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 [Mi-juillet 550] La Belle et la Lumière (Solo/Libre)

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Message [Mi-juillet 550] La Belle et la Lumière (Solo/Libre)   Mar 14 Juin - 22:44
C'était l'un de ces matins du mois de Julius où la chaleur poussait les bons patriciens à quitter leurs villas pour rechercher le confort des grands bâtiments publiques garnis de fontaines et dont les couloirs laissaient circuler l'air librement. Les esclaves prenaient leur temps pour nettoyer, lessiver, ranger, cuisiner, réparer, enseigner, jardiner, avec un peu d'indulgence de la part de leur maître trop échaudés pour crier.

C'était un de ces matins où le ciel se trouvait vierge de tout nuage et où le flegme emportait même les guerriers les plus farouches, en sueur après une vingtaine de minutes du plus terrible des entraînements. Le fracas des épées résonnait dans l'air et le sang, quand il était versé, répandait sa senteur mortifère d'un souffle nauséabond. Les crucifiés se desséchaient sur leur croix et les vers s'emparaient de leur comme d'un linceul entourant la cruauté du monde.

C'était un de ces matins qui semblait tout aussi banal que le fut le précédent et le serait le suivant. Cependant, ce matin-là changerait à jamais l'image que j'avais de cette grande cathédrale où les artistes foisonnaient comme les papillons lorsque les fleurs éclosent.
Comme de coutume, mes parents m'emmenèrent devant l'autel du Christ pour prier, je m'agenouillai alors, mangeai l’hostie que l'on me présentait et commençai à réciter à voix basse une prière à Marie et à Dieu, Jésus notre Sauveur, comme on me l'enseignai chaque jour. Mes parents se levaient alors après avoir donné dans l'un des troncs, allaient parfois à confesse, puis me donnaient l'autorisation de déambuler parmi les artistes qui semblaient côtoyer deux mondes à même le sol de l'endroit : celui du culte, des croyances, et celui de l'épanouissement de la culture romaine sous son jour le plus raffiné. Si on m'interdisait d'adresser naïvement la parole au premier que je croisais, je commençais à voir s'épanouir les œuvres qui progressaient un peu plus chaque semaine, et leurs auteurs en conséquences s'accordaient à m'adresser un clin d’œil entendu, parfois un geste qui m'invitait à m'approcher plus près Il y avait ainsi sculptures, dessins, vers et chants accompagnés de lyre, moins nombreux des jongleurs, des saltimbanques. Des femmes posaient nues ici et là tandis qu'un érudit décrivait le fonctionnement de leur physionomie pour satisfaire la curiosité des jeunes éphèbes bientôt en charge de procréer et se marier, des tisserandes assemblaient leurs fils, des rebouteux vantaient à qui mieux-mieux le pouvoir de leur baume en échange de quelques oboles équitablement pesées.

Soudain, un murmure parcourut toute la nef et de nombreux regards s'orientèrent dans la même direction. Curieuse, je les suivais pour apercevoir une silhouette comme rarement il m'avait été donné d'en voir. Elle. Des rumeurs faisaient état de sa bienfaisance au près des pauvres. Elle offrait couverture et nourriture, choyaient les bêtes comme les Hommes avec innocence, son sourire irradiant qui avait le bonheur de le faire éclore sur son visage. Sa peau était parfaite, d'un blanc immaculé et naturel. Ses proportions rivalisaient disait-on avec celles des déesses vierges de l'ancien panthéon. Sa voix contenait la douceur du miel et la chaleur du réconfort. Son regard en revanche parlait de vastes plaines herbeuses et ses longs cheveux blonds dénotaient une appartenance gauloise ou germanique. Dans son parler toutefois, aucun accent qui pût trahir ses origines... Cette femme demeurait une parfaite énigme.

Accompagnée de quatre autres créature d'une grande beauté, elle s'avança devant la croix en suscitant ce qui me sembla être un mélange de feinte indignation -les patriciens ne pouvaient admirer une roturière, voire une esclave !-, et de surprise délicieusement savourée. Je peux alors la voir prier un instant dans un habit inhabituel : sa tunique s'ouvrait à mi-cuisse et dévoilait le galbe parfait de ses jambes, quelques échancrures dévoilaient ses hanches quand de multiples voilures reliaient ses épaules et ses poignets. Elle était belle, comme si elle rayonnait de l'intérieur, d'une lumière pâle et fascinante à la fois.


