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 Cinead Atlas de Polyphème ~ Légat de Poséidon

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CineadavatarArmure :
Scale de Polyphème

Statistiques
HP:
220/200  (220/200)
CP:
240/240  (240/240)
CC:
305/305  (305/305)
Message Cinead Atlas de Polyphème ~ Légat de Poséidon   Ven 10 Juin - 14:26
Cinead
Qui est-il ?

Nom : Cinead Atlas.
Date de naissance : 22 Septembre 518.
Âge : 31 ans.
Sexe : Homme.
Armure demandée : Scale de Polyphème - Légat de Poséidon.
Comment est-il ?

"Cinead... Mon cher frère. C'est un homme aujourd'hui, accompli... Bien qu'idiot. Il reste auprès de moi, se détourne de son devoir pour rester avec moi malgré mes protestations incessantes. Il fait le pitre, crache ses flammes et fait brûler certains étendard devant les Veilleurs... J'aime ça oui, je l'avoue avec un peu de honte. Il me fait rire. Pourtant il ne devait pas. Je devrais l'engueuler, je devrais être cette Gardienne, celle que j'ai toujours été jusqu'à aujourd'hui. Présente pour lui, à veiller sur mon frère et l'aider à réussir. Pour les habitants d'Atlantis, pour nos parents, pour Calista que nous n'avons jamais vue... Que je ne verrais jamais. Mon état s'est empiré ces derniers temps, quelque chose se prépare au loin, je le ressens au fond de moi. Cinead doit continuer, doit persévérer. Je crois en lui et je l'aime, ce grand homme au grand cœur.

Je ne peux plus l'aider aujourd'hui mais nos entraînements me manquent... Je sais bien pourtant qu'il n'est pas un combattant, qu'il n'aime pas ça et en même temps comment lui en vouloir, il a toujours été mis à l'écart de tout cela volontairement. Ou presque... Pourtant il me l'a demandé de lui même, apprendre à se battre, à manier les armes pour pouvoir protéger au mieux les siens. Pour être un Purificateur accompli et pas juste un soutient en arrière. Il met ses propres volontés de côté et je sais très bien pourquoi il fait cela après tout... Depuis notre départ et ce qu'il s'y est passé... J'espère que lorsque je ne serais plus là il pourra avancer enfin, vraiment. Qu'il arrête de s'occuper de moi cet idiot... J'espère qu'il saura être là pour mon mari aussi... Icham... Tu liras certainement ces mots je le sais, je vais te le demander de toute manière. Permet moi de te demander une dernière chose, mon bien-aimé. Remet cet ouvrage à Cinead avant qu'il ne parte mais pas avant... Je t'aime, Icham.

Je t'aime, Cinead. Vis ta vie, profite d'Atlantis pour moi, profite de notre famille, apprend à connaître ta petite sœur et ne me vois pas elle, par pitié ! Ne fais pas l'idiot avec elle, pas pour les sentiments. Trouve toi une femme aimante et qui saura te rendre heureux, tu le mérites, tu mérites beaucoup plus qu'une vie cloisonnée ici. Pense à découvrir le monde un petit peu... Pense à toi.

Embrasse nos parents et notre petite sœur pour moi."

Satine Atlas - 545


L'écaille de Polyphème :

Nacrée, presque blanche et possédant des reflets orangés. L'écaille de Polyphème est parcourue par de nombreuses séparations presque dorées d'Orichalque pur qui viennent souligner les muscles et les bourrelets du Cyclope, fils de Poséidon. Ce dernier n'était pas reconnu pour sa beauté et cela se ressentait dans cette représentation qui avait été faite de lui. Déformé, arrondi, possédant des cornes à des endroits improbables tels les épaules, les bras et les jambes... Il possédait aussi une corne unique sur le masque, du côté gauche. Le côté droit était manquant, fissuré par endroit comme pour rappeler le supplice qui avait été le sien face à Ulysse. Une visière est néanmoins présente en forme de croix pointue des deux côtés restants pour laisser au Marina une vision certaine.

Une fois que Cinead porte l'écaille il semble massif, les épaules larges qui se terminent en pointes soulignées par une deuxième paire d'épaulières en dessous. Peu de choses changent entre le Totem et l'armure portée par le Purificateur, ce dernier garde la même taille c'est à dire dépassant les six pieds (~1m90). Le gourdin vient s'attacher à la taille lorsqu'il n'est pas utilisé et est attaché au reste de l'armure par une chaîne qui permet une manipulation plus pratique. Cette chaîne, lorsqu'elle n'est pas utilisée avec l'objet se contente d'être enroulée à la taille du porteur.

Son Histoire

- Cinead, nous devons partir...

- Mais... Elle est si petite... quand allons-nous la revoir ?

- Ne t'en fais pas, père et mère veilleront sur elle aussi bien que sur nous. Et puis tu ne peux la décevoir, à notre retour il faut qu'elle soit fière de toi !

- Tu as raison, oui. A bientôt, Calista...

Le jeune garçon, penché sur le couffin, vint alors déposer sur sa couverture la petite broche en forme de fleur qu'il avait lui même travaillée durant la grossesse de sa mère. Il l'avait terminée le jour même de l'accouchement et s'était promis de la lui laisser le jour de son départ. Ensuite, il laissa glisser son pouce en frôlant seulement l'espace entre deux sourcils, un adieu. Une petite larme vint accompagner le geste avant qu'il ne quitte le bébé assoupi, là. Dans le fond de la pièce était allongée Cassandra, leur mère à eux trois, encore affaiblie même quelques jours après l'accouchement. Heureusement pour les deux enfants cette dernière reprenait des couleurs avant leur départ et ce malgré son chagrin de laisser partir ses deux enfants si loin d'elle. Si loin d'Atlantis. S'en suivit alors de touchantes étreintes, Cassandra rassura ses deux enfants, ses beaux enfants avant qu'Amphérès, leur père, ne vienne poser ses mains sur les deux épaules en leur adressant un regard plein de fierté. Ô inébranlable figure patriarche qu'il affichait là, chassant son chagrin pour que sa progéniture ne soit pas plus inquiétée qu'ils ne l'étaient déjà. Il savait qu'il ne pouvait les accompagner, qu'il devait rester là avec leur mère et leur petite sœur. Son dernier enfant. Leur chagrin passerait de toute manière, c'était là les pensées d'Evaimon, leur grand-père qui s'occuperait de les amener jusqu'au portail, avec honneur. Pas un mot durant la route, traversants les rues blanche de la cité des eaux la mine renfermée. Cinead comprenait l'utilité de ce voyage, de leur départ mais ne l'acceptait pas, pas encore en tout cas... Comment lui en vouloir à lui, enfant d'une dizaine d'années venant d'accueillir une nouvelle sœur quelques jours auparavant. Ils arrivèrent à la fin, devant le lieu qui allait les séparer pour des années d'Atlantis, Evaimon attrapa alors la boite contenant l'armure de l’aînée pour la lui tendre, ses yeux semblaient alors se noyer lentement.

- Tiens... Ta grand mère aurait été fière de te voir porter son armure, vraiment. En tout cas moi je le suis, ma belle. Veille sur ton frère.
Quant à toi mon garçon, n'oublie pas que ton destin est de nous protéger, tous. Tant nos valeureux Généraux que les nouveaux nés. Nous croyons tous en toi et en ta sœur, ne compte que sur elle. Vous êtes forts. Les descendants d'Atlas ne l'oubliez pas. Allez, partez maintenant avant que je ne vous en empêche...


Il ne put les retenir plus longtemps, ces sentiments qui débordaient de ses yeux. Il ne put les retenir plus longtemps, ces enfants qui était la chair de sa chair. Cinead se fit alors attraper par le bras par sa sœur qui le tira de toutes ses forces, elle se retenait elle aussi de pleurer mais ne devait pas se montrer faible face à lui qu'elle se disait. Elle devait le protéger face au monde qu'ils allaient affronter. Ils disparurent alors de sa vision à lui, le vieil homme, laissant derrière eux leur famille pour revenir des années plus tard. Revenir pour accomplir leur devoir à tous deux. Enfin... l'un d'eux seulement.


