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 [MD1] Les Ombres du Carnage

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Message [MD1] Les Ombres du Carnage   Mer 2 Déc - 10:30
Bran Ruz
La Réponse



Plus il avançait dans cette mer d'abord pleine d'obscurité, perdu dans son immensité, plus il sentait ce Monde vaciller sur ses fondations. Un mal latent qui ne demandait qu'à sortir s'essayait à ébranler les barreaux de sa cage. Plus le temps passait, plus le druide rouge savait que de ce pressentiment, émanait bien plus qu'il n'osait le croire et pourtant. Pourtant, même si c'était si léger, il ressentait ce changement qui s'instaurait ici-bas. Bientôt, tout se changerait en certitude. Le Sidh devint brusquement, à son entrée un univers vaste et lumineux. Bien plus en comparaison du petit jardin qu'ils avaient quitté, délaissés. Le beau chien blanc à ses côtés ne montrait aucuns signes de peur et pourtant, quelque chose dans son attitude faisait que Bran était persuadé que lui aussi, par sa nature, le feu de son esprit bien moins primaire qu'on accordait bien volonté à un simple canidé, avait flairé le changement.

Une main sur son museau en guise de tempérance et les yeux verts et durs de l'alchimiste se portèrent vers son neveu. Était-il à ce point connecté à leur royaume pour qu'il en sente les émois ? Rien n'était moins sûr, mais quelque part, le professeur osait croire que le fils de son frère n'était pas qu'un garçon devenu homme, curieux et inexpérimenté. Son sang s'exprimait et s'exprimerait encore.

Guidée par la main d'Aedan, Célestia ne risquerait rien tant que cette dernière ne se risquait pas au vagabondage. Ici, si l'on n'y prenait pas garde, tous les chemins menaient à la perdition et inéluctablement à l'oubli et à la mort.

Tout le long du trajet se fit dans un profond silence que même la voix des esprits ne venait troubler : première traduction que la Roue entamait un nouveau cycle. Brièvement, Bran se demanda si Mogh leur ferait l'honneur de sa présence. Peu probable une fois encore, l'aveugle avait fort à faire. Eux aussi.

- Nous sommes arrivés. Annonça t-il de sa voix profonde et vibrante. Préparez-vous.

Mais à quoi ? Telle était la question. Brusquement le voile se déchira et un vent glacé s'y engouffra pour venir les frapper de plein fouet. La neige se mêlait à ce souffle insidieux qui laissa Bran parfaitement indifférent. Ils ne tarderaient pas à fouler les terres de sa mère. à peine ses pieds s'enfoncèrent dans la neige pourtant profonde. Setenta quant à lui s'ébroua, gêné sans doute par la brutalité du climat. Alors sans attendre le Corbeau rouge le souleva entre ses bras comme s'il ne pesait rien. D'un mouvement du menton, Le Bran Ruz désigna un rang de pins où ils pourraient s'abriter. Le souffle du vent était tonitruant et cela n'empêcha pas ses mots de parvenir avec force aux deux autres Oracles. Le roux sans attendre, leur ouvrit la voie.

- N'utilisez pas votre cosmos, n'allumez pas de feux. Nous ne sommes que des ombres gardiennes du Carnage. Prenez ceci, cela vous évitera les douloureuses morsures du froid du Grand Nord.

Sans autre explication, le mage rouge leur tendit, après avoir libéré l'animal au pelage immaculé, deux fioles à chacun. À l'intérieur dansait un liquide ambré, un peu épais mais qui rayonnait comme un soleil. Il en avait extrait des larmes par un procédé alchimique dont il tairait le principe. L'homme en ouvrit une qu'il présenta à Setenta qui, de prime abord, ne se montra pas très coopératif. Sans gestes violents, toujours nimbé de ce mystère et de cette force de persuasion, « La Réponse » parvint à lui en faire boire le contenu. Aussitôt le pauvre hère cessa de trembler et alla courir vers son maître.

Les yeux du druide se perdirent dans l'horizon où il percevait, au loin, quelques émanations de cosmos. Leurs alliés n'étaient pas loin. Eux non plus. Ombres imperceptibles.




