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Mars 553 AD (Jusqu'à la fin de l'Event)
 
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 [Janvier 553] Celle dont la mort ne voulait pas [Solo - Transition]

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JehaneJehaneArmure :
Famine

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Message [Janvier 553] Celle dont la mort ne voulait pas [Solo - Transition]   [Janvier 553] Celle dont la mort ne voulait pas [Solo - Transition] EmptySam 2 Mai - 4:30

[Lien vers la présentation initiale]

Et quand l’Agneau eut ouvert le troisième sceau,
J’entendis le troisième animal, qui disait : Viens et vois.
Et je regardai, et il parut un cheval noir,
Et celui qui était monté dessus avait une balance à la main.

:copyright: Apocalypse de Jean

- Tête qui roule n’amasse pas mousse.
Ce furent là les derniers mots perçus par Jehane, par la voix de son défunt frère Faustin, parvenant à la ridiculiser même dans le trépas. Une dernière phrase d’un ton moqueur, lancée alors que le monde n’était plus qu’un carrousel de couleurs et de lumières. Une dernière boutade avant que cette vision ne s’arrête sur son propre corps, sans tête, s’écroulant au sol, et que l’obscurité éternelle la submerge enfin…

[Janvier 553] Celle dont la mort ne voulait pas [Solo - Transition] Trident-jehane

Est-ce qu’elle était morte, enfin ? Elle que la mort avait toujours refusé jusqu’ici ? Dans ce qu’il lui demeurait de conscience, quelques pensées commencèrent à se bousculer sans qu’elle puisse toutefois les contrôler. Des flashs d’émotions vives et vagues, des remous sans contexte, un bouillon infâme sans queue ni tête, durant pour une fraction de seconde ou pour un siècle.

Inconsciente qu’on l’avait emmenée. Inconsciente du qui, du où, du pourquoi. Elle n’est plus qu’instinct, et elle se sent oppressée. Aux quatre points cardinaux, elle se sent observée, jugée, jaugée, prête à être dévorée, digérée, expédiée. Puis l’ombre et la lumière se meuvent, adoptent un éventail de couleurs vives, et tout prend consistance.

Elle voit alors une jeune femme décharnée. Ses vêtements déchirés et ses blessures laissent entrevoir l’ampleur des sévices qu’elle a subit. Sa raison semble s’être évaporée avec sa vitalité.
- Je suis morte ce jour-là !
Ces sons s’échappent de la bouche de la spectatrice, sans avoir eu l’impression de bouger les lèvres. En avait-elle seulement ? Elle se déplaçait sans à-coups et sans contrainte qu’un corps charnel pourrait lui imposer. Mais cela ne heurte même pas ses pensées, elle qui n’est ici qu’esprit, et qui observe en parfaite plénitude. Oui, elle a toujours considéré être morte ce jour-là. Le jour où, l’esprit brisé par son martyre, la privation l’avait menée, entre la vie et la mort, à ronger le cadavre de son frère. Ses yeux, si tant est qu’elle en aie, passèrent alors de la jeune femme qu’elle était à l’époque, glissant sur le corps décharné et flétri de son jeune frère. Elle ressent les émotions qui vont suivre, avant même que cette autre Jehane ne réalise ce qu’elle était en train de faire.

Le choc, violent, brutal, insurmontable.
Le refus si formel d’accepter cette réalité que son esprit en créa une autre, dans laquelle son frère resterait en elle à jamais, sous forme de voix jugeant de chacun de ses actes depuis…

Là, pour la première fois, elle voit son visage mort. Et tend sa volonté vers lui. Elle prend la forme d’une main, dont les doigts viennent caresser ses traits étirés, émacié, dans un hurlement aussi silencieux qu’éternel. Sa main s’ouvre, s’appuie sur sa figure, la saisit simplement et l’attire à elle. Ce n’est désormais plus qu’un masque sombre. Elle y place son propre visage, provoquant un grondement sourd…

[Janvier 553] Celle dont la mort ne voulait pas [Solo - Transition] Trident-jehane