Route vers l'oubli

A deux ils traversaient les pays, laissaient défiler les paysages sous leurs pas et leurs yeux émerveillés. Ils avaient bien visité Alexandrie par le passé, ville de la surface, arpenté les mers avec leur père sur une petite embarcation... Mais jamais ils ne s'étaient aventurés au delà, en ces jours tristes de départ ils découvraient et s'émerveillaient face au monde. Face à ce qui était loin, bien loin de la cité engloutie d'Atlas. Cinead était encore un enfant à cette époque et malgré son Cosmos qu'il savait intuitif il n'avait jamais été formé à la maîtrise de ce dernier ni même au combat, le souhait d'Evaimon qui tenait à ce que son énergie soit aussi pure que possible pour l'apprentissage qui allait être le sien. En effet leur grand père semblait être le dernier lien avec les Purificateurs, étant le fils de l'ultime jusqu'à aujourd'hui. Son propre père lui avait donc enseigné la marche à suivre si un jour, un de ses enfants remplissait les conditions, ou plutôt LA condition pour pouvoir prétendre à la voie de la Purification : Naître éveillé au Cosmos. Ce fut le cas de la petite tête rouge, le deuxième né de cette génération de la famille Atlas : Cinead. Sa grande sœur, elle, était une bonne combattante et un bon soldat, Capitaine de la Tortue tout comme l'était sa grand-mère. Son devoir allait donc être de veiller sur lui jusqu'à la cité oubliée, jusqu'à ce qu'il apprenne et soit capable de se défendre par lui même en suivant la voie qui était toute tracée pour lui. Elle était sa gardienne et quelle meilleure écaille pour cela que celle de l'animal à carapace ?

- Satine ? Ton écaille est toujours fissurée ?

- J'ai vérifié avant de partir et non figure toi, elle semble s'être réparée... Elle fait tout toute seule de toute manière, je n'ai pris aucun choc et elle ne cesse d'être abîmée.

- C'est pas normal hein ? Et tu comptes sur moi pour ça, hum ?

- Haha ! Ne te donne pas plus d'importance que tu n'en as petite tête rouge ! Je me débrouille très bien sans toi jusqu'ici, tout comme Atlantis tout entier. Tes dons ne seront qu'un bonus pour tout le monde, ne te prends pas la tête. Grand-Père te met la pression mais c'est parce qu'il est fier de ce que tu seras capable de faire. Il aurait aimé être comme toi je pense.

- Ouais, mais personne n'est comme moi ! Allez dépêchons-nous, plus vite on arrive et plus vite on rentre !

Déjà il dépassait sa sœur, courant vers une destination inconnue, de toute manière il ne savait pas où il allait, seule Satine avait eu les indications nécessaire pour se rendre en ce lieu oublié depuis bien des années par bien des Atlantes et selon les dires d'Evaimon par bien des hommes, éveillés ou non : Blue Graad. Cette vieille et antique cité qui avait été fondée pour protéger l'urne contenant le Dieu des Océans scellé par Athéna dans des temps immémoriaux. Cette citée qui par la suite fut liée à Atlantis, devint une parcelle de la cité, sa mémoire presque éternelle. Cette endroit qui n'existait plus depuis la destruction du portail liant les deux villes : Blue Graad, excentrée du monde et lointaine fut oubliée, laissée pour compte et ravagée tant par le temps que pas des affrontements. Seuls quelques anciens de la cité sous-marine se souviennent encore, ont la charge de ne pas oublier et de transmettre l’existence : Evaimon Atlas était l'un d'eux et l'avait enseigné à ses enfants et petits enfant dans l'espoir que l'un d'eux ait à s'y rendre. Aujourd'hui son souhait devenait réalité, réalisé.


eveil cruel

Ils progressaient dans un endroit peu hospitalier où la nuit semblaient maîtresse, où la brume régnait sans discontinuer et les monts et collines se succédaient, augmentant sans cesse cette sensation d’étouffement. Satine avait demandé à son frère de rester au plus proche d'elle, de ne surtout pas s'éloigner et gambader comme il avait l'habitude de le faire depuis le départ. Elle ne cessait de lui répéter que cette terre était inhospitalière sans réellement lui expliquer pourquoi, gardant pour elle le fait qu'elle ne sentait rien de bon ici. Gardant pour le fait que les âmes présentes étaient malheureuses et désespérées. Une telle sensation pousse à des extrêmes qui au fil du temps deviennent des habitudes, des automatismes : pillages, rafles, viols, affrontements... Tant de brutalités auquel les deux Atlantes n'étaient que peu habitués mais elle avait été prévenue : La surface montre bien des miracles et des merveilles somptueuses, mais elle cache aussi une misère et une dépravation presque sans limite. C'était là les mots de son père et en cet instant ils ne cessaient de tourner, continuellement en boucle, dans l'esprit concentré de l’aînée. Sa mission, sa vie et celle de son petit frère en dépendaient.

Leur route était longue, cela faisait plusieurs semaines qu'ils étaient partis, ralentis par l'épuisement rapide de l'enfant. Satine connaissait son frère, elle savait qu'il avait été un peu gâté jusqu'ici et peu prompt à l'effort quel qu'il soit. Chouchouté par les parents qui voyaient en lui un espoir nouveau, une occasion de perpétrer une tradition. Attention cependant, elle n'était pas jalouse loin de là. Satine était différente, un peu garçon manqué et qui aimait chercher les ennuis. Provocatrice à la grande beauté et elle le savait, s'en servait à son avantage bien souvent.

Elle ne souhaitait et n'aspirait qu'à une chose à dire vrai : devenir une grande Générale et pouvoir botter des culs Atlantes qu'elle trouvait parfois trop hautins. Elle ne savait rien de l'endroit où elle se rendait où presque mais espérait plus que tout rentrer au plus vite et décrocher un petit quelque chose pour le rôle qu'elle endossait actuellement : celui de Gardienne. Oui, elle accompagnait son frère par intérêt, clairement, mais pas que. D'autres personnes étaient en liste pour Blue Graad mais elle s'est désignée, ne souhaitant personne d'autre pour protéger le sang qui était le sien. Elle aimait sa famille même si elle ne le montrait que peu... Combien de fois s'était-elle battue contre des garçons et des filles, des Capitaines et des Lieutenants qui tenaient des propos qui ne lui plaisaient guère ? Incalculable réellement, tête brûlée qu'elle était. Tout comme sa mère à dire vrai...

Evènement traumatique tant pour l'un que pour l'autre, ce qu'elle redoutait le plus arriva sans qu'elle n'ait le temps de comprendre : Agression. Un groupe d'homme, six, tous en-armurés appartenant certainement à une armée régulière... Ou bien une armée divine. En l'instant elle n'eut ni l'envie ni le temps de le définir car ils avaient fondu sur eux avec une vitesse peu commune, les saisissant et les bloquant à terre, arrachant l'urne des épaules de Satine, celle la même qui contenait son armure. Son pouvoir. Déjà ils plaçaient une main sur la bouche du jeune enfant pour stopper ses hurlements et les appels incessants destinés à l’aînée, elle qui ne comprenait pas pourquoi en dépit de toute sa bonne volonté n'arrivait pas à faire venir l'écaille sur son corps.

- SATIIbwf...

- LACHEZ-LE ! JE VAIS VOUS TUER !

- Bon. Tu vas gentiment la fermer et nous laisser faire sinon c'est lui qui y passe. Compris ?

- ENFOIRES JE VAIS VOUS TUER !

- Tututut... T'as pas compris. Eh petit, ouvre bien les yeux.

Elle se débattait, hurlait malgré les coups qui lui étaient portés. L'un de homme attrapa le visage de Cinead pour le pointer en direction de sa sœur qui se faisait frapper, dont les vêtements commençaient à être déchirés. Lui pleurait, forcé à regarder ce que jamais il n'aurait du voir, la scène se déroulait là sous ses yeux et son être impuissant. Il tentait de détourner le regard et la tête mes des coups l'en empêchaient, ils allaient même jusqu'à lui écarter les paupière pour qu'il ne manque rien de ce "spectacle" de l'horreur. Satine n'en démordait pas et malgré ce qu'elle subissait, l'affront qui lui était fait elle persistait à appeler son armure, à chercher un moyen de s'échapper avec son frère, à subir. Subir. Subir... Pour que lui n'ai pas à le faire. Il lui muselaient alors la bouche avec un morceau de ses propres vêtement alors qu'un des type hurlait déjà.

