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 Lesath, Gold Saint du Scorpion [Terminé]

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Scorpion

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Message Lesath, Gold Saint du Scorpion [Terminé]   Mar 29 Sep - 13:53
Lesath
Qui est-il ?


    Nom : Lesath
    Date de naissance : Aucune idée.
    Âge : La trentaine, plus ou moins. Lui même n'en est plus trop sur.
    Sexe : Masculin
    Armure demandée : Armure d'or du Scorpion


Comment est-il ?

    Les premières impressions sont souvent les bonnes, dit-on. Et il faut avouer que celle que renvoie le jeune homme n'est pas des meilleures. S'il n'est plus aussi maigre que lorsqu'il arpentait les rues, on ne peut pas non plus dire qu'il respire la bonne santé. Il n'est pas squelettique mais c'est tout comme : il n'a aucune présence. Fantôme des uns, rôdeurs des autres, il a le don pour disparaître dans les ombres qu'il préfère ne pas quitter. Scarifié depuis l’âge de ses treize ans par une zébrure qui traverse son torse, il répand toutefois une image de fragilité. Il a d'ailleurs décidé de cacher cette cicatrice sous un tatouage, ... bien malgré lui. Ses nombreuses cicatrices sont les conséquences d’un entrainement difficile, d’un sacrifice qui a déchiré sa chair, et pour lequel il n’a cru, à la fin, n’avoir aucune récompense.

    Les yeux sont les miroirs de l'âme, dit-on aussi. Alors l'âme de cet homme est opaque, insondable. Il ne donne l'impression d'attacher d'importance à rien, ni à personne, mais ce ne sont pas ses actes, ou ses paroles qui le dépeignent comme un égoïste. C’est son regard. Il glisse sur vous comme si vous n’existiez pas, comme si la moindre parcelle de votre être n’était que futilité. Et pourtant, il scrute, il regarde, il observe et il analyse. On ne peut pas lui enlever cette qualité. Cette absence de volonté, cette envie inexistante de connaître ses pairs fait de lui un piètre interlocuteur. Il ne semble s'intéresser à rien, et laisse planer un doute sur sa motivation même de porter l'armure d'or. Cependant, si on creuse un peu on peut se rendre compte qu'il s'agit, en partie, d'une carapace. Son existence même n'a été jonchée que de défaites et désillusions. Par conséquent s'il ne semble ateler que peu d'importance aux personnes, c'est parce qu'il est rarement impressioné par ces dernières, leurs desseins étant peu ou prou à chaque fois similaires.

    Ses tenues, elles, sont étonnamment bariolées et contrastent avec sa mauvaise mine constante. Une touche d’orange par-ci, une fourrure blanche par là. S’il a retiré son habit de mendiant depuis belle lurette, il garde ce goût pour les fringues dépareillées. Après tout, on ne se refait pas si facilement, et les nippes qu'il a porté si longtemps lui semblent étrangement familières. Quelques signes distincts vous permettraient de le reconnaître, parmi d’autres nihilistes qui lui ressembleraient. Ses anneaux dans les oreilles, glanés on ne sait où. Ses quelques poils sur le menton, nés plus par flemme de se raser que par volonté réelle d'arborer une telle pilosité. Il n'a rien de très spécial, au final, me direz vous. Et vous avez plutôt raison ... Du point de vue physique, uniquement.

    Car il faut faire toutefois un petit point sur son aura, sur son cosmos. De prime abord, comme pour le personnage dans son intégralité, vous ne noterez que peu de différences avec l'aura d'un autre chevalier. Puissante, certes, mais rien de très impressionnant pour un porteur d'Or. Si vous vous arrêtez sur la source de cette dernière, vous comprendrez que la douleur elle même en est la source. Une aura de douleur, qui s'affirme au fur et à mesure que son cosmos s'enflamme prenant source au sein même de ses propres blessures, autant physiques que morales. Au final, le poison qu'il s'injecte lui permet de rendre cette géhenne supportable.

    Le principal trait de caractère du chevalier du Scorpion est son incapacité à faire confiance. Il s’agit là d’une armure obligatoire, lorsqu’on a vécu dans un environnement aussi précaire que celui qu’il a connu. Cependant, s’il n’accorde sa loyauté qu’à une poignée d’individus, il est prêt à mourir pour eux, bien que le rôle de martyr ne lui convient que très moyennement.

