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 [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]

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Message [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Sam 28 Mai - 13:02
L'ennui guette, l'étreint. Des journées passées comme consignée dans une immense chambre. Une cage encore trop petite à son goût, et dont la nature ne lui intimait guère la volonté de rester très longtemps. Elle pouvait bien rêver de ses voyages passés, voire sortir de son enveloppe charnelle pour se rendre compte de ce qui en était aujourd'hui loin de ces murs... son dépit la rattrapait immanquablement au moment de revenir dans sa prison de chair. Une nostalgie lancinante, se faisant plus incisive de jour en jour et qui devait grandir dans un cocon d'apathie. Que l'on arrive à un certain point, et une douleur commençait à poindre en son sein. Outre son caractère nomade, son essence même requérait de bouger. On ne pouvait dire qu'il y ait dans cette citadelle matière à renouveler son refrain dérangeant. Ajouter à cela un cadre donnant de la perspective à sa dimension illusoire, et tout achevait d'encourager la petite Tarentule au départ, consenti ou non.

Cependant, une présence devant la citadelle allait la faire sortir de sa vague torpeur. Un élément nouveau s'intégrait à cet environnement morbide avec derrière lui son lot de surprises potentielles. Pour autant, aucun signe ne trahissait son enthousiasme, non sans paradoxe. Au contraire, son corps se faisait même de plus en plus amorphe, jusqu'à s'endormir. Parvenue dans son monde onirique – côtoyant chez elle la réalité –, Esther faisait apparaître son corps astral ça et là du Dédale de chair, à l'instar d'un spectre se déportant d'un point à l'autre.

Tandis qu'elle arrivait jusqu'aux portes de la citadelle, Esther se rappelait dans une douce réminiscence sa propre arrivée en ces lieux, qui n'était pas si ancienne que cela. À cette occasion, Zvezdan s'était fait un hôte des plus compétents, ayant su trouver les mots et lui donner les clefs de compréhension nécessaires pour aborder ce monde aux antipodes avec ce qu'elle avait connu jusque là. Néanmoins, le nouvel arrivant n'allait pouvoir compter sur les qualités d'Esther dans ce domaine, se contentant simplement de le toiser – assise en haut des immenses portes du Dédale – avec un sourire enfantin et un regard curieux. Peu importe ce que cet homme connaissait de leur monde, il pouvait sentir d'elle un cosmos, ou du moins une énergie semblable à la sienne.

S'il rencontrait pour la première fois un congénère, comme ça avait été le cas avec elle vis-à-vis de Zvezdan, il ne pouvait pas l'ignorer. Pendant ce temps, les deux gardes devant la porte s'avançaient vers cet étranger. Ils étaient habitués aux personnes hébétées d'être arrivées là via l'appel qui les avait amenés en ces terres. Pour autant, en des cas pas moins courants, ces personnes pouvaient n'être que des anonymes égarés, quand ce n'était pas de potentiels espions ou en tout cas ennemis. Au contraire des porteurs de cuirasse, le cosmos échappait à leurs sens, et il n'y avait bien que les bonnes vieilles méthodes pour se faire une idée de l'identité de l'animal. Esther allait se contenter d'apprécier – passive – la réaction de ce semblable dans cette situation a priori inconfortable.





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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Dim 29 Mai - 23:00
    J'ai marché, marché et encore marché. Marché en avoir affreusement mal aux pieds. Mais j'ai fini pas trouvé. Trouver l'étrange endroit qui m’appelait. L'étrange voix qui m'avait fait quitter ma vie merdique pour une autre, pas forcément, mais qui au moins avait le mérite d'être plus attirante et surtout, d'être issus de mes propres choix. A vrai dire, jamais je n'aurais pensé finir dans ce genre de tas de merde mais... on ne sait jamais où vous portes vos pas quand on emprunte la route ! Sentiments étranges, comme si de derrière ces larges protes sombres émanaient la source de la voix, la source de tout. Cette chose étrange que j'avais sentie au fond de moi je pouvais en entendre et en voir l'écho un peu partout. La promesse d'une douce et longue agonie, rien de plus réjouissant qu'une morte certaine sans aucun espoir. Car c'est tout ce qui sort de cet endroit: la fin de l'espoir et donc, le début de la liberté !

    Je me suis approché des larges portes. L'impression d'à la fois être là où j'aurais toujours dû être et dans un endroit qui n'aurait pas dû être, contre nature, sordide et monstrueux mais au combien merveilleux ! Perdu dans mes pensées je n'ai pas vu les merdeux arriver. Toujours la même chose avec les connards en uniforme. Des gros poissons dans une petite mare. Ces joyeux trous du cul se sont donc avancés vers moi pour me demander qui je suis. Question de merde, qui implique forcément une réponse à la hauteur de leur génie. J'ai donc ploiement répondu que je suis leur maman. Forcément, les têtes de cons ça n'aiment pas les réponses spirituelles et ils ont agi comme des bons débiles armées. Ils ont commencé à me cogner dessus.

    Stoïquement j'ai reçu le premier coup de hampe de la large arme du garde qui logiquement m'a plié en deux. Mais je me suis rapidement redressé, j'en avais vu d'autre après tout. Je pouvais aussi sentir l'étrange goût de métal et la chaleur apaisante du sang dans ma bouche. Je me suis concentré sur la douleur, cette vicieuse accompagnatrice, ce fugace absolu. Cette énergie étrange que je sentais en moi de temps en temps depuis que la voix m'a parlé c'est alors embrasé, comme l'opium qu'on allume pour pouvoir le fumer, laisser ses volutes de vie pure se diffuser tout autour de moi. J'ai alors craché le sang au visage du garde et ce dernier c'est de suite portée les mains aux visages en pleurant le nom de sa mère. C'est toujours comme ça avec les gros cons. Ça parle beaucoup, ça frappe fort, mais soit sûr d'en avoir une plus grosse queue, et ils finiront par se rouler dans leur pisse comme des merdes !

    Du coup, l'autre garde a fait quelques pas en arrière et s'est mis à traîner son copain par terre. Et mes yeux se sont posé sur cette putain de porte géante. Y trouvant quelque chose de surprenant. Perché là-haut, à contempler tout ça, une petite merdeuse, les pieds ballant dans le vide. Une véritable cours des miracles et un repaire d'attardé, c'était là-dedans que la voix m'a fait venir . Un repaire de fou gardé par des gardes débiles . Mais il émane de ce lieu étrange quelque chose de plus, comme une volonté supérieure à moi qui me pousse à'entrer à l’intérieur à passer les portes. J'ai craché de nouveau le sang qui restait dans ma bouche par terre, ressentant alors une brusque fatigue. Cette énergie étrange que la voix avait réveillée en moi épuise l'essence même de ma vie. C'était enfin un moyen plus utile de la consumer et de la ronger. J'ai donc fait quelques pas vers l'énorme pote et levé les yeux vers la petite :

    « - Et oh ! Minus ! C'est quoi tout ce bordel. »

    La question que je venais de poser était on ne peut plus simple, mais résumé tout ! J'étais venu ici, guidé par quelque chose ou quelqu'un par une voix, une force. Mais pourquoi ? Pas la moindre putain d'idée. Cet endroit semble plus grand presque que la capitale de l'Empire, où j'ai vécu... même si vivre n'est pas le bon mot ! Peut-être trouverais-je là-dedans des nouveaux moyens à me détruire... Que de joyeuses promesses !
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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Lun 30 Mai - 12:57
Esther regardait la scène avec un air de scepticisme. Cet homme... d'abord pris à parti par les gardes de la citadelle, cracher au visage de son agresseur avait suffi à le défaire. Était-ce là l'une de ses particularités ? Alors quoi, sa salive était si pestilentielle que cela ? Dans tous les cas, la petite se dit qu'il valait mieux s'en tenir à sa forme astrale pour le moment. Cet individu – la figure que la vie avait enlaidi d'une manière lui échappant – réservait de nombreuses surprises, à n'en point douter. Et son caractère impétueux achevait de le rendre imprévisible, en l'état. La remarque prêtée à son adresse après s'être débarrassé des deux gardes fait perdre à la Tarentule son expression, ne sachant vraiment comment réagir. Au final, c'est en esquissant un petit sourire curieux que sa silhouette disparaît du sommet de ces immenses portes. Que ces dernières s'ouvrent sur l'impulsion d'un ordre mental donné aux gardes présents sur place, faisant soudain fi de l'altercation avec ce drôle d'oiseau, l'interstice du Dédale s'élargissait de secondes en secondes devant les yeux fatigués – s'il en était – de cet étranger.

