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 [Début juillet 550] I've hidden behind these fridged eyes [Rowena]

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Message [Début juillet 550] I've hidden behind these fridged eyes [Rowena]   Dim 29 Mai - 23:48

Quelques jours avant l'Occurrens, ignorant encore que celle-ci allait avoir bientôt lieu. Même qu'elle aurait lieu d'ailleurs, tout simplement. Comme chaque jour, ses quelques rares heures de sommeil prises, il se préparait à partir. Se trouver une nouvelle contrée à observer, mais très clairement, le cœur n'y était pas en ce jour.

Lykeios doutait, se questionnait. Bien sûr, les multiples menaces qui s’agençaient pour constituer ce qui serait sans doute prochainement une guerre cosmique avaient de quoi le tracasser. Athéna, les druides noirs, l'alliance avec Arès qu'il ne voyait pas d'un très bon œil et l'ombre du sombre souverain du Royaume des morts n'en étaient que quelques exemples. Toutefois, ce qui occupait présentement ses pensées tenait plus du personnel.

Bien sûr, cela demeurait bien présent, et plus particulièrement le rôle qu'il devrait y tenir. À nouveau, sous l'ordre d'Apollon, il devrait prendre des vies. Ce à quoi il répugnait, mais il ne se défilerait pas face à son devoir. Également, sa rencontre avec Ainia lui avait forcément rappelé le souvenir de sa mère, ce qu'il gardait en son cœur depuis. Ces sentiments avaient pourtant été enfouis depuis longtemps, mais ne parvenaient plus à s'effacer maintenant qu'ils étaient revenus sur le devant de la scène. Ses émotions ankylosées se réveillaient peu à peu. Sa part lupine et instinctive demeurait bien présente, mais l'homme qui était en lui revenait à la vie.

Pas tout à fait tel qu'il l'avait été cependant… Il se prenait souvent à ressentir des choses dont il n'était pas coutumier. Du désir, de la convoitise… De la haine et de l'injustice. Bien d'autres encore, comme si insidieusement il changeait. Comme si quelque chose le changeait. Lykeios ne s'en rendait toutefois pas tout à fait compte. Mettait le plus souvent cela sur le compte d'avoir été endormi si longtemps. D'avoir auparavant vécu en temps que loup colossal des siècles durant. Mais quelque chose d'autre était à l’œuvre, même si pour l'heure il ne faisait que s'en intriguer sans pouvoir mettre le doigt dessus.

Cependant, il cachait tout cela. Tâchait de préserver les apparences derrière son regard de glace et son sérieux quelques fois distant et austère. De moins en moins cependant, comme si la coquille brisée laissait sortir d'autres part de lui-même, parfois sensible, parfois colérique, le tout teinté d'une bonne part de confusion.

C'est alors que traversant les jardins, il la vit. Son Cosmos avait déjà pu être ressenti en la Tour des Vents, mais pour la première fois il pouvait en admirer la silhouette élancée. Cette chevelure d'ébène cascadant sur ce dos d'albâtre, alors que des tracés carmins pouvaient s'y apercevoir ça et là. Et une nouvelle fois, une bouffée de ces sentiments qu'il ne contrôlait pas, qu'il ne contrôlait plus. Cette influence qu'il ne pouvait encore déterminer et qui poussait ses pas à aller à sa rencontre, dans un mélange de nonchalance et de dignité. À la manière d'un loup.

Ce qu'elle faisait là, l'homme aux cheveux d'argent l'ignorait. Ne se posa même pas la question quant à la possibilité de la déranger. Bien qu'il fut désormais entouré par ce qu'il considérait comme sa nouvelle meute, il n'en restait pas moins que la solitude qui étreignait son cœur n'était pas encore parvenue à être comblée. Et qu'en l'instant, une rencontre de plus lui ferait le plus grand bien, même si ce ne serait peut-être qu'un palliatif de plus dans une quête consistant à combler un trou sans fond. L'impression qu'il en a parfois. Seul l'avenir le dirait en vérité.

Le Dieu-Loup ne dit pas un mot avant de parvenir à ses côtés, lentement. Elle aura certainement pu entendre ses pas en cette végétation fournie, ou même ressentir son aura solaire obscurcie par le sceau de la Lune, également présent sur son torse. Et là seulement, il fera entendre sa voix grave et rocailleuse. Bien maladroitement cependant, ayant un peu de mal à trouver les mots pour l'aborder.

- Ta discrétion est remarquable, mais je suis heureux que l'occasion de nous rencontrer se présente enfin.

Tous les autres Oracles avaient été croisés déjà, à tour de rôle. Et sans qu'il sache qui était exactement celle-ci – il n'avait jamais reçu de liste exhaustive après tout – il se plaisait à réparer ce manque en effet. Tout en lui adressant la parole, il la dévisageait sans gêne. Ainsi qu'il agissait toujours, prenait toujours le temps d'observer en détail, ses yeux azurins voguant allègrement même s'ils se concentraient surtout sur leur vis-à-vis.

- L'on me nomme Lykeios de Delphes.

Lâche-t-il simplement, trop en peine à lancer quelconque discussion en son était d'esprit actuel. Cela en disait toutefois assez long sur lui-même. Lykeios, soit le Dieu-Loup en grec. Bien des Oracles avaient pu faire aussi simplement le rapprochement et le désigner comme fils du Soleil.



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Message Re: [Début juillet 550] I've hidden behind these fridged eyes [Rowena]   Lun 30 Mai - 1:04
Un effleurement passager. Chaque contact est doux et savoureux, apportant bien être et apaisement. Le visage levé vers le ciel, s’abandonnant aux rayons du soleil et aux lents passages du vent sur sa peau de neige, froide et glacée, Rowena méditait dans le calme des jardins de la Tour des Vents, s’abreuvant des multiples sensations que son corps meurtri et endolori pouvait encore se permettre de ressentir. Tout à coup, alors que les minutes s’engrainaient dans le silence, elle eut comme un frisson l’espace d’un instant, un sentiment fort venant pincer son cœur solitaire et abandonné. Ce n’était pas une vision ni même une prévision. Elle ne savait comment considérer ce qui venait de la traverser, mais la surprise lui fit rouvrir les paupières, contemplant le bleu du ciel dans un désir d’escapade. Pourtant, il lui rappelait aussi ses torts et la douleur que cela avait engendrés… Le mal né de l’égoïsme. Le pardon qui n’était pas accordé. Elle manque presque de laisser s’échapper une larme, mais la détermination retient celle-ci, revigorée par la pensée qu’enfin son serment allait prendre fin. Ce n’était plus qu’une question de temps. Et non qu’elle attende la mort avec une forme d’impatience, elle espérait avant tout la rédemption. Et Lui seul pouvait la lui accorder.

