Votez
I
II
III


Forum fermé. Bon jeu à tous sous d'autres cieux !
 

Partagez | 
 

 [Fin juillet] A l'aube, quelques rayons de bonheur [Lykeios]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
RowenaavatarArmure :
Chlamyde du Paon

Statistiques
HP:
200/200  (200/200)
CP:
160/160  (160/160)
CC:
305/305  (305/305)
Message [Fin juillet] A l'aube, quelques rayons de bonheur [Lykeios]   Sam 11 Juin - 20:14
Un rayon de soleil pour éclairer les profondeurs du temple de l’Occident. Ce devait être le premier de l’aube, alors que la Tour des vents commençait doucement à s’éveiller. Un rayon que Rowena avait longtemps guetté avec une certaine appréhension. La nuit ne lui avait pas été d’une grande amitié. Elle ne l’avait jamais été en fait. Mais depuis toutes ces années elle s’en était accommodée. Quand elle n’était encore que Veena, le crépuscule sonnait comme une torture, qui devait s’accompagner d’une lueur chaleureuse pour lui permettre de trouver le sommeil. Maintenant qu’elle était Rowena… et bien cette période n’était que longue attente dans la crainte et la relative souffrance de son corps faible et fragile. Sans la bienveillante lumière du Soleil, les sceaux qui la maintenaient dans cet état faiblissaient pour la faire tomber dans un coma qui n’était pas reposant et moins encore paisible.

« Calme toi. »

Un murmure doux résonne au dessus de son corps. Mais les rayons ne sont pas encore assez puissants pour apaiser le sommeil terrible qui piège la conscience hors de son propre corps. Veena est là, solitaire au dessus de Rowena, observant celle-ci s’agiter sans pouvoir se réveiller, épongeant son front humide d’une sueur née d’une peur farouche et indomptable. Quels peuvent être ces rêves qui tourmentent l’esprit enfant qui s’est fait écrasé par Veena quand celle-ci a fait cette enveloppe sienne ? Elle aimerait tant savoir pour la calmer, mais rien ne pourra jamais ramener Rowena, conscience évaporée. Alors Veena ne peut qu’attendre que les sceaux la ramène en elle, protégeant l’esprit faible des malheurs qui résident dans cette mémoire.

« Je reviens vite, je te le promets. »

Sa main se pose sur cette joue froide, ne pouvant calmer le soubresaut qui vient trahir la vie de ce corps si blanc. Elle dépose un doux baiser sur ce front avant de doucement s’éloigner, laissant en paix son propre corps, ne pouvant supporter un peu plus cette vision si douloureuse. Toutes les nuits ou presque voient se répéter cette scène, l’esprit veillant sur le corps, révélant au silence nocturne des pleurs coupables et des tourments cachés. Elle n’a pas pu la protéger, elle ne pourrait plus jamais le faire.

C’était sa faute.

Elle préfère s’éloigner, sortir sur le parvis du temple de l’Occident, vide en l’absence du maitre des lieux qu’elle connaît bien et qui partage ses secrets. Elle regrette que Dahut ne soit pas là pour soutenir ses maux, soigner par ses mots la douleur qui gangrène son cœur, l’abreuver de cette gentillesse et ce pardon qui lui manque tant. Elle a besoin de cette amie qui souffre tout autant.

Ô comme la nuit est si difficile. Vivement que l’Aube s’avance et laisse place au Soleil vite, qu’il nourrisse son corps de la lumière qui lui fait tant défaut. Oh cette lumière… Cette lumière qui l’attire à lui, elle s’en aperçoit un peu tard. Ses pas ont continué d’avancer, dépassant sa conscience laissée quelques pas en arrière vers le corps qu’elle a abandonné. Il est presque trop tard quand elle remarque la présence de Lykeios, trop proche et qui l’avait sans doute d’ores et déjà vu. Non qu’elle ne souhaitait pas le voir, bien au contraire, il était lui aussi une présence apaisante et douce, qui avait touché son cœur et son âme plus qu’elle ne l’avait voulu. Elle avait parlé en sa présence, révélé une part de ses secrets comme si de rien n’était, à cet inconnu divin qui l’avait si facilement mit à l’aise…Mais sa personne était si différente pour Veena, elle s’en rendait compte, et ce n’était pas seulement vis-à-vis de l’attirance solaire qu’il exerçait sur elle ou cette affection née lors de leur dernière rencontre. Il y avait quelque chose d’incompréhensible, et cela tendait à la repousser autant que ça attirait sa curiosité. Celle-ci eut plus de force que sa raison, l’obligeant à continuer d’avancer vers le Dieu-Loup. Et son cœur frôle un battement plus fort quand elle l’aperçoit, incompréhensible réaction qu’elle tente de cacher d’un sourire. Elle va à le saluer quand elle se rend compte qu’elle n’est pas la même que cette fois là… le rose de ses pupilles se pose sur la glace azurée de celles du Dieu-Loup, accueillant d’un sourire sa simple présence.

« Bonjour Lykeios. Je suis contente de vous voir de si bon matin. »

Il pourrait se tromper, ne pas comprendre et ignorer qui elle était. Mais… elle était persuadé qu’il verrait au delà de l’apparence quelque peu différente qu’elle abordait à cet instant. Elle ne l’était pas tant que ça en vérité. Des prunelles d’un rose nacré, un visage plus doux et plus âgé, mais cette même chevelure indomptée d’un noir de jais, cette douceur qui se lit dans chacun de ses traits… et ces sceaux qui même sur l’esprit sont visibles.

