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Mars 553 AD (Jusqu'à la fin de l'Event)
 
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 Rudjek - Oracle de Kephri [Terminée]

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RudjekRudjekArmure :
Oracle de Képhri - Patron de la Sculpture

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Message Rudjek - Oracle de Kephri [Terminée]   Rudjek - Oracle de Kephri [Terminée] EmptyMar 12 Mai - 3:39
Rudjek
Qui est-il ?


    Nom : Rudjek
    Date de naissance : 11 Mars 526
    Âge : 26 ans
    Sexe : Masculin
    Armure demandée : Chlamyde de Kephri


Comment est-il ?

    Rudjek a l'apparence d'un jeune homme dans la fleur de l'âge, bien bâti grâce à une vie passée manier la pierre et le burin. L’Égyptien est grand, venant effleurer du bout de ses mèches de cheveux les 190 centimètres. De sa haute stature, il jette un regard de visionnaire sur le monde qui l'entoure au travers de ses pupilles dorées, rayonnantes comme le soleil à son zénith. Encadrant son visage finement ciselé, on trouve de longues mèches de cheveux bruns, légèrement ondulés. Tombant jusqu'au niveau de ses yeux, ainsi que jusqu'au bas de sa nuque à l'arrière, leurs mèches courbés ont la fâcheuse tendance à refuser de s'aplanir, cherchant plutôt par tout moyen à dresser leurs pointes vers le ciel. L'Oracle ne s'en soucie guère, se contentant quand il travaille de les rabattre en arrière pour se dégager la vision. Tenant ses traits de ses illustres ancêtres, il ne peut de toute manière que les porter avec une fierté non-dissimulée.

    Rudjek, tout comme le reste de sa Compagnie, porte la plupart du temps des vêtements passe-partout facilitant ses voyages. Il tend cependant à préférer les teintes claires, qui selon ses mots mettent en valeur sa majesté royale. Il porte souvent des boucles d'oreille, bagues et bracelets, en témoignage de sa nouvelle fortune. Occasionnellement, lorsque l'Oracle est forcé de revêtir sa Chlamyde, son corps se part alors de protections d'or et d'azur. Recouvrant ses jambes, ses hanches et ses avant-bras, le totem à l'image du scarabée solaire bénéficie de la même radiance que son porteur. L'armure vient également protéger son dos de toute attaque en traître et entourer ses épaules par un cercle doré. Enfin, des lamelles métalliques, les pattes du scarabée, l'encerclent depuis l'arrière pour venir partiellement couvrir son torse.

    Mais plus que son physique, plus que son armure, c'est vraisemblablement le caractère de l'homme qui éblouira ses interlocuteurs dès la première rencontre. Dire que Rudjek est un homme sûr de lui serait un doux euphémisme. Il est quelqu'un qui irradie d'assurance, sans pour autant que celle-ci ne dégénère trop souvent en arrogance. S'il est incontestable que l'Oracle possède un ego surdimensionné, tant en raison de son ascendance que de la mission qui lui a été confiée, il ne rabaissera jamais autrui, s'évertuant au contraire à partager sa vision avec ses camarades du genre humain pour les élever à son niveau. Extravaguant, tant dans ses paroles que dans ses réactions, tout en lui n'est que passion brûlante et exaltée. Véritablement, l'éclat dans ses yeux est celui d'un illuminé. Mais cette illumination est-elle le fait de la grâce divine? Ou de la folie des hommes rêvant trop grand? Les deux à la fois, sans doute.

    Se prétendant héritier des pharaons des temps anciens, l'Oracle se comporte naturellement comme un leader au port noble, et il dégage le charisme pour souffrir cette comparaison pour le moins audacieuse. Cette faculté de diriger autrui s'exprime en particulier lorsqu'il coordonne ses hommes, en tant que maître d'œuvre des travaux qu'il entreprend au nom du Dieu Soleil. Architecture et sculpture sont le langage par lesquels il lui a été offert d'exprimer la beauté de ce monde, et dans ces domaines l’Égyptien se montre d'une exigence sans borne envers autrui, mais aussi et surtout envers lui-même. Si Rudjek est conscient qu'il est encore loin d'atteindre l'Apothéose de son art, tant il lui reste à découvrir du monde et de ses merveilles, il ne peut s'empêcher de rechercher la perfection à chaque instant, car son ambition et son rêve ne sauraient de satisfaire de moins.

