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Mars 553 AD (Jusqu'à la fin de l'Event)
 
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 Cuchulainn - Augure (Terminé)

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CuchulainnCuchulainnArmure :
Augure

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Message Cuchulainn - Augure (Terminé)   Cuchulainn - Augure (Terminé) EmptyVen 1 Mai - 17:04
Cûchulainn
Qui est-il ?











    Nom : Cûchulainn.
    Date de naissance : Un 20 Juin... Seule chose dont il est sûr.
    Âge : 25/30 ans.
    Sexe : Homme.
    Armure demandée : Augure.


Comment est-il ?

    Apparence : Cheveux noirs mi longs, les traits de son visage sont albâtres, fins et harmonieux. On peut noter deux pupilles rouges et brillantes au niveau de ses yeux, semblant exprimer quelque chose de volcanique qui se tapit sous les cendres d'un volcan. Enfin, des petits changements esthétiques s'esquissent au gré des saisons : le printemps le laisse avec un ton doux et des yeux d'un rouge très pâle ; la mode estivale laisse place à des teintes plus écarlates avec des tatouages tribaux en forme de flèches ; l'automne le rend plus mélancolique, plus empathique avec les douleurs de la terre, il se dégage de lui un léger vent qui gagnera lentement en fraîcheur avec l'arrivée de l'Hiver ; Pour cette dernière saison, sa peau deviendra légèrement grisonnante, des anciennes blessures refaisant surface sur les tympans de son visage. Certaines rumeurs circulent que les Heures, filles adoptives d'Apollon, avaient béni la naissance de ce jeune homme...

    Avec une musculature sèche rarement cachée, il porte en des tenues amples de style franc voire britanniques. Il apprécie la mode grecque et il porte parfois des chitons aux couleurs chamarrées quand il est chez lui... Il est souvent accompagné d'un chien loup de grande taille, du nom de Cuilan. La plupart du temps, ce dernier se repose dans un immense panier en osier et s'intéresse aux affaire de son maître qu'aux heures de la chasse dans le bois de Rodorio.

    Psychologie : L'humeur est saisonnière ne dit-on pas ? La réponse pourrait venir de Setanta, fils de Sualtam, "Cuchulainn", qui est un homme plus affecté par les changements de saison que la normale. Dur à dire le pourquoi du comment, c'est juste ainsi. Cuchulainn a connu l'amère illusion de la camaraderie, de l'amitié... La confiance est une chose qu'il donne désormais avec énormément de difficulté. Lucius lui a appris au moins ça. Gouailleur, toujours à voir le positif, il veut toujours avancer devant lui. Est ce que cela cache les tourments qui l'habitent ? Certainement. Il n'a pas peur de la mort, il a peur des autres. Il a nourri depuis son retour une forme de nihilisme social, il vit par le plaisir, la musique et les excès. Connaissant son nouveau rôle de guide pour les Oracles, sa première décision fut de se rendre aux Saints ! Preuve qu'il refuse de se conformer aux normes existantes.

    Ceci dit, c'est un guerrier et un stratège. Dépositaire des anciennes batailles de son peuple, il a appris les tactiques militaires, subissant victoires et défaites. Si on peut dire une chose, il sait se montrer très patient afin d'atteindre ses objectifs les plus secrets, qu'il ne dévoile jamais (encore une fois son manque de confiance envers les autres).


Son Histoire

    Jamais je n'ai autant ri
    Que pendant cette fabuleuse chevauchée
    Moi qui vit avec une horloge dans le coeur
    Je ne regarde plus jamais l'heure
    Moi qui plisse le poids des courants d'air
    Je pourrai soulever la terre entière...
    Dionysos - La mécanique du Coeur

    Le départ.
    1500 avant notre Ere.

    __oo00°°00oo__

    Allongé dans l'herbe grasse de la vallée de Rodorio, j'observais le soleil en me couvrant un peu les yeux. L'air était vivifiant, ces putains de montagnes n'avaient pas que des défauts après tout... Un mois.... Un mois déjà à vivre dans ce patelin en bois et de cailloux. Les oiseaux de mon corps auraient aimé s'envoler dans les cieux, afin de retrouver leur liberté, dansant dans les cieux comme autrefois. S'emballant de la musique et de la danse, mon imagination me fabriquait un luth dont je serais fier. Où alors, une idée à la con qui me ferait danser avec la donzelle... Mes paupières s'abaissèrent alors qu'une main caressa mon torse, ah oui, je n'étais pas seul. Comment elle s'appelait déjà ? Son parfum légèrement iodé trémoussait mes narines. Clarissa, oui, c'était son nom ! Heureux de m'en rappeler, je m'apprêtais à lui répondre quand Morphée me prit entre ses bras.

    __oo00°°00oo__

    Zéphyr me fit revenir à mon enfance. J'étais un sale mioche à l'époque, buvant des bouffées d'air frais venant de la mer. A cette époque, nul dieu ne guidait mes pas ou j'en avais pas l'impression. On adorait Manannan Mac Lir, Dagda, Lugh... Je me rappelais de cette neige qui nous éclairait sur les débuts de l'hiver, les pêcheurs revenant d'un cimetière de voiles et de cordages. Les femmes leur criaient de revenir. Quant à moi, j'étais assis sur un mât, en compagnie d'un beau gros corbeau, et rêvassais aux poèmes que cet étrange ménestrel m'avait appris. Lire ou écrire m'était encore inconnu mais je m'en moquais, j'étais libre comme le soleil. Soudain, La voix de ma mère résonna afin d'attirer mon attention, une femme à la longue chevelure noire m'ordonnait de descendre de là... Dansant entre les quelques cordages, je revins vers elle et elle m'apprit que son frère, le Roi Conor MacNessa, était en route pour incorporer des jeunes hommes dans sa troupe de chevaliers rouges.

    J'étais heureux. Depuis mes dix printemps, mon coeur s'emballait à la simple vue de cette troupe de cavaliers, de cette bannière noire flanquée d'un soleil rouge. Les Chevaliers de la Branche Rouge. On s'émerveillait pour pas grand chose à l'époque. Par deux fois, ma mère avait répondu froidement à mon oncle que mon temps n'était pas venu pour la guerre... Mon père, le noble Sualtam, alla dans le sens de ma tendra génitrice et je n'avais pas eu ce que je voulais. Ni mon oncle d'ailleurs. Cette fois, à l'aube de ma seizième année, ayant profité de l'entraînement de mon père, la lumière réchauffait les poches glacées de mes espoirs à la simple pensée de rejoindre cette auguste assemblée de chevaliers. Toutefois, la pluie verglacée m'éclaira sur ces étoiles de l'espérance qui dansaient autour de moi afin de se moquer de mes déconvenues. Mon père venait de répondre encore une fois à mon oncle par un refus, je me sentais si inutile.

    Quelques semaines plus tard, dormant sur la plage, je me laissais guider par les bris des vagues contre les rochers.

    Pour moi c'est l'heure de foutre à la poubelle
    Mon coeur en bois et pour de bon,
    C'est le crane serti d'étincelles
    Que je viens donner ma démission.
    Allez les oiseaux de mon corps,
    Fermez vos belles gueules à passion
    Les accidents d'amour à la pelle
    Ne m'ont pas toujours donné raison

    La poésie me permettait d'aller où nul homme ne pouvait prétendre me trouver. C'était ce jour là où je reçus l'étrange visite d'un ménestrel, le même qui avait parlé à mon père de la gloire de mon roi et oncle à travers les quatre royaumes. Il était accompagné d'un loup qui s'appelait Cuilan. Dire que nos chevauchées dans les méandres de l'esprit furent agréables, chantant, dansant... "Il était une fois un drôle de pays où les paysages se dessinaient d'un trait de plumes, de pinceaux et de pigments..." Le conteur à la chevelure aussi lumineuse que le ciel me laissa deux choses et son loup avant de partir vers le nord. Je refusais par avance de tels dons mais il me répondit que c'était le moins qu'il puisse faire pour moi. Mon coeur m'interdisait de refuser. Mes mains tremblantes prirent alors une sphère d'os englobant une perle enflammée, cette dernière était le coeur d'une créature appelée "Curruid Coinchenn". La seconde chose fut une viole, sculptée dans un arbre légendaire que le ménestrel avait nommé "Hespérides". Enfin, il me confia son loup. Si les deux premiers objets pouvaient être acceptés, mes lèvres refusèrent de prendre son loup. D'un sourire, l'homme me répondit que Cuilan était libre comme le vent, même lui ne pouvait décider à sa place. L'animal se rapprocha de moi et me lécha les mains, je le pris alors entre mes bras alors qu'un souffle me fit tomber à la renverse en arrière.... Interloqué, je me relevais et constatais qu'il n'y avait plus rien, avais-je rêvé ? Tournant la tête de droite à gauche, personne n'était présent, pas de loup, pas de ménestrel.