« Cela fait plusieurs semaines que nous ne nous sommes pas croisés. Je le regrette mais je crois que la Tour a été bien agitée. Vous avez du être occupé. » Non que cela soit un reproche ou quoique ce soit du genre, une simple évidence mais qui sonne presque avec tristesse. « Comment allez vous depuis… ce jour ? » Ils n’avaient pu reparler de ces instants puissants et douloureux, de ces secrets échangés et ces confidences confiées… elle se souvient des pleurs qui avaient creusés ses joues, et de la chaleur de la peau du Dieu-Loup quand il l’avait prit dans ses bras pour calmer les sanglots. Pour un peu, ce souvenir aurait fait s’embraser d’un rouge discret les joues de la jeune femme.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t891-rowena-le-paon-de-ceci
LykeiosavatarArmure :
Loup de Delphes

Statistiques
HP:
240/240  (240/240)
CP:
360/360  (360/360)
CC:
247/247  (247/247)
Message Re: [Fin juillet] A l'aube, quelques rayons de bonheur [Lykeios]   Lun 13 Juin - 1:35

Un hurlement retentit, en provenance des jardins sacrés. Le cri du loup colossal résonne et se répand dans la Tour des Vents, signifiant que sa garde est terminée. Les premiers rayons du Soleil ne vont pas tarder à poindre à l'horizon. Le Dieu-Loup allait laisser sa place, la protection du bastion d'Apollon désormais dévolue aux Oracles diurnes. Sa mission achevée, son martyr allait pouvoir commencer. Sa transformation s'accompagnait en effet d'un lent supplice, son corps se déformant pour se reformer ensuite accompagné de son lot de souffrance. Cela ne prend en vérité que quelques instants, paraissant des heures pour celui qui le subissait.

Bien peu de temps après son hurlement à l'aurore, un homme s'effondra au sol, le loup a présent retourné au sommeil, repoussé par la bénédiction solaire. Ah, qu'il aurait aimé pour briser purement et simplement cette malédiction. Ne plus subir ce cycle pour une punition infligée en des temps immémoriaux. Pour une faute qu'il n'avait pas lui-même commise, même si sans son intervention rien n'aurait été révélé. Mais Apollon n'en avait pas décidé ainsi. Lykeios ignore même en vérité si son père aurait pu briser le sceau d'Artémis, tout comme il l'avait fait pour celui d'Athéna sur Célestia et Thafnout. Quoi qu'il en soit, à sa demande, le Dieu-Vent n'avait fait que lui imposer une nouvelle marque. Un Soleil rouge sur le sommet de son dos, en son centre. De taille notablement moins importante que la Lune qui trônait sur son torse, témoignant donc de la différence d'influence de ces marques provenant des jumeaux de Léto.

Son but ? Eh bien, tant qu'il était maintenu dans son rôle de gardien de la Tour des Vents, sa malédiction ne posait bien entendu aucun problème. Ses sens aiguisés profitaient même à repérer toute intrusion possible en le domaine de son père. Mais il ne pouvait se permettre de partir en de longues missions ainsi. Sa puissance restait respectable, mais moindre que lorsqu'il profitait de la protection de sa Chlamyde et de ses aptitudes martiales ses crocs aux mains. Aussi, s'il devait partir dans cette quête des Rois Francs confiée par son père et sa voix, mieux valait être capable de réagir de manière optimale à toute situation. Mais Lykeios avait eu une autre idée… une autre quête qu'il s'était vu accordé. Le Zéphyr n'avait pas repointé le bout de son bec à Rome depuis son départ pour le Sanctuaire, et le temps était venu pour qu'il aille cueillir ce gardien afin de le ramener en son foyer.

Alors qu'il remonte les marches qui le mèneraient à la Cathédrale pour qu'il puisse enfin prendre un repos bien mérité et que son corps réclamait à grands cris, il eut tout de même une pensée pour elle. Pour cette jeune femme croisée en les jardins quelques semaines auparavant, et qui était elle aussi marquée d'un sceau similaire. Au tracé bien différent cependant, mais ils n'en restaient pas moins tous deux marqués d'un Soleil dorsal qui pointait très clairement leur auteur. Comme le hasard fait souvent bien les choses… ce qu'il peut se dire alors qu'il ressent son Cosmos approchant, tandis que ses pas lourds le mènent toujours plus haut.

Cependant, au travers de ses paupières alourdies par l'épuisement, c'est une autre silhouette qu'il aperçoit. Des reflets d'améthystes dans ce regard qu'elle lui porte. Des traits différents sans pour autant être tant éloignés. Une tenue similaire et cette chevelure d'ombre qui cascade dans son dos. Il ne peut pas se permettre de douter pourtant qu'il s'agit bien de Rowena, ou plutôt de Veena comme elle l'avait informé s'appeler par le passé. Son secret, il ne le connaît pas bien entendu, et s'il en fronce les sourcils l'espace d'un instant, Lykeios ne s'en formalise pas non plus. Après tout, il avait pu assister à la transformation de Bran en Dahut juste sous ses yeux. Peut-être était-ce là le même genre d'artifice qui était à l’œuvre ?

Quand il s'approche encore pour n'être plus qu'à un couple de pas d'elle, elle peut apercevoir les traits tirés du Dieu-Loup sous la fine luminosité solaire qui s'éveille peu à peu, de plus en plus. Pourtant, elle peut voir poindre un mince sourire un peu las sur son visage. Manifestation rarissime chez lui, mais qui était déjà apparue au cours des derniers jours. Cette fluctuation de son caractère et ses habitudes dont il commençait à peine à prendre conscience. Il lui faudrait sans doute en discuter avec Asclépios dans les prochains jours, mais l'heure n'était pas à y penser. En l'instant, son attention est entièrement porté vers cette jeune femme en qui il voit déjà une proche, malgré leur unique rencontre encore récente.

- Le plaisir est partagé, Veena.

Dans la rocaille de sa voix se sentent sa sincérité autant que sa fatigue bien sûr. Il l'observe avec attention, comme il le fait toujours, scrutant les détails de ce nouveau visage, n'ayant pas manqué d'en faire le même avec le corps déjà lorsqu'il s'avançait vers elle. Lykeios laisse couler quelques instants avant de poursuivre.

- Je pense… que l'on peut dire que je me porte assez bien, au regard des circonstances. Ce sont surtout ces prochaines semaines qui risquent d'être chargées… Il me faut aller retrouver le Zéphyr, sans parler de la mission confiée par mon père...

En connaissait-elle la teneur ? De ce qu'il en savait, elle n'avait pas été présente à l'Occurrens, du moins il ne l'avait pas remarquée.

- Mais c'est plutôt moi qui devrais te poser cette question. J'espère que tu te portes bien depuis, je te le souhaite du moins.

