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 Esther, berserker de la Tarentule

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EstheravatarArmure :
Cuirasse de la Tarentule

Statistiques
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Message Esther, berserker de la Tarentule   Sam 19 Mar - 23:33
Esther
Qui est-elle ?


    Nom : Esther
    Date de naissance : 515.
    Âge : 35 ans, mais 7 physiquement.
    Sexe : Féminin.
    Armure demandée : Armure de la Tarentule chez les Berserkers.


Comment est-elle ?

    Esther est une petite fille dont l'apparence laisse entendre qu'elle vient juste d'atteindre l'âge de raison. Ses cheveux noirs sont longs, raides et mal peignés ; ce qui n'est pas sans rappeler ses origines paysannes. Ses prunelles sont d'un vert émeraude et ressortent très bien sur sa petite trombine pâle. En effet, les corvées physiques ne sont plus de son quotidien depuis des décennies. Aussi la peau de ses mains a-t-elle retrouvé sa douceur originelle ; au contraire de la plante de ses pieds, semée de balafres. La silhouette fluette, elle ne dépasse pas le mètre quarante. Une robe de fortune, il lui arrive d'en changer au gré de ce que peuvent lui offrir ses parents successifs. Ne reste de parure que ce collier d'argent, siège de sa Mère. En outre, une enfant ce qu'il y a de plus innocent et attendrissant. Sa petite voix doucereuse saura convaincre son entourage.

    Et si elle n'y suffit pas, le soin porté à entretenir cette candeur artificielle se chargera de finir le travail. En effet, entrez dans son quotidien, et vous verrez une gamine normale dans une famille ce qu'il y a de plus commun. Elle joue, fait des caprices, s'ennuie et cherche l'affection de ses parents. Il faut bien attendre quelques semaines d'observation pour se rendre compte de la machination, que toutes ces scènes sont jouées ni plus ni moins que par une unique personne. Celle-là même qui attire le moins les suspicions. Attendez plus longtemps, et peut-être aurez vous la chance ou le malheur d'assister à la raison d'être de ce rituel absurde. Un sacrifice, voilà ce que vous y verrez. L'époux ou l'épouse cuisinera son conjoint, et sa chair sera servie à la maîtresse de cette mascarade. Le survivant mourra certainement le temps du voyage vers une autre famille, d'où les mêmes scènes se répéteront ; encore qu'Esther ait à cœur de reproduire le plus fidèlement du monde l'âme entraperçue chez ses victimes. À ses yeux, ces imitations ont plus de valeur qu'il n'y paraît, et dénotent même d'une certaine authenticité.

    Cela n'enlève rien au caractère macabre et cruel de sa psyché. Une marionnettiste qui se plaît à se fondre dans la personnalité de l'autre ; le lire pour mieux le reproduire. Aussi est-il banal de relever ses talents de comédienne. On peut d'ailleurs s'interroger sur sa personnalité intrinsèque, plus évasive et instable que ne le laisse apprécier son expression glaciale au moment de rompre avec ce qu'elle a consenti d'aimer pour un temps défini. Ou plutôt, jusqu'à ce qu'elle se soit lassée de les jouer. D'un autre côté, ne jamais se donner le temps de relever sa lassitude. Inconsciemment, elle s'occupe de déjà déporter son esprit sur ce que pourrait être son prochain cocon familial. Au fond, un comportement de fuite. Une fuite prédatrice, cause de nombreuses marques de sang sur son sillon.

    Une épée de Damoclès se tient au-dessus de sa tête. Une réalité aillant façonné sa conscience pour en faire le monstre présent. Un monstre à l'apparence candide, voilà ce qu'est Esther.


Son Histoire

    -Mon enfant, pourquoi pleures-tu ? Attendre de ma part la même candeur que tes victimes imbéciles... Je ne suis pas dupe de ton vernis d'innocence. Tes pensées me sont limpides. Faible que tu es, il n'y a bien que la pitié qui puisse te racheter. Continues, je te prie. L'idée que tu te confondes dans l'ombre de cet espoir n'en rendra que plus délicieux ton abattement final. Tu es faible, et tu le seras toujours. Rien d'autre ne justifie que tu tiennes aujourd'hui et à jamais dans ma toile... Ton crime ? Être mal née. Tu ne vaux pas mieux qu'un rebut. Il n'est bien que de l'indifférence qu'ait à adresser ce monde à ta lente agonie. Fais toi à cette idée. Toute autre explication ne saurait-être qu'artificielle. Ne te l'ai-je pas déjà enseigné ? Et avec quelle minutie tu appliques ces principes sur d'autres pour me contenter... Souviens-t-en, mon enfant, il n'existe nul autre moyen de te garder de l'étreinte que je réserve à ton dernier souffle de vie.

    ***

    On ne naît pas monstre, on le devient. Prétendre l'inverse trahit quelques commodités à marginaliser des semblables. Mais peut-on s'en passer quand on ne souhaite pas prêcher dans le désert et virer vers l'inaction ? L'environnement porte les destins, et c'est au rythme de l'Histoire que le concert de ceux-ci inspireront l'environnement. Un destin idéaliste, aussi puissant soit-il, devra bien attendre dix vies pour voir ses aspirations les plus modestes se réaliser. Il n'est bien souvent question que de conjonctures. Un esprit lucide sait y voir les décisions et pensées propices à servir ses intérêts personnels. Il n'est pas d'autre voie au bonheur ; le reste n'est que drames, frustrations et malédictions. Les monstres sont ces destins brisés. Peut-être étaient-ils les plus humbles, les plus candides, les plus désintéressés ? L'unique certitude est que leurs aspirations ont toutes volé en éclat, perdant pied pour sombrer dans un abysse de désespoir d'où se décide leur mort ou leur survie. Cette dernière passe par la prédation ; une attitude primitive que l'éthique déshumanise volontiers. Mais l'éthique est bien nécessaire pour inspirer ce rêve où le bonheur serait la règle plutôt que l'exception. Au final, que sont les monstres si ce n'est les sacrifices propres à servir cette utopie universelle ? Cette injustice prend la forme d'un gigantesque essaim nourrie de cette contradiction et d'où continueront de naître les monstres.

    C'est en Francie qu'est né l'un d'eux, sous l'apparence d'une petite fille les cheveux d'ébène et les iris d'émeraude. L'altérité ne marquait pas sa personnalité tant la succession de morts-nés avaient rendus ses parents attentionnés à son adresse. Tous deux étaient des paysans à peine mieux lotis que des esclaves. Ouvriers agricoles dans une exploitation, les recettes étaient juste suffisantes pour subvenir à leurs besoins vitaux. L'absence de fils se sentait dans leur état d'épuisement physique. Leur fille chétive, elle n'en restait pas moins une aide appréciable pour le labeur qui réglait leur vie. Son nom Esther lui venait des conseils d'un prédicateur de passage à ses parents. Si le christianisme n'était pas encore assez implanté dans les campagnes pour que se diffuse efficacement les noms bibliques, il avait fait au moins deux initiés dans ce microcosme. Une « étoile » sous leur toit devait leur porter bonheur. C'est en tout cas ce qui se profilait, jusqu'à ce qu'Esther arrive à ses sept ans.

    Nul massacre, viol ou autre brigandage. Tout naît d'un cauchemar. Ses rêves d'enfant, inspirés de son quotidien, s'interrompent brusquement à la simple perception d'un souffle glaciale dans le dos. Se retournant, elle n'a le temps que d'entrapercevoir un monstre tapi dans l'obscurité. Ce dernier l'observe silencieusement. Tressaillir et se réveiller haletante, pour goûter une angoisse inédite ; persuadée d'être en présence d'une entité malfaisante pouvant se manifester n'importe quand, sans qu'elle ne puisse rien faire. Cependant, rien ne se passe et la nuit suit son cours.

