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 Plus vraiment seule [Ainia - 549]

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Message Plus vraiment seule [Ainia - 549]   Sam 10 Oct - 2:16
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Allongée sur le dos de Sonata, les yeux fixés au ciel, la jeune femme laisse courir ses doigts sur les cordes de sa lyre, répétant encore et encore la même mélodie. Sa mélodie. Celle qui a déjà pu causer tant de douleurs à d'autres, mais qui pour elle constitue un réel baume apaisant son cœur en peine. Elle lui permet de s'évader, d'oublier qu'elle n'est pas maître de son destin. Cependant en cette journée, Jehane ne s'estime pas malchanceuse d'être là. La journée est belle quoi qu'un peu fraîche, dans cette petite clairière fleurie non loin du village de Rodorio. Là, elle observe les nuages à la dérive, s'imaginant qu'ils tracent un chemin pour elle. Bien qu'immobile, elle voyage ainsi sur ce sentier blanc et cotonneux, se laisse emporter par le vent léger, avec la chaleureuse impression de rentrer à la maison, en un foyer doux et accueillant.

Idée particulièrement troublante pour elle au final qui n'a jamais fait une pareille expérience. Les seuls foyers qu'elle a connu étant la pauvre ferme de son enfance et la citadelle d'Arès, aucun des deux ne pouvaient réellement correspondre à cette définition. L'évocation d'un tel lieu lui fait étrangement plutôt penser à des sensations, des visages au lieu d'un simple endroit. Tout particulièrement la manière dont sa mère la bordait. Après avoir réajusté la couverture, elle laissait glisser sa paume calleuse – mais qui lui paraissait pourtant si douce – sur son front, s'engageant ensuite jusqu'au sommet de son crâne pour lui caresser les cheveux. Ensuite, elle lui souriait avec une grande affection, laissait son index suivre le contour de son visage, de la pommette jusqu'au menton. Puis trois petits baisers picorés, sur son front, le bout de son nez et ses lèvres. Tout du long, elle fredonnait doucement des airs qu'elle tenait sans doute elle-même de sa propre mère. Toujours les mêmes gestes, toujours dans cet ordre. Rituel quotidien qui assurait à l'enfant de s'endormir paisiblement.

Mais cela faisait partie d'une autre vie depuis longtemps révolue, et elle n'était pas certaine que se permettre de se souvenir de tout cela lui faisait réellement du bien. Aussi réconfortant que ce soit sur l'instant, le retour à la réalité n'en serait que plus douloureux. Les souvenirs de toute une vie, pour la plupart désagréables – au bas mot – défileraient alors jusqu'à sa situation actuelle. L'isolation. La solitude. L'abandon… Alors, pour l'heure, les yeux grands ouverts mais pourtant dans le vague, Jehane se contente de rêver. De jouer. Peut-être même rester là jusqu'à ce que le Soleil se couche et laisse place aux étoiles, parmi lesquelles l'une ou l'autre brûle sans doute pour elle. Elle perd conscience d'elle-même, du souffle de son destrier, de ses peines et frustrations. Le tout ne laissant place qu'au vent venant jouer entre ses doigts agiles, toujours à pincer ses cordes. Elle s'imagine alors que l'on vient de lui prendre la main. Et qu'elle n'est désormais plus seule.



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Message Re: Plus vraiment seule [Ainia - 549]   Lun 12 Oct - 17:02


Après m'être réveillée de bonne heure, comme à mon habitude, lorsque je ne sortais pas avec Childéric et ce cher Silas, j'avais rapidement avalé mon petit déjeuner préparé avec amour et bienveillance par celle qui veillait à mes bons soins dans mon temple: ma chère Liara. Suite à quoi j'avais pris la ferme résolution de me lancer dans ma méditation, afin d'accroître mon savoir et ma puissance cosmique.

Toujours est-il que lorsque je sortais enfin de mon état de transe, il ne devait pas être loin du milieu de l'après-midi. Dans ce genre de cas, je ne voyais jamais le temps passer et pour cause. J'avalais la collation que l'on m'avait laissé, et jugeant le Soleil encore éclatant qui brillait bien haut dans le ciel, je me décidais à gagner Rodorio, ou plus particulièrement les abords de la petite ville que je ne connaissais pas encore.