Leur première rencontre s'était en effet terminée par des sanglots. Une accolade qui les avait rapprochés également, mais dont la jeune femme s'était dérobée finalement, se retirant après l'étreinte et quelques larmes écrasées. Il aurait aimé qu'alors, elle soit restée. Avait apprécié ce contact, où il avait trouvé autant de réconfort qu'il en avait procuré. Que ce serait-il produit alors ? Ah…

- Où te rendais-tu ainsi ? Je pourrais peut-être t'accompagner... *« malgré la fatigue qui m'accable » se retient-il d'ajouter.* …le temps d'une courte discussion. Si cela ne te dérange pas bien entendu, je ne souhaite en rien m'imposer...

Voilà qui ne lui ressemble pas une fois de plus. Pas du genre à s'excuser ou se justifier. Mais là, son avis compte et lui importe réellement. Son envie de passer un peu de temps avec elle le pousse même à refuser encore un peu le sommeil, même si cela ne saurait par trop s'éterniser.

- Cela me permettrait aussi de me faire un peu à cette nouvelle apparence qui est tienne. Ou bien est-elle plus ancienne peut-être… Enfin. Je crois qu'une fois de plus, je m'immisce en ce qui ne me regarde pas. N'y prête pas attention si tu ne souhaites en parler, je comprendrai.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t759-lykeios-du-loup-de-del
RowenaavatarArmure :
Chlamyde du Paon

Statistiques
HP:
200/200  (200/200)
CP:
160/160  (160/160)
CC:
305/305  (305/305)
Message Re: [Fin juillet] A l'aube, quelques rayons de bonheur [Lykeios]   Dim 19 Juin - 17:10
Elle l’observe. Et il a l’air bien fatigué. Elle se souvient tout à coup du châtiment dont il était lui aussi victime. Non qu’elle l’ait oubliée, mais elle n’avait pas songé qu’il puisse être aussi douloureux et épuisant comme semblait le prouver les traits du Dieu-Loup. Le sourire qu’elle perçoit pourtant chez lui, maigre mais présent lui réchauffe le cœur et lui fait renvoyer un éclatant, quoique paisible et compatissant. Comme lors de leur première rencontre, le regard glacé du Loup la scrute, l’observe et semble détailler chacun de ses changements perceptibles. Veena avait su s’habituer à cette proximité qui d’ordinaire la mettait si mal à l’aise, et attendant que Lykeios prenne la parole, elle patiente avec sa sérénité habituelle, laissant le vent de l’aube s’engouffrer dans les pans de sa robe et s’envoler sa chevelure.

C’est assez rassurée, s’inquiétant de cet état qui semblait trouver le Dieu-Loup à chaque levé de soleil, qu’elle écoute ses paroles, assez surprise et songeuse. Elle n’avait hélas pas eu l’occasion d’en savoir d’avantage sur la réunion qui avait rassemblé les oracles, n’ayant pas souhaité s’y rendre pour bien des raisons. Nuls doutes que les informations allaient être communiquées plus tard par l’Augure, mais jusqu’alors, elle n’en avait pas connu les détails. Veena préféra ne pas relancer le sujet pour l’instant, craignant que le temps ne s’y prête guère et supposant qu’ils auraient peut être l’occasion d’en parler un peu plus tard. Elle acquiesce simplement, retrouvant ce doux sourire qui s’était éclipsé quelques secondes lorsqu’il avait abordé le sujet de l’Occurrens et du Zéphyr. Etait-il arrivé quelque chose à Bran et Dahut ?

« Je… me porte bien aussi, mais merci de ta sollicitude. »

La phrase se termine à peine qu’elle se rend compte avoir tutoyé le Dieu-Loup, brisant la barrière qu’elle tenait à toujours mettre entre elle et les autres, aussi bien par respect et souci de hiérarchie que pour des raisons plus personnelles. Le remarquer lui fait monter doucement le rose aux joues, ne serait-ce que l’espace d’une seconde avant de reprendre le masque de marbre blanc et pur. Peut-être était-ce les souvenirs de leur précédentes rencontres qui avaient induits cette proximité nouvelle, cette étreinte qu’ils avaient échangée, les larmes qui avaient brulées ses yeux et son visage, ces sanglots nés de confidences partagées… il aurait pu se passer tant de chose… et rien en même temps, mais Veena ne pouvait s’empêcher de laisser son imagination supposer pour elle. Et cela ravivait quelques émotions qu’elle aurait préféré étouffer.

« Je n’allais nul part en particulier, j’espérais seulement reposer mon esprit après cette longue nuit. Mais rien ne me ferais plus plaisir que de parler avec toi. »

Ce « tu » étais désormais donné, le reprendre aurait été fort étrange. Néanmoins, elle ne forcerait pas la discussion bien longtemps, car il ne fallait pas être grand observateur pour remarquer la fatigue qui commençait à percer le masque du Dieu-Loup. Des signes qui ne trompaient pas et pourtant, Veena se trouva aussi flattée que touchée qu’il souhaite ainsi rester quelques minutes avec elle plutôt que de foncer dans ses appartements pour s’y reposer.

« Viens, si tu le veux bien sûr, nous serons certainement mieux à l’intérieur. L’Epervier me laisse séjourner ici et garder le temple en son absence. »


Un lieu sombre et secret où elle pouvait au moins se cacher en sécurité quand son cœur en ressentait le besoin. Elle s’apprête à inviter Lykeios à entrer qu’un coup de vent froid, malgré l’aube estivale, lui arrache un éternuement léger, digne d’une petite souris discrète. Force est de reconnaître que rentrer ne lui ferait pas de mal en effet. La voix rocailleuse du Dieu-Loup manque un instant de l’arrêter, doucement prise par surprise de sa remarque sans s’en offusquer ni être gênée que ses secrets soient de nouveau percés – ou menacés de l’être. Après tout, il était en droit de se poser des questions, vis-à-vis de cette « nouvelle » apparence, notamment. Alors qu’ils entrent dans le temple de l’Occident, ayant laissé passé quelques secondes, elle se décide enfin à répondre.

« Cela ne me dérange pas, tu en sais déjà plus que bien d’autres. Que tu t’interroges sur mon apparence est normal. Peut-être t'en dirais-je plus une fois à l'intérieur. » Et de le regarder, elle lui offre un nouveau sourire, peut être plus mélancolique, mais loin d’être particulièrement triste. Elle s’était promise à elle même de ne plus déverser aussi facilement ses larmes et ses sanglots.