- Putain de salope ! Elle m'a griffé jusqu'au sang !! OK, tu veux jouer hein ?! Tran, occupe toi du petit !

Cinead sursauta alors au même moment que sa soeur, elle qui comprenait très bien où ils voulaient en venir. Lui non, sachant juste que ce qui allait arriver était mauvais. Il commençait alors à se débattre avec plus de force alors que déjà son pantalon glissait sur ses cuisses. Puis vint un puissant coup à sa tempe, si fort que le petit s'effondra au sol, inconscient. Satine hurlait toujours plus, cherchait à se libérer alors qu'elle même était abusée, ne s'occupant plus de son corps pour se concentrer sur celui de son frère bien aimé. Ses yeux s'ecarquillèrent au moment où il heurta le sol, inherte.

- AHAHA ! CE S'RA PLUS FACILE COMM'CA !

L'instant d'après une explosion. De la poussière remplaçait la brume épaisse qui avait été dégagée par un souffle puissant. Plus personne n'était sur le corps de la jeune femme qui se relevait, faisant fit de la douleur de ses muscles, de ses blessures et du reste. Ne comptait plus qu'une chose à ses yeux : protéger Cinead. Elle bondit sur l'être gars et immonde qui avait tenté le pire sur son petite frère, enfonçant son poing si fort dans sa gorge que son cou se plia vers l'avant dans un craquement macabre. Elle continua sur chacun des hommes, chacun des lâches qui s'étaient attaqués à eux. Brisant leurs os, brisant leur âmes... ôtant leurs vies minables et abominables les unes après après les autres. Le bruit des os se déchirant se mêlait aux cris de douleur avant de céder leur place tous deux au silence. Même les corbeaux ne croissaient plus, même les sanglots de la jeune femme cessaient. Il ne semblait plus y avoir ne serait-ce qu'un signe de vie en terres désabusées.


Bout du monde

Quelques jours plus tard Cinead se réveilla avec une vive douleur au crâne, allongé au sol dans ce qui semblait être une maison faite de bois. Sa sœur était là, elle lui bondit dessus pour le serrer dans ses bras en voyant ses yeux cinabres s'entrouvrir, emportée par le soulagement et la joie de voir qu'enfin il reprenait ses esprit. Il avait des questions, des tonnes comme tous les enfants à dire vrai, mais surtout sur ce qui s'était passé, pourquoi étaient-ils ici dans une chaumière et pourquoi était-il allongé là, avec cette douleur. Satine questionnait son frère sur ses souvenirs alors que lui s'offusquait de voir le visage de sa grande sœur tuméfié de la sorte. Petit à petit des flashs lui revenaient, ceux de la scène d’horreur... Il aurait préféré ne jamais s'en rappeler, bien que tout ne lui revenait pas. Des larmes coulaient alors sur ses joues, un mélange acerbe de colère et de tristesse.

- Tout est de ma faute... je suis... faible... intuile et...

- NEA ! Arrête de suite ! Tu n'y es pour rien... Ce qui m'est... nous est arrivé n'est pas de ton fait. Tu es..

- Je suis faible Satine ! Je le sais ! Je n'ai rien pu faire !!!

- Parce que tu crois que j'ai pu faire quelque chose ?! Hein ? J'ai vu ce qu'ils allaient te faire ! Je l'ai ressenti au plus profond de moi et... Je les ai tué pour ça, tous. Je le referai encore. Nea... Je crois que... je me suis éveillée... J'ai pu te sauver sans elle.

En bougeant la tête elle désigna l'urne qui contenait son écaille. Elle cherchait à changer au plus vite de sujet, ne souhait pas penser à tout ce qui s'était passé, cherchait à oublier au plus et effacer tout ça de l'esprit de son jeune frère. Forte, elle l'était, et quoi de mieux qu'une "bonne nouvelle" pour en effacer une mauvaise ? Elle toussait un peu en parlant, certainement un contre coup de ses blessures se disait Cinead. Le long de la route ils ne parlèrent que peu, l'enfant demandait à sa sœur de s'arrêter assez souvent, lorsqu'elle semblait trop fatiguée ou que sa toux ne s'arrêtait pas mais rien n'y faisait, elle lui rappelait sans cesse qu'ils étaient bientôt arrivés, qu'elle avait pu avancer bien plus vite avec lui sur son dos qu'entre ses pieds !

Il ne courrait plus partout, ne cherchait plus à s’émerveiller comme avant. Sa mine était renfrognée et il ne parlait presque plus, encore sous le choc des images qui ne cessaient de tourner dans son esprit. Satine, elle, faisait tout pour effacer ses souvenirs. Le prenait dans ses bras en le rassurant qu'elle allait bien, qu'il ne fallait pas s'en faire, qu'ils ne lui avaient pas tant fait de mal que ça... Elle mentait en partie bien sûr, elle restait la Gardienne de Cinead jusqu'à leur arrivée qui se faisait de plus en plus proche. Le temps devenait glacial et les paysages blanchis, ils atteignaient des terres auxquelles ils n'auraient pu songer réellement dans leur cité engloutie. Les jours passaient alors dans cette ambiance triste et presque sans vie, à croire que les terres oppressantes avaient eu raison d'eux, qu'ils avaient laissé leurs âmes en ce lieu nauséabond comme pour tenter de lui redonner un souffle. Mais rien. Au fil des pas ils rencontraient des bribes d'une civilisation passée, des ruines d'un village, des restes. Satine retrouva alors un semblant d'espoir quand elle comprit qu'ils y étaient enfin, qu'ils n'avaient qu'à trouver le lieu encore sauf et se présenter aux derniers habitants comme un Purificateur et son Gardien. C'était là ce que leur grand père lui avait soufflé.

- Nous vous attendions, jeune Purificateur.

Alors qu'ils avançaient dans l'ancienne Blue Graad sans réellement le savoir un homme surgit derrière eux. Derrière Cinead. Satine, sous l'effet de la surprise et de la peur bondit alors entre l'inconnu et son frère, prête à attaquer lorsque ce dernier retira sa capuche pour dévoiler le visage d'un vieillard. Elle ravisa alors son poing presque lancé, stupéfaite et soulagée. Le sourire qu'il abordait n'était pas faux, ce n'était pas là un agresseur mais bel et bien le signe que, enfin, ils y étaient arrivé. Les nerfs lâchaient, sous ses yeux perlaient de petites goutes et un petit sourire de soulagement se dessinait alors sur son doux visage qui n'avait presque plus aucune trace des ravages qu'il avait subit.

- Bienvenue en Blue Graad. Suivez-moi, nous sommes tous attendus là bas...


La voie bleue

Blue Graad. Cité antique et mystique, fondée par les Saints pour contenir l'âme de Poséidon suite à sa première défaite face à Athéna sur terre. Les temps ont défilés alors et la ville n'est devenue qu'une ombre, un oubli total. Une ruine. Depuis combien de temps ? Difficile à dire, c'est cela le plus troublant avec l'oubli : on ne sait pas depuis quand il commence vraiment. Poséidon, lui, n'a pas oublié. N'oubliera jamais qu'il y fut un long résident, ruine ou pas il connaissait ce lieu mieux que quiconque. Il s'est donc servi de ce qu'il restait pour refonder la cité qui était coupée de tout : de l'extérieur d'abord par sa situation au bout du monde et d'Atlantis ensuite en profitant du fait que le portail menant à cette dernière fut détruit. La cité ainsi refondée fut protégée par son puissant Cosmos, cachée par la magie d'Amphitrite derrière une image de ruines inaccessibles. Dangereuses. Pourtant derrière ce voile il avait installé toute la mémoire de son peuple, tous les écrits et textes, tous les souvenirs et y avait placé des gardiens choisis parmi les Atlantes. Les Veilleurs de Blue Graad.