Son corps reprenait forme directement à la gauche de ce nouvel arrivant. Les mains jointes derrière son dos légèrement voûté en sa direction, Esther cherchait son regard et ce, sans la moindre animosité, se contentant des présentations d'usage.

-Je m'appelle Esther. Je venais de la Francie avant d'arriver ici.

Ces présentations données avec une froideur ne la caractérisant que rarement, Esther se méfiait plus que d'ordinaire de cet inconnu. Spontanément, il ne lui inspirait aucune confiance, mais pouvait-on le lui reprocher ? Se redressant un peu, elle plissait un instant les yeux, forte d'une courte réflexion. Son attitude confirmait qu'il n'en savait pas plus qu'elle à son arrivée.

-Toi aussi tu as été appelé ici ?

Maintenant qu'elle se trouvait si près de lui, Esther prenait le temps de le détailler du regard. Jeune qu'il était, son apparence semblait éprouvé par un mal autre que la vieillesse, ce qui n'allait pas sans l'interpeller un peu.

-Comment t'as fait pour te retrouver dans cet état ? T'es toujours triste ? Quelque chose comme ça ? Je n'ai jamais vu ça avant...

Elle ne croyait pas vraiment à ce qu'elle supposait là. Si les personnes constamment déprimées pouvaient avoir une allure semblable, on ne pouvait dire décemment que cet homme respirait la tristesse. Cette aura singulière la désappointait d'une telle façon que la petite en oubliait ses devoirs à son encontre. Son attitude était celle d'une enfant exposée à une bizarrerie de la nature. Craintive et curieuse à la fois, quand elle ne tombait pas dans l'hébétude.




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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Lun 30 Mai - 17:20
    Dans quoi je m'étais lancé . Pourquoi, suivre cette l'appelle étrange et mystique de cette putain de voix était la meilleure idée du monde ? Bon, des idées de merdes, j'ai passé ma vie à en avoir. Ma naissance en elle-même est une idée de merde mais là... là je sais pas, même moi j'ai quelques putains de doutes en voyant cette porte géante s'ouvrir. Ce n'est pas naturel, ce n'est pas humain. Quelque chose d'autres ? La voix de Dieu ? Non, ce gros naze est trop versé dans le sentimentalisme et l'amour pour pouvoir être venu me chercher moi. Puis, cette énergie étrange qu'il a fait naître en moi, ce sentiment de complétion que j'éprouve depuis et cette inhabituelle sensation d'être enfin arrivé chez moi... Enfin, je n'avais pas fait tout ce putain de chemin pour rien, alors, j'ai faits un pas vers ces portes géantes, sans même attendre la réponse aux questions que j'avais posées à la petite fille que j'avais aperçue, elle était partie de toute façon.

    Puis, j'ai entendu sa petite voix à côté de moi. Comment sur terre pouvait-elle avoir fait ça ? D'un côté, je pouvais bien, il semblerait, manipuler mon sang alors pourquoi pas se déplacer comme ça d'un point à un autre par la force de sa volonté ? Il semblerait que cet endroit, soit une véritable foire aux monstres. L'endroit rêvait où je pouvais espérer arriver au final, étant moi-même un monstre. Esther de Francie, un nom banal pour une histoire sûrement originale ! Que pouvait bien foutre une gamine ici et surtout, qu'avait elle fait pour venir ici, toute seule, à marcher comme un merdeux comme je l'avais fait moi . Peut-être, amusant ce qu'un enfant peut accomplir ! Alors bon, autant être gentil vu qu'elle semble être venue m'accueillir en personne et non plus du haut de son perchoir ! Puis, elle m'a demandé si j'avais aussi entendu l’appel...

    « - César, de Constantinople. Ouais, c'est ce qui s'est passé. La voix m'a parlé et m'a dit de venir ici. J'ai rien bité d'autre à l'histoire alors, je sens qu'il faudra m'expliquer, mais j'ai comme l'impression que t'es un peu paumé non la naine ?»

    Je me demande bien ce qu'elle pouvait penser à me dévisager de la sorte. En plus, il sort de cette gamine quelque chose d'étrange, cette même aura qui sort de temps en temps de moi mais en plus... forte ! En plus maîtrisé peut être . Je sais pas, déjà que moi j'ai l'air pas très net mais cette gamine-là aussi ! Et pourtant, des gens étranges et malsains, j'en ai croisé un bon petit paquet. Puis, comme l'effet d'une bonne dose d'opium, la petite a posé sa question. L'air de rien comme ça, mais je suis certain qu'elle savait ce qu'elle faisait. Peut-être avait elle sent autre chose en moi que je n'avais pas perçu . Mais toujours est-il que je n'étais pas triste. Loin de là. Oh, ce voyage avait été difficile et en lui-même, m'avait forcé à réduire ma consommation d'opiacé. Dommage car à ce moment précis, j'aurais bu un bon lait de pavot en fumant le reste....

    « - Oh pour ressembler à un bouseux comme ça... j'ai simplement marché sans beaucoup m'arrêter depuis un bon mois je dirais. Y'a des trucs légèrement mieux pour l'hygiène ! Tu veux dire que je pue c'est ça . J'peux pas t'en vouloir, ça doit être un peu le cas ! »

    Tout ça pour partir dans un grand rire qui se termina par une violente toux. Une toux qui vrilla mon corps entier sous l'effet de la douleur. Mais j'y étais habitué après tout, à la présence de cette pétasse sordide à l'intérieur de moi. De cette indésirable et non désirée maîtresse...

    « - Enfin, triste, non je ne suis pas triste petite. À la différence de tous les autres, je suis libre et crois-moi, ça ne me rend pas triste ! »

    Au contraire depuis que j'ai compris l'essence de la liberté, depuis que j'ai touché le fond le plus sombre, depuis que j'ai perdu tout ce que j'avais, tout ce que j'étais, pour n'être plus rien, enfin, j'avais trouvé la liberté que j'avais tant cherchée dans la destruction de moi...
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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Lun 30 Mai - 21:16
-Constantinople ? Connais pas. Un coin perdu, j'imagine.

Ignorante qu'elle était, Esther se disait que ce César venait d'un village, et qu'il avait jugé utile de donner le nom de ce dernier plutôt que le territoire auquel il était attaché. Une hypothèse corroborée par le fait que ce jeune homme n'avait pas l'air très malin. Mais au moins lui apparaissait-il plus sympathique, là où elle l'appréhendait sérieusement quelques secondes plus tôt. L'écoutant silencieusement, la petite Tarentule pouvait se rendre compte du plaisir que prenait cet homme à simplement discuter. Au moins, elle n'avait pas à faire avec un mort-vivant, comme elle en trouvait de semblables au sein du Dédale. À un moment, d'ailleurs, ce drôle d'oiseau sut lui arracher un petit rire d'amusement, virant vite vers de l'inquiétude quand son vis-à-vis crachait ses poumons de s'être simplement permis de rire de bon train.