Mais puisqu’il s’interrogeait, puisqu’il demandait, alors elle supposait que sa curiosité était sincère, aussi n’hésita-t-elle pas à l’emmener dans ses appartements, plus au calme et, s’il le souhaitait, pourrait se reposer si d’aventure la fatigue le terrassait. C’était parfaitement innocent comme choix de sa part, mais la prise de conscience, une fois qu’elle eut fermé les portes lui sauta aux yeux un peu durement. Avec toute sa volonté, Veena se força à ne rien laisser paraître et alla se poser sur l’un des sièges, invitant Lykeios à faire de même. Plus loin dans le fond de la pièce, caché derrière un fin rideau se trouvait son corps, dont elle se rassura de ne pas entendre une respiration forte et forcée.

« Peut-être voudras-tu te reposer ici ? J’ai conscience de te retenir alors que ta garde vient de se finir et que le soleil s’est levé. Veux-tu quelque chose pour te restaurer en attendant ? » Elle pouvait apporter ce qu’il souhaitait, les serviteurs ne manquaient pas au sein des temples, même ceux désertés par un Evêque d’Apollon. Sur ces pensées d’ailleurs, elle s’enquit des nouvelles de Bran. « Est-il arrivé quelque chose au Zéphyr ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t891-rowena-le-paon-de-ceci
LykeiosavatarArmure :
Loup de Delphes

Statistiques
HP:
240/240  (240/240)
CP:
360/360  (360/360)
CC:
247/247  (247/247)
Message Re: [Fin juillet] A l'aube, quelques rayons de bonheur [Lykeios]   Dim 19 Juin - 18:32
Il ne remarque même pas particulièrement qu'elle se met à le tutoyer. Et s'il l'avait fait, il n'aurait su mal le prendre. Lui-même ne se donnait la peine de ne vouvoyer que son père. Une déférence qu'il accorderait également aux autres membres du Panthéon, mais que Lykeios ne pouvait s'imaginer offrir à un mortel quel qu'il soit. Peut-être y avait-il là un manque d'humilité dont il ne prend même pas conscience. En tout cas, si elle le lui avait demandé, il l'aurait permis de s'adresser ainsi à lui. Il le permettrait à bien des êtres déjà, mais elle plus que tout autre, sa famille mise à part. Pourquoi ? Ah… encore ce sentiment étrange qu'il ressentait en présence de cette jeune femme. Cette attirance qu'il ne parvient à museler. Ne cherche même pas à le faire d'ailleurs.

Cependant, le Dieu-Loup ne manque pas d'observer un autre point, à la faible clarté des premiers rayons du Soleil. Ces joues qui se parent soudainement d'une teinte rosée qui lui va à ravir, étire un peu plus ses lèvres encore. Il ne s'y attarde pas pourtant, comme Veena reprend contenance rapidement.

Quoi qu'il en soit, elle accepta son offre avec plaisir selon ses dires. Mieux que cela… « rien ne saurait me faire plus plaisir » avait-elle annoncé. Oh, pour le Loup de Delphes, les mots valaient peu. Bien moins que les actes. Il n'en reste pas moins qu'en l'instant il est touché. Elle avait cherché le repos après une nuit apparemment difficile. Tout comme lui. Et cependant, elle se plaisait à lui accorder du temps, rester en sa présence. Tout comme lui…

Il apprit alors qu'elle séjournait en le Temple de l'Occident, dont le gardien avait été évoqué quelques instants plus tôt. Peut-être que cela leur ferait un sujet de conversation ou non, suivant la manière dont la discussion se poursuivrait. Sa curiosité naturelle en tout cas fit son office, se demandant quel lien les unissait pour que cette faveur soit accordée. Éventuellement le simple fait qu'un Temple ne pouvait rester désert bien longtemps, ne sachant jamais vraiment quand une attaque serait portée contre la Tour des Vents. Après tout, lui-même en ses rondes nocturnes prenait souvent le temps de se poser en le Temple du Septentrion, dépourvu de son gardien depuis que Hypnos s'était mêlé des affaires du Dieu-Soleil.

- Je te suis volontiers.

Se contenta-t-il de répondre dans ce qui ressemblait plus à un murmure qu'à une parole affirmée, la fatigue en étant seule responsable. Il respire profondément avant d'en passer les portes, profitant encore de cet air frais matinal qui, il l'espérait, lui donnerait ainsi un petit coup de fouet, sans toutefois être naïf au point de penser que cela suffirait réellement. Mais cette bise fraîche est également cause d'un petit événement inattendu. Un petit rien qui lui fait pourtant manquer un battement de cœur. Le regard qu'il porte sur elle se fait alors plus tendre, ses dents se dévoilant légèrement dans un sourire s'élargissant encore un peu. Un simple éternuement qu'il trouve adorable et qu'il prend comme une autre bouffée d'air, apaisant cette fois plus son âme que son corps, le dépossédant mystérieusement d'un peu de son affliction, lui permettant de l'oublier un peu du moins.

« Peut-être te faudrait-il mieux te couvrir » se retient-il de lui lancer. Déjà lorsqu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois en les jardins sacrés, Rowena avait à plusieurs reprises frissonné. Un bon conseil donc. Pourquoi le retient-il ? Ah… Sans doute n'a-t-il juste pas envie de la voir plus couverte pour une raison ou une autre, qui sait ? Alors qu'il marche à ses côtés, pas à pas et presque imperceptiblement dans un premier temps, il se rapproche un peu d'elle, crée une proximité où leurs bras finissent par se frôler. Sans doute insuffisant pour qu'il lui apporte la chaleur naturelle de son corps, mais c'est là juste une envie qu'il ne parvient à réprimer.