    A l’origine plutôt bavard, les différentes épreuves qu’il a pu traverser ont fait de Lesath un homme réservé. Avare de paroles, il ne s’adresse que rarement aux autres, et d’autant moins pour des futilités. Tant qu’il n’est pas en territoire conquis, il a l’habitude de se réfugier dans un mutisme ébranlant. D’une nature plutôt tranquille, il ne goûte que peu aux joies de la vie en communauté, lui préférant la compagnie d’un ou deux comparses choisis sur le volet.

    De plus, il faut souligner qu’il a une notion du bien et du mal plutôt abstraite, presque personnelle. S’éloignant de l’image que l’ont peut se faire du chevalier d’Athéna, il n’a cependant plus tendance à privilégier son but personnel à son devoir. S’il a réussi à se racheter une conduite après des années de fuite en avant, c’est aussi parce qu’il estime avoir atteint un degré d’honnêteté qu’il ne s’imaginait plus capable d’égaler.

    Son addiction existe toujours, ceci dit. Malgré tous les efforts qu’il a du consentir, il n’est pour l’instant pas à l’abri d’une rechute. Les excès qu’il a pu commettre lors de son périple noir ne sont rien comparés à ceux qu’il  devra se refuser désormais qu’il est de nouveau aux commandes de son existence. Maintenant, il a tout à perdre, et il ne peut s’y résoudre.

    Et si, après tous ces à-priori, vous lui adressez la parole, je préfère vous prévenir : Vous ne serez pas déçus du voyage…


Son Histoire

    Cesaraugusta, Hispanie, 547

    "Il nous manque encore quelques pièces, Lesath."

    Ce fait est sans appel. Péremptoire. Ces paroles sonnaient étonnamment sans chagrin, ni déception. Peut-être avec un soupçon de peur. Celle de devoir se partager le peu qu'ils pourraient se fournir. Et ils savaient tous les deux que la moitié de rien, ce n'était jamais suffisant.

    La jeune femme qui avait prononcé cette phrase, qui les sentenciait à retourner dans la rue se procurer le reste du montant, n'était pas très belle. Là aussi il s'agit d'un fait péremptoire. Elle avait ce teint malade de ceux qui n'ont que rarement de quoi manger, et encore moins à leur faim. Elle possédait aussi une paire d'oreilles décollées et les dents plus bien blanches. Pour une va-nu-pieds, cependant, elle ne s'en sortait pas trop mal. À sa présence de sandales de la bonne facture et non dépareillées, on pouvait deviner aisément qu'elle n'avait pas fini dans la rue depuis longtemps. Tout l'inverse de son compagnon d'infortune.

    Malingre, blanc comme un linge, il était évident qu'il n'était pas au summum de sa forme. Et ces yeux... Ce regard, dur, froid, privé de toute empathie. Un fantôme. Il avait été assez peu loquace quand elle lui avait demandé comment il avait fini dans ce taudis. Il avait esquivé la question, comme souvent. D'un autre côté, ils ne se devaient pas grand chose. S'ils se retrouvaient alliés, c'était plus par besoin que par envie, après tout. On sentait que la solitude lui seyait bien plus que la vie en communauté.

    Le tintement des quelques pièces qu'ils possédaient ramena rapidement le regard du mort-vivant vers ces dernières. Il avait plus d'un tour dans son sac, et n'étaient pas encore au bord du gouffre. Ils n'avaient pas encore écumé les rives de l'Ebre. Ils risquaient d'y trouver peut-être quelques restes de fer, voir même, s'ils étaient chanceux, du cuivre. Après tout ils devaient trouver encore quelques ronds, sinon, ils risquaient de devoir partager la même dose.

    Mais ça n'avait pas toujours été comme ça. Fut un temps, alors qu'il était aussi jeune qu'insouciant, il était promis à une autre vie.


    Bílbilis, Terraconensis, Hispanie, 533

    "Allez, lève toi, petit. C'est l'heure de ton entrainement"

    Il est toujours trop tôt pour se lever lorsqu'on est un gamin de treize ans. D'autant plus lorsqu'on se lève pour aller courir. Mais il faut aussi avouer qu'au beau milieu de la plaine Terraconense, il n'y avait probablement pas grand chose d'autre à faire pour un apprenti chevalier. Peut-être casser quelques rochers, je vous l'accorde.

