays et sur les loups. Qu'est-ce que tu en dis ?
-Wouh !
-Vraiment ? Ça te convient ? Tant mieux alors."

Le petit brun soupira, maintenant détendu. Il se mit debout, seul à environ cinquante mètres de hauteur au-dessus d'une couche de glace vêtant la surface de l'eau.

"Je vais sauter. J'ai besoin de savoir si quelque chose me rattache encore à ce monde. Et si je meurs en le faisant, peut-être que les valkyries me laisseront le temps d'observer si cela fait de la peine aux autres. Au moins je saurais. Je doute qu'Odin prenne la peine de m'amener au Valhalla, mais ce n'est pas grave."

Fimbul lança un grondement désapprobateur en observant l'adolescent reculer de quelques pas et inspirer à fond. Il ne l'empêcherait pas, mais tout de même...

Sans hésitation, Alvis prit son élan, et mit toute sa force dans la dernière enjambée au bord du gouffre. Pendant quelques secondes il lui sembla voler. L'air le portait à bout de bras et le paysage glacé défilait sous ses yeux, plus vite, trop vite. La tête la première, il vit la banquise se rapprocher, s'y fracasserait bientôt, et pourtant aucun visage des guerriers divins ne lui vint en tête, aucune pensée à laquelle s'accrocher désespérément. Sa seule pensée allait à Lala, qu'il rejoindrait bientôt si tout se déroulait comme prévu. Personne ne se souviendrait de lui, d'elle, mais ils seraient ensemble en Helheim, comme autrefois dans ce village de l'ouest.
Pourtant, un instinct lui dicta de faire quelque chose, de sauver le fil encore jeune de sa vie. D'une impulsion, il tendit les bras devant lui, concentra son cosmos dans ses mains. La seconde d'après, il se retrouvait sous l'épaisse couche de glace, son pouvoir ayant creusé une ouverture juste assez grande pour permettre à son corps de s'engouffrer sans dommage dans le monde de silence et d'eau qu'était l'océan. Il demeura quelques secondes tétanisé par le changement de température, de lumière, de milieu. Ici le monde fonctionnait différemment, avec des lois bien à lui. Rapidement, Alvis s'entoura d'une couche de cosmos émeraude qui le préserverait un peu plus longtemps de l'asphyxie et du froid. Puisqu'il avait osé entrer dans l'univers sous-marin, il voulait y rester un peu plus longtemps.

Meilleur nageur encore que grimpeur, il remua lentement les doigts et les jambes, puis avec plus d'assurance, et enfin se déplaça avec l'aisance du serpent de mer vers les profondeurs. Sa vue lui servait à rien ici, alors il ferma les yeux. De toute façon les reptiles possédaient rarement l'acuité des autres espèces sur ce sens-là. Il eut l'idée de propager autour de lui des ondes de cosmos légères, comme un sonar, afin de tracer une carte mentale des environs.

***Je me demande comment font les Atlantes.***

Son stratagème lui permit de repérer un banc de poissons non loin, et il nagea vers eux sans précipitation, chaque mouvement utilisé pour se déplacer de façon optimale, sans effrayer ses proies. Parvenu près de son but, il dégaina sa dague puis s'élança à toute vitesse, isolant vers des rochers sous-marins quelques prises. Il harponna à trois reprises les vives créatures, et le dernier coup vit une traînée de sang se répandre dans son sillage tandis qu'il récupérait le poisson pour l'attacher à sa ceinture.
Il remonta vers le trou qu'il avait pratiqué dans la glace pour reprendre de l'air, puis replongea afin de se chercher d'autres proies, que le sang du premier poisson attirerait. S'éloignant de sa sortie en s'accrochant sous la glace, il constata que la zone semblait plutôt pauvre, probablement déjà vidée de la majorité de sa population par les pêcheurs côtiers.
Alvis se prépara à faire demi-tour pour sortir de l'eau quand il aperçut une silhouette massive qui se dirigeait vers lui. Un excellent nageur, colossal et rapide. Bien plus à l'aise sur la glace ou la terre ferme, le Serpent activa le mouvement, et s'il n'était pas totalement convaincu que l'ours l'avait repéré au premier abord, ses mouvements attirèrent bien vite son attention. De prédateur, l'adolescent sut qu'il devenait proie et manquant d'air de surcroît. Une douleur aiguë dans sa jambe stoppa sa course avant qu'il atteignît son objectif. Il fut brutalement tiré dans la direction opposée mais se débattit avec hargne. La bête lâcha prise, étonnée d'une telle résistance de sa part, mais repassa à l'attaque. Alvis le poignarda tant bien que mal pour le dissuader de continuer l'assaut, sans succès. Il parvint néanmoins à prendre appui sur le museau de l'ours pour se propulser vers le haut et percer dans la glace une nouvelle ouverture pour reprendre de l'air.