Ils entrent alors, avec la réponse portant sur son apparence actuelle. Tout du moins la promesse de réponse ultérieure, préférant d'abord se mettre au chaud sans doute pour ce faire. Alors, lorsqu'elle s'installa, il en fit de même comme il y était invité, optant pour le siège le plus proche d'elle sans même s'en poser la question. Une offre est alors faite, le prenant quelque peu à contre-pied. Se reposer ici, en son antre ? Lykeios ressent comme un trouble. Une envie pressante d'accepter, alors que des pensées qu'il ne devrait avoir viennent l'assaillir. Pourquoi refuser encore l'évidence ? Pourquoi se poser tant de question en lieu et place de voir simplement la réalité dépouillée ? Depuis qu'il l'avait vue pour la première fois, il l'avait désirée… ces envies de toucher sa peau, de la prendre dans ses bras, alors qu'à peine ils se connaissaient. Le Dieu-Loup ravale sa salive, le peu qu'il lui reste, se rendant compte que soudainement il avait la bouche et la gorge sèches.

- Je me suis déjà nourri en suffisance, mais je me rends compte à présent que j'ai grand soif. J'apprécierais un peu d'eau.

Il ne rétorque rien quant à sa proposition. La garde pour plus tard. Prend en tout cas son aise en ôtant ses gants qui viennent se ficher dans sa ceinture. Ses mains se frottent l'une contre l'autre, comme pour tenter d'en écarter la moiteur qui y était apparue conjointement aux pensées peu avouables qu'il venait d'avoir à l'égard de son hôtesse. Heureusement, une perche est tendue vers un tout autre sujet qui lui permettra sans doute de chasser un peu de cette confusion qui occupait son esprit.

- J'ignore ce qu'il est advenu du Zéphyr exactement. Lorsque je l'ai rencontrée, elle a été prise d'une vision juste sous mes yeux. Elle avait vu le conflit l'opposant au Sanctuaire, et m'avait fait assavoir qu'il était possible qu'elle ne rentre pas. En ce cas, elle m'a communiqué l'endroit où je pourrais la trouver. Or, elle n'est toujours pas rentrée, aussi me lancerais-je bientôt à sa rencontre. Il ne me reste plus qu'à obtenir entrevue avec l'Augure à ce propos...

Petit à petit, son attention semblait avoir été détournée comme il parlait. Il avait humé l'air, ses yeux de glace cherchant ce qu'il savait déjà. Troublé, il n'avait remarqué cela plus tôt, sans doute la fatigue avait-elle joué également. Sans en demander permission, Lykeios se lève et s'approche d'un fin rideau qu'il écarte sans gêne ni pudeur, y découvre la source de ce qu'il avait ressenti. Sa tête s'incline légèrement sur le côté comme il s'approche un peu plus encore, jusqu'à poser un genou au sol à côté de la jeune et belle brune qui sommeillait là. Il ne s'agissait donc pas juste d'une autre apparence, lui offrant donc confirmation quant à ses suppositions. Rowena a l'air prise de mauvais rêves. Sa main se porte vers son visage, glisse de son front jusqu'à sa joue en une caresse visant à essuyer ses sueurs froides.

- Est-ce que tu souffres ? Est-ce ainsi lorsque tu t'extrais de ton corps ?

Il n'apparaît pas évident qu'il ait compris l'exacte portée de ce qu'il vient d'apprendre en laissant sa curiosité dicter sa conduite, manquant là sans doute de manières. Il dit cela comme s'il voyait toujours Veena et Rowena comme une seule et même personne, mais est-ce bien le cas ? Peut-être pas… à la tendresse qu'il applique dans sa caresse sur ce doux visage, c'est elle qui repose devant lui qu'il tente d'apaiser. Oui, une âme propre sommeille en elle, prisonnière peut-être, étouffée sans doute. Son autre main vient même saisir celle de la jeune femme, serrant ses doigts fins dans les siens.

- Je ne suis peut-être pas le seul à avoir besoin de repos...

Souffle-t-il plus bas, si bas que Veena ne pourrait l'avoir entendu que si elle l'avait suivi pour se tenir juste derrière lui.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t759-lykeios-du-loup-de-del
RowenaavatarArmure :
Chlamyde du Paon

Statistiques
HP:
200/200  (200/200)
CP:
160/160  (160/160)
CC:
305/305  (305/305)
Message Re: [Fin juillet] A l'aube, quelques rayons de bonheur [Lykeios]   Ven 24 Juin - 2:11
Il la suit. Croisant un son regard pour une poignée de secondes semblant une éternité, Veena laisse transparaitre un voile de reconnaissance. Oui, elle l’avoue, elle est heureuse qu’il n’ait pas refusé son offre, même si c’était lui en premier lieu qui avait proposé de rester avec elle. Alors qu’ils marchent dans le temple, leurs deux corps s’effleurant sans jamais réellement se toucher, elle bride son envie de saisir cette main avec douceur. Mais d’où viennent-ils, tous ces ressentis si nouveau et si perturbants ? Elle n’avait pas souhaité se laisser emporter si facilement par l’élan de ses sentiments, mais chaque seconde passante, elle s’apercevait que quelque chose de différent naissait dans son cœur à l’égard du Dieu-Loup. C’était absurde et certainement illogique. Il était le fils d’Apollon, un être qui avait déjà vécu plusieurs éternités, qui savait bien plus de choses qu’elle et n’avait certainement pas grand intérêt pour une mortelle, toute éveillée et au service de son père soit-elle. Elle ne s’offusqua pas d’avoir cette pensée. En vérité sa raison prenait doucement le pas sur le cœur, tentant de raisonner en affirmant que rien n’était possible, que tout cela n’était qu’une nouveauté, une attirance due à la lumière solaire que Lykeios dégageait. Il ne fallait pas s’attarder sur de telles futilités, pas vrai ?

Difficile de ne rien laisser paraître face à la proposition qui venait d’être faite, à l’origine par pur altruisme et générosité, guidée par l’inquiétude ressentie à l’intention du Dieu-Loup. Mais s’il n’y avait eut que cela… ils étaient après tout chez elle, dans ses propres appartements, ce qui dégageait quelque chose de particulièrement intime, un détail qu’elle ne manqua pas de noter après coup, assez stupidement. Pourtant, ce fut plus la réaction de son invité qui la perturba, ne manquant pas de remarquer le trouble qui le traversa une fois qu’elle eut terminé de parler. Ce regard qu’il lui lança tout à coup fit s’envoler l’éclat blanc de son masque, affichant une teinte cramoisie à ses joues, l’obligeant à détourner les prunelles de peur de se bruler dans les siennes. Elle ne veut pas savoir ce qu’il pense à cet instant, mais l’imagination ne lui laisse d’autre choix que de supputer à son insu. Quand il s’exprime enfin, souhaitant un peu d’eau, elle saisit l’occasion un peu brusquement en se relevant.

