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 La Vie face à la Mort [PV Asclépios]

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Message La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Jeu 5 Mai - 13:54
La Vie face à la Mort







Il y avait tellement de sang sur le pont que la couleur du bois n'était plus qu'un vague souvenir. Ô cette couleur était loin d'incommoder Nimuë O'Bannon qui se dressait face à ce charnier. La main ennemie n'avait pas épargné ses hommes, ces quelques marinas qu'elle pensait pourtant entraînés. Suffisamment pour gérer une attaque surprise. Pestant contre elle-même, la jeune femme cria ses ordres aux quelques rescapés dans l'espoir d'obtenir un semblant de calme. Fort heureusement pour eux, ils n'étaient pas loin d'une terre. Un rivage. Une modeste ville de pêcheurs. Aussi tourna t-elle le nez du navire vers les côtes.

Tandis que ce dernier glissait et s'enfonçait dans une brume épaisse et opalescente, elle, avait retroussé ses manches dans l'espoir d'être utile à quelque chose. La Capitaine ne laisserait personne mourir à son bord. Les quelques marchandises qu'elle gardait dans la soute étaient trop précieuses pour être perdues.

Elle et Old John, son Second, s'employèrent à apporter les premiers soins, à donner les quelques rares herbes qu'ils possédaient encore pour calmer les hommes les plus touchés. L'opium était une précieuse alliée et la belle rousse n'avait pas hésité une seule seconde à écouler son stock personnel, hérité par ses quelques visites chez le Scorpion. Le souvenir de Lesath la rendit sombre et de mauvaise humeur. Mais elle dissimulait ses sentiments derrière un masque de sérieux, digne d'un vrai Capitaine. D'un Général atlante.

« John ? »

Le jeune homme s'empressa de la rejoindre, la mine sombre, les mains couvertes de sang. Voir Nimuë le visage maculé de ce fluide chaud et poisseux, son œil éteint lui fit mal au cœur.

« Il est mort … Finn est mort. Qu'est-ce que je vais dire à sa femme, à sa fille ? »

C'était là la première pensée qui venait à la jeune femme ? L'ombre qui s'était abattue sur elle quand Endymion l'avait retrouvé avait fait peur à Old John. Mais la voir ainsi, si fragile, si tourmentée par le sort de son équipage … Oh il avait honte de le formuler ainsi mais il était rassuré ! Son humanité existait toujours. Même sous ce titre de Sirène Maléfique. Cette fatalité qui l'avait drapé en même temps qu'elle avait endossé l'armure. Il aspirait tant pour elle. Tant et tout autre chose. Pas, cela. Cela le rendait malade. Sans s'en rendre compte, il avait titubé, fermé les yeux …

« John ! John réponds moi ! »

La voix tremblante de la capitaine parvint enfin à ses oreilles. Le Second ouvrit les yeux, dû les refermer tant la lumière lui faisait mal. Il geignit. Chercha à se raccrocher à quelque chose.

« Nous avons accosté John. Tu as été blessé toi aussi, pourquoi ne m'avoir rien dis ?! Oh John … Je vais devoir m'absenter, chercher de l'aide ! Je reviens, en attendant, mâches ça et reposes toi. Je reviens vite. »

Une ombre se glissa alors en dehors du navire amarré non loin des quelques bateaux de pêcheurs. L'endroit semblait désert et couvert d'un manteau froid, glacé. L'air était imprégnée d'une odeur moribonde. Emmitouflée dans une cape bleue-nuit, un capuchon dissimulant ses traits, la jeune femme s'empressa de s'enfoncer dans la forêt avoisinante, à la recherche de quelques herbes. Mais il y avait tant de blessés, et elle était seule … elle ne savait pas ce qu'elle pouvait faire. Pour les sauver. Impuissante. Nimuë se sentait tellement impuissante. Autrefois elle aurait pu les aider mais maintenant que l'essence même de son cosmos avait tant changé, que pouvait-elle faire ?

Elle ramassa quelques racines, sans grande conviction. Elles étaient petites et rabougries. Inutilisables pour ses décoctions. Un soupir. La Sirène était abattue. Elle savait désormais charmer mais … repousser la Mort, le pouvait-elle désormais ?

« Que puis-je faire ? » se lamenta t-elle la voix brisée. Que ferait-elle sans son ami d'enfance ?





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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Jeu 5 Mai - 14:37
    - Que... Quoi ? Vous ne pouvez pas vous y rendre ! Pas seul, Monseigneur ! Attendez que le givre passe. Attendez au moins que le soleil se lève complétement !

Le regard que lui jeta l'homme au masque fit taire le paysan. Le genre de regard qui ne pouvait souffrir d'aucune contestation, quelle qu'elle soit. Il avait énoncé un fait. N'avait pas demandé d'avis. Ces patients qui se pressaient dans cette salle étaient en danger. Qu'est-ce donc qu'un peu de froid, un peu de neige, alors qu'ils manquaient cruellement de soins ? Il pouvait agir. Mieux. Il devait agir. Et sans tarder, à en croire les symptômes qu'il avait décelé chez eux.
    - C'est maintenant qu'ils en ont besoin. Chaque heure compte, désormais. Et je sais exactement où trouver la plante dont j'ai besoin. Vieil homme, fais ce que je te dis et laisse-moi agir à ma guise. Je vais m'absenter le moins longtemps possible. Faites-les boire. Quelques gorgées, jamais plus. Pour la fièvre, passez-leur un linge humide sur le front. Et gardez tous ces voiles sur le visage lorsque vous entrerez dans la salle. Sans quoi, vous risquez vous-aussi l'infection.

Son autorité naturelle. Sa précision. L'âge apparent ne comptait plus dans ces circonstances, le vieil homme le savait. Les médecins autour de lui aussi. Qu'importe l'ancienneté lorsque le savoir nous manquait. Ils avaient de la chance, dans leur désespoir, et il le savait. Car ils étaient tombés sur lui. Oh, évidemment, ils ne pouvaient savoir ce qu'il était réellement. Se contentant seulement de son statut de médecin. Mais sa réputation le précédait. Cet homme qui portait un masque et un bâton de marche sur lequel trônait un serpent. Un être étrange, qui effrayait. Cet homme qui passait de contrées en contrées, sans mot dire, se contentant de dispenser soins et conseils à ceux qui en avaient besoin. Et qui avait accompli un véritable miracle dans le village bordant la côte, le village voisin au leur. Quelle aubaine, alors que le mal se propageait par ici, de le voir arriver ici.

Il avait prit les choses en main. Faisant ouvrir une salle commune, une sorte de dispensaire, afin d'accueillir les malades et de ne pas les laisser vagabonder n'importe où. Son arrivée avait soulagé les autres médecins qui s'étaient naturellement mit à son service, l'aidant dans ses démarches et ans les soins. Il avait apparemment ciblé le problème. Mais n'en avait pas dit plus. Et voilà qu'il lui fallait maintenant gagner la forêt voisine afin d'en récolter des plantes ?

Se drapant dans son manteau, il sortit au dehors, affrontant le froid et le givre. La neige était tombée fortement au cours des dernières heures. C'était mieux maintenant qu'elle ne tombait plus du ciel. Mais le manteau froid recouvrait arbres et routes désormais, amenant avec lui le risque permanent de chuter. C'est pourtant avec vivacité, le pas leste, qu'Asclépios prit la route vers les ombres qui s'élevaient au dessus des maisons. La forêt se trouvait en bordure de la ville, proche du port des pêcheurs. L'air lui-même semblait porter cette odeur de mort, de maladie. Cette odeur si caractéristique pour le nez du Dieu de la Médecine.

Esculape était descendu de son bâton de marche, traçant dans la neige des lignes sinueuses, allant au devant de ce que cherchait son maître. L'esprit ancestral était un guide pour lui. Il ne cherchait pas n'importe quoi. Les racines de certains arbres centenaires. Capable de combattre la fièvre et de lutter contre l'infection de ces malades. Il savait lesquels. Esculape les trouverait pour lui. Il ne mit que peu de temps à atteindre son objectif. Prenant soin de dégager la neige, puis les plantes mortes à l'aide de son poignard, il prit ce dont il avait besoin avec précaution. La nature lui avait toujours donné les ingrédients nécessaires à l'élaboration de ses remèdes. Même ses baumes étaient tirés des plantes les plus variées qui soient. Alors qu'il terminait, adressant une bénédiction en latin au Maître de la Nature, une Lumière particulière frôla son esprit.

Le Dieu de la Médecine n'était plus rattaché au monde comme il l'était sous sa forme divine. Mais il avait encore l'oreille et les sens pour percevoir les prières et les suppliques de ceux qui avaient besoin d'un médecin. Ces complaintes qui n'étaient parfois que murmures mais qui lui arrivaient avec la force d'un hurlement à la lisière de son esprit. C'était proche. Esculape regagnait tout juste sa place au sommet de son bâton lorsqu'il perçut la silhouette encapuchonnée. Il n'entendit que les derniers mots, percevant néanmoins les racines que la personne avait en main.
    - Celles-ci ne te seront pas plus utiles que la neige elle-même. Elles sont mortes. Même pas bonnes pour maintenir un feu vivace.

Il se rapprochait. La Lumière était venue d'ici, il le savait. Mais ce qu'il constatait désormais, c'est que cet être n'était pas un simple mortel. Tapis dans l'obscurité subsistait les résidus d'un pouvoir qui n'avait rien de latent. Qu'importe, cela ne comptait pas.
    - Si tu me disais ce que tu souhaites trouver, peut-être alors que je pourrais t'aider. Je suis médecin. Et en quête moi aussi de quelques plantes médicinales.

