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Février 553 AD (Jusqu'au 31 Août 2020)
 
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 [Janvier 553 - Grèce] D'un renouveau [Solo - Transition]

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LykeiosLykeiosArmure :
Epervier de Zéphyr (Ouest et Printemps)

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Message [Janvier 553 - Grèce] D'un renouveau [Solo - Transition]   [Janvier 553 - Grèce] D'un renouveau [Solo - Transition] EmptyVen 1 Mai - 17:02

[Lien vers la présentation initiale]

On broken wings I'm falling
And it won't be long
The skin on me is burning
By the fires of the sun

:copyright: Alter Bridge

- Tu m’as bien servi, Lykeios. Tu es en droit de te reposer à présent, mon fils...
Ses yeux s’ouvrirent au monde à nouveau, comme sortant d’un songe interminable. Baigné par la lumière du Soleil, l’aveuglant. Pour la première fois de son existence, il ressent la lumière, l’amour, la gloire, et pas juste de pâles copies. Mais déjà, cette sensation fane comme le toucher solaire d’Apollon l’abandonne. Ses souvenirs sont flous. Que fait-il là ? Qui est-il, même ? Il n’en est plus certain, mais son esprit se fixe tout de même sur un nom. « Lykeios ». C’était ainsi que le Soleil venait de le nommer. Et il n’était rien pour tenter de le contredire…

[Janvier 553 - Grèce] D'un renouveau [Solo - Transition] Solaire-dore

Ce sentiment fugace l’obnubilait depuis sa fuite. La Tour des Vents venait de disparaître et Apollon venait de dépouiller les Oracles de leurs Chlamydes et pouvoirs. Lui-même avait perdu plus gros encore : son identité, en sus de la malédiction d’Artémis et de la bénédiction d’Apollon. Lykeios avait tout perdu, donc, ou bien peut-être avait-il tout gagné avec ce repos qui venait de lui être offert. Éternel ? Peut-être, Démétrios pour sa part n’en avait aucune idée. Car c’était bien de lui dont il s’agissait à nouveau. Du pugiliste condamné par la maladie, sauvé par la seule chance d’avoir été le réceptacle du Dieu-Loup, fils d’Apollon. Soigné par nul autre qu’Asclépios, et redevenu simple mortel à présent. Mais tout cela ne paraissait qu’être du vent à ses yeux, lui qui ne réalisait même pas encore à ce moment quelle était sa véritable personnalité.

Cet éclat solaire est tout ce qui peuple ses pensées.

Sa lumière, sa chaleur, et ces sentiments puissants qui l’avaient enveloppés… Il donnerait tout pour retrouver cela ! Tout ce à quoi il pouvait se raccrocher à présent étaient les derniers mots qu’il avait perçu du Dieu des vents. Aussi, celui qui avait adopté le nom de Lykeios partirait alors en Itinérance, comme cela lui avait été ordonné. Incapable de faire la part des choses entre ce qu’il avait vécu et ce qu’il avait vu vivre, ce qu’il pensait et ce qu’il avait entendu penser, cette situation l’avait tout d’abord plongé dans un abîme de désespoir dont seule l’envie irrépressible de plaire à la volonté d’Apollon lui avait permis de continuer à avancer. Après tout, c’est ainsi qu’il avait vécu ces derniers mois. Ainsi qu’il avait vu le monde, au travers des actes de Lykeios qui n’agissait qu’à travers le prisme d’une fidélité sans borne. Mais l’idée même d’établir un chef d’œuvre ne cessait de provoquer une détresse le submergeant, tant il n’avait aucune idée de comment y parvenir. Se battre. Frapper. Tuer. Celui-qui-Croque… Si n’importe quel crétin pouvait dire « n’importe quelle action poussée à un haut niveau de maîtrise peut devenir de l’art », il s’imaginait mal comment il pourrait s’y prendre pour plaire aux muses par ce biais.

Il avait cependant trouvé ce loup, cette petite sculpture dont il ne parvenait pas à identifier la source. Quelques semaines durant alors, il avait sondé sa mémoire. Tenté de faire le tri, se concentrant sur ce petit bout de bronze remarquablement taillé. En parallèle, il avait peu à peu commencé à comprendre qui il était, et ce qui lui était arrivé. Dès lors, il fut bien plus aisé à Démétrios de creuser dans ses connaissances, celles d’avant l’Incarnation et celles vécues au travers du Dieu-Loup. Jusqu’à trouver un souvenir pertinent. Celui d’une rencontre touchante dont il pourrait encore apprendre, malgré le temps écoulé...

