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 [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)

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Message [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyDim 3 Mai - 4:09
      Il s'était habitué au goût de la chair, lui qui n'en mangeait point. Son esprit encore embrumé commençait doucement à trouver un équilibre certain dans ce chaos qu'était devenu sa vie. Seulement ces derniers jours, il devait se contenter d'animaux. Oh bien sûr, il avait essayé quelques fruits, céréales et autres légumes mais rien ne passait. Il lui fallait une viande cuite, son corps ne pouvait digérer que cela. Quant au gibier... Cela faisait office de substitut qui lui laissait de violentes douleurs à l'estomac. En ces temps sombres, il n'avait pas le choix. Éloigné des villages, de la populace, des cailloux, des insultes.

      Son périple était une épreuve sans nul doute, sans savoir où il se rendait. Pourtant, il sentait qu'il devait traverser cette immense étendue d'eau. A dire vrai, il ne savait même pas où il se trouvait en cet instant. Non loin de Constantinople, face à la Mer Noire, Samaël était assis sur le sable chaud, recouvert de sa draperie qui depuis le temps pris une teinte plus sombre, déchirée ça et là, cachant son imposante cuirasse d'ébène. Il essayait de caresser les grains du bout de ses doigts mais elle lui empêchait de le ressentir... En ce jour, il rêvait de pouvoir la quitter, ne serait-ce qu'un instant, caresser la chaleur, ressentir un profond frisson au contact de l'eau. Il n'avait qu'un faible brasier pour compagnie alors que le soleil, dans son dos, commençait à disparaître, laissant place aux magnificences d'un ciel feu. Il allait devoir manger, son corps l'exigeait. Il avait faim. Tout le temps. Il repoussait cet instant, aujourd'hui c'était un lynx qu'il avait du affronter. Le Djinn avait bien des inconvénients, mais en retours de ses tourments il lui offrait une force qui lui permettait de terrasser n'importe qui. Ou n'importe quoi.

      Le ciel le remplissait de souvenir, si bien qu'à travers les vagues au loin il pouvait entendre quelques sons qui se rapprochaient d'une mélodie. En tout cas, c'est ce qu'il s'imaginait. Lui. Bête à corne rejetée du monde, affublés de nombreux noms, d'insultes. Il n'en avait cure. Son esprit était fermé au monde extérieur, il évoluait là où aucun homme ne pouvait le voir. Et la fraîcheur naissance de ce début de soirée, emporté par les mélodies de son esprit, il se surprit à chanter à nouveau, comme lorsqu'il tronaît dans son palais angélique auprès de sa famille.

O toi qui t’attristes et non sans raison,
toi qui répands les larmes en secret,
Ce qui fut s’est enfui, ce que voilà le suit,
les choses sont ainsi, à quoi sert de t’en affliger ?
Espères-tu plier à tes désirs
le cours inexorable du monde d’ici bas ?
Va, tu peux bien gémir jusqu’à la fin des temps,
tes pleurs te rendront-ils ce qui s’en est allé ?
Le destin te réserve encore d’autres peines,
si tu souffres ainsi à chacun de ses coups
Tu te plains qu’il choisit de porter l’infortune
partout où s’attache ton cœur :
C’est qu’un rang éminent, la grandeur, la valeur
attirent la main du destin.

      Cela faisait si longtemps...



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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyDim 3 Mai - 11:41
Pour un fragment de sable








Le chant de la mer. Il est si beau, en cette journée qui décline. Je me suis glissée jusqu’à une haute silhouette drapée des tourments de l’océan. Il cherche à reproduire les vagues qu’il caresse du regard.
Il ne m’a pas encore remarqué, alors j’écoute sa voix traduire pour lui, toute sa mélancolie. C’est si triste, que je n’ose pas le déranger. Pourtant je suis toute proche, assise à ses côtés dans le sable, la tête penchée sur le côté, à l’observer avec douceur. Un égaré. Je n’aurais pas cru en trouver un autre.
Je vois des ombres danser autour de lui, les invite à nous rejoindre et se tranquilliser. J’ai un sourire quand enfin, l’homme me voit.

« Tu as une très belle voix. » déclaré-je pour tout préambule. « Ton cœur sait ce que ta raison te refuse. Tu devrais mieux l’écouter. »

Je désigne du doigt sa poitrine. Puis le ciel au-dessus de notre tête.

« Je suis venue écouter la musique des étoiles, mais c’est la tienne qui m’a attirée jusqu’ici. »


Les échos de souffrance et d’agonie. Mes prunelles rouges se parent d’argent, je distingue plusieurs silhouettes accrochées à son sillage. J’entre dans une transe qui libère mon cosmos, parent mes si longs cheveux noirs de l’immaculée. Je suis à la fois la nuit et le jour. Mes mains couvrent mes yeux, mes lèvres prononcent quatre noms :

« 'Efrit. Marid. Silf. Iblis. »

Soudain, je reviens à moi, prenant une longue bouffée d’air. S’accroche à mes lippes ce même sourire tranquille. J’ai vu, j’ai lu, mais je ne juge point. Je suis cette main tendue qu’il espère, qu’il a appelée, toute à l’heure.

« Je peux t’aider, si tu le désires. Prince Blanc. »

Je suis une Voyageuse, j’arpente ce monde et d’autres, invisibles, le plus souvent inaccessibles. Je manipule le Voile, mais ne le plie pas à ma volonté.

« Je peux danser et calmer les errements de ton âme, te montrer le chemin. »
Je me relève pour lui faire face. Ma robe de lin s’accroche dans le vent, accompagnée par ma chevelure sombre laissée libre, sauvage. « Mêler ma voix à la tienne, nous accorder. Apaiser ce feu, car je suis l’Hiver. Je me nomme Sunilda. »

Un corbeau clame sa présence et je tends la main pour l’accueillir. Je l’écoute avec attention et le remercie d’un baiser au sommet de sa tête. L’oiseau pousse une sorte de roucoulement et sautille jusqu’à mon épaule pour finir couché au sommet de mon crâne. Je m’en amuse, mes yeux pétillent.

« Tu sais, si tu lui demandes, elle se détachera de toi. »


L’ébène et l’éclat de la neige se disputent cet homme. Cet égaré, que j’entends bien aider. Le chant de la mer est plus fort que celui des astres de la nuit.





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Dernière édition par Sunilda le Mar 5 Mai - 19:51, édité 1 fois
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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyMar 5 Mai - 18:19
      Il fermait les yeux en récitant ce chant qu'il connaissait sur le bout des doigts. Sa sœur l'écoutait souvent, sa mère le lui avait appris. Il se mêlait parfaitement avec le bruissement lointain des vagues et cette fraîcheur naissante. Il sursauta à l'instant où il entendit la voix d'une femme, avant de constater qu'elle se trouvait non loin de lui, assise dans le sable.

Je vous remercie. C'est un chant de mon pays, ma m...

      Il s'interrompit seul. Etait-ce parce qu'il ne pouvait le dire ? Ce mot. Ou bien alors la surprise de réaliser qu'une personne lui adressait la parole. Après des mois sans rien d'autre que des insultes, des cris, des pleurs... Voilà qu'une jeune femme s'était approchée de lui, démon cornu, sans aucune crainte, avec un calme absolu. Il l'écoutait parler de cœur et de raison. En avait-il seulement encore ? Elle se mit alors à luire en se masquant les yeux, faisant écarquiller ceux de Samaël, ne comprenant pas réellement ce qui pouvait bien se passer. Le doute s’immisçait alors en lui, lentement, le ramener sur cette plage. Ces noms, ces mots... Ils voguaient autour de lui, l'ancraient toujours plus fort sur cette terre comme pour l'y enfoncer, profondément, jusqu'à qu'il disparaisse de ce monde pour aller dans le leur. Puis, il recula d'un pas, semblant alors effrayé.

Je... Non... Je ne suis pas... Je... Je suis... Samaël...

      Mais il s'arrêta, lorsque dans son calme naturel, ne semblant même prêter attention à ses peurs, elle lui offrit son aide, le nommant différemment. Ses paroles étaient oniriques, s'il en comprenait le sens, il n'arrivait pas à atteindre leur valeur. Tout semblait alors différent, ce n'était plus ce monde. L'oiseau qui dansait sur son cœur, et même son rire... Non, cela ne pouvait exister.