    Des mois passèrent.

    La marionnette avait été touché ! Enfin ! J'avais réussi à la frapper ! Mon père me félicita à sa manière par une simple tape sur l'épaule. Depuis des années, je tentais vainement de toucher cette marionnette accrochée à un vieux saule, dansant dans les vents pour la rendre insaisissable.

    "Bien joué Fils, tu l'as enfin atteinte !
    - Merci Père, me suis concentré sur la flamme de la bougie comme vous me l'aviez conseillé, j'ai enfin réussi à la voir !
    - Dagda t'a montré la passion et Lug la lumière qui guide la pierre... Ta fronde sera efficace maintenant !
    - Merci Père !
    - En effet, ce tir était superbe.
    "

    Une voix douce et masculine nous surprit tout deux alors que nous nous retournions vers sa source. Une lourde cape de laine recouvrait une tunique sombre et grise, il ressemblait à ces voyageurs venant du sud. La couleur blanche de ses cheveux m'interrogeait, c'était bien la première fois que j'en voyais de semblable. Par contre, quelque chose en lui me donnait le tournis, j'étais comme assommé par la simple présence de cet étranger. A l'époque, j'étais bien incapable d'en comprendre les raisons. Mon père s'avança alors vers lui, prenant garde de me protéger de son corps si le besoin s'en faisait sentir.

    "Qui es-tu étranger ? Te voilà bien loin de chez toi ?
    - Nulle mauvaise ambition de ma part je vous rassure. Attendant le bateau vers l'Île du Ciel, je me suis promené sur la côte et suis arrivé par devers votre petit village. Votre fils est bien adroit pour son âge, il serait un excellent chevalier dans les armées des grands Rois de ce monde !
    - Mon fils n'est point prêt pour cela...
    - Je vois, l'amour paternel est une chose que je respecte. Mais... Ne pensez-vous pas qu'il a son mot à dire ? Il approche de son propre été... Plus tard, il ne pourra plus en profiter."


    Mon père maugréa en dévisageant l'inconnu. Ce dernier m'observait comme ces oeuvres d'art des mers du sud. Je ne savais pas comment réagir, titubant encore légèrement. Cependant, je devais admettre que j'étais d'accord avec l'étranger. Je me sentais comme prisonnier ici, on ne voulait pas de moi chez les Chevaliers de la Branche Rouge. C'était comme si mon père m'enfermait dans une cage pour toujours.

    "Père, je veux partir"

    Tel un jet de lance, mes mots étaient sortis de ma bouche sans que je puisse faire quoi que ce soit. C'était simplement mon sentiment, mon envie, ma rage de servir mon Roi et mes Dieux. Mon père se retourna contre moi en levant la main, mais.... Il cessa son geste. Les yeux de ce dernier exprimaient quelque chose que je ne comprenais pas.

    "Bien. Tu as gagné. Je ne pouvais pas l'empêcher éternellement. Dis moi Druide, est-ce la Sorcière bleue qui t'envoie ?
    - Non, je me nomme Luc'h, ou, Lucius dans les contrées du sud, enfin qu'importe... Ma présence ici n'est que le fruit du hasard ou de la volonté des Dieux. Si je peux me permettre un avis, tu agis avec sagesse vieil homme, on ne peut décider à la place des dieux du destin des Hommes. Moi même je recherche le mien, je pense que la Sorcière bleue peut m'apporter la réponse à ma question.
    - Je vois... On dit qu'elle entend les Voix de l'Océan mais aussi celles du Soleil. Née de la dernière grande éclipse, elle conseille les Hommes et entraînent les Héros au nom des dieux. Est ce vrai ?
    - C'est ce que l'on dit d'elle... Mais avant de partir, il faudra passer par celui qui garde l'embarcadère. Il est aussi difficile de le persuader que le passeur des morts... Ton fils est-il prêt à tout cela ? A ne pas revenir ?
    - Mon fils...."


    Pendant un instant, mon père se rappela d'une vérité qu'il ne me révéla jamais. Au levée du soleil, alors que le soleil chassait la nuit, un ménestrel était venu avec un couffin entre ses mains et avait révélé qu'il était le fils de Lug le lumineux et d'Etain, la reine sage. Il commandait de l'entraîner et de la nourrir jusqu'à que son destin le rappelasse... Mon père avait été torturé pendant des années, ne souhaitant pas me libérer. Il ne voulait me donner une vie paisible et douce, loin des turbulences des guerres que lui même avait trop connu dans sa prime jeunesse. Soufflant lourdement, ses yeux se fermèrent pendant de longues secondes et il prit la parole.

    "Mon Fils.... Tu partiras avec ce Lucius, puisque tel est son nom du sud. Il va t'amener à l'embarcadère et voir si tu es digne d'aller vers l'ïle du Ciel. La famille des Culainn dispose du droit de passage entre les îles depuis des âges anciens. Retiens bien tout ce que je t'ai appris, n'oublie pas d'où tu viens, ta mère, moi..."

    Mes bras s'ouvrirent et enveloppèrent les siens. Des larmes coulaient sur mes joues sans que je ne puisse contrôler le moindre sentiment. Au fond de moi même, ce jour là, je compris que des choses ne m'avaient point été révélé sur mes origines mais je m'en moquais, mes seuls parents étaient Sualtam et ma tendre mère. Moi, Setanta, fils de Sualtam, tel serait mon nom. C'était ainsi que j'aurai aimé me présenter mais les Dieux allaient se montrer joueurs.

    L'embarcadère des Culainn.

    Luc'h ou Lucius, qu'importe le nom qu'il se donnait, fut mon compagnon de voyage jusqu'à l'embarcadère des Culainns. Le départ de mon village avait été bien triste, ma mère en pleurs me touchant encore de plein fouet. Toutefois, ma décision était prise et je ne comptais plus faire machine arrière. Peu à peu, au son des mouettes chantant le matin, mes yeux virent lentement une immense crique s'ouvrir devant moi. Cette dernière s'ouvrait sur un vaste océan dont les limites semblaient dépassées l'horizon lui même. Au sein de ce couffin de pierre et d'eau, un petit village telle une émeraude encore enchâssée dans la roche des falaises. Mes cheveux allaient dans tous les sens avec le vent, c'était comme s'il me saluait. Au niveau des falaises, des centaines de nichées d'oiseaux étaient visibles, une sorte de petit microcosme perdu aux yeux des hommes.

    " Voici ce que l'on appelle l'Embarcadère des Culainn ! J'espère que mon bateau sera prêt, si tu veux m'accompagner vers les "Cieux", ce sera avec plaisir fils de Sualtam !
    - Ce lieu... Quelque chose s'en dégage, je...
    - Tu le ressens toi aussi, le souffle qui traverse nos corps et nos esprits. On a l'impression que notre âme semble répondre instinctivement à la crique, j'ai eu la même impression la première fois...
    " Répondit le Druide.