    Le gosse se leva d'un bond et s'habilla, non sans avoir jeté un coup d'œil par la fenêtre pour avoir une idée de la météo. Après avoir fait son lit, il descendit et attrapa une miche de pain en passant dans la cuisine. Lui et l'homme qui l'entraînait, un ancien chevalier de bronze répondant au nom de Maros, habitaient une vieille bâtisse, qu'ils avaient retapé. Le terrain avait appartenu à un vieillard qui l'avait grâcement laissé à l'ordre de chevalerie, et avait vu passer un certain nombre de prétendants. L'homme qui lui servait à la fois d'hôte, de maître d'entrainement et de nounou donnait l'impression d'être aussi âgé que leur vieille bicoque. Du moins en apparence, et au repos, car des qu'il s'agissait de mettre les mains à la pâte, il était comme envahi par une vigueur inopinée. Le cosmos.

    Si cela n'étonna pas le jeune garçon, c'était principalement parce que depuis toujours, il avait eu connaissance de l'existence de ce principe, ainsi que de tous ceux qui découlaient de la présence de plusieurs membres de différents panthéons sur Terre. S'il avait été abandonné à l'orphelinat à sa naissance, il ne s'agissait pas d'un établissement ordinaire. Dans cet institut, on identifiait au plus vite le potentiel des enfants, et ceux répondant aux bons critères étaient préparés à être formés. De par ce fait, le jeune ibère reçut rapidement un enseignement de toute première catégorie, dans le but avoué de faire de lui un élu. Dans son cas, au beau milieu des champs de blé, il était préparé à devenir un grand chevalier.

    "Tu te dépêches, petit ?" demanda le maître, d'un ton qui trahissait son léger agacement, le gamin mettant bien trop de temps à se préparer à son goût. "Tu peux mettre tes sandales, aujourd'hui nous n'allons pas courir." l'invita-t-il avec un mouvement large du bras. Le jeune garçon s'exécuta, non sans se demander ce qui l'attendait.

    "Je t'ai déjà expliqué les bases du cosmos, et normalement, à ton âge, tu devrais être en mesure de la manipuler. Tu es légèrement en retard sur le programme." le récrimina-t-il alors que de son côté, Lesath s'époussettait tout en maugréant un Désolé pas très convainquant.

    Sans lui en tenir rigueur, il lui expliqua ce qu'il attendait de lui. Encore aujourd'hui, lorsqu'il y repense, il se demande ce qui avait bien pu pousser son ancien mentor à lui imposer un tel défi.


    Cesaraugusta, Hispanie, 547

    "La pêche est bonne, pas vrai, L'chat?" demanda-t-elle en souriant et en écorchant son prénom, sans s'attendre à une réponse. Cette réponse ne venait jamais pour de telles futilités. Cependant, pour une fois, le jeune homme hocha la tête brièvement, alors qu'il poussait la vieille brouette de fortune qui leur avait servi à transporter les quelques pièces de valeur qu'ils avaient réussi à extraire des rives du fleuve. Un vieux marchand ventripotent leur avait tout racheté et dans sa poche cliquetaient les pièces.

    " Sans déconner, trois sesterces, j'en crois pas mes yeux ! " continua-t-elle à babiller, alors que lui évitait un nid de poule dans la route. " Tu penses qu'Ophilius nous fera un prix si on prend trois do..."
    " Non." la coupa-t-il sans sourciller. Non. Un vendeur était un vendeur. Il ne faisait pas de réduction à des clients réguliers. Encore moins quand ils étaient accros.

    Quelques heures plus tard, le duo se retrouva de nouveau dans le taudis qui leur servait de point de chute. Comme il l'avait annoncé, leur donneur de mort ne leur avait fait aucun cadeau. Deux doses à prix comptant. Le reste était un rituel qu'ils ne connaissaient que trop bien. Le pavot, le mortier, les restes de nourriture pour ne pas le vomir...

    Et lorsqu'il sentit enfin le goût si caractéristique se déposer sur la pointe de sa langue et qu'il s'abandonna à ces rares moments de plaisir coupable, il se surprit à se rappeler l'événement qui l'avait amené jusqu'ici.


