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Forum fermé. Bon jeu à tous sous d'autres cieux !
 

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 Adalrik, Augure d'Apollon

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Message Adalrik, Augure d'Apollon   Dim 29 Nov - 12:45
Pseudo
Qui est-il ?


    Nom : Adalrik
    Date de naissance : 24 mars 520
    Âge : 30 ans
    Sexe : Homme
    Armure demandée : Augure d'Apollon.


Comment est-il ?

    Apparence et Psychologie :
    D'apparence assez jeune en dépit de ses trente années révolues, Adalrik se distingue par sa longue chevelure solaire qui glisse le long de son dos. En parfaite harmonie avec la couleur dorée de ses pupilles, sa beauté et son visage angélique témoignent rapidement de son lien étroit avec le Dieu de la Lumière. Se contentant bien souvent de porter une simple toge blanche tantôt nouée à la taille, tantôt recouvrant une de ses épaules, il laisse fréquemment visible la partie supérieure de son corps, dévoilant ainsi sans aucun complexe un corps sec à la musculature saillante. Une apparence négligée? Les connaisseurs distingueront rapidement la qualité exceptionnelle du tissu de son vêtement ainsi que des dorures et broderies qui s'y agencent à la perfection. Personne ne pourra non plus ignorer les quelques bijoux qu'il arbore au niveau de ses mains et son cou, souvent bien peu nombreux mais dont la qualité ferait pâlir le plus grand des suzerains. Certains prétendent l'avoir déjà vu revêtir une tenue plus martiale dans certaines occasions mais ces moments demeurent plutôt rares et sont de ceux que les gens ne retiennent pas aisément.

    La simplicité de sa tenue semble s'accorder parfaitement avec la désinvolture dont Adalrik fait bien souvent preuve. D'apparence peu soucieux de son environnement, son regard désintéressé cache bien souvent une capacité d'analyse hors du commun. Peut-être doté du pouvoir de sonder le cœur des hommes en sus de ses dons de prophétie, Adalrik se plait à tenter de distinguer les forces et faiblesses de ceux qui lui font face. Se détournant rapidement de ceux qu'il juge sans intérêt, il ne cache pas sa passion et sa curiosité lorsqu'il parvient à identifier la beauté chez son interlocuteur. D'un simple physique de rêve en passant par des talents artistiques insoupçonnés, nombreux sont les éléments dignes d'intérêt pour celui qui prend la peine de regarder, tout particulièrement chez les éveillés. Bien imbéciles seraient néanmoins ceux qui voient dans ce comportement une marque de simplicité ou naïveté. Car la plus grande force d'un Homme peut bien rapidement devenir sa faiblesse pour celui qui sait l'exploiter efficacement. Et lorsque l'heure du changement sonne son dernier coup, bien mal en prenne à ceux qui pensent être maîtres de leur Destin... Alliés ou ennemis, qui peut savoir ce qu'il sera demain?

    Son Histoire

      Nombreux sont les Hommes cherchant à créer des Empires qui perdureront pour des siècles. D’autres encore consacrent leur vie à la recherche de l’immortalité, espérant faire partie de ce monde jusqu’à la fin des temps. Mais d’aucun ne connait réellement le paradoxe qui frappe ce monde et brise inlassablement leurs espoirs. Une seule et unique chose est et demeurera immuable au fil des siècles et des cycles : le changement. Des rois naissent, des peuples meurent, des empires chutent et des nations émergent. Un éternel recommencement que personne ne parviendra jamais à stopper, tant qu’Il y veillera. Tant que nous y veillerons.

      Mon histoire commence à Rome en 520, 30 ans exactement avant les évènements actuels. Fils de celui que l’on connait maintenant comme Theodoric Le Grand, mon avenir aurait pu être celui d’un Roi régnant sur une partie de l’Italie et l’Espagne. Et peut-être même bien plus encore. Mais pour qu’un tel chemin se trace devant moi, encore aurait-il fallu naître d’une autre mère. Car si Theodoric constituait bel et bien la première partie de mon héritage, la seconde partie n’était autre qu’Aurora, simple servante veillant aux moindres désirs de la fille du roi, Amalasonte. Et visiblement parfois aux désirs d’autres membres de la famille royale… Une situation qui eut pour conséquences de me faire passer du rang de futur roi magnanime et aimé de tous à celui de bâtard qui avait la chance de demeurer en vie mais qui allait devoir se trouver une place s’il souhaitait le rester longtemps. Enfin, chance je ne sais pas s’il s’agit du bon mot. Mais certaines rumeurs disent que le roi Theodoric avait décidé de nous envoyer loin, ma mère et moi, afin d’éviter toute situation dérangeante, mais un songe fait quelques jours avant ma naissance l’aurait convaincu de n’écarter que ma mère, et me conserver alors à proximité. Nul ne put jamais me donner davantage de précisions.

      Ce détail évincé, je fus donc confié à une autre servante d’Amalasonte qui eut pour objectif de me garder près d’elle jusqu’à ce que je n’aie plus besoin de ses seins, et de me faire ensuite élever et former à tous les us et coutumes goths ainsi qu’à la confession arienne. Pour cette seconde partie, j’admets bien volontiers, aujourd’hui encore, que je ne suis jamais réellement parvenu à saisir l’intérêt de cette étrange foi. Mais pour une raison tout aussi étrange, le roi semblait tenir tout particulièrement à cet apprentissage. Peut-être me réservait-il un projet bien spécifique mais le destin avait décidé qu’il ne se réaliserait jamais puisque la mort vint frapper le roi en 526, amorçant la fin d’un cycle de paix qui avait duré près de 30 années.

      Avec la mort du Roi Théodoric commença le règne de la Reine Amalonte. Enfin, du nouveau grand roi Athalaric mais peut-on vraiment considérer un enfant de 10 ans comme véritable roi d’un tel empire ? Surtout lorsqu’on connait la suite de son histoire. Enfin, peut-être ne devrais-je me montrer aussi cynique à l’égard de cet enfant car son jeune âge représenta une part importante de mon salut.

      Lorsque mon père décéda de prétendue dysenterie, Audoflède, sa veuve, y vit l’opportunité de faire quelque nettoyage au sein de tout ce qui avait vocation directe ou indirecte à la déshonorer. En commençant évidemment par les bâtards que son défunt époux avait eu la virilité de faire avec des femmes plus jeunes. Néanmoins, mon jeune âge – 6 ans – me rapprochant fortement de l’âge du nouveau roi – dont je constituais d’ailleurs indirectement un oncle – la Régente Amalasonte eut la présence d’esprit d’exiger ma survie afin de me prendre à son service, une fois l’âge suffisant atteint. Ainsi que – raison qui devait demeurer officieuse – pour offrir à son enfant un compagnon de jeu du même âge, lui permettant probablement de moins souffrir des nombreuses responsabilités qui allaient peser sur sa personne.
      Je passai ainsi la suite de mon enfance aux côtés du jeune roi, occupant le poste de jeune serviteur lorsqu’Amalaric était à la vue de tous et ami de sa majesté lorsque les yeux et oreilles indiscrets se décidaient à retourner chez eux. Très formatrice, cette période me permit de découvrir toutes les joies de la vie à la cour et tout ce que devait endurer un dirigeant placé en contact des politiciens. Je ne compte plus les fois où Amalaric revenait le soir en me suppliant de prendre sa place pour une toute petite journée, enviant la place de serviteur qui était la mienne.

      « Demain, on échange nos rôles. Je ne supporte plus de tous les voir, avec leurs sourires qui ne veulent rien dire…. »


      « On peut commencer maintenant si tu veux. Va me chercher une collation en cuisine, Amalaric. Et ne traîne pas ! » Répondais-je souvent sur un ton amusé, laissant ainsi retomber, pour quelques secondes, toute la pression accumulée sur les épaules du jeune roi.

      Au moins, cette situation me prouvait que personne ne pouvait jamais être réellement satisfait de sa propre place. Même les rois. Comme si tous aspiraient, sans vraiment s’en rendre compte, à l’avènement de nouveaux cycles, à de nouvelles phases de changement. En tout cas, en sus de la découverte de ce monde et de son étiquette, je me découvrais un intérêt tout particulier pour les intrigues qui le peuplaient. Et, comme pour se vider la tête, le roi me contait ouvertement les affaires qu’il gérait chaque jour et les illustres personnes qu’il avait l’opportunité – ou la contrainte – de devoir côtoyer. Un petit manège qui se poursuivit pendant environ 4 ans, durée nécessaire pour que j’atteigne mes 10 ans et donc l’âge nécessaire pour me confronter à de nombreux enseignements.

      530, la fin de ma première dizaine. La reine Amalasonte avait décidé qu’il était temps de me séparer partiellement de son fils. Peut-être estimait-elle que ma présence l’influençait de façon trop importante, ou bien simplement qu’il était temps que je passe aux choses sérieuses. Nulle importance puisqu’un matin – le lendemain de mon anniversaire - alors que je m’apprêtais à entamer une journée des plus classiques, je fus convoqué dans la chambre de la reine pour m’annoncer la nouvelle tournure que devait prendre mon destin.

      « Adalrik, tu as enfin l’âge de devenir un homme et il est donc temps pour toi de te comporter comme tel. Prépare tes affaires car demain, tu rejoindras une garnison pour apprendre l’art de la bataille plutôt que celui de serviteur. Qui sait ce que l’avenir te réserve mais il faut être prêt à tout. »

      Une part de moi avait souhaité protester, m’effrayant devant la soudaineté de ces changements, mais s’il y avait bien une chose que j’avais apprise lors de ces dernières années, c’était que les ordres de la Régente – même si cette dernière faisait souvent preuve d’une humanité peu commune – ne pouvaient être contredits. Je me retrouvai donc catapulté, du jour au lendemain, au statut de simple soldat en formation après avoir été l’ami et confident du roi. Nouvelle désillusion ? Pas vraiment car j’allais découvrir bien vite que je pouvais aisément trouver ma place dans ce nouvel univers. Certes, je ne possédais aucune base de quelque sorte que ce soit dans le maniement d’une épée, d’une lance ou d’un bouclier. Ne parlons même pas des flèches qui risquaient plus souvent de transpercer mes alliés que mes ennemis. Mais alors que je progressais lentement dans ces compétences toutes nouvelles, je me découvris de façon inattendue des talents insoupçonnés de stratège. Pendant plusieurs mois, je m’efforçai d’écouter et de comprendre les stratégies et tactiques mises en place par mes supérieurs et enseignants. Et alors que seule une demi-année s’était écoulée, je parvenais déjà à en appliquer et répliquer la plupart. Peut-être cette aisance était-elle liée à ma manière d’aborder ces situations comme des jeux où il fallait avoir la meilleure stratégie pour espérer gagner la partie. Mes qualités furent très vite remarquées par mes enseignants qui n’hésitaient pas à les exploiter et aguerrir à la moindre occasion. Tel un rocher qu’il fallait sculpter pour en obtenir le meilleur résultat. J’étudiais les stratégies, j’appliquais les stratégies, je proposais des stratégies. Elles rythmaient ma vie et je dois dire qu’il m’arrivait même parfois d’en rêver. C’est peut-être à cette époque d’ailleurs où apparurent mes premiers rêves étranges. J’apercevais parfois une de nos armées s’apprêtant à combattre, observant la stratégie qu’ils avaient choisi de suivre et constatant les failles de celle-ci. Je tentais de les prévenir des erreurs qu’ils avaient commises mais personne ne souhaitait m’écouter. Et la bataille se transformait en un bain de sang et de hurlements… me sortant brusquement de mon sommeil. La première fois, je décidai de ne prêter aucune attention à ce rêve, considérant qu’il ne s’agissait que d’une conséquence fortuite de mon entraînement intensif. Même lorsque j’entendis, quelques jours après, qu’une de nos armées venait de subir un revers important. Mais quand cet évènement se reproduisit, je fus forcé d’admettre que ces coïncidences étaient bien troublantes. J’essayai alors d’en parler à un de mes professeurs qui me conseilla de me reposer avant de passer pour un fou et redevenir serviteur. Que je devais arrêter de me prendre pour plus qu’un simple élève parce que j’avais été élevé au palais. Bref, je compris qu’il valait mieux éviter ce sujet et l’enterrer au fond de mon esprit.

      Ainsi, mon apprentissage se poursuivit sans encombre tandis que je faisais de mon mieux pour ignorer ces étranges songes qui continuaient de me hanter. Au bout de trois ans, alors que mon apprentissage m’avait apporté de nombreuses cordes à mon arc, j’eus la surprise de me faire convoquer au palais par le roi lui-même alors que j’avais commencé à me demander si celui-ci se souvenait encore de moi. Pas une fois pendant cette période, je n’avais reçu de ses nouvelles. Pourtant, sans aucune justification, je fus accueilli comme si de rien n’était, apprenant qu’il souhaitait que je fasse partie de sa garde personnelle et de ses conseillers. Trois années. Lui-aussi semblait les avoir mises à profit. Bien moins enfantin, plus sûr de lui, et toujours aussi éreinté visiblement. La tâche de roi ne semblait l’avoir épargné. Pourtant, alors que je redécouvrais lentement les joies de me retrouver loin de la garnison, je constatai bien rapidement que notre complicité n’avait pas vraiment changé. Plus distant les premiers jours, il ne lui fallut pas plus d’une semaine pour recommencer à se confier et moins de deux pour qu’il décide de m’emmener partout avec lui. Ses sorties, ses rencontres diplomatiques, ses assemblées interminables mais aussi à ses moments de détente. Le temps faisant, l’enfant roi avait grandi et avait trouvé de multiples manières de se détendre et d’oublier toutes les contraintes liées à sa fonction. Alcool, femmes, tout y passait et toute parcimonie était totalement oubliée. La plupart du temps, je l’accompagnais dans ses festivités de débauches. Et, si ma fonction m’imposait bien souvent de placer des limites plus fortes que celles de mon roi, j’admets volontiers avoir passé certaines de mes plus belles soirées pendant cette période. Même si celle-ci ne dura que peu de temps…

      A peine un an après nos retrouvailles, en 534, Amalaric fut retrouvé mort. Peu d’informations furent données sur sa mort mais les rumeurs affirmèrent qu’elle était liée à ses nombreux excès. Des rumeurs probablement très proches de la réalité. Pourtant très proche de mon roi, pas une larme ne coula sur mon visage lorsque cette nouvelle me fut annoncée. La Reine me félicita, considérant que j’étais réellement parvenu à laisser mon enfance derrière moi pour devenir un homme et me prit à son tour dans sa garde personnelle. Mais pour moi, il ne s’agissait que d’un changement inévitable qui serait bien vite suivi par d’autres évènements. La mort du Roi n’était que le début et la Reine allait bientôt découvrir que le vent tourne parfois bien plus rapidement qu’on ne pourrait l’espérer. Désireuse de conserver son autorité, elle prit la malheureuse décision d’épouser Theodat, son cousin. Un de ceux qui lui vouait probablement une des plus fortes rancunes. Mais telles étaient les règles du jeu des politiciens. Et il ne fallut pas plus d’un an pour que ce dernier choisisse de l’isoler et de l’enfermer sur l’île de Bolsena. La moitié de sa garde fut exécutée et l’autre, dont je faisais partie, accepta de se mettre au service de Theodat, leur nouveau Roi. Avec pour tâche, afin de prouver notre loyauté, de surveiller la reine sur son île. Une manière cachée de nous garder à l’œil je présume.

      La reine dépérissait lentement sous nos yeux et je dois admettre que je n’éprouvais aucun plaisir à la voir dans cet état. Et ai même hésité à plusieurs reprises à lui venir en aide. Je me souviens encore pleinement de ce jour-là de 535. J’avais apporté son repas à la reine, assise près de sa fenêtre, le regard perdu dans le vague comme à son habitude. Alors que je m’apprêtais à repartir à mon poste, elle m’avait attrapé le bras pour me murmurer

      « Les temps ont bien changé mon jeune Adalrik. Et ils changeront à nouveau bientôt. Ne fais pas cette tête car bientôt je quitterai cette tour. Je le sais, ils viennent me libérer. Ne t’inquiète pas. »

      Pendant quelques instants, j’avais tourné mon visage en direction du sien, apercevant le pendentif autour de son cou et me rappelant mon rêve de la nuit précédente. Un magnifique aigle doré volant au cœur d’une forêt, seule trace de lumière dans ce dédale d’obscurité. Puis soudain, plusieurs flèches sortant de l’ombre et se plantant dans la gorge de l’oiseau finissant sur le sol dans une mare de sang. Et puis cette voix douce murmurant dans mon esprit « Quel est ton choix ? Penses-tu que cet oiseau mérite d’être sauvé ou bien est-ce le temps des chasseurs ? ». Croisant le regard de la reine, j’avais semblé hésiter quelques secondes avant de finalement répondre.

      « Vous avez raison ma Reine. Tout change et on ne peut rien y faire. Merci pour votre confiance. »

      Je m’étais alors retourné, la laissant seule avec son repas. Un dernier regard vers la porte en la refermant alors que, ce soir-là, je ne me trouverais pas devant la porte pour interdire à toute personne de voir la Reine. Le changement était là. Et ce fut à nouveau sans aucune larme que j’aperçus le corps de la Reine, étranglée pendant la nuit, être amené hors de la tour le lendemain matin.

      N’ayant plus d’intérêt à conserver des gardes sur cette île et se doutant des conflits à venir, Theodat nous fit rappeler à Ravenne le temps de prévoir ses prochains mouvements. Néanmoins, à aucun moment il n’avait probablement imaginé que l’empereur Justinien réagirait si rapidement en envoyant un de ses plus puissants généraux envahir la Sicile, la même année. L’année suivante, les armées goths de Naples et de Rome étaient renversées par l’avancée de Bélisaire qui ne semblait laisser aucune chance à ses opposants. Le règne éphémère de Theodat se termina dans le sang tandis qu’un de ses généraux, Vitigès, prenait sa place en récompense de ses hauts faits. Malgré une tentative désespérée de reprise de Rome en 537, le cycle des goths semblait bel et bien terminé, se concluant par la prise de Varenne en 540 au moyen d’une stratégie dénuée de toute faille.

      Plusieurs années passèrent
      ainsi sans que je puisse réellement mettre mes talents à l’œuvre. Chaque cycle avait son propre fonctionnement et je semblais incapable de trouver ma place dans celui-ci. Pourtant, alors que je me cherchais difficilement une nouvelle voie, de nouveaux songes tout aussi mystérieux que les précédents se présentèrent à moi. Tous semblant m’indiquer une destination commune. Après avoir décidé d’ignorer ces visions pendant quelques temps, je finis par laisser ma curiosité prendre le dessus et me rendis auprès des officiers de Bélisaire. Connaissant pertinemment la sympathie éprouvée par l’empereur Justinien, je leur expliquai la position qui avait été la mienne pendant plusieurs années auprès de feus Amalaric et Amalasonte et parvins à les convaincre de m’accorder un poste à Rome au sein de la garnison de la ville. Un officier m’y recevrait et me permettrait de prendre mes fonctions en tant que conseiller militaire pour le moment.

      C’est ainsi qu’un nouveau cycle de ma vie commença alors que je quittais finalement la ville de Ravenne pour découvrir la grandeur de Rome. A mon arrivée, je me rendis comme convenu à la Garnison de la ville où je fus accueilli, comme on me l’avait indiqué, par un jeune officier de la Garnison. Ou celui que je pensais être ce personnage. Un homme, vêtu de vêtements assez luxueux et peu ressemblants aux tenues habituelles des soldats, mais qui connaissait avec certitude mon identité et le moment exact de mon arrivée. Et dont le charisme ne laissait aucun doute quant à ses compétences d’officier.

      « Bienvenue à vous Adalrik. Nous vous attendions à Rome depuis un moment déjà. Il semblerait que vous ayez décidé de prendre votre temps. Mais l’important est que vous soyez finalement arrivé. Il parait que vous présentez des talents hors du commun et je me ferai un plaisir de vous aider à les perfectionner dans les prochaines années. Croyez-moi, un avenir lumineux vous attend si vous savez le saisir. »

      Quelque peu surpris de cet accueil, je m’étais contenté de répondre

      « Je vous remercie de cet accueil mais j’ai pris le convoi qui m’a été indiqué par les officiers de Ravenne. Je ne pouvais pas arriver à Rome plus rapidement malheureusement. Quant à mes compétences, je suis flatté et étonné que vous en ayez entendu parler jusqu’ici. J’ai quelques facilités en tant que stratège mais je ne pensais pas qu’elles s’ébruitaient ainsi… »

      L’homme avait laissé entendre un léger rire devant ma réponse avant de finalement soupirer

      « Ce n’est pas ce talent-là qui m’intéresse bien que celui-ci soit aussi intéressant dans son genre. C’est plutôt celui qui vous a mené jusqu’ici… et si loin… Mais pour le moment, je crois qu’il y a quelqu’un pour vous là-bas. »

      Me retournant pour voir de qui il s’agissait, j’eus la nouvelle surprise d’apercevoir un officier de la garnison qui me saluait et m’expliquait qu’il avait été envoyé pour me récupérer et me permettre de prendre mes fonctions. Interloqué, je m’étais retourné pour demander à mon précédent interlocuteur quelle comédie il venait de jouer mais cette chance ne me fut pas offerte car l’homme avait disparu. Comme un rêve. Je ne pouvais comprendre à cet instant-là qui était la personne que je venais d’avoir l’honneur de croiser. Mais il m’importait peu car je devais me remettre au travail dès le lendemain si je souhaitais me faire une place au sein de cette grande cité. Pourtant, aussi signifiant que me paraissait cet homme, je ne parvenais à me sortir de la tête les paroles qu’il avait prononcées. Mes rêves étranges, qui, jusqu’à présent, se manifestaient occasionnellement, devenaient de plus en plus fréquents, et de plus en plus réalistes. J’avais l’impression que chaque nuit, on tentait de me transmettre un message mais je ne parvenais exactement à saisir lequel. Etais-je en train de devenir fou ? Je ne pouvais partager ces sentiments avec personne dans cette ville où tous étaient des étrangers pour moi. Et où demain, peut-être, tous ne seraient plus. Car déjà la guerre reprenait et les Ostrogoths repartaient à la conquête de l’Italie. De nouveaux massacres, de nouveaux combats, de nouveaux changements qui apparaissaient à l’horizon.

      En 544, un nouveau siège de Rome débuta, dirigé par le nouveau Roi Ostrogoth d’Italie, Totila. Toutes les troupes furent mobilisées pour une défense qui promettait de tenir aussi longtemps possible. Pourtant, alors que mes compétences s’avéraient plus que jamais utiles, je ne parvenais à me concentrer sur cet assaut bientôt légendaire. Epuisé, éreinté, cela faisait bien deux semaines que je n’étais parvenu à prendre une nuit complète de sommeil. Chaque jour, la préparation de la bataille à venir monopolisait la totalité de mon temps. Et chaque nuit, une force semblait m’envahir et me prendre dans ses filets. Des songes me hantaient et revenaient sans cesse s’infiltrer dans mon esprit. Une colline, parmi sept. Le Mont Palatin, bercé de lumière et, indiscernable au sein de ces lueurs, un homme me faisant signe de le rejoindre. Chaque soir cette image et chaque réveil me rapprochant un peu plus de l’épuisement. Il fallait que je mette à terme à ces errances avant qu’elles ne finissent par avoir raison de moi.

      Ce soir-là, la nuit était claire. Pas un nuage pour venir obscurcir la radieuse Déesse lunaire. Peut-être est-ce pour cette raison d’ailleurs que j’avais choisi cette nuit pour me rendre sur le Mont Palatin. Faire face directement à cette vision qui s’apprêtait à nouveau à troubler mon sommeil, la seule solution plausible pour m’en débarrasser. Lentement, j’approchais de cette colline dont tellement d’hommes de renom avaient vanté les mérites depuis des temps si lointains. Mais qui ne représentait pour moi que des cauchemars de chaque nuit. Lentement, je gravissais les hauteurs qui devaient me mener vers le soulagement de mon esprit et de mon âme. Ou peut-être ma perte. Mais l’un dans l’autre, chaque chemin signifierait au moins la fin de mon calvaire. Lentement, je m’avançais vers cette lumière dont je ne parvenais à identifier l’origine et qui ressemblait vaguement à celle de mes nuits. Plus je progressais et plus la lumière grandissait. Et contre toute attente, plus mon cœur semblait parvenir à s’apaiser. Lorsque finalement celle-ci atteignit la limite que mes yeux étaient capables de supporter, je posais mes genoux au sol en crachant dans sa direction

      « Montre-toi Démon qui a corrompu mes songes. Libère moi ou achève moi mais cesse de me tourmenter. Ou aies au moins le courage de me montrer ton visage. »

      D’abord presque imperceptibles, des bruits de pas commencèrent à se faire entendre face à moi, dans la lumière. Bientôt, une silhouette se distingua tandis qu’aucun mot n’était encore sorti de la bouche de celui qui me faisait maintenant presque face. Quelques secondes supplémentaires et le visage de mon bourreau m’apparaissait maintenant clairement. La stupéfaction devait se lire clairement sur mon visage alors qu’un sourire naissait sur celui de l'homme que j’avais croisé à mon arrivée à Rome, quelques années auparavant. Inchangé, celui par qui tout avait débuté. La surprise passée, je tentai de me relever mais quelque chose semblait maintenant m’en empêcher, au grand plaisir de mon observateur. La peur ? Non. Il s’agissait d’une sensation totalement différente. La colère, la frustration, des sentiments qui m’envahissaient lentement alors que le silence avait maintenant repris totalement ses droits sur le Mont Palatin. De longues minutes passèrent avant que finalement l’homme ne se décide à reprendre la parole.

      « Tu es toujours aussi lent mon ami. Tant de temps pour te décider à venir à Rome et encore quatre années pour trouver le courage de me rejoindre sur ce Mont. Peut-être me suis trompé finalement ? Peut-être n’es-tu pas capable de gérer le don qui t’a été offert. Mais tout s’apprend pour ceux qui savent se montrer capable d’écouter. Es-tu capable d’écouter ? »

      Quelques secondes de silence alors que je continuais de me perdre dans une multitude de sentiments entremêlés.

      « On dirait que oui. Sais-tu qui je suis Adalrik ? N’en as-tu réellement aucune idée ? »


      Nouvel instant de silence alors que la curiosité commençait à prendre le pas sur l’ensemble de mes sentiments

      « Je suis la Lumière. J’inspire les Arts et je guide les Cycles. Et bientôt, tu m’aideras dans cette tâche. Mes Evêques se préparent déjà et mes Oracles se réveillent peu à peu. Bientôt, un nouveau Cycle pourra débuter et tu y prendras une part importante. Ton Destin est de devenir mon Augure, je l’ai vu. Moi, Apollon, te promets une voie que tu n’as même jamais imaginée. Aujourd’hui, une nouvelle ère commence pour toi Adalrik. »


    Et vous, qui êtes vous ?

      Age : 30 ans.
      Quelle est votre expérience des forums RP :
      Principalement sur le Past depuis plusieurs années où je vis une aventure agréable avec le même personnage depuis le début. Ou presque!
      Comment avez-vous connu le forum : Des emmerdeurs m'en ont parlé à plusieurs reprises!

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Message Re: Adalrik, Augure d'Apollon   Dim 29 Nov - 12:48
Bienvenue !

Pas trop tôt ! Frappe Amadeus de notre part à tous x)



Les seuls qui sont autorisés à me regarder dans les yeux sont ceux à qui je parle
et ceux qui me servent. Et celui qui s'oppose à moi est autorisé à regarder vers le bas.
Tu devras connaître ta place.


Dialogues : Doré = le Sage | Bleu = l'Absolu
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Message Re: Adalrik, Augure d'Apollon   Dim 29 Nov - 13:12
C'est qui c'est qui ? Surprised


Ma couleur : #009900
Ma plume de bord : ici
Diei vidi : Thanatos, Phantasos, Hadès, Arès, Poséidon, Athéna, Apollon, Odin
J'ai câliné : Lykeios, Asclépios, Aedan, Childéric

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Message Re: Adalrik, Augure d'Apollon   Dim 29 Nov - 13:27
Bienvenue sur le forum, et bonne chance pour ta validation mon cher.


" We all have inner demons to fight, we call these demons, fear and hatred and anger.
If you do not conquer them then a life of one hundred years is a tragedy.
If you do, then a life of a single day can be a triumph. "
lumos maxima
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Message Re: Adalrik, Augure d'Apollon   Dim 29 Nov - 13:52
Moi aussi je veux savoir c'est qui, mais tout le monde ! :'D

Bienvenue nouvel Augure ! °°



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InvitéInvité
Message Re: Adalrik, Augure d'Apollon   Dim 29 Nov - 14:08
Hola et bienvenue ! What a Face
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ScythèsavatarArmure :
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Message Re: Adalrik, Augure d'Apollon   Dim 29 Nov - 18:16
Bienvenue Adalrik ! Bon courage pour ta fiche.
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Thivanavatar

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Message Re: Adalrik, Augure d'Apollon   Dim 29 Nov - 20:33
Alors tout d'abord bienvenue à toi ! Je suis bien contente de te voir enfin arriver sur le forum Very Happy

Bien bien bien... que dire de cette fiche si ce n'est qu'elle est vraiment super ? Très bien écrite, fluide, j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à te lire et je n'ai vraiment rien à redire aussi bien sur la forme que sur le fond. C'est donc parfait, je te valide ! Tu obtiens 18 PC et 5 points d'éveil pour ta fiche technique !

Bon jeu parmi nous sur AoG Very Happy
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Adalrik, Augure d'Apollon
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