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Message Re: [MD1] Les Ombres du Carnage   Mer 2 Déc - 22:40
Avalon. Je connais ce nom. Contine maintes fois écoutées, jamais oubliées. Les paroles de mon père sont encore claires au sujet de cette Terre dissimulée au commun – comme nombre de route que les regards aveugles ignorent bien souvent. Plus encore sont les souvenirs, les images. Mon regard vient se perdre dans les prunelles de mon oncle un instant avant que ce dernier n’enchaine finalement sur la mission qui nous a été confiée. Pourtant, il en est troublé, la pâleur de sa peau faisant écho à cette funeste impression qui vient m’étreindre. Appréhension ? Je ne sais pas vraiment, n’arrive pas à clairement identifier cette émotion, pourtant, elle est belle et bien là, tapie. Quelque chose arrive là-bas. Une inquiétude qui se fait sourde, mais qui doit demeurer silencieuse pour l’heure. Après. Si Lug nous entraine dans cette autre direction, c’est pour une bonne raison, autant se fier à son jugement. Pourtant, je ne me sens pas à l’aise. Troublé. J’acquiesce aux dires de mon parent qui m’ordonne de prendre soin de la demoiselle qui nous accompagne avec un rien de langueur. Décalé. Le retour à la réalité me parait plus rude que je ne l’aurais cru. J’offre à la dame un sourire qui se fait vacillant. Alors que le druide au corbeau rouge psalmodie, moi, je viens prendre la main de la belle afin de la guider au mieux. « Je vais vous guider Dame Célestia. » C’est plus simple ainsi.

Les jardins s’oublient finalement pour ne laisser derrière sa luxuriance qu’un simple écho qui se fait résonance. Nous avons disparu sous une voie invisible du commun, une voie d’eau et de lumière qui se fait appel lancinant. Ici, chaque détail appelle à l’attrait, et c’est bien là ce contre quoi il faut se battre à chaque instant pour ne pas demeurer prisonnier de son carcan. Ici, le temps n’a plus court. Ici, tout existe ou peut exister. C’est un monde foulé par des êtres différents. Une voie connue de leurs messagers seulement et de quelques élus. Au loin, le chant délicat d’une créature irréelle. Elle aussi est messagère, invite les cœurs à demeurer en ces lieux tant que c’est ceux qu’elle a choisi. Mon cosmos se fait flamboyance, de ce feu qui attire autant qu’il éloigne les esprits, certain seulement, et nous auréole, moi ainsi que la dame qui m’accompagne. Mon rôle. Ici, tout est différent. Tout est plus beau, plus grand, plus lumineux également. Ainsi est le Sidh, de lumière exaltante et d'ombre dissimulée. Même moi je fais silence ici bas. Pourtant, ce n'est pas pour me concentrer plus que de raison sur ma tâche que je me tais à présent, aujourd'hui, je m'y avance avec bien plus d'aisance que par le passé. J'ai compris. Appris. J'en suis un maillon moi aussi. Et c'est pour cette raison que je demeure muet - un fait si rare chez moi. La lumière et l'ombre sont liés, coexistent depuis toujours, pourtant, l'équilibre parait se rompre, comme un sinistre venin qui viendrait se répandre sur une terre saine, divine.

Un tremblement agite mes doigts, imperceptible. Que se passait-il sur la terre du savoir ? Je n'en sais rien. Rien du tout si ce n'est mon impression - cet équilibre qui se rompt. C'est finalement le froid qui vient troubler mes pensées, m'en faire sortir alors que nos pas nous mènent sur une terre enneigée que je crois avoir déjà parcourue par le passée. Un passée pas si lointain à vrai dire. Ma chevelure se fait fouet ardent ballotté par le vent gelé qui s'est à présent levé, le voile s'étant rompu. Mon premier réflexe aurait été de rappeler mon cosmos à moi, pourtant les paroles de mon oncle me parviennent juste avant que je ne fasse appel à ce réflexe. Il fait pourtant froid. Clairement froid et ce, même avec mes vêtements actuels - ma cape de voyage surtout. Une fiole tendue. Un regard curieux. « Qu'est ce que c'est ? » Je le vois en donner à Setanta et c'est moi même sans hésitation que j'en bois le contenu, n'ayant pas la moindre crainte. Une douce chaleur. Le chien blanc revient vers moi l'air heureux, joyeux de patauger dans la neige et nous profitons de la potion qui dissipe les effets du froid. « Plutôt pratique comme breuvage. » Si j'avais eu ça pendant mon voyage, ça m'aurait facilité mes premiers mois d'exploration... En quelque sorte.