Satine et Cinead apprenaient au fil des jours, s’acclimataient à un rythme de vie bien différent, emmagasinaient les informations au fil des paroles des plus sages. Les mois passaient et le futur Purificateur se plongeait dans de nombreux écrits sur l'histoire des écailles, sur l'histoire d'Atlantis tout en alternant avec du concret : à savoir la manipulation de son Cosmos, la manière dont il devait l'utiliser réellement pour pouvoir prétendre à ce qu'il était destiné. Satine, elle, faisait de son mieux pour cacher ses maux à son frère, se cachant derrière toujours plus de sourire et d'étreintes pour mieux s'isoler dans son chagrin. Dans sa douleur des terres maudites. Elle était la plus apte à défendre la cité aussi, donc elle patrouillait souvent munie de son écaille de Tortue qui, depuis les événements tragiques, semblait se détériorer de plus en plus. La voilà donc alternant entre rondes presque inutiles, car personne n'approchait réellement, et des séances de copiste. Les plus vieux manuscrits ne pouvant être perdus, les Veilleurs se chargeaient alors de les copier pour ne jamais perdre le savoir. L'histoire réelle.

Les mois s'écoulaient toujours, Cinead grandissait et Satine semblait aller mal, si bien que même son frère vint à le remarquer. Sa santé. Elle toussait de plus en plus souvent, s’effondrait parfois au beau milieu de ses activités passionnantes et son écaille, elle, semblait presque inutile vu son état toujours plus inquiétant, comme si l’aînée passait son temps à se battre. Impossible, pas ici. Forcément, le jeune adolescent délaissait ses études et son apprentissage pour retrouver sa sœur à chaque fois, cette dernière n'était pas d'accord avec cette manière de faire, ils n'étaient pas ici pour s'occuper d'eux après tout mais pour préparer le futur de leur cité. De leur maison. Si lointaine. Tant de sentiments contraires se mêlaient dans l'esprit des deux Atlas, partagés entre la joie de la découverte et le chagrin de leur famille. Par les heures passée à lire pour l'un et celles sans goût pour l'autre. Par la souffrance de son vécu et son état de santé pour elle.


Breche des liens

Quelques années plus tard Cinead était devenu un autre garçon, adolescent plus grand, plus fort, plus impliqué. Il avait su trouver des ouvrages passionnants qui avaient éveillé en lui une curiosité infatigable pour sa vocation, pour les créations d'Orichalque qui protégeaient les valeureux Marinas. Leur création, leurs histoires à toutes. Il y avait eut tant de nouvelles choses, des exploits, des joies mais aussi des peines. De grandes peines. Satine souffrait toujours plus. Oh bien sûr c'était relatif, son soigneur qui était un des plus jeune Veilleur de Blue Graad, une trentaine d'années, s'était prit d'affection pour elle. Pour sa beauté et son caractère si particulier, pour sa force et sa volonté inébranlable. Au fil des ans ils s'étaient rapprochés et malgré sa santé qui fléchissait ils avaient décidé, même, de se marier. Son petit frère, toujours aimant, lui racontait les histoire qu'il lisait, les choses qu'il apprenait et lui faisait parfois des démonstrations au chevet de son lit.

- Satine ! Eh Sainte réveille toi, il s'est passé un truc aujourd'hui... Allez !!!

- Nea... ça faisait longtemps tiens, depuis au moins... oh hier ? Tu veux pas me laisser dormir un peu ? Demain je dois m'occuper de plein de trucs et...

- On verra plus tard, quelqu'un est arrivé à Blue Graad ce matin !!! Je te jure que c'est vrai ! Bon. Il est déjà reparti.. mais attends il faut que je te raconte !

- Tu es sérieux ?

- Et comment ! Bon... j'étais en train de lire un truc dont tu fous certainement et là y'a un type avec une large cape qui débarque dans la salle. Je lui demande qui c'est parce que bon... je les connais tous les vieux ici et s'en était pas un. Il me retourne la question donc moi je lui répond et là il se met à rire, demandant ce qu'un Atlas faisait ici. Je lui explique et...

- Attends, tu balances ça à un inconnu comme ça ?! Vraiment ?!

- Mais c'est pas un inconnu ! Ah oui, avant ça il m'a dit qu'il était un ancien porteur de l'écaille de la Sirène Maléfique, désolé. Donc là il me tend un des bouquin qu'il avait dans sa besace, s'excusant parce qu'il l'avait emprunté. Et là il est reparti en me souhaitant bon courage et m'a dit qu'on se reverrai bientôt. Mais le plus important c'est pas ça, c'est le bouquin qu'il m'a filé !!! Quoi ? Oh mais me regarde pas comme ça, Isham m'a dit que c'était un Gardien je sais pas trop quoi... Il est cool ! Bon, j'ai pas tout lu mais écoute ça...

Soulagée par cette révélation elle le laissa continuer. Après tout, Ishamn son futur mari était une personne avisée et semblait connaitre cet homme mystérieux que Cinead avait rencontré. Elle porta donc son oreille attentive face aux révélations qu'allait lui apporter son petit frère. Il commençait à lui conter les écrits d'un ancien Purificateur qui avait compris au fil des âges et des usages que les écailles étaient plus que de simples protections. Ses propres recherches l'ont d'ailleurs menés à découvrir l'origine de ces dernière, le fait qu'en dépit des noms qu'elles portaient elles incarnaient réellement les créatures qu'elles semblaient être : Monstres ou Animaux. Les âmes de ces derniers étaient l'essence même de chaque écaille, enfermées dans d'anciennes statues d'Orichalque pour être purifiés. Les Purificateurs sont ceux qui veuillent à ce que les âmes le soient éternellement.

Satine ne semblait pas comprendre réellement où il souhaitait en venir, après tout il n'arrêtait pas de citer pour exemple l'écaille de Tortue mais dans quel but ? Eh bien il y arrivait : Les fissures. L'importance de cette histoire résidait dans le fait que les âmes de créatures étaient au final les écailles elles même et restaient vivantes, bien que d'une manière différente et subjectif. De ce fait, elles éprouvent des sensations et surtout des affinités... Là était le point le plus important. Cela ne faisait pas avancer le problème de Satine et son écaille mais ils connaissaient tous deux la source : Sa grande sœur et son écaille n'étaient pas compatibles, leurs flux, leurs énergies et leurs Cosmos ne pouvaient entrer en harmonie. Ils apprendront plus tard que le Cosmos agressif de l’aînée Atlas était trop lourd pour cette armure qui ne cessait de s’abîmer à son contact, plus encore depuis qu'elle eut développé sa propre énergie cosmique.


Flammes destructrices

Nous voilà donc avec un Cinead adulte, une vingtaine d'année, une longue chevelure et une bonne stature. Il s'entrainait d'arrache-pied à maintenant son corps et son esprit à un niveau toujours plus équilibré, une des conditions pour maîtriser l'art de la Purification à son meilleur niveau. Il éclairait souvent les couloirs de Blue Graad, crachant des flammes rouges toujours plus intenses au plus grand désarrois des Veilleurs : en effet, au dela du fait qu'il ternissait les pierres de la cité, ses flammes n'étaient pas justes, n'étaient pas pures : il n'arrivait pas à comprendre, à saisir la manière dont il devait se servir de son Cosmos pour parvenir à ce qu'ils attendaient tous ici : Les Flammes Bleues. Le feu purificateur. Mais lui ne s'en occupait que peu, profitait de ses dons comme il le voulait, retardait le moment où il devrait rentrer et assumer son devoir réellement. Au fond l'Atlas craignait de ne pas être à la hauteur, craignait de ne pas retrouver sa famille comme il l'aurait voulu... Voilà dix années qu'il arpentait les murs de la cité oubliée. Il pensait à cette petite sœur, si fragile et petit qu'il avait du quitter, à sa mère alité et son père troublé... A la cité qui n'attendait que le retour de son Dieu et protecteur. Non, il n'était pas de taille pour tout cela, pas pour le moment en tout cas et il le savait. Alors il étudiait toujours plus, se noyait dans les connaissances du passé, des armures et du savoir des Purificateurs sans pour autant mettre en application la moindre chose... Ou presque.

