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Mars 553 AD (Jusqu'à la fin de l'Event)
 
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 Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée]

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ŻelisławŻelisławArmure :
Cuirasse de la Pestilence

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Message Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée]   Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée] EmptyVen 1 Mai - 18:55
Mérion
Qui est-il ?


    Nom : Mérion
    Date de naissance : Il aimera vous dire qu'il est né en Septembre 530. La réalité est différente.
    Âge : Une vingtaine d'année, c'est ce qu'il racontera. Mais ne nous mentons pas : c'est bien face à un être existant depuis deux ans et demi que vous vous trouvez.
    Sexe : Masculin.
    Armure demandée : La Cuirasse de la Pestilence.


Comment est-il ?

Ses yeux s'ouvrent, sur la silhouette artificielle de la poupée qu'il tient entre ses doigts. Quelles raisons ont poussé son Maître à quitter les lieux ? À le laisser en surveillance de sa nouvelle possession ? La curiosité est omniprésente. Oh, certes, ce n'est pas la première fois. Et cela ne sera pas la dernière fois, qu'il se posera toutes ces questions. Car elles font partie de lui. De son besoin de comprendre l'objectif derrière une action. Souvent, dans ce genre de cas, il n'y en a guère.

Ce n'est qu'une conjoncture de réalité. Il est là, en ce moment, seul avec lui, Acamas. Et avec l'autre. Haldor. Alors, lorsque le premier doit quitter les lieux – pour une raison qui finalement ne concerne que lui –, c'est à lui de gérer le deuxième. Malheureusement, son état n'est pas encore viable. Pas encore capable de parler, d'échanger. Incapable de faire quoique ce soit. Sauf une chose : consolider une vertu essentielle au développement personnel du jeune homme.

La patience.

Par chance il en avait, un peu. Une chose qu'il avait développée, seul, au début. Car rien ne se faisait rapidement. Sentir pour la première fois le goût des aliments – un goût qu'il a retrouvé lorsqu'il a, par hasard, reçu de la cendre en plein visage – était une petite victoire. Un petit pas. Oui, il fallait être patient lorsqu'il existe ainsi. Par chance, donc, il en avait. Un peu. Mais il a pu, en effet, la consolider. Appliquer son utilité. Ne pas attraper le col de cette chose inerte pour la secouer pour espérer qu'il ouvre enfin les yeux. Ne pas tenter d'attraper la foutu arme qu'il doit porter – pour lui –, et chercher comment l'utiliser au mieux pour l'éjecter de cette apathie.

Il est fort possible que sans cette patience et une certaine capacité de résilience – qu'il a développé, là encore, au fil des premiers temps –, sa curiosité l'aurait déjà poussé à tester tout ce qui est possible. Pour simplement voir. Vérifier. Pour entendre sa voix. Pour voir comment il bouge. Pour voir comment fonctionne son cerveau. Car cet homme n'est pas une cible. Car il n'a pas à voir s'il meurt comme les autres – bien qu'il soit parfois obligé de vérifier si cette chose, Haldor, est toujours vivante –, il n'a pas à voir s'il tombe malade, comme les autres – bien qu'il ne doute pas de la fragilité de ce corps face aux infections les plus vicieuses.
Non. Lui, il doit être réveillé. Il doit être conscient. Capable de bouger. De porter cette arme. D'utiliser ses capacités avec la plus grande force. La plus grande brutalité, peut-être. C'est pour cela qu'ils ont voyagé jusqu'à lui. Et ce qu'ils attendent de lui. C'est tout cela. C'est qu'il soit un Berserker.

Un mouvement. Les yeux mordorés du jeune homme se plissent un instant. Est-ce qu'il est … ? Se redressant légèrement, le jeune homme lâche la poupée sur le sol hivernal. Approchant alors, il se penche, vers lui. Un sourcil se hausse. « … Est-ce que je dois te balancer dans la rivière à côté … ? » Sa voix est douce. Un brin associée à une certaine malice. Les mains dans son dos, il vient en glisser une jusqu'au visage de l'inconscient … Il approche, doucement, l'index … Avant de le retirer. Comme le ferait un enfant. Près d'un chien, un peu trop féroce. « Eh … encore loupé. » Un soupir traverse ses lèvres. Il se redresse, alors. Pose les yeux sur la poupée. Un jouet récupéré dans la maison d'une famille. Il hausse les épaules, donnant l'impression de répondre à un commentaire. De cette silhouette artificielle. Comme si l'une et l'autre se comprenaient.

Ne pas la perdre.

Ne pas la perdre. Ne pas perdre cette arme. L'ordre qu'il s'est donné, lorsqu'il a récupéré pour la première fois cet équipement à la qualité exceptionnelle. Car il ne doit pas la perdre. Car c'est ce qui différencie cet homme, les autres et lui-même. Ce lien avec quelque chose. Qu'il est prêt à tenir, même dans la mort. Qu'il est prêt à ne jamais lâcher. Une extension d'un homme. C'est ce qu'il porte. Et ça l'intrigue, oui. Comme les étoiles. Comme le mouvement du vent dans les branches. Comme la neige qui vient se poser sur les terres septentrionales, qu'ils quittent à peine.

Il avance, près de l'arme. Qui est posée contre un arbre. Son visage en fin d'adolescence se tourne. Vers la poupée. « Il n'est pas encore conscient de tout ça. » Possiblement. Du moins. Il espère, quand même. Car bien vite, ses doigts gantés viennent chercher la hampe de l'arme. Sa structure est particulière. Il sait. Sans avoir vu de nombreuses armes depuis qu'il a ouvert les yeux ... il sait. Ses muscles fins, cachés par sa tenue de voyage aux teintes sombres, se contractent. Ils portent. Cette arme est lourde. Sa silhouette fine, pas très grande – après tout, il ne dépasse guère le mètre soixante-neuf –, vacille légèrement. Porter quelque chose de lourd, un éveillé peut le faire ... Ils peuvent tous réaliser cet exploit. Mais manier cette arme ? Le jeune homme aux cheveux immaculés le sait : seul l'unique propriétaire peut réellement le faire.

Car elle demande d'être connue. De passer des heures à la porter.
Il faut bouger avec elle. Contrôler ses angles. Sa vitesse. Son poids.
Mais aussi … il faut l'accepter. Cette présence insondable. Qui nage. Qui rôde. Dans la matière de cette arme. Dans cet acier énigmatique.

Cette arme est vivante. Et elle appartient à un seul homme. Ainsi, il se décide, après l'avoir porté, après avoir tenté quelques mouvements, de la poser. À sa place. Il recule, alors, lentement. Pour analyser, comme souvent. Sa main s'ouvre, délicatement ... pour se refermer. Un frisson parcours son corps. Lui arrache un léger soupir. De bien-être. Il comprend, maintenant. Pourquoi il ne la lâchait pas. Pourquoi il la gardait. Pourquoi elle ne peut être qu'à lui. Pourquoi il ne l'abandonnerait jamais. Elle ressemble, de son point de vue, à cette existence à laquelle il est lié. À son unique possession – même s'il est difficile de savoir qui est réellement le propriétaire, dans cette relation.

La Pestilence

En lâchant cette arme, il y pense. En s'installant à nouveau près de la poupée, qu'il reprend entre ses doigts, il y pense. Il ressent cette sensation, cette première fois. Lorsque l'étrange mélange de porcelaine et d'écorce venait caresser son teint bronzé. Lorsque sa longue tignasse s'écrasait, emprisonnée par un heaume. Son corps avait une odeur. Pour la première fois. Infâme. Infecte. Son odeur !

Il tremble. Il y repense. Plus profondément.

De cette silhouette qui harmonise des angles humains, bestiaux et monstrueux. De ce visage sans trait. De ces excroissances, dont les courbes dansaient, figées, sur les hauteurs de ce heaume. Il se souvient, des premières fissures qui sont apparues. Des exaltations méphitiques.

Encore plus. Encore plus de tremblements.

Ce battement de cœur. Violent. Dans son esprit. Première fois qu'il en entendait un.
Cette respiration. Contre lui, contre sa peau. . Cette présence. Rampante. Possessive. Qui s'accrochait. Qui continue de le faire.
Cette douleur, qui venait brûler ses yeux, ses narines. Sa gorge. Irradiant dans chaque partie de son corps. Jusqu'au plus profond de sa pensée. Il se souvient … que des suppliques voulaient quitter sa gorge. Mais qu'il se refusait de le faire. Avant que la folie ne vienne totalement l'envahir. Avant que la Pestilence ne devienne l'unique chose qui animait son esprit.

Une fissure. Puis une nouvelle. Sous la pression de ses doigts tremblant, de son euphorie silencieuse et instable, la poupée commence lentement à se briser. Avant de finir par rejoindre le sol, en morceaux.
Et il se souvient. Du réveil. Du moment où ses paupières se sont ouvertes. Et il est heureux. Tout comme il était heureux à cet instant. Hilare. Il l'est encore. Intérieurement. Il l'était, réellement, ouvertement. Car dans tous ces sacrifices. Dans ce carnage … il avait trouvé une réalité. Une vérité.

Quelle délicieuse maladie que de sentir son existence.

Son Histoire

Ouvre les yeux …

Difficile. C'est difficile. D'ouvrir les yeux. De ressentir cette lumière, même faible, venir caresser ses paupières. Il refuse, naturellement, d'ouvrir celles-ci. De voir ce qui l'entoure. Il refuse. Son corps, oui. Lui ? En partie. Une partie de lui refuse. Par crainte. Par terreur. Par souhait que tout ceci ne soit qu'un cauchemar, qu'une punition, d'un quelconque Juge Chthonien. L'autre partie, majoritaire, n'écoute pas. Elle veut ouvrir. Quitte à souffrir. Quitte à ne rien voir. Car elle est épuisée. De l'obscurité rassurante. Épuisée. Des mêmes mouvements. De la même mélasse. Du même murmure qui traversait son esprit, à intervalle régulier.

Elle n'en veut plus. Elle la refuse. Même si l'environnement était rassurant. Même si l'environnement était agréable, au début. L'immobilisme … Les impatiences qui remontent sur un corps invisible. Ce besoin de marcher. De ramper. De s'extirper de ces frontières infinies.
Ne plus entendre ce battement assourdissant. Ne plus entendre chaque coups qui viennent marteler on ne sait quelle paroi. Il avait commencé à le comprendre. À le détester. Ça l'agaçait. Profondément. Et maintenant ? Il n'est plus là. Plus là. Il n'y a plus rien. Ces coups rapides. Ces coups lents. Ces coups puissants. Disparus …

Il en sourirait presque. C'est peut-être ce qu'il fait. Sans vraiment s'en rendre compte. Même s'il sent, en effet, quelques muscles faciaux bouger. Non … il ne sent pas seulement ce mouvement. Il le découvre. Doucement. Il décortique, chaque centimètre soulevé ou abaissé. Sa joue qui remonte légèrement … ses lèvres qui s'étirent … Et cette légère expiration. Un léger bien-être. Qui prouve que la partie majoritaire est contente. Et que l'autre doit se taire. Qu'il se taise. Lui aussi. Trop bruyant. Peut-être que la pulsation venait de lui d'ailleurs.