-Wah... Tu n'as pas l'air très solide... C'est juste le voyage qui t'a rendu comme ça ?

Sur le moment, l'enfant se demandait comment ce curieux personnage avait fait pour survivre jusque là. Si ça se trouvait, sa vie lui glisserait des doigts dans la minute et ce, sans prévenir. Aussi le regardait-elle avec de la peine, presque de la pitié.

-Hum... Je pense que maman a des restes du souper d'hier. Ça te dit de venir manger chez nous ? Et puis... je pense aussi qu'elle arrivera mieux à t'expliquer ce qui t'arrive...

Une proposition qu'elle n'aurait pas faite trente secondes plus tôt. C'est dire comme cet individu était doué pour faire passer d'un avis à l'autre en un rien de temps. Restait à voir combien de temps il pourrait passer d'un extrême à l'autre. Pour l'heure, Esther lui montrait de l'affection, ou du moins, se montrait bien intentionnée. Prête à ouvrir la marche vers sa maisonnée après que César consente à la suivre, elle pouvait attendre de lui tout un tas d'histoires divertissantes, à n'en point douter. Néanmoins, repassant ses remarques à l'esprit, un détail la faisait tiquer.

-Mais... tu n'es pas triste parce que tu es libre ? C'est ça ?

Selon sa réponse, elle allait cette fois avoir matière à se sentir désolée pour lui.




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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Mar 31 Mai - 12:59
    Je me suis encore une fois mis à éclater de rire quand elle a fait son petit commentaire sur Constantinople, si seulement elle savait, à quel point elle était à la fois si près de la vérité et pourtant si loin... Oh, la ville qui m'avait vu vivre pendant si longtemps était loin d'être un trou paumé, mais pourtant, c'est un cloaque sans nom de vice et de stupidité ! De connerie et de non-sens. De vie et d'ignorance. Une prison à ciel ouvert. Une geôle que j'avais fuie avec un plaisir son dissimulé et un désir certain. Malgré toute l'étrangeté que dégagé cette fille, elle n'en restait pas moins une enfant après tout. Une enfant étrange, dans lieu encore plus étrange, mais une enfant tout de même. Enfin, c'était déjà une enfant plutôt vivable, pas du genre à qui on a envie de mettre une mornifle ou qui passe son temps à crier. Ou pire encore, ceux qui viennent vous titiller avec des bâtons quand les honnêtes drogués tentent de dormir confortablement installé dans un caniveau ! Puis, elle m'a demandé comment j'allais....

    « - Disons que de là d'où je viens, tout le monde sait où c'est une carte, mais personne ne connaît vraiment cet endroit. Les gens qui ont appris à vraiment le connaître sont partis. »

    Question compliquée et je pouvais sentir dans mon corps les différents types de manques. Je l'avais habitué, cet enfoiré, à avoir sa dose régulièrement de tout un tas de trucs. Si pour picoler je n'ai pas eu trop de problèmes, pour l'opium, ça a été beaucoup plus difficile de s'approvisionner et encore plus de consommer sur la route. Surtout que je n'avais pas la moindre idée d'où j'allais avant d'arriver ici. Enfin, j'avais encore un peu de ces petits champignons magiques. Bon, c'est loin d'être aussi bonne qualité que de l'opium, mais c'est toujours ça. Quand on se concentre sur les lumières et que ces salopes nous fixent, on ne se concentre pas sur la douleur qui te ronge et c'est toujours quelques secondes de répit de prise. Enfin, elle m'a proposé de venir manger chez elle et surtout de rencontrer sa mère. Je serais curieux de voir ce qui a donné naissance à une créature si étrange. Et puis, mon ventre venait bruyamment de se rappeler à moi. J'ai alors porté la main dans l'intérieur de mon gilet déliée et misérable, pour y prendre un petit champignon séché que j'ai mâché et avalé d'une traite, avant d'un proposé un à la jeune fille.

    « - T'en veux un ? C'est pas très bon, mais c'est plutôt marrant. Sinon c'est très gentil de ta part, tu as dû l'entendre, mais il se trouve en effet que j'ai très faim et que si ça ne dérange pas, j'accepterai avec plaisir. Sinon, je me débrouillerai va. »

    Je pourrais toujours continuer de faire ce que j'avais fait pendant mon voyage. Manger de ce que je pouvais trouver. Trop souvent volé et encore plus souvent ce qui traînait n'importe où. Je peux vous dire que la viande de rat, c'est encore plus mauvais que ce qu'on pourrait imaginer. Mais bon, ça débarrasse et ça rend service alors ça, on se fait emmerder quand on bouffe cette merde ! Alors que bon, quand on veut se faire un bon morceau de viande ou un poisson, tout de suite, c'est du vol, un crime tout ça ! Quelle bande de trou du cul ! Triste, non, décidément, je n'étais pas triste. J'avais tout laissé dernier mois, j'avais tué mes parents, brûlé ma maison et marché pour répondre à l'appel d'une voix étrange qui m'avait donné des pouvoirs contre nature. Non, je n'étais pas triste, j'avais mal, c'était peut-être ça qu'elle avait repéré. Mais j'avais toujours eu mal et j'avais appris à vivre avec, comme on apprend à vivre avec une femme pas facile, qui cache sous un joli sourire, le venin d'un dragon. C'est un peu ça, que de vivre en ayant tout le temps mal....

    « - Oh non, quand on est vraiment libre, pourquoi être triste ? Tu comprendras peut être un jour, mais n'est pas libre qui veut, n'est pas homme libre l'esclave sans chaîne... »
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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Mar 31 Mai - 18:09
Qu'elle prenne le temps de l'écouter, cet homme s'exprimait de façon approximative, parfois confuse. Il pouvait parler de là d'où il vivait, il lui fallait repenser ses phrases à deux fois pour en comprendre le sens. Selon toute vraisemblance, il allait lui falloir encore un peu de temps avant de s'accorder à sa manière d'être. Elle comprenait en tout cas que ce César attachait de mauvais souvenirs à l'endroit d'où il venait. Ce voyage semblait lui avoir fait le plus grand bien, une chose que la petite pouvait facilement aborder. Elle-même ne s'était jamais sentie aussi libre que les moments où elle ne tenait sur rien. Une vie de nomade que le sort avait décidé d'abréger pour la tenir enfermée dans cette place.

Visiblement, il n'était pas contre se repaître dans sa maisonnée. Son ventre criait famine et inspirait une affection naturelle, de son point de vue. En effet, aucun faux-semblant ne l'habitait. Il venait tel qu'il était, disant ce qu'il pensait ; authentique. Son contraire, en un sens, mais leur ambivalence n'entrait pas en conflit, pour le moment. Jetant de rapides coup d’œil sur son environnement tandis qu'ils s'aventuraient dans les entrailles du Dédale, Esther détaillait ce paysage organique sans vraiment le faire. Ses pupilles donnaient l'impression d'être embarrassées par un filtre, lui faisant voir tout autre chose. Sans doute s'était-elle protégée de barrières mentales, lui permettant de se confondre dans ses illusions en faisant fi d'une réalité crue et crasse. Rêveuse, voilà ce que son comportement disait d'elle. Mais son songe éveillé dût tourner court quand son interlocuteur lui proposait une friandise ; une sorte de champignon. Si Esther le savourait du regard, elle se gardait bien d'y toucher, sans trahir pour autant de la méfiance.