Sans un mot, les quatre femmes se mirent en position. De drôles postures à la fois naturelles et incongrues. Je ne compris pas tout de suite qu'elles allaient danser, que cela constituait l'un des nombreux arts que l'on exerçait en ces lieux. Incapables de se concentrer plus longtemps, les Romains cessèrent leurs prières, les artistes firent place nette, et une longue avancée se libéra d'un bout à l'autre de la nef.
Elles bougèrent, ce fut comme un déluge de grâce et de merveille tout droit venu du Paradis. La Belle menait sans vraiment le paraître ce ballet improvisé. Leurs gestes rivalisaient avec ceux des meilleures esclaves danseuses de la cité et leurs formes mi-suggérées mi-montrées ne firent qu'enflammer les imaginations commandées par des yeux avides. Je dois avouer que moi-même, malgré ma féminité, je me sentis tout à coup prise d'un coup de chaud. Je frémissais d'un accès de trouble que je n'attribuai nullement à la chaleur du dehors.
Pendant un temps la cathédrale fit presque silence, à l'exception d'oiseaux nichés entre les statues et qui chantaient sans se préoccuper du monde. L'on n'entendait même pas le bruit de leurs pieds qui valsaient sur le sol, et pour cause je m'aperçus qu'elles dansaient sans chausses ! Concertés d'un regard, plusieurs joueurs de lyre se lancèrent dans un accompagnement improvisé. Certains se mirent à glorifier la Nature qui dotaient les femmes de tant de grâces tandis que d'autres remerciaient les Très-Haut pour tous les honnêtes gens qui partageaient le plaisir de cette vue impudique.

Je m'arrachai un instant à la contemplation de ce théâtre sublime pour dévisager mes pairs. Quel que fût le rang ou la richesse, je put voir des sourires lubriques naître sur les visages des hommes, des rougeurs de jalousie ou d'envie sur ceux des femmes. Tous sans exception se délectaient, pour des raisons différentes.

Je déglutis difficilement, en proie à un mélange de dégoût pour ces êtres qui ne pensaient probablement qu'à assouvir leurs fantasmes et à un ravissement sans bornes. L'envie me prit de vouloir lui adresser quelques mots mais je ne pouvais bouger. Personne en vérité.

Le choc survint alors. Je relevai la tête pour établir le contact visuel, et fut surprise de me trouver seule tout à coup au milieu de leur chemin. Les adultes autour de moi avaient reculé pour leur permettre de déambuler plus librement encore, et dans ma rêverie j'étais restée clouée à ma place. Mes yeux croisèrent les siens une seconde, peut-être deux. Elle n'était qu'à deux pas, avançait en ma direction. On me tira en arrière brusquement, mais j'avais pu voir ce visage comme aucune autre personne dans la salle. Et, bien loin de susciter le désir dans l'assistance, cette expression qu'elle arborait me fendit le cœur : une tristesse d'avoir été brisée en deux jusqu'aux tréfonds de l'âme.

Je remerciai mon jeune âge, car j'entendis autour de moi quelques rires discrets se moquant de mon étourderie. Inclinée vers le sol, la jeune femme saluait ses spectateurs. Elle releva un visage neutre, impassible, et je ne trouvai plus cette émotion si poignante qu'elle m'avait presque fauché les genoux. Les pièces se mirent à pleuvoir sur son passage, oubliée l'origine, oubliée le sang de roturière, tandis qu'elle se détournait avec ses compagnes pour repartir vers l'endroit par lequel elles étaient arrivées. Elle n'en ramassa aucune, ne posa même pas un regard dessus. J'en fus profondément ébranlée. Le maître des lieux, s'ils étaient aussi son maître, susciterait bien des convoitises après cela. Les artistes afflueraient plus encore en espérant voir la Belle, bientôt détrompés par l'exception de cette danse incroyable.

"Lavinia. Nous rentrons.
-O-Oui Mère... Je viens."

Pour qui s'offrait-elle au juste ?


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Message Re: [Mi-juillet 550] La Belle et la Lumière (Solo/Libre)   Dim 19 Juin - 15:28

En un instant, la salle retrouva son effervescence et l'assemblée voulut suivre le cortège improvisé. Les Moineaux alors, fidèles initiés à Apollon, entreprirent de gêner les issues par lesquelles les nymphes venaient de s'esquiver. Certains allèrent ramasser discrètement les pièces au sol, qui serviraient à assurer le pouvoir de l’Église romaine et à montrer toujours plus la splendeur du Soleil. Adalrik serait sans doute agréablement surpris d'apprendre que pareil don avait été adressé dans son lieu de résidence, plus encore pour quelle raison.

Célestia ne s'émut pas des applaudissements qui laissaient son cœur froid, des promesses et de demandes de revenir la voir. Cette danse, pour une fois, était personnelle. Que l'Augure profite de ses bienfaits passait comme secondaire, et si Apollon souriait dans ses quartiers d'où ses yeux pouvaient tout voir sur la Terre alors tant mieux.

"Maîtresse, voudriez-vous un bain ?"

Un instant d'égarement. Elle releva la tête pour constater qu'elle avait naturellement repris le chemin de son temple, où les nymphes attendaient ses ordres sans broncher. A sa gauche, la fresque peinte quelques jours plus tôt sous l'effet du chagrin.

***Pourquoi ai-je agi ainsi ?***

Son regard se promena sur les visages de ses consœurs, y lisant compassion, sourires d'encouragement, indéniable optimisme, chaleur...

"Préfèreriez-vous une promenade ? Un chant peut-être ? Nous aimerions chanter pour vous."