    Bílbilis, Terraconensis, Hispanie, 533

    "Bon, alors, tu es prêt ? Tu as bien compris ?"

    La question de son maître était tout sauf rhétorique mais pouvait-il seulement répondre quoi que ce soit d'autre que 'oui' ? Il acquiesçait, non sans une certaine appréhension. S'il avait bien compris ce qu'il lui demandait - là ne résidait pas le problème - il ne comprenait pas la finalité de l'exercice. Son maître lui avait tout simplement demandé de servir de sac de frappe. De ne pas se défendre. D'encaisser et d'utiliser son cosmos pour réduire l'impact des coups. Selon lui, un garçon qui aspirait à devenir chevalier d'argent tel que lui devait s'en tirer sans une égratignure. Tout autre résultat signerait un échec retentissant.

    La pression était donc de rigueur. Il ne pouvait se permettre un faux pas, sans quoi il risquait sérieusement de décevoir l'homme qui l'entrainait. Et il n'en avait pas particulièrement envie. Non pas que l'avis de Maros fusse réellement important pour le jeune garçon. Mais quand il le lésait, ce qui arrivait de temps en temps, les entrainements suivants étaient d'autant plus difficiles.

    Les premiers coups furent facilement bloqués par son aura. Le jeune homme, après presque un ou deux ans d'entraînement, avait une maîtrise certaine de son énergie. Il fermait les yeux, et se concentrait, canalisant toute l'énergie qu'il pouvait générer et l'utilisant pour absorber les dégâts. Il savait cependant qu'il ne pouvait pas flancher, il ne s'agissait, après tout, que de la première rafale.

    Alors que tout se déroulait comme prévu, le maître décida d'augmenter la cadence. Peu à peu, la force de ses frappes augmentait, alors que les intervalles entre les coups se réduisaient. Alors qu'ils arrivaient à la puissance maximale décidée par Maros, le garçon fut déconcentré. Par quoi ? Il ne le sut jamais. Par contre, le résultat de cette distraction ne se fit pas attendre. Toute présence de cosmos se dissipa, comme s'il n'avait jamais existé. Le poing du maître le frappe de tout son saoul, lui brisant par la même occasion le plexus solaire en une demi-douzaine de morceaux.


    Cesaraugusta, Hispanie, 547

    La poudre était désormais dans son corps, et les substances qu'elle allait relacher se meleraient bientôt à son sang. Ne feraient plus qu'un. Il se sentit partir immédiatement, et eut tout juste le temps d'adosser sa tête contre le mur. Les paroles de sa coéquipière d'infortune ne résonnaient plus que comme des rires lointains d'enfants...

    Un vortex de couleurs. D'odeurs. De lumières et de sensations. Il est emporté. Il est parti, et semble voir son corps de l'extérieur. Est-il seulement réel ? Est-ce que tout ceci n'est pas qu'une illusion ? Il en est sur mais en même temps il en doute. Se voit-il ? C'est si bon. Cette sensation de calme, comme s'il était liquide. D'une certaine façon il avait toujours attendu ça, toujours connu. Il a pourtant froid. Pourquoi. Pourquoi ce froid, et pourquoi est- ce qu'il s'insinue dans son esprit ? Qui êtes vous et pourquoi lisez vous ce qu'il pense ? Il se souvient. Un abîme de douleur. Des mois alité. Non. Il veut retourner aux beaux rêves, à ceux qui sont chauds. Rouges. Non. Pas ces mois de douleur. Ces mois de rééducation. Ces mois qui ont détruit ce qu'il était. Non. Laissez-le dormir. Laissez le se reposer.

    Il se réveilla en sueur. Combien de temps avait-il passé à rêver de ces mois d'horreur pendant lesquels il avait tenté de se remettre de son accident ? Beaucoup trop. Il laissa son esprit papillonner quelques secondes alors qu'il fixait son regard sur la jeune femme qui était, elle, encore en pleine montée. Elle lui avait demandé pourquoi et comment il s'était retrouvé à ingérer cette mort sous forme de fleur. Il avait ignoré la question, parce qu'il savait que, si cet évènement malheureux était à la base de l'histoire, il n'en était très clairement pas le seul fautif. Il avait sa part de faute à assumer...

