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 [Juin 550] Éveil [Libre]

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Message [Juin 550] Éveil [Libre]   Jeu 7 Avr - 2:26
Le ciel annonce la nuitée et participe au caractère lugubre de la forêt environnante. Les arbres dénudés prêtent à des formes sinistres ; pour certaines, elles relèvent davantage de l'imagination des observateurs que de leur réalité. Le silence donne à l'ensemble un fond menaçant, propice à attiser l'attention des voyageurs sur leurs pulsations cardiaques. N'importe quand, une horde de brigands pouvait surgir des bois pour les saigner et par ce biais, leur faire payer l'excès de témérité. À la considération de la réputation du lieu, ce choix relevait de la démence, de l'inconscience ou de l'ignorance. Seuls les convois lourdement escortés pouvaient espérer emprunter ces routes, à condition d'être rodés, organisés et hardis.

Quand bien même, le passif de ce charnier forestier n'empêchait pas quelques proies faciles d'y circuler. Autant le dire, des herbivores isolés dans un nid de prédateurs. En l'occurrence, une charrette de particuliers privée d'escorte d'où il n'y avait à compter qu'une femme, un homme et un enfant. Difficile de trouver cible plus vulnérable, au point que l'on pouvait s'étonner qu'ils soient arrivés si loin sur ce territoire. Certainement, un heureux hasard. Mais les certitudes peuvent être battues en brèche par des facteurs inattendus. Pour le cas présent, remonter le chemin de ce petit groupe permettait de donner vue sur une série de carcasses humaines au teint livide.

Un connaisseur relèverait de manière évidente l'absence de traces de combat. Au contraire, à bien analyser l'ensemble des signaux, il serait difficile de garder pour lui son scepticisme. En effet, tous égorgés, les coupures étaient des plus nettes. De plus, nul indice ne permettait de trahir une quelconque attitude active, pas même de fuite ; comme s'ils s'étaient simplement tranché la carotide sur place. Leur expression ne trahissait d'ailleurs pas la moindre grimace, totalement placide. Ne trouver signe d'agonie sur leurs trombines confortait l'hypothèse du suicide collectif. Mais alors quoi ? C'était le lieu ? Et tous meurtriers qu'ils étaient, pouvait-on décemment leur prêter ce potentiel élan de remords extrême ? Il n'est pas de doute qu'une telle logique rendrait beaucoup moins laid ce monde.

Les propriétaires de la charrette, eux, n'avaient à afficher qu'une douteuse sérénité. Tandis que le père tenait les rennes des bœufs, la mère dorlotait la petite assoupie sur ses genoux. Une scène des plus douces et banales, si elle ne se passait pas en pareil endroit. Leur vulnérabilité apparente pouvait suffire à rendre nerveux n'importe quel passant désintéressé. Et pourtant, c'est bien sains et saufs qu'ils parvinrent à leur destination. Une destination les menant jusqu'à une vallée qui avait de particulier qu'elle menait au cœur des tourments de ce monde. Que les bœufs s'arrêtent à une dizaine de mètres d'immenses portes de chair organique. Aucun pas supplémentaire ne serait fait sans l'ordre de leur maîtresse, et celle-ci n'était pas encore sortie de ses chimères oniriques.

Ne plus les regarder par les yeux mais via le cosmos émanant d'eux. Jusqu'à présent, une énergie opaque aux non initiés. Mais une faible pulsation pouvait maintenant se ressentir. Toutefois, cette perception ne trahissait non pas un mais trois porteurs d'armure, le cosmos se répartissant équitablement entre eux. Les deux autres personnes n'étaient pas simplement des pantins, mais des composantes de son âme, dont elle espérait pour chacune une once d'authenticité.
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Message Re: [Juin 550] Éveil [Libre]   Jeu 7 Avr - 17:33
Parfois, un besoin de s'évader qui se fait ressentir. Oublier le Dédale, la Guerre, les Berserkers. N'être alors que Zvezdan, vagabond porté par le vent, chasseur motivé par le gibier, conteur satisfait des regards pleins d'étoiles, amant de ces conquêtes d'une nuit. Oublier l'échiquier des Dieux, s'offrir une poignée d'heures loin des maux de cet autre monde. Juste une fois de temps en temps, quand rien de plus urgent ne se dessine à l'horizon.

Aujourd'hui, cette envie m'est venue. Le dédale est effectivement en activité, sur le pied de guerre, mais rien que ne requiert ma présence. Mes ordres avaient été donnés parmi les Flammes, des précautions avaient été prises. Ainsi, partir une après-midi, habillé des plus simples vêtements du monde. Pratiques, larges, confortables, ceux propres aux voyageurs, aux itinérants. Arc et carquois au dos, dagues et divers équipement à la ceinture, avec une petite bourse remplie d'or si besoin est. Monté sur le dos de Sambor, je caresse la bête un temps puis commence à avancer. S'aventurer dans les terres désolées qui entourent la Citadelle, puis les surpasser, s'éloigner de l'influence pestilentielle de l'endroit. Sur le chemin, croiser une bande de brigands, sentir leur regard s'appesantir sur ma bourse. Pourtant, rien. Si c'est flou aux yeux de presque tous, les locaux savent ne pas avoir intérêt à se mêler de quoique ce soit venant de derrière ces gigantesques portes à l'aspect si repoussant. A ça vient s'ajouter l'aspect menaçant de Sambor, musculeuse monture au pelage argenté, yeux noirs d'un noir profond, comme entouré d'une aura particulière. Ils passent, crachent par terre, claquent quelques regards mauvais, mais ne bronchent pas. Et c'est très bien comme ça.

Je les passe, puis en les passant, je me dirige vers d'autres terres plus clémentes. Le soleil tape fort, nul nuage ne vient s'opposer à ses puissants rayons. Plus loin, forêt verdoyante, nature dominante, belle et suprême. Retour vers ces jeunes années à chasser pour vivre. Approcher, doucement, flèche encochée, souffle retenu. Se cacher dans les fourrés, attendre, scruter, pister, trouver. Puis tirer. La bête n'a pas le temps de souffrir, tuée sur le coup. Réitérer l'opération avec divers petits gibiers. Raton-laveur, lapin, lièvre... Et un gros morceau, un seul. Une biche, montée sur le dos de Sambor, alors que je me dirige vers le village le plus proche, insouciant, un sourire simple comme tout aux lèvres. Ca fait bien. C'est tout bête, c'est la simple adrénaline de la chasse. La même que je peux parfois ressentir lorsque le gibier s'avère fait d'êtres humains. Mais ici, non. De la viande revendre aux nécessiteux, en un simple échange commercial. J'arrive sur place, constate la présence d'un marché, me présente à une échoppe, tristement pauvre en cette viande que l'on devrait trouver en quantité abondante. Un brin de conversation avec le tenant, comprendre que le village est dans une mauvaise passe. « La guerre », qu'il dit. Lui répondre d'un sourire contrit, et céder mon gibier pour une somme dérisoire.

M'en aller silencieusement, avec dans mon dos l'attroupement de villageois, diverses expressions de la joie face à la nourriture tant désirée. Un regard en arrière, puis la vision fugace d'un village en flammes, cris de douleur et bruits de bataille à l'appui. Un mal de crâne qui vient s'y superposer instantanément, puis une voix qui retentit, une voix faites de milliers d'autres voix : "Tu penses te racheter comme ça?". Comme un coup au crâne. Lourd, puissant. Mes dents qui se serrent sous la douleur, yeux plissés. Quelque chose qui heurte mon genoux, un "Aïe" aigu. Je rouvre les yeux, pour tomber sur un gosse d'à peine huit ans, une unique pièce entre les mains, prêt à aller acheter sa pitance. Je lui accorde un sourire désolé suivi de quelques excuses, l'aide à se relever puis le regarde s'en aller vers l'échoppe.

