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 Du sable à la pierre [Ariane - Reba]

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Message Du sable à la pierre [Ariane - Reba]   Lun 16 Jan - 18:34
Du Sable à la Pierre
feat. Ariane

Reba revenait d'Egypte, mais les paysages de la Grèce ne lui étaient pas moins exotiques. C'était vrai, après tout : elle n'avait pas eu réellement le temps de s'y habituer avant de partir en mission. À peine avait-elle eu le temps de poser ses bagages que le Sanctuaire était en flammes. Et on l'avait renvoyée en mission, alors même qu'elle ignorait s'il verrait se lever un nouveau jour... Et bien que Lesath l'ait rassurée sur ce point, l'acte n'en restait pas moins déraisonné. Akrites aurait eu l'air fin à l'avoir expédiée de la sorte, si elle n'était rentrée que pour trouver des ruines ; son rapport ne l'aurait guère avancé... Non que cela change grand chose au final, puisqu'elle revenait les mains vides.

Tant de choses s'étaient passées depuis son départ, tant dont elle n'avait pas idée ; le monde, semblable à ces hommes en habit d'or, semblait aller à la vitesse de la lumière. Pourtant, c'est avec une nonchalance certaine qu'elle s'avançait dans les rues de Rodorio, suivie par son ombre. Ce qui est fait est fait, le passé est le passé ; ce n'était pas à elle de questionner les raisons pour lesquelles on l'avait éloignée, ni le moment où cela avait été fait. Ce n'était pas qu'elle voulait fuir la bataille, mais quel bien y aurait-elle fait ? Bien fous étaient ceux dont les rapports de force étaient le seul intérêt. Le Sanctuaire était toujours, plus que jamais : déjà elle en apercevait le contours au travers des rues bondées ; de toute évidence, c'était jour du marché. Parfait.

Le cri d'un commerçant retentit ; deux pommes viennent de lui être dérobées... Mais ce n'est pas tant le délit qui importe que les yeux de la bête qu'il a cru distinguer. Face à cette absurde révélation, prompts sont-ils à oublier : comment un tel fauve aurait-il pu trouver son chemin jusqu'en Grèce ? Et quand bien même ce serait le cas, ce n'est sans doute pas de fruits qu'il se nourrirait... Probablement n'a-t-il aperçu qu'un chat errant ; probablement a-t-il mal compté, probablement des enfants des rues l'ont-ils dépouillé. Écoutant tout cela d'une oreille alors qu'elle s'éloigne, Reba songe, tout en croquant à belles dents dans le littéral fruit du délit, que la capacité de Chiquita à ne pas se faire voir ne cessera jamais de l'impressionner.

Si atypique lui est le paysage, elle l'est également aux yeux des passants : il lui arrive parfois oublier. Là encore, qui pourrait l'en blâmer : son précédent séjour été n'avait été que cela - passager. Cacher son derme eut été malaisé, non qu'elle en ait jamais eu l'intention ; même si les regards lui intimaient qu'elle devrait, pourquoi avoir honte d'où elle venait ? Si sa peau éveillait des questions sur les visages, le masque semblait y répondre pour certains - pour d'autres n'en créer que davantage. Mieux valait pour eux se faire à l'idée : elle était là pour rester, et n'avait point l'intention de se cacher. Même en ces temps de chrétienté, contester la déesse au pied de son antre semblait malavisé.

Sans même avoir besoin de s'approcher, les gardes aperçurent la lourde boite, nommée d'après Pandore la tristement célèbre, qui lui pesait sur les épaules - qui rentrait chez elle bien davantage que celle qui l'amenait au bout du voyage. L'accueillant d'une roideur militaire, ils lui cédèrent passage vers sa nouvelle demeure - les mois écoulés n'avaient pas changé cet état de fait. Si inhospitalières qu'aient pu parfois sembler les contrées qu'elle avait exploré, elle s'y sentait d'une étrange façon bien plus chez elle que dans ce château de pierre, cet Empire de Raison. Le voyage avait été long, mais elle n'était pas fatiguée ; eut-elle dû trouver le sommeil, la belle étoile lui semblait plus avenante que quelque couchette austère.