La mort n’avait pas voulu d’elle. Elle avait mangé pour survivre. Avait juste échangé une vie pour une autre. Oui, en son cœur, Faustin n’était pas le seul à avoir péri ce jour-là. Celle qu’elle était également, irrémédiablement perdue. Disparue, mais pas égarée. Car elle savait exactement où elle allait. Ce qu’elle faisait. La vengeance a cela de bon qu’elle ne laisse place à rien d’autre. Elle assiste alors au carnage. Au massacre perpétrée par cette jeune femme dénudée, seulement recouverte du sang de ceux qui avaient brisé Jehane. Car ce n’était plus ce qu’elle était désormais. Jehane était morte, oui, et avait laissé place à Vendetta. Tout comme le choc et le déni avaient laissé place à une terrifiante colère. Une faim dévorante de représailles, insatiable… du moins jusqu’à ce que la dernière vie fut prélevée. Elle s’approche de la jeune femme. La voit prendre la décision de se débarrasser de cette vie à présent. Glisser sa gorge contre la pointe d’une épée, prête à s’y empaler.
- Je ne vais pas le faire. Faustin m’en empêchera.
Vendetta parle alors, comme pour confirmer. Elle dit à son frère qu’elle arrive. Qu’elle vient le rejoindre. Qu’ils se reposeront ensemble désormais.
- Il va répondre qu’il est déjà avec moi, pour toujours. Qu’il va me guider...
Et la spectatrice ne peut pas s’empêcher d’en trembler, comme elle se souvient d’un détail. Un instant, la voix n’avait plus été celle de Faustin. Et Faustin, comment aurait-il su où la diriger ?
- Relève-toi. Et rejoins-moi.
Cette voix, oui ! Pourquoi l’entendait-elle à nouveau ? Sa provenance la frappa, et elle la sentit à nouveau. Cette colère étouffante qui s’empare d’elle, pressante, presque panique, alors qu’elle comprend. Sa volonté prend forme derechef, et deux mains viennent palper l’origine de la voix : le masque dont elle s’était emparée plus tôt, et qui ornait l’arrière de sa tête à présent, sans que toutefois puisse s’en trouver les limites, parfaitement fusionné.
- Je te l’ai dit. Je suis déjà avec toi, pour toujours.
Vendetta a toujours la lame pointée sur sa gorge. Et sur son visage, un rictus qui déforme son visage, à la fois mauvais et victorieux, prêt à tout. Bientôt elle va se relever, et partir vivre d’autres supplices encore. Peut-elle l’en empêcher ? Sa main fuse. Elle gifle ce reflet d’elle-même provenant du passé. Sa tête part en éclat, à l’exception de son visage, formant un second masque aux joues creusés, arborant toutefois le même sourire. Elle tremble de rage, comprenant. Et une nouvelle fois, vient placer ce masque sur son propre visage…

[Janvier 553] Celle dont la mort ne voulait pas [Solo - Transition] Trident-jehane

Ce jour-là était celui de sa seconde mort. Le jour où elle s’était résolu à abandonner sa vie, volontairement. Et où elle avait laissé le destin lui offrir une autre chance. Elle ira vers les portes d’obsidienne. Visitera la cathédrale de chairs. Se verra confier sa Cuirasse de sang par Maximus. Nommée Cardinale de la Famine et Commandante de la Calamité. Suicidée, la Vendetta. Et à présent dévouée et fidèle Calamité. Viendraient les plus belles années de sa vie. Mais elle n’en verra rien ici. Il ne lui était donné de voir que les tristes conclusions.

Une nouvelle fois, le massacre est terminé lorsque les couleurs deviennent images, et que celles-ci prennent vie. Mais elle n’est pas vraiment la cause cette fois, bien qu’elle ait fait quelques victimes. Calamité fait partie des vaincus. Des brisés. Des cadavres pourrissants, bien qu’elle était la dernière à respirer encore. Tous les siens avaient péris. La guerrière impitoyable aussi…

Elle avait négocié avec la mort pour ne pas se suicider, ce qui l’avait mené à servir. Et à présent que son service était terminé par la force des choses, elle avait négocié avec l’ennemi pour garder la vie sauve. Avait au motif de pouvoir peut-être un jour servir à nouveau accepté d’être enchaînée. La Calamité est vaincue. Elle se voit à genoux, s’approche. Son visage n’est plus que la parfaite expression de la défaite. Fermé, les yeux clos, des larmes teintées de sang et de crasse ayant tracés des sillons sur ses joues. La spectatrice a compris où cela mène. Elle ne perd pas de temps, ne souhaitant en voir plus de ce déshonneur, de cette autre vie abandonnée. Saisissant donc le visage de la Calamité vaincue, elle l’ajoute à sa collection de masques…

[Janvier 553] Celle dont la mort ne voulait pas [Solo - Transition] Trident-jehane