Satine. Le temps avait passé pour elle aussi, avait su penser les blessures de son âme... Seulement de son âme. Elle était mariée et heureuse, devenue une archiviste accomplie de l'histoire de Blue Graad en dépit de son état de santé toujours plus préoccupant. Au fil des ans elle fléchissait, maigrissait et dormait toujours plus. Isham était présent auprès d'elle, lui apportait soin et réconfort autant qu'il le pouvait. Oh il l'aimait oui, il aurait été capable de tout pour elle... seulement il n'y avait rien à faire, la source de son mal était claire aujourd'hui. Cinead l'avait découverte. Lui qui cherchait à devenir Purificateur pour protéger sa famille, protéger son peuple avait été l'instigateur de la perte de sa sœur, lentement. Lui qui croyait en ces études profondes n'y avaient trouvé qu'un moyen de comprendre le mal de celle qui le protégeait depuis sa naissance. De la personne qui était la plus proche de lui : son devoir tuait Satine. Pas directement, certes. Le mal venait de son Cosmos, bridé et étouffé par la présence de l'écaille de la Tortue qui souhait plus que tout se lier avec Satine... Mais Satine était promise à une autre protection d'Orichalque, à celle que son père portait et ne pouvait donc l'avoir : Scylla.

La belle brune repoussait depuis toujours la Torture donc, la brisant parfois avec violence sans le vouloir et à force de l'étouffer, suite aux événements traumatique des deux Atlas, le Cosmos de Satine s'est éveillé brusquement. Trop brusquement. Son corps n’était donc plus capable de le retenir sans en souffrir, il aurait du se réveiller plus tôt, bien plus tôt mais fut restreint, cadenassé par son écaille... Alors il a gonflé, s'est intensifié au point qu'aujourd'hui encore il rongeait le corps fatigué de l’aînée Atlas. Cinead, plus mûr à cette, fut capable de ressentir les liens liant les éveillés aux écailles. Fut capable de comprendre ce trouble, ce problème grâce à cela. Grâce aux écrits. Il fut capable de comprendre mais pas d'intervenir. Encore une fois il se savait faible et inutile, comme lorsqu'ils furent agressés... Aussi il compensa cette sensation en s'enlisant dans une routine simple : il n'évoluait plus réellement. Stagnait, rongé par la peur de ne pouvoir réussir et les remords face à cette sœur qui se mourrait toujours plus. Lente agonie... Plongé dans ses bouquins sans réellement y porter attention il essayait de se divertir, de laisser son esprit vagabonder. D'amuser sa sœur qui continuait son travail près de lui.

- Dis moi... Je t'ai jamais demandé mais, elles sont jolies les Atlantes ?

- Tu n'as que ça à penser Nea sérieusement ?

- Allez... Dis moi. Je n'ai pas vu beaucoup de filles tu sais dans le coin.

- Comme si il en avait beaucoup ici...

- Justement ! J'aimerais tant voir une jolie fille... Des cheveux aux allures de flammes... Son visage éclairé par la douce nuit d'Atlantis...

- Tu rêves mon grand... Tu as encore lu ça quelque part non ?

- Même pas ! Je...

- Alors Cinabre, on rêve encore hum ?

- Gé... Général ?! T'es ici depuis longtemps.

- Mes respects, monsieur.

- Vous allez bien madame Atlas ? Oh c'est toujours Atlas d'ailleurs tiens ? J'ai appris ça il n'y a pas longtemps.

- Je serais toujours une Atlas. Sur ce je vais vous laisser. Au revoir, Général. Et concentre toi Cinead par pitié...

- Au revoir madame Atlas. Bon alors Cinabre, tu parlais de quoi hein ?

- De... de rien...

- Roooh allez, il est bon de rêver tu sais. Les femmes... J'ai une fille tu sais ?

Comment Cinead aurait-il pu savoir en cet instant ? Cet homme, cet ancien Général qui lui contait quelques péripéties de sa fille. Celle qu'il avait abandonné à un couvent mais qu'il continuait de surveiller. Cette fille qui avait été recueillie par une famille qui s'était occupée d'elle lorsqu'elle eut fuis son éducation forcée... Celle la même qui aujourd'hui, adolescente aux cheveux de feu, déroutait son père quand à la voie qu'il voulait lui donner. Oh oui, rêver, il est bon de rêver comme il lui disait. Pourtant ce Général le savait plus que quiconque : rêver restait la première marche vers le regret. Faire rêver le jeune Atlas en cet instant... Oui... Peut être que l'homme aspirait à ce que le Purificateur ait, lui aussi, des regrets.


Flammes purificatrices

En 545 alors qu'Atlantis était envahie des Saints, que leur père tombait sous les coups d'un Chevalier d'Athena... Que son écaille se brisait... A l'instant même, la vie quittait Satine, affaiblie comme jamais et achevée sans que personne ne le sache par ce lien impossible qu'elle entretenait avec l'écaille de Scylla. En Blue Graad le deuil régnait, le mari de Satine et Cinead semblaient inconsolables, ce dernier stoppa d'ailleurs toutes recherches, tout apprentissage durant des semaines. Il venait de perdre, là, la personne qui comptait le plus pour lui, celle qui avait été sa Gardienne des années durant sans jamais fléchir malgré ses maux et sa maladie.

Radieuse Satine, belle brune aussi furieuse qu'attentionnée... En ces moment funèbres Cinead prit une décision des plus radicales et ce malgré les protestations incessantes des Veilleurs et de son beau-frère : Jamais il ne retournerait en Atlantis. Comment le pourrait-il sans elle, sans perdre la face. Il n'avait même pas complété sa tâche, frôlait du bout des doigts sans l'atteindre... Oh oui, sa famille l'attendait pourtant, ses parents aimants, ce grand père si attentionné... Et cette petite sœur inconnue... La discorde l'attendait face à eux, il lui était impossible de leur faire face, eux comme Atlantis tout entier. Incapable de les protéger.

Les deux hommes trouvèrent refuge dans un affliction bien connue. Ce fut son beau-frère qui, sans réellement le vouloir, avait poussé Cinead à l'accompagner dans son vice. Il n'avançait plus, stagnait totalement, était perdu. Il continuait sa tâche sans conviction, aucune, et n'attendait que le soir pour retrouver Isham, pour partager leur souffrance commune autour de quelques bouteilles d'un alcool minable produit par les Veilleurs. Vint alors une triste soirée, comme les précédentes, durant laquelle Cinead tenait mieux que son compère, l'aidant alors à retrouver sa chambre, celle la même qu'il avait partagé pendant des années avec celle qui n'était plus. Celle dont le départ les plongeait dans un immobilisme total.

Il poussa la porte et entra donc avec le malheureux accroché à son cou. En cet instant Cinead ressentait un profond malaise qu'il mettait sur le compte de la tristesse : il n'avait pénétré cette chambre depuis bien longtemps. Après l'avoir déposé sur le lit le Purificateur resta là, comme figé, assis. Portant son regard sur quelques babioles et souvenirs. Puis il fut attiré par cette boite à la teinte oscillant entre l'or et le cuivre, cette boite qu'il n'avait plus vue depuis des années, qu'il n'avait voulu voir. En la fixant ainsi il crut ressentir comme un appel, une détresse profonde. Pensant à l'alcool dans un premier temps, ce fut en se rapprochant d'elle qu'il comprit alors et qu'il se rappela d'une chose. Une chose que Satine lui avait dit une fois alors qu'il avait le nez plongé dans ses bouquins.

- J'aimerai bien la revoir comme aux premiers jours Nea... Mon écaille...

- Tu... Satine on en a déjà parlé elle n'est... pas pour toi...

- Je sais, merci ! Mais ça n'empêche que je veux la voir sans aucune trace, sans aucune blessure... Grand-Mère la portait elle aussi, elle est importante. Mais je ne veux pas la porter de toute manière.

- J'espère bien ! Et pour le reste... t'en fais pas, j'en serai capable un jour. Promis.

Promesse inutile à dire vrai, mais c'était la première fois qu'il jurait sur ce sujet. Il n'avait fait cela auprès de personne et n'avait pas su combler, au final, un des dernier souhait de celle quoi était la plus proche de lui. Il n'avait sut lui offrir ce dernier présent en accomplissant réellement la tâche qui lui avait été confiée et qu'il désirait, pas en cet instant certes, accomplir. Pour lui. Pour les autres. Son poing se crispa alors, son regard fut sévère et ses mouvement brusques lorsqu'il se relava. Poussé par les vapeurs encore présentes il quitta la chambre en prenant sur son dos l'urne de l'écaille de la Tortue. Décidé comme jamais.