-Marrant ? Ça peut être marrant de manger ? Comment ça le pourrait ?

Ses yeux disaient sa crédulité, et il était à parier qu'une vague explication suffirait à la convaincre, du moment que c'était bien tourné. Par nature cliente des nouvelles choses, elle attendrait de retrouver son enveloppe charnelle pour s'essayer à son drôle de champignon.

-Ne t'en fais pas, t'es pas le premier que j'invite à la maison ! Puis maman aime bien la compagnie, du moment qu'on est poli à table ! En plus, ça fait longtemps qu'on n'a pas reçu de visite... Oui, ça nous fera plaisir ! Peut-être même que maman voudra bien assaisonner son plat avec ton... euh... champignon ?

Le sourire jusqu'aux oreilles, l'idée même de profiter d'un peu d'animation sous leur toit lui prodiguait une grande joie. En parallèle, leur marche devait bien durer une vingtaine de minutes, les voies de passages se faisant plus étroites à mesure qu'ils s'aventuraient dans la zone résidentielle de la citadelle. Arrivés à destination, César avait vu sur une maison de chair balbutiante à certains endroits, des morceaux de viande fumant dehors à l'entrée. Il était difficile en l'état de discerner de quel animal avait été tiré les morceaux, ce dernier ayant déjà été bien entamé. Cela pouvait être n'importe quoi. Mais au moins pouvait-on soupçonner que la carcasse avait appartenu à un mammifère au moins aussi gros qu'un homme.

Silencieuse pendant un certain temps durant leur marche, la dernière réflexion de son nouveau compagnon l'avait laissée pensive. Il avait raison de dire que le sens de ses paroles allaient certainement lui échapper. Un chat était pour elle un chat, et l'image d'une liberté ne se résumant pas à la présence ou non d'entraves sonnait comme quelque chose de paradoxal, sinon contradictoire. Sur ce dernier point, le jeune homme avait l'ascendant, et par ce fait, l'initiative de la réflexion. Aussi devait-elle se contenter de l'encourager sur sa lignée pour mieux cerner l'orientation de sa pensée.

-C'est quoi « être libre » pour toi ?

Cette question n'était pas formelle. En tout cas, son regard ne donnait pas cette impression. Force était de constater que son avis – pour le moins inattendu – l'avait interpellé, et l'intéressait vivement. En l'occurrence, elle n'attendait que sa réponse avant de l'inviter chez elle.




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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Jeu 2 Juin - 1:07
    D'ici quelques minutes je serais tranquille, dans un monde différent, où les lumières prendraient vie et la logique deviendrait un divertissement insaisissable. Enfin, l'endroit dans lequel je venais de pénétrer semblait déjà défier les lois de la logique... J'avais l'impression d'entrer dans le tube digestif d'une immense créature. Est-ce que les champignons font effet plus rapidement que prévu ? Non, il faut un temps à ces petites beautés pour faire parler leur magie. Particulier, étrange et... vivant. Oui, je suis dans quelque chose de vivant, mais un truc de cette taille vivant . Je crois que l'échelle des merdes dans lesquelles je me suis fourrées, celle-là elle tape haut. Pourquoi j'ai suivi la voix dans ma tête déjà ? Non pas que j'en entende beaucoup des voix, quoi que, mais là quand même, c'était fort.


    « - Oh tu verras quand t'en auras mangé, ceux là sont particulier ! »

    Comme ça, maman aime bien la compagnie ? Bah on s'emmerde pas ici ! On envoie la gamine fêlée ramasser des mecs pour occuper maman pendant que papa fait on sait pas quoi ? Y'a forcément un papa dans l'histoire, c'est biologiquement nécessaire, mais dans le cocon familial, c'est la pièce dispensable. Pas de ces conneries de paters familial de mort ! Non... Plante la graine et puis s'en va, voilà à quoi on peut résumer le rôle d'un père. Ce que j'aurais aimé que les miens, peut-être qu'avec seulement ma mère, j'aurais mieux tourné . Non, mais à qui j'essaie de faire croire ça ? J'étais voué à partir en couille de toute façon, destiné à devenir une merde inutile ! Mais bon, une merde inutile qui a survécu aux vieux cons et surtout, qui se retrouve capable de manipuler son propre sang. C'est pas rien ça ma poule !

    « - T'inquiète razmotte, ça m'arrive de temps en temps de savoir me tenir. Puis s'il faut que ça pour faire plaisir à maman ! Oh, j'suis sûr qu'elle appréciera elle aussi un petit champignon. Du moins, si elle a le sens de l'humour ! »

    Un nouveau rire suivit d'une nouvelle quinte de toux. Putain... vivement que je me trouve de quoi combler ce manque d'opium... Putain de voyage de merde. Putain de village de bouseux de merde ! Putain de vie de merde ! Dépêches-toi de me retourner la tête petit champignon, j'en ai marre de trop penser et de trop sentir ! Éloigne-moi de la douleur ! On a alors marché ensemble un petit peu, dans cet endroit vivant et plein de chair, de muscle et étrangement, avec moins de sang que je l'aurai imaginé à l'intérieur des gros trucs vivants... Enfin, devant la maison il y avait cette carcasse étrange . On dirait je sais pas quelle putain de bestiole . Amusant... Mais pourquoi elle me fixe cette putain de barbaque ! Oh... je m'entends éclater de rire pour rien. Il semblerait que les champignons magiques aient fait effet ! Parfait voilà comment bien faire connaissance ! N'est jamais plus honnête que la personne qui ne sait pas ce qu'elle dit !

    « - Tu veux savoir ce que c'est que d'être libre. Mais c'est compliqué, et personnel ! C'est tiré par les cheveux et ça ne démêle rien ! Ça définit tout et rien à la fois ! Et même si y a du fond dans tout ce que je dis, je suis le seul à bien l'interpréter ! Mais se pose alors la question, à quoi bon parler si j'suis le seul à comprendre ? Aucun intérêt ! Rien ! Le néant ! C'est ça la liberté ! »

    Puis, je me suis approché de la carcasse étrange... Essayant de la renifler et de savoir si l'odeur pouvait m'évoquer un truc que j'ai déjà mangé mais... j'y arrive pas ! Puis j'ai l'impression que les veines sous la peau son encore en train de battre, de danser. C'est moi ou y'a d'la brume. Ma tête s'en branle et mon cœur s'en tape !

    « - C'est de la viande d'humain ? C'est vrai que ça a le goût de poulet ? »
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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Ven 3 Juin - 20:42
Le temps avançait, et avec lui, l'inintelligibilité du monsieur. En effet, plus il allait pour se découvrir, et moins Esther le comprenait. Cela commençait avec des blagues obscures que sa candeur ne permettait pas d'entendre, puis terminait sur des raisonnements sans queue ni tête. Son caractère alambiqué devenait si fantasque qu'Esther sentait poindre l'inquiétude en son sein. Finalement, avait-elle eu raison de l'amener chez elle ? Le détaillant du regard... Que risquait-elle, après tout ? Il semblait à peine capable de se maintenir en vie, et il était à parier qu'une bouchée avalée de travers puisse avoir raison de lui.

