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 Troubles ressemblances (Sunilda)

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Message Troubles ressemblances (Sunilda)   Mer 20 Avr - 8:39
Airôth savait se mouvoir rapidement, son Cosmos qu'il apprenait à maîtriser petit à petit lui ouvrait de nouvelles choses : il s'approchait de l'idéal, de son idole, la Rougeoyante. Depuis sa rencontre avec Sunilda beaucoup de choses lui apparaissaient plus claires, ressentir de manière si forte le lien entre les deux armures lui avait fait prendre conscience de bien des choses, à commencer par l'essence même du Cosmos qu'il s'était contenté d'effleurer jusqu'ici. Il grandissait au fil de ses rencontres et expériences, parfois de manière lucide de d'autre sans s'en rendre compter réellement, guidé par des paroles aux valeurs fortes. Incrustées dans son être à jamais.

Durant le voyage entre le port et le Sanctuaire Sunilda n'était pas vraiment en forme, son passé la rattrapait sans doute et entre ses mésaventures et la traversée ils ne s'étaient pas réellement vus ni parlés. De fait une fois arrivé à terre, le Taureau d'Airain fit ce qu'il trouva de plus naturel : la porter encore. A croire qu'il aimait cela même. La trajet n'allait pas durer très longtemps, ils avançaient vite et Airôth profitait de ce temps où ils ne faisaient rien d'autre qu'avancer pour questionner celle qui l'attendait depuis longtemps.

- J'ai tellement de questions Sunilda... Pourquoi m'attendais-tu par par exemple ? Pourquoi attendais-tu enchainée..? Raaah... je n'ai pas envie de te déranger, de tout sortir tout en bloc comme ça. Excuse-moi.

I
l essayait de ne pas la brusquer, d'y aller pas après ; elle savait qu'ils allaient au Sanctuaire mais... semblait pourtant ne rien savoir. Troublant, il ne savait rien d'elle au final. Elle semblait tant savoir et ignorer. Bien différente de toutes les personnes qu'il avait connu, intrigante et à n'en pas douter plus que fantasque. Lui face à elle semblait à la fois perdu et rassuré, l'avoir contre lui était naturel, une proximité dont il n'avait que rarement goûté à dire vrai. Oh des femmes il en avait porté dans ses bras par le passé, pour les aider à chaque fois. Pour les sauver. Mais cette fois c'était légèrement différent, il ressentait un besoin comme une attirance pur, juste sa présence lui suffisait. Qui es-tu...

Leur arrivée aux portes de Rodorio marqua le signe d'un premier changement, avant qu'Airôth ne parle elle semblait avoir compris et lui fit signe de la laisser, de la poser à terre. Peut-être souhaitait elle juste découvrir ce nouveau monde par ses propres pieds ? Il n'en savait rien, comme toujours avec elle. Les nuées l'entouraient. Pourtant ils ne brisèrent pas la distance, elle restait accrochée à son bras qu'il lui avait presque instinctivement tendu. Apaisement. Ils avançait plus calmement, étaient chez eux à présent... Airôth hésitait à lui expliquer certaine choses, il avait la lourde impression de se tromper sur elle à chaque fois qu'il ouvrait la bouche, comme si leurs mondes n'étaient pas réellement connectés au contraire de leurs âmes. Puis il la vit. Elle. Sa chevelure éclatante au loin, vivante face aux coups du soleil. Il l'avait reconnu il en était plus que sûr. Portant son visage vers le Cancer hâtivement, elle avait compris en voyant son expression plein de surprise et de questions. Elle comprend toujours. Aussi il se mit à hurler son nom pour qu'elle puisse l'entendre avant de pénétrer dans cette battisse aux allures douteuses.

- NIMUË !

L
a distance entre eux s'effaça rapidement, le Taureau d'Airain s'était surpris à courir, son cœur s'emballait comme son esprit d'ailleurs, assaillit par les questions. Que fais-tu là. Tu es partie. Est-ce vraiment toi. Suis-je fou. Les réponses arriveraient bien assez vite il n'en doutait pas. Il savait qu'il n'y voyait là peut être qu'une ressemblance certaine, il se rassurait en se disant qu'il se trompait de personne... Après tout Ainia elle aussi possédait une chevelure similaire... Oui mais pas cette allure, pas cette démarche.

Satine... Elle s'était retourné lorsqu'il avait appelé celle qu'il pensait qu'elle fut en cet instant mais il n'eut besoin que d'un seul coup d’œil pour comprendre que ce n'était pas elle. Troubles ressemblances. Elle était rayonnante et pimpante comme elle lors de leur première rencontre, pourtant elle n'était qu'une copie. Sa balafre n'était pas au même endroit. Elle semblait saoule, ses joues légèrement rosies par l'entrain. Elle râlait, pestait contre le Taureau d'Airain, lui hurlant qu'elle n'était pas cette vieille sorcière qu'il imaginait. Vieille sorcière..? Elle se présenta comme sa sœur et lui demandait pourquoi encore une personne la cherchait elle. Qu'elle était partie. Je ne le sais que trop bien... Avait-elle décelé un trouble dans son regarde ? cette déception sur son visage teinté d'inquiétude ? Satine l'avait peut être compris, elle qui était de son sang. Son sang. Lui et elle étaient liés. Par des mots. Par des gestes. Elle soupirait, ronchonnait souvent. Lâchait des insultes sans cesses... Oh il voyait bien là un semblant de similitude avec celle qui, coincée dans sa cheminée, s'était montrée tellement courtoise. Voir cela le fit sourire, lui rappelant qui elle était avant son départ.

Elle devait lui faire confiance au fond, confiance en ce qu'elle voyait, ressentait. Elle lui avait parlé de Nimuë, de son départ. Alexandrie, trouver Old John. Puis avant de se quitter... Fais attention, vis à vis d'elle. Il voulut lui en demander plus mais comme sa sœur elle avait disparu. Comme si elle n'avait jamais existé. Enfoncée dans cette auberge, à coup sûr pour boire. Comme elle.

Il avait retrouvé Sunilda, ou peut être était-ce elle qui l'avait trouvé. Il ne savait plus. Perdu. Il avait enfoui toutes ses pensées jusqu'ici, n'y avait pas songé depuis qu'elle était proche de lui, pourtant cette rencontre venait d'éveiller à nouveau cette sensation en son être. Une chaleur dérangeante et lourde. Il chercha l'ancienne esclave, ses prunelles si étrange qu'il pensait comme un remède. L'oubli. Mais rien n'y faisait. Il la revoyait encore face à lui.

- Je... pardonne moi Sunilda... j'ai cru... voir une personne qui...
Mon Poison... n'est plus là...

A
cet instant il se surprit à entendre dans sa tête comme un résonnement, avant même qu'elle n'ouvre la bouche il avait compris une chose sur elle. Comme un révélation.

Je sais, Taureau Blanc...



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Message Re: Troubles ressemblances (Sunilda)   Mer 20 Avr - 10:55


Il y a des murmures dans les cieux. Des présences qu'il fallait à tout prix éviter. Se cacher, se défiler. Se fondre dans le noir, dans le ventre du navire qui l'avait entraîné loin de Rome et de ses chaînes, voilà ce qu'avait fait Sunilda lors de la traversée. Les marins qui la croisaient, toute recroquevillée dans son coin avaient fini par ne plus se préoccuper d'elle. Quelle étrange petite chose esseulée, perdue dans son esprit, à murmurer pour elle toute seule des paroles réconfortantes dans son ancienne langue. Autant de prières adressées à son ancien Dieu Odin. À Athéna, parfois, quand elle la sentait tourner son regard vers elle. C'était chaud et agréable, là, au creux de son cœur. L'hiver dans ce dernier s'était tut. La main du printemps effaçait les quelques blessures qu'elle portait, invisibles, pour renaître à autre chose. Sunilda n'aimait pas l'eau. Trop capricieuse, trop changeante.

Toute tremblante, l'ancienne esclave avait posé un pied sur la terre ferme, puis un second avant de voir le Taureau Blanc lui apparaître. À sa simple vue, ses tourments s'étaient envolés et un immense sourire s'était prit à parer son petit minois de poupée de porcelaine. Aussitôt, comme répondant à un geste mécanique, le Saint s'était penché pour la cueillir, l'extraire hors du sol. Se retrouver une nouvelle fois dans ses bras fit taire l'inquiétude qui germait dans son être. Elle en oubliait les voix, au dessus de sa tête qui pesaient comme un couvercle. Lourd, entêtant. Insidieuses présences. La jeune Sainte avait baillé, à s'en décroché la mâchoire. Le voyage n'avait pas été de tout repos, et le sommeil, longtemps, l'avait ignoré et gardé loin de son royaume.

Quand il l'interrogea, sa tête dodelina, ses yeux, mi-clos, s'étaient rouverts en grand. « Hm ? »

Fut la seule chose qu'elle fut capable de dire avant de se plonger dans ses réflexions. Que lui répondre ? La jeune femme ne le savait pas. Un haussement d'épaules plus tard, elle leva ses yeux violets vers lui, comme pour le sonder. En réalité il lui laissait une occasion de lire en elle. Elle n'avait pas de mots, peut-être saurait-il en piocher au fin fond de ses prunelles ? C'était comme ça qu'elle communiquait. Une manière bien étrange, si éloigné des habitudes humaines. Parler. Ô cela lui arrivait de parler, beaucoup ou très peu. Il y avait des moments pour le faire. Ou se taire. Sunilda sentait que ce n'était pas le moment d'ouvrir la bouche. Les réponses à ses questions, il pourrait aisément les trouver tout seul.

Ils étaient arrivés dans un petit village, tout blanc, si lumineux que la Sainte du Cancer remua entre les bras de son protecteur. Si beau. Si chaleureux. Et le Soleil était si chaud en cet instant. Mais tout à coup, une ombre glissa jusqu'à eux. Jusqu'à lui. La tête penchée sur le côté, Sunilda, attentive, observa l'expression du visage de son compagnon se décomposer. Que se passe t-il Taureau Blanc ? Quel est ce sentiment qui étouffe ton cœur et ton esprit ? Espoir ? Ô quel belle couleur que ce rouge. Sunilda avait comprit et s'était faufilée ailleurs, à l'écart. Dans l'ombre immaculée d'une maison où des enfants et des vieillards se reposaient.

Nimuë ?

Sunilda se détourna de la scène pour s'intéresser à une vieille dame occupée à tresser un chapeau de paille.

Sunilda …

L'appel silencieux la porta de nouveau aux côtés du jeune homme, qu'elle gratifia d'un sourire apaisant. Elle cherchait à s’accrocher à ses yeux mordorés, pour que lui-même puise dans les siens, un semblant de réconfort. Une réponse. Sa main se noua à la sienne dans une étreinte à la fois douce et ferme. La perte. Immense et vaste perte, mêlée à une peine si grande qu'elle obscurcissait tout jugement.

« Ne prononce plus son nom. Sauf si elle est encore en vie, d'accord Taureau Blanc ? »

Une légère crainte flottait dans l'améthyste de ses yeux. Elle ne voulait pas le voir affublé d'un fantôme. Elle voulait préserver son cœur d'une lourde maladie. Celle qu'apportait les morts : la Mélancolie. Soudain, la jeune Sunilda se tourna vers le ciel, y chercha un moment, comme un écho. Un soupir.

« Il n'y a personne ici … Celle que tu cherches n'est plus là, oui. Celle qui apporte la Mort est loin. Ne t'approche plus du Rouge. D'accord ? »

Pourtant, hommes et femmes se bousculaient autour d'eux.

Sunilda ...


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Message Re: Troubles ressemblances (Sunilda)   Ven 22 Avr - 8:31
Encore en vie..? Il n'y pensait plus c'est vrai, voir Satine aussi rayonnante, autant qu'elle pouvait l'être dans son état, lui avait fait oublier la Nimuë qu'il avait quitté avant son départ. Son état. Quelque chose la rongeait au plus profond de son âme, les tourments qu'elle connaissait. Son Poison. Ou son absence. Il la revoyait encore devant lui, tenant à peine debout. Au plus mal... la mort était proche d'elle. Il n'y pensait plus, peut être ne voulait-il juste plus y penser pour se rassurer, mais Sunilda lui avait fait comprendre, rappeler. Non... Elle ne peut pas. Une larme perla lentement au coin de son œil, toujours le même, alors qu'il fit un signe de tête à l'ancienne esclave en hochant légèrement la tête de bas en haut. Oui elle est vivante. Il s'en persuadait et ne voulait croire autre chose.

Il sentait la pression sur sa main, l'appréciait. Douce chaleur. Airôth porta son regard sur elle encore plus et vit l'inquiétude réelle que tout ces gestes et mots renfermaient, l'ayant compris seulement en la voyant affublé de cet air... Cette sollicitude le touchait directement mais il ne voulait pas l'inquiéter, elle qui avait tant souffert. La préserver oui. Pourtant elle semblait répondre à chacun des mouvement de son cœur, à chaque fois. Il n'y pouvait rien, il l'avait compris comme lorsqu'il avait commencé à la questionner, sa réaction. Où était l'importance réelle de ces choses ? Il devait l'accepter, cette jeune louve égarée dans les nuées était là désormais liée à lui et il ne s'en plaignait pas, bien au contraire. Elle l'apaisait continuellement. Même en cet instant, rien qu'un peu.

Son esprit et son cœur voyageait sans cesse. Mais les mots de Sunilda encore une fois... Comment ? Celle qui apporte la Mort est loin... Ces mots semblaient si proches de ceux qu'il avait entendu face à elle, de sa propre bouche. Poison. Comment le Cancer avait-elle bien pu savoir cela ? Non, le Taureau d'Airain le savait très bien, le problème n'était pas là pour lui. Y'avait-il seulement un problème ? Il resserra l'étreinte en sa paume, légèrement, avant de poser son autre main par dessus celle de l'ancienne esclave.

- Elle n'apporte pas la Mort. Elle est juste.. blessée. Invisible.

N
e pas s'approcher du Rouge... Les mots étaient fort, oui, Airôth comprenait. Pourtant il n'en ferait rien. Son sang. Son être. Il la reverrait, inévitablement, un pacte sous-jacent les unissait et les mènerait tous deux vers de nouveaux chemins. Quels qu'ils soient. Il n'en dit rien, Sunilda était puissante et le comprendrait certainement en observant le Taureau Blanc. Les mots semblaient parfois inutiles. Mais son coeur vaillant lui empêchait de ne pas la rassurer, de ne pas la protéger. Au moins un peu.

- Je.. ne poursuivrai pas si je ne peux plus prononcer son nom.

E
lle comprendrait à coup sûr. Peut être allait-elle lui en vouloir il n'en savait rien, après tout il ne savait que peu de choses sur elle... Mais cela ne le dérangeait pas, ce n'était pas cela qui comptait à ses yeux. Il soupira avant de retirer sa main de trop tout en faisant un signe de tête vers la colline où siégeaient les douze temples. Ainsi ils reprirent la route, leurs deux mains nouées. Merci.

Ils franchirent rapidement l'entrée du Sanctuaire, là Airôth salua les gardes présents qui, voyant les deux boites dans son dos, s'inclinèrent légèrement. Il leur sourit alors. Quelques pas et les voici non loin de l'arène, vide à cette heure là... Il y avait des traces d’affrontement, des colonnes brisées qui ne l'étaient pas à son départ... Il priait un instant Athéna en voyant tout cela, les vestiges d'un passé récent et douloureux, que rien de grave ne soit arrivé. Cela lui rappela son devoir rapidement et se stoppant net il posa les boites au sol. Il était temps de redevenir le gardien du deuxième temple.

- Nous allons mettre nos armures Sunilda, en tant que Chevaliers d'Or nous devons... montrer l'exemple. As-tu déjà mis la tienne ? Tiens d'ailleurs... as-tu seulement ouvert cette boite ?

L
ui même ne l'avait pas fait jusqu'à ce que le Grand Pope lui explique les choses, il était resté là avec l'une sur son dos durant un long moment sans se demander ce qu'elle pouvait renfermer. Il était plus que probable que le Cancer ignore même le fait qu'une armure était piégée à l'intérieur. Son armure. Elle semblait tant savoir et ignorer. Être proche et si lointaine... Oh oui Sunilda était loin, mais Airôth savait. Il avait compris. Elle ramenait son cœur souvent égaré à elle, à lui de la ramener en leur monde commun.


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Message Re: Troubles ressemblances (Sunilda)   Ven 22 Avr - 12:34


Il avait beau mettre une main au dessus de la sienne, cela ne l'empêcherait pas de s'envoler vers d'autres contrées. Moins hospitalières, peut-être, mais un monde dont elle était la Gardienne, le lien ténu reliant un tout, vers un autre. Airôth se trompait, ce Rouge apportait la Mort. Il y a des choses en ce Monde, tangibles, bien des aspects invisibles, des malédictions, des chants funestes. Cette Nimuë n'était pas invisible, pas pour Sunilda en tout cas. Elle ne la voyait pas dans son monde, pas maintenant qu'elle connaissait son nom. La guerrière du Soleil l'avait murmuré, elle ne l'avait pas trouvé. Face aux abysses sombres de son univers, rien n'avait répondu, sauf le néant lui-même et sa peuplade toujours plus nombreuse. Invisible, silencieuse et bruyante. Blessée ? Peut-être, mais cela n'avait pas d'importance, pas pour elle.

Ils avançaient, fendant la foule rodorienne qui s'écartaient de leur chemin. La haute et impressionnante stature du Taureau Blanc y aidait grandement, sinon quoi, elle, n'aurait pu progresser avec autant de facilité. Elle, était véritablement invisible. Très souvent en tout cas.

Sunilda …

Alors ses yeux cherchèrent encore des signes dans les nuages qui peuplaient le ciel, si vaste, infini. Des choses absentes et muettes, un autre chant que celui du cœur meurtri de son gardien qu'elle sentait au travers ce simple contact. Les gardes s'étonnaient de la présence de cette toute petite chose sale et perdue aux côtés du lumineux Taureau d'Airain. Il l’éclipsait, ce n'était pas un mal, tenir son éclat aurait été inacceptable. Aussi se mura t-elle dans un profond mutisme, sans réelle volonté de vouloir en sortir. Pas même lorsqu'il lui demanda de revêtir son armure. Il n'obtint aucune réaction, aucun signe qu'elle ait pu l'entendre. Or elle l'avait très bien entendu. Sunilda n'avait fait que suivre, comme un pantin dont on tirait soigneusement les ficelles. Maintenant elle était inerte, son bras libre ballant, la force de sa main abandonnant celle de son sauveur. Elle glissait, l'éclat dans ses yeux se tari. Sa tête s'affaissa légèrement en avant.

Sunilda !

Grondait la voix dans son esprit. Toujours rien. 

Sunilda !!

« Il y a eut un combat ici, un mort. Anteros, c'était son nom. Andromède, ton étoile vacille, je vais souffler sur tes blessures. »

Son corps s'écroula d'un seul coup, sans vie. Un soupir s'extirpa entre les lèvres carmines de la belle et son regard se figea à jamais.

Tu m'as fais mal, louve.

La morsure de l'animal invisible sur sa chair lui avait laissé une trace sur elle, blanchâtre sur son épaule. Elle se redressait, déchirait les os et la chair pour se redresser, sa chevelure devenue blanche balayée par un vent invisible. Sans un mot, elle s'approcha du Taureau qu'elle gratifia d'un léger sourire énigmatique. Ses yeux avaient prit la teinte du sang. Ô elle lui permettait de la voir, même ainsi. Elle désigna son corps.

« Tout va bien, Airôth, j'ai traversé le voile. »

Comme pour appuyer ses propos, la belle continua sa progression jusqu'à passer au travers du jeune homme. Elle partit dans un un petit rire un peu sombre, mais cristallin. Telle un feu follet, la jeune femme se prit à graviter légèrement autour du Taureau.

« Je l'ai porté une fois oui. Mais je ne la porterais plus. Il faut le mériter, il faut une bonne raison pour l'endosser. Je ne veux pas la porter sans raison … ce serait tellement … orgueilleux. »

Puis elle se tourna vers ce petit être recroquevillé. Seul. Avec douceur elle rejoignit l'esprit éploré, s'agenouilla à ses côtés pour l'enlacer entre ses bras éthérés.

« Viens, suis-moi. »

Un tintement, son cosmos se manifesta avec force. Sunilda leva ses mains vers le ciel, se concentra. Tout à coup, ils disparurent tous les deux.

Sunilda.

Les paupières de la jeune femme s'agitèrent, un léger gémissement plus tard et elle revint à elle. Un éclatant sourire pour rassurer Airôth.

« Je vais bien Taureau Blanc. Continuons. J'espère juste … ne pas croiser autant d'esprits. »

Sa tête dodelina et elle se rendormit. Profondément. Elle avait regagné son enveloppe.


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Message Re: Troubles ressemblances (Sunilda)   Jeu 28 Avr - 0:04
Pas de réponse. Il avait juste senti sa main lâcher la sienne. Le Taureau d'Airain, trop impliqué dans son devoir en cet instant n'avait pu comprendre que cela n'était pas volontaire, que ce geste n'était pas de son fait réellement. Aussi il profita de sa libérer pour libérer son armure, ouvrant la boite dans un éclat de lumière soudain. L'instant d'après chaque pièce du Taureau venait recouvrir son corps une à une sans qu'il n'ai le besoin de faire quoi que ce soit. Oh oui il avait fait du chemin. Cette "technique" était diablement plus rapide que de placer les membres un à un, si bien qu'il ne c'était écoulé que quelques petites secondes. Aussi, fièrement paré, il se retourna vers Sunilda qu'il pensait toute aussi en-armurée que lui. Il la vit alors immobile, le regard perdu, assombri. Elle n'avait pas bougé. Puis ses mots monotones... Cela lui revenait, cette voix... Comme lorsqu'elle avait affranchi le bourreau de sa vie. Des mots plats, ternes. Noirs.

L'instant d'après elle chuta si bien que ses brèves paroles furent soufflées dans l'esprit de l'Egyptien, voyant là une scène qu'il ne voulait plus voir. Cette fois il agirait. Usant de la vitesse prodigieuse dont il était capable il se propulsa vers elle, vers sa tête pour éviter qu'elle ne heurte le sol violemment, qu'elle se blesse plus qu'elle ne l'était déjà. Pas un son, pas un bruit si ce n'est celui de leurs corps se rapprochant, celui des pas pressants du Taureau qui avait agit instinctivement. Il s’apprêtait à scander son nom, à hurler pour la réveiller, pour comprendre. Sa détresse. C'est alors qu'il la vit se relever... Non pas elle... elle était dans ses bras. Il ne comprenait pas... Sunilda ?! Aucun mot ne pouvait sortir de sa bouche muette en cet instant, ses lèvres entrouvertes il restait totalement perdu. Venait elle de se transcender elle même..? Propulsant son âme au delà des limites physiques ? Certainement, pourtant il ne pouvait, non, impossible pour lui d’appréhender cela. Immobile. Seuls ses yeux tournaient frénétiquement, oscillant de droite à gauche, de haut en bas, fixant cette longue et blanche chevelure qui dansait face à lui.

Tout va bien, Airôth. Quatre mots. Il n'en fallu pas plus, le reste était futile et il ne le comprenait pas, ne voulait pas comprendre, n'en avait pas besoin. Tout va bien, Airôth. Elle venait de l'appeler par son nom en cet instant, elle venait de franchir un cap... Elle était différente. Elle était libre, elle n'avait pas menti. Son cœur se calma, il avait cessé de battre une seconde en la voyant s'écrouler de la sorte mais avait repris de plus belle l'instant d'après, prêt à briser l'armure tant il frappait contre sa poitrine. Pourtant Sunilda l'apaisait... il laissa ses mains agir, venant l'attraper par les côtes et la rapprocha de lui pour pouvoir mieux la saisir. En cet instant il se dit qu'elle semblait comme morte, sans réaction. Une marionnette abandonnée, ses membres ne tenaient plus. NON. La soulevant, la portant encore une fois, la serrant contre lui... il la regardait pourtant elle tout de long, n'osant pas, refusant, poser ses yeux sur celle comme endormie.

Elle le traversa alors en laissa sa voix porter à ses oreilles un doux son, léger. Tout était si étrange, il était perdu, tiraillé entre l'affolement et l'apaisement. Elle était la fois morte et vivante, libre mais prisonnière. Heureuse. Tournant autour du Taureau d'Airain qui l'écoutait parler comme jamais. Claire. Alors qu'il la voyait repartir il laissa ses derniers mots lui hanter l'esprit... Elle ne voulait pas, ne pouvait pas la porter. Elle ne se trouvait pas digne. Suis-je... orgueilleux..? Toujours la belle endormie dans ses bras il passa son regard se la protection qui ornait ses muscles, ses mains. Son corps. Son mensonge...

Les paroles de la Rougeoyante n'avaient pu l'atteindre cette fois. Les caresses du Poison non plus. Il venait de se prendre sa propre image. Violemment. Par cet être pur et libre. Si franc, si vrai. Au final qu'avait-il fait réellement depuis ce jours agenouillé devant le Grand Pope si ce n'était être orgueilleux, se parant d'un rôle qui n'était pas le sien. Dont il n'était pas digne. Il le savait mais s'en cachait, enfouissait sous les roches de son temple chaque jour, préférant alléger sa conscience en croyant à la volonté d'un Dieu. Au fond il n'y croyait pas et n'y avait jamais cru. Chevalier...

Une intensité certaine le sorti de ses songes, ses tourments. Elle avait disparut et il n'avait rien vu, rien entendu. Où était-elle ? Il se releva brusquement alors, tournant sa tête, cherchant, ne trouvant pas. De nouveau son corps fonctionnait à plein régime, son souffle puissant s'accélérait alors que son cœur lui semblait étouffer. Encore une fois il voulut hurler, l'appeler mais rien. Aucun son ne pouvait sortir, pas dans son état. Puis il l'entendit, elle entre ses bras, un petit gémissement comme si elle se réveillait. En cet instant ses larmes qui grimpaient jusqu'à ses yeux furent ravalée, il la vit ouvrir ses doux yeux et son sourire se mit à illuminer son visage. Oh... Sunilda... Il put entrapercevoir en cet instant la beauté d'un instant, la vraie. Douce et envoutante.

Je vais bien Taureau Blanc. Elle était de retour... Sa gardienne, sa providence. Elle s'endormi l'instant d'après, parlant d'un esprit qu'elle avait croisé... le sien ? Il ne comprenait pas. s'en fichait royalement, il la sentait respirer. Sentait une légère tenue dans son être.. Apaisée elle aussi, épuisée... Qu'avait-elle bien pu faire et pourquoi ? Il lui demanderait certainement plus tard mais doutait d'obtenir une réponse. Peut être n'en voulait-il tout simplement pas lui même après tout ? Il resserra son étreinte avec tendresse. Heureux de la voir ainsi. Son sourire n'était pas parti même dans son sommeil... Oui continuons.

Les marches une après l'autre il était arrivé devant sa demeure. Celle qui lui avait été offerte. Celle qui se devait de protéger. Le Temple du Taureau s'offrait à lui, Airôth le retrouvait. Il avançait lentement, pas après pas en constatant le silence qui régnait ici... il l'avait presque oublié. Sunilda dormait encore profondément, aussi il chercha à la poser en un endroit confortable. Il n'y en avait qu'un réellement dans son temple après tout... Il commençait à marcher dans cette direction mais s'arrêta brusquement, comme si son corps ne lui répondait plus. Refusait un nouveau pas. Ce n'était pas la première fois qu'il le faisait... Qu'avait-il laissé dans cette chambre après tout si ce n'est une promesse. Un abandon... Sa lâcheté. Non. Il n'irait pas là bas. En se retournant il fut surpris de voir cette fille qui, une fois encore, avait les joues noyées... Iléana...

- Sei... Seigneur Airôth !!!

Elle se jeta, s'accrochant à sa jambe en sanglotant... Il aurait voulu poser sa main sur sa tête pour la rassurer, pour l'apaiser un peu. Lui montrer qu'il allait bien mes ces dernières étaient prises, enlaçant Sunilda qui se reposait. Sans trop lever la voix il se mit alors à parler lentement à la sa servante.

- Quelle joie de te revoir Ileana... Pardonne moi pour mon départ... Nous allons en parler mais je dois la déposer quelques instant pour qu'elle se repose... Deph' a-t-il pu aménager des chambres ?

- Je... euh... je ne crois pas qu'il ai fini... mais il y a une couche entreposée là bas...

E
lle désigna une colonne au centre du temple, semblerait-il que l'ouvrier était proche de la fin et avait commencé à amener de quoi meubler les pièces qu'Airôth avait voulu mettre en place. Bien. Au moins il garderait l'ancienne esclave du regard tout en discutant avec Ileana. Il pressa son pas pour rejoindre le lit de fortune. Oh non, c'était bien plus que ça. Un Kliné, possédant de magnifiques pieds de marbre et finement sculpté. Délicatement il déposa la protégée sur la soierie rouge et étincelante, elle s'enfonça légèrement dans le cœur de la couche, tendre à n'en pas douter. Il avança lentement sa tête vers la sienne et déposa un baiser sur sa joue avant de partir en souriant. Repose toi...

- Ileana tu... tu es blême ! Que t'arrive-t-il ?

S
es pas l'avaient rapidement mené à elle à nouveau et dès qu'il avait aperçu avec détail il avait vu, son teint était pâle, ses yeux cernées... Elle semblait avoir perdu de sa vigueur naturelle. De sa joie de vivre. Un instant un seul il espérait que ce ne soit pas de son fait... Tous ses tourments s'effaçaient face à la douleur des autres. Plongé sur elle il lui caressait la joue, attendant des explications avec hâte.

- Je... je ne sais pas trop... Seigneur Airôth après votre départ il s'est passé tellement de choses !

- Calme toi Ileana... nous avons un peu de temps raconte moi... que s'est-il passé ?

- Je suis désolée...
Un sanglot éclata de nouveau, pauvre jeune fille était troublée, persuadée d'avoir mal agit. Quand vous êtes parti elle... ne vous a pas écouté... Elle s'est levée et est partie elle aussi, je n'ai rien pu faire... Pardonnez-moi Seigneur Airôth...

A
genouillé face à elle il ouvrit ses grands bras pour venir la placer contre son torse lentement, la rassurer.

- Chuuuut. Tout va bien Ileana, je ne t'ai jamais demandé de retenir qui que ce soit. tu n'es pas gardienne de ce temple... Mais pourquoi es-tu comme ça ? T'es-tu approchée d'elle ?

- Oh non il ne fallait pas... Mais elle m'a... donné quelque chose pour vous... mais je... je ne sais pas pourquoi... Oh qu'est-ce que j'ai fait...

E
lle repartit alors de plus belle, à croire qu'en continuant de la sorte son corps entier allait se vider. Lentement il glissa une de ses mains jusqu'à l'arrière de sa tête et il sentit à ce même instant qu'elle se calmait. Un peu.

- C'était une Rose... Toute jeune, si belle... Elle n'était pas ouverte... Je l'ai gardé avec moi chaque secondes... elle me confortait, une douceur... Puis un jour un pétale est tombé, pusi un autre... et encore ainsi jusqu'au dernier... Je n'ai rien fait Seigneur Airôth je vous le jure ! Je m'en suis occupé mais ce n'était pas une fleur normale, elle n'avait besoin de rien ! Alors pourquoi... Quand le dernier pétale est tombé... J'ai entendu un cri, un soupir tellement triste... j'ai eu peur et l'ai lâchée au sol. Je ne me souviens pas de ce qui s'est passé ensuite... Je sais juste que je me suis sentie mal à mon réveil... je ne sais pas...

- Tout va bien Ileana, tu n'as rien fait de mal j'en suis sûr... Tu as dit qu'elle l'avait laissée... pour moi ?
Qu'as-tu voulu faire ? Est-elle... encore ici ?

- ... Dans votre chambre... sur la cape...

- Merci pour tout Ileana... Prends congés et va trouver un médecin à Rodorio veux-tu ? Ne restes pas ainsi à vouloir faire mon travail.

I
l lui sourit alors, se voulant rassurant tout en caressant sa joue encore humide. Il cachait tout ce qu'il pensait là maintenant. La cape ? Il ne voulait pas l'inquiéter, pas plus qu'elle ne l'était déjà. Elle était jeune et il devait la protéger de bien des choses que seuls les adultes pouvaient comprendre et endurer. Elle lui fit un signe de tête avant de partir. Une Rose ? Il la regarda s'enfoncer dans la lumière de l'entrée du temple lentement avant de tourner son regard vers cette porte qu'il n'avait pu franchir plus tôt. Il devait y aller. L'affronter.

La porte grinça légèrement sous la poussée du Taureau. Il y faisait si noir... s'approchant de la fenêtre dont quelques rayons trahissaient la présence il tira les rideaux pour laisse pénétrer l'astre solaire en cette salle. Il était temps d'éclairer bien des choses. De voir si la route empruntée allait être baignée de lumière où d'ombre? Son regard se porta sur le lit et un soulagement, un seul, accompagné d'un soupire franc vint lui lâcher le cœur qui tirait en son torse. la cape n'était pas la sienne... C'était celle de Nimuë, cette cape sombre dont elle s'était parée pour fuir, pour rejeter son passé qui la torturait, cachée dans les ténèbres pour que plus jamais le Poison ne puisse l'atteindre...

S'approchant du lit il vit nombre de pétales pétales regroupées ainsi qu'une tige verte sans épines, aucune. Bêtement ses doigts se mirent à glisser sur la cape, cherchant à écarter chaque pièces de ce puzzle complexe avec douceur. Elles étaient rêches, sèches, il y allait doucement pour ne pas les abimer, pour ne pas les briser... Tant de choses l'étaient déjà après tout. Pourtant à chaque fois qu'il en éfleurait une elle s'effritait, se détruisait. Qu'est-ce que cela veut dire Nimuë... Il cherchait à comprendre alors que sa main libre se mit à serrer la cape sans qu'il ne s'en rende compte, à perdre ses doigts à l'intérieur. Bêtement il rapprocha son visage des restes, des poussières d'un Bourgeon mort trop tôt. Il inspira au dessus d'elle, comme pour se raccrocher à quelques choses. Un espoir. Cette odeur... Une larme fut sa réponse, unique, son âme réagissait au passé qui était en train de l'envahir... Cette douce odeur... Elle lui paraissait si familière, un parfum entêtant et capiteux... Quand l'avait-il ressentit ? Il ne s'en souvenait pas encore, cherchait. Puis cela lui revint lentement. la cheminée, cette instant où elle avait chuté entre ses bras, où il s'était noyé dans son chemiser ample au plus près de son cœur... Était-ce l'odeur et l'intensité de la suie ou bien la situation dérangeante qui lui avait fait oublier cette odeur ?

Il restait là à genoux contre son lit, penché sur ce dernier la tête enfouie dans les cendres de ce qu'il n'avait su sauver. Qu'il n'avait pu sauver. Ses deux mains étaient désormais figées dans le tissu sombre, recouvertes et perdues à l'intérieur. Cette larme ne s'arrêtait pas et venait coller les fragments empoisonnés jusqu'à sa joue, jusqu'à sa bouche. Il restait là comme il aurait voulu que, peut être, elle reste elle aussi.


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Message Re: Troubles ressemblances (Sunilda)   Jeu 28 Avr - 14:01


Soudain, des petits bras allèrent enlacer ce corps recroquevillé sur les cendres d'un proche passé. Sur la pointe des pieds, Sunilda s'était faufilée jusqu'au Taureau Blanc. Elle avait entendu ses supplices silencieuses, sa tristesse l'avait éveillé et Sunilda, telle un fantôme, avait rejoint son gardien sous le regard stupéfait d'une jeune fille qui n'avait pas trouvé les mots pour la retenir. Quelle drôle de créature. Lentement, tout en douceur, sa tête s'était posée contre le dos du Saint. La jeune femme chantonna alors une vieille mélodie de son père et qui, bien souvent avait calmé ses pleurs. C'était ce qu'elle espérait faire avec le cœur mélancolique de son ami.

S'agenouillant à son tour, la belle alla trouver un chemin qui la rapprocherait davantage de lui. Au creux de son oreille, elle lui susurra. Comme sa gardienne faisait avec elle.

« Airôth. »

Un beau sourire accompagnait chaque geste, chaque attention. Une vague caresse sur son bras, un frisson destiné à le faire revenir dans son monde. Avec mille précaution, la Louve alla cueillir entre ses doigts graciles, le visage du jeune homme tourmenté. Ses sourcils se rejoignirent au milieu de son front. Une vague contrariété se prit à danser dans son regard. Elle essuya alors la cendre qui maculait sa joue, constant le sillon que la larme avait creusé en roulant. Jusqu'à la commissure de ses lèvres. La larme, encore intacte, fut capturée par la jeune femme qui l'observa gravement. Elle la laissa ainsi, au sommet de son index comme absorbée par le message qu'elle renvoyait. Précieuse petite larme. Souillée de Poison. Alors elle l'approcha de son œil, la laissa chuter sans un bruit pour qu'elle dégringole, à son tour, sur sa joue pâle.

« Ne t'en fais pas Airôth, souviens-toi de ce que je t'ai dis. »

Elle se redressa, l'encouragea à faire de même. Pour l'entraîner à sa suite, se détourner de la rose fanée. Dans chaque chose il y a une fin. Immuable. Mais des cendres pouvaient naître quelque chose de plus beau. Sunilda trouva rapidement la petite Ileana sur son chemin. Elle lui demanda où elle pouvait trouver un linge propre et de l'eau. Aussitôt la servante se mit en mouvement, lui demandant d'attendre. Ainsi ils restèrent un moment silencieux, à écouter les petits pas hâtifs de la jeune fille se presser dans le ventre du Temple. Les yeux de Sun' se prirent à vagabonder tout en s'approchant davantage du Taureau Blanc qu'elle enlaça avec chaleur.

Sans un mot.

Sunilda ?

Elle avait fermé les yeux, juste un instant. Et Ileana était revenue, les bras chargés d'une bassine d'eau et d'un morceau d'étoffe. La Sainte s'empressa de tremper ce dernier, de le froisser pour se tourner ensuite vers le géant. La petite Cancer cligna des yeux plusieurs fois, dodelina de la tête. Avant de déclarer.

« Tu peux … je suis trop petite pour t'atteindre. »

Sunilda se refusait à ce qu'une autre personne ne nettoie cette salissure. Alors elle attendit patiemment qu'il ne s'exécute.

« Il faut enlever ce poison. »



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Message Re: Troubles ressemblances (Sunilda)   Jeu 5 Mai - 12:10
Airôth.

Un souffle, rappel au réel qui l'avait éveillé de son état presque végétatif. Ses yeux se mirent à cligner lentement alors que le son parcourait son esprit. Sa présence ne signifiait rien pour lui, il ne l'avait ressenti jusqu'à cette caresse verbale. Unique. Puis ce fut sa main, lentement sur la seule partie que son armure laissait libre sur son bras, le haut juste avant l'épaule. Surpris de cette attention Airôth ne put que ressentir un frisson parcourir sa peau jusqu'au bout de ses doigts, ressentant chaque parcelle de sa protection le frôler... Ce poids... Depuis quand ?

Se souvenir, il n'y parvenait, du moins pas à ce qu'elle voulait. Pas les bons mots non. Les seuls qui lui revenaient étaient ceux de l'éthérée... Cette phrase qui l'avait marqué au fer rouge au plus profond de cette âme : Qu'avait-il fait au final depuis qu'il l'avait endossée à part rester debout face à l'horizon ? Rien. Il la laissait prendre son visage entre ses petite main, l'aidait légèrement pour qu'elle n'ai pas à porter cette tête seule. Il voyait ses yeux contrariés alors qu'elle parcourait sa joue de son regard et ses doigts, cherchant à faire partir les restes qui s'accrochaient à lui, ces derniers fissurés jusqu'à sa bouche. Une cassure. Puis vint son geste, étrange, mystique... Il avait ressenti quelque chose en son être, une chaleur certaine entourant sa cage thoracique alors qu'elle capturait sa larme pour la place sur son propre œil, la laissant couler à son sur sa joue. Sur sa peau blanche se dessinait alors une léger sillon plus sombre, des particules de cendres venaient maculer son visage en une fine et légère tracée. En cet instant il eu l'envie soudaine de la prendre dans ses bras, l'enlacer au plus fort mais il n'avait la force. Ce geste signifiait tant... Le partage.

Leurs mains se retrouvèrent à nouveau, enlacées l'une en l'autre avant qu'elle ne le tire, elle petite chose. Airôth se releva et la suivit alors le pas lent, il n'avait eu la force de faire ce qu'il voulait plus tôt et avait à peine celle de marcher. Dévasté. Il se sentait lourd, complètement vidé et le cœur creux en cet instant, ne cherchant pas à comprendre ce que désirait Sunilda. Il croisa le regard d'Ileana avant de détourner les yeux rapidement. Ne me regarde pas ainsi. Elle partit au plus vite, comprenant le malaise et les intentions de la Sainte du Cancer. Quelques instant plus tard la douce voix de Sunilda vint le sortir de son état second, son regard lâcha le vide ambiant pour se recentrer sur la pointe de ses pieds, nus. Il voulu s'excuser mais inutile, les mots ne sortaient toujours pas et de toute pourquoi s'excuser de sa taille, il était comme il était.

Il se laissa chuter devant elle, les deux genoux à terre venant fissurer les dalles sous son poids. Il se sentait tellement pesant qu'il n'avait rien pu retenir. Manque de force. Était-ce tout ? Leurs visages étaient face à face désormais et il constata sur sa joue les particules. Le tracé de cette goute avait laissé quelques points sur sa peau blanche. Des impuretés qui n'avaient rien à faire là se dit-il. Pas sur elle. Il sentait la caresse du tissu sur la joue et par mimétisme sa propre main se surpris à rejoindre le visage de Sunilda, laissa son pouce redessiner le chemin empoisonné presque invisible qui s'était installé. Tendrement. Tu n'as pas à en être souillée. Seulement ce mouvement ne se stoppa pas et même une fois les morceaux de noirceur disparus il se transforma en une douce caresse. Lente et continue.

Sa main chuta alors d'un coup alors que Sunilda trempait le linge, Airôth sursauta alors. Ce n'était pas normal. Il avait mal, il avait chaud, il se sentait sans force, plus qu'il y a quelques instants. Son armure qu'il n'avait quasiment jamais ressentie sur ses épaules, si ce n'est sa présence, semblait avoir un poids réel digne de sa stature.

- Trop... chaud... lourd...

L
a foi le quittait, la foi en lui même, en ce qu'avait cru Athéna et les autres à travers lui. Il se remémorait les paroles de Sunilda. Oh oui elle ne lui parlait pas de cela en voulant le rassurer, non, mais lui était blessé et n'avait pu les aborder ainsi. Enclin à tomber. Il n'était pas digne d'elle, de sa signification, des mots qui lui avaient été adressés, de ce qu'ils cachaient réellement. Qu'ai-je fait jusqu'ici ?. Puisant dans ses forces il arracha les pièces de son armure une par une, les jetant sur le côté et derrière lui violemment. D'abord les bras, puis son torse et son buste, les épaulières ensuite. Au final ne restaient que ses jambières qu'il ne pouvait enlever ainsi, ne pouvait les bouger. Il respirait de nouveau, se sentait presque libre et léger. Son armure ne le protégeait plus, son mensonge ne l'entourait plus. Tout était au sol. Tout comme lui. Comme son âme et son cœur. L'armure, elle, ne réagissait pas. Plus. En pièces et sans vie.

- Qu'est-ce que j'ai fait, Sunilda...


Non... Qu'est-ce que je n'ai pas fait...



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Message Re: Troubles ressemblances (Sunilda)   Jeu 5 Mai - 13:14
>


Elle ne recula pas, pas même lorsque la terre se fissura sous leurs pieds. La douleur était si grande, qu'il lui fallait l'affronter sans réfléchir et sans la craindre. Sunilda la connaissait, cette souffrance. Quand bien même elle était incapable d'en comprendre l'origine. Pour elle, elle ne voyait que le poison. Dangereux et destructeur, qu'il avait fallut effacer à tout prix. Chose qu'elle avait fait avec des gestes emprunts d'une infinie douceur et tendresse. Que le Taureau Blanc lui avait rendu, inconsciemment peut-être. Cette caresse sur sa joue, lui était-elle réellement destinée ? Un petit sourire s'accrocha à ses lèvres. Elle connaissait cette réponse. Il y avait des spectres tout autour d'eux. Une fragrance entêtante qui l'incommodait et pourtant, lui susurrait énormément de choses. Qu'il était tourmenté le fier géant d'Airain.

Que pouvait-elle faire ? À part continuer sa tâche ? Sa main s'était arrêtée à mi chemin quand d'un coup, Airôth senti ses forces l'abandonner et qu'un poids immense le prit comme un étau. Ô non Taureau Blanc, quel terrible fardeau t'es tu octroyé ? Quelle ombre était en train de faire son œuvre, lentement, insidieusement ?

Trop lourd, trop chaud. Elle comprit et recula sans mot dire. Sunilda l'observa dans le plus parfait des silences, brisé maintes fois quand l'or frappa le marbre. Chaque bruit était comme le marteau martelant l'enclume. Chaque coup était comme le son du glas. Et la Sainte du Cancer sentit son cœur se serrer. La douleur était la seule chose qui faisait qu'elle ne se laissait pas aller dans sa nature profonde. Alors, parfaitement attachée à ce monde en peine, celui des Dieux et des hommes, la jeune femme s'éloigna pour ramasser les pièces de l'armure du Taureau. Dans ses petits bras, ces dernières ne pesaient étrangement rien et s'en étonna. Quelques minutes, la petite brune s'activait à rassembler le Taureau, tout en l'alimentant de son cosmos. Elle aussi, avait besoin d'être nettoyée. Écoutée. Une fois qu'elle eut terminée, la belle s'installa devant Airôth et entreprit, avec un autre morceau d'étoffe, de débarrasser l'armure de ses salissures.

Tout en chantonnant, tout en fredonnant un petit air de chez elle. Comme son père lui avait apprit quand elle était triste. Il lui avait alors dit que c'était un contre-sort pour repousser les chimères de la tristesse. Des fantômes éplorées. Dans l'espoir de repousser ceux du Taureau Blanc.

Elle lui tendit son casque qu'elle venait de terminer de nettoyer.

« Regarde et dis moi ce que tu vois, Taureau Blanc. »

La jeune femme continuait de sourire. Une pause, elle continua sur ce même ton calme et posé.

« Ton reflet. Tu as agis de la meilleure façon qui soit. J'en suis certaine. Parce que c'est toi. Taureau Blanc. Tu as fais ce que ton cœur te commandais. Comme tu l'as fais en me libérant. Comme tu voulais le faire avec les autres esclaves. Souviens toi de notre conversation, souviens toi des mots de l'homme-Soleil. »

Sunila approcha encore.

« La fatalité n'existe pas. Ce n'est pas une fin en soit, comme la Mort. Pourquoi es-tu si triste, Airôth ? Explique-moi. Ton armure te paraît lourde et étouffante parce que tu te tais. »

Elle lui ouvrit les bras.



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Message Re: Troubles ressemblances (Sunilda)   Mar 17 Mai - 0:27
Bom...bom. Bom...bom. Bom...bom.

Une douce mélodie, le palpitant prenait le rythme de cette voix qui semblait flotter lentement et sereinement, se diffusait et résonnait dans ce long couloir. Bientôt il se calait sur le son, battait à la même mesure et s'accordait avec ce doux sentiment qui s’insufflait autour de lui. Calme. Ce son était un écho lointain en son esprit troublé alors que ses yeux, eux, la suivait elle qui s'affairait devant lui sans réellement comprendre son manège. Que fais-tu ? Son souffle se ralentissait.

Elle lui tendit son casque en le tenant par les deux cornes, il luisait comme jamais, bien plus encore que le jour où il l'avait contemplé la première fois. Ileana tentait souvent de le rendre éclatant et elle y parvenait... Mais jamais comme en cet instant. Aucune imperfection, aucun trouble. L'effet du Cosmos du Cancer qui avait, avec sentiment, appliqué l'équivalent d'un baume. Il tendit fébrilement ses mains devant lui pour placer ses doigts à la base des cornes, prêt à observait comme lui avait dit Sunilda, à lui dire ce qu'il voyait en cet instant. Il déplaça son regard un instant avant de s'exécuter face à cet ordre implicite pour l'observer un instant elle. Son sourire... Puis il revint pour se voir, lui. Je vois un mensonge. Il n'allait pas lui dire.

- De la... tristesse..?


Ce n'était pas ce qu'il ressentait, pas ce qu'il avait l'impression d'avoir au fond de lui et pourtant son visage trahissait ce sentiment. Il ne se pensait pas triste. Alors pourquoi ? Lorsqu'elle reprit la parole sa tête se releva, quittant cette image étrange qu'il n'arrivait pas à comprendre, à expliquer. Elle frappait fort, chaque mot était comme les autres, ceux qui l'avaient marqué par le passé car ils étaient vrais. Il étaient pensés. Il le sentait, ce sentiment... de confiance en des mots. En un sourire. Son visage quitta la peine un instant pour laisser placer à la surprise, ouvrant les yeux un peu plus alors qu'elle s'approchait de lui. Elle continuait. Il n'attendit que l'instant où ses petits bras pales comme la neige décidèrent de s'ouvrir pour s'engouffrer à l'intérieur, l'enlacer à son tour et placer sa tête au creux de son cou, sentant les pulsassions qui traversaient la gorge de Sunilda tout contre son oreille. Le seconde femme... non, la seconde personne même qui lui ouvrait les bras réellement. La seconde dont il se souvenait. La première l'avait protégé, l'avait lové un instant. Sunilda, elle, venait de lui confirmer que dans un sens il l'attendait lui aussi... Comme lorsqu'elle avait agrippé son bras à Rome. Cette personne qui l'accepterait tel qu'il était.

- Je ne suis pas... un vrai Chevalier.. Tout ça n'est qu'un odieux mensonge. Une image que j'ai saisi par opportunité, une vie meilleure qui m'a tendue les bras pour une raison que j'ignore. Je n'ai rien d'un Chevalier, je ne suis pas comme les autres Saints. J'ai voulu y croire. Ils m'y ont fait croire... Bélisaire... Ainia... Ils m'ont dit être juste, à ma place mais qu'ai-je fait jusqu'ici ? Pour mériter cette confiance à part rester immobile, inactif, à faire semblant d'être fort ? Puis elle est arrivé...

Cette fois ce ne fut pas son oeil gauche seul qui laissa une larme quitter le coin mais les deux. Il n'avait plus d'armure, aucune, il n'était qu'un homme seul, nu, sans rien d'autre qu'une louve le protégeant, l'écoutant. Ses yeux s'exprimait jusqu'à son cou, elle devait ressentir cette humidité. Dérangeante ?

- Preux Chevalier... Tss... Elle était faible à son retour face à moi. Ses cheveux rouges brillaient, le seul signe qu'elle était encore en vie alors que son corps hurlait la mort. Elle souffrait. J'aurais du... la sauver. L'aider réellement. Au final je me suis caché derrière ce mensonge, cette armure pour ne pas avoir à choisir, pour ne pas avoir à faire ce que je ne voulais pas. Elle était le Chevalier d'Or des Poissons et voulait partir loin, j'aurais du.. l'emprisonner... Ou la tuer comme elle me le demandait, la libérer de ses maux si profonds... Du Poison absent qui la rongeait. Je n'ai rien fait. J'aurais pu... j'aurais du faire... ne pas l'écouter. La sauver.

Laisser fuir ce Poison qui creusait toujours plus. Il resserra son étreinte avec douceur, laissant la chaleur du corps de la jeune femme le conforter un peu plus, appréciant cette proximité trop rare, cette chaleur humaine qu'il n'avait jamais réellement sentie. Comme un soleil éthéré qui luisait autour de son être, invisible mais puissant.

- Et cette Rose morte... Qu'est-ce que cela veut dire Sunilda..? Est-elle, elle aussi...

Impossible de continuer cette phrase. De dire ce qu'il ne voulait entendre, ce qu'elle lui avait interdit de penser. Déjà il semblait être soulagé, se rendant compte que tout ce que l’Éthérée lui avait rappelé jusqu'ici ne faisait que confirmer ce que les autres lui avaient dit. Mais pourquoi ? Lui ne voyait que ses fautes alors que les gens qui l'entouraient vraiment, eux, l'observaient avec une clairvoyance qu'il n'appréhendait pas. Il releva sa tête la se recula légèrement sans quitter le corps de Sunilda de ses mains, juste pour pouvoir affronter les deux Améthystes qui allaient lui montrer cette vérité qu'il cherchait. Cette profondeur, aller au dela d'une simple vision. Comprendre ce qu'il avait vu à Rome lorsqu'elle l'avait percuté.


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Message Re: Troubles ressemblances (Sunilda)   Sam 21 Mai - 9:01


Elle enroula ses petits bras blancs autour du corps du géant. Petite chose de faible apparence. Mais entre les deux en cet instant, c'était elle Sunilda, qui était la plus forte. Avait-elle déjà paru faible réellement ? Airôth pourrait se le demander. Mais cela était une certitude car la jeune femme était humaine et possédait son propre fardeau. Ils étaient tous et toutes des Sisyphe en puissance dont la vie n'avait de cesse de rappeler cette règle immuable. Preux chevalier ou non, Taureau Blanc avait le choix. Un choix à faire. Il se retrouvait à la croisée des chemins, dans un noir total et angoissant. Seulement il n'était pas seul. Sunilda, par cette simple étreinte, s'essayait à le lui faire comprendre. La force des mots était ce qu'elle était, mais parfois, une main tendue dans un parfait silence avait un poids tout aussi fort.

Alors elle le laissa parler, alors elle l'écouta, les yeux fermés pour en apprécier la sonorité, chaque note troublée par les sentiments, les émotions, toutes ces choses qui ébranlaient le géant d'ébène à la chevelure immaculée. Que la Nordique gratifia de quelques douces caresses, répondant à une vieille habitude tenace quand il lui avait été donné de réconforter ses frères. Ce trouble souvenir lui enserrait la gorge, frappée d'un seul coup par la tristesse.

Oui Sunilda, c'est toi qui est triste.

Mensonge, elle en possédait au moins un aussi. Mais aucune larme ne vint. Elle n'avait pas le droit, Airôth, lui, en revanche continuait de glisser à ses côtés dans un royaume de regrets et d'incertitudes. Il n'était peut-être pas un Preux Chevalier, mais c'était ce que voyait d'autres en lui. Ils se trompaient ? Et alors ? Ce n'était pas à eux de forger l'image de Taureau Blanc, mais lui. Uniquement lui. Il était le Façonneur de sa propre Destinée. C'était ce que Sunilda voulait qu'il comprenne. Seul. Les larmes ne gênaient pas la belle qui eut un autre et magnifique sourire. Parce qu'elle était là, avec lui, dans son monde. Parce qu'il souffrait. Âme chagrine.

Puis elle est arrivée. Cette dangereuse femme-poison à la flamboyance bien trop forte. Était-il réduit à être un papillon attiré par le feu en sa présence ? Sunilda faillit bien perdre l'expression douce et enjouée qu'elle affichait mais s'en abstint. Pour autant, son sourire s'était crispé. Il s'en voulait de n'avoir sut l'aider, la secourir.

« Tu l'aurais fait mourir en la retenant. Tu l'aurais entravé si tu l'avais suivit. Tu ne lui aurait apporté nul repos en la tuant. »

Avait-elle glissé sans trop y réfléchir, sa bouche se mouvant plus rapidement que son esprit. Cela lui avait échappé, comme une prophétie.

« Elle est libre. »

Sunilda se détacha de l'étreinte du Taureau Blanc pour lui faire face et lui présenter l'une de ses mains. L'améthyste de ses yeux avait viré au rouge vif. La Sainte du Cancer était ici et ailleurs à la fois, preuve qu'elle naviguait encore entre les mondes. Pour qu'elle, plus que lui, ait cette certitude qui lui manquait. La femme-poison n'était pas dans son Jardin.

« Tu es Taureau Blanc. Airôth. Tu es le seul maître de ta Vie. Je serai celle qui te guideras dans l'Autre-Vie, quand le moment sera venu. Mais ce jour est loin d'être arrivé. Pas tant que ma garde en tant que Sainte ne sera pas achevée. Et elle ne fait que débuter. Ici et maintenant. Avançons. »

Pour lui donner l'impulsion qui lui faisait défaut, la jeune viking alla cueillir la dextre de son ami et, avec une force insoupçonnée, l'aida à se mettre sur ses deux pieds. Elle l'entraîna vers les hauteurs. Vers la Vie et la Lumière. Les Ténèbres et la Mort allaient attendre.



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Message Re: Troubles ressemblances (Sunilda)   Jeu 26 Mai - 21:46
Oh oui, sa seule présence réussissait déjà à calmer ce cœur qui, encore une fois, s'était perdu bien loin et devenait fou. Il cherchait en ses yeux une réponse alors qu'il regrettait déjà de s'être éloigné d'elle si peu, de ne plus sentir les doux mouvements sur sa chevelure. Apaisants. Il écoutait chacune de ses paroles, ces mots si profonds qu'il souhaitait croire lui aussi sur ses propres actes. Sur la manière dont il avait pu agir. Lui aussi pensait comme Sunilda et il se demandait alors en cet instant comment. Comment, oui, elle qui n'avait rien à voir avec cette histoire avait-elle pu trouver un tel écho en lui. Lisait-elle réellement en son âme et son cœur aussi simplement ? Libre ? Qu'avait-elle voulu dire... Comment pouvait-elle savoir ? Il revint sur chaque mot, alors la mort ne lui aurait apporté nul repos... Nulle liberté... Son Poison n'avait pas disparu, il essayait d'y croire au plus profond de lui depuis son départ. Depuis toutes ces choses qu'il avait apprises ou découvertes depuis son retour.

La Sainte du Cancer semblait mimer les pensées d'Airôth sans difficulté et sans mensonge. Elle y croyait elle aussi. Il la croyait en tout cas, croyait en ses mots et en ces bras qui avaient accueilli sa souffrance qui, petit à petit, s'étiolait. S'effritait. Oh oui... pendant ce laps de temps il avait remarqué les pupilles changeante, le mystère laissant place à la puissance, à l'implacable vérité du sang. Pourtant elle était toujours là avec lui, ses mains et son corps ne l'avaient pas quitté. Il se surprit à rapprocher son visage un instant, un peu plus, comme pour chercher à distinguer les nuances si différentes qu'elle lui offrait en cette instant mais déjà elle se levait, et lui avec.

Il ne comprit pas sur l'instant, tant ses mots que ses actes, lui qui venait d'être soulevé avec tant d'aisance. Je suis... Elle replaçait les choses, ordonnait ce qui ne l'était plus. Ce qui ne l'avait jamais été. Airôth n'avait pas de place fixe, se contentant de voguer entre pensées et paroles, les siennes ou les autres. Sunilda, elle, venait par ce geste, par cette force et par ces mots, le remettre droit. Lui ordonnait d'avancer. "Je suis... le Taureau Blanc..." C'était une certitude, elle ne cessait de le dire et il n'avait jamais compris jusqu'à présent, cherchant sans doute à savoir ce que ELLE souhaitait penser. Mauvais choix. Tout comme le reste. Oh il ne niait rien, elle le guiderait sans doute, ces choses là n'était pas préhensibles à son niveau. Il ne pouvait qu’acquiescer.

Il soupira légèrement tout en la fixant, hochant la tête quant à ses dernier mot. "Avançons, oui." Il le savait, avait toujours fonctionné ainsi. Se morfondre ne servait à rien, il devait laisser derrière lui et enfouir le temps que, enfin, il puisse affronter correctement ce qui le minait. Il serra la petite main, si forte, de l'Ethérée.

- Ta garde ne sera pas seule, Sunilda. Avançons.


Ile pouvait oublier son cœur lourd en cet instant, ne pouvait sortir de ses pensées ce doux Poison qui, contre toute attente, ne le rongeait pas d'une douleur, non. Il devrait endurer tout ça, un peu plus, mais il n'était plus seul aujourd'hui pour cela. Non. Alors oui, il avancerait. Main dans la main avec elle.

- Tu as raison. Et pourtant... je veux l'être. Ce Preux Chevalier.


Un sourire, léger, alors qu'il remarqua enfin que le poids sur ses jambes avait disparu. Était-ce, encore, de son fait à elle ? Impossible. Malgré toute sa force, sa volonté et ses pouvoirs mystiques qui le dépassaient elle ne pouvait faire cela. Il le savait. Les armures étaient vivantes et résonnaient tant entre elles qu'avec leurs porteurs, il l'avait vu et senti au plus profond de lui plusieurs fois. Alors certes, le Cosmos et l'attention portée à l'Armure d'Or du Taureau avait été utile à n'en pas douter mais... Alors que Sunilda commençait à avancer il ne bougea pas, la retenant un instant tout en portant ses yeux sur l'armure à moitié montée. Il pencha la tête avant de fermer les yeux pour les rouvrir quelques secondes après, son corps de nouveau masqué par l’étincelante couleur dorée. Son casque et ses deux puissantes et massives corne trônait dans sa main fièrement. Il était temps pour lui de ne plus penser être un Preux Chevalier, mais de l'être tout court. Il appela Ileana qui n'était pas bien loin, cachée derrière un des pilier central du Temple, à écouter dans le fond... Comme l'enfant qu'elle était.

- Ileana, peux-tu garder mon casque, s'il te plait. Je dois revenir.


Retour à cette vieille promesse, ce vieux geste basé sur un mensonge, sur un instant d'hésitation où il n'avait pas voulu perdre la face. Cette fois il allait être juste dans ses mots, les penser réellement. Avancer. Il lui tendit alors la pièce d'armure cornue que la petite attrapa aux deux extrémités, répondant au large sourire que lui donnait le Taureau d'Airain. Ne t'en fais pas.. Puis il se dirigea vers la sortie, guidée par la main et la volatilité de l’Éthérée. Sans un mot ils gravirent les marches, une par une, traversant le temple des Gémeaux totalement vide... Silas devait être ailleurs, occupé en mission sans doute. Ils ne s'y attardèrent pas, continuant vers le prochain. Le fameux. Le temple du Cancer.

- Le prochain temple que nous allons traverser est celui du Cancer... Ta future demeure, Sunilda. Nous ne serons pas loin au moins.


Tourné vers ses envoutantes et dangereuses prunelles encore une fois, il attendait de la voir, qu'elle découvre ce qui allait être à elle. Ce qu'elle allait devoir garder, au delà de l'âme de Taureau Blanc.


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