Ce n'était peut-être pas ce que la personne cherchait mais on ne partait pas simplement à la cueillette avec un temps pareil sans raison. Il ne souhaitait pas l'effrayer. Mais il comprendrait l'appréhension... Un homme avec un serpent, se promenant en pleine forêt, et avec des yeux rouge de prime abord, voilà qui aurait effrayé n'importe qui, après tout. En tout cas, il ne se trompait pas sur une chose. Elle sentait le sang. Elle sentait la mort. Quelqu'un avait besoin de son aide... Le Dieu de la Médecine ne pouvait l'ignorer.
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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Jeu 5 Mai - 15:14
La Vie face à la Mort






La nature était endormie ici, gelée. Pourtant, l'été était déjà bien avancé. Ces contrées était si inhospitalières. Et ce froid qui cheminait jusqu'à son cœur, oui, la sombre humeur de la jeune femme toute drapée dans cette étoffe cotonneuse pestait et commençait à se sentir dépassée. Elle n'était pas une guérisseuse. Autrefois, peut-être que l'empoisonneuse aurait pu se qualifier de la sorte. Ô elle avait sauvé bien des vies, épargnées certaines. Évitées aussi. Le contact humain, elle l'avait mainte fois fuit. Guérir avait été la seule chose qu'elle avait trouvé pour oser braver sa peur de l'Autre. Se voir déposséder de cela faisait naître frustration et colère en son sein. La pirate était une guerrière. Une voleuse de trésor, de vie. Assoiffée d'aventure et d'histoire à raconter. Tant et si bien qu'elle en oubliait presque le reste. Sainte. Saint abandonnée. Sainte perdue. Sainte éplorée. Sainte mourante.

Malade et marquée, la nouvelle Sirène s'était enveloppée dans un nouveau manteau que le Dragon des Mers l'avait paré. Une fois encore. Celui de l'Ermite. Et tandis qu'elle cherchait, en vain, les quelques racines dont elle avait besoin, les paroles d'Endymion lui revinrent en mémoire, la glaçant. Suspendant ses gestes.

Tu seras toujours seule. Toujours. Solitaire, Ermite … tu périras seule.

Seule ou aux côtés de ce Diable. Quelle magnifique Destin, tout habillé de pourpre. Maniant son petit couteau pour dégager la neige – cette chose toute blanche et froide qu'elle détestait tant – elle fut surprise par l'arrivée d'un homme au regard écarlate. Et se coupa le doigt par inadvertance. Les quelques perles sanguines dégringolèrent le long de son poignet, de son avant-bras avant de teinter la neige. Ses yeux pers regardèrent ces dernières s'étendre lentement. Elle ne répondit pas tout de suite, perdue dans cette contemplation effrayante. Sa voix était blanche, sans aucune musicalité. La Sirène n'avait pas envie de chanter.

« Je le sais. Rien ne pousse ici, tout est mort. L'Hiver semble éternel ici. »

Des mots emprunts d'une certaine mélancolie. Elle rejaillissait comme le sang d'une blessure mal soignée. Un soupir. La jeune femme prit un peu de cette poudreuse entre ses paumes pour nettoyer ses mains, en diriger une vers le couvert de sa capuche. Le froid lui fit du bien, à défaut de remettre de l'ordre dans ses pensées.

« Médecin ? Je pensais l'être moi aussi. Ou au moins guérisseuse. Je l'étais, avant. Je ne suis plus rien à présent. Incapable de soigner mon ami d'enfance. Mon équipage blessé. Là-bas. »

Fit-elle en désignant le bateau que l'on pouvait voir entre les silhouettes des arbres. Il se découpait dans la brume hivernale. Étrange. Elle-même se sentait tout à coup transie de froid. Gelée, jusqu'aux tréfonds de son âme esseulée. Elle darda ses prunelles sur le bâton du médecin. Pencha légèrement la tête sur le côté, intriguée par la créature enroulée sur le bâton de marche de l'inconnu.

« Je cherche surtout de quoi faire des onguents. Faire en sorte que les chairs blessées de mes hommes ne s'infectent pas, ne s'enflamment pas. La gangrène est le pire des fléaux. Quoique … La neige aussi. Je ne trouve rien de convenable. Je n'ai même pas de quoi recoudre. »

La jeune femme se laissa glisser le long d'un tronc d'arbre. Sur le point de capituler. Fatiguée pour une raison qu'elle ignorait. La Lumière lui faisait mal.

« Mais si tu es un Médecin, tu pourrais peut-être m'aider ? Je m'appelle Nimuë. Capitaine de ce navire. Un navire fantôme si je ne me presse pas. »

Mais ses jambes lui faisaient tellement mal. Comme des couteaux que l'on plante encore et encore. Cette impression était loin d'être supportable même pour elle pourtant habituée à cette douleur. Née au Sanctuaire par l'osmose de deux poisons : celui du Scorpion et des Poissons. Et bien que Poséidon l'ait lavé de son essence empoisonnée, un Mal demeurait, plus profond, plus insidieux. Par la faute de son maître. Le Druide Noir.

« Qui es-tu? »





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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Jeu 5 Mai - 15:58
    - Je ne serais pas aussi catégorique que toi. Même sous ce manteau de gel, la vie reste présente. Encore faut-il savoir où regarder. Encore faut-il savoir quoi chercher.

Le sang avait perlé sur la neige, la teintant d'une couleur qu'appréciait particulièrement le médecin. Il fit mine de s'approcher mais s'arrêta plutôt près d'un tronc en décomposition, un tronc mort, à proximité de la femme qui se trouvait là. D'un geste de la main, il balaya la neige accumulée près de la base de ce tronc, cherchant quelque chose. Un sourire lui vint aux lèvres - bien que caché par le voile qu'il portait - lorsque ses doigts effleurèrent ce qu'il cherchait. Là, à l'abri du froid, un champignon fit son apparition. Délicatement, Asclépios le découpa à la base de son pied et le préleva, le montrant ainsi à la jeune femme. Il le déposa dans la sacoche qu'il portait à la taille, toujours avec la même précaution, avant de réitérer le geste encore et encore afin de se constituer un petit stock avec ce qu'il venait de mettre à nu. Puis, il décida de reporter son attention sur la femme. Elle parlait bien, avec justesse. Mais le ton n'y était pas. Son coeur était marqué. Il comprit rapidement pourquoi. Pourquoi elle portait cette odeur caractéristique. Cette effluve de mort.
    - Un médecin reste un médecin, qu'importe le temps qui passe. Peut-on oublier ce que l'on est réellement ?

Les paroles mystérieuses de la jeune femme résonnait étrangement dans son esprit. Il était bien placé pour savoir que le temps qui passe n'entravait en rien les connaissances dans le domaine médical. Après tout, combien de temps était-il lui-même resté hors du temps ? Apollon l'avait rappelé à lui, afin d'aider son Augure, d'aider son armée. Mais Asclépios était libre de ses décisions, de ses faits et gestes. Il était un dieu réincarné. Une âme qui n'aspirait qu'à aider les Hommes. Cela lui avait coûté cher par le passé et son serment l'obligeait à faire plus attention. Zeus l'avait marqué, le contraignant à cacher son visage, même dans cette vie. Mais le jeu en valait la chandelle.

Son regard se porta au loin, à l'endroit que désignait celle qui portait le nom de Nimuë. Il fermait les yeux, laissant son Cosmos si étrange prendre le relais. Il ne doutait pas des paroles de ce Capitaine. Souhaitait seulement percevoir la couleur si particulière de la mort en approche. Elle était forte, par là-bas. Ainsi donc, le devoir l'appelait. Le village avait besoin de lui. Mais cette navigatrice aussi. S'il ne s'agissait que de recoudre et d'empêcher une infection de prendre le dessus sur un corps, alors il pourrait aider sans perdre trop de temps. Il avait en sa possession de quoi limiter ce genre de dégâts. Sa décision fut prise en un instant. On requérait son aide. Il ne pouvait la refuser.

Quelque chose troublait le médecin. Il percevait de la lassitude. De la fatigue. Une fatigue qui n'était pas seulement morale mais belle et bien physique. L'homme n'oubliait pas qu'il combattait actuellement un mal qui sévissait actuellement au large de certaines îles. Un mal qui était entré dans le village proche de ce port et qui avait déjà fait des victimes. Son équipage était-il infecté ? Et elle ? Il gardait cette éventualité dans un coin de sa tête, se promettant de traquer le moindre signe qui trahirait de la présence de ce virus parmi eux.
    - Emmène-moi immédiatement auprès d'eux. Je t'apporterais mon aide. Selon tes dires, je doute que nous puissions nous permettre de perdre plus de temps. On ne peut sauver un mort, après tout...

Son visage s'assombrit alors qu'il prononçait ces dernières paroles. Il était parvenu par le passé à aider les morts. Il en avait payé le prix. Les sutures ne seraient en rien un problème pour lui. Son aura lui permettrait de résorber les plaies si nécessaire. Quant à l'infection, il possédait sur lui un type de plantes très particulier qui lui permettrait de neutraliser sa propagation. Il se devait simplement d'en garder suffisamment pour l'utiliser aussi pour les villageois. Quant à sa dernière question... Elle était sans doute la plus simple.
    - On me connait sous le nom d'Asclépios.

Esculape se hissa sur ses épaules à l'évocation de ce nom. Se lovant là, il dardait son museau arrondi vers le Capitaine. Il fallait y aller maintenant. Avant que la neige ne reprenne ses droits.
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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Jeu 5 Mai - 16:49
La Vie face à la Mort






Toujours murée dans un profond et inquiétant mutisme, la jeune femme suivit des yeux le petit manège du médecin. La vie restait présente malgré tout, malgré le gel et le froid. Malgré la mort. Un infime espoir couvait sous la neige, il suffisait de bien regarder. Chose que la jeune pirate n'avait pas fait, bercée dans son défaitisme. Âme noire, esprit tourmenté, l'ancienne Sainte opina du chef, détailla les champignons qu'elle reconnut sans mal. Ses heures d'études ne furent pas inutiles, même auprès d'un maître monstrueux tel que lui. Lucius. Puis une question, simple en apparence. La réponse l'était-elle pour autant ? La jeune femme l'ignorait. Mais comme le champignon endormi sous sa couverture de neige, ces mots eurent le même effet d'éveiller son intérêt. Pour autant, Nimuë n'avait pas le temps de pousser la réflexion.

Il finit par lui demander de le mener à ses hommes. Ainsi donc le médecin allait l'aider. Aussi simplement ? Et sans énoncer la moindre contrepartie ? Ses sourcils se rejoignirent au milieu de son front, creusant une petite ride contrariée, cachée par l'ombre du capuchon. Elle inspira profondément, expira, laissant une volute vaporeuse s'échapper d'entre ses lèvres sèches. Fatigue et lassitude s'entendaient dans sa voix. La désillusion était grande, la Sirène ne connaissait plus qu'elle depuis quelques temps.