Elles virent ses yeux briller, et alors chacune s'approcha pour l'enlacer avec les autres, de sorte que la Princesse Héron se retrouva noyée dans une marée de bras aimants. Cela n'avait rien de comparable avec ses frères ou les autres Oracles, mais Célestia se prit au jeu. Pour meubler son silence, elles la convainquirent de sortir ensemble, et pendant qu'elles marchaient, elles lui racontèrent une foule d'anecdotes, sans importance mais qui détournaient ses pensées de son châtiment. En revenant, une poignée d'entre elles l'enleva pour lui présenter un certain nombre de toilettes qu'elles avaient préalablement tissées pour elle. Elles se perdirent en essayage pendant de longues heures, la poussèrent aux bains alors que l'astre solaire déclinait et lui proposèrent de nombreuses autres choses à faire pour le lendemain. Pour toute réponse, la jeune femme leur fit comprendre qu'elle souhaitait être un peu seule et s'installa sur les marches de son temple pour regarder la lune avec une petite flûte.

A cette heure, Lykeios patrouillait sûrement quelque part, changé par le charme de la fille de Léto. Les innombrables nichées d'oiseaux couvaient tranquillement dans leur nid. Le vent refroidissait et les Hommes cessaient de mener leur vie trop vite. D'une pensée, l'évêque fit apparaître sa chlamyde à ses côtés et la détailla avec la conviction que l'armure percevait sa présence et ses sentiments comme n'importe quel être vivant.

***Bonsoir, Borée. Comment vas-tu, Vent du Nord ?***

Une brise lui répondit, arrachant un éclat de satisfaction à ce visage tourmenté. Elle porta la flûte à ses lèvres et joua alors doucement, écoutant le chant du vent à son oreille dans un murmure dont elle était seule à pouvoir comprendre le sens.


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Message Re: [Mi-juillet 550] La Belle et la Lumière (Solo/Libre)   Sam 2 Juil - 10:23
Eos aux doigts dorés trouva la Belle endormie contre une colonne, le visage paisible tandis que l'aile de Boréas s'étendait au-dessus d'elle comme pour la réchauffer. Plus loin, le son familier de la métamorphose d'un être cher. L'oiselle ouvrit les yeux, perdue à mi-chemin entre le rêve et l'éveil. Elle demeura immobile un moment pour contempler le voile de lumière que son créateur tissait autour du monde.

Un jouet peut se briser.

La chlamyde du Héron s'évapora pour la laisser se lever sans bruit autres que les froissements de sa robe, et la belle blonde s'en retourna à l'intérieur de son temple afin de troquer sa flûte contre une paire de sandales qu'elle n'enfila pas immédiatement. Les nymphes dormaient encore, soit dans leurs quartiers désignés, soit près des plantes qui tapissaient les pièces. Célestia leur accorda la grâce du sommeil puis s'en fut au-dehors, suivant une petite habitude qui lui passait du baume au cœur malgré les événements récents. Elle se rendit dans les jardins sacrés pour veiller au bien-être des plantes, offrant ses pieds nus à l'herbe tendre et son oreille aux murmures des arbres et des diverses plantations. La rosée matinale la dispensait d'arroser, aussi déambula-t-elle pour s'assurer qu'aucun d'eux ne souffrait, que l'âme du jardin recevait les traitements adéquats. Les animaux s'amassèrent sur son passage pour la saluer, certains poussant l'audace jusqu'à se présenter devant elle pour recevoir une caresse ou, en d'autres circonstances, un mot gentil.

Elle s'arrêta tout à coup en entendant une nouvelle voix. Suivant son écho, elle s'aventura entre les vieux arbres, en direction du roi-chêne, et découvrit au prit de ses racines une toute jeune pousse en pleine croissance. Elle devina aussitôt qu'il s'agissait du fruit de ses larmes, mêlées à celles d'Asclépios. Gorgée de soleil et de force, la frêle vie cherchait à grandir, à rattraper ses pairs. La Princesse Héron s'agenouilla près d'elle et posa les mains de chaque côté de la mince brindille qui deviendrait un jour un tronc.

***Quand tu seras plus fort, je te déplacerai dans un endroit où tu auras toute la place dont tu as besoin, et ainsi tu n'auras pas à t'inquiéter du Chêne.***

Une douce lueur parcourut ses doigts, offrant à la terre nourriture et fraîcheur. Elle se refusait à faire pousser directement la plante, car il s'agissait d'un nouvelle espèce qui devait prendre ses marques et s'adapter à son lieu de naissance. La forcer directement à aller plus vite pourrait la tuer.

Son inspection terminée, Célestia reprit sa route en direction du cœur de Rome. Apollon l'avait consignée à la Tour, mais par extension elle devait pouvoir aller dans la ville, puisqu'elle s'occupait généralement d'acheter quelques vivres sur le forum ou de vérifier, discrètement, que les bonnes paroles soient enseignées dans les églises. Elle s'assurait de passer dans les rues les moins fréquentées et de rester dans les ombres si c'était possible, sans s'éterniser. Les commerçants s'y étaient habitués, comme d'une esclave un peu particulière.

