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 [546] Les feux de Beltaine

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Message [546] Les feux de Beltaine   Sam 17 Oct - 16:41

Mogh Ruith & Aedan
~ Renaissance

« Peux-tu préparer un panier de vivres Aedan ? Mets-y de la viande et du pain. Quelques pommes seront appréciables également. » Quelque peu surpris par cette demande pour le moins inhabituelle, je me détourne sur la silhouette de mon parent sagement assit face à notre table, portant à ses lèvres son infusion d'herbes. L'odeur délicate qui s'en dégage embaume notre humble demeure, mais c'est sans poser la moindre question que je m'active à la confection de ce panier. De la viande séchée soigneusement emballée dans un linge, du pain ainsi que quelques pommes que je récupère et vient placer au dessus de ce que j'ai déjà emballé. J'ignore à qui il servira, mais je ne doute pas un seul instant que je ne l'ai pas préparé pour rien. Si mon père déclame, nul doute que les fait sauront lui répondre. « C'est prêt. » Il acquiesce simplement et, terminant sa boisson, se redresse avec langueur. Son regard aveugle se tourne vers l'extérieur, l'horizon invisible. Dehors, le soleil émet encore une douce lumière qui, bien vite, s'échappera également pour laisser sa place à la nuit. Une nuit dégagée de tout nuage, synonyme aujourd'hui encore de fête à venir. L'impatience me gagne à mesure que les rayons solaires déclines, et dès lors que mon père contourne le meuble pour venir jusqu'à moi, je sais que le temps est venu pour nous de rejoindre le village dans lequel Beltaine battra son plein. Pour cela, il nous faudra quitter notre île, modeste refuge dans lequel nous vivons reclus. « Allons y. » Récupérant mon panier à bout de bras, je suis la silhouette auréolée d'immaculé de mon paternel qui ouvre la voie.

Les voiles du crépuscule s'attardent sur le monde, bientôt, le soleil ne sera plus, mais l'astre lunaire côtoyait déjà son pendant. Pour de longues minutes encore. La mer nous fait face, mais nous ne passerons pas par ses eaux. Blanche comme l'éclat d'argent de la lune, l'énergie de mon père se meut tout autour de sa silhouette. Sa main pâle vient rejoindre mon épaule et c'est dans un autre monde qu'il s'avance. Un monde autre. Différent. Un monde dans lequel il est aisé de se perdre, et que seul quelques rares élus peuvent parcourir sans peine. Mogh Ruith en fait parti, et moi, protégé par son pouvoir, ne peut que l'admirer un peu plus. Je sais, sans l'avoir pourtant jamais expérimenté que si il me venait à l'idée de parcourir seul ce chemin, je ne saurai que m'y perdre. Son attraction est puissante et mon inexpérience encore bien trop criante. Je ne suis qu'un apprenti druide. Doucement, le voile se déchire, laisse apparaitre au sein d'une forêt profonde nos deux silhouettes. La puissance de mon père se retire, sa protection s'étiole au même instant où sa main se dégage de mon épaule. Vacillant sur mes appuis - cette expérience m'est toujours quelque peu délicate -, je prends un instant pour reprendre mon souffle. Je n'ai jamais conscience de bloquer ma respiration lorsque j'y suis. « Désolé. Ça va mieux. » Il m'offre un simple sourire alors qu'entre ses doigts vient naitre une flamme lunaire. « Tu réagis avec ton instinct. Tu n'as pas tord de bloquer ta respiration là bas. Avec le temps, tu n'en auras plus besoin. »

Ça me rassure un peu, et c'est avec plus d'entrain que j'ouvre la voie. Bientôt, les rumeurs du village me parviennent et c'est à plus vive allure que je quitte le couvert des arbres. Le crépuscule tire sa révérence et c'est avec plus de calme que mon père s'avance à mon côté. Ce village reculé d'Irlande demeure attaché aux anciennes traditions, et c'est ici que nous trouvons de quoi nous ravitailler de coutume. Sauf que ce soir, nous sommes là pour fêter le renouveau et bénir les créatures pour cette année à venir. Cette nuit est la nuit du changement. « Aedan peux-tu m'aider à préparer ? » Nul besoin de me le répéter, bien au contraire, et c'est avec entrain que je soutiens mon parent et l'aide à réaliser les différents préparatifs nécessaires. Je connais le rituel, je connais même les prières, je les ai apprise par cœur. Je veux l'aider autant que possible, l'accompagner durant cette tâche sacrée, mais ce soir, elle sera différente. Les flammes s'étendent dans la nuit noire, avivée par la puissance d'un homme unique qui, tout de blanc vêtu, psalmodie son chant, sa prière aux divinités dont il appelle la lumière - la bénédiction - pour chaque être qui s'avancera entre les flammes rougeoyantes. Et moi à l'écart, j'en observe l'ardeur, contemple les gestes et les pas, écoute le vent emporté dans son giron, les incantations. J'admire en silence alors que l'éclat d'une présence vient peser sur mon corps.

Quelque chose... Ce soir est la nuit du renouveau. Tout ce qui renait n'est cependant pas toujours de bon augure. Aujourd'hui était également une nuit où le voile se faisait plus fragile.




Dernière édition par Aedan le Dim 18 Oct - 14:55, édité 1 fois
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Message Re: [546] Les feux de Beltaine   Dim 18 Oct - 12:16
Bran Ruz
La Réponse




- Et pendant que d’autres célèbrent le jour le plus interminable de l’année… nous allons secrètement nous réjouir du retour des longues nuits.

Le cri d'un corbeau répondit à cette voix rauque, d'une tonalité transperçant, une note volubile, faible quoique sombre et dangereuse. Le voile, l'espace d'un instant, se déchira, faisant vaciller l'entre deux monde. Une masse incertaine et noire s'extirpa des bras du Sidh pour ouvrir grands ses bras, embrasser la lumière. Lug l'avait une troisième fois extirpé de son sommeil et lui, s'était exécuté avec bonne grâce. Il avait senti la roue cosmique se mettre en branle, pour lui, le Bran Ruz, cela ne faisait plus aucun doute : l'heure des malheurs et du chaos se profilait. S'en réjouissait-il secrètement ? Nul ne saurait le dire. D'autant qu'il venait de s'éveiller, ses ennemis comprendraient très vite de quoi il en retournait.

La silhouette longiligne de l'éveillé s'étira, présenta un bras incomplet vers les nuées. Un simple appel et son familier le rejoignit. Un magnifique corbeau rouge alla se percher sans autre forme de procès, conversant avec son maître d'un simple échange de regard.

- Très bien, nous sommes attendus …

La Réponse fit un pas, puis un second, laissa derrière lui les plus insondables ténèbres. Quand ira t-il les rejoindre ? Son instinct lui souffla que cela n'avait pas la moindre importance. La tâche qui l'incombait, les incombaient, était colossale. L'écho de la vengeance s'élevait en même temps que son cœur reprenait sa course : désormais ils étaient deux. Peut-être plus.

Les feux de Beltaine grandissaient de plus belle, leurs langues oranges léchaient les cieux obscurcit afin de chasser la sombre saison. Et alors que Bran Ruz s'avançait vers l'immaculé, prêtant l'oreille aux incantations psalmodiées par son frère, lui, écarta les pan de sa cape moirée pour dévoiler un somptueux instrument de musique. Il laissa courir ses doigts sur les cordes, les pinça pour se joindre au Dieu-Druide le plus sereinement du monde, le visage recouvert d'un voile.

Les feux de Beltaine chasse l'Ombre,
pour accueillir la belle saison.
Voilà que s'avance le bétail pour protéger vos maisons.
Du sang du sacrifice, sombre,

nous nous réjouissons car de la Lumière,
Naissent des prières.
Des promesses plus sanglantes,
De carnages, de guerres rendues impossibles par les longues nuits terrifiantes.

De l'ombre naît la Lumière, de la Lumière naît l'Ombre. Et moi je suis la Réponse.


Sur une dernière note grave, le druide noir alla rejoindre son confère blanc sans une autre parole, prenant place à ses côtés comme si cela avait toujours été. Habituel. Il s'empara d'une pomme bien rouge qu'il porta vers sa bouche. Il arrêta son geste. Du couvert de sa capuche, deux billes émeraudes s'attardent, s'accrochent sur le jeune homme à la rouge chevelure. L'étranger mord dans la pomme.

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Message Re: [546] Les feux de Beltaine   Dim 18 Oct - 17:11

Mogh Ruith & Aedan
~ Renaissance

Des ténèbres s'échappent une sombre présence. Un frisson dégringole le long de mon dos alors que le voile se déchire, laissant une haute silhouette apparaitre à la faveur des flammes ardentes. Mon regard le suit, un rien surpris de voir se révéler entre ses doigts un instrument de musique habilement ouvragé. Il s'avance et sa voix profonde accompagne les chants rituels de sa langueur mesurée. Les vers se mêlent, les voix s'arrangent, comme deux complémentaires, les ténèbres et la lumière s'allient un moment. Les lippes de mon parent sont ourlés d'un sourire serein, nullement perturbé par cette apparition subite au contraire de tous les êtres autours d'eux - moi compris. Pourtant, comme chaque badaud présent, je me fais silence et j'observe, contemple. Qui est-il ? Je l'ignore, seul le sourire de mon père m'assure que cet être semblant né des ténèbres n'est pas une créature de l'autre Monde - pas un ennemi en tout cas. Dans le Sidh existe nombre de créature dangereuse à plus d'un titre, celle prenant apparence humaine sont les plus dangereuses, m'a t-il toujours dit. Pourtant... Il se dégage de cette apparition une étrange aura qui m'effraie en parti, je crois, et en même temps... qui m'intrigue. Qui est-il ? La réponse. Pas la réponse à mes questions en tout cas, puisqu'il ne fait qu'en faire naître de nouvelles à chaque vers. Et puis alors que les paroles se perdent et qu'il ne récupère entre ses doigts une pomme apportée plus tôt, ses iris verdoyantes viennent se poser sur moi. Mon instinct me crie que cet homme est lié à mon père, mais je ne parviens pas à déterminer la nature de ce lien. Un ami peut-être ? N'est-il pas quelque peu... sinistre ? Pourtant, ses mots étaient clairs, sa voix agréable quoi qu'un peu faible. Un barde...

Les incantations se perdent avant de cesser tout à fait, des feux de Beltaine, mon père s'éloigne après avoir offert un dernier signe au commun. La fête n'est pas terminée, elle doit continuer, mais sa présence n'est plus réclamée. « Ta voix n'a pas changé mon frère. » Je sursaute, la curiosité laissant place à l'incrédulité. « Frère ?! » Je m'exclame malgré moi, attirant par ce fait l'attention de mon père dont le sourire s'accentue. Un pas l'éloigne des flammes, le rapproche de moi alors que le rituel terminé laisse les flammes s'élancer. Elles demeureront aussi ardentes tout au long de la nuit, attisée par les prières et la force du druide blanc. « En effet. Aedan, je te présente Bran, mon jeune frère. » Il parait accentuer le mot jeune, mais c'est si subtile que je pense l'avoir rêvé. Mes iris ambrées cherchent dans le visage dissimulé par la semi-pénombre une quelconque ressemblance avec celui de mon père. Un regard émeraude, un visage opalin encadré par une chevelure de feu... Je peine à y voir une seule concordance avec l'apparence de mon parent - si ce n'est la couleur pâle de sa peau. Pourtant... Il se dégage de lui une aura presque similaire, plus sombre néanmoins, elle n'en demeure moins impressionnante. Et puis, je n'ai pas de raison de douter des paroles de mon père.

« Donc cela fait de vous mon oncle. Non ? » Ma famille aujourd'hui se compose uniquement de mon géniteur, lui et uniquement lui, tous ceux qui auraient dû la constituer sont morts dans un passé plus ou moins récent. Ma mère. Mes frères et ma sœur. Je ne les ai pas même connu. Alors cette nouvelle, aussi étonnante est-elle, n'en demeure pas moins précieuse. J'ai un oncle et cela m'enchante véritablement, comme si mon monde s'étendait un peu plus. Le sourire du druide blanc s'accentue alors qu'il se rapproche et se place à mon côté. « Il faut croire. Bran, je te présente Aedan, mon fils. » Le silence s'étire sans que je ne sache trop comment l’interpréter, mais je m'attarde un peu sur l'apparence générale de celui qui me fait face. Mon oncle. Cela ravive mon sourire et c'est avec un peu plus d'entrain que je viens récupérer le panier qui est resté à terre et que je tends à l'homme à la sombre mise. « Si vous avez faim, il y a également du pain et de la viande séchée. Je suppose que c'est pour vous que père a fait préparer ce panier. » Ce dernier ne répond pas, mais il n'en a nul besoin, l'expression sur son visage parle pour lui. Il se détourne et quand bien même son regard demeure aveugle, il va sans l'once d'une hésitation venir s'asseoir au pied d'un vieil arbre en nous invitant à faire de même. Il ressemble un peu au chêne séculaire de notre île, mais celui là doit être plus jeune.

« Profites de cette nuit mon frère pour étioler les bribes du sommeil. » Des paroles énigmatiques alors que je m'assis moi aussi. Il y a tant de questions que je souhaiterai poser qu'elles menacent de déborder de mes lèvres impatientes. Alors je l'observe. Je l'observe juste de ce regard brillant d'un éclat intrigué, curieux.


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Message Re: [546] Les feux de Beltaine   Lun 19 Oct - 12:42
Bran Ruz
La Réponse



Bran Ruz ne prête que peu d'attention aux regards aigus qu'on lui lance, des vagues échanges au sujet de son apparition, des murmures qui font de lui un être dont on se méfie, né des ténèbres, sorti par sa gueule béante. Il ne fera rien pour écarter ce voile de mystère qu'on pose sur lui, froid et détaché, il attend patiemment un signe de son frère pour se relever, contourner les flammes et s'éloigner de là où il était venu. Ses yeux verts, pour autant, n'avaient pas quitté la silhouette d'Aedan. Oh, nul besoin d'explications de la part de Mogh, il savait déjà pour l'avoir … ressenti. Ce fils qu'il ne lui connaissait pas semble s'étonner de ce lien de parenté, interroge son géniteur avec une pointe d'excitation et de surprise dans la voix. Qu'il ne relèvera pas.

Sa voix n'avait pas changé, pas d'un iota et pourtant, dans ces mots somme toute anodins, transparaissent une vérité que lui seul saurait extirper. Une légère inclinaison de la tête et ce fut tout. Le Corbeau Rouge était avare de mots. Il fallait bien avouer que son réveil l'avait laissé passablement … affaiblit.

Là encore, à la question du jeune Aedan il ne répond rien, se contente de suivre le mouvement, de laisser le soin au Roi-Druide de révéler ce qu'il y avait à révéler. Rien de plus. Il évitait le plus souvent de se présenter sous son vrai patronyme. Pour les communs, il était le Corbeau Rouge, la Réponse. Seulement, et il en avait conscience, le fils de son frère n'en faisait pas parti. De sous sa sombre mise il laissa apparaître des mains aux doigts noueux, un rien tremblants, preuve que son réveil avait dû être assez brutal. Sans un remerciement le druide rouge s'empara du panier et alla prendre place à la droite de Mogh. Un long soupir passa outre la barrière de ses lèvres.

- Lug est décidément d'humeur taquine. Me réveiller un jour de Beltaine … - sa voix se fait de plus en plus faible, lasse - … c'est un signe, il est peut-être temps pour moi d'embrasser la lumière pour mieux l'éteindre. Nous verrons.

Sur ces paroles lourdes de sens, le Bran Ruz piocha un bout de viande séchée qu'il lança en l'air. Une ombre fila au dessus de leurs têtes, les frôlant de son aile sombre. Un corbeau rouge se posa sur une branche, goba le morceau de barbaque avant de pousser un piaillement.

- Pour lui aussi, le réveil est difficile. Passer le voile ne fut pas une mince affaire, ils semblent agités. Le Monde est sur le point de s'effondrer. Je le sens, la Roue tourne et annonce le chaos. Un nouveau Cycle … la chute d'un empire. Son regard se braque sur Aedan. Il participera à cette Ère, sous la même bannière que moi, comme c'est ironique, n'est-ce pas mon Frère ?

Il délaissa son instrument qu'il déposa dans l'herbe avant d'étirer ses longues jambes, fermer les yeux l'espace d'un instant. Son familier protesta mais l'homme l'ignora d'un geste agacé dans l'air. Le corvidé décida alors qu'il était temps de se présenter à Mogh et son fils comme il se doit. En se laissant chuter, l'animal faillit bien heurter la tête rouge du garçon mais bifurqua, par jeu au tout dernier moment pour faire quelques bonds à ses côtés. Il croassa et s'inclina à la manière des hommes.

- Ne prêtez pas attention à lui, il fait son intéressant, comme d'habitude. L'ennui l'a rendu fou. L'intéressé paraît s'offenser des propos de son maître et mime une attitude outrée. Cet oiseau à tout d'une caricature d'un homme tant il se comporte comme tel. Bien plus que Bran, à bien y réfléchir …





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Message Re: [546] Les feux de Beltaine   Lun 19 Oct - 22:31

Mogh Ruith & Aedan
~ Renaissance

Mon regard toujours demeure tourné sur ce nouvel être, cet inconnu dans cette équation que je pensais pourtant connaître. Combien de secret demeure encore prisonnier d'une mémoire ayant traversé les âges ? Finalement, cet homme en face de moi en sait bien davantage que je ne le pourrai jamais. Quelque part, je crois que j'en suis déçu, un rien attristé. Pour autant, comment pourrai-je connaitre une vie entière ? Une vie si vaste, autant que peut l'être l'océan s'étendant à perte de vue. On ne peut tout savoir, mais je peine encore à le comprendre réellement, plus que cela, à l'accepter probablement. La conversation entre les deux frères continue - comme c'est étrange d'associer à cet homme face à moi à mon parent. Tout dans leur apparence parait contraire, si ce n'était peut-être leur manière de parler. Les mots sont mesurés, sibyllins également tant et si bien que j'ai l'impression d'en être habilement écarté. Ce qui doit être le cas en réalité. « N'est ce pas pourtant la nuit la plus appropriée pour fêter la renaissance ? » Pourtant, même les paroles sibyllines recelaient en leurs seins de quelques réponses. Ou peut-être plus de question encore, en fin de compte. Se réveiller ? Embrasser la lumière pour mieux l'éteindre ? Comme ces mots semblent las... On dirait que le poids du monde pèse sur ses épaules, ou peut-être n'est ce que de la fatigue ?

Je n'ose pas questionner, de peur de déranger une discussion qui me dépasse, quand bien même j'essaye d'en comprendre le sens. Un battement d'aile pourtant vient me distraire des deux frères, un oiseau au ramage rougeoyant qui, se posant sur une branche, vient déguster un morceau de viande que son maître vient de lui confier. Mon regard demeure accroché à la silhouette du corbeau rouge - car c'est bien un corbeau, j'en reconnais la morphologie quand bien même sa couleur n'est nullement usuelle - pourtant, mes oreilles, elles, rattrapent au vol de bien sinistres paroles. Étonné, je me détourne, contemplant l'homme proférant de terribles menaces qui pourtant, me paraissent encore obscures. Ses prunelles s'accrochent aux miennes alors que de nouveau, ses mots paraissent déchirer les voiles d'un futur incertain. A mes yeux, il l'est tout à fait, ignorant que je suis encore de ce monde si lointain. Je peine à comprendre ce que les mots signifient. Possède t-il des pouvoirs semblables à mon père ? « Quelle bannière ? » C'est la première question qui s'arrache à mon esprit, déborde de mes lèvres sans que je ne parvienne à la refréner. Je cherche dans ce regard insondable, une réponse à ma question mais la voix du druide blanc est seule à s'élever. « Ironique, je ne le pense pas. Il est même sans doute le mieux placé pour le rôle qui lui a été confié. Le merle arrive toujours à bon port et est un guide assuré. » Un sourire doux, quoi que lointain ourle les lèvres de ce dernier. Toujours de ce même calme serein qui le rend si sage à mes yeux. Pour autant, je me sens frustré. Frustré de ne pas comprendre, tout en sachant au fond que je suis directement concerné.

Ma voix cherche à s'élever mais l'occasion ne m'est pas donnée, puisque le corbeau au plumage rougeoyant se présente face à nous, me frôle avant de finalement se poser. Il étonne et surprend, imitant l'homme, s'offusquant également. Je n'ai pas oublié mes questions, cependant, le corbeau se fait distraction. « Fou ? » Il est vrai qu'il parait quelque peu inhabituel, mais son comportement semble être la moindre des choses. « Je ne pensais pas que les corbeaux pouvaient avoir un plumage de cette couleur. » Les mots s'envolent mais les questions, elles, demeurent. Je me détourne de l'oiseau de feu dans l'espoir de trouver une réponse - n'a t-il pas signifié dans son poème qu'il était la réponse ? Mais je n'en ai pas le temps, une fois encore, comme si le druide avait deviné mes mots et mes demandes. « Cette nuit marque la fin de la sombre saison, gardes cela en tête mon frère, il est symbole d'espoir et de renouveau. La roue tourne sans cesse et jamais ne s'arrête, rien n'est immuable en ce monde, c'est un fait, pour autant peut-on dire que ce cycle n'apporte que souffrance ? » Son ton est grave mais éveille en son sein un espoir. Fragile. Ténu. Après l'hiver viendra toujours le printemps, la nature reprend ses droits. « Même si les temps sont sombres et marque ton éveil, la vie tracera toujours son chemin, ne l'oublie pas. » Le ton demeure serein quoi qu'un rien moins doux. C'est l'impression que j'ai en tout cas et je ne saurais dire si mon père est en proie à une autre émotion. Il n'est pas aisé de lire sur le visage de l'aveugle.

Le silence s'étire un peu alors que les flammes de Beltaine demeurent aussi ardentes. Était-ce un reproche ? Maintenant que j'y pense, cela parait y ressembler... un peu. « Vous aussi, vous êtes un druide ? Vous avez des pouvoirs similaires à ceux de Père ? » J'ose de nouveau, tente de questionner cet homme en espérant cette fois, obtenir quelques réponses, même superficielles. Si les deux frères se ressemblent réellement, alors j'imagine que je vais devoir le déchiffrer, comme je le fais avec de coutume. Les années auraient dû me rendre imbattable.


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Message Re: [546] Les feux de Beltaine   Mar 20 Oct - 11:39
Bran Ruz
La Réponse



Pour la première fois, un fin sourire sincère ourla les lippes du druide rouge. Mystérieux, fugace car déjà ce dernier n'existait plus, emporté par le tourbillon des mots de son frère. S'ils s'estiment tous les deux, beaucoup de choses les opposent. D'un point de vue physique, le Bran Ruz ressemblait davantage au fils de Mogh que lui-même ressemblait à son géniteur. Maintenant que l'homme enlevait le capuchon qui recouvrait ses traits -fait très rare, le Roi-Druide en serait probablement étonné- on pouvait constater en effet ces multiples divergences entre eux. La Réponse paraissait très affaiblit tant son visage était creusé, ses yeux d'un vert vif, cernés par tout ce bleu qui ajoutait une note macabre à ce teint déjà cadavérique. Il faisait peur, cet être qui venait de renaître.

- Ce fut une très longue retraite mon frère. Mais une retraite, c'est une retraite de tout, je me souviens m'être retiré du Monde, loin de tout pour me décomposer sous un tas de feuilles mortes. J'ai senti la vie et la mort me frôler, se côtoyer sans jamais se toucher. Comme moi. Tu sais que je ne crois pas au hasard, tu n'y crois pas non plus. Tu devrais savoir aussi ce que j'apporte, cher frère … Un juste équilibre des choses.

Encore des paroles énigmatiques, des sous-entendus froids mais d'une tranchante et inéluctable vérité. Oui, tous les deux étaient bien différents, sous bien des aspects. L'un, pour l'heure représentait la vie telle qu'elle était et fêtait cette renaissance sous de joyeux auspices quand lui, tout nimbé de sarcasme et d'obscures pensées, en régissait un tout autre pan. L'un ne saurait exister sans l'autre. Pourtant … pourtant en le voyant se plonger dans une intense contemplation des flammes, en captant l'espace d'un instant cet éclat scintillant dans son iris, on pouvait voir les feux du soleil se lever.

- Le Merle hein ? Bien entendu … ses lèvres craquelées s'étirèrent encore. Un peu de sang s'écoula le long de son menton. Je vois.

Avec lenteur il se tourna vers le jeune Aedan, le sondant sans s'en cacher. L'une des ses mains grise se leva vers lui pour retomber mollement dans l'herbe. Un soupir alla transgresser son effort.

- Sans doute parce qu'il n'est pas un Corbeau ordinaire, jeune homme. C'est un esprit qui gravite entre les Mondes et sa flamboyance guide les morts comme les vivants. Je ne fais pas exception à cette règle, quand bien même je suis son maître. Il y a des lois plus vieilles que nous.

Il écouta ensuite sans broncher, le sermon qu'il avait mainte fois entendu. Une grimace sembla se greffer sur son minois affreusement esquinté, marqué par les assauts répétés du Cycle. Il lui faudrait du temps pour récupérer une figure humaine, n'en déplaise à Aedan qui devait le trouver repoussant sans en comprendre les raisons.

- Je n'oublie rien, mon frère. Le timbre de sa voix rauque se fit plus grave, plus forte aussi, comme si il reprochait à l'aveugle de lui rappeler un fait qui l'agaçait autant qui l'éprouvait. Je suis un druide oui et autre chose aussi. Je suis un maître alchimiste, j'étudie les Lois des Bouleversements, je suis le Briseur de chaînes, une Voix de Lug, la Réponse aux facéties.

Face à ces mots le familier s'envola à tire d'aile pour disparaître dans les hauteurs d'un ciel sans nuages. La Lune était haute.

- Et toi petit Merle, qu'es-tu ? Tous les deux avez le don de me faire délier la langue ... mais je suis déjà bien las.





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Message Re: [546] Les feux de Beltaine   Mer 21 Oct - 8:31

Mogh Ruith & Aedan
~ Renaissance

Une chevelure rouge qui se libère, si semblable à la mienne, elle dégringole le long de son dos, offrant aux flammes ardentes de Beltaine, son visage émacié. Un frisson m'étreint alors que mes prunelles détaillent un instant cette apparence famélique, ravagé par je ne sais quel mal. Mon cœur se serre mais je me tais, parce qu'ils parlent. A demi-mot, il conte son histoire, l'histoire d'un homme inconnu qui explique ce qu'il est, ce qu'il a toujours été. Mon père garde silence, sans doute parce qu'il sait déjà. Le hasard existe t-il pour des êtres capables de percer les brumes de l'avenir ? Cette question n'a pas lieu d'être. Le regard de mon oncle se braque de nouveau sur moi, l'émeraude verdoyant venant me détailler. Le merle. Je sais ce qu'il représente pour nous, pour autant, quel est le rapport avec moi ? « Je suis donc le seul à ne pas voir. » Marmonnant, je n'obtiens de mon père qu'un simple sourire que je reconnais bien. Celui qui signifie simplement que je comprendrai plus tard, lorsque le temps viendra, ce que j'accepte avec un soupir qui se transforme en sourire. Il est inutile de s’appesantir, ce n'est pas comme si je n'y étais pas coutumier.

La renaissance n'est pas chose aisé. En contemplant l'apparence de mon oncle et la fatigue prégnante empoissant ses gestes, je ne peux que le constater, comme un pantin désarticulé, brisé mais qui se mouvait encore du bout de ses fils rongés. Pourtant, il s'avance, continu la danse, ou plutôt, son conte, en quelque sorte. Mon regard vient détailler plus encore le corbeau au plumage rougeoyant. Un esprit. Ce qui expliquait sa singularité tant en apparence qu'en comportement. Les esprits ne sont pas des créatures régies par les mêmes règles que les simples hommes. Je comprends mieux. Alchimie. Briseur de chaîne. La réponse. Tant de mot différent pour définir une seule et même personne, un peu comme tous les noms qui furent donné à mon père par delà les âges. Le Roi-Druide, Le Serviteur de la Roue, la Voix de Dagda, et tant d'autres encore qui se sont perdus. Je n'en connais moi même qu'une poignée. Ils se ressemblent. Même si physiquement, ils paraissent contraire, même si le fond de leurs paroles s'avère différent, d'autres détails les rapproches. Face à eux, je ne suis rien de plus qu'un enfant bien inexpérimenté. L'oiseau rougeoyant s'envole à tire d'aile dans un ailleurs inaccessible. Si vif qu'il ressemble à un éclair écarlate s'échappant entre les arbres.

« C'est un trait de famille. » Un sourire amusé vient glisser sur les lippes du druide blanc qui se fait presque moqueur. Il ne parait que peu affecté par le propre ton de son cadet, comme si ce n'était là qu'une habitude avec laquelle ils renouaient. Et puisque c'est à moi qu'il parle, autant que ce soit à présent à moi de parler. Peut-être est-il trop las pour lui même le faire. « Je suis le fils de Mogh Ruith... et un druide moi aussi ! » Je me redresse avec un rien de fierté, de cet enthousiaste débordant qui transparait jusque dans mon nom. Mon nom est feu ardent, mon essence est éclat de vie. « Il me manque encore à me perfectionner dans la divination, mais je suis plutôt bon en médecine, je connais les propriétés des plantes et les incantations liées à la plupart des rituels. » Je fais un peu l'inventaire non exhaustif de ce que je sais aujourd'hui. L'art curatif, le savoir druidique, les anciens rituels des morts et des fêtes, de chaque instant de la vie. « Enfin, j'ai encore beaucoup à apprendre dans différents domaines pour être à la mesure de mon père, mais il me manque encore quelques années pour y parvenir. » Une simple réalité qui ne m'émeut pas, loin de là. Difficile de rattraper un homme qui a déjà aujourd'hui plus de trois siècles. Malgré tout, je ne perds pas espoir, et jusque là, je continuerai d'avancer. C'est mon objectif, quand bien même peut-il paraitre inaccessible.

Sur les traits de mon père demeure un sourire. Un sourire un peu différent de ceux dont il a coutume, mais qui, parfois, vient s'attarder sur son visage. Cela ressemble à de la mélancolie. « Père ? » Il semble s'arracher à ses propres pensées, secouant doucement la tête de droite à gauche, il en vient à se relever pour se rapprocher de son frère. « Juste un souvenir. » Les paupières closes, l'homme pose une main sur l'épaule de son cadet, quelques paroles s'échappent de ses lèvres, qui se font murmures. L'éclat d'argent de son énergie spirituelle l'auréole avant de venir offrir à Bran Ruz une part de son énergie. J'observe la magie faire son œuvre avec fascination. Ce rituel, je ne le connais pas, et j'essaye de comprendre avec mes yeux, mes sens, la manière dont il est invoqué. Je n'ai pas entendu tous les mots de son incantation... « Cela te rendra au moins apparence humaine. » souffle mon géniteur en se redressant avec aisance une fois sa tâche accomplie. « Tu peux venir te reposer dans ma demeure le temps pour toi de reprendre plus de force. Aedan saura t'y guider. » C'est vers moi qu'il incline sa tête. Je m'étonne un instant de cette demande, sachant que l'Autre Monde n'est pas un lieu dans lequel il est aisé d'avancer, mais si je ne suis que le guide et non l'instigateur, je pense pouvoir le faire. Lui devait encore surveiller les feux de Beltaine.


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Message Re: [546] Les feux de Beltaine   Dim 25 Oct - 10:17
Bran Ruz
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- Oh il te manque plus que quelques années, mon cher Aedan. Toute une vie d'homme ne suffirait pas.

Il ne se moquait pas, ce n'était là que la plus pure des vérités. Autrefois, il avait été comme lui un jeune homme emplit d'ardeur, d'espoir et de rêves glorieux. Tout avait été effacé par la main capricieuse du Temps. Bran Ruz ne lui ferait pas part de cette leçon. Cette dernière, il l'apprendrait tout seul.

Son frère paraissait en proie à la nostalgie, le druide fut étonné de voir qu'il tombait encore dans ce piège. Finalement, il était encore bel et bien humain. Quelque part, c'était rassurant et quand Mogh se redressa, il en fit de même prêt à accueillir ce précieux don sous le regard interrogateur du petit Merle. L'énergie de la Roue était d'une puissance rare, ainsi il ne fallut que quelques secondes pour que son corps ne se régénère, semble faire un bond en arrière dans le temps.

Sa peau reprit une belle couleur blanche, éclat de la lune avec des sous-tons bien plus chauds qu'auparavant. Il redevenait ce qu'il fut, un jeune homme dans la fleur de l'âge au regard perçant et inquisiteur, un être plein de mystère et de rancœur. Son dos parfaitement droit maintenant qu'il ne ployait plus sous le poids des maux, surplombait en taille la petite assemblée d'une bonne tête, montagne toisant les arbres et les plaines. Il ne se faisait pas pourtant écrasant, pas quand il était entouré par sa famille.

Son œil glissa vers le Roi-Druide qu'il gratifia d'un léger signe de la tête. Un vague remerciement accompagné par ces quelques paroles.

- L'apparence, oui, pour le reste …

Ainsi il était beaucoup plus séduisant et son sourire, aurait fait tourner bien des têtes. En d'autres temps. Jadis. Son cœur se serra sans se l'expliquer, sa main se porta à sa poitrine où il enserra sous le tissu, une sorte de talisman que l'on devinait à peine. Une triste relique d'un amour perdu. Il fut aussi tiré de ses songes éveillés par la demande de son frère à son fils.

- Très bien, ce sera un très bon exercice pour toi, druide Aedan !

Sans demander son consentement, le Bran Ruz alla nouer ses doigts autour du bras de son neveu pour l'entraîner à sa suite. De là il l'entraîna dans l'ombre, si forte, si terrifiante puis, de sa main libre il appela à lui la force du Dagda, fit apparaître le Voile pour qu'ils s'y glissent.

- Entends-tu le chant des Morts ? Il a quelque chose d'hypnotique, tâche donc de n'y prêter que peu d'attention. Il t'entraînera dans les feux de l'enfer et tu périras. Bien, maintenant je te laisse me guider jusqu'à votre antre. J'ai besoin de me reposer …

L'ombre fugace d'un sourire malicieux se profila mais quand Aedan voulu s'en assurer il était déjà partie. Au lieu de quoi il le verrait fermer les yeux. Il serait aveugle comme son père.

- Tu es mon guide, Aedan.





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Message Re: [546] Les feux de Beltaine   Dim 25 Oct - 22:19

Mogh Ruith & Aedan
~ Renaissance

« Alors cela prendra plus d'une vie d'homme. » Il n'y a pas de mépris dans mes mots, juste une détermination sans borne alors que je croise les bras sur mon torse, nullement affligé par les mots de mon parent. Son pessimisme ne m'atteindra pas, pas plus que je ne le laisserai m'atteindre. Évidemment que je n'ignore pas ce que cela signifie, je ne suis nullement stupide ou inconscient, et ma naïveté, quand bien même est-elle réelle, ne concerne pas ce genre de fait. La transformation de cet homme qui est mon oncle n'en est pas moins époustouflante à contempler. D'une simple incantation, le visage et le corps de l'homme face à moi se fait plus fort, plus jeune également, la magie efface d'un simple éclat les traces du temps et de ses affres, ne laissant derrière elle, qu'un être se faisant presque méconnaissable. La fatigue disparue, il toise le monde de toute sa hauteur, et ses iris verdoyantes se font bien plus éclatantes, étincelante d'une vie qui jusqu'alors, semblait l'avoir fuit. Comme pour mon père, le temps n'a plus de prise sur ce visage d'une jeunesse étonnante pour le nombre d'année qu'il doit posséder en réalité. Un simple sourire vient éclore sur les lèvres de mon géniteur aux quelques mots murmurés avant que l'émeraude ne vienne se poser sur moi.

« Hein ? » L'étonnement glisse sur mes traits alors que les doigts de mon parent viennent attraper mon bras, m'entrainant entre les ombres avec vivacité. Je n'ai que le temps de voir disparaitre la silhouette immaculée de mon père qui m'offre un sourire confiant avant d'être entrainé dans l'Autre Monde. Tétanisé, je me retrouve à contempler les plaines de ce monde d'en dessous, un frisson ébranlant mon corps. Ma respiration se tût, mais mes oreilles demeurent attentives aux paroles de cet homme, bien différent de mon père. Ce n'est pas seulement son apparence, mais également sa présence. Celle de Mogh Ruith ressemble à un rayon de lune perçant délicatement les ténèbres de la nuit... Celle de son frère est bien plus trouble. Pourtant... l'odeur est-elle si différente ? Mes prunelles ambrées, un rien troublée par cette situation atypique, viennent se poser sur le visage du druide qui a fermé les yeux et attend. Attend que je ne le guide. Mon cœur se serre. Je connais les menaces de ce monde. Les chuchotements mélodieux. « Je sais. » Un murmure. Me mordant la lèvre, je fais taire l'écho d'un éclat plus vivant, de celui qui m'anime, chaud comme le feu, brillant comme le soleil. Ma main vient se poser sur celle de l'homme alors que je m'avance. Le premier pas est maladroit, le second vacillant, le suivant se fait plus assuré. Je connais le chemin pour autant, je ne me fis pas à mes yeux. Ici, tout est trompeur, je ne le sais que trop bien. Je ne parle pas. Je n'écoute rien hormis les battements de mon cœur et les résonances lointaines. Lorsque je suis auprès de mon père, elles paraissent voilées, là, elles le sont bien moins.

Mes doigts se crispent. Je ne dois pas les écouter. Je dois seulement avancer. Juste avancer. Je n'ai pas a avoir peur, ce n'est pas la même chose que cette fois là. Je ne suis pas seul, et puis je n'ai qu'à suivre les traces de mon père. Le voile est là. Juste là, je n'ai plus qu'à le saisir, l'écarter pour entendre les remous de l'océan et sentir sur ma peau la fraicheur des embruns. Un tremblement me secoue alors que la terre sous mes pieds se fait plus tangible, ma main venant rejoindre le chêne à l'écorce claire qui fait face à notre humble demeure. Une maisonnée de bois et de pierre, semblant se fondre dans le paysage, la nature s'y étant liée elle même sous l'impulsion de mon père. Lentement, je reprends ma respiration qui jusqu'alors s'était bloquée. Comme toujours dans ce monde. J'inspire l'air iodé, appréciant son parfum qui me rassure aussi bien que ne le fait ce paysage plus familier. « Voilà. C'est chez nous. » Ma voix est encore quelque peu malmenée mais je parviens à la garder aussi claire que possible. J'ai encore beaucoup de chose à apprendre, je m'en rends bien compte. Je suis premier à ouvrir la voie, puisque je suis le guide, autant le faire jusqu'au bout. M'avançant dans la demeure, je vais directement dans ce qui nous sert de cuisine - pour ainsi dire - et laisse les flammes naître d'un éclat de ma magie afin de réchauffer l'atmosphère - de me réchauffer moi surtout. Ce monde est froid. Quand mon père est là, il l'est bien moins, c'est la force de son aura qui me préserve, il me faut un peu plus d'entrainement pour y parvenir moi aussi. « Père va encore en avoir pour quelque temps... Le temps que les feux ne meurent... » Un murmure pour meubler le silence.

Laissant de l'eau bouillir sur le feu, j'y laisse infuser une poignée de plantes séchées qui vient embaumer la demeure. Cette odeur m'ancre plus encore dans cette réalité. Il me faut quelques minutes de plus pour préparer deux tasses que je viens poser sur la table avant que je ne vienne m'y asseoir. Le breuvage, bien que trop chaud, vient me réchauffer les mains. C'est... agréable. Pourtant, mon regard se tourne sur le druide, un peu... impressionné, sans doute. Je ne connais pas encore cet homme, je l'observe, le détaille. « Vous êtes différent de mon Père... » Un fait. Je me tais, baissant mon visage sur ma tasse de terre cuite. « Enfin... Je n'avais jamais entendu parlé de vous avant... »


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Message Re: [546] Les feux de Beltaine   Lun 26 Oct - 9:05
Bran Ruz
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Sans qu'il ne s'en aperçoive, Bran Ruz l'aida à écarter les voiles pour que leur destination finale ne soit révélée. Aussitôt il relâcha le bras de son neveu pour faire quelques pas, seuls, le regard comme absent. Il détaillait l'endroit, l'embrassait entièrement pour finalement suivre le jeune druide qui l'accueillait chez lui. Il l'écouta l'annoncer quand même, notant au passage le certain soulagement qu'il ressentait à s'être extirpé des ombres de l'Autre Monde. Le druide rouge ne fit aucuns commentaires, se contentant de hocher légèrement la tête et d'entrer.

Les lieux étaient calmes, nimbées d'une douce lumière laiteuse et malgré le feu qu'Aedan s'empressa d'allumer, lui, ne ressentait nullement le froid. Sa haute silhouette drapée de son manteau resta un moment immobile, perdue dans … cette étrange réalité somme toute commune.

Le Corbeau Rouge ne cilla pas, pas avant que la voix du jeune homme ne s'élève à nouveau pour annoncer une évidence. Sans doute cherchait-il à briser l'écho du silence, sa belle musicalité qu'il appréciait. Qu'il avait apprécié que trop longtemps. Sans le demander, il prit place sur une chaise, le laissant vaquer à ses occupations. À préparer une infusion, presque machinalement. Il avait l'air de faire cela par habitude et il ne se souvenait pas lui avoir demandé quoi que ce soit. Intérieurement il en fut amusé et l'en remercia d'une inclinaison de la tête.

Sa main se porta à la tasse mais s'arrêta face à ce constat. « Vous êtes différent de mon père ». Il l'observa longuement le visage fermé.

- Bien plus que tu ne le crois jeune Aedan, et pourtant, on se ressemble plus qu'il ne le pense lui-même.

Ses lèvres se portèrent au récipient et il bu de longues gorgées jusqu'à terminer sa boisson pourtant brûlante. L'impression de chaleur dans sa gorge le fit sourire. Il était bel et bien vivant.

- Ce n'est guère étonnant. Je ne connaissais pas plus ton existence. Depuis tout ce temps je n'étais plus de votre Monde. Pourquoi faire allusion à un homme qui n'existait plus ?

Sur ces mots, le druide laissa enfler le silence. Non sans continuer son observation. Farouchement son regard gravitait sur Aedan et partout à la fois.

- J'achèverais ton enseignement quand tu t'échapperas de ton nid, petit Merle.

Annonça t-il de sa voix la plus grave avant de se redresser. De là il se dirigea vers l'une des couches et s'y installa sans demander son reste. Son frère lui avait laissé l'opportunité de se reposer ici. Il le ferait.

Au loin, la corneille recommençait à chanter. « Bran Ruz, Bran Ruz ! »

La Réponse.




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Message Re: [546] Les feux de Beltaine   Lun 26 Oct - 21:38

Mogh Ruith & Aedan
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Ils se ressemblent ? Physiquement, on ne pouvait pas vraiment le parier, bien qu'en m'observant et en observant mon père, on pourrait tout aussi bien douter de notre parenté. Ce qui n'est pas le cas avec l'homme face à moi. Ils se ressemblent... Mon regard vient de nouveau se perdre sur le liquide duquel s'échappe une fumée blanchâtre. Ils sont issus d'un autre temps. Peut-être est-ce de cette ressemblance qu'il parle ? De celle ci, et d'autre, je ne saurais le dire, ne connait de toute façon pas assez le druide face à moi pour pouvoir l'attester ou supposer davantage. Alors je me tais et écoute, simplement. « Plus qu'il le pense ? » Je me fais écho inutile. Il ne répondra pas à cette question qui n'en est pas vraiment une. Mes iris viennent se nouveau se poser sur cet homme dont l'apparence est bien plus agréable, il parle, encore, répond à ma question silencieuse. Pourquoi parler d'un homme qui n'est plus ? Mon cœur se serre. Que c'est-il passer pour lui ? Il dit avoir dormi durant nombre de saison, mais pour quelle raison ? Tant de questions qui pourtant, ne parvienne pour l'heure à franchir mes lèvres. « Vous êtes frères... » Pourquoi est-ce que je sens de la tristesse dans mes propres mots ? Venir étreindre mon cœur ? Pourtant, moi, je ne sais pas ce que c'est que d'avoir un frère ou une sœur. Je ne le sais pas vraiment quand bien même j'en ai eu, en réalité, dans le passé... Parfois, mon père me parle d'eux à travers ses histoires, quelques unes seulement, bien souvent, il n'en dit que bien peu. Trop peu. Je n'ai jamais insisté parce que dans ces moments, il semble attristé. Est-ce une impression ? Une simple idée de ma part ? Je ne sais pas... Je ne sais pas du tout, mais chaque fois, je préfère me taire et oublier les questions. A quoi bon ? Ils ne sont plus. Pourtant... J'aurai aimé en savoir un peu plus sur eux, sur ma sœur qui rend si nostalgique mon géniteur, sur mes frères qu'il a élevé et guidé... même si c'est là totalement inutile, faux espoir déçu.

« Et puis vous existez, puisque vous êtes là. » Ma voix n'est pas aussi claire qu'elle ne l'aurait dû. Mon regard se relève pour contempler le visage de mon oncle qui m'observe. Quelque chose ne va pas. Le silence demeure et je le laisse se faire écho trompeur alors que les questions, elles, demeurent. Je me tais et viens boire une gorgée de mon infusion trop chaude, me brulant la langue. Je grimace et l'homme, m'offrant une de ces phrases toutes aussi mystérieuses que les autres fini par s'échapper pour profiter d'un repos mérité. Surpris, je le suis, mais je n'ai guère le temps de poser la moindre question. M'enseigner ? Mon cœur oscille entre la joie naïve d'un nouvel apprentissage et la surprise perplexe d'un homme sibyllin. Ma bouche s'ouvre pour en savoir davantage mais se referme tout aussi sec. Même si mon Père lui a offert assez d'énergie pour lui donner apparence humaine, je suppose que son esprit, lui, a tout de même besoin de repos. C'est étrange tout de même... Dormir après avoir passé des saisons à dormir, n'est ce pas... étonnant ? « Reposez vous bien. » Silencieux, je me redresse, observe un instant la silhouette avant de m'échapper dehors afin de ne pas déranger le repos de mon oncle. Les étoiles sont claires cette nuit, elles brillent et scintillent, inaccessibles, offrant à ce premier jour clair un bon augure. Je ne peux voir les feux d'ici. Cela m'attriste un peu, j'aurai souhaité les voir jusqu'au bout cette fois. Un frisson m'étreint, même si la saison claire commence, le soleil n'est pour autant pas capable de réchauffer la terre.

Combien de temps je reste à les contempler ? Je ne sais pas, j'ai l'impression de m'y perdre, mais c'est bien le froid qui me ramène à moi. Dans notre maison, seul le feu rayonne et je m'installe à son côté, une couverture sur le dos. Je dois attendre mon père. Je compte bien l'accueillir. C'est étrange. La vie de Bran a la même... odeur. Presque. Subtilement. C'est un peu rassurant. Faussement froid. Un sourire vient ourler mes lèvres... Peut-être qu'ils se ressemblent un peu plus que ça. Un merle. J'ai l'impression d'entendre une drôle de chanson. Une mélodie familière. Douce. Lentement, tout doucement, mon esprit s'éveille. Et tout aussi lentement, je remarque que je me suis endormi. Je peux entendre quelques chants lointains, et la lueur plus persistante me fait penser que le soleil s'est déjà levé... Un sursaut. Je me suis endormi ?! Brutalement, je me redresse, abandonnant mon refuge pour finalement faire un simple constat. L'impression était bonne. « Il est parti... » Une main vient se poser sur mon épaule. Je ne suis pas surpris, je l'ai senti avant qu'il n'arrive à ma hauteur. « Il est ainsi. Comme la corneille, il va et il vient. Nous le reverrons. » Un instant encore, les questions affluent. Si nombreuses. Si puissantes. Pourtant, je me tais finalement pour simplement acquiescer. Un sourire effleure mes lèvres. Je n'en doute pas non plus.


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