    Il avait commencé par des simple anti-douleurs extraits de certaines plantes. Quelques fioles. Juste de quoi mieux supporter la souffrance. Puis, lorsqu'elles n'avaient plus fait d'effet, il était passé à quelque chose ... de plus fort. Jusqu'à en arriver à son point actuel. Une dose, de-ci de-là, dans un premier temps, puis de façon bien plus récurrente par la suite. Et enfin, ... le deuxième accident arriva. Il s'agissait du jour où il avait passé son ... examen final.

    Pyrénées, 536

    L'armure était là, il pouvait la sentir, presque la toucher du bout des doigts... et pourtant... Il ne comprenait pas. Il avait suivi l'entrainement de son maître et il avait appris à maitriser le cosmos. Désormais âgé de seize ans, il avait été jugé digne de devenir candidat, et de se mesurer à l'épreuve finale. Celle qui déterminerait s'il pourrait devenir l'un des élus ou s'il devrait se contenter d'un autre rôle.

    L'épreuve était un mystère pour le jeune homme, son maître n'ayant pas voulu le briefer. Il fut simplement déposé au bord d'un vieux temple, aux abords de Oiasso. La brume avait envahi le chemin qui le menait au perron du bâtiment. Pour la première fois, l'adolescent douta. La peur n'avait pas sa place en ces lieux, pas plus que l'incertitude. De sa main droite, il fouilla sa poche, et en tira un mouchoir, dans lequel se trouvait un peu de sa substance miraculeuse. Il s'agissait d'un calmant, qu'il s'était procuré sans trop de difficulté au marché. Lesath ouvrit la main et s'engouffra tout le contenu dans sa bouche, avant d'avaler goulument. Le geste, plus que la substance, le calma immédiatement.

    Alors qu'un sourire sardonique s'esquissait, il fut surpris par une première détonation. A sa droite, la colonne s'affaissa, faisant choir le petit parapet du toit qu'elle supportait. Se laissant aller à ses penchants de junkie, il avait omis de surveiller son environnement. Désormais, ce n'était plus nécessaire. Une respiration, hâtive, se faisait entendre. Des susurrements montaient à ses oreilles, de tous les côtés. Il entendait le sol crisser sous le poids d'un ou plusieurs adversaires. Il était en train de succomber à sa propre peur, et manqua de ne pas s'en rendre compte. Alors qu'il s'attendait à se retrouver face à un animal armé de pinces et d'un dard, il était en face de plusieurs statues, armées toutes d'un gourdin. Des répliques mortelles d'Orion. Il ne devait pas combattre le Scorpion, en ces lieux. Il devait le devenir.

    Bloquant sa respiration, il reprit le contrôle de lui même, et le reste de l'entreprise n'en fût que simplifié. Il esquiva les coups de masse en roulant sur le côté, et les attaques des statues qui gardaient l'armure. Il avait eu le temps d'étudier la légende, et, même s'il ne s'agissait que de répliques - cependant mortelles - du héros il risquait d'être changé brisé par ces hommes de pierre. Après une ou deux évites; il lança sa main, tel le dard de l'animal qu'il devait devenir, et frappa son premier adversaire. Puis, il réitéra l'opération aussi longtemps qu'il le put. Sa main avait beau être en sang, il avait vaincu, et l'armure était sienne.

    Si elle le désirait, uniquement. S'approchant de la Boite supposée la contenir, le jeune homme sentit que cette dernière vibrait, et pas de façon agréable. S'il avait vaincu les gardiens de la cuirasse, cette dernière se refusait à lui. Une moue décidée s'afficha sur le visage couvert de sang du garçon. Il n'avait pas fait tout ce chemin, il n'avait pas tout sacrifié pour qu'au dernier moment on lui retire son du ! Faisant fi des avertissements qui émanaient de l'armure elle même, il tenta de s'emparer de la grande boite en métal. De la fixer sur son dos. De s'enfuir avec cette dernière...

    Tout ce qu'il réussit à s'infliger fut une décharge d'énergie d'une puissance inouïe, alors que tonnait dans son esprit un seul mot. "INDIGNE". Cet échec était ... inacceptable. Il lui rejetait au visage ce qu'il était devenu. Sous son image de jeune homme en bonne santé, il n'était rien d'autre qu'un simple drogué. Son envie de progresser avait été peu à peu remplacée par un besoin bien plus physique : le prochain fixe.