Un pas venait de franchir la barrière de sa solitude. Ce n’était pas la première fois qu’elle ressentait le pouvoir qui venait de s’immiscer dans les jardins, qu’elle percevait cette lumière teintée des Ténèbres de la nuit. Elle sait qui il est. Rowena connaissait chacun des membres de la Tour des Vents, qu’ils l’aient souhaité ou non d’ailleurs. Elle était la gardienne, franche observatrice du Sanctuaire d’Apollon, douce protectrice qui veillait dans le silence et les ombres. Mais elle ne pouvait nier une forme de surprise quand il s’approcha d’elle, ce pas lent et animal, cette aura de secret qui l’entourait. Comme pour l’accueillir, elle se tourne doucement vers lui, adressant un sourire paisible, accentué par l’intensité de son regard d’azur animé de sympathie. Mais elle attend. Elle attend qu’il parle, exprime sa pensée, peut être les raisons de sa venue. Elles lui restent toujours inconnues, étranges même, car personne n’avait encore eut le désir de la rencontrer. La pensée qu’en vérité c’était surement de sa faute, elle qui ne se mêle pas aux autres, la fait doucement sourire. Il ne se fane pas quand la voix grave de l’enfant du soleil s’élève. Il demeure simplement. Et d’une légère inclinaison de la tête, elle répond à son salut, la voix calme mais le ton et la forme quelque peu formels.

« Enfin ? » C’est une interrogation qui l’amuse quelque peu, bien vite elle reprend. « Ma discrétion n’est alors pas louable si vous aviez déjà remarqué ma présence. »

Elle ne s’attarde guère sur la remarque, il n’était après tout pas dans ses désirs d’être particulièrement secrète ou discrète. Sur sa présence du moins, car qui avait besoin d’aide savait la trouver. Les mystères qui l’entouraient elle, ça, c’était une autre affaire. Sans vouloir paraître impolie, elle se détourne néanmoins du regard intense qui la toise, reposant ses pupilles sur l’infinité du ciel qui s’étend devant elle.

« Je sais. Vous êtes l’un de Ses fils, n’est-ce pas ? » Une simple réponse, lâchée sans plus d’appuis comme l’avait fait lui même le fils d’Apollon. Un instant passe avant qu’elle ne décide de retourner son regard sur son interlocuteur, rendant le salut comme il se devait. « Je suis Rowena, le Paon de Cécias. La gardienne de ces lieux. Du moins l’étais-je, avant. » Maintenant que le Maitre était de retour, son regard au milles yeux était devenu bien inutile.

Sans flancher les premières secondes, elle tenta de s’opposer au regard perçant du dieu loup qui l’observait sans la moindre gêne. En d’autres circonstances, cela ne l’aurait sans doute pas dérangé, mais devant elle s’élevait l’un des fils de son Seigneur, à l’aura si solaire malgré la tâche qui ternissait son cosmos. Si elle n’avait su qu’il s’agissait d’un enfant du Soleil, elle n’aurait sans doute pu garder cette prétendue assurance. Elle n’aurait surement pas résisté à la tristesse et au mal qui régnait en elle. Et elle avait peur… oui peur qu’en s’exposant à cette lumière si divine, quelques malheurs passés ne viennent franchir le masque de son visage blanc. Aussi, quand le silence sembla s’imposer pour quelques instants, elle s’empressa doucement de réveiller sa voix.

« Êtes vous désireux de rencontrer tous Ses serviteurs ? Où est-ce juste la beauté et l’air paisible de ces jardins qui vous ont poussé à sortir des murs de la Tour ? »

Pouvait-elle se permettre d’interroger un dieu de la sorte ? Oh, elle ne s’offusquerait pas d’un refus catégorique, d’être repoussé et remise à sa place. Mais elle se reprocherait surement longtemps d’oser parfois être fougueuse, alors qu’elle n’avait d’ordinaire aucun désir de s’imposer. Un coup de vent léger vient à nouveau frapper les beautés du jardin, faisant s’élever doucement les pans de la robe de la jeune femme et soulevant la chevelure d’ébène indomptée. Elles sont si bonnes, ces sensations de la nature si longtemps évités… elles la font se sentir plus vivante que jamais.
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Message Re: [Début juillet 550] I've hidden behind these fridged eyes [Rowena]   Lun 30 Mai - 2:39
- Quel pitoyable gardien serais-je si je n'étais capable de ressentir toute présence cosmique en ces terres sacrées ? Mais « enfin », oui. Enfin, je peux mettre un visage sur celle-ci.

Une nouvelle fois, cela ne lui ressemble pas. De se justifier. D'intervenir sans avoir laissé le silence s'installer, sans avoir donné le temps à son interlocuteur de poursuivre sa pensée et sa réponse. Peut-être a-t-il réellement besoin de parler. Cela lui donne après tout l'occasion de cesser de penser, ce qui ne peut être une mauvaise chose en son état d'esprit actuel. Se confier serait sans doute bénéfique également, mais cela était une toute autre histoire.

Lykeios se sentait gauche en tout cas. Un peu à côté de la plaque. S'il préserve en apparence ce sang-froid et son assurance – du moins en ce qui est perceptible à l’œil – le Dieu-Loup se sent pataud, à côté de ses bottes… Pas assez pour qu'il détourne le regard d'elle pour autant. Il la laisse poursuivre à présent. Une question à laquelle il ne fait qu'opiner sans que sa voix ne se fasse entendre à nouveau. S'il a des commentaires, il les préserve pour plus tard, reprenant ses habitudes. Ce n'est que lorsque le silence s'installera durablement à nouveau qu'il consentira à reprendre la parole.

Lorsque le moment vint, ce fut à son tour de tourner les yeux vers le jardin et l'immensité céleste. Ces dernières questions posées lui provoquèrent une certaine gêne en réalité. Un jour comme les autres, il aurait sans doute poursuivi sa journée telle que prévue. Se serait retrouvé rapidement quelque part sur le continent, se mêlant à la population locale, dépourvu d'identité. Lykeios se laissa le temps de mettre un peu d'ordre dans ses pensées avant de finalement rétorquer.

