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 Rowena - le Paon de Cécias

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RowenaavatarArmure :
Chlamyde du Paon

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Message Rowena - le Paon de Cécias   Dim 8 Mai - 18:56
Rowena - Veena
Qui est-il ?


    Nom : Officiellement Rowena. Mais elle se présente parfois sous le nom de Veena.
    Date de naissance : Rowena est née le 21 mars 527. Veena ne s'en souvient plus.
    Âge : Le corps a 23 ans. L'esprit lui est plus âgé, un peu plus de 70 ans.
    Sexe : C'est une femme, autant de corps que d'esprit.
    Armure demandée : Chlamyde du Paon


Comment est-il ?

    La blancheur de la nacre. Une peau qui n’a que très peu connue la lumière. Pâle, elle ne semble être que pureté pourtant. Une peau douce comme la pèche, qui ne semble être que l’effleurement d’une plume duveteuse. Une peau qui n’a aussi que très peu connue le contact et le froid caractérise son touché. Elle semble de marbre. Le marbre du mort.
    Le noir d’ébène. Longue chevelure qui tombe jusque dans le creux de ses reins, indomptable et indomptée, laissée libre au gré du vent qui hurle dans la cime. Ils tranchent avec la blancheur de sa peau, non sans démentir un seul instant à sa beauté.
    L’azur du saphir. Richesse d’un regard froid comme la glace mais doux comme la neige. Ils sont vivant ces yeux, mais solennel, comme si le monde regardé par ces iris reflétait une mort latente, un Destin tragique. Ce sont de beaux yeux, qui captivent et envoutent, mais semble ne jamais regarder avec colère ou malveillance. Il s’y lit une douceur mesurée, sereine et généreuse.

    La finesse et souplesse du roseau. Un corps galbé de courbes aguicheuses bien souvent visibles sous les robes légères. Un muscle fin, peu présent, elle semble plus frêle que robuste, mais plie sans point se briser. Tel le paon, elle se montre seulement belle et fragile, trésor pur que l’on regarde sans pouvoir saisir. Ce corps est pourtant d’une grande faiblesse. Malade, personne ne le sait, mais ni son teint ni sa froideur ne lui apporte une santé vertueuse. Ce mal qui la ronge est d’une origine que l’esprit connaît et que le corps subit. Un mal qui ne peut hélas pas s’arrêter et qui plonge bien souvent Rowena dans de long et pénible sommeil dont seule la conscience et le cosmos peuvent encore s’échapper. Lorsque cela arrive, qu'elle vadrouille dans le monde du lointain coma de ses rêves, elle revêt une apparence très légèrement différente. Ce même teint de nacre, cette même chevelure indomptée d'un noir de jais, mais des prunelles chaude d'un grenat léger qui tendent vers le rosé. Elle a l'air plus mure et plus âgée.

    A l’instar de cet oiseau qui fait son totem, la jeune femme voit son corps se couvrir de symboles étranges qui la décore sans la défaire son charme. De la naissance de ses coudes tombant jusque dans la paume de ses mains se dévoilent de curieux signes. Entrelacements complexes qui se rejoignent dans le creux de sa dextre, ils se finissent dans ce qui semble être un œil stylisé dont la signification n’est connue que d’elle. Mais plus remarquable, ses épaules et son dos sont marqués par trois grands sceaux aux allures païennes, cabalistiques, dessinés d’un rouge sang et qui s’illuminent sous l’influence de son cosmos. Que représentent-ils ? Longue histoire qu’elle n’a certainement pas envie de conter.

