Votez
I
II
III


Forum fermé. Bon jeu à tous sous d'autres cieux !
 

Partagez | 
 

 [Décembre 550 // Esther] Un repos agité

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
ArgusavatarArmure :
Aucune pour l'instant

Statistiques
HP:
120/120  (120/120)
CP:
180/180  (180/180)
CC:
101/101  (101/101)
Message [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Mar 24 Jan - 22:34
Argus comprit qu'elle n'était plus en état de courir lorsque les cicatrices des récents coups de fouet se rouvrirent et que du sang se mit à couler le long de son dos. Les contusions qui la recouvraient rendaient chaque pas douloureux. La soif la brûlait. Pourtant, elle faisait de son mieux pour ignorer toute cette souffrance et pour avancer malgré cela. Elle ne devait pas abandonner.
L'enfant avait courru, courru sans s' arrêter depuis la villa désormais dévorée par les flammes qu'elle fuyait. Sans ralentir ni même se retourner une seule fois, elle avait rejoint la côte Sicilienne. Là, elle s'était à nouveau faite passer pour un garçon, car désormais elle avait bien compris que sinon elle ne serait jamais acceptée sur aucun bateau.
Elle s'était infiltrée sur un navire puis cachée. Cependant, après quelques heures, elle fut découverte. Pendant quelques secondes, elle fut paralysée par la terreur. Allaient ils la renvoyer d'où elle venait ? Ou la vendre à nouveau ? Avant même de comprendre qu'elle réagissait, elle fracassa la mâchoire du premier matelot. À l'aide de ces arguments frappants, elle les convainquit de lui faire faire la traversée jusqu'au continent.

Une fois arrivée à bon port, elle se remit à courir, pendant des jours et des nuits. Ce n'était plus la crainte d'être rattrapée qui la poussait, puisqu'elle se savait maintenant inaccessible, mais la hâte de parvenir au Sanctuaire.
Aux abords d'un petit village, un vertige la prit et elle tomba au sol, sans connaissance.

Lorsqu'elle revint à elle, Argus se trouvait dans une maison et une jeune femme lui épongeait le front. Voyant que sa protégée se réveillait, elle lui sourit et lui annonça qu'elles se trouvaient à Rodorio.
L'enfant resta alitée de force pendant deux jours, durant lesquels sa sauveuse soigna ses blessures. Puis elle obtint l'autorisation de sortir. À pas prudents pour ne pas tomber, elle poussa la porte et resta quelques instants émerveillée face à la beauté de ce village dont la blancheur resplendissait sous la lumière chaude et dorée du soleil perdu au milieu d'un ciel pur. Elle avança de quelques pas, paisible. Pour la première fois de sa vie, elle pouvait agir comme une enfant libre. Ce sentiment était grisant.
Argus dévisageait les passants qui la regardaient. À sa surprise, elle ne distingua que de la bienveillance dans leurs yeux. Aucun d'eux ne la regardait avec curiosité ou convoitise à cause de son visage étranger, de ses cheveux argentés légèrement bleutés ni de ses yeux couleur d'ambre. Aucun ne lui jeta un regard de mépris pour ses haillons recousus à la hâte ni pour ses pieds nus et blessés.
Déjà, elle les adorait. Elle venait d'avoir confirmation que cette sorte d'humain, dont elle supposait instinctivement l'existence, existait réellement. Pour la première fois depuis le premier jour où ses souvenirs remontaient, elle était heureuse.
Au loin, elle vit une autre enfant et choisit de s' avancer vers elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t1497-argus-aspirant-fiche-
EstheravatarArmure :
Cuirasse de la Tarentule

Statistiques
HP:
100/100  (100/100)
CP:
130/130  (130/130)
CC:
304/304  (304/304)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Mer 25 Jan - 3:42
Impuissante, la petite fille est toute entière exposée à l'ire de la Hyène. Qu'elle se débatte de toutes ses forces, l'étreinte autour de son cou se resserre un peu plus. Dans les yeux de son agresseur, une haine à son adresse qui dit sa terrifiante détermination. Son intention est de l'abattre, sans indulgence possible. De la pitié... Aucune supplication ne semblait capable d'arrêter son geste. Désespérée, ses iris d'émeraudes virent à gauche de ses orbites. La pièce de sa chambre est sombre, victimes d'une irruption momentanée sans qu'elles n'aient rien pu faire. De l'aide... Non loin d'elle, la carcasse de sa grande sœur le regard creux en sa direction, un filet de sang à la commissure de ses lèvres. Placide, l'avenir lui avait donné raison. De son arrogance était née un monstre assoiffé de sang, qu'un simulacre d'innocence ne saurait tromper. Seule, elle était seule... Il n'était plus de secours à attendre. Ses proches reposaient tous dans l'outre-monde. Que cela s'arrête... Sa vision se trouble. L'enfant suffoque, son esprit se dissipe et ses veines se glacent d'effroi. Des sons veulent sortir ; empêchés par l'étouffement.

*Je vais mourir...*

C'est au seuil de cette conviction macabre qu'un tressaillement saisit son corps alors endormi. Se redressant brusquement de son lit, sa respiration est saccadée ; essoufflée. Ses yeux balayent la pièce du regard, persuadée d'une imminente menace. Quelque chose se tient présent. Terrifiée, elle demeure plusieurs secondes ainsi sur ses gardes. C'est alertée par le bruyant halètement de sa jeune sœur que Maïwenn apparaît à l'entrée de sa chambre. De la brèche à même la paroi de chair balbutiante, l'adolescente s'assure de l'état de la Tarentule.

-Non... Je ne vais pas bien... Je t'en prie... ne me laisse pas seule !

L'expression froide, Maïwenn la détaille un moment du regard. Son affection n'était guère authentique, plus enchaînée que liée à l'Araignée. Cela se retrouvait pleinement dans son attitude, peu soucieuse de le cacher. Une antipathie que la petite fille se refusait de voir, encore tourmentée par son cauchemar. Finalement, sa grande sœur viendrait la rejoindre dans son lit pour une étreinte hypocrite. Elle veillait sur son geôlier. Ainsi seulement la petite fille pouvait-elle recouvrer son calme, retournant à ses songes.

*

À l'interstice de la réalité, son esprit se matérialisait aux abords du Sanctuaire. Que venait-elle y faire ? Tenir son rôle dans l'armée de son dieu... une responsabilité dorénavant à mille lieux de ses préoccupations les plus lointaines. Non... effleurant la pierre d'une maisonnée, aucune sensation ne lui venait ; et pourtant, de réveiller par ce simple geste un souvenir prompte à faire remonter un frisson le long de son échine. Ce lieu visité tant de fois... il n'était plus nécessaire d'y avoir vécu une intense expérience pour sentir à cet endroit une part d'elle-même. Toisant l'extrémité de ses doigts, une ombre assombrissait son expression. Ici-même, elle avait été une personne et plusieurs autres. Parmi ces innombrables identités, la Tarentule cherchait à se fondre dans la plus ancienne d'entre elles ; celle d'innocence qui jetait le voile sur sa propre monstruosité. Ainsi innocente, elle ne pouvait voir le mépris et craindre d'être chassée pour l'infamie de son existence.

D'heures en heures, l'enfant arpentait les rues de Rodorio, au dehors de la perception de tout un chacun. De jour comme de nuit, la jeune Berserker était un fantôme. Un fantôme envieux des incarnés ; en quête de sa vitalité passée. Qu'est-ce que cela fait d'être vivant ? Le regard vide, celui-ci s'illumine en remarquant un cosmos autre que le sien, à proximité dans l'une des habitations. Curieuse de cette dernière, sa volonté la déportait à l'intérieure de la modeste bâtisse, devant le réceptacle de cette énergie singulière. Les yeux écarquillés de surprise, elle y découvrait une enfant endormie. Ce n'est qu'après quelques secondes de flottement qu'elle remarquait sa convalescence et – plus important –, une tenue qui ne disait aucune allégeance. Est-elle l'un de ces feux sans lumière ? Approchant doucement sa main du visage de cette étrangère, elle serait arrêtée dans un tressaillement par des bruits de pas derrière.