« Bien sur, je t’apporte ça immédiatement. »

Et elle se détourne, espérant cacher derrière sa chevelure de jais les traces de rougeur qui ne voulaient décemment pas s’effacer. S’approchant d’un meuble où reposait une carafe et deux coupes, elle prit le temps de souffler, servant tant bien que mal d’un geste tremblant les deux récipients. Elle se rassure qu’il continue de parler, répondant à sa précédente question comme si de rien n’était. Encore une fois, les nouvelles concernant Dahut et Bran font froncer un instant les sourcils de la belle, soucieuse, bien qu’il ne le vit pas, toujours détournée qu’elle était. Elle aurait pu répondre, l’aurait fait si elle n’avait pas sentie dans la voix de son interlocuteur son attention peu à peu se perdre pour se tourner vers autre chose. Elle aurait répondu oui, si elle n’avait pas entendu le mouvement du Loup, ses quelques pas feutrés dirigés vers le rideau censé cacher son corps aux yeux des autres. Surprise mais pas tant – il était un dieu après tout – elle se retourne, dans l’espoir de le retenir, mais le murmure qu’elle lâche est plutôt suppliant, voire désolé.

« Lykeios… »

Veena ne peut l’empêcher d’aller voir, ne peut hurler sa frustration de voir ses secrets si lourds à porter se briser face à la curiosité de cet homme. Elle ne le peut, car elle n’en a pas l’envie en vérité. Et alors qu’il continue d’approcher de Rowena, le corps toujours inerte, comme vidé de toute vie, elle l’observe, avec appréhension et doute. Comme si chacun de ses regards étaient inquisiteurs, comme si de ses prunelles de glace, il allait pouvoir la juger et réprouver ses agissements, ses secrets. Quand le silence est tranché de la voix grave du Dieu-Loup, il faut quelques secondes à la jeune femme pour trouver quoi lui répondre. Seulement la vérité.

« Oui. Terriblement. » Une simple vérité. Elle n’a guère plus de chose à dire, se rapproche seulement petit à petit, son regard déviant lentement vers la jeune femme couchée, si pâle et si maladive. Et tout à coup son cœur se ressert, si triste, son regard se pare d’un voile d’ombre. « Mais ce n’est rien comparé à ce que elle vit. »

Ses gestes qui caressent son corps, cette attention et cette douceur… Veena les ressent comme si elle même avait été touchée. C’était plus ou moins le cas, après tout. Le corps et l’âme étaient différents, mais les liens qui les unissaient étaient bien trop puissants pour ignorer ces choses là. Il effleure son visage, prend sa main… et le murmure qu’elle entend, si proche, dans son dos après s’être rapproché… elle baisse le regard, celui-ci semblant se perdre loin, si loin. Et plusieurs secondes s’écoulent, le silence prenant place, devenant roi. Rouvrant les yeux – elle ne s’était pas aperçu les avoir fermé – elle contourne le Dieu-Loup pour se placer de l’autre côté du corps de Rowena. S’agenouillant à ses côtés, elle pose à nouveau cette main froide, presque éthérée, sur le visage de marbre, encore marqué des tourments de sa nuit. Elle caresse cette peau, avec un amour indescriptible, une tendresse non feinte, une tristesse visible.

« Rowena est ma petite fille. » Cela semblait si improbable, si étrange, mais pourtant, les malédictions ou bénédictions des dieux contournaient bien souvent ces simples notions. « J’ai fait le serment de servir Apollon jusqu’à ce qu’il revienne dans cette ère il y a de cela plus de 50 ans. Mon corps a péri, mon âme est restée. J’étais enceinte de Lucita, ma fille, à l’époque. Il me fallait un hôte pour obéir à ma promesse… Lucita… et puis Rowena. C’est là ma malédiction : avoir briser l’existence des êtres qui me sont le plus chers. » Maudite larme. Elle coule, unique témoin de la détresse de son cœur. D’un revers de la main, Veena l’élimine. « L’esprit de Rowena est toujours là, quelque part, écrasé par ma conscience et bridé par les sceaux du soleil, qui nous lient toutes les deux. »

Elle s’étonne d’avoir plus de courage et de maintient que lors de leur première rencontre. Si sa voix tremble et tressaute légèrement, elle ne se brise pas et aucun sanglot ne vient perturber le récit. N’osant plus regard Lykeios, persuadée que son regard sur elle allait changer, elle resta muette et stoïque, à regarder Rowena doucement se calmer.

« Je n’ai jamais désiré une telle chose, mais tout cela est de ma faute. »

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t891-rowena-le-paon-de-ceci
LykeiosavatarArmure :
Loup de Delphes

Statistiques
HP:
240/240  (240/240)
CP:
360/360  (360/360)
CC:
247/247  (247/247)
Message Re: [Fin juillet] A l'aube, quelques rayons de bonheur [Lykeios]   Sam 25 Juin - 18:15
Elle n'était en effet parvenue à le retenir en le nommant simplement. Sur sa lancée, il n'aurait plus été possible d'empêcher Lykeios de repousser ce rideau. Profiter qu'elle se soit écartée pour lui servir cette eau réclamée pour percer ses secrets n'était pas l'acte d'un parfait gentleman, il fallait bien le reconnaître, mais le Dieu-Loup n'était que trop souvent étranger à la bonne conduite et à l'étiquette des mortels.

Et alors qu'il se trouve là, auprès de ce corps qui demeurerait endormi tant que la conscience de Veena n'y reprendrait place, il ne se retourne pas lorsque cette dernière s'approche de lui. Préserve son attention et son affection pour Rowena tandis qu'elle lui confirme les souffrances qu'elles ressentent toutes deux. Lykeios s'en mordille la joue, comme s'il s'en retrouvait blessé lui-même. Et alors, il craint de se retourner. Craint l'élan qui pourrait le prendre s'il devait porter ses yeux sur elle à présent. Oh non, pas pour la juger ni quoi que ce soit de la sorte. Il doute juste de parvenir à résister à l'envie de la prendre en ses bras et la serrer contre lui alors.