Il profita donc d'une pièce aux murs noircis par ses multiples échecs, par les flammes rouges qu'il crachait sans réellement les contrôler. Sans chercher à en faire ce dont il avait besoin, en les laissant destructrice comme n'importe quel feu. Ouvrant l'urne il laissa le totem de la Tortue se former devant lui. Elle n'avait que peu bougé à dire vrai, semblait tout autant abîmée que dans ses souvenirs. La cause certainement de la proximité avec le Cosmos toujours plus agressif de Satine. Pourtant il décela quelques traces effacées sur ce qui composait le casque notamment, l'armure avait su se régénérer légèrement malgré tout. Alors qu'il l'observait, qu'il lui tournait autour en cherchant à voir chaque fissure il remarqua des morceaux d'Orichalque chuter. Elle tombait en lambeau lentement... Il devait agir au plus vite. Une écaille était des plus difficile à tuer, la moindre parcelle de métal pouvait suffire à la purifier à nouveau il le savait... Mais ici il le métal précieux n'existait pas, n'était pas présent. Sans orichalque pur il ne pourrait remplacer les parties manquantes et par chance il ne semblait rien manquer pou le moment. Voilà pourquoi il devait agir.

Crachant ses flammes loin de l'armure il ne parvenait pas à obtenir de résultat satisfaisait : toujours cette chaleur, toujours cette couleur... Rien de changeait il n'y parvenait pas. Pourtant il connaissait le processus, avait lu et relu des dizaines et des dizaines de fois la manière, les actes retranscris des Purificateurs et pourtant il n'y parvenait pas. Il commençait à perdre patience et s'énerver, encore sous le coup des bouteilles enfilées quelques heures auparavant ; Oui, il voulait y arriver. Il devait y arriver, au moins pour elle et au mieux pour tout le reste. Il avait la manière, la technique, tout et pourtant rien ne venait... Il ne lui manquait qu'une seule chose à dire vrai, une chose qu'il n'avait put encore trouver dans aucun écrit, à se demander même si cela avait été noté par les anciens : Le lien.

Se claquant légèrement le visage avec ses deux mains comme pour se réveiller il fixa le totem abîmé. Il devait se forcer à réussir et pour cela il ne voyait qu'un seul moyen : Cracher le feu sur elle directement. S'il réussissait il allait pouvoir accomplir, enfin, ce pourquoi il était destiné. S'il échouait il allait aggraver la situation. En soit rien de dramatique, mais en cet instant cela comptait plus que tout. Et malheureusement pour lui, lorsque la gerbe de flamme s'extirpa de sa bouche il ne put qu'observer cette couleur, ressentir cette chaleur. Ses dents claquèrent alors violemment, scellant au passage ses lèvres pour stopper le flux incandescent. Il regardait les flammes s'étendre jusqu'à l'objet d'Orichalque et qui le percutèrent avant de disparaître.

Il avait tout vu de la scène et avait pu ressentir la détresse de l'âme qui donnait vie à cette armure. Avait pu ressentir la douleur face aux flammes. Les dégâts provoqués étaient minimes comparé à son état mais elle n'encaissait plus comme avant. Il l'entendait se craqueler, ressentait presque sur son propre corps la déchirure se propager... Il s'était lié à elle par la douleur en un instant, lié à elle d'âme à âme. Oh non, le lien qui les unissait pour ce court moment n'était pas le même qui permettait de revêtir une protection, n'était pas une forme de confiance. C'était un appel à l'aide auquel il devait répondre. Auquel lui seul pouvait répondre. Il se laissa pousser par son instinct face à ce qu'il éprouvait et se mit alors à tendre les lèvres légèrement avant d’expulser à nouveau ce flux indomptable. Les flammes jaillirent alors d'une manière plus droite, comme attirées inexorablement par ce tas de métal. Des flammes bleues. Captivantes et envoûtantes. Nulle chaleur de ne venait caresser son visage alors que l'armure semblait se faire dévorer par elles. Pourtant il ne s'arrêta que lorsque son corps l'y obligea, laissant l'écaille sombrer sous le feu purificateur. Un sourire vint alors raviver son visage, il ressentait un apaisement profond mais pas le sien non. Pourtant rien n'était fini.

Il savait ce qu'il devait faire désormais, la suite pour que l'âme puisse être purifiée comme à sa création. Il regarda ses mains paumes ouvertes, il allait devoir les plonger dans ces flammes étranges pour recoller les morceaux qui avaient quitté l'armure, pour remodeler ce qui avait été déformé par tant de coup invisibles. Cinead ferma alors les yeux et avança lentement vers le brasier, pénétra à l'intérieur et se surprit de ne rien ressentir ou tout du moins pas de chaleur. Aucune. L'atmosphère ici même était plus humide, il sentait presque ses mains se mouiller lentement. Il posa alors ces dernières sur l'armure, ramassait les débris et les replaçait en laissant son instinct et cette âme en détresse le guider. Seule la fin de l'embrasement le fit se stopper.

Au final il l'avait fait, avait réussi. Il ne se souvenait pas vraiment de l'état de l'armure avant leur départ mais la voyait là, étincelante, pleine de vie, son éclat d'émeraude semblait quasiment vivant. Il se posa alors à terre en tailleur, soupirant un bon coup, accusant les efforts fournis par cette épreuve et ces gestes. Cette concentration. Il l'avait fait. Un instant il porta son regard sur les alentours et pu apercevoir que les flammes bleues avaient su gommer même certaines brûlures des pierres, effacer la destruction. Purifié le mal en quelque sorte. Il venait là d'accomplir ce pourquoi il avait été envoyé au bout du monde, ce pourquoi sa sœur était morte. Ce qu'elle lui avait demandé... Il s'effondra alors, acculé par la fatigue et lâcha, comme un soulagement, quelques mots.

- Pardonne moi du temps, Satine...


Derniers temps

Les années passèrent placées sous une nouvelle étoile, une nouvelle mentalité pour l'homme qu'il était devenu. Il avait su percer un secret, ce qui lui manquait et était aujourd'hui un Purificateur, le seul connu de cette époque. Pourtant il n'était toujours pas rentré en Atlantis, n'avait toujours pas regagné sa famille qui lui manquait cruellement et son peuple. Non. Et ce n'était pas la faute de sa décision puérile du passé, il n'attendait plus, ne se cachait plus : il s'affirmait. Se perfectionnait. La méditation avait remplacé la lecture, bien qu'il se plongeait toujours dans des ouvrages anciens, il s'accordait avec son Cosmos et les âmes des écailles qu'il arrivait à ressentir malgré la distance. Légèrement, des points presque imperceptibles dans cette immensité Cosmique. S’entraînait à user des flammes purificatrices sans être accroché par l'âme d'une écaille.

Il avait sut appréhender la nature même de la purification et l'étendre à d'autres choses, des utilités qu'il avait pu lire et d'autre qu'il avait découvert seul. Les flammes bleues pouvaient soigner des afflictions invisibles à l’œil nu, des maladies bénignes et aider à la cicatrisation des plaies. Il lui arriva même d'atténuer les effets de l'alcool sur son beau-frère et calmer les douleurs liées aux lendemain douloureux que lui apportaient la boisson. Oui, les Purificateurs avaient d'autres fonction, usaient d'un art pour autre chose que la défense de la cité engloutie et Cinead l'avait bel et bien compris. C'est ce qu'il souhaitait du plus profond de son cœur désormais. Honorer les sacrifices et les efforts, défendre et protéger ce qui lui était cher et ses terres. S'il restait là encore quelques temps ce n'était que pour être encore meilleur et ne plus jamais avoir à se sentir faible et impuissant. Il méditait alors dans cette bibliothèque ou le bruit était plus rare depuis la disparition de Satine.

- Depuis combien de siècles es-tu la Cinabre ?

- Hum, bonjour à toi aussi, Général... Voilà des siècles que nous ne t'avions pas vu ici non plus.

- Aaah... Et moi qui pensait être seul ici... Tu me voles mon repère tu sais ? Tiens d'ailleurs, où est ta splendide soeur ?

- ... Elle nous a quitté il y a cinq ans...

