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 [Avril 550] Le tribut des Ases

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Message [Avril 550] Le tribut des Ases    Sam 7 Nov - 20:42
Le silence. Autour de sa silhouette malmenée par un vent froid et pénétrant ne demeurait que ce silence et cette neige qui, mollement, chutait des cieux pour s'ajouter à ce manteau déjà bien opalin. A perte de vu, ce dernier s'étendait, et la fleur des glaces en ressentait l'appel lancinant, si semblable à celui qui murmurait au creux de son âme. C'était là son élément. Cet hiver long et rude, ce froid persistant s'insinuant jusque dans les cœurs, étreignant les corps les plus vigoureux... c'était bien là tout ce que le verseau était, représentait, et faisait naitre. Ici au moins, nulle crainte ne l'étreignait. Son aura de glace ne serait pas amenée à se faire danger auprès des êtres de ses contrées enneigées... Pas plus que le froid ne viendrait l'amoindrir. Le chevalier d'or du verseau était le plus à même de demeurer ici et d'y évoluer sans peine. C'était sans nulle doute l'une des raisons qui avait poussé le Grand Pope à faire appel à Échô. Qu'importe. Recouvert de son armure dissimulée sous une cape brune et épaisse dont l'utilité n'était que de cacher la lueur dorée du métal, la fleur des glaces se rendait à Asgard, la patrie des guerriers divins, protecteurs de Odin. Sa tâche était aisée, escorter le tribut des Ases jusqu'à Athènes, où il demeurerait prisonnier. Le tribut à payer pour la paix. Sa mission.

Ne faisant nul cas du froid, le chevalier s'avançait. Plusieurs jours de route avait été nécessaire pour arriver jusque là, mais sans monture pour l'y amener, aucun autre choix ne s'était présenté si ce n'était de marcher. Son pouvoir s'attaquait à tout, qu'il soit ou non de chair n'y changeait rien, le givre toujours gagnait. Il s'étendait autours de sa silhouette telle les corolles de pâles fleurs malmenées par une brise glacée, aussi, inutile de se risquer à geler un être vivant. Devant ses prunelles vint se perdre un éclat de glace sanglant. Inutile d'y penser. Ta mission est seule à importer. Rien d'autre. La neige crissa sous ses pas et bientôt, la cité se dévoila. Son regard en parcouru les remparts, glissant entre les monts immaculés voilés de sombre nuage bas. Le ciel semblait presque vouloir faire fuir l'ennemi de sa cité, pourtant, il devrait savoir que cela serait inutile. Depuis longtemps les dés avaient été jeté. Depuis cette guerre qui par le passé, avait emporté nombre de chevalier - et tout autant de leurs ennemis, à n'en point douter. Seules les histoires de ces batailles lui étaient parvenues ainsi que cette règle qui s'était faite loi. Chacun des adversaires d'Athéna se devait de remettre à la déesse aux yeux pers un de leur meilleur guerrier. Ainsi les gagnants avaient-ils commandés, et aux perdants de s'exécuter.

La silhouette engoncée dans ses atours fut à l'entrée de cette citée perdue dans les neiges immaculées. Le masque lisse vint se poser sur les gardiens des lieux dans un silence religieux qui se fit presque interloqué. Le métal affronta placidement les soldats qui, surpris, mirent quelques instants à se reprendre en sa présence. Avaient-ils été avertis de son arrivée ? Rien ne le lui signifiait aussi avant qu'un mot ne soit prononcé à son adresse, le chevalier cru bon de les devancer. D'un simple geste, la fleur des glaces laissa le métal de son armure se dévoiler à leur regard en écartant les pans de sa cape brune. Sa voix s'échappa de ses lèvres, atone, à peine altérée par le masque d'argent figeant ses traits dans une neutre expression. Ce dernier avait souvent tendance à mettre mal à l'aise ses interlocuteur, mais cela ne l'importait que peu. « Je suis le chevalier d'or du Verseau envoyé par le Sanctuaire pour escorter le Tribut des Ases. » Aucune émotion ne venait troubler son ton. Ni mépris, ni joie, ni peine, rien si ce n'était la volonté d'accomplir un devoir, la mission qui lui avait été confié. « Veuillez m'amener jusqu'à lui. » On aurait pu entendre dans ces quelques mots, une demande plus qu'un ordre, quand bien même nul terme respectueux n'y avait été ajouté. Subtile, l'impression n'en demeurait pas moins présente. A moins que cela ne soit que de l'interprétation ? Les femmes n'étaient-elles pas de nature plus douce ? Plus respectueuses envers autrui ? Ce masque était leur marque.
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Sam 7 Nov - 21:31
Les gardiens escortèrent le chevalier d'Or jusqu'aux jardins bordant l'un des temples principaux. S'enfoncer plus en avant dans leur cité était exclu. Qu'ils soient sous la coupe de la déesse Athéna était une chose mais il était hors de question de laisser ces Chevaliers se balader à loisir là où ils le désiraient. La révolte grondait dans les cœurs des Asgardiens et s'ils se savaient pour l'heure impuissants, ils n'en restaient pas moins un peuple fier. On n'oubliait pas si aisément la liberté. Cette cage où ils étaient enfermés, même s'ils n'en voyaient pas les barreaux, n'en restait pas moins une prison. Et l'un des leurs, sous prétexte de maintenir la paix, allait devoir se sacrifier pour eux. Mais il s'agissait là d'une obligation et personne ne pouvait s'y soustraire. Pour autant, ils ne pouvaient guère s'en réjouir.

Rapidement, l'information de l'arrivée de cette invitée de marque ne manqua pas de faire le tour. Haldor, dont le paquetage était désormais prêt, eut vent de l'information en premier. Le messager prit soin de lui spécifier la nature exacte de celle qui allait l'escorter, se montrant révérencieux à outrance. Chevalier d'Or. Rien d'étonnant à cela en réalité. Après tout, le porteur de l'armure de Gamma possédait l'un des sept symboles de leur dieu. Il aurait été alors étonnant que le Sanctuaire se montre condescendant au point de le faire accompagner par un chevalier de moindre importance. Lui pour qui la force était la seule règle fondamentale de ce monde n'aurait pu accepter pareil affront. Un égal, rien de moins. Prétentieux, certes, mais ainsi était le colosse.
    - Hors de ma vue. Je vais rejoindre ce chevalier immédiatement.

Son armure sur le dos, il n'avait pas prit la peine de se couvrir plus que de raison. Son corps était habitué au climat particulier de ces contrées et son cosmos suffisait à le préserver. Puis il savait difficile de trouver un linge suffisamment grand pour le recouvrir intégralement lui, ainsi que son imposante lame qui siégeait dans son dos. Inutile de faire attendre son geôlier. Lui-même n'étant pas d'une patience infinie, il préférait se mettre en route au plus tôt. Edwald n'était pas encore revenu à lui mais ils avaient été clairs l'un et l'autre. Si la permission lui était accordée, il le rejoindrait sur la route. Sinon, il ferait sans lui.

Il ne lui fallut que peu de temps pour rejoindre les jardins où se trouvait le porteur du Verseau. Et le premier constat fut saisissant, même pour lui : il se dégageait de cette créature une aura glaciale, une aura qui n'avait rien à voir avec ce qu'il avait coutume de voir. Il était quelque peu impressionné de voir à quel point le chevalier semblait serein. Alors même qu'il ne se trouvait pas en terre allié. Si leur Grand Pope avait fait appel à elle, c'est qu'elle possédait les atouts nécessaires à l'accomplissement de sa mission. Et quelque soit le camp de l'autre, Haldor respectait toujours la force. S'approchant lui aussi, sans faire de manière, il se posta face à elle. Derrière ce masque, il était difficile de percevoir les émotions du chevalier. Lui ne possédait aucun autre artifice que sa propre prestance. Et c'était d'ordinaire suffisant, tant il dominait les autres de toute sa hauteur.
    - Je suis Haldor, guerrier divin de Gamma. Il parait qu'on va faire la route ensemble, hein ! T'as un nom, j'suppose ?

Il paraissait toujours familier, sauf lorsqu'il s'adressait à sa Prêtresse. Il s'agissait là d'un réel problème pour beaucoup mais sur lequel il n'avait jamais réellement chercher à travailler. Son langage n'était en rien un manque de respect envers les autres. Seulement les habitudes d'un homme qui passait plus de temps avec ses armes plutôt qu'avec d'autres êtres humains, voilà tout. Au contact de cette personne, il perçut toutefois un sentiment auquel il n'était plus habitué. Le danger. Cela le fit sourire...
    - Intéressant.

Lui non plus n'avait plus rien d'humain. Il se sentait excité tout à coup. Mais savait aussi qu'il ne pouvait se permettre de jouer aux idiots. Ainsi se reculait-il d'un pas afin de ne pas paraître trop oppressant, ce qui n'empêchait en rien son ombre de recouvrir la silhouette face à lui.
    - Tu veux partir quand ?

Pas besoin de plus de cérémonie. L'autre avait effectué un long voyage pour arriver ici. Mais elle devait sentir qu'elle n'était pas nécessairement la bienvenue. Souhaitait-elle se reposer ou reprendre la route immédiatement ? Les cartes étaient entre ses mains désormais. Haldor s'en moquait.
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Dim 8 Nov - 10:57
« Par ici. » Si la voix du verseau était atone, celle du soldat n'était guère plus chaleureuse, tout comme l'étaient les regards et les attitudes des asgardiens qu'ils croisèrent durant leur courte marche les menant jusqu'à ce qui devait s'apparenter à un jardin de neige. Un paysage familier qui ne fit que s'étendre avec son arrivée. Autour de sa silhouette, la terre se para de reflet d'argent mais ignorant le phénomène trop coutumier, le chevalier laissa son visage lisse embraser les lieux. En attendant le tribut, c'était là ce qui semblait être le plus utile à sa mission. Les peuplades du nord étaient fières, dans la plupart des visages, il était aisé de percevoir la rage tapie. La colère des perdants se devant de ployer le genou face à ceux qui les avaient vaincus - et dont les chevaliers d'Athéna étaient les représentants directs. Quel autre choix avaient-ils ? Pour l'heure, aucun, si ce n'était se soumettre de mauvaise grâce à ce que le Sanctuaire leur faisait subir, en silence. Les murmures des conversations, les regards convergeant sur ce masque d'argent ornant son visage ne paraissait que peu troubler l'intrus en ces terres. Des terres dont le froid pourtant l'apaisait. Au milieu de ce champ de glace, sa place semblait toute trouvée. Idéale. Comment pourrait-il en être autrement pour les enfants de l'hiver ? Ses doigts gantés vinrent effleurer son masque un instant, comme pour s'assurer de sa présence avant de laisser sa main retomber le long de son corps, disparaitre sous ses atours inutiles. Le froid n'avait nulle influence sur son corps mais cette cape altérait en parti au moins son pouvoir.

Une ombre finalement vint se présenter. De toute sa hauteur, le guerrier d'Asgard toisa la silhouette du Verseau paraissant bien fluette ainsi exposée. Grand fut le premier terme qui vint effleurer sa conscience, quand bien même était-il stupide de réduire l'asgardien à une simple mesure qu'elle soit de taille ou de carrure, pourtant, il fallait bien avouer que le chevalier d'or faisait pâle figure dans ces deux domaines comparativement. Bien plus frêle et ce, même vis à vis de ses propres alliés. Les contes des nordiques ne faisaient-ils pas références à des géants de givre ? Peut-être en étaient-ils même des descendants. Le chevalier se contenta pourtant de détailler certain aspect du tribut sans s'y attarder plus que nécessaire. Cette lame sur son dos. Cette armure sur son corps. Le guerrier divin de Gamma. Haldor. Le givre s'étendit autour de la fleur des glaces, silencieux mais néanmoins envahissant, tel un lierre glacé cherchant à éloigner la menace qu'il repérait en cet être. D'un pas, le guerrier recula quand bien même son visage paraissait bien trop enchanté à l'idée de se confronter à ce danger. Tel un animal sauvage qui se souvenait tout à coup qu'il se devait de demeurer à sa place - que la chaîne autour de son cou était encore bien présente. Plus présente que jamais. Le masque sur son faciès dissimulait toutes ses émotions, et c'est ce visage de fer qui vint un instant se relever jusqu'à lui afin de répondre à sa première question. « Échô. » Simple et concis, la fleur des glaces n'avait pas l'habitude de se perdre en vain bavardage. Son ton demeurait égal - l'émotion y était toute aussi absente que cela n'avait été le cas avec les gardes. Pas de mépris ni de familiarité, par ailleurs, celle de son interlocuteur ne semblait pas l'affecter.