Sa raison peu à peu s’était tarie. La détention amenant dépression et douleur, la poussant inexorablement vers la folie. Calamité est désormais Tribut. Captive docile.
- Ma plus grande honte… Je suis une des Bêtes de la Terre. Un Berserker d’Arès. Et me voilà petite perruche dans les mains des Saints… Heureusement que cette vie s’en est achevée également !
- Tu es plutôt une bécasse ! Car même une perruche aurait tenté de s’envoler...
La voix de Faustin, alors qu’elle flotte dans une immensité de néant, attendant que la prochaine vision ne débute.
- Ne sois pas si pressée… Tu as tout de même compris comment ça se termine, n’est-ce pas ?
Elle n’avait pas besoin de prononcer le moindre mot pour être entendue, de toute évidence. Et son silence parle encore beaucoup plus.
- Oh, tu ne sais pas ? Laisse-moi te montrer !
Le néant devint alors une petite chambre. Celle de leur enfance, qui ne provoqua qu’une plus profonde mélancolie encore. Sentiment décuplé lorsqu’elle reconnaît ce jeune garçon qui lui fait signe d’approcher. Faustin tenait un miroir entre ses mains, qu’il lui présenta alors fièrement.
- Viens, et vois.
Ce qu’elle fit. Elle vit alors la profonde boursouflure qu’était devenue sa gorge. Son menton calciné. Ses lèvres rongées, dévoilant sa dentition en un éternel rictus cadavérique. Oui, elle comprenait à présent. Des souvenirs lui revinrent brièvement. Son coup de folie, alors qu’on venait l’exposer comme un animal en laisse devant les siens. Ce qui avait provoqué l’activation de son collier, et dans une explosion avait séparé sa tête de ses épaules… Elle revoit le monde tournoyer. Elle revoit son propre corps tomber à la renverse. Et maintenant, elle voit dans ce miroir ce visage qui est désormais le sien. Tend ses doigts, qui ne s’arrêtent pas au contact du métal. Qui vont frôler ces stigmates, avant d’arracher ce nouveau masque…

[Janvier 553] Celle dont la mort ne voulait pas [Solo - Transition] Trident-jehane

Elle le sent plus qu’elle ne le voit. Cette bête qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Cette bête aux quatre visages, chacun habité d’une faim aussi dévorante que les autres. Cette bête qui n’hésiterait pas à faire usage de ses ailes. Cette bête qui sèmerait la mort, comme la mort avait d’ores et déjà pris quatre de ses vies. Jehane, Vendetta, Calamité et Tribut… Toutes ne sont que Famine. Toutes ne sont que cette bête visant à semer la destruction et le chaos au nom de son maître.

Après le choc et le déni, après la colère, après la négociation, après la dépression et la douleur, venait enfin l’acceptation. L’acceptation que tout dans sa vie – et dans ses morts – n’avait fait que la diriger vers ce point précis. L’instant où elle comprendrait que son humanité n’avait depuis longtemps plus aucune raison d’être. Qu’essayer de la maintenir n’avait fait que la perdre plus encore. Ces quatre représentations d’elle-même, chacune à sa manière, a payé le prix d’avoir voulu rester humaine. Ces quatre représentations d’elle-même, ensemble, ne pouvaient plus qu’arriver à l’évidence que seule l’acceptation lui permettrait de se libérer de sa souffrance…

[Janvier 553] Celle dont la mort ne voulait pas [Solo - Transition] Trident-jehane

D’une paroi organique, Famine est recrachée. Comme elle l’apprendra plus tard, voilà plus de deux ans qu’Acamas l’avait incorporée au dédale de chair, où sa propre chair avait pu lentement se reconstituer. Ses mâchoires dépourvues de lèvres s’entr’ouvrent, et sa gorge sèche s’avère incapable de produire le moindre son. Peut-être définitivement ? Mais tant ses stigmates que la perte de sa voix ne parvinrent à l’affecter. La bête accepte sans broncher ce qui ne manquera pas de perturber l’être humain. En place de cela, elle se redresse, ses jambes chancelantes de devoir se réhabituer à porter son poids. Sans cosmos, elle en serait sans doute réduite à ramper, mais cela elle était résolue à ne plus jamais tomber aussi bas. Elle se dresse, tant qu’elle peut. Étire son corps mince, inspire l’air vicié de la cathédrale, et qui lui semble pourtant d’une pureté absolue en cet instant. Elle s’en gorge, à défaut de pouvoir dévorer autre chose. Et ses iris violacés de prendre le temps de s’accommoder à la pénombre qui règne ici, en ce qui semble être une salle reculée, perdue aux tréfonds du dédale.

Lorsque ses yeux finissent par accrocher quelque chose, ce sera pour ne plus en dévier durant de longues minutes. Sa Cuirasse de sang. Tout comme elle, sa balance n’était plus tout à fait ce qu’elle était. Il s’agissait toujours d’une balance déséquilibrée, dont un plateau plus grand et plus lourd que l’autre infléchissait forcément la traverse penchant de ce côté. La Famine est une balance truquée, avec laquelle l’on ne peut que perdre… Toutefois, là où elle adoptait par le passé des lignes douces et épurées, elle dégageait à présent une apparence plus torturée, plus bestiale.

Faites l’une pour l’autre… et comme répondant à son appel, sa Cuirasse vint la vêtir. Outre ses lignes plus agressives, elle serait désormais parées de quatre ailes, et d’un casque arborant quatre visages. Quant à ses doigts, heureux de retrouver sa lyre, ne purent s’empêcher d’aller en pincer les cordes, faisant résonner pour la première fois depuis très longtemps sa sonate au sein du domaine de son seigneur et maître !
Après cela, j'ai vu une autre bête, qui ressemblait à un léopard.
Elle avait quatre ailes sur le dos, comme celles d'un oiseau.
Cette bête avait quatre têtes et la domination lui a été donnée.

:copyright: Livre de Daniel


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