S'il se plaisait à déballer ses paroles empreintes de non-sens, Esther analysait son comportement avec un peu plus de distance. On est bien obligé d'en arriver à ce stade, quand l'interlocuteur ne laisse plus aucune prise pour saisir son cheminement de pensées. Ce faisant, elle se dit que son attitude n'était pas bien différente des poivrots bien éméchés au sortir d'une – si ce n'est plusieurs – tavernes. Et à l'adresse de ces parias, personne n'ignore qu'il vaut mieux ne pas les déranger dans leur délire, ni même simplement considérer leurs propos. Ces derniers étaient d'ailleurs bien habitués à ce traitement. Aussi ne devait-il pas s'étonner que la petite ne réponde pas à sa dernière question, qu'elle n'aurait pas plus considéré en d'autres circonstances.

-Je... n'ai rien compris.

Un aveu de faiblesse, mais pouvait-on lui reprocher ? À la réflexion, il y avait bien une connexion qu'Esther pouvait faire entre ce changement « d'état d'esprit » et un objet particulier ; le champignon aux vertus euphoriques. Les sourcils froncés, l'idée qu'il n'ait pas menti sur les effets – placées sous l'égide de l'euphémisme, il faut être honnête – de cet aliment rendait limpide la situation présente. Fort heureusement, alors qu'elle peinait à sortir de l'hébétude, Aubrée sortait de la maisonnée, interpellée par les bruits dehors. César rencontrait, de fait, une femme en fin de vingtaine, habillée telle une paysanne, la longue chevelure brune et la beauté banale.

-Esther... que m'as tu amené là ?

« Que », car il y avait plus matière à rapprocher l'individu de l'animal ou de l'objet fantaisiste que de l'humain digne d'une étiquette, quelle qu'elle soit. Le toisant, son expression allait pour le mépriser. Silencieuse, froide, il n'en fallait pas beaucoup plus pour qu'elle arrête son jugement, et ce dernier ne serait pas mélioratif.




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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Sam 4 Juin - 0:18
    Elle n'avait pas compris, mais ce n'était pas surprenant ! Personne ne pouvait vraiment comprendre, personne n'avait assez mal. Personne n'avait assez de rien pour comprendre le tout et de tout pour saisir ce rien. Oui, tout ça n'avait aucun sens, mais c'était ça, l’essence de la liberté. Tout perdre, se laisser aller dans le rien et l'oublie. Dans la souffrance et le néant! Toucher le fond, c'est ça être libre. Mais pour comprendre ça, il faut être prêt à tout lâcher, et à avoir mal, très mal, trop mal ! Un truc qui ne s'explique pas, qui ne peut que se vivre. Mais ce n'est pas quelque chose qu'on comprend comme ça, peut-être viendra avec le temps, le moment où je lui ferais ce cadeau. Le cadeau de cette leçon de vide et d’oubli, cette leçon de douleur et de libération.

    Puis elle est arrivée elle. Sûrement sa mère, elle n'était pas moche et on pouvait presque voir cet air de famille entre les deux femmes. Ou alors c'est seulement la lumière qui émane d'elles qui me fixent aussi intensément ! En tout cas, j'aime pas trop ça façon de remarquer à cette mère bonne à baiser. Pourquoi tout d'un coup tout est sur le côté. Oh oui, c'est ma tête à moi qui s'est penché. Vite se secouer la tête pour remettre ses yeux au bon endroit. Bon, c'est pas la peinte de tenter le jeu de la sobriété avec elle, c'est raté, j'suis grillé, j'suis fracassé ! Le haut vers le bas ou le bas vers le haut... Bon, on va procéder par étapes. J'arrive pas à me concentrer plus de trente secondes en fait, c'est de la bouffe ce truc . C'est quoi comme viande de l'humain . Non, si... je sais pas ! Et j'aimerai bien savoir !

    « - Un petit chat perdu devant les portes ! Voilà ce que la petite a ramenée ! Oh et le chat c'est moi au cas où ! Un gentil minou qui sent pas - trop - mauvais et qui répond au nom de César. Mais personne a répondu à ma question, l'humain est-ce que ça a le goût de poulet ou pas ? »

    Elle n'avait pas l'air très gentille cette vieille-là ! La petite était plus sympa... Surtout que j'aime pas la façon qu'elle a de me regarder, ce qu'elle a dans ses yeux. Un truc qui danse qui bouge et qui se tortille. Un truc pas naturel. Un truc malsain ! Mais oh putain, je suis encore en train de mélanger la réalité et mon trip hallucinogène. Tiens, j'ai réussi à dire hallucinogène du premier coup, c'est déjà pas mal. Ou commence la réalité et l'illusion où commence ce que j'ai rêvé et ce qui est ? Mais est-ce qu'il y a vraiment une différence entre les deux ? Bonne question, sans réponse. J'essaie de me calmer et me récompenser. Mais je suis incapable de rester calme. Je sens mon cœur faire du bruit dans ma tête et dans ma poitrine si je m'arrête de bouger. Il faut donc que je bouge, que je pense que je parle que je fasse quelque chose. Putain, c'est long comme phrase je pense vraiment aussi vite que ça. Oh oh, calme toi !

    « - J'ai juste entendu la voix qui m'a fait venir ici, l'appelle, mais l'appelle de quoi, je sais pas ! Je sais même pas où je suis et ce que je suis venue foutre là ! Le sang s'est mis à bouger et pfout, on m'a dit de venir ici ! Mon avenir s’effrite tellement que je passe des jours en sables... »

    Je trépigne littéralement sur place. Complètement dans un autre monde, j'suis fumé oh là ! Ils ont passé trop de temps dans ma poche ces petits-là et ils m'avaient pas fait ça la dernière fois, c'était plus tranquille. Enfin bon, je n'ai pas ma tête mais au moins, j'ai moins mal, c'est toujours. Je la sens encore là, une sorte de bruit de fond qui reste toujours là, d’acouphène dont on ne se débarrasse pas, mais on peut vivre avec. Je n'ai pas encore envie d'éclater ma tête contre un mur ou d'ouvrir mes poignets en arrachant ma peau en la frottant contre un mur. Eh... ça pourrait être une bonne idée ! Non, pas maintenant ! Non, logique, on reste logique ! Logique où on meurt... Ou mourir c'est logique ? Pourquoi je pense à tout ça moi ? Tiens... j'ai faim !

    « - On m'a dit qu'il y aurait de la soupe, j'espère que ça ne vous dérange pas trop madame, de m'en léguer un petit bol ? »

    C'est bon, j'aurais au moins réussi à faire une phrase net ! Plutôt fier de moi !
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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Sam 4 Juin - 2:53
-Un chat...

L'intonation d'Aubrée devait être glaciale, et sa figure traduisait le dégoût. Si la question avait été posée pour l'amener indirectement à justifier sa présence en ces lieux, dans la forme, elle n'en était pas moins adressée à Esther. Pour autant, cette dernière était demeurée muette, chaque minute plus désappointée par ce que donnait à voir et à entendre ce César. Pour l'action qui suivrait, ce rebut n'aurait qu'une interlocutrice, la pire. Il fallait dire que les manières de son vis-à-vis étaient... originales... en prenant des pincettes. Qu'il prenne le temps de s'expliquer, son propos se faisait de plus en plus décousu. En parallèle, Aubrée restait immobile, l'écoutant simplement et prenant soin de ne pas trahir ses pensées ; un exercice dans lequel elle était plus douée que sa fille.

Se focaliser sur les phrases condamnait à l'incompréhension, si ce n'est la confusion. Cependant, il était encore possible de lire entre les lignes, quelques indices – des mots clefs, essentiellement – dans son discours abstrait permettant de soulever des éléments sur son identité et le pourquoi de sa présence en ces lieux. Un nouveau venu, comme il se présentait. Selon toute vraisemblance, il aurait beaucoup à apprendre pour survivre plus d'une semaine au sein de cette citadelle où la légèreté menait à la mort, pour les plus chanceux. Finalement, il arrivait au bout de ce qu'il avait à dire, ponctuant ses délires d'une demande bien compréhensible au vu de ce qu'il avait dû endurer pour arriver jusqu'ici.

