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 Un cycle sans fin [549 PV Scythès]

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Message Un cycle sans fin [549 PV Scythès]    Lun 19 Oct - 19:50
Dans l'air flotte une fragrance que je reconnais bien. Elle malmène et s'insinue partout, pourtant bien vite, elle disparaitra, emportée par le vent, et la roue reprendra sa course. Le cycle est sans fin, usuel et naturel, il commence avant de s'achever, parfois paisiblement, d'autre fois avec plus de violence. J'y suis devenu coutumier durant ces mois d'errances, et encore bien avant. La mort est une compagne de tous les instants. Elle n'effraie pas, elle est juste là, à chaque moment, indissociable à son pendant. Un conflit a eu lieu ici. Je peux encore sentir les flammes et entendre les tambours de guerre, pourtant, il n'en reste rien à présent. Rien, si ce n'est cette odeur persistante et tout ce qui en résulte. La douleur et les gémissements. Les blessures des survivants et de ceux qui, trop mourant, finiront par rejoindre le cycle. Mais pour l'heure, je n'ai que faire de ces tristes débats, dans ce village à moitié ravagé par cette bataille dont ils n'avaient pu se prémunir, je veux offrir aux survivants un peu de réconfort, de quoi panser leurs blessures. Les rires d'enfants se sont tus, ne laissant que les pleures ou les sanglots étranglés dans des gorges trop serrées. Et le silence. Un silence pesant, poignant, il attriste et trouble. Je n'aime pas cette sinistre impression. Les femmes s'activent autours des époux, des frères, de ces hommes qui ont défendu, pour certain échoué.

« Je peux vous aider à soigner vos blessés. » On m'observe, me toise du haut de mes quelques années. Dans les regards résonnent le désarroi. Ils vivent chaque jour durant avec cette épée de Damoclès perchée au dessus de leur tête, mais ne prennent jamais la peine de l'observer jusqu'à ce qu'elle ne tombe finalement. Fatalement. « Qui es-tu ? » J'offre à ce qui semble être l'ancien, un sourire amical, confiant. « Je m'appelle Aedan. Je suis... un herboriste. » En quelque sorte. Le terme est plus chantant que celui qui me sied normalement. Un druide ici, ça ne veut rien dire, et c'est bien dommage mais qu'importe ma fierté, je préfère la mettre de côté si cela me permet d'aider. Il me toise, observe mon apparence, mes vêtements simples surmontés d'une étoffe brune qui me sert de cape, un pantalon de toile clair et mes bottes brune. Ma chevelure rougeoyante qui se laisse emmêler par le vent et dégringole jusqu'à mes genoux parait l'intriguer, avant qu'il ne détaille finalement mon compagnon de route, le chien blanc au fin museau qui s'est assis à mon côté, et qui, tout comme moi, attend la fin de l'examen avec un calme incertain. L'odeur le trouble, il y a toujours été sensible et ce, depuis que j'ai croisé sa route. Un simple signe de tête du vieil homme me donne son acceptation, et c'est avec un sourire soulagé que je commence à le suivre. Il ne parle pas, les mots sont inutiles, il suffit de voir pour comprendre. Setanta m'accompagne, je peux presque sentir sa chaleur au niveau de ma botte... Mon sourire s'accentue devant son comportement mais s'échappe bien vite dès lors que le vieil homme me mène jusqu'à une maison de bois semblant plus vaste. L'odeur de fer y est prégnante, elle empoisse l'air. Ici sont rassemblés les blessés.

Doucement, mes doigts viennent caresser la tête du chien pâle. « Restes ici Setanta. » L'animal m'observe, hésite mais finalement il vient s'asseoir juste à côté de la porte qui demeure ouverte. Je lui offre un sourire avant de m'avancer dans la demeure viciée. Que ferait mon père dans cette situation ? Les blessures sont diverses, les gémissements plaintifs et cette odeur entêtante me fait frémir. L'odeur du fer est si puissante. Étouffante. Un instant, mes mains tremblent, un instant seulement avant que je reprenne confiance, que je ne m'avance finalement. Un seau dont je m'empare, un peu d'eau qui vient bénir, une incantation pour moi seul qui se fait murmure et un sourire qui ourle mes lèvres. J'y puise du courage. Les hommes sont à terre, mélangés pêle-mêle sur le sol entre des draps blancs souvent souillés d'écarlate. Une blessure à la tête sur celui là, une jambe blessée mais bandée sur un autre, le carreau d'une flèche plantée dans l'épaule d'un autre qui se fait soigner par une femme... C'est vers lui que je me dirige, il faut bien commencer par quelqu'un. « Je vais vous aider. » La demoiselle se détourne, troublée et pour toute parole je lui offre un sourire qui se veut rassurant. Me délestant de mon bagage, je commence à fouiller dans ce dernier, accroupit au côté du blessé. « Je vais retirer cette flèche, pouvez vous me tenir ça s'il vous plait ? » Il ne faut qu'un instant pour que la jeune femme acquiesce avec hésitation et ne prenne le petit pot de terre cuite que je lui tends. Elle n'a pas le temps d'être curieuse, elle observe, simplement. Récupérant un chiffon, je viens le placer dans la bouche du blessé en l'accompagnant de quelques paroles. « Mordez le fort. » Il s'exécute et ferme les yeux, comprenant malgré la douleur ce que j'allais lui faire subir. J'en suis presque désolé mais cela n'affaiblit pas mon geste, et c'est avec fermeté que je l'ôte. Un soubresaut le fait tressaillir et je profite de la confusion pour apposer ma main sur la plaie. Mon énergie apaise la morsure, vient combler en parti seulement la plaie.

J'ai appris qu'il était préférable de ne pas trop en faire, mon cosmos n'est de toute façon pas suffisamment puissant pour que je puisse y puiser indéfiniment. L'onguent fera le reste, il est suffisamment efficace pour. « Donnez moi l'onguent s'il vous plait. » Surprise, la dame acquiesce et c'est avec lenteur que je viens terminer ma tâche. « Je peux vous donner quelque chose pour calmer la douleur, mais il faudra attendre que je me sois occupé des autres. » La fièvre empoisse son regard mais j'y lis une certaine reconnaissance qui me fait sourire. « Reposez-vous. » Les mains poisseuses, je me redresse, ôtant le surplus de sang avant de passer au blessé suivant. Encore et encore, comme un cycle sans fin. Tous ne pourront pas être sauvé, mais ça ne m'empêche pas d'essayer. De dehors, un aboiement me parvient.




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Message Re: Un cycle sans fin [549 PV Scythès]    Mar 20 Oct - 3:47
Cela faisait quatre années maintenant que Scythès et les chevaliers d'or de sa génération s'étaient battus à Rome afin de restaurer la paix. La presque totalité de la chevalerie avait était submergé sous la soif de sang des guerriers d'Arès. Parmi les douze, deux d'entre eux seulement avaient survécu, et il était de ceux-là. Pourtant, la paix qu'ils avaient gagné au prix de tant des leurs restait fragile. Presque une illusion en réalité, pour les hommes qui vivaient en bordure de l'empire, à portée des excursions barbares du nord. En effet, les guerres saintes avaient été gagnés, et bien des vies sauvés. Pourtant, Arès pouvait savourer une autre sorte de victoire. Celle de savoir que les simples mortels perpétuaient toujours son héritage. La guerre était dans leur sang, depuis toujours, et Athéna ne pouvait se battre contre leur propre nature. C'était un travail de l'intérieur, un combat pour chaque personne. La souffrance régnera sur ce monde aussi longtemps que les hommes se plairont à la provoquer.

Le hun était entièrement vêtu de son armure d'or, et son destrier le menait tout droit vers un village au loin, d'où pouvait se distinguer des nuages de fumée. Probablement des vestiges d'une récente bataille, rien d'étonnant sur ces terres. Les "barbares" ne faisaient que perpétuer le cycle, comment leur reprocher ? Il avait autrefois fais partie de ces peuples qui avaient osé se dresser face à la puissance de Rome. Des peuples qui l'ont toujours chère payé d'ailleurs. C'était dans l'ordre des choses, des gens mourraient, des gens naissaient. Le mal était bien plus profond, et on ne pouvait le réparer. Pas comme ça, pas dans des guerres ne servant que les intérêts des hommes.

La venue de Scythès n'avait rien à voir avec l'attaque qui avait pu se produire ici. Si dans son ancienne vie, il n'avait jamais hésité à faire ce qui était en son pouvoir pour sauver chaque personne, il avait aujourd'hui compris l'inutilité de la tâche. Toute sa vie, il n'avait fait qu'un avec la mort. Elle l'avait aidé autant qu'il l'avait craint, et avait tout fait pour éviter ce destin aux autres. Mais les années passés au service d'Athéna avait finis par changer son point de vue. Du moins, il avait compris que tout était bien plus compliqué, et que sauver une vie ne servait pas toujours à combattre la mort. Il n'était pas la pour les aider où pour compatir, la tristesse et la mort se trouvait partout, si bien qu'il y paraissait insensible. Son cheval arriva au centre du village dévasté, le chevalier d'or était observé avec attention par chacune des personnes auprès desquels il passait. Des murmures, des questionnements, se demandant sans doute qu'est ce qu'il faisait la. Tous les grecs connaissaient la réputation des chevaliers d'or, mais tout le monde n'avait pas l'occasion d'en rencontrer un jour. Leur rôle était avant tout de défendre leur temple, et le Sanctuaire.

C'est donc des motivations purement personnelles qui le menèrent en ce lieu. Il était en réalité en route vers les steppes, afin d'en revoir les paysages. Ses excursions jusqu'à sa terre natale s'étaient faite de plus en plus rare, avec le temps. La dernière remontait à plus d'une année, et il savait qu'un jour viendrait le moment de reprendre les armes, le moment où il ne serait plus libre de parcourir ce monde comme autrefois. Il avait besoin de renouer avec sa terre et ses ancêtres. Il n'était pas des leurs, et ça tout les habitants du village pouvaient le voir en une fraction de seconde. Sa peau brunie par le soleil, ses cheveux noirs et ses yeux jaunes, tout le rattachait au physique des huns qui avaient autrefois saccagé ces même terres, peut être ces mêmes villages.

Scythès posa pied à terre, laissant son cheval gambader jusqu'à trouver de quoi manger. C'était d'ailleurs la raison de sa venue, trouver un peu d'eau pour continuer sa route. Il n'était visiblement pas arrivé au meilleur moment, car les gens autour en avaient bien plus besoin que lui. Les cendres, la poussière et le fer pouvait encore aisément se sentir, et une odeur de mort ambiante emplissait les lieux, se mêlant à celle de Scythès qui était étrangement semblable. L'attention du Cancer fut attiré vers des aboiements, ceux d'un chien à l'entrée d'une maison en bois, plus grande que les autres. Il ne lui fallut pas longtemps pour sentir une sorte d'énergie provenant de l'intérieur. Quelque chose de semblable au cosmos qu'utilisaient les chevaliers. Cela eu le mérite de l'étonner, changeant inconsciemment sa direction pour se diriger vers la maison, désireux de savoir ce qui s'y tramait.

Ignorant totalement tout les habitants ainsi que le chien qui aboyait, visiblement sensible à l'odeur de Scythès, il en franchit le seuil, et très vite il comprit à quoi servait l'endroit. Partout à l'intérieur, l'odeur de mort se faisait plus forte, plus présente. Certaines des personnes ici semblaient avoir déjà quitté ce monde pour l'autre, alors que trop peu d'habitants se démenaient pour soigner ceux qui pouvaient l'être. Ils n'étaient pas assez nombreux, et avaient visiblement besoin d'aide. Sans s’intéresser plus longtemps à tout les blessés, il chercha la source du cosmos qu'il avait senti à l'extérieur, et très vite son regard se porta sur un jeune homme, vêtu de manière assez atypique pour se faire remarquer. De plus, sa chevelure rouge ne passait pas inaperçu, n'étant pas ce qu'on pouvait appeler la norme ici. Il s'approcha alors de lui, toujours impassible et silencieux, l'observant en train de soigner un jeune homme dans la force de l'âge, à qui la vie avait tout à offrir à première vue. Un soldat de cette guerre, qui avait du défendre son village contre les barbares sans doute, assez jeune pour changer où pour se venger.

Scythès finit par prendre la parole, sans savoir si le jeune homme l'avait ou non remarqué. Il n'y avait aucune agressivité en lui, il se contenta de parler, dans le latin légèrement mal prononcé dont il avait l'habitude.


- Qui es-tu, jeune homme ?

Il s'assura d'avoir son attention pour pouvoir mieux l'observer. Il devait avoir au moins dix ans de moins que lui. Tout comme lui, il ne semblait pas venir d'ici, et il était bien incapable de dire d'où. Cela n'avait de toute façon pas d'importance. Ce qui l'avait attiré ici, c'était la façon dont il soignait ces gens. Il avait appris à maitriser le cosmos aussi bien que n'importe quel chevalier d'or, et était capable de le reconnaitre même utilisé de manière aussi infime. D'ailleurs, il ne se souvenait pas avoir rencontré quelqu'un qui l'utilisait pour soigner les gens, bien qu'il savait cela possible. Le Cancer reprit alors après l'avoir observé quelques secondes.

- Le pouvoir que tu utilise pour soigner ces gens n'est pas à prendre à la légère.

Son regard se voulait soudain plus sérieux. Il savait qu'il savait de quel pouvoir il parlait. Il pouvait bien faire passer ça pour de la magie où des bénédictions divines, on ne pouvait tromper un chevalier d'or. Mais peut-être le jeune homme lui même n'avait pas conscience de ce qu'était son pouvoir. Et à vrai dire, Scythès n'était pas la pour lui en faire une leçon, d'autant plus si il était utilisé de cette façon.

- Penses tu pouvoir changer le monde en sauvant quelques vies ? Que cet homme meurt, ou qu'il vive, la guerre cessera-t-elle pour autant ? Les hommes ont semés la mort, ils récolteront la colère. Celui la même que tu te donne tant de mal à sauver prendra un jour les armes pour se venger. A son tour, il mettra des hommes à la même place où il se trouve. Entre la vie et la mort, le destin dans les mains de quelque chose de plus grand.

Toujours sérieux, il se voulait presque donneur de leçon. Son armure d'or brillait dans la pièce, apportant une lumière qui se faisait trop rare en ces lieux, forçant presque le regard. Reprenant le suivi de sa phrase, il continua.

- Pas dans les tiennes. Tu gaspille ton temps et le pouvoir dont le ciel t'as fais don. Tu ne fais que perpétuer le cycle de la souffrance, rien de plus. Alors que tu pense sauver des vies, tu en condamne d'autres.

Il adoucit alors son regard, se demandant s'il avait était compris. Il était jeune, et à son âge, Scythès avait lui aussi un voile devant les yeux. Il ignorait tout de ce qui valait vraiment la peine de se battre. Il ne pouvait ignorer la souffrance d'un seul, et ce même au détriment de milliers d'autre. Mais parfois, il valait mieux simplement l'ignorer. Faire le mal pour le bien. Faire ce qui était nécessaire. Le Cancer attendit donc les réponses du jeune homme, sans avoir porté un seul regard à l'homme qu'il était en train d'essayer de sauver jusque là. Sa vie était en jeu, mais elle n'avait aucune importance.
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Message Re: Un cycle sans fin [549 PV Scythès]    Mar 20 Oct - 20:53
L'aboiement de Setanta déchire les voiles du silence. Mon esprit jusqu'alors concentré sur sa tâche parait déraper. Mon regard, lui, dévie de la blessure que je termine de bander pour venir détailler l'entrée. Je ne considère pas mon compagnon comme un animal peureux, il est cela dit méfiant et si il aboie, c'est rarement sans raison. Pour autant, nul cri ne vient troubler le village qui aurait pu signifier une attaque, rien, si ce n'est un homme qui, tout auréolé d'or, vient poser un pied dans le bâtiment. Mon visage se fait surpris, presque interloqué alors que le chien blanc parvient à se faufiler jusqu'à moi pour se faire protecteur. Son grondement est parfaitement audible et c'est dans un murmure que je lui intime le silence. Il observe le camp de fortune, et je prends le temps de le détailler rapidement tout en réfléchissant. Un homme grand - ou peut-être est-ce parce que je suis moi même accroupi par terre ? - à la peau sombre et au regard doré, brillant d'un éclat semblant presque surnaturel. Ce n'est pas ce qui attire le plus mon regard cela dit, mais bien l'armure d'or qu'il porte et qui se fait cuirasse. J'inspire un bon coup avant de terminer mon bandage, les doigts poisseux de sang. Le drap à côté de moi l'est tout autant, j'ai l'impression que la fragrance de fer s'est imprégnée partout... Armure d'or. Armure d'or. Mon père m'en a déjà parlé. Quelque part au fond de ma mémoire, je peux sentir l'association des mots titiller mon esprit. Des chevaliers vêtus d'or qui protège une divinité... C'est vague, lointain, et je m'abime l'esprit à me souvenir en vain. La voix de l'homme vient de toute façon m'en distraire tout à fait. Ma tête se redresse vers lui après un léger sursaut, et je me retrouve totalement pris au dépourvu. Je savais bien que c'était vers moi qu'il venait, mes impressions sont toujours bonnes.

Je ne réponds pas immédiatement à sa première question qui se fait impérieuse, à la place, je préfère m'occuper de mon patient qui, le regard embrumé, ne parait pas entendre pas plus que voir le nouveau venu. Ce qui n'est pas le cas de la majorité des autres qui font silence. Lentement, dans une grimace de douleur, le blessé se recouche à même le sol sous mon impulsion. Sa souffrance est palpable mais son gémissement meurt au creux de sa bouche. Son courage m'en donne également, et c'est sans même adresser un regard au nouveau venu que je termine mon examen. Il sait. Autant ne pas nier bêtement sur la nature de mon... pouvoir. « Aucun pouvoir n'est à prendre à la légère. Qu'il soit pour soigner ou pour tuer... non ? » Un instant, je lui jette un œil avant de récupérer dans ma main un peu d'onguent que je viens déposer sur une brulure. Réaliser ces soins permettent à mon esprit de se canaliser, de s'apaiser. Je fais abstraction de cette armure dorée. « En tout cas, c'est ce que mon père m'a appris. » Que cherche t-il ? Les mots qu'il emploie sont durs, rudes, ils se font leçons apprises à corps et à cri. Enfin, c'est l'impression que j'ai en contemplant, par delà l'éclat de sa cuirasse, le visage sérieux de ce guerrier à la peau sombre. La guerre. La souffrance. Un cycle sans fin. C'est amusant, j'ai presque l'impression d'entendre... Malgré moi, je ris. Un rire léger qui vient plutôt brutalement emplir le silence d'un son plus guilleret, moins sinistres que ces mots qu'il m'assène ou que l'absence de vie. Je ne peux pas m'en empêcher, il n'est pas moqueur, seulement amusement. « Je n'ai pas la prétention de vouloir sauver tout le monde ! » J'offre à mon interlocuteur un simple sourire qui se fait plus doux alors que je viens refermer mon pot d'onguent avant de le ranger dans mon sac de voyage. J'en ai utilisé une certaine quantité, il me faudra en refaire assez rapidement. Au cas où.

« Vous ne pensez pas que ce serait plus désolant encore de le garder uniquement pour moi ? » Ma voix est murmurante, je ne souhaite nullement attirer l'attention plus que ce n'est déjà le cas. Je le laisse réfléchir sur cela, me redressant maladroitement alors que je sens mes appuis vaciller. Ma tête me tourne et il me faut l'aide du mur pour reprendre pied. Setanta, lui, se fait gardien. Il n'a pas l'air de beaucoup apprécier l'homme et je crois en comprendre la raison. L'odeur de la mort flotte autour de lui. « Excusez-moi. » C'est vers la demoiselle restée à l'écart que je me dirige. Elle observe mon interlocuteur avec de grand yeux emplis d'une certaine déférence, mais je la ramène sur terre en me rapprochant. Je lui tend un petit linge, soigneusement plié. « Infusez ces plantes dans de l'eau chaude et donnez la leur à boire, cela devrait calmer leur douleur et leur permettre de trouver un peu de repos. Il devrait y en avoir assez pour un vase d'eau. » La surprise laisse place à un sourire. Elle acquiesce et me remercie en portant précieusement les plantes jusqu'à un coin dans lequel elle pourra chauffer l'eau. J'ai fait ce qu'il fallait, j'en suis persuadé, quand bien même cela ne semble pas être de l'avis de cet homme. Me détournant sur ce dernier, je me rapproche de nouveau, le chien blanc demeurant entre nous comme si il craignait qu'il ne m'attaque. Ce qui me parait malgré tout un peu extravagant, bien qu'il n'en demeure pas moins impressionnant. Mais peut-être pas autant que mon père.

« Je pense qu'il serait préférable de continuer cette conversation dehors si vous le souhaitez toujours, nous troublons leur repos, et ils en ont bien besoin. » J'en profite pour m'esquiver et rejoindre l'extérieur. La brise m'accueille, légère et fraiche, agréable, elle étiole, au moins en parti, l'odeur poisseuse du sang. Je me sens quelque peu chancelant mais le vent m'encourage et permet à mon esprit de reprendre pied avec la réalité. M'avançant, je laisse l'alizée me guider, plus encore la voix du merle qui babille à mon oreille, silencieuse à celles des autres. A peine plus loin, il y a de l'eau. « Et pour répondre à votre première question, je m'appelle Aedan. Je ne suis qu'un voyageur. » Ce qui est parfaitement vrai. La douce mélodie de l'eau vient chatouiller mes sens et c'est en m’accroupissant auprès de son cours que je constate la pâleur de ma peau. J'ai utilisé un peu trop de mon énergie sans doute. Plongeant mes mains dans l'eau pour en ôter la souillure du sang, je prends le temps de savourer sa fraicheur avant de venir m'asperger le visage. Le liquide apaise ma propre fièvre. « Ça fait du bien ! » Mon enthousiaste revenu, je m'assoie plus confortablement sur le sol inégal en offrant à Setanta une caresse qui se veut apaisante. Il n'arrive visiblement pas à bien se faire à la présence du guerrier en armure. Ce que je peux parfaitement comprendre à vrai dire.

Mes iris ambrées se tournent sur l'homme, curieuses. « Et vous, pouvez vous me dire qui vous êtes ? »




Dernière édition par Aedan le Sam 24 Oct - 21:37, édité 1 fois
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Message Re: Un cycle sans fin [549 PV Scythès]    Mar 20 Oct - 23:28
Scythès avait laissé le jeune homme répondre à tout ce qu'il lui avait dit, sans l'interrompre une seule fois. Il n'avait pas cherché à empêcher quoi que ce soit, et c'est avec indifférence qu'il l'avait vu continuer à soigner le blessé, bien que ses paroles en dénonçait l'inutilité. Il semblait bien plus intéressé par le mourant que par le vivant qui s'adressait à lui, d'ailleurs. Signe que ce n'est pas quelques phrases qui parviendrait à le faire changer d'avis. Des réponses, il avait commencé à en donner, et la première d'entre elle au sujet de son pouvoir aurait pu lui faire esquisser un sourire. Il était évidemment de cet avis également. Si soigner un homme qui pourrait en tuer d'autres plus tard n'était pas une bonne chose pour ce monde, se servir du cosmos pour ôter la vie sans raison n'en était pas une non plus. Certaines choses valaient la peine que l'on se batte et que l'on se serve de ce pouvoir mystérieux, mais il n'y en avait aucune ici. Ce village en ruine, les attaques incessantes et leur tribut à payer à la mort, c'était un éternel recommencement. Il n'y avait rien à faire ici qui puisse changer la donne.

Il semblait insouciant, ne cherchant pas à ouvrir les yeux, et après tout qui l'aurait pu à cet âge, en écoutant seulement quelques phrases ? Riant un peu, il le disait lui même, il n'avait pas la prétention de sauver tout le monde. Il faisait le peu qu'il semblait bon, se pensant utile à sa manière, comme tout bon ignorant au grand cœur. Le Cancer l'avait été, lui aussi, à une époque qui semblait bien loin derrière lui. Il ne répondit pas non plus à la question du jeune homme, il n'attendait pas de réponse, il pensait savoir. Il attendit donc simplement la suite des évènements et que le voyageur ait terminé la tâche qu'il s'était lui même confié. Il ne fallut pas longtemps pour qu'il revienne vers lui, l'invitant à poursuivre la conversation dehors. Scythès n'avait aucune raison de le lui refuser, bien qu'il se sente tout aussi à l'aise ici qu'à l'extérieur. Cependant, la pâleur du jeune homme semblait lui indiquer que lui, n'était pas aussi bien ici qu'il aurait pu l'être dehors. C'est la raison qu'il vit dans sa sortie, plus que celle qu'il avait donné prétextant le repos des futurs morts. Il savait que le cosmos puisait sur l'énergie, et il avait surement du promulguer ses soins un peu trop longtemps.

Une fois arrivé dehors, il l'observa se mouiller le visage, tout en reprenant quelques couleurs dont il avait bien besoin. Si il était toujours bien blanc en comparaison du nomade, ses forces lui semblaient déjà presque revenues, ce qui lui indiqua qu'il avait au moins l'habitude de l'utiliser. Il lui donna enfin son nom, et s'asseyant, demanda à juste titre la pareil. Ce jeune homme l'intriguait. On n'avait pas souvent l'occasion de voir quelqu'un comme lui dans les environs. Ce chien semblait être sa seule réelle compagnie, et il devina qu'il devait arpenter les routes et les villages pour faire la même chose qu'il avait fait ici. Une façon de vivre et de trouver une certaine paix intérieure, il en convenait. Au moins jusqu'à ce qu'on ouvre les yeux sur quelque chose de plus grand.

Le Cancer fit quelques pas pour se diriger vers une imposante pierre, que la destruction d'une des battisses avait dévoilé. Posant légèrement la main en dessous, il se mit à la lever, aussi légère qu'une plume, pour l'amener aussi vite qu'il l'avait prise près de Aedan et de son chien. Il la posa délicatement, comme soucieux de ne pas abimer l'herbe, et se mit à son tour à s'assoir sur celle ci, adossé à la pierre. La roche faisait que les gens derrière lui ne pouvaient les voir, tout en leur offrant une sorte d'intimité que les habitants n'auraient osé perturber. Il se mit alors à répondre à sa question, il le lui devait.


- Mon nom est Scythès. Et moi aussi, je ne suis qu'un voyageur.

Il se mit à sourire légèrement. Il n'avait pas besoin d'en savoir plus pour l'instant, et ce n'était pas tout à fait faux. Des douze, il était probablement celui que l'on qualifierait le plus aisément de voyageur. Le Cancer reprit alors, continuant sur le même registre comme pour mieux lui parler.

- Mes voyages m'ont fait voir le monde, et je pense être allé là où peu d'hommes ont pu mettre les pieds. Des destinations et des paysages où le soleil semble rayonner un peu plus fort, et d'autres où la nuit règne depuis trop longtemps. J'ai vu où l'espoir nait, et j'ai vu où il s’éteint.

Il prenait quelques secondes pour que le jeune homme essaye de comprendre. Il était toujours trop mystérieux, pas assez clair, mais c'était ainsi. Il lui apportait une vérité, qu'il était libre de prendre ou non. De toute façon, il trouverait un jour lui même les réponses. Du moins, on pouvait l'espérer. Scythès se plaisait à lui expliquer sa vision des choses.

- Je connais ta destination, voyageur. J'ai vu les plaines où s’arrête le voyage, et tes pas t'y mèneront, comme nous tous. Nous n'avons pas à décider du jour, cela importe peu. L'important, c'est ce que tu laissera derrière toi, et comment tu aura influé sur ce destin qui nous attend tous. Ce n'est pas en sauvant leur vie que tu les sauvera...

Toujours flou, comme il se plaisait à l'être. Aedan ne savait rien de l'au-delà, du sort qui nous attend tous. Il ne savait pas que c'est l'autre monde lui même qu'il fallait vaincre pour que nous soyons sauvés. Toutes les vies pour cette objectif n'était rien, et il donnerait la sienne sans réfléchir une seule seconde pour que toute cette souffrance puisse enfin s’arrêter. Le peu de force qu'il avait, en comparaison des Dieux, tout le cosmos qu'on leur avait offert, c'était pour ce but. Pas pour le gaspiller afin de retarder un sursis à un homme qui connaitra la fin. Ce jeune homme pouvait influer sur le destin, il faisait partie des gens à qui on avait offert "des armes".

- Ton coeur est bon, et le soleil que je vois dans tes yeux en réchauffera d'autres. Mais ton voyage ne fais que commencer. Ne gaspille pas ton temps pour des causes perdues.

Repensant à ce qu'il lui avait dit, qu'il "n'avait pas la prétention de tous les sauver", il se mit à se dire que c'est justement ce qui devait l'animer. C'était là, la seule et véritable façon de se battre pour la vie et pour la paix, pour que tout le cycle s'arrête. Scythès lui laissa donc le temps de répondre, et de voir ce que ce jeune homme qui lui paraissait finalement sympathique pouvait en dire.
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Message Re: Un cycle sans fin [549 PV Scythès]    Mer 21 Oct - 20:44
« C'est une tenue plutôt voyante pour un voyageur. » Mes lèvres s'ourlent d'un sourire amusé alors que mon regard se perd un instant sur l'armure dorée. J'ai l'impression que ce n'est pas très confortable comme tenue pour parcourir les chemins, mais après tout, pourquoi pas ? Je me souviens un peu de ce qu'elle représente mais je n'en dis pas plus. Pas pour l'instant puisque l'homme continu. Cette conversation n'est pas terminée, et j'écoute, attentif, ce qu'il souhaite me faire partager. Ses mots ne sont pas froids, ils sont inspirés, révèle un homme jusque là simple inconnu. Il demeure plutôt sibyllin, mais ces tournures de phrases ne me sont pas étrangères et ne font que renforcer mon sourire. Un sourire amusé, presque nostalgique. Et j'écoute, écoute ces mots qui se font presque désabusé. Il a vu, dit-il, le monde dans lequel nous finirons tous, à côtoyé l'espoir, ainsi que son pendant. Mon regard vient se perdre sur la rivière qui me fait face, détaillant les remous. Mes doigts viennent glisser sur le pelage immaculé de Setanta qui s'est allongé à mes côtés, son museau calé sur ma cuisse - observant d'un œil entrouvert le guerrier doré. Je laisse mes pensées s'échapper par ma bouche. « Alors la vie est une cause perdue pour vous ? » N'est-ce pas ce qu'il sous entendait dans ses propos ? Mon regard se détourne sur la gueule de l'animal qui profite de mes caresses, si j'avais observé ce principe, si je m'étais détourné, Setanta serait mort et j'aurai perdu un compagnon fidèle, ne l'aurait même jamais connu. Mon voyage aurait été bien triste privé de sa compagnie.

« Je trouve que c'est une pensée bien pessimiste. » Peut-être est ce une réalité, pour autant je ne vois pas la vie ainsi personnellement. Mes iris ambrées viennent se poser sur la silhouette du guerrier assit avant que celles ci se détournent de nouveau sur mon compagnon canin. « Vous voyez, Setanta était mourant quand je l'ai trouvé. Ce n'était qu'un chiot qui avait été abandonné au beau milieu d'une route pour je ne sais quelle raison. Nos chemins se sont croisés et j'ai voulu l'aider. Je l'ai soigné sans savoir si je parviendrai à le sauver, mais j'ai cru en lui et je crois bien qu'il a cru en moi aussi. Il s'est accroché, et maintenant, il est auprès de moi depuis plus d'un an. » Mon sourire se fait plus franc alors que sa tête se redresse vers moi à l'entente de son nom. Dans mes yeux brille une chaleur que l'on retrouve dans ses prunelles. De l'affection, tout simplement. « Il m'apporte de la chaleur lorsque le froid sévi, me prévient des dangers et m'accompagne chaque jour durant... Je ne trouve pas qu'il soit une cause perdue, tout comme je ne pense pas avoir perdu mon temps. » Ce n'est que la conclusion de cette petite histoire, qui en fin de compte, n'a pas grand chose d'extravagant, mais a bien le mérite de servir mes propos. Et puis, même si ce n'est qu'un animal, pour moi, la différence n'existe pas. Une vie est une vie, même si l'échange est toujours là, il n'en demeure pas moins un compagnon précieux.

« Je voyage pour apprendre et vogue au gré du vent, vais là où mes pas me portent. Je cherche ma voie, tout comme vous semblez l'avoir fait. Pour ma part, ça me plait d'apporter un peu de chaleur à ceux qui me croisent, un rien de lumière dans un monde qui se fait plus sombre. »
Je peux paraitre puéril avec ces idées pour le moins naïves, bien différentes semble t-il des raisons qui animent ce guerrier en armure qui parait si sûr de lui. Je ne lui jette pas la moindre pierre, si il a décidé de vivre ainsi sa vie, qu'il en soit ainsi, et puis au final, il est vrai que je ne sais pas grand chose encore. Je n'ai pas son expérience, pas plus que je n'ai celle de mon père par ailleurs. Mais n'est ce pas la raison pour laquelle ce dernier m'a poussé à réaliser ce voyage ? Des fois, je me demande ce qu'il a bien pu voir avant de laisser la question mourir au creux de mes pensées. A quoi bon ? Il est inutile de savoir, cela viendra bien assez tôt. Ma main libre vient glisser sur ma nuque, peut-être un peu gêné par cette réponse qui pourtant vient de mon cœur. « Ce n'est pas grand chose, mais c'est ainsi que je vis. »

Que puis-je dire d'autre à ce sujet ? Rien sans doute, aussi, je préfère me taire, laisser le vent et la rivière se faire mélodie et habiller le silence. Il me reste encore beaucoup à apprendre pour atteindre mon objectif. Un objectif plutôt lointain, pour ne pas dire inaccessible mais qu'importe, pourtant, je sais là que ce n'est pas moi voie. Je le sais bien. Détaillant Scythès, je me permets de poser une question. « Et finalement, qu'avez-vous trouvé au bout de ce chemin ? » Mes prunelles se font curieuses alors que mon attention se focalise sur cet homme, ce voyageur.


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Message Re: Un cycle sans fin [549 PV Scythès]    Jeu 22 Oct - 0:19
L'ambiance qu'avaient apporté les deux hommes était calme et sereine. Malgré qu'autour d'eux la fumée continuait de se dissiper lentement, que l'odeur de mort se faisait toujours très présente, ils se parlaient avec une certaine bienveillance, contrastant étrangement avec le reste du paysage. Quand bien même certains chevaliers pouvaient être plus agressif que la norme, se sentant parfois supérieur au commun des humains, Scythès n'était pas de ceux la. Son discours pouvait paraitre triste, pessimiste, et désintéressé des autres. L'image était vite donnée, il aurait laissé mourir l'homme que le jeune voyageur avait sauvé. Pourtant, il savait qu'il n'avait en rien plus de valeur qu'un autre. Il respectait la vie, comme une autre face d'une même pièce qu'elle partagerait avec la mort. Parfois, l'un était préférable à l'autre. Il était rarement utile d’interférer dans le lancer.

Le Cancer n'avait pas relever la remarque pertinente de Aedan sur sa tenue, se contentant de sourire, une façon de lui répondre qu'en effet, on ne pouvait le réduire au terme de "voyageur". Mais il se plaisait à être cité comme tel, au moins en l'honneur de son ancienne vie passée à vagabonder. Il comprit vite que la suite de son discours ne ferait pas ouvrir les yeux au jeune homme, et il s'y attendait à vrai dire. Le voyage était long, parsemés de découvertes, de rencontres, de discussions. On pourrait parler à un homme pendant dix ans de ce qui se cache derrière la fenêtre de chez lui, pourtant un jour il lui faudrait regarder par lui même s'il veut s'en rendre compte. Cette discussion n'était qu'une étape de sa vie, qui serait vraisemblablement encore longue. Il était en réalité bon qu'il ne le croit pas sur paroles, où ne prennent pas ses phrases comme la lumière qui devait éclairer ses pensées. La voie était longue, et il ferait encore ses propres erreurs, comme lui même l'avait fait avant lui, et l'avait chèrement payé.

Alors qu'il regardait son chien, un lien sincère et louable semblant exister entre eux, il le laissa à son tour conter une histoire, celle de sa rencontre avec celui-ci. Le sourire sur le visage de Scythès se faisait bien plus présent que durant les premiers instants de leur rencontre. Oui, plus il l'écoutait, plus il avait de la sympathie pour lui. Ses paroles n'allaient pas dans le même sens que les siennes, c'était un fait, et c'était normal. Il ne trouvait en aucun cas ridicule un tel attachement à un animal, qu'il considérait lui aussi comme aussi important que n'importe qui. Chacun avait sa place dans le cycle, et si un petit animal comme celui-ci avait pu lui redonner l'espoir et la force d’avancer, l'avoir sauvé n'était évidemment pas une mauvaise chose. Il le comprenait bien, ne pouvait nier. Ce n'était pas ce qu'il avait voulu dire, et son sourire persistant sur son visage ne pouvait que montrer son accord. Loin était le temps où il voyait le monde exactement comme lui, pourtant il le comprenait parfaitement. Le Cancer regrettait certains gestes, d'autres en aucun cas, tout ça faisait encore et toujours partie du chemin. Setanta faisait partie de ces rencontres qui forgent une vie, et il avait valu la peine d'être sauvé, sa vie n'avait apporté que du bon au monde. C'est un aspect de la vie qu'il n'avait jamais cessé de servir, lui aussi. Et cela se voyait dans le soin qu'il prenait à ne pas ôter la vie inutilement, ne serait-ce à la moindre fleur ou insecte. Il prenait soin à garder le cycle entier, à ne pas interférer, tout en sachant que du bon pouvait parfois être préservé.

Il laissa donc Aedan conclure son histoire, regardant avec un œil amical l'entente entre les deux. La solitude était un ennemi redoutable, et bien souvent elle aurait pu gagner s'il n'avait pas eu ces âmes auprès de lui. Une infime compagnie, mais une compagnie tout de même. La suite des paroles du jeune homme se voulurent dans la lignée de ce qu'il avait pensé plus tôt. Il avait le bon état d'esprit, l'envie de bien faire et d'apprendre. Le temps ferait le reste. Alors que le jeune voyageur lui posait sa dernière question, sur ce qui se trouvait au bout "du chemin" dont il parlait plus tôt, Scythès sortit d'une sacoche qui lui servait pour le voyage un peu de viande séché. Il n'avait pas grand chose de plus, à vrai dire, et s'était arrêté ici pour trouver de l'eau. Il en sortit quelques tranches, et les tendit en direction du chien, qui était finalement plutôt grand pour quelqu'un d'assis. S'attachant à camoufler l'odeur de mort qui lui était caractéristique, au moins un minimum, il attendit que le chien réponde à l'appel de la nourriture. Peu y résistaient, et il n'y était visiblement pas insensible non plus, car la crainte qu'il avait de lui sembla devenir plus floue en voyant la viande qu'il lui offrait. Il s'approcha bien vite du hun, qui le laissa donc la manger en le caressant amicalement. Il n'était pas aussi insensible que ce que ses paroles laissaient penser. Tout en continuant de le caresser, bien que le chien soit toujours un peu méfiant, il se mit à répondre à Aedan.


- Ce qui se trouve au bout du chemin n'est pas ce qui compte, tu le verra par toi même bien assez tôt. Ce qui compte vraiment, c'est tout ce que tu trouvera sur la route. Tout ce qui fera l'homme que tu aura été quand enfin, tes pas te mèneront à son terme. Tu as soif d'apprendre, et tu apprendras. Tu te forgera tes propres vérités, et peut-être un jour tu pensera à notre rencontre. Peut-être, et je te le souhaite, que ton voyage ressemblera au mien. Car aussi douloureux qu'il a pu être, j'ai vu, et j'ai appris.

Il devait "trouver sa voie", comme Aedan l'avait dit lui même. Toujours, ses paroles se voulaient presque des conseils. Il prenait de plus en plus un rôle semblable à un ancien de son khanat, ce qui le faisait sourire. Il devait être au moins aussi peu compréhensible qu'eux. Il ne cherchait aucunement à se vanter où à lui faire comprendre qu'il avait raison plus que lui. Il avait vu où leurs pas les mèneraient tous, mais son voyage n'était pas terminé non plus. Il devait encore apprendre, et il apprendrait, tout comme lui. Cela devait rester un simple échange de connaissance, entre un homme un peu plus avancé sur la route et un autre ayant marché un peu moins. S'il lui souhaitait une vie semblable à la sienne, aussi dur elle avait été, c'est parce qu'on avait finit par lui ouvrir les yeux sur quelque chose de plus grand que tout ce pourquoi il s'était battu jusqu'ici. La découverte d'Athéna et de la paix qu'elle pouvait offrir au monde si on se battait pour elle. Mais une fois de plus, c'est un sujet qu'il désira écarter, n'allant jamais trop loin dans ses pensées. Il reprit alors la parole, le regard vers Setanta.

- Oui, toute vie est précieuse. Du plus petit être au plus imposant. Certaines vies valent la peine d'être sauvés, et celle de Setanta était de celles-ci. L'avenir te dira si sauver ces hommes, aujourd'hui, aura été où non une bonne décision. Tu as apporté la lumière dans leurs yeux, mais elle est éphémère. Le mal se trouve dans le cœur des hommes, et ils le font souvent au nom du bien. Un jour, tu apprendra que la lumière se sera éteinte, et qu'à leur tour il viendront écraser la vie plus insignifiante que la leur.

Ce qui n'était donc pas le cas pour son compagnon. La bonté se lisait dans les yeux du chien. L'équilibre n'était en rien rompu en lui sauvant la vie. Parfois, les hommes faisaient plus de souffrance que nécessaire, il n'était pas mauvais de rééquilibrer la balance. Tout était une question d'équilibre. Toutes les décisions qu'il prendrait n'étaient que les pavés formant sa route, les bonnes comme les mauvaises.

- Il fut un temps où moi aussi, je marchais en quête de lumière. Si je ne la trouvais pas, je voulais l'offrir aux autres. Mes choix m'ont amenés ici aujourd'hui, et crois moi quand je te dis que certains furent lourds à porter. Des erreurs, tu en as faite, et tu en fera encore, tout comme moi. Je te souhaite de trouver ta voie, celle qui t'animera. C'est ce qui t'aidera à les supporter.

Il parlait presque de lui, finalement. Cette rencontre lui permettait, à lui aussi, d'apprendre et de se confirmer des choses. Il en appréciait les moments qu'on lui offrait, et de voir un jeune homme que la vie n'avait pas encore autant amoché que lui. Il se plu à se demander à quel homme il aurait eu affaire, avec dix années de plus. Qui sait, peut-être aurait t'il encore l'occasion de discuter, un jour. Le Cancer espérait lui même voir de nombreuse fois encore le soleil se lever. Toujours est-il que son "insouciance" et sa jeunesse lui redonnait le sourire, et il savait qu'au fond, c'étaient de gens comme lui dont le monde a besoin. Changer l'homme, c'est de ça qu'il s'agissait également, et c'était une épreuve que Scythès n'était pas prêt à affronter. Ce n'était pas son combat, et il était bon que d'autres soient la pour insuffler la vie et la joie dans le cœur des autres. Bien qu'il le disait inutile, ce combat était tout aussi honorable que le sien.

- Où es-tu né, Aedan ? Raconte moi comment tes pas t'ont mené jusqu'en Grèce.

Un sourire amical sur le visage, il se demandait d'où pouvait provenir ce jeune homme aux cheveux de feu. Pas de ce pays, en tout cas. Ou bien ses parents venaient d'ailleurs. Toujours est-il qu'il était curieux d'en apprendre un peu plus sur lui. Si on voulait comprendre quelqu'un, il fallait l'écouter, et une histoire en disait souvent long sur quelqu'un. C'est donc le regard lumineux porté sur lui qu'il attendait sa réponse.
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Message Re: Un cycle sans fin [549 PV Scythès]    Jeu 22 Oct - 21:46
Bien attentif est le voyageur qui me fait face. Il écoute, silencieux, chaque mot que je profère sans un seul instant m'arrêter, comme j'ai bien pu le faire avant lui. Visiblement, nous sommes tous deux aussi intrigué l'un par l'autre, et si je ne connais pas sa raison, je n'ignore pas la mienne. C'est amusant. J'aime faire de nouvelles rencontres, partager au grès de mes marches un peu de savoir. Chez moi, dans mon pays, de par mes coutumes, je place plus de foi dans les paroles que dans les écrits. Rien à mon sens n'est plus fascinant que la voix d'un homme contant son histoire, ou ce qu'il a vu, ce qu'il a appris. Sans doute est-ce là une déformation de ce que mon propre père m'a apprit. Il me fait penser à lui dans sa manière de parler, bien que mon parent possède une langue encore bien plus mystérieuse. De sa sacoche Scythès récupère un peu de viande séchée qu'il laisse flairer à mon compagnon. Étrangement, il s'avère tout à coup bien moins farouche, se redresse après m'avoir observé un court instant, comme si il me demandait une tacite permission. Il n'en a cependant nul besoin pour me contourner, renifler plusieurs minutes encore ce qu'on lui apporte avant de finalement s'en emparer calmement. Mon sourire se fait plus amusé alors que mon coude vient se caler contre mon genoux et que mon menton rejoint ma main. Le chemin le plus court pour atteindre le cœur d'un homme est son estomac, ce n'était pas bien différent avec les animaux. « Vous avez trouvez son point faible. » Il n'y a pas de reproche dans ma voix, juste un doux amusement qui réchauffe plus encore l'ambre de mes iris. Finalement, la réponse à ma question vient, quand bien même est-elle tout aussi vague que le reste. Le chemin est plus important que son terme... Je le sais bien. C'est d'ailleurs pour cela que je suis là aujourd'hui. En réalité, je suis juste curieux de savoir ce que lui y a trouvé... Mais je suppose que c'est mieux ainsi. Chaque réponse est différente, tout comme le chemin que nous arpentons. C'est sans doute une bonne leçon. N'insistant pas, j'acquiesce simplement.

« La douleur nous prouve au moins que nous sommes en vie. »
Ma voix est juste un murmure, rien de plus qu'une phrase solitaire portée par le vent qui n'en fait pas disparaitre mon sourire pour autant. La vie est ainsi faite, de douleur et de bonheur, l'un n'allant pas sans l'autre. Aux paroles suivantes cependant, l'éclat vacille avant de reprendre sa place. « Alors c'est à eux de protéger cette lumière. Vous ne pensez pas ? » Mon regard vient se porter vers le ciel dans lequel paresse quelques nuages. D'ici, je peux encore sentir l'odeur des braises et du fer, si je ferme les yeux, les échos des combats peuvent encore me parvenir. J'y suis sensible. La terre elle même en est marquée, pourtant, elle reprend sa voie, chaque fois, elle retrouve son chemin. Il en va de même pour la vie. « Peut-on reprocher à l'oiseau de s'envoler lorsqu'il perçoit le danger ? Doit-on blâmer la nuit de couvrir la fuite de ses ennemis ? » Mon visage demeure tourné vers les cieux, ma voix a baissé de quelques octaves, se faisant presque lointaine. Je crois que sans le vouloir, je ressemble à mon père. « Pensez vous qu'ils sont responsables des morts qu'ils ont provoqué ou couvert ? » Mon regard cette fois vient le détailler. L'expression de mon visage est la même, un sourire doux accompagné d'un éclat chaud. Je pense qu'il comprendra là où je veux en venir, il manie lui même assez bien cette langue pour la comprendre sans nul doute. Ces paroles ne sont que des échos, rien de plus, aussi je les laisse s'échapper en reprenant le fil de la conversation. Pour moi, la réponse est évidente: chacun est responsable de lui-même. « Mais vous avez raison, je finirai bien par trouver ma propre réponse, ma propre voie. Elle sera sans doute différente de la votre. » Une impression. Intuition. Ou bien est-ce de savoir déjà que nos voies sont dissemblables ? Je suis le Merle.

Pour autant, je n'en demeure pas moins curieux. Des épreuves, j'en ai vécu, en vivraient encore, je n'en doute pas et ce, même si je n'ai pas les pouvoirs de mon père. Ma main vient se poser sur ma poitrine, là où le triskel offert par mon père demeure. Si il m'a donné cet objet, c'est qu'il a vu quelque chose qui le nécessitait. Mes prunelles viennent se poser sur le voyageur à mon côté alors que mon compagnon à quatre pattes revient se poser à mon côté, entre nous deux cette fois-ci. Quelle souffrance marque son esprit ? Quelle est son histoire ? Les mots du guerrier viennent me distraire, me soustraire à mes pensées. D'où je viens. Où j'ai été. Je ne peux m'empêcher de rire à demi, laissant ce dernier s'échapper de nouveau. « J'allais justement vous poser la même question. Si j'y réponds moi même, accepteriez vous de le faire en retour ? » Mon sourire s'affirme à cette question alors que je laisse planer le silence quelques instants. J'attends, réfléchissant à ce que je peux dire, ce que je dois délaisser. Mon ton se fait conteur. Ce n'est pas tous les jours que je conte ma propre histoire. « Je viens d'une ile isolée tout au nord d'ici, par delà la mer, dans le Royaume d'Eire. J'y ai appris auprès de mon Père, des savoirs ancestraux se faisant pratique oubliée, ainsi que l'utilisation de ce don que vous semblez bien connaitre. C'est pour compléter ma formation que je parcours le monde aujourd'hui, comme lui l'a fait par le passé, pour pouvoir trouver ma voie, ma place. C'est pour cette raison que je suis venu jusqu'ici, simplement guidé par le vent, me laissant porter par mes pas. Rien d'autre que cela, avec peut-être, un peu de curiosité. » Je m'arrête un instant, ma voix se taisant finalement. Le merle babille mais demeure muet. Il n'a pas à savoir. « Rien n'est le fruit du hasard. » Une réalité. Tout comme cette rencontre, et les prochaines. Une volonté divine, celle de la roue du destin.

Enfin, je pense avoir dit le principal. « C'est à vous maintenant. D'où venez vous ? » Un juste retour des choses. La curiosité est toujours présente.


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Message Re: Un cycle sans fin [549 PV Scythès]    Ven 23 Oct - 4:36
Plus Scythès écoutait les réponses du jeune homme, plus il en appréciait son discours. Il était rare de trouver quelqu'un qui, comme lui, appréciait de s'assoir un moment, converser simplement, juste profiter d'une rencontre et du savoir qu'elle pouvait nous apporter. Le monde bougeait, était en constante évolution, et il fallait prendre le temps de l'observer, de prendre du recul sur les choses pour ne pas se laisser emporter dans sa danse. C'est ce qu'il faisait le plus souvent, et c'est ce qu'ils prenaient le temps de faire tout deux en cet instant. Leur vision du monde était différente, du moins sur de nombreux points, mais ils se rejoignaient sur d'autres. Les réponses du jeune homme étaient toujours pertinentes, bien qu'il parlait avec moins d'assurance que le hun, probablement à cause de sa jeunesse. Pourtant, la vérité transpirait au travers de ses paroles. Ce qui pouvait passer pour un manque d'expérience semblait devenir de plus en plus simplement une autre façon de voir les choses. Sa vision du monde était vrai pour lui, et le nomade ne se serait pas permis de la changer, il n'était encore une fois pas la pour ça. Chacun était libre de trouver ses propres réponses, et ils le savaient tout deux. Deux histoires différentes, deux chemins différents, rien de plus.

Les réponses de Aedan faisaient souvent sourire Scythès, un sourire sincère et bienveillant. Il avait une certaine poésie dans sa manière de s'exprimer, et tout comme lui, avait un parler un peu plus distingué que la moyenne. Il aimait utiliser les mots d'une belle manière, une façon de faire résonner l'instant, d'attirer l'écoute. Et ses paroles n'étaient pas dénués de sens, bien au contraire. Il comprenait bien ce qu'il disait, c'était en lien avec ce dont il parlait plus tôt, en somme la nature de l'homme elle même. Il était d'accord sur le fait que l'on ne pouvait les en blâmer, les choses étaient ainsi faite. Le bon comme le mauvais vit dans leur cœur, Scythès n'avait fait qu'évoquer un fait, et les paroles d'Aedan venait le confirmer. Ce n'était pas leur faute, mais c'était pourtant une fatalité à laquelle on ne pouvait échapper. Sachant cela, il n'y avait plus que des choix à faire. Sauver la vie, conscient de ce que cela pouvait provoquer, ou laisser la mort prendre son tribu, comme le voulait l'ordre des choses. C'est principalement en ce point que les avis des deux hommes semblaient diverger. Aedan voulait croire en la lumière qui sommeillait en chaque homme, alors que Scythès faisait tout son possible pour ne pas oublier les ténèbres tout aussi présentes. Il ne voulait plus trancher, sa voie lui avait appris qu'il n'était pas bon de le faire. La mort prenait son dû, quoi qu'il arrive.

S'il fallait donner une réponse au questionnement du jeune homme, si ils les pensaient responsables des morts qu'ils avaient provoqués, il aurait évidemment répondu non. On ne pouvait blâmer la nature des choses, seulement constater et la déplorer quand elle montrait ses plus terrifiants aspects. Scythès ne se voulait pas un discours d'intolérance, d'incitation à la colère contre le genre humain, où de les réduire à leur plus bas instincts. Il respectait chaque vie, et c'est bien pour ça qu'il ne voulait pas interférer, quitte à devoir en laisser certaines s’éteindre.

Aedan termina par une affirmation, qui retranscrivait bien une vision des deux hommes qui leur était commune, celle d'un voyage et d'un apprentissage. Oui, il était possible que sa voie soit bien différente de la sienne. Il existait bien des façons de servir, de trouver sa place dans le monde et dans le cycle. Il lui souhaitait vraiment de la trouver, c'était en réalité ce qu'on pouvait souhaiter de mieux à quelqu'un. Peu importait la souffrance, comme Aedan l'avait dit lui même, "la douleur nous prouve au moins que nous somme en vie". Il fallait apprendre à vivre avec.

La réponse du jeune homme à la demande de Scythès de conter son histoire l'amusa un peu, demandant s'il aurait droit à la pareil. Il est vrai que le nomade n'était pas clair dans ses réponses, et ne répondait pas toujours à ce que le jeune homme demandait, volontairement. Qu'aurait-il pu lui dire, quand il lui avait demandé ce qu'il avait trouvé au bout du chemin ? Il avait vu l'autre monde, il avait vu l'infinité des âmes se dirigeant vers la souffrance éternelle qui nous attendait tous. Mais il avait aussi vu la lumière d'Athéna, et avait compris que le salut et la fin de cette souffrance passait par elle. Il ne pouvait lui dire, il ne voulait pas ajouter ces pavés là à son chemin. Il était là encore question de "propre vérité", et il avait du le comprendre quand Scythès avait répondu à côté de sa question. Pourtant, si Aedan acceptait de lui conter sa vie et ses origines, c'était une chose que le nomade était disposé à rendre. Il répondit donc d'un simple hochement de tête, signe qu'il ferait de même, avant de le laisser poursuivre.

Il lui parla d'une ile, nommée le Royaume d'Eire, situé au nord d'ici. Scythès ne connaissait pas cette contrée, ses pas ne l'ayant jamais mené si loin, le monde était vaste. Il faisait vraisemblablement parti, tout comme lui, de ces peuples que l'on qualifie de "barbare" dans l'Empire. Un étranger, bien loin de chez lui, ce qui soulignait en tout cas son courage. Il était étonnant de voir jusqu'où l'on pouvait marcher, si on ne regarde pas où nos pas nous mènent. Il lui parla également du don qu'il détenait, et avait appris à l'utiliser auprès de son père, ce qui l'intrigua quelque peu. Peu nombreux étaient les utilisateurs du cosmos, et il était rare qu'il ne serve qu'eux même. Malgré tout, il était possible que comme son fils, il avait vécu avec, s'en servant pour faire le bien comme il le pouvait. Peut-être le faisait-il toujours, pour ce qu'il en savait. Toujours est-il qu'il était loin, et Aedan en plein apprentissage. Un apprentissage encore et toujours assumé, au vu de ses paroles, ce que Scythès appréciait. "Rien n'est le fruit du hasard", c'est une conclusion sur laquelle il s'accordait volontiers, il était du même avis.

Avant qu'il ne réponde, le moment de lui rendre la pareil arriva, et c'est donc avec sa même voix calme habituel qu'il entreprit de lui raconter d'où il venait. Du moins, il le ferait, mais il avait comme souvent d'autres choses à dire avant.


- Vois-tu, Aedan, je me targue d'être un grand voyageur, d'avoir vu nombre de choses que mes semblables ignorent. Pourtant, mes pas ne m'ont pas fais découvrir le monde autant que je le voudrais. Le monde est tellement vaste, qu'un seul homme ne parviendrait à le décrire dans tout ses aspects, avec les mots qu'il mérite. Comme je te l'ai dis, j'ai appris, et j'apprends toujours. En effet, rien n'est le fruit du hasard, et je suis heureux d'apprendre de toi, tout comme je l'espère tu aura appris de moi.

Il souriait toujours, conscient qu'il n'avait pas répondu à la question du jeune homme. Il louait la transmission du savoir, comme son peuple, et il semblait qu'Aedan soit lui aussi issu de ces cultures où cela avait de l'importance. Il reprit donc le fil de sa pensée.

- J'ignore où se trouve le Royaume d'Eire, tout comme j'ignore tout des hommes qui peuplent ces contrées. Tu conviendras qu'on ne peut se faire une image de quelqu'un en voyant celle d'un autre, je devine donc que les tiens ne sont pas tous comme toi.

Il ne parlait pas que du physique. Bien qu'atypique ici, il était peut être très courant là-bas, et cela n'avait pas d'importance. Il voyait devant lui un jeune homme tolérant, bienveillant, et courageux. Tout les hommes n'étaient pas ainsi, et il savait qu'il ne se trompait pas en soulignant cette évidence. Il ne tenait pas à parler des défauts d'un peuple ou d'un autre, ce n'était pas le sujet, il continua donc.

- Lorsque j'étais jeune, j'ai eu la chance de recevoir les enseignements d'un père qui pensait que le savoir était une arme. Il me disait que pour connaitre l'avenir, il fallait connaitre le passé. Il éveilla bien vite une soif en moi, j'ai donc bu ses paroles, jusqu'à ce que je puisse apprendre à me nourrir moi même. L'histoire des gens qui ont foulé cette terre avant nous est pleine d'enseignement, et c'est dans celle-ci que j'ai pu apercevoir certains aspects de l'homme. Les hommes, de tous les peuples, de toutes les cultures, tous ont eu des choses à prouver, des choses à regretter.

Il devait être toujours aussi flou, mais il raccorda enfin avec son histoire.

- Je fais partie de ces peuples qui ont bien trop souvent voué leur vie à ôter celles d'autrui. Mes ancêtres, depuis les premiers pâturages jusqu'aux conquêtes d'Attila, ont fais couler le sang dans ces contrées où nous nous trouvons. Comme d'autres, nous avons été aveuglés, croyant que tout ce qui se trouvait sous le Ciel nous appartenait. Il peut parfois être dur d'ouvrir les yeux, quand nous pensons avoir fais ce qui semblait être juste toute notre vie.

De nouveau, il laissa passer quelques secondes. Il avait plus ou moins répondu sur ses origines, à supposer que son peuple ait entendu parler d'Attila et des huns, ce qu'il ignorait. Comme il l'avait dit, ce peuple avait bien trop souvent la réputation d'être des pilleurs, volant aux autres ce qu'ils n'avaient pas dans leurs steppes. Une réputation qui était malheureusement mérité, à vrai dire. Il n'avait rien d'un prince ou d'un noble, il n'était rien de plus qu'un éleveur de chèvre, guerrier et monteur de chevaux, comme son père et son père avant lui.

- Que nous le voulions ou non, les enseignements du passé nous donne un poids en plus à porter. Un poids que je suis heureux d'assumer, pour ne pas oublier comme il est facile de laisser la part d'ombre prendre le dessus sur nous. C'est dans notre nature, et c'est une lutte de toute une vie. Alors non, mon jeune ami, je ne peux blâmer l'oiseau de s'envoler, la nuit de voiler le jour, où l'homme qui prend la vie d'un autre.

Il lui souriait plus franchement encore, reprenant volontairement les paroles qu'Aedan avait énoncé plus tôt. Il avait raccordé son histoire avec le début de leur conversation, bien qu'il laissait toujours des parts d'ombre sur sa vie. L'homme faisait le mal pour ce qu'il pensait bon, juste, et on ne pouvait changer ça. La mort n'était pas le véritable ennemi, elle faisait partie de ce tout contre lequel on ne pouvait lutter. En tout cas, il ne les blâmait pas, tout comme il ne blâmait pas Aedan d'avoir voulu sauver ces gens.

- Tous nous jouons le rôle que l'on croit être le notre, tous nous trouverons notre place dans le cycle.

Du plus petit brin d'herbe au plus grand des arbres, du plus faible des êtres au plus puissant, dans la vie comme dans la mort, tous y avaient une place. Il ne voulait pas se tromper d'ennemi, ne voulait pas dépasser son rôle. Même si il voyait les choses différemment, il se doutait qu'Aedan comprenait. En tout cas, il avait répondu à sa question, et en avait dit assez sur lui pour qu'il sache d'où il venait et qu'il sache qu'il comprenait lui aussi sa vision des choses.
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Message Re: Un cycle sans fin [549 PV Scythès]    Sam 24 Oct - 16:25
Son histoire n'est pas la première chose qu'il conte, pour autant, ses paroles n'en demeurent pas moins intéressante à entendre, à comprendre surtout. Guère avare en mot, bien que ces derniers soient parfois sibyllins, je ne peux qu'en apprécier le ton, tout autant que le fond. Converser ainsi avec un homme possédant plus d'expérience, et surtout, une voie qui s'avère différente de la mienne. « Vous n'avez pas encore fini de voyager. » J'offre à mon interlocuteur un sourire compréhensif. Je n'en reste pas moins d'accord avec lui, loin s'en faut, bien plus encore lorsqu'il affirme apprendre de moi, ce qui est tout aussi vrai pour moi. Chaque rencontre, chaque instant est un apprentissage supplémentaire, une nouvelle leçon. Mon sourire se fait plus amusé à la suite des paroles qui suivirent. En effet, on ne pouvait réduire tout un peuple à une seule rencontre, surtout pas en ce qui me concerne. « En effet. Je connais moi même plus son histoire que ceux la peuplant aujourd'hui. » Mes contacts avec ma propre patrie furent bien sporadique avec les années. La majorité de mon temps, je le passais auprès de mon père, sur cette petite île oubliée, au large du royaume. A l'abri, protégé de ceux souhaitant faire oublier les anciennes traditions. Au final, je peux parler de l'histoire ancienne, des contes des héros et des légendes divines mais je n'avais jamais parcouru ma terre natale comme je le fais ici aujourd'hui. Lorsque viendra le jour de mon retour, je le ferai. Probablement. Mais d'ici là, j'avais encore de nombreuses choses à apprendre.

Et enfin, il conte sa propre histoire. Ses mots sont bien plus clairs, quoi que toujours dictés d'une belle manière. Mes lippes ne s'ourlent que plus dès lors qu'il me parle de son père. Un homme de connaissance, qui semblait suffisamment sage pour éveiller l'intérêt, attiser l'envie de savoir. La ressemblance est amusante, c'est ainsi aussi que j'aurai pu décrire mon père, me décrire moi aussi. Ainsi et autrement, avec plus de mot qui pourtant, n'aurait su lui rendre justice. Un peuple guerrier. Voilà son héritage, et à mesure que les paroles s'échappent, sa vision du monde se dévoile peu à peu, y trouve une logique, une raison. Subtile mais néanmoins présente. L'homme qui avait voué sa vie à prendre ce qui lui était dû avait fini par comprendre que rien ne lui appartenait. Une rude leçon qui dû se faire dans le sang et les larmes. Dans la douleur, comme il l'avait lui même signifié quelques paroles plus tôt. Il avait été au bout du chemin, c'était ce qu'il avait dit, peut-être avait-il même vu les confins. Je comprends les mots, la douleur, elle, sera à jamais la sienne. Les histoires du passée ne sont pas faites pour s'apitoyer sur ce qui est révolu, mais simplement pour se faire leçon de vie. Les erreurs commises resteront des erreurs, quoi qu'il advienne. Cet homme est fort. Non pas de par une quelconque puissance qui lui a permis de survivre jusqu'ici mais simplement pour tout ce qui en a résulté. Je ne sais exactement quelles épreuves il a traversé, mais ces quelques mots effleurant à peine son histoire me permette de le constater. Dans son regard, son attitude et aujourd'hui, ce recul qu'il semble avoir sur tout ce qui est passé... Tout cela me le fait penser. Il a vécu. Il a vu. Et il a appris. A travers les erreurs, la douleur, la souffrance... Le passé également. C'est tout cela qui le compose. Qui compose chacun d'entre nous. Mon sourire en réponse de sa reprise de mes propres paroles se fit plus franc, tout aussi amusé bien que dans mes prunelles vient briller un éclat surpris. Au moins a t-il compris là où je voulais en venir... Non pas que j'en doutais réellement.

« Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, de bon ou de mauvais choix... Il y a juste ceux avec lesquels nous pouvons vivre. » C'est en suivant ce principe que chacun avance, en tout cas, c'est mon cas. Mes doigts viennent s'attarder dans le poil de l'animal qui demeure à nos côtés, bien loin de nos paroles. « C'est amusant, la manière dont vous parlez de votre père me rappelle le mien. Il m'a également enseigné nombre de récit ancien sur mon peuple, nos dieux, et d'autres encore. Nous sommes des garants de ce savoir, et d'autre tout aussi ancien. » Mon sourire se fait doux alors que mon regard demeure accroché à la silhouette immaculé de Setanta. C'est là le devoir des druides. Mon devoir en tant qu'héritier. Mes prunelles se détournent sur le guerrier en armure alors que je reprends. Une petite phrase seulement. « La parole est sacrée. Pour nous en tout cas, elle l'est. » J'y place beaucoup de foi. C'est ainsi que tout se transmet entre nous. Il n'y a aucun ouvrage permettant d'apprendre ce que mon père a mis des années à m'enseigner, pas plus qu'il n'y a d'écrit pour apprendre à vivre. « Je comprends ce que vous voulez dire. Je suis fier de l'héritage qui m'a été transmis, pourtant, j'en ressens aussi le poids. C'est une fierté mais également une responsabilité à assumer. » Je ne considère pas cela comme une charge trop lourde à porter, mais je ne l'oublie pas pour autant, ne la néglige pas, tout comme cela semble être le cas pour le guerrier face à moi. Le poids du passé tout autant que celui du savoir possédé et transmis dont on devient héritier.

Ce n'est pas tout à fait la même chose, mais le poids des âges demeurent lourd à porter. Le poids de toute une tradition. Je laisse le silence s'étirer alors que je viens rechercher dans mon sac un fruit que je lance à l'intention du guerrier. Je ne doute pas qu'il saura la rattraper. Une petite pomme à la peau rougeoyante striée de vert. « Pour vous remercier. Chez moi, elle est connaissance, je trouve que c'est plutôt bien adapté. » L'amusement demeure, qu'il soit dans mes prunelles ou dans mon expression toute entière. « Où comptez vous aller ? Je suppose que ce village n'était pas votre destination finale. » Bien que je n'en ai véritablement aucune preuve. Curieux, je le suis toujours, probablement un peu trop, on me l'a souvent signifier, mais je n'oblige personne à me répondre.


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Message Re: Un cycle sans fin [549 PV Scythès]    Sam 24 Oct - 23:13
Rien n'était venu briser le calme et la confiance mutuelle qu'avaient instauré les deux hommes. Là où, jusqu'à leur arrivée, on n'entendait que des pleurs et des désirs sourds de vengeance, ils avaient montré que l'on pouvait tendre l'oreille, prendre le temps de se comprendre. C'est toujours avec un profond respect que les deux voyageurs s'écoutaient, et ils s'étaient visiblement bien trouvé. Rare étaient les personnes capables de se détacher du temps présent et des horreurs bien présentes pour prendre du recul. Bientôt les deux hommes se quitteraient, remercié d'avoir pris le temps par la richesse d'un enseignement. Le contexte n'avait aucune importance, aujourd'hui on voyait la mort, quand demain on y verrait la vie. Il appréciait vraiment que ce jeune homme ait pris le temps de s'assoir pour l'écouter, avec le même respect que lui même aurait adressé à un ancien de son khanat. Aedan ne portait pas de jugement, son sourire était sincère et tolérant, et il semblait réellement en quête d'apprentissage, comme ses paroles le disaient. Une étincelle de curiosité brillait bien souvent dans ses yeux, comme elle avait pu briller dans ceux du Cancer plus jeune alors qu'il écoutait son père lui raconter le monde et ce qui se cachait loin de leur yourte et des steppes. Quand il avait vu que rien n'était plus beau ailleurs, l'étincelle avait finit par s’éteindre, bien qu'il en restait toujours quelques vestiges avec le désir de savoir. En le regardant, il se mit à penser que Aedan était dans les plus belles années de sa vie. La soif d'apprendre était la plus belle de toutes les soifs qu'aimaient se donner les hommes. Peut-être lui n'embrasserait pas la guerre comme Scythès avait pu le faire, peut-être ferait-il le choix de vivre autrement, avec une arme que tout les deux pensaient plus belle. Car quand bien même il était assoiffé de savoir, et avait appris à voir les choses par les mêmes yeux que son père, il n'en restait pas moins un guerrier. Avec tout les regrets que cela avait pu engendrer durant sa vie, qu'ils soient oubliés ou non, il avait choisi de faire couler le sang pour changer le monde. C'était un mal nécessaire, qu'il n'avait pas omis dans ses paroles. C'était la voie que leur avait montré Athéna, la seule pour combattre leurs véritables ennemis. Mais peut-être qu'un jour, les mots et le savoir parviendraient à faire ce que les armes ont tentés de réaliser. Ce n'était pas son chemin, mais peut-être que cela serait celui de ce jeune homme, ce qui ne serait pas un mal. Qui savait comment pourrait servir son pouvoir, un jour ? Comme il l'avait dit dans ses toutes premières paroles, ce n'est pas un pouvoir à prendre à la légère. Et bien des hommes s'en servaient pour la mauvaise cause, servant d'autres Dieux dont l'existence était vouée au mal. Il était préférable qu'il ne choisisse jamais, plutôt que de faire un mauvais choix.

Mettant de côté ses pensées trop sérieuses, se concentrant plutôt sur le bel avenir promu au jeune homme, il l'écouta avec la même attention qu'on lui avait donné quand à son tour il lui répondit. Ce qu'il disait sonnait juste, et c'était un état d'esprit qu'il fallait adopter pour pouvoir continuer à avancer. Que les choix soient bons ou mauvais, il fallait de toute façon vivre avec. La suite fit sourire Scythès, lui confirmant que lui et son peuple attachait la même importance que le sien à la transmission du savoir par la parole. Comme lui, il avait eu un père qui s'était attaché à lui enseigner ces valeurs, et c'est probablement grâce à ces deux hommes que leurs fils prenaient aujourd'hui le temps de s'écouter, aussi différents qu'ils pouvaient être. Son sourire s'agrandit quand il entendit parler des récits sur leurs Dieux et surement ce qui s'apparentait à leur mythes chez eux. Il était du même avis, c'était un savoir à ne pas oublier, quand bien même il avait lui même appris que Tengri ou le Ciel Éternel qu'il vénérait autrefois n'était que des histoires, un prétexte inventé par les hommes pour parvenir à leur fin. Mais pourtant, chaque religion avait son lot de savoir et d'enseignement valant la peine d'être écoutés. Il ne fallait pas oublier, et le jeune homme n'oublierait pas. Comme il l'avait dit, la parole est sacrée, et tout deux le montraient bien.

Leur discours montrait en tout cas que les deux hommes se comprenaient, et après un bref silence Aedan sortit une pomme de son sac, qu'il lança en direction du hun. Scythès l'attrapa alors, et écouta avec un nouveau sourire les explications du jeune homme, qui se voulait des remerciements. Un symbole de savoir, donc. C'était un présent de valeur, symbolisant bien la conversation qu'ils avaient pu avoir. Aedan continuait de montrer qu'il avait de l'esprit, ce qui plaisait évidemment à Scythès. Il écouta sa dernière question avant de prendre la parole.


- Tu es jeune, mais tu es sage. Si ton père t'as transmis les valeurs que tu défend aujourd'hui, c'est un homme qui mérite d'être écouté, et avec qui j'aurai eu le même plaisir à discuter. Sa fierté doit être grande de te voir suivre ses pas, et j'espère que tu marchera encore longtemps pour perpétuer votre héritage.

Lui souriant, il reprit vite.

- Je te remercie pour ton présent. Puisse cette pomme donner un jour la graine qui permettra à un pommier de prendre racine, et au cycle de continuer.

L'image était simple, si la pomme symbolisait le savoir, alors le pommier et les fruits qui en découleraient représentait comment se perdurait ce savoir. Scythès n'oublierait pas cette rencontre et ce qu'il avait appris, et si c'était réciproque, peut être ce savoir servirait un jour à d'autres également. Il rangea la pomme dans son sac, et aussitôt se mit à siffler d'un coup net, chose qu'il avait déjà fait des milliers de fois. En quelques instants, des galops se firent entendre derrière eux, et le cheval de Scythès arriva à leur niveau, s'arrêtant net auprès d'eux. C'était un signal qu'il connaissait bien, et s'était arrêté de brouter l'herbe loin de la fumée pour répondre à l'appel. Le Cancer se releva alors, et après quelques caresses sur sa crinière, s'approcha du carquois accroché à son cheval pour en sortir une flèche. Bien qu'il sache se servir du cosmos, il avait appris à se servir d'un arc avec talent, comme tout bon guerrier nomade. Ce carquois et cet arc restait à vrai dire plutôt symbolique, un vestige de sa culture, il ne s'en servait plus. La flèche qu'il en avait sorti était de très belle facture, de celles fabriqués par des hommes qui avaient fait de l'archerie un art. Cela restait malgré tout rien de plus qu'une flèche, un objet sans réel valeur, si ce n'est la pointe parfaitement ciselée qui en faisait son efficacité. Le Cancer la brisa, en gardant la plus petite part, pointe au bout. Il s'approcha alors de nouveau de Aedan, et lui tendit le morceau de flèche brisée.

- Je n'avais rien à t'offrir, si ce n'est du temps et quelques paroles. Pourtant, tu es resté pour les écouter et m'apprendre un peu de ta façon de voir le monde. Quand j'avais ton âge, j'avais déjà bien trop de morts sur la conscience. Il m'a fallu du temps pour apprendre à vraiment écouter, et pour acquérir la sagesse dont tu fais déjà preuve aujourd'hui. Je ne regrette plus mes choix, tu sais comme moi qu'ils nous permettent d'avancer. J'ai choisi ma voie, pourtant j'aimerai apprendre que ce n'est pas la seule. Pour nos pères, j'aimerai que l'on prouve aux hommes que le savoir et la parole est vraiment cette arme en laquelle ils ont cru. Cette flèche brisée te rappellera que ma voie n'est pas la seule. Que le bois avec le temps se brisera, que la pointe s'émoussera, mais que le savoir restera.

Il espérait qu'il comprenne l'image, et qu'il y voit un peu de tout ce que lui même voyait dans cette flèche. Bien sur, il n'avait pas eu la même vie que lui, et une simple flèche ne pouvait avoir la même signification pour lui. Mais il espérait au moins qu'elle lui rappelle cette rencontre, et qu'Aedan parvienne à lui montrer qu'il avait eu tort, quelque part. Sa route serait bien différente de la sienne, et c'était finalement ce qu'il lui souhaitait. Une vie un peu plus proche des idéaux de leurs pères, ce qui était une bonne voie à suivre, lui n'avait pas réussit. Il termina par répondre à la question du jeune homme sur sa destination.

- Ce village n'était en effet pas ma destination. C'est la soif d'eau, cette fois, qui a guidé mes pas jusqu'ici, et je ne regrette pas de l'avoir écouté.

Cela lui avait au moins permis d'étancher une autre soif. Il remplirait de quoi tenir jusqu'à sa vrai destination en partant.

- Je me rend chez moi, dans les steppes au nord d'ici. Je crains ne pas pouvoir les revoir pendant longtemps, d'une armure découle des devoirs.

Chez lui, c'était simplement les steppes, à vrai dire, d'est en ouest, du nord au sud. Aucune famille ne l'y attendait, pas plus de khanat à rejoindre. Cette vie était loin derrière lui, et ce n'est que pour les paysages et pour le calme qui y régnait qu'il désirait revoir le lieu qui l'avait vu naitre.

- Si un jour tes pas t'y mènent, méfie toi des hommes que tu verras. Beaucoup d'entre eux ont placé leur foi dans l'art du vol et de la guerre. Cependant, cette terre à elle aussi beaucoup à enseigner. Le vent à t'il déjà influencé ta direction ?

Une manière de demander si lui aussi avait une destination précise. Au delà qu'il voyageait sans trop s'en soucier, il était la aujourd'hui, et peut être savait t'il au moins dans quelle direction il allait. Il attendit donc la réponse de Aedan, sachant que le moment du départ commençait doucement à approcher.
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Message Re: Un cycle sans fin [549 PV Scythès]    Dim 25 Oct - 19:15
Sage ? Un mot fort, puissant, qui vient me surprendre tout à fait. J'observe cet homme avec un étonnement naïf, un rien troublé. Est-ce de la gêne qui vient m'ébranler ? Ou peut-être un bien léger embarras qui se fait à demi-fierté non méritée. Je ne suis pas sage, tout du moins, je ne me considère pas comme tel, probablement parce que mon père l'est bien plus que je ne le suis - que je ne le serai peut-être jamais. Non. Je ne perds pas espoir, un jour j'espère l'égaler, même si pour cela, il me manque bien des années. Mes doigts viennent un instant se glisser dans ma nuque. Le compliment me flatte, mais il est préférable de ne pas y accorder trop de valeur, non pas par mépris envers cet homme, loin s'en faut. Je le respecte sincèrement pour ce moment de partage à présent. « Sage, je ne pense pas l'être, il me reste encore beaucoup à voir pour me considérer comme tel. Mais mon Père l'est. Assurément. » C'est la fierté qui anime mes paroles, habillant mon ton de ces douces fluctuations. Fierté d'être l'enfant d'un être aussi sage, aussi grand, quand bien même son nom est-il inconnu ici, que je n'ai par ailleurs nullement l'intention d'en dire davantage à son sujet. Qu'importe. Pour moi, il reste mon objectif à atteindre, et plus encore. Qu'il soit fier de moi serait ma plus belle récompense. Non pas que je doute réellement qu'il ne le soit pas, en réalité. « La vie trouve toujours un chemin. Tout comme nous le faisons. » C'est ce qui nous pousse en avant. Et si il n'y a pas de chemin, il ne tient qu'à nous de le tracer de nos propres mains - de nos propres pas.

Un sifflement vient s'échapper des lèvres du guerrier en armure qui se relève bien vite, accueillant le galop d'un cheval. Sans aucun doute le sien. Setanta s'est redressé au bruit des sabots, et je n'ai pas tardé à l'imiter, comme l'a fait le cavalier quelques instants plus tôt. L'animal s'ébroue alors que Scythès vient flatter son encolure avant de récupérer dans un carquois une flèche qu'il brise en deux. Me tendant le morceau le plus long, il garde lui même celui à la pointe ciselée, avant de reprendre la parole. Je viens récupérer l'objet brisé, en contemplant le bois et les décorations qui viennent en orner le bout. Une belle œuvre. Je ne suis pas un spécialiste de ce genre d'arme, loin s'en faut, même si mon père m'a appris le maniement de l'arc, pour autant, je ne peux que constater de ce qu'il renferme en son sein. Juste dans ce petit morceau de bois façonné, il y a un savoir. Des connaissances précieuses transmises de génération en génération à chaque archer de son clan. Je comprends ces dires, tout du moins, je crois comprendre ce qu'il souhaite de nouveau me faire partager en m'offrant ce simple morceau de bois gravé. Simple... pas tant que ça en réalité. « Merci. » Mes doigts viennent s'attarder sur l'objet avant d'offrir à mon interlocuteur un sourire reconnaissant. « Un jour, cette flèche sera de nouveau rassemblée. Ce jour là, j'espère pouvoir répondre à votre question et vous indiquez une autre voie possible. Celle que j'aurai choisie, en partie grâce à vous. » Aujourd'hui déjà, les contours de ma voie se dévoile à moi, mais mon apprentissage n'est pas terminé, pas encore, loin de là.

D'une armure découle un devoir. Je n'en doute pas, quand bien même pour l'heure, ce n'est pas encore vraiment mon cas. Le merle voyage avant de pouvoir guider - sans doute fait-il les deux à la fois. « J'imagine, oui. » Mon sourire se fait quelque peu contrit. Une armure. J'ai fais en sorte jusque là d'ignorer cette armure dorée qui recouvre son corps, mais celle ci ne peut réellement l'être. Nos chemins se croiseront, assurément. « Merci pour vos conseils, j'en prends bonne note et j'y prendrai garde lorsque mes pas m'y mèneront. Mais ne vous inquiétez pas, je sais me défendre. » Un petit grondement vient me surprendre, mon regard venant se poser sur l'animal à mon côté. Ma main vient flatter le cou du chien blanc qui m'observe. « C'est vrai, Setanta est là lui aussi. » Il prend son rôle de protecteur bien au sérieux, et sa fidélité n'a d'égale que sa détermination. Silencieux, je viens ranger le morceau de flèche dans le sac que j'ai laissé à terre. Je n'ai pas vraiment envie que nos chemins se séparent, et mon cœur hésite un instant. Dois-je reprendre ma route qui me mènera jusqu'à cette citée vers laquelle je chemine ou bien dois je le suivre jusqu'à ces steppes ? Mon sourire se fait plus doux. Si c'est pour se recueillir qu'il se dirige jusqu'à sa terre natale, qui suis-je pour l'accompagner ? Rien de plus qu'un étranger. « Le vent me pousse jusqu'à Delphes. J'aimerai voir cette citée de mes propres yeux. J'ai entendu quelques histoires sur elle, et je dois avouer que ça m'intrigue. » Je laisse un rire léger s'échapper de mes lèvres en avisant le guerrier en armure. Je suis honnête avec lui, je n'en suis pourtant pas obligé, mais je ne souhaite entacher cette conversation de quelques mensonges. J'ai déjà suffisamment omis. « Je suis un grand curieux. » Je crois que ça s'est vu dans notre conversation.

Une idée vient poindre dans mon esprit. « Peut-être pouvons nous faire une partie du chemin ensemble ? » Ma main vient glisser sur mon menton alors que je suis en proie à la réflexion. « Hum... Delphes se trouve au Sud d'ici... nos chemins sont donc opposés. Désolé, ce n'était pas une très bonne idée en fin de compte. » Une expression penaude vient glisser sur mon faciès. J'aurai au moins essayé.


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Message Re: Un cycle sans fin [549 PV Scythès]    Lun 26 Oct - 23:59
- Reconnaitre un manque de sagesse est une preuve de sagesse.

Scythès lui avait répondu en souriant, comme pour lui dire qu'il s'attendait à cette réponse. Il aurait répondu de la même manière si on le disait sage, et c'est ce que tout les gens sages feraient. L'age n'avait rien à voir la dedans, cela voulait simplement dire qu'il aurait encore plus de temps pour fructifier ses pensées, pour acquérir plus de sagesse. Il lui restait beaucoup à voir, en effet, et cela ne saurait tarder. Mais sa vision des choses était ainsi, une vision d'apprentissage et une quête de savoir, aussi longue la route pouvait-elle être, il doutait que cela change.

La suite des paroles du jeune homme, en réponse à son offrande symbolique, lui prouva qu'il avait compris le message. Elles lui arrachèrent même de nouveau un sourire des plus sincères quand il l'entendit dire qu'un jour, il lui montrerait la voie qu'il avait choisi, et qu'il n'y serait pas pour rien dans ce choix. Cette pomme et ses morceaux de flèche brisée symbolisait parfaitement cette rencontre. Un échange de savoir, une "promesse" de se revoir un jour sur le long chemin, et d'échanger de nouveau sur leur place sur celui-ci. Il espérait de tout cœur que Aedan parviendrait à trouver cette voie, il y semblait attaché et dans la bonne direction. Il ne doutait pas non plus que leur chemin se croiserait de nouveau, un chevalier d'or n'était jamais dur à trouver, aussi vagabond qu'il soit.

Il l'écouta ensuite avec la même attention que depuis le début lui dire la suite de son voyage, et qu'il n'avait pas à s’inquiéter pour lui. Il était bien protégé, son chien Setanta le montrant et prouvant qu'il comprenait ce dont ils parlaient. De plus, c'était un utilisateur du cosmos, une puissance qui servait aussi bien à soigner qu'à détruire. Et même s'il était préférable qu'il n'en apprenne pas ces facettes, il prouvait qu'il était capable de s'en servir pour se défendre, même inconsciemment. Il n'y avait en effet pas à craindre pour lui. Pourtant, Delphes semblait par conséquent une bien meilleure destination. C'était celle qu'il avait choisi, et c'était donc la meilleure de toute. La ville n'avait fait que décliner depuis plusieurs centaines d'années, pourtant, elle restait un lieu à voir de par son histoire. Le sud le mènerait peut être vers le Sanctuaire également, il y apprendrait peut être la signification de l'armure de Scythès. La dernière affirmation d'Aedan sur sa curiosité le fit de nouveau sourire. En effet, il l'était, et c'était sans aucun doute une bonne chose. Il fallait de la curiosité pour éveiller l'envie d'apprendre.

Le moment du départ s'approchait de plus en plus, les paroles le montraient. Le jeune homme constata avec une légère déception qu'ils n'allaient pas dans la même direction. C'était un fait, pour le moment ils n'allaient pas dans la même direction. Mais la vie était longue, et viendrait bien un jour où ils se recroiseraient, aucun des deux ne semblaient en douter. C'était l'une de ses rencontres courtes mais que l'on n'oublie pas. Qui murit dans l'esprit durant longtemps jusqu'à ce qu'enfin se présente l'occasion d'en rediscuter. C'est ce qui se passerait ici, peu importe le contexte qui le leur permettrait. Le destin aimait accorder aux mortels ce genre de petites fantaisies, comme pour ne pas oublier de croire en lui. Scythès posa une main amicale sur l'épaule de Aedan, tout en prenant la parole.


- Nos directions sont opposées, mais les routes finissent toujours par se croiser. Le jour où cette flèche pourra être rassemblée, je suis sur que tu aura trouvé ta voie. Qu'importe le nombre d'année que ça prendra, tu trouvera en moi le même homme avide d'apprendre. Alors ce sera toi qui parlera comme celui qui aura vu le monde.

Il enleva sa main de son épaule, et après avoir pris les gourdes accrochés à sa monture, se dirigea rapidement vers la rivière pour les remplir. C'était ce qu'il était venue faire avant cette rencontre, et l'eau lui paraissait assez pure pour le satisfaire. Il revint vite vers eux, et raccrochant les gourdes tout en montant sur son cheval d'un geste habile, reprit la parole.

- Merci pour cette rencontre, je ne l'oublierai pas. Quand tu aura choisi la voie qui te semble la plus juste, et si tu veux enlever au destin le plaisir de nous réunir, alors cherches la quatrième maison. Nous verrons alors quelles surprises le ciel nous réservent.

Il n'en disait volontairement pas plus. Il ne devait pas probablement pas connaitre le Sanctuaire, ni la signification de la quatrième maison, mais ce n'était pas plus mal. Il découvrirait par lui même, et en allant au sud, il ne tarderait pas à en entendre parler. Tout en lui souriant et en commençant à faire avancer son cheval, il reprit.

- Puisses ta route être longue, Aedan.

D'un coup de jambe, son cheval se mit à galoper, et ils partirent aussi rapidement qu'ils étaient venus, ne laissant qu'un amas de poussière derrière eux. Il ne se retourna pas, pas besoin, tout comme les adieux. Il ne doutait pas qu'il garderait un vif souvenir de ce jeune homme jusqu'à leur prochaine rencontre. Scythès partit donc en direction des steppes, bien décidé à accomplir son "pèlerinage", comme il en avait l'habitude. Il avait tenu à partir aussi vite qu'il était arrivé dans sa vie. Ne laisser rien de plus qu'un bon souvenir à chacun d'entre eux, et qu'ils continuent chacun leur voyage. Car c'est toujours ce dont il était question. La pomme et son morceau de flèche dans son sac, il continuait le sien, jusqu'à la prochaine fois.
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Message Re: Un cycle sans fin [549 PV Scythès]    Jeu 29 Oct - 18:50
Penaud, je suis bien obligé d'accepter ma défaite. Que puis-je faire d'autre ? Si nos chemins sont finalement opposés, ce ne sera cependant que pour mieux se recroiser dans l'avenir. Je n'ai pas le don de mon Père qui parvient à percer les brumes de l'avenir, pour moi, il n'y a qu'un chemin invisible qui s'étend face à moi et que j'emprunte au jour le jour, pourtant... Je suis certain que nos routes se croiseront de nouveau. Une certitude qui enfle en moi et qui rend cette séparation un peu moins amère, tout comme le sont les paroles de Scythès qui, une main posée sur mon épaule, ravive les braises d'un sourire chaleureux. Les séparations sont souvent difficiles, pourtant, elles font également partis de mon apprentissage, de la vie tout simplement. Tout n'est que rencontre et séparation, je le sais bien aujourd'hui. « Vous avez raison. » Il me reste encore beaucoup à apprendre, mais je ne ménagerai pas mes efforts pour parvenir là où je le dois, là où je le souhaite également. Là où mon chemin sera unique et clair. Plus je m'éloigne de mes terres, plus j'ai l'impression de me rendre compte... « Lors de notre prochaine rencontre, je vous montrerai un fragment de mon monde. » Ma voie, et peut-être plus encore. Seul l'avenir saura nous le dire mais cette impression demeure. Mon sourire est toujours aussi présent, confiant en cet avenir qui viendra bien assez tôt. Semaine, mois ou année... Qu'importe, la finalité n'en restera pas moins la même. Mon aîné vient récupérer dans ses gourdes un peu de l'eau de la rivière à côté de laquelle nous venons de discuter, terminant ses préparatifs pour sa chevauchée vers le nord. Un pincement au cœur qui s'étiole rapidement grâce à la promesse de cette flèche brisée. Les dernières paroles avant que chacun ne reprenne sa route, non sans avoir obtenu un petit quelque chose en plus. Et je ne pense pas forcément à cette flèche ou à la pomme que je lui ai donné.

« Je n'oublierai pas non plus cette rencontre, ni ce que vous m'avez appris. » Car, quand bien même cette discussion vu brève au regard de nos vies respectives, elle n'en demeure pas moins pleine de promesse et de conséquences. Deux visions du monde différentes partagées simplement, sans confrontation vaine et stérile, juste accepter l'autre comme il est et le laisser grandir à sa manière, comme la nature l'a façonné, le façonne, jour après jour. Mon sourire est franc, l'éclat dans mes iris brûlant d'un feu chaleureux alors que je reprends doucement. « Je saurai m'en souvenir, si je trouve le temps trop long et si l'impatience me gagne, je viendrai vous y trouver. » La quatrième maison. Pour l'heure, cela me parait encore un peu obscur, pourtant, je ne me fais pas de soucis sur la nature sibylline de ses paroles. Lorsque le temps sera venu - et avant probablement - je les comprendrai tout à fait. Je pense en avoir déjà une vague idée qu'il n'est pour l'heure pas utile de creuser. Il n'est pas encore venu le temps de nous recroiser, avant cela, je dois encore voyager et en apprendre plus, sur le monde et sur moi même.

« Puisses le merle guider vos pas, Scythès. » Mon sourire se fait plus malicieux. Il ne comprendra nullement ces mots, supputera probablement à raison que le merle dans ma contrée est un guide reconnu, pourtant, il y a peu de chance qu'il en devine davantage. Peu de chance en effet qu'il m'associe à cet animal, plus encore au statut que je possède aujourd'hui. Mais il comprendra, le jour où nous nous ferons de nouveau face peut-être, sans doute. Mon sourire se fait plus doux, presque plus las l'espace d'un instant seulement. Je ne suis pas mon père. Le cheval s'élance sous une injonction de son cavalier, un dernier échange de regard et de sourire avant que le guerrier en armure ne s'échappe finalement vers ses propres contrées. Les steppes du nord. Un gémissement léger vint me distraire de ma contemplation passive, l'animal à mon côté redressant sa tête vers moi en glissant son museau humide contre ma main. Je ne suis pas triste. Pas vraiment. Je suis plutôt heureux d'avoir eu l'occasion de parler à un homme ouvert et sage, et mon cœur s'impatiente déjà à l'idée de reprendre mon voyage. Le revoir et lui donner ma propre réponse est un nouvel objectif parmi tant d'autres à présent. Mes doigts viennent glisser sur son poil, lui offrant une douce caresse pour le remercier de sa sollicitude - en quelque sorte. « Nous le reverrons bien assez tôt. Mais d'ici là... nous allons continuer notre voyage ! » A deux déjà, et puis peut-être que je croiserai d'autres compagnons de route, comme cela m'arrive régulièrement. Mais avant cela, je vais aller vérifier l'état des blessés avant de m'échapper vers le sud. A Delphes. Dans la cité de Lug.


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Un cycle sans fin [549 PV Scythès]
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