- Oh. Pardonne moi...

- Ce n'est rien, tu ne pouvais pas savoir. Et ta fille toi, tu as eu des nouvelles depuis toutes ces années j'espère ?

- Si tu savais... c'est pour ça que je suis ici entre autre, Cinabre. Elle s'est trompée de voie encore une fois. Nimuë a rejoint les rangs d'Athéna et lorsque enfin elle a pu rejoindre Atlantis... Raah... Pourquoi comme ça.

- Eh bien, ce n'est pas ce que tu voulais ? Qu'elle rejoigne Poséidon ?

- Si, bien sûr. Mais pas comme ça. Enfin, je dois régler des choses importantes. Et toi, qu'est-ce que tu fais encore ici hein ?

- Je ne suis plus très... loin de mon départ, je pense.

- Bien car les choses ont changé, presse toi... Je ne pensais pas te croiser et... je dois faire vite. Nous nous reverrons encore, Cinabre.

Oh oui, Cinead avait bel et bien compris que quelque chose c'était passé en Atlantis, il l'avait ressenti au fond de lui et l'écaille de la Tortue avait elle aussi réagit. Pourtant il ne ressentait pas de malaise, pas de peur dans les sensations de cette dernière. Bien sûr il ne la portait pas, ne le pouvait pas même en tant que Purificateur. Il ne pouvait forcer les liens, les manipuler... Il y avait des astuces, certes, mais aucune ne permettant de poser une armure sur une personne qui n'était pas destinée à l'avoir sur lui. Et de toute manière il n'en avait nullement l'envie, après tout il n'était pas un combattant mais un soutient. Une personne dont Atlantis, ses Généraux, ses habitants allaient avoir besoin. Il était un Atlas après tout.


Leguer au Purificateur

Poséidon arrivait à Blue Graad. La nouvelle courrait un peu partout dans la cité oubliée, certains des anciens avaient pu ressentir son Cosmos et prévu son retour mais personne ne pensait que cela serait si tôt, qu'il arpenterait de nouveau le monde en cette époque. Cinead, lui, fut étonné bien sûr, se questionnait sur cette arrivée prochaine du souverain. Au fond cependant il comprenait, cette sensation étrange, la manière dont l'écaille avait pu réagir, tout était lié. Difficile à croire mais la vie en cette ce lieu semblait plus lumineuse depuis quelques temps, plus vivante tout simplement. Le Cosmos du Dieu qui la protégeait, aidé par la magie d'Amphitrite, s'intensifiait à n'en pas douter.

- C'est toi, n'est-ce pas ?

- Oh... Tu as bien mûri Cinabre... Je ne pensais pas que tu me trouverais.

- Qui d'autre aurait pu annoncer le retour de Poséidon ici même si ce n'est toi ?

- Les anciens ? N'ont-ils pas prévu ton arrivée après tout ?

- Ne te moques pas de moi. Son retour est évident mais pourquoi revient-il ici. Pourquoi prend-il ce risque ?

- Tu le sauras bien assez tôt... Ton retour est proche, très proche. Mais si je peux me permettre... Attends un peu.

- C'est évident oui, je ne suis pas bête. Si le Seigneur vient ici et découvre un Purificateur... Je pense aussi qu'il est temps mais pourquoi tu me demandes d'attendre ?

- Et bien, ma fille arrive.

L'homme, l'ancien Général, de sa cape vêtu tourna alors les talons avant de s'enfuir sans se presser, laissant ses petits mots faire leur effets. Lentement. La nouvelle n'était pas exceptionnelle en soit mais signifiait quelque chose au fond, quelque chose que Cinead ne pouvait encore appréhender. Lui qui, d'ailleurs, semblait ne plus bouger face à toutes ces nouvelles et surtout la dernière, celle qui semblait assez surréaliste dans le sens où ils parlaient de l'arrivée d'un Dieu un peu plus tôt. Le sujet avait changé sans explication, aucune, mais aucun doute sur le fait que l'ancien Général ne faisait rien au hasard. Cinead quitta la pièce sans un mot, de toute manière il s'était retrouvé seul avant même de le comprendre. Il n'aimait pas cela, cette solitude et ce n'était pas la présence fantomatique des Veilleurs qui venait apaiser ce manque, cette sensation désagréable. Il n'en doutait pas, plus, son retour en Atlantis il le touchait du bout de ses doigts et le frôlait : il n'allait plus être seul. Jamais.

Il ne s'écoula que quelques jours avant qu'enfin un Veilleur accueille le Seigneur des Mers et Océans dans cette cité qu'il avait sauvé, qu'il s'était évertué à protéger en secret. Tout le monde fut surpris de voir qu'il n'était pas seul, qu'il était venu accompagné d'un homme au visage fermé et qui ne parlait que peu, une personne qui possédait un certain charisme et une prestance dont on ne pouvait douter. Cinead s'était rapidement préparé à accueillir la Divinité et son accompagnant, prêt à découvrir la raison de son retour ici. De ce qu'il avait pu lire le Dieu n'était pas revenu depuis qu'il avait ordonné la reconstruction de la cité et sa décision de la dissimuler aux vivants. Son arrivée annonçait de sombres présages. Le voilà donc face au deux homes, Cinead s'inclina poliment avant de se présenter.

- Seigneur Poséidon. Monsieur. Bienvenue en Blue Graad.

- Qui es-tu ? Pourquoi viens-tu nous rencontrer, si tu sais qui je suis tu sais aussi que je n'ai pas le temps.

- Je sais, en effet. Je suis le Purificateur, Cinead Atlas.

- Un rejeton d'Atlas hein..? Purificateur tu dis. Liao, ce dont nous avons parlé peut attendre quelques minutes mais reste. Toi, l'Atlas. Tu te dis être un Purificateur ? Eh bien... Prouve le !

Poséidon tendit alors son bras et sans que personne ne comprenne pourquoi ni comment son trident était apparu en une faction de seconde. Une fois qu'il l'eut en main il frappa le sol avec ce dernier, d'un coup sec et puissant qui sembla résonner dans toute la cité sans que pour autant le sol n'en soit affecté. L'instant d'après, siégeait à côté de lui une urne aux teintes blanches et dorées. L'urne de Polyphème. Le Dieu tourna légèrement la tête pour regarder l'ancien Légat et lui adressa alors un sourire. Ils n'eurent pas besoin de mots pour se comprendre, tous deux savaient ce que cette urne signifiait et savaient qu'elle fut brisée du fait de son état... et du lien que le chinois entretenait avec son ancienne écaille, celle de l'Hippocampe. Cinead, lui, ne comprenait pas réellement l'échange entre l'homme et le Dieu, ne pouvait savoir qui était ce "Liao" après tout. Pourtant le geste de Poséidon était clair : il testait Cinead. Il était évident qu'il souhaitait voir un Purificateur à l’œuvre, ils savaient tous deux qu'il n'y en avait pas d'autres et qu'un tel pouvoir allait lui être utile... Et puis vu l'état de son écaille, il ne pouvait rester insensible : L'âme d'un de ses fils y résidait après tout.

L'écaille sortit alors seule de son urne, commandée par le Seigneur sur l'instant et c'est avec une certaine tristesse que Cinead put apercevoir l'état de l'armure. Le Totem était à moitié construit, la plupart des morceaux étaient au sol en petits tas et alors qu'il l'observait, qu'il tentait de sonder l'âme de cette dernière de nouvelles pièces quittait le socle pour rejoindre les restes. Elle souffrait, une douleur bien plus profonde que ce qu'il avait pu ressentir avec la Tortue et c'était compréhensible au vu de son état déplorable. Il hésita à poser une question. La question. Que lui était-il arrivé ? Qu'avait pu subir cette armure pour se trouver en un tel état. Un frisson parcourut son échine en l'instant où les images d'une guerre lui venait... Était-ce cela qui amenait Poséidon en Blue Graad ? Comment ne pas penser aux siens en cet instant, impossible et pourtant il ne devait pas s'en occuper. Pas maintenant car le maître de sa cité, de sa nation lui demandait une chose : prouver ses dires.