Disparue, elle ne renouvellerait pas l'expérience. Plus prudente, la damnée se tenait à l'extérieur, dans une attente qu'elle-même ne s'expliquait pas. Qu'y avait-il à craindre après tout ? Nul ne pouvait la remarquer sans son bon vouloir. Quand bien même, être découverte n'engageait en rien sa vie, présente en sa qualité de projection astrale. Non... ce qui l'avait saisi dans cette maison était une peur enfantine. La plus irraisonnée... mais également spontanée depuis un long moment. Aussi sa curiosité prenait-elle de l'ampleur, jusqu'à l'instant où l'objet de son attention se décidait enfin à sortir ; ignorante des yeux surveillant le moindre de ses faits et gestes.

Finalement, la Tarentule se rendrait perceptible aux sens de cette inconnue, lui adressant un sourire des plus amicaux tandis qu'elle s'approchait. Elle apparaissait comme aillant tout juste l'âge de raison. Les cheveux d'ébènes, les iris d'émeraudes, la peau d'albâtre, Esther n'était habillée que d'une vieille robe élimée. Les pieds nus, des cicatrices se devinaient à la plante de ses pieds. Selon toute évidence, elle était d'origine paysanne ; a priori, une villageoise de Rodorio.

-Ah ! T'as l'air d'aller mieux ! Les adultes commençaient à s'inquiéter... et moi aussi d'ailleurs ! Tu ne voulais pas te réveiller... Je ne sais pas ce qu'on t'a fait, mais ce ne devait pas être gentil du tout...

L'air compatissante, Esther renouait doucement avec ses vieilles illusions. S'en imprégner à nouveau, pour se redécouvrir ; en quête de sens. Qui suis-je ?

-Mais au fait... qui es tu ? Moi je m'appelle Esther !




Citation :
Le vrai corps se trouve au Dédale de chair.




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t686-esther-de-la-tarentule
ArgusavatarArmure :
Aucune pour l'instant

Statistiques
HP:
120/120  (120/120)
CP:
180/180  (180/180)
CC:
101/101  (101/101)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Mer 25 Jan - 15:59
L'enfant qu'Argus avait aperçue lui sourit. Mise en confiance, elle s'avança vers elle. L'autre enfant se rapprocha aussi. Elle semblait légèrement plus jeune que l'ancienne esclave, brune avec des yeux verts envoûtant que mettait en valeur sa peau pâle, vêtue comme une paysanne ayant toujours vécu dans les environ. Argus se sentait mise en confiance, face à une égale qui ne la jugerait pas sur des lieux communs. Son sourire s'agrandit, tandis qu'elle se trouvait à présent à quelques dizaines de centimètres de son interlocutrice.
Celle-ci exprima son soulagement face au fait qu'Argus se soit enfin réveillée, mentionnant l'inquiétude qui s'était répandue et exprimant son mécontentement face à ceux qui l'avaient blessée. La convalescente en fut très surprise. Elle ne s'imaginait pas que son arrivée ait pu causer autant de remous ni qu'autant de gens, qui pourtant ne la connaissaient pas la veille, pouvaient se faire du soucis pour elle. Cette découverte lui fit très chaud au coeur. Elle avait encore du mal à admettre l'existence de la bienveillance, de la charité ou de la bonté, et ces paroles la laissèrent quelques instants émerveillée.

C'est vraiment gentil à vous de vous être inquiétés pour moi... Mais maintenant je vais mieux!

Comme pour prouver ses dires, la petite fille effectua une pirouette légère. Mentalement, elle résuma l'explication qu'elle donnerait à son amie - car elle espérait pouvoir bientôt l'appeler de ce nom. Elle trouvait logique de lui expliquer ce qui l'avait jetée par terre pendant plusieurs jours, puisqu'elle s'était fait du soucis pour elle. Il ne lui vint pas un seul instant à l'idée de mentir, d'autant plus que son passé était simple, qu'elle n'en n'avait pas honte et qu'elle ne voyait pas comment une enfant pourrait le retourner contre elle. Elle n'imaginait pas que quelqu'un qui faisait preuve de commisération envers elle pourrait chercher à lui nuire.

J'étais esclave en Sicile. Nous nous sommes révoltés et j'ai voulu me battre avec les adultes. On nous a réprimés sévèrement et certains sont morts. J'ai réussi à m'enfuir.

Son visage s'assombrit, mais très légèrement. Seules des personnes qui ne comptaient pas pour elle avaient péri sous ses yeux et, à son avis, le trépas valait mieux que le châtiment qu'ils auraient pu ensuite subir, suivi d'une vie entière de servitude, s'il y survivaient. Il n'y avait donc pour elle aucune raison de les regretter.
Puis son interlocutrice se présenta. L'enfant sourit à nouveau avant de faire de même:

Je m'appelle Argus!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t1497-argus-aspirant-fiche-
EstheravatarArmure :
Cuirasse de la Tarentule

Statistiques
HP:
100/100  (100/100)
CP:
130/130  (130/130)
CC:
304/304  (304/304)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Jeu 26 Jan - 13:22
D'abord surprise par la petite acrobatie de sa nouvelle interlocutrice, l'émotion évoluait rapidement en une forme d'émerveillement, que des applaudissement spontanés accompagnaient. Intérieurement, la Tarentule trouvait un grand amusement à cette scène. Au moins ne boudait-elle pas son plaisir de rencontrer une personne si humaine. Cette candeur authentique avalait son ombre si bien que son masque lui semblait se confondre un instant avec son visage ; une impression des plus agréables.

Malgré tout, ses yeux allaient de nouveau s'écarquiller, et cette fois pour une toute autre raison. En effet, l'Araignée n'avait guère anticipé la confidence qu'Argus lui faisait. Elle ? Une esclave ? Plus important que la condition était son combat pour la dépasser. Une réaction dont n'était pas familière Esther, plus habituée à se résigner devant un dessein qui la réduisait à la qualité de grain de poussière. Cependant et depuis la bataille de Jamir, cela était moins vrai ; plus décidée à s'échapper de cette immense toile pour tisser la sienne propre. Déjà, elle avait marqué une distance notable avec Arachné, la dominant enfin après des décennies... oui, d'esclavage. Et sa vis-à-vis arrivait à cette prouesse en trois fois moins de temps. Ce constat la rendait envieuse, mais en même temps admirative et surtout... intéressée.

L'air dans un premier temps triste alors qu'on lui confiait la perte de proches, la Tarentule aurait du mal à masquer sa grande curiosité. La Sicile, ce lieu lui était vaguement familier. Des terres d'où étaient originaires les Oracles. Il s'y trouvait quelques amitiés ; pour certaines, absentes de sa vie depuis maintenant un long moment. Toutes allaient-elles bien ? Il était cette Augure en particulier qu'elle souhaitait retrouver au plus tôt. Une envie latente car pleine de promesses, mais qui n'avait pas d'importance en l'occurrence ; du moins, pas de visible. La détaillant du regard, son étonnement ne s'était que peu dissipé.

-Tu viens d'un endroit dangereux. Je n'imaginais pas qu'un enfant pouvait s'opposer comme ça à des adultes. Tu devais avoir beaucoup d'amis pour t'aider. De chers amis...