Ultimement, la soirée passée dans un village encore plus loin, cette fois-ci plus confortable, et ce en tout point. Apparemment, des festivités locales lorsque j'arrive. Boire, manger, rire, jouer, ce avec de parfait inconnus, dans une ambiance somme toute assez agréable. Peu de bagarres, pas d'incident majeur, pas d'impair. Une simple soirée placée sous le signe de la fête, peuplée seulement de gens envieux de s'amuser, d'eux aussi oublier le monde extérieur un temps, à leur manière. A ceci prés qu'eux, lorsqu'ils en aurons terminés, reviendrons à leurs champs, à leurs boucherie, à leurs livres de compte. Ma réalité à moi quand elle se réimposera à moi, sera bien plus rude.

Et c'était le moment. Une part de moi qui envisage de dormir sur place, idée bien vite balayée d'un revers de la main. Nan, pas en ce moment, pas avec ce qui se trame. Un soupir déçu, pour difficilement monter sur Sambor. Huh, j'ai p'tet un peu forcé, tiens. un lapin gardé pour plus tard encore pendant à sa hanche, je finis par réussir, puis me redirige vers l'antre des Berserkers.

Peu à peu, les alentours reprennent leur atmosphère lugubre. La nature perd de sa vitalité, le brouillard épaissi, et le jeu des formes tant improbables que terrifiantes prend place à la lueur de l'astre lunaire.

Autre spectacle, qui s'il n'est pas inhabituel dans les faits, l'est dans sa forme : Des corps au sol. Mais cette fois-ci, pas les victimes des brigands. Les brigands eux-mêmes, plutôt. J'aurais pu passer devant sans plus m'y attarder en temps normal, presque satisfait de la chose, mais... Mais non. Ca n'était pas normal. C'est comme... Comme s'ils étaient restés plantés là, puis étaient tombés dans une marre de sang. Pas de traces de lutte, tous tout propres, rien d'autre que ce sang à leur gorge, le même que l'on retrouve aux lames non loin de leur cadavres. Ca, puis c'est tout. Pas de traces au sol, pas de pièces d'armures entamées, pas de... Rien. Juste rien. Jusque sur leurs visages. Les dernières expressions d'un mort avant l’ultime souffle, je connais. Combien, combien de ces visages tordus en un mélange de peur, haine et souffrance, combien qui se figent en cette expression, alors que je mets fin à leurs jours ? Y penser, puis serrer la mâchoire. Mes sourcils se froncent, mon esprit cogite, résolument perplexe. Hm... Quelque chose cloche. Une part de moi pousse un « Bah, pas plus mal sans eux, de toute façon », puis l'autre ne peut pas juste laisser ça comme ça, se dire que de toute façon, ils ne vont manquer à personne. Eux, oui. Mais telle bizarrerie non-loin du Dédale... Curieux. Très, trop curieux.

Finalement, je remonte la piste des corps sans vie, pour me retrouver... Devant les portes du Dédale. Suis-je réellement surpris ? Non. Clairement, non. Pour plus apte à me surprendre, le convoi présent aux pieds des pans de chair. Qu'eeeeeeeeeest-ce que... Une charrette. Un simple charrette, tout ce qu'il y a de plus modeste. Pour l'occuper, un homme, une femme, un enfant. Banales, calmes comme pas permis. Or, telle attitude en de tels lieux n'a justement rien de banal. Pour ajouter en épaisseur au mystère pourtant déjà bien opaque, ces Cosmos. Ces trois Cosmos, identiques. Une aura qui si elle est partagée entre trois corps, semble quant à elle unique. A m'y concentrer, percevoir la marque d'Arès dans cette puissance. Encore à distance, les yeux plissés, je m'approche, arrive à leur côtés sur le dos de Sambor. Détailler chacun des trois êtres un instant, m'attarder longuement sur eux. Vraiment, monsieur et madame tout le monde perdus au milieu des enfers, et pourtant, pas plus affolés que ça. En résulte une atmosphère presque malsaine. A l'entrée, quelques gardes qui semblent s'activer, à vouloir approcher. D'un simple geste de la main, je leur intime de rester à leur poste.

Elles vont pas s'ouvrir toutes seules, vous savez.

Je lance ça d'un air détaché, tout en descendant de Sambor. Quelques pas maladroits à la réception, je me rattrape, saisis le lapin attaché au cheval, puis lui lance un regard qui se prolonge un temps. Sans plus de cérémonie, la bête s'en va plus loin dans les bois, pour rapidement se perdre dedans. Je marche jusqu'à me placer devant la carriole, m'assied en tailleur, coude soutenu par le genoux, joue au creux de ma paume. De mon autre main, je me gratte frénétiquement les cheveux, agacé par la crasse accumulée pendant la chasse. Le visage neutre, quoiqu'un peu fatigué suite à la soirée, je pose mon regard sur le trio, perplexe.

Je dois avouer que c'est une première, pour moi. Je saurais pas dire d'où ça vient exactement mais... Mais soit ! En temps normal, je me serais contenté de vous gratifier de l'habituel « bienvenue parmi-nous » sans plus de formalités mais... Mais j'avoue être curieux. Vous savez où vous êtes, au moins ? Ce pourquoi vous y êtes ? Qui vous êtes... Ou plutôt, ce que vous êtes ?
C'était une donnée parfois trop facilement mise de côté. Tous n'étaient pas propulsés dans ce monde avec la conscience d'y entrer. Certains avaient droit à un apprentissage, à leur manière. D'autres se laissaient porter, par un instinct, un appel inexplicable, inexpliqué. Cas de figure d'autant plus courant chez les enfants d'Arès. Souvent, la violence associée au Dieu n'a d'égal que celle avec laquelle ses disciples sont amenés sous son égide. Un grognement sonore, et pour le suivre, ma tête qui se secoue, manière de me tenir éveillé. Être fatigué, être éméché, mais sans en donner l'air, être aussi plus alerte que jamais. Et comme pour me présenter en un dialogue sans mots, laisser filtrer un peu de mon Cosmos.

Dites-moi donc, très chers. Dites-moi, et qui sait... Surprenez-moi ?
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Message Re: [Juin 550] Éveil [Libre]   Ven 8 Avr - 1:19
Qu'ils demeurent un temps immobiles, les deux gardes aux portes s'approchent d'eux. Ils n'allaient pas manifester plus de surprise au fait qu'ils faisaient leur travail ; davantage après qu'ils arrêtent leur marche et retournent sur leurs pas suite à l'irruption d'un nouvel arrivant. Un jeune chevalier – ou rôdeur ? – à la pigmentation de peau peu anodine ; comme si les cendres l'avaient engendré. En outre, on ne pensait pas spontanément à lui pour se représenter le propriétaire de cette citadelle, et pourtant, l'attitude obéissante de ces deux gardes semait le doute. Aubrée, la femme les cheveux bruns et la robe paysanne, toise cet étranger sans relâcher la tête endormie de sa fille. Le sonder sans ne laisser transparaître la moindre malveillance dans son regard. Qu'il descende de sa monture, ce jeune homme marquait là un autre indice d'humilité propre à le rendre sympathique à ses yeux. Elle trahit un soupçon d'amusement en le voyant relâcher son gibier dans la forêt.

Pendant ce temps, Brieux – l'homme à l'âge plus mûr – s'occupe toujours de surveiller les deux gardes préparant l'ouverture de ces deux immenses portes. Sa silhouette était robuste, un couvre-chef sur la tête, et la tenue pas plus bourgeoise que celle de sa comparse. Son regard se fait plus méfiant quand il rejoint celui de ce drôle d'étranger, plus sensible à sa désinvolture qu'à sa modestie. Il demeure silencieux alors que son épouse s'installe à ses côtés, laissant son enfant à Morphée. L'un se prépare à le juger l'air suspicieux, l'autre à l'évaluer l'air bienveillant.

Avachi sur leur passage en tailleur, son avant-bras soutenant sa tête fatiguée, cet inconnu ne se montrait guère sensible à l'étiquette. Chose curieuse qu'il ne ressente pas le besoin de prêter de l'importance à leur rang respectif. Il fallait être un paysan ou un roi pour arborer une telle attitude, une telle... distance. Les personnes tenant dans cette fourchette payaient assez gravement cette légèreté, que ce soit vis-à-vis d'un inférieur ou d'un supérieur. Ici, ces deux paysans ne brûlaient que peu de neurones à l'exclure de la première catégorie. Mais alors...