Sunilda... es-tu seulement... Réelle ?

      Qu'est-ce qui l'était après tout ? Il vivait jusque là dans l'ignorance de ce monde, et de l'autre. Il voguait comme les esprits invisibles qui l'avaient conquit, qui avaient fait de lui leur possession, un moyen d'exister dans le monde qui n'était pas le leur. Et elle... semblait indéchiffrable, elle voguait. Etait-elle seulement là ? Etait-ce juste son propre esprit qui l'avait créé ? Il porta sa main gantée au niveau de son menton, caressant la cuirasse qui lui recouvrait la mâchoire, le nez et le front. Impossible.

Se détacher ? Ils ne me quitteront plus jamais. Sans moi ils ne peuvent plus exister. L'enlever, c'est prendre le risque de les fuir... Et je le voudrai.

      Et il le savait. Cruelle erreur.



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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyMar 5 Mai - 19:51
Pour un fragment de sable








« Oui, je te vois parmi eux, Samaël… » Mes prunelles rouges s’égarent sur sa personne. Tant d’ombres s’amoncellent. « Tu es un ciel d’orage, Prince Blanc. Ne sois pas effrayé, car rien n’est inéluctable. Le Destin est comme ce sable. »

Je me penche pour en ramasser une poignée. Les grains s’échappent entre mes doigts. Cette scène, je l’ai déjà vécue. J’ai vu, les fragments à reconstituer. Un sourire énigmatique trône sur mes lèvres.
J’invite le Corbeau à prendre son envol, il risque de déranger les esprits et de tout précipiter. L’égaré est bien tourmenté.

« Il semble nous échapper, pourtant, il nous revient de le façonner. Ou au moins de le retenir. » Mon poing se resserre, arrêtant la chute de l’or. Réelle ? Je dodeline de la tête. « Je suis ici et ailleurs. Mais si tu tends la main, tu pourras me toucher. »

Mon attention se porte vers l’étendue d’eau. Sur sa surface, dansent un millier de petits points lumineux qui m’hypnotisent. J’essaye de comprendre, de chercher à percer ces ténèbres. Je réfléchis aux sens profonds de ses mots. Il ne les choisit pas par hasard.

« Fuir ? Il est impossible d’échapper à leur influence, je le crains. »
Une lueur de tristesse accapare mes prunelles l’espace d’un battement de cils. « Non, il faut apprendre leur langue. Savoir danser et chanter avec eux. Tu n’as pas le choix. Mais tu as un avantage... tu connais leurs noms. Tu pourrais être capable d'exercer un si grand pouvoir... »

Je me tourne vers lui. Mes pieds sont léchés par les vagues d’argent. Cet homme est une résonnance à ma propre quête. Je le sais.

« Je ne suis jamais allée dans la mer. »

Pensée évoquée à haute voix, échappée, je m’en rends compte. Le soleil termine de se coucher, très bientôt nous serons encerclés par l’obscurité. Je décide de l’inviter à suivre mes pas. Lui fait un signe.

« Viens avec moi. Je vais te conduire jusqu’à ma Meute. Nous étions destinés à nous rencontrer aujourd’hui, c’était écrit, j’ai lu notre rencontre depuis bien longtemps… »

Sur le chemin, je ne me retourne pas pour m’assurer qu’il me suit. Oui, cet homme à l’armure d’ébène, j’ai pu l’observer lors d’une vision fugace lorsque Od’ m’avait retrouvé.
Un grognement se fait entendre et je stoppe mes pas. Je tends une main, écarte mes doigts, reproduis le son qui n’a rien d’humain. Trois loups apparaissent alors et m’entourent. L’un d’eux est bien plus jeune et moins enclin à m’obéir. Je suis obligée de hausser la voix pour l’arrêter. Le jeune loup noir baisse les oreilles.

« Il est notre invité. » Puis me tournant vers le Prince Blanc. « Tu n’as rien à craindre d’eux, comme de ma troupe. Nous respectons les règles des voyageurs et je t’offre l’hospitalité. Tu sais ce que cela implique ? »

J’ai un nouveau sourire.

« Si tu as faim, nous irons chasser ensemble, c’est d’accord ? »






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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyVen 8 Mai - 19:29
      Ses mots lui semblaient bien trop étranges pour penser qu'elle était de ce monde et pas de l'autre, celui où l'on ne pouvait voir. Et pourtant le sable glissait bien entre ses doigts. Un ciel d'orage disait-elle, quelle être image. Insinuait-elle que leur colère venait et passait ? Rien n'est inéluctable certes, et pourtant après le calme vient souvent la tempête. Il ne l'osa pas tendre la main pour la toucher, car depuis que ses mains étaient gantées de noir, tout être qu'il touchait brûlait. Il avait entendu cette histoire d'un grand homme, un Roi d'un lointain passé. Il était envieux, avait demandé à ce que ses doigts offrent l'or. L'avidité l'avait aveuglé, ne pensant pas à tout ce qu'une main peut être amenée à faire... Il se contenta alors de voir son impact sur le monde pour la croire.

Ils ne prononcent pas de mots. Ils ne me parlent pas... ils ne sont pas de ce monde. Ils viennent de ce qu'on ne peut percevoir. Djinn. Caché. Invisible. Tu as dit m'avoir vu avec eux ? Comment ?

      Là était son plus grand mystère. Était-ce seulement possible ou bien décrivait-elle une image ? Il la vit alors, de toute son innocence, mettre les pieds dans l'eau. Alors que le soleil se couchait, il y avoyait là une enfant. Des images lui parvinrent, se calquant sur cette vision avant de ressentir un violent courant électrique lui parcourir le crâne. ses mains se posèrent alors sur son casque, essayant de tenir sa tête douloureuse. Lorsqu'elle se retourna pour l'inviter à la suivre, tout disparut alors et sans mot il la emboîta le pas, comme un esprit pouvait en suivre un autre.

      Il y eut des loups, grondants envers l'intrus. Savaient-ils que pour survivre le Perse avait du se rabattre sur la chair de certains des leurs ? Cela ne l'étonnerait pas... Mais Sunilda les apaisa d'une voix autoritaire. Il se sentait alors gêné, et plus encore alors qu'elle l'invitait.

Je crains ne pas connaitre tes coutumes, Sunilda... Mais j'accepte.

      Il ne lui proposa nulle aide. Il n'avait jamais vécu ce genre de situation, lui, petit prince vénéré dans une famille aimante. Quant à la chasse... lui dirait-il que la viande animale pouvait le tordre de douleurs ? Non. Elle en faisait bien assez... et puis... Elle ne pourrait certainement pas comprendre ce dont il avait réellement besoin. Comme les autres. Lui-même le pouvait-il ? Dans un sens oui. Il n'avait plus le choix.

Je commence à devenir bon à la chasse oui. Leur aide m'est prcisue pour cela... En même temps, ils n'ont pas le choix que de me prêter leurs forces s'il veulent persister dans ce monde.

      Ils n'ont pas le choix... Petit à petit les mots de la maîtresse aux loup se frayaient un chemin dans ses pensées.

Ils... n'ont pas le choix...




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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyVen 8 Mai - 22:49
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Comme tous les égarés, il a des questions. Son cœur en cherche, désespérément. Il n’est pas bien difficile de lire en lui. Je lui offrirai des réponses en temps voulu. Il doit d’abord regarder, écouter pour comprendre et exister. C’est un long chemin qu’il s’apprête à arpenter. Difficile, marqué par les errances. Je sais qu’il en a déjà connu. Prince Blanc, je sens peser sur toi le poids terrible de la solitude et de la perte.
Il accepte, comme un enfant curieux, ou sage. Cet homme l’est, il saisit la main que je lui tends. Mes amis se sont écartés du chemin, ferment la marche. Je le conduis en silence. Lui délivre des pensées que je décrypte, à ma manière. Pour autant, il ne m’apprend rien. Je garde encore le silence.

Je sais de quoi il se nourrit, l’odeur m’est familière. Même si je ne me souviens pas. J’ignore d’où me vient cette certitude. Je stoppe mes pas, désigne de la main, un campement. Quelques roulottes se sont éparpillées en cercle. Au centre, des femmes, des enfants et des hommes jouent, dansent ou préparent le repas du soir. Ils ne nous ont pas encore vus. Je prends le temps de lui expliquer, avec douceur ces coutumes qu’il ignore.

