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 Vigdis de Zeta Prime, Étoile d'Alcor [terminée]

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Zeta Prime d'Alcor (Hati)

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Message Vigdis de Zeta Prime, Étoile d'Alcor [terminée]   Ven 13 Mai - 17:57
Vigdis Hjálmardóttir
Qui est-elle ?


Nom : Vigdis (de vig "guerre" & dis "déesse") Hjálmardóttir (fille d'Hjálmar).
Date de naissance : 13 juin 535.
Âge : Vient d'atteindre ses quinze printemps.
Sexe : Jeune fille en fleur.
Armure demandée : Zeta Prime de l'Étoile d'Alcor (Hati) [rang Gold].

Comment est-elle ?

Belle et délicate. Douce et fragile. Vigdis semble n'être qu'une jeune fille en fleur, plus tout à fait enfant mais pas encore femme tout de même. Petite blonde élégante, elle aime à s'habiller avec goût sans pourtant trop en faire. On la trouvera donc le plus souvent vêtue d'une petite robe blanche rehaussée de tracés noirs suivant ses courbes fines et naissantes ainsi que de quelques nœuds du même ton ajoutant encore une touche coquette à ce style plus travaillé qu'il peut le paraître.

Souriante et attentive aux autres, la petite Vigdis préserve tout de même sa part d'enfant dans son enthousiasme naturel, tâchant bien souvent d'insuffler son énergie et sa bonne humeur autour d'elle malgré une timidité qui s'exprime parfois lorsqu'elle ne se sent pas trop à son aise. Mignonne petite abeille butinant, la blondinette aux yeux d'azur est capable de rapidement détendre son entourage si tant est qu'elle ait pu avoir le temps de prendre ses marques. Il lui est juste nécessaire de se sentir en sécurité pour que sa joie de vivre puisse alors pleinement s'exprimer.

Cela sont donc les premières impressions qui peuvent se dégager de cette demoiselle. Mais Vigdis d'Alcor n'est pas un livre que l'on peut juger à sa simple couverture…

En effet, cette description aurait sans doute mieux collé à sa regrettée jumelle. Cependant, il n'est pas là question d'un dédoublement de personnalité ou de quelconque particularité farfelue de ce genre. Juste sa manière de rendre hommage à sa défunte moitié. L'amour et la haine, l'obsession et la jalousie maladive… Ces sentiments puissants qu'elle portait pour sa sœur se sont transformés en une sorte de mimétisme naturel. En tentant de ressembler à Sigridur, se comporter comme elle, Vigdis cherche juste à combler le manque. Ainsi, elle demeure toujours un peu avec elle malgré tout.

Son attitude naturelle – plus impulsive et aventureuse – peut donc d'exprimer à tout moment, offrant dès lors un contraste saisissant. Car derrière cette fragilité de façade se cache une caractérielle capable des pires excès d'humeur. Une lunatique pouvant se transformer en un instant en harpie colérique, en obsessionnelle compulsive, en démone impitoyable. Un cocktail détonnant dont il vaut mieux chercher à se préserver donc.

L'orpheline est en effet une guerrière redoutable. Dotée d'un potentiel immense qu'elle peine pourtant à confirmer, son entraînement manquant cruellement de rigueur, elle reste une dangereuse protectrice d'Asgard. Considérée trop puissante pour ne porter qu'une Robe Divine de seconde zone mais trop instable pour être gardienne de l'un des sept saphirs sacrés, c'est donc tout naturellement qu'elle se verra confiée l'armure de Zeta Prime de l'étoile d'Alcor, représentation d'Hati, loup divin dévoreur de Lune.

Sa protection est assez simple, d'un blanc immaculé et damasquinée de quelques motifs abstraits et sobres. Armure complète et assez masculine dans la forme, le buste s'arque cependant quelque peu afin d'offrir l'espace nécessaire à sa modeste poitrine au creux de laquelle sommeille un saphir. Pierre banale cependant, n'étant présente que dans un but de ressemblance avec la Robe Divine de Zeta dont elle est copie et doublure. Tout comme celle-ci, elle porte donc des épaulières longues et fuselées auxquelles est rattachée une cape tout aussi pure que le reste de sa cuirasse. Vient s'y adjoindre finalement un casque aux allures de loup aux dents de sabre qui encadrent son doux et fin visage lorsqu'elle consent à le porter, ce qui demeure bien rare malgré tout.