« Nous pouvons partir immédiatement. » S'attarder ici ne dérangeait pas le chevalier du verseau qui s'y sentait plutôt à l'aise - les regards ne l'accablait que peu - mais sa mission demeurait prioritaire. Conduire le tribut au Sanctuaire, le reste importait peu. En ce qui concernait les vivres, ils lui en restaient suffisamment dans la sacoche pendant à son épaule, dissimulée sous sa cape, pour faire une partie du chemin. Et ils avaient encore le temps de s'avancer avant la tombée de la nuit quand bien même en auraient-ils pour plusieurs jours de marche, même à allure forcée. Ne voyant pas d'objection de la part du guerrier divin, la silhouette masquée d'argent fit demi-tour afin de revenir jusqu'à son point de départ, avec son nouveau compagnon de voyage. Pouvait-on ainsi définir l'homme qui en ce jour, quitterait sa patrie dans le seul but d'en assurer la paix ? Le chevalier en doutait. A la manière d'un précieux objet que l'on mettait en gage, ce dernier serait conservé comme un trophée, le symbole même de la défaite de tout un peuple hardi et fier. Bientôt, les portes de la cité furent franchies par la fleur des glaces qui ralentie à peine son allure. A peine, juste le temps de percevoir un dernier regard chargé de reproche qui ne l'atteignit pas. Telle était la loi de ceux qui avait vaincu et à laquelle ils devaient se soumettre. Les paroles étaient inutiles. Futiles. Ils savaient tous quel était son rôle aujourd'hui. N'étaient-ils pas d'obéissant soldats avant toute autre chose ? Il était vain de se dissimuler derrière un masque de fausse empathie aussi le chevalier d'or du Verseau offrit aux gardiens des portes, un simple regard avant de s'élancer d'un pas vif en dehors de la cité. La route serait longue avant d'atteindre Athènes et le Sanctuaire.

Sa mission ne faisait que commencer ainsi que la vie de tribut de Haldor, guerrier divin de Gamma.
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Dim 8 Nov - 11:53
Ils quittèrent la cité sans un regard en arrière. Haldor ne ressentait pas vraiment de tristesse. Solitaire dans l'âme, il n'avait jamais été très proche des autres guerriers divins, en dehors peut-être d'Edwald, mais ce dernier était son père adoptif. Rien à voir avec les autres. Ainsi, il n'y avait rien d'étonnant à le voir quitter ses terres sans hésitation. Certes, ce n'était pas un choix de sa part. Il avait accepté la décision du Conseil pour la seule raison qu'il se devait de respecter ces ordres. Il était un guerrier divin, cela nécessitait certains sacrifices pour Asgard. Mais il s'agissait là plus d'une punition à son encontre suite aux récents événements qu'autre chose. Cela semblait arranger tout ce petit monde : le Sanctuaire récupérait un prisonnier politique et raffermissait son emprise sur le Nord, et Asgard sortait pour le moment Haldor de l'équation.

Son paquetage sur l'épaule, il avait tout de même attrapé avant de partir une sorte de long manteau dont il se recouvrirait plus tard. Pour l'heure, son armure lui suffisait, mais peut-être qu'il lui faudrait à un moment ou à un autre faire profil bas. Quoi qu'il puisse être risible de dire cela lorsqu'on le voyait. Pour être tout à fait franc, il n'avait pas la moindre idée du temps que prendrait ce périple. Ce genre de détails ne l'intéressait d'ailleurs pas. Et pour le moment, c'était surtout le chevalier d'Or qui captait toute son attention.

Pas une grande bavarde - c'était le moins qu'on puisse dire - elle restait maîtresse de ses émotions à chaque instant. Sans doute était-ce là le résultat de longues années d'entraînements et de maîtrise de soi. Et ça amusait clairement le géant. Une telle rigueur n'était pas vraiment de coutume au sein de sa propre faction, où les caractères des uns et des autres s'opposaient régulièrement. Étaient-ils tous ainsi ? Il se le demandait. En tout cas, elle dégageait quelque chose de glaciale, aussi froid que l'élément dans lequel il avait lui-même évolué. Cela ne le dérangeait pas. Au contraire. Mais il ne put s'empêcher de voir un certain parallèle avec lui-même. Il balaya rapidement cette idée de al tête. Il n'était pas quelqu'un de particulièrement empathique et n'allait pas débuter aujourd'hui. Pas avec celle qui allait le conduire jusqu'à sa propre prison. Il y avait d'ailleurs quelque chose de risible dans ce simple constat. Lui, fier guerrier au tempérament explosif, se laissait diriger tel un mouton. Encore là les paradoxes de la guerre. Les vainqueurs décidaient, les perdants s'agenouillaient.

Ils voyagèrent ainsi un moment sans échanger de mots. Pas de haltes particulières non plus, essayant sans doute d'avaler le plus de lieu possible avant de se poser. Les chevaliers, d'où qu'ils soient, possédaient des capacités physiques bien au dessus de celles des simples mortels. Jamais aucun d'eux n'aurait pu suivre un tel rythme. Plus ils s'éloignaient, moins le froid se faisait mordant. La peau du colosse le sentait. Il connaissait ces chemins tout de même. N'étant pas ermite au point de ne s'être jamais éloigné de sa cité. Néanmoins, il savait qu’incessamment sous peu, ils sortiraient du territoire si familier dans lequel il avait grandi. Au carrefour de leur chemin, Haldor s'arrêta, lançant sur le sol son paquetage et plantant presque sans effort sa lame qui s'enfonça de quelques pouces dans la terre pourtant gelée.
    - Une seconde, Échô. Pas que je sois inquiet pour toi mais moi, j'ai la dalle. T'as pas mal bourlingué pour venir ici, toi aussi. On s'pose un peu.

Ce n'était en rien une requête. Il s'était déjà posé, sans même attendre son retour. De toute évidence, Haldor n'était pas de ceux qui demandaient l'avis des autres et le Verseau l'avait sans doute déjà compris. Levant les yeux vers les cieux, il resta un instant perdu dans ses pensées. Le temps était étrange dans ces contrées. Et la nuit ne tarderait sans doute pas à tomber, emmenant avec elle son lot de tracas quotidien. Ces terres restaient dangereuses pour les voyageurs, surtout la nuit tombée.
    - T'es pas une grande bavarde, hein. Pas plus mal, tu m'diras. Si j'm'emmerde, j'ferais la discussion pour deux, pas grave. Tiens !

Sortant de son baluchon de la viande séchée, il en jeta un morceau vers le Verseau. Qu'elle l'attrape ou non, qu'elle ait faim ou pas, il s'en fichait. Lui, il dévorait déjà sa pitance. Et remarquait également qu'à ses côtés, le froid restait toujours aussi intense. Il en vint à se faire une réflexion qui lui arracha un éclat de rire. Comprenant que ce soudain accès puisse être mal interprété, il prit quelques instants pour se calmer et, après avoir vidé sa bouche, lui expliqua brièvement :
    - J'me disais que c'est pratique, ton truc là. Ça doit garder la bouffe au frais sans problème.

Tel un enfant, il se remit à rire, fier de sa bêtise. En bien des points, il restait immature. Asgard devait se frotter les mains de son départ. Pour le moment du moins...
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Dim 8 Nov - 17:39
Pas un mot. Pas même les prémices d'une conversation. Rien si ce n'était la mélodie du vent et les chuintements de la neige crissant sous chacun de leur pas. Cela lui convenait parfaitement. Ce silence c'était ce dans quoi le chevalier se devait d'évoluer aujourd'hui. Demeurant au devant de son compagnon de voyage, préférant garder une distance qui lui paraissait raisonnable entre eux, la fleur des glaces laissait son esprit vagabonder. Son corps pourtant réclamait un traitement plus indulgent. Cela faisait des jours que ses jambes foulaient le tapi cotonneux, plus encore qu'elles ne foulaient la terre pour venir jusqu'ici, pourtant, ses haltes n'avaient été que superficielles et clairsemées. Non pas que le temps lui manquait, on ne lui avait donné aucun délais précis mais il était préférable de revenir au plus vite reprendre sa tâche. Et comme il ne lui était pas permis d'utiliser une monture, seules ses jambes pouvaient lui permettre de rattraper ce temps perdu. N'en fait pas trop, tu vas tomber malade sinon. Les souvenirs étaient pernicieux aussi était-il préférable de les oublier, les laisser s'échapper. Au moins son comparse respectait-il cela - le silence et l'isolement -, ce qui n'était pas désagréable. Le contraire aurait été plus dérangeant.

Un bruit sourd vint distraire le Verseau dont le visage figé se détourna sur l'homme qui, sans guère lui demander son avis, vint déposer son paquetage et sa lame sur le sol gelé. Il s'installa abruptement par terre, contempla les cieux s’obscurcissant davantage à chaque instant. Échô avait vite appris en cheminant ici que le soleil était plus capricieux dans ces contrées enneigées. Lorsque la nuit tombait, il était préférable de s'arrêter quand bien même cela lui coutait de l'admettre. Les paroles du guerrier divin ne sembla guère plus l'animer. Muet, le chevalier se contenta de l'observer en réfléchissant à ce qu'il devait faire. Ses doigts vinrent rattraper la viande séchée alors que le masque détailla la nourriture avec ce qui aurait pu ressembler à de la perplexité - pour peu qu'un masque puisse laisser filtrer ce genre d'émotion. Est-ce que cette émotion l'étreignait réellement ? Un éclat de rire suivi finalement, incongru et puissant, semblant faire trembler la voûte même des cieux. Le masque s'inclina vers lui, le rire laissant finalement sa place à une explication pour le moins étrange. Son regard de nouveau vint contempler les arabesques d'argent qui glissaient sur le sol, gelant tout ce qui l'entourait. Pratique ? Difficile de l'en convaincre.

« C'est ma malédiction. » Sa voix ne se modula pas. Nul chagrin, seulement un constat qui ne cherchait aucune approbation. Peut-être ce terme était-il trop mélodramatique, il paraissait être pourtant le plus adapté pour décrire ce pouvoir incontrôlable et la manière dont il était apparu, ce qu'il avait entrainé à sa suite et continuait à chaque instant. Son pas se fit hésitant mais reprit plus d'assurance afin de venir s'installer à plusieurs pas du géant, assez loin pour que le givre ne vienne pas l'accabler. Qu'il soit un tribut ne signifiait pas qu'il fallait le négliger, son devoir était également de le protéger, même si c'était le protéger de son propre geôlier. « Merci. » La faim ne tenaillait pas son estomac, mais il était préférable de profiter de l'instant pour se sustenter, même de manière superficielle. Son corps finirait par le réclamer tôt ou tard. Si tu ne manges pas, comment veux tu que ton corps devienne plus fort ? Tournant le dos au tribut, la fleur des glaces ôta à peine son masque, seulement pour libérer ses lèvres afin d'y porter la viande séchée quelque peu refroidie par son pouvoir. Heureusement, son armure lui permettait de l'amoindrir, les gants de cuir y apposant un scellé moindre, comme cela était le cas pour sa cape épaisse. Pour ne pas qu'il s'échappe de trop, ne fasse trop de dégâts.