-Si ça me dérange ? Ce n'est pas en ces termes que la question doit se poser. Mais nous verrons bien assez tôt si vous me dérangez, jeune homme.


Ces mots avaient été prononcés sans laisser transparaître la moindre émotion dans sa voix. Tout au plus, pouvait-on saisir de la sévérité ; une sévérité désincarnée. À vrai dire, elle hésitait encore sur la réponse à donner. Cela devait justifier les longues secondes où César n'allait recevoir d'elle que son regard circonspect, la tension s'alourdissant au fur et à mesure que le temps s'allongeait.

Soudain, le regard d'Aubrée se meut de manière infime, lui donnant un air énigmatique. Lentement, elle avance un pas devant l'autre, l'attitude neutre. À aucun moment, elle ne détourne les yeux des siens. Son allure est franche mais réservée ; son expression, habillée d'une sourde détermination. Elle était arrivée dans l'espace intime de César dans la plus absolue neutralité. En l'instant, ses pupilles donnaient l'impression de le sonder une dernière fois, avant de lever délicatement sa main vers son visage, caressant sa joue avec une douceur inattendue. Continuant sur sa lancée, elle finit par couvrir son front de sa main froide. Ainsi statique une poignée de secondes, ses yeux s'abaissent un peu, se faisant plus introvertis.

L'instant d'après, César allait ressentir une pression sur son front, d'où partait une petite onde de choc mentale qui devait le laisser inconscient au sol. Il se réveillerait après plusieurs heures, dans un lit, réveillé par l'odeur du ragoût qu'Aubrée faisait mijoter la pièce d'à côté tandis qu'Esther jouait non loin de sa mère avec une poupée. Plongé dans l'obscurité, il n'y avait bien que la petite interstice de la béance – sur ce qui ressemblait à un mur organique – pour donner vue sur cette autre pièce d'où étaient allumées des bougies. Il semblait faire nuit.




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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Dim 5 Juin - 3:12
    Oui bon, je suis un très gros chaud. Pas aussi poilu, ça c'est le point positif ! Mais carrément moins mignon et carrément moins propre aussi. C'est vrai que y'a eu un peu de laisser aller durant ce voyage. Mais bon, quand on marche on peut pas se laver, bah ouais, ça t’empêche de marcher. J'aurais pu marcher en remontant les fleuves, mais je doute que l'effet final ait été le même. Tout ça, c'est du détail, du vent. À quoi tu ressembles, ça ne veut pas dire ce que tu es. C'est tout. Moi, je suis moins mignon qu'un chat, mais je suis quand même un gars sympa. D'ailleurs, la petite m'a bien ramené chez elle. Bon, le truc qui me sert d'instinct de survie me dit de me tirer, que la petite est folle et que la mère n'est pas mieux. Mais l'instinct de survie, je l'emmerde. Ça fait des années que je fais tout pour qu'il me foute la paix et qu'il s'accroche comme une sangsue à un gros lard qui s'est baigné dans des eaux un peu trop stagnantes, se gorgeant de son sang bien sucré ! La pute !

    Qu'est-ce qu'elle veut dire par, on le verra plus tard ? Si je tenais à la vie, c'est là que je me serais tiré, mais j'en ai trop rien à foutre pour ça. Comment j'ai faim... Comment c'est loin ! Décidément, je n'aimais pas son regard et ce qui dansait à l'intérieur. C'est comme si la lumière dans l'iris de ses yeux me fixait. De la lumière dans la lumière et des yeux dans la lumière, c'est pas très clair. Mais je préfère la naine à la maman. Bon, elle je suis tombé dans une famille de psychotique. Les trips malsains entre mère et fille, ça peut avoir son charme, mais quand la fille en question a plus de dix ans bordel ! Oh tiens, un c'est moi ou ce mur est fait en boyaux. Toujours en train de trépigner, incapable de m'arrêter, je me suis désintéressé d'elle. J'aime pas son regard et je me suis intéressé par le mur. Puis la voilà qui s'approche....


    Et voilà, je l'avais dit ! Les plans malsains ça commence, là directement dans la rue sur les boyaux ? Elle peut pas me laisser planer tranquille, c'est un petit coup qui lui faut, franchement ça sera plus amusant sobre pour tout le monde ! Mais non, c'est pas ça qu'elle veut, ça se voit sans ses yeux. Elle veut autre chose... Elle passe sa main sur mon visage et....

    ***

    C'est la douleur qui me tire du sommeil. Les champignons sont loin de falloir l'opium, mais ils envoient l'esprit tellement loin qu'il permet de faire abstraction de ses coups de reins non consentit et violent. Est-ce que j'ai crié ? Non je pense pas. Mais j'ai mal et plus la moindre goutte d'opium pour faire passer la douleur. Oh il reste toujours cette option peu ragoutante. J'y serais contraint, bientôt. Plus vite que je ne le crois, c'est toujours plus vite que je le crois. Bon, avant de se lever, inspecter si tout est en place. Pas de douleur trop étrangère à la mélodie habituelle, pas de morceau manquant ou à l'air. Bon, je me relève et lutte contre un vertige. La faim... Depuis combien de temps je n'ai pas mangé ? Beaucoup trop longtemps ! Et j'aurai bien aimé goûter cette soupe de carcasse ! D'ailleurs, ça sent bon dans la pièce d'à côté ! Je découvre un environnement qui ressemble à boyaux. On m'a donné à manger à un truc étrange où c'est juste les goûts en matière d'architecture ici qui sont à vomir, littéralement.

    Je me suis alors dirigé vers la porte-cul qui s'est ouverte dans un bruit immonde pour me laisser passer dans ce qui semblait être la salle centrale de la demeure familiale. Pays de fou, pour une famille à son image. La douleur était particulièrement forte, même pour quelqu'un qui y ait habitué comme moi et ça devait se voir sur mon visage. Il faudrait vraiment que je m'occupe de ça. Je prends donc une profonde inspiration et m'élance dans la pièce. Je réussis à m’asseoir sur une chaise ou ce qui y ressemblait fortement.

    « - Où est-ce que je suis au fait ? J'ai suivi un appel plus fort que moi... mais je ne sais rien de cet endroit, de cette chose dans laquelle la petite m'a fait rentrer. Et oh, j'aurais besoin d'une petite lame assez aiguisée et d'un grand récipient si ça ne vous dérange pas. Vous me rendriez un énorme service... »
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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Dim 5 Juin - 18:46
Aubrée était justement en train de nettoyer la lame ayant servi à couper la viande quand son invité lui en demandait le service. Depuis qu'elle l'avait laissé se reposer dans sa chambre, de petits cris de douleur s'étaient fait entendre. Certainement que cela avait un lien avec cette demande pour le moins impromptue. Une méthode pour échapper à une souffrance qui semblait le suivre comme une seconde peau. Mais ses manières de se dégager de cette affliction étaient quelques peu destructrices, et la mère de famille souhaitait garder la lucidité de son convive. Un exercice difficile, ayant nécessité un certain temps. Aussi sa réponse devait-elle être toute naturelle.

-Navrée, je n'ai pas de ça chez moi.