Son Histoire

Hjálmar d'Alioth

Hjálmar Olafsson, viking dans toute sa splendeur. Guerrier et stratège réputé bien que solitaire, l'homme n'a pas eu besoin d'attendre la bénédiction d'Odin pour se construire sa renommée. Homme robuste comme bien des représentants des hommes du Nord, son autorité naturelle se trouve renforcée par un physique imposant et une barbe remarquable qui n'avait jamais connu le fil de l'acier. Une chevelure brune et des yeux sombres complètent cette allure patibulaire, très nettement épaulées par une attitude sauvage dès lors que la bataille se déclare, n'hésitant pas à prendre part à la première ligne, haches à la main. Aidé de sa maîtrise du Cosmos, il en est toujours revenu, forgeant son nom parmi les plus grandes figures emblématiques d'Asgard en les temps modernes.

C'est donc tout naturellement qu'il fut choisi pour être l'un des plus fidèles guerriers lors de l'éveil de la divinité à la tête du Panthéon nordique. L'honneur lui fut en effet confié de porter l'une des Robes Divines gardienne de l'un des sept saphirs sacrés, devenant dès lors protecteur d'Asgard et exécuteur des volontés d'Odin.

Ainsi, Hjálmar Olafsson devint connu sous le nom de Hjálmar d'Alioth de l'étoile d'Epsilon, représentant de la puissance impitoyable du loup géant Fenrir. Il répondra bien sûr présent à l'appel d'Odin, fier d'endosser cette responsabilité hautement prisée. Une apothéose qui entraînera malheureusement les premières véritables ombres à un passif glorieux, les prémices d'une lente descente aux Enfers.

Il fut en effet l'un des Guerriers Divins participant au grand affrontement contre les forces d'Athéna et de Justinien en l'an de grâce 531. Dans la défaite, il perdra un bras, sa capacité à être un grand guerrier, mais plus encore son honneur. Désormais incapable de protéger Asgard, d'exécuter la volonté d'Odin par la force de ses poings, considéré même comme n'ayant plus l'aura nécessaire pour être un Tribut crédible, il ne sera plus qu'un stratège et conseiller en sa patrie. Coup dur difficile à avaler mais avec lequel il devra bien composer.

Plus solitaire que jamais, plus renfermé encore, Hjálmar trouvera finalement la rédemption dans les bras d'une jeune femme aimante qui parviendra à lui faire ouvrir son cœur, enfin. Quelques années de bonheur et de calme bien mérités s'offriront donc ainsi à lui, la douce Ellin aux cheveux d'or lui apportant la quiétude d'une vie paisible. Fini la guerre et les pillages, terminé la souffrance et le sang. Le repos bien mérité du guerrier…

* * *

Durant plus de deux années, l'ancien Guerrier Divin goûta donc à une vie simple et plaisante, malgré la rigueur des contrées nordiques. Hjálmar reprit goût à cette existence simple. Au souhait de sa belle Ellin, il consentit même à s'écarter du pouvoir d'Asgard. Une simple petite bicoque aux extrémités les plus tempérées du territoire, vivant de pêche, de chasse et de troc. Une vie qui pouvait sembler aussi idyllique que dérisoire, mais c'était là désormais tout ce dont il avait besoin. Ce bonheur fugace se trouva même accentué nettement lorsque la nouvelle d'une grossesse lui fut annoncée.

Neuf mois durant lesquels le couple se plut à faire de nombreux projets. S'imaginant un guerrier robuste ou une petite princesse, ainsi que les noms qu'ils pourraient leur donner. Un temps durant lequel il prit plaisir aidé de récents amis à construire une annexe à sa demeure et ce malgré son infirmité. Cet enfant ne manquerait de rien. Cet enfant, il lui offrirait une destinée heureuse. Cet enfant pourrait devenir tout ce qu'il souhaitait, épaulé de ses deux parents. Ce que tout père respectable souhaite à son engeance après tout.


Malédiction déchirante

Il se dit en Asgard que la naissance de jumeaux entraîne irrémédiablement le malheur en une famille en la déchirant. L'histoire des filles de Hjálmar et d'Ellin pourrait parfaitement illustrer ce conte, comme s'il était réellement prophétique. Une malédiction qui frappa le pauvre homme. La grossesse s'était bien déroulée. Un ventre si proéminent qu'il n'était plus permis de douter sur la forte probabilité qu'il ne serait pas père qu'une seule fois. Quelques inquiétudes ont pu en naître, mais pour lui, ce n'était que des histoires que l'on se transmettait depuis des temps immémoriaux. En quoi cela pourrait-il causer du tort, alors qu'il s'estimait doublement béni ?

Ce que l'ancien Epsilon pensa jusqu'à ce que le terme arrive. Une nuit interminable, lors d'un accouchement particulièrement laborieux et pénible. Bien des heures plus tard, au petit matin, Ellin fut bien trop épuisée, avait perdu bien trop de sang dans ce lit désormais maculé de teintes ocres et carmines. Les joues en larmes, elle embrassa sur le front ses deux petites filles, par trop terrassée que pour pouvoir prononcer le moindre mot. Elle adressa un dernier regard à son époux, et dans ses yeux pouvait se lire sa pleine compréhension de la situation. De la peine certes, mais surtout un grand bonheur. Pour ces dernières années, pour ces deux trésors qu'elle était parvenue à mettre au monde avant de partir. Un amour incommensurable qui s'éteignit avec la lueur de vie en ses yeux. En un dernier souffle, elle avait rejoint Helheim…

* * *

Ainsi vinrent au monde Sigridur « La Belle Victoire » et Vigdis « La Déesse Guerrière ». Deux joyaux dont Hjálmar tenta de prendre soin malgré sa détresse et ce qui serait désormais sa lente agonie. Accablé par la peine et la souffrance de sa perte tragique, il redeviendra un peu de ce qu'il fut : un homme dur aux attitudes belliqueuses, éduquant ses filles avec rigueur et autorité. Et si cela ne posera pas de problème avec Sigrid, très vite sage et disciplinée, le tempérament de Vigdis posera bien d'autres soucis.

Cependant, il n'y aurait pas matière à en faire des romans, cette période ne s'étendant finalement qu'à une petite poignée d'années. Maladif et à la descente facile, leur père dépérira peu à peu.

Il eut tout de même l'occasion de leur administrer un entraînement dignes de futures guerrières malgré leur jeune age et leur fragilité apparente. Dans leur sang coulait la volonté de Fenrir après tout, aussi fut-il peu étonnant qu'elles s'en sortirent très honorablement. Jusqu'à même montrer les premiers signes d'un éveil au Cosmos a cinq ans à peine. Simple coïncidence ou signe du destin, ce ne serait que quelques jours plus tard que l'ancienne légende s'éteindra, dans ce même lit qui avait vu sa femme périr, laissant désormais derrière lui deux orphelines au grand potentiel.

Elles ne furent pas abandonnées pour autant. Le pouvoir d'Asgard en fut prévenu. Les petites blondinettes trouveraient donc un nouveau foyer.


Jumelles orphelines

Compte-tenu de leur fort potentiel, que certains qualifieraient de prodigieux, elles furent donc menées en Asgard afin d'y poursuivre leur entraînement. Étoiles jumelles filles de Fenrir, il fut rapidement flagrant qu'elles étaient prédestinées à un grand avenir. Sigridur et Vigdis. Sköll et Hati. Mizar et Alcor. Comment ne pas voir une telle évidence lorsqu'elle se présentait ?

C'est durant cette époque que leurs caractères s'affirmèrent plus encore. La turbulente Vigdis créait les problèmes que la douce Sigridur s'évertuait à gommer. L'une décriée pour son comportement insupportable, l'autre louée pour sa sagesse et sa bienveillance.

Contraste saisissant qui s'exprimera également dans la qualité de leur apprentissage. L’aînée bien plus assidue progressera rapidement pour confirmer les prédictions d'un prodige. La petite teigne quant à elle préférera négliger ces « corvées » pour simplement vivre ses propres aventures, qui se limitaient bien souvent à quelques petites catastrophes, des pillages de cuisine et autres fugues aussi brèves que risibles, tout cela se terminant bien souvent par les plates excuses et les lumineux sourires de Sigridur, se faisant l'avocate de sa sœur, se collant généralement une bonne part de responsabilité dans ces escapades puériles. « C'est de ma faute, j'aurais dû mieux veiller sur elle ». « Si j'avais été plus attentive, elle n'aurait pas pu ». « Si vous la punissez, punissez-moi aussi alors ».

Les sentiments de Vigdis furent très partagés sur la question. Comment voyait-elle sa jumelle exactement ? Oh, elle l'aimait autant que la réciproque était vraie. Elle était sa moitié, son ange gardien. Mais tout à la fois, elle la haïssait d'être si parfaite. De toujours vouloir prendre les coups pour elle. De la protéger ainsi comme si elle n'était qu'un nouveau-né sur lequel il convient de veiller à tout instant. Un mélange malsain d'obsession et de jalousie qui lui prenait parfois à la gorge, lui remuait les entrailles.

* * *

- Sigrid, tu devrais venir voir, il y a… Qu'est-ce que c'est ?

Ce pourquoi elle était venue la voir ? D'ores et déjà oublié. Telle est Vigdis, papillon voletant allègrement d'une préoccupation à l'autre, incapable de fixer bien longtemps son attention sur les quelques frivolités qui pouvaient peupler sa vie de jeune femme. Si tant est que l'on puisse réellement appeler femme des enfants de douze années à peine, mais ainsi va le monde, les sœurs se trouvant à présent en age de procréer. Mais soit, là n'est pas la question.

Les yeux d'azur de Vigdis se portent sur l'objet que tient Sigridur tandis qu'elle pose sa question, avant de se reporter sur le visage de son reflet. Sigrid lui avait alors réservé un grand sourire, heureuse que sa moitié s'intéresse là à sa dernière création, manifestant aussi tout simplement un plaisir certain à la retrouver là devant elle. Elle se lève et s'approche, lui tendant ce qui avait tout l'air d'être une fleur de glace.

- Tu ne te souviens pas ? C'est un lys, comme nous en trouvions parfois quand nous étions enfant. Je l'ai faite pour toi !

Vigdis la prit alors délicatement entre ses doigts, et naïvement la porta à ses narines pour en respirer le parfum, ce qui ne manqua pas de faire pouffer sa jumelle. Elle se souvenait en effet, même si cette réminiscence n'était que brumeuse. La Déesse Guerrière n'avait jamais accordé beaucoup d'attention à ce genre de trivialité. Les fleurs, c'était quand même vachement moins marrant que les animaux. Avec eux au moins, l'on pouvait jouer, s'amuser. Quant aux plantes…

- Tu l'as faite ? Pour moi ?
- Oui. Cela n'a pas été facile, mais j'y suis finalement parvenue. J'espère qu'elle te plaît.

Vigdis ne fit que hausser des épaules. Un morceau de glaçon qui ressemble à s'y méprendre à un lys, voilà qui lui faisait une belle jambe. L'attention la toucha cependant, un petit pincement au cœur que la Belle Victoire ait passé tant de temps selon ses dires à tenter de reproduire cela dans le seul but de lui offrir. Mais tristement, cette émotion fut ténue, engoncée dans un étau d'envie, une jalousie puissante, plus profonde encore que tout ce qu'elle avait pu ressentir envers son aînée jusque là. Comment pouvait-elle être capable de cela ? Elles étaient pareilles, non ? Pourquoi était-elle alors si talentueuse, tant et si bien qu'elle l'éclipsait totalement ?

- Comment tu as fait ?
- Ah, ça… Si tu étais plus attentive et appliquée, tu le saurais Vigdis.
*Lui prend la main et lui accorde un regard dans lequel se lisait toute la profondeur de son affection.* Si tu t'en donnais la peine, tu pourrais faire tout aussi bien, sinon mieux encore. Je pourrais t'apprendre si tu le souhaites…
Oh… de quoi voulais-tu me parler au fait ?

Elle ne répondit pas. L'impression d'avoir reçu un coup de poignard, là où il n'y avait eu qu'encouragements. Est-ce qu'elle se moquait d'elle ? Elle inspira longuement, comme pour retrouver son calme. Ce qui n'empêcha pas sa réponse laconique d'être glaciale.

- Rien. Rien d'important. Je dois y aller. Merci pour le cadeau.
- Attends !

Deux petits bras viennent l'entourer, l'attirer dans la chaleur et l'amour fraternels. Les deux visages pourtant si semblables affichent des expressions bien différentes. L'une faite de grâce et d'éclat, l'autre ruminant rancœur et ressentiment. Un « je t'aime » est soufflé. Un « moi aussi » est rétorqué, mécanique mais néanmoins sincère. Toute l'expression de la complexité de ses sentiments. Vigdis s'échappe alors à l'étreinte, et file comme elle avait prétendu devoir le faire. « À plus tard » entend-elle dans son dos. Quelques instants plus tard, hors de vue, tomberaient au sol des pétales brisés.


Alcor, ombre de Mizar

Leur quatorzième anniversaire. Comme si cela avait été un présent, une annonce leur avait été faites. Une confirmation de ce qui avait plus ou moins été décidé déjà lorsque les orphelines avaient été recueillies. Sigridur et Vigdis, filles de Hjálmar, deviendraient les Guerrières Divines de Zeta et Zeta Prime. Mais ce cadeau, la plus instable n'en voulait pas. Empoisonné, amer. Toute sa vie durant, elle n'avait été que la doublure de sa jumelle. Moins douée, moins appréciée. Et voilà que clairement, il venait de lui être signifié que toute son existence durant, elle ne serait plus que l'ombre de Sigrid.

Bien sûr, de cela elle aurait pu se douter. Ce n'aurait pas été bien difficile à deviner. Mais la simple confirmation de ce fait l'a mis dans une rage folle. Une fugue à nouveau, bien plus déterminée celle-ci. Tout simplement, elle ne voulait pas de cette vie. Et si pour cela elle devait perdre sa moitié, se destiner à la solitude, et bien soit.

Des jours durant, elle s'éloigna, autant qu'elle le put. Elle chercha également, et même si cela fut en vain une période durant, la Déesse Guerrière finit par trouver. Son foyer. Ce qui avait été sa demeure il y a moins d'une dizaine d'années de cela. Mais ce ne fut que pour constater qu'elle était désormais occupée par une autre famille, et que la bicoque ne ressemblait plus à ce qu'elle avait connu. Sa volonté en fut brisée. Le ciel fut donc son toit, ne craignant le froid tant il était loin de rivaliser avec la glace qui emprisonnait son cœur.

Errante, elle finit par trouver l'endroit d'où elle ne bougerait plus. Une prairie où avaient éclos quelques fleurs blanches. Impossible de se tromper… Prenant cela comme un signe, elle s'était allongée auprès de quelques lys, ses doigts glissant sur les pétales de l'un d'eux. Et si ici elle devait attendre la lente agonie, et bien soit. Au moins reposerait-elle non loin de ses parents, ce qui en l'instant lui convenait parfaitement.

* * *

- Je me doutais bien que si je devais te trouver quelque part, ce serait non loin d'ici.

Une ombre s'installe sur elle peu de temps après avoir entendu cette voix qu'elle pourrait sans équivoque attribuer même embrumée par le sommeil qu'elle était.

- Je suis heureuse de t'avoir trouvée. Tu vas bien ?

Attentionnée comme toujours, Sigrid lui caressa la joue avec la tendresse d'une mère, ses yeux humides ne se détachant pas du visage de sa jumelle. Et une fois encore, les sentiments contrastés de Vigdis entrèrent en conflit. Une part d'elle-même n'avait qu'une envie : prendre la Belle Victoire dans ses bras, la serrer et la chérir, lui dire ô combien elle lui avait manqué. Tout pardonner. Mais d'un revers de la main, elle balaie celle de sa sœur, subitement submergée par la colère même qui l'avait vu fuir. Pire encore, un courroux s'auto-alimentant des multiples ressentiments qu'elle avait pu collectionner à son égard au cours des années. Vigdis se releva vivement, laissant alors exploser sa fureur.

- Comment je vais ? Tu oses me demander comment je vais ? Ma vie est un Enfer, par ta faute uniquement ! Pourquoi dois-tu obstinément attirer sur toi la lumière et tous les regards, là où je n'ai droit qu'à l'ombre et au mépris ? Pourquoi dois-tu absolument être si douée en tout, me faisant passer pour la plus inutile créature en ce monde ? Pourquoi faut-il à chaque fois que l'on me compare à toi, dans le seul but de me rabaisser, encore et encore ?

Dans sa voix cassée par la colère, un brin de folie s'exprime, au bord de l'abîme…

- Je… Je ne comprends pas. Vigdis, je-
- LA FERME ! Tu ne comprends pas hein ? Dis plutôt que tu préfères ne rien comprendre ! Tu ne pourrais te contenter de toujours prendre le premier rôle et de faire comme si tout était normal. Comme si tout devait te sourire, toujours !
- C'est à propos de nos Robes Divines, c'est cela ? Je ne l'ai pas voulu. Ma sœur, si cela peut te rendre heureuse, j'échangerai ma place avec toi. Vigdis, je donnerais même ma vie pour toi...
- Échanger ? Donner ta vie ?

Un rictus mauvais s'étire sur son visage angélique, le regard intense et malsain. Son Cosmos glacial éclate alors comme un premier avertissement. Le second suivra rapidement.

- Il le faudra bien...

* * *

Quelques égratignures. Elle n'était rien parvenue à lui infliger d'autre, à peu de chose près. La différence de niveau semblait abyssale. Une cosmo-énergie bien mieux maîtrisée, mais surtout un sang-froid incommensurable. Voilà ce à quoi Vigdis s'était opposée, alors qu'encore et encore elle tâchait de frapper dans un ballet de coups désordonnés. Sa rage ne tarissait pas. La voix de son reflet ne faisait d'ailleurs que l'exaspérer plus encore. Lui dire que cet affrontement était vain. Qu'elles pouvaient s'entendre. Qu'elle ne souhaitait pas l'affronter…

Qu'en avait-elle bien à faire que Sigrid accepte ou non ce combat ? Lui avait-on demandé à elle si cela lui convenait de n'être qu'une doublure ? D'être la mauvaise sœur, l'imparfaite, le pitoyable échec ? Non, elle non plus n'avait jamais eu le choix. Elle aussi avait dû connaître l'injustice, qu'elle pouvait enfin faire payer aujourd'hui. Si seulement elle pouvait parvenir à la frapper pour de bon… lui montrer qu'elle la valait bien, qu'elle pouvait se montrer plus forte qu'elle. Mériter le droit de porter Mizar, reléguant Sigridur au rang de doublure…

Tout autour d'elles, l'herbe fraîche s'était couverte de givre tenace, craquant sous leurs pas. La quantité de lys avait grandement augmenté malgré tout, les arcanes de l’aînée se basant grandement sur ses créations de glace. À aucun moment pourtant elle n'avait tenté de riposter, de meurtrir sa jumelle, et ce quelque soit l'énergie que Vigdis mettait de son côté à la terrasser sans succès. Se contentait de bloquer et dévier ses coups par ses projections, attendant qu'elle s'épuise ou qu'elle reprenne raison.

Comment pourrait-elle bien la surprendre cependant ? Elle ne maîtrisait que les techniques héréditaires des Zeta, dans lesquelles Sigrid excellait forcément plus qu'elle encore. Contrairement à sa sœur, elle n'avait développé aucune particularité, n'ayant donc aucune surprise en son registre.

- Arrêtons Vigdis, s'il-te-plaît ! Je t'obtiendrai tout ce que tu veux, mais par pitié, arrête !
- Pourquoi ? Pourquoi je ne peux te vaincre ? Pourquoi tu dois toujours être la meilleure, en tout ? Pourquoi sommes-nous nées sœurs ? Pourquoi faut-il que je t'aime, autant que je te haïsse ? Sans toi, l'on m'aurait acceptée pour ce que je suis. Sans toi, j'aurais pu être heureuse.

Elle s'effondre, en pleurs. Des larmes abondantes s'écoulent le long des joues de sa jumelle également. Cette dernière se rapproche, lentement, cherchant à ne pas provoquer un nouvel élan de la part de sa moitié. Ne se montre en aucun cas menaçante en tout cas.

- On va rentrer. On va rentrer et on va tout arranger. Tout va bien se passer !

Des mots qu'il ne fallait pas prononcer. Non, tout n'allait pas se passer. Plus rien ne pourrait bien se passer désormais. Puisant dans les ressources de son insondable désespoir, elle déploya alors une puissance qu'elle n'avait jamais encore ressenti dans un hurlement de rage pure. Elle se projeta vers sa jumelle, les mâchoires serrées. Plus rapide, plus forte que jamais. Pas encore assez manifestement. Alors qu'elle porte un coup particulièrement brutal, le bras de Sigrid s'y oppose. Elle allait parer encore une fois, malgré le fait que Vigdis venait d'atteindre le Septième Sens.

Mais finalement ce ne fut pas le cas. Le bras de la potentielle Zeta s'écarta au dernier moment. Accueillant la frappe glaciale et tranchante, la main de son reflet lui perçant la poitrine. Malgré la douleur, malgré la compréhension qu'elle venait là d'offrir sa vie, elle lui sourit. La prend une dernière fois dans ses bras.

- Je suis désolée si je t'ai fait tant de peine, Vigdis. Tu es devenue si forte. Papa serait fier de toi.
- Non… Non ! Ça ne devait pas se terminer comme ça, je ne voulais pas, je… Non. Pourquoi tu as fait ça ?
- J'espère que tu pourras trouver la vie que tu souhaitais à présent. Je te souhaite tout le bonheur dont je t'ai privé, ma sœur.

Sa tête se posa sur son épaule, joue contre joue. Un souffle ténu, léger. Le dernier...


Rédemption

Attirés par le déferlement de Cosmos qu'il y avait eu ici, des Ases trouvèrent deux corps allongés, enlacés. L'une déjà livide, l'autre les yeux enflés. Celle-ci respire encore. Épuisée, elle ne se réveille pas. Et lorsqu'elle le fera, elle ne parlera pas. Elle ne le pourrait pas de toute manière, ayant tant hurlé que sa voix ne pourrait plus produire que quelques grognements rauques des jours durant. Toutefois, elle préserverait encore le silence par la suite, des mois durant.

De très fortes suppositions furent tenues quand à ce qu'il s'était produit dans cette prairie à l'écart de tout. Mais les preuves concrètes ne pourraient être apportées. Vigdis fut donc mise sous haute surveillance, n'ayant droit qu'à parcourir un espace très limité en l'enceinte d'Asgard. Espace dont elle ne profitera pas d'ailleurs, cloisonnée la plupart du temps en sa chambre. On l'entendra parfois discuter seule, preuve de son instabilité. Tournant en rond, tel un animal en cage.

Chose inespérée, elle finira par se calmer. Dès le jour de son quinzième anniversaire, un an après sa dernière fugue. Devenue désormais plus douce, souriante. Apaisée, paraissant réconciliée avec elle-même. Cependant, lorsque la question du décès de sa jumelle lui est posée, l'on peut apercevoir son visage se crisper. Mais ce seulement un court instant avant de récupérer un fin sourire triste, prétendant ne se souvenir de rien…

* * *

- C'est pour mon cadeau d'anniversaire, c'est ça ? Bon, c'est un peu en retard mais c'est pas grave, c'est l'intention qui compte n'est-ce pas ?

Lâcha-t-elle, candide et enthousiaste. Deux gardes étaient venus la convier à les suivre, convoquée par la Grande Prêtresse. Aucune réponse ne lui fut accordée.

- Vous me réservez la surprise, c'est cela ? J'adore les surprises.

Et elle serait de taille en effet, même si cela n'avait rien à voir avec sa date de naissance. Un guerrier était de retour sur les terres d'Asgard. Un Guerrier Divin, Tribut rendu à sa patrie. Une nouvelle Robe Divine lui serait confiée, mais il faudrait pour cela s'assurer de sa parfaite loyauté. De sa capacité à endosser à nouveau l'une des sept protections majeures des armées d'Odin. Si Zeta renaissait, Zeta Prime devrait veiller sur lui, dans l'ombre. L'adorable jeune fille en fut ravie. Une seconde chance. Elle avait ruiné la première, et tâcherait de ne pas gâcher celle-ci. Bientôt, elle pourrait le voir. L'observer. Le rencontrer. Une nouvelle vie s'offrait à lui !

Citation :
Cette dernière scène sera jouée en RP avec Eirwen, ce pourquoi elle reste très peu détaillée.

Et vous, qui êtes vous ?

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Quelle est votre expérience des forums RP : Quelques posts par ci par là.
Comment avez-vous connu le forum : Voir Lykeios.



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Message Re: Vigdis de Zeta Prime, Étoile d'Alcor [terminée]   Mer 25 Mai - 2:21
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Message Re: Vigdis de Zeta Prime, Étoile d'Alcor [terminée]   Mer 25 Mai - 10:49
Alors voyons voir ce que nous avons là. Une présentation de qualité, bien écrite et fluide comme je les aime, mais je n'en attendais pas moins de toi. L'histoire est vraiment belle.

Tu l'auras compris je te donne donc mon accord ainsi que 5 points d'Eveil et 18 PC.

Bon jeu permis nous!



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Vigdis de Zeta Prime, Étoile d'Alcor [terminée]
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