Glissant un regard sur la silhouette de mon oncle, je fais en sorte de laisser de côté le trouble que le Sidh a apposé sur mon âme. Pour l'heure, il est inutile d'en parler, ce n'est pas notre mission alors je dois parvenir à le laisser s'étioler. Un peu au moins. La flamme de cosmos sauvages attire mon regard vers l'horizon, protégé par notre abri de fortune. J'ai relâché la main de la demoiselle à notre arrivée ici et finalement... « Je suppose qu'il nous faut les suivre discrètement maintenant. » Mes doigts viennent glisser dans le pelage immaculé de mon compagnon de route qui semble se perdre dans ce paysage pâle.



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Message Re: [MD1] Les Ombres du Carnage   Jeu 3 Déc - 17:48
Précédent : Rome

Ce qui au départ n'était qu'une masse informe de ténèbres et de silence, de l'extérieur, se mua sitôt que Bran y posa le pied en un espace empli de lumière et de mille attraits. Pourtant, les deux hommes semblaient le craindre comme d'un endroit d'où l'on ne ressortait pas si l'on ne prenait pas garde. Forte de cet avertissement silencieux, la belle demoiselle se laissa entraîner par la main en regardant autour d'elle avec un sourire serein. Bien que ses guides demeurent tendus, elle ne craignait pas le moins du monde la dimension dans laquelle ils se trouvaient, car elle savait Apollon qui veillait sur elle -sur eux trois, sans doute.

Le trajet, empli d'un silence pesant, lui laissa le temps d'imaginer l'endroit dans lequel ils débarqueraient. Nulle indication n'était venue étayer ses hypothèses, aussi elle songea à divers lieux : jungles luxuriantes, désert de terre asséchée, lagons et cascades... Et pendant que son cœur s'emplissait de ses propres merveilles, elle se mit à fredonner d'une voix de merle, claire et douce.


Les ténèbres déguisées en lumière lui parurent moins pesantes ainsi, mais déjà Bran annonça leur arrivée. L'air se fendit d'une nouvelle déchirure et alors un vent glacé leur pénétra les os. Célestia ouvrit de grands yeux en contemplant alors le paysage blanc et immaculé qui lui faisait face. Elle avait déjà vu de la neige à Rome durant l'année écoulée de son existence, mais jamais si drue et intacte, comme si le pays sauvage avait revêtu son plus bel écrin pour l'offrir à sa vue.

Elle sourit au crissement de la neige sous ses jambes lorsqu'elle s'agenouilla pour prendre une poignée de neige au creux de ses mains et la regarder fondre doucement, sans prêter attention au froid qui commençait à faire frissonner ses membres. Ce fut le moment que choisit Bran pour venir lui tendre une petiote fiole attirant aussitôt son attention. Elle vit Setanta qui gambadait joyeusement, Aedan qui buvait sans se poser question. Ses yeux émeraude se posèrent sur le liquide à l'apparence aussi chaude que le soleil.

"Comme c'est joli..."

L'évêque rit légèrement puis avala le contenu aussi beau qu'utile, son corps se réchauffant aussi vite qu'il avait laissé sa chaleur s'envoler. Elle se releva alors et acquiesça à leurs propos en se tournant vers la source des cosmos qu'ils devaient suivre.

"Nos chemins se croiseront bien assez tôt."


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Message Re: [MD1] Les Ombres du Carnage   Jeu 3 Déc - 18:43
Bran Ruz
La Réponse



Ici bas, la nuit tombait plus vite que partout ailleurs. Avec une rapidité déconcertante, les bras obscurs de la dame de la nuit s'étendaient, avides d'embrasser ses enfants les étoiles. Elles étaient tellement nombreuses et si belles ainsi parées d'argent. Les iris immobiles du druide rouge étaient pareils à des miroirs. Ainsi, dans cette parfaite immobilité, « La Réponse » semblait s'être perdu dans sa contemplation. En réalité il guettait le moindre signe anormal aux alentours et plus largement encore quand ses sens allèrent frôler l'Entre-Monde. Le Sidh semblait de plus en plus agités. Quoique sûrs, encore, pour l'heure.

Une bonne fragrance fut apportée par la main du vent. Le commun des mortels ne l'aurait probablement pas perçut, ce drôle de parfum de chair que l'on cuisait sur le feu. Du lapin, ils foisonnaient en ces lieux perdus, comme figé par le temps, si calme sans que la présence de l'homme ne vienne tout détruire. Bran Ruz montait la garde, tous les sens en alerte tandis qu'il délaissait ses deux compagnons de voyage à d'autres occupations. Loin d'être bavard, un profond silence répondrait aux questions qu'ils seraient susceptibles de lui poser. Ils étaient en mission, une raison de plus – de trop ? - ou une aubaine pour lui, de ne pas se prêter au jeu de l'être et du paraître. Puis, il ne voulait ni chanter, ni raconter aucune histoire.

Une profonde lassitude se lisait sur ses traits parfaitement dessinés, galbe. Il y avait une certaine noblesse dans son maintien, une tranquillité froide, peu avenante. Non, il n'était plus tout à fait un homme.

Il ne rompit sa position – il s'était perché en haut d'un arbre, sur une grosse branche – bien après que la nuit ne soit tombée. Les effets de la potion avaient toujours une emprise sur leurs corps, un feu, des larmes de Soleil glissaient dans leurs veines, chassait le froid et la fatigue. D'un simple bond gracile, le frère du Roi-Druide se réceptionna sur le sol, soulevant quelques flocons.

- Dewch

Viens.

Là encore le voile se tordit laissant passer un éclair rouge qui s'annonça dans un cri rauque, retentissant. Un chant bien lugubre, à l'image de son maître. Il présenta à l'oiseau son bras et l'intéressé s'y percha aussitôt, sans autre forme de procès. Un beau et imposant corbeau rouge tourna sa tête vers les deux autres, les dardant d'un regard étrangement vif, intelligent. Doré. Il salua Aedan en secouant les plumes de ses ailes et esquissa une révérence presque comique à la Princesse aux Mille Oiseaux.

Après quoi le mage écarlate lui chuchota quelques paroles, en retour le corvidé sembla … grommeler. Les iris du Bran Ruz se durcirent. Son familier au rouge plumage fila dans les cieux, disparu de leur vue.

- Il part en éclaireur. Il ne se contentera pas de surveiller nos amis. Il a quelques dons et sa vitesse nous permettra, avec un peu de chance, de tomber sur ce qu'ils recherchent.




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Message Re: [MD1] Les Ombres du Carnage   Sam 5 Déc - 15:47
La demoiselle nous accompagne semble être d'une bien douce constitution. Elle sourit, fredonne et observe le monde comme j'ai du le faire moi même il n'y a pas si longtemps. Dans ses prunelles vient se perdre l'éclat de l'émerveillement. Une lueur presque enfantine mais néanmoins délicate, agréable à contempler malgré le vent et le poids de notre mission. Je suis le genre d'homme à profiter de chaque instant, probablement est-ce là autant une qualité qu'un défaut, ce genre de défaut qui me rend encore trop imprudent pour ceux m'entourant. Mon sourire ne peut que se raffermir devant ses mots qui paraissent presque naïf, pourtant, s'enthousiasmer du monde et y déceler toute la beauté n'était à mon sens pas aussi candide. Au contraire peut-être même, c'était la preuve d'un cœur ouvert. Mon oncle préfère s'éloigner, faire le guet alors que dans mon cas, je demeure auprès de Célestia sans m'offusquer du comportement de ce dernier. Les habitudes ont la vie dure et Bran n'a jamais fait preuve de beaucoup de conversation, j'en suis coutumier - et même la dame du soleil ne semble que peu affectée. Setanta vient glisser sa truffe contre ma main pour obtenir quelques nouvelles caresses avant de venir s'intéresser de nouveau à la demoiselle à la chevelure d'or. Il s'approche doucement, parait intrigué alors qu'il vient humer son odeur. Au moins ne sent-elle pas la mort. Le chien blanc a toujours été particulièrement sensible à cette fragrance en particulier. Ce qui nous aura évité bien des dangers.

« Vous n'êtes jamais venue par ici, n'est ce pas ? » C'était là une question qui se fait plutôt affirmation. Au vu du comportement de la belle, cela me parait plus que logique. Un manteau immaculé, quelques arbres disséminés, en sommes, tout paraissait endormi, silencieux. Le moindre frémissement de vent n'en est que plus prégnant à mes yeux, quand bien même le froid ne m'atteint plus. « Vous avez une jolie voix en tout cas. » Un peu comme un oiseau gracile et délicat fredonnant l'annonce d'une saison plus douce, d'un temps plus clément. Ce qui pour l'heure, n'est certes que peu probable. Nous sommes dans une région où la neige règne en maitresse incontestée et où le froid mordant n'est qu'une composante de la vie de ses habitants. Une vie rude mais pour laquelle j'ai une certaine affection. Les gens ici ne sont pas tous bons, mais il se dégage de beaucoup d'entre eux une certaine générosité - un goût pour l'entraide qui me parait moindre ailleurs. La neige et le froid paraissent resserrer certain lien. Mon dos calé contre l'arbre dans lequel mon oncle s'est perché - comme un oiseau guetteur - mes pensées se tournent ailleurs alors que ma main vient enserrer le triskel pendant à mon cou. Mes doigts le manipulent en silence, un geste qui se fait inconscient mais qui m'aide à me concentrer, à m'apaiser. Le trouble se fait moindre quand bien même demeure t-il toujours présent.

Est-ce que mon père l'a vu ? Est-ce qu'il a senti la même chose que moi - que nous même ? Bien sûr. Je ne peux pas me permettre d'en douter, je connais parfaitement sa force - une partie seulement cependant. Mon esprit se tend vers un ailleurs me concentrant sur un souffle de vie. Les flammes dansant dans la nuit. Un instant plus tard - ou peut-être est-ce plus longtemps - Bran redescend de son perchoir pour finalement appeler à lui son familier au rougeoyant plumage. Cela fait longtemps que je ne l'ai pas vu - au moins aussi longtemps que mon parent pour tout avouer. Un sourire accompagne son arrivé et son petit signe de tête qui se fait plus amusé devant sa révérence. Cela me rappelle cette première fois, lors des feux de Beltaine. Trouver ce que les guerriers d'Arès recherchent... « Avez-vous déjà eut l'occasion de vous rendre dans la forteresse des Berserkers mon oncle ? » Une question innocente - ou peu s'en faut. Je m'y suis déjà approché lors de mon errance, mais je n'ai jamais eu l'occasion de m'y faufiler - et ce n'est pourtant pas l'envie qui m'a manqué. Ma curiosité et sans nul doute conjointe à mon imprudence. Et puisque nous devons les assister autant en profiter pour en apprendre un peu plus, et qui mieux que mon parent et sa longue expérience de la vie pour en savoir davantage ?


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Message Re: [MD1] Les Ombres du Carnage   Dim 6 Déc - 13:17
L'obscurité les avait entourés de son manteau peu de temps après leur arrivée en terre inconnue. Sans un mot, l’Épervier s'était posté en haut d'une branche et guettait. A cette heure et en ce lieu les berzerkers bivouaquaient simplement en attendant de pouvoir reprendre la route et leurs forces. A la distance où ils se tenaient, sans feu ni lumière autre que celles des étoiles, avec leurs yeux perçants d'oiseaux et leurs énergies cosmiques au plus bas, les oracles n'avaient nul besoin de baisser la voix ou de se cacher. Par précaution ils s'étaient simplement installés derrière une avancée rocheuse.

La jeune femme discutait simplement avec Aedan, les sens en éveil et son regard se portant de temps à autre vers la Lune. Apollon aimait la Lune. La Lune était Artémis, sa sœur jumelle et son opposée complémentaire. Peut-être avait-il parlé pour ses chevaliers, et ainsi la Lune leur prêtait sa clarté dans ces heures de nuit profonde.

"Je ne puis répondre sans savoir où nous nous trouvons, sieur Aedan. Je vous dirais alors que je ne suis jamais venue en un lieu où la neige est si abondante et durable."

Elle sourit au corbeau rouge qui venait de joindre leur compagnie avec révérence. Pour un peu elle lui aurait rendu son geste si elle avait eu le temps de se relever de la pierre sur laquelle elle s'était assise avant qu'il ne reprenne son envol. Au lieu de cela, Setanta la rejoignit et elle lui offrit sa main à renifler, puis le caressa entre les oreilles comme il semblait la trouver agréable. Dans un langage sans paroles qui ressemblait à un simple murmure, elle s'adressa au familier gentiment.

"[Tu es beau toi aussi.]"

Cela ne ressemblait à rien de connu, pas même du druidique, mais le chien comprit et aboya en retour. Elle redirigea son attention vers le neveu aux cheveux de feu tout en caressant encore Setanta.

"Je vous remercie. Il est parfois des lumières qui ne brillent pas pour éloigner les ténèbres. Souvenez-vous-en."


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Message Re: [MD1] Les Ombres du Carnage   Dim 6 Déc - 14:38
Bran Ruz
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- J'ai eu ce déplaisir oui. Fit-il laconiquement à son neveu sans même prendre la peine de se tourner vers lui.

Le corbeau ne mit pas longtemps à revenir vers eux, s'annonçant dans un chant profond et tout aussi lugubre que son maître. Ce dernier d'ailleurs leva son bras vers les cieux pour cueillir l'animal en vol, les serres de son familier se refermant sur son manteau moiré. Tous les deux échangèrent en silence devisant de l'évolution probable de leurs alliés. Cette étrange façon de faire aurait de quoi surprendre les deux autres qui conversaient dans leur coin. Si Bran ne s'en préoccupa pas, il mit fin à leur échange sans se préoccuper qu'elle était achevée ou non. Se présentant à eux, le visage recouvert par sa capuche, une ombre semblait se mouvoir autour de lui.

Les derniers mots de la dame n'auraient pas pu être plus de circonstances et prenaient ainsi tout leur sens.

Enfin, peut-être.

- Ils ne vont pas tarder à se remettre en route, nous allons les suivre.

Un nouveau chant étrange s'éleva dans les environs et dont il était la source. En l'espace de quelques instants, Bran rouvrit un passage sur le Sidh, invitant leur petite compagnie à s'y réfugier. Si on pouvait parler de refuge dans un tel univers. Le malaise qu'il ressentait depuis quelque temps se fit plus poignant quand ses pas s'enfoncèrent dans l'Autre-Monde, aussi blanc que la neige qu'ils venaient de quitter. Dans toute cette luminosité il y percevait du gris. Un mauvais présage.

- Prenez garde, les esprits sont agités.

Un regard vers Aedan lui signifia qu'il devait, lui, plus que quiconque, ne pas tomber dans ces pièges. Il avait sous sa garde, une dame oracle qui ne méritait pas le sort qui lui était réservé si d'aventure, elle se perdait. Le compagnon d'Aedan, soudain, s'arrêta dans son élan, les oreilles plaquées contre sa tête. Bran s'arrêta également, leva légèrement la main pour leur signifier un temps d'arrêt. L'oiseau perché sur son épaule, gesticulait nerveusement de droite à gauche.

Un chant, celui d'une femme, ne tarda pas à leur répondre. D'autres voix se joignirent à elle. Bran ne cillait toujours pas, pas même quand plusieurs silhouettes se profilèrent au devant d'eux.

- Des Banshee.

Elles étaient nombreuses, bien trop nombreuses pour que cela soit dû au hasard. Les gardiennes les percevaient comme des intrus, sans que le druide ne se l'explique. Son cosmos grimpa en flèche, son ombre grandissait. Un instant, le rang de ces femmes étranges qui montraient leur vrai visage pour l'occasion – celui de femme laides, dont le visage translucide laissait apparaître des crocs saillants, sanguinolents – marqua un temps d'arrêt devant Bran avant de se jeter sur eux.

Leur première bataille allait être livrée ici bas. Jamais la Réponse ne l'aurait suspecté.

Il ne bougeait toujours pas, laissant ces abominations approcher de plus ne plus.

=> Kiev




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Dernière édition par Bran Ruz le Lun 7 Déc - 13:52, édité 1 fois
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Message Re: [MD1] Les Ombres du Carnage   Lun 7 Déc - 12:49
« Il nous suffit alors de la faire naître par nous même. » Mon sourire se fait plus doux aux paroles de la dame du soleil. Je ne suis pas le genre d'homme à abandonner dès lors que la nuit se faisait noire, après tout, les ténèbres n'existent que par ce que la lumière le lui permet, qui plus est... Je suis un druide, et en cette qualité, je suis un être du seuil, la nuit est là où nos pouvoirs sont d'autant plus puissant, quand bien même Lug est-il solaire. Me redressant à l'arrivée de mon oncle, je lui offre pour toute réponse un regard interrogatif qui est ignoré. Ce déplaisir. J'imagine que les circonstances n'étaient pas propices à une visite. Je n'ai que peu d'information à leur sujet, et je crois bien que c'est ce qui m'intrigue d'autant plus avec les Berserkers. Moins j'en sais et plus je veux en savoir, c'est souvent ainsi que fonctionne la curiosité. Un jour, j'en saurais plus. Peut-être est-ce un vœu puérile ou porteur d'un quelconque malheur cependant, c'est une croyance probablement autant que c'est là une impression prégnante. Le corbeau rouge vient rejoindre son maître, ce dernier conversant avec lui afin de, sans nul doute, parler de ce qu'il advenait des personnes qu'ils suivaient. Un discours pour le moins étonnant qui se glisse sur mes traits sans mesure. Il est aisé de lire sur mon visage en général, contrairement à mon parent qui demeure égal à lui même.

De nouveau, Bran psalmodie alors que ma main vient se tendre face à la dame afin qu'elle s'y raccroche. Ma mission est de la guider, et quoi de mieux qu'un merle pour se faire ? Mon sourire est doux lorsque je m'adresse à elle. « Allons y Dame Célestia. » Mon regard se détourne sur le chien blanc qui reste à ses côtés et se redresse lorsque la demoiselle faire de même. L'éclat dans mes prunelles se fait rieur. « Les animaux ont l'air de vous apprécier aussi. » Même si Setanta est particulier dans son genre, bien évidemment. Une fois de plus, le Sidh s'ouvre à nous, et cette fois encore, le malaise est prégnant, bien plus qu'il ne l'était la dernière fois. L'inquiétude vient voiler mes prunelles alors que mes doigts se crispent sur la main de la belle, mon cosmos flamboyant autour de nos silhouettes afin de nous protéger. Un son. Une musique. Je la connais bien. Setanta s'arrête, gronde sourdement alors que les voix se font concert de chant entêtant. Banshee. Arrêté, j'observe mon oncle alors que les ombres s'approchent et que mon cosmos se fait plus protecteur. « Ne les écoutez pas Dame Célestia. Ne les suivez pas. » Leur chant est entêtant, il perd entre leur bras ceux qui ont le malheur de les suivre, dans le meilleur des cas, c'est pour les entrainer jusqu'aux domaines de leur maître, dans le pire, c'est pour s'en jouer, précipiter dans la fin le naïf qui se laisse prendre.

De coutume, elles ne sont pas ainsi envers nous. Envers les druides. J'ai cru comprendre qu'elles nous appréciaient - un peu à leur manière - et je ne suis pas sans savoir qu'elles nous acceptent ici parce que c'est aussi notre place. Un peu comme elle, mais différemment. Un frisson dégringole le long de mon dos alors que les femmes éthérées se font soudain hideuses. Le masque tombe. Le domaine est souillé et les gardiennes recherchent dans ces terres baignées de lumière les responsables de ce trouble. Il nous faut partir. Avons nous le temps ? Un éclat de lumière d'une blancheur immaculée. Une présence reconnue, puissante, enveloppante. Face à nous vient se dresser une barrière nous séparant de la horde de Banshee furieuses. La folie les défigure alors qu'elles frappent la défense translucide qui rayonne d'une pâleur lunaire. Puissante. Je me détourne, mon regard venant attraper la silhouette enveloppée de son long manteau blanc à la capuche dissimulant dans son ombre les traits de son visage. Un visage que je connais très bien. « Père... Qu'est ce que...? » Ma voix se fait souffle surpris. Un coup plus rude vient frapper le bouclier immaculé qui tient sans peine. Combien de temps ? Longtemps si c'est l’œuvre de mon père. « Plus tard Aedan. Partez, votre mission n'est pas terminée. » Une émotion indistincte m'étreint. De la joie. De l'appréhension. Et je ne sais quelle autre émotion. Peut-être de la peur. J'aimerai rester ici. Si longtemps. Un nouveau coup me fait finalement acquiescer alors que je me détourne pour ouvrir moi même la porte. De l'eau. Quelques mots. Déchirer le voile et s'échapper.

« Venez Dame Célestia. » Sa main dans la mienne, je jette un dernier regard à mon géniteur qui, son capuchon rabattu m'offre un sourire confiant. Il n'a pas changé en deux années. Les mêmes cheveux blancs, ce même regard aveugle, ce même visage de jeune homme à la pâleur lunaire. Pas un mot de plus avant que sa silhouette enveloppée de ses atours immaculés ne disparaisse à ma vue.

~ A Kiev.


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Message Re: [MD1] Les Ombres du Carnage   Lun 7 Déc - 18:54
Un sourire vint souligner les traits gracieux de Célestia tandis que le jeune Aedan complétait avec justesse son allusion. Les deux hommes semblaient avoir pris cette remarque bien plus au sérieux qu'elle ne l'espérait au départ, mais au moins la tension due à cette dimension mystérieuse retomba quelque peu.

Combien de temps ils restèrent là, la douce évêque ne le savait pas avec précision. Sans doute pas bien longtemps puisque sa question pourtant assez simple resta sans réponse. Aedan lui tendit de nouveau la main tandis qu'apparaissait la déchirure dimensionnelle qu'ils avaient déjà empruntée. Setanta sur les talons, ils pénétrèrent l'espace altéré à la rencontre de leur prochaine destination. Le chemin ne fut pourtant pas aussi tranquille puisque des créatures à l'allure funèbre les interpelèrent à grands renforts de lamentations. Il n'en fallut pas plus au druide pour annoncer les dames qui se dirigeaient ainsi vers eux, sous le nom de banshee. Les pleureuses éternelles.

Aux mises en garde du jeune homme, Célestia répondit par un sourie et serra sa main crispée avec douceur.

"Il n'y a que la voix d'Apollon que je peux suivre."

L'apparition de ce qui semblait être le spectre du père du Merle, ou quelque chose d'approchant, empêcha les créatures de s'approcher d'eux, et la marche reprit. Avec l'intention "d'éloigner les ténèbres" encore une fois, la Princesse aux Mille Oiseaux se remit à fredonner. Outre le fait de tromper l'ennui, ces quelques notes pleines de douceur avaient pour vocation de combler le froid insinué par ce monde dans leurs cœurs et d'ignorer le chant des banshees. Une sorte de contre-sortilège suffisant pour la brièveté de leur passage.

Ils arrivèrent bientôt près d'une nouvelle déchirure, celle qui devait les emmener jusqu'à leur destination finale pour ce voyage.

=> Kiev


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