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 [Juin 548 - PV Bran Ruz] La chaleur d'une famille

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Message [Juin 548 - PV Bran Ruz] La chaleur d'une famille   Mar 27 Oct - 18:24
« Aedan ! Aedan ! Dis, je peux tresser tes cheveux ? » Ma compréhension est encore un peu incertaine mais je crois que c'est ce qu'elle me demande. C'est l'espoir qui vient faire briller les iris brunes de la fillette qui me fait face. Elle m'observe du haut de sa petite dizaine d'année, un sourire suppliant ourlant ses lèvres et moi, je me retrouve quelque peu pris au dépourvu. Moi qui souhaitait seulement profiter de la nuit tombante pour vérifier l'état de Setanta... Je me retrouve coincé. Mais le suis-je vraiment ? « Si tu veux. » Un rire vient secouer mes épaules alors qu'une joie naïve de petite fille comblée vient s'extraire de sa gorge. Aussi vive qu'un chat, elle se rue jusqu'à un sac, y récupère un peigne et commence dès lors à s'attaquer à ma chevelure écarlate avec une adresse rare. Le regard de la mère de Iara se fait rieur alors qu'elle passe à côté de moi pour préparer le repas. Son père, lui, laisse échapper un soupir mais ne la reprend pas, terminant sa propre tâche qui est de rassembler ses quelques chèvres à l'aide de sa fille ainée. Et moi pendant ce temps, je ne peux qu'examiner le chiot blanc pendant que Iara démêle mes cheveux - une tâche ardue malgré tout. Mes doigts glissent sur le pelage encore clairsemé de l'animal, vérifie la vie palpitante dans chaque membre, glissant dans ce petit corps si frêle un peu de mon énergie. Un sourire attendrit vient se glisser sur mes lèvres alors que la créature s'assoupit entre mes genoux. « Il a l'air d'avoir reprit des forces. » J'offre à Maïa un sourire simple tout en continuant à lui prodiguer quelques soins invisibles aux communs. « Il est vaillant. » Et encore, elle ne l'a pas vu en pire état, lorsque ma route avait croisé la sienne quelques semaines auparavant. Plus mort que vif, il est tout de même parvenu à s'arracher aux griffes de la mort pour continuer son chemin. Un chemin qu'il entamait avec moi aujourd'hui. Il était encore un peu fragile, mais cela n'avait rien à voir avec ce jour...

Une grimace douloureuse vient glisser sur mon faciès alors que le peigne fait face à un nœud récalcitrant. Je ne suis pas très craintif à ce niveau, et fort heureusement. Le feu s'est levé, Lada venant le réquisitionner pour cuire le repas puisque tout le reste a été fait. Cela fait deux semaines que je fais route avec cette famille de nomade. Ils mènent leurs chèvres dans des pâturages plus riches, et moi, j'en profite pour apprendre à leur contact tout en leur faisant partager quelques une de mes connaissances. Deux bras supplémentaires n'étant pas à négliger, j'en profite également pour aider Baïan dans des tâches plus rudes - lorsque je ne suis pas réquisitionné pour servir de poupée par la plus jeune fille de la famille. Cela durera le temps que cela durera, mais je me sens chanceux d'avoir croiser leur route. Il se dégage de cette famille humble, une réelle chaleur dont j'apprécie le partage malgré les quelques problèmes de compréhension que nous avons parfois. Heureusement, le père parle aussi latin et la petite famille, bien que moins coutumière, le baragouine également. Et moi, je me débrouille un peu avec leur propre langue en apprenant sur le tas. « Voilààààà ! » Fière de son œuvre, la fillette vient déposer la tresse sur mon épaule et contemple son tableau d'un regard satisfait. Moi, j'observe simplement ma chevelure tressée avec une curiosité amusée. A vrai dire, je n'ai jamais pensé à les tresser. Je crois que quand j'étais enfant, ma mère le faisait de temps à autre, mais le souvenir est trop vague pour que je puisse clairement l'identifier. A l'époque cela dit, ils n'étaient pas aussi long qu'ils ne le sont aujourd'hui. « Ça te va plutôt bien. Tu fais presque noble comme ça. » Ma seule réaction à ces paroles - hormis une gêne légère - reste un rire discret qui vient secouer mes épaules et qui réveille Setanta. Un couinement vient s'extraire de sa gueule alors qu'il m'observe, les yeux embués de sommeil et c'est avec compassion que je fais disparaitre ce dernier. Mes doigts viennent glisser de nouveau sur le poil immaculé de l'animal avant que je ne le dépose à mes côtés, sur ma couverture repliée. Il lui faut moins d'une poignée de seconde pour se recoucher après avoir vérifier que mon odeur était bien présente, rassuré.

Je me relève finalement sur mes deux jambes, dégageant ma chevelure pour la placer dans mon dos, je ne peux que constater l'aspect pratique de cette nouvelle coiffure. Ainsi tressé, ils paraissent moins long qu'ils ne le sont réellement et bien plus sage également. J'ai l'impression de découvrir une véritable innovation, et ça se lit sur mon visage. « C'est pratique, en fait. » Le sourire des deux sœurs se fait presque moqueur - ou en tout cas pour la plus âgée des deux. Iara, elle, parait davantage étonnée. « Tu connais pas les tresses ? » Dire que je ne connais pas serait peut-être un peu exagéré. « Si, si... Mais je n'ai jamais eu l'occasion d'apprendre à en faire. C'est la première fois. » De grand yeux ronds me répondent l'air de ne pas croire qu'une telle chose puisse exister dans le monde. J'imagine assez mal mon père m'apprendre à tresser mes cheveux, bien que l'image soit amusante. Je ne saurai même pas dire si il saurait le faire à vrai dire... Cela ne fait pas vraiment parti du genre de question que je lui aurai posé par le passé, mais il faut croire que les voyages me font découvrir de nouveau aspect de la vie. Du plus futile au plus utile. « Je vais t'apprendre alors ! » Mon sourire se fait plus vivace alors que l'enfant pose ses poings sur ses hanches. « Merci, ça me sera bien utile. » Une seule phrase qui la ravie alors que je lui offre une petite caresse sur la tête, toute fière visiblement d'avoir l'occasion de m'apprendre quelque chose. Ses doigts viennent récupérer ma main, et dès lors, elle me fait m'asseoir, me montrant sur ses propres cheveux - moins long que les miens - le geste à réaliser.

« Iara, laisse le tranquille et vient plutôt m'aider. » Son gros soupir est à fendre l'âme, son "mais" tonitruant ne trouvant nullement grâce aux yeux de sa mère. J'en ris sous cape alors que l'enfant réquisitionnée traine les pieds jusqu'au feu, mais je l'accompagne de bonne grâce. Je n'aime pas ne rien faire, autant que je sois utile à quelque chose sauf que... Un cri me fait relever la tête. Le cri d'un animal que je reconnais bien. C'est le sifflement de la corneille. Une corneille particulière qui vient me faire changer mes plans. Je suis un peu surpris. Un peu seulement - et étrangement. Une impression peut-être. « Je vais aller chercher un peu plus de bois. » Lada acquiesce dans sa langue en y rajoutant une mise en garde usuelle - c'est ce que je crois comprendre - alors que je prends le chemin des bois. Nous nous sommes installés un peu sous leur couvert, non loin d'une petite rivière qui s'écoule gaiment. Le campement est simple, mais il suffit amplement pour nous tous. La lumière du soleil est encore présente, bien que de moindre manière, le crépuscule bientôt, laissera place à une nuit étoilée et un ciel dégagé. Même si il fait encore frais dans cette partie du monde, les rayons de l'astre nous réchauffent suffisamment pour ne pas nous emmitoufler dans de lourde cape. Un couinement vient me distraire de ma marche attentive dans les profondeurs du bois alors que je vois une petite tâche blanche me courir après. « Setanta, tu aurais dû rester au camp... » Ma voix manque de fermeté, elle se fait plus amusée - attendrie surtout. Ce chien est adorable, trop pour le bien de son entourage - et surtout pour le mien. Malgré sa petite taille - il ne doit pas avoir plus de trois mois, à vu de nez - il cavale gentiment derrière moi jusqu'à me rattraper. Sans nul doute avec l'intention louable de me protéger des vilains danger. Mon sourire se fait plus amusé alors que je viens lui offrir une caresse en m'accroupissant à ses côtés, puis reprenant ma route je le laisse m'accompagner en prenant garde au chemin. Le merle babille gaiment à mon oreille, heureux, ravi. Moi aussi à vrai dire. Une ombre noire et une autre écarlate.

« Je ne pensais pas vous voir vagabonder dans ces contrées lointaines, non pas que cela ne me fasse pas plaisir de vous revoir. Au contraire ! »
Ma voix se fait enjouée. Je suis un peu surpris, je dois bien l'avouer mais est-ce pour autant étonnant ? J'ai déjà eu, lors de mon voyage, l'impression de sentir sa présence. Pour autant, c'est la première fois qu'il parait m'attendre. « Quel bon vent vous amène jusqu'à moi mon oncle ? »


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Message Re: [Juin 548 - PV Bran Ruz] La chaleur d'une famille   Jeu 29 Oct - 19:22
Bran Ruz
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Le chant de la Corneille supplante tous les autres. Un appel dans le lointain tandis que la vie suit son cours. Un cycle perpétuel et immuable. Qu'importe que l'on soit un simple mortel ou un Dieu tout puissant. Il régit ce Monde, balaye les futilités, apporte bien des présents, comme des tourments. Leçons de vie.

Dans les ombres se meut une silhouette toute enveloppée de noirceur. Mais dont le cœur pouvait embraser n'importe qui. Lui, ménestrel du Soleil, la Réponse. Aujourd'hui il a décidé de se révéler au grand jour, à la tombée de la nuit. Le crépuscule est le moment le plus important, le plus beau, il est une promesse de lendemain. Et lui observait, éloigné de tout, ces mouvements inébranlables. Inchangés depuis l'Aube du Temps.

Il contemplait la Vie, s'en tenait éloigné. Il restait un gardien, l'une des Voix de Lug.

- Il est temps pour toi de t'éveiller, petit Merle. Je t'observe depuis un long moment et il est temps pour nous d'emprunter ensemble un chemin similaire. Le vent n'a rien avoir avec tout ceci, jeune Aedan.

Oui, le druide n'était pas là par hasard. Bran avait une mission bien précise en tête qu'il devait mener à bien. Celle de continuer son enseignement, de la parfaire, de le guider. D'apprendre à percevoir le chant du Merle. Tout à coup l'homme se baissa pour ramasser quelques brindilles, collecter de plus gros morceaux de bois qu'il cala contre lui. N'était-ce pas la raison pour laquelle il s'était éloigné de son campement ? D'un regard il l'encourage à faire de même et, un rien gêné par l'insistance du chiot à quémander quelques caresses, la « Réponse » choisit la voie qu'Aedan avait emprunté en arrivant.

Sous le regard étonné des voyageurs, le musicien fit son apparition, alluma un feu avant de se présenter à tout ce petit monde amassé autour de sa personne. On s'étonnait de sa longue chevelure écarlate si semblable à celle de son neveu. D'ailleurs, une enfant aux grands yeux innocents s'en amusa, osa lui poser la question.

- Je suis son oncle.

Répondit-il laconiquement en prenant place à même le sol, à la hauteur de la fillette. Celle-ci, loin d'être impressionnée par la présence du druide pourtant vivace et passablement inquiétante – un don qu'avait les enfants parés de leur belle innocence- proposa le même service qu'elle avait fait à Aedan quelque temps plus tôt. Très légèrement l'expression de son visage changea, ses sourcils se fronçant. Un hochement de tête, aussi léger soit-il fit -presque- bondir la petite dans son dos.

- Les tresses sont comme les nœuds du destins, ils n'ont de cesse de s'entremêler. Se fondre les uns aux autres. Jeune fille, quand tu auras achevé ton œuvre, je m’emploierais à te montrer d'autres nœuds.

- Hein ?

Le druide sourit, se tourna vers l'enfant qu'il invite sur ses genoux. De là, il la coiffe d'une belle couronne de nattes qui fait joliment tout le tour de sa tête.

- Te voici princesse à présent.

Son sourire s'efface.

- Aedan, à la nuit tombée, notre première leçon débutera.




    Merci à mon neveu pour la signature ♥️

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Message Re: [Juin 548 - PV Bran Ruz] La chaleur d'une famille   Jeu 29 Oct - 23:08
La haute silhouette de mon oncle se tourne vers moi. A travers l'ombre sa voix n'en parait que plus vibrante, impressionnante. Elle résonne telle une promesse au cœur de ce bois sous le soleil déclinant. Ses rayons rougeoyants s'accrochent aux branches, venant projeter sur le corps de noir vêtu, des ombres mouvantes et chatoyantes. Il parle et la nature se tait, silencieuse, elle semble écouter à mon image les paroles d'un homme qui en est l'un des gardiens. Je me souviens de notre première rencontre, du jour où, à la faveur des feux puissants de Beltaine, je découvris son existence. Cette nuit là, il m'avait dit qu'il poursuivrait mon apprentissage dès lors que j'aurai quitté les rivages de mon ile. Ces paroles, je les avais oublié, le temps les avait ensevelies sous un tas de feuille morte que le vent aujourd'hui venait de balayer. Je n'en reste pas moins surpris, un instant troublé par les dires avant que mon esprit ne lit le présent au passée. Avait-il vu ce jour ? La question demeure muette alors que s'éveille en moi un trouble léger qui se fait peut-être impatience et joie entremêlée. Pour autant, alors que la silhouette figée s'anime et vient ramasser au sol quelques branchages tombés, ma voix parvient de nouveau à s'échapper de mes lèvres. « Depuis combien de temps exactement m'observez vous ? » Mes sourcils s'arquent un instant, laissant l'étonnement laisser sa place à la curiosité. Cela ne fait que confirmer l'impression qui jusqu'alors m'avait étreint. « Vous auriez au moins pu venir me parler avant... » Ma voix se fait marmonnement murmurant qui n'appelle pas vraiment à une réponse - pas plus que ma question première qui sera sans nul doute ignorée. Mon oncle se fait énigme, tout comme l'est déjà mon père, et j'ai beau avoir été élevé par lui, il demeure malgré les années passé à ses côtés, un homme empli de mystère. Un mystère que son jeune frère cultive avec autant de patience et de réussite, cela va s'en dire. Les années à fouler cette terre aide probablement.

Imitant mon parent, je viens ramasser quelques morceaux de bois supplémentaire, observant avec un rien d'amusement le comportement de mon compagnon canin visiblement intrigué par le nouvel homme. La curiosité fait briller ses prunelles alors que son museau vient humer son odeur - une fragrance particulière qui me fait un peu penser à l'automne. « Vous intriguez Setanta. » Je suis le seul druide qu'il n'ait jamais croisé, je suppose que cela joue dans sa façon de voir mon oncle. L'animal laisse échapper un petit gémissement alors qu'il talonne de près le grand homme que je finis par suivre également, mon fardeau calé entre mes bras. Il se dirige vers le camps. Je ne l'arrête pas, me contentant de laisser mon étonnement se faire place belle sur mon faciès. Dois-je l'être réellement ? Probablement que non. Le ménestrel parait à son aise, et les regards surpris se tournant vers nous ne l'atteignent que bien peu. Les questions muettes se posent finalement. On m'observe, me demande une confirmation quand bien même notre ressemblance est plutôt flagrante. Cela aurait été autrement plus difficile de le confirmer avec mon propre père. Lentement, je viens déposer à l'écart le bois récupéré avant de confirmer d'un signe de tête en m'approchant des deux parents quelque peu sur la réserve. « C'est vrai. Ne vous inquiétez pas. » Et en contemplant son comportement, ils ne peuvent que le constater, ce dernier s'entendant visiblement bien avec la petite Iara qui se laisse faire avec bonheur et innocence. Je ne l'aurai pas cru si je ne le voyais pas de mes propres yeux. « J'aurai pu vous demandez à vous de m'apprendre à tresser mes cheveux, si j'avais su... » Ce ne sont là que des paroles en l'air qui bien vite s'envole face aux mots, à leur résonance qui vient me figer. La nuit se lève et elle engendrera ma première leçon. « Une leçon ? »

Une odeur douce s'élève du feu, la marmite y étant déposé échauffant la nourriture qui se fait fragrance alléchante. « Voulez-vous vous joindre à notre repas ? C'est bien modeste, mais ce sont toujours des forces bonnes à prendre. » La voix de Baïan est première à rompre le silence s'étant un instant répandu, et c'est avec une certaine reconnaissance que je lui offre un sourire afin de le remercier. Son ton est bourru mais il ne dissimule nullement la générosité d'un homme. Un partage qui n'en est pas moins échange. « Je pense que ce ne sera pas de refus. » J'ignore ce que mon oncle en pense mais je ne lui laisse pas l'occasion de s'esquiver, m'asseyant à ses cotés, Setanta venant se poser entre nous deux. « Mon oncle, je vous présente Baïan, Lada, ainsi que leur fille, Maïa et Iara. Nos chemins se sont croisés il y a quelques semaines et depuis, nous voyageons ensemble. » Je présente chaque personne qui se désigne finalement d'un simple signe de tête pour l'un, de sourire pour les autres, sans préciser davantage les circonstances de notre rencontre. Peut-être même l'avait-il vu lui même, ce qui me laisse quelque peu perplexe. Iara s'est assise à côté de Bran, fière de sa couronne de tresses, et lui tend une gamelle dans laquelle vient se perdre quelques morceaux de viandes, des légumes et herbes ramassées de ci et de là. Chacun obtient rapidement de quoi se sustenter, et si le silence n'est pas total, la présence du sombre druide n'en altère pas moins l'ambiance habituelle. « Vous aussi vous voyagez comme Aedan ? Vous avez dû voir pleins de choses vous aussi alors ! » Iara est curieuse et nullement impressionnée par l'allure pourtant quelque peu austère de mon oncle, cela permet au moins de rendre le silence moins pesant, l'instant un peu plus amusant.

Mangeant une partie de mon propre repas, j'en délaisse une part pour la donner au chiot qui attend sagement son tour. Il en a autant besoin que moi, plus probablement dans son cas. Il doit se nourrir correctement pour grandir convenablement, et c'est mon rôle de l'y aider, l'y guider. Bientôt, les rayons du soleil ne sont plus, le voile de la nuit venant recouvrir la terre de ses sombres atours. La première leçon. Le merle babille. Impatient. Joyeux. Sans doute également curieux. De l'appréhension ? Peut-être un peu aussi.


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Message Re: [Juin 548 - PV Bran Ruz] La chaleur d'une famille   Mar 3 Nov - 13:18
Bran Ruz
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- Petit Merle, je t'observe depuis que tu t'es éveillé au Monde pour embrasser ton Destin. Quel oncle pathétique je serais si je ne respectais pas mes propres promesses.

Il avait eut un large sourire mutin et c'était tout. Quel intérêt aurait-il eut à se dévoiler devant son neveu qui, depuis quelque temps arpentait seul ce vaste monde ? Son apprentissage avait commencé dès lors qu'il avait quitté le giron de son père. Le chant du merle était doux à ses oreilles, un guide et, à n'en point douter le Corbeau Rouge avait su le suivre également pour suivre la progression d'Aedan.

Son neveu s'amusait de ses connaissances, du fait qu'il sache natter des cheveux. Il savait faire bien des choses, futiles ou pas, après tout il était un druide et le frère du Roi de leur caste, en quelque sorte. Le chien répondant au nom de Setanta s'approcha avec prudence de l'homme tout drapé de noir. Une main blanche aux longs doigts noueux en émergea, laissant la truffe de l'animal sentir son odeur. Il eut un vague moment de méfiance avant de lui lécher la paume. Bran lui octroya une petite caresse, amusé par le nom que le jeune homme lui avait donné.

- Setanta …

Il semblait absorbé dans ses pensées, ne fit plus attention à ce qui se passait autour de lui. Oui une leçon. Elle allait bientôt commencer, mais pas avant la fin du repas. Une hospitalité se devait d'être respectée, le mage rouge connaissait cette règle tacite depuis des années. Les voyageurs donnaient sans conditions, en retour, l'invité se devait de tenir son rôle. Aussi accepta t-il de bonne grâce, salua chaque membre de cette famille d'un hochement de tête et prit avec précaution l'assiette que l'enfant lui tendit. Celle-ci était intriguée, sa présence éveillait la curiosité. Il était temps de raconter des histoires.

Dans un silence religieux, Bran Ruz fit un sort à son repas et, tout en regardant Aedan, répondit à la question de la fillette.

- J'ai beaucoup voyagé oui, je voyage depuis ma naissance. La vie est une Odyssée, si vous le permettez, je vais vous conter l'une de mes histoires.

L'homme se releva alors et, le plus naturellement du monde, aida la mère de famille à débarrasser les assiettes pour les vider et les laver. Quand il acheva sa tâche, le Bran Ruz déclara, de sa voix grave et profonde, s'approchant des flammes du feu de camp. Son regard s'assombrissait comme les cieux recouverts de lourds nuages menaçants. Tous étaient parcourus d'un long frisson et, ce n'est qu'une fois assit que le druide fit apparaître son instrument de musique. On l'observa longtemps et déjà Aedan devait voir ses compagnons se figer, leurs prunelles s'éteindre.

Il entama un chant dans une langue plus ancienne et peu connue, pleine d'une magie aussi vieille que le Monde.

Bientôt un voile alla recouvrir les environs. Le temps paraissait se figer et, au plus fort de sa ritournelle, le druide entama leur voyage. Première leçon. Ils n'étaient que tous les deux à présents, perdus dans le noir. Aedan reconnaîtrait cet endroit, peut-être retenait-il déjà son souffle … La voix de son oncle claqua comme un fouet, comme une sentence.

- C'est ici que tout commence. C'est à toi de les retrouver à présent. Ils sont perdus dans notre Monde, c'est à toi de les guider. - Cette phrase faisait étrangement écho à une autre scène … - Retrouver les, petit Merle ou ils seront perdus à jamais.

La silhouette du Bran Ruz se volatilisa.





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Message Re: [Juin 548 - PV Bran Ruz] La chaleur d'une famille   Mer 4 Nov - 22:08
La surprise se fait sourire, et c’est sans plus en dire que j’accepte les explications données. Depuis le début, donc, depuis mon départ, mon oncle me suit. Mon impression était donc juste, quand bien même n’ai-je jamais soupçonné qu’il pouvait réellement me surveiller. Qu’est-ce que j’en pense ? Je l’ignore. À vrai dire, je n’avais pas pensé à cette alternative, et je ne peux dire si cela me rassure, ou bien si cela m’ennuie. Peut-être un peu des deux. Sans doute les deux, oui. Il parle de promesse mais ne s’avance guère plus, et je me demande un instant si cette dernière fut contractée auprès de mon père. Aurait-il demandé à son frère de veiller sur moi ? Comme pour le reste, je ne sais exactement quoi en penser, ne sachant si cela me réjouit ou au contraire, me peine. Pour autant, je n’y rajoute rien, me contente du silence comme seule réponse et d’une expression incertaine. Le temps finira bien par me dire ce que je dois en penser, mais pour l’heure, la question n’est pas là. Pas pour ce repas en tout cas partagé bien gracieusement auprès de mes compagnons de voyage. « Vous aimez son nom ? Lui a l’air de vous apprécier en tout cas. » Mon sourire se fait plus prégnant alors que le chiot blanc parait un peu plus à l’aise auprès du druide rouge dont il vient lécher les doigts noueux, bien plus rigoureux qu’ils ne le furent cette première fois – lors de son éveil lors des feux de Beltaine. Il n'a pas changé depuis ce jour, son apparence demeurant semblable à celle que mon père lui octroya de par son rituel, mais j'ai appris à le connaître davantage, quand bien même demeure t-il aussi sibyllin que ne l'est mon parent. Un trait de famille, visiblement, que je commence à bien connaître à présent. J'ai été élevé par un maître en la matière.

Une leçon et une histoire. Une impression étrange m’étreint alors que j’observe mon oncle agir, aider, avant de faire apparaitre entre ses doigts son instrument sacré. La sensation me tenaille, m’assaille alors que sa voix s’élève au gré de sa composition, de ses doigts noueux pinçant les cordes. Mes traits se figent alors que mon regard s’écarquille, un long frisson dégringolant le long de mon échine. Je le sens. Les regards s'éteignent, les corps s'immobilisent et vacillent alors que le monde change. Vivement, je me redresse, mais il est déjà bien trop tard pour faire quoi que ce soit. « Mon oncle ! » Mon invective est inutile et les mots tombent gravement, sonnent la sentence. Ils sont innocents. Mon cœur se tord alors que cette première leçon commence, emportant dans les brumes la silhouette de mon parent. L'autre Monde. Hypnotisant. Je peux entendre son chant qui vient s'insinuer jusqu'à ma conscience, mon souffle s'est finalement tût, ne laissant derrière lui qu'un malaise. Je connais ce Monde. Je le connais bien, pourtant, quand bien même est-il familier, il n'en demeure pas moins dangereux, plus encore pour des êtres qui ne sont habitués à le côtoyé comme c'est là mon cas. Et même pour moi, ce n'est pas une tâche aisée. N'est-il pas fou d'ainsi impliquer des êtres qui n'ont rien demandé ? La panique m'étreint, je sens mon esprit vaciller et se perdre alors que les plaines ténébreuses se lèvent. Où ? Mon regard cherchent en vain les corps, les présences avant que je ne vienne finalement fermer violemment mes paupières. Calmes-toi. Calmes-toi. La panique a toujours été mauvaise conseillère, bien mauvaise guide également et si mon rôle est de les ramener à la lumière, ce n'est pas en perdant pied que je parviendrai à les sauver.

Je suis le Merle. Je suis le guide. Mes doigts viennent se glisser contre ma poitrine, venir y récupérer le pendentif que mon père m'offrit à mon départ. J'y puise un éclat de raison. Réfléchis. Réfléchis. Le calme reprend ses droits dans mon esprit, mon essence venant se faire barrière éclatante auréolant mon corps. Un éclat solaire. Calmes-toi. Si je panique, tout sera terminé. Bran est-il capable d'abandonner mes compagnons de voyages ? Un frisson dégringole le long de mon dos alors que mon cœur me susurre la réponse à cette question. Je dois les trouver. Il y a bien des dangers ici, s'y perdre pour l'éternité n'en est qu'un parmi tant d'autre - et pas le plus cruel. « Setanta. » Il est le premier que je sens, mon appel n'est pas vain, se fait plus puissant. Le chant du merle résonne alors que je m'avance. La tâche blanche parait briller au sein des ténèbres et c'est quelque peu rassuré que je viens me pencher sur l'animal figé. Mon énergie vient l'étreindre, le ramenant à lui. Perturbé, le chiot observe les alentours, vient se réfugier dans mes bras, les oreilles plaquées sur sa tête en grondant sourdement. « Ça va aller Setanta, calmes-toi. » J'en ris presque, moi qui quelques minutes plus tôt, était tout aussi perturbé qu'il ne l'est à présent. « Ça va aller. » Je vais trouver les autres. Mon étreinte sur mon compagnon se fait plus prégnante alors que mes paupières s'éteignent de nouveau. Je dois faire vite. Plus le temps passera, plus ils se perdront et plus il me sera difficile de les atteindre.

Le chant du merle est porteur de changement. « Je dois les trouver. » Concentres-toi. Je laisse mon aura s'élever, telle une lueur solaire se faisant crépusculaire, et me porte en avant. Le feu éloigne les esprits, ma flamme peut tout autant les faire fuir que les atteindre. Si je peux les ramener, ça me va. Maïa est la première que j'aperçois, la première que je ramène. Le voile se distord alors que son regard se vide, je n'ai que le temps de la ramener dans son monde avant qu'elle ne s'écroule. « Restes auprès d'elle Setanta. Je vais retrouver les autres. » Vite. Plus vite. La peur m'étreint alors que les voiles de l'autre monde recouvre avec lourdeur mes épaules. Je n'ai pas de temps à perdre, éloignant la fatigue, je reprends ma charge. Je dois les guider. Les ramener. Lada est la suivante que je retrouve, errant dans les ombres puis c'est finalement Baïan... Ne me reste plus que Iara. L'épuisement me menace. Ma respiration est plus difficile, mon aura se tarissant petit à petit, se faisant crépusculaire. Où est-elle ? Concentres-toi Aedan. Je dois écouter la voix du merle. Entend le Iara, pitié. Je ne peux guider personne si ma voix ne porte plus. C'est difficile. Ma gorge est serrée, nouée, les mots peines à s'extraire de mes lèvres. Je vacille. Je t'en prie... « Iara... » Où es-tu ? Pas elle. Pas elle. Pas alors qu'ils sont sous ma protection. Pas par ma faute ! Pourquoi mon oncle agit-il ainsi ? Ah, n'y pense pas ! Pas encore, j'aurai tout le temps de le fustiger lorsque j'aurai retrouvé Iara, je ne dois pas perdre d'énergie dans de vaines pensées. La flamme de mon essence s'embrase, qu'importe si je dois rameuter toutes les créatures de l'Autre Monde, tant que je peux la retrouver - l'attirer elle.

J'avance. Un frémissement parcours mon corps. Un éclat ténu. Disparaissant. S'étiolant. Une ombre qui se meut, attirée par une vie. Entre mes doigts vient naitre une flamme, attire le regard de cet être que je connais bien. Mon coeur s'accélère ma voix se fait murmure pourtant, je m'approche, malgré la fatigue et la peur. La peur... oui. Le corps de Iara est là, juste là, à quelques pas de la créature se penchant sur la fillette. Non. N'approche pas. « Elle est... sous ma protection. » Une respiration difficile. « Sa place n'est pas ici. » Silencieuse, l'ombre m'observe. Elle ressemble à une femme à la chevelure de brume pâle à la beauté éthérée. J'avance, et la flamme parait la faire reculer, pourtant, ce n'est pas de la peur. De la curiosité ? Qu'importe. Je dois juste ramener Iara. Mes doigts glissent sur le corps trop froid de l'enfant - où est-ce moi ? Déchirer le voile pour la ramener là où le feu crépite. Setanta est mon ancre et c'est grâce à lui que j'y parviens encore une fois. Cette fois. Pourtant...

Restes ici, mon petit merle. Les voix de l'Autre Monde ont toujours été entêtante. Le froid m'étreint. Serein. N'est-ce pas ta place ? Des bras qui se glissent autour de mon cou, doucement, tendrement, comme les bras d'une mère attentive. Lutter. Je dois...


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Message Re: [Juin 548 - PV Bran Ruz] La chaleur d'une famille   Dim 8 Nov - 13:24
Bran Ruz
La Réponse




L’Épervier observait la progression du Merle avec un intérêt grandissant. Il s'en tirait bien mieux qu'il l'aurait suspecté, contournant des pièges qu'il lui avait tendu, sans doute inconsciemment, ou par instinct et cela confortait le Bran Ruz dans son choix. Il lui enseignerait tout ce qu'il savait. Le Sidh était un endroit effrayant pour le jeune Aedan, surtout depuis qu'un voile noir s'était levé, qu'une brume évanescente s'était répandue pour rendre la leçon moins aisée. Le druide rouge n'était pas un sadique, ce n'était pas dans sa nature profonde mais, il était curieux de voir jusqu'où il pourrait aller.

Bientôt il ne restait plus qu'une personne à trouver. L'enfant.

La fillette était gardée par une banshee, une gardienne, une observatrice aussi. Elle pouvait être dangereuse bien que son essence bien souvent, n'était pas maléfique. Bran avait fait en sorte de l'attirer jusqu'ici, sachant pertinemment que la créature pourrait se montrer capricieuse. C'était le cas. Elle pouvait s'apparenter à une sirène, cette entité mythologique qui perdait les marins, les rendant fous d'amour pour mieux les faucher et les entraîner dans les abysses. Sombres. Comme ici.

La femme au corps éthérée était peu encline à les laisser s'en aller. Elle usait de ses pouvoirs pour charmer l'esprit et le cœur d'Aedan. La Réponse ne bougea pas, se contenta d'observer. Mais quand il se rendit compte que son protégé perdait de sa superbe, que son aura vacillait, il se mit en mouvement.

Une belle biche immaculée fit soudainement son apparition, bondissant devant la Banshee qui hurla et se recula vivement dans les ténèbres. La bouche de la dame blanche se tordit en un rictus de douleur et, se fendant, elle l'attaqua, toutes griffes dehors. L'animal se cabra, son corps grandit en même temps que d'immenses ramures percèrent le voile obscur d'un monde pourtant fait de lumière. Son cri se répercuta aux alentours et une pâle clarté inonda l'entre-Monde.

Son brame se fit plus fort, évinçant le gris pour l'immaculée. La gardienne du Sidh s'inclina en reconnaissant son maître. Elle disparaît, s'efface.

- Aedan, grimpez tous les deux.

Sa voix ne saurait tromper le Merle. Son Oncle se tenait devant lui, l'intimant à prendre place sur son dos. Le voyage s'arrêtait là pour l'heure.

- Accrochez-vous.

Le cerf se perdit dans un galop furieux, présenta ses bois pour pourfendre le Voile. En un battement de cœur, les revoici devant le feu de camp, à s'éveiller paisiblement. Bran Ruz déposa son instrument avant de claquer des doigts. Bientôt tous se réveilleraient sans avoir le moindre souvenir de cette aventure. Ses iris vertes se posèrent sur son neveu déjà éveillé.

- Tu dois faire plus attention petit Merle, ce Monde, toujours, feras en sorte que tu te perdes. Sans de plus fortes convictions, tu pourrais mourir, comme tout à l'heure. Nous reprendrons cette leçon plus tard. N'oublie pas que je t'observe et que je t'attends.

Sur ces mots, Bran Ruz se retira dans les ombres. Il avait laissé derrière lui sa vielle à roue.

FIN ! :p





    Merci à mon neveu pour la signature ♥️

    "Et pendant que d’autres célèbrent le jour le plus interminable de l’année… nous allons secrètement nous réjouir du retour des longues nuits"
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Message Re: [Juin 548 - PV Bran Ruz] La chaleur d'une famille   Mer 11 Nov - 13:00
Tomber. Échouer. Je sens les bras s'agripper à moi, se faire tendre et aimant. Les souvenirs m'assaillent. Les bras de ma mère étaient d'une chaleur sans pareille, d'une douceur sans équivalence. Dans ce simple geste, il y avait toute l'affection qu'elle me portait, toute la délicatesse d'une femme pleine de vie et d'amour. Une présence fragile et évanescente qui s'échappe bien vite. Je me souviens et en même temps, les souvenirs se font plus confus, sombre dans un oublie dont je ne veux plus. Oublier ? Non. Jamais. Comment pourrai-je me pardonner d'oublier le nom de ma défunte mère ? Me battre. Me débattre dans cette étreinte qui me rappelle la sienne, mais qui ne l'est pas, je le sais bien. Je ne dois pas sombrer pourtant, mon aura vacille et s'échappe, se fait flamme vacillante dans une nuit bien trop noire. Je ne dois pas. Je ne dois pas l'oublier. Mes lèvres frémissent, tentent de laisser échapper un mot, une parole unique qui se fait murmure futile. « Eanna... » Un nom unique. Celui d'une femme disparue dans les flammes d'une nuit de pleine lune. Même cette douleur qui m'étreint, je ne veux pas l'oublier, bien au contraire, elle fait partie de moi au même titre que cette femme à la chevelure rougeoyante m'a donné la vie. La flamme vacille plus encore, se fait flammèche délicate malmenée par le vent. Lutter. Je dois me battre et pourtant, ma force m'échappe, se consume littéralement pour conserver cette petite part de moi. N'oublie pas. Son visage se perd, son sourire s'étiole, mes doigts en vain tentent d'en saisir l'image. Inaccessible.

Et puis il y a cette lumière. Une lueur éclatante qui m'éblouit dans ces ténèbres rampantes. Mon regard se fait aveugle alors que je perçois et sens cette énergie salvatrice venir étreindre les ombres. Les bras me délaissent, et vacillant, mes genoux me lâchent. La silhouette de Iara demeure à mes côtés et la voix soudaine de mon oncle me fait redresser la tête. Ma respiration est haletante, hachée, et c'est avec un regain d'énergie que je me redresse finalement pour obéir à ses ordres. Mes bras viennent enserrer la fillette qui parait si froide et je m'élance sur le dos de la créature de lumière qui déchire le voile de ce monde et nous ramène de l'autre côté - dans notre réalité. Lorsque je mets pieds à terre, mes jambes manquent de se dérober et ce n'est que mon inquiétude pour l'enfant qui me permet de tenir bon. Tremblant, j'observe son corps qui lentement, reprend des couleurs. Son souffle est faible mais bien présent, serein, presque endormi. Un soupir s'échappe de mes lèvres alors que je me laisse m'écrouler, reprendre pied. La truffe humide de Setanta vient se glisser entre mes doigts, m'offrant un peu de sa chaleur qui me manque cruellement. Je suis glacé. Ils sont tous là. Je sens l'éclat de leur vie et cela me soulage.

Et la voix de mon oncle s'abat finalement. Mon regard embrumé vient se perdre sur cette silhouette sombre engoncée dans ses atours, l'émeraude de son regard faisant face aux ambres du mien. Je sais tout ça, tout ce qu'il me dit à l'instant. L'Autre Monde est un lieu dangereux, je ne suis pas sans l'ignorer. Fait preuve de plus de prudence Aedan. Ses paroles font échos à celles d'un autre monde, différent et semblable en même temps. Lui aussi s'accoutumait plus des ombres, un peu comme mon oncle. Une autre leçon. « Attendez ! » Il disparait tout aussi rapidement qu'il n'était arrivé, sans crier gare. La frustration vient grandir en moi. Je n'ai même pas eu le temps de le fustiger pour ce qu'il avait fait, pour avoir mis en danger mes compagnons de route. Ils n'avaient rien demandé, eux. L'Autre Monde n'est pas un lieu duquel on réchappe si facilement. Mon regard un instant vient se poser sur l'instrument laissé derrière lui. Mes doigts viennent s'en saisir avec un rien d'hésitation. Je suppose puisqu'il l'a laissé là, que ce doit être pour moi. Je ne sais pourtant pas jouer de cet instrument. A vrai dire, je ne sais pas vraiment jouer d'un instrument tout court, je sais conter mais pas jouer.

« Aedan...? » Une petite voix frêle vient me faire sursauter. Mon regard s'illumine d'une joie simple et rassurée alors que la fillette vient m'offrir une mine perplexe. « Tu vas bien ? » Elle parait étonnée de la question, acquiesce finalement l'air quelque peu perplexe. « Bah oui. » Elle se redresse, constate que toute sa famille est endormie, mais parait en faire peu cas. « Dis, tu me racontes une histoire ? » Sa question est tellement inattendue que j'en reste ébahie. Elle ne se souvient de rien. Ça me rassure et en même temps, je ne peux pas m'empêcher de craindre pour elle et pour ses parents. Pourtant, elle ne parait pas traumatiser. Elle est semblable à d'habitude. Curieuse. Pleine de vie. Même si son regard est encore embrumé. Il faudra que je les examine.

« Si tu veux. » Comme un rêve qui n'a jamais existé.


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