    Un nouvelle journée commence. L'aube fait apparaître un soleil de plomb juste bon à rendre plus âpre le travail dans les champs. Les plus fines particules de terre s'incrustent sur la peau de ses mains. Ça lui est désagréable. S'essuyer le front abondamment servi de sueurs soulage cette gêne mais réveille les quelques plaies. En effet, voilà le premier été où elle participe au travail éprouvant de la récolte, et sa peau n'a pas encore eu le temps de s'épaissir assez pour endurer une journée à arracher les plantes. Mais la souffrance la plus marquante est sans conteste la chaleur se concentrant chaque heure un peu plus sur son dos, au point de ne plus vraiment éprouver la douleur de ses courbatures résultant de sa position toujours accroupie. Malgré tout, le coucher de soleil lui fait prendre conscience de la dernière ligne droite. À bout de forces, son mental est mis à rude épreuve. S'abandonner aux songes permet de se soustraire de manière artificielle à l'environnement. L'instant où elle pourra s'avachir sur la table accapare ses premières pensées. Déjà, les effluves de viande cuite émanant du foyer font frémir ses narines et enivrent son esprit. Son appétit s'accentue à l'idée de rendre fier ses parents. Le gibier n'avait d'ailleurs pas été chassé à d'autres fins par son père, tandis que sa mère passait la journée à mijoter le souper. À n'en point douter, ces soirées rituelles étaient la seule chose tenant pour suffisante sa motivation tandis que démarrait la saison.

    Soudain, le même frisson que celui ressenti cette nuit longe son échine. Se retourner brusquement, une montée d'adrénaline dissipant en une seconde la fatigue et la douleur. Quelque chose se tient non loin. Mais où exactement ? Balayer du regard l'horizon. Une terre assez peu défrichée, au final. Des centaines de mètres seulement les protégeaient de l'enveloppe forestière d'où pouvait surgir à n'importe quel moment une bête sauvage. Un loup ? Son corps était plus proche des lisières sombres que de sa maisonnée. En danger. Il lui faut fuir. Son instinct de survie s'emballe. Toutefois, sa course s'engage à peine que ses articulations se relâchent d'épuisement de sorte à ce que la proie s'effondre au sol. Ramper, sans se retourner, puis se relever, non sans maladresse. C'est proche. La peur de se faire dévorer à chaque instant lui noue l'estomac et l'empêche de respirer. Une vingtaine de mètres. Dix. Deux. Le seuil de la porte est franchi. Aussitôt, elle la referme, grelottante.

    -Esther ? Tu vas bien ? Tu es toute pâle...

    Alors qu'elle demeure silencieuse, sa mère Güdrün s'approche, l'air inquiète. Couvrir leur front de ses paumes puis approcher son visage du sien pour mieux l'examiner.

    -Esther ! Parle moi ! As-tu vu quelque chose ? Esther !

    Sa voix tremble.

    -Je... J'ai...
    -... Écoute, installe toi. Le repas est bientôt prêt. Tu m'en parleras après, à tête reposée. Ça te va ?


    Elle voudrait lui répondre que plus aucun son ne voulait s'échapper de sa gorge. S'exécuter simplement, s'asseyant à table. Un regard porté vers la porte, nerveuse. Absolument aucune réaction. Le danger s'était senti imminent, avant de se dissiper dès le moment où elle avait posé pied dans la maisonnée. Cette chose... partie ? À mesure que filent les minutes, le calme ambiant l'apaise. Güdrün, sa mère, ramène finalement deux assiettes comme il était rare d'en voir d'aussi copieusement servies.

    -Tout ça ?
    -Tout ça, oui. Pourquoi ? N'as tu pas faim ?
    -Si... C'est juste que... c'est trop...


    Habituée à devoir se serrer la ceinture, son expérience lui faisait déjà comprendre à son âge que ce repas dépassait les moyens de leurs réserves, et qu'ils auraient sans doute à payer le contre-coup plus tard. La chose était présentée de telle manière que lui venait un sentiment de culpabilité. Ce sacrifice, c'était pour elle qu'ils le faisaient. Güdrün, percevant la réserve de son enfant, lui adressa un sourire bienveillant.

    -Ne te soucis de rien Esther. Tu le mérites. Allez, mange.
    -Et papa ? On ne l'attend pas ?


    L'atmosphère s'alourdit à cette simple évocation. Au lieu de répondre, Güdrün avale ses premières bouchées de viande et ce, sans une expression. Une dispute ? Ne pas les avoir vu de la journée n'aidait pas à se représenter les tenants et les aboutissants de l'affaire. Le propriétaire de l'exploitation n'était probablement pas innocent de cette situation. Celui-ci avait un caractère épouvantable. Aubert – le père d'Esther – tombait régulièrement en désaccord avec Güdrün sur la manière d'endurer l'attitude du propriétaire. En effet, Güdrün ne pouvait être qu'agacée de voir son mari plier l'échine devant ce porc sous prétexte qu'il ne voulait pas créer d'histoire. Cela ne le rendait pas lâche, de son point de vue du moins. Et se voir ainsi considéré par son épouse suffisait à le faire rentrer dans une rage noire quand il était poussé à bout. Ces accès de violence pouvaient prendre des proportions dangereuses, au point de faire craindre à Esther qu'un jour se passe un incident propre à changer à jamais leur quotidien. Cette appréhension donnait à sa trombine une teinte de malaise tandis qu'elle entamait son assiette, ce qui n'échappa pas à Güdrün.

    -Ça ne te plaît pas ?

    Dans ces moments, mieux valait se murer dans le silence, tant un rien pouvait lancer l'engrenage de sa rage latente.

    -Ne fais pas ta difficile. Finis ton assiette !

    S'exécuter, la tête toujours baissée. Le plat qui la faisait rêver il y a à peine vingt minutes de cela perdait de sa saveur à mesure qu'elle se forçait. Trop. Il y en avait bien trop. Et il lui était impossible de savourer avec l'idée que son père puisse débarquer n'importe quand, furieux. Au bout d'un moment, ne plus être capable d'avaler une bouchée de plus.

    -Finis ton assiette.
    -Mais... je n'ai plus faim.
    -Finis ton assiette !
    -...


    L'atmosphère s'alourdit encore un peu plus. Il semble bien que juste se taire n'allait pas suffire cette fois. À peine levait-elle les yeux que le regard glacial de Güdrün l'intimidait.

    -Esther... As-tu la moindre idée du temps que j'ai pris pour préparer ce repas ? Je l'ai fait parce que je t'aime, tu comprends ?
    -...
    -FINIS TON ASSIETTE !


    Une aura menaçante se dégage de Güdrün, au point qu'Esther s'emporte dans une terreur momentanée. Elle recule d'un mouvement brusque et tombe au sol. La sensation du liquide froid sur ses mains l'interpelle. Devant elle, du sang qui semble s'être écoulé de la table d'où Güdrün préparait à manger. Un bras inerte pend à son rebord. Le sang d'Esther se glace, ses yeux s'écarquillent, son pouls s'accélère. Güdrün lui adresse un air froid. Aucune émotion ne transparaît.

    -Je n'ai même pas eu droit à un sourire... J'y ai pourtant mis tout mon amour.
    -Maman... Qu'est-ce qu'il se passe ? Je... Je ne comprends... rien...
    -Esther, où est le problème ? Tu ne m'aimes pas ? C'est ça ? C'est ça, n'est-ce pas ?


