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 [Juin 550] Panser ses blessures

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Message [Juin 550] Panser ses blessures   Mer 3 Fév - 0:32
Bran Ruz
"La Réponse"



Le chant des criquets couvrait presque celui des oiseaux, et celui d'une voix, étrangement proche et lointaine toute à la fois. Le soleil était haut dans le ciel. Seul maître dans cette mer immense et bleue, il laissait sa chaleur envahir le jardin sans trop de force. Un léger vent soufflait dans les branches des arbres, secouées avec douceur, autant de murmures au creux de l'oreille du druide qui sommeillait sur un tapis de feuilles. Non loin, un petit cours d'eau serpentait jusqu'à perte de vue, se confondant dans la noirceur rassurante du couvert des grands arbres. La mélodie se fit plus audible alors qu'une haute silhouette approchait, repoussant les broussailles d'un geste tendre et sûr. Ce domaine était le sien, Aedan s'y sentirait bien. Pour l'heure il dormait du sommeil du juste, et la présence à ses côtés se faisait patiente et bienveillante. Setanta n'avait pas bougé d'un iota, surveillant son maître et les gestes portés à son égard. Ses blessures avaient été soigneusement bandées et recouverte au préalable d'un mélange d'écorce de saule et de fleur de capucine, très utilisée et efficace pour refermer les plaies et participer à la bonne circulation du sang.

Une main se glissa sous la tête du jeune homme, la seconde approcha un bol remplit d'eau.

- Bois Aedan.

Peut-être reconnaîtrait-il la voix qui venait de s'exprimer d'un timbre presque maternel. Celle-là même qui l'avait mit en garde du danger que représentait Bran. L'ombre d'un sourire apparut sur ces lippes et le pourtour d'une belle dame se dessina peu à peu, bien trop peu. Le garçon était aveugle.

- Tu as beaucoup souffert petit Merle, c'est à moi de prendre soin de toi.

Elle se pencha un peu plus pour dégager de son front, quelques mèches qui dissimulaient ses yeux. La dame ramassa une petite serviette qu'elle avait trempé dans le point d'eau tout près pour l'appliquer avec mille précautions sur ces joues encore trop pâles à son goût.

- L'ombre de la mort rouge s'est posée sur toi, mais tu as été fort Aedan, comme lui, autrefois. Sa voix se teintait de mélancolie qu'elle chassa derrière un autre sourire. Je m'appelle Dahut.

Dahut. Un bien étrange prénom issu d'une vieille légende perdue aux confins du Temps. Parmi les décombres de la cité d'Ys. Fille de l'eau et de la neige, la dame était aussi belle que le jour, avec ces yeux verts mordorés, ces cheveux blancs mi-longs, coupés aux épaules et sa robe couleur de soleil.

- Vous êtes rentrés sains et saufs jusqu'au tertre d'Apollon. Vous vous reposez dans son jardin, alors ne craignez rien. Oubliez la clameur de la guerre et l'odeur du sang.

Son cosmos s'éveilla en même temps qu'elle prononçait ces mots, jouant avec l'esprit, y insinuant des images sereines et tranquilles d'un passé pas si lointain où père et fils coulaient des jours paisibles parés de joie et d'innocence. Elle reprit sa chanson, d'abord en la marmonnant, puis plus franchement. Quelques écureuils et même une biche approchèrent. Tout à coup la tête de la jeune femme se tourna vers les hauteurs. Vers une chouette qui venait de se poser en travers une branche.