Au détour d'une ruelle, elle se figea en avisant une dizaine de pauvres mendiants en loques, qui lui jetèrent un regard implorant immédiatement. Ses poches se trouvaient vides et elle se prit de compassion pour eux. Elle voulut leur dire d'attendre, qu'elle allait revenir avec quelque chose, puis se dirigea vers la mer dans l'idée de pêcher, bien qu'Ostie se trouvât plus au sud. S'assurant que personne ne regardait, elle revêtit sa chlamyde et vola au-dessus de l'étendue calme, à la manière d'un véritable héron, plongeant le bras dans l'eau pour en déloger ses proies. Lorsqu'elle fut satisfaite de ses prises, les poissons alignés sur la rive, elle se trouva un panier, libéra l'armure bienveillante et retourna dans la ruelle. Les pauvres hères furent stupéfaits de la voir distribuer à chacun le fruit d'une longue heure de travail, n'en laissant qu'un seul pour elle-même, jusqu'à ce qu'un chat errant s'invite près d'elle.Elle le reconnaissait comme étant son petit messager, qui avait porté à Adalrik quelques victuailles tandis qu'elle était appelée à partir pour Carthage avec Thafnout. Une promesse était une promesse, le félin quémandait son dû pour le service offert, et c'est ainsi que le dernier poisson du panier atterrit entre ses mâchoires avides.
Il prit la fuite aussitôt et les mendiants autour vinrent s'incliner devant Célestia, louant ses vertus et sa grâce, remerciant sa générosité et son ardeur pour eux, baisant ses pieds fins en signe de reconnaissance absolu. Quand ils eurent leur content de remerciements, elle s'esquiva sans un mot, un simple regard apaisé à leur encontre, pour rentrer à la Tour avec le sentiment du devoir accompli. La Lumière ne pouvait régner sur le monde si on ne la répandait pas en premier lieu dans Rome elle-même.


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Message Re: [Mi-juillet 550] La Belle et la Lumière (Solo/Libre)   Jeu 7 Juil - 21:10
Les journées se montraient bien changeantes au sein de la Cathédrale de Lumière. Bien trop souvent elles s'avéraient sans saveur, le forçant à déambuler d'artistes en artistes afin de complimenter ceux qui s'essayaient à laisser éclater au grand jour la lumière qu'ils avaient enfouie. Mais bien rares étaient ceux qui parvenaient à dépasser le rang de simples étincelles. Mais parfois, alors que nul élément n'avait laissé entrevoir la preuve que la journée allait prendre une autre teinte, une lueur d'espoir faisait son apparition, éclairant l'espace d'un instant les esprits de tous les présents. Une lueur qui, si elle parvenait à ne pas se laisser happer par les Ténèbres de ce Monde, aurait la chance de contribuer à son avancée. Et peut-être même au passage vers un nouveau Cycle.

La journée d'hier aurait pu s'approcher d'un tel évènement et il était fort probable que beaucoup de présents avaient eu la chance de le vivre de cette manière. Car peu avaient la connaissance de ce qui se passait réellement au sein de la Tour des Vents. Peu pouvaient se vanter d'entrevoir les enjeux de ce Monde. Après son passage, beaucoup de murmures s'étaient faits entendre au sujet de cette danseuse venue ravir les yeux et les coeurs de la Cathédrale de Lumière. Certains se demandaient s'ils auraient l'occasion d'admirer à nouveaux ses talents dans les prochains jours, d'autres recherchaient le moyen d'en apprendre davantage sur son identité afin d'espérer la retrouver avant cela. Mais combien auraient pu imaginer qu'ils avaient pu contempler l'une des servantes directes du Seigneur Apollon. L'une de celles qui se battait pour permettre au Monde de demeurer dans la Lumière.

L'Augure était demeuré en ces lieux après le départ de son Oracle, poursuivant sa tâche quotidienne et écoutant distraitement les commentaires qui fusaient de toute part. S'efforçant de ne pas réagir à la plupart des échanges, certaines paroles parvenaient néanmoins à faire naître un sourire amusé sur son visage tandis que d'autres ne recevaient qu'un regard courroucé. L'un d'eux, s'il l'ignorait encore, avait même signé sa dernière visite au sein de la Tour des Vents. Un Destin qu'il avait lui-même tracé. Mais peu lui importait car d'autres détails s'imposaient à l'esprit de l'Augure. Peut-être la performance surprenante de la jeune Nymphe qui était parvenue à lui faire découvrir un autre de ses talents cachés ou bien la Lumière si froide que cette dernière avait dégagé. Une sensation étrange pour celle qui personnifiait si souvent la Vie. Mais bien vite, il pourrait en apprendre plus. La Lumière le guiderait.

Ainsi, le lendemain matin, avait-il aperçu Célestia errer au coeur des Jardins Sacrés alors que lui-même profitait de l'aurore pour se rafraîchir dans un de ses bassins. Coïncidence bienheureuse? Pas vraiment. Car Adalrik n'ignorait guère que le Héron suivait bien souvent cette routine, permettant aux Jardins de conserver une telle splendeur. Une des Prêtresses présente pour l'aider lui avait alors proposé de prévenir Célestia de sa présence mais l'Augure avait poliment refusé. L'instant n'était pas encore le bon mais très bientôt il le saisirait. Pourtant, loin d'abandonner la curiosité qui le travaillait, Adalrik avait demandé aux Prêtresses de veiller sur son corps alors que son esprit s'absentait pour observer Célestia dans ses activités. Finalement, plusieurs minutes avant que le Héron ne revienne, l'Augure avait regagné son corps pour se préparer au moment qu'il avait identifié. Quand finalement Célestia s'était approchée de l'endroit où il se trouvait, Adalrik avait interpelé la jeune femme tout en la rejoignant.