« Nous sommes des voyageurs, nous arpentons le monde. Je te présente la Meute du Soleil. Dont j’ai la charge. Nous sommes une troupe d’artistes itinérants, délivrant notre Art, notre Lumière. Nous accueillons les égarés, comme toi, à nous rejoindre pour une nuit ou pour la vie. Qu’importe, nous cheminerons ensemble le temps que tu jugeras nécessaire. Tu es placé sous ma protection, tu es comme l’un de mes enfants désormais. »


Je lui offre un sourire empreint de tendresse. Je suis une Louve veillant sur ses petits.

« Ce soir je danserai pour toi, ainsi tu auras tes réponses, car je suis une Ethérée, je suis capable de percevoir l’Invisible puisque, comme je te l’ai dit, je suis à la fois ici et ailleurs. Et j’aurais besoin de toi, moi aussi, Prince Blanc. » Une pause, je m’approche de lui, presque à le frôler. « Là où tu te rends, tu pourras te nourrir de chair et de sang. En attendant, tant que tu ne touches pas à ma Meute, tu peux choisir toutes les proies qui te plaisent. »

Mes doigts appuient sur sa cuirasse. Rapidement ils noircissent avant de perdre de leur substance. Je ne ressens aucune douleur.

« Non, ils n’ont pas le choix. C’est leur nature. Les esprits sont ainsi, il ne faut pas leur en vouloir, Prince Blanc. Il m’est arrivé de me perdre avec eux et… d’oublier. »

Ma main est attirée par cette chevelure blanche, mais je me fais violence et me détourne, le cœur en émoi. Un fragment de ma mémoire manque. S’est-elle perdue dans le sable ou dans les étoiles ? Mes épaules s’affaissent, mes prunelles rubis cherchent une réponse dans le ciel qui s’obscurcit.

« Et si tu le souhaites, nous nous conterons nos histoires. Ta voix est vraiment particulière, tu le sais ? Elle porte en elle une beauté que je n’avais pas entendue depuis… »


Je ne termine pas ma phrase. J’ai déjà oublié.




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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyLun 11 Mai - 21:14
      En voyant le campement, le roulottes, les gens qui parlaient et semblaient s'amuser, Samaël ne put s'empêcher de tirer un peu plus sur la draperie qui l'entourait, tentant de cacher son état. Ne souhaitant pas effrayer. Ne souhaitant pas se faire affubler de nouveaux noms et insultes. Pourtant, à son plus grand étonnement ils ne semblaient pas y faire attention. Il était avec Sunilda, elle le protégeait. Un de ces enfants pour une nuit. Un membre de la Meute.

      Elle souhaitait danser pour lui, et venant d'elle il y voyait une sorte de rituel spirituel ? Allait-elle seulement se mouvoir ? Le décor s'y prêtait bien oui. Cependant, elle lui indiquait qu'elle allait avoir besoin de lui. Était-ce un moyen de lui dire qu'il devrait participer à ce rite ou bien qu'il allait devoir lui rendre service en échange ? Peu importait à vrai dire... Il était perdu et y voyait là un moyen de sortir de ce trouble, de trouver un monde. Que pouvait-il perdre de plus ? Et lorsqu'elle s'approcha de lui, à la limite de le toucher il recula par instinct, de peur qu'ils lui fassent du mal. Il ne put cependant l'empêcher, du bout du doigt elle vint caresser la Cuirasse et 'en retrouva brûlée. Nulle réaction de sa part cependant, si ce n'est un regard intrigué, éphémère. Comme si cela n'avait jamais existé. Lui ne l'entendait pas de cet oreille, et alors qu'elle approchait sa main des quelques mèches qui tombaient depuis son casque sur son plastron, voyant qu'elle s'avisait l'interpela.

Non ! Ne bouge pas ta main. Laisse moi faire. De sa main droite il survola celle de Sunilda un court instant, pointant son index vers la blessure. 'Efrit est tempétueux oui... Mais Marid est tout aussi puissant que lui et lui tient souvent tête...

      Une goutte d'eau commençait à se former au bout de son doigt et lorsqu'elle s'écrasa sur celui de Sunilda, sa brûlure commençait à s'estomper. Vint le temps des histoires... Que voulait-il lui dire ? Que pouvait-il lui dire ? Il n'en savait rien... Cependant elle lui parlait de sa voix, particulière... Elle ne termina pas sa phrase, semblait perdue. Peut être entre les mondes ? Alors il allait chanter à nouveau, pour elle, pour tenter de la raccrocher. Elle était étrange c'est vrai. Mais elle lui offrait du réconfort. De la bonté. Depuis combien de temps n'avait-il pu discuter, et partager ? Les massacres lui passaient dessus désormais, il était déshumanisé, ne s'étonnait plus de la violence. Les gestes doux eux... Ils les pensait partis dans le temps... comme le sable qui glissaient dans ses doigts fins un peu plus tôt...

Si je pouvais mettre le temps dans une bouteille
La première chose que je ferai serait
de sauvegarder chaque jour
Jusqu'à ce que l'éternité passe
Juste pour la passer avec toi

Si je pouvais faire que les jours durent toujours
Si les mots pouvaient rendre les vœux réels
Je voudrais sauver chaque jour comme un trésor et
Encore, je les passerai avec toi.

Mais il semble ne pas y avoir assez de temps
Pour faire les choses que tu veux
Lorsque tu les trouves
J'ai assez regardé autour pour savoir
Que tu es la la seule avec qui je veux
Traverser le temps.

      Ce chant-ci venait de son père, lui disait-il alors que c'est avec ces paroles qu'il avait su réclamer le cœur de sa mère... Se souvenait-il de la portée des mots et de leur origine ?



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J’observe, dans un profond silence, ses gestes, l’eau qui se forment au bout de ses doigts. Je suis ici et ailleurs et la douleur ne m’affecte pas. Pour autant, Prince Blanc semble y prêter de l’attention, s’en inquiéter. Lourde est la culpabilité dans son cœur. Je dodeline de la tête, oscillant entre les mondes. La chaleur me retient, comme ce chant merveilleux qu’il m’offre et fait souffrir mon cœur sans que je comprenne pourquoi.
Mes yeux rubis reprennent leur couleur originelle. Je vacille entre les royaumes, entends la supplique des esprits résonner de plus en plus fort dans ma tête. Ils sont là, appelés par lui. La force de sa Voix me surprend et je titube un instant.
Je ne tombe pas. J’observe, dans un profond silence, ses gestes, tandis que des larmes dévalent mes joues sans que je puisse les retenir. Je ne comprends pas et je parais étonnée de les voir glisser. Dans un sourire ému, je les efface, mais elles sont trop nombreuses. Je ne gagne pas cette bataille. Dans un murmure je lui avoue :

« Je n’ai pas réussi à les retenir. » Quoi donc ? Mes pleurs, le temps, les fragments de sables ? Mes poings se serrent, je ne suis pas assez forte pour retenir les grains d’or. « Viens, Samaël, ils t’appellent. »

Faisant fi des brûlures causées par sa protection, j’attrape ses mains et l’entraîne au milieu du campement où ma Meute m’accueille avec déférence. Pas besoin de mots, ils savent, lorsque je me drape des atours blancs et ors, que la danse doit débuter. La nuit s’abat alors, comme le tempo des tambours. Des voix accompagnent la mienne, j’appelle les Anciens à nous rejoindre, m’écarte du Prince Blanc pour laisser une femme poser sur ma tête une couronne de tissu qui ceint mon front et le couvre de larges franges en lin décorées de symboles nordiques. Mes yeux sont cachés, ainsi qu’une partie de mon visage, je n’ai pas besoin de voir, pas comme ça. Au sommet de ma tête trônent les bois d’un cerf.
Je ne cesse de déclamer cette musique destinée aux esprits, les invitent à s’apaiser. Ainsi débute ma danse. Je tourne autour du feu, jouant avec les braises que mes pieds tutoient. La cendre tournoie, comme ma robe que j’abandonne en la faisant glisser de mes épaules.

Je suis l’Hiver, je suis le Soleil. Le reste, je l’ai oublié. J’abandonne celle que je suis, celle que j’ai été, celle que je serai demain, quand l’aube viendra. Le tambour sonne plus fort. Mes cheveux, ma peau blanche illuminent le noir. Je reviens vers ce Prince égaré. Sans jamais cesser de chanter. Je lui tends mes doigts devenus noirs, seule note d’obscurité. Je lui souris, sous le couvert de ma coiffe, l’encourage à me rejoindre.