    Passé l'héritier des lignées éteintes et le bâtisseur de temples, Rudjek se révèle être un homme profondément doux. Il apprécie la beauté, parfois au point de l’idolâtrer lorsqu'elle se présente à lui, et il la recherche par ailleurs en toute chose. Il aime son pays, son peuple et sa famille d'un amour pur et profond, et souhaiterait voir se lever sur l'Egypte une nouvelle aube, loin de ce chaos que la domination étrangère lui a imposé depuis des siècles. Plus que toute chose, il chérit et protège sa petite sœur, Samia, qui l'accompagne lui et sa Compagnie Mesektet lors de son Itinérance. Son passé cependant pour le moins sombre et indigne est une ombre qui vient parfois assombrir son regard lorsqu'il croise un objet le ramenant à son souvenir. Rudjek ne cache pas qui il fut autrefois, la renaissance que le Soleil lui a offerte ayant fait de lui un homme honnête et intègre. Cependant, ce défaut, cette imperfection gravée dans son histoire, lui fait craindre d'un jour échouer à la poursuite de son rêve.

    Cette faille dans sa confiance inébranlable, il ne la révèle qu'aux personnes qui lui sont les plus proches. Pour les autres, il restera l'homme cherchant à s'approcher au plus près du Soleil, même si cela doit le consumer.


Son Histoire

    La glaise du Nil
    A.D. 535


    Le fleuve du Nil, cœur battant de l’Egypte faisant vivre tout un peuple au rythme de sa crue et sa décrue. De lui est né la richesse d’un pays tout entier. Mais aussi généreux le Nil avait pu être, il fallut à chaque époque des mains pour travailler ses rives et donner forme à toute une civilisation.
    Pour l’heure, ces mains providentielles étaient bien petites.

    Un garçon de dix ans, tout au plus, était en train de jouer dans la boue au bord du Nil. Il devait avoir moins d’une dizaine d’année, même si la glaise qui le recouvrait empêchait de bien distinguer ses traits. Assis sans la moindre inquiétude sur la rive boueuse, ses petits doigts donnaient forme à l’argile devant lui. L’enfant faisait apparaître autour de lui une multitude de forme maladroites, abstraites, qui dans son imagination devaient représenter milles et une choses merveilleuses. Un royaume de sa propre création.
    Alors qu’il terminait de faire se lever de la boue une forme vaguement humanoïde, les yeux dorés de l’enfant se relevèrent pour observer le fleuve, et la rive au-delà. Alors que dans son dos, il entendait les bruits de la ville, les cris des autres enfants qui jouaient, son regard portait sur le désert de l’autre côté du Nil. Une terre inhabitée, mais où pourtant on devinait au loin, brillant de l’éclat rougeoyant du soleil couchant, des piliers et bâtiments ensevelis. Des pas s’approchèrent, et une voix féminine vint troubler la concentration du garçon.

    - Qu'est-ce que tu regardes, Rudjek?

    - Pourquoi on ne peut pas aller habiter sur l'autre rive du Nil, maman?

    - Parce que l'autre rive du Nil appartient aux morts. Les anciens rois, ainsi que leurs reines, en ont fait leur dernière demeure avant de rejoindre le monde souterrain. Ce n'est pas un endroit pour les vivants.

    - Mais là-bas les méchants hoses ne viendront plus embêter papa...

    - Ne t'en fais pas. Ton papa trouveras une solution. Viens maintenant, il est l'heure de rentrer.


    La mère porta un regard mêlant affection et inquiétude sur son enfant. Elle l’aida à se relever, et tous deux s’éloignèrent des créations du petit. Les pas les ramenèrent à la cité de Thèbes, ancienne grande capitale qui, à l’image du reste de l’Egypte, se fondait chaque jour un peu plus avec les autres ruines du désert. La plus grande partie de la cité n’était qu’un vaste bidonville où la plupart des habitants vivaient dans la misère. L’ancienne ville, composée de temples et palais depuis longtemps vidés de leur symbolisme d’origine, était occupée par quelques riches propriétaires et une garnison faiblissante de l’empire byzantin.

    Alors qu’ils avançaient dans les rues animées de la basse-ville, le petit Rudjek se proposa de porter le panier de légumes que Kahi, sa mère, portait jusqu’ici. Ses yeux dorés se portaient régulièrement sur le ventre arrondi de sa mère. Ses parents lui avaient annoncé qu’il allait bientôt avoir un petit frère, ou une petite sœur. Il avait pu voir plusieurs de ses amis de la basse-ville à qui cela était arrivé, mais lui-même ne savait trop quoi en penser. La crainte que ses parents le délaissent ? L’excitation d’avoir un petit frère avec qui tout partager ? Tout cela était bien présent, mais le jeune Rudjek ne l’exprimait pas. Ses parents avaient, ces derniers temps, bien d’autres soucis pour qu’il en rajoute.

    Le père de Rudjek, Senet, était un tailleur de pierre. Il travaillait sur des chantiers dans la haute-ville, mais également ailleurs dans la région. C’était un travail qui, d’ordinaire, se voulait honnête. Sans être un maitre en la matière, son père cherchait toujours un meilleur travail afin de subvenir aux besoins de sa famille. Cependant, en ces temps trouble et dans un coin aussi reculé de l’empire, les constructions d’envergure de faisaient rares… Et certains cherchaient à utiliser ses talents pour d’autres projets.
    Alors que Rudjek et Kahi s’approchaient de leur petite maison, des cris parvinrent à leurs oreilles. Devant leur porte, ces hommes que le jeune garçon avait vu revenir si souvent étaient encore là, une nouvelle fois à solliciter son père. Si leurs offres avaient été à l’origine polie, les refus répétés de Senet avait progressivement fait durcir leurs tons. Rudjek ne comprenait pas ce qu’ils leur voulaient, mais ces hommes lui faisaient peur. Alors qu’encore une fois son père leur disait de retourner vers leur maitre, un certain Haker, l’un des visiteurs se tourna vers le jeune garçon et sa mère. Un éclat mauvais dans son œil, il se dirigea d’un pas vif vers eux et sa main se referma sur le poignet du petit, lui arrachant un cri de douleur. Son père bondit en un instant entre eux, repoussant l’agresseur et prenant Rudjek dans ses bras. Cependant, la peur qu’il lut à cet instant dans le regard de Senet ne parvint nullement à le rassurer. Avec un tremblement dans la voix, le tailleur de pierre répondit à ces inconnus.

    - Je le ferai! Dites à Haker que je le ferai!

    - C'est ta dernière chance, Senet. Au prochain retard, c'est ton fils qu'il demandera en paiement.


    Rudjek regarda, impuissant et incrédule, sa mère tomber en pleurs alors que les hommes s’en allaient. Durant les mois qui suivirent, son père s’absenta pendant de longues périodes, disant se rendre sur un chantier dans le désert. A chaque fois qu’il revenait chez eux, ce fut avec des blessures, et en ayant terriblement maigris. Trois mois après la naissance de Samia, sa fille, Senet fut ramené devant leur porte par la même bande qui les avait menacés. « La dette n’est pas encore payée », dirent-ils, avant de lâcher son corps brulant de fièvre. Le père de Rudjek s’éteignit au bout de deux jours, laissant leur famille sans protecteur et sans moyens.

    L'ombre de Karnak
    A.D. 543


    Durant les années qui suivirent, la famille de Rudjek durent lutter pour garder un toit au-dessus de leurs têtes et de la nourriture dans leurs assiettes. Sa mère, Kahi, travaillait dans la ville haute comme une domestique. Rudjek restait au foyer pour s’occuper de sa petite sœur, mais vagabondait également dans les rues pour récupérer de quoi survivre. Parfois en volant et intimidant, si cela était nécessaire. Le regard de son père, fatigué, épuisé, hantait encore ses souvenirs. Il se refusait à vivre la même chose.

    Les méthodes du jeune garçon lui permirent de se mêler aux autres jeunes voyous qui arpentaient les rues mal famées de Thèbes. Beaucoup, comme lui, n’avaient pas d’autres choix que de recourir à la violence et aux crimes pour subsister. Rudjek se démarqua parmi eux pour son audace et sa véhémence, n’hésitant jamais à recourir aux poings, même contre les bandes organisées et les gardes qui approchaient de leur territoire.
    Le jeune Égyptien, au fil des années à apprendre le rythme de la rue et de la vie nocturne de Thèbes, pu en apprendre plus sur ce qui était arrivé à son père. Haker, l’un des plus grands patrons de la pègre locale, avait aidé la plupart des habitants de la basse ville en rachetant leur liberté à leurs maîtres lorsqu’ils étaient autrefois esclaves… En échange d’une dette de vie. Son père et sa mère faisaient partie de ces anciens esclaves. Et Haker les utilisait, comme tant d’autres, pour s’enrichir avec de la main d’œuvre gratuite. Certains le voyaient comme un protecteur, un bienfaiteur qui s’opposait aux byzantins qui les laissaient dépérir. Mais il n’y avait en vérité rien de généreux dans sa démarche…

    Rudjek avait atteint l’âge de la maturité. Il avait pu trouver, grâce aux anciens amis de son père, du travail occasionnel sur les quelques sites de construction de la région. Les postes étaient cependant rares, et le jeune homme s’était fait une mauvaise réputation auprès des maitres des chantiers, qui avaient appris à le reconnaitre et l’ignorer lorsqu’il se portait volontaire pour un travail. Son insubordination, sa tendance à vouloir se mêler de tout et de modifier des parties du site sans autorisation, faisaient de lui un cauchemar pour les architectes.

    Excédé tant par la précarité de son quartier que par l’oppression de l’empire et de la pègre, Rudjek se réunissait régulièrement avec ses amis des rues. A la lumière des étoiles et avec forte dose d’alcool dans le sang, ils refaisaient le monde, rêvant de la gloire passée de l’Egypte et de projets pour quitter cet abattoir où leurs familles attendaient d’être abattues comme des bêtes une fois trop fatiguées pour travailler. Si pour la plupart il ne s’agissait que de rêveries, Rudjek gardait toujours cette étincelle dans le regard, cette volonté d’en faire plus qu’une simple idée. Avec quelques-uns de ses plus proches compagnons, il finit par mettre au point un plan pour épargner à leurs familles le poids des ambitions d’Haker. Un soir sans lune, Rudjek rassembla quelques affaires et quitta la demeure familiale en silence. Sa discrétion fut cependant insuffisante pour échapper à la vigilance de Samia.

    - Grand-frère, où tu vas?

    - Ne t'en fais pas Samia. Je serai juste absent quelques semaines. Un mois tout au plus. J'ai laissé à mère assez d'argent pour vous aider jusqu'à mon retour.

    - Je veux pas que tu partes... Tu vas nous laisser. Comme maman dis que papa nous a laissé...

    - Mais non. Tu sais que je ne te laisserai jamais. J'ai simplement trouvé un travail qui permettra de racheter nos dettes.

    - Un travail dans la Vallée des Rois?


    Alors que Rudjek cherchait à rassurer sa petite sœur dans ses bras, la voix de sa mère dans son dos lui glaça le sang par sa froideur. Elle avait vu juste, comme à son habitude. Si cela signifiait sortir de la misère et aider sa famille, le jeune homme était prêt à commettre le plus grand des tabous et violer les sépultures des pharaons. Cependant, il savait que sa mère ne comprendrait pas. Sa croyance en l’ancienne foi était trop forte, et leur famille avait déjà tant perdu… Son espoir d’échapper à Kahi sans avoir à se justifier ayant volé en éclats, Rudjek hésita sur les mots à employer.

    - Mère... Je...

    - Économise tes paroles. Je ne suis pas idiote. Tu es comme ton père... Tu ne mesures pas les conséquences de tes actes. On ne viole pas impunément le repos des pharaons. Anubis nous le fera tous payer au prix fort. Si tu tiens vraiment à nous, tu resteras à nos côté pour traverser ses épreuves, plutôt que de partir à la poursuite d'une illusion.

    - Et attendre de dépérir? Les anciens rois et l’ancienne foi ne sont que du vent ! Toutes ces richesses sont à notre porte. Elles pourraient sauver des vies, ici, dans la ville basse, et nous les laissons pourrir autour de restes momifiés? Les morts n'ont que faire de cet or! S’ils avaient leur mot à dire, ils devraient être fiers de pouvoir aider leur peuple depuis l'au-delà!

    - Rudjek... Si tu pénètres dans la Vallée. Ne reviens plus jamais ici.


    Kahi s’avança pour arracher Samia des bras de Rudjek. Le jeune homme affronta son regard réprobateur pendant de longues secondes, avant de s’en détourner et de partir. Son choix était déjà fait depuis longtemps. Il préférait risquer la colère des morts plutôt que de continuer à vivre dans cette boue jusqu’à la fin de ses jours.
    Jamais cependant il ne s’était attendu à ce que cette séparation lui fasse aussi mal.

    Au cœur de la nuit, Rudjek retrouva d’autres de ses camarades de la rue sur la rive opposée du Nil. Leur projet était simple : Haker avait une obsession pour l’ancien temps des pharaons et ses richesses. Il avait souvent mis en place des expéditions de pilleurs pour s’aventurer dans la Vallée des Rois, mais toutes s’étaient soldées par des échecs. Les tombeaux étaient bien cachés, et souvent remplis de pièges. S’ils pouvaient réussir là où tant d’autres avaient échoué, et lui promettre davantage en échange de la tranquillité de leurs familles… Alors peut-être quelque chose pourrait changer dans leur quotidien de misère.
    Rudjek avait trouvé dans sa maison une cache avec de nombreuses notes écrites par Senet, son père. Il faisait partie de ces pauvres hères que Haker avait fait trimer comme des esclaves dans les ruines du désert. Ces notes, que Senet avait caché à son « employeur », contenaient nombre de détails sur l’agencement et la construction de ces tombeaux, leurs pièges, leurs faiblesses, leurs emplacements… Guidé par les recherches que son père n’avait pu mener à bien, Rudjek était confiant de pouvoir réussir dans son entreprise.

    Pendant plus d’une semaine, sa petite compagnie campa dans la Vallée et Rois, cherchant les différents lieux que Rudjek avait mémorisé. Lorsque finalement ils parvinrent à trouver la paroi d’une tombe, il fut le premier à sortir son burin pour y pénétrer. Guidé par son instinct et sa conviction, le jeune homme parvint à venir à bout de la roche. Une fois à l’intérieur, il leur fallut avancer dans l’obscurité dans un dédale fait pour les faire tourner en ronds jusqu’à ne plus avoir d’oxygène, et il leur fallut plusieurs jours d’excavation encore jusqu’à ce que Rudjek repère en suivant les instructions de son père une chambre mortuaire, cachée derrière une paroi couverte de hiéroglyphes.

    Le surlendemain, une délégation se présenta devant Haker. Des gamins des rues, armés de faux noms et chargés de sacs paraissant bien lourds, avaient demandé une audience devant le patron de la pègre, en affirmant avoir un tribut à lui remettre. Lorsqu’enfin Rudjek se retrouva devant le « bienfaiteur » de Thèbes, il pu se délecter de son expression de surprise et d’émerveillement alors que ses amis répandaient à ses pieds les bijoux, artefacts et trésor récupérés dans le tombeau.

    - Haker! Mon nom est Ruhak, et j'ai un marché à te proposer. Fais table rase des dettes de la ville-basse! Ne t'approche plus de nos familles, et nous te rendront aussi riche que les rois des anciennes dynasties!

    Voyant les traits de Haker peu à peu changer pour être dévorés par la cupidité, malgré la contenance qu’il cherchait à se donner, Rudjek n’eu aucun doute quant à la réponse qu’il allait recevoir.

    La Vallée des Rois
    A.D. 549


    Pendant plus de deux ans, Rudjek et sa compagnie reçurent tous les moyens nécessaires de la part de Haker pour continuer leurs opérations. Guidé par les notes de son père, pilla sans vergogne bon nombre de tombeaux de la Vallée des Rois, de la Vallée des Reines, et d’autres sites de la Haute-Egypte. Rudjek finit par développer sa propre expertise, finissant par comprendre les méthodes et les idées des constructeurs de ses lieux. Comme s’il communiquait avec la pierre, il repérait les pièges, les salles cachées, les faiblesses structurelles des lieux. En plus des richesses qu’il ramenait à la surface, Rudjek étendit également ses connaissances sur les mythes et histoires de l’ancienne foi. Loin d’avoir eu une quelconque révélation, il s’agissait-là d’une nécessité : les rites mortuaires et les légendes des vieilles divinités étaient intimement liées à chaque pierre qui composaient les temples comme les tombes. Un ignorant des anciennes croyances qui chercherait à s’orienter en de tels lieux sacrés n’aurait fait que se précipiter dans les bras de la mort.

    Rudjek, sous l’identité de Ruhak, obtint une certaine notoriété. Haker l’exhibait comme un trophée lors de ses réceptions, prétendant avoir à son service le seul homme capable d’entendre les voix des anciens pharaons. Le jeune homme s’interdit cependant tout contact avec sa famille pendant cette période, refusant de donner au criminel pour qui il travaillait un moyen de pression pour l’influencer. Grand bien lui en fit : devenu sur de lui par ses succès et cette nouvelle richesse, Haker s’était mis dans l’idée de participer à la révolte qui grondait et qui s’organisait contre l’empire byzantin, se rêvant lui-même à la tête de la ville. Thèbes vivant des temps bien sombres, où poignards et secrets s’échangeaient dans tous les coins sombre de la ville.

    Rudjek chercha à se concentrer sur son travail, préférant la compagnie de ses amis pour discuter de comment déjouer les obstacles de la prochaine tombe à celle des conspirateurs cherchant à assassiner un capitaine de seconde zone. Cependant, alors que le temps passait, les fouilles conduites par Rudjek se révélèrent de plus en plus rarement fructueuses. Venus à bout de la liste des sites repérés par son père, le jeune homme devait se risquer à lui-même deviner où les anciens architectes avaient caché les dépouilles des pharaons… Et il ne pouvait que se montrer humble devant tant d’inventivité. Coincé depuis plusieurs mois à chercher un nouveau filon, son absence de résultat finit par venir à bout de la patience d’Haker, qui vint de lui-même rendre visite à son atelier.

    - Ruhak, cela fait six lunes que tu ne nous donnes plus de nouvelles. Tu as intérêt à trouver une très bonne excuse pour justifier ce retard.

    - Et toi, n'as-tu pas une révolte à organiser? Tu sais comme moi qu'il n'est pas aisé de trouver la tombe d'un pharaon et d'y pénétrer. Ces choses prennent du temps.

    - Mais ma patience a des limites, jeune homme. Nous avions un accord. Si tu ne peux pas le respecter, il faudra que je trouve des fonds ailleurs. La femme et la fille de Senet commençaient pourtant enfin à s'en tirer...


    La réaction de Rudjek ne se fit pas attendre. Pris de court par les mots de Haker, il céda à la colère et s’avança vers le criminel avec l’intention de lui briser le crâne, mais il fut stoppé net par les lances des gardes qui les entouraient. Voyant alors le regard amusé et cruel du serpent en face de lui, Rudjek se maudit de ne pas avoir été plus prudent. Haker avait-il finit par découvrir son identité? Ou bien avait-il dansé tout ce temps dans la paume de sa main? L’un des gardes le mit au sol, et lui et ses compagnons le rouèrent de coups. Alors que Haker s’éloignait avec un air satisfait, il lui lâcha ces dernières paroles.

    - Tu as jusqu'à la fin du mois, Rudjek fils de Senet.

    Le jeune Egyptien se lança suite à cela dans ses recherches avec l’énergie du désespoir. Il savait à présent que, puisque Haker avait compris qui il était, il devait trouver un nouveau trésor, non pas pour ce vieil avare, mais pour lui-même. Au diable cette ville! Lui et sa famille ne trouveraient jamais la paix, ici. Il leur fallait la quitter avec assez d’argent pour se refaire une vie ailleurs. S’il devait trahir ses compagnons et Haker pour cela, alors ainsi en serait-il.

    Rudjek finit, en recoupant des inscriptions retrouvées dans différentes tombes déjà visités, des références à un temple servant de tombeau à un pharaon qu’on disait l’incarnation de Rê lui-même. Une figure resplendissante, qui assurément ne pouvait être enterrée qu’avec des richesses inimaginables. Le délai imposé par Haker avait été dépassé, mais la perspective de cette découverte poussa le tyran à patienter encore un peu. Il imposa cependant à Haker la présence de gardes et de l’un de ses lieutenants sur le site de fouilles, par « précaution ».

    Ces intrus rendirent le plan de Rudjek plus difficile, mais pas irréalisable. Semant la dissension entre ces gardes et les compagnons qui suivaient ses directives lors des fouilles, il avait pour intention de se débarrasser d’eux au moment opportun. Lorsqu’enfin la tombe fut excavée et que son exploration commença, Rudjek était convaincu d’avoir fait là sa plus grande découverte. Les inscriptions dans les murs étaient gravées dans de l’or. Les pièges du dédale étaient d’une infinie complexité. Seul le plus grand des Rois pouvait bénéficier d’une telle protection! Cependant, alors qu’un dernier obstacle se tenait, selon le pilleur, entre eux et la chambre mortuaire, tout s’écroula. Littéralement.

    Pris par un violent mal de tête, Rudjek manqua d’attention. Il n’entendit pas les murmures dans son dos. Il n’entendit pas la pierre s’enfoncer sous son pied. Il y eu un grondement. Les dalles autour de lui se séparèrent, sombrant dans les abysses qui se révélaient sous ses pieds. Le pilleur voulu sur retourner pour échapper à ce piège si simple, mais son échappatoire se révéla être barrée par un mur de lance. Nulle main amicale pour le rattraper : les gardes d’Haker l’empêchèrent de fuir, et ses anciens compagnons restèrent en arrière, résignés. La fatigue et la peur dans leur regard, écho de ses plus grandes hantises, furent les dernières choses qu’il emporta alors qu’il chutait dans le monde souterrain.

    A la poursuite de l'Aube
    A.D. 550


    Combien de temps s’était écoulé? Impossible à dire. Depuis sa chute, Rudjek vivait dans un état de soif, de faim et de douleur permanent. Nulle lumière ne venait éclairer la zone souterraine dans laquelle sa chute s’était terminée. Il l’avait parcouru de long en large, cherchant à tâtons une issue, mais rien que de la roche et du métal ne s’était révélé à lui. Un complexe plus ancien, plus grand encore que la tombe précédente qu’il avait explorée. Peut-être le jeune pilleur, s’il avait été en pleine possession de ses moyens, aurait pu trouver une issue… Mais une volonté semblait vouloir l’en empêcher.

    Dans ce lieu oublié, la malédiction prit tout d’abord la forme d’un murmure, léger, comme un souffle de vent. Rudjek rejeta tout d’abord ces sons comme étant des hallucinations causées par la faim et la soif… Mais alors que le temps passait, il commença à distinguer des mots, des paroles qui s’adressaient à lui dans l’obscurité. La terreur s’empara de lui alors que milles voix se relayèrent pour lui adresser insultes et reproches. Cette foule invisible et anonyme le décrièrent pour la vie qu’il avait mené, dénuée de gloire, dénuée d’honneur, dénuée de beauté.

    Bientôt, ces voix furent accompagnées de visions. Au travers les yeux d’inconnus, il contempla la gloire des anciennes dynasties de pharaons. La naissance d’une civilisation sur les bords du Nil, les guerres contre les peuplades du Sud, de l’Ouest, de l’Est, la construction des temples et des pyramides elles-mêmes… Ils se disaient ses ancêtres. Ils se disaient être des Dieux vivants. Ils se disaient Pharaons. Dans ces abysses du tourment, Rudjek revécu mille vies, milles joies, milles souffrances. Il mourut. Un nombre incalculable de fois. Poison, guerre, noyade, poignard, vieillesse… Pour chaque ancêtre s’imposant à sa être, le jeune homme se perdait un peu plus. Il n’était rien. Une tache sur le noble lignage de ces anciens rois. Le fruit du règne de ces suzerains grecs qui les avaient remplacés après leur défaite devant le Conquérant. La psyché de Rudjek finit par se briser. Les abysses avaient fait de lui un vaisseau de la volonté de ses ancêtres. Ils étaient en lui, et déchiraient son corps et son esprit en punition des innombrables sacrilèges qu’il avait commis.

    Quelque part dans ce chaos, la main de l’homme brisé se referma sur un outil familier. Un burin. Dans sa première pensée propre depuis un temps incalculable, il se frappa le crâne avec, cherchant à faire sortir ces multiples voix de sa tête. Mais alors que son sang coulait sur le sol, même cette échappatoire lui fut refusé. Après tout, comment mourir s’il était déjà dans le monde souterrain ? Nul besoin de le soumettre au jugement d’Anubis. On l’avait directement projeté dans la gueule béante du Serpent. Pourtant, alors que sa prose se resserrait sur le manche de l’outil, une nouvelle vision s’imposa à Rudjek. Une lumière. Une sortie. Il devait la tailler lui-même.

    Trouvant une paroi de pierre, le damné se mis à l’œuvre. Les vies de ses ancêtres, leurs rages, leurs morts. S’il ne pouvait les sortir de sa tête en détruisant, alors il le ferait en créant. A chaque coup de burin dans la pierre, une voix se taisait dans l’esprit de Rudjek. Durant ce qu’il lui sembla être une éternité, il creusa la paroi du tombeau. Privé de tout, mu uniquement par cette volonté de voir l’aube se lever, le jeune homme pris dans un état de transe tailla sans s’arrêter… Jusqu’à ce qu’enfin, dans un dernier coup qui fit se briser la lame de métal de l’outil, le mur devant lui s’effondre.

    Rudjek s’effondra à genoux dans le sable. Ses yeux le brulèrent alors que devant lui, le soleil se levait dans une aube grandiose qui resterait à jamais gravé dans sa mémoire. Baignant dans cette lumière dont il avait été si longtemps privé, des larmes coulèrent sans discontinuer le long de ses joues. Quelque que se mit à résonner en lui. Une nouvelle voix, mais cette fois douce, apaisante. Lorsqu’il ouvrit les yeux, une forme scintillante, vaguement humaine dans ses contours, se détachait de la lumière de l’aube nouvelle.

    Enfant de Rê, héritier des Rois-Soleil de cette terre!
    De tes mains, tu as taillé ce sillon. De son sang et de tes larmes, tu en as fait un fleuve.
    Sous mon regard et ceux de tes ancêtres, ta renaissance s'est réalisé, et tu as entamé un nouveau Cycle.
    Reçois cette Chlamyde. Tu sers à présent le véritable Dieu Soleil, Apollon, en tant que Patron de la Sculpture. Moi, Uranie, t’alloue ce rang d'Oracle de Kephri. Ta création, cette œuvre incarnant la quintessence de ton être, t'en rend digne.
    Mais l'Aube n'est jamais qu’un nouveau commencement. Observe. Apprends. Sculpte. Construis. Viendra un temps où l'Astre brillera de nouveau, et tes services seront alors demandés.
    Va au Nord. Va à Rome. Cherche l'ancienne Tour des Vents. Trouve l’Augure.
    Tu comprendras alors où est ta place dans le ciel.

    La voix féminine se tut. Devant Rudjek apparut alors une statuette scintillante à l’image d’un scarabée doré. L’objet se sépara en de multiples pièces qui volèrent pour se poser sur sa peau et soutenir son corps chancelant. Hagard, le nouvel Oracle se retourna. Le tunnel qu’il avait creusé devant lui n’était pas qu’une simple issue. Dans la paroi de pierre conduisant à cette tombe oubliée, il avait taillé une multitude de statues, représentant chacune avec une précision et une vivacité saisissante les traits des multiples pharaons des anciennes dynasties. Le symbolisme de leurs exploits, leurs œuvres, leurs morts, leur caractère, était présent dans chacune d’elle. Ecrasé et rendu humble par cette vision, le regard de Rudjek se porta au fond du tunnel, où les rayons du soleil levant firent resplendir dans la mystérieuse tombe plus d’or que dans ses rêves les plus fous.

    Le Cycle
    A.D. 553


    Un nouvel âge d’or à construire. Un nouveau Soleil qui devait se lever. Rudjek, transfiguré par son épreuve et ces révélations, retourna au monde avec l’assurance que rien ne serait plus comme avant.

    En retournant à Thèbes, il ignora l’appel de la vengeance, décidant de laisser Haker et ses anciens camarades à leurs affaires. Fort de sa nouvelle richesse, il s’en retourna à sa maison dans la basse-ville pour retrouver sa famille. Il retrouva là sa sœur, qui lui apprit que leur mère était morte de chagrin une année après son départ. Jurant à Samia de ne plus jamais à nouveau être séparés. Il prépara avec sa fortune une caravane, une compagnie dans laquelle il invita celles et ceux qui aspiraient, dans la basse-ville, à une nouvelle vie. Lorsque Haker et les siens entendirent parler du retour d’un mort parmi les vivants, ils étaient déjà partis.

    Habités par une nouvelle force et une nouvelle vision, Rudjek entrepris de parcourir l’Egypte pour trouver d’autres compagnons et élargir ses connaissances. Souvent, des rêves lui apparaissaient pendant son sommeil, des images d’un vaisseau scintillant comme un soleil traversant les cieux, d’une immense tour suspendue dans le ciel, d’un palais peuplé d’œuvres plus rayonnantes les une que les autres. Convaincu qu’il était son devoir de consacrer cette nouvelle vie à faire de ces rêves une réalité, il progressa au fil des années vers le Nord, jusqu’à enfin gagner Alexandrie.
    La ville était un ancien symbole, une cité où Egypte, Grèce et Rome se retrouvaient. A ce carrefour, un nouveau Cycle allait commencer pour ces cultures. Et Rudjek s’était juré d’en être l’architecte.


Et vous, qui êtes vous ?

    Age : 28!
    Avatar : Le nom du personnage de votre avatar, présenté de cette manière :
    Code:
    [b]Fate/Prototype[/b] → [i]Ozymandias[/i] est [b]Rudjek[/b]!
    Quelle est votre expérience des forums RP : Suffisante!
    Comment avez-vous connu le forum : Par la volonté divine!



Dernière édition par Rudjek le Ven 22 Mai - 0:05, édité 1 fois
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Augure

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Rudjek - Oracle de Kephri [Terminée] G-bleu260/260Rudjek - Oracle de Kephri [Terminée] V-bleu  (260/260)
CP:
Rudjek - Oracle de Kephri [Terminée] G-rouge240/240Rudjek - Oracle de Kephri [Terminée] V-rouge  (240/240)
CC:
Rudjek - Oracle de Kephri [Terminée] G-jaune356/356Rudjek - Oracle de Kephri [Terminée] V-jaune  (356/356)
Message Re: Rudjek - Oracle de Kephri [Terminée]   Rudjek - Oracle de Kephri [Terminée] EmptySam 16 Mai - 10:08
Présentation validée. Tu commences avec Eveil 5. Armure Silver.

Bon jeu sur AoG !


Rudjek - Oracle de Kephri [Terminée] Unknown
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Rudjek - Oracle de Kephri [Terminée]
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