[Janvier 553 - Grèce] D'un renouveau [Solo - Transition] Solaire-dore

Son errance mentale laissa donc place à un vagabondage géographique, le temps d’un long voyage dont la destination précise était inconnue, ne se fiant qu’à des impressions, des souvenirs qui n’étaient pas les siens, et la certitude au moins que ce lieu se trouvait bien dans une région de la Grèce visitée par Lykeios alors qu’éveillé à Delphes, il avait dû rallier Rome. L’impression d’en retourner aux sources en quelques sortes. Delphes, c’était là où Démétrios était né et avait misérablement vécu. Là aussi où la meute l’avait choisi pour porter en lui l’Ombre du Soleil. Ou plutôt devenir la simple enveloppe du demi-Dieu incarné. Il ne parvenait pourtant pas à en ressentir de l’amertume ou quelconque rancœur. Car tout cela l’avait amené à Apollon et à ce qui serait désormais le but de sa vie. Car enfin, il en avait un...

Rejoindre Delphes fut donc son premier objectif, assez rapidement atteint. Un voyage éreintant, mais pas si long que cela au final. Moins usant mentalement en tout cas que de rechercher ce petit village désert, oublié du monde. Ce village où Ainia avait laissé Lykeios observer son travail remarquable jusqu’à l’achèvement de sa statue en l’honneur de celle qui avait été son maître. Heureusement, cette longue recherche ne fut pas vaine. Ce temps d’errance, il le mit à profit en réfléchissant à ce qu’il se passerait ensuite. Il ne suffisait pas de trouver l’endroit, mais aussi de savoir ce qu’il y créerait alors. Mettre de l’ordre dans ses pensées, se remettre un peu des épreuves vécues. Tester ses forces aussi, et mettre à l’épreuve ce qu’il lui restait de Cosmos...

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Il trouva incroyable la superposition entre le décor qu’il observait et les souvenirs trop éclatant que Lykeios s’en était fait. Le Dieu-Loup, alors, redécouvrait le monde. Pour la première fois depuis des temps immémoriaux, il revoyait la lumière du jour. Tout était en fait… bien plus banal et terne, ce qui bien sûr constitua une petite déception mais qui n’effacerait pas la joie de se rapprocher du but. Car il n’avait aucun doute sur ce point ! Et en effet, bientôt ce village arriva en vue. Toujours aussi désert et oublié du monde. Et il la trouva rapidement, elle aussi. Cette sculpture de bronze qu’Ainia avait taillé en commémoration des amazones qui avaient vécus là. Tout du long, il s’appropriait de plus en plus les souvenirs de Lykeios. Les gestes d’Ainia tout particulièrement, lorsqu’elle avait taillé à même un bloc de bronze armée de son marteau et ses ciseaux, à grand renfort de Cosmo-énergie. Car, plus que les émotions ressenties, c’était de cela dont il avait besoin à présent. D’absorber ce savoir-faire pour tenter d’en faire bon usage. Ce ne serait pas une mince affaire…

Outre ses souvenirs, il rassembla également outils et matière première. Afin de garder vives ses réminiscence, il décida d’œuvrer au centre du village, juste aux côtés de la représentation d’Aella, arc bandé et flèche encochée, comme prête à défendre à nouveau ce village au péril de sa vie. Un véritable chef-d’œuvre, réalisé en à peine deux jours...

Lui serait beaucoup plus long que cela. De nombreux essais seraient nécessaires. Mais au moins avait-il l’idée. Apollon l’avait appelé Lykeios. Mais Lykeios n’était plus. Alors peut-être que s’il le rendait à sa manière, les muses en seraient-elles charmées ? L’homme s’exerça donc énormément, concentré tant sur le moindre de ses gestes que sur son calme profond. Car après tout, c’est cela que représentait ce Dieu-Loup à ses yeux. Si sa part animale lui était plus étrangère, sa personnalité était aux yeux de Démétrios un lac. Une étendue imperturbable, semblant avoir toujours été là et pouvoir l’être pour toujours encore. Il se sentait le devoir, pour représenter Lykeios, d’être Lykeios. De penser comme lui. De se déplacer comme lui. De voir la beauté en ce monde, et ce qu’il en coûterait de laisser les ennemis de son père semer la destruction. S’imprégnant de tout cela, il parvint enfin à quelques résultats acceptables, et s’attaqua alors à son œuvre à proprement parler. Des heures et des heures, profitant de ce corps sain, guérit par les Dieux...

Quelques jours plus tard, aux côtés d’Aella, se tenait un loup colossal, fier et dominant, observant le monde avec défiance mais sans colère. Ses pattes avant reposent sur deux épées, celles avec lesquelles Lykeios se battait et qu’il appelait ses crocs. Une œuvre qui provoquait sa fierté, lui qui disposait de si peu d’expérience en la matière, mais pourtant malgré les efforts, rien ne se produisit…

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N’était-ce tout simplement pas assez bien encore ? Fallait-il recommencer ? Ou bien fallait-il simplement comprendre que les Muses n’étaient pas dupes ? Il n’était pas Lykeios. N’avait aucun souvenir précédent son enfance, dans un orphelinat de Delphes. Ne connaissait rien du temps des légendes, ni aux Dieux, sinon des histoires qu’il avait pu entendre et bien sûr, ce qu’il avait vécu en tant que simple spectateur des actes de sa carcasse durant ces deux dernières années.

Non, il n’était pas Lykeios, et ne pourrait jamais l’être. Comment espérer rendre à Apollon ce fils qu’il n’était plus digne d’incarner ? Et ainsi apparut la frustration. Et de la frustration, la colère, comme Démétrios remontait pleinement avec son flot d’émotions. Sa haine de ce monde pour lequel il n’était pas fait. Sa peine d’avoir été abandonné, moqué, tant méprisé. L’échec d’une vie brisée, en une marée affective dévastatrice, vint l’engloutir et laisser place à des jours d’un travail acharné, repoussant les frontières de la fatigue, martelant frénétiquement la matière.

S’il n’a plus rien du Dieu-Loup, alors que revienne l’Oiseau Noir ! Que revienne le sombre charognard, au Royaume de la brutalité et de la déchéance. Lorsqu’enfin la frénésie prit fin, c’est vidé, l’impression amère d’avoir trop longtemps flirté avec la folie, qu’il parcourut à bout de souffle cette seconde statue de son regard de glace. Un corbeau aux ailes brisées, hurlant à la face du monde. Ses coups saccadés avaient néanmoins créés une œuvre incroyablement détaillée à ses yeux encore néophytes, mais pourtant sans que rien ne se produise, une fois de plus.

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Un temps incertain s’écoula, durant lequel l’homme aux cheveux d’argent sonda au plus profond de son âme. Ni le loup ni le corbeau ne lui correspondaient plus. Ce n’était pas lui, plus lui, plus jamais lui. Ni Lykeios, disparu avec la Tour des Vents. Ni Démétrios, écrasé lors de l’Incarnation. Plus jamais aucun des deux ne pourrait revenir, sans doute. Qui était-il, alors ? Que représentait-il si tout ce qu’il avait été s’en était allé ? Ce temps à méditer sans sculpter ne fut pas sans usage de Cosmos non plus, cherchant dans une concentration en pleine conscience d’atteindre de nouveaux paliers dans sa maîtrise de l’énergie des Éveillés, conscient de son incapacité à revenir au niveau divin de son Incarnation, mais aussi de ses progrès pour lui qui n’en faisait usage qu’instinctivement jusqu’ici.

Un nouveau bloc fut amené au centre du village. Je suis le renouveau. Il ne savait alors pas encore ce qu’il allait en extraire. Je suis le prédateur. Il avait juste le sentiment, la conviction que le moment, son moment était venu. Je suis l’aube. Le temps n’avait plus d’importance, pas plus que la qualité de sa technique, son cœur guidant ses mains bien plus qu’un talent qui n’était pas sien. Je suis le rapace impitoyable venant des ténèbres, là où le Soleil éteint ses derniers feux... Un oiseau de proie étendant pleinement ses ailes pour s’envoler, emportant dans ses serres une épée, l’extirpant des ombres et de la brume pour l’emmener au firmament. Un véritable chef d’œuvre, exprimant qui il était pleinement.

Ni Lykeios ni Démétrios.
Ni Dieu-Loup ni Oiseau Noir.

Un amalgame de ces deux entités. Un renouveau aux forces nouvelles. Et alors que le jour se levant, les premiers rayons du Soleil vinrent effleurer l’oiseau de proie, celui-ci se mit à étinceler, comme touché par la grâce, venant sublimer sa création. Il éleva sa dextre, ses doigts frôlèrent le bec qui commença à s’effriter. Des fissures commencèrent à apparaître sur le buste fier, sur les ailes impériales, se propagèrent avant que le tout ne finisse par tomber en miettes. La peur de tout perdre lui enserra le cœur douloureusement, avant que le vent ne se lève, doux et agréable comme pour le réconforter, mais néanmoins suffisamment puissant pour disperser de sa statue la croûte devenue poussière. Le bronze ainsi béni des Muses avait laissé place à sa Chlamyde, oiseau d’anthracite réhaussé d’or.

On l’appellerait bien comme on le voudrait. Mais il n’avait plus de nom. Son armure recouvrant son corps, et armé d’une lame unique, il n’avait plus besoin d’identité, autre que d’être le rapace solaire s’extirpant des Ténèbres. Je suis l’Épervier de Zéphyr

[Janvier 553 - Grèce] D'un renouveau [Solo - Transition] Solaire-dore
Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly

:copyright: The Beatles


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