Les Prêtres murmurent bien souvent que celui qui perd l'un de ses sens apprend à user des autres avec bien plus d'efficacité. Je ne sais pas si cela s'applique à tout le monde mais je suis ravi de voir que votre Lumière n'a rien perdu de sa splendeur en dépit des derniers évènements. Enfin, pas aujourd'hui du moins. Votre performance d'hier a su ravir les cœurs de l'ensemble des personnes présentes à la Cathédrale de Lumière. Mais peu d'entre eux ont su entrevoir l'obscurité qui emplissait votre regard. Marchez quelques instants avec moi je vous prie.
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Message Re: [Mi-juillet 550] La Belle et la Lumière (Solo/Libre)   Ven 8 Juil - 11:01
L'oiselle se doutait que tôt ou tard, et certainement plus tôt que tard avec les Moineaux qui sillonnaient la tour, l'Augure viendrait à sa rencontre pour en savoir plus sur son geste. Il s'agissait à la fois d'une imprudence de sa part -le moindre faux pas pouvant laisser éclater des rumeurs sur la cathédrale- que d'un acte désespéré, et elle s'en rendait parfaitement compte. Pourtant, loin d'aller défier les maîtres des lieux, cela l'avait en quelque sorte soulagée. Comme si, pour atténuer sa peine, le besoin de s'exprimer à travers toutes les formes artistiques et altruistes possibles la prenait à la gorge et jusqu'au fond de l'âme. Et tous ces arts ne pouvaient que sortir magnifiés entre ses mains, car d'Apollon elle tenait le savoir-faire nécessaire aux plus belles œuvres, là où Lykeios était le guerrier et Asclépios le médecin. Ne manquait plus qu'un descendant si érudit dans toutes les disciplines qu'il en serait considéré comme omniscient, et alors toutes les facettes du dieu Soleil auraient trouvé un enfant dans lequel manifester un attribut essentiel de leur père.

Peu surprise donc, Célestia dirigea ses pas vers l'Augura dès qu'elle aperçut sa longue crinière d'or au loin. A quoi bon faire semblant de ne pas deviner qu'il souhaitait l'entretenir ? Adalrik ne se trouvait jamais à un endroit par hasard ou sans but. Peut-être même qu'il l'avait attirée à lui par le biais du diamant qu'elle portait toujours à la poitrine, et auquel par réflexe elle porta une main pour vérifier qu'il s'y trouvait encore.
Ce faisant elle remarqua à son poignet que le bracelet de fleurs du Merle fanait.

***Aedan !***

Il avait bien spécifié que son cosmos la guiderait en toutes circonstances si elle en ressentait le besoin, qu'elle n'avait qu'à s'aider de cet artefact un peu particulier pour entrer en résonance avec lui. Que ses fleurs se fanent ne voulait dire qu'une seule chose : sa chlamyde ne trouvait plus de porteur, et le Sidh l'avait accueilli en son sein. Définitivement.

La Princesse aux mille oiseaux rejoignit finalement Adalrik le cœur lourd de cette nouvelle constatation, s'inclina respectueusement devant la Voix d'Apollon, et écouta simplement ses premières observations, toujours justes. Derrière sa prière de l'accompagner, elle perçut un soupçon d'ordre auquel elle avait le devoir de répondre, et en outre sa compagnie lui permettrait de ne pas s'effondrer une fois de plus dans des larmes trop salées. Elle acquiesça simplement alors, et suivit ses pas sans s'interroger sur l'endroit où il la menait.


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Message Re: [Mi-juillet 550] La Belle et la Lumière (Solo/Libre)   Dim 17 Juil - 12:32
Alors que Célestia le rejoignait et répondait positivement à sa demande de l'accompagner, tous deux demeuraient silencieux. Pendant plusieurs minutes, le duo s'avança au sein des Jardins Sacrés, profitant simplement des quelques sons que leur offrait la Nature, du clapotis de l'eau aux chants des oiseaux. Peut-être l'Augure ignorait-il encore comment entamer la discussion avec quelqu'un qui ne pouvait réellement lui répondre ou peut-être avait-il simplement eu envie de passer quelques instants de détente avec l'un de ses petits oiseaux. Celui dont la mélodie avait su émerveiller ses sens lors de leur première rencontre. Mais aussi celui qui ne cessait de voler bien trop près du soleil, au risque de se brûler les ailes.

Votre représentation au sein de la Cathédrale semblait à la fois pleine de passion et de tristesse. Et je ne peux m'empêcher de penser que la punition que vous a infligé notre Lumineux Seigneur n'est pas sans lien avec vos sentiments. Pensez-vous donc que cette sanction est exagérée? Estimez-vous avoir été traitée avec injustice?