Mais ce choix lui appartient encore.

Les silhouettes se regroupent autour de moi. J’observe ses gestes, peut-il entendre le souffle des étoiles ? Les fantômes de son passé susurrer à son oreille troublée ? Car je les vois, ils attendent.

« Traverse le temps avec moi, Samaël. »





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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyLun 18 Mai - 23:06
      Elle pleurait. Il l'avait atteint sans savoir le pourquoi. Ébranlée. Était-ce simplement là voix, ou bien le chant qui l'avait frappée au beau milieu de l'âme ? Il fut presque gêné en l'observant alors qu'il se taisait. Les larmes, voilà tout ce qu'il voyait, ça et l'incompréhension de Sunilda. Pourtant elle sembla en faire rapidement part du passé car déjà elle l'enjoignait à la poursuivre, faisant fit des brûlures en l'attrapant par les mains sans qu'il ne s'y attende, ne pensant même plus aux blessures que cela lui causerait. Elle l'intriguait, ne comprenant pas ce qu'elle cherchait à faire.

      Le campement s'affairait autour d'eux alors, le feu se fit plus intense et elle, éclairée, devint blanche. Comme lui. Peut être plus lumineuse encore. Une femme vint poser une couronne de tissu sur ses cheveux et ce qui semblait être un cérémonie débuta. Les tambours, la voix, les chants, la danse, les échos. La nuit se faisait plus sombre, défiée par cette flamme immense autour de laquelle elle tournoyait. Les cendres volaient, sa voilure tombait. Dans ce temps, comme la chaleur pouvait déformer la vision, tout autour d'eux semblait distordu. Elle revint vers lui et n'était plus seul. L'invitant à la rejoindre. A les rejoindre. Un pas plus tard et le voilà de l'autre côté, comme s'il avait traversé l'eau, un miroir mince et déformant. Tout autour d'eux des masses informes dansaient, des voix se faisant entendre. Incompréhensible. Au milieu d'elles, un cri interpella le Perse. Un cri qui le surprit, écarquillant ses prunelles d'albe avant de se figer. Il avait déjà entendu par le passé. Il le reconnaissait. La douleur et la tristesse, l'incompréhension. Voilà ce qu'il signifiait. Pourtant rapidement, l'esprit semblait se calmer, ne réveillant que des murmures. Trop tard...

      Son immobilisme se brisa, déjà ses mains remontait à sa son visage, saisissant le casque aux deux cornes qu'il portait depuis de longs mois. Lentement, il le leva, quittant ses joues, son front, sa chevelure avant de tomber au sol lourdement. Il dévoila sa longue chevelure blanche qu'il agitait en secouant la tête. Sur ses mèches se reflétaient les flammes et les ombres. Le feu sans fumée le réveillait. L'instant d'après, les pièces de métal et de cuir quittaient son corps frêle pour se reformer en un totem de flamme, d'eau et d'aile, dévoilant une riche tunique de soie qui fut blanche autrefois, en piteux état. Sale. Les manches étaient déchirées. Le reste de la tunique était trouée en bien des endroits, parfois brûlée ça et là. Et pourtant, la peau qu'elle révellait semblait intacte. Blanche. Pure. Il eut alors un sourire.

Je te remercie, Danseuse des Esprits. Il n'aurait pu supporter de les voir. De les entendre. Là est mon rôle que de le préserver. Il est si pur...

      Il s'approcha d'elle, la toisant un instant, rapprochant son visage du sien. L'index fin du Djinn se posa sur la gorge de l'Immaculée, sans aucune pression. Il remonta lentement sa caresse jusqu'à son menton avant de s'en détacher, reculer de quelques pas sans la lâcher du regard, puis de lever les bras en l'air, s'étirant brièvement.

Eh bien ! Continuons ! N'avons-nous pas des esprits à apaiser ? Mes invisibles en ont besoin en tout cas...

      Rien n'avait changé à le regarder, à part une chose. Sa voix était identique, son ton, sa manière de s'exprimer, même son sourire. Seuls ses yeux semblaient à présents plus plissés. Plus fins. Mais son attitude...

      Tu m'as libéré.



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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyMar 19 Mai - 14:51
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J’ai vu un pan de son passé m’apparaître avec clarté. J’ai dansé pour en remonter le fil. Sauf que j’ai perdu Prince Blanc en chemin. Il s’est effacé au profit d’un autre. Je l’observe avec cette tranquillité qui n’appartient qu’à moi. Cela fait bien longtemps que je ne suis plus affectée par ces choses-là. Et pourtant, parfois, des échos resurgissent sans que je ne puisse rien contrôler.

Des images se sont succédées tandis que lui et moi, avions évolués entre les royaumes. Le voile est étrangement fin, par ma faute. Et la lumière attire d’autres spectres. Ils nous ont encerclés. Je ne leur permets pas d’avancer. Parmi les silhouettes ténébreuses, j’en vois une, immense, s’imposer. Les larmes menacent de revenir. Ma gorge se serre. Je suis désolée, je t’ai oublié.

Le géant d’ombre ne bouge pas. Je le vois quand même souffrir et porter une plainte à mes oreilles. Je titube. Je ne tombe pas. Pas encore.

L’immobilité m’étreint en même temps que toi, Prince Blanc. Nos souffrances s’entremêlent, j’en suis désolée. L’ombre hurle, son bras est arraché. Je suffoque.

L’armure a quitté son corps. Comme sa présence. Je relève la tête.

« Te voici. » Je laisse cette âme s’incarner, s’installer dans son cœur et son corps. « Comment dois-je te nommer, à présent ? »

Ses doigts courent sur ma peau sans que j’aie un geste de recul. Je ne le crains pas. Il le comprendra. Mes peurs m’appartiennent et il n’en a pas le contrôle. Je suis curieuse de cette libération. Je ne serai pas la juge de mes actions. Il y a toujours une raison, une vérité. Le destin n’existe pas. Il m’appartient.

Ta mort m’appartient.

J’ai le souffle court. Promesse ? J’ai l’intuition que j’aurais pu la tenir. Je ne tombe pas. Mes prunelles plongent dans les siennes, se nimbent d’un peu de sévérité. Je suis reine en mon royaume. Il fait quelques pas en arrière, je décide de m’avancer et de réduire la distance entre nous. Je souffle à son attention :

« Nous allons continuer. Tu vas mener cette nouvelle danse, oui. Pas sans que j’aie l’assurance que tu laisseras Prince Blanc revenir. »

Je n’ai pourtant que peu de doute là-dessus. Mon aura grandie. Le silence s’est imposé à ma Meute. Elle n’est plus vraiment là. Nous sommes seuls, lui et moi. La nuit nous appartient et j’ai l’habitude de courir avec les étoiles.

« Je suis celle qui guide, mais je ne suis pas qu’une simple Danseuse. Esprit Flamboyant, je reste maîtresse en ces lieux ! »

Je lui offre mes paumes pour qu’il s’en saisisse.

« Un pas de travers et je vous bannis. »
La chose est dite. L’avertissement est lancé. « Je n’ai pas peur d’être consumée. Je n’appartiens plus vraiment à cette trame. »

Laquelle ?

Déjà, une autre mélodie s’élève. Il est temps. Temps d’entrer en communion avec les ténèbres. Les chuchotis se font plus pressants. Plus nombreux.

Achevons cette représentation et reviens-moi, Samaël.





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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyJeu 21 Mai - 4:52
      Farouche. Gardienne. Elle ne mentait pas. Il était un de ses enfants pour une nuit. En bonne louve, ses crocs se dévoilaient derrière ses babines. Et lui, en faisant retomber ses bras, la vit se rapprocher. Menaçante. Que voyait-elle ? Là était la question. Peut être qu'elle le savait. Oui. Elle lui a parlé en un sens. Elle l'a invoqué, avant tout. C'est elle qui l'a amené ici. Lui ne le pouvait pas.

Je suis Iblis, né du feu fumée, Père et Maître des Djinn.