    En effet, au cours de notre voyage en commun, j'avais appris qu'il était au service de la nature depuis des années. Je le savais Druide, comme mon père l'avait nommé, mais je ne pensais pas qu'il y en avait de toute sorte. Lucius m'expliqua qu'il venait d'une région lointaine où le soleil brillait au-dessus d'un arbre sacré, l'Olivier. Si j'avais compris de quoi il en retournait à l'époque, mais passons... Une autre chose travaillait mon compagnon de voyage, il cherchait une personne qu'il appelait sa "Promise". Il n'alla jamais plus loin en explication, je ne me prenais pas trop la tête à ce stade de ma jeunesse non plus... Tout allait si vite, le torrent de la vie ralentit le temps et on s'en rendait compte que lorsque la fin approchait. Telle était la décision des dieux.

    Nous descendîmes un vieux sentier qui menait au village. La prudence était de mise, c'était comme si les oiseaux s'envolaient dés notre approche afin de nous surveiller. Lucius m'avait conté que ce lieu était protégé par le dieu solaire depuis la nuit des temps, c'était ici que le soleil choisissait d'embrasser la mer. Soudain, je fus surpris par quelques cailloux qui tombèrent derrière nous. Des petites créatures d'un quart de coudée semblaient sortir des roches afin de danser. Résultat, les roches encore friables s'écrasaient sur notre chemin. Elles étaient d'une couleur laiteuse, des étincelles de lumière se dégageant d'elles pendant leurs petits ballets. Je m'apprêtais à les faucher de ma fronde quand Lucius posa la main sur mon avant-bras, il m'expliqua alors que ces esprits dansants et lumineux étaient nés du mariage de la terre et du soleil. Ils existaient pour inspirer les hommes, mais aussi se jouer de leurs propres tourments, dont la peur. Mon bras s'abaissa. Posant un genou à terre, je tendis la main pour laisser une fée s'approcher de moi. Une d'entre elles, curieuse de ce nouveau terrain de danse, bondit dans les airs et se posa dans la paume de ma main. Des lueurs douces comme l'aube du matin l'auréolèrent au fur et à mesure qu'elle déambulait dans les failles de ma peau. Lucius m'observait alors que je m'amusais, il ne semblait pas vouloir s'approcher d'elles. Je ne posais pas de questions mais il était vrai, même si je m'y étais un peu habitué, que le parfum émanant de lui en permanence pouvait abattre un homme sans qu'il le veuille. Alors une créature du soleil... Oui, heureusement que ce jour là, il était resté en retrait.

    Après cet épisode, nous continuâmes notre chemin vers le village. ce dernier se dressait sur des pilotis de bois collés à la falaise. Cela ressemblait de loin à un tableau vivant qui représentait... un corbeau. Les feuilles de lierre se mariant aux ombres de la roche formaient un plumage noir et brillant. Un disque noir dans une des maisons en hauteur donnait l'impression de voir un de ses yeux. Lentement, on pouvait voir des marins discutant entre eux, des femmes en train de laver leurs linges près d'un petit bras de mer. Une d'entre elles se leva et s'approche de nous. Altière et bien en chair, on pouvait noter quelque chose de matois dans son regard.

    " Gast, voilà donc notre grand druide du sud... Vot'bateau est pas encore prêt, messire. Le Maer l'a pas encore préparé mon beau... Faudra attendre un peu ! Et c'est qui le ptit gars là ? Il est habillé comme par chez nous, tu viens de quel village toi ?
    - Setanta, fils de Sualtam madame.
    Répondis-je rougissant comme une pomme.
    - Sualtam... Sac’h kaoc’h que je suis... Evidemment, tu portes les tenues de dame Eithne ma foi ! Puis, ta tignasse noire est bien celle de ton père... Et tu viens faire quoi ici ? Surtout avec .. lui ?
    - J'accompagne le Druide Lucius pour aller vers l'Île aux cieux, madame. Envie de découvrir le nouveau monde !
    - Voilà un bien grand voyage ! Par Dagda, louée soit sa sagesse, tu penses pas que tes parents ont plus besoin de toi sur un bateau ? Ramenant des beaux poissons pour ton village, les hivers sont rudes... Les hommes forts sont rares, tu y as pensé à ça ?
    "

    La question était telle une flèche empoisonnée en plein coeur. Evidemment que je m'interrogeais sur ce que j'avais fait, sur sa justesse en ces temps troublés. Prenant un instant pour répondre, je pensais aux pêcheurs de mon village qui travaillaient par tous les temps afin de ramener une moisson de poissons pour tout le village. Ils étaient eux aussi des guerriers d'une certaine façon. Étais-je si égoïste de penser à moi avant les autres ? Je me perdais en conjectures quand Lucius brisa le silence.

    " Nourrir son village, lui apporter la tranquillité du ventre est une chose précieuse. Tout homme devrait travailler dans ce sens. Mais... Est ce que cela suffit ? Dagda est un grand guerrier en plus d'être sage, nos Dieux nous ont appris à nous battre pour protéger ce qui nous est cher. Donc, protéger son village de ses armes est-il moins important que de le nourrir ?
    - Ma question ne s'adressait pas à toi Druide mais au gosse ! C'est à lui de répondre...
    - Je... Je... Je dois avouer que je ne suis pas fait pour la pêche ou la chasse. Je... sais que c'est dur, que c'est important pour les gens de mon village, pour mes parents... mais je sens simplement que je ne suis pas de leur trempe, je n'ai pas d'endurance pour ce genre de choses. Mon esprit et mes talents au combat avec mon père me donnent l'impression que je peux apporter autre chose... Je ne sais... Difficile à exprimer que cela, je m'en excuse...
    - Tu as répondu mon enfant.
    Répondit la matrone avec un sourire entendu. Même si tu ne pêches pas, tu sais que tu peux apporter quelque chose à ta communauté et aux Dieux. Ces derniers t'ont certainement guidés jusqu'ici pour cela... Viens avec moi, je pense que le vieux Culainn, notre chef, sera heureux de te rencontrer. Se tournant vers Lucius. Toi tu l'as déjà vu, le druide ! Attends ici notre retour ! "

    Lucius me fit signe d'y aller alors qu'il s'adossait à un vieux poteau de bois. Je suivis la lavandière sans un mot, elle salua de loin quelques unes de ses amies le temps du chemin. Les maisons de ce village étaient collées à la falaise, soutenues par des immenses pilotis de bois. Par un ingénieux système de cordages et de poulies, des ponts de bois bougeaient et se réagençaient selon les besoins des habitants. Le frottement continu et les cris des mouettes donnaient une atmosphère mystérieuse à l'endroit. Un petit promontoire se dessina lentement avec une maison au-dessus, la seule qui n'avait pas d'assises de bois. Sur son toit de chaume, on pouvait voir une petite tour avec un immense miroir brillant d'un éclat sombre. C'était donc cet œil que j'avais l'impression de voir de loin. Posant le pied sur la roche, j'entendis un feulement. Attaché à un petit massif de roche, un loup gris blanc avec un œil ambré était allongé sur le sol. Il nous observait. Une lourde chaîne noir le retenait et c'était pas plus mal. Brusquement, cela me revint.

    " Cuilan... "

    J'avais chuchoté son nom. Si la femme ne m'avait pas entendu, il n'en allait pas de même du loup. Ce dernier leva la tête et nous observait en train d'approcher de la maison de son maître. Personnellement, je me demandais pourquoi Cuilan était là, attaché comme un simple chien de garde. La réponse ne serait pas pour de suite. En effet, la porte de la maison venait de s'ouvrir pour laisser apparaître un géant à la tignasse rousse comme le soleil. Il faisait facilement quatre coudées, il était impressionnant rien que par son sombre regard d'un vert émeraude.