C'est donc toute vêtue d'une tenue de cuir noir que je quittais mon temple pour aller visiter ces lieux inconnus que j'avais entraperçu lors de mon arrivée, il y avait deux semaines de ça. J'étais perdue dans mes pensées, lorsqu'un son doux et mélodieux, bien que triste, m'en sortit. Je regardais un peu partout autour de moi, en cherchant la provenance, lorsqu'enfin je la vis. Elle se trouvait à, couchée sur le dos d'un destrier à la sombre robe. Intriguée, mais ne voulant l'interrompre, j’avançais silencieusement vers elle, comme subjuguée par la mélodie de sa harpe, aux intonations tristes mais néanmoins merveilleuses.

Parvenue près d'elle, je prenais place à même le sol et attendis donc qu'elle ait terminé son morceau pour l'applaudir doucement pour la musique qu'elle avait joué. Je me demandais par ailleurs si ce morceau avait une histoire. Et si oui, quelle était-elle? Bien entendu j'étais certaine qu'un récit particulièrement triste était relaté par le biais de cette mélodie.

"- Un magnifique air que voilà, et ce, malgré l'intensité et la tristesse des sentiments qui l'anime. Ce morceau est-il de votre composition?"

Je ressentais une certaine puissance semblable à la mienne se dégager de la jeune femme à la chevelure d'ébène. Cela n'avait rien à voir avec ce que je ressentais chez les Saints. Qui pouvait-elle donc bien être? Je décidais alors de tendre ma main vers elle.

"- Je suis Ainia du Bélier. Désolée de vous avoir interrompue, mais j'ai beaucoup aimé votre mélodie. Puis-je savoir à qui ai-je à faire?"





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Message Re: Plus vraiment seule [Ainia - 549]   Mar 13 Oct - 15:20
Ah, si seulement elle n'avait pas été aussi plongée dans sa mélopée et ses rêveries… Elle n'avait pas senti l'énergie cosmique l'approchant, pas plus que le tressaillement de Sonata sous elle qui visait pourtant à la prévenir. Il faudrait espérer que cette visite soit plus agréable qu'une rencontre avec le porteur de la Balance. Tous les êtres du Sanctuaire ne pouvaient après tout pas être d'immondes pervers, si ?

Non. Ce ne semblait pas être le cas. Dès les premières paroles qui arrachèrent Jehane à ses pérégrinations fantaisistes, cette interlocutrice paraissait douce, sans aucune animosité envers la prisonnière. La Famine redressa le torse, et pivota sur le côté pour s'asseoir en amazone. Ainsi, elle put mieux voir à qui elle avait affaire. Une jeune femme sans doute, mais elle ne pourrait en être certaine avec ce masque qui cachait son visage, bordé d'une chevelure de feu. Toutefois, malgré cette preuve qu'elle se trouvait face à un Chevalier, elle ne ressentit aucune menace émanant d'elle.. La Tribut se détendit alors, estimant qu'elle ne lui voudrait aucun mal.

La Calamité sauta dès lors au bas de sa monture, mais se figea devant la main tendue. Elle venait de se présenter comme un Chevalier d'Or, détentrice du Bélier et gardienne du premier Temple. Jehane fut alors assaillie de sentiments contraires, d'une opposition interne plutôt violente sur ce qu'elle se devait de faire. De par l'armure qu'elle représentait, Ainia était une ennemie, partisane d'Athéna dont les armées avaient anéanties les frères d'armes de la Famine. Et depuis, elle était ici en tant que prisonnière, libre seulement de rêver. L'attitude attendue aurait dès lors été de refuser cette poignée de main.

Cependant… Ce type de contact avait occupé ses songes quelques instants plus tôt. Et si sa raison lui dictait de l'ignorer, son cœur y aspirait… Ce devait être une scène étrange de voir la brunette rester droite comme un piquet, ses yeux d'améthystes fixés sur cette main tendue, torturée par le doute. Quelques secondes tout au plus, mais qui parurent sûrement bien plus longues. Et finalement, dans un soupir aussi léger que bref, elle céda. La main de Jehane vint saisir celle d'Ainia, la serrant sans doute un tout petit peu trop fort, comme un affamé se jetterait sur un croûton de pain après une trop longue privation. Son regard remonta alors jusqu'au visage masqué de la rousse, se présentant à son tour.