Glissant ses doigts dans la sacoche pendant à son côté, le chevalier récupéra une outre épaisse dont l'eau, fort heureusement, demeurait à l'état liquide - particulièrement fraiche cela dit. Sa soif étanchée et son masque correctement replacé sur son visage, le verseau laissa son regard contempler les cieux s'assombrissant. La nuit allait tomber.
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Dim 8 Nov - 21:42
Alors qu'elle prononçait le mot "malédiction", Haldor ne put réprimer un rictus. Voilà quelque chose qu'il comprenait. Ils n'avaient certainement pas grand chose en combat mais là-dessus, peut-être se rejoignaient-ils. Pour l'heure, il ne lui poserait pas davantage de questions. Peu loquace, il n'allait pas la forcer à se dévoiler. Et puis à en croire ce qu'il avait sous les yeux, il doutait réellement de parvenir à lui décrocher une vraie phrase si celle-ci n'y tenait pas. Les Chevaliers étaient étranges. Et apparemment, les femmes de leur ordre l’étaient plus encore que les hommes. Il ne jugeait pas, sachant comme les coutumes des uns pouvaient paraître étranges pour les autres. Mais il restait toutefois sur ses gardes. Il ne craignait pas le chevalier. Néanmoins, il aurait été idiot de se laisser endormir par le mutisme de cette femme.

Au moins était-elle humaine. Le simple fait qu'elle puisse se sustenter en était au moins la preuve. Bien qu'elle lui tourne le dos, sans doute pour ne rien dévoiler de sa personne, elle semblait quand même soulagée de pouvoir se reposer un peu. Si son visage lui restait caché, encore restait-il les impressions. Et son intuition. Calant ses affaires afin de s'en faire un repose-tête, il poussa un long soupir. Il n'était pas forcément résigné mais n'était pas pour autant serein.

Bientôt, le silence reprit ses droits. Seulement perturbé par les respirations des deux soldats. Fermant les yeux, Haldor se concentra sur son propre Cosmos, comme son mentor le lui avait appris. Ainsi, il s'ouvrait au monde l'environnant? Il n'avait jamais été très doué là-dedans mais que pouvait-il faire d'autre ? S'essayant à cet exercice quelques longues minutes, il abandonna finalement. A quoi bon s'entêter. Il rouvrit les yeux.
    - Malédiction, hein ? J'crois que j'en connais un rayon, ma grande. Allez. On va pioncer un peu. J'suppose que t'as pas le droit de fermer les yeux, où un truc à la con de c'genre hein ? Bah j'te souhaite bien du courage. Moi, rien à battre. J'suis crevé.

Il allait fermer les yeux de nouveau, s'étant tourné de l'autre côté, lorsqu'il perçut la présence. Avant qu'elle ne lui apparaisse. Un sourire étira ses lèvres, il se releva presque aussitôt, non sans avertir tout de même le chevalier. Une réaction trop prompte serait catastrophique.
    - Quelqu'un approche. Alors t'es gentille, tu le dézingues pas. Il est avec moi.

Il portait déjà son regard à l'Est de leur position. S'il n'était pas le plus doué pour la détection de Cosmos, il ne pouvait se tromper sur cette présence si caractéristique. Après tout, il s'agissait de son père. Il était donc finalement parvenu à se libérer avant que son fils ne sorte de la juridiction des Ases. La silhouette apparue enfin. Monté sur un cheval, il s'approchait avec calme. Rien dans son attitude ne représentait un danger et Haldor comprit qu'il agissait ainsi pour apaiser le chevalier d'Or. Après tout, il était de sa responsabilité de conduire le Tribut en lieu protégé et qui savait comment elle aurait réagi en cas de visite impromptue.

Il finit par descendre de sa monture, la laissant sur place. Doucement mais d'un pas qui ne laissait aucune place à la peur, il s'approcha. Un simple signe de tête pour saluer Haldor, il ne s'arrêta pas à sa hauteur mais bien à celle du Saint. Contrairement à son fils, il savait faire preuve de déférence lorsque la situation l'exigeait. Et surtout, contrairement à son fils, il avait participé à la guerre contre les armées d'Athéna. Il avait bien plus de raison que les Ases actuels d'en vouloir à ces chevaliers. Pourtant, il restait respectueux. Ne laissant pas apparaître la haine farouche qu'il leur portait.
    - Je vous prie d'excuser mon arrivée si soudaine, Chevalier du Verseau. Je ne suis pas là pour vous retenir, vous vous en doutez. Mais seulement pour saluer le guerrier divin de Gamma avant qu'il ne rejoigne le Sanctuaire. Il est bien évident que je me soumettrais à vos consignes.

Les mots étaient admirablement bien choisis. Mais cela ne pouvait qu'accentuer la colère du colosse qui n'avait pas pour habitude de voir ainsi Edwald s'agenouiller. Même si ce n'était que par les mots.
    - Oh. Mais je manque à mes devoirs. Je suis Edwald, servant et mentor de l'homme que vous conduisez. Puis-je ?

D'un signe de la main, il désignait le colosse. Lui qui désirait dormir, il était dans de beau drap. Mais bon, les aléas de la vie... Que faire ?
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Dim 8 Nov - 23:23
Lentement, ses jambes vinrent rejoindre le plastron de son armure, ses bras enserrant ses genoux alors que son regard demeura vague. Lointain. Ce n'était nullement pour conserver la chaleur que le chevalier agissait ainsi, il n'en avait nul besoin, le froid était une couverture plaisante qui s'attardait sur ses épaules à chaque instant. Ce n'était là qu'un souvenir fugace et révolu. Un geste enfantin qui n'avait probablement pas sa place dans l'attitude d'un digne chevalier d'or de la déesse aux yeux pers. Les ombres de la nuit s'étendaient autour d'eux et avec elle, le froid s'installait tout aussi confortablement à leur côté. Une compagne de tous les instants, un familier complaisant. Il n'y avait pas que des désavantages à cette malédiction, il en avait fait l'amère constatation. Un instant, le masque d'argent se détourna sur le guerrier divin qui, tout aussi insensible au gel, se préparait au repos. Veiller. C'était en effet son rôle et ce, même si la fatigue également menaçait de submerger son esprit. Maintenant qu'ils s'étaient posés, il lui fallait s'avouer que ces derniers jours de marche l'avaient éreinté. Pourtant, la fleur des glaces ferait en sorte de respecter sa mission. Le repos peinait à se faire salvateur. Malédiction. En avait-il une aussi pour parler ainsi en ces termes ? Peut-être qu'une curiosité futile vint poindre un instant avant de s'éteindre tout à fait. « Nous partirons à l'aube. » Une seule réponse pertinente. Utile. Ainsi le verseau parlait-il, rarement de manière futile, y préférant dès lors le silence à tout ce qui aurait pu combler cette essence.

Pourtant, ce ne fut pas le cas. La silhouette auréolée de sa sombre cape se redressa alors que le guerrier divin, finalement, se relevait après lui avoir signifier que celui s'approchant était une personne qu'il connaissait. Derrière son masque, difficile de savoir ce que le verseau en pensait, pour autant, son attitude ne parut pas menaçante. Quelle raison avait-il de mentir ? Si le chevalier d'or ne parvenait au Sanctuaire avec leur tribut, les Ases seraient obligés de faire face à la menace d'une nouvelle guerre, et chacun savait qui aujourd'hui avait l'avantage. Peut-être se reposaient-ils trop sur cette pseudo-supériorité, néanmoins si le besoin s'en faisait ressentir, la fleur des glaces agirait dans l'intérêt de sa patrie. De cela, personne ne devait en douter. La silhouette d'un homme à cheval s'avançait. Seul, de cela, il n'y avait nulle raison d'en douter, ses sens le lui murmuraient. Finalement arrivé à leur niveau, ce dernier mit pied à terre et s'approcha de la fleur des glaces après un simple signe de tête offert à l'Ases. Les doigts du chevalier vinrent rassembler les pans de sa cape, laissant cette dernière altérer au moins en parti son aura glaciale. Le masque figé détailla l'homme qui lui faisait face et qui, bien que demeurant droit, n'en faisait pas moins preuve d'un respect que son protéger ne possédait pas. La différence entre les deux aurait pu l'amuser. Les vaincus faisant face aux vainqueurs. Un vétéran peut-être. Fermant les yeux, une mimique invisible à leur regard, le chevalier d'or laissa quelques secondes s'écouler après les paroles du mentor de Gamma.

Ses consignes. « Je n'ai pas d'objection. » Que dire de plus ? Échô n'avait nullement l'intention d'empêcher les deux asgardiens de s'échanger leurs derniers mots. Un mentor et son élève. Le tribut, quand bien même était-il soumis au Sanctuaire, n'en restait pas moins un homme. Sans doute. « Nous reprendrons la route demain à la faveur de l'aube. Si vous souhaitez nous accompagner jusqu'à vos frontières, vous le pourrez. » Peut-être était-ce naïf de sa part d'ainsi parler. Derrière ce masque froid se cachait-il un cœur ? On aurait pu le supposer, sans pour autant l'affirmer. Les ombres de la nuit étaient à présent bien vivaces, et c'est sans un mot de plus que la fleur des glaces s'échappa sans une parole de plus, laissant les deux hommes converser en allant cueillir autour de leur position, de quoi alimenter un faible feu. Quelques branchages morts suffiraient, il fallait l'espérer, et c'est en revenant auprès d'eux que le verseau relâcha sa prise au plus près du guerrier divin. Le colosse pourrait voir d'un étrange œil sa demande, mais le choix lui manquait. « Je vous confie le feu. » Pour des raisons évidentes qu'il devinerait avec aisance, sur le bois déjà s'était attardé quelques marques de givre. Il lui fallait se reculer pour que ce dernier puisse s'embraser, sans quoi il était même inutile d'essayer. D'un pas lent et mesuré, la fleur de givre vint se rasseoir à l'écart, reprenant la position qu'elle avait quitté avec l'arrivée de Edwald.
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Lun 9 Nov - 0:21
    - Et bien je vous en remercie, Chevalier. Et accepte de bonne grâce cette proposition.

Alors que celle-ci s'éloignait, Edwald se rapprocha de son fils, lui posant une main affectueuse sur l'épaule. Entre eux, les mots étaient parfois inutiles. Le regard suffisait. Et dans celui d'Haldor, il voyait clairement le reproche et l'incompréhension. Il ne comprenait pas. Cela n'étonnait pas son père, bien sûr, même s'il espérait en son for intérieur que ce dernier évolue à ce sujet un jour. Sa force ne devait pas l'aveugler et sur ce point, il avait encore de gros progrès à faire. Il en allait de la réussite de sa véritable mission, comme il le lui avait dit. Enserrant légèrement sa prise, il lui fit comprendre que ce n'était ni le lieu, ni le moment pour s'expliquer à ce sujet.

Il était fatigué. Même s'il avait emprunté une monture pour les rejoindre aussi vite, il avait dû cravacher durement pour y parvenir. Ne possédant pas la même résistance que les chevaliers de leur rang, il ne pouvait pas se permettre ce genre de périple si aisément. Moins encore à son âge. Car il ne pouvait évidemment pas oublier que le temps faisait son office sur lui. Il n'était plus tout jeune et son corps le lui faisait bien comprendre. Haldor le savait. Mais s'agissant d'un sujet presque tabou, il n'en parlait pas. Lui adressant un petit sourire, il brisa finalement le court silence qui s'était installé.
    - T'es arrivé à temps. Elle cause pas des masses mais j'peux te garantir qu'elle a une sacrée endurance. Si j'l'avais pas stoppé, j'suis sûr qu'on galoperait encore nous aussi. T'as faim, soif ? Tiens, sers-toi.