    Ne pouvant retourner auprès de son maître, il décida de disparaître dans la plus grande ville de la péninsule. Puisque Lesath n'était pas digne de son armure, alors cette identité mourrait en essayant. Et au diable les rêves qu'il avait bien pu avoir, quelques années auparavant.

    Cesaraugusta, Hispanie, 549

    Les années se suivaient et se ressemblaient pour l'ancien apprenti. Il avait changé de lieu et de compagnon d'infortune. La jeune femme avait surement trouvé mieux à faire que de s'envoyer des doses à longueur de journée. Ou peut-être était-elle morte, il ne s'en rappelait plus trop. Quelques mois après son départ, il avait croisé la route d'un drôle de bonhomme qui avait plus ou moins pris sa place. Son nom n'avait cependant aucune importance.

    S'ils n'avaient pas grand chose en commun, si ce n'est leur goût prononcé pour les opiacés de qualité, ils avaient réussi assez vite à se tolérer. D'un âge plutôt similaire, ils pouvaient partager plus que les quelques revenus qu'ils arrivaient à marchander. S'il y avait quelque chose à tirer de ce duo inopiné c'est qu'on ne pouvait pas nier leur complémentarité. Si Lesath avait un certain vécu, une certaine connaissance de la rue,s'il connaissait la plupart des entourloupes pour trouver ce qu'il leur fallait, il lui manquait cruellement une condition physique acceptable. Depuis son échec, il avait laissé de côté toute idée de ressembler un jour à son idéal de forme physique. La drogue et la mauvaise alimentation n'avaient fait qu'accentuer cette carence. L'autre, lui, était un prodige physique, capable de soulever des charges d'un poids incongru. Plus d'une fois, son coéquipier s'était demandait si cela ne cachait pas quelque chose. Prenait-il des fortifiants musculaires en plus de leur marchandise habituelle ? Peu probable... Déjà qu'ils avaient du mal à se procurer leur propres substances...

    Cependant, leur but, tous les matins, restait le même. Trouver de quoi se payer la dose de la journée, et si possible de quoi manger. Et dans cet ordre là. Mais ce jour là, quelque chose brisa sa routine. Contrairement aux autres matins, il fut réveillé dans son taudis par le bruit des vitres qui se brisaient. Et pas une vitre, ni deux, mais celles d’un bâtisse toute entière. Tiré d’un sommeil sans rêve, il était catapulté aussitôt dans un vrai cauchemar. Le plus vite qu’il le pouvait, il se dirigea vers le trou barré d’une planche qui lui servait de fenêtre, et il fut stupéfait par la vision d’horreur qui se proposait à lui.

    La rue était jonchée de cadavres, à moitié calcinés. Les cris, les explosions, formaient un tapis sonore qui l’empêchait même de réfléchir. Pas de trace de son collègue, d'ailleurs. Peut-être avait-il réussi à s'échapper de cet enfer ? La gorge sèche, il soupesa ses possibilités. Il n’avait pas la moindre idée de ce qui se déroulait devant ses yeux fatigués, mais cela ressemblait étrangement à une sorte d’Armageddon. Porté par une énergie qu’il ne se connaissait pas, il décida de sortir de son cloaque. Il poussa le carton qui faisait office de porte et se dirigea vers la source des hurlements. Le monde était en flammes, et la source de ce chaos était face à lui. Son regard se posa sur une créature parée d'une armure rougeatre, née de magies ancestrales. Un Berzerker. Si le nom ne lui disait rien, son aura, elle, ne mentait pas. Tant de violence ne pouvait provenir que d'un être maléfique..

    Le jeune homme soupira et ferma les yeux, alors que le monstre hurlait et déchiquetait les édifices, à mains nues. Il n’était pas là par hasard, il ne l’avait été. « Indigne. » murmura-t-il, attirant par la même occasion l’attention du coloss. A ses yeux, il n’était rien d’autre qu’une proie, et s’élança dans sa direction. Etrangement calme, Lesath sourit car, pendant quelques instants, il se sentit enfin à sa place. D’un bond impossible pour un être humain, il esquiva la première embardée de son adversaire, qui ne semblait pas comprendre qu’il avait affaire à un éveillé. Son deuxième assaut ne fut pas plus fructueux, porté par la colère comme il l'était, le jeune homme ayant même pu, lors de son esquive porter un coup inattendu à la créature. Cette dernière hurla à la mort, plus par frustration que par douleur. De son côté, l'ibère regarda ses mains avec un air interdit. Lui qui pensait avoir tout laissé de côté, tout oublié, se retrouvait à se battre avec un être qui avait deux têtes de plus que lui, et à la nature aussi improbable que dégoutante.