    - Jehane. Je m'appelle Jehane. Cardinale de la Famine. Tribut d'Arès.


Elle continuait de fixer Ainia, déçue de ne pouvoir tenter de percevoir sur son visage quelle serait sa réaction en apprenant son identité. Presque à contre cœur, elle rompit lentement la poignée de main, revenant poser machinalement ses doigts contre les cordes de sa lyre sans toutefois les actionner. Son dos était appuyé contre le flanc de Sonata, sa chaleur participant à la rassurer également.

    - Quant à cette mélodie… elle est bien de moi, oui. C'est tout ce que je possède, à peu de choses près. Heureuse qu'elle vous ait plu.


Ajouta-t-elle en baissant légèrement la tête, humblement. Pas le geste d'un chevalier à un autre. Juste celui d'une artiste complimentée alors qu'elle a depuis longtemps oublié ce que signifiait d'avoir un auditoire.



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Message Re: Plus vraiment seule [Ainia - 549]   Jeu 15 Oct - 22:29


J'observais avec attention la réaction de la jeune femme. Elle s'était laissée glisser en bas du dos de sa monture. Elle m'observa un instant, son visage exprimant un soulagement certain. Je ne compris pas pourquoi tout de suite. La Demoiselle eut une certaine hésitation à s'emparer de ma main. Une fois de plus, j'en fus surprise. Avais-je fais quelque chose qui ne fallait pas? Dis quelque chose de déplaisant? Elle semblait partagée, mais finit par faire le choix d'attraper ma main et de la serrer avec une force qui me faisait penser à un noyé qui cherchait à s'accrocher à toute chose pouvant le maintenir en vie.

Lorsqu'elle se présenta à moi, je restais d'un calmer olympien. Toute personne aurait pu avoir un accès de colère ou bien de peur. Mais pas moi. Moi je ne voyais là qu'une jeune femme esseulée. Je comprenais un peu mieux à présent sa réaction. Elle devait être étonnée de voir une Sainte venir à elle de la sorte. Mue par mon instinct, je laissais ma main valide recouvrir notre poigne.

"- Enchantée de faire ta connaissance Jehane. Oui ton ouïe ne te joue pas de tour, j'ai bien dis enchantée."

Ma voix, derrière le masque était amusée et pétillante de malice. Nullement pour se moquer d'elle bien entendu. Mais je voulais détendre l'atmosphère, et l'aider à se mettre en confiance. Je ne tenais pas à lui faire du rentre dedans, Mais simplement discuter avec elle, en apprendre plus sur elle si elle était d'accord. Ne sachant que faire, je joignis mes mains dans le dos.

"- J'ai beaucoup aimé. Vraiment. Tu as d'autre composition à ton actif? Si oui, serais-tu d'accord pour me les faire écouter? J'en serai réellement ravie. Je n'ai malheureusement pas eu la chance d'entendre beaucoup de musique ces dernières années, et ne sais pas jouer d'un instrument. Cela me plairait beaucoup d'apprendre. Tu joues depuis longtemps?"

Cela m'intéressait, vraiment, je ne faisais pas semblant. J'eus un sourire derrière mon masque avant de poursuivre:

"- Je viens tout juste d'arriver au Sanctuaire. Par avance, je te demande si je me montre trop curieuse, mais j'aimerais savoir: depuis combien de temps es-tu le Tribut d'Arès? J'espère que l'on te traite bien en tout cas, et non comme une moins que rien. En tout cas tu n'en as pas l'air lorsqu'on te voit ainsi, mais parfois les sévices peuvent être d'une toute autre nature."

Non vous ne rêvez pas, j'étais bel et bien entrain de taper la causette avec la demoiselle qui se trouvait être une ennemie du Sanctuaire. Quelque part, je me mettais à sa place. Si nos situations se trouvaient inversées, j'aurais moi aussi aimé avoir à faire à des gens civilisés et non des barbares.