Il désignait son paquetage, lui signifiant ainsi où se trouvait la bouffe. Le Verseau revint enfin, déposant du bois sur le sol. Un rapide coup d’œil sur les morceaux rapportés lui fit comprendre la demande du Chevalier. Elle avait parlé de malédiction. Il est vrai que ça en prenait la forme. Attrapant la trouvaille d'Échô, il constituait déjà la base qui servirait à faire ce feu. Une source de chaleur utile mais aussi et surtout, une source de lumière qui repousserait les créatures de la nuit. Il savait que l'on mettait généralement en garde les voyageurs au sujet des feux. Si ça repoussait les animaux, ça attirait les voleurs et autres brigands. Mais qu'avaient-ils à craindre réellement ? Deux chevaliers d'Or et un soldat de métier ? Pas grand chose, à dire vrai. Son père vint compléter la base et plaça une sorte de pierre étrange au centre de ce qui serait le brasier d'ici peu. Puis, quelques instants après, les flammes naquirent dans l'antre improvisé.

Se rasseyant à son tour, il ne pouvait s'empêcher de garder un oeil sur la jeune femme. Un crépitement attira son attention. La pierre déposée précédemment semblait canaliser les flammes, leur donnant un peu plus de force. Un "petit truc" de soldat, comme aimait à le dire Edwald. Il était clairement exténué, cela se lisait sur son visage. Puisque l'autorisation de les accompagner lui avait été donné, Haldor sut ce qui lui restait à faire. Le laisser s'endormir.
    - Allez, dors. On discutera demain.

Il se leva un instant pour rejoindre la silhouette du Chevalier. Il se moquait clairement de savoir dans quelles conditions elle avait voyagé. Après tout, chacun sa merde. Néanmoins, et même s'il ne respectait pas nécessairement les Chevaliers d'Athéna, il ne pouvait pas dire qu'ils étaient tous des idiots. Il ne pouvait s'empêcher de penser à ceux qu'ils connaissaient. Parmi eux, il en appréciait certains. Le Verseau, il ne la connaissait pas. Et doutait de la connaître un jour. Mais il estimait sa force de caractère.
    - J'me mêle peut-être de c'qui me regarde pas mais tu devrais te reposer un peu. Laisse-moi le premier quart, j'te réveille pour que tu prennes le relais après. Mais ce sera bon pour personne si tu t'forces à veiller. Moi c'pour toi que j'dis ça. C'pas comme si tu risquais quelque chose hein. C'toi qui vois. Ah, dernière chose aussi. Pas la peine de t'isoler hein. Me faut plus qu'un petit coup de froid pour m'atteindre !

Il rejoignit de nouveau sa place précédente, près du feu. Le froid ne le gênait pas mais il permettait ainsi à la guerrière de prendre sa décision en toute tranquillité. Il paraissait évident qu'elle se sacrifiait pour éviter que son don n'atteigne ceux qui l'entouraient. Mais elle devait comprendre un truc : lui, il était coriace/ Il ne tomberait pas pour si peu !
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Lun 9 Nov - 20:19
La fatigue l'étreignait. Son corps en tout cas réclamait un repos que son esprit lui refusait. Sa mission était seule à importer, de cela, il n'y avait pas à en douter, pour autant, à ce rythme, combien de temps ce corps de chair pourrait-il résister avant de s'effondrer ? Ses choix lui paraissaient pourtant bien restreint. Son devoir était de protéger cet homme et de le guider jusqu'au Sanctuaire de sa Déesse. Sa mission... Derrière son masque d'argent, le chevalier contempla les flammes naître de volonté commune, hypnotiques, elles s'élevèrent dans la nuit noire, se faisant lueurs ardentes au beau milieu de ce froid mordant. A cette distance, sa chaleur n'était rien de moins qu'un écho lointain, qui n'avait pas même l'occasion de réchauffer cette peau qui n'en avait de toute façon guère besoin. Aujourd'hui en tout cas, ce n'était plus le cas. Avant... Avant, dans cette vie lointaine et passée, ces flammes auraient été nécessaire à sa survie. Il n'y avait pas si longtemps... Pourtant, cela ressemblait presque à un rêve étranger, une vie qui n'était pas la sienne. Derrière son carcan de métal vint se perdre l'ombre fugace d'un sourire amer. C'était ça. Ce n'était pas sa vie. Le regard absent du verseau vint se poser sur les silhouettes humaines.

Les ombres des deux guerriers d'Asgard formaient un étrange contraste. La carrure de géant de l'un qui paraissait presque se faire plus discrète à la faveur de la silhouette plus âgée de l'autre, bien plus fragile comparativement - ce qui ne voulait pas dire grand chose lorsque l'on comparait un colosse et un homme plus ordinaire. Son âge, pourtant, tendait à inverser le rapport de force. Tout deux paraissaient s'estimer, s'apprécier. Une pensée fugace vint s'insinuer à son insu. Perfide. Futile. C'est presque comme... Non. Pas exactement. Le rapport paraissait être un peu différent. Un peu. L'affection ? Quelle importance de toute façon, plus rien n'était désormais. Lentement, le visage masqué du chevalier d'or vint se poser sur la silhouette du géant qui s'était rapprochée, proposant de veiller le premier. Cela ressemblait presque à de la... gentillesse. Presque. La fleur des glaces ne se faisait pas d'illusion à ce sujet. La gentillesse n'existait pas. Pas dans ce monde en tout cas. Fallait-il se méfier ? Fallait-il le détromper ? Une poignée de minutes parue s'étioler dans un silence seulement bercé par les crépitements du feu. Son mentor s'était allongé, visiblement éreinté par son propre voyage. Les humains sont si fragiles... Tout comme c'était son cas. Il n'avait pas tord après tout, son corps lui réclamait ce repos. Était-ce sa limite ? La limite tant de son corps que de son esprit ? Si faible... « Mon froid est mortel. » Une mise en garde. Un simple constat. Ce n'était pas là de l'arrogance de sa part, tout du moins de son ton, le mépris y était absent - comme toute autre émotion. « C'est plus simple ainsi. » Une réalité. S'isoler les protégerait tous les deux de son propre fléau. Tous les trois même à présent. Nul soupir ne vint effleurer ses lèvres, pourtant, l'impression aurait été la même.

Ôtant la cape qui enveloppait ses épaules, le chevalier laissa l'armure d'or se dévoiler un instant, le temps pour lui de retirer sa sacoche afin de le poser sur le sol. « Vous pouvez me réveiller dans deux heures. » Cela devrait suffire quand bien même lui fallait-il s'endormir avant toute autre chose. Le sommeil avait tendance à se faire capricieux et à fuir ses nuits - ses jours aussi. L'armure demeurait sur son corps, tout comme le masque dissimulant ses traits et s'allongeant à même le sol en ne faisant que peu cas du gel, la fleur des glaces s'enveloppa dans sa cape avant de se figer. Ses pensées s'éparpillèrent alors que dans son dos se faisait sentir la présence des deux ases. La scène lui paraissait presque incongrue. Dangereuse. Ils n'étaient pas des alliés, pourtant... Veiller plusieurs jours de suite lui serait impossible. Ses sens l'éveilleraient en cas de danger - il fallait tout du moins y compter. Fermer les yeux et se laisser aller dans le sommeil, plonger dans un monde sans rêve. Si seulement. Ne venez pas me hanter cette nuit. Le choix ne lui serait pourtant pas donné. Lentement, précautionneusement, presque craintivement, la petite chose s’endormit. Le corps eut raison de l'esprit, jusqu'à ce que les rapports de force s'échange. Ne pas vouloir y penser suffisait à tout raviver. Une scène répétée, encore et encore par un esprit fatigué, altéré. Un visage qui se perdait au sein d'un monde illusoire. De la glace à perte de vue qui se faisait champ mortuaire, linceul immaculé sur lequel se perdait l'écarlate. Des paroles se perdant dans cet hiver éternel.

Un frisson dégringola le long de son dos, faisant frémir ce corps paraissant d'autant plus fragile à la lueur lointaine d'un feu crépitant. Le froid s'étendit, se fit champ de fleur pâle et glacial autour de cette silhouette recroquevillée. Un bruit. Un mouvement. Au milieu du silence, ils parurent résonner avec force. « N'approchez pas. » Une impression. Sans doute était-ce l'heure de la relève. Avec lenteur, le chevalier d'or se redressa, vérifiant que le masque était correctement placé sur son visage avant de s'asseoir tout à fait. La nuit était encore noire, bien plus que lorsque le sommeil l'avait emporté. Derrière son carcan de métal, les traces de son tourment nocturne demeuraient invisibles. Un instant, son regard s'attarda sur le givre qui l'entourait, lueur pâle scintillante sur le sol, avant de se poser sur le colosse. « Je vais prendre la relève. » La fleur des glaces se releva, s'écartant de plusieurs pas pour de nouveau offrir son dos à ses compagnons de voyage.

Lorsque l'aube poindrait, ils reprendraient leur marche.
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Lun 9 Nov - 22:57
Il laissait le Verseau prendre son repos, sans doute bien mérité, tandis qu'il prenait son tour de garde. Deux heures, c'était peu, mais ils ne pouvaient se permettre de trop traîner non plus. Il se satisferait de cela pour le moment. Non pas qu'il soit impatient de gagner le Sanctuaire mais disons clairement qu'il n'était pas de ceux qui appréciaient de perdre leur temps dans des trajets laborieux. Au final, cela n'avait rien d'une partie de plaisir et changeait clairement de l'époque où il traversait les campagnes du Nord pour parfaire sa formation. A l'époque, il y avait toujours eu ce côté amusant de la chose. Mais aujourd'hui, il n'était qu'un homme enchainé à des obligations morales. Cette armure, dont il était si fier, s'était en quelque sorte transformée en prison. Pour le moment. Et pour un être comme lui, il n'y avait certainement rien de pire que de se savoir ainsi piégé.

Il était rare pour lui de se poser autant de question. Et il comprenait pourquoi. C'était fatiguant de réfléchir, fatiguant que d'imaginer l'avenir. Ce pourquoi il finit par chasser ces mauvaises pensées de son crâne de piaf pour finalement en arriver à la conclusion la plus logique pour lui : advienne que pourra. Quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, il ferait comme il l'avait toujours fait : il verrait, il s'adapterait, il vaincrait. Cela ressemblait à peu de chose aux idées de Rome. Comme quoi, il n'y avait pas que du mauvais chez eux.

Son propre tour de garde se déroula sans la moindre anicroche. Il était exclu de faire participer Edwald à cette mascarade, même s'il l'avait demandé, et il paraissait aussi évident que ce n’était que pour la forme qu'ils agissaient ainsi : qui aurait la folie de s'attaquer à eux réellement ? En dehors de la zone quasi désertique, il se dégageait du petit groupe une telle aura de puissance que cela agissait comme un répulsif. Même ceux qui n'étaient pas sensibles au Cosmos comme pouvait l'être un chevalier, ils ne pouvaient passer à côté de cette force qui se dégageait d'eux. Bien que peu fatigué lui-même, il se leva pour s'approcher du Chevalier d'Or lorsque cette dernière le repoussa sans ménagement avant même qu'il ne puisse prononcer un seul mot. Elle était pas croyable, celle-là, et sa réaction arracha un rictus mauvais au colosse.
    - Ouais, ouais, j'ai compris, ça va. N'empêche, va falloir te détendre un peu, mon p'tit glaçon !