« Ce qui est mort ne saurait mourir. » déclara t-elle par mimétisme avant de trouver la force pour se redresser. « Asclépios ? Ce nom ne m'est pas inconnu, je crois. »

Un instant elle regarda le serpent albinos se lover, se permit même un petit sourire. Nimuë aimait les serpents, la grâce avec laquelle ils se mouvaient. Elle connaissait un Diable, voir une telle créature avait de quoi la plonger dans une sorte d'euphorie qui fit naître un semblant d'hilarité chez elle. L'accablement, sans nul doute.

« Comme tu es beau, toi. Vas-tu me tenter avec une Pomme toi aussi ? »

Un vague murmure et la demoiselle s'éloigna, ouvrant le chemin jusqu'à son navire. La traversée en barque se fit sans heurt, bien qu'aucun mot ne fut prononcé. Pas par elle en tout cas. Nimuë semblait plongée dans sa perplexité, toute absorbée dans ses obscures réflexions. Une fois à bord, un vent froid balaya le pont, faisant trembler les pauvres hères encore debout et bien portants. Voir leur capitaine revenir avec un étranger eut de quoi faire monter un vague de soulagement. Ou quelques notes d'inquiétudes supplémentaires.

« Je vous présente Aslépios, il est ici pour nous prêter main forte. Maintenant remettez vous au travail. Vous savez ce que vous devez faire. »

Sur un ton éteint mais étrangement toujours aussi autoritaire, la Générale les laissa achever de laver le sang du pont à grande eau. Les dernières traces de lutte seraient bientôt effacées. Un lointain et pénible souvenir. La jeune femme guida le Médecin jusqu'au ventre de son navire, là où les blessés avaient été rassemblés. Une dizaine, disposés confortablement sur leur lit de fortune, par terre, au lieu de se balancer inutilement en l'air. Après tout, ils n'allaient pas repartir en mer de si tôt et il ne fallait pas qu'ils bougent, ou le moins possible. Ici il faisait noir, mais il faisait chaud. Cette chaleur émanait de la capitaine qui libérait son cosmos, comme l'avait fait Aslépios tantôt. Une démonstration qui ne l'avait nullement interloqué, ni même surprise. La jeune femme ne s'étonnait plus vraiment. La petite fille curieuse qui était surprise de tout et de ses découvertes était morte, étouffée par la malveillance d'un maître qui l'avait forgée comme un monstre empoisonné.

« Dix de mes hommes ont été touchés. Parmi eux, un a succombé à ses blessures. Cinq sont dans un état assez préoccupants. Je les ai regroupé là. » Elle pointa du doigt les cinq couches disposés devant eux, là où il y avait plus de confort et de chaleur. « Je crains que celui-ci ne doive être amputé de la jambe gauche. Lui a perdu un œil et souffre de délires. Lui a perdu énormément de sang et ne tiendra pas longtemps. »

Énuméra t-elle gravement avant de s'approcher d'un homme qu'elle réveilla avec douceur, d'une légère caresse sur sa joue pâle. C'était le dernier qu'elle avait pointé du doigt. Son ami d'enfance.

« John, reste avec moi s'il te plaît. Ne pars pas, ne me laisse pas, d'accord ? Ta capitaine te l'ordonne. John … »

Sa gorge se serrait à le voir au bord du trépas. Il peinait à garder les yeux ouverts et pourtant, il rassembla ses dernières forces pour serrer sa main autour de celle de Nimuë. Elle se mordit si fort la lèvre qu'un filet de sang dégringola le long de son menton. John soupira et sombra dans l'inconscience. Elle s'était redressée, avait enlevé son capuchon, dévoilant une chevelure d'un rouge vif. Semblable à celle du sang. Deux grands yeux voilés par des larmes mal contenues. Implorants en silence l'homme au serpent.





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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Jeu 5 Mai - 18:09
    - Simple réminiscence du passé, sans doute.

Ce nom parlait à beaucoup. Mais peu parvenait à se rappeler. Peu parvenait à se souvenir de ce qu'il avait été. De ce qu'il était, encore. Et ce n'était pas un mal. Contrairement aux autres dieux, Asclépios restait celui qui aimait le plus ces Hommes. Nul besoin alors de se faire adorer par eux tant qu'il pouvait soulager leurs douleurs. Il avait beaucoup aidé alors qu'il n'était encore qu'un simple demi-dieu. Mortel parcourant le monde pour aider ceux qui croisaient sa route. Respecté des Hommes, apprécié des Dieux. Elle l'avait alors initié à un secret qui l'avait dépassé. Ne lui avait rien fait promettre. Et il avait agi en son âme et conscience, jugeant que cette découverte pouvait aider le monde. Non ! Qu'elle devait aider ce monde. Athéna ne l'avait pas mit en garde contre la jalousie de son oncle. Le Maître des Enfers n'avait pas accepté l’ingérence d'un mortel dans ses affaires. Un homme qui ressuscitait les défunts. Un homme qui empêchait la maladie de prendre le dessus sur son peuple. Il s'était plaint. Et le Roi des Dieux avait puni l'importun. Un éclair. La mort assurée. Ô, il y avait gagné l’immortalité. Sa place parmi les autres dieux. Parmi le firmament.

C'est bercé par ces pensées, par ces souvenirs, qu'il parvint au bateau. Le Capitaine fit l'inventaire des cas les plus graves. Il aurait aimé lui dire que ce n'était pas une obligation. Un simple regard permettait au dieu de la Médecine de s'apercevoir des problèmes physiques de ces corps. Et derrière ce voile qui masquait son visage aux autres, une grimace. Certaines de ces âmes étaient déjà condamnées. Il l'avait dit. On ne pouvait sauver un mort en sursis. Prendre ce risque alors que son Père avait besoin de lui était inconcevable.

L'odeur de la mort et du sang était omniprésente. Une bataille, terrible, avait eu lieu ici. Et comme s'il était rattaché par ses sens à ce navire, il crut entendre dans les tréfonds de son âme la bataille telle qu'elle s'était déroulée. Les âmes fauchées. Les corps transpercés, déchirés. Esculape se laissa tomber sur le sol, à ses côtés. L'aura de Nimuë se révélait, n'apportant qu'une confirmation de ce qu'il avait déjà ressenti. Elle était une Initiée. Un chevalier d'un autre ordre. Mais aujourd'hui comme hier, cela ne comptait pas à ses yeux. Seule sa vocation lui importait. Puis tout bascula. L'un d'eux sombra dans l'inconscience.

La supplique muette de la jeune femme fut entendue. Fut comprise. Asclépios se rua en avant. Le corps de celui qui portait le nom de John était faible. Sa respiration, saccadée. Il avait perdu du sang. Beaucoup de sang. Et l'infection semblait déjà s'être propagée dans son sang. Esculape s'était déjà placé à la tête du marin. Son museau tout proche de l'oreille de ce dernier. Allongeant convenablement le corps sur le sol, il prit l'un des bras de l'homme, posant ses doigts au niveau du poignet de ce dernier. Son autre main s'était posée sur le thorax, après avoir dégagé les vêtements qui l'entravaient. Il leva le regard et le posa sur quelques-uns des hommes valides qui s'étaient assemblés là, dans l'attente de nouvelles de celui qui semblait compter pour eux. Ignorant le Capitaine - la panique se lisait clairement sur son visage et elle ne lui serait pas aussi utile pour sauver cet homme - il énonça ses consignes. Son ton était impérieux. L'urgence ne lui permettait plus de prendre le temps d'expliquer. Ils devaient agir. Tous. Et vite.
    - Toi et toi. Maintenez-le au sol le plus fort possible, même si pour cela vous devez lui casser un bras ou une jambe. Je ne veux pas qu'il bouge. Ce qui va suivre risque d'être douloureux. Il ne doit pas pouvoir se mouvoir. Il en va de sa vie ! Toi, de l'eau. De l'eau de mer, immédiatement !

Il reportait son attention vers le corps de John. Les deux matelots - hommes vigoureux qu'il avait choisi pour leur force apparente - prirent position de part et d'autre du Lieutenant de Nimuë, tenant fermement jambes et bras. Se mettant à genou, Asclépios plaçait déjà ses mains jointes, ouvertes, au dessus du torse de l'homme. Le sang pas tout à fait coagulé n'appartenait certainement pas qu'à lui. Mais il rendait ce corps poisseux, glissant. A ses côtés, on déposa un seau emplit d'eau de mer. L'odeur caractéristique de l'iode lui montait aux narines. Tel le bâton de Sourcier découvrant son trésor, les mains d'Asclépios se figèrent au dessus d'une zone particulière. Il avait trouvé. Il fallait maintenant le purifier. Les simples onguents ne seraient plus utiles, ici. La magie ancienne allait œuvrer. Celle qui le liait à ce monde, celle qui lui donnait la maîtrise de ce Cosmos et son affiliation au Dieu de la Lumière.

Sa main droite dévia vers le seau et plongea dedans tandis que l'autre laissait apparaître une sphère argentée. Le corps de John se crispa. Lorsqu'il sortit sa main droite du récipient, une seconde sphère apparut. Emplie d'eau de mer. Il plaça cette dernière au dessus de la première, ne cessant de murmurer d'anciennes incantations en latin. L'aura du médecin se fit plus forte. Comme auréolée de son pouvoir divin. Il plaqua la paume de sa main sur le corps moite du marin. Ce dernier tressaillit mais les deux désignés tinrent bons. Il était difficile de comprendre ce que faisait le médecin. Puis enfin apparurent les premiers effets. Extirpées de force à l'aide de la sphère d'eau saline, des bulles de sang étaient exfiltrées du corps de John. Restant en suspension dans le liquide, elles éclataient à chaque fois pour libérer une sorte de liquide sombre. L'opération dura quelques longues minutes, Asclépios parcourant à l'aide de ses paumes presque l'intégralité du corps du marin, prenant plus de temps autour du coeur et des poumons. Et à chaque fois, le corps se crispait, se contractait. S'il n'avait pas été inconscient, il aurait hurlé de douleur, il le savait.

Lorsqu'il jugea l'opération terminée, il se leva et libéra la sphère dans le seau. Il venait d'extirper l'infection comme l'on neutralisait un poison. Réparant par le biais de cette sphère les organes internes qui avaient été abîmés. Les hommes lâchèrent les membres de John et Esculape en profita pour positionner son corps reptilien sur le ventre du lieutenant, laissant simplement sa tête dépassée de l'amas de chair. Personne ne comprenait. Cela importait peu. Se relevant, Asclépios s'adressa à Nimuë.
    - J'ai fais le maximum. L'opération n'est pas sans risque pour un corps aussi affecté que le sien et cela a fait grimper sa température interne. Le corps d'Esculape va réguler cela. Mais nous avons besoin de neige pour l'y aider. Maintenant, son destin lui appartient. Sa vie n'est plus entre mes mains.

Il avait fait au mieux. Mais le Cosmos divin, dans un corps d'emprunt, ne possédait pas les mêmes vertus que les dons qu'il avait par le passé. Il adressa une dernière bénédiction envers son patient.
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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Jeu 5 Mai - 19:32
La Vie face à la Mort






Elle recula de quelques pas dans l'ombre. Juste assez pour s'effacer avant qu'elle ne cède tout à fait à la panique qui montait en elle. Elle disparaissait dans la noirceur pour laisser la place à la Lumière. Qu'elle œuvre à sa place ! Que pouvait-elle faire de toute façon ? Si faible, si désespérée, Nimuë O'Bannon tentait pourtant de lutter contre ces sentiments qui prenaient assaut son cœur, tout son être. Pourquoi les Moires s'amusaient-elles encore à ses dépends ? Pourquoi avait-il fallut que ce soit lui, entre tous les autres ? Lui qui l'avait tant de fois secouru, soutenu, même lorsque qu'elle était devenue … une Fourbe Créature. Un Poison. Au moins le Médecin possédait-il le talent nécessaire pour se faire entendre et écouter de ses hommes. Quand bien même ceux-là hésitèrent l'espace d'un instant, cherchant l'accord dans les yeux de leur Capitaine. Cette dernière eut tout juste la force d'incliner la tête. Et de trembler tout le long du processus. La technique de l'homme était impressionnante. Intrigante et mystérieuse. Puis il y avait l'eau, l'élément de la vie. Ce lien elle le possédait aussi, fille de la Mer.

Le voir œuvrer de la sorte lui donna assez de courage pour rallumer la flamme dans son cœur. Il était temps qu'elle combatte aussi la Mort ! Pourquoi avait-elle tant hésité à l'affronter ? Sa nature était-elle si changée pour que sa volonté soit définitivement ébranlée ? Non. Nimuë O'Bannon n'était pas une pleutre. Elle était une âme sauvage et libre. Alors elle sortie de l'ombre pour affronter celle de l'âme blanche.

Essuyant d'un revers de la main les quelques larmes qui perlaient aux coins de ses yeux, la rousse imita le Médecin et s'employa à faire ce qu'elle pouvait. Répondant à l'appel d'un autrefois pas si lointain. Guérir était quelque chose qui ne s'oubliait pas. Les gestes qu'elle effectuaient prouvaient une certaine expérience et dextérité. Le doute s'était envolé, concentrée comme elle l'était dans sa tâche. Et tandis qu'elle recousait la blessure d'un homme – un géant à la peau d'ébène – la Capitaine n'entendit pas tout de suite les mots qu'on lui adressait. Sortant de sa torpeur, secouant la tête comme si on venait de l'éveiller, Nimuë tourna son visage à moitié mangé par la pénombre vers Asclépios. Son teint était livide, marqué par une pesante fatigue, mais elle lui offrit un beau sourire, pleine de gratitude. Ses yeux enfiévrés dévièrent sur le corps étendu de son meilleur ami. Un soupir de soulagement plus tard et elle se redressa, essuyant ses mains souillées à même sa chemise ample d'homme.

« Merci Asclépios, je vais demander à mes hommes de faire le nécessaire. »

Puis elle le vit s'agiter, marmonner des propos inintelligibles. Inquiète la pirate se porta à ses côtés, s'agenouilla près de sa couche pour passer une main glacée contre son front. Un regard pour le serpent et Nimuë prit une profonde inspiration. Les quelques hommes éveillés se tinrent cois, ils savaient ce qu'elle s'apprêtait à faire et ils sourirent. La Sirène allait chanter. Elle prit le temps de nouer ses doigts à ceux de son ami d'enfance et ferma les yeux. Sa voix était douce et mélancolique. Une vieille chanson issue de son enfance, quand tous les deux, elle et John observait l'aube se lever à l'horizon, perchés en haut du toit de la maison qu'ils partageaient avec les parents de son ami. Comme l'Océan lui avait semblé beau, ces fois-là, illuminé par les feux de l'aurore. À travers les yeux des enfants qu'ils furent, il y a longtemps. Ô enfance brisée.

Elle parlait de la pluie et de ses murmures.



« Tell me what the rain knows
O are these the Tears of Ages
That wash away the Wolf's Way
And leave not a trace of the day?

Tell me what the rain knows
O is this the flood of fortune
That pours itself upon me?
O see how I drown in this sea

Hark, hear the howl that eats the moon alive
Your fur is on fire
The smoke turns the whole sky raven black
And the world upon your back will crack

Where will you go
Now you've no home?

Let the rain wash away your last days »

Oui, que ferait-elle sans lui ? Celui qui représentait ce qui se rapprochait le plus d'un … foyer. D'une famille et de sa chaleur. À la fin de sa complainte, la Sirène se tut. La gorge nouée. Le front douloureux rendu brûlant par la marque qui s'épanouissait : Celle de la Roisin Dubh. La rose noire, celle des Druides Sombres, eux-même fidèle à Medb de Conaught. La Sorcière Ténébreuse. Trônait donc cette fleur à peine éclose. Du bouton, elle s'était bien épanouie. Surtout maintenant qu'elle avait quitté Athéna, qu'elle avait croisé le Diable et que peu à peu, le sceau de la Sagesse apposé par le Grand Pope lui-même, tendait à se briser. Une fois totalement ouverte, que se passerait-il donc pour la Sirène Maléfique ?

Nimuë se redressa, tituba.

« Hm … Je ne vais pas te retenir plus longtemps. Je vais te raccompagner. »





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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Mer 11 Mai - 19:34
Ce n'est qu'une fois sa propre opération terminée qu'il remarqua l'était physique des autres. Ils avaient reçus des soins utiles et suffisants pour leur permettre de se rétablir et il ne faisait aucun doute que Nimuë en était l'origine. Celle qui s'était dit "rouillée", celle qui s'était tant dénigrée sur le plan médical, avait réussi à prendre les devants, se montrant bien plus dégourdie qu'elle ne l'avait laissé entendre. Un simple regard permit au médecin de voir la dextérité de la jeune femme. Il ne fallait pas se fier aux apparences et le Capitaine en était l'exemple criant. A bien des égards. Car lorsque la nouvelle tomba pour le dénommé John, son comportement changea.

Asclépios avait toujours trouvé son métier grisant. Qui avait-il de mieux que de voir les proches des malades reprendre du poils de la bête en constatant que les patients se remettaient. Arriva alors une chose à laquelle il ne se serait jamais attendu. Une chose qui, en observant les autres marins, n'étaient pas arrivés depuis un petit moment mais qui leur donnait du baume au coeur. Elle se mit à chanter. Esculape avait rejoint son maître, estimant qu'il n'avait plus à rester sur le pauvre homme. Les autres allaient respecter ses consignes et il se devait de ne pas être une entrave. La voix de Nimuë s'éleva alors dans les airs.

Un véritable ravissement. Le Dieu de la Médecine fermait les yeux, bercé par la douce mélopée. Le sentiment de se trouver face à une sirène enchanteresse, voilà la première impression qui l'assaillie. La complainte se terminait, laissant une sorte de vide dans l'esprit d'Asclépios. Sentiment qu'il balaya d'un revers de la main, reportant son attention pleine et entière vers la jeune femme. Quelque chose changeait. Quelque chose s'épanouissait. Telle une fleur. Une fleur qui lui donnait une impression mauvaise, dangereuse. Asclépios ressentait le mal, l'ombre qui s'épanouissait lorsque le Soleil, avatar de son Père, disparaissait. Ce Capitaine n'était pas commun. Il l'avait de suite su. Mais là, c'était encore autre chose. Il ne parvenait pas à saisir quoi. Une marque bien surprenante. Pas dans son assiette, elle se proposait de le raccompagner. Une nouvelle zone dans son esprit s'éveilla... Ses autres patients l'attendaient. Par réflexe, il portait sa main à la sacoche dans laquelle reposait les herbes dont il avait besoin.
    - En effet, je me dois de revenir au village. Une épidémie s'étend et j'ai ici de quoi restreindre les effets de ce mal sur ces pauvres hères. Veux-tu m'accompagner jusque là-bas, ne serait-ce que pour m'aider pour les décoctions ? Tu m'as prouvé que tu savais y faire et je risque d'être quelque peu débordé par les soins à prodiguer.

Il lui demandait une aide. Certes sommaire, mais qui pouvait faire la différence. Si ici, il avait pu faire appel à ses pouvoirs, il ne pouvait en être pareillement au sein d'un village peuplé d'âmes humaines. Si Apollon était plus clément que d'autres au sujet du secret de leur caste, il ne fallait pas tenter le diable. Ses connaissances suffisaient mais deux bras supplémentaires ne seraient pas de trop. Quelqu'un d'autre se serait sans doute débrouillé seul, laissant le Capitaine profiter de ses hommes tout juste rétablis. Ou aux chevets des plus malades. Mais Asclépios voyait les choses autrement. Ceux qui méritaient son attention étaient ceux qui souffraient le plus. Et sur le coup, à cette heure, c'était le village qui avait le plus besoin de ses soins. Son regard s'attardait sur la marque. Cela lui permettrait peut-être aussi d'en apprendre plus sur cela... Sa curiosité reprenait le dessus.
    - Je comprendrais néanmoins que tes obligations te forcent à rester sur place. Il me faut juste une réponse rapide. Ils ont besoin de moi.

Pressant ? Il y était obligé, malheureusement. Esculape sortit de nouveau sa langue reptilienne, comme pour sentir l'air. Comme pour montrer son empressement à lui aussi.
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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Sam 14 Mai - 11:11
La Vie face à la Mort







« Je viens. »

Avait-elle déclaré presque immédiatement, sortant de sa torpeur. Balayer son malaise ne fut pas chose aisée mais la demande du Médecin ne pouvait être ignorée, quand bien même, au fond d'elle, elle se savait inutile. Un poids ? Au moins se risquerait-elle à faire quelque chose. Ce sentiment d'impuissance qui accaparait son cœur était lourd à porter. Arrêtes de te dénigrer Nimuë. Les mots d'Endymion résonnèrent avec force dans son esprit embrumé. Un goût doux-amer en bouche, la belle releva la tête, une lueur de détermination farouche dansant dans ses prunelles pers. Le regard d'une Sainte penchée sur l'Humanité, le Rêve de la Sagesse. Puis cette Ombre qui revenait au galop. Déluge. La vindicte de la Mer. Sa mâchoire et son poing se crispèrent or la belle se détourna, ouvrant la voie à Asclépios.

Comme lorsqu'ils avaient vogué pour la première fois, le chemin du retour se fit dans un parfait silence, tout juste perturbé par le clapotis de l'eau chaque fois que les rames mordaient la surface de l'onde. Le voyage fut rapide et Nimuë accosta, n'hésitant pas à mouiller ses bottes pour que celles de l'Oracle n'aient pas à subir le même traitement. La Sirène alla même jusqu'à offrir sa main pour l'aider, par habitude, à présent qu'il lui était donné de toucher les autres sans avoir peur de les empoisonner. Pourtant, ce fut bien vite que sa dextre quitta celle du jeune homme, comme si ce contact – même léger – avait suffit à la brûler. Cette sensation étrange n'allait probablement pas échapper aux dons du divin pèlerin qui aurait l'intime conviction qu'un Mal grandissant la rongeait de l'intérieur. Sombres noirceurs issues d'un Monde Souterrain. Viciées corrompues, nature décomposée.

« Ne perdons pas plus de temps, je te suis. »

Ce manteau brumeux ne semblait pas vouloir s'effacer. Ainsi progressèrent-ils sous son joug, en proie à cette froidure qui dérangeait la Capitaine pirate. Prestement, cette dernière avait resserré les pans de sa veste, cherchant un peu de chaleur dans son cosmos. Y puisant suffisamment de ressource pour se sentir mieux. Son sourire revint sur ses lèvres. Il était temps de jouer son rôle et d'afficher une mine de circonstance. Car les mourants étaient des êtres bien plus attentifs. Sensibles à toutes choses.

« Avant que nous nous engagions là-dedans, peux-tu me dire ce que je m'apprête à trouver ? Je ne suis pas très à l'aise avec les surprises. M'enfin, je suppose que tu me guideras très bien. Je ne voudrais pas agir en parfaite potiche … J'ai quelques connaissances en chirurgie, elles pourront être utiles et je peux supporter tout un tas de choses, alors ne me ménage pas. »

La vue du sang ne lui faisait rien, comme celle de la Mort. Combien de fois avait-elle pu la côtoyer ? Observer son œuvre ? Voir un homme ou une femme être dépossédé de sa flamme ? Ô elle avait perdu le compte. Ça n'avait pas d'importance, elle n'était pas particulièrement touchée par ce fait-là. La Vie face à la Mort. Comme elle pouvait être égoïste aussi. La simple idée de perdre John fut pour elle insupportable et inenvisageable alors que là … Non pas que leur sort indifférait Nimuë mais … son pragmatisme prenait le pas sur le reste. Elle ressentait encore la morsure de la marque sur son front qui la démangeait. Portant une main vers celui-ci, la jeune femme semblait se perdre dans ses réflexions. Elle en sortit abruptement, retroussa ses manches.

« Je suis prête ! »

Se constituant un masque de neutralité absolue, la rousse entra dans le bâtiment, dans la salle commune et marqua un temps d'arrêt. Elle attendait les instructions d'Asclépios tandis que déjà, elle-même évaluait l'ampleur de l'infection. Quelle familière fragrance dans l'air … Elle œuvrerait de la même manière que tantôt. Sa Voix serait utile et apaisante.





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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Lun 30 Mai - 17:53
Elle venait, ce qui constituait pour lui une excellente nouvelle. Savoir qu’il allait pouvoir bénéficier d’un peu d’aide, c’était important. Et si en plus il pouvait essayer d’en apprendre plus sur ce qu’il avait remarqué, alors ce serait idéal. Pour l’heure, ses pensées étaient toujours tournées vers ses patients. Ce mal qui les avait atteints l’étonnait. S’il savait pouvoir traiter les symptômes, il savait aussi que la souche serait difficile à isoler. C’était là le plus grave à ses yeux : car s’il ne parvenait pas à détruire l’origine du mal, même avec ses soins, les patients retomberaient malades. Et mourraient, il en était persuadé. Car Asclépios ne pouvait rester à résidence. Apollon requérait son aide. Ce n’était pas pour qu’il reste en dehors de ses terres.

Le silence fut une fidèle compagne, une fois encore. Le trajet n’était pas bien long mais étrangement, cela permit à Asclépios de se recentrer. Il avait usé de ses dons pour sauver ce marin et allait maintenant devoir s’attabler à une tâche autrement plus difficile. Il se projetait déjà vers ce qu’il allait faire. Et cette fois, pas de magie : les humains ne devaient pas savoir ce qu’il était. Ils n’étaient pas préparés pour la plupart. Les Dieux étaient parmi eux, intervenant dans leur quotidien sans même qu’ils ne s’en rendent compte. Il ne pouvait outrepasser cette règle élémentaire. Les dieux ne lui pardonneraient pas cet affront, même si Apollon était un peu plus souple sur la question. Tant que l’on réparait ses fautes, pas de soucis. Mais cela fonctionnait sur quelques personnes. Pas sur un village entier.

Le bref échange qu’ils eurent en accostant fut suffisant pour le conforter dans ses doutes. Un Mal important grandissait en ce Capitaine exemplaire. Et la rose noire n’en était qu’un préambule. Il allait devoir se montrer prudent. Pas par peur. Mais sa nature était plus forte que sa raison. Et agir pour aider les autres était chez lui un besoin. Presque vital. Il n’avait jamais connu cette sensation. Mais était habitué aux sceaux maudits. Il lui fut reconnaissant de se parer d’un visage plus enclin à la confiance. Ceux qui souffraient n’avaient pas besoin que l’on soit plus défaitiste encore.
    - Cette maladie est étrange. Une épidémie ravage certains villages alentours et il semble qu’un porteur infecté soit arrivé ici. Lorsque la maladie s’est déclenchée, il avait déjà infecté quelques personnes. Elle se propage rapidement. J’ai pensé un temps que la maladie passait par l’air. J’ai finalement constaté qu’il fallait contact pour qu’un porteur infecte un être saint. Ceux qui se trouvent ici n’ont donc pas tous été contaminés par le patient Zéro. Ce qui explique les différences entre les uns et les autres.

Son propre cache lui permettait de ne pas subir les infections. Mais savoir qu’on ne risquait rien à respirer l’air était déjà une bonne chose. Il avait détaillé quelques petites choses mais il n’avait rien dit encore concernant l’état des patients.
    - Fièvres, toux et des plaques. Voici les premiers symptômes. Les boutons sont purulents. Les plus touchés vomissent du sang, perdent peu à peu le sens de la réalité. Si tu es versé dans l’art de la chirurgie, c’est une bonne chose. Le patient Zéro était en très mauvais état. Il me faudrait pouvoir examiner ses organes vitaux s’il ne survivait pas. Cela pourrait nous aider à mieux comprendre ce mal. Mais le plus important, c’est ceci.

Alors qu’ils entraient, il désigna les racines et plantes qu’il avait été cueillir.
    - Nous allons les faire bouillir et réduire afin de pouvoir s’en servir tantôt comme baume, tantôt comme bouillon. Cela neutralisera la fièvre et devrait ralentir la maladie. Ces plantes ne sont pas rares. Mais sont mésestimées. Elles sont capables de neutraliser bien des poisons et ce mal en est un, à sa manière. J’aimerai ton avis sur la question. Ces médecins t’aideront. J’aimerai que tu consultes le premier patient. L’origine. Je vais préparer les décoctions en attendant.

Deux médecins arrivèrent vers eux. Ils semblaient dépassés. L’un d’eux, la mine déconfite, lui fit signe. Le patient Zéro était mort pendant l’absence d’Asclépios. Ce qui ne laissait rien présager de bons pour les autres. Agir vite. Mais agir bien. La jeune femme allait avoir du pain sur la planche. Masi pas seulement. Car Asclépios souhaitait toujours en apprendre plus sur ce mal qu’il avait perçu. Le test débutait.
    - Te sens-tu de lui prélever les organes pour analyse ? Si tu n’y parviens pas, ils le feront, rassure-toi. La nouvelle va rapidement faire le tour du dispensaire. Nous devons également trouver un moyen de ne pas les effrayer. Néanmoins, si à un moment tu te sens faiblir, arrête-toi. Inutile de me le cacher, Esculape sera mon garant.

Il fit un signe et le serpent se détacha pour suivre la jeune femme. Il serait le lien entre elle et lui. Lui permettant d’analyser la marque sans réellement le montrer. S’il le pouvait. Ce Mal… En était-elle l’origine, finalement ?