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Message Re: Plus vraiment seule [Ainia - 549]   Lun 19 Oct - 14:21
Elle put pour une fois observer une réaction peu habituelle chez son interlocutrice. En effet, celle-ci semblait n'avoir cure de se retrouver face à une ennemie. Ainia le précisait même clairement, en connaissance de cause, insistant sur ce point. Essayait-elle de l'amadouer en prétendant de la sorte qu'elle était réellement heureuse de la rencontrer, ou bien n'était-ce que pure sincérité ? Jehane ne pouvait s'empêcher de préserver en ses sentiments un fond de méfiance. Les Saints ne sont pas des anges, elle avait bien appris cette leçon. Aussi sur l'instant ne sut-elle que répondre. Dans une discussion plus conventionnelle, dans une autre vie, elle aurait sans doute pu retourner la politesse, mais la Famine n'avait ici aucune raison de nourrir une quelconque confiance envers un Gold. Si ce n'était qu'elle avait la furieuse envie d'oublier ce qu'elle était, ce qu'ils étaient, de souffler, tout simplement.

Bien qu'elle fit finalement l'impasse sur ce retour de politesse, elle pourrait pour une fois participer à une discussion où il n'était pas question de lui opposer des menaces ou une hostilité épidermique. Aussi ne s'embarrassa-t-elle pas d'être désormais tutoyée. Pour une fois, c'était une bonne chose. Ce n'était pas ce « tu » méprisant et hautain, mais une simple marque de proximité. C'est du moins ainsi qu'elle l’interpréta en l'instant.

    - Je joue depuis sept ans. Depuis qu'Arès m'a offert cette nouvelle vie, pour le meilleur… et pour le pire… *soupir* J'ai quelques compositions, mais le plus gros de mon répertoire m'a été en quelque sorte imposé. Celle que tu viens d'entendre est de loin ma préférée, je pourrais la jouer du matin au soir sans discontinuer et sans m'en lasser. C'est très… personnel.


Difficile de reconnaître tout ce que sa mélopée lui évoquait, les souvenirs que cela faisait remonter en elle, les sentiments provoqués… C'en reviendrait à narrer sa pitoyable existence par le menu, et en l'instant la Calamité n'en avait pas vraiment l'envie, ce serait briser un peu trop vite la magie du moment qu'elle venait de passer pour en revenir trop brutalement au chaos.

Tout en parlant, Jehane s'était dirigée vers la tête de Sonata, lui caressa le chanfrein avec beaucoup d'affection. Ses doigts revinrent alors vers sa lyre et actionnèrent les cordes avec délicatesse. Un nouveau morceau, bien moins empreint de mélancolie. Un peu de douceur en fond sonore pendant qu'elle poursuivrait la conversation.

    - Cela fait quatre ans désormais que je suis ici. Depuis la guerre romaine de 545, où j'ai été capturée. Des hommes faisant la guerre à d'autres hommes, et ce pour des terres qu'ils s'empressent de réduire en cendres. Voilà à quoi nous sommes réduits, par la volonté de nos Dieux...


La jeune brunette jouait et parlait la tête basse, ne pointant que rarement son regard violacé en direction de la rousse. Son masque la mettait un peu mal à l'aise encore, même si sa porteuse semblait tout ce qu'il y a de plus respectable.

    - Personne ne m'a touché. Le Grand Pope m'a au moins accordé cela, la promesse d'une lourde punition me protégeant d'animosités tenaces. Je suis logée et nourrie, aussi bien que la plupart des villageois de Rodorio. Une cage aux barreaux dorés...


Elle sembla se refermer un peu l'espace d'un instant. Le tempo de sa banale petite mélodie ralentissant même, mais rapidement récupéra son rythme originel. Un nouveau soupir, avant d'en revenir au Bélier.

    - Comment se fait-il que tu viennes tout juste d'arriver au Sanctuaire ? Les vôtres ne sont-ils pas censés être entraînés ici ? Je te souhaite en tout cas de ne pas avoir à utiliser cette armure clinquante que tu possèdes désormais. Même si c'est sans doute un vain espoir concernant la gardienne du premier temple...


Elle ne lui souhaitait aucun mal, mais savait aussi que la « paix d'Athéna » ne pourrait durer éternellement. Qu'un jour, des rivaux envieux viendraient la contester, qu'il s'agisse d'Hadès, de Poséidon ou d'Arès, pour ne citer que les plus belliqueux. Ainia serait dès lors en première ligne. À espérer qu'elle soit réellement puissante, sans quoi cela n'augurait rien de bon.

    - Oui, je te souhaite d'avoir une meilleure étoile que la mienne...



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Message Re: Plus vraiment seule [Ainia - 549]   Ven 23 Oct - 13:01


Pour l'heure je me contentais d'observer. D'écouter. Mon interlocutrice semblait quelque peu interloquée de me voir montrer à son égard, en sachant qui elle était, de la curiosité sans la moindre animosité. J'avais l'impression d'être une sorte de bête de curieuse. J'espérais réellement qu'elle n'avait subi aucun dommage. J'en aurais énormément voulu au confrère qui en aurait été la cause. Mais la population Rodorienne aurait tout aussi bien put s'en mêler. Je fus donc soulagée d'apprendre qu'il n'en était rien, même si je me doutais que ça ne devait pas être toujours rose.

Pour avoir vécu bien des outrages, je ne souhaitais cela à personne. A croire que mon étoile n'avait pas été meilleure que la sienne au final. Son tutoiement ne m'offensa nullement. Au contraire, je l'appréciais, cela marquait quelque part une envie de sa part de discuter. Je ne savais ce que donnerait la suite de cette discussion, ni comment les choses évolueraient pour nous à l'avenir, mais pour le moment, tout ce que je désirais, c'était simplement parler et faire connaissance. Il n'y avait pas de Sainte ou de Berzerker. Simplement deux jeunes femmes qui apprenaient à se connaître.

« - Je comprends et je respecte pour le côté personnel, je ne t'en demanderai donc pas plus, rassures-toi. Qui sait ? Peut-être un jour te prendra-t-il l'envie de me raconter cette histoire. » Une pause avant que je ne reprenne. « Dis-moi Jehane, je m'interroge juste sur le fait que ton répertoire t'ait été imposé. Y a-t-il une raison à cela ?»

J'avais remarqué la gêne certaine que représentait mon masque pour elle. Je pouvais le comprendre. Il lui était impossible d’interpréter les expressions de mon visage ainsi parée. Impossible de savoir si j'étais sincère ou si je jouais avec elle. Je ne souhaitais pas qu'elle pense cela de moi. Je regardais à droite et à gauche, m'assurant qu'il n'y avait personne, avant de lancer sur le ton de la confidence.

« - Attends, ceci devrait aider à prouver ma bonne foi et à te mettre plus à l'aise. »

Alors, lentement, je levais la main en direction de mon faciès de porcelaine et abaissais ce dernier, révélant alors deux iris écarlates qui n'exprimaient pas la moindre haine, mes lèvres se fendant d'un sourire amical. Délicatement, je posais le masque à mes côtés, et appréciais la douceur de la caresse de l'éole sur mon visage.

« - Je comprends parfaitement ce que tu peux ressentir. Mais au moins, es-tu libre d'aller et venir à ta guise, même si c'est dans un périmètre restreint. Il semblerait que la vie ne nous ait pas épargner toutes les deux. » Un instant je replongeais dans mon passé houleux, avant de secouer la tête et de reprendre. « Je pense, que les Dieux nous infligent ces épreuves por nous juger. Voir si nous sommes dignes ou non d'eux. Ce qui est, je te l'accorde, bien cruel. D'autant plus qu'il n'est déjà pas évident pour nous, femmes, de se faire une place dans le monde, alors que pense qu'ils s'amusent à nous faire souffrir encore plus pour nous endurcir, nous que l'on considère comme faibles. En attendant, au moindre petit bobo, ce n'est pas nous qui nous jouons les Marie Madeleine. »

J'avais dis cela en souriant grandement, et en adressant un clin d’œil que je voulais, et espérais, complice. Après tout ce n'était que pure vérité, les hommes supportaient moins bien la douleur que nous.

