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 A Curse to bear [Solo][540]

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Message A Curse to bear [Solo][540]   Mar 3 Mai - 10:01
Deux mois.

Deux mois que j'ai quitté la troupe Vandale, et me voilà ici, renfoncé dans cette grotte, mains prés du feu, à l'abri de la pluie torrentielle du dehors, mon doigt qui passe sur le tranchant de la dague familiale, à suivre les gravures, lire et relire les inscriptions. J'suis parti papa. Loin de miens, loin de mon seul reste de famille. J'en pouvais plus. Soulagé et apeuré à la fois, je continue le chemin seul, loin des affres de la guerre. J'veux.... Je veux me donner une chance. A peine quinze ans et déjà trop de sang sur les mains. J'en veux pas plus. Ces gens morts, ces simples paysans dépossédés de leurs bien comme de leurs vies, au nom de... De quoi ? Au début, de la survie. Ensuite, prétendument de la Vengeance. Puis après... De la pure et bête soif de sang. Le parcours d'hommes qui ne savent vivre qu'en laissant des montagnes de cadavre dans leur sillage. C'est pas moi. Désolé, papa, mais je peux pas. J'ai appris à manier l'épée, comme tu me l'a fait promettre. A monter le camp, à vivre autre part que dans la soie et le satin. Mais je peux pas. Ca me fait me sentir trop comme eux, comme ces connards qui-... Un soupir. Ma mon poing qui se serre, quelques gouttes de sang qui perlent de mes ongles enfoncées dans la paume. Pas eux. Oublie-les.

Je sais pas comment tu faisais, papa. Comment ils font eux. Je les vois, tu sais ? Je les entend aussi. Souvent la nuit dans mon sommeil, mais parfois même le jour, bien éveillé. Et ils me demandent pourquoi, leur visage sans vie, les yeux morts, la voix caverneuse, morne, vidée de tout. Pourquoi, gamin, pourquoi tu nous a tué? Et je sais pas quoi leur répondre, papa. Je sais pas et ça me brise. Tu comprends ? J'ai... J'ai l'impression d'avoir tout ce sang sur les mains sans même pouvoir me cacher derrière quoique ce soit. J'ai juste tué parce qu'avant de savoir le faire, j'ai jamais eu à faire quoique ce soit. Le luxe, les caprices qui tombent par milliers, et à tous vous avez cédés. Toi, maman, les autres... J'étais ce petit bout de vie qu'il fallait cajoler, rassurer, protéger, combler. Ériger des murs de miel, des montagnes de surprotection, ça pour mieux m'empêcher de voir les étendards byzantins qui se profilaient à l'horizon. J'ai tort, papa ? Ose prétendre le contraire. Tseh... Voilà à quoi t'en es réduis, mon pauvre Zvezdan. A t'inventer une conversation avec le paternel. Tu supportes pas la solitude, hein ? Cette troupe, c'était les derniers vestiges de ton peuple. Tu t'attendais à pouvoir t'en détacher comme ça sans difficulté ? Tu peux ne pas supporter leurs façons, en haïr certains, tu peux faire pleins de choses. Mais tu peux pas couper les ponts comme ça. Pas sans passer par tous ces questionnements.

Progressivement, la lourde pluie se transforme en averse, en crachin, puis en rien. Le fond sonore sur lequel mes pensées jouait cesse, en même temps que le besoin de rester ici. Encore quelques minutes immobile, à jouer avec ma lame, mon regard fixe sur le feu, et des images qui semblent se former dedans. Comme obnubilé par le spectacle, je ne bouge pas, et fini par secouer la tête frénétiquement, me masser les paupières puis éteindre le feu de quelques gestes. Dague remise au niveau de la ceinture, dissimulée, l'arc dans le dos, un petit sac de toile en bandoulière. Direction la forêt.

Parce qu'au final, oui, je n'arrive toujours pas à vivre d'autre chose que du sang... Ici, c'est Mère Nature qui devait payer les frais, elle plutôt que mes semblables. Discret, habile, pas léger, je m'engouffre dans la végétation pour m'y confondre, l'oeil qui balaie l'endroit. Quelques flèches, quelques tirs, quelques proies déposées au fond du sac, tuées sur le coup. La routine se poursuit quelques heures, et bientôt, j'arrive au maximum de gibier qu'il m'est possible de transporter. Hm, je pourrais sûrement en tirer quelque chose au prochain village... Cette pensée en tête, je commence à doucement me rapprocher du sentier quelques centaines de mètre plus loin, pour être soudainement interrompu par un cri strident, suivi d'un grognement guttural.
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Message Re: A Curse to bear [Solo][540]   Dim 8 Mai - 13:50
Rapidement, je porte l'arc à mes mains, une flèche encochée, une course rapide entamée vers la source du bruit. Les hurlements se poursuivent, se précisent, se devinent bien assez vite comme ceux d'une jeune fille. Le grondement lui aussi s'identifie, et lorsque je devine, mon teint blêmit, les mains sur mon arc se font tremblantes. Un ours. Et pas un petit, à priori. Mes dents se serrent, sourcils froncés, un grognement s'échappe de ma gorge. Qu'est-ce qui t’arrive à te prendre des envies de jouer les héros, pauvre con ?

Trop tard pour reculer, de toute façon. Les deux silhouettes commencent à se dessiner plus loin à travers les branches, et comme je le craignais, on part sur un gros morceau. Putain de monstre... Ce truc est énorme ! Et elle est là, à courir, trébucher, poursuivie par la bête. Pas beaucoup plus âgée que moi, étrangère sans aucun doute vu son accoutrement. À son flanc, une besace d'où dépassent quelques herbes et champignons. Tseh, tu parles d'un coin pour partir joyeusement faire cueillette... Gourdasse. Je peste, grogne de plus belle, met la bête en joue. Une flèche part, un hurlement puissant se fait entendre, mon cœur saute un instant à l'idée de m'être attiré l'ire de ce mastodonte. Touché à la patte, il se retourne vers moi, la rage au fond des yeux, un moment hors du temps, il reste là à me fixer, tandis que l'autre s'est arrêtée de courir pour admirer la scène. Espèce de...

COURS, PUTAIN !

Et de lui faire de grands signes pour qu'elle s'en aille plus loin, des fois qu'elle cause pas latin. Cris et mouvements brusques, exactement. Face à un ours. Ce qu'il faut pas faire pour une inconnue pas bien dégourdie... Réaction instantanée face à telle démonstration, la boule de poils charge, rapide malgré sa taille, malgré la flèche, malgré la végétation plus que florissante. Ma seconde flèche déjà encochée lui arrive dans l'autre patte, et les miennes de pattes ne tardent pas à s'animer en une course effrénée vers la survie. Sans un regard en arrière, je détale, cherche les chemins les plus marqués de trop étroits passages pour le semer plus rapidement. La peur au ventre, l'adrénaline à son maximum, les réflexes aiguisés comme jamais. Je l'entends dans mon dos, et il est toujours aussi rapide. Il me suit, il a le souffle difficile mais continue sa course, hurle de douleur comme de rage.

et ça se rapproche. Ca se rapproche parce qu'aussi épaisse soit la végétation, il l'écarte sans trop de difficulté ; aussi rapide que je sois, il l'est plus. L'effroi monte encore d'un cran, plus à chaque pas que je sens plus proche de moi dans mon dos. Plus loin, je vois un trou, une grotte juste assez grande pour qu'un homme y entre. Un instant, mon regard se porte aux arbres alentours, mais... Heh, ce truc est trop prés de moi, j'aurais pas le temps de grimper. Un dernier sprint, toutes mes forces dedans, suivi d'un plongeon dans l'obscure grotte, précédé d'un gémissement douloureux quand sur ma jambe je sens de puissantes griffes passer, accrocher, déchirer. Effusion de sang, hurlement, et en un ultime réflexe, me caler tout au fond du minuscule renfoncement, avec la patte de l'ours qui cherche à tâtons dans cet espace trop étroit pour qu'il y rentre. Tétanisé, en sang, je reste immobile mais tremblant, ma main pressée contre la large plaie, la bête qui se fait entendre au dehors, à continuer de me chercher de quelques coups au hasard. Sanglots, râles de douleur, puis d'un coup, une série de grondements plaintifs plus loin dans la forêt. Le mouvement de l'ours s'arrête, je vois sa silhouette se lever à l'extérieur, oreilles levées, ce qui pourrait être interprété comme de l’inquiétude sur ses traits bestiaux.. Sa frénésie semble se calmer, et d'une course plus rapide encore que celle pour me poursuivre, le voilà qui revient sur ses pas. Merci les oursons. Merci putain, merci...
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