    Malgré l’échec cuisant de ses premiers assauts, le Berserker continua à charger. Peut-être sentait-il que le corps meurtri et empoisonné du jeune homme ne pouvait pas contenir une telle énergie bien longtemps ? Surement que son faible rang ne lui laissait pas le choix de se comporter autrement. Tuer ou être tué. Bientôt, il ne serait plus en mesure de se prévenir de ses frappes, et alors, il serait sien. De son côté, le jeune homme remarquait lui aussi ses forces diminuer, devinant une fin plutôt cruelle à son chant du cygne. S’il devait mourir, alors il le ferait les armes à la main. Concentrant tout son cosmos, il prépara à déchaîner sa colère sur le géant. Alors que ce dernier chargeait, essayant probablement de l’embrocher de l’une des nombreuses protubérances de son armure, Lesath le repoussa de toutes ses forces, en créant une vague d’énergie pure qu’il le contrôlait pas vraiment. L’espace d’un instant, le temps fut comme suspendu. Son adversaire et lui n’étaient plus séparés que d’une paire de mètres, et l’énergie qu’il maniait ne suffisait qu’à le maintenir à cette distance.

    Alors qu’il allait fléchir, et se laisser submerger par cette masse qui allait le réduire à l’état de pulpe, le jeune homme sentit une présence. Sur son avant bras s’était matérialisée une deuxième peau, dure comme la pierre. Pièce par pièce, l’armure du Scorpion se fixait sur son corps, le protégeant et lui permettant de catalyser son cosmos comme jamais. Dans un dernier élan de volonté, et avant de sombrer dans un sommeil qui durerait près d'une journée, le jeune homme anéantit son adversaire.

    A son réveil, la ville était toujours dans un état de destruction inattendu, mais il n'était pas seul. Pas le seul à s’être dressé contre cet adversaire envahisseur, ravageur. Ca, il le comprit à son réveil, du premier coup d’œil. « Cela devait finir par arriver. » lança-t-il plus pour lui même que pour celui qui l’avait extirpé de la rue, tout en posant son regard sur une forme qui renvoyait le peu de lumière qui traversait les volets de fortune de leur planque. « Je crois que je vais devoir traverser la mer. » Dans son esprit, une seule destination avait du sens. Une seule. Et pour la première fois depuis bien longtemps, il savait où il devait aller.



Et vous, qui êtes vous ?

    Age : 30
    Quelle est votre expérience des forums RP : You already know that.
    Comment avez-vous connu le forum : Un vieux gars par Skype



Dernière édition par Lesath le Jeu 1 Oct - 1:00, édité 1 fois
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Message Re: Lesath, Gold Saint du Scorpion [Terminé]   Mer 30 Sep - 23:15
Sois le bienvenu sur Age of Gold Lesath!

Que dire sur cette présentation que j'ai juste adoré du début à la fin. L'écriture est fluide et limpide, agréable à lire, mais bon connaissant ton jeu, je ne suis pas étonnée. J'ai bien aimé les flash-back, et puis une fois de plus tu nous fais un junkie. En tout cas, c'est donc avec grand plaisir que je te donne mon oui pour ta présentation. Bien sûr tu as droit à tes 5 points d'Eveil et tes 18 points de compétences pour la création de ta fiche technique!

Je laisse ta préz ouverte le temps que tu trouves ton avatar et de possibles images à mettre dans les icônes.

Bon jeu parmi nous mon imbécile de frère Wink ( moi aussi je t'aime ♥️ )



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Message Re: Lesath, Gold Saint du Scorpion [Terminé]   Jeu 1 Oct - 0:59
Hellow !

Merci pour les compliments c'est toujours gentil sœurette \o/

J'ai mis avatar et icones.

A plus dans l'bus (ou en jeu plutôt :] )
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Lesath, Gold Saint du Scorpion [Terminé]
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