Le voilà à prendre la parole. Et s'il ne souriait pas, ses mots le faisaient pour lui. Un sourire largement soutenu par Aubrée. Non un sourire béat, mais mesuré ; juste ce qu'il fallait pour les circonstances présentes. Son regard affiche lui la même distance sur la situation que son interlocuteur avec le sens hiérarchique. Visiblement, elle menait la barque, et si elle sentait cette énergie – qu'elle définirait plus tard comme étant son cosmos – se faire sonder, cette énergie même se dissipe brusquement. Son dernier commentaire sur leur essence justifie ce revirement. Il n'est plus question d'être vus, désormais.

-Où nous sommes ? C'est pour le savoir que nous avons fait le déplacement. Je doute que l'on arrive ici par hasard... encore moins vivant. Mais vous allez nous éclairer, je me trompe ?

Sa voix est mielleuse quoiqu'un peu affadie par la froideur du propos. Quand elle le termine, Aubrée descend de la charrette et s'avance pour se mettre à quelques mètres de distance de cet inconnu. Elle demeure debout.

-Je me présente Aubrée. Je voyage avec mon mari Brieux et ma fille Esther. À en juger ce que je ressens de vous, nous ne sommes pas bien différents.

En effet, il se dégageait de cet homme une aura inédite et familière à la fois. Inédite pour n'en avoir jamais rencontré de semblable auparavant, mais familière pour avoir toujours porté cette empreinte en soi. Cette impression se percevait dans l'éclat de fascination au fond de son regard. Mais c'était bien tout, son attitude maintenant sa relative neutralité.

-Ma première question sera des plus basiques. Est-ce à vous que j'appartiens ? Comment vous nommez vous, d'ailleurs ?

Parler de lui comme du propriétaire de cette citadelle. Dans tous les cas, il en avait l'air, et ce pouvait bien être le cas.




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
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Message Re: [Juin 550] Éveil [Libre]   Ven 8 Avr - 16:31
Là où mon regard englobait la charrette, il se concentre désormais sur la femme. La mère ? Certainement. Il se concentre, puis se teinte d'un éclat intéressé. D'un coup, plus de Cosmos. Évanoui, comme ça, comme s'il n'avait jamais existé. Comme pourrait le faire Li. C'est du moins l'exemple le plus proche de mon actuel ressenti. Hm... Ca continue. Une façade qui ne fait que se monter plus mystérieuse à chaque instant. Face à ça, un certain amusement. Un amusement qui aurait pu muer en un soupçon de peur, fut un temps. Mais plus maintenant. Pas au sein du l'esprit de l'actuel Zvezdan. Au lieu de ça, une curiosité qui gagne en puissance. J'ai vu passer nombre de sacrés numéros devant ces portes. Fous, inconscients, brutes, égarés, émissaires, j'en passe et des meilleurs. Mais là... Non, autre chose. Quelque chose de nouveau. Et Dieu sait comme peu parvient à m'amuser, surtout ici.

Et elle descend. Quelques pas en avant, puis s'arrête à une poignée de mètres. Plus en arrière, la fillette assoupie, puis l'homme, l'air très peu confiant, à scruter. Instinct protecteur ? Si c'est ça, je ne me sens pas de le blamer. Toujours est-il que si je m'amuse, je me creuse également la tête. Autant, voire plus. Cela fait bien longtemps que je ne suis plus dupe sur les porteurs de Cuirasse. Tous sont dangereux à leur façon. Monstruosité, folie, impulsivité hors-norme, soif de sang perpétuelle... Tous ne s'y complaisent pas, mais tous ont ce petit quelque chose. Ce petit quelque chose qui justifie l'attention d'Arès à leur égard. Pourtant, si l'on oublie la traînée de cadavres dans leur sillage et l'endroit en lui-même, cette petite famille n'a rien de... Ils n'ont pas l'air à leur place. Il y a ça, qui tient des apparences, puis il y a ce que mon instinct me dit. Lui qui contredit avec rage et entrain l'illusion entretenue par la forme. Lui que j'ai toujours appris à écouter avec attention. Autre dialogue auquel je porte oreille, la présentation de celle qui se nomme Aubrée. Aubrée, Brieux et Esther. Et comme je l'avais redouté, leur venue ici n'était motivé que par l'Appel d'Arès. Aaaaaah. J'allais devoir m'improviser réceptionniste, hôte et guide. Encore. A la seconde réplique de la mère, mon sourire s'élargit un instant.

En effet. Quoique pour être tout à fait franc, vous trois n'êtes pas dénués d'un... D'une odeur de nouveauté. Ce que vous « ressentez » de moi, je le ressens aussi chez vous. Une pause, mes yeux qui s'animent d'une lueur plus malicieuse. Ou plutôt... je le ressentais. Or, vous sentez pareils. Vous trois, Identiques, en tout point. Pas juste proches, familiers... Non, d'authentiques copies, si j'ose dire. Une première, comme je disais plus tôt.

A ces mots, mon regard se fait plus perçant, comme pour voir à travers eux. Sans m'en cacher, sans avoir honte de le faire, je les scrute dans le détail, façon implicite de manifester ma curiosité. Amener à des explications sans les demander clairement. Pour briser cette attention, la question d'Aubrée. Pour y répondre, un rire franc, léger mais pas dissimulé pour un sou. Non non non, pas le moins du monde... Ou en tout cas, les choses sont plus compliquées. M'étirer quelques secondes, me lever un en gémissement d'effort, puis réduire doucement la distance, le pas dansant, mains dans les poches.

Je me nomme Zvezdan, en ces lieux, je porte le titre de Cardinal de la Guerre. Vous êtes ici au Dédale de chair. Quant au reste... Une autre pause, moue au visage, yeux au ciel, l'air de réfléchir un moment. Eh bien, vous parlez vous-même d'appartenir à quelqu'un. Vous l'avez senti, non ? Cet appel. On ne l'explique pas, il se contente d'être là, d'exister, de grandir tant que l'on n'y répond pas. Voyez donc votre sillage. Des corps. Des corps sans vie, fauchés de ce don au nom de... Au nom de quoi ? Peu importe. Votre chemin - comme celui de tous derrière ces portes – est tracé dans le sang. Besoin, nature, raison de vivre, malédiction ? peu importe.

Peu importe. Encore une fois, une pause rapide. Peu importe. La formule résonne, gronde, et si ma voix la clame d'abord comme une évidence, ce sont par la suite une nuée d'autres qui la répète en une fureur grandissante, offusqués, rageurs. « PEU IMPORTE ?! ». De l'extérieur, ne rien laisser paraître, ou du moins tenter. Réprimer quelques tics nerveux, et pourtant, ne pouvoir s'empêcher de caresser la surface de l’emblème à mon cou. L'espace d'un battement de cil, mon Cosmos se manifeste, le Visage des morts qui se dessine dedans en de macabres volutes rouges. Juste un instant, leurs Voix s'élèvent, un cri plaintif hurlé, puis aussitôt muselé. C'est pas le moment, vraiment pas. Allez, calme-toi Zvez. Réapparaissent le sourire confiant, le regard joueur, la gestuelle légère. Dans mon dos, les portes s'ouvrent lentement, ce en l'habituelle cacophonie organique qui caractérise la manœuvre.

Vous êtes des élus d'Arès. Cette chose que vous ressentez, que vous portez, c'est ce que l'on appelle le Cosmos. C'est votre force en tant que combattants divins. Car oui, c'est ce que vous, ce que nous sommes. Des agents au service des Dieux et de leurs desseins. Vous en avez une, n'est-ce pas ? - une ou trois - Une Cuirasse, une armure. Sans elle, vous ne seriez certainement pas arrivés jusqu'ici. C'est votr-...

M'arrêter un temps, la bouche en o, prêt à continuer mon Laïus il y a de cela quelques secondes. Finalement, me raviser lorsque cesse le vacarme dans mon dos.

Mais pardon, peut-être est-ce beaucoup à digérer pour un premier contact, haha ! Je sais que tout ce que je vous dis peut paraître saugrenue de prime abord, mais pensez-y bien. Voyez où vous êtes, voyez ces gigantesques portes de chair dans mon dos. Voyez, puis pensez à votre expérience personnelle. Voyez, pensez, puis ressentez. Il vous appelle, n'est-ce pas ? Oui. Comme il l'a fait avec nous tous. Le Dédale a besoin de sang neuf, maintenant plus que jamais.

Pour conclure, une main tendue, ça alors que je me tourne de trois-quarts vers les portes et le long couloir de chair qui se laisse deviner à l'intérieur.

Eh bien ? Vous me suivez ?
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Message Re: [Juin 550] Éveil [Libre]   Sam 9 Avr - 3:56
Ses suspicions se vérifient. Ce jeune homme... non pas seulement capable de ressentir cette énergie, mais aussi d'en saisir l'essence. Une erreur de sa part qui ne serait certainement pas la dernière. Sa lecture est somme toute remarquable, ce qui ne manque pas de produire une profonde irritation. À cet instant, le visage d'Aubrée et de Brieux perdent de leur vitalité pour afficher une expression placide. Leur regard est des plus glaciaux. Ce flottement ne dure qu'une fraction de seconde, après quoi, ils retrouvent leur attitude respective.

Aubrée écoute le dénommé Zvezdan avec la plus grande attention. Le voir marquer des pauses pour réfléchir sur ce qu'il devait dire l'amusait assez. C'est que son discours donnait l'impression inverse. En effet, peu importe la forme un peu brouillonne, son discours se montre lui très construit. Visiblement, cette situation n'était pour lui pas nouvelle. Du moins, pas complètement. Il partait d'habitudes solides, mais montrait tout de même des signes d'improvisation. Ou alors, cela s'expliquait simplement par sa personnalité distraite. Sa nature contraste avec ladite personnalité. En effet, son regard ne trahit aucune nonchalance. À l'inverse, Aubrée y décèle une grande vivacité.

À en juger le choix de ses mots, la manière dont il tournait les choses, il attendait d'Aubrée qu'elle se découvre émotionnellement à lui. Une pédagogie manipulant l'affect de son auditrice, voilà qui était malin. Ce jeune homme était vraisemblablement expert en manipulation mentale. Mais il ne trouverait pas de résultat vraiment probant en son attitude, ni en celle de Brieux qui se détachait un peu de la discussion pour s'occuper d'une affaire derrière lui.

Soudain, à parler de malédiction, l'aura de Zvezdan change brusquement. Jusque là, il ne représentait pas un danger. Il avait même réussi à installer un climat de confiance au mépris du caractère lugubre et menaçant de l'environnement. Mais ce qui se passait là contrastait avec tout ce qu'ils avaient connu jusque là. Une série de suppliques émanaient de partout et de nulle part à la fois, s'acharnant de répéter les derniers mots du cardinal. Le timbre de voix gagnait en animosité de seconde en seconde. L'homme à l'origine de cette mise en scène gardait le même comportement, mais l'espace d'un instant, un aperçu du fond de son âme leur est apparu. Une âme d'une puissance ô combien supérieure à la leur. Encore une fois, un sentiment inédit, elle qui n'avait jamais eu de peine à annihiler ses adversaires. De fait, elle était mise dans le bain et adapterait son comportement en conséquence.

Le temps qu'il reprenne contenance, Aubrée s'était reculé de quelques pas. Brieux, quant-à lui, était sur le qui-vive, prêt à intervenir s'il le fallait. L'expression d'Aubrée perd de sa légèreté au profit d'un relatif scepticisme. Le laisser terminer son propos le plus silencieusement du monde. Elle est bien obligée de se concentrer eu égard du tintamarre couvrant les mots du cardinal en arrière-fond via l'ouverture des portes. Tous les signes sont là pour souligner le caractère sinistre du domaine, et quiconque à sa place aurait certainement détalé. Mais à leur contraire, Aubrée va au devant du danger et n'hésite pas un instant à saisir la main du jeune homme. Par là même, elle acceptait de le suivre, la charrette s'avançant également.

-Votre exposé fut brillant. Vous êtes ici chez vous et pourriez régir ce domaine. Cardinal, cela doit être une haute fonction... Ce dénommé Arès serait donc notre maître à tous. Je suis surprise qu'il ait pris tant de temps à m'appeler... Est-ce à lui que vous nous menez ?

Loquace, elle l'était moins que Zvezdan. Cela n'était pas sans s'expliquer par la masse d'informations à emmagasiner. Il lui faudrait le temps de les assimiler.

*

Ses chimères évoluent au rythme de la conversation. Esther se sent épiée et impuissante à se cacher. Elle est pleinement exposée et à la merci de ses prédateurs. Ils guettent un moment de faiblesse. En réponse, elle n'est capable que de paraître dangereuse. Une voix l'appelle et essaie de lui faire baisser sa garde. Heureusement, une présence familière, paternelle, est là pour l'empêcher de dériver et de se livrer à la merci des bêtes environnantes ; obstacles à cette voix qui l'appelait. Des présences s'amoncellent autour d'elle. Elles sont de prime abord bienveillantes et semblables à son essence. Mais subitement, les masques tombent et leurs visages apparaissent plus menaçants encore que les créatures tapies dans l'ombre. Elle se voit mourir. Cependant, l'espace d'un instant, ils recouvrent leur apparence initiale. Ces manifestations lui inspirent l'envie viscérale de fuir, mais un autre instinct, supérieur à celui primal, l'en empêche. Finalement, un grondement fait trembler l'air ambiant.

Que l'interstice de ses paupières s'élargisse pour donner vue sur la réalité, le vacarme la sort de sa torpeur. Des perles de sueurs glissent sur son front, le visage pâle. Selon toute vraisemblance, le réveil ne s'est pas fait en douceur. C'est d'un cauchemar qu'elle venait d'être tirée, et il n'était pas sûr que son réveil l'en sorte. Ses prunelles d'émeraude balayent le paysage qui se referme en un couloir sinistre.

-Nous sommes arrivés, Esther.

Ce domaine comptait parmi les rares zones interdites à sa conscience, à moins d'y être invitée comme il était en train de se passer présentement. Ce jour, son enveloppe charnelle prenait l'initiative sur ses songes.




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Message Re: [Juin 550] Éveil [Libre]   Dim 10 Avr - 0:00
Les yeux en amande, lèvres étirées en un air contenté, je guide le convoi par-delà les portes. Ce semblait bien se faire, pour le moment. Pourtant, quelques signes qui ne trompent pas. Ils ont vu. Ils ont senti. Cette demi-seconde de relâchement n'est pas passée inaperçue, ce mis en évidence par le mouvement de recul d'Aubrée. Pour y répondre, un sourire désolé, comme une excuse silencieuse. Malgré ça, le dialogue s'est poursuivit, pour mieux laisser mourir le malaise naissant. Même malaise que celui ressenti lors qu'il eu été mention de leur Cosmos. De sa nature particulière. Sur l'instant, l'impression d'avoir mis le doigt sur une zone sensible. Heh, des choses à cacher, hein ? Bien, bien. Je ne suis pas pressé. Curieux, oui, impatient, non. Du temps, des moyens, et tant que l'intérêt sera présent, consacrer un peu des deux à travailler la piste. Puis, lorsque je saurais, ou bien lorsque je me lasserais, cesser. Mais autant laisser ça de côté, maintenant. Premiers pas dans l'intérieur du Dédale, avec les paroles d'Aubrée pour ponctuer les pas dans le sol devenant progressivement de chair. Un rire faussement gêné pour recevoir les premiers mots de la mère.

C'est là m'accorder bien trop de mérite. Vous avez cela dit vu juste, les Cardinaux – au chiffre de 4 – sont à la tête des 4 armées que renferment ces murs. Et non, je ne vous mène pas à Arès en personne, plutôt à son représentant direct, le Pontifex. Heh, s'il devait recevoir en personne chacune des nouvelles recrues qui se présentent à ces portes...

Sans jamais se finir, ma phrase se ponctue d'un rictus désabusé. S'ils ne le devinaient pas, ces trois-ci découvrirons bien assez tôt le tempérament du Dieu de la Guerre. Dieu de la Guerre et de la Destruction... ça annonce la couleur, non ? Quoique qu'à ses mots, j'aurais tendance à dire que la mère n'était que trop peu au fait de ces choses-ci. Une information à la fois, va. Ils apprendrons.
Guerre et Destruction, oui. « Ici chez moi », qu'elle dit. Si la formule et ses atours élogieux ne manque pas d'éveiller à la fois fierté et amusement lors de la première écoute, y repenser me plonge dans une réflexion plus poussée. Chez moi. C'est autant la plus claire des vérités que le plus éhonté des mensonges. Rien qu'à voir les gardes une fois la porte passée. Certains sont là, à dévisager le couple, mine patibulaire, regard torve. Ce sont des barbares, ni plus ni moins. Des comme j'en ai tant côtoyé.

Et je les vois. Aussi austère soit-elle, la beauté simple de la mère attire quelques regards, des paires d'yeux d'où se reflète les bas-instincts de ces sauvages. Pour convive inhabituel, réaction inhabituelle. Souvent, ceux qui passent ces portes le font entourés d'une aura qui force soit le respect, soit la crainte, soit l'animosité. A ça, ces hommes savent tous répondre selon les réactions typiques qu'on leur rapporte. Or, du changement, des dehors qu'ils n'ont pas – plus – l'habitude de côtoyer. Des dehors d'innocence, de faiblesse. Ce simple couple paysan et leur fille, sur leur carriole, fragiles par bien des aspects. De quoi susciter chez ces hommes des idées pas bien plus glorieuses que celles des brigands morts plus tôt sur la route. Aux regards s'associent quelques messes basses dans les rangs, puis des rires gras, sales et peu discrets. Des remarques qui fusent trop bruyamment, qui finissent par m'arriver aux oreilles. Une patience qui commence à s'évaporer. Pour le signifier, une toux bruyante suivie d'un regard accordé à chacun des fautifs. Je m'approche d'eux, eux qui sont de grosses masses de muscles. De mon presque mètre soixante-dix, j'arrive à peine à leur torse, et pourtant, rien ne change. Rien, sauf mon attitude. Chaleur devient froideur, la lueur pétillante dans mes pupilles s'éteint au profit d'un Abysse complet. Le sourire enjôleur disparaît, la bouche se ferme, neutre, le tout pour une expression sévère, impérieuse.

C'est bon ? On a fini ?

Ils déglutissent, opinent rapidement du chef, se réajustent pour passer droits comme des piquets. Le contact visuel qui se suspend encore quelques secondes, une tension qui s'installe. Puis le sourire refait surface, mes mains se joignent en un clap sonore. « Bien! ». ça de fait, je me retourne vers les trois.

Pardonnez. Je profite donc de l'occasion pour vous mettre en garde : J'aime à me considérer comme l'un des plus arrangeant parmi les miens. Peut-être mon accueil ne sera pas le juste reflet de ce qui vous attend plus loin. Eeeet, disons que vous n'affichez pas le profil le plus courant par ici.

Ça d'annoncé, je reprends mon chemin alors que se fait entendre une voix jusqu'ici absente au chapitre. Je me retourne sans ralentir, lance un regard vers le père, puis fatalement, vers la fille. Un sentiment qui arrive, doucement. « Une famille ». Je les vois, mais cette fois-ci de mes yeux d'homme plus que de mes yeux de Cardinal. Depuis mon point de vue, ils sont chacun l'un à côté de l'autre, la mère un peu plus en avant, le père à sa droite, la fille collée à lui. Un émoi nostalgique, trahit par la disparition de cet air jovial. Je les fixe, troublé, une peine morne au visage.

Ca faisait longtemps.

Souvent, de brefs flash de mon passé plus proche, celui marqué par le sang. Là, plus profond. Plus intime. Souvenir de la famille, de Carthage, d'une vie stable, sans guerre, sans morts. Simple. Je reste stoïque un temps, presque admiratif face au spectacle. Quelques clignements d'yeux, retour d'une façade plus contenue. J'ignore ce qui peut entraîner telles personnes dans les filets de la guerre, mais.... Un soupir. Ai-je vraiment envie de le savoir ? Sûrement, mais pas maintenant. Pas après ça. Gardons donc cette image-ci pour le moment. Malgré tout, m'inquiéter de l'implication de la petite, maintenant qu'elle se manifeste. Quoi, six, sept ans ? 'Chier... Rien de nouveau, surtout pas pour moi. A peine quelques années de plus lorsque les premières marres de sang se sont collées à mes mains. Pas un malaise, mais un peu d'empathie, de chagrin. Je garde ça pour moi, m'engage dans le labyrinthe de chair. S'il est familier à mes sens, le Dédale a tendance à mettre en alerte ceux des nouveaux venus. Comme toujours, ces murs qui respirent, ces silhouettes qui se dessinent en leur sein, tantôt mouvantes, tantôt immobiles, tantôt indifférentes, tantôt agressives. Parfois, des doigts griffus qui se devinent de l'autre côté de l'épaisse peau, comme pour la percer, sans succès.

Toujours la même chose. Bref. Pour en revenir aux corps dehors, j'ai rarement vu ça, je dois dire. Vos capacités doivent être bien atypiques, pour arriver à tel résultat. A moins que le geste que je soupçonne leur ai été motivée par un quelconque élan désespéré... Mais ce ne fut pas aussi simple, n'est-ce pas ?
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Message Re: [Juin 550] Éveil [Libre]   Dim 10 Avr - 3:23
Si son interlocuteur se montrait malicieux et calculateur, il ne démontrait pas moins quelques faiblesses – si on pouvait les appeler ainsi – dans son jeu. Sa grande puissance ne semblait pas avoir comblé les brèches de sa bonne conscience et les tourments le guettaient. S'il ne se livrait pas explicitement, son attitude le faisait de manière partielle et sporadique ; signe qu'ils ne lui inspiraient pas un grand danger. Au contraire, bien que ce soit infime, un lien empathique était en passe de se construire. Un lien auquel Aubrée ne se fermerait pas. Le lieu était trop inhospitalier à son goût et elle ne s'y sentait guère à l'aise. Les innombrables regards et leur nature tendaient à nourrir le sentiment de sa vulnérabilité.

Comme Zvezdan l'avait laissé entendre, les nouvelles recrues étaient affaire courante et quand bien même cette citadelle prônait le carnage, leur effectif se révélait impressionnant. Mais cela valait-il surprise pour autant ? Il suffisait de considérer l'endroit comme le refuge des rebuts de l'humanité pour s'expliquer cette vision de fourmilière. Si elle s'y perdait, ils la dévoreraient ; d'où l'intérêt de tisser des liens avec cet homme qui se montrait de l'avis de l'intéressé et du sien plus... raisonnable. Elle s'en méfiait, mais envisageait sa fiabilité. Il lui importerait à l'avenir d'identifier les mécanismes de sa conscience pour l'utiliser à bon escient ; ce qui ne le rendait pas perdant, car elle lui rendrait bien.

La pertinence de cette ébauche de plans dresse son potentiel quand le jeune homme parvient à inspirer – assez aisément – une terreur prompte à imposer le silence sur son passage. L'autorité de ces cardinaux n'était pas surfaite. Et s'il lui permettait – pour le cas présent – d'être épargnée par les malveillances de ses nouveaux camarades, Aubrée n'allait pas fanfaronner pour autant, maintenant le même comportement distant. Si Zvezdan lui confirmait son sentiment, elle n'était pas pour exprimer de la crainte ; comme si elle n'aurait à subir qu'une fois ce rite incommodant. En parallèle, Esther vire d'une émotion à l'autre presque sans transition ; Brieux la canalisant comme il pouvait.

-C'est ici qu'on voulait nous inviter alors ? Ce n'est pas vraiment comme je l'imaginais...

Disant cela, Esther regarde compulsivement les différents individus alentours. Ils l'intimidaient et s'en protégeait en se cachant autant que faire se peut derrière son père.

-Ne te fais aucun souci Esther. Vois ces personnes, elles ne sont pas moins convives que toi. Tu n'as pas moins de droits qu'eux et cet homme avec nous compte parmi ses garants. Quand bien même ce ne serait pas le cas, je suis là. Je serai toujours là.

L'attention de la petite se porte sur Zvezdan. Aucun jugement n'apparaît dans son regard, comme s'il fallait qu'il lui adresse un tort ou un bien pour que s'amorce quelque chose. Un jugement somme toute enfantin. En revanche, ne s'émouvoir à aucun moment de cet environnement malsain et nauséabond. La réalité n'avait jamais été aussi proche de ses songes. Peut-être ces derniers n'avaient fait que la prédestiner à cette destination, lui inspirant à présent un air de familiarité. Après un moment, son regard se déporte sur Aubrée. Son visage se crispe. Une douleur lente et lancinante paraît l'emporter à mesure que les secondes filent ; ce qui n'est pas sans inquiéter ses parents. Cette inquiétude se meut en une certaine froideur chez Aubrée quand le cardinal les sonde de nouveau. Elle la masque difficilement quand son regard noisette croise le sien.

-Vous parlez de désespoir, je me suis contentée d'incarner le leur puis d'inspirer leur... libération. Comptaient-ils parmi vos amis ?

Une pause est marquée. Esther se montre de plus en plus souffrante. Son état n'avait cessé d'empirer depuis le début de leur expédition. Il était temps de se poser.

-Ceci étant dit, le voyage fut éprouvant. Est-il un endroit où nous pourrions nous reposer ? Et puis... je m'interroge. N'est-il pas mieux de laisser l'initiative de la rencontre au Pontifex ?




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Message Re: [Juin 550] Éveil [Libre]   Jeu 14 Avr - 18:15
Continue le chemin. D'une oreille distraite, j'écoute le dialogue entre le père et la fille. Les mots du paternel font écho dans mon esprit un instant, ça alors que je jette un rapide coup d’œil par-dessus l'épaule vers la fillette. S'y attarder quelques secondes d'un regard neutre, comme pour chercher à percevoir son ressenti vis-à-vis de l'endroit, de la situation, ses appréhensions. Mais pas grand chose. Un peu d'inquiétude à l'intention des gardes, vite calmée par son père. Ca de fait, je me retourne vers le chemin qui se dessine au travers des chairs, mes pupilles qui se posent doucement sur Aubrée lorsqu'elle répond à ma question. Sourcils haussés, j'accueille l'idée comme quoi ces gueux dehors seraient « mes amis » d'un rire franc, teinté d'une note de condescendance. Eux ? Heh, t'es mignonne, toi. Malgré tout, affiche une mine quelque peu perplexe à l'annonce avant ça. Incarner leur désespoir, qu'elle dit ? Hm... Réponse nébuleuse, mais néanmoins gardée en un coin de ma tête. Je mémorise ça, comme je mémorise l'apparent malaise lorsque je creuse en ce sens.

Pas le moins du monde. De simples insectes tolérés puisqu'ils connaissaient leur place jusqu'ici. A leur manière, ils participaient à l'aura du lieu, celle-la même qui dissuade qui n'a rien à y faire d'approcher. Mais peu importe, si ça n'avait pas été vous, d'autres se seraient tôt ou tard chargés d'eux. Pour se défendre, par agacement, par envie... Enfin, j'imagine ne pas avoir besoin de vous faire de dessin.

Et si ça n'était pas clair, ça le deviendrait bien assez tôt : ici, tuer est un geste du quotidien pour beaucoup. Une routine, un hobby, une corvée... Chacun sa façon de voir la chose, reste une constante : ce rouge poisseux sur les mains de tous. En plus ou moins grande quantité selon l'individu, mais toujours présent. Les immaculés n'ont pas leur place en ces murs viciés, et qui croit le contraire est bien naïf.

D'un pas dansant, je navigue entre les couloirs, sinueux, étroits et chaotiques par moments, puis à d'autres, ouverts en de grandes galeries, le tout en une architecture hybride entre l'organique désorganisé, envahisseur et les quelques ajouts faits de la main de l'homme ici et là pour donner un peu plus de structure à l'édifice. L'air songeur, je les guide sans même vraiment regarde où je vais, plus guidé par mes pas que par la réflexion, en un parcours instinctif tant il est connu et répété. Cinq longues années entre ces murs, et même si je suis loin d'en capturer toutes les subtilités, m'y sentir à l'aise, à domicile. Je leur donne mon dos, en tête de convoi, à m'assurer que le chemin se fasse sans embûches jusqu'à Thivan. L'ouïe attirée par la requête de la mère, je détourne légèrement le visage pour laisse paraître un unique œil, le regard d'abord porté sur elle, puis plus tard sur sa fille.

Vous aurez tout le loisir de vous remettre en temps voulu, n'ayez crainte à ce sujet. Hm, ouais, j'enverrais quelqu'un vous trouver ça, ça ira très bien. Quant au Pontifex, m'étonnerai pas qu'il soit déjà au courant de votre venue. En soi, si l'urgence est au repos, ce peut toujours être remis à plus tard, il peut très bien vous trouver tout seul comme un grand si l'envie lui prend, en effet. L'initiative est donc votre, et si cela devait changer eh bien... Vous en serez j'imagine les premiers avertis.

Façon simple de rappeler que s'il ne s'agissait ici que d'une proposition, se porter auprès du Pontifex pourrait plus tard devenir un ordre, donc une obligation. Si ça n'est pas toujours nécessaire, j'aime à rappeler aux nouveaux venus le monde dans lequel ils plongent. Obligations, responsabilités, ordres, hiérarchie. Tous ne sont pas familiers à ce concept avant de passer ces murs, tous ne s'adaptent pas aussi vite qu'il le conviendrait. Autant mettre les choses au clair dès maintenant, donc. Le ton donné, j'affine mon regard vers la fillette pour remarquer... hm... De la douleur sur ses traits. Quoi, elle serait souffrante, en plus ? L'air concerné, je ralenti un peu la marche sans pour autant la stopper nette, ça pour arriver plus au niveau de la carriole. Arrivé à côté, je la fixe d'yeux préoccupés, comme pour définir la nature du mal. Humpf. Là comme ça, ça ressemble juste à une grosse fièvre. Voire de la grippe. Voire autre chose.. Beaucoup de choses peuvent ressembler à la grippe de prime abord, pour en fait s'avérer plus vicieux encore. Mon regard se lève vers le père, dénué de sa lueur malicieuse gardée pourtant tout le long de l'entretien jusqu'à présent. Pour y faire place, des traits plus sérieux, un ton moins badin.

Elle va bien ? Si besoin est, quelques servants ont de bonnes notions de médecine. Si ce devait devenir nécessaire en addition à un temps de repos...

Je laisse planer la proposition, puis me retourne vers Aubrée

Éprouvant, vous disiez ? Heh, j'espère pour vous que les bandits du genre de ceux de plus tôt ne se sont pas fait trop fréquents sur votre chemin. A vous écouter, cela fait bien longtemps que vous cheminez jusqu'ici. D'où venez vous ?
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Message Re: [Juin 550] Éveil [Libre]   Ven 15 Avr - 3:26
Ils étaient habitués aux paysages inhospitaliers. La plupart des chemins ne valaient pas les routes romaines. Souvent, en forêt, il fallait s'arrêter pour libérer le passage. La besogne s'avérait fastidieuse et occupait la plus claire partie de l'expédition. En revanche, les villes et autres lieux où se concentraient les populations offraient systématiquement les aménagements propices à la bonne circulation des biens ainsi que des personnes. Et quand les routes n'étaient pas artificielles, l'éternel va et vient des individus suffisait à défricher le chemin. Mais cette citadelle était différente. Ses résidents innombrables, l'architecture globale demeurait des plus chaotiques, si bien qu'ils durent abandonner leur moyen de locomotion afin de poursuivre la route à pied. Ils le retrouveraient au départ. En attendant, les épaules de Brieux servaient de destrier à sa fille toujours plus faible.

-Papa... Je ne tiens plus... Elle demande... Elle le demande... J'en ai besoin...

Brieux devient nerveux. Une nervosité portée par l'inquiétude. Son regard se porte successivement sur Zvezdan et Aubrée. Le temps presse. Aubrée, de son côté, faisait son chemin avec cet homme. Elle lui avait prêté un sourire de façade quand il s'était esclaffé à sa remarque. On ne trouvait guère de surprise sur son expression et son regard neutre ne dénotait que d'un intérêt feint quand le cardinal de la guerre caractérisait ces anonymes. Son unique curiosité tenait à la nature du rapport qu'entretenait cet homme avec la Mort. Au vu de la vision passée quelques dizaines de minutes plus tôt, celui-ci devait être des plus tortueux.

-Comprenez bien que je ne suis motivée par aucun caprice. Si nous ne pouvons pas rencontrer tout de suite le Pontifex, nous n'y manquerons pas. C'est pour prêter allégeance que nous sommes venus, après tout.

Tandis qu'elle lui répond, Zvezdan s'arrête un temps pour se déporter près de Brieux, l'attitude changée. Il semblait porter sa pleine attention sur Esther. Celle-ci voyait la sueur perler sur les pores de sa peau. Sa respiration trahissait un essoufflement. Ses pupilles se dilataient et lui faisaient apprécier le vide. Depuis le début, aucun des trois n'avait accordé de l'attention à un environnement pourtant singulier. Comme s'ils avaient toujours vécu là. Une supposition comme une autre. Cependant, leur comportement se faisait plus expressif quand la marginalité du lieu apparaissait dans leur espace intime, à quelques mètres d'eux, voire qu'ils gênaient leur bonne marche. Comme si leur champ de perception se limitait à une bulle restreinte. Le regard de Brieux est mélancolique quand Zvezdan l'interroge.

-Vos servants n'y pourront rien, je le crains. Elle souffre d'un mal qu'aucun ne peut apaiser, si ce n'est nous. Moi le premier. Comme l'a dit Aubrée, nous n'avons besoin que d'un moment. Ensuite, ils auront tout loisir de rencontrer votre maître.

Il se retourne vers Aubrée. Ce cardinal ne trahissait qu'une condescendance formelle. Supérieur, il l'était et le faisait comprendre. Mais au fond, son intérêt à son égard se parait d'une curiosité insatiable. Rien ne lui échappait et ses angles d'attaque se multipliaient ; si bien qu'elle renonçait peu à peu à l'égarer. D'ailleurs, à aucun moment elle n'avait essayé de lui mentir, pressentant les dommages potentiels sur le long terme. Définitivement, il ne fallait pas en faire un ennemi. C'était du moins ce que son instinct primal lui dictait.

-À dire vrai, l'attention que vous me portez me surprend assez, eu égard de votre rang. Ce n'est pas tout. Vous pouvez libérer une proie et trahir une aura sanguinaire la minute qui suit. Vous êtes... compliqué à saisir.

Aubrée reste un temps silencieuse suite à ces quelques impressions. Son attitude s'habille de la curiosité de son interlocuteur. À bien l'observer, certains signes dégagés par le cardinal se retrouvaient de manière subtile dans le comportement de la jeune femme.

-Nous venons de Francie, mais nous ne nous éternisons jamais au même endroit. Ma fille n'est pas moins curieuse que vous, et nous l'accompagnons autant que faire se peut. Elle est notre raison d'être, vous comprenez ?




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Message Re: [Juin 550] Éveil [Libre]   Mar 19 Avr - 6:14
Ils se multiplient. Au compte goutte, les indices d'une fresque dont je ne devine pas encore la pleine ampleur tombent, parfois en un fracas évident, parfois en une discrète nuance à peine perceptible. Ce « elle », la petite maladive, en sueur, tremblante. A la voir comme ça, je laisse filer un regard empathe, désolé. D'une oreille, j'écoute la réponse d'Aubrée, puis acquiesce brièvement.

Hm. Laissez, oui, ce sera pour plus tard. Je ne doute pas de votre bonne volonté et vu l'état de la petite...

Un soupir résigné, puis la réponse de Brieux, désormais. De là, mon intérêt renaît, la mine vaguement attristée de plus tôt disparaît, mes yeux se relèvent, à l'affût, comme un chasseur tombé sur son gibier.

Ils ? Vous ne venez pas ?

J'affiche un regard perplexe, résolument interloqué. Un mal incurable, hein ? De tous sauf d'eux, ses parents donc. Et lui plus particulièrement, qu'il dit. Hm... C'est vraiment très louche. On a tous nos mystères ici au Dédale, mais eux, plus que de cacher ces mystères sous un apparat banal, un masque quelconque ou autre, ils transpirent l'inconnu. Tout pousse au questionnement, leurs mots, leurs mimiques, leur comportement, leur nature elle-même... Et ils sont là, tous les trois, clairement hors de l'endroit, mais en même temps à l'aise, pas plus affectés que ça par un environnement dont on pourrait attendre qu'il affole des gens de cette apparence. Mais ça a été prouvé dès les premiers cadavres dans leur sillage, et plus encore avant ça, ça a été prouvé depuis la nuit des temps : Les apparences sont trompeuses. Heh, je ne le sais et ne l'exploite moi-même que trop bien, à vrai dire.

Mon regard alors habité d'une certaine intensité se retourne finalement vers Aubrée. Un court instant, mes sourcils se froncent, l'air vaguement courroucé. Ces deux-là cherchent trop à gentiment esquiver mes questions depuis un moment, chose que je tolère puisqu'au final, chacun son jardin secret. Mais plus ça va et plus je me dis que savoir pourrait s'avérer vital, d'un point de vue purement pragmatique. Je l'écoute énoncer ses observations, la mâchoire qui se serre un peu durant le discours. Clairement, je n'aime pas avoir à parler de ces... Absences. Et ça a tendance à vite se faire savoir.

Je sais reconnaître un puzzle qui vaut la peine d'être complété quand j'en croise un, dirons-nous. Tout comme je sais faire fi du rang pour m'intéresser à tout. D'expérience, Ce qu'on ne sait pas sur les siens, c'est ce qu'on ne peut exploiter à profit dans nos desseins. C'est aussi ce que l'on peut finir par découvrir dans la douleur. Un général s'il est sourd à la voix de ses hommes et aveugle à leurs manigances ne peut espérer faire long feu. Vous n'êtes pas d'accord ?
Un sourire léger aux lèvres, la colère partie aussi vite qu'elle est apparue.

Quant à mon comportement quelque peu... Dual, disons que ça fait partie de mon charme.

Mon rictus de plus tôt s'ouvre en une rangées de belles dents blanches, les traits changés en une expression joueuse. Une réponse facile que je ne prends pas la peine d'enrober plus que ça, façon de tester la présence d'esprit de la mère, qu'elle se rende compte que si j'ai toléré une fois que les rôles soient inversés, ça n'était pas pour arriver un second temps. Pas sans conséquences, du moins.

Lorsqu'elle est évoquée, mon regard se tourne vers Esther, une tendresse quelque peu contenue dans le regard. Leur raison d'être... Quelque chose me pousse à chercher plus loin mais... Hm. Non, plus tard. D'eux-même s'ils le veulent, ou avec le temps et l'arrivée d'autres indices. Mais pour le moment, me contenter de ça. On arrive dans une intersection puis j'arrête le convoi, m'approchant d'Esther d'un pas souple. Arrivé en face d'elle, j'affiche un grand sourire presque enfantin, comme celui qu'on peut me trouver au visage dans des situations plus cocasses.

Tu vas tenir le coup, Esther ? Ton père va pouvoir t'aider, si j'ai bien compris, ça ira mieux après. On me dit que tu es curieuse. Tu pourras me poser toutes les questions que tu veux quand tu seras en état, j'y répondrais avec joie. En attendant essaie d'endurer, je vais vous chercher une chambre, d'accord ?

Soutenant l'expression figée sur mes lèvres un moment, je me retourne enfin vers Aubrée,

Suivez-moi, on va essayer de vous trouver un endroit convenable.

Et je commence à m'engager dans une des artères, une que je sais donner sur plusieurs quartiers plus ou moins adaptés aux besoins d'un trio d'occupants.
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Message Re: [Juin 550] Éveil [Libre]   Jeu 21 Avr - 6:44
Une forme de soulagement quand leur requête est reçue. Mais cette conclusion était de circonstance au regard de l'état de la Tarentule. Il aurait été difficile de faire bonne figure devant le Pontifex, d'autant plus qu'Aubrée et Brieux perdaient de minute en minute leur vitalité, au point que cela commence à devenir visible d'un point de vue extérieur. Aussi Brieux n'adresse-t-il qu'un regard morne à Zvezdan, ne réagissant guère plus. Des deux, il était la marionnette la plus affectée par cette baisse de régime ; Aubrée se montrant quant à elle plus résiliente. Il n'empêche qu'elle faisait pâle figure devant la vivacité de son interlocuteur, décidé à se parer des atouts du requin.

-Vous raisonnez en guerrier, et en cette qualité, je vous donne raison. Mais ce n'est pas tant une ruse que notre mode de vie qui est ici relevé. En cela, je n'ai aucune vérité à confesser. Je n'ai nulle intention de vous leurrer, Zvezdan. Je n'en ai jamais eu.

Son visage s'était fait neutre tandis que son vis-à-vis exprimait une colère qui en d'autres circonstances serait parvenu à l'intimider. Ce comportement n'était pas sans s'expliquer par l'inhibition croissante de ce qu'elle percevait. Aussi n'a-t-elle qu'un sourire artificiel à lui présenter en réponse à son ironie. Selon toute vraisemblance, elle n'était plus en position de gagner du terrain sur son interlocuteur. En effet, ce dernier entreprenait de se fermer pour ne plus porter que ses attributs de cardinal ; les ramenant à leur place dans cette citadelle.

En parallèle, l'état d'Esther faisait peine à voir. Visiblement, elle se vidait du peu de force qui lui restait et luttait pour ne pas simplement sombrer dans l'inconscience. Brieux qui le portait avait lui perdu son restant d'étincelle dans le regard ; non très différent à une coquille vide. Il n'était plus capable que de se mouvoir. Quand Zvezdan se tourne vers eux, Esther quitte difficilement le vide pour rencontrer son regard. L'attitude du cardinal est tel qu'il parvient un instant à déshabiller la trombine d'Esther de son affliction pour le voir exprimer de la joie motivée par une attente sincère.

-Tu le promets ?

Ces quelques mots – à peine audibles – avaient été difficiles à prononcer, et cet effort devait justifier l'économie de sa réponse. Le visage de Zvezdan lui apparaissait flou, ce qui se retrouvait dans ses pupilles semi-dilatées. Aussi les trois le suivent jusqu'à la destination promise, sans n'avoir plus de discussion à prêter qu'aux prochaines questions potentielles du cardinal. Ils n'auraient à prendre l'initiative de la parole – sous les traits d'Aubrée – qu'au moment d'atteindre ce qui serait leur refuge temporaire.

-Nous n'oublierons pas vos égards à notre adresse. Si nous n'avons aucune compétence martiale à vanter, je reste convaincue que certaines de nos capacités pourraient vous être très utiles. Si vous le voulez bien, nous en reparlerons lors de notre prochaine rencontre.

Si Brieux les quittait pour mener Esther à l'intérieur, Aubrée demeurait disponible au cardinal ; le temps qu'il prenne l'initiative de couper l'entrevue, du moins.




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
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Message Re: [Juin 550] Éveil [Libre]   Jeu 21 Avr - 8:07
Si nul mot ne vient me répondre, l'allure elle se fait le plus éloquent des retours. Ce type... Et elle aussi en fait. Eux. Mais lui plus que tout. Lui a l'air comme vide, vide de tout si ce n'est de ce semblant d'énergie qu'il lui reste pour avancer un pied devant l'autre, ce en une lente avancée. Était-ce pour cela qu'il est resté tant en retrait jusqu'ici ? Pour tâcher de masquer ce déclin ? Un grognement qui s'échappe de ma gorge face à ces interrogations qui se multiplient. Les trois semblent dépérir à l'unisson, ces trois-là qui plus tôt dégageaient un unique Cosmos. J'y pense, puis les mots d'Aubrée viennent me titiller l'oreille, ça alors que j'avais continué le chemin l'air distrait, des dehors faussement insouciants pour cacher l'effort intense de la machinerie interne. A ses mots, je lâche l'horizon du regard un moment pour la fixer, longuement. Je reste comme ça quelques secondes, à la dévisager sans vraiment laisser transparaître quoique ce soit, l'air neutre. J'acquiesce finalement d'un hochement de tête, pour vite reprendre des traits détachés.

Puis lorsque je me penche vers Esther et qu'elle me réponds de sa voix faible et difficile - ça alors qu'elle établie un contact visuel apparemment dur à maintenir -, je réponds d'un franc sourire, les yeux reflets d'une sincérité complice.

Promis !

C'est dit d'une voix forte, le ton énergique, un peu espiègle sur les bords. Tiens le coup,va, petite. Heh... J'aime pas voir une gosse dans cet état. Et même malgré mes doutes ceux-là, sur leur nature profonde... Ca reste à mes yeux une gosse d'à peine neuf ans, et j'aime toujours pas la voir dans cet état. J'aime pas habituellement, moins encore ces derniers temps. A voir ces trois-là débouler ici, puis elle, maladive et pâlotte, j'ai une pensée pour Li et le marmot qui pousse dans son ventre. Ca revient dans mon esprit, puis aussi dans mes yeux, toujours perdus à l'horizon mais quelque peu mélancoliques.

Finalement, on arrive vers l'endroit dit. Un couloir en apparence long et vide, mais pour qui a l'oeil aguerri, des endroits où les parois sont légèrement gondolées. Je m'arrête devant l'une, pose ma main sur cette peau, me concentre. En une poignée de secondes, la chair de sépare en deux par le milieu pour épouser la forme d'une ouverture taille humaine, tandis le mobilier – fait de la main de l'homme mais aussi de sa chair – se devine à l'intérieur. Je regard Brieux passer avec à l'intérieur avec Esther, le regard définitivement vidé de toute vie. A la petite j'offre un vif signe de main pour dire au revoir, souriant, pour enfin reporter mon regard sur Aubrée, un peu plus sérieux sans me départir de ma décontraction. Un rire discret lorsqu'elle parle de leurs capacités martiales.

Oh que si, croyez-moi, à votre manière vous en possédez, que vous le vouliez ou non, que vous en soyez conscients ou non. Même les plus faibles et démunis des éveillés possèdent une force insoupçonnée du genre humain. Mais oui, je me doute que votre expertise réside ailleurs, et j'entends bien m'assurer que les points forts de chacun soient utilisés à bon escient. Mais passons ! Nous reparlerons en effet de tout cela plus tard, je vais vous laisser à vos quartiers désormais. J'espère vous revoir en meilleure forme lorsque nos chemins se recroiserons.

Un regard entendu, suivi d'un coup d'oeil rapide vers l'intérieur, comme poussé par un énième accès de curiosité. Je finis par tourner les talons, l'esprit préoccupé par ce étrange trio. Ou du moins cet apparent trio. Heh, à leur manière, ils m'ont fait forte impression. Ils restent un mystère demeurant opaque, quoique craquelé par endroits à force de questions et observations. De plus, ils semblent une pièce aux facultés bien différentes de celles de pions qui ont l'habitude de servir Arès. Mes pas résonnent un temps dans le couloir, la démarche nonchalante, toujours un peu imbibé, et la fatigue qui commence à poindre vu la journée. Un dernier regard en arrière, un éclat malicieux dans les prunelles.

Ah et, bon courage avec le Pontifex.

C'est dit d'un ton mielleux, trop mielleux pour ne pas sous-entendre quelque chose. Pour aller de paire avec ce ton, un sourire en coin, puis mes paupières qui se ferment lourdement quand je reprends la route.
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