Il n'était pas forcément agressif dans ces propos mais l'on pouvait clairement percevoir de l'agacement. S'il n'était qu'un Tribut, image de la défaite pour son clan, il n'en restait pas moins un homme avec sa fierté. Pour ne pas dire avec "énormément" de fierté même. Il laissa tomber, pour le moment, pour regagner sa place près du feu, s'endormant presque immédiatement. D'aucun aurait trouvé cette réaction dangereuse. Mais le colosse savait qu'il ne risquait rien. Ce fut un sommeil sans rêve. L'aube venue, ils reprirent leur marche. L'arrivée d'Edwald avait quelque peu modifié la situation initiale. Si le Verseau parlait toujours aussi peu, les deux hommes prenaient plaisir à s'envoyer des piques sur le chemin, ce qui décoinçait indirectement la situation. Il y avait comme un froid dans le groupe - c'était vraiment peu de le dire - et Edwald amenait un peu de chaleur humaine entre deux êtres qui n'aimaient clairement pas causer. D'ailleurs, profitant d'un moment d'inattention du colosse, il se rapprocha un peu de la jeune femme.
    - Puis-je vous poser une question ? J'aimerai savoir comment cela va fonctionner, pour Haldor, une fois qu'il sera arrivé au Sanctuaire. Nous savons qu'il ne sera pas emprisonné, à proprement parler, mais je m'interroge.

Malheureusement pour lui, le colosse capta les derniers mots et accéléra le pas pour arriver à la hauteur de son mentor. N'importe qui d'autre aurait prit une claque derrière le crâne. Malheureusement, et malgré la nette domination physique du premier sur le second, il ne pouvait se permettre de corriger son père physiquement. Par contre, il n'allait pas se priver de lui délivrer le fond de sa pensée. Qu'importe que cela choque la jeune femme - encore qu'il puisse en douter tant elle était de glace.
    - Sans déconner, t'as pas envie de la mettre en veilleuse ? Perso, j'm'en tamponne de savoir comment ça va s'passer chez eux. J'verrais le moment venu. Tu sais, faut pas m'prendre pour un con, hein. J'sais très bien que c'est mon châtiment. J'l'ai accepté. Mais j'crois qu'ils ont pas bien réfléchi aux conséquences... Tribut ou pas, le premier qui me les brise, j'le démonte.

Voilà qui était dit. Et tout en délicatesse, évidemment.
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Mar 10 Nov - 19:11
De l'agacement ? Peut-être. Le chevalier d'or ne l'aurait parié, cela dit, cela ne l'inquiéta pas outre mesure. Son rôle était de guider le tribut jusqu'au Sanctuaire, pas de s'en faire un ami, aussi le silence seul lui répondit. Le surnom ne fut pas plus commenté et si la fleur des glaces en fut surprise, rien dans son attitude ne le laissa supposer. Imperturbable. Rapidement, le guerrier s'endormit, laissant Échô se perdre dans ses pensées en contemplant d'un regard absent les cieux voilés de noir. La respiration apaisée des deux soldats et les crépitements du feu furent seuls à accompagner sa nuit, offrant une mélodie à son esprit. Une étrange mélodie de vie qui éveillait sa mémoire et les souvenirs d'un passé qui n'était plus. Toujours, il lui semblait que sa conscience se détournait de l'instant pour s'enfuir dans ce qui n'était plus, demeurait révolu. Le passé construit l'avenir, disait-on bien souvent, et comment donner tord à ce proverbe éculé ? Un instant, son regard vint s'attarder sur ses mains. D'apparence, elles étaient normales, banales, fines et presque délicate - trop lui avait-on souvent dit. Pourtant, trompeuses étaient les apparences. Une leçon apprise à chaque instant dans cette vie qui n'était plus. Dans ce songe rêvé par un autre. Ses doigts se crispèrent en silence alors que le masque figé vint s'attarder sur les flammes, contempler les silhouettes alanguies du mentor et de son élève. Une trouble impression vint s'épanouir dans son âme. Léger. Discret. Comme un tintement à peine audible mais pourtant bien présent. Lentement, la silhouette vint se rasseoir et se faire gardienne d'un sommeil de deux êtres que la vie avait lié. Ensemble. Un mot maudit. Ses jambes vinrent se relever jusqu'à son plastron, ses bras vinrent les recouvrir, les enlacer alors que son visage s'y dissimula. Le froid fut seul à accompagner sa garde silencieuse.

L'aube bien vite vint poindre à l'horizon, et avec les rayons du soleil, le groupe se remit en route après un petit déjeuner de fortune. Demeurant toujours à l'écart des deux asgardiens, la fleur des glaces ouvrait la marche, écoutant d'une oreille distraite les paroles échangées sans intervenir, ni s'immiscer, y préférant un silence bien plus coutumier. Vivre en communauté ne semblait que peu lui convenir, à première vue, pour autant, cette animation ne semblait guère troubler son esprit, ou l'agacer plus que de raison. Une absence. Détaché du monde et de ce qui l'entourait, le chevalier s'avançait. Rare furent les êtres que leur procession croisèrent, probablement parce que l'être à la tête de leur expédition semblait les éviter. Tant qu'ils n'en avaient pas l'utilité, cela était préférable, c'était tout du moins la conclusion à laquelle le verseau était arrivé. Le visage de fer se détourna sur le mentor de Gamma alors qu'une question lui était posée. La condition du tribut. Une interrogation de circonstance qui paraissait s'animer, plus que de la curiosité, d'un rien... d'inquiétude peut-être ? A moins que ce ne fut là que de l'interprétation de sa part. Les émotions humaines étaient parfois bien trop subtiles pour être analyser avec précision.

Jusque là, Échô n'avait adressé que des paroles bien laconiques pour ne pas dire lacunaires à Edwald et son élève, se contentant des strictes politesses, en délaissant tout le reste. Tout ce qui lui paraissait futile. Ce n'était bien sûr que son propre avis sur la question, et alors que le colosse se rapprochait pour invectiver son mentor, le chevalier d'or se contenta d'écouter - comme ce qu'il faisait depuis le matin. Un châtiment. Ces paroles faisaient écho avec celles prononcées la veille. Une information précieusement conservée. Les personnalités des deux Asgardiens étaient bien différentes. Le silence s'étira alors que la colère s'étiolait dans le froid. Un froid moindre à présent qu'ils faisaient route vers le sud, mais qui demeurait toujours plus vivace autour du chevalier d'or. Et alors que chacun pensait que nulle réponse ne serait donnée, sa voix atone s'éleva lentement, calmement. « Le tribut est restreint au Sanctuaire, ou tout du moins à un village demeurant sous la protection de notre Déesse. Il sera surveillé mais ne manquera de rien et pourra aller où bon lui semble dans cette zone. Nul mal ne lui sera fait tant qu'il respectera nos lois, et Asgard, ses engagements à l'égard du Sanctuaire. » Un otage. Ce n'était rien de plus que cela, et chacun n'était pas sans l'ignorer. Il n'était pas pour autant un réfugié politique, et si le caractère emporté du guerrier devait prendre le dessus, les garanties étaient moindre. Le Grand Pope et leur Déesse seraient seuls à le décider.

« Les détails lui seront donnés par le Grand Pope à son arrivée. » Le chevalier n'avait probablement pas autant parlé depuis le début de leur périple. Un exploit qui serait probablement difficile à réitérer, mais rien n'était moins sûr.
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Mar 10 Nov - 22:02
    - Le Grand Pope, hein.

Un instant, il se tût, ne dévoilant pas le fond de sa pensée. Il allait devoir la mettre en veilleuse face à cet homme, il le savait. Au même titre qu'il se devait de respecter sa Prêtresse, il ne pouvait se permettre de mettre en péril la paix qui existait pour le moment. Bien qu'elle soit précaire, elle permettait aussi et surtout aux Ases de se réunir, de reformer leur rang, et de faire grossir leur armée. Haldor n'était pas un diplomate, bien sûr. Mais en sa qualité de guerrier divin, il devait obéir à une loi élémentaire : on n'allait pas à l'encontre de sa nation. Et si pour cela, il devait mettre sa fierté de côté, alors il le ferait. Oh, ce ne serait évidemment pas facile. Mais il savait qu'il n'aurait d'autre choix de toute façon : car une fois au Sanctuaire, le rapport de force serait écrasant. Il n'aurait aucune chance. Et aucune gloire à se faire massacrer pour des actes idiots.

Edwald parvint à lire dans les pensées de son fils et fut rassuré de le voir se contenir un peu. Ce n'était pas dans ses habitudes et il voyait là les efforts d'Haldor. Combien de temps cette résolution tiendrait, même lui ne saurait le dire. Le plus longtemps possible, l'espérait-il. Pour une fois, le Verseau s'était montré un peu plus explicite, ce qui avait également surpris le colosse. Sans doute était-ce parce qu'il lui appartenait aussi de veiller à ce que le Tribut soit parfaitement renseigné sur ce qui l'attendait. A moins que le charme d'Edwald, malgré son âge, fonctionne. Un instant, la remarque fit sourire l'Argenté. Qui se tût tout de même. Certaines plaisanteries ne valaient pas la peine d'être expliquées.

En tout cas la mise en garde était réelle. Et si ce chevalier ne disait pas grand chose, il écoutait avec attention, Haldor en était persuadé. Elle avait en quelque sorte décrypté le colosse. Tabler sur le fait qu'il ne lui serait fait aucun mal, c'était absurde. Le géant savait se défendre seul, c'était plus qu'évident, et elle l'avait sans doute déjà deviné. Mais jouer la carte de la protection d'Asgard, c'était intelligent. Le genre d'intelligence tactique dont était totalement dépourvu Haldor, à dire vrai. Il n'avait même aucune honte à se l'avouer. Lui, il était porté sur les menaces et l'intimidation. Mais les vainqueurs de la guerre possédait une autre arme, plus redoutable encore : la peur de la destruction d'un peuple. En seraient-ils capables ? Le porteur de Gamma en doutait. Mais le risque était suffisant grand pour contenir le conseil des Ases. Et rien que cela, c'était fort.

Le reste de la route se fit dans le silence. Mais bientôt, alors que le temps se faisait doucement mais surement plus clément, Edwald ralentit l'allure. Pas par fatigue. Mais parce qu'ils sentaient que rapidement, ils allaient devoir se séparer. La frontière approcherait à grand pas. Lui, il connaissait le chemin. Haldor, pas vraiment. Resteraient-ils sur les Terres ? Existait-il un passage par la mer pour gagner du temps ? Il n'en savait rien. Et si la présence d'Edwald l'avait quelque peu canalisé, il allait devoir faire sans pour sa propre mission. Et il imaginait déjà le reste du chemin avec lui et le glaçon. Ça promettait quelque chose de grand... Vint enfin le moment de se quitter. Il n'avait pas fait long feu ensemble. Mais Edwald sentait qu'il devait partir avant d'arriver aux frontières. Et ce n'est pas Haldor qui l'en empêcherait. Ils se saluèrent sobrement. Ni l'un ni l'autre n'étant très porté sur les émotions de ce genre.
    - Chevalier du Verseau, ce fut un plaisir que de faire votre connaissance. Je vous souhaite bonne route. Que notre Seigneur Odin vous protège !

Ils se quittèrent là, chacun bifurquant de leur côté. Le colosse n'était pas triste. Seulement ravi d'avoir pu partager un moment mais les pensées déjà tournées vers son avenir qui se rapprochait de plus en plus.
    - Hey ? J'propose qu'on accélère un peu la cadence, si tu veux bien. On sera plus retardé maintenant que nous sommes à deux. Et c'est pas que j'ai hâte de me retrouver chez toi mais on va pas rester là des plombes. Ça te convient ?

Réajustant son arme qui trônait toujours dans son dos, il attendit le retour du chevalier. Ils avaient possibilité d'augmenter la cadence, clairement. Encore fallait-il que sa gardienne ne soit pas déjà trop exténuée. Mais même si tel était le cas, il savait qu'elle ne dirait pas un mot.
    - T'as toujours été aussi bavarde ou tu fais des efforts pour me faciliter la vie ? J'apprécie en tout cas. Toujours sympa de briser la glace... Pas comme si y'avait un froid entre nous, quoi.

Ironie, quand tu nous tiens... En tout cas, fier de sa connerie, il éclata de rire. Comme quoi, il ne lui fallait vraiment pas grand chose à lui.
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Mer 11 Nov - 11:51
Un instant, le regard du chevalier d'or vint se poser sur le visage du colosse. Juste un instant qui aurait pu être rêvé. Derrière son masque d'argent, ses propres pensées demeuraient dissimulées, ses émotions tout autant quand bien même son visage était en réalité aussi peu mobile que l'artifice le recouvrant. Un froncement de sourcil peut-être. Ou bien simplement une vague méfiance. Si le Grand Pope était le chef de leur armée, il était également l'ennemi à abattre pour toutes les autres nations. Le verseau n'était pas forcément le plus versé dans l'art de la stratégie, mais cela ne l'avait pas empêché d'apprendre à corps et à cri que le meilleur moyen de vaincre un groupe restait d'en couper la tête pensante. Évidemment, il n'était pas unique puisqu'au dessus de lui se tenait la Déesse aux yeux Pers, mais malgré tout, le risque n'était pas à négliger. De nouveau, le silence s'installa. Il se fit plus mesuré, plus attentif, presque contemplatif. Les pas du cheval ralentissait, et bien vite, Edwald prit congé. Échô ne connaissait pas avec exactitude les frontières de ce pays, et la carte dans sa sacoche n'aurait été que peu précise à ce sujet. Les natifs seuls savaient où s'arrêtait leur contrée. « Bon retour parmi les votre. » De la politesse la plus élémentaire qui ne valait rien de plus. La fleur des glaces contempla l'homme s'éloigner sur sa monture avant que le géant ne vienne proposer d'accélérer la cadence. Nullement dérangé par sa proposition, le chevalier acquiesça. Son cosmos était suffisamment important pour le lui permettre aujourd'hui. La fatigue ne l'arrêterait pas. « Cela me convient. »

Si il ne lui était pas nécessaire de faire durer cette escapade plus que de raison, il ne fallait pas hésiter. Le sud, toujours plus au sud. Athènes les y attendait, et enfin le Sanctuaire. Bientôt. « Je parle quand j'ai quelque chose à dire. » La moquerie et l'ironie de ses propos ne l'atteignaient que peu. A croire que le second degré lui était totalement inconnu. Le laissant à ses rires, le verseau reprit son avancée, accélérant comme cela avait été convenu avec le guerrier divin. Si ils parvenaient à maintenir ce rythme, ils seraient au Sanctuaire d'ici une poignée de jours - une poignée relative, mais à l'échelle d'un humain ordinaire, cela ne soufflait d'aucune comparaison. La suite du voyage ne fut qu'aussi peu animé, le chevalier d'or se contentant du stricte minimum, préférant mettre son énergie au service de leur marche rapide plutôt que pour proférer quelques paroles futiles. La curiosité ne paraissait pas être d'un de ses défauts et si le guerrier de Gamma comblait par moment le silence de paroles tantôt ironiques, tantôt moqueuses - ou agacées - la réaction du guide demeurait bien souvent égale, laconique.

Le jour laissa place à la nuit plusieurs fois dans cette ambiance avant qu'ils ne soient contraint de passer par un village. La chasse était tout à fait possible, mais ils perdraient moins de temps à récupérer auprès de marchand ce dont ils avaient besoin pour terminer leur périple. Cela leur permettrait également de vérifier leur route, non pas que Échô craignait de les avoir perdus, mais sa nature prudente préférait s'en assurer. « Restez là, je vais m'en occuper. Je n'en ai pas pour longtemps. » Vérifiant que sa cape dissimulait correctement son armure, la fleur des glaces vint cacher son visage dans l'ombre d'un capuchon. Nul besoin d'attirer plus l'attention que nécessaire - la silhouette du colosse suffirait bien à attirer les regards et son épée sur son dos, la méfiance des villageois. Échô n'était pas bien plus amène, mais au moins sa carrure était bien plus discrète. Un instant cependant, le chevalier d'or hésita, se questionna avant d'abandonner son compagnon d'infortune à l'entrée du village. La silhouette dissimulée parcouru l'avenue principale à la recherche de ce dont elle avait besoin quelques vivres et quelques renseignements seulement. Le village n'étant pas particulièrement vaste, bien au contraire, le chevalier récupéra bien vite de quoi terminer leur périple et vérifier que le chemin emprunté était le bon. Ne s'attardant guère, le verseau s'échappa aussi rapidement qu'il était arrivé, retournant là où ils s'étaient séparés.

Une voix forte et reconnue lui fit accélérer la cadence. Peut-être auraient-ils dû ne pas se séparer finalement. Ce n'était cependant plus l'heure des regrets.



Dernière édition par Échô le Jeu 12 Nov - 12:03, édité 1 fois
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Mer 11 Nov - 21:47
Il ne lui avait pas répondu mais la laissa faire, préférant ne pas perdre de temps dans ce village qui lui paraissait bien misérable. De toute façon, il avait bien d'autres chats à fouetter. Comme poser son cul et en profiter pour se délasser un peu. La marche rapide, c'était quelque chose. Certes, ils pouvaient tenir la cadence mais cracher sur un repos bien mérité n'était pas dans les habitudes du géant. Plantant sa lame dans le sol - comme il en avait si souvent l'habitude - il sortit la précieuse amulette de son paternel, la représentation du Serpent-Monde, et s'amusa avec. Cela le détendait. Puis il y avait quelque chose de presque nostalgique dans cet objet, qui faisait remonter certains souvenirs. Pas ceux liés à Edwald. Mais plutôt ceux liés à l'acquisition de sa Godrobe. Une étape importante pour chaque chevalier. Mais qui l'était plus encore pour cet homme.

Afin de ne pas attirer l'attention outre mesure, il avait enfilé le pseudo manteau pour recouvrir son armure et son visage. Encapuchonné, il était ainsi impossible de voir ce qu'il portait et difficile de discerner son visage. Très mystérieux tout cela mais pas si rare que cela : les voyageurs usaient souvent de ce stratagème pour ne pas se faire remarquer. Question d'usage, sans doute. Des éclats de voix retentirent à proximité de sa position, tirant le géant de sa torpeur. Puisqu'il n'avait rien d'autre à faire, il prit la décision d'aller voir. Cela semblait proche et si le Verseau finissait plus tôt que prévu, il ne lui serait pas difficile de le retrouver.

Attrapant sa lame qu'il repositionna dans son dos, il rejoignit la place en question. Un peu à l'écart du village se trouvaient quelques constructions éparpillées ça et là. Sans doute les plus pauvres, qui se servaient d'objets de récupérations pour se faire des abris de fortune. Cela ressemblait pas vraiment à des habitations mais ce n'était pas la première fois que Haldor voyait cela. Près d'une des constructions en bois massif se trouvaient des hommes en armes, tambourinant à la pseudo porte de la maisonnette - pouvait-on réellement appeler cela ainsi ? - et hurlant à qui mieux-mieux. Curieux, le géant s'approcha. Sa silhouette fut évidemment repérée immédiatement et les hommes reculèrent, pointant leurs armes vers lui. A mieux y regarder, il ne s'agissait là que de fourches, morceaux de bois et même une hache rouillée. Rien de bien inquiétant pour lui. Ce qui lui arracha un sourire.
    - Houlà, on s'calme tout de suite. C'truc dans mon dos, c'pas que pour faire joli. Alors on baisse tout ça et on m'explique c'qui s'passe. Le premier qui me menace ou qui fait mine de vouloir m'attaquer, j'vous préviens, j'le déboite.

Il pointa un instant du doigt l'arme massive qui dépassait. Ils n'étaient en rien des soldats, tout juste des paysans. Ils n'avaient aucune chance face à lui. L'un d'eux, un homme dans la force de l'âge, s'avança, gardant toutefois fermement sa fourche entre les mains. Il n'était clairement pas sûr de lui mais Haldor ne lut aucune combativité dans son regard. Il n'avait rien à craindre de lui.
    - On n'a rien contre toi. Mais comprends-nous, quand on t'as vu arriver, on a pensé que tu venais pour l'aider. On peut pas le permettre. Pas après c'qu'il a fait.

Les autres jetaient des regards vers la petite bâtisse. Haldor en déduisit que le mec qu'ils recherchaient était terré à l'intérieur. Aucune échappatoire, il ne pourrait pas éviter ces types. Mais malgré l'apparente fragilité de la maison, elle tiendrait bon face à ces gars. Le bois était costaud dans la région et il faudrait plus qu'une hache émoussée pour entamer la solidité de la porte. Un siège était possible. Mais ils n'étaient pas des soldats. Restait à élucider une dernière chose avant de les laisser à leurs histoires. Chacun sa merde, après tout.
    - J'suis pas vraiment du coin, mon gars. Et très franchement, rien à foutre du mec à l'intérieur. Chacun sa merde. J'ai juste été attiré ici par les cris. Mais maintenant, j'dois dire que t'as attisé ma curiosité. Il a fait quoi l'bonhomme ?

Peut-être de la curiosité mal placée mais il s'en moquait. Il posait les questions. Et attendait les réponses, cela n'allait pas autrement. L'homme face à lui baissa les bras, en proie au désespoir. Mais c'est de la colère qu'il lut dans son regard.
    - Ma fille. Ma petite fille. Il... Elle n'avait que douze ans. Douze ans. Et il...

Il était inutile qu'il en dise plus et il le sut. Malheureusement, ce genre d'atrocité arrivait. Plus souvent qu'on ne voulait bien le croire. Haldor se moquait généralement des problèmes des autres. Mais il était un guerrier d'Odin. Une guerre bien plus importante retenait son attention. Qu'on se déchire face à lui, qu'on assassine sous ses yeux, il en avait clairement rien à faire. Mais là.
    - Sauf que personne nous croit. Il s'en est sorti. Il allait quitter le village et retourner dans le sien sans payer pour son crime. Mais nous, on peut pas le laisser faire. Tant pis si personne ne veut nous entendre, on s'fera justice nous-même. Il mérite de crever ! Mais ce chien nous a vu venir. Il a envoyé quelqu'un pour aller chercher de l'aide. Et s'est enfermé ici en attendant. On a plus beaucoup de temps. On peut pas le laisser s'en tirer.

Sans un mot, sans même prendre le temps de s'expliquer, il s'approcha de la bâtisse, décrochant d'un geste son arme massive. L'extrémité de la lame traça un sillon dans le sol. La folie qui brillait dans son regard fit reculer les hommes présents. Une aura argentée enveloppait désormais le géant. Il s'arrêta face à la porte. Et se mit à hurler sa mise en garde.
    - Je te laisse dix secondes pour sortir et te rendre à ces mecs. Si t'as pas bougé quand j'ai fini, c'moi qui entre. Toi, là. C'toi qui va compter pour moi.

Il désignait l'inconnu de l'index, ne lui laissant clairement pas le choix. Celui-ci hésita mais le regard incisif d'Haldor - qui venait de faire tomber sa capuche, dévoilant son air féroce, le persuada de débuter le décompte. 1... 2... 3... Dans son dos, un courant d'air froid le fit frissonner. Inutile pour lui de se retourner. Le Verseau était revenu. Mais là, elle n'aurait pas son mot à dire. Dans son intérêt à elle. C'est pour ça qu'il lui adressa ces quelques mots, presque à voix basse, mais dans lesquels on sentait clairement qu'il ne plaisantait pas cette fois.
    - Il s'agit ici de justice. Peut-être pas au sens que toi ou tes potes du Sanctuaire l'entendez mais c'est la mienne et celle de mon peuple. Quoi qu'il arrive, que le mec sorte ou non, ne te mets pas sur mon chemin.

Pas sûr qu’elle s'y intéresse, elle qui se détachait de toute émotion, néanmoins il préférait s'en assurer. Pendant qu'il parlait, l'autre homme arrivait au bout du décompte. 9... Et 10. Et maintenant ?
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Jeu 12 Nov - 22:32
Le pas pressé du Verseau fut aussi discret que de coutume, ne laissant derrière sa passe qu'un éclat de givre s'attardant sur le sol foulé. La voix du guerrier du nord lui était parfaitement reconnaissable, ses intonations virulentes parvenant sans peine à couvrir les discours plus discret des badauds. Des villageois murmuraient sur son passage, troublés par ce remue ménage qui apportait un regain de peur dans les cœurs esseulés. C'est Jarek non ? Je crois. Depuis que sa fille est morte... Tuer tu veux dire. Il y a un autre... Des paroles qui s'envolèrent, se répercutèrent et s'échappèrent toutes aussi vite. Juste des mots murmurés, inquiets, perturbés. De la colère sans doute. De la douleur peut-être. De la compassion surement. Des sentiments s'étiolant dans la brise froide qu'apporta le chevalier drapé dans sa cape, son visage masqué dissimulé sous son sombre capuchon. Qu'avait à voir Gamma là dedans ? Les bribes de conversation ne suffirait guère à le savoir, et c'est en accélérant l'allure que la fleur des glaces put constater d'elle même la nature du rassemblement. Pas exactement. Plusieurs hommes s'étaient regroupés, sur les visages se disputaient des sentiments contradictoires, de la peur et de la colère, de la peine et de l'empressement. Armés de quelques outils plus à même de frapper la terre que les hommes, ils entouraient une demeure de bois paraissant branler de toute part. Une pauvre masure qui d'un simple souffle aurait paru s'écrouler, tout du moins était-ce ce que des gens comme eux pouvaient sans doute penser. Des êtres dont la force dépassait celle du commun - de ces pauvres gens qui arme de fortune aux poings, clamaient vengeance. Car c'était de cela qu'il s'agissait. De la vengeance, ni plus, ni moins. Une vie pour une vie, n'était-ce pas ce qui était écris ?

Le givre s'épanouit autour de sa silhouette drapée, la peur vint s'insinuer sur les visages des manants qui se détournèrent sur l'être ainsi voilé. La voix forte du géant en figea la plupart qui durent comprendre que cette étrange créature de laquelle émanait ce froid sinistre était avec lui. Justice. Était-ce réellement cela ? Un mot clamé bien facilement à la face d'un chevalier servant la Déesse qui la personnifiait. Le compte à rebours fut bientôt terminé. Le silence fut seul à régner. Agir. Était-ce ce qui l'intéressait ? Lentement, le masque se détourna, contempla sans un mot ceux qui attendaient, tremblant tels des animaux. Justice. Une vie pour une mort. Une mort pour une vie. La justice d'Athéna... La fleur des glaces se détourna du spectacle, un instant, juste le temps d'apercevoir des hommes armés s'approcher. Des vraies armes de fer et de lame, non de vulgaire outil de la terre. « Hé toi le gros dégages de là ! » Quelques cris. Quelques acclamations de surprise. Le décompte se fit rapidement. Ils étaient six. Six hommes armés à l'apparence patibulaire qui n'aurait rien eu à envier à un guerrier du nord. Enfin, pour un guerrier du nord commun, cela aurait été le cas, mais Gamma n'était pas de ceux à qui l'on pouvait aisément se comparer. Déjà, les badauds reculaient, si ce n'était ce père dont la soif de vengeance se disputait au désespoir de voir la cible de sa haine s'échapper. L'avantage du nombre semblait leur suffire. Si trompeur. Sa mission seule importait. La justice, elle... « On t'a dis de dégager ! » Ils s'avancèrent, l'arme à la main. Ses paupières s'éteignirent alors que l'éclat de son cosmos flamboya un instant. Entre ses doigts vint se glisser un éclat glacé alors que la silhouette toute drapée de ses sombres atours se porta face à eux. « Je ne peux vous laisser faire. » Un murmure qui se perdit dans un silence mortuaire. Une lame glacée et grossière qui vint s'abattre. Le fer qui tinta et résonna, s'échappa de main devenue bien malhabile. Le froid étreint toujours ses cibles.

Un instant, c'est le temps qu'il fallut à la fleur des glaces pour se débarrasser des combattants. La surprise laissa sa place à la peur alors que le masque d'argent toisa les corps. Le froid se faisait plus prégnant et d'un pas vif, le chevalier s'écarta laissant la lame de glace disparaitre sous sa cape brune. Peut-être étaient-ils morts. Cela ne semblait que peu l'affecter. Le silence était seul à demeurer alors que le visage de fer vint se poser sur le guerrier du nord puis sur celui dont la haine n'avait d'égale que sa peine. On y voyait la même chose. Un gouffre sans fond. Un reflet imparfait. Illusoire et trompeur. « Tuer cet homme ne pardonnera pas votre faute. » Mensonge ou vérité ? Le soulagement laissera place au vide. L'éclat se fit surprise dans ces prunelles perdues puis disparut tout à fait. Qu'est-ce que...? Des émotions qui se brisèrent sur un masque lisse. Détaché. Insondable. Son ton était égale. Atone. Son aura n'en paraissait que plus glaciale encore - où l'était-elle réellement ? Sans doute n'était-ce pas qu'une impression, le givre s'étalant sur le sol en une corole pâle tout autour de sa silhouette engoncée. La main libre du Verseau vint replacer son capuchon pour dissimuler le métal à la morsure du soleil, s'échappant de quelques pas avant de laisser au guerrier de Gamma, de nouvelles paroles. « Faites ce que vous avez à faire, mais faites le vite. Nous avons assez perdu de temps ici. » Ne lui suffisait-il pas d'un simple coup pour détruire cette porte branlante ? A moins qu'il ne croyait que cet homme ferait face à son crime ?

A moins que...
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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Sam 14 Nov - 23:52
Les voix s'éteignirent rapidement, laissant place au froid glacial, au silence, et aussi à la peur. On ne défiait pas un Saint d'Athéna sans en payer le prix, le Verseau le prouvait. Elle était intervenue pour éviter au colosse d'être prit à parti, selon toute vraisemblance. Cela n'était pas nécessaire mais elle jouait son rôle de protectrice jusqu'au bout, ce qui était tout à son honneur. Le colosse fit craquer ses os alors que les paroles du chevalier lui arrivaient. Agir. Mais agir vite. Un simple regard en arrière lui fit comprendre qu'il n'avait de toute façon pas le choix : cet homme possédait les ressources suffisantes pour s'allier des mercenaires de ce calibre. La justice des hommes ne pourrait rien faire ici. Restait donc à accomplir la justice des Dieux. La porte ne s'était pas ouverte mais de cela, il s'y était attendu. Il reporta son attention sur le père, désormais tétanisé. C'était une chose que de réclamer vengeance. C'en était de toute évidence une autre que d'aller au bout, surtout face à deux soldats dont la nature échappait à toute logique.

L'Argenté poussa un simple soupir. Prélever la vie des hommes ne lui posait aucun problème. Il avait averti. Un premier pas. Son aura se fit plus oppressante. Un second pas. Sa main, armée de son sabre massif, s'éleva dans les airs. Un troisième pas. Un éclair argenté illumina un très bref instant les rétines des hommes ci-présents. Le fracas de la porte qui se brise prit la suite. Le sol semblait vibrer alors que des fissures apparaissaient sur toute la surface de la battisse. Un second coup : la lame se planta juste au dessus du pas de la porte. Les fissurent s'agrandirent. Le bâtiment s'écroula. Recouvrant le corps de celui qui venait d'être jugé et châtié par le géant d'Odin.

Il se recula de plusieurs pas avant de remettre son arme dans son dos. Il n'y avait aucun doute : l'homme venait de périr, emporté par les débris. Il avait perçu le cri du prisonnier. Puis plus rien. Il ne ressentait désormais plus aucune trace de vie sous ces morceaux de bois. Son regard se posa sur le père, qui lui aussi s'était effondré en ressentant le sol trembler. La peur se lisait dans le regard du malheureux. Comme s'il regrettait d'avoir fait appel à une puissance qu'il ne maîtrisait pas. Mais le regard d'Haldor ne laissait pas de place au jugement.
    - Tu as eu ce que tu cherchais. Inutile de regretter, maintenant.

Il s'approcha d'Échô.
    - T'as raison, on a perdu trop de temps. On part !

Ainsi s'éloignèrent-ils, sans un autre regard en arrière. Ils restèrent l'un et l'autre silencieux un moment. Pas étonnant de la part du Verseau mais il en était tout autre de la part du géant qui, d'ordinaire, faisait les questions et les réponses. Ce n'était pour autant pas de la gêne. Les deux chevaliers étaient des guerriers à la solde de leur peuple respectif et étaient familiarisés avec la mort. Haldor en tout cas, c'était une certitude. Soldat avant tout, sa formation et son passé faisaient de lui un soldat accompli. Sa "gardienne" avait veillé à faire les achats nécessaires à la suite de leur périple, ce qui leur ferait gagner du temps. Il y avait fort à parier qu'ils ne feraient plus de halte en ville pour le moment. Non pas par crainte qu'un tel incident se reproduise - ce n'était fort heureusement pas le genre de chose qui se produisait régulièrement - mais plutôt pour ne plus perdre de temps. Après tout, la mission importait plus que le reste. Et même Haldor ne le contestait pas. Ce pourquoi il ne lui adressa finalement que ces mots :
    - Et maintenant, on en est où ?



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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Dim 15 Nov - 15:18
Regretter. Le masque de Échô se détourna un instant sur la bâtisse effondrée par la puissance du guerrier divin. La vie n'y était plus. Plus aucun éclat si ce n'était l'écho d'un cri qui n'était déjà plus. Autour d'eux, les regards se faisaient choqués, défaits, craintifs... La mort était là, assombrissant les prunelles de ceux qui pourtant, l'avait réclamé à corps et à cri. Sous son capuchon, le chevalier d'or contempla le père effondré avant de s'en détacher tout à fait, s'avançant au côté du guerrier du nord pour reprendre leur route. Ce n'était qu'un instant dans une vie - dans chacune des leurs - pourtant, il était certain que pour ces hommes réunis ici, cette journée serait gravée dans leur cœur. La vengeance ne ramenait pas la vie. Silencieux, les deux éveillés s'échappèrent sans un regard de plus pour ce village perdu, s'éloignant sans un mot. Plus habituel pour le verseau que pour le guerrier de Gamma, mais l'était-ce vraiment ? Des souvenirs fugaces. A la fin, seul le vide demeure. Le vide et le silence. Le froid uniquement. La voix du géant vint troubler les pensées éparses du chevalier d'or qui redressa son visage figé vers lui. Où est-ce qu'ils en étaient. Les doigts de la fleur des glaces vinrent un instant se crisper sur l'arme façonnée en toute hâte quelques minutes plus tôt qui demeurait toujours dissimulée sous ses atours. Tant que sa main ne la lâcherait pas, elle resterait aussi glaçante. Son pouvoir la maintiendrait.

Le Verseau observa un instant l'arme de glace qu'il dévoila à la lumière. Elle demeurait grossièrement taillée mais d'une finesse faisant penser à une simple épée. Pas une arme que les saints d'Athéna se devaient d'employer de coutume, elle qui leur avait interdit l'utilisation de pareil outil de mort. Relâchant la lame dans le cours d'eau qu'ils longeaient, Échô s'écarta du liquide miroitant avant de finalement répondre à sa question. « Nous sommes à une dizaine de jours de route d'Athènes à cheval. Si nous nous maintenons à ce rythme, nous y serons d'ici quelques jours. » Bientôt, cette mission serait achevée. Peut-être était-ce de l'impatience, peut-être la fleur des glaces se languissait-elle de son temple. Cela lui paraissait absurde. Ce n'était pas comme si ce dernier lui était si familier, loin s'en fallait. Seule sa mission importait. Uniquement elle. Leur route reprenait à cette même allure, ignorant la fatigue de ces jours à marcher à pas vifs et du sommeil léger qu'ils parvenaient à glaner de ci et de là, lors de ces nuits trop courtes agrémentées de ses images lointaines. Perdues. Les jours qui se suivaient, se ressemblaient... Silencieux, agrémenté de quelques paroles, de fausses discussions. Le dernier jour. Le masque figé du chevalier d'or vint embraser le paysage. Un paysage au combien familier, paraissant désertique, fait de reliefs et de bosquets éparpillés baignés par un éblouissant soleil, accablant de sa chaleur ce pays coutumier à sa morsure - moindre encore au vu de l'époque. Le froid autour de sa silhouette n'en demeurait pas moins prégnant, l'auréolant dans son manteau de givre.

Si ils continuaient un peu. Rien qu'un peu plus... « Nous serons au Sanctuaire dès demain. » La voix du Verseau vint troubler le silence pour la première fois depuis de longues heures. Perdu dans un ailleurs inaccessible, la fleur des glaces s'était faite plus distante encore, plus pressée peut-être, difficile d’interpréter son attitude avec aisance. Le soleil déclinait, et bientôt, ils s'arrêteraient afin de se ménager quelques heures de repos sans doute mérité. Pourtant... Au loin, ils pouvaient percevoir dans l'éclat rougeoyant du crépuscule un scintillement irréel. Si ils déviaient à peine de leur trajectoire, prenant un peu plus à l'Est, ils pourraient en distinguer toute l'étrangeté. Brillant, scintillant comme quelques éclats de pierres précieuses brillants dans le firmament, si ce n'était que cela paraissait recouvrir la terre elle même comme un voile. Lointain. Le froid se fit bien plus mordant autour de la silhouette qui se détourna de cet éclat lointain. Troublé ? « Arrêtons nous ici pour cette nuit. » De coutume, c'était plutôt le guerrier de Gamma qui s'arrêtait, obligeant la fleur des glaces à faire de même sans que cela ne paraisse lui coûter. Comme quoi tout pouvait changer. Peut-être parce que connaissant les lieux, le chevalier songeait que c'était ici qu'ils seraient le plus à même d'être tranquille ? Les voyageurs étaient peu nombreux, et sur ces routes escarpés fait de dénivelé et de reliefs divers, ils se faisaient encore plus absent. Ce n'était pas un problème pour eux, quand bien même cela les ralentissait également. La Grèce était ainsi, le Verseau en était habitué. N'était-ce pas sa contrée ?

S'installant au creux d'un relief, d'une petite montagne surmontée de quelques bosquets, arbres sec mais vigoureux mordus par un soleil ardent, Échô se permit un instant de repos. Le givre autour de sa silhouette déjà s'épanouissait, glissait sur le sol en de longue trainée blanchâtre qui s'étendirent plus encore. Un peu plus que normalement ? La fatigue peut-être. Ou autre chose. Cet éclat dans le lointain ressemblait presque à ce voile de givre...

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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Lun 16 Nov - 19:40
Il attendit quelques instants, s'assurant que la fatigue était réellement plus grande que sa méfiance. Alors que la fleur de glace s'épanouissait face à lui, il se leva. Le repos était certes nécessaire, mais la curiosité du colosse était plus grande encore que le sommeil. Afin de ne pas se montrer belliqueux aux yeux de ceux qu'il pourrait croiser - même si les âmes environnantes se faisaient plus rares, il ne souhaitait pas prendre le risque sur un territoire qui n'était pas sien - il laissa son imposante lame sur le sol. Sans véritablement prendre plus de précautions que d'habitude, il s'extirpa de la zone dans laquelle il s'était tenue jusque-là. Il ne lui fallut pas longtemps pour que le Verseau sorte de son champ de vision. Faut dire que le relief permettait rapidement de se soustraire à la vue de ceux et celles qui étaient dans le coin. Fuir n'était évidemment pas son but : laisser son arme en était une première preuve, ne pas chercher à assassiner son guide en étant la seconde.

Mais pouvoir voir de ses yeux ce qui se trouvait alentour, voilà une perspective qui lui plaisait. Après tout, dès le lendemain, il serait officiellement le prisonnier d'Athéna. Un Tribut prélevé de force. Cela signifiait qu'il n'aurait alors plus le loisir de vaquer à ses occupations habituelles. Tout du moins, plus en solitaire. Pour un homme comme lui, habitué à vivre et à s’assumer seul, c'était là une condition difficile à accepter. Cette dernière marche, cette dernière vadrouille, serait en quelque sorte un pied-de-nez au destin. Et un gros doigt d'honneur à sa faction qui l'avait désigné "volontaire".
    - Une belle bande de p'tits bâtards.

En y repensant, il se sentait en colère. Il savait que c'était sans doute lui le choix le plus évident. Mais ne pas avoir eu la chance de voir sa Prêtresse avant, ne pas avoir la chance de rencontrer un être aussi fantastique, ça lui retournait l'estomac. Pour l'heure, et c'était là le plus grave à ses yeux, il se battait et s'entraînait pour défendre les intérêts d'un dieu endormi et de sa représentante qu'il ne connaissait pas pour autant. Perdu dans ses pensées, il ne faisait pas attention à l'endroit où le menaient ses pas. Lorsqu'il releva la tête, ses yeux fouillèrent l'espace face à lui pour se retrouver face à ce scintillement q'il avait déjà vu précédemment. Qu'était-ce donc ? Il prit le parti d'essayer de s'en approcher. Une erreur, un manque de logique, mais il n'avait qu'une chose en tête : profiter. Encore et toujours.

Les montagnes lui rappelaient ses terres, même si le temps y était plus clément ici. Malheureusement, de nuit, il pouvait désormais paraître difficile de rejoindre son camp de base. Surtout lorsque l'on ne connaissait pas les lieux et que, pire encore, on ne possédait qu'un sens très limité de l'orientation. Puisqu'il ne pouvait pas faire machine arrière, il allait poursuivre. Quelque chose l'attirait par là, comme la lumière attirait les insectes. Si le parallèle n'avait rien de flatteur, il n'en restait pas moins exact. Mais ses sens, à mesure qu'il progressait, s'aiguisaient de plus en plus. Quelque chose dans l'air attisait sa méfiance. Son armure elle-même semblait vouloir préserver son porteur, l'avertir d'un danger imminent. Le colosse n'était pas qu'un sombre idiot. Ils devaient réellement approcher des frontières terrestres et cosmiques du Sanctuaire. Son armure divine le mettait en garde.

Ainsi finit-il par s'arrêter, prenant en considération qu'il ne pouvait se permettre de tomber sur une patrouille armée. Nul doute que leur approche avait été ressentie si dans les parages se trouvaient des chevaliers, même de moindre niveau. On parlait tout de même du Verseau et de Gamma. Et s'ils avaient masqués une partie de leur cosmos, ils n'en restaient pas moins suffisamment imposants. Surtout pour Haldor qui aimait laisser filtrer sa présence. Comme un avertissement à ceux qui oseraient le prendre de haut. Aussi difficile que ce soit. Se posant - quoi que le terme "se laisser tomber" soit plus adéquat - il poussa un long soupir, attrapant les quelques pierres qui gisaient à proximité. Derniers moments de solitude. Ses yeux se rivèrent sur le ciel étoilé. Il ne cherchait pas n'importe quelle étoile. Mais la sienne.
    - Aaaahhh ! Qu'est-ce que j'peux détester cette situation. T'as pas intérêt à me laisser tomber, toi. Sans déconner, j'aurai peut-être pas dû faire l'con. Ils auraient peut-être choisi quelqu'un d'autre, nan ? t'en penses quoi toi ? Hey ? HEEEEYYYY ??????

Le dernier mot avait été hurlé au ciel, comme un défi lancé à son étoile protectrice. Dans sa main, il écrasa purement et simplement les cailloux, les réduisant à l'état de poussière qu'il balança sur le sol. Son saphir luisait étrangement. Il en ignora les effets, reportant son attention sur cette sensation étrange qui le tenaillait depuis qu'ils avaient entreprit l'ascension de ces lieux.
    - C'est ça, réponds pas. J'vais faire comme d'habitude, me démerder seul. Putain d'vie à la con !



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Message Re: [Avril 550] Le tribut des Ases    Lun 16 Nov - 21:15
Une dernière journée. Une dernière nuit de liberté avant que les barreaux de sa cage ne se referment sur lui. Juste un dernier instant à profiter d'un ciel encore porteur de promesses d'ivresse. Fausses et trompeuses. Un rêve. Un mirage étincelant inaccessible que le guerrier de Gamma suivit sans jamais atteindre, s'arrêtant juste avant d'y parvenir, de l'effleurer. Il était si aisé de se perdre sur ces chemins invisibles aux communs, plus encore dans cette nuit noire. Que cherchait-il si ce n'était quelques instants de répit ? Le silence seul lui répondit. Langoureusement, l'éclat de l'aube vint jeter sur les reliefs désertiques son voile ardent. Sous la morsure de ce feu, l'éclat scintillant si lointain la veille paru tout à coup bien plus proche. Un seul regard pour embraser un paysage comme endormi, disparu sous un tapi immaculé dans ce coin reculé blotti entre deux reliefs. Là, il aurait pu y avoir un village. De ces petits villages calés entre deux montagnes qu'ils avaient déjà pu contempler durant leur périple jusqu'ici. Pourtant, il n'y avait que cet éclat scintillant, presque mirifique, étonnant. De la glace ? Peut-être. Ou bien du cristal ? Qui sait. Ou bien n'était-ce là qu'une illusion de l'esprit. Juste un mirage.

Le froid s'insinua jusqu'au guerrier divin, glissa sur le sol en des arabesques opalines, alors que sa lourde lame fut d'un seul coup plantée à son côté, par une main bien plus délicate que la sienne ne fut jamais. Le masque d'argent se détourna sur Gamma sans un mot. Pas un reproche. Pas de mépris. Pas de colère. Rien, si ce n'est ce même froid, cette même glace. Scintillant doucement. Un instant, il sembla que le visage du chevalier d'or vint se poser sur ce mirage de l'esprit avant de faire enfin demi-tour et de s'échapper, reprendre leur route. Le silence seul demeura, à peine perturbé, si rarement troublé, tant et si bien qu'à constante allure, les deux éveillés atteignirent bien vite les portes d'Athènes alors que le soleil se faisait plus haut. Enfin. Bientôt, ce fut l'aura de la déesse aux yeux pers qui vint accompagner leurs pas, et si le guerrier d'Odin devait en sentir l'amère morsure, le Verseau en fut soulagé. Sa mission arrivait à son terme. Enfin. Plus que quelques pas, une poignée de minute tout au plus à présent et son temple pourrait se faire refuge - repos.

Refuge. Quel mot étrange. Incongru. Si faux, surtout. N'était-ce pas plutôt sa propre prison ? Tout comme le Sanctuaire - Rodorio - le deviendrait pour le guerrier divin qui le suivait, contemplait ses nouveaux barreaux. Sans un regard, le chevalier d'or entraina le tribut sur les premières marches menant au premier temple. Le temple du bélier. Le regard voilé par son masque, la fleur des glaces en contempla les marches avant de s'élancer en avant. Sa mission était de ramener le tribut jusqu'au Grand Pope. Juste une volée de marche, et enfin, le chevalier d'Athéna aurait accompli sa tâche.

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