Il ouvre, lentement, les yeux. Qui en effet, semblent avoir encore besoin de temps. Pour s'acclimater aux ombres qui composent cet environnement. Un doigt bouge, doucement. Puis un autre. Index … Majeur … Annulaire … Auriculaire … Pouce … Il aimerait les énumérer. Mais ces mots ne lui viennent même pas en tête. Et lorsqu'il ouvre légèrement la bouche … Ce n'est qu'un silence qui vient illustrer ses pensées.
La déception vient se poser sur son visage. Lentement. Doucement. Il voulait l'entendre. Mécaniquement. Il voulait entendre des mots sortir de sa bouche. Car c'est à ça qu'elle sert, non ? Tellement … Tellement de mots ont besoin de sortir. De résonner. Il en a besoin … Besoin …

Besoin …

Les ombres tendent à s'écarter. Définissant les frontières d'un sanctuaire infâme. D'une vision qu'il ne peut réellement comprendre. Il inspire, doucement. Son torse nu – tout comme le reste de son corps – se soulève, simplement, au rythme du mouvement de son diaphragme … sur lequel son esprit se concentre, un instant. Ses paupières viennent de nouveau cacher ses yeux. Il remonte une jambe. Un genoux. Pour l'étirer. Et recommencer. Encore. Un nouveau soupir naît de ses lèvres. Une légère vibration de l'air, sans véritable sonorité. Juste … ça fait du bien. De pouvoir sentir cette chose … bouger. Et il ouvre, de nouveau.

Pour le regarder. Lui. L'homme à la tignasse immaculée. L'homme aux yeux d'ambre. L'homme à la peau mate. Il se perd dans son regard. Pour y rechercher une réalité. Pour y rechercher quelque chose. L'approbation ? Peut-être. Des félicitations ? Peut-être. Quelque chose. Qu'il finit par voir. Dans l'ambre. Dans les traits de cet homme.
La ville. Haute. Imprenable. Boum. Le feu. Intense. Violent. Boum. Les corps. Boum. Le bois. Boum. Le galop de la Guerre. Boum. Les odeurs viennent jusqu'à lui … Boum. La respiration s'accélère. Le calme se brise. Boum. Il résonne. Dans cette vision. Boum. Le coup. Violent. Plus rapide. Qui accélère. Plus brutalement. Alors que la mécanique déraille.

Il revient … Non … Trop bruyant. Trop bruyant !

N'approche pas !

La réaction est aussi violente que la sensation. Sans prévenir, il se redresse, pour s'écarter. Pour s'éloigner. Tel un animal apeuré. Malgré la difficulté de ses jambes à tenir, il vient chercher cette ombre, plus rassurante. Celle d'un coin de ce sanctuaire. Dans laquelle il va se réfugier. Se laisser tomber lourdement sur la pierre, il se recroqueville. Encore, il tente de parler. Non. De cracher des ordres. N'approche pas ! Non. Pas lui. Pas lui. Ce n'est pas lui.
Pourquoi il réagi ainsi ? Il ne veut pas ! Il était bien. Il se réveillait. Il bougeait. Enfin. Un jour, il parlerait. Il dirait un premier mot. Un merci. Peut-être. C'est ce qu'il voudrait dire. Non … Non … ne lui hurle pas ça. Il ne doit pas l'entendre.

Il désirait plus que tout sentir ce sol. Enterre moi !
Il désirait plus que tout sentir cette mécanique. Brise moi !
Il voulait plus que tout marcher. Ramper. Bouger. Immobilise moi !

Et, plus que tout, il avait rêvé de sortir de cette mélasse. Là où il a découvert. Là où il a compris. Le vide. L'artifice. La mécanique. Là où il a désiré ne plus aller. Car il ne pouvait pas tendre la main pour attraper ses idées, éphémères. Il ne pouvait rien faire. Pas vivre. Juste pensée. Dans la douleur. Avec ce bruit. Qui continue. Violent. Dans son crâne. Cet ordre. Que sa bouche veut hurler.

TUE MOI !

Il veut ramper. Pas mourir. Sortir des frontières de cette pièce. Tout est vaste ! Le monde ne peut pas se définir que par les murs de cette pièce. Non ! Définitivement non ! Ramper jusqu'à cette porter. Marcher jusqu'à elle. Courir. Pour voir l'autre côté. Loin de la mélasse. Loin des frontières de ce ventre de pierre. Briser le cocon. Il le peut ! Il en a la possibilité ! Alors … pourquoi … ? Pourquoi il se tient là ? Pourquoi il rejette son existence qu'il désirait tant ? Pourquoi il rejette cet homme qui lui a tendu la main ?
Les questions viennent parasiter chaque centimètre de son cerveau. Chaque parcelle de son âme. Elle hurle. Et il veut hurler. Mais il n'y arrive pas. Et à force de vouloir, il finit par vider son estomac sur le sol, rejetant les souillures noires qui composent sa carcasse.

Avant de voir, dans une flaque transparente à côté. Son visage. Avant de voir ses traits. L'homme à la tignasse immaculée. L'homme aux yeux ambrés. L'homme à la peau mate.

Il se sent horrible … Voilà la vérité. Une partie de lui se sent horrible. Souillée. Par une chose infâme, inexplicable. Il se sent aussi définitivement vaincu. Humilié. Lui … Non … L'autre … L'autre se sent abandonné. Abandonné par les dieux en qui il croyait. Qu'est-ce qu'un dieu ? Oublié, par ses pairs. Par ses Frères, ces hommes qui se tenaient à ses côtés. Qui étaient-ils ... ? Face à Elle. Mais qui est-elle ? Pour Elle. Qui ? ! Contre Eux. QUI ? ! Il se sent loin de tout. Loin de chez lui. Où ? Loin de ce qu'il devrait être ... Loin de ce qu'il est ... Qu'est-ce que tu es ? Qu'est-ce que nous sommes ... ? Tu ... l'acceptes ... ?

Les coups ralentissent … L'humiliation est complète … Perdu … Il a perdu. Définitivement.
Au sol. Il lève les yeux … une larme blanche couleur de son œil. Il le regarde, cet homme qu'il voulait éviter il y a quelques minutes.
Les coups ralentissent. Il rampe, doucement. Il va se réfugier, légèrement, à ses pieds. Nouveau né apeuré. L'autre a abandonné. L'autre est parti. Silence.

Qu'il veut remplir. D'un mot. D'un unique mot. Qu'il prononce, d'une voix fatiguée, difficile.

« Mérion … »

Le héros. Mérion. Celui qui est mort …
Et Mérion. Celui qui est né. La chose qu'on reconnaît. Mais qu'on ne nomme pas. La création.

C'est ma vie ...

***

Nous existons.

Les yeux du jeune homme s'ouvrent péniblement, évitant la lumière de l'astre lunaire mécaniquement. Ses doigts bougent, grattent le sol, doucement. Inspirer et expirer ? Il peut encore. Il lève lentement sa main, pour observer de son regard d'ambre – le même que celui de son Père – les doigts effectuer quelques mouvements, identiques. Répétés. Chaque preuve de la poursuite de son existence sont rassurantes. Il ne veut pas être cela. Il ne veut pas être Mérion l'Éphémère. Le jouet cassé. Celui qu'il faut remplacer.

Quelques gouttes viennent déranger sa pensée. Tombant en rythme, elles viennent tâcher son visage de cette peinture rouge et vitale. Lentement, le jeune homme se redresse. Il penche la tête sur le côté, en observant cela. Sa main. Souillée par le sang. Bien vite, ses yeux sont attirés en direction des interstices qui séparent la chair de ses ongles. Un mélange boueux, qui vient accompagner la tendresse de cette peau. Un mélange de sang. De terre. Et d'une substance. Infecte. Pâle.

Intrigué, ses yeux restent quelques longues secondes sur ce spectacle. Le sang qui caresse la peau nue de son bras, qui vient tomber contre la fine musculature de son torse. Il sourit, légèrement. Jouant un peu avec les mouvements. C'est amusant. Première fois qu'il observe, réellement, ceci. Liquide. Mais différemment que l'eau. Le sang, il connaît. Là où ils sont, il en voit souvent. Mais observer ainsi. Dans cet environnement. Dans cet état d'esprit ...

L'autre est parti. Depuis quelque temps déjà. Mais il se sentait bizarre, sans lui. L'impression d'avoir perdu une chose, sans savoir quoi. Agaçant. Mais là. Il est bien. Détendu. Mais pourquoi ?

Son autre main vient se poser sur son menton, tâchant au passage cette partie de son visage des mêmes substances. « Uhmmm ... Que s'est-il passé ... ? » Il tapote sa tempe de son index. Une petite recherche dans ses souvenirs. Alors qu'il n'aurait qu'à observer autour de lui. Qu'il n'aurait qu'à voir les corps qui jonchent le sol de ce village.

Et il finit par le faire. Attiré par l'odeur ambiante : un parfum méphitique. Un parfum que seules ses narines sont capables de réellement supporter. Son odeur, finit-il par penser, à raison. Du moins, le parfum de son aura. Car il l'a senti. Quelque part. Contre lui ... Oui ... ça commence, ça commence à lui revenir.

Se redressant simplement, il observe. Oubliant la douleur dans ses muscles, il observe le spectacle qui se déroule autour de sa silhouette. Ses pieds nus – son seul vêtement étant finalement un simple pantalon noir – avancent dans cette mélasse, alors que ses yeux cherchent des survivants, ici et là. Mais rien. Derrière les pustules. Derrière les altérations de la peau. Derrière les gangrènes ... Rien. Des visages épuisés. Des visages défigurés. Figés dans la douleur.

Et à chaque rue, il les voit. Ces corps. Humiliés. Frappés. Mutilés. Par la nature elle-même. Et cette pensée l'arrête.

Par la nature. Par ma nature ? Par la nôtre ?

Mérion observe, autour de lui. Une première fois. Une nouvelle fois. Encore. Et les corps allongés reprennent vie. La terre souillée se purifie, par les simples désirs d'une interprétation. De ce dont il se souvient. De ce qu'il a vu. Ce jour de marché. Cette activité. Il frissonne, lorsque la silhouette morte d'une enfant se lève pour retrouver sa mère, aller dans ses bras et l'aider ensuite à porter les fruits.

Il voit la décoration centrale se briser, après l'impact violent d'un corps. Les odeurs qui, lentement, prennent possession des lieux. La pestilence de la terre, qui vient s'en prendre aux productions agricoles. La pestilence de l'eau, qui vient s'en prendre au labeur des pécheurs. La pestilence humaine, qui rampe. Ronge. La peau. Les poumons. Les bronches. L'estomac. Le cerveau. Le cœur. Par l'aura. Par la violence de cette aura. Ce rayonnement débilitant. Combien de fois a-t-il répété ce geste ? Cette violence ? Cette surprise ? Combien de vies a-t-il brisé en une simple arrivée ? Tout ça pour... se calmer. Par la violence.

Et quelle violence. Qui vient écraser la première personne dans un hurlement. Bestial. Dans un rire. Communicatif. Chaotique. Intense. Et libérateur. L'impression que des chaînes viennent de se briser.

Il tremble et sourit. Alors que la pureté du souvenir retrouve peu à peu la corruption actuelle.

Nous existons.

Il recule, d'un pas. Vient appuyer ses mains sur ses genoux. Il inspire. Expire. Rapidement. Un filet de bave coule légèrement de la commissure de ses lèvres, vient se perdre dans le sol boueux et corrompu. Oui. Il existe. Avec Elle. Cette maladie. Cette ombre pâle qui comble tout ce qui lui manque. Tout ce qui faisait de l'autre un être humain.

Sa respiration se calme, alors que ses yeux rencontrent le regard froid, inanimé, d'une poupée. Sa main vient alors attraper l'objet. Le jouet. Un petit frisson parcours de nouveau son corps, lorsque la pulpe de ses doigts rencontre la matière. Ce n'est pas pareil que sa peau. Que celle des autres. Il tente de l'extirper du charnier dans laquelle elle se trouve. Mais l'enfant la garde. Avec elle. Même dans la mort. Les doigts se sont refermés. Possessifs. Une simple pression suffit. Pour libérer la chose. De cette main. Et de ce corps. Qu'il vient à oublier, alors qu'il pose ses yeux sur la créature qu'il tient entre ses doigts. Elle est particulière ... et surtout ... « Pourquoi tu n'es pas malade ... ? » Oui. Pourquoi elle n'est pas malade ? Pourquoi ses yeux sont-ils ouverts ? Pourquoi la gangrène ne vient pas ronger sa peau ? Pourquoi a-t-elle l'air si vivante ... et morte à la fois ?

Il secoue la silhouette. Pas de réaction. « Uhm ... » Une articulation casse lorsqu'il commence à faire bouger le bras. Silence. Le jeune homme regarde de chaque côté. Avant de poser les yeux sur l'objet. « Euh ... désolé. » Il regarde le bras détaché. Et le reste du corps. « ... La dernière fois que j'ai vu quelqu'un faire cela à un autre, c'était plus sale ... Et bruyant ... » Et violent. Il est rare d'arracher un membre par accident. La résistance du corps ... la pression qu'il veut y imposer. C'est une torture lente, qui demande l'utilisation le plus souvent d'outils. Et de partenaires équidés.

Et il sait ceci. Car son esprit l'imagine, simplement. Facilement. Comme si comprendre le fonctionnement du corps, d'un corps, était une extension de son esprit. Et c'est normal. Non ? N'est-ce pas normal ? N'est-ce pas normal de connaître la composition exacte d'un corps ?

D'ailleurs. Elle est plus petite. Cette silhouette, plus petite. Qu'un nain. Qu'un enfant. Elle est trop petite. Peut-être est-ce un bébé ? Non. La chair est plus tendre. La chair est trop fragile chez un nouveau né. Il secoue. Une nouvelle fois. Pas de douleur. Rien ... Cette chose le prend. Simplement ...

« ... Tu es comme moi ... ? » Une question. Un silence.
Un sourire.
« Tu vas finir cassée, tu sais ? » Une nouvelle question. Un nouveau silence.
Un petit soupir.
« Bien. Viens avec moi alors ... » Il regarde, un instant, le bras. « Non, je n'allais pas le jeter. »

Alors, simplement, il commence à s'éloigner. Pour retrouver la forme pâle qui broute dans les environs du village. Il quitte cet environnement, méphitique. Cet environnement dans lequel il a rencontré quelqu'un. Presque comme lui. Qu'il finira par oublier, lorsque ce quelqu'un sera brisé. Car tout est remplaçable. Tout peut être brisé.

Surtout un jouet.

***

Ses yeux se ferment lentement, alors que la politesse de la servante résonne dans la pièce. Légèrement agacé, il ne répond guère, alors que son regard doré est concentré. Sur la silhouette artificielle sur laquelle il est en train de travailler. Une poupée, sans intérêt aux yeux de beaucoup. Dont le bras a été retiré, par erreur. Par une manipulation hasardeuse.
Comment fait-il ? Naturellement. Pourquoi comment ? Il ne le sait pas. Certaines choses sont inscrites. L'art de se battre ? De danser avec différentes armes ? Il sait le faire. L'art de lire ? De rédiger des informations et de réfléchir à des concepts ? L'art du questionnement personnel ? De la recherche ? Il sait le faire. Et, selon cette même logique – qu'il ne peut encore expliquer, pour le moment –, il semble avoir cette dextérité. Celle que lui demande la réparation de quelques articulations. Une dextérité simple, bien entendu. Pas celle d'un maître des petits mécanismes. Non, juste celle qui lui permet de dire que ce bras peut encore servir ...

Qu'il peut encore être accroché. Réparer, il sait faire. Créer ? Ce n'est pas dans sa nature.

La porte finit par s'ouvrir, après quelques minutes de silence. Délicatement, Mérion pose ce sur quoi il travaillait. Une poupée. Étrange. Particulier. Mais la servante qui entre n'est sûrement guère en capacité d'en parler. L'absence de compétences d'écriture, en premier lieu. La parole ? Une tentative de parler, sans langue, semble le plus souvent donner comme résultat une succession de sons gutturaux. Silencieuse, voilà ce qu'est cette servante. Ce qui n'était pas le cas de celle qui l'a précédée.
Une femme délicate, attentionnée. Mais aucunement attentive. Médiocre. Dans sa capacité à écouter les ordres. Dans sa capacité à trouver l'information à donner. À transmettre. Ce qui lui a coûté … Beaucoup.

Silencieuse ... ? Pas complètement. Au milieu de cette petite pièce. Une chambre. Du moins, ce qui pourrait s'approcher de ceci. Plusieurs tas de parchemins. Pour apporter quelques savoirs à sa curiosité. Une alimentation saine, aime-t-on dire. Une alimentation dont il a besoin. Plus. Encore plus ... ! Il doit lire. Tout ça. Il veut lire. Tout ceci. Oui ... Au milieu de cet environnement sans véritable organisation – mais à l'objectif bien précis – quelque chose est bruyant chez elle. Cette lueur. Qui brille à travers ses rétines. Ses iris. Une certaine peur. Irrespectueuse ? Non. Accompagnée de dégoût ? Possiblement. Car elle doit sentir, les relents des victimes les plus fraîches. Ça reste. Sur les vêtements. Sur la peau. Mais cela ne gêne qu'elle. Non, la véritable peur est celle liée à l'autorité. Il semble qu'être face à un Cardinal soit destructeur pour l'esprit des plus faibles.

Un geste. Et elle approche. Pour poser le parchemin qu'elle tient entre ses doigts. Avant de quitter les lieux, non sans un regard pour le jouet enfin réparé. « Uhm ... » Il est seul, maintenant. Et il lit.

C'est lui. Le Maître. Le Père.
Qui le convoque à le rejoindre.

« Un départ ... » Il roule le parchemin ... Ses yeux cherchent, durant un instant, la raison d'un quelconque voyage. Comme si la réponse pouvait se trouver dans des énigmes et savoirs immortalisés bien avant la rédaction même de cette missive. Il se redresse, simplement. Regardant l'objet retrouvé, le jouet. Il l'attrape. « Combien de temps va-tu durer ... ? Qu'est-ce qui va te briser ... ? » Il hausse, un instant, un sourcil. « Moi ... ? » Un petit sourire. La question ne se pose pas ... Il secoue, doucement, la tête. Avant de commencer à s'éloigner. Pour préparer la suite. Un voyage ...

Cela ne dépend que de la volonté du Créateur.

***

« Amuse-toi bien surtout ... » Un sourire se pose sur les douces lèvres du jeune homme alors qu'il observe cet homme. Une silhouette guerrière qu'ils sont allés chercher, loin, dans les territoires septentrionaux. Un homme que son Maître a approché. Un homme, avec qui il doit partager son Maître, naturellement. Un homme qui a reçu un honneur incomparable : celui de sentir le sang d'Acamas couler dans ses veines.

Pour en faire quoi ? Mérion pourrait difficilement l'expliciter. Ce qu'il a entendu, c'est de la souffrance. Ce qu'il a vu ? De la douleur. Et l'action parasitaire. Des veinules, qui sont allées décorer la peau de cet homme. De ce guerrier. Il n'en a pas loupé une miette. Bien entendu. Curieux, il l'avait été, depuis l'ordre manuscrit de se préparer. Pour quitter les lieux qu'ils occupaient. Pour partir vers le Nord. Vaste et sauvage.
Pour lui. C'est pour lui. Non. Pas seulement. Pas uniquement pour lui. Mais aussi pour ce moment. Cet instant précis. La rencontre entre une Cuirasse et un homme. Son porteur. Son symbiote ? Difficile de s'attarder réellement sur les mots en cette période de guerre. Pourtant, oui, il s'est permis ceci. Ce petit conseil. Oui. Cet homme. Haldor. Doit en profiter. Il doit s'amuser. Car ce qu'il va recevoir n'est pas qu'une simple armure. Sa vie fera partie de la sienne.

La Cuirasse d'un Cavalier. Celui de la Mort. La Cuirasse d'un Cardinal ... Amuse-toi bien ... Une invitation à profiter. Oui. Profiter de tout ceci. De cette fureur. De la folie qui vient s'accrocher à chaque centimètre de son esprit. À cette bestialité qui vient brûler chacun de ses nerfs dévoilés, mis à vif. L'esprit se brise. Il se fracasse contre cette seconde peau. Il se mélange à ses pulsations. À ce vacarme. Avant de disparaître ...

Car il n'y aura plus rien à profiter, après ce moment. Car si leurs corps resteront actifs, ils n'ont plus la conscience. La conscience du mouvement. La conscience de l'environnement. Tuer. Briser. Dévorer. Le goût du sang. Le goût du souffre. De la terre. Ils ne sont là que pour alimenter cette pulsion furieuse. Qui anime le corps. Qui anime cette force, ce cosmos ...

Alors, pourquoi s'amuser ? Car le plus important est cet amont. Cette sensation de ressentir l'acier organique se refermer sur soi. Quand cette folie s'accroche. Quand elle rampe. Quand son mouvement grave dans la chair de votre esprit. De votre cœur, artificiel ou non. Cette union. Malsaine. Sexuelle. Violente. Bestiale. L'union avec un parasite. Un parasite qui s'enfonce dans les entrailles. Dans les abysses de la pensée.
C'est de cet instant, de chaque sensation qu'il fait naître, dont il faut profiter. C'est ce moment qu'il faut garder en mémoire. Un souvenir impérissable. Douloureux, oui. Pervers, certes. Définitivement inhumain. Mais puissant. Intense.

Du moins, pour lui.
Pour lui c'était cela. Un moyen. De ressentir quelque chose dans les profondeurs de son corps froid. Dans les rouages de sa mécanique perverse. Un moyen de se sentir humain ? Non. Monstrueux ? Sûrement. Mais qu'importe ...

Tant que Nous existons.

Il espère, oui. Il espère que cela sera de même. Pour l'Ours Septentrion.

Qui perd peu à peu son humanité, au profit de la violence métallique de sa Cuirasse, tant que le jeune homme l'observe, partir. En plein dans la mêlée. Pour combattre. Pour abattre violemment les crânes de ceux qu'il croisait. Il voit la bête utiliser l'arme. Cet engin de mort, faite à sa main. À ses mains.
Le Cardinal de la Mort. Un Cavalier mortel. Funeste. C'est ce qu'ils sont allés chercher, oui. Ils ne voulaient pas d'une loque. Non ... Il ne voulait pas d'une loque. Acamas voulait autre chose. Un guerrier qui saurait être la surprise au moment du combat. Une force brutale, animée par la folie. Ce qu'il voulait, c'était un homme. Et deux Cardinaux. C'est pour tout cela qu'ils ont voyagé. Qu'il a apprécié chaque minute. Même les chansons de l'Ursidé. Même les silences de son Seigneur. Les découvertes ... les contes ... tout ceci menait à cela.

Répondre à l'appel de la Guerre. Alors qu'elle-même, ou plutôt, son Cavalier, est en pleine danse entre les corps ennemis.

Il frappe alors sur le sol, par l'extrémité d'une hampe blanche. Et le son résonne, alors que sa propre Cuirasse commence à l'habiller. Un instant, sa tête se penche sur le côté. « Chanceux ... Haldor est chanceux ... » Oui. Chanceux. C'est ce qu'il est. Que ne ferait-il pas pour retourner à cette époque. Lorsqu'il s'est réveillé. Lorsqu'il a contemplé ses souvenirs ... « Tu ne crois pas ... ? » Dans la brume qui commence à se former autour de lui, un équidé vient chercher une caresse, acquiesçant sans difficulté ce questionnement. Grimpant sur la monture à la cuirasse immaculée, il la fait se cabrer un instant. Alors que son masque sans visage vient couvrir ses traits. Alors que les excroissances viennent couronner le heaume.

Une monture à la robe terne, innomée. Car il n'a jamais pu s'arrêter sur un nom. Oh, ils sont nombreux à venir dans son esprit, guidés par quelques murmures. Mais pour le moment ... rien ... Et quel beau mot. Innomé.
Installé sur sa monture, il donne un dernier coup d'œil en direction de son Maître. Qui combat. La Nouvelle Mort se bat, elle aussi. Il n'y a plus que lui ... Armé de son bâton, dont l'extrémité - celle pointant le ciel - est dotée d'excroissances similaires à cette couronne qui sertie la Cuirasse sans visage. Le galop commence. Il accompagne, brutalement, violemment ... les autres. Ces Berserkers, tel est leur nom. Il vient brûler, avec eux. Faire brûler ses miasmes.

Que ce corps brûle. Que cette carcasse artificielle brûle. Pour se vider de tous ses miasmes. Pour que ce brasier joyeux les emmènes dans les cieux. Pour qu'ils viennent polluer les poumons. Les peaux. Les estomacs. Qu'ils crèvent. Avec lui, s'il faut. Qu'ils se vident. De leur sang. De leurs fluides. Qu'ils perdent la raison. Ils se dilueront. Dans l'eau dans laquelle baigne leurs cerveaux. Dans leur sang. Dans chaque interstice de leur moelle épinière. Dans leurs muscles. Dans leurs atomes. Qu'ils soient dévorés.

Car c'est cela, aussi, la guerre. Une guerre, c'est la destruction des ressources. C'est l'altération des besoins naturels du corps. Mais la guerre ... c'est aussi un visage. Un visage bien plus sinistre que celui des armes. Que celui d'une Faucheuse.

Celui de la Nature elle-même ...

***

Lentement, les yeux du jeune homme s'ouvrent. Combien de fois ses paupières ont-elles libéré la lueur ambrée de son regard juvénile depuis la toute première fois ? Cette question lui arrache un léger sourire ... Elle lui donne envie de fermer à nouveau les yeux, de réfléchir à la question.
Un soupir traverse ses lèvres. Non, sincèrement ... Quel est l'intérêt de connaître cette donnée ? Quel est l'intérieur de savoir quand et combien de fois ses paupières s'ouvrent en une journée, en un mois ? En une vie, courte d'un peu plus de deux années ?

Il se redresse. Pose les mains contre son bassin. Se penche légèrement en arrière. Il fait craquer ses différentes articulations. Un simple mouvement et il pourrait tomber dans la fosse. Dans cette eau, capable de dévorer les chairs. Dans cette substance méphitique. Car il la domine, à l'heure actuelle. Cette fosse profonde, dans laquelle repose les morts. Des anciennes terreurs naturelles de ce monde. Un pas. Le voilà qu'il s'efface clairement, pour arriver au bord de la fosse.

Attrapant tranquillement un rat qui passait par là, il le fait venir sur le dos de sa main. « Encore un peu et il ne restait plus grand chose de toi ... » Un petit sourire complice, alors qu'il penche légèrement la tête sur le côté. « Uhmm ... Après, je sais que si l'Ours venait à te croiser, il serait bien capable de s'asseoir sur toi ... Pas la meilleure fin de vie que tu pourrais espérer. »

Il l'attrape par la queue. Alors qu'elle tente de partir. Alors qu'elle tente d'exister, oui. Il hausse un sourcil. Avant de lâcher la bestiole. Qui s'échappe, rapidement. Pour rejoindre les angles particuliers de la caverne. Lentement, il hausse les épaules. Avant de s'éloigner. De s'arracher de cet environnement. Qu'il connaît, maintenant. Les artères contaminées des boyaux enflammés l'extraient des frontières sombres de l'estomac calamiteux. Il observe, les parois. Cet aspect viscéral, cette couture inhumaine … et pourtant si respectueuse de ce que pourrait être les cavités d'un corps humain.
Il s'arrête. Au milieu de ce chemin. Il inspire, doucement. Il connaît, ce lieu. Plus vivant. Plus concret, que lui. Il regarde, un instant, ses mains. De la peau. Oui. Sous ses gants. Il en retire un. Pour regarder la cicatrice qui vient caresser sa paume. Du sang, il en a. Quand il ouvre sa propre peau pour observer.

Du sang. Il en a.
De la peau. Il en a.
De la chair. Des viscères. Il sent ces dernières. Épuisées. Peu réactives.
Synthèse. Artifice. Alchimie.

Ce mot résonne dans son esprit. Non. Ces mots … C'est ce qu'il est. C'est tôt qu'il l'a compris. Mais ce n'est que lorsqu'il est arrivé ici … qu'il a réellement réalisé cette vérité. Ce bâtiment. Cet amalgame de chair. Ce dédale, qui existe par une force qui n'est pas celle de son Maître. De son Père. Oui. D'une façon qui n'est pas connue. D'une façon qu'il ne peut définir … il reconnaît quelque chose. De proche. De terriblement proche.

C'est ce qu'il a réalisé. Que la peau. Que la chair. Avec le bon composant. Le bon carburant ... Le bon sang. La bonne abomination ... Que la chair elle-même est un jouet ! Qu'elle peut se casser. Qu'elle peut être modifiée. Avec les bons outils.

Mais plus que tout ... Que cet endroit est vivant. Pas comme les humains. Pas comme lui. Mais que cet endroit possède sa vie, son étincelle. Écœurante. Il l'aime. Pour ça. Car il a découvert autre chose, en entrant ici. En habitant dans ces entrailles. Il a découvert un endroit dans lequel il veut être. Un endroit qui joue le rôle de repère. Dans lequel il retournera, après ses voyages.
Mais, surtout, c'est dans cette accumulation de chair, de viscères et d'appendices, qu'il doit être. Par nature. Cet agglomérat existe. Il vit. Horriblement. Bizarrement. Loin de sa propre compréhension. Mais il sait qu'il est là pour ça. Ou en partie pour ça.

Car Elle doit s'y infiltrer. Comme elle s'infiltre dans tout organisme. Elle doit voyager, dans ces boyaux, dans ces interstices cartilagineux. Elle doit gangrener chaque centimètre de cette abomination. Alors, la véritable question qu'il se pose, en ce moment ...

Dédale. Peux-tu tomber malade ?

Et vous, qui êtes vous ?

    Age : 28 ans. *Tout commentaire parlant de vieillerie serait une accusation sans preuves.*
    Avatar : Le nom du personnage de votre avatar, présenté de cette manière :
    Code:
    [b]Kingdom Hearts[/b] → [i]Young Xehanort[/i] est [b]Mérion[/b].
    Quelle est votre expérience des forums RP : Une expérience qui dépasse la décennie (mince, rien qu'en y pensant je me sens vieux).
    Comment avez-vous connu le forum : Tout novice sur ce forum, je dois ma présence en ces lieux à l'équipe administrative – et principalement Acamas.




Dernière édition par Mérion le Lun 4 Mai - 22:05, édité 2 fois
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Message Re: Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée]   Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée] EmptyVen 1 Mai - 19:47
Bienvenue !


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Message Re: Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée]   Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée] EmptyDim 3 Mai - 15:37
Bienvenue o/ Soon on aura le quatuor de Cardinaux au grand complet, ça va pouvoir bouger °° Hâte de lire ça !
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Message Re: Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée]   Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée] EmptyDim 3 Mai - 15:47
Ahah, il a dit 28 ans c'vieux, ici ! Ahah, l'enfant ! XD
Bienvenue Wink


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Message Re: Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée]   Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée] EmptyLun 4 Mai - 22:06
Merci pour vos messages !
Fiche officiellement terminée. Bonne lecture !


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I am the Plague you fear. Eternal Infection. A Legacy in Blood, Flesh and Nature. When you pray life, you invoke me.
Embrace me, let my chains of existence grip you.
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Message Re: Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée]   Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée] EmptyLun 4 Mai - 22:34
Bienvenue et bon courage pour la validation Wink



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Message Re: Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée]   Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée] EmptyMar 5 Mai - 9:50
La bienvenue à toi mon cher dégénéré ! Comme attendu, une très bonne présentation, avec l'odeur dérangeante que l'on pouvait attendre d'un prétendant à la Pestilence.

Je te valide donc au niveau 5 d'éveil (équivalent gold) pour la cuirasse Gold de la Pestilence ! Tes PC et XP te seront transmis une fois la MàJ Sysco' tombée. Bon jeu parmi nous et amuse toi bien !

Puisque tu es un nouveau joueur, tu bénéficieras du bonus de 75 XP.


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Codes couleur dialogues : Esther, Arachné.
Chroniques d'une Tarentule, Armure.
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Mérion ~ Cardinal de la Pestilence [Fiche Terminée]
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