    " Maer ! Ce gosse veut prendre la grande barque pour l'Île aux cieux, il veut accompagner le vil saligaud de druide manifestement... Je te l'amène donc, c'est le fils de Sualtam le hardi !
    - Le Hardi...
    Fis-je surpris.
    - Entrez. "

    J'entrais à la suite de la matrone dans la maison du chef du village, celui qu'elle appelait "Maer". A l'intérieur, quelle ne fut pas ma surprise de voir des instruments de musique sur tous les murs, des cartes et des dessins sur des chevalets de bois, des armes étaient aussi présentes près de l'âtre central. Le chef du village témoignait là de son gout pour les choses de l'art. Mes yeux regardaient sans cesse des instruments à corde, à vents, ces pigments qui étaient étalés sur des palettes accrochées ici et là... Je n'osais rien dire, émerveillé et impressionné par tant de choses que je ne connaissais pas.

    " Fils de Sualtam, si ma femme t'a conduit ici, c'est que tu as l'esprit juste. Mais.... Une question m'interpelle, pourquoi tu accompagnes ce druide ?
    - Sans le druide Lucius, je ne serais pas ici devant vous, Maer...
    - Je vois.
    - Puis-je me permettre une question ?
    - Oui.
    - Vous même, comme votre dame, vous ne semblez point l'aimer, pourquoi donc ?
    - Il est maudit. Tu as dû sentir le parfum qui se dégage de lui, je m'étonne même que tu aies résisté. Il tient cela de sa destinée mais il tente de survivre alors qu'il ne doit pas, il veut contourner le destin qui lui ait tracé alors qu'il ne doit pas. Mais nous ne sommes pas des Dieux, ce n'est pas à nous de juger de la folie des hommes.
    - Je vois. Ce n'est pas à moi de juger non plus, Lucius a été un homme bon avec moi. Je ne connais pas ses ambitions ni ses rêves ou espoirs, ils m'importent peu en fait.
    Silence. Son parfum... Oui, c'était comme ces roses de Fermanagh...
    - Les roses de Fermanagh sont nées du sang d'un grand guerrier. Voulant abandonner son propre combat, il a offert son héritage à ce druide mais ce dernier n'a pas accompli son serment. Il a fui. Son espérance est toute entière dans la Sorcière bleue de l'île des Cieux... Sauf qu'on ne brise pas les liens du sang sans en payer la conséquence, la déesse Àine l'a certainement déjà maudit.


    La déesse Àine, protectrice de l'amour et de la fertilité. Je tombais sur le cul, Lucius avait donc réalisé l'impensable. Mon père m'avait raconté qu'il existait des choses sacrées dans la vie, les liens d'un Vœu et les serments du Sang. Nul ne devait trahir sa famille, son clan, sous peine d'être maudit par les Dieux. Le Maer me regardait sans jugement, comprenant ce que tout cela impliquait pour moi. Que faire ? Que penser...

    " Ne t'inquiète pas. S'il y a une chose que j'ai remarqué à ton arrivée, c'est que mon loup n'a pas réagi à ta présence. Habituellement, si je ne veille pas sur sa chaîne, il boufferait ma femme sans hésitation. Mais toi.... Non. Étonnant. Viens avec moi ! "

    Un peu surpris de ce que je venais d'entendre, je suivis mon hôte sans vouloir m'opposer à sa volonté. Une fois dehors, on s'approcha de l'animal, roulé en boule près de son rocher. Une lourde chaîne l'entravait clairement et je ne m'étais pas senti aussi mal à l'aise depuis des années. C'était pire que mes expéditions en pleine mer avec mon père. Soudain, les oreilles du loup se dressèrent en entendant quelqu'un s'approcher. Il se leva et nous salua en remuant la queue frénétiquement. Sa langue légèrement pendante, ma peur s'envola avec un sourire. Pourquoi m'étais-je alarmé ? J'étais bien sot. Le loup bondit sur le Maer et lui fit une grande fête, il jappait en mordillant ses avant-bras. Un peu en retrait, on me fit signe d'approcher. Je fis quelques pas... quand le "gardien de maison" me renversa à une vitesse ahurissante. Dos contre le sol, j'étais face à une gueule ouverte avec une langue pendante qui charriait des amas de baves et de postillons. Mon coeur palpitait lourdement alors que je voyais les deux yeux de la bête en train de m'observer. Cette dernière commença à me lécher le visage comme un vieil ami... C'était comme si je ressentais le retour d'un vieux compagnon, mon visage était recouvert de baves de part en part. Un rire grave et chatoyant sortit de mes lipes, j'étais heureux.

    La suite de ma discussion avec le Maer restait encore vague dans mes souvenirs. Cela n'avait pas d'importance, le chien de Cuilan était né. En l'honneur de mon loup, je pris son nom et devenais le Cuchulainn.

    Un navire quittait l'embarcadère. Moi, Lucius et mon loup. C'était à ce moment là que les choses sérieuses commencèrent... Pendant le trajet en bateau, Lucius et moi discutâmes longuement de sa propre histoire, de ses secrets et je compris ce que le mot "Torture" voulait dire.

    L'Île des Cieux.

    Cuchulainn - Augure (Terminé) OTWXvuwg

    Notre embarcation était un petit bateau à voile, la coque affleurant l'eau à une vitesse surnaturelle. La voile gonflée par les vents, nous avancions à vive allure face à cette mer froide et déchaînée. Des monticules d'eau ne cessaient de se battre en duel afin de nous asperger d'eau et de sel. Je pensais à l'époque que ce voyage durerait tout au plus quelques heures, sans plus, bien mal m'en avait pris ! En effet, les jours se succédèrent à travers cette tempête. Quand, brutalement, une purée de poix nous avait entouré, je constatais amèrement que les eaux vives et tumultueuses avaient soudainement laissé la place à une mer calme. Le froid était toujours là, je pouvais même voir par moment des blocs de glace ici et là, glissant sur ce miroir blanc qu'était devenu la mer présente autour de nous. Lucius ne cessait de tousser comme un enfant, le "Maer" souriait en voyant nos têtes circonspectes. Seul Cuilan avait l'air de se moquer totalement de la situation, dormant à fond de cale comme un bébé. Déambulant sur notre coque de noix, je m'asseyais à côté de Lucius et soufflais ardemment entre mes mains pour les réchauffer. J'en profitais pour lui chuchoter mon sentiment.

    " Nous voilà bien mon ami, d'île nous ne trouvons que brumes et glaces... Plus de vent... Et le Maer qui semble... rigoler de notre état. J'ai vomi trois fois ce matin. J'aimerai tant que Lug nous montre le bout de son nez.
    - (grelottant) Je ne sais si les dieux m'en veulent encore... J'ai tellement mal au crâne, je sens quelque chose qui me dévore de l'intérieur mon ami... Je ne sais si tout cela ne finira pas par m'emporter vers les rives des mondes souterrains. Mais... Étonnamment, depuis que l'on se connait, mon corps me fait moins souffrir.
    - Le sang appelle le sang, Druide. La sorcière bleue te l'expliquera mieux que moi.


    Lucius se tût immédiatement. Le vieux bougre avait l'ouïe fine et mes lèvres n'en rajoutèrent pas. "Le sang appelle le sang" A cette époque de mon existence, j'ignorais tout le sens prophétique de ces mots. Je n'avais pas compris la source de cette tragédie qui se profilait; aussi bien pour moi que pour mon ami, assis à côté de moi en train de grelotter. Nous étions si naïfs, j'avais envie de folles aventures alors que lui rêvait de la paix du corps et de l'esprit. Subitement, l'embarcation toucha quelque chose. J'entendis quelques vagues se brisant sur les récifs. Un léger vent d'hiver était en train de lever la brume en nous révélant l'île qui était devant nous. Une immense chaîne de montagnes semblait sortir de l'eau, telle une ville de pitons rocheux auréolée d'une lourde brume. Des oiseaux blancs volaient aussi dans le ciel et il me fallut bien quelques secondes pour me rendre compte que c'était des Corbeaux. Lucius et moi nous regardâmes un instant en pointant notre stupéfaction. Quelque chose de surnaturel, d'inviolable, s'ouvrait devant nous et nous ne savions que dire devant cette majesté que nous avions l'honneur d'apercevoir.