- En voilà une surprise …




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Message Re: [Juin 550] Panser ses blessures   Jeu 11 Fév - 9:49
Du sang. Dans mes songes agités, la teinte écarlate du fluide vitale hante chacun de mes pas maladroit. Je m'avance, seul et désœuvré, blessé et atteré, mon cœur s'agite, mon âme frémit alors que sur mes mains vient s'étendre cette couleur vivace, ce liquide poisseux. Une épée échauffant la peau de ma paume. Poisseuse. Un frisson qui dégringole le long de mon dos alors que devant mon regard s'étend un paysage de cauchemar. Un cauchemar... Non. Malheureusement, non. Tout ça, toute cette horreur est belle et bien réelle. Ou tout du moins l'a t-elle été. Une voix. Un son chantant. Mon regard s'éteint, les ténèbres m'assaillent. J'ai mal. J'ai mal pourtant, cela n'a que peu à voir avec la douleur de mon corps. Sur mes mains s'attardent l'odeur des morts. Les vies que j'ai prises. Le chant des oiseaux vient s'attarder dans mon esprit, me défaire de l'horreur, m'en réveiller avec langueur. Lentement. En mon cœur pourtant s'attarde ce regret. Cette... couleur. Une présence. Je sens celle de Setanta au plus près de moi, je peux sentir son pelage soyeux, sa présence rassurante et chaleureuse. Et une autre. Une voix qui éveille quelques souvenirs en moi. Des souvenirs peu agréable, mais en cet instant, la sérénité des lieux est seule à demeurer. Lentement, mes paupières papillonnent, s’entrouvrent pour essayer de capter une lueur qui jamais ne vient. Ah. Une constatation presque froide. Détachée. Je suis aveugle. Je me laisse faire, avalant l'eau qui m'est ainsi présentée sans parvenir encore à murmurer un mot. Pas encore. Mes paupières se referment.

Allongé sur un tapis herbeux, je ne me sens pourtant pas mal. Des douleurs s'éveillent un peu partout dans mon corps aux rythmes des battements de mon cœur. Une douleur sourde chargée d'une odeur d'écorce de saule et de capucine. Je connais cette mixture, cette fragrance. C'est... un peu rassurant. La voix de femme reprend lentement sa chanson. Une voix délicate et paisible - la même. Elle m'explique. L'ombre de la mort rouge... Parle t-elle de mon oncle ? Mon esprit s'extirpe un peu plus du sommeil - de ce repos trompeur. La douleur demeure. Dahut. Ce nom titille ma mémoire. Je l'ai déjà entendu quelque part, de cela, j'en suis certain. Il y a dans ma mémoire moult contes que je ne peux saisir pour l'heure, mon esprit peinant à se libérer. Oublier la guerre et le sang. Comme cela parait simple dit ainsi. « Comment va t-il ? » Ma voix est encore faible. L'eau qui a coulé dans ma gorge me permet au moins de murmurer cette phrase sans contrainte. L'atmosphère est paisible et fait venir à moi des souvenirs nostalgiques. Des temps qui ne sont plus, innocent et serein. Trompeur. Je veux lui demander d'arrêter mais ma voix se refuse à moi. Je me laisse alors voguer dans une mer de souvenir qui essaye difficilement de dissimuler l'impardonnable. J'ai pris des vies innocentes. C'est la guerre, m'avait-il dit. Un vague sourire amer. Je ne l'aime vraiment pas, la guerre quand bien même est-elle dans la nature de l'homme. Peut-être est-ce cela qu'il faut changer, au fond. La nature même de l'homme.

Une présence finalement vient m'éveiller tout à fait. Un battement d'aile, bruissement dans les arbres alentours. Une surprise. Je me redresse, lentement, douloureusement, un peu trop précipitamment probablement également. J'entends le gémissement réprobateur de Setanta à mon geste, et le regrette presque, grimaçant en réponse, néanmoins je reste assis, ma chevelure rougeoyante venant glisser sur mes épaules, sans attache. « Père. » Je ne le vois pas, mais sa présence est reconnaissable entre mille. Je n'ai jamais eu besoin de mes yeux pour le reconnaitre. Un battement d'aile. Sa présence est venue se poser sur l'épaule de la dame face à moi. Ce n'est pas tout à fait mon père. Ce n'est plutôt pas sa forme usuelle. Est-il toujours dans le Sidh à l'heure actuelle ? L'angoisse m'étreint un instant. « Ne malmène pas ton corps Aedan. » Sa voix parait désincarnée. C'est lui. C'est son timbre chargé d'un doux reproche inutile. « Ça va. Ce n'est pas si douloureux, et puis les onguents font leurs effets, ça me soulage. » Non pas que je joue le brave, c'est une réalité, pour autant, je ne pourrai probablement pas en faire trop pendant un certain temps. Je me sens fatigué. Mon énergie est au plus bas et se contente pour l'heure de me faire récupérer. Je ne sais même pas depuis combien de temps je suis inconscient...

Un presque soupir y répond ainsi que le chant des oiseaux. Ma main libre vient glisser sur mes paupières, comme pour en ôter les ténèbres. Un geste vain, je le sais bien, et je n'insiste pas outre mesure. Je ne veux pas les inquiéter inutilement. « Je crois que j'ai encore besoin de m'entrainer. » Je souhaite en rire, ou tout du moins, ne pas dramatiser la situation, mais je ne sais pas si j'y parviens réellement. Ça va aller. Je me le répète pour moi même. Ça va aller, je suis en vie après tout. Je me sens un rien embarrassé de m'être ainsi écroulé. Et puis... une crispation légère. « Qu'en est-il de Dame Célestia ? » Une angoisse.


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Message Re: [Juin 550] Panser ses blessures   Lun 15 Fév - 11:07
Bran Ruz
"La Réponse"



« Il va bien, ne t'en fais pas, il se repose. Il m'a laissé sa place. » fit la voix douce de l'inconnue tandis qu'une présence se faisait ressentir. Le bel oiseau se posa sur son épaule, elle ne fit rien pour le repousser, au contraire. Elle le salua d'un sourire et d'une légère inclinaison de la tête. « Votre Majesté. »

Elle était impressionnée de le voir ici, en cet instant alors que leur Royaume vacillait sur ses fondations. Mais après tout n'en était-il pas le Gardien ? La belle Dahut n'interrompit pas leurs retrouvailles, il devait être soulagé de le savoir vivant. Et inversement. L'Asgardienne savait lire dans les cœurs. Un lien étroit liait le père et le fils, comme elle avec Bran Ruz. Mais l'heure des révélations n'étaient pas encore arrivée. Il devait trouver du repos, récupérer ses forces et ses yeux. L'ombre ne resterait pas éternellement. Bran aurait prit cela avec philosophie : une autre leçon. Elle viendrait plus tard, elle aussi. D'une main douce, la jeune femme obligea le jeune druide à s'allonger.

« Tout viendra en son temps. Il faut te reposer d'abord. Je suis là pour toi, Bran m'a confié à toi et je prends cette tâche très au sérieux. »

Dahut pouvait se montrer terriblement inflexible. Surtout quand il s'agissait de guérir, un art que peu, en définitive, connaissait. Au lieu de s'inquiéter pour lui, le jeune homme demanda des nouvelles des autres. Bran, son père, dame Célestia … Il était touchant. Il méritait vraiment d'appartenir à la caste des chuchoteurs des Rois. Aedan deviendrait un puissant mage s'il continuait de marcher dans les pas de son père et de son oncle. Un jour prochain il marcherait seul, dans la lumière du feu éternel, le divin et puissant Lug.

« De ce que j'ai pu apprendre, elle est revenue saine et sauve de son voyage. »

Dans ce monde qu'elle détestait et avait toujours fuit. Là où les plus épaisses ténèbres dévoraient tout. Rien à voir avec le lumineux Sidh.

« Avant que tu me le demandes ton Oncle s'est retiré dans ses rêves. Il ne te le diras pas, mais il regrettes terriblement ce qui s'est passé là-bas, à Kiev. Cela n'aurait jamais dû se produire. Aedan, ne lui en veut pas trop, il est … fragile. » Un soupir. « Il n'est pas tout a fait réveillé et sa nature reste vacillante, corrompue par la haine qu'il porte à Poséidon. »

Son visage légèrement se tourna vers l'oiseau.

« Vous connaissez votre frère, depuis ce jour où il connu une terrible trahison, il n'est plus le même. J'essaye de retrouver son essence, mais en vain. Elle demeure invisible pour moi. Même pour vous. »

Une note grave et triste flottait dans le timbre de cette voix. Dahut, lentement se redressa, tourna son faciès vers les nuées. Il faisait beau, le soleil ici était plus éclatant que nul part ailleurs. La bénédiction du Dieu Solaire était sur eux.

« Aedan, des heures sombres sont à venir, tu l'auras compris. Et je … j'aimerais te demander une faveur. Veilles sur lui, veilles sur ton Oncle, je t'en prie. »




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Message Re: [Juin 550] Panser ses blessures   Jeu 24 Mar - 11:53
« Ça va aller. Je récupère vite. » Je ne suis pas vraiment sur que mes mots rassureront qui que ce soit, surtout en sachant que mon père est au côté de celle qui s'occupe de moi à présent. Qui plus est... ce n'est pas comme si j'avais un élément de comparaison dans ma vie, tout du moins, pas à ce niveau là. Cette bataille, elle est la première. La dame m'allonge de nouveau, n'acceptant visiblement pas ma position qui s'avère en effet, un peu moins confortable que ce que j'avais cru. Une douleur sourde embrase mon esprit, néanmoins moins amère, moins cuisante que celle dont mon cœur s'afflige. Obeissant, je demeure dans cette position, serrant les dents et fermant les yeux. A quoi bon. La cécité demeure, mais ainsi, son emprise me paraît moins contraignante. Bran va bien. Ses mots me soulagent d'un poids. Même si mon oncle demeure mystérieux, il n'en est pas moins mon parent et plus encore, un homme que j'estime grandement. Évidemment, il n'est pas sans travers, mais son cœur est loin d'être aussi austère que son comportement le laisserait supposer. Tout du moins est-ce l'impression que j'en ai. Un soupir rassuré suivi bien rapidement d'un autre lorsque la dame me rassure également sur le retour de Dame Céléstia. Une perte en moins. Cela paraît soudain quelque peu dérisoire pourtant au regard des nombreuses victimes de ce chaos. Les images de nouveau danse devant mes prunelles éteintes et mon avant bras vient se poser sur mes yeux, retenir un flot qui menace de me submerger de nouveau.

Tant de mort. Tant de corps. Et pour quoi au final ? Que ressort-il de cette barbarie ? Si seulement... Heureusement, ma guérisseuse parvient à distraire mon esprit. Ses paroles m'aident à m'accrocher, à me reprendre. Je ne dois pas me laisser aller à de stériles pensées. Ce qui est fait est fait, quand bien même n'est-il que malheur. La roue continue de tourner.

Le silence demeure à la fin de ses mots. Fragile. Ce n'est pas un terme que j'aurai associé à mon oncle pourtant, force est de constater qu'il l'est peut-être plus que je ne l'aurai pensé. Est-ce vraiment une réalité ? Elle semble bien le connaître tout du moins, et ses palabres n'éveillent nullement la contestation de mon père, acquiesçant de par son seul silence à ses mots. « Qu'il me manque ce temps où seul lui importait la découverte du monde et de ses mystères, même si ses aventures m’entraînaient dans les remous qu'il créait lui même. » De la nostalgie. Je reconnais bien ce ton. « Il était bien plus aisé à lire à l'époque. » De la tristesse et l'ombre d'un sourire. J'écoute et m'étonne. Je ne l'imaginais pas vraiment en homme impétueux, mais ces quelques mots me permettent de percevoir une autre facette de cette fratrie. Un lien tenu mais fort. Une affection sincère mais teintée de regret. Je crois. Il est parfois difficile de comprendre des êtres aussi différents qui ont vécu tant de chose. J'ai parfois l'impression d'être moins encore qu'un enfant, à peine un nourrisson peinant à appréhender le monde qui l'entoure. Tant de questions qui demeurent sans réponse.

« Je ne lui en veux pas vous savez. » Une première phrase qui peine un peu à s'extirper de ma bouche. Ma voix me paraît bien plus frêle qu'elle ne le devrait, bien plus basse aussi que je ne l'aurai cru, comme si je devais en régler de nouveau le débit. J'ôte mon bras de mon visage, laissant ce dernier capter la chaleur du soleil. Je m'en gorge et en savoure la caresse. Je suis vivant après tout baignant dans la lumière de Lug. « Je n'ai pas de raison de lui en vouloir, personne n'était vraiment dans son état normal à ce moment là... » Ma voix qui s'était fait ferme s'est fait souffle sur sa fin. Moi même, je n'étais pas vraiment dans mon état normal à ce moment là. Je ne dois mon salut qu'à la protection de mon père. « Moi aussi j'ai fait des choses que je regrette... » Un murmure douloureux. Trop tard. Les regrets hélas n'y changeront rien. Je ne peux plus rien faire pour eux désormais. « Mais... » Un premier mot. Malgré tout ça si il y a encore une chose dont je suis capable... « C'est mon rôle de guider les autres n'est ce pas ? En tant que merle je n'abandonnerai pas ma tâche. Même si c'est parfois douloureux, j'aurai au moins réussi à le ramener à lui. »

Malgré tous les sacrifices. Si j'étais plus fort... Un battement d'aile. Un frôlement léger. Les plumes de l'oiseau viennent effleurer mon visage alors que l'oiseau de nuit vient se poser à mes côtés. « Tu as bien fait Aedan. » Alors pourquoi... Mon sourire est contrit. Mes paupières s'éteignent et mon poing se crispe. J'aurai dû... « Si j'avais été plus fort... est-ce qu'il y aurait eu autant de mort ? »

Retenir les sanglots.


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Message Re: [Juin 550] Panser ses blessures   Jeu 28 Avr - 14:25
Bran Ruz
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Le jeune druide allait récupérer, c'était une certitude. Si les blessures du corps s'en allaient avec le Temps, il en était tout autre avec celles laissées sur l'âme. Dahut le savait, et le pensait en toute connaissance de cause. Comme le frère de son aimé partagerait assurément sa pensée. Dahut l'aiderait au mieux. Bran également. À travers quelques leçons, elle devait lui éviter les mêmes heurts que son époux éprouvé par la Vie. Les mots du Roi du Sidh étaient eux aussi teintés d'amertume. Lointain passé, affligé. Ô comme l'image de ce jeune Bran lui semblait loin, étouffée par les complots et la Sombre Lumière. Vengeance. Qu'il était néfaste pour un Druide de se détourner de son chemin originel. « La Réponse ». Cela n'aurait pas dû être. Jamais, et pourtant elle en était la cause et l'origine.

Aedan était éprouvé, déjà. Elle resterait le temps nécessaire à sa guérison. Il fallait qu'il comprenne que cette fragilité allait se muer en force, et en autre chose, mais qu'il allait devoir être prudent avec ses pouvoirs. Il était le Merle et à ce titre, un guide.

« Dis lui que je regrette, Dahut. »

« Il le sait mon aimé, il le sait. Écoute-le, il ne t'en veux pas, il s'en veut à lui-même. Ô le Merle volera loin, à toi d'ouvrir les yeux, Bran. »

« Bien. »

Sur cet échange intérieur, la belle jeune femme porta une nouvelle fois sa main sur son front tandis que le père se penchait sur son fils. Eux aussi échangèrent. Un beau sourire naquit sur ses lèvres vermeilles. Elle caressa avec amour, cette joue pâle, s'allongeant à ses côtés pour venir l'envelopper dans une douce étreinte réconfortante. Ô Dahut, ne pense pas à la perte de ton enfant. Ce n'est pas le tien, et pourtant.

« Je suis là pour veiller sur toi, petit Merle. Comme Bran. Nous sommes deux, nous ne sommes qu'un. Je suis lui et il est moi. J'abrite son âme en mon sein. Il se repose, je suis là pour le remplacer, juste un peu. Je suis Dahut, la Louve Blanche. Il est le Corbeau Rouge mais nous sommes l’Épervier. »

Sur ces révélations, la jeune femme marmonna dans sa langue natale, faisant naître une douce chaleur qu'elle diffusait autour d'elle.

« Ne retiens pas tes larmes Aedan, il n'y a nulle honte à éprouver. Nous sommes là pour panser tes blessures. Te protéger, pas l'inverse. Un jour tu seras prêt, ce jour-là … Tu voleras plus haut que n'importe qui. »

Peu à peu la Louve d'Asgard se recula, se mit sur le dos pour observer le Soleil. Ses traits se muèrent alors une nouvelle fois. Bran refaisait surface et sa voix, grave et mélodieuse, sonnait différemment aux oreilles familières.

« Tu seras fort Aedan, bien plus fort que moi, que n'importe qui. Arme-toi de patience. »




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Message Re: [Juin 550] Panser ses blessures   Jeu 22 Sep - 14:03
Veiller sur moi comme l'on veille sur un enfant alité. Est-ce si loin de la réalité ? J'en éprouve malgré tout une vague amertume. Je me sens si faible. Si... impuissant. La douleur est supportable. Cette douleur est supportable. C'est difficile de ne pas s'y perdre. Pourtant, la chaleur du corps de la dame m'étreignant parait en diluer le poison. Un peu. Elle ramène pourtant à mon esprit d'autres questions - d'autres émotions aussi. Avant. Tout va bien Aedan. Cela ressemble à la chaleur des bras d'une mère. A ceux de ma mère. C'est si lointain... Si... commun. Ses paroles pourtant, le sont beaucoup moins que cette chaleur délicate ramenant en moi, nombre de souvenir - d'impression, de sensation. « Deux ? » Malgré ma cécité nouvelle, mon visage se tourne vers elle - vers l'origine de sa voix. Ce n'est qu'une fois ce geste fait que j'en réalise la futilité, le noir étant toujours seul à me répondre. Ses paroles me demeurent sibyllines, et si j'en comprends la forme, le fond me parait bien nébuleux. Comment cela pouvait-il être possible ? Dahut. Ce même nom qui titille ma mémoire sans pourtant m'offrir autre chose qu'une vague familiarité. J'en viens presque à en oblitérer ma douleur. Au moins, ce carnage ne m'aura pas tout pris... « Comment est-ce... possible ? » Ma question se fait murmure hésitant. Ai-je déjà entendu pareil histoire ? L'histoire de deux êtres qui par une force que j'ignore, soient devenu un ?

Pas tout à fait un... Dahut est Dahut. Bran est... Bran. Ce qui les lit parait cependant être au delà de cette... réalité. Quelque chose de plus profond. Je crois...

Mes paupières s'éteignent. « Pleurer... ne ramènera personne. » Elles n'effaceront pas non plus mes fautes... Alors pourquoi ? Pourquoi ne veulent-elles pas me laisser tranquille ? Pourquoi mes larmes s'écoulent malgré tout ? Je ne suis pas fort. Je... ne le suis pas du tout. « Mais les larmes ne concernent pas les morts. Elle prouve ta Vie. Et il n'y aucune honte à vivre Aedan. » Honte. De la honte... Je n'ai pas pu les sauver. Je n'ai pu... que les observer se déchirer. S'entretuer. Voler. Un jour... Ce jour me parait si lointain. Pourtant... Les larmes coulent toujours, maladroitement, j'essaye de les faire taire, mais il me semble que la douleur s'échappe. Un peu. Comme avec Iara. Mes larmes ne l'ont pas ramené mais... elles m'ont un peu aidé à accepter. Je crois... Je crois... « Je n'aime pas la Guerre. » Un souffle. Non... je ne l'aime vraiment pas. Mais elle est là. Encore et toujours depuis l'Aube des Temps.

La chaleur s'éloigne et finalement, la voix de Bran s'élève. Pour l'heure, je ne crois pas à ses mots. Pour l'heure... Je ne peux décemment pas y croire.

« Une vie d'homme n'y suffira pas... non ? » Mes lèvres s'ourlent à peine de l'ombre d'un sourire. C'était ce qu'il m'avait dit la première fois que nous nous étions rencontré lorsque j'avais parlé... de mon rêve, pour ainsi dire. De ma volonté à devenir un Druide aussi respecté et puissant que ne l'était mon père. Lentement, à tâtons, je recherche la main de mon oncle, mais ne trouve que du tissu. Tant pis. Mon corps est lourd, néanmoins, je bascule sur le côté afin que je puisse lui faire face. C'est inutile, et mes prunelles ambrées ne me renvoient que les ténèbres mais... ce n'est pas grave. « Si je deviens plus fort que vous, il me suffira de vous en offrir une partie pour que nous le soyons tous les deux. » Mes doigts viennent se crisper sur son vêtement. Tremblants. J'ai... peur. C'est au delà de la douleur. J'ai eu peur. J'ai... eu si peur... Je ne veux pas le perdre. Même si il est parfois dur et austère. Même si ses leçons sont difficiles et cruelles. « Je vous guiderai autant de fois qu'il le faudra Mon oncle. Je ne vous abandonnerai pas. » Mon sourire s'est fané pourtant mes mots n'en sont pas moins sincères. Même si j'ai mal rien que d'y penser. Même si mon corps est douloureux mon âme, elle, ne veut pas plier. Mon cœur non plus d'ailleurs. Je ne veux pas perdre ceux qui me sont chers.

Alors...


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Message Re: [Juin 550] Panser ses blessures   Lun 19 Déc - 14:00
Bran Ruz
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« Tu es l'enfant que nous ne pourrons jamais avoir, Aedan. » susurra la voix gutturale du Bran Ruz. Quelque chose, un vague trémolo trahissait sa vive émotion. Le temps de la Guerre et des Larmes. Oui, il lui faudrait encore affronter tant d'épreuves. Mais ses réponses l'accablèrent autant qu'elles étaient rassurantes. « Alors je ne me suis pas trompé sur toi. »

Il acceptait cette main qu'on lui tendait. Non pas parce qu'il était de sa famille, qu'il était le fils de son frère, que du sang des Anciens coulait dans ses veines. Mais bien parce qu'il avait été touché au plus profond de son âme. Esprit torturé par des souvenirs trop lourds à porter et qui pourtant, continuait de porter sans jamais faiblir. Pour le moment. Les heures sombres approchaient, ou étaient déjà bien présentes.

« Oui nous sommes deux. Dahut a sacrifié beaucoup pour me permettre d'exister encore. Pour me permettre d'accomplir ma mission, mon devoir, le titre qui m'incombe. »


Puisqu'il était la Réponse aux absurdités du Monde et qu'il en était une, lui aussi. Une conséquence bien humaine, mais motivé par les caprices du Divin. Quand il chercha sa main, il ne rencontre d'abord que la douceur soyeuse du tissus de sa mise. Puis deux mains allèrent l'enrouler, lui offrir une chaleur maternelle. Dahut souriait avec calme, toute drapée dans sa sagacité. Mais c'était toujours Bran Ruz qui s'exprimait à travers elle.

« Non, une vie d'homme non… mais nous ne sommes pas de simples hommes. Et j'ai encore beaucoup de leçons à t'enseigner. » Un léger rire dans l'esprit d'Aedan. « Merci, petit Merle. Nous avancerons ensemble, pas après pas. Mais sache que tu seras le seul à ressortir de l'Ombre qui s'avance et avale ce Monde. »

Comprendrait-il ? L’Épervier se doutait qu'il n'avait pas encore tous les éléments en main. Bientôt il serait capable d'associer toutes les pièces pour reconstituer ce vaste ensemble que les Hommes appelaient Destinée. Il avait son propre rôle à jouer dans cette Ère, comme lui et il devait comprendre qu'un jour ou l'autre, ils allaient devoir se séparer. Mais pour le moment il préférait taire cette prédiction. Ce grand sacrifice qu'il avait entrevu dans les lumières du Sidh, leur royaume toujours clos.

« Alors épargne ton cœur, garde-le des folies de cette époque obscure qui s'annonce. Si tu es aveugle aujourd'hui c'est peut être une bénédiction de notre Seigneur Lug... » hasardait-il sur un ton plein de mystère. « Et puis, ton Père veille sur toi lui aussi. Ne l'oublie pas. »

Un sourire orna le visage de Dahut. Puis elle se redressa, prête à partir.

« Repose-toi jeune Aedan, nous veillons sur toi. Tu n'es pas seul. Tu ne le seras jamais. »


Un souffle de vent et les voici repartis, le couple maudit.



    Merci à mon neveu pour la signature ♥

    "Et pendant que d’autres célèbrent le jour le plus interminable de l’année… nous allons secrètement nous réjouir du retour des longues nuits"
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[Juin 550] Panser ses blessures
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