Ses doigts glissent de sa joue vers sa gorge, jusqu'à rejoindre son autre main serrant celle de la jeune femme. Il la porte alors à ses lèvres, dépose un bref et léger baiser dans sa paume, comme si cela pouvait changer quoi que ce soit. Pousse même jusqu'à retourner cette main et y apposer son front. Des gestes non calculés, qui n'ont sans doute pas grand sens autre que pour lui, simples produits de sa réelle et sincère compassion.

Lorsque Veena vient s'installer de l'autre côté de son enveloppe, il redresse son visage. Replace délicatement la main de Rowena le long de son corps, la serrant toujours en l'une des siennes cependant. Il les observe toutes deux. La manière dont elle fait montre de son affection, ces gestes similaires à ceux qu'il venait de produire. Plus d'attention encore sans doute, mais c'était là tout naturel. Derrière le bleu glacial, presque transparent de ses yeux, peut-elle voir ce qu'il ressent ? Peut-elle deviner son souhait de la réconforter à nouveau ? Qu'il ne la juge pas en l'écoutant ? Après tout, il serait bien mal placé pour cela. Ne connaissait-il pas une situation similaire, oppressant la conscience de Démétrios pour occuper ce corps qui était sien désormais ?

Ainsi, le Dieu-Loup en apprend plus sur la teneur de sa promesse. Sur le lien qui l'unissait à Apollon. Des détails supplémentaires par rapport à la première version qui avait été narrée lors de leur première rencontre. Ses mâchoires se crispent alors qu'il aperçoit cette larme couler sur sa joue, qu'elle écrase rapidement. Sa peine peut certainement se lire sur son visage désormais, si toutefois Veena y prenait garde. Oui, peine de la voir ainsi, peine d'apprendre son histoire et les souffrances qui en résultaient. Une nouvelle fois, il réalise à quel point ils sont proches, les similitudes que l'on pouvait tirer de leurs existences respectives. Bien sûr, d'importances différences, des contrastes indiscutables. Il n'en restait pas moins qu'il pouvait la comprendre. Ce qu'elle ressentait. Sa peine, sa torture… sa malédiction.

Lykeios hoche de la tête, lentement. Pose son autre genou au sol et se penche sur Rowena tandis que ses mains viennent englober son visage. Délicatement, comme si elle était faite de porcelaine. Des mains chaudes sur cette peau froide… Il s'incline alors vers elle. Appuie ses lèvres sur son front, avant d'y déposer le sien, tête contre tête. Les yeux fermés, il reste ainsi quelques secondes, comme s'il priait pour elle, pour cette conscience emprisonnée.

Lorsqu'il se redresse enfin, il en profite pour se lever carrément, enjambant Rowena pour venir s'accroupir auprès de Veena, tourné vers cette dernière. Sa main imposante vient couvrir celles jointes des parentes. Il ne dit rien… les actes plus que les mots, comme toujours. Sa dextre quant à elle s'en va se glisser sous la chevelure de l'agenouillée, lui caressant le dos là où il était marqué du sceau solaire. Tout à l'heure, ils avaient été pris du même trouble au même instant. Alors, peut-être est-ce dû à sa fatigue, ainsi désinhibé. Mais il ne souhaite plus tergiverser. Pas après ce qu'ils avaient partagé. Ce qu'il avait ressenti pour elle en si peu de temps.

Toujours sans un mot, sa main gauche vient désormais se poser sur la joue de Veena, l'invitant à ce que leurs visages se fassent face. Son regard se plonge dans les yeux à la couleur étonnante avec intensité. Le fils d'Apollon penche son visage vers le sien, s'en rapproche lentement. Difficile de douter de son intention alors que leurs lèvres se frôlent, sans toutefois que ça n'aille plus loin encore pour l'instant. Il prend le temps de sentir ses poils se hérisser et le rythme des battements de son cœur s'accélérer. Leurs souffles se mêlent tout comme leurs regards… jusqu'à ce que ses paupières se ferment et qu'il l'embrasse enfin. Délicatement. Longuement. Tendrement.

Le Dieu-Loup se lève, et des mains l'invite à en faire de même sans pourtant mettre un terme à ce baiser qu'il souhaite préserver. L'attire à lui, la serre dans ses bras. Ne se questionne pas, ne se questionne plus. Et lorsqu'enfin il consent à libérer ses lèvres, Lykeios conserve cette proximité, assez pour que leurs nez restent en contact. Yeux dans les yeux derechef. C'est alors qu'enfin il s'exprimera…

- Si elle tient toujours, j'aimerais accepter ton offre. Il me plairait de me reposer ici. Tout du moins si tu acceptes de sommeiller en mes bras.

Direct et sans plus de détour. Voilà qui lui ressemblait plus. Bien sûr, la possibilité d'un refus – et du moment très gênant qui l'accompagnerait – pouvait toujours se présenter. Mais qu'à cela ne tienne, au moins aurait-il tenté. Au moins lui permettrait-il ainsi de comprendre qu'il ne la jugeait pas. Que cela ne l'empêchait pas de nourrir des sentiments forts à son égard. Au contraire même, qu'il souhaitait partager plus avec elle, l'aider à porter son fardeau. Il ignorait par contre si ce serait le corps de Veena ou celui de Rowena pour qui elle opterait dans le cas où elle accepterait. Cela revenait au même pour lui, bien que si le choix lui était donné… il préférerait la solution qui permettrait d'apaiser le plus l'endormie. Bien sûr il n'en dit rien… Non seulement il ne savait pas si cela faisait différence pour Rowena, et si c'était le cas, quelle possibilité serait la meilleure. De plus, le moment serait sans doute bien mal choisi pour évoquer une telle chose. Il préfère la garder en ses bras, rester concentré sur elle. Sur la beauté de ses yeux et de son visage. Jusqu'à même en oublier quelque peu et sa fatigue et sa soif...