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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Ven 3 Juin - 21:56
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La jeune femme avait vu tellement de choses, des choses horribles et indicibles qu'elle n'oserait décrire ou se remémorer. Des afflictions étranges, des maux curieux. Dans un passé pas si éloigné que cela, la belle en avaient soigné bon nombre. Oui, l'ancienne Sainte des Poissons avait été bien souvent traitée de sorcière. À tord ou à raison ? L'intéressée s'en fichait pas mal. Ses connaissances s'étaient étoffés au fil de ses lectures, de ses expérimentations. De ses lectures principalement. Et la bibliothèque de son ancien maître Lucius avait été une source inépuisable pour elle. Des trésors inestimables et intarissables. Des aventures dans son monde de silence et de solitude quand ce dernier n'était pas bousculé par les prémices des Liens écarlates. Larmes et Sang. Balayant ces pensées, la jeune femme avait écouté le récit du Médecin avec le plus grand sérieux, n'omettant aucun détail qu'il lui fournissait.

Ces symptômes n'étaient pas sans lui rappeler un épisode de sa vie quand elle était encore à ses débuts dans la piraterie. Mais pour l'heure la Sirène Maléfique gardait ses doutes pour elle : autant être assurée de son diagnostic avant de le dévoiler au jeune homme. Elle acquiesça d'un léger hochement de la tête quand Asclépios lui demanda de s'occuper du patient zéro. Logique en soi, c'était ce qu'elle aurait fait de prime abord. Une bonne chose que ce dernier ait été repéré assez rapidement. Ou peut-être pas au vue du nombre de personnes alités. L'infection galopait aussi vite qu'un cheval lancé au triple galop. Se posait alors l'éternelle question pour elle, l'ancienne Sainte : en était-elle capable ? Pouvait-elle leur apporter une réelle assistance ? La rouquine soupira, inspira pour se redonner de la contenance.

Tant pis si ce n'était plus son rôle et qu'elle allait à l'encontre de la philosophie atlante. Nimuë ne pouvait pas ignorer cet appel silencieux, là, au creux de son cœur.

« Bien. »

Fit-elle d'une voix blanche et détachée, présentant instinctivement son bras au serpent pour qu'il vienne s'y enrouler. Après quoi elle suivit l'un des deux médecins qui s'était proposé pour la conduire jusqu'au défunt. Quel dommage, par sa faute …

« Laisse-moi maintenant, occupes-toi des autres. »

Avait-elle déclaré sèchement à l'instant même où ses yeux pers s'étaient posés sur le corps allongé sur son lit. Comme elle l'avait soupçonné, la voici projetée des années en arrière dans un petit port marchand frappé par ce triste fléau. Une maladie infectieuse, extrêmement contagieuse. Elle sut alors qu'elle devait se hâter. Il lui avait donné des instructions après tout. S'emparant d'une petite lame que la jeune femme passa sur la flamme d'une bougie, elle commença minutieusement son travail chirurgical découpant la peau de ce torse couvert de pustules. Bientôt le bruit d'os que l'on brise retentit et une odeur pestilentielle se dégagea du cadavre. Pour autant, la rousse ne semblait pas affectée par cette puanteur, encore moins par la vue du sang et des organes exposés. Elle jeta quand même un bref regard au serpent albinos. Un regard vide et inexpressif. Étrangement éteint. Mais dangereux. Quelque chose en sommeil et de terriblement noir et maléfique. Pourriture, meurtrissure. Corruption.

« Va me chercher ton maître, petit Serpent. Il doit voir ça. »

Et elle attendit, penchée vers le trou béant dans cette poitrine blanche et rouge. À l'intérieur, une gangrène sombre qui s'étendait sur les poumons. En le sentant approcher et sans se retourner, Nimuë ouvrit la bouche.

« J'ai déjà vu cette maladie. Ils sont condamnés. Il faut tout brûler et vite. Emporter ailleurs les non-infectés. Regarde ! Tous les autres organes ne sont pas touchés et ces boutons … »

Son visage se tourna légèrement vers l'Oracle. L'atlante n'avait jamais été aussi sérieuse et si sombre. Ses poings autant crispés. Nœuds de phalanges blanchies.





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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Dim 5 Juin - 10:53
Elle allait s’affairer à sa propre tâche tandis que lui se dirigeait vers la table sur laquelle était entreposé des produits divers et des fioles qui lui seront nécessaires à l'élaboration de ses baumes. Travailler dans l'urgence était quelque chose d'habituel pour lui. Un médecin de guerre se devait de pouvoir réagir quelque soit la situation, et au plus vite afin de préserver les vies qui étaient sous sa responsabilité. Si le Dieu de la Médecine se devait de rester concentré, ce n'était pas sans raison. La peur était palpable ici. Et les médecins de fortune qui tentaient de l'aider commençaient eux-aussi à sombrer dans le désespoir.

Mélanger les produits n'était pas difficile en soi. Il fallait néanmoins respecter un dosage précis, sans quoi le remède deviendrait poison. Lorsqu'il se mettait ainsi dans sa bulle, le monde extérieur n'avait plus prise sur lui. Cette maladie, il l'avait déjà vu. Et si cela s'avérait exact, alors les patients risquaient la mort. Bien que préoccupé, Asclépios se devait de rester professionnel. Il eut tôt fait de préparer un breuvage pour faire tomber la fièvre et combattre l'infection. Hélant un de ses assistants, il lui transmit le sirop, lui expliquant ce qu'il allait devoir faire. L'homme partit au triple galop tandis qu'à nouveau Asclépios se jetait dans la concoction du baume.

Le médecin mêlait un peu de son Cosmos pendant les préparations, améliorant drastiquement les effets de ces concoctions. C'était infime mais le don de la Médecine n'était pas donné à tous. La mort du patient Zéro avait été prévisible. Et était malheureusement de mauvaise augure pour les autres. Poussant un soupir, il sortit de son linge la racine qu'il avait récupéré précédemment. Entre ses doigts, le Cosmos jaillit, réduisant la racine en une poudre brune, malodorante, qu'il mêlait immédiatement à l'onguent. Peu à peu, la pâte s'éclaircit. Alors qu'il allait ajouter le dernier ingrédients, Esculape revint à ses côtés. Il l'ignora un court instant tandis qu'il murmurait quelques incantations tirées du passé. Il bénissait à sa manière ses préparations.

Poussant un soupir, il redressa la tête. Du regard, il balayait le dispensaire et sut d'instinct que la situation était en train d'empirer. Certains patients commençaient à perdre la raison. Douleur et peur étaient deux amies de la Mort. Les médecins passaient des uns aux autres pour dispenser sa première préparation. Mais Asclépios craignait que ce ne soit trop tard. Il était arrivé quelques jours trop tard... Esculape se frotta à son bras, demandant l'attention de son maître. A peine leurs yeux se croisaient-ils que son serpent lui projetait les images et le message de Nimuë. Son coeur s'emballait. Prenant juste le temps d'emballer son baume afin qu'il ne sèche pas, il se précipitait vers le Capitaine.

Elle lui décrit ce qu'elle venait de constater, laissant à l'homme l'opportunité de voir de ses yeux la maladie ronger ce corps mort. Une alarme tinta au fond de son esprit alors que les mots de la femme proposait une solution. Non. Elle ne proposait pas une solution. Elle ne faisait en réalité que donner la seule issue possible. La seule opportunité de sauver les villageois encore sains de cette bourgade. Il fallait agir. Et vite. Le visage de l'Atlante était plus dur, plus froid que jamais. En son for intérieur, il sut qu'elle avait raison. Lui aussi connaissait la maladie. Et il était trop tard, même avec ses dons, pour sauver ceux qui avaient été atteint. A moins d'enfreindre la sainte règle qu'il avait juré de ne plus jamais trahir. Non. Il ne le ferait pas. Apollon avait besoin de lui. Il ne sacrifierait pas sa vie pour l'heure. Même si cette décision lui brisait le coeur.
    - Je vois... Alors nous n'avons pas le choix.

Il prit quelques instants pour conforter le ton de sa voix. Pour rassembler ses forces aussi. Puis à l'adresse des médecins, il dicta ses ordres. Esculape venait de se glisser sur ses épaules.
    - Sortez immédiatement ! Que les bénévoles saints vous suivent. MAINTENANT !

L'incompréhension se lut sur leurs visages mais ils ne discutèrent pas. Cela ne prit que quelques minutes. Mais déjà les patients semblaient comprendre. Certains se levèrent. Mais ne purent bouger. Le Cosmos d'Asclépios prenait de plus en plus d'ampleur en ce lieu. Clouant sur place ceux qui étaient malades. Ceux qui ne sortiraient plus jamais d'ici afin de ne pas répandre une maladie terrible. Les portes se refermèrent derrière eux. Les malades pleuraient. S'énervaient. Femmes, enfants. Asclépios porta le regard sur Nimuë. Lorsqu'il prononça ces mots, sa voix ne faiblit pas. Mais une part de son âme pleurait pour eux.
    - Je vais avoir besoin de toi. Je peux les faire sombrer dans l'inconscience. Mais cela risque de ne pas être suffisant. Aide-moi, je t'en prie. Peux-tu chanter pour eux ? Chanter pour leur âme ? Et m'aider à purifier ce lieu ?

Son Cosmos prit alors forme. Véritablement. Autour de lui, alors que les patients sombraient les uns après les autres dans un sommeil forcé, trois silhouettes apparurent. Prenant corps, les formes devinrent des femmes. Comme des fantômes, elles semblaient irréelles. Mais le pouvoir émanait d'elles. Aceso, Panacea, Iaso. Il laissait les autres au repos. Elles élevèrent les mains. Alors que leur père tenait en sa main son bâton de marche. Auréolé de son pouvoir, il projeta son énergie dans tout le dispensaire. La force conjuguée de ses filles enflammèrent en un instant l’ensemble des produits inflammables se trouvant dans la place. Contrôlant les flammes, contrôlant la chaleur, le médecin fit en sorte que les fumées toxiques qui commençaient à prendre de l'ampleur envahissent les poumons de ces personnes endormies. S'ils mourraient d'intoxication avant que les flammes ne dévorent leurs chairs, alors ils ne souffriraient pas. Puis, il recula de quelques pas. Ses filles formèrent une sorte de cercle autour de lui. Et autour de Nimuë. Leurs auras empêchaient les flammes et les fumées de les atteindre. Pour le moment. Mais Asclépios ressentaient peu à peu les gens mourir. Son regard se porta sur le Capitaine. Il allait avoir besoin d'elle...

Car aujourd'hui, c'était la Vie face à la Mort. Et paradoxalement, la mort de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants, allait permettre au plus grand nombre de vivre. Un sacrifice nécessaire. Son aura baissa quelque peu. L'ombre de ses filles frémit. Avant de se raffermir.
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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Dim 5 Juin - 11:56
La Vie face à la Mort






« Je vois... Alors nous n'avons pas le choix. »

Terrible était la sentence du Juge. Ces mots, sombrement, résonnèrent dans l'esprit de la jeune femme qui baissa les yeux. Le cœur lourd, le souffle court, la vérité éclatait de la plus horrible des façons. Ô prenez pitié d'eux, implacables démiurges. À quoi confrontez-vous donc vos sujets, sadiques monarques perchés sur vos nuages ? Nimuë avait envie de vomir et elle luttait. Elle luttait contre un sentiment qui ne l'avait jamais quitté en fin de compte. Qu'importe le nombre de fois où elle l'avait repoussé. Ce qui faisait d'elle un monstre, un poison. Sans s'en rendre compte la belle, frénétiquement, écorcha la peau de sa main gauche de ses ongles, laissant des traces rougeâtres puis sanglantes. Comme pour se punir. Repousser le mal qui grimpait en son sein. Non, la jeune femme ne devait pas sombrer. Pas maintenant, pas comme ça. Le Médecin avait besoin d'elle. Mais que pouvait-elle bien lui offrir ?

Ses yeux, hagards, cherchaient une réponse dans ceux de l'Oracle. « Pitié ! » paraissaient crier ses prunelles pers voilées par un rideau de larmes. Mais la réalité la rattrapait sans cesse. C'était ainsi, il y a des combats perdus d'avance. Et les siens étaient tellement nombreux que l'image de l'Ermite que lui avait donné Endymion lui semblait révélatrice. Une vérité crue. Oui, elle était l'Ermite aux côtés du Démon, peut-être était-ce sa vérité à elle. S'exiler dans la solitude. Là où elle ne pourrait faire de mal à personne.

La voix d'Asclépios la fit légèrement sursauter. Cet éclat l'avait frappé de la même façon qu'un trait divin fauchant l'être désigné à subir l'anathème. Car ce qu'ils s'apprêtaient à faire … relevait bien du sacrilège, non ? Le moindre mal. Oui Nimuë, le moindre mal. Tu dois t'efforcer de t'y complaire. Car la folie te guettes, elle n'est pas loin, tapie dans un recoin de ton cœur. Là, elle a fait son nid dans les ténèbres.

Elle n'était plus qu'une coquille vide. Les bras ballants, le teint livide, la belle rousse regardait sans rien faire les malheureux quitter précipitamment les lieux. Certains n'avaient même pas eu le temps de dire au revoir. Une petite fille avait été arrachée aux bras de sa mère et les cris avaient éclaté. Ils ne comprenaient pas, ils ne voulaient pas comprendre, ils s'y refusaient ! Faire face à la Mort était une épreuve pénible, mais inévitable.

Pars Nimuë, ne reste pas ici !

Lui soufflait une voix dans sa tête. Mais elle ne bougeait toujours pas. Elle croisa alors le regard d'Asclépios. Et fut ébranlée une fois encore. Perdue, hésitante. Que faire, que dire, que lui répondre ? Qu'elle n'en était pas capable ? Qu'elle était un poison ? Qu'elle ne ferait qu'empirer les choses ? Car où qu'elle aille, Nimuë n'apportait que l'ombre de la Mort. Ce qui se passait en cet instant en était l'exemple le plus criant. Son corps se refusait à bouger, son cœur lui, martelait sa poitrine.

Tu as si mal Nimuë. Pourquoi restes-tu ?

Et le feu jaillit pour toute réponse. Ces flammes qu'elle avait déjà vu brûler et œuvrer des années auparavant, brûlant le champ de roses et de ronces dans lequel elle avait été enfermée, brisée. Là où elle était devenue un Monstre. Où tout avait commencé, où tout s'était terminé. Elle secoua la tête de droite à gauche, voulut s'enfuir, quitter ce lieu maudit ! Or elle ne pouvait pas l'abandonner. Lui, cet homme qui déversait une puissance si grande, si différente de celle qu'il avait pu légèrement sentir jusqu'alors. Par le feu, tu purifieras la souillure. Sur son front apparut la marque de la rose noire. Une violente douleur l'étreignit, la fit chanceler. Mais ce fut au prix d'un effort surhumain que l'atlante encaissa. Se rétablit pour prendre une profonde inspiration. Elle soutint le regard de l'Oracle et lui fit un petit signe de tête. Alors sa voix éclata, s'envola comme la cendre le ferait ce soir, parmi les étoiles. Elle chanta comme elle n'avait jamais encore chanté, se laissant envahir par la toute puissance de la Sirène Maléfique. Celle qui apporte la Mort.


Tu m'as libéré.

Aux côtés des filles du feu, une silhouette aqueuse se matérialisa, soutint les souffles enflammées pour mieux les guider. Étouffer ce qu'il y avait à étouffer. Raviver ce qu'il y avait à raviver. Et attirer les âmes jusqu'à elle. Pour que ces dernières puissent prétendre au repos auquel elles avaient droit. Tandis que la jeune femme s'efforçait de faire ce que l'on attendait d'elle, des larmes s'étaient prises à glisser le long de ses joues pâles. Le sceau des druides noirs s'épanouissait encore. Toujours plus. La rose allait éclore. Un jour prochain. Mais pas maintenant que le Feu était tout proche. Il restait pour l'instant un rappel perpétuel.

Tu es un Monstre, Nimuë.

Sans s'en rendre compte sa main avait trouvé celle, libre, du Médecin. Son étreinte se raffermit, preuve suffisante de son émoi. Traduisant tout ce qui débordait de son cœur malmené.

Et quand le dernier éclat flamboyant vint à mourir, elle, tomba à genoux, éclata en sanglots, son visage dissimulé par sa chevelure de feu. Peu à peu elle se recroquevilla, happée par la douleur. La Vie face à la Mort. Ils en avaient payé le prix fort.

Le visage baigné par ses larmes, elle le releva vers Asclépios.

« Tue-moi. Délivre-moi aussi. Pitié. »





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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Sam 11 Juin - 18:54
Sa voix changea. Si précédemment, elle avait été envoutante, ici elle apportait la mort. Elle serait la dernière compagne de ces mortels, les menant par delà les frontières terrestres. On pouvait crier au scandale. A l'hérésie. De ces flammes, nul cri de douleurs s'élevait. Seulement la voix de la Sirène, forte, terrible, qui renforçait son propre pouvoir et se complétait à merveilles avec celui du Dieu de la Médecine. Ce dernier sentait les vies s'éteindre. Et chaque fois, il avait l'impression qu'on lui remuait les entrailles avec une lame chauffée à blanc. Mais cette douleur était la sienne. Elle serait son châtiment pour cet acte.

Les invocations se dissipèrent enfin, laissant Nimuë et Asclépios face à leurs responsabilités. Les flammes moururent. La scène macabre apparut face à eux. Des corps calcinés. Une odeur nauséabonde. Des craquements çà et là, preuve que la structure elle-même avait subie des dégâts irréversibles. Ici, la mort était omniprésente. Mais paradoxalement, cette mort venait sans doute de permettre le sauvetage de centaine d’autres vies. Un sacrifice nécessaire, qui n’enlevait malheureusement rien au carnage qu’il y avait eu ici. Qualifier cette action de « meurtre » n’était toutefois pas envisageable. Car ces êtres étaient tous condamnés par la maladie qui avait pris possession de ces pauvres hères. Lui et son alliée du moment n’avaient finalement qu’abrégés les souffrances à venir. Son regard se portait vers Nimuë. Elle semblait plus affligée que lui. S’il n’était pas forcément mieux, il se faisait fort de ne pas craquer. Il assumait la responsabilité de cette scène. Mais ses yeux à lui aussi été rougis par les larmes. Et la peine.

Par réflexe, il avait laissé la main de la jeune femme se glisser dans la sienne alors que les flammes prenaient possession des lieux. Il avait trouvé lui-aussi le contact réconfortant. Puis vint les larmes du Capitaine. La peine était légitime et le médecin avait du mal à se contenir lui-aussi. Mais la colère prévalait. La douleur dominait la tristesse. Ce mal avait eu raison de ses dons. De ses forces. C’était un échec. Mais les règles de son monde étaient ainsi. User de ses pouvoirs ne lui était pas permis. Pas lorsqu’il y avait autant de témoins. Apollon était plus souple que les autres déités mais il n’en restait pas moins attaché à certaines valeurs. Le secret était obligatoire.

Le plus difficile à digérer fut de voir l’impuissance apparaitre au fond du regard de la jeune femme. Il connaissait ce sentiment, sans doute mieux que n’importe qui d’autre, y étant soumis régulièrement de par sa profession. Mais le désespoir pouvait occasionner bien des dégâts. La supplique du Capitaine eut l’effet d’un électrochoc. Esculape lui-même se tortillait face à la demande tandis qu’il se reculait d’un pas, comme pour laisser à sa partenaire son espace vitale. Il avait envie de la rassurer. Mais que dire dans pareille circonstance ? En tout cas, il était évidemment exclu qu’il puisse libérer cette femme comme elle le lui demandait. Malgré les événements du jour qui pouvaient contredire la chose, il n’était pas un assassin.
    - Je ne peux faire cela. Et tu le sais. Bien que je le déplore, en agissant comme nous l'avons fait, nous avons sauvés de nombreuses vies. Je porterais ce fardeau aussi longtemps qu'il me restera un souffle de vie. Et je m'évertuerais à faire ce que je sais faire de mieux : soigner. Guérir. Préserver. Tu dois faire de même, Nimuë.

La rose s'était encore épanouie. Ce que cela signifiait, il ne le savait pas. Mais une alarme tintait au fond de son esprit. Comme s'il passait à côté de quelque chose d'important. Esculape frôla sa joue. Il portait en lui une partie de la tristesse de son maître. Comme pour le soulager. Et ce dernier lui en était reconnaissant. Pour autant, il repoussa de son esprit cette part d'Esculape. Son allié n'avait pas à subir les conséquences de ses actes.
    - Nous ne pouvons plus rien faire. En dehors de leur donner des sépultures décentes. Nos actes ne seront pas compris par les villageois, qui seront aveuglés par le chagrin.

Il voyait sans peine l'effet que cela aurait sur les autres. Il voyait déjà la colère prendre le relais. Mais mieux valait cela. Car sans eux, aucun n'en aurait réchappé. Il se rapprocha d'elle. Son regard passait de la marque à son visage. Ses yeux. Il ressentait sa peine. Lui aussi était affecté.
    - Je m'aperçois que jamais je n'aurai dû te demander de m'aider. Si j'avais su, j'aurai sans doute agi différemment... Je ne sais pas comment je pourrais rembourser la dette qui est la mienne mais sache que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour m'en libérer. Mais pour l'heure, sortons. Cette odeur... Elle m'est insupportable.

Il avait l’habitude pourtant. Mais cette fois, c'était trop difficile pour lui. Il attrapa le jeune femme afin de l'aider à sortir. Il ne savait pas si elle accepterait mais il tentait. La soutenir. Soulager sa peine. Si un seul d'entre eux devait souffrir, alors ce devait être lui. Inconsciemment, il cherchait à soulager la jeune femme de ce fardeau. Dehors, les badauds s'amassaient déjà. Les visages étaient fermés. Beaucoup pleuraient. Mais certains étaient emplis de haine. Ce qu'il avait craint allait arriver. Sauf s'il désamorçait la situation. Du regard, il balaya la scène, cherchant les autre médecins. Mais ceux-ci étaient évidemment partis. Finalement, il les ignora. Pour ne porter son attention que vers Nimuë.
    - Que vas-tu faire, maintenant ?

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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Sam 11 Juin - 19:56
La Vie face à la Mort







Il y avait tellement de désespoir au fond de ses prunelles pers. Une supplication douloureuse. Chaque mots, la jeune femme les pensaient. La réponse du médecin aussi lui avait semblé évidente. Alors pourquoi ? Pourquoi avait-elle formulé à haute voix cette demande irraisonnée ? Issue du cœur. Son cri, un hurlement même muet, mais si visible en cet instant qu'il ébranla Asclépios qui vacilla, s'éloigna d'un pas. Ses doigts quittèrent les siens pour les serrer contre sa poitrine douloureuse. Désespoir et douleur se liaient ensemble pour faire leur sombre office sur elle. Qu'il lui était insupportable de porter pareil fardeau ! La Vie face à la Mort, l'idée qu'elle ait pu perdre la seule personne ayant un tant soi peu compté pour elle, celui qu'elle pouvait sans hésiter appeler famille, l'avait dévasté. Pour autant elle avait accepté la demande de l'homme et elle s'était exécutée, elle l'avait accompagné en se doutant pertinemment de ce qu'elle pourrait bien trouver.

Monstre. La voix qui annonce la Mort.

Il ne pouvait pas l'exécuter, il n'était pas l'instrument des Enfers, un Juge, un Bourreau. Le « moindre mal ». Comment s'en convaincre, comment s'aveugler de la sorte ? L'ombre d'une vérité se profilait, un baume qu'elle aurait pu appliquer sur son esprit meurtri, mais elle en était incapable. Pour elle, se serait s'aveugler et se donner une excuse. Impuissance. On en revenait toujours au même point. Maintenant elle comprenait le sentiment qu'avait maintes fois ressenti le Lion d'Or. Comme elle. Songer de nouveau à Childéric la plongea dans un mutisme inquiétant autant que néfaste. Telle un pantin dont le marionnettiste tirait les ficelles, Nimuë se redressa, une main plaquée contre sa poitrine. Elle eut du mal à tenir sur ses jambes. Soigner. Guérir. Préserver. Ces trois mots retentissaient inlassablement dans sa tête, lui soutirant une légère inclinaison de la tête. Ses yeux perdus dans le vague, qu'elle semblait lointaine et ailleurs la Sirène Maléfique !

Elle ne parut pas réagir aux paroles du Médecin et fils d'Apollon. Pour autant … pouvait-on parler de dettes ? Nimuë, si elle avait été consciente en cet instant, aurait secoué la tête avec énergie.

Oh oui, elle savait qu'ils seraient pris pour des assassins. Face à la Mort et son cortège d'absurdité et d'horreur, il fallait un coupable. Ils étaient tout désignés pour cela. Quel serait leur châtiment ?

Elle avait envie de vomir et ce ne fut qu'une fois dehors que Nimuë se rendit compte qu'elle avait été guidée jusqu'ici. Un peu hagard, la Capitaine tomba sur les survivants qui s’amoncelaient comme des nuages d'orage dans les nuées. La foudre n'allait pas tarder à s'abattre. Elle pouvait entendre les grondements du tonnerre résonner de là où elle se tenait. Voix hautes ou chuchotées, pleurs et soupirs, colère et tristesse à peine voilées. Une tempête s'annonçait. Un déferlement chaotique qui n'était qu'un prélude pour l'instant et qu'Asclépios avait décidé d'ignorer.

« Hm ? » Soudain, elle sembla s'animer de nouveau, reprendre conscience. Elle l'observa avec gravité. Elle ne savait tout simplement pas. Elle ne savait plus que faire. Une coquille vide. « Et bien je ... »

Une première pierre vola jusqu'à eux et manqua de les heurter. Par réflexe, la Générale de Poséidon s'était déplacée en face du jeune homme et se faisant un second caillou, plus gros que le précédent, l'atteignit à la tempe. Elle aurait pu l'éviter. Elle aurait pu le détruire mais au lieu de cela Nimuë avait décidé de ne rien faire et de cueillir le coup sans rien tenter. De braver le chagrin aveugle des survivants. Un moindre mal. Le liquide, chaud, rouge et poisseux, coula abondamment de sa plaie, se mêlant à l'écheveau de sa chevelure carmine, dégringolant en larmes sanguinolentes sur ses joues pâles. Une troisième pierre la frappa un peu au dessus du flanc, la faisant gémir.

Tu es un monstre Nimuë ! Tue-les ! Ils le méritent tous. Tu sens le goût de ton sang sur ta langue ? Ils méritent le même sort ! Ou pire. Tue-les, oui tue-les tous !

Les poings serrés, la mâchoire crispée à l'extrême, elle luttait de toutes ses forces. Fit un pas lourd pour se rapprocher d'eux. L'aura qu'elle dégageait en cet instant fit reculer les plus téméraires. Ses mains se levèrent …

Oui ! C'est ça ! Massacre-les !

Elle écarta les bras en croix, redressa son visage maculé d'écarlate. Un vaste silence naquit dans l'assemblée et petit à petit, les murmures reprirent, elle, commença à se retirer dans les ténèbres de la forêt.





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Message Re: La Vie face à la Mort [PV Asclépios]   Jeu 29 Sep - 10:58
Les choses lui échappaient et cela allait mal finir. C'était une évidence. Une certitude qui n'atténuait en rien la peur qui s'était emparée de lui. Il n'y avait nulle honte à craindre pour la vie des autres. Il était médecin et c'était dans sa nature que de ressentir ces choses. Et si sa qualité de dieu devait le préserver de cela, lui-même avait toujours refusé de renier ses origines humaines. Pour l'heure, la pierre avait jeté la femme-Capitaine dans une pseudo transe qui ne présageait rien de bon. Le calme qui venait de s'installer serait temporaire. Avant que la véritable tempête n'éclate. Il ne pouvait le permettre. Il en allait du bien être de ces mortels. Mais pas seulement. Le secret ne devait pas être éventé. Qu'ils aient l'impression d'avoir à faire à des guerriers surhumains et les Forces du monde châtieraient les impudents.

Sa propre aura prit de l'ampleur, comme pour calmer les pulsions de la jeune femme. Il sentait en elle les ténèbres. Et il avait dépensé trop d'énergie en ces terres pour tenter de la ramener sur la voie de la raison par la force. Être au four et au moulin n'allait pas arranger les choses. Il tentait d'apaiser les esprits mais bientôt la colère aurait raison de ces pauvres hères. Fuir. Vite. Avant que d'autres morts ne viennent renforcer ceux déjà tombés.
    - Nous en avons assez fait. Partons. Partons avant qu'il ne soit définitivement trop tard. Un danger plus grand que la maladie rôde en ces lieux.

Et c'était elle. Une nouvelle pierre fusa mais quelque chose la retint, la laissant retomber mollement sur le sol. Sa barrière ne tiendrait plus longtemps. La maintenir invisible l'épuisait. S'il craquait, son véritable pouvoir prendrait le relais. Il ne pouvait le permettre. Pas ici. Esculape avait disparu. Œuvrant pour la paix, il agissait de son côté, maintenant seulement contact mental avec son maître. Peu à peu, il parvint à la faire reculer. Vers la forêt. Vers les profondeurs qui assureraient l'avenir de ces hommes. Elle y était pour beaucoup dans cette retraite. Alors qu'elle s'était avancée vers eux, les bras en croix, il avait un temps craint pour eux. Reprenait-elle ses esprits ? Ou serait-ce un tout autre tournant ? Si d'aventure elle relâchait sa force contre eux, il n'aurait d'autre choix que de partir. Partir sans un regard en arrière. Partir sans pouvoir aider ces mortels. Il ne combattrait pas cette femme. Pas aujourd'hui.

Il tendit sa main dans sa direction. Si elle l'a prenait, elle partirait avec lui. Sinon, chacun reprendrait sa route. Il n'avait pas voix au chapitre car elle-seule était décisionnaire. Mais si elle lui tournait le dos, alors il ne pourrait plus rien pour elle. Le mal qui couvait était une bête intérieure. Sur laquelle il n'avait lui-même aucune emprise. Que ferait-elle ?
    - Je ne suis pas devin. Mais je pressens que ta décision aura un impact sur l'existence de bien des vies. Dont la mienne.

Un sifflement attira son attention. On les traquait. Esculape les précédait de peu. Ses pouvoirs lui permettraient de disparaître en un instant. Mais avant, il devait savoir.
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