- S'il est important de pouvoir rencontrer les représentants des Vents, je ne puis pas non plus dire que j'en éprouve là une réelle volonté. Je… Lorsque je t'ai vu, j'ai juste eu l'envie de voir ton visage. D'entendre ta voix. C'est un peu difficile à expliquer mais… Cela m'a juste paru nécessaire sur l'instant.

Inutile d'expliquer ce qu'il avait prévu de faire de sa journée. Du moins, pas tout de suite. Il n'avait fait là que répondre à son instinct, particulièrement développé et sur lequel le Dieu-Loup se reposait bien souvent. Il avait appris à y placer sa confiance par la force des choses. Pourtant, il réprima une pulsion. L'envie de repousser sa chevelure d'encre afin de dévoiler son dos nu, d'en admirer les tracés ocres sur cette peau si pâle et fine. Il la scrute derechef, cultivant cet appel. Sa main se lève même, mais le geste meurt, s'étouffe en mouvement pour simplement retomber. Une familiarité qu'il ne peut sans doute pas encore se permettre. Mais quelque chose en tout cas l'intrigue chez elle, l'attire.

Il soupire alors, s'accroupissant, seule méthode efficace qui lui vient à l'esprit afin de lutter contre cette pulsion. Des yeux il balaie la végétation, sans s'attarder sur rien de précis. Il tenta même de changer tout simplement de sujet.

- Je pense que nous sommes nombreux à nous présenter en ces termes. Gardien de la Tour des Vents… Je suppose juste que nos attributions sont différentes, mais que cette même volonté nous anime tous.

Lorsque la Lune s'élevait, il devenait Celui-qui-Chasse. Celui-qui-Croque. Celui-qui-Veille. Le Loup de Delphes, protecteur nocturne des terres sacrées de son père.

Sa tentative ne fonctionne pas assez bien à son goût toutefois. Une fois encore, son regard vogue jusqu'à elle, en contre-plongée cette fois. Lentement parcoure le chemin tracé par son corps, de ses chevilles jusqu'à son visage. En passant bien sûr par son dos et ses épaules, ce qui ramène inexorablement cet intérêt au premier-plan de ses pensées. Qui ne tarde pas à être évoqué à voix haute cette fois.

- Je ne peux m'empêcher d'être intrigué par ces sceaux qui marquent ton corps, Cécias. D'une manière toute naturelle… Marqué par la Lune, il m'est difficile de masquer ma curiosité quant à l'empreinte du Soleil...



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Message Re: [Début juillet 550] I've hidden behind these fridged eyes [Rowena]   Lun 30 Mai - 20:02
Elle a un doux sourire devant la remarque prononcée d’une manière presque forcée. Elle n’avait pas souhaité donner à son interlocuteur le besoin de se justifier et à vrai dire avait estimé dans ses propres paroles être plutôt en faute. Elle ne voit rien à ajouter cependant, se contente juste de hocher la tête, signe qu’elle l’avait entendu. Etait-ce pour lui une nécessité absolue de voir son visage et identifier plus exactement qui elle était ? Cette pensée lui arracha un nouveau frisson gêné. Elle n’aimait pas s’imposer au devant de la lumière et, quand cela devait arriver, ne savait comment réagir. Rowena se contenta d’aborder un air impassiblement sympathique, ce doux sourire peint sur ses lèvres sans qu’il semble pour autant joyeux. Signe d’un certain malaise, son corps s’était tendu, sans qu’elle ne su pourquoi quelque chose la dérangeait chez Lykeios. Quoique ce n’était pas le terme exact de son ressenti. Elle jugea un instant que c’était dû à son aura divine si proche du Seigneur Apollon. Mais peut être était-ce autre chose qu’elle ne pouvait identifier pour l’heure. Elle remarqua néanmoins que sa curiosité et ses paroles – si elles n’avaient pas froissées le Dieu-Loup – lui avaient fait détourner un instant le regard pour contempler les cieux comme elle l’avait fait peu de temps avant. Elle n’est pas certaine de savoir comment accueillir les paroles qui viennent ensuite. Un instant son visage se ferme, son regard se voile et se baisse, laissant faner son sourire.

« Je suppose qu’il ne faut pas chercher à comprendre pourquoi. »

L’instinct ou le Destin, le hasard ou le chemin tracé. C’était ce qui guidé les pas des hommes selon les volontés de chacun. Mais cette révélation que Lykeios ait eut la nécessité de venir à elle ne plaisait que peu à Rowena. Non qu’elle ne l’apprécie guère – elle connaissait trop peu le dieu pour juger ou non de sa sympathie envers lui – mais l’intérêt qu’on lui portait lui paraissait parfois trop lourd à assumer, et s’enfoncer dans les rouages de ses secrets était prompt à la faire reculer. Elle tenta malgré tout de rester sereine mais sentait une part de son masque se fissurer. Ce regard sur elle qui était en train de la détailler était pressant, et cette main qu’elle voit bouger l’espace d’une seconde avant d’avorter son geste la ferait presque reculer. Pour autant elle hausse juste un sourcil, surprise de l’acte entreprit sans comprendre ce qu’il signifie. Mais elle n’a pas le temps de croiser le regard de son interlocuteur pour lui demander qu’il s’accroupit à même le sol, se dérobant à ses prunelles pour observer dieu sait quoi dans l’herbe. Instinctivement, les mains de la jeune femme remontèrent le long de ses bras, effleurant la peau glacée pour arriver aux marques qui décoraient ses épaules, les sceaux du soleil qui eux seuls dégageaient un semblant de chaleur.

Le ton change, le sujet aussi, ça la rassure presque, l’espace d’une seconde. C’est si étrange. Il ne lui fait pas peur, loin de là, mais le malaise demeure, comme si les secrets allaient si facilement être brisé en sa présence, alors que ça faisait moins de cinq minutes qu’ils se connaissaient.

« La volonté… oui sans doute. Mais comme je l’ai dis, maintenant qu’Il est revenu, ma tâche n’est plus utile. Un nouveau gardien bien plus efficace veille sur ces lieux. »

Elle sourit doucement en le regardant, faisant allusion à la tâche du Loup revenu pour veiller sur les terres du Seigneur du Soleil. Tous étaient éveillés désormais, son rôle à elle avait changé. Pour combien de temps encore à l’exercer ? Seul le temps le dirait. Un autre frisson. Plus marqué cette fois. Et le vent qui souffle encore n’en est pas la cause. Elle ne se doute pas un instant que cela dévoilerait les marques de son dos en soulevant sa chevelure, permettant au regard de Lykeios de se poser dessus plus intensément. Les paroles se rappellent à elle pourtant trop vivement, et ses mains se crispent sur sa peau. Ce n’est qu’après quelques secondes qu’elle se permet de capter à nouveau le regard du Dieu-Loup. Les deux perles d’azur croisent un regard si semblable, mais doucement, les pupilles de la jeune femme glissent sur le symbole qui marque le torse de Lykeios. Une si belle lune, mais si cruelle et si fatale. Si différent du sceau solaire qui marque sa peau. Sa main se pose calmement sur sa chevelure et, tournant le dos à l’homme accroupit, soulève celle-ci.