      Il s'inclina alors avec le plus grand des respect, sans nulle exagération. Depuis combien de temps avait-il été contraint loin du monde ? Pourtant, elle continuait, menaçante. Il semblait s'interroger. Ne pas la comprendre. Revenir ? Assurance ? Voilà qui ne manqua pas de l'étonner. De l'offusquer même. Il porta ses mains sur sa poitrine, reculant d'un pas.

Allons... Ne te méprends pas. Il est fragile. Il ne peut supporter cela, il a besoin de temps. Moi je suis là pour que personne ne lui fasse de mal. Ni mes enfants. Ni les autres. Il reviendra, nul besoin de menaces. Je ne suis pas fait pour ce monde de toute façon.

      Car il ne venait pas en conquérant. C'était un mal nécessaire. S'il arpentait cette terre, c'était par contrainte. On l'y avait placé, forcé à se coller à cet amas de métal et de peau. Depuis lors, il avait besoin de se nourrir. Il avait besoin de se gorger de sang. De s'abaisser à ce que les créatures de l'invisible n'avaient à faire en temps normal. Samaël était son vaisseau. Iblis était son bouclier. Liés malgré eux. Aussi, le Djinn tendit les mains pour saisir celles de la Danseuse, sans aucune flamme, aucune douleur. Il ne blessait pas. Pas lui.

Et moi j'aimerai ne plus y appartenir. Mais avons nous le choix ? Dansons, Sunilda !

      Il se fit plus insistant alors, et déjà il emportait son corps avec le sien autour de cette flamme n'avait cessé de se mouvoir, elle. En voyant la Maîtresse, s'activer, le temps repris son cours. Ils n'étaient plus seuls à nouveau, entourés d'esprits et de la Meute. Les tambours recommençaient a se faire marteler. Nul chant pour le Perse. Ils n'avaient pas besoin de ça.

      Apaisons-les. Eux. Et les Autres. Les siens aussi. Les tiens aussi.



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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyJeu 21 Mai - 12:15
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Un semblant d’offense en réponse à ma confrontation. Je m’apaise alors, un sourire se dessine sous les franges en lin de ma coiffe. Je les écarte un instant, dévoilant mes prunelles rubis où se reflète la danse du feu et de la cendre.

« Je ne me méprendrais plus, maintenant que j’ai ton nom, Père de feu. »

Les noms revêtent une importance primordiale. C’est ce qui lie tous les mondes entre eux. Je l’ai appris, il y a bien longtemps auprès de différentes personnes. Leurs traits s’effacent au profit de sentiments troubles, de hautes silhouettes sombres qui m’est impossible de retenir. Ma mémoire est mon sacrifice pour une mission passée. Un lourd prix à payer, il est vrai. Des promesses égarées… Je serre mes mains dans les siennes. La noirceur de mes doigts s’est étendue à mes avant-bras. Quelques symboles des anciennes Völva se manifestent, s’inscrivent dans ma peau, brillent d’un éclat carmin.

« Vous êtes un Père et un Maître. Je suis une Mère et une Maîtresse, Roi et Reine dans des royaumes différents. Vous incarnez une sagesse qui ne m’est pas étrangère, Iblis. »

Je l’observe encore. Il a besoin de faire ce qui doit être fait. Un besoin impérieux, plus puissant que lui. Je le comprends. Je comprends cette nécessité à l’action.

« Nous avons toujours le choix. Nous n’avons souvent juste pas la Force nécessaire. »

Lui répondis-je avant qu’il ne m’entraîne à son tour dans l’obscurité de la nuit. Vers la flamboyance des flammes. J’évolue un bon moment au rythme du tempo qu’il m’impose. À mon tour, je le laisse me guider, calquant mes pas dans les siens, frôlant sa présence de la mienne. Bercée par les tambours, enivrée par la voix gutturale des hommes de ma Meute. Théodorus à leur tête.
J’ai l’impression que mes pieds écrasent la neige de mes contrées. Mon cœur se serre, mais je ne faiblis pas. Je dois faire ce qui doit être fait. De concert avec cet être qui n’appartient pas, comme moi, à ce monde. Soudain, soutenue entre ses bras, je me laisse partir.

Mon corps s’abandonne dans cette étreinte, s’affaisse, dépossédé. Ne reste que mon âme, ombre blanche qui s’extirpe et écarte les ténèbres. Sous cette forme éthérée, j’ouvre les bras pour faire venir à moi les esprits esseulés.

Les tambours grondent. Comme eux. Amassés comme des nuages ombrageux. Ils sont bien en colère, mais ils écoutent. Ma bouche s’ouvre et libère un chant de jadis. Tel un Soleil, je leur commande de venir me rejoindre. Un premier spectre s’avance, me fauche. Je titube. Je ne tombe pas. Je continue de tenir bon, blessée par cette froide morsure. Un mal nécessaire.





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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptySam 23 Mai - 17:26
      Elle semblait avoir compris, les crocs se masquaient alors et son remplacés par la douceur d'un sourire. IL n'aurait eu peur que d'entrer en affrontement avec cette Danseuse aux Esprits, quand bien même elle pouvait le toucher réellement. Bien heureux de ne pas en arriver là, lui lui rendit son sourire. Les voilà donc, tourbillonnant au cœur de la nuit, éclairés par un flamme chaleureuse. Qu’un de leur pas semble les éloigner de cette musique. Chaque mouvement du feu se reflète sur leurs peaux.

Tu es bien crédule pour quelqu'un capable de percevoir l'invisible...

      Il fut étonné. Parlait-elle d'espoir ? Avoir le choix. Voilà une parole d'une simplicité enfantine, pouvant redorer les cœurs et les enivrer pour que chacun puisse dépasser ses limites. Il n'aurait pas cru cela d'elle. Cette magicienne des temps anciens semblait bien perdue, pourtant habituée à voguer entre deux mondes comme elle l'avait plus ou moins sous-entendu. A la regarder là, dans cette danse mystique, il la sentait parfois tressaillir, prête à s'effondrer avant de se reprendre. Elle. Si forte et pourtant semblait en cet instant si fragile. Iblis la rapprocha alors de lui, pour la tenir plus fort, qu'elle ne puisse chuter.

Tu voyages entre les mondes... Mais j'ai bien l'impression qu'aujourd'hui ce ne sont pas ceux auxquels tu as été habituée.

      Simple supposition de sa part. Il la trouvait différente de ce qu'il avait pu voir plus tôt. Son assurance s'était tarie. Ses gestes plus branlants... Peut être s'était-il juste trompée sur son compte. Peut être était-elle juste faible. A ce moment là son esprit sembla quitter son corps, le Djinn se trouva à devoir supporter la jeune femme, nue, inanimée dans ses bras, tombant comme un poids mort. Il ne s'y attendait pas vraiment, lutant pour la rattraper, lui évitant la chute, avant de porter ses yeux d'albe vers cette silhouette lumineuse qui s'élevait plus haut. Elle s'envole, intangible, ouvre les bras pour appeler les esprits à elle. Il y a beaucoup. Connus. Inconnus. Iblis arbora alors un sourire intrigué. Elle effectuait là une chose qui lui était impossible. Il s'imaginait à ce que la danse suffirait mais elle ne semblait être que l'introduction... Pourtant...

Idiote ! Que fais-tu ?! SILF !

      Il la vit se faire traverser. Put lire la douleur sur son visage, pu sentir contre son bras son sang chaud qui s'écoulait doucement. Son regard se fit alors sévère, passablement contrarié. Il fit remonter le corps désincarné un peu plus haut pour pouvoir la tenir à un seul bras non sans difficulté. Samaël était frêle. Une fois la main libre, il la pointa ouverte vers cette silhouette assaillie avant de prononcer d'une voix grave et profonde le nom de son enfant. Un courant d'air sembla passer devant elle, avant qu'une tempête ne l'entoure, tourbillonnante. Des plumes éthérées s'en échappaient parfois avant de se dissoudre dans l'air un peu plus loin.

      Le Djinn quant à lui luttait, semblant ressentir chaque assaut des esprit sur cette colonne d'air qu'il tentait de maintenir. Il fermait parfois les yeux, ses muscles commençait à se faire douloureux. Il ne pouvait la lâcher, elle, blessée. Il ne pouvait la laisser, elle, assaillie. Il devait tenir. Un peu plus. Juste un peu.

RESSAISIS-TOI SUNILDA !