    " Vous voici sur l'Île des cieux. Je ne peux vous guider plus loin jeunes gens..." Alors que Lucius descendait de notre bateau et s'avançait déjà vers la plage, le Maer me prit le bras quelques instants. "Chaque lumière a sa propre ombre, l'un ne peut exister sans l'autre. Telle est la loi de Lug dans notre monde. Cet homme du sud... il sera ton ombre. Je te le dis de suite jeune homme, il te faudra mourir pour que ton ombre meurt." Il me libéra alors le bras et laissa Cuilan bondir dans l'eau. Introspectif, je me contentais de lui serrer la main et j'hochais la tête en signe de compréhension commune.

    D'un saut, sac à dos en bandoulière, mes pieds marchaient pour la première fois sur cette nouvelle terre. C'était comme si nous avions quitté notre monde, était-ce celui des Sidhe que mon père aimait citer parfois ? Mes questions s'évanouirent alors que je voyais Lucius et Cuilan en train de s'amuser ensemble. Étrangement, les personnes qui méritaient mon affection avaient celle de mon loup. J'avais compris cela pendant les semaines de voyage en bateau. Il n'avait jamais grogné contre le druide, juste senti mais sans plus. Baillant, je me rendis compte que j'étais très fatigué, éreinté même était la meilleure définition de mon état. Je m'asseyais lourdement sur le sable blanc et chaud. Je sortis quelques crevettes séchées et je les mangeais sans trop me prendre la tête sur leur gout infect.

    Après quelques heures de repos, nous décidâmes de découvrir un peu cette île. Les paysages se dessinaient lentement, faits de forêts luxuriantes, de bruits d'animaux que nous évitions avec soin... Et cette lourde brume nous aveuglant à quelques mètres devant nous. Un peu de chance nous avait évité de tomber dans une fosse à un moment donné. L'étrange don de Lucius avec les plantes nous permettaient d'avancer quand même. Ce dernier modelaient dans le vie des roses écarlates qu'il plantait dans les écorces des arbres. Après cela, il parlait à l'esprit de l'arbre. Dénué de tels talents, j'étais séduit par le génie de mon ami. Il me fit signe d'aller dans une direction, nous partîmes donc vers là bas et on s'arrêta brusquement. A quelques mètres de nous, plusieurs individus avançaient les uns derrière les autres, tenant dans les paumes de leurs mains une lanterne. Portant des grandes robes bleue nuit, leurs têtes recouvertes de châles immaculés, de grandes tailles, il émanait d'eux une aura de lumière presque palpable. Lucius semblait totalement sous le charme et je devais bien avouer que j'étais dans le même état d'esprit.

    Une main se posant sur son épaule, Lucius poussa un cri. D'un geste de la tête, mes yeux s'arrêtèrent sur une femme habillée de la même manière que les autres locaux. Une chose me fit frémir, sa peau. Elle était d'un blanc laiteux virant au gris. Ses yeux... ils étaient d'un noir total, ses pupilles à peine perceptibles. Quelques papillons virevoltaient autour d'elle.

    " Tá tú i bhfad ó do thalamh, a dhaoine ? "
    [Vous êtes bien loin de vos terres, Mortels ?]

    Lucius tremblait. Sa respiration était lourde, une douleur était en train de l'agripper aux poumons visiblement. Avançant d'un pas, je m'apprêtais à l'aider quand il me fit signe de ne pas approcher. Un gargouillis s'échappa de sa gorge, avant qu'il ne crachasse un sombre jet de sang comme les roses qu'ils aimaient tant.

    " Tá an mhallacht láidir sa chorp leochaileach seo. Braithim bannaí fola na ndaoine dearmadta ann. "
    [La malédiction est forte dans ce corps si fragile. Je ressens en lui l'un des cinq sangs des Oubliés.]

    Putain.... Je ne comprenais rien à ce qu'elle racontait la... Une sensation de vertige me prit aussi à la gorge, mon souffle était difficile et je m'écroulais sur le sol à côté de mon ami... ... ...

    __oo00°°00oo__

    " Augure, le Grand Pope exige que vous retourniez dans vos quartiers ! "

    La rêverie de cette douce après-midi se termina par le hurlement de l'un de mes geôliers. D'un signe, j'invitais mes amies à retourner à Rodorio pendant que je prenais le chemin habituel vers ma sombre demeure. Chaque jour la même rengaine, Apollon m'avait fait un sale coup là ! Augure un jour, prisonnier dés le lendemain... Merci.

    Emer.

    Pénétrant dans ma cellule, je m'attardais à observer les pierres noires et grises qui étaient mon quotidien depuis de nombreux mois. Combien d'ailleurs ? Deux ? Ah oui, trois... J'avais eu quelques visites et le Grand Pope me permettait quelques sorties encadrées. Je vivais un moment agréable... Soufflant, je m'allongeais sur la paillasse qu'on avait eu la délicatesse de me laisser. Au moins, on la changeait tous les deux jours. Cuilan était en vadrouille quelques parts dans les montagnes, attendant que je sorte de mon trou. Je ressentais parfois sa présence pendant mes balades, seul moment où je ne me sentais pas seul. Bon, il était temps de réaliser ma meilleure activité d'enfermement : Dormir.

    __oo00°°00oo__

    Quelques mois auparavant.

    J'étais un beau trou du cul à l'époque ! Cela n'a pas beaucoup changé avec le temps... A peine revenu de plusieurs années d'entraînements avec la Sorcière bleue - la "Vieille" comme l'appelait Lucius -, j'étais revenu plein d'espoirs vers ma terre natale. Lucius était devenu plus sombre. Même notre entraînement n'avait pas suffi à atténuer son mal, la Sorcière l'avait prévenu qu'elle ne pouvait rien faire pour lui. J'avais tout fait pour le maintenir moralement, mais, la mélancolie ne le quittait plus depuis notre retour.

    Bien des choses avaient changé. En effet, voir l'embarcadère des Culainns en flammes, les morts qui jonchaient les sols... Cette désolation nous avait pris aux tripes. Hagard, j'avais bien tenté de trouver des rescapés et Lucius trouva par chance une petite fille du nom d'Emer. On l'amena dans une maison encore debout et on la rassura, elle était brisée. Le "qui, comment, pourquoi" traversait nos esprits. Lucius usa de ses médications pour l'endormir.

    " Elle va mieux ?
    - Oui. Elle dormira quelques heures.
    - Bien. Le vieux Culainn mort. Sa femme... Tout le monde... Qui a osé s'en prendre au Passeur des Mondes ? Pourquoi...

    - (Après un silence) Tu sais mon ami, nous sommes absents du Monde d'en haut depuis trois décennies. Il a pu s'en passer des choses. Mais... S'attaquer à l'embarcadère, c'est s'attaquer aux Dieux. Notre ennemi potentiel n'est pas n'importe qui. Enfin, j'ai trouvé quelques cadavres de soldats avec les anciennes armoiries de Connaught...
    - Le Connaught ? Le roi Ailill est connu pour sa sagesse, c'est un héritier d'une longue lignée. Je le vois pas faire une telle offense aux dieux, avec une telle sauvagerie...
    - Oui, c'était il y a trente ans mon ami.
    - C'est rageant. Il nous faut des informations... Ton lien spirituel avec la nature pourrait pas nous aider ?
    - Nous ne pouvons pas savoir plus que ce nos yeux voient. La mort est ici présente, froide et sans pitié. Le dieu Midir a pris les âmes pour les amener en son monde...
    - Putain... Mon village...