    Elle est charmante et douce, la belle Rowena. Sage et bienveillante, elle aime autant la vie que la paix, même si sa propre existence a toujours louée la mort et le désordre. Antithèse caractérielle de tout ce qu’elle a toujours vue et vécue, elle tente par tous les moyens de réparer et effacer ce qu’elle a pu commettre et dont elle se sentira à jamais coupable. Le temps aura fait son œuvre pour la rendre posée et réfléchie, peut être trop parfois, loin d’aimer à prendre des décisions et surtout commander à ceux qu’elle pourrait pourtant aider. Elle n’est pas timide, ni renfermée sur elle même, juste mystérieuse sans le désir de s’imposer. Elle doute et s’effraie, et juge que si l’on a besoin d’elle, on viendra à sa rencontre. Jamais elle ne refusera à quelqu’un de donner des conseils, si avisés on peut les croire. Et bien sur, quiconque sera dans le besoin trouvera Rowena sur son chemin, tant que le cœur qu’elle aide mérite son soutien. Elle n’est pas juge des actes des autres, ni critique, mais croit en ses propres valeurs. La naïveté ne fait pas partie de ses défauts, bien au contraire, elle observe et analyse, ce qui la rend bien piètre combattante dans l’action et la démesure, mais bonne stratège pour peu qu’elle y connaisse quelque chose dans les arts de la Guerre. Elle est plus portée sur le facteur humain et tend à plutôt bien comprendre la psyché sans jamais s’imposer plus que de raison dans ce qui ne la regarde pas.

    Tournée vers le passé, Rowena culpabilise énormément du mal qu’elle a fait à sa famille et de la malédiction qui pèse sur celle-ci. Si elle avait suivi le bon chemin et obéit, sans doute rien de ce qui s’est passé ne serait arrivé. Mais elle est farouche voire têtue, s’obstine malgré son calme, mais tempête souvent quand l’on va trop loin. Elle s’offusque qu’on cherche à la découvrir et se cache quand l’on creuse trop profondément. Rancunière elle n’est pas, bien heureusement. Faire du mal aux autres est la dernière chose qu’elle ferait et le silence ou la violence ont toujours endommagé les liens. Pour autant, sa loyauté sans faille au Seigneur du Soleil ne la fera pas reculé sur le chemin qu’elle le sait vouloir instaurer. Quand bien même implique-t-il des actes qu’elle réprouve, elle se verra obligé d’user de ses capacités pour suivre cette route. Pas parce quelle obéit aveuglément, non, mais parce que son devoir réside entre dette et reconnaissance. Et parce que ce qu’Apollon et les Oracles désirent, elle le veut aussi. Elle a toujours vu les vies naitre et prendre fin. Et comme le cycle de la vie humaine connaît son apogée et son déclin, le cycle d’une ère doit bien un jour prendre fin. Et si les choses peuvent se faire en douceur et avec diplomatie, alors elle sera la première à user de sa verve réfléchie et bienveillante pour cela. A l’inverse, elle ne nie pas que la violence de la guerre la fera reculer, quand bien même elle en perçoive la nécessité. Elle se préfère protectrice qu’attaquante, gardienne plutôt que bourreau.

    Spoiler:
     


Son Histoire

    Il y avait ce doux crépitement résonnant dans la plénitude nocturne. La bougie et sa flamme vibraient dans les derniers instants de leur vie, avant que tout ne soit éternellement consumé et n’impose alors les ténèbres. Dans la pièce, allongée sur un lit de fortune, une femme semblait s’étendre dans un long et paisible sommeil. Ses lippes s’allongeaient dans un fin sourire, son visage dégageait assurance et douceur. Elle rêvait. Et puis, la flamme vacilla, avant de s’éteindre définitivement fauchée par un courant d’air. A cet instant précis, le visage si serein de la femme se tendit dans une grimace douloureuse. Peu à peu, sa peau se fit moite, humide d’une sueur née de la peur. Un gémissement traversa ses lèvres, un râle qui se répéta plusieurs fois avant de se muer en de légers cris. Et vint le hurlement strident, lâché à gorge déployée tandis que le corps lui était victime de soubresauts interminables. Piégée dans le cauchemar, elle appela à l’aide, elle supplia que tout cesse, que la mort rende son jugement. Plusieurs hommes entrèrent alors enfin, agités et inquiets. Certains se placèrent à son chevet, tentant vainement de retenir les mouvements imprévisibles de ce corps possédé, alors qu’un s’approcha de la bougie fumante pour la rallumer. Lorsque la lueur vint reprendre forme en ces lieux, les tourments de la dame semblèrent se calmer. La quiétude doucement reprit ses droits et après quelques instants à reprendre sa respiration, les yeux de la jeune femme s’ouvrirent, aussi effrayées que tristes. Les prunelles rosées contemplèrent ses sauveurs avant de lentement se redresser.

    « Qui as-tu vue Veena ? Qui va mourir ? »

    Un nom murmuré à l’oreille du plus proche, une voix faible qui explique et qui détail tout ce qu’elle avait vu, tout ce qui allait se passer et tout ce qui pouvait être empêché.

    « Bien, repose toi maintenant, Augustus veillera sur ton sommeil. »


    L’homme qui avait rallumé la lampe s’avança. C’était un jeune garçon un peu chétif, le regard fuyant mais doux, généreux. Il promit d’une petite voix de veiller sur elle, qu’il ferait tout pour empêcher la lumière de s’éteindre et de ne pas réveiller à nouveau les songes noirs. Elle acquiesce juste silencieusement, avant de se recoucher d’un mouvement lent. Une certaine peur réside toujours dans ses prunelles, comme si elle ne souhaitait pas se rendormir. L’homme le plus âgé, assit sur le lit à côté d’elle posa une main sur son front, doux, apaisant.

    « Rendors-toi Veena. Notre seigneur Apollon éprouve peut-être ton esprit, mais il protège ses fidèles. »


    Et sur ces mots se releva et sorti de la pièce, accompagné des autres à l’exception du dénommé Augustus. Ce dernier prit place sur un tabouret qu’il avait amené du fond de la pièce, pour s’asseoir près d’elle, sagement. Il avait l’air de ne pas savoir où se mettre ni où regarder. La jeune femme, Veena, elle ne se gêna pas pour lui lancer des regards à la dérobée. Elle était certaine de ne l’avoir encore jamais vu. Etait-ce un nouveau prêtre, un apprenti à venir ? Il en avait tout l’air. Et bien qu’il lui était inconnu, sa présence à ses côtés sembla aussi la rassurer. Mais le sommeil ne la trouva pas. Elle avait toujours peur. Peur de ces visions qui infiltraient son sommeil et ses songes. Depuis toujours, elle portait ce fardeau. Depuis toujours elle se savait l’une des élus du Seigneur du Soleil, dont le culte pourtant n’était plus d’actualité. Mais elle avait été choisi, amené si jeune dans cette Tour secrète, seule, à veiller sur ces murs.

    « Vous devriez vraiment vous reposer, le soleil va se lever dans quelques heures.

    -Alors sa lumière me rassurera d’autant plus.

    -Mais demain, quand les premiers rayons du jour se lèveront, il vous faudra veiller sur nous ? »

    Une voix incertaine prononce ces mots. Le jeune Augustus pense savoir, mais il ne peut l’assurer pleinement. Il ne voudrait pas vexer cette femme dont on lui susurre l’importance en ces temps de sommeil.

    « Oui. Sans doute. » Même si c’est là la vérité. Qui ne semble ni l’épuiser ou la contraindre. Un devoir qu’elle connaît aujourd’hui depuis bien des années. « Sais-tu qui je suis réellement, Augustus ?

    -Vous êtes l’oracle gardienne de la Tour en l’absence de notre Seigneur et de son Augure.

    -Précisément. Sais-tu que le Paon est le gardien depuis toujours ? Les yeux de son plumage veillent inlassablement sur chaque pièce, chaque salle, chaque pierre de cet édifice jusqu’au réveille du Soleil. Que rien ne peut lui échapper, que son attention, qu’il fasse nuit ou jour, ne s’éteint jamais ?

    -Non je… je l’ignorais. Mais pourquoi êtes vous seule ?

    -Car les autres sommeillent eux aussi. Le Seigneur n’a pas besoin encore d’eux en cette ère. Il attend juste que son gardien aux cent yeux veille et patiente jusqu’à son retour. »

    Une bien triste destinée, qui pourtant ne semble ni cruelle ni malheureuse à la jeune femme, qui laisse entrevoir un sourire simple et doux. Elle pourrait être désespérée de cette solitude, mais elle ne l’est pas. Car sans les fidèles d’Apollon, elle serait sans doute morte depuis bien longtemps. Jeune enfant, folle, regardé comme un monstre, abandonné, laissé à la rue parce qu’il n’y avait rien à faire d’une sotte prise de visions incompréhensibles… Non elle ne s’offusque pas du destin qui l’attend, ni du destin du prochain enfant qui prendra sa place, un jour. Jusqu’à ce que le Seigneur du Soleil et ses fidèles s’éveillent enfin. Elle ne rechigne à rien. Pas encore du moins.

    Un léger bâillement franchi les lèvres rosées. Cette discussion, pour le peu qu’elle fut instructive eut au moins le mérite d’endormir la peur et la crainte, laissant naitre une forme de plénitude sereine qui chatouilla son esprit avant de le pousser à retrouver le sommeil. D’un vague sourire, elle se recouche sur le lit, sous le regard intrigué mais gentil d’Augustus.

    ***

    L’orage grondait puissamment ce jour là. La pluie se déversait sur la belle Rome, la rendant triste et morne. A l’instar du cœur de Veena qui pleurait des larmes silencieuses et invisibles, nées de la trahison et l’abandon. Le chagrin qui la gangrénait avait plusieurs fois failli lui donner des envies de mettre fin à ses jours, mais elle ne le pouvait plus. Elle n’était plus seule désormais et attenter à sa vie revenait à tuer un être qui ne tarderait pas à naitre en son sein. Le ventre arrondit, solitaire et esseulée, elle était revenue à Rome qu’elle avait quitté dans l’espoir d’un avenir meilleur. Des conneries tout ça, elle avait toujours su qu’elle faisait une erreur en fuyant ses devoirs et trahissant la confiance du Soleil. Mais l’amour – stupide amour – l’avait convaincu que rien ne valait la peine de s’enchainer éternellement à un devoir qui pouvait si aisément être remplacé. Elle n’était après tout pas unique. C’était ces mots qu’l avait prononcés. Des mots si cruels quand il les avait dit en la repoussant.

    Augustus l’avait trahit.

    De la même manière qu’elle avait trahi Apollon et manqué à sa parole. Elle la gardienne. Elle l’oracle. Elle avait bien fière allure, abandonnée sous la pluie battante, affaiblit par l’enfant qui grandissait en elle. Oh elle ne pouvait pas le maudire, ce pauvre petit qui n’avait rien demandé. Il n’était que le fruit des idées de grandeurs d’un père misérable et des espoirs vains d’une mère idiote. Mais Veena ne comptait pas pécher jusqu’à se donner la mort et emporter avec elle le bébé. Ni tenter des actions qui pourraient compromettre l’existence à naitre. Un fardeau qu’elle avait mérité et qui lui retirerait toutes ses chances de retourner vers sa maison.

    Sa maison… Celle qu’elle avait abandonnée. Qu’elle aurait du garder jusqu’au retour du Seigneur du Soleil mais qu’elle avait fuit par égoïsme. Pourquoi était-elle revenue à Rome alors ? Un soubresaut de rêve, une intuition qui ne la trompe pas, une vision qui la guide… jusqu’à cette maison qu’elle ne connaît pas mais où quelqu’un semble l’attendre. Un visage qu’elle n’a pas vu depuis plusieurs années. Depuis qu’elle était partie. Il avait le visage dur, inquisiteur. Mais pourtant on pouvait y voir une lueur d’inquiétude et de bonté, mêlé à la bienveillance naturelle qu’avait toujours eu ce vieil homme face à Veena.

    « Je savais que tu viendrais.

    -Il te l’a dit ?

    -Il ne m'a dit rien. Je ne suis pas comme toi tu sais, mais il y a eu des signes. Je les ai suivi comme la première fois où je t'ai trouvé. T’en souviens-tu, Veena ? »


    Elle n’eut pas de réponse, elle se contenta de poser une main sur son ventre, légèrement sur la défensive, même s’il n’y avait pas l’air d’avoir de raison de s’inquiéter. Ou du moins rien qui ne fut injuste ou déloyale. Il était seul. Elle l’était aussi. Lui sous un porche, à l’abri d’une pluie glacée. Elle tétanisé frappée par les lames d’eau qui un peu plus à chaque instant la blessait.

    « Pourquoi es-tu venu ?

    -La question se pose plutôt à toi, ne crois-tu pas ? Pourquoi être revenue à Rome, après avoir fuit avec Augustus et nous avoir abandonné ?


    -Je…

    -Oh non ne répond pas. Je pense déjà le savoir. Nous le savons tous les deux. »

    Et à nouveau le silence s’installe quelques secondes. Mais ils savent. C’est lui, le Soleil qui guide ses Oracles tel un phare. Oh il n’est pas présent. Non, loin de là, il s’est retiré il y a déjà bien longtemps… mais il y avait toujours les signes, l’intuition… ces choses qui poussaient ses croyants à se fier aux présages qui n’étaient jamais anodins. Et la preuve était là. L’évidence frappe Veena, peut être trop fortement car l’émotion la submerge et a raison du peu de force qu’il lui reste. Elle tombe à genoux, sur ces pavés noyés sous les flaques, elle s’agenouille, terrassée et épuisée. Que peut-elle faire si Lui semble avoir déjà tout prévu ? Elle se sait impardonnable. Un pas semble s’avancer vers elle, puis un autre, jusqu’à ce que deux pieds se profilent à son regard baissé et soumis. Des larmes sillonnent d’ores et déjà ses joues pâles, mais impossible de réellement le remarquer, trempée comme elle l’était. Et une main doucement se pose sur sa tête, elle lui rappelle ces nuits de tourments apaisées par ce simple geste. Elle aurait souhaité que ce soit aussi simple.

    « Souhaites-tu te faire pardonner Veena ? Ton crime est grave mais pas impardonnable.

    -Est-ce vrai ? Que pourrais-je avoir réellement à offrir après ce que j’ai fait ? Quelle confiance peut-on seulement encore m’accorder ?

    -Tu seras punie, évidemment. Mais tu pourras reprendre ta place à ses côtés et peut être espérer le pardon.

    -Je ne souhaite que ça. Et s’il faut que je serve ses forces jusqu’à son retour, alors je donnerais tout ce que je peux pour ça. »

    Tristes sont les serments. Souvent prononcés à tort, souvent nés de l’inconscience du désespoir. A cet instant, c’est une promesse que Veena fait, dans le désir d’être pardonné par son dieu, par ses amis, par ceux qui l’ont protégé et qu’elle devait protéger. Mais elle n’avait aucune conscience réellement du mal qui allait être fait. Car personne ne savait quand Apollon devait revenir, combien de temps cela durerait. Et elle promettait… oui elle promettait d’exercer sa charge qu’elle avait abandonné jusqu’à son retour. Mais l’éternité peut prendre bien des formes. Parfois bien cruelles… Et l'être qui grandissait en elle en ferait les frais.

    ***

    « Hé. Hé oh. Tu m’entends ? Fais moi un signe. »

    La voix est… lointaine. Elle résonne comme un murmure, étouffé par un réveil douloureux et inattendu. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’elle vit une telle chose, seulement la deuxième. Mais c’est à chaque fois blessant et perturbant. Tout est différent et à la fois semblable. Son corps est lourd, froid même, comme prisonnier de la glace. En fait, il pourrait presque sembler mort si des sensations n’étaient pas venues picoter l’extrémité de ses membres pour lui crier haut et fort « tu es vivante ! ». Elle l’était. Plus ou moins. Le corps en tout cas l’était, c’était certain. L’esprit lui était affaiblit, endommagé, blessé et souffrant. Triste comme les pierres, malheureux du malheur même. Et pourtant, il y avait derrière toute cette douleur une conviction et une promesse qui régnait, un pacte, un serment prononcé avec fidélité et loyauté. C’était ce qui rattachait le fil de sa vie, de sa conscience à ce corps qui n’était pas le sien. Oui… pas le sien.

    « Tu m’entends ? Répond s’il te plait. »

    Il y a ce premier mouvement. Vaguement elle bouge les doigts, comprend les paroles qui se font plus claires, plus précises. Un instant elle juge l’état de son corps, elle sent qu’elle ne peut encore bouger pleinement, mais ses paupières elles finissent par se soulever, ses yeux brutalement agressés par la lumière trop forte d’un beau soleil. Elle ne perçoit encore rien de concret, comprend juste qu’à ses côtés quelqu’un bouge pour tirer un rideau et lui épargner un mal supplémentaire. Alors qu’elle commence doucement à prendre ses repères, des brides de mémoire lui vienne. Ce ne sont pas les siens. Un nom résonne… Rowena. Une larme perle sur sa joue. Elle a tout juste la force de lever sa main jusqu’à son visage pour l’effacer.

    « Tu sais comment tu t’appelles ?

    -Veena. »

    La réponse vient immédiatement, presque automatique. C'est le code pour le rassurer. Lui assurer que dans ce corps persiste le bon esprit. Ca elle ne l’a pas oublié. C’était pareil la première fois. Quand elle avait prit le corps de Lucita. Ô Lucita, douce enfant, elle avait eu si peu le temps de vivre, de profiter de la vie… Comme Rowena à vrai dire. Maudite par leur ascendance… par les actes de leur mère et grand-mère égoïste… Ce serment qui les avait sacrifié à la Gloire d’Apollon pour un monde plus juste, pour une ère qui valait la peine d’être vécue. Etait-ce seulement vrai ? Parfois elle voulait en douter, mais Veena savait qu’elle ne pouvait plus se permettre une telle chose. Elle avait promit et ses paroles ne seraient point tromperie. Elle regrettait juste d’avoir condamné sa fille et sa petite fille après elle à devenir les réceptacles d’un esprit attaché au service d’un dieu si puissant et miséricordieux. Pour le pardon… Parce qu’elle avait mérité son châtiment.

    « Ton corps. Est-ce qu’il répond comme il faut ? Les sceaux peuvent mettre un peu de temps à faire effet. L’esprit de Rowena ne bataille-t-il pas avec toi ? »

    Un vague « non » de la tête répond à son interrogation. C’est étrange, mais elle comme Lucita n’avaient jamais combattu pour repousser son esprit à l’extérieur de leur corps… Les sceaux d’Apollon étaient puissants, sans doute ceux-ci avaient-ils effacé l’esprit des deux hôtes pour permettre à Veena d’intégrer plus facilement la place sans créer davantage de souffrance et de tragédie. Pourtant on lui avait dit que toutes deux avaient accepté leur sort presque décidé dès leur naissance. Elevées comme prêtresses, l’une après l’autre s’étaient préparées à accueillir un Oracle serviteur d’Apollon sans avoir jamais eu conscience de qui elle était pour elles… Veena ne les avait jamais vu ni grandir ni s’épanouir, profiter d’instants avec celles qui étaient pourtant de son sang. La seule chose qu’elle possédait c’était ces souvenirs qui s’incrustaient dans le corps et qui lui revenaient en mémoire. Ces souvenirs qui n’étaient pas sien mais qui constituaient le seul bien qui la rapprochait un tant soi peu de ses enfants. Ses filles.

    « Tout va bien Veena ? »

    L’interrogation la frappe de surprise. Elle avait presque oublié la présence du prêtre à ses côtés. Les larmes qui avaient de nouveau commencé à sillonner ses joues l’avaient sans doute alerté. Un faible hochement de tête, elle se redresse avec une extrême lenteur, les muscles et les membres engourdis, pour finalement se lever. Le vent fait un instant flotter sa robe légère, libérant les pans de sa peau dénudée et affichant de nombreux symboles sur son dos et ses épaules, tombant jusqu’à ses bras et même ses paumes.

    « Veena ?

    -Appelle moi Rowena désormais, tu-veux-bien ? »


    La voix à ce ton presque catégorique malgré la douceur du timbre qui franchi toujours les lèvres de la jeune femme et qui ne change pas malgré ses apparences. Combien de temps s’était-il écoulé depuis cette promesse faite sous la pluie et l'orage, à ce serment qui l’enchaine et la contraint en même temps qu’il lui réchauffe et lui apaise le cœur ? Combien de temps encore à voir ses héritiers devenir les pantins de ses erreurs ? Elle priait souvent dans sa solitude. Peut être trop d’ailleurs. Elle espérait voir revenir leur Seigneur bientôt, que sa lumière illumine et éclair à nouveau les murs de la Tour, brisant les chaines de son rôle de gardienne.


    ***

    Ô Puissant Apollon. Ô Lumière qui guide et veille, le voilà enfin de retour. Six années se sont écoulées depuis que Veena avait prit le corps de Rowena, perpétuant sa charge de gardienne de la Tour jusqu’à ce qu’enfin… enfin il arrive. Augure d’Apollon, la voix du Seigneur en ce monde. Etait-ce là la fin de sa tâche solitaire ? Etait-ce le droit au pardon ? Elle n’en cherchait pas tant à vrai dire, car elle savait que les sceaux demeuraient, que son esprit y était attaché et que son travail n’était donc pas terminé. Elle se rassurait au moins d’une chose, la solitude ne serait plus sa seule compagne. Des Oracles avaient commencé à rallier la Tour depuis plusieurs années. Cela signifiait tant et si peu en même temps, elle gardienne secrète et silencieuse qui ne se mêlait guère à la foule… par faiblesse ou peut être peur, qui sait.



Et vous, qui êtes vous ?

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    Avatar : Le nom du personnage de votre avatar, présenté de cette manière :
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    [b]CASTLEVANIA, ORDER OF ECCLESIA[/b] → [i]Shanoa[/i] est [b]Rowena[/b].
    Quelle est votre expérience des forums RP : Va voir la fiche de Thivan
    Comment avez-vous connu le forum : TC



Dernière édition par Rowena le Dim 29 Mai - 4:30, édité 3 fois
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Message Re: Rowena - le Paon de Cécias   Dim 29 Mai - 2:57
Spoiler:
 

Bon bah alors ? °_°



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Message Re: Rowena - le Paon de Cécias   Dim 29 Mai - 4:04
Oh c'est si attirant Lykéios ~ *AHEM*

ET SINON FICHE ENFIN TERMINEE ! VALA, SATISFAIT MON LOULOUP ?! /PAF/
(je la laisse à tes bons soins ma Rore I love you )
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Message Re: Rowena - le Paon de Cécias   Dim 29 Mai - 11:18
Ah ben enfiiiin !!!!

Bon j'aurais bien aimé faire languir Dim davantage mais ce serait pas sympa pour toi. J'ai adoré ta présentation. Style d'écriture fluide, une histoire tristeeee et le concept du paon qui est les yeux d'Apollon. Ça me plaît beaucoup.

Je t'accorde donc 5 points d'Eveil et 17 points de compétences.

Bienvenue à toi chez les Oracles!



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Rowena - le Paon de Cécias
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