Son expression devenait plus grave sur cette dernière mention. Il ne lui était pas de notion plus mystérieuse que celle-ci. En un sens, cette relation la fascinait, aillant toujours cherché à la reproduire. Mais son œuvre s'en tiendrait aux artifices, impuissante à effleurer le cœur de ce mystère. Au sein du Dédale, il n'y avait que des prédateurs. Les liens étaient d'intérêts cupides. Hors du Dédale, il n'y avait que des proies. Les liens n'étaient que d'hypocrites attentions. D'un côté comme de l'autre, les Berserkers demeuraient des étrangers, même au regard de leurs semblables. Une intime monstruosité, dont il semblait difficile – sinon impossible – de divorcer. L'air mélancolique, la petite fille ajouterait le verbe plus timide.

-Je suis désolée...

Autant que faire se peut, l'Araignée cherchait à maquiller ce sentiment en une sorte de gêne. La gêne de s'être montrée indiscrète. Mais elle n'était pas sûre de s'y être assez bien prise. Les yeux tournés en direction du Sanctuaire – relativement lointain de ce village –, Esther reportait l'attention ailleurs.

-Dis, tu sais ce que tu es venue chercher ici ?




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t686-esther-de-la-tarentule
ArgusavatarArmure :
Aucune pour l'instant

Statistiques
HP:
120/120  (120/120)
CP:
180/180  (180/180)
CC:
101/101  (101/101)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Sam 28 Jan - 15:22
La pirouette d'Argus lui valut les applaudissements d'Esther. La nouvelle arrivée à Rodorio ne savait pas exactement comment se comporter, n'ayant jamais eut de temps pour parler avec d'autres enfants, et craignait d'être trop volubile ou trop morose, sans avoir de repère pour se guider. Ces applaudissements la rassurèrent donc sur son comportement.
Sa future amie exprima son étonnement quant au fait que des enfants aient pu se révolter seuls contre des adultes. Argus hocha négativement la tête. Seule, elle avait toujours été faible - mais cela allait changer. Elle n'avait rien pu faire à chaque fois qu'elle avait été arrachée a une situation et vendue, elle avait toujours été réduite à l'obéissance. Elle n'avait jamais eu l'initiative : même celle qui lui avait permis de fuir avait imposé cette décision à sa protégée.
Sa destinée avait toujours été aux mains des autres.

"Ce sont des adultes qui ont lancé cette révolte... Moi j'ai voulu les aider à se débarrasser de leurs souffrances, alors je les ai rejoints."


Puis Esther mentionna beaucoup de très chers amis. Ce fut à sa vis à vis d'écarquiller les yeux :

"Non... C'étaient seulement des compagnons d'infortune. Je ne connaissais même pas tous leurs noms.

L'enfant n'avait jamais eu d'accident amis. Ou peut être, pendant l'époque bénie et oubliée où elle appartenait encore à sa famille. L'équipage pour lequel elle avait servi cinq ans, s'ils ne la traitaient pas trop mal, ne l'avaient jamais considérée comme une humaine, encore moins comme une amie. Idem pour la fillette qu'elle servait après. Quant à la vieille esclave qui lui avait permis de fuir... Certes elle ressentais beaucoup d'affection et de respect pour elle. Mais l'amitié suppose l'égalité.

Argus ne pensait pas qu'il était normal que la conversation tourne toujours autours de sa personne. Mais elle ne savait pas si elle avait tort. De même que son innocence l'empêchait de lire à travers les traits de son interlocutrice, de même elle l'empêchait de savoir se conduire avec tact et courtoisie.
Elle tenta de retourner une question :

"Et toi ? Tu as toujours vécu ici ?"

Puis Esther lui demanda ce qu'elle était venue chercher à Rodorio. Un grand sourire éclaira le visage d'Argus. Elle ne s'imaginait pas être déjà une proie potentielle. Elle ne savait pas qu'il lui faudrait taire ses nobles desseins. Elle ignorait que si, près du Sanctuaire, il pouvait se trouver des ennemis de la paix.

"Je veux devenir un Chevalier d' Athéna !

Son regard aussi se porta, plein d'espoir, vers les lointains temples et ceux qui deviendraient bientôt sa famille.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t1497-argus-aspirant-fiche-
EstheravatarArmure :
Cuirasse de la Tarentule

Statistiques
HP:
100/100  (100/100)
CP:
130/130  (130/130)
CC:
304/304  (304/304)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Dim 29 Jan - 1:54
Il aurait été étonnant qu'à son âge, Argus soit à l'amont d'une révolte. En saisir l'opportunité correspondait mieux à ce que l'on pouvait attendre d'un enfant. Quand bien même, c'était là faire montre d'un grand courage que de participer à un tel mouvement d'émancipation. Un courage portant ses fruits, eu égard son présent cheminement. Arrivée à destination, il ne lui restait plus qu'un rien de route pour embrasser son nouveau destin. Il était par contre étonnant qu'elle s'en soit tenu à des liens superficiels avec ses anciens compagnons. N'était-ce pas dans ces grands combats que se liaient le mieux les hommes ? L'exemple présent nuançait cette présomption. La raison sous-jacente resterait pour le moment obscure. D'évidence qu'elle ne s'attachait pas aux tristes pensées, sans doute soucieuse de toujours afficher un masque de bonne humeur. Mais d'une certaine manière, la Tarentule ressentait une distance entre elles. Cette impression... cette jeune fille se forçait. Craignait-elle d'être jugée ? Amusante observation que voilà.

Silencieuse, l'attitude de l'Araignée encourageait sa vis-à-vis à s'exprimer librement. Sa retenue... comme si elle découvrait ce que cela faisait de ne plus avoir les lèvres cousues entre elles... Quand bien même, Argus devait apprendre à être, et cela passait par la représentation. Le sourire de la Tarentule s'élargit tandis que l'attention se portait sur ses origines. Un frisson d'excitation qui ne pouvait que prendre de l'ampleur quand la jeune fille trahissait sa volonté de prêter allégeance à la déesse Athéna. Eh bien quoi, elles seraient destinées à s'affronter ? Plissant un peu les yeux – comme évaluant son interlocutrice –, Esther l'imaginait mal porter la mort.

-Pas du tout, je ne fais que passer ! J'aime cet endroit ! Les personnes que je rencontre ici sont toujours très intéressantes ! Oui, cet endroit est vraiment... dépaysant.

Sur ces derniers mots, son entrain s'estompait au profit d'un air plus mélancolique, détournant les yeux dans le vide quand ils se laissaient jusque là volontiers absorbés par les prunelles passionnées de la future Sainte. Observant la route conduisant au Sanctuaire, la Tarentule imaginait ses compagnons fouler cette terre au son des tambours, y semant le chaos pour revenir avec la tête du premier représentant d'Athéna. Une victoire qui avait inspiré chez les siens une profonde fierté, atténuant pour un temps une frustration destinée à s'accentuer jusqu'au point de rupture. Une cycle vicieux, qui ne pouvait qu'aboutir à la destruction de ce Monde, à commencer par ses défenseurs. Argus compterait parmi ceux-là.

Quand le dernier de ces idéalistes serait tombé, cela signifierait-il l'érection d'un monde à l'image de la Citadelle ? Songeant à son foyer fait de parois organiques dévorant ci et là ses habitants tous plus enragés les uns que les autres, Esther n'y trouvait aucun charme. Un sentiment significatif de sa marginalité parmi ses congénères, mais était-elle si différente, au fond ? Retournant son regard vers Argus, son expression était cette fois plus froide.

-Quitter une servitude pour une autre. Eh bien, c'est original. Sais tu au moins à quoi tu t'engages ?

Au prix d'un effort certain, l'Araignée retrouvait un peu de douceur, un sourire triste sur le visage. Sans faire montre de la moindre hostilité, elle s'avançait vers Argus, saisissant délicatement ses mains entre les siennes. Ses yeux d'émeraudes l'observaient avec attention, avec l'intention vraisemblable de lire en elle.

-Ces mains, peuvent-elles blesser ? Peuvent-elles tuer ?




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t686-esther-de-la-tarentule
ArgusavatarArmure :
Aucune pour l'instant

Statistiques
HP:
120/120  (120/120)
CP:
180/180  (180/180)
CC:
101/101  (101/101)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Dim 29 Jan - 17:20
Le sourire d'Esther s'élargissait et Argus se sentait de plus en plus confiante. Elle ne connaîtrait jamais la joie d'apprendre échanger librement avec ses semblables si elle s'entravait ainsi de timidité. Elle se détendit, son instinct trompé lui disait de donner toute sa confiance à cette enfant.
Celle ci révéla alors qu'elle ne faisait que par à Rodorio, car elle aimait ce lieu et ses habitants. De nombreuses question se pressèrent dans l'esprit de la future apprentie. Elle avait dit être dépaysée ici, venait elle de loin ? Elle semblait joyeuse en mentionnant ceci... De bons souvenirs devaient être rattachés pour elle à cet endroit.

"D'où viens tu ? Pourquoi voyages tu toute seule ?"

Un instant, l'enfant se dit que les routes n'étaient pas sûres pour une petite fille seule... Cependant elle ne vit pas là une occasion de se méfier, mais d'admirer son interlocutrice.

"Tu dois être très forte !"

Argus finit sa phrase en murmurant. Elle avait remarqué l'air mélancolique d'Esther. Elle avait donc abordé un sujet sensible... La petite baissa la tête face à la découverte de cette première bourde.
L'air froid de son interlocutrice l'atrista, elle ne voulait pas la blesser. Toutefois, ses propos la surprirent. La Chevalerie, une servitude ? Argus n'avait jamais envisagé la question sous cet angle. Cela lui semblait étrange, ainsi formulé, mais vrai. Elle devrait encore obéir... Mais est ce vraiment être asservi que d'obéir à une volonté qui a les mêmes buts que la sienne ?

"Je m'engage à protéger la paix, la justice et les innocents au prix de ma vie. C'est peut être encore une servitude, mais elle est bien plus utile et bien plus belle que toutes celles que j'ai connues avant. Et je l'ai choisie librement, c'est mon désir le plus cher."

Elle avait parlé avec détermination. Elle sursauta lorsque Esther prit ses mains dans les siennes, mais ressentit l'absence d'hostilité. Elle la regarda dans les yeux en écoutant sa dernière question.

"Je n'ai pas peur de tuer pour châtier ceux qui le méritent. J' ai déjà blessé... Pas beaucoup car je suis encore faible et inexpérimentée.

Était ce son visage d'ange qui la faisait passer pour une enfant candide et pleine de pitié ? Ce n'était pas la première fois qu'on la croyait inoffensive, Argus avait horreur de cela. Elle n'hésiterait pas à surjouer pour que cela cesse.
Puis ces questions lui parurent étranges. Esther voulait elle la dissuader de se rendre au Sanctuaire ? Pour la protéger d'un avenir qu'elle ne pourrait peut être pas surmonter ? Elle jugea préférable de garder ses interrogations pour elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t1497-argus-aspirant-fiche-
EstheravatarArmure :
Cuirasse de la Tarentule

Statistiques
HP:
100/100  (100/100)
CP:
130/130  (130/130)
CC:
304/304  (304/304)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Dim 29 Jan - 22:56
Héritière d'une faible confiance en soi, Argus n'en faisait pas moins d'efforts pour pallier à ses difficultés. Très sensible, il n'était pas difficile de lire ses émotions, et celles-ci disaient sa profonde empathie. Ainsi s'alarmait-elle dès lors que le masque joyeux d'Esther s'effritait. D'une certaine manière, cette extrême attention touchait la Tarentule. Mais cette gentillesse, elle l'exprimait par ignorance ; au fond, bien légitime. En effet, on n'imaginait guère l'ennemi juré si près du camp allié. De cette façon seulement, la Tarentule pouvait aborder le vrai visage de ceux-là même qui étaient destinés à châtier les siens. Aussi s'était-elle prise d'affection pour Heed, et avant lui, Sinistra. Deux chevaliers d'Athéna que la jeune Berserker espérait en bonne forme et santé.

Jusque là fébrile, l'Araignée s'étonnait de trouver une telle intensité dans le regard de son interlocutrice, s'étant plutôt attendue à une forme de désappointement. Mais non, elle était assurée et ainsi rejoignait l'ombre de ses semblables. À l'inverse, Esther serait déstabilisée pendant une fraction de seconde, relâchant les mains de sa vis-à-vis. Aucun doute dessus, elle était déjà acquise à la déesse de la sagesse et s'il était difficile de mesurer son manque de préparation, serait certainement de celles qui défont les engeances d'Arès dans la décennie à venir.

-Ton regard... il est sincère. Tu sais déjà où est ta place et c'est une chose que je respecte !

Chaque fois qu'elle croisait la route d'un habitant du Sanctuaire, Esther ressortait de là avec une admiration teintée d'envie. Définitivement, leur service était bien différent de celui des Berserkers. Ils opposaient leur foi au non-choix des monstres à châtier. À ce moment, la Tarentule se demandait si cette jeune fille serait capable de retourner sa justice contre elle, car c'était bien vers là que ses pas la mèneraient. Le regard creux, Esther n'oubliait pas la question qui lui avait été adressé. Pendant quelques instants, elle se concentrait, évaluant l'emplacement de son vrai corps vis-à-vis de sa projection astrale. Finalement, elle tournait le dos à Argus pour désigner une vague direction.

-C'est de là-bas d'où je viens !

Nul mensonge dans ses mots, mais c'était là une méthode bien différente à celle de simplement nommer son refuge. Une information qu'elle ne pouvait consentir à trahir trop rapidement, pour des raisons évidentes. Elle avait encore besoin d'être observée comme une étrangère. Ainsi seulement, elle pouvait apprécier le vrai visage de son interlocutrice. Retournée à son attitude amicale, Esther réfléchissait rapidement à la réponse qu'elle allait rendre.

-Oh, je voyage parce que je ne tiens pas en place, tout bêtement ! Là où je vis, c'est très laid... Le paysage ici est beaucoup plus regardable ! Les gens aussi sont plus fréquentables ! Toi par exemple ! Je viens à peine de te rencontrer que je t'apprécie déjà ! Si je peux le faire, c'est parce que je suis libre. Enfin... façon de parler. Donner à penser l'inverse... oui, je dirais que c'est là où se place ma force ! Je juge par mes yeux. N'est-ce pas le mieux ?

Il était difficile de dire si elle éludait ou non certains points, donnant par ailleurs des réponses qui n'étaient a priori pas attendues. Fronçant les sourcils, un élément turlupinait la Tarentule dans le discours d'Argus.

-Excuse moi si je suis indiscrète, mais tu as déjà rencontré Athéna pour lui faire déjà autant confiance ?




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t686-esther-de-la-tarentule
ArgusavatarArmure :
Aucune pour l'instant

Statistiques
HP:
120/120  (120/120)
CP:
180/180  (180/180)
CC:
101/101  (101/101)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Lun 30 Jan - 19:39
Lorsque Esther lâcha ses mains, Argus aussi fut déstabilisée: avait elle dit quelque chose de mal ? Mais le regard de son interlocutrice la rasséréna. Celle ci dit qu'elle respectait la détermination de la future sainte. Celle ci trouva la formulation étrange. Elle répondit avec sincérité :

"Je ne sais pas quelle est ta place... Ou celle que tu souhaites... Mais je la respecte aussi."