Posant le couteau sur la table – non celle où se trouvait César, mais là où elle avait préparé le souper –, elle se dirigeait vers le petit chaudron depuis lequel mijotait le repas. Agitant un moment le ragoût avec une cuillère en bois, elle portait doucement le bouillon à ses lèvres pour le goûter. Pendant ce temps, Esther se mettait à table à côté de César, troquant sa poupée avec lui. Silencieuse, elle l'observait simplement, avec dans le regard l'étincelle d'un enfant devant un nouveau jouet.

De longues secondes dans cette drôle d'ambiance, et Aubrée arrivait avec des assiettes pleines à ras bord. Elle ne s'était jamais embêtée à doser outre-mesure, notamment quand elle se trouvait des invités sous son toit. Ainsi César avait-il une vue sur un ragoût somme toute plutôt basique, qui montrait toutefois un savoir-faire difficilement contestable. Selon toute vraisemblance, elle n'en était pas à son coup d'essai, loin s'en fallait. Mention spéciale pour les morceaux de viande qui dénotaient d'un soin particulier dans la préparation. S'asseyant auprès d'eux, le regard de la cuisinière se confondait dans celui du malheureux.

-Jeune homme, vous êtes un fils d'Arès et il vous a appelé dans sa demeure. Vous êtes un berserker, et vous voilà entre les murs du Dédale de chair.

S'occupant de couper le pain, elle en donnait un bon bout à César. Ainsi pouvait-il s'en servir pour aller chercher les légumes et la viande dans l'espèce de pot-au-feu dans son assiette. Ceci fait, elle lui assénait soudain un regard plus sévère encore que ce qu'elle avait donné à voir jusque là.

-Ma fille m'a un peu parlé de vous. Vous vous targuez d'être libre ? La liberté... je vous souhaite de n'y être pas trop attaché. Vous appartenez à Arès, au Pontifex et même aux Cardinaux. Prenez garde... Ici, vous n'êtes qu'un objet. Et un objet se casse s'il est défaillant. Je ne saurais trop vous conseiller d'apprendre à leurrer vos interlocuteurs sur ce... dernier point.

Ses mots étaient lourds de sous-entendus, et sur ce qu'ils trahissaient de la manière dont elle le percevait. Il n'empêche, peu importe la forme, l'intention sous-jacente demeurait protectrice à son encontre. En effet, la Tarentule avait beaucoup de peine à voir disparaître trop facilement les invités avec qui elle daignait partager des parts d'elle-même. Mais maintenant que la messe était dite et les avertissements donnés, son visage pouvait s'adoucir un peu, esquissant même un léger sourire désincarné.

-Enfin, n'y pensez pas trop pour le moment. Mangez, cela vous fera du bien.

Et Esther de se manifester enfin, plus prompte à exprimer son empathie que sa mère.

-T'as bien dormi ?




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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Jeu 9 Juin - 14:09
    Un petit grognement quand elle se fout de ma gueule cette conne. Je vois très bien ce qu’elle veut m’empêcher de faire, mais surtout ce qu’elle pense. Si je devais me foutre en l’air je l’aurais déjà fait depuis longtemps et ça aurait été bien plus spectaculaire et douloureux qu’un de me trancher les veines dans ton salon, connasse. J’aurais choisi pour un truc bien classe et violent. Genre l’immolation ou la crucifixion. Christ rédempteur. La petite a bien essayé de faire quelque chose avec sa poupée mais… putain j’arrive à rien, j’ai trop mal ! Beaucoup trop mal pour penser, et presque trop mal pour vivre. Comment j’ai fait pour me trainer dans le temps jusqu’à ce moment précis ?

    Tout ça pour quoi ? Putain, pour un bol de soupe… La douleur m’a coupé l’appétit. J’ai touillé ce ragoût, sûrement bon. Sûrement étrange… Probablement morbide, sordide. Parfait. Puis, première claque. Un fils d’Arès ? Un nom que j’ai entendu jadis, le dieu de la guerre des anciens temps. Du pain, mange, ceci est mon corps. Mais le corps de qui ? Le mien ? Le sien ? Où celui du dieu auquel tout ça appartient ? Quel monde étrange. C’était donc sa voix à lui que j’avais entendu, sa voix à lui qui m’avait fait venir de si loin et fait venir pourquoi ? Perdu dans mes pensées, noyées dans la souffrance. Rien ne voulait s’accorder, rien ne voulait fonctionner. J’ai mal. Beaucoup trop mal… Je soutiens son regard, dur, froid. Elle juge, mais ne sait pas.

    Je l’écoute donc, essayant de me concentrer sur ses mots. Oh mais liberté c’est bien plus compliqué que ça. La liberté elle naît du rien et de l’oubli. L’oubli de soi, c’est ça être libre alors ce que tu me promets, du moins, ce que je comprends, c’est mieux. Une mort sordide, dépossédée de tout et surtout de moi. Fondamentalement, ceux à quoi j’ai toujours aspiré. Alors oui, je suis content d’être venue. Mais j’ai mal ! Beaucoup trop mal ! Je lui ai simplement répondu à ça par un large sourire dévoilant ma dentition. Une promesse. Mais j’ai mal. Auquel elle sembla répondre. Mais avant tout chose, je dois me débarrasser de la douleur. Le point de non-retour… Après la question de la petite, que j’ai à peine entendue, je prends une profonde inspiration et claque ma tête sur la table.

    Je sens alors la chaleur du sang coulé le long de ma tempe. Je sens aussi la pièce tourner légèrement, mais ce n'est pas assez putain. J’ai encore trop mal. Je sers alors ma main et bande les muscles de mon bras. Je porte alors mon poignet à mes lèvres et mord dans ma propre peau avec mes dents. Qui passent d’une blancheur relative au rouge du sang. Le gout de fer qui se repend dans ma bouche et la chaleur qui coule le long de mon bras. Je crache le bout de peau au hasard dans le bol et je m’affale. Un air de satisfaction que je sais idiot sur le visage. Jouissance. Mais revoilà cette énergie étrange, ce pouvoir visiblement divin lié à mon sang. Et un écho à cette présence qui émane de moi, le sang qui coule se met à danser tout autour de moi, fin ruban de soie.

    « - Quand on est dans mon cas, petite, on ne dort jamais bien. Je ne comprends pas tout ce que tu m’as raconté, mais, ça a l’air alléchant comme programme. Peut-être que je pourrais faire quelque chose avec ça… Je t’avais dit qu’il fallait mieux mettre ça dans un bol pour éviter de salir et pour éviter d’avoir mal. »

    Chaque pulsassions de mon cœur vidait un peu plus mon corps de son sang. Mais je savais que mon corps pouvait pousser loin cet exercice. La douleur est liée au sang et le sang à la douleur, couple indissociable.
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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Jeu 9 Juin - 17:39
Il n'y a pas à dire, cela faisait mal de le regarder. Qu'il respire, esquisse un mouvement et même tourne les yeux, tout semblait le meurtrir. Il était une bête à l'agonie, et l'achever serait probablement la meilleure chose à faire ; ou au moins, la plus humaine. Et même sans ces considérations dont la Tarentule – il fallait quand même le reconnaître – était loin, il y avait un grand danger à demeurer dans la même pièce qu'un animal blessé. La conséquence devait en être une méfiance de plus en plus marquée chez Aubrée à mesure que son convive se perdait dans la douleur, jusqu'à atteindre le point de rupture après que ce dernier frappe puissamment la table de son front.

Au moment du choc, Esther se met à tressaillir dans un hoquet. Sa mine éprise de stupeur se change rapidement en une profonde inquiétude vis-à-vis de César, que la peur empêchait toutefois d'approcher. Une peur qui ne peut que gagner en ampleur quand l'homme se taillade les veines par les crocs jusqu'au sang. Dans ce type de situation, il n'y a de bon à faire que de prendre un peu de recul, attendant du fou-à-lier de retrouver la raison par lui-même. Aubrée, quant-à elle, n'était pas aussi laxiste. Qu'il se soulage de son sang pour le répandre le long de la table, la mère s'en était déjà dégagée pour se retrouver adossée à son plan de travail. Tandis que César reprenait contenance, sa main continuait de glisser vers le couteau laissé là ; une sévérité glaciale logeant dans son regard à son adresse.

Soudain, le sang de cet homme se met à virevolter autour de son propriétaire dans une danse des plus glauques, en tout cas empreinte de mauvais goût et laissant une impression rance au travers de la gorge. Il avait beau répondre le plus normalement du monde à Esther, cela ne changerait rien à ce qui venait de se passer ainsi qu'aux conséquences chez la maîtresse de la maisonnée.

-J'en ai assez vu... Sortez d'ici !

Une parole acerbe qui ne laissait aucune place à la négociation. Et pourtant, que se décompose le visage d'Esther à l'écoute de sa mère, elle allait s'y risquer.

-Non ! Non maman ! Pas ça ! S'il te plaît ! Il... Il n'a pas fait exprès ! Enfin... je pense...

Elle s'était levée de son siège pour appuyer ses supplications, se mettant à proximité directe de celle qui éjectait leur invité de sous leur toit. Selon toute vraisemblance, cette décision la mettait en panique, y voyant de l'injustice. Elle avait bien douté un instant de la bonne foi de César, tournant son regard en sa direction une fraction de seconde non sans exprimer de la confusion, mais très vite, elle se reprenait pour tenir tête à sa génitrice.

-C'est ta faute ! La tienne ! Tu n'as pas voulu lui donner ce qu'il voulait ! Il n'a pas eu le choix !

César pouvait sentir de sa position Aubrée bouillir de rage à mesure que sa fille se mettait sur son chemin, remettant en cause son autorité. Elle allait se rappeler sa place dans cette maison, ce qui passait par un violent revers de claque dans la figure.

-Suffit ! Je ne te permets pas...

Son visage nimbé de fureur se tourne vers César. Elle se trouvait dans un état où elle n'était pas loin de dégager une aura meurtrière. Très clairement, un rien l'empêchait d'arracher sa vie dans l'instant.

-Et vous... HORS DE MA VUE !

En un sens, César pouvait s'estimer heureux. Mille jurons s'étaient vus étouffer tant bien que mal par Aubrée avant de hurler cet ultime avertissement. Ce rat venait de crachait dans la main le nourrissant... Impardonnable... Esther, de son côté, était à terre, la main sur la joue ; encore sonnée par le coup qu'elle venait de recevoir. Elle avait lâché quelques sanglots, avant de retourner à ses supplications, les yeux humides.

-Maman... S'il te plaît... Il ne voulait pas... S'il te plaît... Une chance... Donne lui une chance... Juste une...

De manière à peine perceptible, la nuque d'Aubrée tremblotait sous l'effet de l'émotion. Une émotion si forte qu'elle devait planter sa canine dans sa lèvre inférieur, sans se rendre compte qu'elle la mettait à sang, un filet carmin glissant sur son menton. La main nerveuse sur le visage, elle fermait les paupières et travaillait à retrouver un souffle plus régulier. Si César n'avait toujours pas fui devant cette scène de ménage, le regard de la mère devait retrouver le sien, renouant avec sa froideur initiale.

-Expliquez vous...

S'il n'avait pas eu la sagesse de s'en aller, il allait lui falloir prêter un grand soin dans le choix de ses prochains mots.




Codes couleur dialogues : Esther, Agnès, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure, Agnès.
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Message Re: [Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]   Dim 12 Juin - 15:39
    Je les ai laissé se disputer, pour moi. A vrai dire, j'ai hésité à me lever et partir directement quand elle m'a chassé pour la première fois. Mais je n'ai rien fait. Pas en état. Quand je ne suis pas perdu dans la douleur, je suis perdu dans la jouissance de son absence. Et puis, la gamine avait raison, tout se serait très bien passé si elle n'avait pas voulu faire la vieille peau psychorigide, mais à juger sans savoir forcément ! J'ai continué de faire danser le sang au rythme du mouvement de mes doigts, irradiant de plus en plus de cette étrange énergie que je ne maîtrise ni ne comprends vraiment. Par contre, quand j'entends le claquement de la main de la mère sur le visage de la petite, je perds un peu de mon contrôlé précaire sur mon fluide carmin.

    « - La petite a raison ! »

    Je la regarde droit dans les yeux, pas plus effrayé que ça par la colère qui émane d'elle. J'ai déjà vu pire et on m'a déjà plus soufflé dans les bronches que ça. Tu m’impressionnes pas ma mignonne. Puis après tout, je n'avais grand-chose d'autre à faire ici. Je trouverais bien un coin sombre pour passer la nuit et m'oublier dans la brève période de paix que cette exsanguination m'a procurée. J'ai dirigé le sang vers le foyer, pour le regarder s’abîmer dans les flammes dans un grésillement sordide et malsain. J'ai alors soupiré profondément et je me suis relevé vers la petite, pour lui proposer ma main pour l'aider à se relever me baissant en m'appuyant sur mes genoux. Puis, j'ai répondu à ses questions sans la regarder.

    « - On juge sans savoir. Persuadé d'être la raison. La douleur est mon quotidien. Une douleur permanente, sourde et obsédante. Que personne ne peut comprendre. Qui ronge doucement tout mon être. Puis la voix est venue, a raisonné et a donné du sens à tout ça. Mis fin à la douce mort que j'attendais. Oh, non pas qu'elle ne soit plus dans mes objectifs plus ou moins immédiat. Mais disons que j'ai maintenant quelque chose à faire, au service d'Arès m'avez-vous appris. Le sang, c'est ça le problème. Je ne sais pas... j'ai pu en prendre le contrôle après l'appel de la voix. Mais il a toujours été là. J'en ai trop, c'est ça le problème et il me tue à petit feu. »

    Je me suis ensuite relevé après avoir aidé à remettre la petite sur ses deux pieds. Je n'avais plus rien à faire là. Je n'avais même plus faim de toute façon. J'avais appris quelques petites choses sur le monde nouveau dans lequel je venais de pénétrer. Et de quelle façon ! Mais c'est tout ce que je pouvais espérer trouver comme indication ici. Oh, j'en ai rien à foutre de ce qu'elle pense de moi, mais je préfère me débrouiller tout seul et mourir que de compter sur la pitié des gens. J'ai adressé malgré tout un petit signe de la tête à la jeune femme. Puis, un petit clin d’œil complice à la petite fille. Drôle de famille... Je suis donc sorti dans la foulée, sans même attendre de réponse ou quoi que ça soit de sa part.

    Une fois dehors, je me suis avancé hors du pas de la porte et de la demeure. Mais je ne savais pas vraiment où aller ou quoi faire. J'ai poussé un profond soupir. Et je n'avais plus qu'à trouver l'inspiration, peut-être que je pourrais partir par là... ou par là ! Une nouvelle aventure en somme. Tout ne se résumait qu'à ça. Une aventure sans faim, la véritable liberté. Celui qui n'a rien, est libre de faire ce qu'il veut. Puis, il y avait toujours cette étrange carcasse dehors. Sûrement de ça que vient la viande dans le ragoût qu'elle m'a servi. J'aurais peut-être du le manger finalement. Ou pas... Je n'ai plus faim.
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[Début juillet 550] Nouvelle arrivée [pv César]
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