    Güdrün ne paraît pas entendre Esther, ajoutant à la détresse de la petite, tétanisée. Cette question posée n'était que l'ultime barrière de sa raison. Viscéralement, elle connaît déjà la réponse. Une réponse impossible à concevoir. Toutes ses forces s'attellent à nier l'état d'évidence. Elle ne peut l'accepter. Elle ne peut mais est bien incapable de résister. Une dizaine de secondes aux allures sempiternelles, avant que ses prunelles ne brûlent et délivrent un flux ininterrompu de larmes. Sa gorge est si crispée qu'elle est rendue muette. Pendant ce temps, Güdrün s'approche, encore inexpressive. Les tempes d'Esther bourdonnent et laissent s'étendre un puissant fourmillement propre à la déposséder de son enveloppe charnelle. Son attention ne se porte plus que sur le couteau que tient sa mère ainsi que son visage. Le reste de l'environnement est opaque à sa perception.

    -Tu me déçois. Alors que je t'ai tout donné... Tu me détestes donc à ce point ? … Esther, regarde moi dans les yeux.

    Le ton glacial, elle se met à la hauteur d'Esther, son visage à quelques centimètres du sien. Son regard est figé, comme une lance déjà empalée dans sa cible agonisante. Tous les efforts du monde pour esquisser l'ombre d'une supplication.

    -S... s'il... t... Maman... Je... Je ne veux pas... Pitié... Non...

    Aucune réponse. Le silence traîne. La tension est palpable. Tout à coup, son visage s'illumine, un sourire aux lèvres.

    -Oh ! J'y vois clair maintenant ! C'est ça que tu veux !

    Güdrün porte le couteau à sa gorge. Le tranchant coupe sa carotide. Son geste ne trahit pas la moindre hésitation. Aucune grimace se transparaît tandis qu'une large traînée de sang émerge de sa plaie. De son autre main, elle saisit celle amorphe d'Esther. Elle manipule ses doigts pour qu'ils rentrent dans la blessure et l'élargisse. La sensation est chaude et poisseuse. Le dégoût est tel que lui vient l'impression d'avoir été amputée de son bras. En parallèle, le visage pâlissant de Güdrün maintient sa placidité, jusqu'au moment où son regard dérive de celui d'Esther pour fixer le vide ; le corps gisant dans son sang. L'instant d'après, Esther sombre dans l'inconscience.

    *

    Tenir dans le néant, sans attache. Devant, le visage de Güdrün. Elle la toise, insipide. Le temps passe, sans qu'il ne soit possible de le mesurer. Des minutes ? Des heures ? Des semaines ? La personne en face lui paraît être une étrangère familière. Ce regard... Comme si elle l'analysait, la découvrait ; sa propre fille. Après une éternité, la main de Güdrün se lève et son index caresse le collier suspendu au cou d'Esther. Cet objet lui est inconnu. Un liquide vermeil s'en dégage quand son attention se porte dessus. L'écoulement se poursuit et vient couvrir l'ensemble de son enveloppe charnelle. Une inquiétude la saisit, et devant l'imminence du danger, ses paupières se referment. Ceux-ci rouvert, c'est dans un océan de sang qu'elle se tient. Elle y voit clair et s'y sent bien, comme si toute son angoisse venait de se dissiper. Son immersion dans cet océan ne la garde pas de ce même souffle glacial éprouvé cette fameuse nuit. Au contraire de cette fois là, Esther ne se retourne pas, laissant s'approcher cette présence jusqu'à entendre sa respiration. Cette respiration devient la sienne quand elle sort de sa profonde léthargie.

    Émerger lentement, le corps engourdi sur un lit. Comme pour un palimpseste, une sensation étrange se tapit en elle. Une sensation jamais éprouvée qui lui faisait prendre conscience de son caractère insignifiant. Comme d'être tombée dans un immense océan dont il était difficile de cerner les limites. Cette sensation était d'autant plus étrange qu'elle arrivait à un moment où son épuisement physique la rendait momentanément hermétique à l'environnement extérieur. Une lecture inédite de l'intimité de son âme, s'il en était.

    Ses yeux fatigués tentent de discerner tant bien que mal la pièce dans laquelle elle se trouve. Une pièce qui lui est inconnue, mais qui ne lui accapare pas de crainte immédiate tant la soif lui assaille la gorge ; ce qui s'entend dans ses inspirations légèrement stridentes. Les voies respiratoires sèches, l'air enflant les poumons éveille une douleur lancinante. Vidée de ses forces, elle perçoit néanmoins que ses vêtements ont été changés, et tandis que les minutes filent, une autre présence devient manifeste dans la maisonnée. Quand cette dernière apparaît enfin, Esther la reconnaît comme étant l'esclave du propriétaire de l'exploitation. Une jeune femme brune, du nom d'Enora, dont les devoirs subsidiaires envers son maître ne pouvaient être connues de son esprit candide. Se rendant compte du réveil d'Esther, Enora revient avec de l'eau. Boire semble lui redonner vie, se faisant moins amorphe à mesure qu'elle s'hydrate. Pour autant, nulle étincelle de vie ne s'anime sur son air apathique.

    Si Enora essaie de lui parler, Esther ne manifeste aucune réaction, perdue dans un couloir introspectif. Finalement, l'esclave ira chercher une assiette, de quoi récupérer son attention. Affamée, il ne lui faudra que peu de temps pour dévorer le contenu du plat, prenant toutefois soin de mettre de côté les morceaux de viande, pour ne plus laisser que ça à la fin. Cette vision la fige. Se retrouver dans un lieu inconnu éveille assez naturellement la curiosité. Mais Esther ne ressentait pas ce besoin de savoir. Au contraire, elle donnait l'impression de vouloir repousser au plus tard la confrontation avec la réalité. Comme si l'ignorer pouvait l'effacer et restaurer son quotidien avec ses parents. Mais la vision de ces morceaux de viande rendaient friables ses dernières barrières mentales, comme le montraient les premières crispations sur son visage ; avant de fondre en larmes. Sa vive émotion se mute en une énergie se concentrant dans sa tête jusqu'à lui prodiguer une migraine qu'elle contenait avec grande peine entre ses mains. La sensation n'est pas loin des nuits passées enrhumée. Ses narines se désengorgent et sa moue rend impossible d'empêcher à sa salive de s'échapper.

    Voyant cela, Enora se rapproche avec la douceur qui la caractérise pour l'étreindre tendrement ; ce qui ne va pas sans soulager le chagrin d'Esther. Sa vie était détruite et ne serait plus jamais la même, mais elle pouvait déjà mordre l'amorce de la suivante. Si sa vision est troublée par les larmes, Esther remarque enfin un objet qu'elle ne portait pas avant de perdre conscience. Un collier qui lui est connu ; celui-là même entraperçu dans ses songes. Ses gémissements faiblissent devant l'incompréhension grandissante. C'est à ce moment que la voix d'Enora lui paraît perceptible.

    -Ce n'est pas grave, Esther. Ta mère peut attendre...

    Esther regarde Enora médusée. Ce qu'elle montre est en tout point semblable à l'attitude de Güdrün ce soir là, à savoir celle d'un inconnu. Rien à voir avec ce qu'elle était, et la résurgence de cette impression renforçait son désappointement. Quelques secondes de flottement, avant de céder à la panique. Se dégager de toutes ses forces de l'entrave de cette femme, qui ne lui oppose guère une vraie résistance. Au lieu de ça, regarder Esther – l'air stoïque – s'effondrer au sol et ramper de douleur jusque la sortie. Quand Esther arrive hors de la maison, le soleil se couche sur l'horizon et donne vue sur un ciel d'où se dessine une trame de couleurs chaudes. À sa gauche, une carcasse de chair fume au dehors. Sa forme est inhabituelle, humanoïde. Esther est saisie d'une peur portant à la démence quand elle y reconnaît les traits de sa mère.

    Ses courbatures paraissent disparaître sous l'effet de l'adrénaline, fuyant tantôt comme un animal, tantôt comme un humain ; l'allure maladroite. Se retourne-t-elle un instant qu'elle voit le propriétaire à côté du cadavre suspendu de Güdrün. Il est immobile, inexpressif ; attendant d'être vu d'Esther pour porter machinalement le couteau à sa gorge. Celle-ci détourne le regard à temps, s'embourbant dans la forêt. Il lui faut plusieurs dizaines de minutes pour que semble se distancer cette présence menaçante. À bout de souffle, elle s'arrête et halète.

    Enserrer son ventre pour l'écraser de frustration. Son front saigne à force d'essayer d'éventrer la terre. Elle se traîne et s'entortille dans les ronces. Celles-ci lacèrent sa silhouette rachitique. Cela devait bien faire une semaine qu'elle était restée inconsciente. Relâcher son dernier soupir dans son coma aurait fait une bien douce mort. Hurler à l'agonie, la voix écorchée par la démence. Tout lui a été enlevé et rien ne le justifie. Ne même pas trouver un visage à haïr. Sortir de cet enfer avec ce sentiment de découvrir son entourage. Non... ce sentiment est plus terrible. Qu'ils aient déjà tous trouvé la mort avant même de leur livrer ce spectacle glaçant. À présent, elle est seule et impuissante ; à la merci du premier prédateur venu. Cette pensée la console un instant, comme s'il y avait un soulagement à disparaître. Les yeux rivés sur le sol, le collier pend. À sa vue, ses yeux s'écarquillent de rage. L'impulsion la conduit à l'arracher de son cou pour la lancer au loin et s'en débarrasser à jamais. Cependant, une profonde nausée neutralise sa volonté au moment de saisir l'objet. La main à la bouche, elle ne parvient qu'à deux secondes de contenance, avant de vomir le contenu de son estomac. Sa main tremble et se tétanise quand elle tente à nouveau de s'approcher.

    -Je te le déconseille vivement, mon enfant.

    Tressaillir à l'écoute de cette voix doucereuse surgie du néant. Balayer du regard l'environnement pour n'y rien trouver. Son instinct de conservation lui intime de déguerpir, mais son chemin est presque immédiatement coupé par un loup. Ce dernier le regarde le museau renfrogné. Non naïve de son devenir proche, Esther demeure immobile. Vidée de son énergie, elle se sait bien incapable de fuir son prédateur. À l'instant, espérer devenir invisible, ce qui se devinait dans sa posture timide et alerte. Son sort semblait se décider. Et pourtant, l'inconcevable se passe. En effet, tandis que leurs regards se rencontrent, la bête est prise de panique, disparaissant dans la pénombre. Désappointée, Esther distingue quelque chose à l'endroit passé du loup. S'en approchant, c'est un louveteau qu'elle découvre, dans l'état même où elle se trouvait il y a quelques instant de cela. Comme subjuguée par une proximité et situation inédite avec l'un de ces animaux, la curiosité enfantine d'Esther l'amène à franchir son espace intime pour caresser sa fourrure. Elle obtient un cri strident de la créature, visiblement poussée dans ses derniers retranchements.



    Ce spectacle insensé éveille un frisson propre à alimenter l'angoisse. Où est le danger ? Amorçant sa retraite, Esther est ramenée à la peur la plus naturelle ; celle de l'obscurité. Une peur pragmatique, tant elle était rendue vulnérable dans un lieu mal connu et d'où pouvait surgir n'importe quoi. Sa récente expérience laissait penser que de bien plus dangereux prédateurs se tapissaient dans l'ombre. Le vent fait bruisser les branches et les arbustes. Ces mouvements se dessinent et s'apprécient sur la toile d'une nuit dont la lune se faisait l'hôte discrète. Des formes se devinent dans ces gestes, le végétal trahissant des silhouettes organiques l'espace de fractions de seconde. Elles dansent autour d'une proie lucide sur son sort si elle devait demeurer en pareille place.

    Convoitée par mille regards perçus comme autant de menaces, Esther s'aventure dans la flore, continue de se griffer contre les épines de conifères, ronces et autres arbustes. Elle ne prête aucune attention à la douleur. L'aspect séduisant de la mort se dissipe tant l'idée de sentir sa chair déchiquetée par les crocs de monstres assoiffés de sang l'effraye. Elle ne veut pas finir comme ça, pas plus qu'elle ne souhaite endurer cette affliction extrême. Ces pensées aiguisent le souvenir de cette soirée. La force du traumatisme accentue ses hallucinations, lui laissant croire qu'elle est cernée. Désespérée, elle n'est plus animée que par son instinct primitif. Ce dernier le guide dans un endroit approprié pour échapper au mal dehors, à savoir une cavité souterraine. La plante de ses pieds en sang, ses pas signent le seuil de la grotte jusqu'au dedans fait de ténèbres opaques. Loin de rebrousser chemin, Esther s'y confond dans un élan de soulagement pour s'effondrer en son cœur, sur la pierre froide. Le refuge trouvé, ses paupières ne soutiennent plus l'effort et son énergie tombe brusquement, tombant nette dans un sommeil profond. Enfin, elle était en sécurité.


    Immergée dans un bain de sang, elle y ressent une grande jouissance, si bien que lui vient l'envie de se relâcher, s'endormir. Ses paupières se referment. Plus aucune douleur ne l'affecte. Le sang couvre ses plaies pour se laisser absorber par son organisme. Qu'elle rouvre les yeux, l'environnement lui apparaît asséché. Une femme avec un long vêtement blanc de fortune, les cheveux sombres et le regard émeraude la regarde non sans une once d'affection. À sa vue, Esther n'éprouve aucune méfiance, comme si cette personne lui était des plus familières, alors même qu'elle la rencontrait pour la première fois. Bienveillante, elle approche sa main de son visage, lève une mèche du bout de l'index pour la ranger derrière l'oreille. Son attitude est maternelle.

    -C'est fini. Tu n'as plus rien à perdre. Tu as tout à gagner, à présent.

    Ce n'est plus un songe. L'obscurité ambiante participait à la confusion. Ses blessures se réveillent et aiguisent son stress. Cette femme est réelle, ce qui ne manque pas d'interpeller la petite. Quand le rêve s'est-il arrêté ? Ça lui échappe et la rend nerveuse.

    -Vous êtes qui ?
    -... Voilà un moment que je t'observe Esther. Je t'ai observé car j'étais las de solitude. Je n'avais pour moi que le temps, et toi... Je t'ai appréciée et enviée. Je voulais te connaître, te parler.
    -...
    -Je suis ce que tu ne perdras jamais. Tu m'appartiens. Je t'enseignerai tout ce que tu dois savoir. Je te protégerai comme je t'aimerai. Et par-dessus tout, tu m'accompagneras pour l'éternité. Tu ne seras plus seule, je te le garantis.


    Son expression devient plus sévère.

    -Cependant, tu dois savoir que ce privilège a un prix. Et quel prix... Tu ne t'acquitteras pas de ta dette avant ta mort. Et il n'est question là que de tes devoirs à mon adresse. Ton âme, elle, continuera de m'appartenir. Après tout... ne t'en-ai-je pas fait la promesse ?
    -...
    -Oh... Ne te fais pas tant de souci ! Tu verras avec le temps que ces devoirs ne sont que plus de cadeaux dont je te ferai profiter. En effet, je peux te prêter ce que je ne possède pas. Tu pourras en jouir à ta guise. Mais à la fin, je te les confisquerai. Si tu es gentille, je te laisserai décider quand. Ce devra être régulier. Il faut bien que je me nourrisse...
    -...
    -Tu as peur et je le comprends. Mais je dois t'avertir... Tu es la première piégée dans ma toile. Arrange toi pour ne pas être la dernière. Si tu me défies, je serai sans pitié.


    Son expression devient semblable à ce qu'Esther vit cette dernière semaine sur les visages de ses proches. Une profonde cruauté qui ne laissait s'échapper aucune émotion. Cette vision l'effraie. Ce qui se dégageait de cette femme équivalait à mille lames sous sa gorge vulnérable. Une impression nourrie de la contradiction qu'en l'instant, elle était en sécurité. Elle allait devoir composer avec cette nouvelle peur.

    *

    Esseulée dans l'abysse de sa conscience, une lumière étincelante s'approche pour lui porter compagnie. Elle souffre dans son petit coin de noirceur. Le néant paraît l'enrober, mais cette lueur la rassure. Elle la rassure, celle-là même qui la tient emprisonnée ici. En proie au désespoir menant à l'abîme, il faut bien trouver les mots justes, ceux qui sauront redonner du sens à son existence maudite.

    -Je te l'ai dit, tu n'as plus rien à perdre, tout à y gagner.
    -J'ai peur... J'ai peur...
    -J'ai conscience que ce ne sont là que des mots. Mais que dirais-tu que je te montre ?
    -Non ! Non... Je ne veux plus... Je n'y arrive plus... Je veux rester là... Personne ! Il n'y a personne...
    -Je peux te donner une famille Esther. Une mère et un père. Ils t'aimeront comme tu ne l'as jamais été. Tu ne connaîtras plus la souffrance.
    -Je... Non... Tu mens... Tu mens !


    La lumière prend une teinte plus chaleureuse, comme si elle lui souriait. Cependant, cette chaleur est froide, glaciale même.

    -Je pensais que tu avais compris... Ce n'est pas l'important. Je le répète, tu n'as plus rien à perdre, tout à y gagner. Sur ce point je ne te mentirai jamais. Mais soit, si tu veux rester là décrépie et mourir, c'est ton choix. Tant pis, tu nourriras les asticots.

    La lueur s'éloigne et l'obscurité revient l'enrober, la noyer. L'attente depuis laquelle Esther est exposée au rien la pousse jusqu'à la déraison. Aucun stimuli pour irriguer ses pensées. La folie la guette. Elle ne tiendra pas longtemps comme ça... D'ailleurs, du temps, combien s'en était-il écoulé ? Incapable de jauger quoi que ce soit. Il n'y a rien. Strictement rien. Son passé et son futur perdent de leur consistance. Pourraient-ils disparaître ? Cette intuition sonne crédible quand ne se ressent plus que ce vide dans l'instant. À petit feu, elle se meurt, et c'est là un sentiment plus afflictif que l'abattement. Il lui faut de la matière, quoi que ce soit. Il n'y a rien... Elle est seule. Personne ne vit dans cet univers. Elle est seule... Est-elle seulement là ? Son nom... Quel est-il déjà ? Et d'où vient-elle ? Des... parents ? Elle ne parvient plus à visualiser leur visage. Ils ne sont plus dans son esprit que des surfaces lisses. Leur forme même se brouille, et la sienne n'est pas épargnée. La perception de ses membres s'effacent. Elle ne se ressent plus humanoïde. Elle n'est qu'une chose informe se diluant dans les ténèbres. Elle se meurt... se meurt... Jusqu'à ce que revienne la lueur.

    -Alors, as-tu réfléchi ?
    -...
    -Prends ton temps. Tu es demeurée si longtemps étrangère à ce monde qu'il t'est devenu difficile de distinguer les mots, leur sens. C'est naturel. Un peu plus, et tu devenais une bête incapable d'expression. Mais je suis revenue, car je ne suis pas le monstre que tu crois. Je t'apprécie Esther. Je ne te demande qu'une unique chose, c'est d'accepter mon amour. Veux-tu bien l'accepter ?
    -Je... Je ne veux pas rester... Je veux... partir... Pitié... Dehors... Je ne peux plus... rester... Pitié...


    Sur ces mots entrecoupés de sanglots, la lueur repart d'où elle était venue, jetant la petite dans une détresse portant jusque là démence. Elle ne survivrait pas à quelques minutes de plus dans ce néant. Un peu plus, et son existence achèverait de s'estomper. Cette intuition était inscrite dans son code génétique. Son instinct le plus primal. Et c'est aux portes de cette terreur que sa conscience s'ouvrit de nouveau au monde extérieur.

    *



    Depuis sa naissance, Esther ne s'était jamais aventurée très loin dans la lisière. Une vie passée enfermée dans un petit microcosme hermétique. La sensation présente lui faisait voir comme elle avait vécu prisonnière dans une cage minuscule. Une cage qui la protégeait, mais passé l'appréhension de l'inconnu, quel sentiment merveilleux... Son esprit voletait avec légèreté loin de son habit de chair, découvrant mille paysages différents qu'elle n'aurait jamais entrevu, autrement. Les arbres, les montagnes, les habitations, les vêtements, les personnes. Une richesse stimulante pour un esprit si longtemps privé du moindre objet. Cette impression de profonde liberté n'était pas sans contraster avec ses plus récents souvenirs davantage assimilables au vécu que pourrait procurer l'expérience d'un labyrinthe macabre.

    Rapidement, son attention se porte sur ces espaces habités d'où se profilait des scènes de vie propres à exciter son expérience émotionnelle. Elle voyait dans leurs gestes, leurs mots et leurs songes autant de nuances... une esthétique abstraite apparue en même temps que ses nouvelles capacités enseignées en filigrane par cette femme mystérieuse. Ces individus jamais rencontrés, Esther apprenait à les comprendre, à les aimer, à les désirer. Effectivement, se rendre incapable d'interagir avec eux faisait poindre une frustration grandissante. Ce désir de plus en plus viscéral de les rencontrer, d'être aimée d'eux...

    -Je peux t'offrir une famille, t'ai-je déjà dit. Les parents que tu as perdu, ces personnes pourraient les remplacer. Une vie recluse dans une grotte n'est pas une vie, tu ne crois pas ? N'es-tu pas tentée de sortir ? La vie t'appartient, tu es libre. Cette liberté, encore faut-il la saisir, te laisser aller à l'inconnu. En es-tu capable ?

    Qu'elle avance jusqu'au seuil de la caverne, la lumière dehors était si forte qu'elle lui inspirait un ravin la séparant d'un tout autre monde. Ce qui se tenait au-delà, elle y était passé d'innombrables fois via ses voyages astraux. Un pas de plus, et les sensations n'avaient plus rien à voir. Comme de redécouvrir la brise sur la figure, le son des bruissements de feuilles, les couleurs vives de la végétation. Son regard se porte sur le soleil, ses paupières se ferment, et la chaleur vient caresser ses sens à cet endroit. Il ne lui reste plus aucune attache. La mélancolie et l'enthousiasme se mêlent, non sans contradiction. Cet environnement sauvage jadis fui, elle l'aborde désormais avec une relative sérénité.

    Les jours filent et les prévisualisations de ce qui se passera une fois arrivée se succèdent. Une certaine impatience se devine dans son regard, en même temps qu'un soupçon de nervosité. Curieusement, allochtone de la forêt, elle y subsiste aisément, ce qui n'est pas sans s'expliquer par des conseils renseignés. Les prédateurs n'éveillaient pas plus de soucis, toutes les créatures la fuyant alors même que ses dents et ses ongles ne la rendaient pas plus intimidante qu'un herbivore. Au final, c'est sans accroc que son voyage devait se passer, une clairière s'ouvrant à elle pour laisser apparaître quelques habitations.

    Nerveuse qu'elle était, elle a maintenant l'estomac noué par le trac. S'approcher de la maisonnée le pas hésitant, éprouvée par l'idée qu'elle n'a rien à faire sur ces terres. Ces personnes pourraient la chasser, et ils auraient raison de le faire, considérant le monstre l'habitant. Arriver devant la porte, immobile. Elle n'ose pas esquisser le moindre geste. Inutile, puisque quelqu'un se manifeste, la fixant silencieusement. Le regard d'Esther se refusait à soutenir le contact visuel, tant elle craignait le rejet. Que leur dirait-elle, de toute façon ? Elle ne les connaissait que trop bien, mais il n'en était rien d'eux à son encontre. Qu'ils l'acceptent... Pouvaient-ils l'accepter ? Le souhaiter du plus profond de son cœur. Espérer dans cette maison l'endroit de son ultime refuge.

    -Qu'attends tu Esther ? Entre ! On t'attendait.

    Son visage se lève de stupeur. Les sens en alerte, ils lisent en une fraction de seconde l'expression de son interlocuteur. Aucune place au qui proquo, ce regard la connaissait. Un naturel tel qu'elle pouvait même se considérer comme une intime dans son environnement social. Comme si il voyait en elle... sa fille. Un temps muette, Esther finit par entrer. L'y attendait la femme de celui qui l'avait accueillie, et son attitude semblait la considérer de la même manière ; à sa grande surprise.

    -Je... Je m'appelle...

    Une scène récitée un nombre incalculable de fois dans sa tête pour en faire un automatisme. Rien n'avait été laissé au hasard, et tout devait assurer à ses illusions naïves de se muer en réalité. Qui sait, ils accepteraient peut-être de l'adopter si elle trouvait les mots justes. Seule en ce monde, faible... obéissante, capable et appliquée... Sans compter ses quelques connaissances héritées de son ancienne vie... Tous les arguments étaient prêts pour la vendre auprès d'eux. Mais amorçant sa démonstration, elle fut avortée par la prise de conscience... qu'ils la connaissaient. Leur fille, elle l'était déjà.

    Les semaines passant, une habitude était en passe de se construire. Sa nouvelle vie sonnait comme une chance inespérée ; un miracle qu'elle ne s'expliquait pas, ce que justifiait son jeune âge. Mais l'illusion devait bien finir par se dissiper... En effet, si ses parents répondaient parfaitement à ce qu'elle avait observé d'eux, et s'ils lui accordaient tout ce qu'elle avait rêvé ; c'était bien à cela que ça se limitait : ses espérances. Jamais ils ne la surprenaient. Aucune fausse note n'était venue mettre à l'épreuve son utopie. Tout se passait pour le mieux, dans le meilleur des mondes. Lui venait même – au bout d'un certain temps – la capacité de deviner les prochaines paroles de ses nouveaux parents et ce, au mot près. Ils possédaient une personnalité de surface, mais aucune profondeur ; ce qui n'allait pas sans l'alarmer.

    Un jour, à table, au détour d'une conversation répétée une dizaine de fois, les interrompre momentanément dans l'optique de terminer pour eux leur réponse. À cet instant, leurs deux visages perdent leur humanité pour traduire cette froideur si familière.

    -Non... Ce n'est pas... Qu'est-ce que...
    -Eh bien quoi Esther ? Tu as un problème ?
    -Je... Vous n'êtes pas... C'est toi... n'est-ce-pas ?
    -Oui, bien sûr.
    -...
    -Que me vaut cette réaction ? N'est-ce pas ce que tu voulais ? Que me reproches-tu ? Ce n'est pas ainsi que tu te les représentais ?
    -...
    -Quelle fine bouche tu fais ! Cela me demande beaucoup d'effort, tu sais. Et il me reste si peu d'énergie...
    -Où... Ils sont où ? Pourquoi tu parles à travers eux ? C'est quoi ? Je ne comprends pas...
    -Où ? Mais ils sont en ton âme et conscience, mon enfant. Moi, je me contente de jouer ce que tu m'as laissé entrevoir d'eux. Je voulais te faire plaisir, Esther. Mais je pense que j'en ai assez fait. Je te materne trop. Tu dois grandir et apprendre à te débrouiller toute seule.
    -Mais... Je ne veux pas ! Je n'ai jamais voulu ça... S'il te plaît... laisse les partir... Laisse les partir !
    -Comment le pourrais-je ? Mon enfant, tu es leur geôlière. Toi seule les garde prisonniers. Ce n'est que sous l'effet de ton bon vouloir qu'ils pourront retrouver leur coquille vide. Mais vois par toi-même ! Au fond de toi, ce n'est pas ce que tu souhaites...
    -Je... Non... C'est faux... Ce n'est pas ça que je voulais... Je...
    -Mon enfant, ces personnes ne te connaissent pas. Si tu les libères, tu seras pour eux une étrangère. Comprends tu ? Tout ce que tu as vécu à présent n'était qu'une farce, un simulacre de ton expérience passée.
    -Tu... tu m'as menti... J'ai... Je...
    -Tais toi ! Tu es décidément trop bête. Tu m'agaces. Tu voudrais les libérer ? Petite ingrate. C'est ainsi que ma générosité est récompensée ? Jusque là, j'ai péché de patience et de gentillesse. Esther, il est temps de rendre ce qui m'est dû.


    Sur ces paroles, Esther pouvait effectivement ressentir l'énergie vitale s'échapper de son corps. Non pas la sienne, car elle ne se sentait pas affaiblie. Non... la sensation se rapprochait davantage d'une couverture qu'on ôte lentement de soi. Dépossédée d'un bien personnel. Ce qu'on lui arrachait, ce n'était pas sa vie, mais le sens qu'elle prêtait à celle-ci. C'était tous les liens chéris qui se dissipaient pour se confondre avec cette femme glaciale, à l'appétit insatiable. En parallèle, c'était à vue d’œil que ses nouveaux parents perdaient l'étincelle dans leur regard, ne devenant plus que deux coquilles vides s'effondrant au sol ; à son grand désespoir.

    *




    Des années d'écoulées. Elle aurait voulu les compter que cela n'aurait eu aucun sens. À quoi bon, puisque son quotidien était condamné à se renouveler inlassablement ? On ne compte les années que pour mieux se représenter ses repères. Et ses repères, si Esther tentait tant bien que mal d'assimiler ceux de cette femme qu'elle apprendrait être son armure, le sang sur son sillon ne pouvait que rendre glissante la surface plane de sa conscience. Peu importe les efforts, il demeurait impossible de couper le lien empathique avec ses victimes. Une colline de cadavres la supportait aux moments de dormir, de quoi rendre courant les cauchemars. Libre ? Elle ne s'était jamais sentie aussi prisonnière de ses crimes. Une culpabilité propre à éveiller en elle une profonde répulsion ; un dégoût de soi suffisant à nier la cohérence de son existence. Elle ne veut plus vivre comme ça...

    -Mourir... Je veux mourir...

    Son regard trouble porté au dehors de la cavité souterraine devant laquelle la pluie tombait en trombe. Les claquement des gouttes sur la pierre glacée s'écoulent en filets d'eau caressant ses pieds nus. Jusque là frigorifiée, ses tremblements cessent au songe de son spleen. Statique des minutes durant, avant de retourner dans son bain de noirceur, d'où elle se coupait du monde. Recroquevillée sur elle-même, à relâcher toute la frustration emmagasinée jusque là. Elle serre son ventre, se cogne sur les protubérances rocheuses, se mord la lèvre à sang. Elle voudrait disparaître. Mais une voix, cette même voix, la seule voix qu'elle n'inspire pas, unique étrangère de son âme, un parasite... Cette voix lui susurre quelques paroles glaçantes, lui rappelle bien la vacuité de son existence, mais par là-même réveille son instinct de conservation.

    Le moteur le plus efficace est encore la peur. Soumise aux bons vouloirs de son armure. À tout instant, cette dernière pouvait se précipiter en sa direction pour lui subtiliser sa vie. Changer de propriétaire pouvait être chose fastidieuse. Esther en était bien consciente, la méthode étant juste un palier supérieur aux dommages assénés à ses victimes. Un pacte plus durable, mais qui ne coûtait que son temps d'investissement. Si un jouet casse, on le change. La logique n'était pas moins froide. Et se rendre compte de ce sur quoi elle tenait suffisait à la terroriser. Sa résolution était bien fragile... Et il est à parier que ce soit le fait de céder à la démence qui lui permettre d'enfin trouver une vraie stabilité, non sans paradoxe. Le moment de renoncer à son empathie humaine – en outre, de se changer en monstre – était venue.

    Ainsi devint-elle enfin l'élève attendue de sa maîtresse : une louve habillée d'une peau d'agneau. Il ne lui manquait plus que la mise en pratique, qu'une décennie supplémentaire avait permise de perfectionner ; jusque ce jour. Au loin, un appel qui lui faisait prendre conscience qu'elle n'appartenait non pas seulement à sa Mère, mais à un ensemble bien plus grand. Une simple parcelle d'une toile gigantesque à laquelle Esther était conviée. Un appel indice de dangers, mais la petite avait appris à ne jamais s'exposer insoucieusement. Transmuter sa pleine conscience loin par le biais d'un énième voyage astral. Se faisant, l'esprit de sa victime se trouvait trop éloigné pour se déporter jusqu'à elle. Scellée au fond de son subconscient, celle-ci se voyait comme possédée, son destin soumis au bon vouloir du diable aillant élis résidence. Ce nouveau corps avançait à son rythme vers une terre jamais foulée, une terre qui le mènerait au dédale de chair.


Et vous, qui êtes vous ?

    Age : 23 piges.
    Avatar :
    Code:
    [b]Alice : Retour au pays de la folie[/b] → [i]Alice enfant[/i] est [b]Esther[/b].
    Quelle est votre expérience des forums RP : Des années. Du bleach, la plupart du temps. Quelques expériences dans la modération et l'administration. Parmi les forums que vous connaissez : BBS. Les autres, j'ai oublié ou refoulé. Plus d'un an que j'ai arrêté ; enfin, je pensais. Mais il est des gens sans pitié ici-bas, m'voyez ?
    Comment avez-vous connu le forum : Le MJ menace l'un de mes personnages en JDR, mais c'est pas franchement le meilleur moyen de pression. Il n'empêche, le forum a l'air bien fichu (puis j'adhère au style de jeu du fonda'), ça change. Allez, je vais tester.



Esther
La suite de son histoire

    Si l'histoire de votre personnage est trop longue pour tenir sur un seul post, vous pouvez la continuez ici.



Dernière édition par Esther le Mer 6 Avr - 13:42, édité 77 fois
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245/245  (245/245)
Message Re: Esther, berserker de la Tarentule   Sam 19 Mar - 23:52
Bienvenue Poto o/



Les seuls qui sont autorisés à me regarder dans les yeux sont ceux à qui je parle
et ceux qui me servent. Et celui qui s'oppose à moi est autorisé à regarder vers le bas.
Tu devras connaître ta place.


Dialogues : Doré = le Sage | Bleu = l'Absolu
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326/326  (326/326)
Message Re: Esther, berserker de la Tarentule   Dim 20 Mar - 0:00
"Temps estimé : 2/3 semaines."

FEK.

M'enfin, bienvenue, honorable truc creepy.

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Message Re: Esther, berserker de la Tarentule   Lun 21 Mar - 16:04
Bienvenue chez nous !



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InvitéInvité
Message Re: Esther, berserker de la Tarentule   Lun 21 Mar - 16:12
On va faire le perroquet : Bienvenue !
Bon courage pour la suite de la fiche et amuses-toi bien ici Smile
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Message Re: Esther, berserker de la Tarentule   Lun 21 Mar - 20:00
Bienvenue sur le forum, et bon courage pour ta fichette.


" We all have inner demons to fight, we call these demons, fear and hatred and anger.
If you do not conquer them then a life of one hundred years is a tragedy.
If you do, then a life of a single day can be a triumph. "
lumos maxima
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Message Re: Esther, berserker de la Tarentule   Mar 22 Mar - 0:26
Bienvenue à toi parmi nous, de manière officielle en tout cas.

Bon, les Berzerkers sont toujours en force visiblement!

Au passage, ton vava est une Alice, vu le collier. Smile

Bref, j'espère que tu te plairas bien parmi nous du coup, et bon courage pour cette fiche. Wink


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Message Re: Esther, berserker de la Tarentule   Lun 4 Avr - 16:58
Merci à tous pour l'accueil, vous êtes des anges o/.

Et fini. Merci par avance pour votre attention !




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
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Message Re: Esther, berserker de la Tarentule   Mar 5 Avr - 17:38
Voilà, j'ai tout lu. Je te souhaite de nouveau la bienvenue parmi nous et féliciations pour cette prez terminée. Smile

Alors tout d'abord l'histoire est très originale et bien narrée, je n'ai pas grand chose à y redire en tout cas sur ce point, pas d'incohérences, même si j'avoue avoir quelques doutes sur certains points. On y reviendra en dernier.

Bon, le BG d'Esther est déroutant, je l'avoue. J'apprécie particulièrement l'effort fourni dans cette présentation, et ça ne sera pas sans récompense. Peu de fautes, une immersion simple. J'aime beaucoup. La relation avec la "femme armure" est plutôt excellente. J'aime beaucoup. C'est très tordu, comme il faut pour le personnage. Smile

Par contre, peut-être que tu l'as traité dans ta fiche sans l'employer explicitement, mais je n'arrive pas à distinguer l'éveil de cosmos de la fillette. Du moins, pas de ce que j'ai été habitué à voir, du coup j'ai pu louper la sensation que ressentait Esther à ce moment-là...même si l'acquisition de sa Cuirasse pourrait régler directement la question. A savoir, que ladite Cuirasse puisse lui fournir directement les compétences et éveille son cosmos.

Ensuite, une Armure/Cuirasse/Ecaille n'a jamais été présentée comme une entité "vivante", apparaissant sous forme humanoïde. C'est original, ça me rappelle un peu les Zanpakutos de Bleach vu comme ça, mais je vais laisser Bélisaire trancher sur ce point. Si une Armure est vivante, si elle peut effectivement avoir une forme moins bestiale (comme Andromède qui est inspirée du mythe de la femme et qui donc, à une forme plus humaine), la laisser apparaitre sous une forme en particulier est clairement nouveau. Après, on peut le mettre sur le fait qu'il s'agit d'une Cuirasse mais là encore...