Lorsque l'enfant lui tourna le dos, Argus suivit des yeux la direction qu'elle lui indiquait, puis écarquilla les yeux : c'était bien vague... Esther semblait vouloir rester élusive sur cette question, alors Argus n'insista pas. D'une part elle aimait bien le mystère, d'autre part elle comprenait très bien qu'elle ne lui fasse pas encore assez confiance pour tout lui révéler et respectait ses réserves.
Plutôt que le nommer, Esther décrivit le lieu où elle vivait. Argus tenta de réfléchir à quel lieu pourrait être horrible. Mais elle ne parvenait pas à savoir... En même temps, elle n'avait pas vu beaucoup de pays dans sa courte existence.

Puis l'enfant révéla qu'elle voyageait car elle ne tenait pas en place. Ce qui étonna surtout son interlocutrice fut cette totale liberté de choisir sa destination. Elle aussi avait beaucoup voyagé, mais c'était différent... Elle vivait sur un bateau. Et on ne lui demandait jamais son avis sur le cap. On n'avait même jamais jugé bon de le lui mentionner.

"Tes parents n'ont pas peur qu'il t'arrive quelque chose pendant que tu voyages ? Tu ne veux pas qu'ils viennent avec toi ?"

Ou peut être qu'elle n'avait pas de parents... Et dans ce cas Argus aurait été bien maladroite.
Puis Esther déclara que les habitants de Rodorio étaient bien plus fréquentables. Argus les trouvait elle aussi adorables. Mais elle se demanda d'où venait son interlocutrice. Là où elle vivait, est ce que les personnes étaient plus cruelles, plus égoïstes, plus méprisantes ? Était ce pour cela qu'elle les fuyait ? Si c'était le cas, dès que l'enfant aurait un toit à elle, elle y inviterait Esther aussi souvent que celle ci voulait.

"Moi aussi je t'apprécie !"

Puis Esther confia qu'elle pouvait agir de la sorte parce qu'elle était libre, avant de se reprendre et de dire qu'elle donnait à penser le contraire. La future apprentie ne comprit pas. Cachait elle ses escapades ? Pourquoi ? Lui interdisait on de voyager ? En soi, Argus comprendrait si des parents empêchaient leur enfant parcourir de si longues distances toute seule.

"Je ne comprends pas... Pourquoi donnes tu à penser le contraire ?"

Puis Esther expliqua qu'elle préférait juger ce qu'elle voyait de ses propres yeux, avant de demander l'avis d'Argus. Celle ci était tout à fait d'accord. Lui avait on dit que Rodorio était un lieu laid empli de malfrats?
On n'avait jamais dicté ses pensées à l'ancienne esclave car on partait du principe qu'elle ne pensait pas. Avant d'arriver, elle avait réfléchi et conclut que, comme ce village se trouvait près du Sanctuaire, il devait essuyer de nombreuses attaques, alors elle devrait les protéger plus que tout. Maintenant qu'elle en avait vu les habitants, elle chérirait Rodorio comme la prunelle de ses yeux.

"Bien sûr que c'est mieux !"

Puis Esther demanda à Argus si elle avait déjà vu Athéna. L'enfant trouva cette question étrange. Les chrétiens chez qui elle avait servi n'avaient jamais vu leur dieu, et pourtant ils croyaient en lui et s'en remettaient à lui... Esther sous entendait elle qu'elle avait pu être trompée ? C'était peu probable, pourquoi mentir ?

"Non, je ne l'ai jamais vue, en même temps c'est normal je ne suis même pas apprentie. Mais à quelqu'un de ma connaissance en qui j'ai toute confiance l'a vue et croit en elle."

Argus avait l'impression que son interlocutrice se conduisait comme une grande sœur inquiète des choix de sa puînée pour son futur. Elle était impressionnée par tant de sagesse chez une enfant si jeune.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t1497-argus-aspirant-fiche-
EstheravatarArmure :
Cuirasse de la Tarentule

Statistiques
HP:
100/100  (100/100)
CP:
130/130  (130/130)
CC:
304/304  (304/304)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Mer 1 Fév - 15:11
Esther prenait un air plus énigmatique tandis qu'Argus lui retournait son respect. Les yeux légèrement plissés, son regard se faisait plus acéré. Le sous-entendu de cette jeune fille était des plus intéressants. La place qu'elle pouvait souhaiter... Des mots étonnant de la part d'une Sainte en devenir. En effet, ces derniers s'aveuglaient volontiers de leur morale destructrice. Mais cette nouvelle recrue dégageait quelque chose de différent, dont Esther commençait seulement à prendre la mesure. Une empathie des plus aiguisées, qui avait remarqué les doutes les plus intimes de la Tarentule et ce, en dépit des masques. Ignorante de sa psyché, elle venait pourtant de faire la démonstration d'une lecture plus fine que d'autres coutumiers de l'entourage de l'Araignée. D'une certaine manière, elle était impressionnée, mais en même temps confirmée dans ses mauvais sentiments à l'adresse du Dédale de chair.

Ces pensées profondes deviendraient de surface après que soit fait la mention de ses parents. Dès lors, son regard s'embrumait. Plusieurs émotions s'affrontaient. De la tristesse, du dépit, de la culpabilité et même un plaisir sadique. Depuis ce jour duquel elle s'était soustraite à la tutelle d'Arachné, pour devenir sa propre maîtresse, ses illusions étaient tombées d'un seul corps. Leur déchéance cédait sa place à une âme en quête d'elle-même. Des décennies à jouer d'autres consciences, jusqu'à s'oublier. À présent, il lui fallait se reconstruire, mais cela ne la libérait pas de son passé pour autant. Tant de temps à parasiter les esprits, pour les offrir en pâture à sa Mère. Le souvenir doucereux d'un cocon familial fait d'artifices. Les réminiscences lancinantes de ces pertes successives et de l'indifférence qui avait suivi pour une autre « vie ». Ainsi elle s'était protégée de sa propre monstruosité.

Mais maintenant qu'elle avait enfin conscience de son vrai visage, n'avait-elle pas perdu son humanité ? De la force ou de la faiblesse, il était difficile de dire ce qui était ressorti de cet ultime affrontement avec Arachné. Il était rassurant de mettre toutes ses erreurs sur le compte de cette entité monstrueuse, mais c'était nier le plaisir d'une existence si coupable. Elle était innocente les mains ensanglantées, et le fantôme de ses victimes ne manquaient pas de lui rappeler cette contradiction. Un lourd silence suivait ce moment d'introspection, jusqu'à se rendre compte de son absence. À présent seulement, les paroles de son interlocutrice lui revenaient. Désorientée, l'Araignée se massait le front, comme apaisant sa migraine.

-Désolée... j'étais ailleurs. Tu disais... euh...

Difficilement, Esther se recentrait sur la conversation. Elle ne souriait plus. Du moins, oubliait-elle de porter son masque, pour laisser à voir son trouble intrinsèque. Cette expérience n'était pas des plus agréables.

-Le contraire ? Je...

Les sourcils froncés, elle cherchait le lien logique ayant mené sa vis-à-vis à son interrogation. Cela la menait à ses propres mots, qui allaient lui permettre de reprendre le fil, petit à petit.

-Les apparences sont importantes. Sois ce que l'on attend de toi, et tu seras libre. Sinon, tu seras toujours esclave... ou alors, tu seras exécutée.

Grimaçante... mais pourquoi disait-elle cela, au juste ? Désormais, la petite fille se massait les paupières. Progressivement, elle perdait le contrôle de ses pensées et trahissait des lapsus qui lui seraient dommageables. Une situation qu'il lui était rare d'éprouver. Sans doute cela avait-il à voir avec cette drôle d'interlocutrice. L'observant, Esther retournait à sa curiosité enfantine, détournant au mieux l'attention.

-Oh, mais alors, tu aurais un ami ! Ou une ? C'est un garçon ou une fille ? Mais... pourquoi n'est-il pas avec toi ? Euh... ou elle !




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t686-esther-de-la-tarentule
ArgusavatarArmure :
Aucune pour l'instant

Statistiques
HP:
120/120  (120/120)
CP:
180/180  (180/180)
CC:
101/101  (101/101)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Ven 3 Fév - 15:08
Un long silence s'installa tandis qu'Esther s'était perdue dans ses pensées. Pendant tout ce temps, Argus respecta ce silence sans chercher à l'interrompre. Elle gardait son regard fixé sur son interlocutrice et, voyant son visage énigmatique au regard acéré, presque souffrant, elle commença à s'inquiéter. Étaient ce ses paroles qui avaient causé un tel trouble ?
Puis Esther sembla revenir à elle, son regard s'anima à nouveaux. Avant que la conversation reprenne, Argus voulait s'assurer que cette absence passagère n'était pas grave :

"Tu te sens mal ? Tu veux rentrer chez ceux qui m'ont recueillie ? Ils t'offriront à boire et à manger, et te soigneront si tu en as besoin..."

Puis son interlocutrice s'excusa et tenta de revenir à la conversation. La future aspirante posait toujours sur elle un regard à la fois intrigué et empli de compassion. Esther devait déjà avoir vécu beaucoup d'événements et, d'après ce qu'elle venait de voir, tous ses souvenirs n'étaient pas agréables.
Esther porta ses mains à son visage, troublée, et Argus s' approcha d'elle, prête à lui porter secours. Mais son amie semblait se remettre vite de son malaise et bégaya, pour tenter d'expliquer à l'étrangère ce qu'elle avait voulu lui dire.

Puis elle expliqua que les apparences étaient ce qu'il y avait de plus important et que ne pas jouer le rôle qu'on lui attribuait pouvait mener soit à la servitude, soit à la mort.
Argus resta longtemps silencieuse face à ces propos qui lui donnèrent beaucoup à réfléchir. On attendait d'elle qu'elle soit faible de volonté, forte pour travailler, docile et humble. Elle l'avait été la plupart du temps et avait vécu une existence qu'elle ne reviendrait pour rien au monde. Et si elle ne s'était pas rebiffée contre ce joug, elle serait encore empêtrée dans ses fers insoutenables.
Mais si elle avant tenté de jouer les fortes têtes et les révoltées lorsqu'il n'y avait aucun espoir de libération? Sans doute aurait elle été battue bien plus souvent, plus mal traitée, peut-être même en effet exécutée. Elle ne pouvait remettre en doute les paroles d'Esther, et pourtant il s'agissait là d'une vérité qu'elle haïssait. Elle voulait être libre de vivre l'existence qu'elle s'est choisie, même lorsque cela semble impossible et ne la mènerait qu'à d'atroces souffrances ou au trépas. C'était encore l'une des nombreuses raisons qui la poussaient à devenir un Chevalier de l'Espoir.
Puis l'enfant se demanda ce qui avait pu pousser son amie à de telles considérations. Vraisemblablement, elle connaissait cette sorte de situation. Et elle avait mentionné le manque d'humanité de ceux chez qui elle vivait. Ainsi, on avait dû lui imposer un rôle à jouer, peut-être avait-elle déjà tenté de s'en débarrasser, ou avait vu quelqu'un agir ainsi, et avait tiré ses conclusions.

"On te force à être quelqu'un que tu ne veux pas être? Pourquoi ne pars tu pas définitivement de chez toi??"

Esther finit par dévier la conversation de ce sujet qui semblait la faire souffrir, et demanda à Argus qui était cet ami qui lui avait parlé de la Chevalerie.

"C'est une dame... Une très vieille dame qui était esclave sur le même domaine que moi, en Sicile. Elle est venue vers moi lorsqu'elle a vu que nous étions née dans le même pays. Elle m'a appris à parler correctement notre langue..."

Pourquoi n'était elle pas venue? Le léger sourire qui illuminait le visage de la future Chevalier à la mention de son amie disparut. Parce qu'elle ne la reverrait sans doute jamais. Parce qu'elle était vraisemblablement morte. Tant de choses que l'enfant ne voulait pas encore voir en face. Elle voulait ne garder que le souvenir des bons moments passés avec cette amie et oublier que celle ci pouvait avoir disparu de la surface de cette terre.

"Elle n'est pas venue car elle ne pouvait plus courir. Alors elle ne s'est pas enfuie avec moi. Elle n'a pas voulu que je la porte, elle a dit que ça me ralentirait."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t1497-argus-aspirant-fiche-
EstheravatarArmure :
Cuirasse de la Tarentule

Statistiques
HP:
100/100  (100/100)
CP:
130/130  (130/130)
CC:
304/304  (304/304)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Lun 6 Fév - 3:19
Avec succès, son vacillement avait été éludé. Ou à défaut de cela, au moins gagnait-elle un peu de temps pour se ressaisir. L'observant, Esther accordait un regard semi-attentif à son interlocutrice ; introspective. Ayant l'avantage de l'initiative, du secret et de la connaissance, l'Araignée se retrouvait pourtant acculée. Que file la conversation, et ce serait sa vis-à-vis qui imposerait son rythme. Le plus troublant était sa manière de prendre l'avantage, parmi les plus douces. Oui, tout dans son attitude respirait l'attention et la compassion. Cela la conduisait à lui proposer l'hospitalité. Une proposition que la jeune Berserker avait bien fait d'ignorer, forte de son enveloppe immatérielle. Non... la douleur dont elle faisait l'objet n'avait rien de physique. Un mal la rongeait de l'intérieur, plus viscéral. Et de toute évidence, l'héritière d'Athéna n'était pas dupe des démons de la Tarentule et lui avait posé une question des plus acérées ; du moins, bien plus que d'apparence.

Prenant une profonde inspiration, la petite fille se recentrait sur les paroles de son ennemie intime. Celle-ci n'hésitait pas un instant à lui confier ses propres faiblesses. Une ouverture qu'Esther n'était de toute pas venue chercher. Après tout, il n'y avait pas grand intérêt à détruire une jeune pousse, d'autant plus quand se devinait des pétales magnifiques dans son début de floraison. Aussi l'écoutait-elle en amie, faisant fi d'une allégeance somme toute artificielle au dieu de la Guerre. Son expression imiterait d'ailleurs la sienne, plus sombre. Visiblement, on touchait là la corde sensible, marque d'un profond regret à l'adresse de cette vieille femme l'ayant éduquée.

Ce ton... il était difficile de ne pas voir l'empreinte maternelle tapie derrière ces confidences. Ses vrais parents... sans doute ne les avait-elle jamais connu. Cela ne serait pas bien étonnant, pour une esclave. La petite fille se trouvait décidément de nombreux points communs avec son aînée, en dépit de leurs divergences fondamentales. Toutefois, quelle surprise que ces petites similitudes pèsent plus dans son ressenti que les lourdes différences. Une vue de l'esprit ? La Tarentule ne pouvait baisser trop facilement la garde. Et pourtant... d'être tentée. Un large sourire sur le visage, elle ne désirait pas la voir sombrer plus dans les travers de la culpabilité.

-Je vois. Cela crève les yeux... elle t'aimait ! Et tu sais... je pense que cet amour ne te quittera jamais ! Là où elle est, ton amie doit être très fière de ce que tu es, et de ce que tu vas devenir ! Peut-être est-ce cela qui t'a rendue spéciale aux yeux d'Athéna : la foi que l'on a placé en toi ! Quelle chance !

S'avançant d'un pas, la Tarentule saisissait cette fois la main de son amie avec bienveillance. Rayonnante, son expression ne traduisait aucune hésitation.

-Tu veux mon avis ? Tu as pris la bonne décision !

Pendant un instant, Esther regardait en direction du Sanctuaire vers lequel désirait se diriger la jeune Sainte. Une idée audacieuse lui venait alors : celle de narguer la vraisemblance.

-Dis, Argus... je peux t'accompagner jusqu'au Sanctuaire ?

Une invitation énoncée avec la plus grande légèreté, mais non sans une certaine détermination. Il était une certaine jubilation à danser sur une pente raide, au mépris de tout danger. Les règles n'étaient-elles pas faites pour être contournées ? Cela dépendrait de la décision de sa camarade. Qui sait, peut-être ne désirait-elle pas se rendre dès maintenant dans ces hauteurs. En tous les cas, Esther continuait de s'attacher à sa main, sans chaleur.




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t686-esther-de-la-tarentule
ArgusavatarArmure :
Aucune pour l'instant

Statistiques
HP:
120/120  (120/120)
CP:
180/180  (180/180)
CC:
101/101  (101/101)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Mar 7 Fév - 0:43
Esther ne répondit pas aux nombreuses questions de son interlocutrice. Celle ci baissa légèrement la tête : elle aurait dû faire preuve de plus de tact. Avec imprudence, elle avait glissé sur un sujet qui mettait mal à l'aise et blessait la brune. Elle se le tiendrait désormais pour dit et ferait attention à ne plus montrer de curiosité gênante.
L'enfant craignit que ses maladresses lui ait déjà interdit l'amitié d'Esther. Si celle ci souffrait de chez elle et fuyait pour échapper à cela, elle n'avait sans doute pas besoin qu'on le lui rappelle quand elle s'en était enfin éloignée. Argus venait de prendre conscience de cela, elle qui pensait que dire tout ce qu'on avait sur le cœur était le meilleur moyen de s'en débarrasser.

Esther inspira... Puis sourit. La future sainte en fut rassurée. Cette partie de la conversation était close et elle prendrait garde à ne plus y revenir.
Son amie affirma alors que la vieille esclave aimait Argus et qu'elle serait fière d'elle. L'enfant resta un moment pensive. Oui, au vu de toute l'affection qu'elle avait ressenti, elle était certaine que sa protectrice l'avait chérie comme sa fille. Mais elle ne pouvait en être sûre. Le seul souvenir précis qu'elle avait de sa famille était cette main contre sa joue et cette voix qui mourut avant d'achever sa phrase. Mais pouvait on aimer plus que l'avait fait cette esclave ? Argus en doutait fort.
Ainsi ce seraient les espoirs que l'ancien Chevalier du Cygne avaient placés en elle, les rêves qu'elle avait fait germer en son cœur qui avaient fait d'elle une élue qui pourrait un jour revêtir une armure....

"Je pense que tu as raison."

L'enfant souriait à nouveau, en réponse au sourire de son interlocutrice. Celle ci s' avança vers Argus pour lui prendre la main et lui annoncer qu'elle avait pris la bonne décision. Cette déclaration lui fit chaud au cœur : si elle l'approuvait, c'est que ça ne les empêcherait pas d'être amies.
Puis Esther demanda à l'accompagner jusqu'au Sanctuaire. Si elle parut un instant surprise, Argus se fit vite une opinion. Elle ne voyait pas pourquoi elle interdirait à cette enfant d'aller aussi loin que les gardes le lui permettrait. Au contraire, ce bout de chemin en sa compagnie serait sans doute agréable et enrichissant.

"Bien sûr ! Dès que j'aurai fini ma convalescence nous y irons ensemble."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t1497-argus-aspirant-fiche-
EstheravatarArmure :
Cuirasse de la Tarentule

Statistiques
HP:
100/100  (100/100)
CP:
130/130  (130/130)
CC:
304/304  (304/304)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Jeu 9 Fév - 13:01
Voir que son aînée sortait de son spleen momentané rassurait la petite fille, des plus rayonnantes. La demande ayant suivi la mettait dans un état d'hésitation somme toute bien bref. Contre toute attente, un début de confiance s'était construit entre les deux contraires. La Tarentule trouvait toujours un plaisir coupable à se jouer du rôle que leur avait imposé la Toile. S'en moquer revenait à nier la réalité, et de fait, à révéler leur libre arbitre. Où se plaçait la fiction ? L'illusion ? L'artifice ? Elle voulait croire que ce qu'elle voyait en cet instant était la vérité, ou au moins, une vérité. Puis alors, un détail la prit de court dans la promesse que l'on venait de lui renvoyer.

-Comment ? On n'y va pas maintenant ?

Visiblement dérangée par la nouvelle, Esther gonflait les joues et empruntait une moue boudeuse. Restant quelques secondes ainsi, elle observait durement son interlocutrice, avant de relâcher un profond soupir ; agacée. Tout cela gardait une teinte légère, enfantine, comme si sa déception n'était au fond qu'un affect éphémère.

-Et pourtant, tu m'avais l'air en forme... avec toutes tes pirouettes et tout ! Et il se passe quoi si je ne suis pas là quand tu veux repartir ?! Tu y as pensé à ça ?!

Soupirant de plus belle, l'Araignée achevait là de gronder sa pauvre vis-à-vis. Car c'était bien là toute la portée de ses mots, qui en rien ne remettaient en question leur relation. Dans tous les cas, une telle chose ne se ressentait pas, comme le montrait ce sourire en coin tout juste esquissé.

-Ha... tu as raison... prenons notre temps !

Relâchant sa main, la Tarentule entreprenait de s'éloigner d'Argus. L'index sur les lèvres, elle perdait son regard dans le vide, en pleine réflexion. Se bataillaient la logique froide avec son ressenti dans ce qu'il avait de plus capricieux. Des traits qui au fond, ne l'avaient jamais quitté. Ces vestiges subtiles, n'étaient-ce là pas une preuve de son identité ? Ils montraient la ruine de son âme, mais des ruines supposaient toujours qu'auparavant, il y avait bien quelque chose à cet emplacement. Qui sait, à entretenir ses recherches, sans doute parviendrait-elle à rebâtir ce qui fut, pour être. Cette pensée donnait à son expression une profonde sérénité, qu'elle partageait à son amie au moment de retrouver le contact visuel.

-Si tu peux me promettre que tu m'attendras, je reviendrai.




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t686-esther-de-la-tarentule
ArgusavatarArmure :
Aucune pour l'instant

Statistiques
HP:
120/120  (120/120)
CP:
180/180  (180/180)
CC:
101/101  (101/101)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Dim 12 Fév - 22:02

Argus aurait mené les yeux fermés une ennemie aux pieds du Sanctuaire. Et elle ne s'en serait pas doutée un seul instant. Elle en avait peut être plus vu que la moyenne des enfants de son âge néanmoins, durant sa courte existence, les méchants s'étaient toujours comportés comme des méchants et les gentils comme des gentils. Il lui avait toujours été facile de savoir qui était qui. La confiance qu'elle donnait à Esther lui paraissait alors naturelle.
La réponse de la convalescente désappointa son amie. Celle ci s'imaginait réellement que la petite se dirigeait vers les douze temples en flânant, le nez en l'air ? Non, elle courrait. Mais l'ancienne esclave se sentait mal à l'aise, elle ne voulait pas décevoir son interlocutrice.

"Non, je ne suis pas encore guérie... Il me manque quelques jours.

Devant l'agacement boudeur d'Esther, Argus afficha une mine désolée. Elle ne parvenait pas à déterminer à quel point la déception qu'elle avait causée était grande. Esther pensait qu'elle avait entièrement récupéré... Elle ne voulait pas la tromper.
Puis la voyageuse souleva la possibilité d'être déjà repartie lorsque Argus se mettrait en marche vers son rêve. Repartie chez ces personnes qui semblaient si déplaisantes et la forçaient à être quelqu'un qu'elle n'était pas ? C'était trop triste...

"Je ne pensais pas que tu devrais repartir si tôt... Dis, tu peux rester encore combien de temps ? Est ce que je pourrai venir te chercher quand je partirai ?"

Puis Esther sourit, comme si ce qu'elle venait de dire ne devait pas être entièrement pris au sérieux. Argus fut rassurée et sourit en retour. En revanche elle ne comprit pas pourquoi elle l'enjoignit à prendre son temps.

"Je ne peux pas me présenter avec des coups de fouet encore infectés... Mais si tu veux on peut se promener."

Esther lâcha sa main et lui fit signe de se taire. La future apprentie ne comprit pas si cela était ou non un assentiment, et attendit qu'elle ait fini de penser.
Tout signe d'agacement avait disparu, pour laisser place à un calme immense. Ce regard apaisa Argus tandis que son interlocutrice lui demanda de promettre de l'attendre.

"Bien sûr je t'attendrai !"

Puis l'enfant ressentit le besoin de se faire pardonner l'agacement causé, et l'envie de toujours garder un lien avec Esther.

"Quand je serai au Sanctuaire, tu reviendras me voir ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t1497-argus-aspirant-fiche-
EstheravatarArmure :
Cuirasse de la Tarentule

Statistiques
HP:
100/100  (100/100)
CP:
130/130  (130/130)
CC:
304/304  (304/304)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Mar 14 Fév - 0:53
Jusque là taquine, Esther trahissait ci et là quelques signes de bienveillance à l'adresse de son interlocutrice. Cette conversation était un véritable bol d'air frais. La meilleure preuve en était la sérénité dans laquelle elle se tenait devant la jeune Sainte. Celle-ci lui demandait le temps qu'elle pourrait rester. Cela était bien loin de la situation. En effet, il n'importait que de sa volonté pour se tenir à un endroit donné. Et la volonté d'une tierce personne n'est guère quelque chose que l'on peut venir chercher.

Voyant la détresse de sa vis-à-vis, Esther essayait de la rassurer en signifiant par un sourire qu'elle plaisantait sur son air contrarié. Bien sûr, elle regrettait de ne pouvoir se rendre dès à présent jusqu'au Sanctuaire, mais un caprice déçu n'impacterait pas autant leur relation qu'une promesse rompue. Et cette promesse, Argus voulait bien la lui concéder. Ainsi, elle l'attendrait. Des paroles qui lui arracheraient une profonde satisfaction. À peine son interlocutrice trouvait-elle le temps de lui poser sa question que la petite Tarentule s'empressait de l'étreindre. Pendant quelques secondes, elle serrait dans ses bras cette jeune fille. À cet instant précis, elle regrettait de ne pouvoir rien ressentir sous cette forme ; froide. Cependant, cela resterait invisible. Emportée par la joie, la petite fille allait désormais tenir son amie par les épaules ; rayonnante.

-Mais évidemment ! Tant que tu le voudras, je viendrai ! C'est ma promesse !

S'écartant d'un pas dansant, elle ne la quittait pas du regard. Certains habillages n'étaient pas neutre d'une inéluctable rupture. Mais peu importe, l'Araignée profiterait de sa crédulité le temps qu'elle pourrait. Elle s'était trop longtemps restreinte à l'inaction devant une obscure fatalité. Mais sa récente expérience lui avait démontré les failles de cette vérité d'apparence immuable. Au fond, tout pari sur l'avenir avait une part d'incertitude. Celui présent ne mènerait probablement à rien, sans que cela ne semble la déranger le moins du monde. Il était un plaisir coupable à se moquer de tout calcul. Non sans paradoxe, c'était en se laissant porter que se brisaient les carcans à l'origine de toutes les entraves. Avec cette jeune fille, lequel détruirait-elle ? Se tenant les mains dans son dos – légèrement voûté en avant –, Esther ne retenait pas sa joie.

-N'est-ce-pas là ce que font des amies ?

Laissant planer un bref silence, la Tarentule allait se mettre à reculer un peu, avant de s'en aller en courant le pas léger. L'apparence en était au jeu du chat. Mais le chat n'attraperait jamais la souris, celle-ci disparaissant au détour d'une ruelle. Leur prochaine rencontre ne serait pas moins délicieuse, elle l'espérait.




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t686-esther-de-la-tarentule
ArgusavatarArmure :
Aucune pour l'instant

Statistiques
HP:
120/120  (120/120)
CP:
180/180  (180/180)
CC:
101/101  (101/101)
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   Jeu 16 Fév - 14:42

Argus finit de se rassurer. Elle avait pour l'instant décliné l'offre d'Esther, et celle ci ne lui en tenait absolument pas rigueur. La future aspirante trouvait que même si son amie s plus jeune qu'elle, elle apparaissait bien plus sage. Elle ne ressentait aucune jalousie pour cela, au contraire.
Puis Esther la prit dans ses bras. L'ancienne esclave, d'abord surprise, lui rendit son étreinte. Ainsi c'était cela, un câlin... L'enfant l' imaginait peut être, mais il lui semblait sentir revenir vers elle toute l'affection qu'elle portait à son amie, avec toute la foi et toute la naïveté d'une première amitié.

Esther promit de revenir souvent. En s'écartant d'Argus, c'est un visage rayonnant qu'elle verrait sur son visage. Cette dernière lui rendit sa promesse :

"À chaque fois que tu viendras je serai là."

Ces mots ne semblaient pas excessive à l'enfant. Elle n'imaginait pas qu'un jour elle pourrait être amenée à la briser, que peut être, plus tard, elle se lierait par d'autres promesses, qu'elle devrait faire passer en premier. Et si elle était envoyée en mission loin, lorsque son amie reviendrait au Sanctuaire ? Si elle devait l'ignorer pour se concentrer sur un ennemi à combattre ? Aucune de ces situations n'existaient dans son esprit.

Joyeuse, légèrement penchée en avant comme le ferait un professeur, Esther précisa que cette promesse était naturelle entre amies. Argus ne le savait pas, et hocha la tête, ravie d'apprendre cela. Il lui semblait que le temps resterait éternellement comme aujourd'hui.
Esther recula de quelques pas, puis se mit à courir. Pendant qu'elle voulait jouer, Argus partit à sa poursuite. Elle courut aussi vite qu'elle le pouvait, ignorant les grimaces que, parfois, cela lui coûtait.
Elle tourna dans une ruelle où elle avait vu son amie s'engager, et s'arrêta net : celle ci avait disparu. L'enfant était donc si lente que cela ?

"Esther ?"

Mais Argus restait confiante. Elle lui avait promis de revenir, elles se reverraient donc.
La convalescente attendait déjà avec impatience.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t1497-argus-aspirant-fiche-
Contenu sponsorisé
Message Re: [Décembre 550 // Esther] Un repos agité   
Revenir en haut Aller en bas
 
[Décembre 550 // Esther] Un repos agité
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» WWE TLC - 13 décembre 2009 (Résultats)
» MON REPOS 50 CARREFOUR!!! SOS!
» Repos après un long voyage
» Un repos bien mérité [NEUTRE]
» Friday Night Smackdown - 23 Décembre 2011 (Carte)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Saint Seiya Age of Gold :: Libro Scripturae :: Imperium Byzantinum :: Rodorio-
Sauter vers: