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 Une vie à Constantinople... [540 - PV Octavia]

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ScythèsavatarArmure :
Cancer
Message Une vie à Constantinople... [540 - PV Octavia]   Lun 12 Oct - 20:08
Camouflé dans la masse des gens qui allaient et venaient dans les rues marchandes, Scythès suivait sa route, dans le sens inverse de la marche. Il portait une tunique à capuche banale, d'un gris usé par le temps. Juste assez pour ne pas trop souffrir du froid durant les nuits difficiles. Il avait appris à le supporter, à vrai dire le temps à Constantinople était bien plus clément que d'où il venait. Si d'autres n'auraient pas supporté de passer plus d'une année sans avoir de toit au dessus de la tête, lui s'en satisfaisait. Il survivait, vivait au jour le jour, sans vraiment se soucier du lendemain. Il n'avait d'ailleurs pas vraiment le choix, ses objectifs et les raisons de sa venue lui semblant de plus en plus floue au fur et à mesure du temps qu'il passait dans cette ville. Il n'avait rien réalisé, jusqu'ici, et bien qu'il ne soit jamais resté aussi longtemps au même endroit, il n'avait rencontré personne qui ne s’intéresse à lui. Il était seul, et si ce n'est les âmes qui l'accompagnaient toujours, il n'avait aucun réel lien avec le monde.

Scythès observait chaque personne autour de lui, profitant de l'ignorance que l'on lui portait. Il avait très vite compris que sa survie passerait avant tout par les autres, quand bien même ils n'avaient pas décidé de l'aider. Il s'était donc rapidement mis à voler, seulement le suffisant pour survivre durant la journée, et sachant bien qu'il devrait recommencer le lendemain. C'est ainsi qu'il devint vite un fin observateur, remarquant les bourses accessibles sur les gens qui traversaient les rues, et parvenant à disparaitre dans la foule sans se faire attraper. Le soleil était toujours bas dans le ciel, il n'était pas encore midi, et le marché commençait peu à peu à se remplir de gens. Le nomade se contentait de marcher, dans l'attente d'une cible adéquate, profitant par la même occasion de toutes les couleurs et senteurs du lieu. Il avait presque appris à apprécier le lieu, qui était à ses yeux un mini monde à lui seul. Des hommes et des femmes venant de toute part du continent pouvaient y être vu, que ce soit pour profiter de l'une des plus grandes et puissantes villes du monde où simplement pour commercer. Les couleurs étaient changeantes, sur chaque visage, sur chaque étal. La vie bourgeonnait en ces lieux, et pourtant la mort y était tout aussi présente. Si les plus belles couleurs pouvaient se voir, il suffisait de s'attarder un peu dans les coins sombres pour en voir les plus tristes. Comme chaque monde, il recelait sa part de souffrance et de peine. Les plus puissants et riches des hommes côtoyaient les plus faibles et les plus pauvres. Ils étaient si proches, et pourtant un fossé immense les séparaient.

Scythès se plaisait à se dire qu'il était au centre de tout ça. Toujours entre la vie et la mort. Observant d'un œil attentif toute la nature humaine, tout le bien que l'on pouvait voir en eux comme l'inverse. Il était un intermédiaire entre ces deux forces. Entre la vie et la mort. Entre les riches et les pauvres. Il se plaisait à équilibrer le cycle en volant quelques bourses, en tentant de sauver quelques vies. Le nomade ne tarda pas à remarquer un homme corpulent et richement vêtu, marchant dans sa direction sans se soucier des gens autours. Des serviteurs portaient pour lui toutes sortes de provisions qu'il avait pu se procurer, et le riche homme semblait plus préoccupé par les marchands et ce qu'ils proposaient que par les gens dans la rue. Scythès ne tarda pas à voir l'imposante bourse attaché à un cordon, et continua instinctivement de marcher vers lui. Il n'était rien de plus qu'une ombre, se déplaçant rapidement sans être vu. A l'approche de l'homme, le hun sorti une petite dague, qu'il avait dissimulé jusque la. Une fois à sa portée, il coupa habilement le lien, prenant la bourse et continuant sa route dans le sens inverse, sans se retourner. Ce n'était pas la première fois qu'il le faisait, et il était rare qu'il se fasse remarquer. Auquel cas, il lui suffisait de courir, et il était rare qu'on parvienne à le rattraper.

Après quelques mètres, s'assurant qu'il n'avait pas été suivi, il sortit la bourse pour compter son butin du jour. Visiblement, l'homme était bien plus riche qu'il ne le pensait, s'il se permettait d'aller au marché avec une telle somme. A vrai dire, Scythès n'en espérait jamais autant, et n'en voulait tout simplement pas autant. Il ne désirait pas amasser l'argent, ce n'était pas le sens qu'il voulait donner à sa vie. Il avait beau être un voleur, il désirait avant tout sauver son âme, et si possible celles des autres. La vie était tellement fragile, et bien souvent il avait attendu une main qui vienne l'aider, une main qui n'était pas souvent venu. C'est bien pour cette raison qu'il n'hésita pas à s'approcher du premier mendiant qu'il voyait. Ses traits semblaient indiquer qu'il avait vu passer bien trop d'hiver. A sa peau plus blanche que la sienne, il devinait qu'il devait être originaire de ces contrées. Il connaissait probablement ces rues mieux que lui, tout comme ce monde. Et pourtant, il était la, assis, comptant sur la générosité d'hommes qui ne le voyaient même pas.

Scythès s'approcha alors de lui, s'abaissant pour se mettre à son niveau. De sa bourse, il sortit quelques piécettes, suffisamment pour s'acheter de quoi manger pour le midi qui approchait. Une fois celle-ci dans sa main, il prit quelques secondes pour observer le vieil homme, et lui tendit sa bourse avec tout ce qu'elle contenait.


- Cela te permettra d'acheter de quoi manger pendant plusieurs jours. Caches la bien, d'autres que toi sont dans le besoin, et il est tentant de faire le mal pour notre bien.

Il le regarda encore quelques secondes, un sourire sincère sur les lèvres.

- Prends soin de toi, ancien.

Il savait qu'il en avait bien plus besoin que lui. Lui pouvait retourner dans les rues, pour voler d'autres hommes qui n'avaient pas besoin de tant d'argent. Cet homme était trop vieux, et n'avait d'autres issus que d'attendre une mort bien trop cruelle. Il n'avait pas hésité, et pourtant il aurait du. Des voix plus vives que les autres s'entendirent près d'eux, se rapprochant de plus en plus. Il n'eut qu'à entendre "Il est là bas, il a donné l'argent au vieux!" pour se douter que le riche homme avait plus de yeux qu'il ne l'avait cru. Des serviteurs avaient du le remarquer, et il n'avait pas tardé à être rattrapé. S'il partait, c'est le vieil homme qui se retrouverait le perdant de cet histoire, n'hésitant pas à reprendre leur argent à un mendiant sans défense, probablement par la force. Il savait qu'il ne pouvait laisser cela arriver, et un léger sourire contrariée apparu sur son visage. Il ignorait comment se sortir de ce mauvais pas, les puissants n'étant jamais tendre avec les faibles. Le nomade soupira. La vie est ce qu'elle est, et ce n'avait pas été sa première erreur commise en pensant bien faire. Il leva alors la tête vers le ciel, et se mit à marcher vers les hommes énervés, se demandant si cette fois peut être, une main interviendrait pour l'aider. Bien qu'il en doutait.
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AmaryllisavatarArmure :
Chlamyde de la Colombe
Message Re: Une vie à Constantinople... [540 - PV Octavia]   Ven 16 Oct - 22:04
Dans un coin du petit palais où elle siégeait en silence au côté de Cornelius, la jeune fille avait beau être une jeune fille, une situation gênante restait une situation gênante. Et pas seulement pour elle: le malaise se partageait entre les fières sénateurs et les grands consuls présents, et le bruit des dents grinçantes s'étaient répandues dans un commun accord -surement par énervement- entre toute la haute gente qui se plaisait à montrer pourtant l'élégance de leur place.

Pour certains de ces aristocrates, la demande semblait actuellement en inspirer plus d'un, de quoi envoyer l'homme qui leur faisait face valser plus loin, mais pour les moins initiés comme Octavia, qui apprenaient encore à jouer avec les ficelles de la vie politique, il y avait là la représentation d'une certaine épreuve. Malgré le calme et les colères étouffées, malgré les joies blafardes invisibles des anciens, rien ne l'empêchait pour autant de se pincer l'arrête de son nez alors qu'elle écoutait leur orateur du jour. Si ça n'avait tenu qu'à elle, elle aurait égorger le beau-parleur directement, patricien ou pas.

En face de son mari.

Et peut-être même en employant le cosmos, histoire de régler ça rapidement, comme Medusa le lui avait inculqué.


Ce patricien s'adressait à eux, il s'adressait au Sénat et aux hommes les plus fidèles de l'empereur qui décideraient provisoirement des conseils qu'ils confèrerait au Princeps, mais Appius Uibullius Aemilia n'était pas moins l'un de ceux qui abusait de son pouvoir. Quémandant un peu d'attention, son discours avait été pour le moins distrayant, il énonçait ses droits et l'accord qui lui était dû en bon chef de provinces qui avait perdu depuis longtemps le principe suivi par sa famille, autrefois. En d'autres termes, il désirait une rançon, de quoi payer son vin et se gaver pour plusieurs années encore, pour entretenir l'amas de graisse qu'il avait jusque-là amasser dans son plaisir individuel, et ce par sa puissance non négligée que l'Empire lui avait conféré. Il avait une force de frappe, et quand bien même l'armée byzantine pouvait se vanter de disposer de très bons généraux, de très bons consuls dans leurs rangs, il n'en demeurait pas moins que certains hommes ne méritaient pas leur titre.

Et pourtant, il l'avait hérité et aujourd'hui accumulait la honte de son incapacité. Pour cela, elle en aurait pleurer si elle ne s'était pas sentie, tout compte fait, bien différent de cet horrible homme, et Octavia n'était pas de celle qui riait de ce genre de choses. Les bras croisés et le regard impartial, il aurait déjà fallut qu'elle se sente d'humeur à rire actuellement de l'homme pour se montrer sympathique, une froideur croissante que la plupart des hommes avait pu découvrir depuis quelques mois. Octavia avait pris du caractère et déjà elle s'approchait de son mari pour appliquer la sentence qui lui avait traversé l'esprit et qui désirait répandre son venin dans les idées qu'elle implanterait. Ce qu'elle fit précisément en posant avec un certain raffinement sa main sur l'épaule de l'homme qui la protégeait actuellement, lui soufflant au passage l'incompétence de cet homme en énumérant de manière taciturne les fautes qui seraient bientôt incombées au pécheur. L'homme oppulant mentait, et rien que pour cela, elle n'était elle-même pas prête à faire preuve de franchise, que cela lui plaise ou non. La future Oracle ne put d'ailleurs retenir plus longtemps une mine de dégoût quand l'objet de sa rancœur actuelle s'était prise à une exclamation des plus pathétiques quant à la protection des terres qu'il devait assurer, mais qu'il n'avait jamais bien contrôlé.

Cornelius eut sûrement eu pitié de sa femme, et si on ne pouvait parler d'amour entre eux, il y avait là une forme de complicité accomplie. D'un geste qui se voulait compatissait, il empoigna respectueusement son bras et lui insuffla de brefs mots qui lui intimèrent que ses espérances allaient probablement être accomplies. L'on pouvait aussi y voir une invitation à tout simplement quitter les lieux pour se ressaisir, car à 16 ans, on la savait mature mais particulièrement pointilleuse lorsqu'il s'agissait de leur rang.

Le soir même, une lettre avait été écrite: "A mon très cher ami, à mon empereur, avec toute la sympathie et le respect que je vous dois, je règlerais personnellement cette affaire. Cordialement, Cornelius...". Involontairement, elle venait de confirmer l'avis de son mari, mais l'élaboration d'une prise de décision volontaire, elle l'apprendrait à ses dépends et la vie n'attendait qu'elle. Tant que l'armée existait, tant que la guerre était vivante, le cycle se répétait dans une délicatesse exquise à laquelle ils étaient tous témoins, mais dont ils ne parvenaient pas à saisir tout l'enjeu dont elle faisait preuve.

Et c'était ainsi qu'elle s'était retrouvée dans les marchés de Constantinople, à contempler les quelques babioles vendues par les marchands pauvres qui subissant la concurrence déloyale que l'on appelait "qualité".

Constantinople était pourrie, Constantinople se montrait sauvage, pourtant ce n'était pas les mesures prises qui lui manquaient, mais restait les peuples nomades qui, parfois, ne respectait pas leur culture selon elle. Justinien s'était montré en véritable maître depuis qu'il avait su imposer le savoir vivre dans toute cette communauté, il les avait rassemblé sous la même juridiction qu'ils avaient connu. Leur glorieuse ville était devenue une ville marchande, un endroit typiquement bondé où passait des peaux de toutes teintes, mais eux comme les autres connaissaient "la bonne couleur": une peau légèrement hâlée par le Soleil. Ni plus, ni moins. Et quand bien même la personne se trouvait dans la bonne catégorie, il restait là le fossé dans lequel l'on trouvait ces plébéiens et eux, la gente distinguée, eux, qui étaient capables de se reconnaître entre gens en l'espace de quelques phrases prononcées, car ils savaient parler le bon latin, celui que l'on dénommait "latin classique", et cela faisait toute la différence. Et alors que son regard fouillait très rapidement ses alentours, elle avait aperçu un de ses homologues au loin, mais celui-ci semblait accompagné d'un petit voleur qui ne visait que la petite somme qu'il avait accroché à un cordon dont il ne prenait pas garde. A juste titre, quel petit monde pour une petite somme volé d'un petit homme.

Oh, elle ne connaissait l'homme que très peu car elle le savait ami d'Appius, ainsi elle ne se formalisa pas pour arrêter le délinquant dans sa tentative criminelle. Elle avait probablement mieux à faire, et surtout, elle se sentait en proie à une curiosité presque malsaine. Pas un sourire ornait son visage, mais ses yeux brillaient d'une aura mature et juvénile à la fois, et déjà, se prêter à une rapide observation faisait partie de ses priorités. Le voleur était un étranger, mais pas son genre. Les cheveux noirs et la peau d'un marron foncé, il demeurait être l'un de ceux qu'elle mépriserait aisément, et elle n'allait certainement pas lever le petit doigt pour se montrer plus aimante envers toute cette gente sans éducation. Une gente laide alors qu'elle, elle se savait belle.

Eux étaient bons à rien politiquement et artistiquement, bons à mourir, elle était trop respectueuse si bien qu'elle considérait les hommes comme Appius pire que leur propre petit peuple. Il fallait les exploiter d'une meilleure façon, avec un peu plus de dignité; c'était cela, faire preuve d'humanité. Les patriciens pouvait lui dire "soit belle et tais toi", elle disposait néanmoins d'un meilleur grade que les plébéiens et les futures esclaves, et probablement de meilleurs traitements, n'en déplaise aux huns, gallo-romains, francs ou elle ne savait quel autre peuple tout aussi barbare.

Le reste lui sembla plus que décevant: Le voleur s'était légèrement retiré pour finalement se placer d'un petit vieillard qui devait vivre dans les rues. Et en toute honnêteté, elle en avait strictement rien à faire, qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire? Peu de choses, elle-même était la preuve de l'injustice-même de cette ville, elle s'en était habituée et se complaisait dans le luxe qui lui avait été offert. La paume de la main tendue, le voleur avait donné quelques pièces aux vieillards comme dans un élan solidaire qui n'aurait pas eu lieu d'être. Au loin, elle parvint à lire sur les lèvres du jeune homme les mots qu'il avait prononcé dans son geste:

- Prends soin de toi, ancien.

Un véritable gâchis. Une jeunesse bafouée, une jeunesse prête à se sacrifier pour une espèce de vieux bout de viande qui ne tarderait pas à devenir une vulgaire charogne oubliée. Un homme avait hurlé l'identité et pointé du doigt le coupable: la foule était au courant.

Il avait besoin d'apprendre. La vie n'était pas aisée pour eux, et avouons-le, elle ne le serait jamais, mais plus encore, un enseignement était important: la jeunesse primait sur l'ancienneté. Il était ce qu'il restait de son sang et disposait de toutes ses forces, peu lui importait qu'il ne soit pas patricien pour ce genre de constatations; cela aurait été futile. Elle les méprisait mais savait plus ou moins les traiter avec le respect qu'il se devait...Plus ou moins. Restait maintenant à savoir comment il allait prendre cette situation: Allait-il fuir ou rester?

Il resta pourtant sur place. Il ne bougeait pas, ne démordait pas, toujours prêt à défendre son petit vieux, mais elle savait qu'il savait qu'il était cuit. Un sourire presque feintée, dans son esprit, il y eut une idée. De l'aide ou pas, elle s'était sentie une âme généreuse et charitable depuis le meeting avec le gros patricien et déjà, elle s'approchait légèrement de l'homme qui était déjà entouré d'un petit tas de sbires prêts à l'égorger vif. Œil pour œil, dents pour dents. Ce n'était pas un mauvais adage, mais loin d'elle l'idée de l'exploiter actuellement.

Elle ne daigna même pas poser son regard sur le jeune homme, quoiqu'en le regardant de coin, elle le savait déjà légèrement plus vieux qu'elle. Mais là n'était pas la question. Ce qui l'intéressait, c'était de faire bonne figure actuellement: il fallait toujours un acte philanthrope pour se faire acclamer le temps de se créer une bonne figure. Si quand elle était petite, son état d'esprit se montrait à ce dessin, aujourd'hui était bien différent; Cornelius attendait cela d'elle. Calmant les froncements de sourcils de la petite foule masculine menaçante, elle prit le temps d'exercer un minimum de son pouvoir. Il est vrai, elle était une femme, mais une femme de pouvoir et cela faisait la différence.

"Calmez-vous je vous prie. Il n'y a pas lieu de s'énerver pour un acte aussi banal quoiqu'osé." elle porta son regard droit dans les yeux de l'ami d'Appius, qui selon ses souvenirs devait se prénommer Titus. Ou un nom qui y ressemblait, mais elle n'en savait rien. "Je m'appelle Octavia, Octavia Cornelius Claudia."

Souriante à pleines dents, la jeune femme avait murmuré ces mots pour asseoir son autorité. Cornelius était devenu son nom depuis maintenant 2 ans, et parlait déjà dans les mémoires vives de la populace. Et puis il y avait Claudia, et sa mention suffisait pour imposer une certaine forme d'autorité. La gens claudii avait de toute évidence, toujours été une référence en matière de famille patricienne, elle parlait quant à elle dans les mémoires passive de Constantinople. Dans tous les cas, peu de personnes oserait se mettre à dos la femme d'un consul dans ses bon droits.

"Partez, cela ne vous regarde pas, cet homme m'a volé et je compte bien me raviser dans mes droits"


"Alors j'accepte une forme de négociation si vous voulez bien." Elle s'approcha alors du vieil homme et pris dans un geste ferme sa main, de façon à observer attentivement le somme qui lui avait été versé. Peu pour elle, mais suffisamment pour eux afin de vivre le temps de quelques jours. Contrariée et fronçant les sourcils tout en faisait trois claquements de langue afin de montrer l'ironie vis-à-vis du pingre, elle se retourna vers lui. Foulant dans sa poche, elle avait ressortie quelques piécettes, et n'attendit pas plus longtemps pour les redéposer dans la main de Titus.

"Voici le double. Prenez-le pour le jeune homme derrière moi, vous savez qu'il s'agit là d'un accord. N'oubliez pas que vous ne venez pas de cette ville, que vous ne faîtes qu'accompagner Appius Uibullius Aemilia, actuellement en négociation lui aussi, mais auprès du Sénat, me semble-t-il?" Intensifiant son regard bleu-gris peu commun mais quelque peu attrayant, il n'en demeurait pas moins déconcertant. A la voir donner des sueurs froides à Titus, Octavia se montrait plus forte, plus mordante dans cette échange. Etait-elle réellement âgée de 16 ans dans ces cas-là? L'entraînement de Medusa avait surement dû trop en révéler à cette pauvre orpheline. L'homme déglutit, et partit finalement dans la direction inverse, penaud et surtout littéralement hagard.

Son dos faisait face à la foule, et alors qu'elle regardait l'homme partir au loin, des murmures et ragots se répandaient tels des mauvaises herbes. Elle n'attendait pas particulièrement un remerciement, la foule à côté semblait partagée d'une façon, mais la petite gente la regardait avec des yeux brillants et cela lui suffisait amplement. Ces gens étaient stupides, mais dans le bon sens.

Spoiler:
 


Dernière édition par Octavia le Sam 17 Oct - 22:12, édité 1 fois
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ScythèsavatarArmure :
Cancer
Message Re: Une vie à Constantinople... [540 - PV Octavia]   Sam 17 Oct - 16:43
Plus ses pas le menaient vers les hommes qui voulaient sa peau, plus Scythès sentait sa chance tourner. Jusqu’ici, en une année à voler chaque jour, jamais il ne s’était retrouvé dans une si fâcheuse situation. Il ne le devait qu’à son inattention, persuadé qu’il n’avait pas été suivi. C’est le sourire aux lèvres qu’il se disait qu’il aurait du ouvrir les yeux, regarder ne serait ce que quelques secondes en arrière. La noblesse de Constantinople était les cibles idéales de par leur richesse, quelques pièces n’étant rien pour eux. Pourtant, ils étaient aussi les seules personnes à vraiment craindre. Ici, tout était différent de chez lui. Dans leur monde, la vie d’un homme se calculait en pièce où en chiffre, sur des listes tenues par des gens qui avaient le pouvoir grâce à un nom. La valeur, le courage, le respect des pairs n’étaient rien pour eux, si les gens n’avaient pas le nom qui allait avec. Les nobles ôtaient la vie aussi facilement qu’ils remplissaient leurs bourses, et ils avaient tendance à l’ôter bien trop rapidement. Bien vite, le hun vit l’éclat du fer apparaitre peu à peu auprès des hommes, les lames sortant déjà, précisant ce qui allait suivre. Ils ne comptaient pas seulement récupérer l’argent, mais réparer l’affront en faisant couler le sang. C’est donc presque avec la certitude que sa brève vie s’achèverait qu’il avançait vers eux. Qui sait, peut être parviendrait-il à en désarmer quelques uns, à les vaincre grâce à la force cachée qu’il avait déjà su montrer dans son ancienne vie et à les disperser. Mais il ne se faisait pas d’illusion, jamais il n’avait pu rivaliser avec autant d’hommes, et si lui hésitait à prendre la vie, eux n’hésiteraient pas.

Scythès était là, devant eux, guettant les mains des hommes qui lui faisaient face plus que tout autre chose, cherchant d’où viendrait le premier coup. Mais ce n’est pourtant pas une lame qui vint changer l’ambiance de la situation. C’est une voix féminine qui le détourna de ses opposants. La jeune femme parla clairement aux nobles, sans même lui adresser un regard. Elle semblait jeune, plus jeune que lui, mais n’avait pas hésité à s’interposer dans leur altercation, s’adressant à eux avec calme et confiance. Elle termina par murmurer son nom aux hommes qui l’écoutaient étrangement avec attention, ce qui fit de nouveau changer quelques regards. Son sourire sembla en montrer sa fierté de le porter, et bien que Scythès ne connaisse aucun des noms nobles de ce pays, il se douta qu’il devait être célèbre. Le nomade profita de ce moment de surprise pour observer plus attentivement la jeune femme qui semblait essayer de lui obtenir un sursit. Ses vêtements allaient avec la réputation de son nom, et elle s’exprimait avec un parler et une prestance qui changeait de celle qu’il avait pu entendre dans les rues. Bien que ses yeux soient d’un bleu peu commun pour les autres grecs qu’il voyait chaque jour, elle semblait pourtant être de ce pays, et rien ne permettait d’en douter. Il se demandait quel intérêt pouvait-elle avoir à prendre son parti. D’ordinaire, les femmes de son rang l’évitaient aisément, et le contraste entre eux sautait aux yeux. Si elle était vêtue de la plus belle manière, des servantes prenant probablement soin d’elle chaque jour, le sort était bien moins clément avec lui. Sa tunique semblait usée depuis trop longtemps, une barbe bien plus que naissante sur le visage, les mains déjà usés malgré son âge par le travail et les moments difficiles. Ils n’étaient pas du même monde, il suffisait d’un regard pour s’en apercevoir.

Pourtant, elle était toujours là lorsque le noble lui répondit de ne pas s’en mêler, et elle alla jusqu’à proposer une alternative au groupe armé. Sans attendre leur réponse, comme ci ils n’avaient pas le choix, elle se dirigea vers le vieil homme, que Scythès avait espéré tenir loin de l’affrontement en allant vers eux. Visiblement, elle avait vu toute la scène, elle aussi, et un nouveau sourire apparu sur le visage du hun, se demandant combien de personne il avait pu le laisser l’observer sans s’en rendre compte. Toujours est-il qu’elle alla vérifier le nombre de pièces qu’avait le vieil homme. Scythès lui avait donné la presque totalité de la somme, se gardant juste de quoi manger dans les heures à venir, et pourtant elle sembla amusée du peu que c’était. Elle ne lui prit pas l’argent, et revint plutôt vers eux, pour sortir à son tour des pièces, bien plus qu’il lui en avait donné. Elle le lui confirma en terminant de s’adresser aux autres nobles, qui semblaient ne plus oser parler. Le double de la somme, pour leur vie. Le reste des paroles qu’elle leur adressa sembla presque une langue étrangère pour lui, peu habitué à ce beau parler, il en comprit le nom d’Appius et qu’il n’avait visiblement pas intérêt à faire de vagues ici. C’est donc logiquement qu’il partit sans broncher, sans même jeter un dernier regard à l’homme qu’il n’aurait pas hésité à tuer quelques minutes plus tôt.

Aussitôt, Scythès se rendit compte que de nombreuses personnes regardaient la scène, et tous parlaient de ce qui venait de se passer, et de la femme qui venait d’empêcher un bain de sang inutile dans leurs rues. La scène s’était passée très vite, et il ne réalisait pas vraiment qu’on venait de lui sauver la vie. Pourtant, c’était le cas, et la finalité ferait qu’il verrait de nouveau le soleil se lever le lendemain. Il laissa passer quelques secondes, les yeux sur la femme qui ne le regardait pas plus qu’avant, jusqu’à oser s’avancer vers elle pour prendre la parole, un accent altaïque propre à son peuple, dans un latin sommaire. Il ne parlait pas aussi bien qu’elle, mais tentait tout de même d’exprimer sa pensée aussi bien qu’il le pouvait.


- Une année dans votre pays. C’est le temps qu’il m’a fallu pour connaitre le prix de ma vie. Quelques pièces que vous avez donné sans sourciller, pas même de quoi nourrir les pauvres de cette ville une journée.

Il ne souriait pas, ce n’était pas des remerciements, il constatait simplement. Il se plaisait à exprimer ses pensées, et bien souvent il était plein de questionnement et de doute. Pourtant, en l’instant, il lui semblait voir clair. Elle venait d’acheter leur vie pour quelques pièces, et y voyait plus cette image que celle de les avoir sauvés, même si c’était finalement le cas. Les hommes étaient partis, et il vivrait. Mais il ne pouvait s’empêcher de se demander pourquoi, bien plus qu’il n’avait envie de la remercier, bien qu’il soit heureux qu’une main soit intervenue pour l’aider comme il l’avait espéré.

- Parce que vous l’avez voulu, je verrai de nouveau le soleil se lever sur ces rues demain. Je vivrai encore, pour voir d’autres mourir devant des nobles qui ne se sont jamais arrêtés une seule fois pour les aider. Jusqu’à aujourd’hui…

Il la regardait avec attention, presque avec curiosité. Il ignorait tout du protocole à tenir devant une noble, à vrai dire, et lui parlait aussi franchement qu’à n’importe qui. Maintenant en face d’elle, il se rendit compte comme elle était jeune. Une jeunesse qui contrastait entièrement avec la posture et la détermination avec laquelle elle s’était adressée aux autres hommes. De son regard émanait une certaine froideur qui l’intriguait. Ce n’était pas visiblement pas l’amour d’autrui qui l’avait poussé à intervenir, bien qu’il puisse se tromper. Il ignorait pourquoi, et désirait le savoir.

- Je suppose que je devrais vous remercier, seulement je n’ai pas l’habitude que l’on vienne ainsi bouleverser l’ordre des choses. Le fort écrase toujours le faible, par le sang ou par l’esprit. Êtes vous venue changer la donne, Octavia ? Ou vouliez vous seulement écraser plus faible que vous, tout comme lui ?

Il la regardait toujours, un sourire étant apparu sur ses lèvres. Il n’y avait pas de méchanceté dans ce qu’il disait, juste une profonde curiosité. Pourquoi était-elle intervenue ? Etait-ce véritablement pour le sauver et pour se faire apprécier de la populace, ou bien comme il l’avait dit, pour assoir elle aussi son autorité, montrer qu’elle était plus puissante encore que les autres. Il ne désirait pas juger trop hâtivement, c’est ainsi qu’il avait gardé le respect qui lui était du, du moins tout celui qu’il pouvait donner à une inconnue qui venait de lui sauver la vie. Si elle s’attendait à de simple remerciement et quelques bafouillages dans leur langue, peut être l’aurait t’il au moins étonné. Bien qu’il ne soit pas du pays et qu’il parlait avec un accent directement identifiable, il avait appris la langue aussi bien que d’autres, et était capable de converser en employant des mots un peu plus distingués que la masse. En tout cas, il se posait bien plus de questions que les autres, c’était un fait. Des réponses qu’elle lui donnerait, il aviserait.

Car bien qu’il soit vivant et libre, il avait la désagréable impression de se trouver encore et toujours dans des filets. Des filets imperceptibles, que l’on sentait parfois bien plus pressant aux côtés de la haute société de l’empire. L’aura qui émanait des gens que l’on disait important semblait toujours leur rappeler qu’ils n’étaient rien, quand eux étaient tout. Leur puissance et leur influence étaient comme une ombre, toujours présente, qui parfois parvenait jusqu’à obscurcir le soleil. Cette impression, elle lui donnait, quand bien même elle avait fait acte de bonté. Restait à savoir si elle était du genre à laisser l’ombre s’éclipser, ou si au contraire, elle avait désiré l’agrandir.
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AmaryllisavatarArmure :
Chlamyde de la Colombe
Message Re: Une vie à Constantinople... [540 - PV Octavia]   Jeu 12 Nov - 2:53
Le patricien s'en était allé avec les quelques autres personnes l'accompagnant. Utiliser les armes s'était révélé inutile, de toute évidence, les règlements de compte en privé n'avait nullement leur place dans un Empire aussi régit par les décisions de l'Empereur et de ses lois. C'était ainsi qu'elle avait perçu la chose alors qu'elle regardait les personnes prendre "la fuite" d'un regard dédaigneux. Il ne valait rien ici. Absolument rien, et c'était ainsi que la foule avait repris sa marche dans les allées de Constantinople, emportant avec eu le geste d'une jeune patricienne.

A contrecœur, elle s'était alors retournée pour faire face à un homme barbu. D'un œil critique et averti, il lui paraissait difficile d'estimer précisément son âge derrière ce visage crasseux. Peut-être avait-il son âge, ou peut-être dix ans de plus, Octavia n'en savait rien. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était de contempler avec dégout la personne qui lui faisait face. Il avait commencé à parler de sa vie misérable, de la valeur insignifiante de celle-ci. Il avait dû mener depuis sa naissance les conditions précaires qui composaient désormais sa vie et tout ne faisait que lui affirmer qu'elle n'avait probablement pas tord en affirmant ceci. Après tout, à en redire davantage sur son acte de bravoure, c'était comme douter un peu trop fort de sa charité.

"Plébéien, vous êtes affreux à voir et vous empestez la sueur, je me demande encore si ce que je lui ai donné vaut autant que vous, puisque vous faites le rabas-joie. J'ai pourtant été des plus généreuses en utilisant mes connaissances dans ce domaine et mon statut...Quelle insulte!"

Passant quelques doigts dans ses cheveux, elle s'approcha pas à pas de l'endroit où se tenait le huns. Rapidement, l'espace entre les deux personnes se fit plus étroit, jusqu'à ce qu'Octavia se tint à un bon mètre de lui. Elle prit son visage d'une main de façon à maintenir son regard, pour lui laisser passer un message que le sauvé n'était pas prêt d'oublier. Il était une chose, un homme qui lui manquait actuellement selon elle de respect dans cette ville. Certes, elle ne lui ferait pas de mal, du moins pas directement, mais elle pouvait tout aussi bien retirer son geste pour le laisser dans sa bêtise. Et c'était d'une voix soutenue et affirmée qu'elle s'était prononcée en bonne et dû forme, tout en maintenant la pression qu'elle avait sur la personne. Peu lui importait d'être plus petite, ici, c'était elle qui régnait.


"Puisses tu ne pas me faire regretter ce geste alors que tu nous accuses déjà de ne pas porter notre regard sur les ivrognes du coin..."


Peut-être s'attendait-il à un autre laïus de sa part. Pourtant, il lui paraissait évident qu'elle ne lui devait aucun compte, pas même celui qu'il venait de lui demander. Elle se fichait bien de son passé, elle se fichait bien de ses sentiments vis-à-vis du prix qu'on lui avait attribué dans son vol, elle ne ferait qu'afficher une image propre d'elle-même: sur toutes les vies qui peuplaient Constantinople, il ne différait pas des autres. Et d'autres sénateurs ne différaient pas de lui non plus. Certains aujourd'hui se disaient "patriciens", mais il n'avait de "patricien" que leur dénomination. Mais comment osais-t-il les insulter de cette façon? A leur reprocher ce qu'ils pensaient, lui, être juste? Un froncement de sourcil avait orné son visage, alors qu'elle s'expliqua quant aux raisons qui avaient poussé la plébéien, étranger ou elle ne savait quoi à lui expliquer leur "ordre des choses". Le fort écrase le faible, certes, mais qu'était véritablement un faible? Un fort? Une chronologie à laquelle l'on se permettait parfois d'y mettre tout un tas d'exceptions, et qui terminait par faire couler la hiérarchie que la société leur avait autrefois imposé.


"Il n'y a pas "d'ordre des choses", c'est vous qui le fabriquez en nous considérant comme tel depuis des lustres. Demain, un faible pourrait tout aussi bien devenir un fort, mais quelle importance? Il ne se sentirait jamais fort, ou inversement, que trop important pour disposer d'un pouvoir aussi imposant. Cela ne changerait pas pour autant sa façon d'être...Cette puissance lui monterait à la tête bien plus facilement qu'à celui qui serait né dans cette condition, car il n'est jamais aisé de la maitriser. Pourtant, le pauvre serait devenu fort et l'aurait inculqué de droit à sa lignée, alors que le fort peut se voir progressivement tomber dans les méandres de l'oublie et de la pauvreté. Ce qui n'est pas mon cas, évidemment! Un schéma classique de toutes ses cultures barbares, et c'est peut-être pour cela que l'autorité de l'Empire doit être observée, voire imposer si besoin. Ce qui nous différencie est notre façon d'être et notre façon de lever la tête. Voilà tout et je n'ai aucun compte à vous donner."


Elle se savait superbe après tout, elle. Sa lignée était l'une des dernières issues de la première famille fondatrice de Rome, et jusque-là, elle avait plutôt bien résisté au temps. Aujourd'hui, malgré son statut de femme, Octavia était écoutée. Peut-être parce qu'elle avait su s'imposer parmi tant d'autres, peut-être parce qu'elle avait épousé Cornelius. Dans tout les cas, elle qui était née en tant que faibles dans une caste d'hommes puissants, elle s'était débrouillée à sa façon, et ce n'était pas un vers rampant un peu trop curieux qui allait réussir à lui faire changer de vision.
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