Le prédateur le tira de nouveau vers le fond avec l'intention de le noyer, lui faisant boire la tasse, mais le guerrier divin n'entendait pas se laisser faire. La deuxième tentative fut la bonne et il se hissa hors de l'eau, avec une jambe couverte de sang qui le lançait violemment. Le combat ne se termina pas là pour autant. Décidé à attraper ce poisson de belle taille, la créature surgit des eaux à son tour : un grand ours polaire qui se dressa sur ses pattes postérieures en rugissant puissamment.

"Ce n'est pas toi qui vas me tuer !"

Sa mobilité grandement réduite par sa jambe lacérée, Alvis se retrouva à rouler et se contorsionner pour éviter les grandes pattes que la bête abattait lourdement près de lui. Sa dague toujours en main, il piqua d'estoc à plusieurs reprises dans les flancs et aussi près que possible du coup de la bête. L'ours parvint à l'envoyer voler à plusieurs mètres d'un solide coup de griffe en pleine tête, et le poursuivit avec fureur. Il se dressa encore une fois de toute sa hauteur, et le Serpent en profita pour lui sauter sur la poitrine, ignorant la douleur terrible qui tambourinait dans sa tête. Il planta ses crochets directement dans le cou du prédateur, comme le ferait un loup pour étouffer sa proie, puis tint jusqu'à sentir ses appuis vaciller.

Le géant de fourrure s'effondra vers l'avant, sur lui de tout son poids, inerte.

Il fallut quelques minutes à Alvis pour reprendre son souffle et percevoir la chaleur d'une langue passée sur son visage. Il rouvrit les yeux et découvrit Fimbul qui avait descendu les longues marches contournant la falaise pour le rejoindre. Le loup aboya plusieurs fois et tenta de tirer l'énorme masse qui écrasait le jeune homme sans y parvenir. De son côté, le Gamma chercha à se hisser en s'aidant de la glace, mais l'ours pesait trop lourd et dans cette position il pouvait difficilement utiliser ses bras. Le canidé se mit à faire les cents pas près de son ami, puisse mit à mordre dans la fourrure blanche jusqu'à la percer.

"Qu'est-ce que tu essaies de faire ?"

Le loup détacha tant bien que mal des morceaux de chair qu'il se mit à dévorer, puis vint en offrir à Alvis toujours coincé dessous. Ce dernier sourit, comprenant l'idée de l'alpha : puisqu'il ne pouvait déplacer totalement la carcasse, il allait l'alléger autant que possible en se nourrissant au passage.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t824-alvis-l-ouroboros-gamm
ArnvaldavatarArmure :
Sigma/Hraesvelg

Statistiques
HP:
215/220  (215/220)
CP:
102/220  (102/220)
CC:
150/245  (150/245)
Message Re: [Octobre 550] Une histoire d'ours (PV Arnvald)   Mar 24 Jan - 10:31


Comme cela pouvait lui sembler bizarre, il était maintenant rentré au pays, il était dans sa patrie, à Asgard. Il avait beau avoir vécu à quelques jours d'ici, dans un climat étant presque le même, cela était différent. L’atmosphère, l'air ambiant était différente. La protection d'Odin se faisait vraiment sentir ici, la croyance dans les dieux était bien plus grande ici, car ici à Asqgard on savait que cela était vérité, on savait qu'ils existaient et on en avait les preuves. C'était un nouveau départ pour Arnvald, non pas une deuxième vie mais une troisième. L'artisan était parti d'Asgard pour changer de vie et oublier une partie de sa précédente. Il revenait désormais ici pour en vivre une nouvelle. Il n'était plus l'ébéniste, le constructeur, il était maintenant un guerrier, un guerrier d'Odin. Il avait accepté sa destinée, l'artisan avait accepté le rôle qu'il aurait dû endosser vingt ans plus tôt mais il fallait croire que le hasard quelquefois déroute même les choix des dieux.