Nulle hargne, nulle agressivité dans les paroles de l'Augure qui avait pris un ton amusé pour interroger la jeune Nymphe. Il savait pertinemment que cette dernière ne pouvait prendre la parole mais il ne doutait pas de la capacité de Célestia à se faire comprendre par d'autres moyens. Après tout, n'avait-elle pas trouvé instinctivement un autre moyen d'exprimer ses talents alors que son chant ne pouvait être entendu?

Le Seigneur Apollon sait que vous ne souhaitiez pas mettre ses plans en danger. Tout comme je le sais moi-aussi. Mais en dépit de votre bonne volonté, vos décisions ont impacté la trame du Destin. La Sagesse connait maintenant le chemin sur lequel la Lumière avance. Et bien qu'elle ne souhaite pas laisser l'Obscurité s'emparer de ce monde, elle pourrait sans le vouloir le plonger dans celle-ci. Nous devons avancer prudemment si nous souhaitons que le prochain cycle puisse naître un jour. Mieux que quiconque notre Seigneur sait que des sacrifices seront nécessaires pour y parvenir. Et pourtant, pas instant il n'a envisagé de vous sacrifier l'autre jour. Il a préféré vous priver de votre parole plutôt que vous faire disparaître. Seules deux raisons peuvent justifier ce choix et je vous laisse y réfléchir.

Alors qu'il prononçait sa phrase, Adalrik avait jeté un regard amusé en direction de Célestia. Les conclusions pouvaient être diverses et même lui ne savait si le Héron atteindrait celle vers laquelle il tentait de la guider. Mais pour le moment, c'est face à une jeune pousse grandissant aux pieds d'un arbre majestueux que leurs pas les avaient menés.

Bien souvent, nous sommes prêts à faire l'impossible pour protéger ce en quoi nous croyons. Même si parfois, cela semble bien insignifiant aux yeux du reste du monde. Mais si ce grand arbre devait mourir afin que cette jeune pousse puisse prospérer, quelle réaction jugeriez-vous appropriée?
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Message Re: [Mi-juillet 550] La Belle et la Lumière (Solo/Libre)   Dim 17 Juil - 14:15
Comme ce à quoi il l'avait habituée, le blondinet commença par avancer en silence. Elle n'avait pas réussi à définir si c'était un moyen de mettre son interlocuteur à l'aise, le temps qu'il se calmât de ses appréhensions, ou bien s'il en profitait tout simplement pour mettre ses idées en ordre, choisir la bonne façon de formuler ses mots. Elle laissa ses pensées se fondre dans le vent chaud estival, mêlant l'espace d'un instant quelques mèches si semblables de leurs cheveux, avant de les laisser retomber le long de leurs épaules.

Ainsi donc il l'avait observée en personne ? Sa présence, aussi discrète qu'elle pouvait être éclatante en temps normal, lui avait complètement échappé. Ou peut-être plutôt sa concentration et l'abîme de ses pensées occultaient tout le reste à ce moment-là. Peu importait. Elle plongea ses iris émeraudes dans ceux de la Voix d'Apollon et secoua négativement la tête. Le Soleil possédait tous les droits sur elle, y compris celui de vie et de mort. Il s'agissait d'un fait qu'elle ne pourrait jamais contester, et avec lequel elle agréait. Même, dans un sens, il s'était montré clément. Il aurait pu la marquer d'une blessure physique pour ainsi graver sa honte à la face du monde, la détruire ou l'humilier plus violemment.

Ils continuèrent d'avancer jusqu'à se retrouver, une nouvelle fois, dans les grands jardins dont elle prenait soin jour après jour, qui constituaient à la fois un refuge pour ceux qui le souhaitaient et la vitrine d'un monde de Lumière que tout Oracle avait le devoir de répandre à l'extérieur, par le sang, par la Foi ou par le Verbe.

Adalrik évoqua alors à mots couverts les raisons susceptibles d'avoir garanti la vie sauve à la nymphe. La première, elle la connaissait. Le dieu l'avait donnée lui-même : ses armées manquaient de troupes de valeur, tuer une Oracle et de surcroît une évêque affaiblirait par trop la Tour et son rayonnement pour qu'il se l'autorisât. Une raison purement militaire, froide, intéressée. La seconde aurait bien pu être l'amour, toutefois la Princesse aux mille oiseaux doutait qu'il en éprouvât. Pas après ces mots terribles. Même en guise de punition, un père pouvait-il dire à son enfant qu'il ne représentait rien de plus qu'un jouet à ses yeux, un jouet qu'il pouvait détruire d'un simple mouvement de la main ?

Célestia poussa un soupir insonore. Si seulement une fois, rien qu'une seule, le dieu des Arts l'avait conviée à sa table pour lui dire quels sentiments l'animaient envers elle, quel rôle il attendait qu'elle remplît, et par quels moyens il souhaitait qu'elle répandît son culte... De simples réponses avec lesquelles elle aurait compris à quoi s'en tenir une bonne fois pour toutes.