      La colère commençait à monter en lui. Sa voix semblait double, plus grave aussi, ses traits étaient tirés. Il souffrait en cet instant. Il lutait. Il tiendrait...



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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptySam 23 Mai - 19:10
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Je voyage entre les mondes. Ici et ailleurs. Présente et absente à la fois. C’est mon fardeau autant que ma bénédiction. J’ai abandonné mon enveloppe charnelle entre les bras d’Iblis. Je recueille les lamentations des esprits. Un coup, deux coups, trois coups de tambour. Son ventre vibre, à l’instar de mon âme qui se voit déchirée par des crocs avides.
Ma lumière se consume. Le feu qui nous réchauffe vacille par la main d’un vent invisible.
Idiote
Une protection se dresse entre moi et les danseurs. Je reste figée, ma tête retombant contre ma poitrine évanescente. Mes prunelles se referment, j’entends toujours la fureur de cette tempête, de l’orage dans le lointain. Un coup, deux coups, trois coups de tambour. Il souffre. Pourquoi ? Je ne comprends pas son intervention.
Silf
Je connais le nom du Tempêtueux. Je l’occulte, le bannis de ma réalité. Les bourrasques cessent. Je me tourne vers Iblis. Mes paupières s’entrouvrent et des yeux argentés se posent dans celles plus flamboyantes du Djinn. Des chuchotis. Je susurre des incantations dans ma langue, accompagnée par ma Meute qui entre, aussi, dans une transe sauvage. Tous, crient, se frappent la poitrine, libèrent un chant maudit. La mort du Soleil. L’Hiver s’installe et Borée surgit soudain pour faucher quelques âmes qui projettent de repasser à l’offensive. Un coup, deux coups, trois coups de tambour.

« Tawol Athodu Ek Erilaz Owlthuthewaz Niwaremariz Saawilagar Hateka Harja ! »


Bras écartés, l’immaculé est évincé au profit des ténèbres. L’encre de mes maux se déploie et entache ma pureté. Mes doigts noircis sont dévorés par ce mal. Il grimpe, s’enracine dans mon sang, capture mon cœur et accapare mon essence. Des ailes se déploient dans mon dos, don de Borée qui s’est placé dans mon inhumanité. Le noir gagne du terrain sur le blanc, des runes s’inscrivent en lettres de feu dans ma peau. Celle de chair et celle de l’Invisible.

« Fehu Uruz Thurisaz Ansuz Raidho Kenaz
Gebo Wunjo Hagal Naudhiz Isa Jera
Eihwaz Perthro Algiz Sowelu Tiwaz Berkano
Ehwaz Mannaz Laguz Ingwaz Dagaz Othala… »


Un coup, deux coups, trois coups de tambour. Un coup pour chaque Futhark.

Richesse, Pluie, Dieu, Géant, Voyage, Éruption,
Cadeau, Joie, Salut, Esclavage, Glace, Récolte,
If, Roc, Élan, Soleil, Týr, Bouleau
Cheval, Homme, Mer, Naissance, Jour, Possession…


Les esprits hurlent. Ils sont consumés par mon Feu. Je danse, une danse bien plus frénétique, plus dangereuse. Brutale.

Et tout à coup le silence se fait. Un coup, deux coups, trois coups de tambour.

Je réintègre mon corps, rouvre mes yeux. Je souris à Iblis. Un filet de sang s’échappe de la commissure de mes lèvres.

« Ils se tiendront tranquilles, désormais. »





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      S'il avait disparu. A l'instant même le Djin eut l'impression qu'on lui retirait un poids immense sur les épaules. Soulagé ? Pourtant non... Son bras commençait à redescendre lentement. En lui le feu se calmait. Obligé. Forcé. Son combat prenait une toute autre tournure. Il n'avait plus à se focaliser sur elle, assez forte, prête à faire ce qu'elle devait, ce qu'ils avaient dit. Mais le ferait-elle vraiment ? Car au dessus de lui, la tempête grondait.

      Tout semblait s'être assombri. Le temps se faisait encore plus long. Ses regard clair ne la quittait pas, elle, parée d'ailes sombres, maîtresse d'un désespoir bien trop grand. Il la fixait donc avec un sérieux rare. Calme. Il n'avait pas le choix car la colère, elle était sienne, là haut. Oh il savait. Il n'eut pas besoin de réflexion. Le destin frappait et ce sort promis... Ce n'était pas l'apaisement. Silf avait regagné sa demeure. Sa carcasse. Obéissant. Il ne fallait plus sortir désormais, ni lui ni aucun autre. L'heure était sombre. Le temps aussi. Et il ne put les ignorer.

      Les yeux clos, le temps que cela passe. Né du feu sans fumée, il savait... Le calme revint. Il sentir la chaleur contre sa peau revenir. Elle aussi donc. Ses paupières se rouvrirent lentement, il porta un bref coup d'oeil sur elle. Souriante. Sanglante. Alors il se releva en la soulevant comme il pu, la tenant sous les bras. L'observant un instant dans son plus simple appareil. Souriante. Il ne la lâchait pas cependant. Pouvait-elle tenir après cela ? Cela n'était pas agréable. Ce corps était frêle. Il le ferait autant qu'il peu.

Tranquilles... Hum... Est-ce donc ainsi que tu "apaises" ? Dans un sens, cela devait être fait j'imagine. Ils ne le tourmenteront plus jamais.

      Pourtant, cela restait amer. S'il était attaché au jeune Perse ce n'était pas pour rien. S'il avait été bloqué jusqu'alors... c'était pour une bonne raison. Cette raison, elle l'avait exprimée. Tant que Samaël serait en vie, en possession de sa Cuirasse, ce sort ne pourrait lui arrivé. Ni a lui. Ni a ses enfants, aussi difficiles qu'ils pouvaient être. Il se risqua à la relâcher alors. A bout de force. Il ne voulait s'écrouler. Sa troupe prendrait le relais au besoin. Lui recula de quelques pas, sans la quitter du regard. Il n'y avait aucune expression, ses yeux restaient plissés. Un peu essoufflé peut être.

Il semblerait que je me sois trompé sur ton compte, tu n'es pas une Danseuse en effet... Une Asra comme les autres... Vas-tu vouloir me "chasser" moi aussi ?

      Il pencha sa tête sur la droite, la bouche entrouverte alors, la mâchoire ballante. Ferma les yeux. Les bras collés au torse, il remonta ses bras laissant ses doigts caresser ses joues tout en expirant. Ses yeux étaient clos, puis se rouvrirent, la fixant à nouveau. Elle. Que voulait-elle ?

Je ne te laisserai pas faire. Il a besoin de nous. Nous avons besoin de lui.

      Il la craignait en un sens... Mais elle ne pourrait rien lui faire.



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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyMer 27 Mai - 12:08
Pour un fragment de sable







Je le laisse cueillir mon corps entre ses bras. Mes forces me reviennent quand les siennes l’abandonnent. D’un regard, j’ai l’intuition que le Père dresse un rempart infranchissable, une barrière de protection qu’il initie en s’éloignant de quelques pas. Mes sourcils froissent l’inexpressivité de mon visage. Je penche la tête sur le côté. Il s’est trompé ?
Je me redresse avec lenteur, on m’apporte un grand bâton surmonté d’un symbole obscur dont je cherche encore la signification. D’un coup d’aile, Borée me rejoint, il croasse à mon oreille et mes prunelles s’écarquillent.

Qu’ai-je fait ?

« Je… ça a recommencé ? » La question ne s’adresse pas au Dijin. Elle m’a pourtant échappé et le Corbeau s’agite sur mon épaule. Je me laisse glisser jusqu’au sol. « Non. Je suis une Mère, jamais je ne traiterais mes enfants de la sorte. »

Je ne mérite aucun titre. Je lève mes mains devant mes yeux, laisse choir le bâton. Elles sont agitées de soubresauts. Elles brûlent, se consument, la noirceur progresse. Je commence à gratter cette peau sombre, de plus en plus frénétiquement. Ça ne change rien et je m’entête pourtant à vouloir retrouver ce blanc d’autrefois. Les larmes brouillent ma vue, le goût du sang s’impose sur tout le reste. Je suis perdue. Je ne suis plus l’Immaculée.

« Je ne comprends pas. »

Mes ongles arrachent la chair, exposent des lambeaux sanguinolents, je détaille la souillure dans toute sa plus terrible vérité. Elle est là, hors de ma portée. C’est moi, l’Égarée. Je laisse retomber mes bras. Les blessures se referment d’elles-mêmes, l’amas de corruption s’improvisant baume cicatrisant. Il s’est nourri des damnés dont je me suis appropriée la vitalité. Le dégoût se dépeint sur mon visage.

« Tu as raison, tu t’es trompé sur mon compte. J’ignore ce que je suis devenue, alors, tu devrais prendre du repos et t’en aller. »

Je lui indique une roulotte parmi les autres réunies en cercle autour du feu de camp.

« Reste que je t’ai promis l’hospitalité et je tiendrais cette promesse. »
Alors que j’en ai tant oublié. « Père de feu, je m’excuse d’avoir allumé une lueur de déception entre nous. Puisse les Esprits avoir pitié de moi. »

Ai-je seulement le droit à leur rédemption ?
Je suis un imposteur.
La nuit m’enveloppe et je cherche sa caresse, m’éloignant de ma Meute, de ma prétendue humanité. Il ne reste que des fragments de sable.




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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyMar 2 Juin - 0:42
      Etrange. Il la toisait. Innocente. Où était passé cette créature destructrice, dévorant les âmes telle un brasier infernal ? Elle même ne semblait pas savoir. Semblait perdue. Le Djinn replia ses doigts, quittant sa pose étrange pour laisser ses bras couler le long de son corps, se tenant droit face à elle. Un sourcil arqué. Elle était devenue une enfant. Pourtant elle se relève oui, tenue sur bâton, un peu fébrile. S'étonne. Qui était-elle ?

      Elle refuse dans un premier temps, ne reconnait pas ses actes... Pourtant, ils étaient bel et bien réels. Elle les avait éliminé à tout jamais, ils pourraient revenir. Une mauvaise chose ? Non. Et pourtant il n'y avait rien d'agréable à assister à un tel massacre. Quand bien même ce dernier serait utile à Samaël à l'avenir. Mais pour l'instant il la regardait. La détaillait dans ses gestes, dans ses paroles. Le bâton chuta. Elle commençait alors à se gratter la peau jusqu'au sang, ses mains noircies non pas par la braise mais par un... maléfice ? Sa voix tremblait et il pouvait voir autour de ces yeux quelques larmes naître.

      Il l'écoutait se fustiger, lui rappeler que ses paroles étaient toujours valable quant à un repos plus confortable que ses nuits d'avant. Il regarda un instant au sol, alors que la blanche le croisait pour s'éloigner d'un pas lent, tourmentée. Lui se rapprocha du feu avant de se baisser et récupérer le tissu qui avait été lâché là, plus tôt, pendant la danse. Il se retourna, le vêtement en main, puis lui emboîta le pas.

Il n'est pas convenable de se tenir ainsi, je pense. Tiens.

      Il lui tendit alors le morceau d’étoffe. L'incivilité le mettait mal à l'aise sans comprendre pourquoi. Iblis n'était pas du genre à comprendre ce genre de subtilité... Mais au fond de lui résidait une impression... Dérangé. Mais était-ce la seule chose qui lui portait tourment ? Non. Après tout, cette scène qui venait de se déroulait était... aussi sombre que la nuit. Et pourtant, elle ne l'était pas, en tout cas pas de sa volonté propre.

La déception... Ce n'est pas cela. Après tout il aurait été de ma vigilence que d'intervenir avant que vous ne l'invitiez à votre danse. Il n'est pas familier de ce genre de pratiques. Et puis... ce n'était pas toi. Je me trompe peut être encore... Mais tu sembles maudite. Sais-tu quel mal te ronge ? Quel esprit s'est insinué en toi ?

      Car les esprits, il les connaissait. Peut être même mieux qu'elle. Et pour ce qui était de la pitié, il n'y en aurait point. Ils n'existaient plus.



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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyMar 2 Juin - 14:41
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Je stoppe mes pas. Mes épaules s’affaissent et, sans me retourner, je cache les larmes qui dégringolent le long de mes joues. Je les essuie d’un revers de main. Je n’ai pas le droit d’en verser. Il ne m’appartient pas de me laisser aller ainsi. Je suis un imposteur. Je me retourne, la tête basse, prends tout doucement ma robe abandonnée que je colle contre moi. Le froid ne m’accapare pas, pas mon corps. Je soupire, me drape de l’étoffe. Cela ne change pas grand-chose : je me sens toujours dépossédée. Nue. Mon cœur déserté de cette étincelle d’autrefois.
Je ferme les yeux pour tenter de me souvenir. Je n’ai que des bribes, des morceaux d’images, des sons décousus. Parmi tout ceci, une Tour qui s’effondre et la Lumière qui s’étiole. Un sentiment de vide prône dans mon être et une nuit. Rien qu’une nuit Hivernale.
Je fais un « non » de la tête. Mes cheveux ont repris leur teinte lunaire. Je me prends à relever mon visage vers l’éclat des étoiles. Peut-être entendrai-je leurs murmures ? Elles sont si silencieuses…

« Je ne le sais pas. Je sais juste que cette graine s’épanouit à cause de mes errances. »

Je lève mes mains devant moi. À la faveur de l’astre du soir, il semble que la toile d’encre se soit figée. Des traces de griffures, il ne reste plus rien.

« J’oscille toujours entre Ombre et Lumière. Je me perds, je ne sais pas si je demeurerai encore longtemps ici. »

Là-bas, ailleurs, dans cet endroit, quelle importance ? Sans doute finirai-je nulle part. Je m’assois dans l’herbe parée de givre. Je ne me rends même pas compte que je suis celle qui habille les brins verts de ce lourd manteau. Un grognement et je vois une silhouette sombre s’approcher de moi. Le plus jeune des loups nous a rejoints et pose son museau contre mes genoux. Je flatte sa tête de caresses, semble m’apaiser. Un sourire fend mes lèvres. J’ai encore un goût de sang…

« Je n’ai pas toujours appartenue au Soleil. Autrefois j’étais l’Éthérée, la Sainte du Cancer. »

Cela me revient. J’entrevois les pourtours de mon Temple. Je m’y vois danser, tomber et me relever. Je me souviens d’un paysage de glace et de sang. D’un anneau et d’une lutte. J’ai disparu. Et la suite, je ne l’ai plus en tête. Une Tour ?

« Le Soleil va mourir. Je suis maudite… »

Prononcer ce mot éparpille mes pensées. Je me recroqueville, enfouis mon nez dans le pelage chaud du loup. Mes excuses sont étouffées.

« Je suis désolée, Iblis… »

Troublée par une nouvelle certitude, je ferme les yeux un instant.




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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptySam 6 Juin - 19:19
      Elle ne sait pas. Se rhabille alors que son visage n'invoque que la tristesse et les traces de larmes séchées et effacées. Elle s'éclaire pourtant, revenant un peu plus en ce monde, désemparée. Peut-être était-ce là la faute du Djinn, de ses actes, de ses mots. Il n'en avait cure. Il venait de renaître, arpentait le monde de ses propres yeux, expérimentait. La notion de bien et de mal n'existait pas vraiment. Juste des civilités inculquées par le savoir de Samaël. Il l'observe, l'écoute, la voit s'asseoir non sans remarquer qu'autour d'elles les plantes se gèlent. Son aura est funeste, à l'image de son humeur. Une incidence ?

Tu t'exposes à un danger que tu ne comprends pas. Que tu ne cernes pas. Pourquoi le faire alors, pourquoi continuer à traverser ce voile ? Tu devrais t'en abstenir un certain temps, sans quoi tu ne seras capable de veiller sur personne.

      Ses derniers mots étaient plus graves que les autres, un ton plus bas. Comprendrait-elle ce que cela pouvait signifier ? Elle lui parle du Soleil, semble le servir. De son passé, étant une Ethérée, d'une autre allégeance. A quoi ? A qui ? Difficile de le savoir. Pourtant elle y parle de mort. Que l'Astre s'éteindra. Maudite. Il eut un éclat de rire soufflé, empli d'ironie. Il observait cette femme se recroqueviller, protégé par une bête qui les avait rejoint un peu plus tôt. Elle se cachait, elle. Des excuses. Il ne comprit pas pourquoi.

En effet le Soleil s'éteindra. Tout comme le feu qui m'a vu naître. En effet tu es maudite, ton rôle dans cette extinction n'est plus à prouver, Dame de l'Hiver. Tu te dois de comprendre pourquoi, comment, sans quoi tu seras perdue dans l'invisible et remplacée par un autre.

      Il fit volte face, se dirigeant vers le campement. Un pas. Un second. Un dernier. Il tourna sa tête vers elle, un dernier regard intrigué, se demandant ce qu'elle ferait, si ses mondes ne l'avaient pas déjà absorbée.

Nous avons toujours le choix, Sunidla.

      Sa marche reprit alors et les dernières âmes encore éveillaient indiquaient au Djinn l'endroit où il pourrait se reposer pour la nuit, ou ce qu'il en restait. Nul doute que Samaël n'en serait que mieux, le moindre signe de confort ne pouvait aller que dans son sens. Il s'endormit rapidement, bercé par des songes calmes... Iblis n'espérait qu'une seule chose quant à lui. Voir ce que le jour montrerait de cette danseuse, le lendemain.



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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptySam 6 Juin - 21:56
Pour un fragment de sable








Sunilda se heurte à sa propre limite. Elle a changé et désormais sa route est bien différente. Sa mission a perdu tout son sens ? Elle n’en est plus tout à fait sûre. Alors elle écoute, c’est là tout ce qu’elle sait encore faire. Prêter une oreille attentive aux dires d’un inconnu, d’un homme, d’un père des Djinns. Se tromper, faire des faux pas, la Völva en fera encore. Vaciller, tomber, se relever. L’Hiver, la Danseuse, la Mère Louve ou encore l’Éthérée, autant de titres qui gravitent autour de son essence fluctuante. Changée, morcelée, comme ces fragments de sables.
La jeune femme le laisse repartir, l’esprit harassé par ces mots. Ils pèsent sur son âme. Alors elle se love contre la chaude fourrure du jeune loup et ils resteront ainsi jusqu’à l’aube. Où elle s’éveillera avec les premiers rayons du Soleil qu’elle saluera à sa façon.

Elle quitte son manteau de givre, époussette sa mise et s’étire comme un chat, un nouveau sourire aux lèvres. Oui, l’astre du Jour meurt, mais il renaît aussi, chaque jour. La Danseuse écarte l’Hiver d’une nouvelle représentation, dotant à ses atours cette pureté immaculée qu’Iblis a pu déjà observer. Elle ne cesse de se mouvoir, accompagnée des enfants qui, les paupières encore alourdies par le sommeil, se joindront à elle pour chasser ce dernier. Faire revivre ce fragment de sable, d’humanité. Leurs rires ponctuent chaque mouvement de plus en plus audacieux, des pirouettes aériennes qui ravissent les yeux enfantins. Les fillettes tapent dans leurs mains tandis que les garçons se plaisent à imiter Sunilda en s’essayant à des gestes plus martiaux. Car c’est une ode à la renaissance, au combat que l’ancienne Sainte du Cancer esquisse.

Du feu accroché dans ses cheveux, la gardienne de la Meute s’arrête en apercevant la silhouette d’Iblis. Ou de Samaël ? Elle l’étudie l’ombre d’un instant avant de s’approcher de lui, de lui tendre la main. Elle lui fait face. Figée dans cette tranquillité qui ceint son être.

« Je n’ai pas peur de disparaître. »
annonce-t-elle simplement pour tout préambule. « J’ai simplement peur de continuer à me perdre et d’oublier ceux qui sont importants. Des noms. »

Il a eu raison de lui dire cela. D’évoquer cette idée, de ne plus se risquer à un tel exercice. Pourtant si naturel. Avant. Son visage se tourne vers le ciel, où elle cherche encore des réponses.

« J’en ai déjà oublié… surtout un. Je n’arrive pas à m’en rappeler pourtant je sais que j’ai une promesse à tenir. Liée à sa mort, et à la mienne. »


Ses sourcils se froncent et froissent son expression paisible. L’Ombre d’un grand homme s’est manifestée cette nuit-là et c’est tout ce qui a précipité. Elle le sent. Comme cette accablante tristesse qui l’a accompagné.

« J’ai l’espoir de comprendre, grâce à lui. À elle, la constellation du Cancer. »

Celui qui représente aujourd’hui et incarne la Voix des Damnés. N’est-ce pas ironique qu’il ait pu apprendre sous sa férule ? Ce n’est qu’en sa présence que les ténèbres ne se manifestent pas. Son étoile écarte les dangers. Elle doit le retrouver, elle doit comprendre.

« Finalement tu reviens sur ton idée ? » glisse-t-elle à l’adresse d’Iblis, se rappelant de ce qu’il lui a dit hier soir. « Oui, j’ai le choix. Et j’ai choisi d’observer les mondes se mêler ensemble. Mais je ne traverserai plus le Voile, pas sans lui. »

Une pause.

« Et toi, que dois-tu faire maintenant ? »




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Message Re: [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda)   [Août 552] Pour un fragment de sable (Sunilda) EmptyJeu 11 Juin - 18:53
      Le réveil fut doux pour le jeune Perse, réveillé par l'amusement des enfants de cette petite troupe qui avait eut la gentillesse de le recueillir, pour une nuit au moins. Un vrai lit, du linge propre. Peut être même de quoi manger ? Non... Impossible. Aujourd'hui, il allait devoir faire un effort. Se montrer reconnaissant. Il affronterait les conséquences après son départ, seul.

      Il s'étirait lentement, observant la masse de métal et de cuir qui avait pris place près de lui pendant la nuit. Le Djinn n'était jamais très loin. Il enfila sa tunique en piteux état, s'observa un court instant.Un petit soupir et déjà la Cuirasse venait recouvrir son corps, cacher ses frusque. Au moins, avec elle, les gens avaient peur de lui. Ils ne l'approchaient pas.

      Il quitta donc cette roulotte, son casque en main, usant de son autre main pour masquer le soleil qui l'éblouissait déjà. Les dernières marches passaient sous ses pieds et lorsqu'il retira sa destre, il fut surpris de voir Sunilda devant lui, souriante, apaisée comme lors de leur rencontre. Comme si rien ne s'était passé. Elle lui tend la sa senestre. Il observe le gant de la Cuirasse, le retire avec les dents avant de le ranger dans le casque. Il saisit donc l'offerte, sans trop vraiment en comprendre la raison.

Tu devrais en avoir peur. Être dans l'invisible... seul, cela revient à ne plus exister. La peur est faite pour nous empêcher d'y vivre. D'errer.

      La peur est nécessaire. La peur est une arme, un moyen de survie ultime. Seulement... Il ne faut pas avoir peur de la peur elle même. Son regard d'albe fixe alors ce visage pur observer le ciel, puis se contrarier, venant briser cette expression paisible qui était agréable à observer. Communicative. Au final, rien n'était oublié.

Le passé et le futur semblent converger vers toi Sunilda. Ils s'entremêlent dangereusement. Leur rencontre te forcer à occulter bien des choses mais... si tu as un guide, tu pourras y arriver.

      Un mince sourire avant de quitter la prise qu'il avait sur cette fine main aussi pale que la sienne. Il renfila son gant avant de fixer une dernière fois la jeune femme. Ils se ressemblaient en un sens, opposés et pourtant si purs. Si monstrueux. Si humains. Il replaça le casque sur son visage.

Je dois traverser cette mer immense. Là bas je serai à ma place et je pourrai recommencer à vivre, à nouveau. J'en suis sûr. Je te remercie toi et les tiens pour votre hospitalité. Nous nous recroiserons.

      Ici ou de l'autre côté. Peu importait. Il s’inclina lentement avant de faire volte-face et commencer à marcher vers la plage qu'il avait quitté le soir précédent. Il allait devoir la traverser oui. Comment ? La réponse viendrait sur le chemin. Les choses étaient différentes désormais. Pourtant, le Djinn s'arrêta, à peine quelques mètres plus loin.

Je ne reviens pas sur mon idée, non. Je n'ai pas le choix car je sais ce qu'il en est, de rester de l'autre côté.

      Car oui, là était son choix. Celui de ne pas en avoir. Un sourire se dessinait alors derrière son masque. Avec un brin d'attention, elle pourrait l’apercevoir. L'aile de la Cuirasse se déploya alors avant d'emporter son hôte dans les hauteurs, soufflant la terre qui retombait lentement.



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