De préférence également, j'aimerais savoir si Esther a acquis sa Cuirasse de la Tarentule sous sa forme solide. J'ai bien compris par le lien avec la femme que la "petite" était choisie, mais je ne sais pas vraiment si elle l'a véritablement en tant que telle, ou si elle la récupère plus tard. Une petite précision là-dessus ne serait pas de trop vers la fin. ^^

Enfin, n'hésites pas à mettre des codes couleurs à chacun des personnages. Autant j'ai pu deviner, autant c'est un effort demandé dans toutes les présentations généralement pour mieux distinguer quel personnage parle. Question de simplicité. Smile

Voilà voilà, bon courage à toi pour ces corrections et rajouts.

PS: je vais en parler avec le Staff en attendant de trancher la question pour la femme-Cuirasse.


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Message Re: Esther, berserker de la Tarentule   Mar 5 Avr - 17:58
Je vais commencer par un gros "merci" pour les compliments, ça me fait plaisir !

Maintenant, quelques points que je vais éclaircir, car il est vrai que je me suis montré nébuleux dans mon développement. Pour l'apparence de l'armure, je ne considère pas que la femme soit la vraie forme de l'armure, mais plutôt la projection mentale qu'elle se donne aux yeux d'Esther. Son apparence humanoïde n'a d'ailleurs rien d'original en soi, puisqu'elle ne fait que vieillir les traits d'Esther (c'est une Esther adulte, si on veut). Sa vraie forme (scellée) est matérielle, et n'est autre que le pendentif qu'Esther porte au cou.

L'éveil au cosmos, j'ai considéré que son armure l'avait forcé à arriver jusque cet état à l'issue du rituel en première scène à table avec ses parents. Les bases achèvent d'être posées quand le pendentif apparu dans ses songes se matérialise autour de son cou dans la forêt (elle acquiert bien son armure sous sa forme solide ; après, il est vrai que je n'ai jamais mentionné sa forme de combat, que je n'imagine pas vraiment différente du commun des armures). Ensuite, c'est progressivement qu'Esther s'éveille à ses nouvelles capacités. Un éveil se faisant dans le sang et la terreur, passant par un effacement de soi, si on veut °°. J'ignore si cette interprétation est valable. Je vous laisse statuer sur ce point.

Valà valà, en espérant n'avoir rien oublié.

ps : Oui, pour le coup, je pense que ça se voit que j'ai pas fait grand chose d'autre que du Bleach jusque là ! XD
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Message Re: Esther, berserker de la Tarentule   Mar 5 Avr - 18:31
J'avais bien compris que c'était une projection de l'âme de la Cuirasse, mais là encore c'est quelque chose de nouveau au final dans l'univers Saint Seiya, puisqu'aucune armure n'a connu de projection. Cela dit merci de l'expliquer selon tes termes, ça sera plus simple. Smile
Ensuite pour le pendentif, là ça touche le camp en revanche. Ce point-ci sera également débattu. Smile

Le truc c'est que l'éveil du cosmos est une sensation commune pour tous, un cosmos, tu l'as ou tu ne l'as pas, c'est une progression se concentrant davantage dans sa maîtrise ou dans l'élévation des sens (donc atteindre le septième sens à titre d'exemple Smile ). Il peut se faire sous la terreur, mais c'est une essence qui est source de vie. Il faudrait que je retrouve un passage plus précis qui explique la sensation.

Bref, réponse rapide pour le moment.




Dernière édition par Ariane le Mar 5 Avr - 22:14, édité 1 fois
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Message Re: Esther, berserker de la Tarentule   Mar 5 Avr - 18:50
Hello !

Bon, après une telle lecture, je rejoins ma collègue, c'est déroutant et envoutant en même temps. Je suis assez bluffé on va dire.

Pour l'éveil au cosmos suite à la rencontre avec la Cuirasse pas de souci. Simplement une chose, si je peux comprendre que l'armure use d'un stratagème pour t'attirer dans sa toile, l'armure a une forme physique claire et nette. Si je me permets la métaphore, un zanpakuto a une forme physique (lame, garde, manche), ceci est aussi vrai pour une armure. Elle peut avoir une âme - Mu du Bélier dit lui même qu'elles sont des êtres "vivants" - mais cela reste du métal qui évolue, à l'instar du vif argent dans l'ancienne alchimie.

En conséquence, je comprends la métaphore mais je préfère être clair que ton armure a deux formes : celle que l'on appelle le Totem (ICI) et celle de l'on appelle la forme portée. Le pendentif sera donc une pièce de l'armure en quelque sorte. Il existe un spin off de Saint Seiya appelé Saint Seiya Oméga qui traite les armures ainsi, enfermement des armures dans des pendentifs, mais comme je l'aime pas cette série o/

Donc si cela te va ? Je validerai auprès d'Ariane.

PS : Oui je rejoins Ariane, une sensation claire de cosmos serait la bienvenue. Comme à Bleach, y'a quelque chose qui éveille les sens du Shinigami avec son arme Wink



Les seuls qui sont autorisés à me regarder dans les yeux sont ceux à qui je parle
et ceux qui me servent. Et celui qui s'oppose à moi est autorisé à regarder vers le bas.
Tu devras connaître ta place.


Dialogues : Doré = le Sage | Bleu = l'Absolu
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EstheravatarArmure :
Cuirasse de la Tarentule

Statistiques
HP:
100/100  (100/100)
CP:
130/130  (130/130)
CC:
304/304  (304/304)
Message Re: Esther, berserker de la Tarentule   Mar 5 Avr - 19:15
Alors, mon ajout juste avant qu'Enora n'apparaisse dans l'histoire, après qu'Esther se soit retrouvée à dévorer - sans le savoir - son père :

"Émerger lentement, le corps engourdi sur un lit. D'une manière comparable à un palimpseste, une sensation étrange s'est tapi en elle. Une sensation jamais éprouvée qui lui faisait prendre conscience de son caractère insignifiant. Comme d'être tombée dans un immense océan dont il était difficile de cerner les limites. Cette sensation était d'autant plus étrange qu'elle arrivait à un moment où son épuisement physique la rendait momentanément hermétique à l'environnement extérieur. Une lecture inédite de l'intimité de son âme, s'il en était."

Je ne suis pas vraiment à l'aise avec le concept de cosmos, mais j'imagine que ça doit y ressembler.

En ce qui concerne les deux formes de l'armure, c'est bien comme ça que je l'avais compris. Cela ne me pose donc aucun problème (et pardon si ça te rappelle des versions dépréciées du manga, c'était pas mon intention °-°).

Ceci étant dit, encore merci pour les commentaires et l'attention portée !
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ArianeavatarArmure :
Anciennement Lyumnades

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260/260  (260/260)
CP:
180/240  (180/240)
CC:
243/306  (243/306)
Message Re: Esther, berserker de la Tarentule   Mar 5 Avr - 23:25
De rien, ça n'en reste pas moins un excellent écrit. ^^

Oui, les pendentifs peuvent en gêner certains, mais je pensais surtout au camp des Berz' qui n'utilisent pas forcément ce principe. Mais soit, ça innovera. Bon, je reste personnellement mitigée sur les double formes, mais tant que l'armure "solide" est développée tu n'auras pas trop de problèmes et ça me va en premier principe pour attirer la porteuse.

Bref, avec cet ajout, tu as ma validation. Je t'attribue 17 PC et 4 en Eveil. Amuses toi bien parmi nous. Wink


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Esther, berserker de la Tarentule
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