Elle leva les yeux vers le roi Chêne auprès duquel ils s'étaient arrêtés, posa sa main fine sur son écorce rugueuse. Si elle devait choisir, hein ? Captant le fil de ses pensées, l'arbre s'anima tout à coup, ses branches se plièrent comme des bras et il arracha un morceau de son écorce comme peau morte, pour la tendre à la jeune femme.

"Il est du devoir des grands arbres de protéger les jeunes pousses, Augure, tonna-t-il d'une voix incroyablement grave et rugueuse, cette chère nymphe n'aura jamais un tel choix à faire, car la forêt ne pense pas comme les Hommes, ne grandit pas comme eux."

Son présent offert, il reprit sa place initiale comme si de rien n'était, probablement à la grande stupéfaction de l'Augure. C'était un privilège pour un humain de voir un arbre prendre ainsi vie, et plus encore un roi comme celui-ci, et non de la simple magie comme on pourrait le croire. Célestia inclina la tête respectueusement en remerciement puis examina l'écorce entre ses doigts. Sa face intérieure était parfaite pour lire quelque chose de gravé dessus, aussi s'exécuta-t-elle en gravant des sillons du bout du doigt à l'aide de son cosmos. Après quelques minutes, elle présenta une écriture fine, élégante et serrée à Adalrik, qui put lire ceci :

S'il fallait sacrifier ce roi, j'emporterais d'abord sa plus belle branche, et je la planterais ailleurs, où il pourrait renaître. Je disposerais ses glands autour de lui et une nouvelle génération naîtrait alors. Dans son corps je taillerais les meilleures planches et je m'en servirais pour rendre hommage à Apollon et à Gaïa. Dans ses racines je graverais son histoire et je les conserverais précieusement. De ce qu'il resterait alors, je laisserais le temps achever de les faire mourir, et son humus nourrirait cette jeune pousse pour qu'elle grandisse sa force et sa sagesse.

La belle blonde ne quitta pas le visage de l'Augure des yeux pendant sa lecture, puis fit apparaître au bas de l'écorce les derniers mots qu'elle avait la place d'inscrire, une fois certaine qu'il avait terminé :

L'aube d'un nouveau jour. C'est ce que je suis.


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Message Re: [Mi-juillet 550] La Belle et la Lumière (Solo/Libre)   Dim 7 Aoû - 12:21
Citation :
Allez je redémarre après avoir calé un moment!

Ses interrogations posées, Adalrik attendait autant les réponses que la Nymphe allait lui offrir que l'imagination dont elle allait faire preuve pour les exprimer. Après tout, cette dernière n'avait de cesse que de surprendre son entourage. Des surprises qui ne s'avéraient pas toujours appréciables mais qui avaient au moins le bénéfice de rafraichir les esprits. Et puis, il fallait bien admettre un détail non-négligeable sur les agissements du Héron de Boréas: quelles que puissent être les conséquences des actions qu'elles entreprenaient, celles-ci n'étaient jamais effectuées dans un mauvais but. Peut-être se trompait-il mais pour l'heure, il n'avait jamais décelé aucun but, aucune pensée malveillante dans l'esprit de la jeune femme. Sa lumière était forte et les ombres auraient fort à faire si elles souhaitaient s'emparer d'elle.

Lorsque Célestia hocha négativement la tête, le sourire de l'Augure se fit plus bienveillant encore. Preuve était encore faite de la bonté de cette dernière. Car en dépit des remontrances et des punitions, elle ne remettait pas en cause la situation dans laquelle elle se trouvait. Peut-être espérait-elle un tout autre traitement compte tenu de ses intentions, mais elle avait au moins la grâce de ne pas s'opposer à celui qui l'avait créée. A celui qu'eux tous servaient. Certains y auraient vu de la crainte d'exprimer sa colère devant la Voix de son Dieu mais Adalrik se refusait à voir les choses du côté des Ténèbres. Le Monde lui avait suffisamment prouvé que sa lumière valait la peine d'être protégée.

Sans le moindre bruit, Celestia émit finalement un soupir lorsque les desseins d'Apollon furent évoqués. Le Dieu de la Lumière était des plus secrets et ses paroles demeuraient bien souvent énigmatiques. Il avait le don de voir une partie de l'avenir mais préférait bien souvent se garder d'en décrire le contenu exact pour ne pas l'influencer trop abruptement. Ainsi, il ne fallait espérer des explications claires en provenance de ce dernier. Mais après tout, qui pouvait se prévaloir d'avoir une relation simple avec les divinités? Même les enfants d'Apollon ne semblaient bénéficier d'un tel traitement. Réfléchissant à une réponse à donner à Célestia, Adalrik eut la surprise de voir le Grand Chêne prendre vie et parole face à lui. Telle la pensée qu'il avait eue quelques instants plus tôt, côtoyer le Héron lui dévoilait de nouvelles surprises.

Impassible, la Voix d'Apollon écouta les quelques paroles du vieux Chêne avant de soupirer lorsque celui-ci termina sa phrase.