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t759-lykeios-du-loup-de-del
RowenaavatarArmure :
Chlamyde du Paon

Statistiques
HP:
200/200  (200/200)
CP:
160/160  (160/160)
CC:
305/305  (305/305)
Message Re: [Fin juillet] A l'aube, quelques rayons de bonheur [Lykeios]   Lun 15 Aoû - 12:09
Ils sont toujours là, ces gestes. Elle pensait que plus son récit avancerait et plus Lykeios cesserait de s’approcher, d’être doux et compatissant avec elles deux. Mais plus elle parle, plus elle peut sentir cette poigne qui accroche sa paume – celle de Rowena. Elle perçoit en croisant ce regard la tristesse qu’il ressent, la frustration peut être aussi. Et d’un maigre sourire elle souhaite répondre, tentant de le rassurer sur la fatalité qu’est sa vie et son destin. Depuis longtemps elle a accepté ce qui lui arrivait. Elle ne s’en plaignait pas, s’enfermait juste dans ce passé tragique qui ne pouvait hélas pas lui échapper. Elle n’en veut pas au Dieu-Loup d’avoir fracassé les portes de ses secrets, d’être entré sans même lui avoir rien demandé, franchissant les barrières autant avec son consentement que son refus. Indécise, elle l’était, mais Lykeios ne la laissait pas indifférente et sa sollicitude la touchait, sa compassion la réchauffait, sa douceur pourtant un peu brusque la rassurait. Ils ne se connaissaient pourtant que peu, mais elle avait la sensation de savoir et pouvoir lui faire confiance. Sans doute était-ce pour cela que les mots étaient sortis si facilement, qu’il savait aujourd’hui presque tout d’elle et des confessions qui persistaient dans son cœur. Elle ne s’était jamais autant dévoilée à quelqu’un, et Lykeios avait su saisir en elle ce morceau de sa carapace qui n’était pas protégé. Et il n’avait pas frappé non, il avait agit en douceur. En ami. Et peut être plus.

Elle le regarde faire, regarde agir, cette compassion qu’il met en chacun de ses gestes, ces mouvements qui font écho aux siens, qu’elle adresse si souvent à Rowena pour calmer son mal et son esprit sans pour autant pouvoir accéder à elle. Et elle observe oui, cette tendresse sur le visage mêlé à la douleur et la tristesse. Un sentiment qui s’accroit quand le Dieu-Loup vient à ses côtés, posant une main chaude sur la sienne si glacée, et une autre à la base de son cou, caressant doucement la peau de son dos et les sceaux du soleil qui la marquait. Elle ferme les yeux, se laisse porter par ces gestes affectueux. Ils réchauffent son cœur, apaisent son âme et, un instant, elle aimerait de nouveau de laisser aller contre lui, oublier et laisser sa conscience s’envoler. Juste… juste quelques secondes.

Juste quelques secondes qui volent en éclat.

Ils se rouvrent, ses yeux, quand une main se pose sur sa joue, l’invitant à tourner son visage vers celui du Dieu-Loup. Son regard plongea dans la glace des prunelles de Lykeios, s’y perdant avec un plaisir non dissimulé. Elle s’y accroche, à ces yeux qui l’observent avec profondeur, elle s’y tient, elle ne lâche pas. Veena sait ce qu’il va se passer. Une part d’elle le sait et le rejette, par peur d’à nouveau se blesser. Et il se tend, ce corps astral qu’il tient pourtant d’une main presque ferme. Et elle se tend, quand ses lèvres effleurent les siennes, que les souffles se mélangent, s’entrechoquent et disparaissent. Mais elle s’abandonne, Veena, quand l’envie lui murmure de cesser d’avoir peur. Alors elle ferme les yeux, miroir de Lykeios, et accueille avec tendresse les lèvres qui se posent, accordant un baiser sans crainte, délicat, qui lui rappelle tant de souvenirs et lui en créait aussi des nouveaux. Elle le chérirait, cet instant. Elle ne pourrait jamais l’oublier. Ni le regard qui dévora son être, ni les lèvres au gout de désir, ni son cœur tambourinant à tout rompre dans sa poitrine. Elle ne se rend même pas compte que tous deux se sont levés, que leurs corps, l’un contre l’autre se sont lovés et qu’elle serre avec une certaine passion le Dieu-Loup entre ses bras, sans chercher à se défaire de son étreinte ni songer à défaire la sienne. Et quand cela arrive, que le baiser prend fin et avec lui une part du rêve, elle reste là Veena, silencieuse, interdite, son regard perdu dans l’immense profondeur des prunelles du fils d’Apollon. Et ses mots doucement lui arrachent un sourire tendre.

« Bien sûr. » Elle murmure à son attention, leur visage toujours si proche. Elle ose dérober un autre baiser, se laisse contenter par ce goût de plaisir qu’elle n’a pas goûté depuis bien longtemps. Et quand elle se sépare enfin de lui, échappant pour quelques secondes à la chaleur si intense de la peau de Lykeios, elle frissonne d’un froid nouveau, désagréable, comme si s’éloigner de lui était devenu insupportable. Main dans la sienne, elle le mène de quelques pas jusqu’à son lit. Elle s’y couche, à côté de Rowena, invitant le Dieu-Loup à se mettre de l’autre côté. Et son chuchotement, presque plaintif s’adresse à lui avec douceur, même si une seconde, elle a peur de le froisser. « Serre nous toutes les deux dans tes bras. A notre réveil, je serais encore là, contre toi. »

Ou du moins, Rowena seule demeurerait auprès de lui, Veena retourné dans l’ombre de son esprit, veillant sur son enfant en son propre corps. Mais la simple perspective que Lykeios soit là à son réveil, comme la protégeant contre la froideur de son propre être, la rassurait et rendait cet instant doux et plaisant. Oh elle espère vivement le revoir, quand le sommeil la quitterait, et que le soleil serait alors haut, au dans le ciel à veiller.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.saint-seiya-ageofgold.com/t891-rowena-le-paon-de-ceci
Contenu sponsorisé
Message Re: [Fin juillet] A l'aube, quelques rayons de bonheur [Lykeios]   
Revenir en haut Aller en bas
 
[Fin juillet] A l'aube, quelques rayons de bonheur [Lykeios]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Quelques rayons lunaires [Pv Mégara]
» Une bataille à l'aube...
» Recensement juillet 2010
» Une vraie guerre - Paintball - 2 juillet 2011
» Manifestation FL, le 15 Juillet prochain

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Saint Seiya Age of Gold :: Libro Scripturae :: Italia :: Tour des Vents :: Temple de l'Occident-
Sauter vers: