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Février 553 AD (Jusqu'au 30 Septembre 2020)
 
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 [RP de transition] La chair reste la chair

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Baba Yaga

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Message [RP de transition] La chair reste la chair   [RP de transition] La chair reste la chair EmptyVen 8 Mai - 18:59
Thivan / Velizara




La chair reste la chair

Décembre 551

L’errance a semblé éternelle.

Il n’aurait su dire combien de temps son corps et sa chair, n’avaient fait qu’un avec la Citadelle. Combien de temps s’était écoulé depuis qu’il avait fermé les yeux et trouvé un semblant de paix. La véritable paix aurait-il dit, celle de la mort et du repos. Celle où les pensées n’existent plus, ou la douleur n’est plus qu’un lointain souvenir… Mais la conscience ne s’était pas totalement éteinte. Dans l’immensité qu’était la Cathédrale de chair, il restait un éclat de lui. De Thivan. Absorbé, dévoré, mêlé au sang et aux os, aux autres corps et multitudes de consciences éparses qui ne sont plus que des morceaux oubliés. Il était là, au bord de l’inexistence tout en laissant ses pensées demeurer. Sans le vouloir. Sans le savoir lui même vraiment. Ainsi n’a-t-il pas disparu. Etait-ce sa seule volonté ou celle d’un autre, il n’aurait su le dire, mais il était là. Existant de manière si infime dans un repos qui aurait pu l’avaler tout entier.

Et qui avait fini par le recracher comme on rejette un élément indésirable. Encore.

Il regretta instantanément la chaleur de la chair. Il regrettera toujours la sensation d’unité macabre. Il regrettera certainement longtemps cette seconde naissance dans la douleur.

La douleur de la conscience.

Sa première respiration est comme celle d’un nouveau né. La détresse d’un regard qui s’éveille à nouveau, il se remémore le passé et le présent. L’angoisse d’un tout brisé, d’un esprit fragmenté : qui est-il encore, après avoir été mêlé si longtemps à d’autres conscience ? Est-il toujours Thivan ? Les souvenirs qui étaient les siens ont été happés, disparus peut-être à jamais. Il se souvient cependant des combats, du goût du sang et de la peur de ses ennemis. Il se souvient d’Arès. De Velya. Il se souvient de bien des choses des dernières années. Le plus lointain est flou, et cette absence ouvre une brèche de vie qu’il n’a pas conscience de n’avoir jamais eu. Est-il seulement encore Thivan ?

Non il ne doit pas. Il ne doit plus l’être pour le moment. C’est ce que lui a dit celui qui l’a sorti de la chair. Celui qui lui a redonné vie, en quelque sorte. Il y a ces mots, cet accord tacite le temps qu’il puisse reprendre conscience de ce qui l’entoure, de ce qu’il a raté. De retrouver la sensation d’avoir un corps qui est le sien. Ou pas tout à fait. Les formes sont différentes que celles dont il a mémoire, les muscles sont différents, le visage aussi. Les yeux de glace demeurent, plus vivants peut-être qu’autrefois. Mais qu’importe en vérité ? Un corps est un corps, qu’il soit le sien, même modifié.


—————
Décembre 552

Il a vagabondé un long moment pour s’éloigner. Reprendre des forces dans cette paix forcée. Que faire de cette nouvelle vie ? S’accrocher à l’idée de son « sauveur » ? Obéir comme il l’a toujours fait ? Cela semble une solution enviable, mais après tous ces mois de solitude à chercher, qui est-il encore aujourd’hui ? Il fut Pestilence. Il fut Pontifex. Il n’est plus rien de tout cela, qu’une ombre qui se cache de la vérité, celle qu’il connait. Un ombre qui aspire pourtant toujours à retrouver la seule chose qu’il connait : le goût du sang et de la peur. Une étincelle de vie qui ne demande qu’à être comblée et nourrie à nouveau.

Un temps alors, il est redevenue ce qu’il était avant : chasseur monstrueux, négligeant les vies pour fortifier le peu qu'il en avait : un besoin irrépressible. Au fond, il n’a pas tant changé que ça, même si quelques voix parfois, au fond de lui, murmuraient de nouvelles choses. Culpabilité ? Pitié ? En connaissait-il le sens avant ? Pas plus qu’aujourd’hui en tout cas. Il se fait à nouveau créature effrayante de la région, monstre assoiffé de sang, et pendant un temps, cela semble raviver des parcelles de souvenirs plus éloignées. A-t-il toujours été à ce point affamé ?

La faim ne s’arrêtera jamais.

Insatiable, avec si peu de sentiment. Comme le fléau qu’il était autrefois. Alors elle vint à lui sur cette révélation personnelle. Nouvelle cuirasse, comme une seconde peau qui l’habille. Elle distille en lui la même rage qu’il a pu avoir, qu’il a appelé. Elle n’a pas de limites, elle impose simplement une chose : le sang. Et pas une seconde, il ne la repousse, c’est ce qu’il attend.

Et il se souvient alors de ce qu'il était avant : un mal qu'on ne peut arrêter. Une affliction qui gangrène et détruit au plus profond.

—————

Le massacre. Encore et encore. Un pauvre petit hameau perdu dans les montagnes et forêts. Les gens l’avaient oubliés, et ils l’oublieront encore, maintenant qu’il ne reste plus que des cadavres aux visages déformés par la terreur. Les corps disloqués, certains pourris, d'autres peut-être même dévorés.

Quand il reprend conscience, sa cuirasse rassasiée, il ne reste qu’une âme survivante en plus de la sienne. La peur fait trembler les membres de la malheureuse, et il ne reste que peu de temps avant que la vie lui soit arrachée. En témoigne la main - sa propre main à lui - enfoncée profondément dans les viscères chaudes. Elles lui rappellent des souvenirs… Un manque ?

« Ton nom ? »

Sa voix. La sienne. Plus aiguë que dans son souvenir. Plus féminine sans doute. Il ne se reconnait pas. Qu’importe.

« Ne me tuez pas, pitié. »

La voix de la jeune femme implore, traversée de soubresauts et de sanglots. Elle exulte de toute la crainte de son coeur. De douleur également. Elle a un espoir en voyant les yeux de son (sa ?) meurtrier s'illuminer un instant. C’est vain.

« Ton nom. 

-Velizara... vous... »

Il n’en faut pas plus pour que sa main se referme sur les entrailles fragiles et que le cosmos fasse naître une pourriture meurtrière. Fatale. Le cri qui déchire le silence macabre pourtant éveille, juste une seconde, à nouveau cette voix. Culpabilité ? Pitié ? Il ne sait. Qu’elle meurt, cela lui importe peu. Mais il aime bien ce nom. Il le prendra. Sa main vient toucher ses lèvres, il goûte le sang. La chair. Et d’un geste leste, lent, il se relève et se retourne en direction de l’horizon :

Il est grand temps de rentrer à la maison.
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