Arnvald réapprenait à vivre dans sa patrie. Bien que les lieux ne sont presque pas changés, il se sentait un peu comme un étranger. Beaucoup de personnes qu'il avait côtoyées n'étaient plus ou étaient parties tout comme lui, il devait se refaire un cercle de connaissance. De plus son nouveau statut changeait un peu la donne. Il n'était plus une personne du peuple, il était désormais l'un de ses protecteurs. Cela ne faisait que quelques jours où il était là. L'homme avait décidé d'aller pêcher, chose qu'il faisait dans son ancien village. Il s'était alors dirigé vers un lieu où il allait dans son enfance avec son oncle. Marchant d'un pas lourd et tranquille, il ressentit à un moment ce qui semblait être de l’énergie combattive. Accélérant le pas, se mettant à courir, il arriva alors à ce qu'on pourrait appeler une plage. Il vit alors un énorme ours entrain à se faire mordiller par ce qui semblait être un loup qui hurlait à son encontre, comme s'il voulait parlait à quelqu'un. Arnvald se dirigea vers la bête et vit alors qu'un homme semblait être coincé en dessous.

_ Ecartes toi donc boule de poils!

Arnvald agrippa l'ours par l'un de ses bras et par le flanc du même côté. Il serra les dents et commença à vouloir tirer la carcasse de l'ours. Le bestiau était lourd, il fit alors exploser son cosmos tout en agrippant l'animal et il réussit à le soulever les plusieurs centimètres. Il laissa son cosmos irriguer son corps et ses muscles et le souleva encore plus pour le mette de coté et libérer la personne se cachant en dessous. C'était un jeune garçon qui ne devait même pas avoir quinze ans. Arnvald s'approcha de lui et lui proposa de l'aider à se relever en lui tendant la main.

_ Ca va mon petit? Tu es blessé?

Habillé de son manteau en peau d'ours, sa capuche cachant la moitié de son visage, il espérait ne pas trop lui faire peur. De sa main libre, il fit alors glisser la capuche vers l'arrière, laissant voir au gamin son visage, sa barbe et sa chevelure d'argent.





On peut affronter la brise, mais il vaut mieux s'affaler dans la tempête.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AlvisavatarArmure :
Godrobe de Gamma

Statistiques
HP:
200/200  (200/200)
CP:
280/280  (280/280)
CC:
225/225  (225/225)
Message Re: [Octobre 550] Une histoire d'ours (PV Arnvald)   Mer 25 Jan - 11:41
La situation précaire dans laquelle se trouvait le plus jeune des guerriers divins le força à se calmer pour réfléchir. Il mangea tout d'abord, aidé dans son entreprise par le canidé loyal près de lui. Cette nourriture l'aiderait à rester éveillé, à reprendre des forces. C'est à ce moment-là qu'il réalisa que sa convalescence depuis Jamir se prolongeait encore un peu. Son corps allait mieux, mais le sang qu'il avait perdu manquait encore. En temps normal, face à cet ours, il n'aurait même pas dû se faire toucher. Une esquive, son regard de serpent et son habileté auraient expédié la bête. Pourtant, malgré ses récentes blessures, il triomphait, preuve que sa force revenait rapidement.

Une fois son estomac plein, Fimbul tenta de tirer encore une fois l'ours, mais il demeurait trop lourd pour lui. Le roi des glaciers avait probablement beaucoup chassé pour se préparer à l'hiver rigoureux d'Asgard : ici plus qu'en beaucoup d'endroits, la graisse constituait un solide atout contre le froid glacial. Alors, le loup se coucha près d'Alvis pour lui tenir compagnie plus que réellement chaud.

Le Serpent prit conscience peu de temps après d'une silhouette qui se dirigeait vers eux. Un homme assez grand et fort, au physique typique d'Asgard. Son pas résonnait sur la glace épaisse et tira le Gamma de sa torpeur. Vulnérable, encore. Son allié se dressa aussitôt sur ses pattes et recula, sondant l'inconnu d'une manière bien propre aux loups, propre à lui-même aussi. Il ne gronda pas mais se tint proche, comme un avertissement pour l'individu qui déjà entreprit de soulever la bête inanimée.

L'adolescent sentit son cosmos, moins développé que le sien mais tout de même bien supérieur au commun. Il s'agissait donc d'un guerrier divin, sans doute récemment nommé dans les rangs d'Odin. Il rampa aussitôt hors de l'emprise de la carcasse et se redressa en position assise, le visage à moitié couvert de sang et d'écailles -sa Mue officiait déjà-, ainsi qu'une jambe dans le même état mais avec la morsure salée de l'eau de mer en prime sur ses chairs à vif.
Son regard reptilien se posa sur un homme d'âge plus que mûr et il attendit de voir si celui-ci se trouvait apeuré par sa mine sauvage ou si, comme les autres guerriers divins, il l'ignorerait pour se concentrer sur ses bonnes intentions.

"Ça va."

Il força sa jambe à remuer, doucement, jusqu'à la plier. Quelques minutes encore et il parviendrait à marcher, la douleur s'estompant avec la coagulation sous ses écailles. Il prit appui d'abord de son côté valide, puis poussa sur ses muscles pour se lever, sans aide. Simplement debout, sans marcher, il ne donna aucune indication sur sa souffrance à l'homme. S'il était doté de mauvaises intentions, mieux valait bluffer. Et dans le cas contraire, la mauvaise rencontre deviendrait bientôt un souvenir.

"Tu es un guerrier d'Odin. Tu me suivais ?"


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t824-alvis-l-ouroboros-gamm
ArnvaldavatarArmure :
Sigma/Hraesvelg

Statistiques
HP:
215/220  (215/220)
CP:
102/220  (102/220)
CC:
150/245  (150/245)
Message Re: [Octobre 550] Une histoire d'ours (PV Arnvald)   Mer 1 Fév - 10:55


Arnvald fut étonné de voir ce qu'il voyait, les blessures du jeune garçon se recouvraient d'étranges écailles. Arnvald avait déjà vu des écailles similaires dans les bois, c'était comme des mues de serpent. Voilà donc un étrange pour le jeune homme qui, ah tiens, son regard... Des yeux de serpent... Quel étrange gamin que voilà... Il lui sourit dans sa barbe, laissant le gamin se redressait seul. Pas qu'il ne voulait pas l'aider mais le garçon semblait vouloir le faire par lui-même et donc lui proposer de l'aide ne servirait à rien.

_ Te suivre? Que nenni. J'étais simplement venu pêcher ici. J'y venais dans ma jeunesse, il y avait toujours plein de poissons dans le coin. J'ai senti ton énergie et donc je me suis attelé à venir et c'est là que je t'ai découvert coincé sous cet ours.

Le barbu posa son barda à terre, fixant le loup pendant un moment. Il se dit que c'était la mode d'avoir un loup en compagnon, bien que la jeune Elyn était une sorte de cas particulier, elle portait la Godrobe adéquate pour une telle amitié.

_ Tu parlais de guerrier d'Odin? Je dirais que louant la puissance du Grand Odin je suis l'un de ses soldats. Mais n'est-ce pas le cas de toute personne capable de se battre, qu'elle soit assez vieille pour partir à la guerre et encore assez jeune pour porter une arme à la main...

Il ne put s'empêcher de repenser à son enrôlement, sa réquisition, sa période d'apprentissage, le départ pour le sud puis la terrible bataille des Balkans. Une hécatombe, une bataille où les simples hommes comme lui à l'époque n'avait pas leurs places, et pourtant ils étaient là, là à se battre pour Odin et sa grandeur. Il s'en souvenait si bien, et pourtant cela faisait déjà vingt ans...

_ Dis moi. Je me demande bien comment tu t'es fourré sous cet ours. Je suis sur que c'est une histoire passionnante. Tu me raconte ça en mangeant un bout?

Il sortit de sa poche un morceau de viande séchée qu'il tendit en direction du garçon au regard serpentin. Il lui souriait avec franchise. Arnvald appréciait les jeunes, il ne pouvait s'empêcher de faire le rapprochement avec ses propres enfants.

_ Au fait moi c'est Arnvald, mais tu peux m'appeler Arn si tu le souhaites.

Il croqua alors dans un autre morceau de viande qu'il venait de sortir.




On peut affronter la brise, mais il vaut mieux s'affaler dans la tempête.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AlvisavatarArmure :
Godrobe de Gamma

Statistiques
HP:
200/200  (200/200)
CP:
280/280  (280/280)
CC:
225/225  (225/225)
Message Re: [Octobre 550] Une histoire d'ours (PV Arnvald)   Jeu 2 Fév - 16:13
L'adolescent jaugeait son aîné sans se cacher, tandis que celui-ci déposait du matériel de pêche sur la glace, non sans s'attarder sur le loup blanc en retrait. Après un échange de regards, le canidé se détourna finalement en direction de la forêt. Cela signifiait qu'il jugeait le vieil homme exempt de dangers pour son ami, et il le laissait donc disposer de la situation selon son bon-vouloir, tandis que lui-même regagnait les terres des loups.

Alvis le suivit un moment des yeux puis attrapa au hasard une sorte de pieu avec un crochet qui servait à harponner. Il se rassit en tenant l'objet en main, son doigt courant avec légèreté sur la surface tranchante. Intérieurement il était convaincu que l'homme savait ce qu'il entendait par "guerrier d'Odin", au lieu de "soldat". Il l'avait dit lui-même : l'énergie d'Alvis l'avait attiré, et son utilisation de sa force ne pouvait qu'être intentionnelle. Toutefois le Serpent n'insista pas. Il n'y trouvait pas d'intérêt.

Il releva les yeux sur Arnvald tandis que celui-ci lui demandait de raconter sa petite histoire tout en proposant à manger. Peu coutumier de ce type d'échanges, le petit brun reposa l'outil avec les autres et dédaigna la viande séchée d'un signe de tête.

"Je la préfère fraîche."

Un instant plus tard, dague en main, il repérait l'ouverture pratiquée dans la peau de l'ours par Fimbul et se mit à l'agrandir soigneusement, dépeçant au passage la bête de son cuir. La main sûre, il déposa la fourrure sur le côté et tailla directement au niveau du cœur pour extraire celui-ci et mordre dedans à pleines dents, pas troublé pour un sou.

"J'étais sous l'eau quand il m'a vu. En train de pêcher."

Il désigna l'unique poisson sanguinolent à sa ceinture, de plutôt petite taille, que la dispute avec les griffes de l'ours avait écrasé et quelque peu mutilé. Il n'en restait plus grand-chose, mais il le décrocha et le tendit volontiers à Arnvald, s'il le souhaitait.

"Je suppose que l'odeur du sang l'a attiré. Les ours l'adorent de ce que j'ai vu. J'étais plutôt vers le fond quand je l'ai repéré à mon tour, j'ai essayé de remonter. J'ai fait une ouverture dans la glace, par là-bas, mais il ne m'a pas laissé le temps d'y retourner, alors j'en ai ouvert une autre ici. Il voulait me noyer mais j'ai réussi à sortir quand même, et là j'ai pu esquiver ses coups. Je l'ai laissé se fatiguer un peu, tout en l'attaquant dans les pattes et dans les flancs pour l'affaiblir."

Le Serpent mima des coups de dagues dans un ours imaginaire avec férocité, puis ouvrit l'estomac de l'animal pour déverser les boyaux dans l'eau à l'attention des poissons, le cœur toujours en bouche. Il découpa plusieurs carrés de viande encore chaude avant de faire une pause pour terminer son morceau de roi, et avec lui son histoire.

"Quand il a commencé à bouger moins vite, je lui ai sauté à la gorge pour l'étouffer. Je pensais qu'il tomberait plutôt en arrière, avec mon poids penché sur lui, mais il a plutôt fait l'inverse... et j'étais coincé par le sien. C'est là que tu es arrivé. Et toi, comment as-tu fait ?"

Il désigna le manteau d'ours sur les épaules du vieil homme, tout en continuant son travail de boucher minutieusement.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t824-alvis-l-ouroboros-gamm
ArnvaldavatarArmure :
Sigma/Hraesvelg

Statistiques
HP:
215/220  (215/220)
CP:
102/220  (102/220)
CC:
150/245  (150/245)
Message Re: [Octobre 550] Une histoire d'ours (PV Arnvald)   Lun 13 Fév - 11:16


Le jeune homme avait des gouts peu ragoutant. En effet il préféra tailler dans l'ours dans sa viande de bête fraichement tué plutôt que de croquer la bonne viande sèche d'Arnvald. Arnvald se demandait si le garçon au regard serpentin savait que la viande crue à outrance était source de maladie? Après tout il n'était pas la pour faire son éducation, il le laissa faire et engloutit donc le morceau qu'il avait voulu lui donner. Il écouta ensuite son eventure de pêche. Une pêche peu fructueuse à la vue du minuscule poisson qu'il avait à sa ceinture. Poisson qui avait souffert de sa rencontre avec l'ours. De pêcheur Alvis était donc devenu pêché, c'était amusant non?

_ Et bien c'est une histoire passionnante que tu viens de me raconter. Tu es bien courageux dis-donc pour oser plonger dans les eaux glaciales de la mer. Beaucoup de personne serait morte en quelques instants en nageant dans celles-ci.

Le vieil homme fit quelques pas sur sa droite, il aperçut une pierre un peu plus grosse que les autres et il posa alors son cul dessus. Il sortit de sous son manteau une outre. Il se rinça le gosier avec son contenu, contenu qui était de la cervoise. Il tendit l'outre au garçon, c'était bon pour se remettre de son aventure. Arn agita la capuche de son manteau en peau d'ursidé. Cela lui rappela sa famille, mai sil ne fit mine de rien.

_ Tu parles de ça? Disons que cet ours a cru pouvoir faire de ma famille son encas avant d'aller faire son gros dodo hivernal. Dommage pour lui, ma brave hache ainsi que moi-même on se trouvait à quelques mètres de la. Un bon coup à la gorge et cela en était fini de lui. Fin de son histoire et début de l'histoire de ce chaud manteau.

Arn éclata de rire, il montra alors à sa ceinture, Freilda sa hache. Puis il repassa son manteau dessous elle, la cachant à nouveau. Le jeune garçon semblait en savoir pas mal sur les guerriers divins, peut être en était-il un aussi.

_ Dis moi donc mon jeune ami, tu ne connaitrais pas Toryald d'Alpha et Ingmar de Bêta? Cela doit bien faire vingt ans que je n'ai pas de nouvelles d'eux.





On peut affronter la brise, mais il vaut mieux s'affaler dans la tempête.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AlvisavatarArmure :
Godrobe de Gamma

Statistiques
HP:
200/200  (200/200)
CP:
280/280  (280/280)
CC:
225/225  (225/225)
Message Re: [Octobre 550] Une histoire d'ours (PV Arnvald)   Mar 14 Fév - 11:39
Se contentant d'exposer les faits sans les exagérer ou les valoriser, le benjamin des guerriers divins se demanda ce que son aîné pouvait bien trouver de passionnant à son récit. Des Hommes qui terrassaient des ours, ce n'était pas si rare. Qu'ils s'en sortent sans une égratignure un peu plus, mais en tant qu'éveillés au cosmos, cela semblait plutôt naturel.

L'adolescent fit une pause pour arracher la peau écailleuse de sa joue et sa jambe, qui le démangeaient. La peau apparut blanche et intacte à nouveau sous les déchirures de ses vêtements et la douleur faisait partie désormais des souvenirs, pendant que le vieil homme plutôt avare en détails expliquait comment il avait abattu lui aussi un ours avec son arme. Pour une fois, elle semblait d'une dimension raisonnable, pas comme l'énorme épée d'Haldor ou les lames plus compliquées les unes que les autres de Toryald. Ce dernier entra par ailleurs bientôt dans la conversation.

Alvis passa au désossement du prédateur et à l'élimination des parties immangeables, trempant les bons morceaux dans l'eau de mer pour les saler avant qu'elles ne périmassent, pour ensuite les empiler en petits tas sur la peau qu'il travaillerait et tannerait. Il abandonnerait les étoffes fines et "civilisées" pour revenir à ses méthodes : chasser et se vêtir de ce qu'il chassait. Le froid ne le mordait plus depuis bien longtemps mais ce trophée rappellerait peut-être qu'il pouvait se montrer dangereux, en dépit de son jeune âge et son apparente fragilité. Il ouvrit également la gueule de l'ours pour apprécier ses crocs. Cet ivoire servait parfois de monnaie d'échange, entre guerriers. Et il avait une teinte plutôt agréable à admirer.

"Toryald habite tout en haut de la vallée, après le palais. Il est supposé garder le pont qui sépare Midgard des plaines avancées d'Asgard, réservées aux dieux et à leurs affiliés. Je connais un Hakon de Bêta, mais pas un Ingmar par contre... Il est peut-être mort. Il faudra demander aux autres."

Un instant le Serpent releva la tête pour dévisager Arnvald tranquillement.

"En tant que guerrier divin, est-ce que tu as déjà rencontré la prêtresse ? Elle saura sans doute te le dire, elle. Quel endroit dois-tu garder ?"


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t824-alvis-l-ouroboros-gamm
Contenu sponsorisé
Message Re: [Octobre 550] Une histoire d'ours (PV Arnvald)   
Revenir en haut Aller en bas
 
[Octobre 550] Une histoire d'ours (PV Arnvald)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Pages d'histoire des hommes et des femmes d'Haiti et leurs épisodes
» Commémoration de l'assasinat de l'Empereur Jacques 1er, fondateur d'Ayiti
» Page d'histoire: Tiresias Augustin Simon Sam, president.
» Petite histoire aux grandes aventures :D
» Une petite histoire ... pour se remonter le moral !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Saint Seiya Age of Gold :: Libro Scripturae :: Germania :: Toundra boréale-
Sauter vers: