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 Ne jamais s'endormir avant la fin du film [Pv Thivan][Milieu Juin 550]

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Message Ne jamais s'endormir avant la fin du film [Pv Thivan][Milieu Juin 550]   Mar 9 Fév - 3:07
Énième réveil. Avec lui, la décision de bouger. Une série de premiers mouvements. Difficiles. Quelques blessures encore bonnes à me faire souffrir, mais au moins suis-je capable de sortir de ma couche. Des journées à limiter mes mouvements, enchaîner les soins, remplacer les bandages. Vraiment, ça ne m'avait pas manqué. J'ai déjà eu à vivre dans la peau d'un grand blessé, et si j'en garde les bons réflexes pour ne rien faire de stupide, j'en garde aussi et surtout un goût assez amer en bouche. Ça n'est jamais bien agréable d'être un poids plus qu'autre chose. Juste là, à se faire traîner, à se faire nourrir, à se faire soigner parce qu'on ne peut évidemment faire beaucoup plus en l'état. Mais c'est fini. Si je ne suis pas encore bon pour enchaîner les combats de nouveau, je me contente pour le moment d'être apte à mettre un pied devant l'autre avec joie.

Ainsi, les premiers mouvements hors de mon lit. Malgré mon rétablissement partiel, la routine continue : remplacer les bandages, ingérer quelques solutions médicinales, bien se nourrir pour garder des forces. Ensuite, peiner à enfiler mes vêtements, mais y parvenir avec plusieurs essais. Encore après, quelques exercices physiques pour rendre compte des progrès. De la douleur, des grimaces, quelques gémissements, mais ç’aurait pu être pire. J'y arrive. Sûrement que je dois beaucoup à ma Cuirasse et à ma condition de Berserker, pour ce qui est de la rapidité de mon rétablissement.

Rétablis, donc. Avec fort à faire. Du retard à rattraper, des personnes à rencontrer, une armée à reprendre en mains.

Et des informations à récupérer. J'ai su dans les grandes lignes le dénouement des événements de Kiev. Dans les très grandes lignes. Trop vague, trop imprécis, le peu que j'ai réussi à grappiller ne me satisfait pas. Seuls Thivan et Ludmila sauraient éclairer ma lanterne à ce sujet, et si je compte effectivement m'entretenir avec la Hyène d'ici peu, ça n'est pas pour aborder ces choses-ci, loin de là. Ne reste alors que le loquace Cardinal de la Pestilence. Soit. plus qu'à le trouver.

Ce qui aurait pu s'avérer facile si j'avais eu envie de le rencontrer d'ici trois quatre heures le temps d'envoyer quelqu'un le chercher. Mais non. La décision vient de se prendre sur un coup de tête, et je n'ai à priori rien de mieux à faire pour le moment. Ainsi commença la traque. Un petit temps avant de percevoir ce Cosmos particulier. La maladie, le pourri, la déliquescence, la gangrène et la putréfaction, tous réunis en une seule aura. Je suis la trace, pas à pas, sans me presser. La démarche lente, le dos courbé, mains dans les poches, encore un peu dans les vapes à force d'inactivité et de médicaments avalées. Mon avancée finie par me mener vers une des zones dédiées à l'entraînement. Heh, c'est que j'avais prévu de glander encore un temps avant de m'y remettre, moi.

Sans me faire remarquer, j'entre, puis observe un moment. Une gigantesque salle parsemée de piliers faits de chair. À ces piliers comme aux murs, diverses torches, ainsi qu'un grand feu au centre de la pièce. Quelques recrues, quelques Cuirassés. Quelques combats, quelques frappes sur sac de sable, quelques exercices à droite à gauche. Les murs comme troués, des poches bonnes à contenir une demi-douzaine d'hommes. Les trous sont nombreux et éparses, à la manière d'un gruyère géant, faisant communiquer toutes les grandes salles d'entraînement environnantes. Quelques trous fixes, d'autres qui semblent apparaître puis se résorber selon le bon vouloir du Dédale. En guise de fond sonore, la respiration du Dédale, ses battements, quelques grognements, le choc des corps qui se brisent entre eux, de l'acier qui se rencontrer, et les quelques consignes clamées à l'occasion. Plus loin à l'écart, à l'extrême gauche de là par où je suis entré, le silence. Seule une respiration qui vient se superposer à celle de la Citadelle, discrète mais présente. Une paire d'yeux azur qui scrute. Casé dans le gruyère organique, en hauteur par rapport au sol, la Pestilence observait. Toujours sans empressement, je m'avançais. Face à l'inévitable escalade qui s'annonce pour me hisser à son niveau, un léger soupir, et une main qui vient se porter à ma tignasse et la gratter frénétiquement. Bon. Quand faut y aller...

Quelques mouvements menés avec brio, sans rien me casser, sans tâche de rouge naissante à travers mes bandages. Dans un dernier geste, je m'accroche au rebord puis y grimpe. Je souffle un coup, quand sans prévenir s'invite un bref mais intense pic de douleur qui me remonte le long de l'échine. Un gémissement qui se fait presque feulement, suivi d'une série de « aïe, aïe aïe aïe aïe aïe » rapides. Je laisse passer quelques secondes, que ça se calme, puis m'assied aux côtés de Thivan. Le regard porté vers les guerriers en contrebas, je me pose en tailleur, coude posé sur la cuisse, joue soutenue par la paume de ma main, tête vaguement penchée de côté. Je laisse le silence se prolonger un moment, et l'aurait sûrement laisser s'installer encore un peu si je n'avais pas remarqué une série de bandages défaits durant ma petite ascension.

Eeeeet voilà. Évidemment. Vivement que je me débarrasse de ces bouts de tissu.
Je lance ça, plus à moi-même qu'autre chose, mais aussi pour briser ce mutisme dans lequel nous étions tous deux plongés. J'aurais cherché à faire ça bien plus tôt avec autrui, mais pour le peu d'intérêt que l'autre Cardinal dans la salle semble porter à ces genres d'intentions...

J'imagine que je te dois un merci pour m'être réveillé à moitié mort dans un lit peu confortable plutôt qu'au plus profond des enfers, hm ?

Sûrement autant qu'il porte d'intérêt aux remerciements, mais hé, faisons les choses dans la forme.

J'étais venu te demander... Quelle a été la suite des événements après que je sois tombé, au juste ?


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Message Re: Ne jamais s'endormir avant la fin du film [Pv Thivan][Milieu Juin 550]   Jeu 11 Fév - 2:20
Un retour difficile. Le chemin jusqu’au Dédale depuis Kiev détruite avait été éreintant aux vues des blessures et de la fatigue qui n’avait cessée de tirailler les membres du Cardinal de la Pestilence. Il n’était d’ordinaire pas du genre à porter une grande attention à ces détails, mais les combats n’avaient pas été d’une grande douceur et même si les plaies n’étaient pas profondes, la douleur titillait sa peau meurtrie. Ce qui avait été le plus épuisant sans doute fut la course effrénée pour revenir à la Citadelle afin d’y soigner Zvezdan qui n’avait que peu repris connaissance lors du voyage. Ses blessures à lui étaient graves et la mort avait semblé prête à la cueillir d’une seconde à l’autre. Bien évidemment, si la chose avait du arriver, Thivan n’en aurait ressenti aucune tristesse ou déception. Mais tant qu’il était encore en vie, il était de son devoir de le ramener pour le soigner. C’était là la mentalité de l’ordre établit par Xanthe, on abandonne pas un membre de la meute. Et d’une certaine manière, le Cardinal l’avait compris.

Il n’avait pas eu beaucoup de nouvelle sur l’état de son homologue une fois déposé dans le quartier des soins du Dédale. Il l’y avait laissé, s’était rapidement fait bander les plaies puis était reparti au plus vite pour donner son rapport au Pontifex. Des choses importantes devaient-être révélées et il savait pertinemment que Xanthe saurait quoi faire ou comment agir. Nuls doutes qu’il y prendrait même grand plaisir. A l’inverse, quelques nouvelles étaient finalement parvenues aux oreilles de Thivan, notamment sur l’arrivée d’un nouveau Cardinal, qui n’était pas des plus apprécié à ce qu’il paraissait. Un membre à part, que le Pontifex avait prit soin de mettre loin des autres. Un détail qui une nouvelle fois avait peu d’importance aux yeux du Cardinal. Une fois les dernières nouvelles prises, les jours avancèrent avec la plus grande tranquillité. Il n’avait pas prit la peine de s’enquérir de l’état des autres, supposait que si rien n’était venu à ses oreilles, c’était que la mort n’avait pas encore rendu visite à Zvezdan et que ce n’était pas plus mal. Un genre de train train quotidien s’installa, comme avant au final. Un temps que Thivan exploitait pour observer et surveiller les nouvelles et anciennes recrues du Dédale. La Guerre se profilait à l’horizon, il fallait donc s’assurer que les prochains Berserkers seraient à la hauteur de la tâche demandée par le Pontifex. C’était peut être la seule chose qui l’importait au fond.

Un jour comme les autres, il s’était placé en hauteur dans les salles d’entrainement, l’œil alerte sur tout ce qui pouvait se passer devant son regard. De jeunes combattants, insignifiants et maladroits, qui ne semblaient rien connaître à l’art et la manière d’utiliser une arme. D’autres plus loin démontraient une certaine maitrise, mais n’étaient guère plus intéressants. Les derniers, des Cuirassés venus s’entrainer montraient de belles techniques, rien qui ne soit cependant impressionnant. Les pupilles azur, cachées dans l’ombre observaient, mais nul n’ignorait la présence putride du Cardinal de la Pestilence dont le cosmos coulait presque le long des parois vivantes du Dédale, empestait sur toute la surface et glaçait le sang de ceux qui osaient l’approcher un peu trop. Tous savaient que si Thivan regardait, il n’interviendrait pas. Il n’était que spectateur silencieux, un aspect de la mort prêt à les dévorer sans le moindre état d’âme.

Quelque chose pourtant attira son regard. Les pupilles glissèrent lentement vers cette silhouette boitillante qu’il connaissait fort bien. Il ne s’étonna pas de le voir ici, mais se questionna néanmoins l’espace d’une seconde sur le pourquoi de sa présence en ces lieux. Bah, ça n’avait aucune forme d’importance. Il se contenta de l’observer, la glace de ses yeux fixant intensément les efforts de Zvezdan pour arriver jusqu’à lui. L’aurait-il seulement aidé ? L’idée ne lui était même pas venue à l’esprit. La bête qui sommeillait en lui, l’instinct mortel était endormit. Il avait laissé place à la raison froide, aux pensées vides de toutes vigueurs, de sentiments, de ressentis. Une carcasse vide et malsaine qui observait sans se soucier de la gêne que cela pouvait occasionner. Là où le Cardinal de la Guerre, malgré les blessures et les bandages, avait semblé soucieux de son apparence et s’était lavé, la Pestilence elle était égale à elle même. Sale et puante, encore couverte du sang séché de la bataille passée, la boue sur sa cuirasse, la poussière dans ses cheveux… tel était Thivan, repoussant malgré sa beauté. Et il n’avait que faire de ces futilités, elles n’avaient pas d’importance à ses yeux. Et puis… il n’était vraiment pas certain d’aimer l’eau.

Zvezdan installé à côté de lui, la Pestilence reprit son activité première en voyant qu’aucune parole ne lui fut expressément adressée. Sa lame dans les mains, une pierre pour la polir et l’aiguiser, il laissa celle-ci glisser le long du fil de l’épée dans un tintement discret mais sourd. Plusieurs fois il résonna, tandis que le silence s’éternisait. Il n’eut guère envie de prendre la parole, après tout, c’était son homologue qui était venu le voir, pas l’inverse. Quoiqu’il eut la sordide pensée de peut être briser le silence, mais bon…

Une banalité, quelques mots qui ne lui étaient d’abord pas adressés, puis des remerciements. Ce qui semblait en être du moins. Une seconde passa, le temps de donner à Thivan matière à peut être répondre. Il lâcha un maigre « Tu ne me dois rien. » et continua d’aiguiser la lame. Etait-ce la seule chose pour laquelle il était venu ? Zvezdan devait commencer à le connaître, il savait sans doute pertinemment qu’avoir une discussion censée et un tant soi peu remplie, ce n’était pas ce Cardinal qu’il fallait voir. Mais évidemment, la vraie raison, si c’en était vraiment une, arriva bien rapidement après, la Guerre visiblement pressée de ne pas tellement s’éterniser. On ne pouvait lui reprocher. Arrêtant son geste, laissant retomber ses mains sur ses cuisses après avoir reposés les ustensiles, il répondit.

« Etrange. Que tu viennes me voir moi. » Il précisa cette dernière. « Je pensais que le rapport de la mission t’avait été communiqué. » Il n’ajouta rien pendant une poignée de seconde, semblant réfléchir. Quoique ce ne fût pas réellement visible sur son visage, il avait l’air de juste regarder dans le vide, intéressé par les murs vivants du Dédale. « Le dieu Thanatos a fait son apparition en même temps qu’Arès, sans doute peu de temps après que tu sois tombé inconscient. Une alliance se prépare visiblement. »

C’était là de biens maigres informations, mais on ne connaissait pas Thivan pour sa tendance à être bavard. Du genre à lâcher au compte goutte et sans réelle logique les informations, il était parfois difficile de le suivre, quasiment impossible de le supporter.

« Tu t’en remets ? » Son regard se tourna légèrement vers le visage de son homologue de la Guerre avant de regarder les bandages défaits. La question pouvait sembler étrange, elle n’avait été posée que par pur souci des conventions. De ce qu’il avait pu remarquer, les gens devaient s’inquiéter pour leurs alliés. Ca n’était absolument pas son cas hélas. Le lâchant des yeux, il reprit sa contemplation et lâcha à nouveau quelques mots. « Oh et… les Oracles d’Apollon se sont révélés. Peut-être des alliés. » La pensée avait semblée lui revenir spontanément, comme une illumination – ce qui était légèrement ironique. Néanmoins, le ton de sa voix n’avait pas quitté cet air monocorde et plat.
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Message Re: Ne jamais s'endormir avant la fin du film [Pv Thivan][Milieu Juin 550]   Mar 16 Fév - 6:46
Un rapide sourire résigné à la première réplique de Thivan. Heh, je ne m'attendais pas à quoique ce soit d'autre, honnêtement. Mais ça me convient. « Merci » « De rien », ça et ses nombreuses déclinaisons selon l'humeur et l'individu, rien de bien important. Seconde réplique, second sourire, mes traits qui se muent en une expression faussement gênée. Étrange, oui. Sûrement que j'aurais de suite été demandé ce genre d'informations à Ludmila en d'autres circonstances, mais sa version à elle attendra. Bien peu de temps, puisque déjà j'étais capable de me mouvoir, donc tout autant de la recevoir. Mais pour le moment, voir la version du second Cardinal. Oui, il a ce comportement couplé à cette aura peu engageante qui tendent à rendre sa présence parfois pesante, mais on apprend à s'y faire. Avec le temps, avec les instants de vie partagés lors du chemin vers Kiev, notamment. Je n'irais pas parler de rapprochement, plutôt d'une facilité à l'accepter tel qu'il est.

Pas de rapport, non. Juste de très maigres informations. Trop maigres, en fait.

Quant à savoir pourquoi ledit rapport n'est pas arrivé à moi... Eh bien, j'imagine que si je le savais, je ne serais pas ici en ce moment même. Les coups s'échangent avec plus d'aisance que les paroles en ces murs, et ça n'est pas toujours bien facile quand il est question de communication. Ironique que ce soit face à lui que je me retrouve pour combler ceci. Un court instant, mes yeux se posent sur sa lame, puis m'arrive quasi instantanément la vision de la mienne, ou plutôt de ce qu'il en reste. Le seul fragment restant de la dague porté au tour de mon cou, en un pendentif que je dois à la Panthère. Sans trop m'en rendre compte, je porte l'objet à mes mains puis passe mon pouce à sa surface. Ca sans déporter mon attention des précisions de la Pestilence. Oui, tout ça se recoupe avec le peu que j'ai pu grappiller de moi-même.Thanatos, hein ? Comme quoi. Je vais finir par croire qu'il me poursuit. Non, Dieu de la mort, j'ai encore à faire avant de te rejoindre. Laisse-moi encore un peu de temps. Un peu de puissance à accumuler, de savoir à emmagasiner.

D'âmes à t'envoyer.

Car on y arrivait, oui. J'acquiesce aux diverses informations données. L'éveil d'Arès, l'alliance avec Thanatos. Et ces... Oracles ? Oui, sans l'ombre d'un doute, le temps des pourparler et autres conflits bénins est révolu. La Guerre va réellement commencer. La Vraie Guerre, plus violente, plus impitoyable, plus décisive. Les choses bougent, et sûrement qu'elles ne bougent pas que de notre côté de l'échiquier. Je l'ai senti lors de mon voyage dans le Grand Nord, les choses changent. Une nouvelle ère, et avec elle, des promesses aussi nombreuses qu'obscures.

Au moins aussi obscure que la question du Berserker à mes côtés. Non, pas étrange ; étrange venant de lui, plus précisément. Si je m'en remets ? Je soutiens son regard vide un instant, pour le suivre et tomber sur mes bandages. D'un geste sec et rageur, j'empoigne puis arrache la bandelette récalcitrante à mon bras, pour laisser se dévoiler une peau plus sombre, manifestement brûlée. Déjà, la teinte était moins inquiétante qu'il y a de ça quelques jours, et je reprenais vite du poil de la bête. Je laisse tomber à terre l'inutile morceau de tissu arraché plus tôt, puis recentre mon regard sur Thivan.

Oui, ça va, je reprends assez rapidement, même. J'ai pas attendu de porter une Cuirasse pour devenir proche voisin de la faucheuse. Un peu collante, mais aussi nombreuses furent ses venues à mon palier, elle est jamais arrivée à aller plus loin. Et je compte bien continuer de lui refuser l'entrée encore un bon bout de temps.

J'aime bien cette image, oui. Pas la première fois que j'illustre la chose de la sorte. Et je ne suis sûrement pas le seul à pouvoir clamer telle réplique, parmi les nôtres. Tous ici sont sans doute capables de vous donner leur ressenti personnel d'au moins une ou deux entrevues avec la mort. Danser avec, la frôler sans ne jamais la laisser nous prendre, se jouer d'elle, puis la quitter jusqu'à la prochaine valse.

Sauf bien sûr si elle se personnifie sous les traits mêmes de Thanatos. Comme quoi, d'une façon ou d'une autre, elle aime me suivre un peu partout.

Un rictus amusé se dessine aux coins de mes lèvres, ça alors que ma concentration se focalise un temps sur les combattants plus bas. D'un œil aguerri, je passe d'adversaire en adversaire, mes pupilles qui semblent danser tant elles se déplacent frénétiquement. Quelque chose qui s'éveille en moi, tandis que les passes d'armes tantôt bonnes tantôt maladroites s'enchaînent sous mes yeux. Yeux qui trahissent cet intérêt qui nait, cette envie de négliger blessures et séquelles pour me jeter dans la bataille. Ce sang Vandale qui s'il est souvent calme chez moi, bouillonne avec la même intensité que celui des plus violents de mes frères lorsqu'il s'y met. Je n'aime pas rester inactif. Des jours cloué à un lit, et n'en sortir que pour pouvoir se déplacer, et encore. Frustration. Frustration vis-à-vis de ma perte en terme de combat, aussi. Kiev me l'a prouvé, à trop me reposer sur mes illusions, ça aux dépens de mes talents poing fermé ou armé, ce fut une erreur. Une erreur que la raison me souffle de corriger dès mon état amélioré, alors que le cœur lui me hurle de m'y atteler au plus vite, de battre le fer tant qu'il est chaud. De l'affrontement des deux se créer cette attention presque obsessionnelle aux entraînements en cours. L'expérience arme en mains que mon corps a perdu, mes yeux eux l'ont gardé, ainsi, je classe, organise et note mentalement, décèle les faux mouvements et mauvaises initiatives, repère les plus prometteurs du lot, les plus expérimentés, les plus en difficulté.

T'en as repéré qui se détachent du lot ?

Je lance ça, toujours absorbé, et ce par de pourtant bien simples démonstrations. Oui, à ce point. Je suis pourtant – selon moi – parmi les moins belliqueux des Berserkers, reste que l'inactivité joue lentement mais sûrement avec mes nerfs et pulsions. Inconsciemment, à mes yeux déjà calé sur le rythme des combats s'ajoute mon souffle lui synchronisé avec la respiration du Dédale. Mon ouïe se fait plus alerte quant au bruit des lames et des coups échangés, mes naseaux deviennent plus sensible à l'odeur de sang ambiante, puis mon pouce passe frénétiquement sur la surface de l'emblème à mon cou.

Vite. Vite mettre cet état lamentable derrière soit. Vite reprendre fonction, vite achever de guérir. Vite, car je sature.


Dernière édition par Zvezdan le Jeu 10 Mar - 15:04, édité 3 fois
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Message Re: Ne jamais s'endormir avant la fin du film [Pv Thivan][Milieu Juin 550]   Mar 8 Mar - 17:31
Un simple acquiescement, rien de plus. Cela n’en restait pas moins étrange qu’aucun rapport ne soit arrivé aux oreilles de la Guerre, mais peut-être que sa convalescence avait retardé la venue de celui-ci. Bah, ça n’avait pas d’importance, surtout pas aux yeux de Thivan. Ca ne lui posait pas de problème de raconter à son homologue ce qui était arrivé, d’autant plus qu’il n’avait pas l’occasion de parler à grand monde d’ordinaire. C’était une occasion de faire preuve de socialité, cette simple idée était un miracle. Mais soit, seuls les imbéciles ne changeaient jamais et quoiqu’on en dise, la Pestilence avait toujours eu cette forme étrange de curiosité. Aussi parla-t-il sans détour de ce qu’il avait vu et ce qu’il avait pu comprendre malgré son arrivée quelque peu tardive. Des mots énumérés avec la plus grande neutralité, qui ne semblaient dégager aucune vie, aucun intérêt. Les choses s’étaient passées, Thivan ne faisait plus grand cas de celles-ci, seul l’instant présent et les brides du futur comptaient.

Il nota néanmoins que sa question posée entre deux paroles parfaitement décousue fut remarqué par Zvezdan qui attendit qu’il termine pour répondre. Sans surprise, il avait l’air de plutôt bien s’en remettre malgré la gravité des blessures qu’il avait subit. Le tranchant de la hache de Ludmila faisait toujours des dégâts. Un instant leur regard se croise, sans que l’un ou l’autre ne s’en détourne ou ne s’en gêne, puis vint le geste rageur et plutôt inattendu de la Guerre, signe manifeste de son épuisement quant-à cette convalescence énervante. Chose que Thivan ne connaissait pas, des sentiments trop complexes pour qu’il ne puisse ne serait-ce que les appréhender.

A l’humour de Zvezdan répond l’indifférence de Thivan. Non qu’il ne comprenne pas la métaphore, mais ces futilités ne trouvaient pas de chemin jusqu’au cœur déserté d’humanité de la Pestilence. Il se contente une nouvelle fois d’acquiescer et d’y répondre avec tout le premier degré dont il était capable de faire preuve.

« Comme nous tous. La mort ne nous lâche pas, elle poursuit nos pas. »


Chose on ne peut plus vrai mais cruellement froide et dénuée de toute compassion et sympathie. C’était le ton sans ornements qu’usait toujours la Pestilence, ni mensonge si embellissement. Les mots bruts d’une pensée presque naïve et vraie. A l’instar de la Guerre, il dépose son regard sur les combattants qu’il avait observé un peu plus tôt. Les choses n’avaient guère changées pendant les quelques secondes qui s’étaient écoulées. Maladresse, précipitation, sans talent ou au contraire trop vaniteux de leur force… il ne savait quoi penser d’eux, aucun ne semblaient plus intéressant qu’un autre, aucun ne parvenait à attiser la curiosité de la Pestilence. A côté, Zvezdan semblait passionné par ce qui se déroulait sous ses yeux, plus par un désir frustré de reprendre du service d’un réel intérêt pour ces jeunes recrus ou Berserkers qui combattaient. La question qu’il posa resta un certain temps sans réponse, Thivan tout à coup fasciné par les réactions de son homologue. Lié comme lui au Dédale, le Cardinal pouvait sentir les réflexes instinctifs de la Guerre en une symbiose presque parfaite avec les murs de chair qui respiraient silencieusement tout autour d’eux.

« Non. » Simple réponse qui ne nécessitait pas d’explications. Thivan n’en donnerait pas à moins qu’on ne lui demande, mais il doutait très sincèrement que Zvezdan prenne la peine de s’enquérir de son avis pour des choses aussi futiles. Une nouvelle poignée de seconde passa avant que la Pestilence ne reprenne, cette voix toujours aussi insensible. « Tu m’as l’air pressé de reprendre de l’activité. Que s’est-il passé face à Ludmila ? N’as-tu pas été capable de lui rendre ses coups ? »

Ce n’était pas le moins du monde une critique mais une véritable question, sincère et dont le Cardinal était vraiment curieux de connaître la réponse. Non qu’il se serait vexé de ne pas l’avoir, ce n’était pas son genre et s’en serait accommodé avant d’oublier, mais il voulait savoir pourquoi un Cardinal s’était ainsi fit battre par sa subordonnée.
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Message Re: Ne jamais s'endormir avant la fin du film [Pv Thivan][Milieu Juin 550]   Mer 30 Mar - 9:05
Souvent morbide, l'absolu premier degrés de la Pestilence amenait parfois plus à penser qu'il n'y paraît. Tous, oui. J'ai beau m'en plaindre, je ne suis pas une cible de choix pour la faucheuse. Juste une de plus, parmi tant d'autres. Tant d'autres qui eux aussi ont ce couteau sous la gorge, plus ou moins pressant selon chacun, mais toujours là, menaçant, prêt à frapper sur un simple caprice. Pour de bonnes comme pour de mauvaises raisons, ils s'éteignent par milliers chaque jour. "Ils", c'est autant proches, ennemis, alliés ou inconnus. La remarque me passe rapidement en tête ça tandis que se poursuit mon intérêt pour les passes d'arme plus bas. Voire s'intensifie. Lentement, sans trop se presser, elle s'insinue en moi. Elles, en fait. Colère, envie, frustration. Déjà présents depuis longtemps, mais qui s'exacerbent au fil des secondes. En réponse à ça, mon doigt qui passe plus vite encore sur l’emblème, force dessus, se plie sur la surface de métal jusqu'à ce que mes jointures blanchissent sous l'effort. De mon autre main, un poing qui se serre, ça jusqu'à ce qu'un liquide chaud vienne à me couler au creux de la paume. Yeux fixes, divers spasmes ici et là, crispé en une grimace contenue. Tenter de garder le visage neutre, ce malgré les nerfs qui s'échauffent. Ce malgré la bride qui se fragilise. J'y songe, à cette retenue que je m'évertue à garder habituellement, j'y songe un moment, tandis qu'elle s'effrite peu à peu.

J'y songe, mais cette pensée n'aide en rien à me calmer. Je sais souvent regretter ce que je... Ce que je fais, ce que je deviens quand je laisse cet aspect de moi s'exprimer. Lorsque je fais ça, il se passe Kiev. Il se passe ces trop nombreux massacres d'innocents. Entre deux coups d'épée observés en contrebas, je vois Les Visages. Ces visages apeurés, haineux, désespérés, tristes. Ces hommes, femmes et enfants qui n'avaient rien demandé, comme moi-même je n'avais rien demandé à l'époque. Je repense à ce que je... Ce que Nous, avons fait d'eux. Moi, Borya et tous les autres. Les Autres. Certains se cachaient derrière la survie, d'autre derrière la vengeance. D'autres ne se cachaient pas, soif de sang sans borne et sans motif affichée sans complexe. Tous avaient leur bonne raison pour être des monstres. Des fois, je ne sais pas lequel des trois est mon motif. Pourquoi je me bats. Pour une de ces choses ? Pour les trois ? Je me suis caché, aussi. Prétexter que mes yeux soient trop pleins de larmes de rage pour voir que ces gens eux aussi pleuraient. Me dire trop assourdi par les gargouillis de mon ventre pour entendre qu'eux aussi ne voulaient que survivre.Trop souffrir d'une douleur trop insupportable pour me faire empathe à celle que nos lames leur ont infligées. Etre encore plein de cette haine pour ceux qui m'ont volés vie, terre et famille, trop plein de ça pour me rendre compte que nos, mes actes me transformait en un miroir déformé de l'objet de mon ire. J'étais jeune, dépossédé de tout, et la première main tendue vers moi était fermée sur la poigne d'une lame placée entre mes doigts. « Venge-toi ». Regardez moi, au final je continue de me cacher encore aujourd'hui. Représailles et ressenti, ce que j'aime à concevoir comme deux moteurs ne sont en fait que deux façades. Des causes et sentiments pour justifier la soif de sang.

J'y songe encore une fois, et encore une fois, ça n'aide pas à me calmer. Thivan me parle, je l'entends, mais ne l'écoute pas. Doucement, mon Cosmos s'éveille, en de rouges volutes d'une aura folle, presque sonore. A écouter le son qu'elle libère, on peut entendre Les Voix, plaintives. A la fixer, on peut voir Les Visages se dessiner. Se dessiner autour de moi comme ils se dessinent à ma vue. Les visages morts se superposent à mon attention sur l’entraînement plus bas. Se superposent, s'imposent, puis finissent par effacer les murs du Dédale, au profit d'un village de Thrace, plein des corps de gardes, paysans et autres. Les flammes qui règnent, s'élèvent en de noires colonnes jusqu'au ciel, avec pour supplanter leur crépitement les hurlements environnants. De l'intérieur des maisons encore debout, le bruit des meubles renversés, des frappes assénées. Gorges tranchées, pleurs, gémissements, appels à l'aide, rires fous de mes... De mes frères. Dans les rues, dans les maisons, ils sont là, Vandales, à tuer, violer, piller. Et je suis parmi eux, pas plus honorable, tout aussi bon à être jugé qu'eux. Moi aussi, j'ai ruiné ces paysans. Ma lame, plantée dans leur cou, pognes rouges de ce rouge trop familier à mes mains. Puis ce sang qui me remonte le long du bras, me rentre dans yeux, bouche, narines et oreilles. Le village disparaît.

Autour, le Vide. L'Abysse, pour tous mes sens. La vision des corps disparaît, le brouhaha de bataille s'évanouit, l'odeur de brûlé cesse. Tous me sens ? Non. Reste ce sang. Ma main, mon bras, mes yeux, mon intérieur, puis toute la surface de mon corps. Tout plein de ce liquide poisseux. A mon goût, ce sang ferreux, sur ma peau, le liquide d'abord chaud, presque agréable, mais finalement brûlant. Commencent alors les reproches des trépassés. Les Voix, celles de ceux qui ne sont plus par ma faute. D'abord plaintives et apeurées, à murmurer des "pourquoi". Elles gagnent en nombre, répètent, continuent avec leurs interrogations. Et avec le temps, d'autres qui s'élèvent, plus puissantes, rageuses, pleines de malédictions et insultes à mon égard. Je crie, ou du moins essaie, n'arrive qu'à articuler quelques gargouillis inaudibles avec la mélasse carmin dominante dans ma bouche. J'essaie de parler, de m'excuser, de me maudire face à toutes ces Voix. Si nombreux... ? Finalement, à l'hémoglobine se joint un flot de larmes, vite englouties sous la quantité du premier liquide. Les Voix ne faiblissent pas, mieux, elles redoublent de ténacité. Et d'un coup, les mille Voix aux mille discours différents taisent leurs dires de base, pour peu à peu s'allier en une seule bouche. «Meurtrier, enfant de la Guerre, graine du Chaos. Tu es un monstre toi aussi, tu ne vaux pas mieux. Tu ne vaux pas mieux. Ne te pense pas différent» C'est claqué comme un coup de fouet au cœur. La chorale macabre répète, plus fort à chaque fois. Mes doigts viennent boucher mes oreilles, et le sang s'y enfonce, me perce les tympans. Pourtant, ce mal est presque agréable comparé aux Voix.

Qu'ils se taisent, bordel, QU'ILS SE TAISENT. Laissez-moi, j'veux pas... J'veux pas subir ça, pas encore. Arrêtez de revenir. Pas comme ça, pas ici, pas maintenant, pas plus tard. Plus jamais, JAMAIS. J-j... Je voulais pas... J'ai.. J'étais oblig-... Non... RaAaAAaAAaaAaah, PUTAIN !

Et ça explose. Ca explose en une fureur sans limites, en un mugissement sourd, bon à balayer toutes les Voix. L'Abysse se craquelle, et des multiples fractures commence à réapparaître le village. En un bris sonore, la trame de néant disparaît, pour laisser place à Feu, Sang et Fracas. Mais ces choses ne sonnent plus pareil à mon oreille. Fini le malaise. Fini la culpabilité, les sentiments doux et...

Sans intérêt.

C'est à cause de ça que je suis tombé. Toutes les fois où je suis tombé, c'était à cause ça. Peur de se battre vraiment. Peur se tuer. Peur de faire du mal. A Carthage, pendant les pillages, le vagabondage, parmi les Berserkers, à Kiev. A chaque fois, ça m'a condamné. Des poids. Ca n'est rien de plus que ça. Une morale bonne à me maintenir en apnée, à me faire mal. Plus souffrir de regrets et souvenirs que de lames et sang qui coule. Faire taire ces Voix. Détruire ces Visages. Les effacer une seconde fois.

D'un pas amorphe, je progresse droit devant moi, yeux vides. A mes épaules, une armure trop encombrante. Sans me presser, j'enlève les plaques de métal une à une, continuant ma marche. Mon regard balaye l'horizon, passe de maison en maison. Dans mes pupilles se reflète ce brasier qu'est devenu l'endroit. Mes oreilles se lèvent aux divers bruits caractéristiques d'une zone de Guerre qui se font entendre. Parmi les plus criards, les plaintes d'une jeune femme, suivies de prés du rires gras d'une bande de Vandales en armure, attroupés autour d'elle alors déshabillée. Elle se débat, bouge dans tous les sens, mais celui sur elle la maintient au sol de sa force, à grand renfort de gifles. Le sang commence à poindre, puis elle abandonne, mollement remuée par les va-et-vient de l'homme. De sa hargne ne reste rien, elle est là, immobile, inexpressive, les yeux morts, une moue neutre au visage. Sans le moindre bruit, je m'approche du groupe, une lueur bestiale au fond des pupilles. L'un me voit arriver, suivi d'autres, avec certains qui ne font pas attention, trop occupés à profiter du spectacle, voire à y contribuer. Ils sont grands, même la femme au sol paraît grande, trop grande. Un enfant passe poursuivit par un Vandale, et même lui est grand. Je lance un regard vers mes avant bras rouges sang, pour constater leur maigreur, plus grande encore qu'elle ne l'est de base. Le sol me paraît bien proche, et en passant prés d'une flaque d'eau, je parviens à y voir mon visage déformé par les ondes et la saleté du liquide. J'y vois quand même mes traits d'enfant, stoppe ma course, puis m'étudie un moment, intrigué. Je reste là, quand l'enfant de plus tôt me passe devant, les traits pleins de peur tournés vers au-dessus de moi. Une ombre se dessine dans mon dos, imposante, et est braillé un agressif « Tire toi morveux ! » par son propriétaire. En guise de seule réponse, mes jambes qui se plient, un saut en arrière, et moi qui me retourne dagues en main. J'arrive sur lui, le fait tomber au sol, lui tranche la gorge d'un coup sec sans lui donner le temps de plus exprimer son incompréhension que par un regard hagard. Réaction immédiate, ils s'ameutent dans mon dos, armes tirées au clair, prêts à m'abattre. Avec une rapidité sans commune mesure, je me jette dans le groupe, profitant de ma petite stature pour tailler nombre de tendons sur mon passage. Au milieu d'eux, insaisissable, je tranche à travers comme dans du beurre, esquive sans trop de peine, arrache une à une ces vies. Un d'eux tente de me priver de mes dagues d'une prise aux bras, je réponds d'une morsure dans sa carotide. Une, deux, trois et quatre, j'enchaîne les coups de crocs dedans jusqu'à ce que ça finisse de couler. Dans mes prunelles, une lueur malsaine, affamée. A mes dents, le goût du sang, revigorant, la substance désormais dominante à leur surface. Sur ma peau, même constat, des avant-bras presque noirs, des tâches un peu partout sur les vêtements, une longue coulée qui part de la bouche. Dans mon cœur, une extase primitive, un sentiment de bien-être sans explication ni logique. Un désir de tuer, plus fort que tout. Ne pas le faire, c'est souffrir du plus intense des maux, l'assouvir, c'est se voir assailli d'un plaisir suprême. Plus qu'une pulsion, une nature. Un besoin, une urgence, une dépendance au premier degré.

Encore plus.

Mes yeux fous se fixent sur la jeune femme, en train de boiter loin de la scène avec peine. D'une course effrénée, j'arrive à son niveau, lui saute au dos, plante ma dague dedans, remonte doucement vers le haut. Le souffle court, regard braqué sur elle, elle se débat de plus belle, tente de me déloger, tourne sur elle même, de plus en plus maladroitement au fur et à mesure que la vie la quitte. Mon visage se colle presque au sien, je détaille son expression, la façon dont ses traits évoluent alors que ça se rapproche.

Alors, tu vas continuer ? Hein ? Tu vas continuer d'me torturer ? Vas-y, j't'en prie. VAS-Y SALOPE, ALLEZ ! Ben alors, t'as fini d'me hurler ta haine au visage ? Non, continue, insulte moi, maudis moi, demande pourquoi, vas-y, fais comme vous faites tout le temps ! FAIS, PUTAIN.

Un spasme, je me crispe, les traits déformés par une colère sourde, mâchoire serrée, et ma dague achève de s'enfoncer dans sa nuque d'un coup sec. Je me laisse tomber alors qu'elle s'écroule, un sentiment de libération qui m'envahit quand les bruits de bataille cessent autour de moi. Morts. Tous morts. Plus de bruit, plus de Guerre, plus de douleur. Un moment, je fixe la femme. Elle semble apeurée même dans le trépas. Ca, le silence, les ruines et la montagne de corps... Soudain, la rage extatique laisse place à une profonde tristesse. Calme, je me voûte doucement, tandis que peine et regrets commencent à revenir. Je me sens reprendre le contrôle, achevé de me défouler pour revenir à celui que je suis normalement. Petit à petit, je reprends ma taille adulte. Le village commence à se faire une image floue et fluctuante, je peux presque fermer les yeux sans craindre de me voir pris d'assaut par de nouveaux délires.

Mais une présence. Une présence dans mon dos. Me retourner subitement, puis tomber sur lui. La Pestilence. Je le vois, plus loin dans la rue, et pendant que je le fixe, d'autres silhouettes qui se créent, d'autres soldats et innocents qui investissent les lieux, à se battre, se tuer, se violer. Le vacarme reprend, et comme s'il en était la source, le tout semble comme concentré autour de Thivan.

Non... c'était terminé... Non... NON !

Ainsi, je reviens à ma taille enfantine, la vision du village reprend sa consistance, à quelques détails prés. La langue braillée n'est plus la même, les soldats ne portent pas les mêmes armures, les paysans portent différents accoutrements. Les murs ne sont plus les mêmes, le paysage au loin n'est plus plaine aride mais forêt abondement boisée. Les bâtisses semblent d'un style germanique, et à bien y regarder, les gens autour portent les mêmes traits propres aux gens plus au Nord. Je comprends sans comprendre la raison de toute ceci, tant la rage a violemment repris le pas sur la logique. Toi. C'est toi qui fait continuer tout ça. D'un pas décidé, je m'avance vers Thivan, les yeux pleins d'une colère démente. Les deux dagues à mes mains se désagrègent en quelques particules de Cosmos qui viennent entourer mes poings d'une aura sombre.

Laisse-moi. Laisse-moi partir.
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Message Re: Ne jamais s'endormir avant la fin du film [Pv Thivan][Milieu Juin 550]   Lun 16 Mai - 3:40
Il n’a pas de réponse. Seul le silence et le fracas des armes ou des poings qui se balancent et s’entrechoquent un peu plus bas dans les arènes répondent à ses mots. Cela l’importe peu à vrai dire, mais il n’aurait su juger si Zvezdan se sentait vexé de la question ou l’avait simplement omise pour quelques raisons personnelles. Au fond, ça n’était pas grave et Thivan se contenta seulement de patienter en reprenant ses précédentes occupations. Nullement gêné par le mutisme dont faisait preuve son camarade, il continue quelques instants d’aiguiser son épée avant que son geste ne se stoppe dans l’air. Comme arrêté par une impression que l’instinct lui fait ressentir. Quelque chose hurle en lui. Danger ? Peut être bien. Lentement son regard se relève, se tourne vers la Guerre dont il n’entend plus que la respiration agitée. Mais c’est son cosmos qui fait s’élever en Thivan l’instinct criant. Les volutes rouges et étouffantes l’entourent déjà, il aurait pu pester de ne pas avoir fait attention à son environnement, mais comment aurait-il pu croire que Zvezdan allait agir de la sorte ? Agit-il seulement d’ailleurs ? Le regard perdu ne croise même pas la froideur neutre des pupilles de la Pestilence. Il semble comme transporté dans d’autres lieux, loin du Dédale qui peu à peu se désagrège dans une vision que le Cardinal ne connaît pas. L’instant suivant il se relève de son banc, l’épée à la main, le regard aiguisé, alerte, avant de comprendre que c’est le cosmos de Zvezdan qui insinue ces visions dans son esprit. Cela semble tant involontaire qu’incontrôlé. Il pourrait suffire à la Pestilence d’octroyer un bon coup de poing au visage de la Guerre, mais il s’abstient bien de faire usage de cette violence qui d’ordinaire ne le dérange pas. Pourquoi ? Curiosité peut être.

Tu n’es que spectateur.

Il y a d’abord ce village, ces corps qui s’empilent et s’embrasent sous les flammes d’une guerre absurde et sans saveur. Violence. Pure et simple violence, sur un village remplie de vies innocentes fauchées par la main du chaos. Etrange, cela n’inspire certainement à Thivan aucun sentiment, et pourtant, cela semble faire écho à son cœur. Un murmure qui lentement, insidieusement remonte. Mélancolie passée, triste existence. Lui aussi, il avait connu ces effusions de sang et de larmes, ces lames tranchants la chair à vif pour goûter à la folie meurtrière. C’était pourtant il y a si longtemps. Des souvenirs qui pour le Cardinal ne sont rien que des instants d’une vie lointaine, qui aujourd’hui ne lui fait plus ni chaud ni froid. Regarder cette scène n’éveille ni la passion ni le dégoût. Peut être se rend t-il juste compte que si cela fait écho au passé de Zvezdan, à ses peurs, à ses songes, alors celui-ci n’est guère différent.

Mais toi tu es un monstre, pas vrai ?

Peut-être. Surement même. Mais alors la Guerre l’était tout autant. Cela semblait être leur nature, profonde et indomptable. Une soif qui ne peut s’effacer, se combler que par la rage et le sang…

Monstre. Monstre. Tu n’en étais pas un pourtant.

Les abysses. La perdition. Un calme qui ne dure pas, une souffrance qui jamais ne s’arrête. Thivan ne la connaît pas, elle, cette voix qui sonne comme de la culpabilité et qui semble assommer Zvezdan de tous les reproches. Là est peut être le talent de la Pestilence, se détacher de ce qui fait l’existence humaine, embrasser de tout son corps ce qu’il sait être, ce pour quoi il a été créer. Le bien et le mal ne sont rien. De vagues notions qui sous le chaos qui règne en toutes choses s’enfuient bien loin. Il lutte, il lutte vaillamment contre cette nature. Il lutte pour ne pas céder à ce qui gangrène son cœur. Cela le rend instable, peut être moins efficace. Mais c’est tout ce dont Thivan peut juger, sans jamais aller plus loin. Car les actes des autres ne le concernent pas. Il n’est que spectateur… oui. Que spectateur.

Pourquoi s’être laissé entrainer dans les illusions de la Guerre ? Pourquoi insister ? Persister dans un passé qui ne lui appartient pas, s’obliger à être le témoin d’un monde en ruine. D’un monde que Thivan n’a que vu et revu, subit, contemplé. Un monde qu’il n’a que connu, qui résume si bien son existence. Le reflet de son cœur qui n’est que ruine, un champ de bataille accablé par les glaces et le givre, reflet de l’absence totale de sentiment.
Ils sont si différents et à la fois semblable. Cette flamme qui brule chez Zvezdan, inondant tout son être, insufflant dans son cœur aussi bien chaleur que ressentiments. Elle lui donne de la puissance, celle de la rage et de la haine, de la vengeance et de la rancœur. Et puis il y a le froid. Qui sur son passage ne fait aucune distinction. Elle gèle tout, elle ne procure rien. Pas de vie après son passage, le simple silence de l’oublie. Un passé semblable fait de sang et de larme, donnant naissance à deux cœurs si distinctement différents.

Et puis le spectacle cesse. La flamme s’apaise enfin après avoir tout détruit sur son passage. Elle a fait taire les hurlements, cesser cette mascarade tenant du passé. Tout s’échappe dans les volutes de fumée noires qui crépitent et dévore ce qu’il reste des corps massacrés. Thivan n’avait pas bougé d’un pouce depuis que ces illusions avaient commencé. Face à lui, tourné dans sa direction, Zvezdan le fixe d’une rage qui monte et gonfle. Il laisse place à cet enfant à nouveau, le pas lent mais agressif le pousse vers la Pestilence, dont aucun sentiment encore ne transpire ni de sa face ni de la posture de son corps. Les changements qui s’opèrent dans le décor, c’est à peine s’il en prend note. Jusqu’à ce qu’un cri, une voix se rappelle à lui.

Tu t’en souviens ?

Non, il ne se souvient pas. C’est le simple écho de sa mémoire qui remonte à son esprit, pervertissant le calme de son instinct pour éveiller bassement celui-ci. Ce village, il en avait traversé des centaines comme celui-ci. Il avait cessé de compter – ne l’avait-il jamais fait d’ailleurs – devant les milliers de morts qui avaient périt sous les coups de son épée, guidé par nul autre but que l’envie ? Le désir ? Le sang et la terreur. Voilà ce qui l’avait guidé il y a bien longtemps… Fléau. Démon. Malédiction.

Monstre.

Il ne se laisse pas emporter de la même manière que Zvezdan. Sans oublier la présence de ce dernier qui continue d’avancer vers lui, il observe ces corps qui à nouveau tombent, brindilles dans l’immensité de ce champ, le rouge qui l’illumine et le consacre. Un pas. Il poursuit son chemin. Deux pas. Ses yeux croisent le regard vide et mort d’un cadavre. Trois. Il sent l’enivrement prendre le dessus. Comme si les barrières peu à peu s’ouvraient. Kiev, c’est presque pareil. Moins violent, mais pas moins désirable. Quatre. Résister ? A peine. Sa main se pose sur l’épée pour en sortir une lame aiguisée, chargée de ce cosmos sombre et putride, froid et mortel. Cinq. Son bras se lève, un élan calculé, si souvent exécuté. Six. Un enfant. Deux enfants. Il suffit d’un instant pour le replonger dans l’ivresse du passé. Sa lame frappe les deux dagues de Zvezdan. Elles sonnent, s’entrechoquent, vibrent et se repousse. Une passe d’arme, deux, trois, ils se tournent autour, telles deux bêtes, vestiges du passé. Ce que leur cœur révèle vraiment. La flamme et la glace. La passion et le vide.

Il pourrait le tuer. Là. Immédiatement. Froidement et sans scrupules. Comme il l’a toujours fait, sans le moindre état d’âme il pourrait mettre fin à la vie de son collègue, mettre fin à tout ceci. Et quand après plusieurs coups échangés, la lame de Thivan frôle à plusieurs reprises la gorge de Zvezdan dans la clair intention de l’exécuter, il est certain que la retenue à céder. La folie destructrice. Le sang appelle le sang. Il n’est qu’un pantin. Un pantin fait pour la destruction.

Tu n’étais pas un monstre pourtant…

Vérité. Lointaine. Mais vérité. Depuis si longtemps perdue et souillée. Pourtant, cette simple voix, un murmure qui remonte du lointain souvenir, qui semble se fondre dans les illusions pour que chacun ici bas l’entende, elle fait s’arrêter le bras de Thivan. Il aurait pu le tuer. Il ne l’a pas fait. Cette voix. Qui est-elle ? Il le sait, il s’en souvient. Mais aucun nom, aucun visage. Juste une voix. Une voix… Et une douleur qui prend tout son bras. Vivace, violente. Qui semble lui déchirer la chair comme des milliards d’aiguilles plantées au même instant. La douleur est si intense sur l’instant qu’elle fait lâcher son arme à la Pestilence, l’oblige à poser genoux à terre pour remonter sa manche. Ce bras à la chair si disgracieuse, cette peau qui semble pourrir sous les traces de la maladie… Oh comme il lui fait mal. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas connu cette douleur là.

Tu n’es pas un monstre. Elle résonne. Partout.

« Arrête. » Murmure, grave et autoritaire. Pourtant si froid, si vide.

Reprends toi Encore et encore tel un écho.

« Arrête ! » Vivace voix qui s’emballe.

Et le temps semble comme se figer. Les hurlements terrorisés se taisent pour ne laisser place qu’au silence mortuaire, malsain. Les gestes se bloquent, les gouttes de sang s’arrêtent dans les airs, la douleur peinte sur ces visages stoppés à l’instant de leur mort… tout cesse. Tout prend fin.

A nouveau le néant. L’Abysse. Mais il est différent de celui de Zvezdan. Il est froid. Etriqué. On se sent mal, comme enfermé. Pas la moindre lumière, ni un bruit. Cela semble apaiser la Pestilence. Physiquement du moins, son bras ne le tiraille plus. Prostré, ses bras entourant son torse comme pour le protéger, il semble ne plus réagir. Il voudrait tant que cela cesse. Une main alors, éthérée et d’une blancheur presque sacrée se pose sur son épaule. Aussi vite qu’elle est apparue, son cœur s’emballe, sa respiration s’agite. Thivan se relève alors, perdu dans l’immensité de ce vide. Et la main s’efface, comme si elle n’avait jamais été là.

Seul le vide demeure. Les ténèbres. La boite noire…

C’est impossible. Il ne veut plus la revoir. Il ne veut plus. Non. Jamais. Plus jamais. Jamais. JAMAIS ! Telle une bête, le regard éveillé d’une lueur animale, les pupilles azurées de la Pestilence n’avaient jamais autant dégagées de sentiment qu’à cet instant. Et avant que Zvezdan, resté dans sa ligne de mire ne puisse réagir, c’est un cri rauque et violent qui traverse la gorge de Thivan, lui sautant au cou et le faisant tomber sur ce sol de ténèbres. Serrant ses mains, petites mains d’enfant, sur le cou gracile et semblable de la Guerre, sa voix reprend, un ton différent. Oh si différent oui.

« Arrête ça. Arrête ça… »

Ces yeux. Cette voix. N’est-ce pas là de la peur ?

La glace parfois fond face à la flamme.
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Message Re: Ne jamais s'endormir avant la fin du film [Pv Thivan][Milieu Juin 550]   Lun 16 Mai - 23:01
Encore. Encore et toujours. Cette triste routine qui anime mes journées comme mes songes, ce son que je ne connais désormais que trop bien. Le choc des armes, les étincelles qui fusent à chaque échange. Autour, les corps qui continuent de tomber, mais peu m'importe l'autour. Il n'y a que lui et moi. Je veux oublier l'autour, le faire cesser. Je veux sortir. Alors je fais danser mes lames. Tant pour oublier que pour terminer. Se perdre dans l'ivresse d'un combat pour que tout alentour ne devienne qu'un bruit de fond à peine audible, une fresque à peine visible à la périphérie d'un champ de vision tout concentré sur Thivan. Le tuer. Oh oui, c'en est venu à ce point-ci. Je veux pas. Je veux pas avoir à partager tes démons. J'en ai assez vu, assez enduré. Va t-en. Pars, autant pour ton bien que pour le mien. Mais c'est de ta faute Zvezdan. Il ne peut pas partir. C'est toi tout ça. C'est toi et ton erreur.

Une grimace endolorie, ma propre voix qui vient me narguer de ce ton goguenard, en un ultime reproche fait à soi-même. C'est vrai. C'est moi. Mais je m'en fous. Faut que ça s'arrête, maintenant.
Et pour que ça s'arrête, il faut éliminer la source. Et d'un coup, entre deux passes d'armes, ça fait tilt dans mon esprit. Ca... Ca me ressemble. Ce village. Ces morts, ces flammes, ces cris. Je connais tout ça. Et ça confirme à mes sens ce qui certes n'était pas dur à deviner mais... Mais mis en face des faits, c'est différent. Lui aussi est un enfant du Chaos. Lui aussi a eu son enfance volée par lames et effusions de sang. Un instant, y songer rend mes gestes plus maladroits. Là où son regard fixe, vide et concentré ne semble s'encombrer d'aucune pensées parasites, le mien abonde de ça, assommé sous les songes. Une entaille ouverte à mon épaule, ça me fait réagir. Sortie des songes, un grognement étouffé, le visage qui se plie de douleur. Et la danse reprend. Plus effrénée, plus impitoyable. Des coups pour tuer, d'un côté comme de l'autre. D'un côté comme de l'autre, l'expérience pour, si bien qu'à chaque fois, les lames ne passent qu'à quelques millimètres de leur cible. A la place, multitude d’entailles superflues. Le sang coule en quelques giclées, mes dents se serrent sous la douleur, le regard plus dur, plus décidé à chaque fois. Et ca monte doucement. La flamme s'intensifie, et les bouts de bois pour l'attiser s'empilent les uns sur les autres. D'abord le prolongement du cauchemar. Maintenant, la douleur, qui si je la supporte me galvanise de plus en plus. Peu à peu, le contraste entre moi et Thivan se creuse. Lui froid, impassible, vide. Moi brûlant, enragé, fougueux. Une énergie sans borne et sans retenue, un comportement plus sauvage, guidé par un instinct de survie. De meurtre. Tuer pour ne pas être tué, comme je l'ai longtemps fait. Longtemps, oui... Longtemps j'ai cru qu'on ne pouvait vivre que comme ça.

Et je reviens à cette conviction. J'oublie. Juste le temps de ce cauchemar, j'oublie le Cardinal, le Berserker, la Guerre Divine. Je l'oublie, de mon côté comme de celui de Thivan. Je laisse tout ça de côté, pour ne voir que les deux enfants perdus, pour ne vivre et connaître que l'instant présent. Pour voir l'obstacle à un repos bien mérité. Une dernière fois, faire couler le sang pour que tout s'arrête. S'abandonner sans concession à cette nature profonde, pour mieux la museler une fois le massacre terminé. Laisser parler le Monstre.

Tu n’étais pas un monstre pourtant…

Une paire de dagues pointées sous sa gorge, une épée prête à s'enfoncer dans mon cœur. Pour l'un comme pour l'autre, le geste se fige. Ces mots... Ca me désarçonne dans mon intention. Et ca me renvoie encore plus loin. Avant d'être un enfant du Chaos. L'enfant Roi. L'enfant gâté, aimé, choyé. Peut-être est-ce là ce qui nous sépare. Je ne sais pas pour lui, mais moi... J'ai connu autre chose. La Guerre m'a marquée de son sceau, mais j'ai longtemps connu le faste, le luxe, l'amour d'une famille aimante. Tout ça. C'est mon don comme ma malédiction. Des morts à pleurer, mais des morts à venger. Rappel des jours heureux, un rappel triste et mélancolique, mais bien là, présent. Avoir eu droit à ces jours heureux, c'est déjà beaucoup. Et ce rappel se fait de nouveau à mon cœur, le calme, l'apaise un peu. En face, l'effet semble inverse. Douleur. Une douleur palpable, évidente. Ça se lit partout sur lui, ça se devine d'une intensité rare. Ce bras. Gangrené par la maladie, pourri. Maudit, peut-être. Ce bras qui cède, lâche la lame. Un genoux au sol, un mal qui siffle. Et la voix s'élève de nouveau. C'est une voix de son passé à lui. Ca résonne, vient d'ici et de là, mais tout converge vers lui. Et ça ne lui plaît pas. Comme si... Comme s'il avait peur de ce que ça dit. Tu n'es pas un monstre. Ca t'effraie, ça, Thivan ? Cette main tendue vers un semblant d'humanité, ça te repousse ? Et pourtant... Face à ces mots, le bruit de deux corps de métal qui s'écrasent au sol. Mes mains libres des deux instruments à tuer, toujours noircies de sang, ceci dit. Et j'approche, vais pour le toucher du bout de doigts. Mais avant ça, la stase. Le temps qui cesse tout autour, figé, mort. Un silence plus perturbant encore que ce bruit de fond que je m'efforce d'ignorer depuis qu'il est apparu. L'hémoglobine stoppée dans son infini écoulement. Les éternels cris de terreur qui se taisent face à cet instant hors du temps. Et de nouveau, ça disparaît. Plus de mal, plus de Guerre, plus de rouge. Le Néant.

Le Néant, oui, mais un tout nouveau. Le noir n'est plus horizon. Il est prison, murs, confinement. Il est froid. Désagréable. On s'y sent petit, obligé de s'accroupir pour y tenir. C'est sinistre, oui. Mais c'est calme. Silencieux. Plus de rouge, plus de corps, plus de cris. Juste du noir. Et en un sens, c'est... Sécurisant. Alors je me laisse tomber, en tailleur, le noir de mes bras qui se confond avec l'Abysse. Ça me fait peur, ça oppresse, mais beaucoup moins que le dehors. Et il est en face, recroquevillé sur lui-même, quelques mètres plus loin. Je pourrais le rejoindre, mais j'ai ce sentiment... Non, tu ne peux pas. C'est trop petit, trop étroit. Reste ici, ne bouge pas.Le temps, les dimensions, l'espace. Tout ça ne veut plus dire grand chose. J'ai juste cet écho. C'est une boite. Tu ne peux pas en sortir. Alors je reste immobile, à le fixer. Ca me rassure, de ne pas être seul dans ce vide. C'est dur d'être seul, si dur...

Je laisse mon esprit vagabonder, perdu dans ce calme lugubre. Le regard un peu vitreux, je vois juste un point blanc apparaître un instant, un blanc fort, immaculé, extrême opposé de ce puits de noirceur. Ca se pose sur son épaule, une main. Et il gigote, réagit, se lève. Je mime le geste, et curieusement, plus cette impression d'être confiné. C'est son Néant à lui, ici. J'approche doucement, poussé par la curiosité, par lui. Un cri, un cri plein de ce dont il semble pourtant si vide. Une émotion, une paire d'yeux qui se lèvent vers moi, bleus d'un bleu nouveau, saisissant. Il se jette sur moi, et mon habituelle agilité me fait défaut. C'est le corps d'un enfant hagard qui réagit, quelques pas maladroits vers l'arrière. On tombe, et je cogne contre ce vide. Ses mains sur mon cou, et ça serre, ça serre d'une force d'enfant, pas beaucoup plus vaillante que la mienne. Seule grosse différence, ce bras pourri. Cette main habitée du mal de la Pestilence. Et pourtant, c'est le cadet de mes soucis. Il y a bien plus inhabituel qui se profile.

Viennent ce regard, ces mots. Ces mots clamés d'une voix pleine de peur, ce regard qui crie « stop ».

Depuis quand ? Depuis quand est-ce qu'il ressent ça ? Si fortement ? Mes yeux se font reflet d'une grande surprise, exempts de la flamme de plus tôt. Plus de colère, plus de haine. Que de la peur. De la peur, de la peine, des larmes.

Je peux pas... C'est à toi, tout ça, c'est toi... Je peux pas l-...

Et ça s'interrompt. Oui, c'est à lui. Et tu n'as rien à faire ici. Encore une fois, ça résonne. J'entends ma voix, différente. Et pour la précéder, cette peur panique. Les ténèbres sont mur, et ces murs commencent à bouger, officier comme un serpent qui va lentement m'étouffer. Le silence se fait lourd, accusateur. C'est fini. Plus de pause, plus de cette espèce de sécurité offerte par le rien. Le rien se fait dangereux, furieux. Il m'oppresse. Je passe le regard un peu partout, comme pour chercher une menace qui jamais ne vient, mais qui en même temps est partout. Les larmes continuent de couler, quelque chose d'autre dans les yeux vient. Le blanc de l’œil se pare de stries rouges, les pupilles se dilatent. Les tremblements qui commencent à poindre, une respiration nerveuse, souffle court, une douleur dans la poitrine.

Lâche-moi...

Ca part d'une voix vacillante, faible, geignarde. Je me débat sans trop de conviction, mais la peur frappe encore à la porte. Panique, mes bras tentent de retirer les siens de mon cou, en une espèce de ruade entre gosses. Et le silence s'arrête. Le froid laisse place à une chaleur subite, les ténèbres sont témoins de voix qui s'élèvent, de cris lointains, de nouveaux bruits de bataille. Des épées qui s'entrechoquent, encore, toujours. Ca recommence.

Lâche-moi putain, j'veux partir !

Plus fort cette fois-ci, je veux vraiment m'en aller. Arrête, il me dit. J'essaie, débile, j'essaie. Tu crois que c'est facile ? Et une dernière fois, j'essaie. Mentalement. Me concentre, rassemble mon Cosmos, hurle de douleur, un mal de crâne sans égal qui me prend à chaque tentative. Ca veut pas. Ca veut me garder ici, coûte que coûte. Mon cœur bat trop fort, les palpitations ajoutent à la douleur dans le torse. Non putain, non... J'resterais pas ici. Pas une seconde de plus. Je fuirais. De mes petites jambes, comme si on pouvait s'enfuir de ce Néant en courant assez longtemps. De ce Néant et de ce qui se profile au dehors. On ne peut pas. Mais j'ai que ça comme espoir. Alors j'essaie aussi. Sauf qu'il y a un obstacle à ça.

LÂCHE-MOIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !

Un rugissement qui perce tout, qui n'a pour égal que le cri rauque de Thivan de plus tôt. Je porte ma main à son visage pour essayer de me défaire, la referme dessus, et l'espace d'un instant, ma force me revient. Ma paume collée sur son front, et un bris qui suspend tout. Un simple bruit de verre qui plie, et en même temps... Un autre bruit qui s'y superpose, celui d'une porte grinçante... Et sans que je puisse expliquer pourquoi, ce bruit m'effraie, me donne des frissons apeurés. Et dans la ténébreuse trame, un fil de lumière, une craquelure blanche de laquelle s'échappe un horizon encore flou. Une sortie. Mes pupilles s'animent d'un espoir fou, bon à accélérer encore le processus. Un second bris, un autre, et un autre, toujours précédés de ce bruit de porte qui s'ouvre en un grincement sinistre. et à force, l'alentour baigne de ces traits lumineux, une espèce de vitre qui n'attend qu'un petit coup de pouce pour briser. A l'opposé, les contours d'une porte qui se dessinent en un interstice lumineux, en-dessous. La lumière qui s'en échappe... Non, pas par là. Surtout pas. Je reporte vite mon attention vers les divers bris, tâche d'oublier cette porte qui me fait peur, sans que je comprenne trop pourquoi. Un coup de pouce pour briser tout ça... Mieux qu'un coup de pouce, un coup de boule. Je passe mes bras à l'intérieur des siens pour les écarter de mon cou d'un geste brusque puis remonte mes mains derrière son crâne, assure ma prise dessus. Chose faite, je tire un grand coup, tout mon poids investi dans l'effort, front en avant.

Le choc. Puissant, étourdissant, tonitruant. Pour y faire écho, un ultime bris, plus fort encore, assourdissant. On tombe l'un en face de l'autre, moi, au sol, bras et jambes étendues, les yeux fermés. Appréhension. L'angoisse de les rouvrir sur un nouveau ciel plein de flammes. Que je le veuille ou non, l'information finit par vite m'arriver au visage. En une première goutte suivie de plusieurs autres. Une pluie lourde, un sol boueux, et je me rends compte que j'ai du mal à bouger, un poil enfoncé dans la mélasse. Je le sens pas très loin, sûrement dans le même état que moi. Mais j'ai pas envie de bouger. Pas maintenant.

Puis puisque j'attends, le monde bouge à ma place, l'esprit monte un nouvel acte à cette pièce cauchemardesque. Une présence, familière. Pas vraiment dans le bon sens, ceci dit. De nouveau, deux sons métalliques, une dague qui s'écrase au sol prés de moi, une plus loin, là où je devine Thivan sans avoir à lever la tête. Une voix qui s'élève, grasse, rauque.

« Tu sais te servir de ça ? »
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Message Re: Ne jamais s'endormir avant la fin du film [Pv Thivan][Milieu Juin 550]   Lun 26 Sep - 3:25
La peur. La peur se fait panique. Lancinant sentiment inconnu qui parcours le cœur emballé de Thivan, il n’a guère conscience de cet état de fait : seule la crainte demeure. Un écho du passé, il sait avoir déjà réagit de la sorte, il y a bien longtemps. Humain. Mais en cet instant, ce n’est plus seulement un souvenir brisé, une brindille d’existence facile à oublier et briser. C’est bien là, puissant, qui le prend aux trippes et le fait réagir par un instinct bien nouveau, agressif, apeuré, démesuré : il ne veut plus voir ça. Il ne veut plus de ces ténèbres sans espoir, il ne veut plus de ce passé longtemps laissé derrière. Il en veut plus de cette voix qui le torture.

« ARRÊTE ! »

…as…onstre. Pa… u… mo…stre…

« ARRÊTE ! ARRÊTE ! TAIS-TOI ! »

Et elle hurle sa voix, masquant ce chant inconnu, cette mélodie inlassablement répétée. Il ne veut plus l’entendre. Il ne veut plus y faire face. C’est trop douloureux. Il veut retrouver le froid, la glace éternelle, le silence perpétuel, l’oublie salvateur. Il ne veut pas revoir le monde qu’il a quitté, il le sait, il en a conscience, de cette conviction qui lui gangrène le cœur. Il ne souhaite plus voir l’étendue infinie de noirceur qui demeure toujours dans ce souvenir vivace qu’il était persuadé d’avoir oublié. Il a peur Thivan. Il a peur. De quoi ? Nul ne saurait le dire, lui même n’en trop rien. Mais il a peur. Peur de ressentir, de faire face au passé… de vivre et se rappeler. Se rappeler cette fois là, quand l’humanité s’est échappée.

Tu n’es…

« SILEEEEEEENCE ! »

Cri. Hurle. Etouffe sous tes doigts fins le cou qui s’offre à toi. Peu importe les conséquences, il doit mourir. Il doit faire cesser ces visions, ces choses qui n’ont rien à faire là. Il doit faire s’arrêter la douleur. Il ne doit pas se souvenir. Pas la boite. Alors tue-le. Tue-le. TUE-LE. C’est tout ce que tu sais faire. Toi monstre. Monstre. « Monstre… »
Telle une litanie, ce mot se répète dans la bouche de la Pestilence, comme perdu, hypnotisé, enfermé dans une transe que son esprit seul est capable de comprendre. Les suppliques du Cardinal de la Guerre ne trouvent ni réponse ni changement, pas une réaction pour éclaircir le visage de Thivan, trahit dans une expression de peur et crainte, le regard azuré peint de la plus pure des agonies. Peu importe les réactions de son homologue qui lutte vainement entre ses mains. Il continue fermement de serrer sa poigne, ne voit même pas la vie doucement s’échapper quand les yeux de Zvezdan se révulsent. Il sait juste que la lumière doucement filtre dans les ténèbres. Que la boite n’est plus boite seulement.

Et ce bruit. Ce bruit qui revient aussi du passé.

« Pas ça… pas ça… pas ça… »

Pas elle. Pas elle… Qui est-elle d’ailleurs ? Une chaleur d’autrefois, qui ouvrait cette porte. La lumière. Douce lumière. Symbole du passé. Elle grinçait, elle ouvrait sur le monde qui lui était interdit. Pourquoi avoir fait ça… ? Elle se desserre un peu, cette étreinte sur le cou de Zvezdan. Juste assez pour lui donner le souffle suffisant de répliquer. Et Thivan détourne le regard l’espace d’une seconde, à regarder ces lueurs qui l’effraie. Pas les ténèbres, pas cette lumière. Pas cette lumière.

Viens vers moi. Autrefois tu étais humain.

Elle murmure du lointain, dans cette ouverture qui grince, ce bruit détestable. Et d’un chuchotement semblable, éraillé, né d’une voix qui a trop hurlée, il répond faiblement : « Je… sais… ». Mais il n’a pas le temps de réagir, rien. Juste une douleur intense qui tout à coup le frappe sans somation. Puissante. Son crâne lui fait terriblement mal, et alors tout semble exploser. Zvezdan l’a cogné, rugissant de rage pour faire aussi tout cesser.

Et tout à coup, plus de ténèbres, c’est à la renverse que Thivan se sent tomber, les tempes douloureuses, les oreilles sifflantes. La noirceur éclate, la lumière vient percer les pupilles du cardinal, et se laissant sombrer, il préfère fermer les yeux. Etait-ce enfin terminé ? Il le croyait. Plus de voix, plus de peur, son cœur doucement reprenait un rythme régulier pour revenir à cette glace éternelle venue depuis toujours l’emprisonner. Curieusement, il se sent bien. Il se sent bien, sans que rien ne vienne le perturber. C’est étrange comme sensation. Il y songe une seconde, tandis que son souffle se calme… Et la pluie. Lourde pluie qui bat les vents et frappe le sol. C’est boueux, épais, la Pestilence se sent peu à peu recouvert de cette froide prison naturelle, comme s’enfonçant dans la terre même.

« Tu sais te servir de ça ? »

Et c’est comme s’il venait d’être frappé violemment que la Pestilence rouvre les yeux. Elle est loin, cette expression de peur qui à teintée son visage au cœur des ténèbres, mais elle est toujours là, infime mais perceptible au fond de ses prunelles, alors qu’il regarde cette silhouette – Ô grande silhouette – qui se penche sur lui. Sur lui et sur Zvezdan. Il est là, juste à côté. Et Thivan à juste à pencher légèrement la tête pour voir cette dague tombée au sol, à ses côtés, sœur jumelle de celle qui réside au côté du Cardinal de la Guerre. Mais il a déjà vu ça. Il en est certain. Encore un fois, c’est une réminiscence ancienne et prenante. Moins que les ténèbres qui l’avaient attaqué, mais à nouveau, il sent que son cœur, incontrôlable, tambourine plus vite qu’à l’ordinaire.

Garçon, si jeune garçon… « Te souviens-tu de la première fois où tu as tué quelqu’un ? »

Comme soufflé par une voix intérieure, la phrase s’échappe des lèvres de la Pestilence. Elle pourrait être prononcée par un tiers s’adressant aux deux. Et en vérité, c’est bien le cas. Cette première fois qui change tout. Qui change tant de chose. Et pourtant, il ne s’en souvient presque pas, Thivan, car déjà, la vie, l’humain qui l’habité avait commencé à déserter le carcan de sa chair. Cette première fois où sa dague avait tranché la gorge gracile d’une enfant sur son passage.

« Bats-toi ! »

Ah. Le premier coup de pied. Ça y est, il se souvient. Un peu. C’est à peine s’il réagit à la violence du coup qui frappe ses côtes d’enfant fragile. Ce n’est… Qu’une terrible illusion, pas vrai ? Pourtant, il se redresse, non sans difficulté, recrachant dans la boue et la pluie une bave ensanglantée de la pourriture de son propre sang. Sa main, instinctive, trouve rapidement le chemin de la lame échouée. Et l’on pourrait presque croire que c’est sur Zvezdan à nouveau qu’il allait foncer. Mais non. Un geste, une seconde. Une fraction même. Et la gorge de cette silhouette au visage indéfini s’ouvre dans un flot de sang.

Comme le cou gracile de cette enfant.

Il en est aspergé, de sang. Comme recouvert, presque entièrement. Ce démon qu’il a toujours été. Rougie du sang de ses victimes, le bras armé aussi pourri que son âme, le regard vide de toute humanité. Cette fois, il se retourne vers la guerre, lame pointée en sa direction. Peu à peu, sa taille retrouve son origine. Ô démon. C’est comme ça que tu as grandi, te nourrissant de toutes ces vies fauchées par la pourriture de ton cœur. Il fait peur, Thivan, car nulle pitié, nulle vie ne paraît dans son regard.

« Cette fois, je ne me laisserais pas avoir Zvezdan. Comme les autres... tous les autres… tu vas mourir. »

Il ne se laisserait pas avoir, mais Zvezdan avait comme déjà gagné en laissant la folie du sang éprendre le cœur de la Pestilence. Et un pas, il avance à nouveau vers la Guerre. Et comme la marée qui se retire, la boue laisse place à des champs de corps. Femmes et hommes, garçons et filles, âgés ou encore nourris au sein de leur mère.

Tous morts, par la main d’un démon.
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Message Re: Ne jamais s'endormir avant la fin du film [Pv Thivan][Milieu Juin 550]   Mar 27 Sep - 19:33
Deux peurs, différentes et similaires dans le même temps. Deux gosses, qui plus tard seront deux émissaires du Chaos. Eux aussi, partagent différences et similitudes en un paradoxe troublant. Les deux semblent vouloir oublier. L'un y arrivait très bien jusqu'ici, l'autre se torture à ressasser depuis maintenant très, trop longtemps.

Deux peurs qui paralysent toute raison pour ne laisser qu'instinct et cœur parler à travers ces corps chétifs. D'un côté comme de l'autre, cris et plaintes. Sortir, vite, sortir et oublier, quel qu'en soit le prix. S'il le faut, celui du sang, fusse-t-il celui d'un supposé « camarade ». Une bien maigre considération face à ce sentiment qui monte. Une terreur qui prend aux tripes, qui éveille ce qui dort ici aussi des deux côtés. Chez la Guerre, ça somnole en un sommeil léger, sensible. Une lutte de tous les jours pour ne pas que ça sorte, un duel entre plusieurs acteurs sur cette scène macabre. Raison, éthique et principes combattent face à instinct, pulsions et envies, en un duel qui dure, qui peine, qui se fait plus difficile à chaque coups du monde extérieur. De ces influences du dehors, comme aujourd'hui. D'un dehors pourtant bien interne, lorsque l'on y pense.

Chez la Pestilence... Ca dort d'une profonde torpeur lointaine. Lui a... « réussi », en quelque sorte. Lui n'a plus, ou n'a jamais eu à se torturer de telles luttes internes. Calme, impassible, marqué du sceau de l'oubli. L'oubli de soi ? Peut-être.

Peut-être serait-ce une solution pour le Vandale, aussi....

Mais pas maintenant. Là c'est trop tard, et cette voix qui tonne tout autour, qui ajoute à cette folle peur chez Thivan... Un simple rappel peut parfois s'avérer la plus destructrice des armes. Une fois encore, c'est une chose que les deux savent. Alors ils hurlent face au passé, face à ce que ce pouvoir hors de contrôle leur inflige, réduits à l'état de marionnettes entre les mains d'un concept sadique. Ils souffrent de ce puzzle fait de deux cauchemars, assemblés en une seule réalité duale, plus effrayante encore. Un cri à l'unisson, par-dessus tout, plus haut que voix et bruits de bataille.

Pourtant, l'un contrairement à l'autre, voit ce que son semblable vit. Voit et ressent ce qu'il lui arrive. Y est empathe, car il sait. Il sait et déteste savoir. Un profond dégoût qui monte au moins aussi haut que la panique pourtant déjà hissé à des hauteurs vertigineuses. Ca prend possession du cœur du Vandale, plus à chaque fois que Thivan répète ce mot.

Monstre.

Le poing se serre un peu plus à chaque répétition.
Ta gueule.
Il continue. Ca fait mal, ce simple mot. Il ne veut pas entendre ça. Il le craint bien plus que l'étreinte de ces dix doigts autour de son cou. Ils pourraient pourtant bien le tuer, ces dix doigts, à force de presser. Mais ce n'est pas ce qui anime ce poing rageur, à l'instant. C'est cette répétition machinale qui l'enrage, ce mot asséné comme une vérité que Thivan aurait accepté. Comme une nature que le monde lui... Non, leur a imposé, et qu'ils devraient assumer, parce que quelques desseins ont été tissés ainsi, parce que les Moires en ont décidées de la sorte. L'un a accepté, l'autre se démène avec ces fils de Destin, en une lutte de tous les jours.

Et pourtant ? La réaction de Zvezdan si la poigne de son homologue ne s'était pas déserrée... Eh bien, elle n'aurait fait que confirmer cette version des faits. Il aurait finit par écraser ce poing, autant de fois qu'il le faut pour que Pestilence cesse d'empoisonner son cœur de ce mot qui tue.