Des paroles sages mais peu adaptées à notre monde malheureusement. La forêt pense peut-être différemment mais nul n'a parlé d'un choix qui lui serait imposée par celle-ci. Car le monde est incertain et les Hommes encore plus. Et peut-être sera-t-elle confrontée à une telle décision sans que la forêt n'ait eu son mot à dire. Malheureusement.

L'avenir était incertain mais certains détails pouvaient être prédits. Avec le retour d'Arès, de nouveaux conflits ne manqueraient d'éclater. Et peut-être les choix se précipiteraient-ils à eux sans qu'ils ne puissent s'y préparer. A nouveau, les sacrifices approchaient. A nouveau, les défis se dévoileraient. L'Augure reposa finalement son regard sur la jeune Nymphe qui écrivait sur le morceau d'écorce fourni par le Vieux Chêne. Il attendit patiemment, la laissant choisir avec soin les mots qui représenteraient sa pensée, avant de finalement pouvoir accéder au texte rédigé. Pensif, il parcourut le texte alors que son visage semblait plus concentré et lorsque les derniers mots furent ajoutés par Célestia, il déposa une main sur l'écorce qui lui était tendue. Une lumière engloba alors le morceau d'écorce et la pierre qui ornait la poitrine du Héron avant de finalement disparaître dans un éblouissement puissant. Au cœur de la pierre trônait maintenant une petite stèle boisée sur laquelle une écriture pouvait être distinguée.

Ainsi tu n'oublieras jamais les mots que tu viens de rédiger. Ils semblent résonner au fond de ton âme et j'espère que leur lumière continuera de briller en toi. De cycles en cycles. D'arbres en arbres. Quels que soient les sacrifices qui nous seront demandés.
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Message Re: [Mi-juillet 550] La Belle et la Lumière (Solo/Libre)   Lun 8 Aoû - 12:03
L'échange entre les deux rois se passa brièvement, Célestia placée en observatrice qui vivait le moment avec intensité. De son point de vue les deux entités parlaient d'une voix juste : l'Augure rappelait que certains choix se voyaient imposés par les dieux, par le destin, par le hasard ou qu'importait le nom qu'on lui donnait, par une force supérieure aux créatures de Gaïa. Cependant le Chêne soulignait avec raison combien la Forêt différait des humains. Tous les arbres du monde se trouvaient par un devoir inné et si naturel; je prends, je pousse, je grandis, et je deviens un maillon de la Forêt. Il n'y a pas un roi mais des millions. Il n'y a pas de guerres mais des branches qui s'entremêlent. Sur la souche coupée d'un frère on ne trouve nulle vengeance, mais les germes d'un arbre nouveau. Et cette façon de penser, toute pacifique et vénérable pouvait-elle paraître, échappait à la logique des Hommes engoncés dans leur impérialisme sempiternel...

Sachant pertinemment que le Roi-Chêne ne répliquerait pas -il n'avait pas besoin du dernier mot, de prouver sa raison, comme les Hommes pour convaincre de leur légitimité-, la nymphe donna aussitôt sa réponse, et la lumière qui l'accompagna la bouleversa toute entière. Par ce geste, par ces mots, la Voix d'Apollon reconnaissait son statut de Gardienne que l'on oubliait trop souvent, son existence-même. Humble et spontanée, elle exécuta une révérence devant le blondinet puis porta presque craintivement l'une de ses mains à ses lèvres pour déposer un baiser sur son dos, en signe de respect et d'estime.

Il y eut alors comme un déclic en son âme et elle prit la décision de lui montrer l'autre œuvre réalisée en son temps de trouble. Celle que les nymphes d'Orient et Lykeios s'étaient vus les seuls à contempler jusque-là, accompagnée de tous les sentiments qui minaient leur maîtresse.
Loin de lâcher sa main, Célestia le tira doucement derrière elle dans une invitation appuyée à la suivre. Espérant qu'il ne résisterait pas, poussé par la curiosité ou peut-être cet air solennel peint sur le visage de porcelaine auquel il semblait vouer une certaine sympathie, elle avança à travers le jardin puis sur les ponts et les escaliers qui reliaient les îles-temples de la Tour.

De l'est, on entendit venir les rires des nymphes, occupées près de plusieurs bassins au lavage des vêtements et du linge de chambres de l'ensemble des Oracles tout en jouant innocemment. Elles aperçurent leur maîtresse et leurs voix se turent en la voyant en si bonne compagnie, mais la fille d'Apollon leur indiqua d'un geste qu'elle n'avait pas besoin d'elles pour l'heure. Un instant de flottement passa alors et elles se mirent à chantonner une ode au dieu Soleil, persuadée qu'il accorderait bientôt de nouveau ses faveurs à l'évêque quand Adalrik aurait vu la fresque.

Justement la Gardienne arrêta ses pas près dans son atrium où le regard ne savait que voir en premier, tant il y avait de plantes, de métiers à tisser couverts d'ouvrages inachevés encore ou d’œuvres en devenir. Célestia désigna alors la portion de mur où, brûlée vive en son cœur, elle avait peint Apollon terrible et transcendant, comme jamais on ne l'avait aperçu. Peut-être l'interlocuteur privilégié du dieu y verrait-il un signe.

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