« Ils sont là pour me rappeler un serment. Des promesses et l’espoir d’un pardon. Ils m’attachent et m’enchainent mais sont le fruit d'une parole consentie. »

Des paroles quelques peu flous. Sur ces derniers mots, elle relâche sa tignasse de jais pour se retourner lentement vers le Dieu-Loup toujours au sol. Elle s’assoie alors devant lui, reprenant lentement un sourire paisible. Curieusement, le lui avoir révélé n’alourdit pas son cœur, semble au contraire lui oter un poids. Est-ce le prix d’une confidence ? Peut-elle seulement lui faire confiance ?

« Sans doute est-ce ce qui vous a attiré à moi. Le pouvoir du Soleil est incrusté dans ma peau, tout comme la Lune ne vous quitte désormais plus. Voudriez-vous... en parler peut-être ? »

Elle ne veut ni paraître indiscrète voir grossière, mais n’était-ce pas lui qui avait osé franchir les barrières en menant à ce sujet. Il est Dieu, il est souverain, il peut se le permettre. Surement. Les yeux de Rowena quitte de nouveau ceux de son interlocuteur pour encore une fois se poser sur le sceau qui orne la peau de Lykeios. Ils pourraient presque être semblables. Mais là est le symbole d’une malédiction. Le doux Paon ne considérait pas son châtiment comme tel.
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Message Re: [Début juillet 550] I've hidden behind these fridged eyes [Rowena]   Mar 31 Mai - 22:13
À plusieurs reprises, il la sent un peu gênée, mal à l'aise. Ainsi, ils étaient deux. Sans trop savoir pourquoi, ni comment l'interpréter. Est-ce que la présence du Dieu-Loup la dérangeait, sans qu'elle ose clairement l'exprimer ? Ou bien n'était-ce qu'une simple impression, alors qu'elle affichait la plupart du temps un doux sourire ? Léger, évanescent. Son instinct alerte n'en reste pas moins généralement fiable. Peut-être ne l'importunera-t-il pas plus longtemps. Peut-être, suivant le cours de la discussion. Car celle-ci se poursuit du moins.

D'ailleurs, lorsqu'elle évoqua le cas d'un gardien plus efficace, il secoua lentement la tête comprenant que c'est à lui qu'elle faisait référence. Juste assez pour que ce soit perceptible, sans que cela soit intentionnel. Lykeios n'en dit rien pourtant. Il n'avait pas vraiment l'envie d'évoquer sa faiblesse. Son incapacité actuelle à redevenir le protecteur et l'exécuteur, du moins tel qu'il l'avait été en d'autres temps. Pas l'envie de parler de ce corps incapable de contenir sa puissance, cette enveloppe maladive qui l'avait fait s'écrouler lorsqu'il avait effectué un bref échange avec son frère Asclépios.

Si ce dernier l'avait aidé à ce que cette santé défaillante ne soit plus un problème majeur, limitant fortement la fréquence et l'intensité de ses crises, il n'en restait pas moins que Lykeios devait se faire à l'idée que sa puissance n'égalerait sans doute jamais celle qui était sienne avant même qu'Artémis en vienne à le maudire et qu'Apollon le bannisse. Quelque part, il se sentait inutile face à cette comparaison. Incapable. Mais sa dévotion en restait intacte, aussi n'avait-il d'autre choix que de surmonter cette médiocrité qu'il a bien du mal à accepter, en témoigne le soupir qu'il pousse alors.

Cette pensée s'évanouit cependant lorsque Lykeios la voit s'entourer de ses bras, tout comme il avait déjà pu la voir frissonner. Avait-elle tout simplement froid ? La galanterie voudrait peut-être qu'il lui cède sa veste, mais celle-ci ne serait que d'une aide bien médiocre. Il n'y pense même pas en vérité. Son envie serait plutôt de la prendre dans ses bras. L'idée fait froncer ses sourcils. Pourquoi ? Pourquoi un tel élan lui traversait l'esprit ? Ils ne se connaissent pas, d'où lui vient donc ce besoin de lui offrir ce genre de réconfort ? Ou bien… peut-être était-ce plutôt lui qui en ressentait le besoin.

La question s'évapore à son tour, mais d'autres pulsions de ce type ne tarderont pas à peupler ses pensées. Un désir plus furieux encore lorsque Rowena se retourne et lui dévoile son dos. Ses mâchoires se contractent. Une impulsion à laquelle il résiste. Celle de se relever et de glisser ses doigts sur sa peau, suivre le parcours des tracés solaires. Ses mains jusque là ballantes se crispent désormais sur ses genoux. Il lutte… Sur quoi se porte exactement son attirance ? Ah… Tout homme désire toucher le Soleil, n'est-ce pas ? « Tout homme désire toucher la douce et fraîche peau d'une femme » pense-t-il alors et s'en étonnant en l'instant, comme si cette réflexion ne venait pas de lui. Était-ce le cas ?

La chevelure corbeau reprend place alors, le laissant par assez reprendre ses esprits pour peser ce qu'elle venait de lui révéler. Promesse. Pardon. Sa tête opine, il n'en demandera pas plus. Toujours, il la suit du regard alors qu'elle s'approche et vient s'installer face à lui. Était-ce une bonne idée de sa part, alors que le froid la prenait apparemment ? Il n'a pas à en juger, l'estimant apte à prendre ses propres décisions. Au moins lui donnait-elle l'impression finalement qu'il ne la dérangeait pas. Cela n'aurait pas de sens de prendre ainsi place si le Paon avait désiré retrouver sa solitude.

Le trouble change alors d'épaules, lorsque la question lui est posée. Il réalise qu'il n'a pas de réponse. Ignorant totalement s'il pouvait avoir envie d'en parler ou non. Il la fixe, l'air grave. Pas comme s'il avait mal pris quoi que ce soit, mais plus comme s'il pesait la situation. Alors que Lykeios la fixait, son visage s'incline légèrement, ses yeux se brouillent, se perdant dans le vague des motifs de la tenue de Cécias. Il n'y porte même pas réellement attention, laissant juste remonter ses souvenirs. Lointains mais indélébiles.

Son poing ganté remonte alors vivement devant ses lèvres pour contenir une brève quinte de toux, légère grâce au Dieu de la Médecine. Il soupire une fois passée, reprend rapidement son souffle. Comme si cela ne s'était même pas produit, il en revient au cours de ses pensées. Ses yeux de glace portent finalement vers son torse, ainsi que ses doigts dont la pulpe vient suivre les creux marqués dans sa chair. A-t-il envie de raconter son histoire ? Et si oui, quelle part en choisir ? Avant même qu'il réalise que son souhait est fait, la rocaille de sa voix se fait entendre.

- J'ai été maudit… j'ai été banni...

Le fils du Soleil inspire profondément, comme pour se donner contenance et réorganiser ses pensées.

- Je suis le fruit d'une liaison qui n'aurait dû être. Censée rester secrète à jamais. Amour fugace entre le Soleil et une fille de la Lune...

Il fait là l'impasse sur la mère de substitution qui l'avait portée, déterminant que ce point n'apportait rien en cette explication, et qu'il pouvait également paraître particulièrement étrange pour un mortel d'apprendre qu'il était né d'une louve…

- Une seule fois en ma vie, j'ai bravé l'interdiction d'Apollon. Une seule fois j'ai trahi sa confiance. Je… Je ne supportais plus mon existence. J'avais besoin de la voir. Je ne souhaitais rien de plus que l'apercevoir, juste une fois. Ma mère… Seulement, cela n'a pas suffit à combler mon obsession. Je suis resté. Je n'ai pas réussi à m'en détourner jusqu'à ce que finalement je me présente à elle.

Son regard se relève vers son interlocutrice à présent qu'il en venait au moment difficile. Sa main se détourne du sceau de la Lune, comme s'il le répugnait subitement.

- J'en ai payé le prix fort. Artémis nous a puni, elle et moi. J'ignore lequel de nous s'en est le mieux sorti...

Elle changée en biche, lui en loup colossal. Elle, disparue à jamais dans le néant. Lui, devant vivre pour toujours avec le souvenir du goût de sa chair… Lykeios déglutit en cet instant, inspire profondément. Comme lorsque l'on combat une nausée.

- Elle m'a mené à mon père, sous forme de loup, condamné à errer sous cette forme du crépuscule à l'aube. Mon père a sans doute jugé que ce n'était pas assez. Je suis devenu le gardien des tertres sacrés de Delphes. Recouverts d'une nuit éternelle...

Le maudit et le banni… C'est lui qui frissonne désormais. Que le froid assaille, mais dans cette étrange impression qu'il émane de lui-même plutôt que d'être provoqué par une quelconque brise. Sans penser à mal, il élève alors son Cosmos, ce qu'il fait simplement de coutume en pareille situation. L'étend par assez pour qu'elle en soit couverte également. S'il ne peut lui offrir décemment la chaleur de ses bras, au moins peut-il faire cela pour elle. Maladroit peut-être. Certainement. Mais il ignore encore le malaise dans lequel son aura peut la plonger.

- J'aurais aimé te narrer une histoire plus joyeuse, mais malheureusement je n'ai que celle-là...



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Message Re: [Début juillet 550] I've hidden behind these fridged eyes [Rowena]   Sam 4 Juin - 0:40
C’est d’une patience vertueuse et bienveillante que Rowena attendit que Lykeios lui donne une réponse. Qu’il souhaite lui raconter son histoire ou au contraire en cacher un peu plus les mystères, peu importe la réponse, elle l’aurait accepté. Pourtant, elle ne pouvait nier qu’une part d’elle souhaitait entendre les confessions. Elle ne pouvait en juger d’une quelconque manière, l’assurer même, mais elle avait l’impression que le Dieu-Loup avait cette envie de discuter et se confier, semblant aussi nécessaire qu’étrange. Après tout, aller raconter son histoire à la première venue, alors qu’ils venaient tout juste de se rencontrer avait quelque chose de fatalement cocasse. Non que ça lui ait donné envie de rire, ça la rassurait au contraire sur son état et elle avait à cœur d’aider ceux qui avaient besoin d’elle, même sans le savoir. Le simple fait de parler parfois faisait le plus grand bien. Et au fond d’elle, Rowena savait que son propre secret, les maux qu’elle avait causés et les malheureux engendrés, causait bien des ravages à son esprit et son âme. Sans détourner le regard, elle affronta quelques secondes celui de Lykeios, n’y lisant aucune colère ou irritation. Seulement une réflexion intense qui se prolongea dans un voile vague venant soustraire les pupilles bleutés du loup à la glace des iris du paon. Un instant, la toux qui casse la quiétude donne envie à la jeune femme de s’approcher, juste un peu pour poser une main réconfortante. Son corps la retient, mais ses yeux eux affichent une forme d’inquiétude, une empathie connaisseuse qui reconnaît là la triste détérioration d’un corps. Elle ne connaît que trop bien…

Banni. Maudit.

Ainsi commence l’histoire. Une histoire triste vraisemblablement, que demande au Dieu-Loup de concentrer tous ses efforts pour maintenir sa voix, trouver les mots et les assembler sans craindre de repenser au passé. Cela semblait difficile, et à raison. Paisiblement, elle écouta. Sans l’interrompre un seul instant elle écouta, tentant de capter son regard fuyant, essayant de lui donner force et courage d’un simple sourire sincère, un sourire chaleureux. Ce sourire qui se perd peu à peu quand les yeux se croisent et qu’elle brise le contact, suivant le cheminement de la main du loup jusqu’au sceau qui barre son torse. La lune. Malédiction. Il évite de donner les détails, elle le sent. Mais Rowena ne peut s’empêcher d’imaginer le sort réservé par la sœur du Soleil. Sa farouche colère n’a nulle égale et, l’espace de quelques secondes, la jeune femme serre à son tour le poing. Un acte non réveillé par de quelconques envolées violentes de son caractère, mais bien pour retenir un geste, une pulsion qui tenaille son corps. Elle a le désir de le toucher à nouveau, poser cette main sur lui pour apporter son soutien. Plus que des paroles, juste cette paume sur lui, cette douceur malgré la froideur de la peau. Mais sa retenue naturelle l’empêche de faire un pas de plus. Mais la tension de son corps ne peut passer inaperçu.

Quand l’histoire de Lykeios se termine enfin, elle ne peut immédiatement répondre. Les émotions la traversent, principalement tristesse et compassion. Il a raison, c’est une bien triste histoire, tragique même, injuste. Il n’avait pas mérité la peine qui lui était infligé, chose qui différait tristement de son pauvre cas. Du moins ainsi le jugeait-elle. Difficile de dire quelque chose après une telle intensité, mais peu à peu la jeune femme comprend pourquoi une telle histoire pouvait tant peser sur les épaules, tout Dieu-Loup qu’était son interlocuteur. Doucement, elle se met à percevoir le cosmos solaire l’entourer. Une manière de se protéger ou de se rassurer ? Peut être bien, mais la chaleur qu’il dégagea poussa la jeune femme à répondre enfin, quelques secondes après.

« Non, ce n’est rien. » Et cette fois elle ne peut retenir le geste. Attiré par le soleil en lui, la douceur, l’envie de compassion et de bienveillance ? Peut être tout cela à la fois. Mais sa main se pose sur celle du Dieu-Loup, effleurant d’abord la peau de l'avant bras de s'arrêter sur la partie gantée, partageant hélas un peu trop la froideur de son propre corps au passage. Mais c’est l’intension qu’elle veut faire partager, la douceur et le soutien, qui se lit dans son regard, penché avec plus de proximité sur celui du Dieu-Loup. En d’autres circonstances, cela aurait pu la gêner, élever quelques rougeurs sur ce visage de nacre seraient apparu. Mais ne demeurait qu’un sentiment qui semblait crier à la compréhension. Oui elle comprenait. Elle aussi maudite en un sens. « Je ne puis juger des desseins des dieux ni de leurs décisions. Mais à vous entendre, Lykeios, votre seul crime a été de souhaiter rencontrer votre mère et de vouloir l’aimer comme un fils, malgré les interdits. Et je pense sincèrement qu’on ne puisse vous le reprocher. »

Elle hocha doucement la tête, se reculant doucement sans retirer pour autant cette main sur celle du Dieu-Loup. Que pouvait-elle dire de plus ? Elle était loin de connaître toutes les souffrances qu’il avait du endurer. Elle avait seulement laissé son cœur parlé, et puisqu’en un sens il avait cherché à se laisser aller à la confession, faisant preuve de sincérité, il était normal qu’elle lui rende de la même manière en parlant sans détour mais avec douceur. Rowena était de toute façon bien incapable de véritablement faire le mal. Cette simple idée lui déplaisait fortement.

« Vous avez… beaucoup de courage de venir me parler d’une histoire si personnelle, à moi, alors qu’on ne se connaît guère. Je suis bien ingrate de vous laisser seul à la confidence. » Elle baisse un peu la tête, cachant son regard sous les mèches d’ébène qui tombèrent devant. Certes, il ne lui avait rien demandait, et sans doute n’en ferait-il rien. Mais de son propre avis, elle trouvait ça presque normal d’expliciter peut être un peu plus sa propre histoire, ce que signifiaient vraiment ces sceaux. « Vous n’êtes pas le seul à avoir trahi Sa confiance. J’ai trahi a ma parole de gardien, il y a bien longtemps. Quand j’y repense, c’est assez stupide… » Elle eut un rire désolée en repensant à celui qui l’avait poussé au péché. « … Mais j’ai mérité mon châtiment. Autrefois on m’appelait Veena et… je suis partie pour l’amour d’un homme, fuyant mes devoirs et abandonnant tout ce que j’avais promis de protéger. Puis à mon tour j’ai été abandonné, dans la plus terrible des situations. » La plus terrible et la plus cruelle. Sa main quitta lentement la peau de Lykeios pour trouver place sur son ventre. Si terrible souvenir. « Un juste retour des choses je suppose. Quand je suis revenue, j’ai souhaité de tout mon cœur et de toute mon âme obtenir Son pardon. Prête à veiller jusqu’à son retour s’il le fallait. J’ai promis. Et j’ai sous estimé la force de mon serment. Les condamnant à ma place… » Qui ça « les » ? Elle n’eut pas la force de préciser. Elle n’eut pas le courage même de dire clairement ce qu’avait impliqué son choix. Par chance, elle se félicita de ne pas avoir la moindre larme… pas encore.

« Je crois que nous sommes loin des histoires joyeuses. Elles ne seraient pas de trop pourtant… » Et un nouveau rire franchi ses lèvres, plus triste qu’heureux, bientôt heurté par un sanglot.
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Message Re: [Début juillet 550] I've hidden behind these fridged eyes [Rowena]   Dim 5 Juin - 22:17
Auditrice attentive, Rowena était restée là à l'écouter, assise face à lui et lui offrant une écoute qui lui semblait pleine de compassion. À aucun moment elle ne l'avait pressé ni même tenté de l'interrompre, que ce soit par la parole, le geste ou l'attitude. Et Lykeios se livre alors sans mal, laissant son histoire se dérouler. Il en garde bien sûr les éléments les plus douloureux, les détails qui n'avaient pas à être narrés. Ceux qui risquaient de lui faire le plus de tort, par le simple fait de les évoquer à voix haute. Pour le reste… eh bien, il ne lui est pas si difficile de l'exprimer, moins qu'il ne l'aurait cru en tout cas. Il aurait pu raconter son histoire à n'importe qui, mais personne n'avait jamais fait l'effort de lui demander quoi que ce soit. Par peur ? Redoutaient-ils que le fils d'Apollon puisse mal le prendre, ou se referme aussitôt ? Qu'importe. Cécias, elle, s'était intéressée. Avait-il d'ailleurs perçu chez elle cette même tension qu'il avait ressenti lui-même à plusieurs reprises ? Comme si elle désirait faire plus que de simplement lui prêter l'oreille ?

Il l'ignore. N'en tire pas de conclusions. Ils restent tous deux là, tout simplement, l'un en face de l'autre tandis qu'un ange passe. Lykeios l'observe, voit en elle des sentiments qu'il ne connaît que trop bien pour être partie intégrante de son être et son caractère. Cette compassion, cette bienveillance, cette tristesse chevillée au corps, le tout enfoui sous un regard de glace. Les mots ne viennent pas, ni d'un côté ni de l'autre. Souvent, ils ne sont pas nécessaires. Les actes et les attitudes comptent bien plus, trompent moins facilement tout en se faisait généralement plus sincères. Et finalement, c'est elle qui rompt le silence. Accompagné d'un geste qui lui fait étonnamment battre le cœur.

La jeune femme se penche vers lui, tend la main à sa rencontre. Leurs peaux ne s'effleurent qu'à peine, avec que les doigts de la brunette viennent se poser sur le gant sombre recouvrant ses mains et poignets. Ce type de délicatesse ne lui avait été que bien rarement destiné. Leurs regards se croisent, une tension s'installe. À nouveau, elle le trouble. D'un simple regard cette fois. De ce qu'il y lit. De ce qu'il souhaiterait y voir de plus peut-être. Des paroles douces où elle lui offre le pardon là où d'autres ne l'avaient pas fait. Inutile bien sûr, sinon que cela lui faisait du bien de l'entendre. Lui-même n'hésitait pas à se montrer cruel envers lui-même à ce propos. Il avait désobéi à son père et en avait récolté juste sentence. S'il n'avait pas toujours pensé ainsi, s'était laissé emporté par la colère et la férocité du loup durant un temps, Lykeios avait fini par se résoudre à accepter son sort. Rien ne serait remis en cause aujourd'hui, mais les paroles simples de Rowena parvinrent à le toucher.

C'est à regret qu'il la voit s'écarter un peu, mais sa main demeure. Il dégage la sienne cependant, doucement, sans la moindre brusquerie, et la pose sur celle de la jeune femme. Vient la presser avec délicatesse sur son torse, à l'emplacement de son cœur. Le geste n'est pas calculé, pas anticipé. Il souhaite juste la sentir contre lui, peau contre peau sans qu'il n'y ait là d'obstacle. Et qu'importe sa froideur, car c'est bien l'effet inverse que cela produit. Même si elle avait été glacée, cette main contre lui fut une source de chaleur et de bien-être dont il serait reconnaissant. Il élève tout de même encore son Cosmos, les englobant désormais dans une bulle de lumière apaisante et chaleureuse. S'il n'avait osé la toucher par lui-même, il en profitait à présent, espérant ne pas créer là de gêne par ce simple contact si bienfaiteur à ses yeux.

Rowena lui témoigna alors son souhait de lui rendre la pareille. Et s'il n'avait pas été tant curieux d'en apprendre plus sur elle, il l'aura sans doute arrêtée là. Elle ne lui devait rien. Au contraire, elle lui avait déjà accordé du temps, de l'écoute et de la compassion. C'était le Dieu-Loup qui s'estimait redevable, et qui allait donc encore en profiter comme elle se livrerait à son tour. Alors qu'un voile de fils d'onyx vinrent protéger ses traits, il apprendrait qu'un sort similaire les avait frappé. Ils avaient tous deux trahis la confiance d'Apollon par désir et amour, même si le cadre en reste différent. Ils avaient écouté leurs cœurs, et le résultat en avait été bien amer. Sa main se resserre brièvement autour des doigts fins du Paon pour lui marquer son soutien, juste un instant avant qu'il la laisse la ramener à elle sans résistance. Finalement, tout comme lui, elle avait espéré le pardon, avait renouvelé sa fidélité, sa dévotion. Et les voilà ainsi, tous deux servant à nouveau le Soleil.

Des questions demeuraient cependant. Pourquoi avait-elle dû changer de nom ? Qui étaient ces « eux » à qui elle faisait référence sans y apporter d'autre détail ? Il brûle de l'interroger, mais n'en fera rien. Elle avait eu la décence de ne rien demander sur les détails gardés en son histoire, Lykeios en ferait donc de même. Puis la détresse. Ce rire aigre qui meurt dans un sanglot. C'en est trop pour lui. Trop pour qu'il reste simplement là à attendre. Il pivote sur ses pieds avant de se laisser aller au sol, désormais assis à sa gauche. Le fils d'Apollon ôte alors un gant, et cette main nue glisse alors doucement sur le dos de la jeune femme.

- J'espère que tu ne me tiendras rigueur pour cela.

Dit-il tandis qu'il entoure désormais ses épaules de son bras. Sa main se pose finalement sur le sceau qu'elle a en brassard et délicatement Lykeios l'attire à lui. Si elle doit pleurer, si elle doit se laisser aller, alors il souhaite pouvoir la réconforter. Lui faire savoir par ce geste affectif qu'elle n'est pas seule, et que sa peine l'émeut. Son visage s'approche du sien, se plonge légèrement dans sa chevelure là où elle naît au sommet de son front. Calmement, il inspire son odeur mais se prive de la frôler de ses lèvres comme il le voudrait. Il se permet sans doute déjà trop envers une inconnue… même si elle ne l'était plus réellement après tout ce qu'ils venaient de partager si rapidement, si aisément. Et alors que du pouce il lui caresse doucement l'épaule, Lykeios lui souffle ses espoirs authentiques.

- Il n'est pas trop tard. Tant qu'il nous est donné de profiter de ce Soleil au-dessus de nos têtes, tant qu'il nous reste un souffle… nous pouvons garder l'espoir de faire mieux un jour. Que quelque chose de beau reste à vivre. Je te le souhaite aussi vivement que sincèrement, Veena...



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Message Re: [Début juillet 550] I've hidden behind these fridged eyes [Rowena]   Lun 13 Juin - 1:16
Cette main qu’il attrape, qu’il pause sur son torse là où se dessine le sceau de la lune. Un instant, ce contact la fait frissonner, pourrait la pousser à retirer vivement sa main comme si elle s’était brulée. Et elle a peur. Peur de sa peau si froid qui effleure celle-ci chaude de Lykeios. Et doucement, la peur de fane pour laisser place à une plénitude plaisante, née du cosmos du Dieu-Loup pour les protéger, dans cette bulle où rien, à l’extérieur, ne semble plus importer. Les regards se croisent un instant, celui de Rowena s’accroche aux prunelles sans pouvoir s’en défaire jusqu’à ce qu’une gêne, certes passagère, ne vienne rougir ses joues si pales. Et elle ne peut, grand dieu, ne peut le cacher. Elle ne l’avouera pas, ou certainement pas maintenant, que ce contact lui fait grand bien, qu’il semble réchauffer aussi bien sa peau que son cœur. En retour elle espère que celui-ci soit aussi bénéfique à Lykeios, même si elle tente, l’espace de quelques secondes, percer les secrets de ce geste. Puis, comme rien ne lui vint, elle abandonna simplement, laissant cette proximité s’installer sans vouloir la briser. Pas immédiatement du moins.

Les confidences qu’elle lui doit, qu’elle lui donne de bon cœur et non sous la contrainte d’un simple retour des choses sont plus douloureuses qu’elle ne veut bien l’avouer. Quand bien même voudrait-elle plus que tout masquer ce visage ravagé par le passé qu’elle ne parvient au mieux qu’à retenir les larmes qu’elle sait tôt ou tard venir s’échouer sur ses traits. Et pourtant le flot de parole sort comme si de rien n’était. Ça n’en reste pas moins un puissant rappel de sa lourde culpabilité et c’est les sanglots qui menacent réellement de briser sa voix d’ores et déjà chevrotante. Oh comme elle voudra s’enfuir, cacher toute cette faiblesse devant le Fils du Soleil qui l’observe et peut être même la juge. Elle n’ose plus croiser son regard, de peur de laisser s’échapper les larmes qui mouillent et rougissent ses prunelles. Elle sait que si elle reste, elle cèdera. Il lui suffirait d’un mot, une simple parole, quelques excuses bredouillées et le courage de se relever pour mettre fin à tout cela. Juste… une simple poussée. Et celle-ci vient, pas comme elle l’aurait espéré.

A nouveau ce contact auquel elle avait échappé en ramenant sa main, cette chaleur douce et apaisante qui se pose sur ses épaules et doucement l’attire dans une étreinte qui n’aborde nulles ambiguïtés. Elle s’y laisse plonger, à corps perdu. Une simple gentillesse compatissante peinte sur le visage du Dieu-Loup, un geste qui va au delà de ce que les mots auraient pu apporter. Ici, dans cette situation, la barrière se brise si facilement et les larmes perlent. Et sans le vouloir, Rowena se laisse aller contre Lykeios qui la sert dans ses bras, avec douceur qui rassure toutes ses peurs. Sans comprendre pourquoi, ce simple geste, ce contact baigné par le soleil des jardins et la lumière du cosmos du Dieu-Loup apposent un baume. Est un espoir fugace né.

Blottit contre lui, les yeux fermés pour un instant s’oublier dans l’étreinte solaire, elle acquiesce avec lenteur. Elle écoute entre deux sanglots qui font trembler ses épaules frêles. Comme elle semble si faible et fragile, une brindille qui se briserait. Comme cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas perdu contenance. Mais il y avait bien longtemps aussi que les secrets n’avaient pas été ramenés sur le devant de la scène. Tout n’avait pas été dit, et c’était tant mieux. Ce qui avait été révélé cependant ôtait un poids conséquent des épaules de la jeune femme. Et doucement, rouvrant les yeux, accrochant de nouveau son regard de glace à celui du Loup, elle tique au nom qui est prononcé mais ne relève pas. Il lui fait juste plaisir de l’entendre. Et cela lui donne une curieuse impression. Voilà longtemps qu’elle ne l’a pas entendu dans la voix d’un autre… Les visages sont proches, peut être trop mais ça ne semble pas la déranger, c’est à peine si elle s’en aperçoit en vérité. Et relève le menton, un simple murmure franchissant ses lèvres :

« Merci. »

Cela tarit les sanglots, laissant sur ses joues de vagues traces humides qui rougissent son visage et sa peau de nouveau. Pour un peu les souffles se frôleraient, se mélangeraient dans une quiétude presque étrange vue de l’extérieur. Et malgré tout, une froide sensation revient lentement faucher les forces qui régissent son corps. Non une douleur, mais un pincement qui lui rappelle combien la faiblesse de son enveloppe se marque et s’avance sur le chemin de sa vie. Elle se sent bien dans ces bras amplis de lumière, mais elle sent aussi doucement la fatigue la prendre, la gêne la tenailler, faisant papillonner ses paupières de manière moins naturelle, la poussant à l’éloignement. Et un autre murmure, mais qui cette fois à regret l’oblige à reculer :

« Peut-être devrais-je y aller maintenant. »
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Message Re: [Début juillet 550] I've hidden behind these fridged eyes [Rowena]   Lun 13 Juin - 17:24
Contre lui, elle se laisse alors aller. Après avoir retenu ses larmes et sanglots, la belle brune craque dans ses bras, laisse se déverser librement un peu de sa peine et de sa tristesse. Lykeios n'ignorait pas que cela pouvait être une libération, qu'il était parfois nécessaire de laisser sortir ces sentiments néfastes afin qu'ils ne vous rongent pas de l'intérieur. La peine, la colère, la frustration… Il est heureux de pouvoir lui rendre ce service, de pouvoir l'aider ainsi, alors que les tragédies parfois similaires de leurs existences les tendaient à se rapprocher et à compatir.

Pourtant, il l'envie également. Depuis combien de temps n'en avait-il plus été capable ? De se laisser aller pleinement, sans retenue, de laisser ses sentiments nocifs s'écouler hors de lui ? Oh, pourtant, il y a peu encore, le Dieu-Loup les avait laissé s'exprimer lorsque face à Asclépios alors qu'une nouvelle crise l'avait terrassé. Son poing s'ancrant dans le sol, sa gorge se nouant, ses larmes tombant lourdement rejoindre le sang craché… Mais cela s'était fait dans la honte, faiblesse exprimée à contre-cœur, qu'il aurait aimé à contenir sans pouvoir y parvenir. Et déjà, ce simple fait avait été étonnant, ses émotions ankylosées depuis bien longtemps. Bon sang, il avait même du mal à sourire, de se souvenir de ce que cela faisait de rire et de simplement profiter de cette existence. Bien des choses changeaient cependant en son registre depuis peu, et d'autres surprises seraient sans doute encore à venir…

Tout comme l’accélération soudaine de son pouls lorsqu'elle relève la tête et que leurs visages sont si proches, que leurs souffles se mêlent, qu'elle le remercie dans un murmure. Lykeios reste muet, ravale sa salive, plongeant ses yeux dans ceux de Rowena. Une main s'élève, écrase délicatement une larme ainsi que le sillon humide qu'elles ont créé. Elle recule alors… peut-être à raison. Que ce serait-il produit si elle ne l'avait pas fait ? Dans quel élan se serait-il lancé si elle n'avait rompu cette promiscuité ? Peut-être que cette rencontre se serait alors terminée en un moment terriblement gênant. Peut-être…

Malgré son envie de la garder auprès de lui, le Dieu-Loup la laisse alors filer. À regret, très clairement, ayant profité du réconfort autant qu'il lui en avait procuré sans doute.

- Peut-être. Si c'est là ce que tu souhaites.

Il se redresse, lui tend la main pour l'aider à faire de même. Ce bref moment hors du temps en arrive donc à sa fin...

Citation :
RP terminé.



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