La pomme par ses crocs épargnée roulait encore entre ses doigts. Le soleil était sur le point de s'éteindre quand elle parvint à portée des champs d'entraînement, ou une poignée d'aspirants désireux de se faire bien voir échangeaient encore quelques passes d'armes supplémentaires. Bien qu'elle puisse trouver une certaine beauté aux chorégraphies martiales les plus élaborées, elle n'accordait généralement à ces scènes que peu d'intérêt ; sa propre façon de faire n'était pas de celles que l'on apprend - moins encore que l'on transmet.
Pourtant, elle resta figée quelques instants sur la traverse de pierre surplombant le terrain sur la route des dortoirs - assez longtemps pour que la panthère lassée d'attendre quitte les ombres pour se nicher au creux de ses jambes. Souvent, l'on entrait au service d'un dieu avant d'endosser la seconde peau qu'il avait choisi pour soi dans les étoiles. Rares étaient ceux qui, comme elles, se présentait d'ores et déjà vêtu de leur dernière tenue - du vêtement que les cieux leur avaient réservé.

Si elle aussi était arrivée d'ici avant d'entendre les astres, trouverait-elle à ces pierres froides un peu plus de chaleur ? Songeuse, mais point assez pour ne pas voir que la bête avait perçu une présence, elle releva ses yeux voilés d'ivoire dans la même direction. Être tirée de ses rêveries ne changea pas la chaleur que son ton comportait, qui n'était elle non plus pas sans rappeler d'où elle venait : Je ne crois pas que l'on se soit déjà rencontrées.


'cause I am a lion born from things you cannot be.

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Message Re: Du sable à la pierre [Ariane - Reba]   Mer 8 Fév - 16:50
Le temps filait, passait outrageusement vite. Mais peut-être pas avec suffisamment de vitesse, en cet instant où la guerre grondait à quelques lieux de cette arène. Oui, le Conflit sonnait encore le cor dans les cœurs enragés des rescapés de guerre. Ariane le constatait à ces mines déterrées, à ces visages qui n'avaient pas manifesté leur présence pour l'heure. Un vague moment de déréliction, comme tant d'autre.

Et qu'était-ce donc ce mot qui emplissait ses oreilles? Ce mot qui jurait à ses yeux damnés, ainsi que cette petite escarboucle rougissant encore avec timidité sur sa poitrine?

Ah, réminiscence. Qu'importe la direction, que sa pensée soit tournée sur ce champ de bataille ou à l'encontre de ce lieu d'emprisonnement, ces endroits partageaient cette commune idée dans l'esprit de l'ancienne Urodèle: L'un ou l'autre n'était pas si différent dans le fond. Ils évoquaient un passé sans passé.

"On dit qu'un drôle de chat..."

Des paroles dérobées entre les villageois l'avaient réveillé bien soudainement, lui rappelant alors sa fiction. C'était ce qui avait suivi des échanges résonnants contre les murs de Rodorio. Ca, et puis un autre fait plus notable.

"Une disparition de pommes...Mais on n'en est pas sûre."


Pensive, la jeune femme ne put s'empêcher de porter l'ongle de son pouce entre ses dents, à cette réflexion qui se manifestait d'ores et déjà sous une envie d'enquête, sous-jacente. Dans l'esprit nostalgique de l'ancienne Générale, on eut dit le mythe de la petite salamandre vermeille. Ecarlate. Ou Cramoisie. Mais à la différence de ce conte défait, rien n'était moins certains que la réputation d'un inconnu. Parce qu'un inconnu n'a pas d'identité. Parce qu'un inconnu est une chose bien mystérieuse, à plusieurs facettes.

Mais un instinct qui fut le sien, avait pensé peut-être bien y voir un semblant de reflet. Un combattant qui avait opté pour un chat à la place d'une salamandre, ou un autre messager perdu, ou...Peu importe. Quelqu'un. Pour tuer le temps et l'ennui qui étaient siens.

Et voilà pourquoi elle avait emprunté les sentiers de Rodorio jusqu'à cette arène, avec une facilité déconcertante à bien y repenser. Les gardes n'avaient pas prêté attention plus longtemps à la petite forme qui se mouvait avec agilité sur les dalles de marbre de l'arène, toute serpentine, et il avait bien fallu qu'elle soit immobile sur les escaliers pour qu'on ne la perçoive véritablement d'un œil méfiant.

Parce que s'il fallait rencontrer quelqu'un, c'était "ici".

"Bah tiens..."

Son œil écarlate dériva des quelques valses d'entraînements à ces affrontements de rivalité. Qu'il était étrange de revenir en ces lieux, et d'y porter une aide dépourvue d'intérêt, d'envie, ou d'obligation et d'aliénation.

Oh que non, la décision de revenir ici-même n'avait pas été aussi simple pour l'ancienne Tribut. Assise sur les gradins, à examiner un œuf à la coquille blanche et au contenu-mystère, les pensées factices avaient une prise sur l'esprit de la jeune femme. Et puis elle l'avait vu. Cette curieuse bête. Ce gros chat. Ce félin tout en finesse. Alors l'ex atlante s'était levée, pour suivre la bestiole à quatre pattes qui maintenait une démarche fière et paresseuse à la fois; en la direction de son maître.

Maître qui n'était autre qu'un Chevalier, une femme à en juger le masque qu'elle portait. Alerte, cette dernière s'était tendue en pressentant le cosmos papillonnant et contradictoire de la brune; laquelle répondit par une douce approche, exempte en apparence de cette envie belliqueuse. L'oreille tendue, la jeune femme écoutait ce Chevalier parler, manifesta brièvement son intérêt, puis fronça des sourcils. Pas par mécontentement mais par réflexion.

Effectivement, il lui semblait bien ne jamais avoir aperçu cette jeune femme, qui plus est l'une de celles que n'importe quelle autre personne - comme Bélisaire- aurait pu tenter de rabrouer. Rare était ces personnes provenant d'un pays des déserts chauds. Drôle d'accent.

"Non, effectivement. Ca ne fait pourtant pas si longtemps que j'ai quitté cet endroit. Moins que le temps passé ici sans y sortir à dire vrai."

Ce n'était pas la première fois qu'un Chevalier s'adressait à elle ainsi. A croire qu'à petit feu, les esprits omettaient déjà l'existence des Tributs. Pour ce qu'on ne leur connaissait aucun fait notable en tant que tel. Et c'était peut-être bien normale. Un tribut reste un tribut. Un coup d'œil sur son Armure chatoyante avait suffit par lui inspirer une dernière résolution: La représentante du petit Lion lui faisait face, trognon de pomme à la main. Le regard de la Renégate s'était illuminé.

"C'est vous, le célèbre chat dont on parle dans le village? Qui tourmente les esprits?" La question avait été un plus appuyée Un regard en direction de la panthère qui trônait près des jambes de la femme avait été scellé, tout aussi interrogateur que curieux."Bah! J'ai eu l'occasion de rencontrer une autre version. Vous...Vous ressemblez, un soupçon de cosmos solaire et similaire...Mais pas le même esprit, je suppose? Une bien jolie bête. Pas totalement un Lion, mais..."

Même si le fauve qui l'accompagnait était noire et plus proche d'un guépard que du Lion, et qu'il lui rappelait ces bêtes entraperçues dans les livres qui avaient forgés son expérience à défaut des expériences. Oh non, elle n'était pas comme Childéric en outre. Un léger sourire s'était esquissé brièvement sur ses lèvres rosées. Car d'une seconde différence, ce fut que leur présentation ne passait pas par les menaces sous entendues entre les crocs d'un Lion d'Or et les sifflements d'une Urodèle trop belliqueuse, vicieuse de nature. Mais ça, la jeune femme au teint mâte ne le savait probablement pas. Et mieux valait qu'elle reste dans l'ombre à ce sujet. Une main portée à son visage, et la brune à la peau d'albâtre avait sut ce qu'il lui manquait pour la bienséance.

"Ah oui, je n'ai pas de masque. Excuse-moi. Je ne suis pas Chevalier mais...Disons que je connais bien les lieux, suffisamment pour prétendre rester ici. Je m'appelle Ariane!

Peut-être que ça lui dirait quelque chose? Dans l'attente d'une réponse affirmative ou négative, la jeune femme s'était finalement assise en face d'elle. Tout cela avait été prononcée avec calme et patience. Presque de bonne humeur. Peut-être bien feintée. Ou alors peut-être que non. Peut-être qu'elle était véridique. Difficile de lire sur les traits de l'ancienne Lyumnades.


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