« - Pour répondre à ta question, je n'ai effectivement pas entraîné au Sanctuaire. Mon maître, ancien porteur de l'armure que je porte, m'a déniché dans une arène en Perse et à l'issue de mon combat, m'a offert ma liberté que je convoitais depuis des années. C'était il y a deux ans de cela. Malheureusement, mon instinct me dit que ma carrière de première gardienne ne sera pas de tout repos. Après tout, nous sommes des guerriers, et des querelles ancestrales nous opposeront. Que nous le voulions, ou non. »





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Message Re: Plus vraiment seule [Ainia - 549]   Mer 28 Oct - 14:41
Peut-être qu'un jour elle voudrait raconter son histoire… Pour l'heure, elle ne parierait pas vraiment là-dessus, n'ayant aucune envie de ramener à la surface ce genre de souvenirs. Si le choix lui était donné, elle préférerait sans doute tout effacer. Loués soient les amnésiques, n'ayant pas à revivre encore et encore les tortures du passé. Il paraît que certains esprits ont une capacité étonnante à effacer les moments pénibles de l'existence, et Dieux qu'elle aimerait être de ceux-là.

Aussi profita-t-elle du changement de discussion, alors qu'Ainia en revenait à son explication quant à son répertoire. Un peu étonnante au premier abord pour Jehane, mais il était vrai après tout qu'autant le lien était évident à ses yeux, autant ce ne serait pas forcément le cas d'autrui. Faire cet aveu pourrait être considéré comme le fait de révéler un secret à l'ennemie, mais était-ce encore réellement un secret alors qu'elle avait déjà fait montre de ses capacités devant certains des Saints dont le Grand Pope ? Le Bélier ôta alors son masque, finissant de la convaincre. Si elle mettait à nu son visage, alors la Calamité pourrait elle aussi se dévoiler un peu.

    - Hé bien… Cette lyre fait partie de ma Cuirasse.


D'une pichenette de l'index, la Famine fit tinter l'un des plateaux de sa lyre, symbolisant la balance en déséquilibre qu'elle était censée représenter.

    - Ce qui peut te paraître doux à l'oreille pourrait également se révéler mortel si j'en décidais ainsi. Une partie de mon répertoire est celui utilisé par mes prédécesseurs, tout simplement. J'y apporte juste mes variations, ma propre… sensibilité.


Mais le discussion poursuivait sa dérive, sautant d'un sujet à l'autre au gré des influences des interlocutrices. Le sujet des Dieux et de la guerre imposée à leurs serviteurs. Bien qu'ici traité sous un angle particulier : celui de la femme prétendue faible qui devait prouver plus encore que les hommes. Malgré la touche d'humour d'Ainia, Jehane ne montra qu'un fin sourire, avant de redevenir sérieuse, elle qui ne s'était jamais considérée comme inférieure à qui que ce soit, pénis ou non.

    - La faiblesse supposée des femmes… c'est une préoccupation d'hommes je pense et non de Dieux. Après tout, Athéna elle-même n'est-elle pas sortie du crane de Zeus aussi bien armée qu'arborant une paire de seins ? Cela ne l'a pas empêché d'hurler cri de guerre et d'être la favorite de son père. En vérité, j'ignore si les Dieux y accordent la moindre importance. Mais j'ose supposer qu'ils sont au-dessus de ça, accablés de bien d'autres futilités que celle-ci. Sinon, nous ne serions pas là où nous en sommes à présent. Le Seigneur Arès m'a ramené… il m'a offert une nouvelle vie, là où la mienne n'était plus. Il a fait de moi l'une de ses Cardinales… Il ne m'a pas considéré comme une faible… et j'espère que ce n'est toujours pas le cas, malgré ma défaite...


« Sa » défaite… Elle n'en était pas la seule responsable bien entendu, et la différence écrasante du nombre avait bien plus été la cause de cet échec qu'autre chose. Toujours était-il qu'elle assumait pleinement d'avoir été dans le camp des vaincus, et qu'en tant que dernière survivante, elle en acceptait la responsabilité. Mais soit. Tout le monde avait son lot de malheur après tout. La première gardienne elle-même venait d'avouer une partie de son passé qui n'avait pas non plus été rose manifestement. Sans y apporter de commentaire, elle recommença à jouer, pinçant à peine ses cordes pour qu'elles produisent qu'une mélodie étouffée, n'empêchant pas la discussion de se poursuivre.



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