Alors plutôt que ça, seul l'instinct de survie parlera, sans que Rage ne s'y invite. Pas pour l'instant. Le coup de boule asséné, en même temps que les mots sortent de la bouche du second Cardinal. Réponse à cette voix qui continue de se faire main tendue vers une version des faits jusqu'ici repoussée avec fureur. Avant d'ouvrir les yeux, avant que la pluie ne commence à tomber, Zvezdan aura sourit d'avoir entendu ces mots. Un sourire que seule cette voix et ce bruit de dague lâchée au sol viendront alors couper, et ce de la plus abrupte des façons.

J'aurais aimé que ça s'arrête.

Pourquoi ça ne s'arrête pas ? J'ai déjà perdu le contrôle, mais... Jamais comme ça. Là, immobile, à se reprendre, C'aurait été trop beau, hein? Non. Les gens comme nous n'ont pas droit au repos, et lorsqu'il y ont droit, ce n'est qu'une douce illusion, qu'un calme factice précédant une trop réelle tempête.

Le dégoût. Ce sentiment apparu plus tôt, il gagne encore en force quand je plante mon regard dans celui de cet homme. De cette grande silhouette patibulaire. Je m'en rappelle, oui. La première fois qu'une lame m'a été tendue. « Pour survivre, pour se venger », qu'on m'a dit. Et moi, jeune, ventre hurlant et âme avide de représailles, j'ai accepté.

Abruti.

Oui, je sais m'en servir. A cause de vous. D'eux. De cette putain de guerre. Une guerre qui vous prend Foyer et Famille pour ne vous échanger ça qu'en faveur de Fiel et Folie.
Et sang sur les mains. Et goût pour ce sang. Et ensuite, la lutte. La lutte pour ne pas s'effacer face à cette pulsion sanguine. Pour ne pas devenir ça et seulement ça.

Donc oui, je sais m'en servir. Ca pour mieux le faire payer à ceux qui m'ont forcés à ce savoir. Tseh. A qui je vais faire avaler mes beaux discours, après tout ? Un long et bien risible mensonge... Jouer le rôle du consciencieux, être celui qui longtemps a rechigné à tuer. Mais la première fois, oui...

***

Je m'en rappelle. A mesure que la scène me revient, ça se joue dans mon dos, à l'horizon, comme si le ciel devenait la trame géante de ce que mon esprit se remémore. Le bateau, les jours, peut-être semaines en mer, sans rien pour manger. Ces putes byzantines... Quand ils ont compris qu'ils s'en sortiraient pas, leur dernier réflexe aura été de balancer toutes les provisions à l'eau. Alors les nuits et les journées, en plein été, avec seules deux choses pour occuper l'esprit : Cette faim qui plie l'estomac en deux, cette haine qui tord le cœur à en pleurer du sang. Une faim qui se creuse dans ce corps émacié, une haine qui se cultive dans ce cœur vidé des autres sentiments d'avant. Plus de mère à choyer, plus de père à admirer, plus rien. Rien si ce n'est la Rage de les avoir perdus.

Alors quand on a accosté non loin de ce village côtier, sur les Terres mêmes de cet empire Byzantin, celui par qui tout a commencé... Non. Ce n'est pas un enfant qui a posé pied sur ce sol sale et maudit. C'est une boule de colère affamée, accompagnée de légions d'hommes au moins tout autant remontés. On a déferlé sur ce village. On a tué, pillé, violé. Ils, plutôt. Je n'avais pu que blesser, jusqu’ici. Jusqu'à lui... Oui, lui, je m'en rappelle plus que tout le reste. Ce gros tas de merde braillard. Il était là, au milieu de son village, espèce de chef ou je ne sais quoi. Et il hurlait ça. « Barbares, barbares, vous brûlerez en enfer ». Il nous crachait sa haine au visage, là, alors qu'une partie des nôtres s'étaient infiltrés chez lui. Entouré, démuni, et... Et ses mots. A chacun d'entre eux, deux yeux qui se rougissent d'une rage à chaque fois plus intense. Deux yeux bien plus bas que là où il regarde, au niveau des genoux de ceux qu'il invective. Il regarde mes frères, tout autour, et continue. Une petite silhouette qui se détache de l'attroupement. Lame en main. Du sang, beaucoup. Sur le visage comme sur les vêtements. Un enfant. Moi.

Il va pour parler. Le début d'une énième insulte. Ma lame qui lui passe dans la gorge pour ressortir de l'autre côté. Il tombe, les yeux exorbités, la gorge pleine de gargouillis confus. Il essaie de parler, mais seul le flot carmin se fait entendre. Je me poste au-dessus de lui, et je plante. Encore, encore, ENCORE. Mon poing s'en serre de se remémorer ça. Il m'avait rendu fou, à l'époque. Entendre ces mots de la bouche d'un du peuple qui nous a tout pris... J'ai aimé le tuer. Oh oui. S'il y a une chose dont je me souviens de cette mémoire floue, c'est de ce sentiment de satisfaction à voir sa sale gueule figée en une surprise morbide, pas encore conscient de s'être fait trancher la gorge par un marmot. « Un barbare », comme il disait. J'ai craqué, après ça. Et j'ai continué, dehors, dans ces ruines fumantes. Plus de sang, plus de corps, toujours plus. Quand c'était fini, j'ai mangé, j'ai bu, entouré de mes frères, ivre de sang comme d'alcool. Tous deux byzantins. Comme changé, comme plongé dans une transe sanguine. Je me rappelle à peine de ce qui a précédé le meurtre de ce chef. Sang et alcool, oui. Flashs, ma lame passée au travers de trop nombreux corps.

Un souvenir qui lui par contre m'apparaît trop clairement... Celui de cette étreinte froide au réveil. Un âge qui ne comporte pas même deux chiffres, et déjà, en une seule nuit, plus de sang sur les mains que sur celles de quelques hommes qui pourtant eux aussi vivent de l'épée. Plus de faim au ventre pour excuse, et si la Rage est présente, elle ne m'aide plus. Je la brandissait comme un grand voile face aux horreurs perpétrées, que mon âme d'enfant y soit aveugle. Mais le voile s'est déchiré. J'ai vu. Et je me suis dégoûté. J'ai pensé à la famille de ce chef de village. J'ai pensé à si les rôles étaient inversés. Heh. Je me suis rendu compte qu'ils l'ont déjà étés. Alors ça a germé dans ma petite caboche trop innocente et naïve : Ca y est, Zvezdan. Te voilà dans l’engrenage. Tu es devenu ce que tu haïs. Une pensée qui m'a révulsée. Malgré ça...

Malgré ça, ça continue. Le ciel cesse de jouer la scène, pour se fragmenter en une myriades d'autres. D'autres morts, d'autres exécutions sommaires. Agencées comme des images collées les une aux autres, du sang coule de l'interstice entre ces scènes, pour se répandre au sol. Le sang, oui... Ca ne m'a jamais vraiment quitté, l'ivresse de ces premiers meurtres. J'ai eu beau regretter... Il y avait toujours cette voix, doucereuse, ce murmure lancinant qui précédait chacune de mes lamentations et reproches coupable à soi-même.

Ne te voile pas la face, Zvezdan. T'y as pris goût.
***

Le ciel reprend sa teinte sombre, en même que mon regard. Cette première fois. Contraste étonnant avec la seconde. Panique, tremblements, remords, doutes. J'avais peur. Peur de ce que je pouvais faire avec ce bout de métal tranchant entre les mains. Le souvenir n'éveille que plus d'amertume. De colère. De ce sentiment d'injustice... Prenant au point de ne pas en voir le coup à l'estomac, puissant. Thivan aussi, plus loin.

Et finalement, le miroir déformant, de nouveau. Deux glaviots de sang crachés au sol, deux mains qui viennent saisir une lame chacune. Deux marches qui font s'approcher l'un vers l'autre les deux enfants du Chaos. Et du même geste, à la même exacte seconde, deux corps qui se tournent vers la silhouette, deux dagues qui viennent trouver la chair fragile de son cou découvert. Deux visages recouverts de ce sang trop souvent retrouvé à la surface de leurs peaux. Pour moi comme pour lui, le retour à la taille d'origine.

Et voilà qu'aux trop nombreuses similitudes viennent s'ajouter l'ô combien majeure différence. Deux regards qui eux sont comme le jour et la nuit. Le Vide azur d'une Pestilence inhumaine, la Fureur rouge d'une Guerre rageuse. Oh oui, comme je te déteste, silhouette difforme. Main tendue vers le Chaos, réminiscence de ce jour, celui où les premiers doigts se sont posés sur la garde d'une arme. Jour maudit.

Corps maudits. Ceux à nos pieds. Les siens, les miens. Des anonymes tués pour leur seul tort d'avoir croisé notre route, d'autres plus importants dans nos vies respectives, noyés au milieu de la marre. Il avance, après ces mots de défi. Pour y répondre, un long silence, une stature immobile qui le laisse approcher. Le regard encore rageur du geste de plus tôt, le corps qui tremble de tous ces souvenirs et coups d'émotion. Juste quelques secondes, le luxe de fermer les yeux, malgré cette ombre menaçante qui s'avance. Lorsque je les rouvre, c'est pour les dévoiler vides de cette Rage, limpides.

- Tu ne trouves pas ça triste d'être devenu pour le monde ce qu'ils ont été pour toi ?

« Ils ». Il y a toujours un « ils ». Voire un « il ». Le peu que j'ai vu de ce... de « ça », là, maintenant, lui aussi a son « ils ». Lui aussi été autre chose qu'un Monstre, avant. Avant que ses Byzantins à lui viennent dans sa Carthage à lui, pour ruiner son univers, différent du mien. J'ai peut-être tout faux. Ces quelques mots lancés ne sont peut-être que vanité. Qui sait. Alors la voix claire de plus tôt reprend, un sourire morne sur les traits.

- Ca t'arrive jamais de te demander comment les choses auraient évoluées, si t'avais jamais eu à apprendre à te servir de cette lame ?

Je ne serais pas étonné qu'il ne se soit jamais posé la question. Tseh, c'est là le plus triste. Ca va jusqu'à me foutre en rogne. J'ai pas tout vu, mais le peu que cet épisode cauchemardesque m'a permit de voir, de ressentir... Tu m'étonnes qu'il ai tourné comme ça. Ce Néant froid et étriqué de plus tôt... Un frisson qui passe dans l'échine à y repenser. Puis un silence, alors qu'il approche. Je repense aux mots de plus tôt, de cette troisième présence, ce protagoniste fantôme. Ma lame à moi s'échappe d'entre mes mains pour aller se planter dans ce sol plein de corps. Ces questions... Elles sont pour Thivan ou pour moi ? Heh. Je me le demande bien.

- Vas-y. Attaque donc s'il n'y a que ça pour t'apaiser. Je suis bien placé pour comprendre.

Trop bien placé. Pas un changement dans la posture, je reste là, droit, les bras le long du corps, un regard fatigué sur le visage. Puis une phrase. Une dernière phrase, pour susciter la réaction, extrême par sa violence ou même inexistante. Je la lui dit, prêt à répliquer selon ce que ça éveille en lui.

- Tu n'es pas moins humain qu'un autre, Thivan.
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Ne jamais s'endormir avant la fin du film [Pv Thivan][Milieu Juin 550]
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