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 [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]

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Message [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Mar 22 Déc - 17:50
De retour de mission







Dans le lointain, baigné par les lumières du crépuscule, le Sanctuaire lui apparaissait plus beau que jamais. Mais sa vue faisait naître en elle un sentiment d'agacement qu'elle tentait, en vain, de brider. Sa colère, sa frustration, tous ces sentiments néfastes pour elle n'avaient eu de cesse de l'étreindre tout au long de son voyage de retour. Synonyme d'emprisonnement pour cette âme aventurière qui faisait fi de toutes les convenances de son Monde. Les Saints, à ses yeux et contrairement à beaucoup, ne représentaient pas une famille et, perchée en haut de son promontoire de pierre, la jeune femme devait bien se l'avouer : elle tournerait bien le dos aux douze temples du zodiaque pour repartir d'où elle était venue, à voguer sur le ventre des mers et des océans. D'humeur taciturne, la pirate quitta les hauteurs, rajusta son sac sur son épaule ainsi que sa pandora box avant de reprendre son chemin d'un pas qui semblait de plus en plus lent.

La forêt bordant Rodorio s'esquissa quand même -trop- rapidement et bientôt, les ténèbres firent place aux derniers feux de ce jour. La nuit apporterait avec elle son obscurité et sa fraîcheur tant appréciée par Nimuë qui se sentie un peu plus en paix, ainsi perdue dans cette immensité verte et sauvage. Ses pensées vagabondaient sur ses prochains objectifs comme rencontrer le Grand Pope et lui faire part de ses sentiments, de sa mission qu'elle s'était toute seule octroyée. Comment réagirait l'homme en apprenant que l'un des 12 gardiens de l'Humanité avait offert la possibilité d'une paix entre leur royaume et celui des atlantes ? Une liberté qu'elle risquait de payer cher, mais, elle était forcée de constater, même maintenant si proche des « siens » qu'elle en avait cure. Qu'importe le prix à payer, la pirate n'avait qu'une parole.

Forte de cette conviction nouvelle, la Sainte s'engagea sur un sinueux sentier emprunté par les animaux peuplant la forêt. Un raccourci qui la mena aux portes du Colisée, désert en cette heure.

Sa box s'écrasa avec fracas contre le sol, soulevant une fine pellicule de sable et de poussière entremêlés. La dame aux cheveux écarlate rajusta son masque sur sa figure, songeant dans un même temps aux paroles qu'avaient eu Liao à ce sujet. Derrière ce morceau de fer, se dissimulait son espoir, un fragment de vérité, ce qu'elle était, qui elle était vraiment. Une femme, et non pas un monstre sanguinaire.

Cependant, maintenant qu'elle était de nouveau entre ces murs, la jeune femme n'en était plus vraiment très sûre. Agacée, elle tira de son fourreau, une fine lame qu'elle brandit vers les cieux, y accrochant un fragment de la lune d'argent. De là elle partie dans une drôle quoique belle chorégraphie lente aux gestes sûrs et mesurés, d'une grâce certaine, un rien trop vive encore. Un remède contre son ire, assez efficace d'ordinaire. Son esprit s'apaisa peu à peu à mesure qu'elle se mouvait, telle l'eau dans le lit d'une rivière. Tout à coup, sa posture changea, le tempo aussi, devenant aussi vive que le vent, légère comme son souffle. Sa maîtrise de la rapière était poussée et démontrait un entraînement rigoureux sous la tutelle d'un professeur qui avait un certain goût de la perfection et du raffinement. Un héritage de son maître qu'elle tentait de conserver.

Puis, la belle se fendit en même temps qu'un coup de vent fit s'envoler sa crinière de feu, oriflamme balayée par une main invisible. Elle expira et se laissa tomber sur son séant, là, au beau milieu du sable doré, levant son visage pour vagabonder avec les étoiles.

- Approchez, je ne mords pas. Pas trop. Fit-elle sans se détourner de sa contemplation, invitant la présence à la rejoindre.





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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Mar 22 Déc - 20:34
Si Ariane avait bien une chose en tête quand il s'agissait de trouver "un bon point" dans cette vulgaire organisation entretenue au Sanctuaire, c'étaient probablement les animations à Rodorio. Danses, festivités et bonne humeur y étaient au rendez-vous, et avec un peu de jugeote et sans exhiber son statut, elle avait terminé par s'intégrer au petit groupe d'habitants qui la reconnaissait parfois, d'autres non. Le général avait son secret. De toute évidence, la jeune fille n'aurait pu se passer d'une ambiance qui l'aurait aidé à se sentir un tant soi peu chez elle: ou pire, son pauvre petit esprit jovial et théâtral en serait mort de tristesse et de solitude! Foi de Lyumnades défavorisé en un lieu maudit.

S'approchant d'un chemin qu'elle ne connaissait pas, elle continua un peu plus loin à la recherche de mystères dans les alentours de Rodorio. En toute honnêteté, elle ne savait pas véritablement comment elle avait fait pour se perdre dans ce qui lui semblait être une sorte de "forêt". Non pas qu'elle était réellement perdue, mais son habitude ne résidait pas à rester seule. Quitte à être mal accompagné, elle préférait avoir une présence auprès d'elle. Car le silence froid et mordant de l'individualisme lui rappelait trop de choses. Il étouffait en somme ses attentes et ses espoirs, il lui rappelait son devoir, et ces questions dont elle se remémorait de plein fouet, en fait absolu et lucide ou en illusions tordues: Reverrait-elle Atlantis Finalement, avait-elle sa place ici, dans ce lieu où elle avait tout bonnement grandit? Ariane était perdue, mais elle recherchait la bobine qui l'aiderait à se sortir de ce labyrinthe qui la tourmentait. Vers une vérité partielle, au moins.

Son regard s'égarait par delà certaines branches, par delà certaines directions pour lesquelles un bruit tantôt sourd, tantôt explicite s'étaient fait entendre. Et alors que ses pas la menaient vers une petite clairière plus illuminée, elle aperçut une femme s'agiter dans tout les sens. Ou plutôt, et après quelques instants à détailler ce nouvel endroit, elle tenait en sa main un sabre avec lequel elle effectuait une chorégraphie.

Elle était étrange, cette femme. Non pas qu'il s'agissait là d'un physique ingrat masqué au niveau du visage, mais plutôt qu'elle arborait une aura presque mélancolique. Une chevelure rousse dansait dans les airs alors que ses mouvements suivaient un tempo bien rythmé. Pourtant, bien rapidement elle se laissa porter par la gravité qui l'amena au sol.

- Approchez, je ne mords pas. Pas trop.

-Bien alors, je ne vais pas me faire prier quand je suis aussi demandée.

Elle clapota un peu des mains en riant d'un air si joyeux qu'il en parut certainement presque inquiétant. On eut dit une gamine de quinze ans qui n'avait rien à faire dans une quelconque chevalerie.

Et pourtant, dans l'esprit d'Ariane résonnait une question unique: Quel genre d'âmes perdues avait-elle affaire cette fois-ci? Les Chevaliers avaient beau se targuer d'être pourvus d'une volonté sans limites, il n'en restait pas moins des grands joueurs sur un vaste plateau qu'était la vie. Mais au moins avait-elle le mérite de ne plus se retrouver face à ses propres pensées, seule. Gérer les pensées des personnes n'étaient déjà pas choses aisées pour les Lyumnades, alors les siennes...L'acquisition de son Ecaille lui avait appris à ne pas regretter ses propres fantômes, mais plutôt à éveiller ceux des autres. A cette invitation, la détentrice de l'Armure des Poissons n'aurait que pour réponse un sourire à pleines dents et la lueur de deux yeux pétillants de malice, comme un esprit éclairé par les rayons lunaires dans une ombre factice. Elle en avait profité pour garder une certaine distance, assise sur une roche légèrement usée.

-De toute façon, ça ne me tentait pas vraiment de jouer les voyeuses, même si cette interprétation était très jolie. Vous devriez faire pareil à Rodorio, je pense que cela profiterait à des choses plus joyeuses quand on peut s'ennuyer comme un rat mort autre part." C'était bien beau tous ces "compliments", mais il était vrai que surprendre une Saint à faire joujou avec une épée avait de quoi réveiller quelques questions. Pour sa part, elle n'avait jamais apprécié les armes blanches, ni avant ni même maintenant. Aussi elle s'exprimait rapidement de quelques mouvements de mains. "Enfin, que ce soit la musique ou le combat, ce n'est pas si éloigné je suppose, tout n'est qu'histoire de tempo. J'ignorais que vous pouviez en faire, Saint, mais faites attention à ne pas vous piquer avec ce "truc", je ne compterais pas le nombre de personnes qui se sont pourfendues par erreur à jouer les malins...Non pas que ça soit votre cas, enfin...Oui. Enfin, non.

Etrangement, Ariane ne se sentait nullement menacée, mais terriblement gênée et son regard fuyant quoiqu'amusé en était un témoin évident. Les armes blanches, ça lui rappelait les victimes de la guerre, un certain nombre de personnes qu'elle avait tenté d'égarer dans leur propre folie suicidaire, avant qu'elle ne se retrouve ici tout du moins. Chacun se défendait comme il pouvait, et ce n'était pas de sa faute si ses souvenirs à elle étaient une combinaison d'autres souvenirs renforçant ses victoires ayant leur propre signification ingrate. Et c'était peut-être pour cela qu'on aimait généralement peu la présence d'Ariane quand celle-ci se montrait d'une humeur faussement jouasse. Maussade et vaquant à des occupassions peu intéressantes, Ariane se délectait d'une compagnie qu'elle ne connaissait pas et qui attisait sa curiosité parfois trop prononcée. Sa vie avait commencé après la bataille entre Saints et Atlantes, à 15 ans alors qu'elle venait de céder l'Albatros et son rôle plus léger de messagère d'une façon. Au Sanctuaire.

Sa réputation n'était plus à refaire pourtant, et peu lui importait cette qualité de combat repoussante qu'elle arborait : Les gens appréciaient rarement les morts, car leurs souvenirs en étaient bien souvent douloureux. Autant changer de sujets, en évitant de se révéler en intruse dans les souvenirs de Nimüe. Elle sentait qu'il y avait là, dans cette démonstration, de quoi toucher un point sensible. Deux ou trois années auparavant, elle en aurait sûrement tourmenté cette pauvre dame. Ses yeux glissèrent vers la petite boîte déjà bien imposante au sol. Les Poissons. Jamais elle n'en avait rencontré à l'heure actuelle, pas en Chevalier dans tous les cas...

-Qu'est-ce qui vous amène ici? On ne peut pas dire que ça soit forcément l'endroit le plus chaleureux du monde, quoique ça reste plus soutenable que le Sanctuaire et ses quelques drôles de gus.


Autant laisser la femme se trahir par elle-même, dans son patriotisme si elle le désirait. C'était une Saint après tout, ses réactions auraient été légitimes et l'auraient certainement amusé dans un sens ou dans un autre. Tout le monde finissait par dévoiler ses propres intentions. Quand on en avait. Hésitante et pesant le pour et le contre, son visage avait pourtant soudainement perdu une expression plus joyeuse. Ses lèvres terminèrent pourtant par considérer au mieux cette situation, et elles exprimèrent ainsi plus succinctement sa présentation. Ariane n'aimait pas parler d'elle.

-Ariane.




Dernière édition par Ariane le Sam 2 Jan - 22:07, édité 2 fois
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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Mar 22 Déc - 21:25
De retour de mission







- Si je m'étais pourfendue comme vous dites, vous seriez déjà morte. Lâcha t-elle sans préambule, d'une voix morte, atone. - Oh, je suis ici pour danser une dernière fois, sans doute.

Comme un oiseau rare que l'on venait de capturer et mettre en cage. Après tout, cet oiseau, on lui avait permit beaucoup de liberté, bien trop selon certain. Or Nimuë n'était pas n'importe quel animal, elle était un prédateur et non une proie. Se retrouver ici, c'était comme essuyer une cuisante défaite, ployer l'échine face à un alpha. Cette constatation fit renaître son agacement. Et la présence de cette jeune intrigante ne l'aidait en rien, toute habituée à sa solitude et drapée dans ses mystères les plus sombres. Elle avait finit par porter les yeux sur elle, détailler l'inconnue dans un grand silence, la musique la plus profonde et pure qui soit. Toutes deux devaient avoir environ le même âge et avec ces grands yeux d'un bleu outre-mer, nul doute que la demoiselle devait en faire tourner, des têtes ! Mais plus encore, c'était la signature de son aura qui surprit la rose du Sanctuaire. Derrière son masque, un fin sourire ironique ourla ses lippes. D'un timbre plus léger, elle se permit de lui glisser, amusée.

- Si vous-même avez quelques talents, nous pourrions monter un petit stand sur la place du marché, je suis sûre que parmi les chiens qui marchent sur leurs pattes arrières et les cracheurs de feu, nous avons nos chances.

Elle renversa la tête en arrière pour rire aux éclats. Ensuite, elle ajouta sur le ton de connivence :

- Je ne suis pas vraiment là pour amuser la galerie, quoique, torturer quelques apprentis me rappelleraient de bons souvenirs … Mais j'avoue que je préfère me faire chier comme un rat mort sur mon bateau, loin de tout … ça.

La jeune femme avait craché ce dernier mot, pleine d'une amertume presque palpable tant elle l'énonçait sans détours. S'étirant comme un chat sous le soleil, la jeune femme reporta son attention sur cette personne qui s'était présentée sous ce prénom : Ariane. Quelque chose en elle intriguait Nimuë O'Bannon sans vraiment dire quoi. Mais l'évidence ne tarda pas à naître dans son esprit. Se pourrait-il ? Son sourire s'élargit.

- L'Océan vous manque t-il Ariane ?

Au travers les fentes de son carcan de fer, la dame masquée la regardait avec intensité, paraissant la sonder de son cosmos à la fragrance entêtante. Une légère note métallique dansait dans l'air et quelque part, un hibou poussa son cri. Ses sens ne sauraient la tromper, surtout pas après avoir côtoyé les siens qui portaient la même essence en leur sein. À bien y regarder, elle-même en était auréolé. C'était subtil, mais bien présent, sinon, pourquoi Hassan aurait-il sauvé Nimuë de la noyade si lui-même n'avait pas senti qu'elle était une descendante du peuple atlante ? La question était lâchée restait à savoir comment l'intéressée allait réagir et y répondre ?

Un soupir.

- Nimuë.

Un léger vent souffla dans le Colisée, emportant une nouvelle vague de sable et de poussière qui ne gêna pas la pirate outre mesure. Elle réfléchissait.

- Il semblerait que nous soyons amenées à danser toutes les deux, « enfant d'Atlantis ». Je reviens justement de votre Sanctuaire, avec quelques mots de votre Grand Prêtre et de vos frères et sœurs d'armes.

Elle se redressa ensuite de toute sa hauteur, faisant face à la demoiselle, allant jusqu'à esquisser une légère révérence.

- Pour l'heure je n'ai pas encore envie de me joindre aux autres gus tout là haut, comme vous dites si bien. Si vous me permettez de rester un peu avec vous ... vous avez peut-être envie d'entendre quelques unes de mes péripéties ? Laissa t-elle traîner, une lueur mutine dans ses yeux pers. - Mais autour d'un verre, si ça ne vous fait rien.

Déjà, elle se détournait pour prendre la direction du cœur de Rodorio, là où l'on pouvait deviner sa clameur. Sa vie, ses joies, ses désillusions. Une paix factice.





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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Mer 23 Déc - 13:34
De tout ce que la Saint avait pu dire, Ariane n'avait fait que l'écouter en silence. Mourir? Elle? C'était pas déjà le cas quand on constatait qu'elle n'avait pas eu l'occasion de faire autre chose que d'observer 24H/24 les chevaliers qui passaient et qui revenaient au Sanctuaire, quand la chance de survivre leur avait été tendu? Alors un double meurtre, pourquoi pas? Tout le monde mourrait un jour après tout. En arrachant une petite branche, ses mains avaient de quoi être occupée, mais ce n'était certainement pas ce geste qui l'avait empêché de porter son attention sur la jeune rousse. Elle ne savait pas vraiment quoi y penser à l'instant, ni même porter de véritable considération sur elle. Difficile de juger une personne masquée, mais celle-ci...

La rousse rétorqua quelques répliques à ses quelques petites insinuations, et ce n'était pas pour déplaire à Ariane. Elle entrait dans son jeu d'une façon, et la brune ne pouvait pas espérer mieux. Une main portée devant sa bouche, elle ne put retenir un léger rire qui aurait très bien pu devenir bien plus bruyant. Accompagner la Saint des Poissons dans ces démesures ironiques était néanmoins chose faite.

-La pourfendeuse et la nécromancienne sur la place publique, un spectacle inédit! Bah voyons...


Mieux valait rire de leur condition plutôt que se prendre la tête. Elles avaient tout leur temps pour se torturer elle-même.

-Oh vous savez, j'ai longtemps préféré me "faire chier" toute seule, maintenant, je préfère juste oublier. A chacun son évasion quoique j'ai plus l'impression de faire face à mes problèmes, mais j'avoue que rire des autres m'amuse bien plus que de rester avec moi-même. Ca me donne la vague impression d'être moins misérable...Vous étiez donc dans le "commerce maritime" avant? Marrant pour une Saint."

Pourtant, Ariane n'avait pas eu à attendre très longtemps et a continué à briser lentement le petit bout de bois qu'elle tenait dans sa main avant qu'on ne reconnaisse finalement son origine. Elle qui avait fait en sorte d'être la plus brève possible sur son appartenance, ça n'avait finalement pas conclut. Faute à pas de chance. Elle avait finit par balancer derrière elle le morceau déchiqueté en un mouvement de bras bien lâche.

-Je sens tant que ça le poisson? C'était vrai, ça. Pourquoi toutes les personnes qu'elle croisait au Sanctuaire devinait presque automatiquement son identité? Son cosmos aux souffles marins surement, mais elle faisait des efforts pour ne pas trop se concentrer sur ce détail pourtant. La réciproque n'était pas vrai, mais il était vrai qu'eux n'avaient pas forcément son problème à elle. A savoir, lire bien trop facilement la vie d'une âme une fois qu'elle accordait à leur cosmos une importance trop grande. Néanmoins, elle ne l'avait pas vu venir, cette question. Pas aussi rapidement, et le silence avait été de mise pendant quelques secondes trop longues. Elle me manque autant qu'elle doit manquer à une pirate je suppose. Encore que non, je ne suis pas sûre qu'elle se souvienne de moi véritablement, je l'oublie souvent de mon côté. Des fois, et ça me fait mal de le dire, mais j'ai l'impression d'être plus une Saint qu'autre chose. Il faut dire que mon Ecaille n'a connu que "ça" en porteuse, presque. Elle devrait m'abandonner et trouver un autre porteur, j'ai pas été glorieuse en tant que Général.

"Ca". C'était visiblement un mot qu'elles avaient en commun pour décrire leur impression respective sur le Sanctuaire. Tenter de l'expliquer aurait été bien long et surtout bien vain quand on ne pouvait trouver les mots exacts. Etait-ce pour cela qu'elle n'avait pas pressenti une envie certaine à s'en faire une victime de plus? Parce qu'elle avait, quand on se concentrait davantage sur son histoire et très légèrement sur son cosmos, cette petite étincelle marine? Pourtant, Ariane avait fait une grimace. Lire le cosmos en surface, ce n'était pas dans ses habitudes mais elle ne désirait pas à l'instant violer les souvenirs intimes de la rousse, aussi s'était-elle fait violence...Avant que le Chevalier ne réplique qu'il venait de retourner d'un périple effectué au Sanctuaire. Les choses devenaient intéressantes, si ce n'est trop alléchantes à son goût. Ariane regagna son calme habituel, si tant est qu'on puisse définir un visage posé sur un poing fermé en guise d'accoudoir.

"Enfant d'Atlantis". Elle reconnaissait parfaitement les dires d'Hassan. C'était une mémoire qui avait peu de chances de s'évaporer en un instant tant elle était inscrite dans sa mémoire. Un sourire large et plus enjouée qu'auparavant, elle s'exclama presque aussitôt:

"Vous l'avez vu? Lui, le vieux fou?! Nom d'un petit Poséidon assis, il est toujours vivant?" C'était à son tour de rire aux éclats, avant de prendre une voix plus grave qui se voulait être une imitation du Grand Prêtre. "Enfant d'Atlantis, vous êtes un Capitaine, réfléchissez un peu plus à vos crapuleries avant d'agir! Olala..."

Les mains sur les hanches, elle surjouait certainement la chose, mais il n'y avait aucune malice dans sa voix. Ariane était simplement ainsi quand elle se remémorait quelques détails qui n'avaient pas sû s'effacer dans le temps. Après tout...Elle avait toujours eu sa qualification de "vile Albatros trop bruyant", la "crapule ambulante". A onze ans, elle pensait pourtant qu'au-delà de ses bêtises volontaires, elle faisait du bon boulot en messagère. En tout cas, une certaine "empathie" s'était très vite forgée dans ses compétences à elle. Pourtant, le reste des paroles de la jeune femme la surprit d'autant plus...On lui tendait la main pour retourner à Rodorio.

"Ca dépend. Quand bien même je ne dirais pratiquement jamais non à une invitation, vous êtes sûr de vouloir être accompagné pour vos derniers moments de liberté? Qui sait ce que votre tyran pourrait vous dire...Enfin, si cela est toujours possible, parlons en autour d'un verre! Mais je vous préviens, je ne tiens pas l'alcool."

Tyran qui était dans sa liste d'ennemis numéro 1. Qu'on ne s'y trompe pas. Jamais elle n'oublierait cette guerre, et jamais elle ne suivrait complètement les décisions qu'on lui imposait, qu'elles proviennent d'Atlantis ou du Sanctuaire. Tout ça était devenue une revanche personnelle d'un électron libre, quoiqu'elle ne pouvait sanctionner tout ce qu'elle avait vu d'injuste. La mémoire des victimes au service des eaux hantant les mémoires des plus faibles était devenue une vengeance à laquelle Ariane veillerait de près. Des choses oubliées bien trop vites à son goût. Elle se leva du petit tronc, prêt à partir. Elle alla très rapidement rejoindre ladite "Nimüe", qu'elle prit par le bras sans trop se poser de question. Au diable l'avis des autres fous, l'heure était à l'amusement.

-Enchantée Nimüe. Enfin bref, ne perdons pas trop de temps quand vous avez toute une vie de matelot à raconter! Et de Saint, je suis curieuse de savoir comment vous vous êtes embarqué dans certainement un des pires endroits aux coutumes les plus coincés que je connaisse! Et surtout ce que vous avez vu au Sanctuaire Sous-Marin! Vous avez un bar précis? Le choix est vite selon moi mais...Bref, j'arrête de parler qu'on y aille plus vite.

Et ainsi un Général un peu surexcité était bien partie pour enfoncer un Chevalier dans la forêt, en direction des Lumières de Rodorio.




Dernière édition par Ariane le Lun 28 Déc - 0:44, édité 1 fois
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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Dim 27 Déc - 12:27
De retour de mission







L'imitation de la jeune femme fit rire Nimuë sous cape. Une lueur d'amusement se disputait la malice dans ses yeux pers cachés aux yeux du Monde. Elle marqua un léger temps d'arrêt pour permettre au Tribut atlante de la rejoindre, lui prendre le bras dans un geste aussi naturel que familier. Ce qui eut de quoi la surprendre, vu que d'ordinaire, la pirate ne se laissait pas si aisément capturer. Les temps changeaient, il y avait un goût de renouveau sur son palais. Pour l'heure, la Sainte tentait de l'ignorer, n'aimant pas la perspective d'aller se percher tout là-haut, toute seule avec ses pensées trop longtemps écartées. Ça lui faisait peur quelque part. Faire face à la réalité n'était jamais très agréable.

- Bélisaire ? Oh j'en sais foutre rien, sans doute un … à son tour elle prit une voix qui n'était pas la sienne, mais à la différence de l'imitation d'Ariane de tout à l'heure, elle, joua sur son cosmos pour que la voix qui sorti de sa bouche soit en tout point pareille à celle du Grand Pope. Ce qui rendait la chose d'autant plus amusante, surtout pour elle. - Je vous présente Nimuë O'Bannon, une jeune femme qui mérite toute notre attention et notre respect.

Après quoi la belle s'esclaffa, serrant sa main sur celle de la marina. Elle sembla s'en rendre compte et s'effaça très vite, reprenant sa marche pour l'entraîner dans son sillage comme si de rien n'était. Elles marchèrent ainsi dans un profond silence à peine perturbé par la clameur de Rodorio dans le lointain, côte à côté comme si elles se connaissaient depuis longtemps. Brièvement, le regard de Nimuë tomba sur la jeune femme. Elle l'intriguait, du vouvoiement pompeux, Nimuë jugea qu'il était temps d'un peu plus de familiarité.

- Tu ne tient pas l'alcool ? Oh, c'est dommage, moi qui pensait avoir une sérieuse concurrente pour un jeu de boisson. Tant pis, je verrai bien si il y a des messieurs ou des dames d'ailleurs … prêts à relever mon défi. À ce jeu là, je suis imbattable.

Aymeric du Taureau en avait eu un vague aperçu lors de leur toute première rencontre. Elle se demanda où il pouvait bien se trouver, ce géant au rire tonitruant. Était-il au Sanctuaire actuellement ? Ou à Constantinople à tenter d'éduquer de futurs chevaliers ?

- C'est la première fois que je vais à Rodorio, enfin, plus de deux minutes. J'suppose qu'il y'en a pas quarante, on ira là où il y a le plus de monde, c'est généralement là bas qu'on s'amuse. T'étonnes pas si ça part en baston générale, j'aime bien titiller ces messieurs qui se pensent être plus malins que les autres.

Elle qui voulait un peu d'animation, la voici fort déçue quand elles arrivèrent enfin en vue d'un établissement à première vue très correct mais dont la musicalité, à l'intérieur, n'avait rien à voir avec ce dont elle avait l'habitude. Ici les ivrognes se tenaient droits, on jouait tranquillement aux dés ou aux cartes et les serveuses ne se trimbalaient pas à moitié à poil. Un peu déconcertée, les sourcils froncés, la jeune rousse haussa des épaules tout en finissant de pousser la porte de la taverne pour permettre à Ariane d'entrer à son tour. Une vague de chaleur la percuta et un sourire affable d'une jeune fille les accueillit. Cette dernière allait les placer en plein milieu de la salle que Nimuë, sans demander son reste, alla chasser un petit groupe d'habitués assis dans un recoin sombre de la pièce, près de la fenêtre. Si elle s'imaginait faire naître un semblant de « normalité » en excitant la vanité de ces hommes, encore une fois elle fut surprise de les voir se lever de bonne grâce pour les inviter à prendre place. Un grognement pour tout remerciement et voilà que Nimuë se mura dans un mutisme inquiétant. Elle grommelait, mais, se rappelant qu'elle était en bonne compagnie, la pirate désigna la place en face d'elle, enjoignant sa compagne de boisson, à s'asseoir. Elle lui glissa dans un murmure.

- Sincèrement, je suis certaine que je me serai bien plus amusée dans un buis-buis dans ta cité qu'ici où ils ont tous un balais dans le cul. Non mais sérieusement ? Y a même pas d'aspirants que je pourrais emmerder.

Un soupir, son masque se tourna vers l'atlante.

- Tu me demandais tout à l'heure si ton Grand Prêtre allait bien. De ce que j'ai pu voir et entendre, il a pas l'air de se porter trop mal. C'est un sacré numéro celui-là … Il m'aurait presque foutu les foies. Mais c'est pas un mauvais bougre, il a même été … plutôt gentil avec moi.

Ce souvenir raviva des sentiments qui laissaient la Sainte à fleur de peau. Songeuse, elle finit par apostropher la serveuse pour commander.

- Je parie que tu es une bonne mangeuse à défaut de pas tenir l'alcool, deux poulets chacune ça te vas ? Bière ? Cervoise ? Lait de chèvre ?

Hasarda t-elle alors qu'elle se mettait à sourire de plus en plus.





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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Mar 29 Déc - 2:11
Nimue était "spéciale", pas comme les autres Saints et l'atlante le sentait. Ce n'était déjà pas simple de faire en sorte qu'Ariane ne cesse ses coups pendables dès lors que l'occasion d'un certain amusement se présentait au creux de ses mains. Néanmoins, cette présence lui rappelait vaguement le temps qu'elle avait pu passer à Atlantis auprès de ses comparses, avant que la guerre n'ait eu les minutes suffisantes pour éroder les joies d'une paix brillant auparavant dans toute sa gloire. Après tout, passée la malice, Ariane délaissait bien facilement ses distances pour aborder cette proximité dont elle se parait pourtant d'une façon des plus naturelles.

"Deux poulets...C'est amplement suffisant. Ce n'est pas ça qui va m'arrêter en tout cas. Et je prendrais peut-être même quelques verres pour vous faire plaisir. Va pour la bière donc."

Ariane était certaine que derrière cette pseudo bonne humeur qu'elle percevait d'un masque porté, la Saint prévoyait quelque chose. Ou peut-être était-ce l'enjeu d'un potentiel jeu auquel elles seraient toutes les deux amenées à se confronter gentiment? D'un regard appuyé et croisant celui d'un , elle commanda d'une voix haute très brièvement mais presque poliment, sous une affirmation qui se voulait précise.

" Deux bières, s'il vous plait, et deux poulets." avait-elle dit tout en dressant deux doigts de sa main pour annoncer ce début de tournée et de gavage. Elle reçut une brève considération du tavernier, qui détourna pourtant bien vite le regard.

Elle détourna de nouveau son attention vers la jeune femme, pleinement à l'écoute de ce nouveau sujet. Attiser les conflits? Rien de tel pour illuminer une journée morne. Déjà elle avait un objectif noble. Un objectif terrible, un objectif que tous saurait faire valoir d'une façon: Elle passerait harceler "le petit Béli" un jour, carte maîtresse d'une proie plus alléchante et bien moins patiente.

"Je suis surtout inexpérimentée des beuveries, mieux vaut rester sur ses gardes dans un endroit qui n'est pas le sien. J'avoue préférer mener mes chers fidèles chevaliers servants un peu trop sur d'eux vers leur débauche...avant que je ne sois moi-même tentée d'en faire de même." avait-elle dit nonchalamment ces paroles qui, somme toute, avaient le mérite d'être totalement sincères. Pour une fois.

Un sourire quelque peu nostalgique ornait désormais ces lèvres aux pensées qui en résultaient. Chacun avait ses astuces après tout. Certes, elle n'avait pas au naturel un langage aussi fleuri et désarmant que la demoiselle en face d'elle. Certes elle n'était pas aussi spontanée que la charmante rousse non plus. Mais elle parvenait à exceller dans son propre orchestre, et c'était probablement déjà beaucoup pour étoffer ses farces. Cela signifiait une certaine adaptation dont le général avait réussi à se forger avec le temps, faute d'une Ecaille un peu moins lâche, et bien évidemment de stabilité. Nimue lui apporterait quelques informations sur son ancien environnement et elle ne demandait pas mieux. Ariane était heureuse de savoir que ce vieux poltron était encore en état pour gérer son poste sans subir la sénilité, quoique la jeune femme venait déjà d'en décrire un sacré gaga comme elle l'avait connu. Ce qui n'était guère étonnant finalement. Hassan n'avait jamais eu un fond mauvais ni véritablement agressif, contrairement au Grand Pope qu'elle connaissait déjà très brièvement, mais pourtant d'une mauvaise manière à son dernier souvenir qui remontait déjà depuis un certain temps. Le rencontrer en tant que Tribut n'était guère réjouissant après tout. Nimue pouvait être déçu, mais le général des Lyumnades n'étaient pas dans ce genre de démesure. Elle s'adaptait aux normes et au-delà quand la situation l'arrangeait, et c'était d'un haussement d'épaules qu'elle répondit silencieusement à sa comparse. Ses lèvres se fermaient puis se rouvraient, comme hésitants, quand finalement ils se rouvrirent.

"Inspirer la terreur chez les petites recrues? Des proies faciles je te le dis! Mais les chevaliers d'Or sont tout aussi divertissants. Pas aussi peureux, mais tout aussi "mignonnets". Crois moi, rien ne vaut une tête des plus surprises de leur part..."
D'une douceur certaine, elle passa pourtant très rapidement à un sérieux qu'elle n'avait pas pris le temps de montrer, bien loin de la démesure chaleureuse dont elle avait fait preuve depuis leur rencontre. "Je suppose que vous en avez déjà rencontré plus d'un n'est-ce pas?"

Bien plus que la Marina probablement, mais peut-être pas d'une façon aussi abrupte que la sienne, pour les rares Saint qui avaient eu l'extrême honneur de la rencontrer...Le Cancer en avait déjà fait les frais. Il fallait dire que se faire berner par une Marina dès le premier contact de cette façon était de loin l'une des blagues de mauvais goût les plus concluantes qu'Ariane avait modeler jusque-là. Deux bières avaient fait leur apparition presque soudainement sur leur table, déposé par quelqu'un qui devait très certainement être un habitué du service. Le général en profita pour adresser un sourire et remercier rapidement l'homme, avant que celui-ci ne s'écarte très rapidement, un peu rougissant.

"Oh, je suis sûr qu'au-delà de toute cette froideur extérieur, ce petit visage masqué à une préférence pour quelques chevaliers tout de même! Tu devrais faire quelque chose pour ce masque...C'est pas possible de se traîner avec ce truc indéfiniment. C'est même pas une marque de respect pour servir une déesse féminine...C'est une tragédie oui. C'est peut-être pour ça que je suis pas impartiale quand je parle du Sanctuaire. Je ne sais pas..."


Athéna...Non pas qu'elle avait particulièrement quelque chose contre la déesse de la Sagesse, mais il fallait bien avouer qu'elle pouvait décemment lui reprocher un manque de coopération féminine. Quant à Poséidon, il avait certainement un intérêt à ce que les femmes gardent un visage à découvert après tout. Allez savoir, sa réputation parlait déjà d'elle-même. Mais au-delà de cette ironie, il y avait quelque chose de bien plus stressant: Ariane ne parvenait plus à trouver ses repères. Elle ne parvenait plus à dissocier ce qu'elle vivait actuellement aux choses qu'elle avait vécu, avant. Tout ce dont elle savait, c'était que la voix qui lui insufflait qu'elle serait mieux là-bas, chez elle, était désormais bien distante. Ce n'était plus qu'une affirmation répétée chaque jour avec un peu moins de conviction. Alors pourquoi cette femme parlait-elle ainsi de son propre camp, à affirmer qu'autre part aurait été plus plaisant, alors qu'elle avait la chance de pouvoir s'aligner à cette allégeance sans ressentir le moindre doute? Une pointe de jalousie avait pointé dans le cœur de la brune, ce à quoi elle ne cilla que très peu.

Quelque chose l'arrêta pourtant bien vite l'immersion dans toutes ses réjouissances négatives, et il suffisait de regarder autour d'elle pour deviner que les deux femmes venaient de briser tout un monde.

Décidemment, il y avait là de sacrés goujats en ce bar, et pourtant leur présence même venait détourner ce monde fait de testostérone. L'une était une Saint, à n'en pas douter pour ce masque qu'elle portait. L'autre, c'était déjà plus délicat quand on ne faisait pas attention au Cosmos, à proprement parler. Qu'était-elle véritablement à leurs yeux? Une invitée avec un air gai? Une résidente de Rodorio cachée? Ou tout simplement une catin de plus? Il n'y avait même plus de surprise à leur dire tout simplement qu'elle était prisonnière mais qu'elle passait le plus clair de son temps à oublier sa condition. L'ambiance y était décidemment trop sereine, trop peut-être pour Ariane.



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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Mar 29 Déc - 13:20
De retour de mission







Ariane prit les choses en main avant même qu'elle n'eut à lever le petit doigt, commandant pour elles deux volailles et deux bières blondes. Son intuition s'était donc avérée juste : à défaut de tenir l'alcool, la mignonne mangeait avec appétit, pas comme ces poules qu'elle avait autrefois croisé à Constantinople lors de ses rares passages dans la capitale. C'était une autre vie, aujourd'hui elle buvait à leurs souvenirs. Souvenirs qui avaient un goût bien amer maintenant qu'elle y songeait de nouveau. Les deux femmes se perdaient sur ce chemin, s'égaraient pour mieux revenir dans la banalité quotidienne, leur condition. Toutes deux n'étaient pas si différentes, à bien des égards et, tout en y songeant, Nimuë écouta avec attention les réponses qu'elle lui fournissait. Révélatrices, à n'en point douter, surtout pour celui qui savait écouter et décrypter les autres langues du corps, la musicalité d'une voix. Peut-être bien que la nostalgie les étreignaient seulement, elle ne serait plus qu'une vague chimère lointaine. Son cœur était resté à Atlantis comme ses pensées, en était-il de même pour le Tribut des marinas ? Ou bien s'était-elle résolue ? S'était-elle abandonnée entre les bras du Destin ?

Quelque part, elle serait déçue. Jamais ne meurt l'aspiration à la liberté.

- Tu as dû en éconduire plus d'un, si tu veux mon avis à moi. Quelque chose me dit que ces messieurs n'ont pas eu l'occasion de connaître le faste et la décadence de la vie de Rome. Et puis un Saint dans une orgie, ça ferait désordre !

Elle s'esclaffa. Vu comment certains étaient, nuls doutes qu'ils ne se soient jamais risqués à une telle débauche. C'était pourtant un trait humain, hommes qu'ils devaient protéger tout autant que le chaste et le pieu. Sous le regard d'Athéna, ils étaient tous semblables et pourtant … Nimuë ne partageait pas ce point de vue. Ils vivaient tous dans un monde d'Hommes. Les femmes ici étaient masquées, prétendument pour leur laisser l'honneur de pouvoir servir la Déesse vierge sur un champ de bataille sans allumer le courroux des autres. Les lois du Sanctuaire étaient ainsi faites et si les Poissons trouvaient cela absurde, elle avait décidé de s'y plier. Légèrement, la rousse s'inclina, comme pour ouvrir une atmosphère propice aux confessions.

- En fait non, avant le Crusos Sunagein, je n'en ai rencontré que deux. Ce brave Taureau qui … hey ma foi est moins con que les autres même si lui aussi s'est finalement risqué à me juger trop sévèrement tout ça parce que j'ai un peu trop secoué ses petits veaux pendant un entraînement et … Shin de la Balance. Celui-là, c'est un sacré numéro. Il m'a déshabillé avant de me dire bonjour ahah !

Cette anecdote fit naître une grande et sincère hilarité chez la pirate. D'ailleurs, depuis la réunion des Golds Saints, elle n'avait pas eu l'honneur de le revoir, ce foutu connard ! Dommage, peut-être viendrait-elle le titiller de nouveau si l'envie lui en prenait. Elle cessa subitement de rire quand on leur apporta enfin ce qu'elles avaient demandé. En avisant du serveur et du rouge qu'il portait sur sa figure, Nimuë pouffa de rire.

- Qu'est-ce que je te disais, madame est très demandée. Alors comme ça, tu as déjà titillé ces messieurs tout drapé d'or et de gloire ? Son ton était clairement mesquin et ironique. Preuve qu'elle n'aimait pas beaucoup ce privilège parce qu'on portait le jaune. D'habitude, je suis pas très sociable, faut dire que je suis pas commode, à part Lesath du Scorpion que j'ai pas renvoyé chier, Childéric du Lion lui a essuyé ma mauvaise humeur … pour les autres je dois t'avouer que j'en ai rien à foutre. Mais je tâcherais de me souvenir de ce que tu viens de me dire. Vu mes perspectives, ça me fera une occupation.

Après un temps à observer la mousse qui débordait de sa choppe, elle reprit.

- Si il a de jolis yeux, un beau petit cul et qu'il sait la fermer … ça me suffit. Elle s'esclaffa. T'en fais pas pour mon masque, ça me permet de cacher ma gueule et crois moi, c'est pas plus mal pour ces messieurs en rut. Hm … pourtant y a bien un ami à toi qui m'a convaincu de le retirer, de temps en temps.

Sous le couvert de son masque elle lui adressa un petit clin d’œil. Avait-elle su éveiller sa curiosité ?

- Si tu veux jouer un peu, je ne te retiendrais pas … glissa t-elle en jetant un regard furtif à ces hommes qui, de temps à autre et très … « subtilement » dévoraient les jeunes femmes des yeux.





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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Jeu 31 Déc - 12:43
A y regarder de plus près, Nimüe semblait plus fascinée par la mousse de sa bière blonde que sur le prestige qu'elle avait de faire partir de la Garde Dorée. Elle parlait de ses compagnons d'une manière si détachée qu'il semblait bien à Ariane, l'espace d'une minute, qu'un général de Poséidon pouvait accorder plus de sympathie aux Chevaliers que l'un d'entre eux ne l'aurait fait. Et pourtant, ce n'était pas ses affaires, aussi s'amusait-elle de ce qui avait été dit.

-Un Saint dans une orgie? Une Balance perverse dans vos rangs? Tu parles d'une image!, mais en même temps...Tu t'attendais à ce que le Taureau te fasse certaines éloges en titillant ses petits protégés? Le jour où tu en auras venant d'un de ces "Messeigneurs" un peu trop accroché aux valeurs de la Sagesse, tu m'en enverras des nouvelles, avait-elle rit aux éclats, avant de reprendre de plus belle sur une de ces anecdotes qu'elle cachait si bien.

-Titillé? Très certainement. Je ne me suis pas permise de le faire à tous, mais à dire vrai et parce que j'avais besoin d'un peu d'entraînement, le Cancer est allé jusqu'à me prendre pour sa sœur, m'en a-t-il fait grâce d'un câlin des plus honnêtes et fraternels...Tu aurais dû voir sa tête lorsqu'il s'est rendu compte qu'il venait d'étreindre avec tout son cœur un potentiel ennemi! J'en ai pas tenu rigueur, mais il me semble que ça ne m'était jamais arrivé auparavant! Crois-moi, j'ai eu un fou rire, mais depuis il préfère m'éviter." Un bref sourire avait orné ses lèvres, froid mais pas moqueur. Elle gardait ce dernier pour un éventuel face à face à venir. "Quant au chevalier de la Vierge...C'est un peu différent. Il se donne une certaine allure mais il n'est pas mauvais bougre. Enfin, vous avez tous de quoi vous amuser finalement, en creusant un peu. Même avec ce...Childéric."

Elle ne pouvait pas véritablement en dire plus pour ce dernier. De toute façon...Ariane avait encore tout un monde à rencontrer. Mais "Childéric" éveillait en elle un mauvais souvenir. Un souvenir d'un roi Franc en particulier, et d'une descendance qu'elle n'avait que trop peu apprécié. Le bref dégoût qu'avait ressenti la Marina avait pourtant été bien cours tant Nimüe avait réussi à faire preuve d'une chaleur émotionnelle. Franche et droite, on pouvait pas dénier que la Saint avait le mérite de redonner un sourire certain sur ses lèvres à elle.

-Cet "ami" a probablement raison. On ne devrait pas avoir à renier ce qu'on est pour leurs bons plaisirs...Poison ou pas, terreur ou non, et j'en sais quelque chose. Pas qu'au Sanctuaire d'ailleurs. Leur regard est insignifiant, trop changeant, trop volatile. Ils jugent ce qu'ils ne comprennent pas en une vue partielle. Est-ce pour cela que tu crains ton retour là-haut, de voir tes camarades de combat et de ne pas te sentir à ton aise?


Ariane n'avait pas désiré en dire plus. Un "ami" voulait aussi dire une personne qui avait vécu la même chose, mais qui avait certainement dû mieux prendre leur défaite qu'elle ne l'avait fait. Se balader avec un trouble post traumatique d'un combattant, on avait vu mieux pour une générale des Lyumnades, quand bien même ce sentiment s'était atténué avec le temps. N'était-elle pas elle-même dans un rôle idéal pour faire parler les prisonniers de guerre par une torture psychologique sans précédent? On l'avait choisi ainsi, depuis le début. Bien avant que Poséidon ne porte son regard sur elle, car une autre créature était venu à son aide en des moments critiques. Ariane avait toujours dû faire ses preuves, et ces cinq années n'en étaient qu'une de plus. Quant aux craintes de la jeune femme, elles étaient justifiés dans l'esprit de la dompteuse de salamandres. Sa main serrait sa choppe, avant de la lever et de la porter à ses lèvres. Une gorgée, et les propres craintes ayant été éveillé par l'appréhension de la jeune femme avaient été atténuées.

-Ne t'en fais pas, j'aurais tout mon temps pour attiser quelques feux éteints, et puis...Tu as porté ton attention sur moi pour une raison précise, non? Ou est-ce par simple bonté?

Son coude avait été posé sur la table de telle façon à ce que son menton puisse se reposer sur sa main droite. Les doigts encadraient déjà son visage, démontrant une certaine expression dubitative et analytique de la générale des Lyumnades. Si la rousse n'était pas sociable de nature, alors qu'est-ce qui l'empêchait de se montrer agressive envers Ariane? Certes, le général n'avait en rien fait preuve d'un comportement particulièrement belliqueux, mais la dernière affirmation de la Saint l'avait fait tiqué, comme un élément étranger résonnant dans un esprit parfois méfiant et curieux. Mais la curiosité, c'était bien souvent un défaut omniprésent chez elle...Elle avait été éveillée oui, mais pas sur ce qu'il se passait sur Atlantis. Elle en avait dans le fond bien trop de douleur à en parler davantage.

-Mais parles moi plutôt de toi, Nimüe. Je ressens bien que tu es "différente", et plus on avance dans cette conversation, plus je me rends bien compte que cette impression est véridique. Pas seulement ton cosmos, ta façon de voir les choses m'indique pièce par pièce quelque chose "d'étrange", qui n'entrerait pas dans la norme d'un Saint comme on réduit si bien. Alors, si tu n'es pas totalement Saint alors que ta Pandora Box l'indique clairement, qu'es-tu réellement?


Ariane ne se fiait pas sur un ensemble de jugements qui s'offrait à elle. Ce n'était que bêtises. Chaque homme avait ses souvenirs propres, ses craintes propres également, et en cela la générale se montrait souvent plus alerte mais compréhensive, à la limite de l'intrusif quand cela lui chantait. Le serveur avait de nouveau été envoyé sur la table. Pauvre chose, c'était une cruelle timidité et un regard fuyant qui les avaient accueilli. Un regard fuyant, et quatre poulets dorés. Elle ne se fit pas prier pour prendre une cuisse d'un des poulets en remerciant le serveur de façon à le faire rougir d'autant plus.

-Merci mon chou.

Le serveur bégailla un "De rien", et s'en alla tout aussi rapidement, sous un air détaché des Lyumnades qui accordait bien plus de crédit à ce qu'allait répondre la Saint des Poissons.

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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Dim 3 Jan - 12:39
De retour de mission







Il régnait dans l'auberge, une douce et agréable quiétude qu'aucuns ne sauraient ébranler. C'était pourtant ce qu'avait fortement suggéré Nimuë à sa compagne de boisson, tant son cœur cherchait un peu de chaos dans toute cette tranquillité. Bientôt ne resteraient que de vagues souvenirs de ce que fut ses premières années en tant que Sainte des Poissons. Bientôt elle pourrait dire adieu à l'Océan, à la liberté. Bientôt elle allait devoir se plier aux exigences de la Déesse aux yeux pers et garder son Sanctuaire. Mais comment des gardiens de l'Humanité pouvaient-ils se targuer de l'être en restant dans ce tertre où la paix régnait en maîtresse incontestée ? Le malheur était présent partout ailleurs, caché ou non, il y avait des guerres et des catastrophes. Bien assez pour ne pas se terrer dans des temples magnifiques qui pourraient abriter quantité de gens. C'était pour cette raison que Nimuë recherchait constamment le conflit. Coincée ici comment pourrait-elle partir en quête de ses propres questionnements ?

Qu'es-tu réellement avait demandé Ariane. C'était là que résidait le mystère. Saurait-elle lui fournir un début de réponse ? Délaissant victuailles et bière, la jeune femme parut se raidir sur sa chaise, ses yeux se perdre dans le lointain.

- Je ne sais plus. Fit-elle après un long moment de silence. Mais ce n'est pas important pour toi, ce qui t'intéresse vraiment c'est de savoir pourquoi j'ai porté mon attention sur toi.

Le timbre de sa voix était plus mesurée, plus détachée aussi, comme si elle mettait de la distance entre elles. Cette soudaine froideur prouvait la dualité qui habitait la jeune pirate qui oscillait, tanguait comme un navire ballotté farouchement dans les vagues de la mer. Elle cherchait ce qu'elle était, elle cherchait une place en ce monde. Et à présent qu'elle savait qu'elle n'avait fait que fuir la réalité depuis ces cinq dernières années, Nimuë se sentait tiraillée entre deux mondes auxquels elle appartenait. Tous les deux par le sang.

- J'ai fais une promesse à ton Grand Prêtre, je lui ai promis de veiller sur toi, comme j'ai décidé d'un but. Pas en tant que Chevalier d'Or, mais en mon nom j'ai promis de faire en sorte que nos deux royaumes œuvrent sur un pied d'égalité, qu'Atlantis ne sombre plus dans le malheur comme il y a cinq ans. C'est peut être utopique mais je crois en la paix c'est pourquoi je me suis auto-proclamée ambassadrice et … gardienne de ta personne. Tu rentreras chez toi Ariane et jusqu'à ce que ce jour arrive, je veillerai à ce qu'il ne t'arrive rien. Ce n'est pas par bonté, mais par devoir.

Sur ce dernier point ce n'était pas tout à fait exact, mais l'atlante n'avait pas à le savoir pour le moment. Le fond de sa pensée, elle le gardait pour elle. Peu pouvaient se targuer de pouvoir percer les secrets de son cœur. Une épaisse muraille se dressait autour de ce dernier, comme une coquille dont il était malaisé d'approcher. Son masque qu'elle portait en était une autre. Tout ceci l'entravait et la protégeait dans un même temps. Seulement, se murer ainsi l'avait conduite à de bien sombres extrémités, à une solitude qui avait fini par la ronger. Son voyage au Sanctuaire Sous-Marin lui avait montré qu'elle avait bien failli se détruite toute seule, se perdre sur un chemin bien trop tortueux.

- J'avais dix-sept ans quand j'ai senti l'étreinte de la mort pour la première fois.


Ses yeux plongèrent dans ceux de la jeune brune.

- C'est ton Grand Prêtre qui m'a sauvé ce jour là, je l'ai appris lors de ma visite en Atlantis. J'aurais dû me noyer, mais il est intervenu et c'est grâce à lui que je suis devenue la Sainte des Poissons. Étrange Destin, hein ? Je sais que j'étais promise à l'Océan, ou à la Mort, mais en me ramenant sur cette plage, il a scellé mon Destin et fait de moi ce que je suis. J'ai une dette envers lui désormais.

Finalement elle commença à s'intéresser à son premier poulet, décortiquant sa chair blanche avec ses doigts, presque rêveusement.

- J'aurais pu être l'une des vôtres, je sais que je suis une enfant des flots. Mais, voilà.
Acheva t-elle dans un petit rire désabusé. Voilà pourquoi tu me trouves différente, Ariane, probablement.





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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Ven 8 Jan - 14:33
Nimue était ainsi, en théorie, une des leurs. Le concept lui paraissait abstrait mais Ariane était persuadée qu'Hassan en savait davantage. Ses actions avaient certainement été, d'une manière ou d'une autre, justifiées. De toute évidence, Nimue s'était rendue au Sanctuaire Sous Marin, et si elle avait représenté une menace pour eux, probablement se serait-il charger de réparer son erreur par lui-même. La Saint n'avait pas tout dit, mais suffisamment de mots avaient été prononcé pour comprendre son histoire. Pour comprendre ses intentions, quand bien même elle savait d'avance que cette "nouvelle amitié" était bien plus intéressée qu'autre chose. La générale se sentait quelque peu déplacée pour la juger, elle qui ne s'était que très difficilement juger bonne Marina. Tout en ses actions avaient toujours été contradictoires, une honte presque certaine pour ses rangs, mais elle avait appris à aimer ses frères voire à les admirer à l'époque au-delà d'un jugement où le mot "danger" avait été étiqueté sur son front. Avant de devenir otage. Son regard s'attarda quelque peu sur un individu qui hurlait dans toute la salle. Cet homme était entré dans le bar et il faisait régner une ambiance plus que tendue. Plutôt grand, ses cheveux rouges pétants détonnaient autant que sa voix portait déjà des ordres aux plus faibles du bar. La tête meurtrit devait l'aider à ce que quelques Bronzes s'en sentent intimider aussi semblait-il trop occuper avec eux pour porter la moindre attention sur les deux jeunes femmes.

-C'est là que tu as tord. Connaître ce qui nous entoure donne un repère sur ce que nous sommes, ne pas se connaître est chose terrible mais c'est aussi un plaisir de la vie que de découvrir nos limites. Ce qui nous définit. Nimuë, nous ne devenons que ce que nous souhaitons être. Ce n'est pas tant notre nature qui nous régit, mais simplement nos désirs. Tu ne seras de cette origine que si tu ne désires l'être au point d'en faire une réalité...Tu es différente...Et? Je n'ai jamais aimé l'eau plus que cela, pas plus que mes parents n'étaient eux-mêmes attirés par "sa douceur cachée et sa couleur changeante". Tu parles...Et on me désigne comme une atlante après? Visiblement oui, mais il semblerait que l'on me considère ainsi, ce rôle m'a été confié même si je joue plus celui d'un spectateur en retrait. Je n'ai plus peur des regards depuis la mort de mes parents, mais...Je suis sincèrement désolée si ce que la vie t'a offert ne te plait pas.

Elle en parlait rarement, de ses parents. De ces antécédents de manière générale. Jamais elle n'avait perçu le moindre avantage à en faire part à quelqu'un, d'autant plus lorsque celui-ci était d'une origine dont elle craignait d'en être connu. Sa mère était franque, mais son père demeurait gallo-romain, de ceux qui avaient écouté et répété les histoires de l'antique Soissons. Très tôt, elle avait su qu'il valait mieux pour elle ne pas se fier sur la stabilité et le courage, car il résidait en ces valeurs le meilleur moyen de se retrouver sur un bucher salvateur. Un bûcher qui réveillait. Avalant sa salive pour tenter d'effacer la plus grande crainte qu'elle avait eu, elle poursuivit son explication malgré sa précédente tentative d'évasion qui reportait le sujet sur Nimuë.

-C'est pourtant le Feu qui me les a ravi, cette même volonté qui nous a toujours suivi de génération en génération. C'est pourtant la rivalité et la prudence qui avaient déjà, depuis plus d'un siècle, déterminé leur sort par un titre de "dernier" attribué et bafoué par celui qui a précédé l'empereur actuel. "Bélisaire", comme le général, c'est une prétention tu ne trouves pas? Pour ma part, ce nom m'évoque un attachement à explorer, un dernier instant avec une identité qu'il ne reconnaitra pas mais qui elle, le reconnaitra. Je n'en tire ni fierté, ni une envie particulière. Ce ne dépendra que de lui. Que je sois au Sanctuaire n'est pas un hasard, que la Guerre ait frappée non plus. On ne reçoit que ce que l'on désire véritablement, et le jour où j'ai été nommée otage, il avait été décidé que l'émissaire sache lire les pensées par un seul regard. D'abord, parce que ça l'emmerdait de comprendre, ensuite parce que c'était mon foutu droit de ne pas baisser mes pupilles devant mes confrères.

Il était vrai qu'Atlantide lui manquait d'une certaine façon, mais pourtant, si elle était devenue otage, la volonté de fuir un endroit s'était dressée en même temps qu'elle avait défié d'un regard un gagnant avec la certitude de ne pas s'en sortir. Les prédateurs, ça la connaissait. Il fallait qu'elle fasse ses preuves devant ces quelques poltrons de frères prêts à se soumettre aux exigences du gagnant. Mais elle ne pouvait se développer là-bas. C'était une illusion que de croire qu'elle s'était trouvée une famille inséparable, une veine image brûlée à chaque seconde qui passait sur ce champ de batailles aquatique. Le temps était cruel et sa morsure faisait des dégâts sur le cœur humain, mais pas sur elle. Elle rirait, et ses yeux aussi expressifs qu'à l'instant jugeraient indépendamment chaque situation où elle se serait retrouvée. Tout n'était pas mauvais et perfide en un être, il était simplement différent de sa vision à elle. Vingt ans, elle avait l'impression d'en avoir vécu beaucoup plus, mais surement l'étreinte de la guerre lui avait donné quelques rides mentalement.

-Je savais ce que j'étais...Depuis l'attribution de la seule Ecaille à ne pas vivre dans l'eau. Le feu n'aime pas l'eau, il a du se convertir pour mieux s'adapter. J'avais 11 ans quand j'ai acquis celle de l'Albatros en tant que simple messagère. Dans tout ça, de la foudre que je fais paraître, je suis devenue la tempête qui fait couler le navire et qui meurtrie les marins avant l'Océan lui-même. Parce qu'il n'hésite pas et que les autres le savent. Parce qu'il utilise l'eau à défaut de voir sa chaleur devenir buée. Par deux fois j'ai été otage, de sang familial ou de mon vivant et je n'ai rien fait pour m'en extirper, quand bien même j'en avais l'envie, je n'en suis pas assez forte. J'ai toujours pensé qu'on en apprenait bien mieux avec ce qui nous paraissait contraire, d'autant plus lorsqu'on se montrait un tant soit peu conciliante avec les esprits les plus solitaires...Je pense ne pas avoir tord lorsque je suis en face de vous.

Il y avait là une gêne perceptible dans la voix de la brune. Plus de gaieté, plus d'enthousiasme. Plusieurs personnes supposaient qu'Ariane s'adaptait aux états d'humeur de ses collègues quand elle recherchait autre chose que l'amusement. Mais plus que la gêne, il y avait une colère croissante, une colère qu'Ariane n'avait pu retenir de loin ou de près. Quelque chose d'ardent s'alluma. Le verre d'alcool qu'elle tenait en ses mains s'étaient mises à flamber et dévorer le reste de bière qui y était. Bientôt, elle broya son verre, mais de son étreinte croissante, elle étouffa bien vite le feu paume nue. Les débris avaient entaillé sa peau et ainsi le sang coulait, mais au-delà des blessures de verre, une brûlure demeurait véritablement. La salle s'était tue, le calme ambiant venait de s'envoler à peine le bruit d'un éclair provoqué puis du feu brûlant avait résonné. Le Sanctuaire avait bridé ses capacités à n'en pas douter, mais Atlantide n'y était pas étranger non plus...La guerre avait ses mensonges. Mais elle avait tout à reforger et cette rencontre lui avait donné le coup de fouet nécessaire à cette volonté. Il restait une question néanmoins, une question dont elle connaissait partiellement la réponse. Chacun avait eu ses batailles, mais toutes n'étaient pas aussi clémentes sur leur croyance.

-Par tes rêves Nimuë, t'en détruira bien d'autres, et t'en créeras aussi bien d'autres, allant du petit traité de paix à l'acclamation d'une guerre. Des plus attendus au plus héroïquement éphémères, rien d'étonnant à ce que ton destin t'aie mené à voir cela comme une ironie. Vois plutôt cela comme une attribution, et je suppose qu'Hassan l'a ressenti ainsi. Mais ne t'en fais pas, avec un regard patient, il n'est pas difficile de faire taire les plus belliqueux. Et lorsque cela n'est pas possible, deux trois hochements de tête et tu fais fou ce qui te prend pour folle. C'est comme ça que j'ai survécu par mes rébellions contre ces idiots de Francs d'origine en tout cas, être une femme a ses privilèges et ses inconvénients. Je ne peux que te soutenir à te dresser contre ce qui te semble infranchissable, c'est plus amusant, l'épreuve! Pour autant Nimue, je ne pourrais pas jouer avec toi véritablement. Je suis un monstre de guerre, pas une poupée de chiffon dans les mains du Grand Pope. Dans vos mains pour établir une paix quelconque, de toute façon je ne redonne que de la tragédie en retour, c'est ma malédiction. Je n'ai pas besoin d'une protection permanente contre une menace extérieure. Atlantide et le Sanctuaire m'apparaissent bien loin. Si j'en avais l'occasion et si je m'écoutais avant d'entendre les murmures d'autrui, je retournerais d'abord voir une plaine qui me tient à cœur et où le vent souffle ardemment. Enfin..." Son regard s'attarda de nouveau sur le tortionnaire aux cheveux roux avec un regard plein de malice." Ce bar a de quoi offrir de la matière finalement."

De la fermeté et de l'audace sous une carapace d'un je-m'en-foutisme véridique. Nimuë était ainsi prête à l'utiliser pour établir une paix entre les deux camps afin de mettre un terme à la dualité qui la rongeait. L'irréversible sociabilité ou la solitude? Sanctuaire ou Atlantide? C'étaient des questions que l'atlante se posait elle-même parfois, mais qu'elle préférait reporter au lendemain. Elle se leva d'un coup, prêt à mettre plus d'ambiance en ce bar. Il y avait en Ariane une innocence néanmoins qu'on retrouvait peu chez les combattants: la compassion. Elle ne s'attardait pas sur les vives haines qu'elle pouvait ressentir à Rodorio. En prenant une dernière bouchée de l'aile de poulet qu'elle tenait dans sa main, elle flamba l'os à force d'électrocution et le balança en direction du jeune fouteur de merde. Le projectile frôla la joue de l'homme déjà bien grand qui avait dû ressentir la chaleur d'un éraflement. D'un mouvement brusque, il tint le côté droit de son visage avant de voir l'auteur de l'agression. Auguste aperçut alors la petite forme brune sur ses deux pieds, souriante et bien connue contre la rembarde.

-Bordel Ariane, c'est encore toi?! Viens par là que je te fasse bouffer ton os!

Un petit rire étouffé était sorti de sa bouche avant qu'elle ne parte se cacher derrière Nimuë devant la mine furieuse de celui qui venait de se faire écorcher la joue. Celle-ci prit au passage deux autres cuisses de son dernier poulet pour se défendre, pour finalement partir en bousculant presque la totalité des buveurs dans leur rangée. Plusieurs bières furent renverser, et les protestations se firent d'autant plus nombreuses que le bruit de choppe se fracassant sur le sol résonnaient de part et d'autres dans la taverne. Bientôt, la petite forme qui se mouvait entre les tables s'aperçut qu'ils allaient très certainement subir les foudres de tous les soiffards présents sur le terrain. Ariane prépara son deuxième projectile, prête à le balancer sur le premier venu pour se frayer un chemin vers la sortie.

-Nimue, je crois qu'on va devoir se barrer ou cogner du Saint!"





Dernière édition par Ariane le Ven 8 Jan - 17:29, édité 4 fois
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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Ven 8 Jan - 15:52
De retour de mission







Ariane était loin d'être une jeune femme stupide. Déroutante d'une certaine façon, son franc parler avait de quoi faire sourire. Mais ce qu'elle lui révéla ne possédait point de matière à rire. Au lieu de s'esclaffer, la pirate l'écouta avec attention, ne la coupant en aucune manière sans toutefois ne rien omettre de ses mimiques, de la variation de sa voix pendant cette diatribe. Savoir se taire était une chose, écouter en était une autre et Nimuë des Poissons, pour la première fois depuis longtemps, se mura dans un profond mutisme. Agacée de temps à autre par un rouquin qui se pensait plus malin et plus fort que tout le monde, elle dû pourtant produire un effort surhumain pour ne pas se lever de sa chaise et lui apprendre, à ses dépends, les « bonnes manières ». L'atmosphère entre elles venait de changer, si bien que les regards qu'on leur jetaient de temps à autre n'existaient plus. Les autres ivrognes avaient fort à faire avec l'énergumène qui venait d'entrer comme si ce territoire lui appartenait, beuglant à tout va, allant jusqu'à effrayer les jolies serveuses qu'il tripotait sans vergogne.

Dans ce remue ménage, elles, évoluaient dans une bulle, loin du chaos et des heurts du Monde. Il y avait là des confessions, des explications, des visions des choses différentes, et similaires tout à la fois. La Sainte constatait qu'elles n'étaient pas si différentes, à bien des égards. Elles avaient toutes les deux perdu bien plus qu'il n'en fallait dans toute une vie. Vie qui ne s'était pas montrée clémente avec elles. Si elle comprenait bien, elle non plus n'avait été prédestinée à être ce qu'elle était aujourd'hui. Mais à la différence de Nimuë, elle semblait l'accepter avec pragmatisme. Elle savait qui elle était et qu'elle était sa place. Ou peut-être pas ? Les yeux bleus de la jeune femme, au travers son masque, brillaient d'un éclat irréel. Le feu, ô oui, elle connaissait sa morsure.

Rien n'était dû au hasard, bien sûr. Nimuë n'y croyait pas non plus. Toutes choses pour elle, étaient écrites, courues d'avance. Le jeu des Dieux. Mais eux-même ne connaissaient les projets des Moires qui, de temps à autres s'amusaient à les contrecarrer. Pour leur rappeler leur supériorité, sans doute. Prit dans cet étau, l'homme, la femme, devaient naviguer et se frayer un chemin dans tout ceci. Mais les élus ? Eux qui avaient la puissance de faire s'écrouler des montagnes ? Étaient-ils régis par les même lois ? En eux résidaient l'espoir, la volonté d'aller au delà de leur condition première. Hassan lui avait murmuré qu'elle avait des choix à faire. Ariane aussi.

Et face à sa parole, sa dette, la jeune pirate ne saurait faillir. Elles étaient étroitement liées désormais, que cela lui plaise ou non. Elle ne reviendrait pas là dessus, quand bien même, et selon toute vraisemblance, la Générale n'en avait pas besoin. Cette colère brûlante qui s'était manifestée, quoique bridée, en était la preuve. Si elle n'avait esquissé aucun geste pour la soigner, c'était pour lui répondre.

- Tu es curieuse, Ariane. Et je devine ce que cette curiosité implique.
Un sourire naquit sur ses lèvres. Une plaine hein ? Elle doit être belle alors, pour avoir le don de te détourner de ton … devoir. Je peux comprendre ça, je serai curieuse de retourner dans le couvent où l'on m'a abandonné, bébé.

Elle tourna la tête brièvement vers l'homme aux cheveux de feu.

- Je suis un monstre de guerre aussi, maudite, je le suis tout autant que toi. Chacun son fardeau, je présume. Je n'apporte que la mort et la désolation dans mon sillage. À nous deux, nous pourrions dévaster le monde. Pourquoi se contenter d'un petit spectacle sur le marché ?

Fit-elle en riant en faisant allusion à leur conversation de tantôt, au Colisée. Finalement, sa proposition de jeu s'ouvrait sur … un lancé d'os de poulet. Le petit manège de la brune eut de quoi surprendre la rousse qui se redressa à son tour, prête à entrer dans la ronde. Nimuë était joueuse et si elle pouvait se défouler un peu sur un peigne-cul en prime ! Tout se passa si vite, mais pas assez pour son œil habitué. Sur son navire et en tant que Capitaine, elle avait souvent été la première à instaurer pareille ambiance, aussi, se gaussa t-elle aux derniers mots de l'atlante.

- Autant te dire que je préfère la première option !


Les cris des serveuses retentirent au moment où Nimuë renversa la table où elles avaient été assises il y a quelques minutes à peine pour la projeter en travers la pièce et ainsi surprendre l'homme roux qui était sur le point de trouver un chemin jusqu'à sa compagne de beuverie.

- C'est un ami à toi ?
S'enquit-elle en apparaissant à ses côtés, en un simple clignement de paupière. Il est plutôt mignon, mais trop fanfaron à mon goût, mes avis qu'il ne doit pas valoir le coup dans un plumard.

Cette petite pique n'échappa pas au jeune homme qui grogna de mécontentement, le visage profondément marqué par une vive et insidieuse colère.

- Je vais être connue pour la destruction de tavernes et pour le cassage de gueules des p'tits Bronze et Silver Saints ma parole ! Une super réputation, dis ! Mais je savais que toi et moi, on causait la même langue !


Riant aux éclats, la pirate fit craquer les articulations de ses doigts avant de faire signe aux quelques « courageux » qui commençaient à les encercler, d'approcher. Un premier se rua sur elle alors qu'un second tentait de la prendre à revers. Elle décrocha alors quelque chose à sa ceinture qu'elle fit voler dans les airs. Le corps des deux malheureux tombèrent sur le sol, comme une masse sans qu'ils ne puissent comprendre. Brandissant devant elle sa rapière restée dans son fourreau, la Sainte, au lieu d'adopter une posture défensive, continuait de les narguer, une main sur la hanche, le menton relevé pour bien montrer à ces messieurs qu'ils ne faisaient pas le poids.

- Eh bien alors ? Vous vous faites rosser par une fille ? La honte. Venez donc, je vous attends. Ariane, je te laisse avec ton ami là bas ? Il se cache, c'est qu'il pète dans ses caleçons, la lopette ! Et ça se dit Saint !






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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Dim 10 Jan - 2:21
- Autant te dire que je préfère la première option !

Cette simple phrase avait réussi à réveiller la brune comme une gifle qu'on lui aurait attribué par amusement. En supposant qu'une gifle soit amusante évidemment. Les deux jeunes femmes avaient choisi de mettre une pagaille sans pareille à la taverne et cela ne l'étonnait guère finalement, le contraire aurait été surprenant du peu que la générale connaissait de la Gold Saint. Déjà qu'elle n'avait pas semblé lever le petit doigt face à son rejet, Ariane pouvait bien deviner qu'un conflit de plus ou de moins ne représentait rien de plus qu'une plaisante distraction pour quelqu'un d'aussi bornée. Elle-même l'était après tout. Une chose avait néanmoins attiré son attention, l'idée d'une malédiction de son côté. Si ses suppositions étaient bonnes, elles n'étaient pas sorties de l'auberge toutes les deux. Il ne manquait plus qu'un malchanceux pour couronner cette fréquentation des plus attirantes pour quiconque les approcheraient. Et elle parlait de réputation? Techniquement, la sienne était déjà faite et ce n'était pas en trainant avec une atlante qu'elle allait s'améliorer pour de bons.

- Au diable la réputation, tu traines déjà avec moi Ni'! Et...Et mais non! Ce n'est pas du tout ça entre lui et moi, juste une petite tête brûlée qui ne se sent plus et qui..."
La Saint la taquinait, mais l'atlante réagissait au quart de tour pour ce genre d'insinuation. Certes, il s'agissait là d'une tête qu'elle avait taquiné plus d'une fois et avec qui la tournure prenait toujours celle d'une confrontation, détruisant alors le peu de paix qui demeurait dans une taverne passée une heure donnée. Le tout avait commencé par une drague et avait fini par un vulgaire combat dans la boue de bière. On ne refait pas le lieu de rencontres des soiffards, encore moins dans des endroits où Ariane s'amusait avec tout ce qu'elle pouvait bien rencontrer d'intéressant, à savoir les hommes avant tout. Par amusement ou par envie malicieuse, mais là n'était pas son problème. Un homme avait tenté de l'agresser avec elle-ne-savait-quoi de pointu, ce qui lui avait fait l'effet d'une menace bien vite corrigé par une esquive déguisée en contre attaque, la distinction étant moindre dans son esprit. C'était de la légitime défense, tout simplement. Mais ainsi, elle avait pu utiliser les épaules de l'agresseur pour effectuer un bond en avant, si bien qu'elle le fit chuter violemment au sol durant sa projection. Autant dire que ses principales préoccupations l'avaient bien vite ramené à la réalité.

"...Oh et puis tanpis, je le prends!" s'était elle exclamée au cours de son semi-envol vers les escaliers de la taverne, en direction du Silver Saint qui se débattait avec deux ou trois ivrognes. Le nombre diminuait à mesure qu'il en mettait à terre plus d'un et à mesure qu'elle vengeait le verre qu'elle avait flambé par ceux qui demeuraient intacts mais délaissé par leur propriétaire.

Tout en esquivant et en assommant d'une paume de main électrique les malchanceux qui voulaient s'en prendre à la fauteuse de trouble, celle-ci avait chuté presque lamentablement sur deux personnes par volonté pure en guise de coussins. Les plaintes de douleur furent ignorées et c'était à pas de loup qu'elle s'était glissée derrière le roux. Tel un prédateur, Ariane s'approchait doucement du pauvre Saint qui semblait chercher les deux jeunes femmes du regard, vengeur qu'Auguste était. Il savait que la générale n'était pas loin, à n'en pas douter par le saut prodigieux qu'elle venait de faire, mais il avait perdu sa trace au cours des batailles. D'un sourire, elle bondit sur lui et plaça ses deux mains sur ses épaules, comme une petite fille qui s'apprêtait à saluer un ami, avant de littéralement électrocuter gentiment mais suffisamment le pauvre bougre par son cosmos.

- Je te tiens!


Pétrifié quelques instants, il se retourna néanmoins et manqua de peu d'attraper la Marina qui avait pourtant bien vite fuit la situation de nouveau suite à son méfait. Quelque chose d'autre se passait à l'endroit où Nimuë se tenait. La jeune femme semblait se débrouiller à sa façon, du moins avait-elle la capacité à en intimider certains...D'autres non, mais ceux-là semblaient avoir moins de chance à en juger par les corps à terre.

Cachée sous une table, Ariane préparait ses dernières armes de guerre afin de mieux les lancer. Elle savait qu'elle n'en avait pas fini avec le Silver Saint, aussi avait-elle préparer ses derniers deux os. Auguste s'était alors approché de la zone ciblée, sur ses gardes il avait déjouer le trajet d'un os enflammé, mais à peine avait-il mis les pieds à deux mètres d'elle qu'un second os ricocha sur sa tête et l'assomma derechef. Quant au premier, l'os pointu et taillé pour la vitesse sous les bons soins de sa lanceuse alla pourtant se planter dans un pilier en bois de la taverne, qui ne manqua pas de brûler au contact chaud du brasier qui entourait le reste de chair de poulet. Un homme le vit et, sous la panique qui lui avait serré le cœur de plein fouet, pris le premier verre qui se tenait face à lui, proche d'Ariane.

- Diantre, un vil garnement a allumé un feu avec ses conneries! Il nous faut de l'eau!

Sans quoi il ne manqua pas de renverser le contenu sur le début d'incendie. Manque de bol, il ne s'agissait pas là d'eau mais d'alcool, et se fut avec délice que des flammes utilisèrent ce nouveau carburant pour progresser de plus belle dans leurs destructions. Le teneur du bar arriva et décocha une baffe à l'arrière du crâne du sauveur avec tant de conviction que celui-ci alla s'écraser sur le sol d'une plainte étouffée. Débarrassé d'un ennemi potentiel pour sa taverne, le pauvre conscient ne put qu'examiner avec dépit à quel point les choses s'étaient aggravées. Une Gold Saint caché et une Marina à moitié joyeuse qui faisait à l'heure actuelle les fonds de verre venaient de réduire à néant le lieu auparavant si paisible. Et c'était une générale des Lyumnades hilare qui regardait la scène, quoiqu'inquiète par ces quelques personnes plus conscientes à se diriger vers la sortie pour éviter de suffoquer malgré le "petit feu". Minimiser la chose faisait partie des compétences de la générale, mais cela allégeait surtout son peu de conscience. Elle regarda dans toutes les directions afin de savoir où était Nimuë entre des groupes plus acharnés et pris dans leur combat, en vain. Son attention dérapa alors sur le maître incontesté de ce bar, qui n'avait put maintenir le poids de ses jambes par incompréhension et par désespoir suite à cet arrosage d'alcool. La main sur la tête et le regard hagard, il s'était mis à murmurer sur son tabouret quelques mots que l'atlante comprit partiellement.

- Mais quel couillon...Ma taverne est fichue!

- Oh, n'exagérez pas les choses...

Ariane secoua sa tête face à la détresse de son voisin, alors qu'elle tenait dans ses mains un verre à moitié vide. Autant dire que l'endroit était presque fichu pour la soirée au moins et ça, elle l'avait bien compris. Elle prit alors une gorgée d'un verre qu'elle reconnut être de l'eau, et ainsi elle aspergea le feu avec. Il s'était éteint en partie, mais sans doute pas suffisamment. Elle n'en savait rien. Il faudrait déjà qu'elle arrive à maîtriser de nouveau ce feu correctement pour savoir son état. Pourtant, il fallait bien avouer que deux autres verres suffiraient probablement, ce dont le gérant fut conscient en allant directement chercher de quoi arroser le tout. Brave homme.

Elle prit la direction inverse, prête à refaire quelques recherches dans ce bar devenu un peu miteux.


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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Mar 19 Jan - 11:55
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En tentant de se justifier au sujet du garçon, Ariane bafouillait des propos décousus qui firent rire la Gold Saint sous cape. Ainsi donc elle pouvait réagir de cette façon à la taquinerie, sous un semblant d'embarras. Feint ou pas, cela éveillait ce côté malicieux qu'elle avait su garder et cultiver sur son navire. Mais cette scène n'était qu'un modeste substitut de ce qu'elle avait bien pu connaître en voyageant avec des pirates sans foi ni loi. Déjà parce que les assaillants n'étaient assurément pas des brutes épaisses dénuées d'un certain sens de l'auto-préservation, et que somme toute … ils pétaient dans leurs frocs ! Fessés par des femmes, il y avait de quoi mourir de honte et Nimuë se promit de faire courir de sombres rumeurs sur le rouquin et toute sa clique s'étant joint à lui. Encore quelques fessées et les Poissons s'étaient retirés dans l'arrière boutique pour y trouver son bonheur. Une sorte de trésor, si on pouvait appeler un sac remplit de pommes rouges, un quart de fromage de brebis et une bouteille de vin, comme ça !

Dans l'ombre, elle observait la marina. Sa façon de combattre, toute personnelle mais diablement efficace, fit naître l'esquisse d'un sourire sous son masque. Il était bientôt temps de lever les voiles. Quand les flammes se prirent à naître, Nimuë sut que c'était le parfait signal pour prendre la poudre d'escampette. Si la scène avait quelque chose de comique, surtout sur la stupidité de cet imbécile ravivant le feu avec de l'alcool, il était clair qu'elles ne devaient pas s'attarder.

Surgissant des ténèbres comme un fantôme, la rouquine passa son bras sous celui d'Ariane pour l'entraîner à sa suite, lui glissant :

- Allez on lève l'ancre moussaillon. Il est temps de prendre l'air.

Avant de quitter les lieux, la Sainte chercha quelque chose au fond de sa besace qu'elle lança dans la direction du tenancier. Elle s’éclipsa avant qu'il n'en découvre le contenu : une bonne centaine de pièces d'or ! L'air nocturne était chaud et moite, la lune bien haute dans le ciel obscur. Nimuë guida Ariane jusqu'à son antre, au fin fond de la forêt bordant Rodorio, utilisant le chemin le moins escarpé, par flemme et parce qu'elle ne voulait pas abîmer sa jolie robe que Liao lui avait offerte de bon cœur. Elle qui n'était pas habituée à s'habiller ainsi, elle en avait oublié jusqu'à son existence ! Relevant les pans pour ne pas trop la salir, elle écarta une dernière branche pour laisser l'atlante passer et découvrir une petite cabane bâtie sur le flanc d'un grand et majestueux chêne qui ployait sous le poids de son propre âge.

- Voilà, ici c'est mon … refuge, en quelque sorte. Personne ne viendra nous emmerder. Enfin, sauf si mon ami le Lion d'Or pointe le bout de son nez ! Je sais pas si c'était l'odeur de mon sang empoisonné qui avait attiré le prédateur, toujours est-il qu'il était parvenu à me trouver. On a papoté un peu et on j'ai été attaquée par ce connard là-bas, regarde.

Elle désigna négligemment une tête dressée sur une pique, le visage déjà à moitié boursouflé par la décomposition et les vers qui creusaient des trous ça et là, principalement dans les globes oculaires. À jamais figé dans une moue immonde et de terreur absolue, elle dissuaderait le tout venant. Du moins, elle l'espérait.

- Poses ton joli petit cul ici et sers-toi.


Elle dénoua le sac et en extirpa la bouteille qu'elle débouchonna en deux temps, trois mouvements. La pirate avait l'habitude. Alors et sans crier gare, la Sainte dégrafa l'arrière de son masque qu'elle fit glisser, révélant son visage aux yeux de la brune. Faisant éclater toute l'étendue de sa malédiction. Belle, bien trop belle avec cette peau si blanche, ces cheveux si roux, l'éclat irréelle qui flottait dans ses prunelles bleues. Elle était un piège mortel, une douce tentation qui n’entraînait qu'un trépas inéluctable et douloureux. Nimuë lui offrit un pâle sourire.

- Eh bien quoi ? Je ne vais pas te manger ahah ! Si tu veux bien ça restera entre nous. Je ne fais que suivre les conseils de ton ami Liao. Rien d'autre.

Fit-elle avec malice.





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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Ven 22 Jan - 11:02
Le bras soudainement agrippé par Nimüe, Ariane n'avait pas eu le temps de prendre conscience de sa présence qu'on l'amenait déjà bien loin du bar. Sur le pas de la porte, elle s'était retrouvée sous un ciel étoilé, en proie à la froideur et à l'humidité ambiante. Mais qu'importe, la générale n'avait pas levé le petit doigt pour se dégager de l'étreinte de la jeune rousse, et certainement n'était-elle pas assez folle pour rester plus longtemps dans un endroit où les futures reliques d'un Saint bar allaient brillés longtemps dans les conversations du petit village. La Gold Saint avait l'air de bonne humeur néanmoins, profitant clairement et mentalement du petit butin qu'elle avait dérobé pendant la "bataille". Ou tout du moins, jusqu'à ce qu'un pan de la robe que portait la jeune femme fut relevé pour éviter de salir davantage le tissu d'Atlantis. Clairement, il s'agissait là d'un luxe dont ne bénéficiait pas souvent les femmes au Sanctuaire...Drôles de mœurs, rôles échangées. Quant à la guerrière du Dieu des mers, elle était restée étrangement silencieuse. Habituellement, elle s'en amusait, mais les réflexions fusaient et l'insouciance s'envolait. Où l'amenait la Gold saint? Au départ, elle avait pris les paroles de la Saint à la lettre, retirant pendant la marche les verres plantées dans sa chair, auteurs des petites gouttes de sang qui se versaient tel un compte goutte sur le sol fait d'une verdures mouillée.

Arrivée dans une cabane que la jeune femme désignait comme son repère, la générale avait écouté avec attention et d'un oreille curieuse les faits prononcées par la jeune femme, avant de remarquer la présence d'une troisième personne d'un doigt désignant son emplacement. A peine ses yeux s'étaient tournés vers ce qu'il restait de l'homme qu'Ariane s'était comme figée. Elle entendait son cœur battre dans sa poitrine, poser les bases d'un rythme qui l'amenait bien loin de la réalité, au plus profond d'une sensation étrange. Au fond d'elle même, elle sentait que quelque chose avait de nouveau "craqué", comme un bruit insonorisé au reste du monde mais un chant, un hurlement déchirant d'une conscience qui s'éveillait dans sa tête. Elle revoyait tout, ressentait tout, et c'était bien ça le problème. Pourquoi lui avait-elle parlé de ce Chevalier du Lion? Pourquoi devait-elle cohabiter avec cette immonde petite enflure franque? Et surtout pourquoi était-elle en présence d'une Gold Saint qui semblait se complaire dans la vertu d'une gloire factice, tête d'un homme accroché sur une pique? La bouche ouverte et les vers rongeant sa peau comme les l'auraient fait sur l'écorce d'un arbre pourri, l'homme n'avait pas reçu la meilleure mort. Ou plutôt on ne lui avait pas donné ce présent. Cette vue était une diabolisation de l'au-delà mêlé à un exhibitionnisme lugubre et morbide, chose qu'Ariane ne partageait pas. Elle avait envie de hurler oui...Hurler pour dégager toute cette scène. Si son visage demeurait bel et bien sans expression quoique blême, elle savait qu'elle pourrait en sentir une toute autre obligation par la suite. Elle avait l'air d'un véritable fantôme, plus mature, bien loin de l'exubérance montrée à Rodorio.

-Poses ton joli petit cul ici et sers-toi.

- Ah! Excuses-moi...


Des ordres, encore des ordres...Fermant les yeux tout en tentant de garder le visage d'une meilleure humeur, elle tentait de se calmer. Les gardes n'avaient pas tellement tord de la prendre pour une assassin au fond, mais aujourd'hui elle était fatiguée et le stress qu'elle subissait ne l'aidait en rien. Etonnament, son attention était essentiellement porté sur une image qu'elle avait connu depuis longtemps, trop longtemps pour la penser avec indifférence, rencontrée trop de fois pour l'ignorer aussi facilement. Passant une main dans ses cheveux, Ariane avait l'impression que cela la retenait de devenir folle et pourtant, elle ne pouvait que se demander pourquoi l'homme n'avait pas eu le droit d'esquisser un sourire avant sa mort, comme ses victimes à elle, comme les autres. Comme Eva.

-Hm, si tu veux...Je pense qu'on m'a déjà reconnu tu sais. Cacher ce que j'ai fait ne changera et rien ne changera je suppose. Tant que ça embête vos "hautes instances"...Bref, tu es bonne amie avec ce Childéric donc?

Toujours en frottant sa main pleine de sang, elle entreprit d'arracher un morceau de la manche du tissu qu'elle portait pour l'entourer autour de sa main en guise de pansement provisoire. Elle lui avait parlé de Liao, un homme dont elle avait vaguement entendu parlé à l'époque, seulement Atlantis était devenu un sujet tabou à l'instant. Un sujet qu'elle préférait éviter désormais, quand bien même elle lui resterait reconnaissante de garder le silence là-dessus.
De nouveau, elle prit quelques distances, plus par instinct qu'autre chose. Certes, elle s'était assise près de Nimüe, mais à l'heure actuelle, les différences étaient trop prononcées, les rancunes trop fortes pour qu'elle s'y sente à son aise. Aucun sourire enjôleur ou innocemment chaleureux, Ariane semblait entre deux mondes, pas encore sur le point d'éclater de rire, mais pas non plus sur le point d'exploser de rage. Elle était indifférente, et pourtant uniquement basée sur ses propres souvenirs. Ce n'était plus être épicurienne, la générale se faisait violence, aussi la retenue ne dura pas bien longtemps. Très vite, un petit rire sourd avait retenti.

-Ne me parles pas d'eux comme si tu les connaissais...Ce n'est pas un simple séjour passé là-bas qui fera de toi la meilleure amie des atlantes et tu dois probablement le savoir. Ils ont le sens de l'accueil et même si je ne sais pas ce qu'ils pensent à l'heure actuelle, à force de faire des courbettes auprès de n'importe quel Saint parce que, voilà...Je sais que le Grand Prêtre et les généraux ont toujours leurs raisons."
Et pourtant ça lui avait échappé de la bouche. Elle ne se sentait absolument plus d'humeur à rire gaiement, la faute à cet endroit et à sa survie. La faute à cette personne en face d'elle aussi. La faute à tout le monde, et c'était peut-être pour cela qu'elle ne parvenait pas à se sentir touchée quand on l'insultait. Si tout cela la hantait au point de se noyer dans une chimère heureuse, si ça lui montait à la tête au point de se perdre elle-même enfermée dans ce village pourri parce qu'elle se sentait faible, c'était pour eux. Une punition qu'elle ne devait qu'à un remord. Elle n'attendait aucune patience en retour, elle s'en fichait pas mal et elle lui avait accordé peut-être trop de confiance. Dis, tu penses que les morts savent pardonner?"

Elle avait sa vérité à elle, mais écouter l'avis de la Gold Saint sur le dernier acte d'une vie serait certainement un facteur déterminant.




Dernière édition par Ariane le Jeu 19 Mai - 23:44, édité 1 fois
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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Ven 22 Jan - 13:31
De retour de mission







Nimuë ne disait plus rien, elle ne faisait que croquer dans sa pomme rouge sans regarder Ariane. Ô oui, elle savait. Elle avait été curieuse, trop peut-être. La tête décapitée de l'assassin chantait, à sa façon, des notes écœurantes et pleine de vie. Les vers se nourrissaient de sa décrépitude et le cycle continuait. Peu lui importait la mort, elle mordit plus fort dans le fruit, mastiqua dans un vacarme qu'elle savait assourdissant. La jeune pirate avait fait tomber son masque, et celui d'Ariane venait de se fissurer à la simple vue de cette chair en putréfaction. Elle ne disait toujours rien, se contenta d'écouter les propos teintés de gravité et de colère mal contenues de l'atlante qui, avec cette teinte blême sur le visage, trahissait ses sentiments.

Elle ne se fit pourtant pas prier quand une question sur Childéric fut posée.

- Quand je disais ami, c'était une façon de parler. Je ne le connais pas et je n'ai pas plus envie de le connaître. De les connaître tous. Je n'ai pas d'amis, je n'en veux pas.

Sa réponse claqua comme un fouet, elle jeta le trognon de sa pomme au loin, dans la direction de la seule cible que son cœur avait envie de balayer. Mollement, la tête roula dans l'herbe, soulevant une fragrance dégoûtante. Elle ne sembla pas déranger Nimuë qui, tournée vers la brune, l'observait sans retenue, d'un regard lourd de sens. Mais nul reproche. Elle comprenait. C'était vrai, elle ne connaissait pas les atlantes, ne les connaîtrait sans doute jamais. Pas autant qu'elle l'aurait voulu. Ses pas l'avaient mené jusqu'ici, au Sanctuaire et pas sur le seuil de l'Océan. Ses prunelles se braquèrent vers les mains blessées de son invitée. Le son du tissu que l'on déchire. Il fit longtemps écho dans son esprit, mit à mal les défenses érigées autour de son cœur. Elle fermait les yeux pour échapper aux images qui défilaient devant ses yeux. Peine perdue, elle le revoyait penchée sur elle, ce monstre.

Brutalement elle se redressa, l'abandonna sans autre forme de procès. Elle la plantait là sans la moindre explication, s'enfonçant dans l'ombre de sa cabane qu'elle avait construite de ses propres mains. S'extirper du monde.

Elle ne voulait pas lui répondre. Elle ne voulait pas lui dire ce qu'elle pensait des morts. Mais quand elle revint dans la lumière blafarde de la lune, sa chevelure rousse balayée par la main du vent, il n'y avait plus la moindre trace de la Sainte mutine et joueuse. Un souvenir effacé. Dans ses bras, il y avait tout un tas de chose : un petit bol remplit d'eau, quelques feuilles et herbes odorantes et un couteau.

- Les morts ne connaissent rien d'autre que le noir qu'on leur impose. Déclara t-elle froidement en s'asseyant en face d'Ariane. Je vais t'arranger ça.

Sans demander la moindre permission, la rouquine se saisit des poignets de la jeune marina non sans avoir déposé avec précaution ce qu'elle avait rapporté. Avec sérieux, les Poissons étudièrent les paumes de la belle, retira les bandelettes improvisée et commença à laver à l'eau le sang et le verre restant. À portée d'Ariane, le fil de la lame du poignard étincela. Sans lever les yeux, Nimuë lui glissa d'une voix blanche.

- Fais-le. C'est peut-être ta seule chance, Ariane. Les morts ne connaissent rien d'autre que le noir qu'on leur impose.





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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Ven 22 Jan - 22:00
D'un œil analytique quoique méprisant, Ariane parvenait à distinguer les éléments que laissaient paraitre Nimüe. Ce n'était pas non plus bien difficile, aussitôt la générale avait parlé "d'ami" que son ainée s'était montrée plus distante, si ce n'est pourvu d'un regard fuyant. L'atlante savait ce que cela voulait dire, plus ou moins. Il y avait du doute, il y avait de l'amertume, et surtout la pièce puait désormais la peur. Un saint trio qui ne composait qu'une vérité commune. Un jour elle fouillerait davantage dans l'esprit de cette drôle de femme qui était entourée d'une aura marine. Ariane n'avait pas bougé cependant, et seuls ses yeux bleues avaient daigné faire l'effort de suivre la silhouette élancée et musclée de la rousse. Ils n'avaient plus un éclat aussi bienveillants qu'auparavant, mais il ne faisait qu'étudier "quelque chose" avec intérêt. Son petit plaisir personnel.

Grinçant des dents, Nimüe était partie à l'arrière de son petit repère et Ariane n'avait obtenu aucune réponse. Comme d'habitude, c'était à elle de chercher, à elle d'être ignorée parce que dans le fond, toute sa vie ne représentait plus grand chose, c'était une page tournée d'une histoire d'un héritage presque royale. Pourtant, il y avait des souvenirs indélébiles, des choses qu'elle ne pourrait jamais véritablement oublier. Prête à se relever pour partir du lieu derechef sans demander son reste, la jeune femme était néanmoins revenue à temps pour que la brune s'en dissuade. Calmement, elle s'était laissée faire alors qu'on lui prenait la main pour nettoyer avec plus de précisions ses petites blessures. Il y a cinq ans, elle en aurait sourit timidement, mais l'odeur de la mort qu'avait provoqué la chute des restes d'une victime et son humeur ne prêtait plus à de telles légèretés. Ainsi es herbes avaient été appliquées et les tissus de sa peau avaient été rincés dans un silence qui n'était pas irrespectueux, simplement consciencieux. Ce qui ne l'empêchait pas d'être lourd finalement, bien que la rousse avait tenté de lui parler. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes qu'elle s'était contentée d'expliquer le fond de sa pensée. Parfois, elle aurait aimé ne pas avoir cette expérience.

-C'est facile à dire pour toi, ils ne te parlent pas. Ils ne doivent pas te donner l'impression d'être dans leur peau ou de vivre dans ta mémoire, de te délivrer tous leur petits secrets jusqu'au plus gênant, même après la mort.

Certains guerriers étaient bénis pour leur don, mais d'autres l'étaient moins, la faute à cette petite chose qui déformait les visages sous un masque de froideur ou de chaleur. Un horrible ver dans une pomme telle que celle qu'avait mangé Nimüe que l'on appelait "conscience", ou "remord". Aussitôt, sa main s'était retirée de l'emprise de celles de Nimüe et avait pris le petit couteau qu'elle tendait pour aplanir les herbes. Aiguisé à souhait, il y avait de quoi faire un tas de choses avec elle. Et pourtant, c'était son reflet flouté dans le métal qui l'intriguait. Sa bouche se fermait et se refermait, trop confus pour trouver une phrase qui prendrait un sens que sa vis-à-vis serait en mesure de comprendre, trop froid pour peser l'accent sur ses mots. On comprenait rarement des expériences qu'on n'avait pas vécu.

- Sur le front, quand l'ennemi a attaqué, que le sang jaillissait et que ma mort était proche, mon cœur se mettait à gronder violemment, et mon cerveau bouillonnait à chaque image que chacun d'entre eux osaient me montrer avant que je ne leur arrache un sourire dans leurs dernières minutes. Je déteste l'idée de ne pas les guider jusqu'au bout tu vois, alors le sourire c'est essentiel...Je leur fais plaisir. Mais quand leur nombre est devenu trop grand, mes pensées s'enchainaient jusqu'à ce que je m'aperçoive que ce n'étaient pas les miennes... Tu imagines?

Sa question était stupide. On ne pouvait imaginer sans l'avoir déjà ressentie une fois au moins et elle ne souhaitait pas que Nimüe ait à expérimenter cela. Jouer avec le mental était une chose, mais l'accepter en était une autre. Bien que dégoutée par cette tête, Ariane s'était relevée et avait fait quelques pas en direction du pauvre ère. L'expression qu'il dégageait lui laissait penser que l'homme avait certainement eu, de son vivant, toute une histoire à raconter et à clore comme il se devait. Probablement n'avait-il pas vu sa fin prendre une tournure aussi dramatique, peu importe s'il la méritait. Passant une main valide dans ses cheveux, l'atlante en eut un haut le cœur et une peur qui lui prenait les tripes, choses qu'elle tenta néanmoins d'ignorer pour aller replanter le trophée sur la pique. Quitte à l'avoir chez soi comme un vieil objet de décoration de mauvais goût, autant en assumer ses conséquences. Elle allait vomir, du moins c'est ce qu'elle croyait, mais elle attendrait de sortir pour cela. Un tête en putréfaction, c'était déjà une odeur suffisante.

-En balançant cette tête, est-ce que tu as eu l'impression que c'était un jeu? Moi, ce dit jeu me fatigue tu vois...Plus encore en restant à Rodorio et en écoutant "son chant". Réfléchis-y Nimüe, des "amis", ce n'est pas la mort. La mort, c'est ce que toi tu en fais après pour fermer le dernier acte d'une vie. Ca peut être beau...Et c'est laid à d'autres moments. Tu préfères quoi en tant que guerrière et en tant que pirate?


Les doigts passés sur ses lèvres à demi esquissé en un sourire faiblard mais réel, Ariane ne pouvait s'empêcher de penser qu'Eva avait eu une "belle mort", elle. Nan sans prononcer rapidement à la jeune femme un faiblard "Merci pour votre accueil", elle avait entreprit de sortir rapidement du lieu. Elle n'était pas d'humeur à rester en sa présence, et la réciproque était probablement vraie. D'une nuit éclairée par la lune, Ariane avait entreprit de continuer son chemin en essayant d'ignorer les fantômes de son passé.


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Message Re: [Mai 550] De retour de mission [PV Ariane]   Mer 27 Jan - 13:15
De retour de mission







- Non, je ne peux pas imaginer ça.

S'était-elle contentée de lui répondre, sans détours, s'asseyant dans l'herbe verte. Ces révélations pour autant, ne manquèrent pas de la rembrunir. Il y avait des choses qu'elle comprenait mieux à présent, d'autres devenaient plus obscures. Ce moment passé avec la brune lui avait apprit une chose, une chose qu'elle garderait pour elle. Malgré tout le mépris que Nimuë inspirait à la jeune femme, de par ce qu'elle était, de par ce qu'elle avait fait de cette tête, la réciprocité n'était pas exacte. Les Poissons conservaient une part de cette distance froide que son maître lui avait conseillé d'adopter en toutes circonstances. Une sorte d'instinct de préservation, pour elle, mais pour les autres surtout. Il était déjà bien rare qu'elle se laisse ainsi approcher, elle s'étonnait d'ailleurs de la résistance de la jeune femme face aux effluves toxiques de son parfum de rose. Ils viendraient peut-être plus tard.

Elle l'écoutait sans jamais l'interrompre. Nimuë savait quand il fallait écouter et se taire. Conserver le silence était ce qu'il y avait de mieux à faire. Qui ne dit mot, consent. Et elle était d'accord avec elle. Elle ne pouvait tout simplement pas se mettre à sa place, ou celle des morts.

- Un jeu ?
Répéta t-elle un peu surprise. Pas vraiment. Mais tu sais, il y a de la beauté, même dans la monstruosité. J'en sais quelque chose. C'est précisément ça, ma malédiction.

Un soupir.

- Chacun son fardeau, hm ?


Elle l'observa se lever, commencer à s'en aller. La Sainte ne répondit rien à l'ironie d'Ariane, elle se contenta juste de lui murmurer, même si elle n'était pas certaine qu'elle puisse encore l'entendre à cette distance :

- Je n'entends pas le chant des morts, mais je vois quelle expression ils portent sur leur visage quand mon poison se glisse en eux. La rose est belle, mais elle a des épines. Et les miennes n'apportent que la laideur, une souffrance que toi même tu n'aimerais pas expérimenter. Je ne le voudrais pas.

Elle eut un sourire énigmatique.

- En tant que pirate je ne manque pas de le faire, la douleur, c'est terrible et si beau. La souffrance d'un homme me fait plaisir, ça me rappelle … sa terreur à lui. En tant que guerrière, je préfère faire glisser mes ennemis dans une douce torpeur. J'ai l'impression d'être … humaine en fin de compte.





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