    Une évidence venait de me frapper. Mon village était à deux jours d'ici et n'avait pas toutes les protections spirituelles de l'embarcadère. Me levant brusquement, je sortis de la maison pour me diriger vers mon ancien village. Sifflant en l'air, Cuilan sortit de l'ombre et me suivit. Lucius, maugréant contre mon impulsivité, prit la petite entre ses bras et nous accompagnait. Cette fois-ci, il nous fallut que quelques minutes pour faire le voyage, nos capacités dans ce Monde semblaient plus puissantes que sur l'Île aux Cieux. Deux colonnes de fumée nous révéla par avance ce que je craignais. Les chaumières s'étaient recroquevillées sur elles même, comme si elles avaient voulu se protéger du feu qui les consumait. Des corps étaient visibles, des années d'effort détruit en quelques minutes... Sonné, je ne savais pas quoi dire, mes cuisses frappèrent le sable brûlant alors que des larmes parsemaient mes joues. Lucius observait les alentours, tout ceci ne semblait pas l'affecter. Mais, à l'époque, je ne me rendis compte de rien. A ce moment là, j'étais passé de la joie du retour à l'affliction du désespoir.

    Quelques heures plus tard, comme des pauvres hères, on brûla les corps en faisant des prières aux Dieux. Quelques bannières de Connaught furent encore trouvées et cela confirma un point. L'Ulster et le Connaught étaient entrés en guerre. Pourquoi ? On n'en savait rien encore. Alors que les flammes crépitaient, je regardais les corps de parents, d'anciens amis... qui rejoignaient les mondes souterrains. Mon père et ma mère avaient été introuvable, morts depuis bien des années certainement. Soufflant un bon coup, je tentais de reprendre le fil de mes pensées. Le coeur lourd, je me disais qu'il était temps de quitter le village à jamais. Ce fut là mon dernier passage dans mon ancien village. Passé le temps de mon deuil, Lucius me révéla qu'il avait interrogé les fougères aux alentours. Un nom revenait souvent : Cooley.

    Cooley... De mémoire, c'était le domaine au sud de chez nous. Coin paumé, composé essentiellement de fermes et très loin de la capitale de l'Ulster, Eamhain Mhacha. Quelque chose nous échappait manifestement mais c'était la seule piste que nous avions, aussi faible était-elle. Nous partîmes vers le sud dans un grand silence, c'était la première fois que Lucius et moi étions dans cet état d'esprit. A la fin du premier jour de marche, nous nous arrêtâmes à la lisière d'un petit bois afin de bivouaquer pour la nuit. La petite reprit enfin ses esprits et ce fut le moment où la vérité éclata.

    Selon elle, l'armée de Connaught cherchait Dáre, fils de Fiachna. Ils tuaient tous ceux qui refusaient de donner la réponse. Vrai que le domaine de Cooley était proche du nôtre, on pouvait aisément confondre. Lucius réconforta la petite en lui chantant quelques chants de son pays. Ce fut là où je me rendis compte que mon ami n'était plus le même. J'avais toujours eu cette empathie en l'écoutant chanter, sa musique m'avait souvent bercée par sa douceur et son humilité. Là, elle était devenue si mélancolique, si triste... Oui, mon ami sombrait peu à peu dans ce qu'il appelait le monde de la "Bête". Je ne lui avais jamais posé de questions sur la nature de son mal, ou de cette Bête intérieure qui semblait le ronger. Je n'étais pas le type d'homme à arrêter le cours du Temps, je voulais simplement le comprendre. Profitant du sommeil de la petite, je pris la résolution d'aborder le sujet.

    " Voici un chant bien triste mon ami... Il est loin le printemps de tes balades si charmantes...
    - Ah. Oui. Je la sens de plus en plus mon ami... Mon esprit semble s'alourdir... La violence de cet état a empiré depuis qu'on a posé le pied sur la Terre d'en haut.
    - Sauf à te transpercer de Gae Bolga, je n'ai pas beaucoup de solutions mon ami.
    "

    Lucius se mit à sourire, enfin. C'était la première fois qu'il quittait sa mine triste depuis quelques heures. Je m'assoupissais alors dans un coin d'herbes. Des heures plus tard, je fus réveillé par des longs bruits sourds qui se répandaient dans les plaines d'Ulster. Au loin, des flambeaux illuminés s'avançaient comme une griffe ravageant la terre d'émeraude. Il devenait clair que les attaques précédentes n'étaient que le fruit des éclaireurs, non de l'armée en elle même. Pétrifié, j'étais comme Emer se réveillant en pleurant, Lucius qui observait la scène avec une stupeur non dissimulée. Soudain, un corbeau noir se posa devant nous. Plus grand que la moyenne, une aura chaude et douce émanait de lui. Je le connaissais. Il était le même qui aimait en ma compagnie regarder le retour des pêcheurs à l'aube. Je n'avais pas le temps de penser que je vis le sol bouger dans tous les sens, des espèces de tentacules en sortaient pour filer vers Emer.

    Quatre roses noires déchirèrent celles-ci et on entendit une voix hurler de rage. C'était la première fois que je rencontrais des Spectres, la Vieille en avait parlé bien souvent, des petites crapules au service du Dieu Midir. Remerciant Lucius pour son intervention, je pris Emer entre mes bras et je bondissais dans les airs à l'aide de longues enjambées afin de suivre le corbeau dans le ciel. Lucius fit de même. Nous avions l'impression que des ailes nous permettaient de graviter quelques instants, avant d'atterrir et de rebondir de nouveau. Pendant toute la nuit, je fus bien incapable de deviner où nous allions... A l'aube, je compris. Nous nous étions approché de la capitale de notre royaume. Manifestement, les Ulates ne se préparaient pas à la guerre, ils n'avaient pas conscience du danger qui les menaçait en cet instant.

    Après une brève "discussion" avec les gardes, j'entrais dans la grande cour du château où une nuée de flèches se déployèrent dans ma direction. Des roses rouges partirent alors dans tous les sens afin de bloquer toutes les flèches... Remerciant mon ami, ma main se posa sur ma poitrine afin de prendre l'Oeil de Curruid Coinchenn. Brillant d'une lumière dorée, l'oeil se tordit sur lui même quelques instants avant de prendre la forme d'une lance écarlate et étincelante. D'un geste harmonieux, je la projetais vers les gardes. Dans une danse sinistre de sang et d'ombre, la lance et les roses de mon ami neutralisèrent les gardes en un instant.

    " T'as tué personne au moins ?
    - Non, c'est pas la raison de notre présence...

    - (Une voix nous interrompit) Par Lug, qu'est ce que c'est que ce BORDEL ? "

    Conchobar Mcnessa, jeune roi d'Ulster venait de faire son apparition. Cheveux blonds, virant au roux avec la nuit, il était torse nuit avec un simple pantalon et une épée à la main droite. Ses yeux exprimaient un mécontentement que je pouvais comprendre pour le coup. Ses gardes, encore sous l'effet de ma lance et du poison de Lucius, tentaient vainement de se relever. Posant un genou à terre, tête baissé, je pris la parole.

    " Mon seigneur, je suis Setanta, fils de Sualtam. Voici mon ami, Lucius, fils de Ferdiad. Et cette petiote s'appelle Emer. Je suis venu ici pour vous informer que les armées de Connaught viennent de passer la frontière et se dirigent vers le domaine de Cooley.
    - ...
    - Oui mon seigneur, par Lug, je ne vous dis que la vérité ! D'où ma volonté de "rapidement" vous informer.
    - Sualtam.... J'ai connu un des grands guerriers de notre royaume, mon père me parlait souvent d'un grand guerrier de ce nom, Sualtam, le Roitelet de Lug
    - Il était ... mon père.


    Le Roi se tourna sur lui même et botta le cul d'un des gardes encore sur ses genoux, lui ordonnant de faire beugler la Glam Dicinn. Alors que les gardes étaient en train de bouger, nous suivîmes le Roi vers sa grande salle du trône. Soudain, les murs se mirent à trembler alors que le son d'une corne se fit entendre, résonnant à des lieux à la ronde. Cela ressemblait à une élégie de ces héros du passé. Le royaume du nord prenait les armes, tous les guerriers ulates l'entendirent aussi et qu'importe où ils étaient en cette nuit. La guerre du Táin Bó Cúailnge venait de commencer.

    __oo00°°00oo__

    " Debout, Mossieur l'Augure ! "

    Le doux son des gardes d'Athéna me sortit de mes songes. J'étais en plein désarroi, ses souvenirs me faisaient bien du plaisir et me changeait les idées. M'étirant un peu, je me levais en regardant quatre gardes entrer et tout fouiller. Rien n'avait été laisser au hasard par Grand Pope manifestement... Haussant les épaules, je m'adossais au mur et observais l'étrange balais des servantes en train de refaire ma paillasse et de laisser du linge propre. Un autre garde posa la soupe du soir dans une vieille écuelle pourrie avec un sourire sardonique. L'idée qu'il ait craché dedans n'était pas idiote. Mais, ils savaient aussi que je n'avais pas le choix de manger si je voulais vivre.

    Lucius, Emer... Tout cela était si loin. Regardant ma main droite, je me demandais bien ce qu'il serait advenu de ma vie, si Medb n'y était pas entrée. A l'époque, j'avais aucune conscience de sa véritable nature.

    " La cellule du Grand Augure est à votre disposition.
    - Je vous remercie.
    - Pff le Grand Pope est trop bon avec les gens comme vous, il devrait vous crever les yeux et vous laisser aux bords du Styx. Apollon n'est plus rien désormais, à quoi ce sert de garder un poids mort !
    "

    Le garde était un con et si Childéric l'entendait, il était clair qu'il risquerait une mutation expresse. Je ne comptais pas entrer dans ce jeu là et pris sur moi de régler un jour cette affaire à l'amiable. Pour l'instant, je devais simplement survivre en espérant que mes petits moineaux s'en sortent mieux que moi. Ils sortirent enfin de mon "lieu de vie" et je pris l'écuelle pour manger ce qu'on m'offrait. Vie de merde.

    Alors que je mangeais cet amas de lentilles, lards et navets, j'étais en train de me dire que la vie était "douce". Après quelques exercices physiques afin de se tenir en forme, je m'allongeais sur ma nouvelle paillasse toute propre.

    La rose dans le coeur.

    " Lucius, bouge ton cul ! Le vieux va venir nous emmerder, si on est pas à l'heure !
    - Mouais, t'es sûr de vouloir attaquer Forgal ? Ca sent le plan foireux ...
    - Je ne laisse pas Emer entre les mains de ce malade !
    - Après trente ans avec la "Vieille folle", vingt ans de guerre contre le Connaught, tu veux qu'on se casse les dents sur ... une Tour ?!
    - Je te l'ai dit, hors de question de la laisser entre les mains d'un Nechnan. "


    o0°°0o

    Allongé sur le sol.

    Une rose blanche plantée dans le coeur.

    Ma vie s'étiolait comme les feuilles face à l'Automne. Mes paupières étaient lourdes et je me demandais encore comment tout cela avait pu se produire. Emer, Lucius... Dans les ombres, je cherchais encore à comprendre. La guerre avait été longue, difficile et nous avions perdu nombre de compagnons. Emer était maintenant une jeune femme d'une petite vingtaine d'années. Quand à moi et Lucius, nous n'avions pas vieilli depuis notre retour de l'Île aux Cieux. Bénédiction ou malédiction ? Je ne savais pas répondre.

    Ma relation avec Emer avait évolué au fil du temps. De frère aimant, j'étais passé à amant. Dés son adolescence, mes sentiments avaient changé et je la regardais différemment. Ses courbes légèrement charnues, sa petite chevelure rousse et rebelle, ses yeux de lavande tellement peu commun dans notre beau Ulster... Par Lug, tout cela avait réveillé l'homme trop longtemps endormi en moi. Évidemment, ce fut difficile avec Lucius dans les parages, je connaissais l'animal et lui aussi n'était pas indifférent à la belle fleur qu'était devenu Emer. De brefs regards échangés, cela se termina par quelques escapades dans les champs ou les granges des fermes aux alentours. Cependant, la guerre nous rappelait à notre devoir de silence, ce n'était ni le lieu ni le moment pour dévoiler au monde nos sentiments.

    Alors que la fin de la guerre approchait, nous fûmes envoyés en Connaught afin de négocier la paix avec nos ennemis. Un grand banquet fut organisé par la reine Medb et le roi Ailil, tout se passait au mieux. On était heureux, la paix s'annonçait sous les meilleurs auspices. Cependant, Lucius avait perdu de sa superbe. Mon vieil ami était devenu l'ombre de lui même, paranoïaque, arrogant et froid. Il s'était perdu dans ses études afin de lever sa propre malédiction. Je m'y étais habitué avec le temps, je sentais sa lourde présence mais mon corps avait une capacité d'adaptation qui dépassait la moyenne. La Sorcière bleue m'avait prévenu que mon sang était la lumière permettant à Lucius de ne pas sombrer. Et si cette lumière s'était tarie pour lui ? Je me le demandais de plus en plus.

    L'heure de la diplomatie se terminait. C'était ce qui était prévu ! Mais, un matin, une mauvaise surprise m'attendit. Emer n'était pas revenue et je ne comprenais pas pourquoi. Fou d'inquiétude, je me renseignais auprès des serviteurs de la reine Medb. Ce fut ainsi que j'appris qu'elle discutait avec un certain Forgal, avant qu'on ne la vit plus lors de la soirée... Cet individu était un guerrier Nechnan, il faisait parti des pires raclures de la noblesse des quatre royaumes. Des enculés finis à la pisse ! Mon appréhension n'était pas fortuite. Ce fut confirmé par un palefrenier qui m'indiqua qu'il avait entendu des cris près de l'étable, un homme tentait d'abuser d'une femme. Comme elle rechignait, il l'avait mise sur son cheval et était parti avec elle et ses guerriers. Le ton taciturne du servant me fit sortir de mes gonds, mon poing partit dans son museau avant qu'il ne continuasse... Pas qu'il était responsable mais ça me faisait du bien ! Alors que je cherchais Lucius, je le vis en train de discuter avec la Reine. Une courbette plus tard, j'amenais mon vieil ami avec moi afin de récupérer ma tendre Emer.

    Lucius maugréa tout le long. Il était encore pire que d'habitude mais, dans ma volonté de retrouver ma belle, je ne vis pas le plus évident. J'allais apprendre une lourde leçon sur le sens des liens d'amitié. En fait, à l'époque, j'avais oublié la raison de la malédiction de Lucius, fils de Ferdiad. Il avait trahi son ancien maître et il en payait le prix depuis, une bête sombre dévorant lentement son âme. Arrivant devant la tour du vieux Forgal, il ne nous fallu que quelques minutes pour libérer Emer et je fus heureux que rien de grave ne lui soit arrivé. Ce fut le moment où tout a déconné... Alors que nous étions au repos aux abords de la rivière de la tour, Lucius ouvrit les hostilités.

    " Setanta. Tu penses que je n'avais pas compris votre petit manège ? Quand la Reine m'a prévenu, je dois dire que je n'étais pas sûr de ses dires mais...
    - Maintenant tu sais, désolé l'ami, je connaissais tes sentiments mais la guerre...
    - Oui, la guerre. Tout cela m'épuise et j'ai besoin d'Emer, elle est peut-être la clé... Tu peux t'amuser avec elle tant que tu veux, mais j'ai besoin d'elle pour créer un nouveau Lien. Je n'ai plus le choix, je dois tenter l'opération...
    - Quoi ? Qu'est ce que tu me racontes ? Créer un lien ? C'est quoi ce bordel ?
    - Tu ne t'es jamais intéressé à mon passé, Setanta, fils de Sualtam. La Reine m'a appris qu'elle avait le sang des premiers Cruithne, c'est précieux et je ne veux pas que tu l'avilisses en l'engrossant !
    - T'es devenu dingue ma parole...
    - Elle m'avait dit que tu refuserais. Elle peut m'aider à accomplir le rituel du lien de sang et me délivrer. Ta vie est pâle comparé à mon Rêve.