L'instant d'après donc, après avoir acquiescé, il écarta les bras et dégagea la grande cape qu'il portait avant d'avancer son visage et cracher les flammes bleues d'un coup d'un seul. Sans prévenir. Liao recula légèrement tandis que Poséidon, lui, ne bougeait pas, se contenter d'arborer son sourire narquois. Les flammes engloutirent alors l'armure blessée et Cinead plongea dans les flammes, s'attela à la réparation. Bien plus compliquée que la seule qu'il avait eut à effectuer, bien plus résistante pourtant elle semblait se mourir, comme si elle n'avait plus la force de se soigner seule. Un état grave, aurait-elle put le faire seule avec le temps ? Difficile à dire. L'Atlas posa donc ses deux mains sur le totem de Polyphème avec douceur, pour ressentir de manière plus intense le lien qui allait lui permettre de la réparer, de comprendre sa forme et ses besoins.

Les yeux toujours clos il commençait à reposer une par une certaines pièces, à dessiner les courbes et les pics de ses mains, refaçonnant ce qui n'avait plus de forme donnée. L'opération fut plus longue, bien plus longue cette fois ci, si bien qu'il dut réalimenter le feu par deux fois, son corps était investi lui même par le feu purificateur si bien qu'il en était trempé, l'humidité des flammes en venait même à le déstabiliser quant à sa précision, il lui fallait redoubler d'efforts et c'est ce qu'il fit sans broncher. Il ne pouvait échouer, c'était là en quelque sorte son épreuve finale, la vraie terminaison de cette formation de vingt deux années... La raison qui l'avait poussé à partir, soutenu par les siens pour devenir un protecteur, un soutien envers celles et ceux qui en auraient besoin.

Il termina enfin, en même temps que les flammes disparurent. Il était étonné, le masque semblait être amputé d'une partie et fissuré malgré tout mais il n'avait plus de matière et ce dernier semblait avoir baigné dans les flammes assez longtemps pour réparer de si vulgaires et petites cicatrices... Le totem était donc là représentant le géant agenouillé, son corps couver de petits piques, tenant dans sa main gauche et gourdin et portait la droite à son visage, à l'endroit où manquait une partie, à l'endroit ou la blessure était. Près de son œil. Cinead aussi était à genoux face à elle, exténué par dans d'efforts fourni mais il semblait néanmoins satisfait, le défaut du masque mis à part.

Avec difficulté il tendit la main vers ce dernier, le toucher l'aiderait peut être à comprendre si cela était normal ou non. A l'instant même où il effleura le masque il put ressentir l'énergie de Poséidon, douce et sereine. Il souriait. Il n'en fallut pas plus, l'armure se détachait alors de sa position pour venir couvrir le corps encore moite du Purificateur. Comme porté par son énergie il se releva alors, observant ses mains et ses avant bras couvert de cette protection nacrée et ciselée d'une couleur oscillant entre l'or et le cuivre. L'Orichalque pur. Il porta ses yeux vers les deux hommes face à lui, retira la masque qui lui couvrait une partie du visage. Il souhaitait parler mais les mots ne venaient pas. "Ainsi c'est cela, porter une armure" se dit-il.

- Qui l'aurait cru ! Parfait ! Mon cher Liao, je crois que nous avons là une solution à l'une de nos questions. Je te laisse lui expliquer, Atlantis ne dois pas rester plus longtemps sans ma présence. Ne tarde pas, Atlas.






Dernière édition par Cinead le Ven 9 Sep - 9:30, édité 6 fois
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Message Re: Cinead Atlas de Polyphème ~ Légat de Poséidon   Ven 10 Juin - 14:27
Cinead
La suite de son histoire

Derniers echanges

Poséidon avait disparut et il s'était écoulé deux jours depuis cela. Cinead n'était toujours pas parti et pour cause, il avait longuement discuté avec celui qui avait été le Légat avant lui, avant que l'écaille de Polyphème ne le choisisse. Avant que Poséidon ne prenne des décisions. Les deux hommes échangèrent alors, enfin surtout Liao qui lui décrivait bien des choses en lui faisant part d'une certaine réticence face à la rapidité des événements. Une phrase avait marqué l'esprit du Pruficateur : "Prend garde, Cinead Atlas, la volonté de notre Dieu est aussi changeante que l'élément qu'il domine." Les paroles qu'il prononçaient rassuraient en un sens le futur Légat, il voyait en Liao un homme calme et posé, réfléchi. Atlantis avait du se porter au mieux durant son court règne il n'en doutait pas, avait foi en lui, en ses paroles. Il lui parla des troupes qu'il allait devoir diriger. Ariane des Lyumnades, celle en qui il avait une confiance absolu et dont il invitait Cinead à se reposer sur elle. Lytès du Kraken, en proie au doute quand à son avenir et sa volonté envers Poséidon, il lui conseilla de faire attention à lui dans le sens ou la discussion et les actes étaient la clef. Kalil du Léviathan qu'il n'avait que peu rencontré mais qu'il savait franc, il y trouvait là une certaine qualité. Et enfin, Nimuë de la Sirène Maléfique, celle qui avait quitté son armure des Poissons, qui avait renié Athéna pour au final se tourner vers son allégeance naturelle. Il lui conseilla de veiller sur elle, de ne pas la laisser douter.

Cinead fut étonné sans réellement savoir pourquoi, après tout il savait des choses sur elles, mais les entendre de la part d'une autre personne que l'ancien Général... Liao lui confia aussi un morceau de métal qu'il avait pris avec lui, lui expliqua brièvement sa provenance et son importance. Une chose dont il allait devoir faire attention. Bien entendu il dut lui expliquer son départ précipité, sa déception quant au fait qu'il ne put prévenir personne emporté par Poséidon sans qu'il n'ait son mot à dire. Même pas celle en qui il avait confiance... Et c'était cette même confiance que le Dieu portait en lui qui l'avait poussé à le choisir lui pour accomplir la tâche de garder la Stella Rubius aussi loin d'Atlantis que possible, de la protéger et empêcher qu'à nouveau elle atteigne la cité et la mette en péril. Une décision dure. Mais qui étaient-ils pour douter de la parole de leur Dieu ?

Liao déposa le bijou dans une salle protégée puis vint retrouver Cinead, lui souhaitant bonne chance pour la route et pour les événements à venir. Il lui tendit une main en signe de confirmation de tout ce qu'ils avaient pu échanger et l'autre la lui rendit avec fierté. Pourtant il l'informa d'une chose, qu'il ne devait pas partir de suite, qu'il ne pouvait le faire car une personne arrivait... Et nul doute que l'ancien Légat souhaitait parler à l'un de ses Général une dernière fois avant de disparaître du monde connu, comme Cinead avait pu le faire il y a vingt deux ans...

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[b]MAGI : THE LABYRINTH OF MAGIC[/b] → [i]Ren Kouen[/i] est [b]Cinead[/b].
Quelle est votre expérience des forums RP : Je sais pas. Mais j'étais Airôth du Taureau il y a peu !
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Dernière édition par Cinead le Ven 10 Juin - 16:23, édité 2 fois
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Message Re: Cinead Atlas de Polyphème ~ Légat de Poséidon   Ven 10 Juin - 15:05
(Re)Bienvenue à toi parmi nous! Very Happy



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Message Re: Cinead Atlas de Polyphème ~ Légat de Poséidon   Ven 10 Juin - 15:25
Merci Générale ! Wink


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Message Re: Cinead Atlas de Polyphème ~ Légat de Poséidon   Ven 10 Juin - 16:57
Mon grand-frère!!!! Enfiiiin! *saute dans les bras de Cinead* Ta préz est géniale je t'ai déjà dis que j'adorais ^^ en tout cas bon courage à toi pour ta validation et à très viteeee!!! <3
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Message Re: Cinead Atlas de Polyphème ~ Légat de Poséidon   Ven 10 Juin - 17:58
Je te revalide donc en tant que Général de Polyphème, Légat de Poséidon.

Je te retire donc la moitié de ton XP, ce qui te ramène à 115, et te rajoute les 25 de bonus des Marinas pour un total de 140.

Bon jeu avec ce nouveau personnage !


'cause I am a lion born from things you cannot be.

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Message Re: Cinead Atlas de Polyphème ~ Légat de Poséidon   
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Cinead Atlas de Polyphème ~ Légat de Poséidon
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