    Une pluie de roses me tomba sur la gueule. D'un geste rapide, je créais un champ magique afin de protéger Emer qui hurlait de désespoir. De l'autre, j'invoquais Gae Bolga, le combat venait de commencer.Nous nous connaissions depuis tellement longtemps qu'il était impossible de nous tromper par des techniques secrètes. La nuit et le soleil se succédèrent un moment avant que Gae Bolga le frappe à l'épaule... Au même moment, je me pris une de ses roses blanches dans la poitrine. M'écroulant sur le sol, la respiration lourde, j'usais du peu de cosmos qui me restait pour protéger Emer de quoi que ce soit. Lucius ne bougeait plus, était-il mort aussi ?

    Le silence.

    Citation :
    Un corbeau descendit du ciel et se posa sur le sol. Bondissant à quelques reprises, il observa la rose écarlate plantée dans le coeur de l'homme allongé sur le sol. Sa tête se tourna sur lui même afin de voir un homme qui quittait les lieux, rageant de ne pas pouvoir récupérer Emer. L'oiseau noir ne fit rien pour l'empêcher de partir. Une lueur dorée s'échappa lentement de ce dernier, elle auréola lentement les pétales de la rose afin de l'enchanter.

    " Mon fils, par ton sacrifice, Emer sera protégée. Mon fils, par ton sacrifice, tu reviendras quand l'ombre sera tombée "

    La terre se mit à trembler et recouvrit lentement mon corps, des arbustes formèrent une nef dont les plus grands ébénistes auraient rêvé. Heureux de savoir Emer en vie, j'acceptais la décision d'un ... Corbeau. M'enfin, au fond de moi même, ce corbeau m'avait toujours accompagné depuis mon enfance... je m'endormais donc en attendant que la volonté de Lug soit accomplie.

    Le Sacrifice.

    Septembre 545, anno domini.

    Avec l'éclat du soleil, une rose rouge plantée dans la terre se fanait brutalement. Le sol se mit à bouger de plus en plus avant qu'une main explose le sol. Puis, tout un corps d'homme se libérait lentement de l'amas de pierres et de racines qui le recouvrait depuis des siècles.


    Lentement, je levais les yeux. Lucius devait être mort, enfin je crois. Sa maudite rose était liée à lui après tout. Mais, la mort était relative avec les dieux, je le savais mieux que quiconque. Où étais je ? J'avais déjà la réponse mais quand ? Là, les complications commençaient. Alors que je me retirais les gravats sur la tête, une masse sombre et velue atterrissait sur le coin de ma gueule afin de m'asperger de coups de langue et de baves bien gluantes. Cuilan. Mon vieil ami était toujours de ce monde, c'était là un cadeau du ciel. Tenant mon vieux compagnon entre mes mains, je le cajolais sans retenir mes larmes. Après quelques minutes, je me demandais comment sortir de là.

    Posant la main sur ma poitrine, je me rendis compte que l'oeil de Curruid Coinchenn était toujours là. Je le pris alors et le libérais de son écorce afin de faire renaître Gae Bolga. Dans un jet de lumière et de flammes, je détruisis le tumulus et voyais enfin le ciel. Il était brillant comme jamais, étincelant. Un sourire aux lèvres, je vis un village près de là où je venais de me réveiller. Les choses n'avaient pas changé ici et prendre une petite cervoise me ferait le plus grand bien. Quelques minutes plus tard, je déambulais dans les rues de ce village et quelques cris de femmes outragées me firent prendre conscience que j'étais nu. Mince, le temps avait fait son office quelque part. Un sourire benêt apparut sur mes traits alors que je tentais de faire comprendre que j'avais rien d'autres... Après une bonne baston avec les hommes du coin, on sympathisa et je compris peu à peu ce qu'ils disaient. Leur dialecte ressemblait à celui des Finns, avec un léger son venant du troisième royaume. Les hommes me filèrent quelques vêtements et les femmes m'offrirent même une lyre qui aurait appartenu autrefois à un certain Lucius, fils de Ferdiad. Je fus surpris, le mot était faible mais je la pris, je sentais que c'était le lien avec mon vieil ami...

    J'appris l'existence d'un nouveau Dieu, qui s'appelait Dieu. Alors lui, il avait la barre haute, niveau égocentrisme. Il avait aussi envoyé son fils, Jésus, afin de purifier le monde de ses pêchés. Ben voyons... Des temples avaient été construits un peu partout à sa gloire. J'étais surpris que les Tuathas n'aient pas botté le cul à ce Dieu venu de nulle part mais ils devaient avoir leur raison. Une chose était en tout cas clair, je devais découvrir ce nouveau monde, le parcourir pour mieux le comprendre. Je connaissais bien les quatre royaumes et je partis donc à travers le monde pendant de nombreuses années.... Monde marin, monde terrestre, je fis le tour de ce que je connaissais pas au fil de ce que les ménestrels racontaient dans les campagnes.

    Cependant, les choses changèrent brutalement pour moi vers 552... Moi et les dates, je n'étais même pas sûr de me souvenir de la date exacte. La voix du corbeau... Oui, il me parla à nouveau et cette fois, c'était pour me donner un nouveau rôle dans cette époque. J'écoutais avec soin ses recommandations et ses visions de l'avenir, et, je partis vers l'Italie. Après un passage à Rome afin de réorganiser ce que l'on appelait les "Moineaux", je me décidais à trouver le chef des Saints. Il ne fut point difficile de trouver les campements de nos ennemis, je vis alors quelques gardes et me présentais à eux directement.

    " Hola gardes ! Puis-je savoir comment se nomme votre commandant ?
    - Casse toi le ménestrel ! Tu n'as pas ta place ! Quand à ton animal, prend garde, s'il s'approche...

    - (D'un signe de la main, j'ordonnais à Cuilan de fuir en attendant mon rappel) Mes seigneurs, j'insiste, je peux chanter toute la nuit pour qu'il m'entende ! Je dispose ici d'une lyre qui a pu prouver son efficacité au cours des années passées. "

    Ce fut ainsi que je croisa pour la première fois le Grande Pope Childéric. Nous n'étions que des hommes et je restais au plus profond de moi même le fils de Sualtam, le grande guerrier des Tuathas.

    - Grand Pope, si tel est ton titre, je me nomme Cuchulainn et je viens m'en remettre à votre jugement. Je suis l'Augure du soleil et des arts, celui que vous nommez Apollon sur vos terres. Je suis votre prisonnier.

    Un nouveau conte commençait, chaque note était déjà superbe et je n'avais qu'une volonté, qu'on m'attache rapidement et sans ambages. A voir la tête de ce Grand Pope, il n'avait rien à envier aux Ulates, il avait gagné au moins un bon point pour un début.



Et vous, qui êtes vous ?

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Cuchulainn - Augure (Terminé) G-bleu1350/1350Cuchulainn - Augure (Terminé) V-bleu  (1350/1350)
CP:
Cuchulainn - Augure (Terminé) G-rouge900/900Cuchulainn - Augure (Terminé) V-rouge  (900/900)
CC:
Cuchulainn - Augure (Terminé) G-jaune1350/1350Cuchulainn - Augure (Terminé) V-jaune  (1350/1350)
Message Re: Cuchulainn - Augure (Terminé)   Cuchulainn - Augure (Terminé) EmptyVen 1 Mai - 17:09
Je te valide donc niveau 5 d'éveil (équivalent gold) en tant que prisonnier... Euh pardon, Augure. Et c'est pas une blague ! Tes PC et XP te seront transmis une fois la MàJ Sysco' tombée. Bon RP parmi nous l'ami !
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Cuchulainn - Augure (Terminé)
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